Skip to main content

Des Suisses au service de la Grèce (Ed. Favre, 2025) - EXTRAIT

Page 1

ISBN 978-2-8289-2261-0

9 782828 922610

« Je suis fier de penser que le sang d’un Suisse, d’un enfant de Guillaume Tell, va se confondre avec celui des héros de la Grèce. Puisse la relation du siège de Missolonghi, que j’ai écrite, ne pas périr avec moi : j’en ai fait plusieurs copies. Faites insérer, je vous prie, mon cher Saint…, cette lettre dans quelque journal. » Johann Jakob Meyer, Lettre à un ami, [ses adieux avant de mourir avec les défenseurs de Missolonghi lors de l’Exodos], Le Nouvelliste vaudois, 13 juin 1826

Sous la direction de Jean-Philippe Chenaux

« L’hellénisme est le culte de l’équilibre individuel. […] Il enseigne à l’homme à associer l’intérêt personnel, le civisme et la morale non pas en les alternant, mais en les servant de front – à faire la part du beau et de l’utile – à ne pas permettre au passé et au présent de se nuire, à la tradition et à la nouveauté d’empiéter l’une sur l’autre. » Baron Pierre de Coubertin, discours prononcé au Palais de Rumine, à Lausanne, à l’occasion du centenaire de l’Indépendance grecque, 3 février 1930

Si les Grecs n’ont pas inventé l’État-nation moderne, c’est en Grèce que celui-ci a été expérimenté pour la première fois en Europe. La révolution hellénique des années 1820 a été le premier mouvement libéral-national, en Occident, après celui des États-Unis et simultanément avec les mouvements analogues en Amérique du Sud. Les bases idéologiques sont dues à des écrivains des Lumières s’exprimant en français et en allemand au cours du xviiie siècle. Le nombre de philhellènes présents sur le terrain, au cours de cette révolution, n’a jamais dépassé le millier. Parmi eux, quelques Suisses dont cet ouvrage retrace le parcours : le Zurichois Johann Jakob Meyer, rédacteur des Chroniques helléniques, journal rédigé sous les bombes lors du siège de Missolonghi (un siège et le tragique « Exodos » décrits ici à travers les articles de la presse lémanique), le Bernois Emanuel Amenäus Hahn, qui passe de l’orphelinat à la tête de l’armée grecque, le Vaudois Henri Fornèsy, qui sera officier, fonctionnaire de haut rang et journaliste, auteur d’une précieuse Liste des philhellènes. À ces combattants il faut ajouter tous ceux qui, comme le Genevois Jean Gabriel Eynard, l’étudiant lausannois Juste Olivier, futur historien du Canton de Vaud, ou le Lausannois devenu Français Benjamin Constant, figure de proue du mouvement libéral en France, ont soutenu la cause grecque par la plume, la parole, avec leur fortune personnelle ou par tout autre moyen. La geste du poète Byron, décédé à Missolonghi, et la création d’un premier Comité philhellène à Londres ont bien entendu été célébrées dans la presse anglo-saxonne, quitte à négliger, sinon à occulter le rôle des philhellènes suisses et le fait que sans l’aide financière d’Eynard rien n’aurait été possible ; un Eynard à qui l’on doit encore en 1841 la création de la Banque Nationale de Grèce, « pierre fondatrice de la résurrection morale et politique de la Grèce ». Cet ouvrage collectif, avec sa riche bibliographie, vient combler une lacune. Ont collaboré : Michelle BOUVIER-BRON, professeure d’histoire, spécialiste d’Eynard, à Genève, Anastasia TSAGKARAKI, docteure en histoire de la civilisation française, à Athènes, Jean-Philippe CHENAUX, journaliste, biographe et historien de la presse, directeur de l’ouvrage, à Lausanne, Bernard DUCRET, professeur agrégé d’histoire et docteur ès lettres (Lille III), à Annecy, Yves GERHARD, licencié ès lettres, anc. professeur de latin et de grec, biographe, anc. président et membre d’honneur des Amitiés gréco-suisses, à Lausanne, Alexis KRAUSS, licencié en histoire (Grenoble II) et ancien archiviste à la Banque Nationale de Grèce, à Athènes, Olivier MEUWLY, docteur en droit et ès lettres, historien des idées et des partis politiques, à Lausanne, Karl REBER, professeur honoraire de l’Université de Lausanne, ancien directeur de l’École suisse d’archéologie en Grèce, Commandeur de l’Ordre du Phénix, à Reinach.

DES SUISSES AU SERV ICE DE LA GRÈCE

« Je voudrais que les étrangers sachent ce que nous avons enduré, quel chemin escarpé et ensanglanté nous suivons et combien lourd est le destin de la Grèce. » Nikos Kazantzakis, La Liberté ou la mort, (1950), 1956

« Voilà tous nos héros ! Costas le palicare ; Christo, du mont Olympe ; Hellas, des mers d’Icare ; Kitzos, qu’aimait Byron, le poëte immortel ; Et cet enfant des monts, notre ami, notre émule, Mayer, qui rapportait aux fils de Thrasybule La flèche de Guillaume Tell. » Victor Hugo, Les Orientales (1829)

Sous la direction de Jean-Philippe Chenaux

Des Suisses au service de la Grèce


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook