Claire Van Leeuw
Joseph Cardijn Joseph Cardijn, le fondateur de la JOC, naît en 1882 dans une famille ouvrière et passe une grande partie de son enfance et de son adolescence à Hal en Belgique. Il devient prêtre en 1906. Convaincu de la valeur de chaque jeune ouvrier et ouvrière qui, dit-il, valent « plus que tout l’or du monde », il va consacrer sa vie à leur cause, créant la JOC en 1925. Le mouvement connaîtra une expansion croissante et au moment de sa mort, en 1967, sera répandu sur tous les continents. De Pie XI à Paul VI, tous les papes ont soutenu l’action de Cardijn qui sera créé cardinal en 1965, deux ans avant sa mort. Cinquante années ont passé depuis son décès. S’ils ne sont pas engagés dans le mouvement social-chrétien, peu de nos contemporains ont entendu parler de lui. Il était donc important de faire découvrir ou redécouvrir l’itinéraire de cet homme dont l’action a marqué la vie de plusieurs générations.
Claire Van Leeuw
Joseph Cardijn Au nom des jeunes ouvriers
ISBN 978-2-87356-745-3 Prix TTC : 24,90 €
9 782873 567453
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Collection « Béthanie »
Photo de couverture : © AGR-AE – Fonds Cardijn n° 82
Claire Van Leeuw est historienne de formation. Mariée, mère de trois enfants, elle est bénévole dans le secteur social au centre-ville de Bruxelles.
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Préface d’Étienne Grieu
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Joseph Cardijn Au nom des jeunes ouvriers
Préface d’Étienne Grieu, s.j.
« Béthanie »
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Directeur de collection : Charles Delhez, s.j. © 2017, Éditions jésuites Belgique : 7, rue Blondeau • B-5000 Namur France : 14, rue d’Assas • F-75006 Paris email : info@editionsjesuites.com http://www.editionsjesuites.com Dépôt légal : D.2017, 4323.09 ISBN : 978-2-87356-745-3 Imprimé en Belgique
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À Stéphane, mon mari, pour son soutien et ses précieux conseils ; à Étienne, Cécile et Florence, mes enfants, pour leur patience ; à mes parents qui m’ont toujours parlé de Joseph Cardijn avec beaucoup d’estime ; à ma sœur Bernadette pour sa relecture attentive ; au Père Charles pour sa confiance. Merci !
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Liste des abréviations
A.C.J.B. Action catholique de la jeunesse belge A.C.J.B.F. Action catholique de la jeunesse belge féminine B.I.T. Bureau international du travail C.J.O.M. Christelijke jeugdorganisatie voor meisjes C.R.A.B. Centre de recrutement de l’armée belge C.S.C. Confédération des syndicats chrétiens J.O.C. Jeunesse ouvrière chrétienne J.O.C.F. Jeunesse ouvrière chrétienne féminine J.O.C.I. Jeunesse ouvrière chrétienne internationale K.A.J. Kristene arbeidsjeugd L.N.T.C. Ligue nationale des travailleurs chrétiens M.O.C. Mouvement ouvrier chrétien O.S.F.C. Œuvres sociales féminines chrétiennes S.N.V.T. Service national des volontaires du travail U.C.L. Université catholique de Louvain Verdinaso Verbond der dietsche nationaal-solidaristen
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V.K.A.J. Vrouwelijke katholieke arbeidsjeugd V.N.V. Vlaamsch nationaal verbond
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Préface
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e portrait de Joseph Cardijn dessiné par Mme Van Leeuw fait faire un pèlerinage aux sources de la J.O.C. et, plus largement, de l’Action catholique en milieu populaire. À travers l’itinéraire du fondateur, ce sont en effet les intuitions majeures du mouvement qui sont mises en lumière. Ainsi, tout d’abord, de cet épisode qui jouera un rôle clé pour toute la vie de Cardijn : alors qu’il a quinze ans et qu’il est depuis peu au petit séminaire de Malines, il reçoit lors de son premier retour dans la ville de Hal, un accueil plutôt glacial de la part de ses anciens comparses de jeu et d’école : « […] il réalise que pour certains de ses anciens camarades de classe qui, eux, ont commencé à travailler en atelier ou à l’usine, il est devenu sans le savoir et sans le vouloir, un ennemi, un “traître” ayant “choisi le camp des riches” futur “soutien de l’exploitation capitaliste”. Les dénominations “petit curé” ou “calotin” fusent » (p. 36). 9
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Comme le souligne Mme Van Leeuw, c’est pour le jeune Cardijn la révélation du fossé considérable qui déjà s’est creusé entre le monde ouvrier et l’Église. Toute la vie de Cardijn sera au service de leurs retrouvailles, ce qui, plus que l’invention de formes pastorales nouvelles, plus également que la nécessaire mise en cause de certaines manières de voir et de faire dans l’Église, concerne finalement, la redécouverte de la force de l’Évangile, capable de transformer non seulement des existences mais aussi des rapports sociaux déséquilibrés ou injustes. Tout le récit donne à voir et à sentir comment l’action du jeune abbé, du pasteur de la jeunesse de Laeken, de l’initiateur de la J.O.C., du développeur de cette intuition en Belgique puis dans bien d’autres pays, enfin du cardinal et conseiller des papes, est avant tout focalisée par ce désir et cette recherche : comment faire pour que l’Évangile déploie sa vigueur et révèle ses capacités à contrer les mécanismes qui enferment certains dans un destin sans horizon ? Le portrait est riche et nuancé. Il donne à voir, comme on pouvait s’y attendre, un homme passionnément engagé dans ce qu’il fait, très courageux (il prend de gros risques, notamment durant les deux guerres mondiales et connaîtra la prison à plusieurs reprises), entreprenant, ayant un sens aigu des relations, mais aussi quelqu’un qui réfléchit, qui cherche, qui enquête, soucieux sans cesse de toucher presque physiquement la réalité, un homme habité également par un grand souci de formation, convaincu au plus profond de lui-même qu’il y a un potentiel inexploité extraordinaire chez les jeunes ouvrier-ères. Mais Cardijn, c’est aussi un spirituel qui veut « se tuer pour le salut de la classe 10
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préface
ouvrière » (p. 39 et 120), hanté par le désir que la Bonne Nouvelle puisse toucher les milieux populaires et être portée par eux, certain que l’Église en recevrait un surcroît de vigueur, de fraîcheur et de crédibilité. De plus, l’auteur, en prenant soin de dépeindre le contexte dans lequel Cardijn naît, grandit et œuvre, montre comment son action s’inscrit dans tout un mouvement et recueille les fruits du « catholicisme social », des recherches des premiers chrétiens démocrates, du début du syndicalisme chrétien, et enfin d’une pastorale des jeunes en cours de restructuration (avec l’A.C.J.B. notamment), le tout dans le cadre de la redécouverte de l’importance cruciale pour l’Église de l’apostolat des laïcs. À l’heure où l’Action catholique est à la recherche d’un second souffle, en quoi ce livre peut-il l’aider ? Il n’est pas conçu, je crois, dans un esprit nostalgique (ah, comme la J.O.C. d’antan était forte et audacieuse !) mais il permet de revisiter les sources et de montrer ce qu’elles gardent de tout à fait actuel : notamment cette intuition que les mieux placés pour découvrir la manière dont l’Évangile s’adresse à leur réalité, sont précisément ceux qui vivent cette réalité. Peutêtre faut-il seulement que les mouvements de jeunesse de l’Action catholique soient, aujourd’hui encore plus qu’hier, des mouvements d’initiation à la foi, à l’expérience spirituelle, à la fréquentation de la Bible, afin que justement, cette intuition de départ puisse continuer d’exister. Grand merci à Mme Van Leeuw de nous rafraîchir ainsi la mémoire ! Étienne Grieu, s.j.
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Introduction
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ébut août 1964. Des dizaines de milliers de jeunes ouvriers en provenance de toute l’Europe affluent à la nuit tombante vers un stade de Strasbourg, siège du Parlement européen. L’ambiance est festive. Avançant au son des accordéons et des harmonicas, portant des pancartes, tout sourire, ils distribuent à la volée des tracts revendiquant des droits pour la jeunesse travailleuse. Nous sommes en plein Euro-Rallye de la Jeunesse ouvrière chrétienne. Ils sont plus de vingt mille jeunes jocistes, dont deux mille délégués, originaires de quatorze nations. Réunis depuis le 29 juillet, ces délégués ont, durant les trois jours précédents, travaillé intensivement dans de nombreuses commissions d’études. Ils veulent que les responsables européens n’oublient pas de les prendre en compte, eux qui demain participeront à l’édification de l’Europe, et ils font proclamer et acclamer le « Statut du 13
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jeune travailleur ». Un message de Paul VI leur est radiodiffusé : Nous saluons en vous la Jeunesse ouvrière chrétienne, celle que Dieu a suscitée au cœur de notre siècle par le moyen d’un de ses prêtres : votre admirable et infatigable fondateur ; votre et Notre cher Monseigneur Cardijn.
Les acclamations fusent. Les jocistes sont touchés au cœur. Monseigneur Cardijn, qui préside la messe finale le lendemain, a alors plus de quatre-vingts ans. Quelques mois plus tard, il sera créé Cardinal. Mais comment est née la Jeunesse ouvrière chrétienne ? Pourquoi est-elle née ? Qui est exactement cet homme, Joseph Cardijn, né dans une famille modeste, côtoyant à la fin de sa vie les plus grands ? * Faisons un bond de plus de quatre-vingts ans en arrière. Le 13 novembre 1882 naît à Bruxelles le petit Joseph. À ce moment, la Belgique occupe une excellente position économique. En raison de sa situation géographique, de ses abondantes ressources minières, de son industrie et de ses moyens de communication, elle est considérée comme l’un des pays les plus industrialisés et les plus riches de la planète. Mais hélas, cette industrialisation n’a pas profité à tous : les conditions de vie de la classe ouvrière sont alors très difficiles. 14
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introduction
Même si les historiens ont calculé que le salaire d’un mineur a augmenté de plus de soixante pourcents entre la moitié du dix-neuvième siècle et les années 1870 à 1880 et que cette croissance a dépassé celle du coût de la vie, le salaire de départ était tellement insignifiant — car uniquement régulé par la loi de l’offre et de la demande — qu’au début des années 1880, l’ouvrier recevait encore un salaire inférieur à celui qu’il aurait été juste de lui donner. Considérons la situation de l’ouvrier vers le milieu du dix-neuvième siècle. Comme le constatait à l’époque un chef d’entreprise de la région d’Alost, les ouvriers ne gagnaient pas assez pour vivre et trop pour mourir : ils ne pouvaient pas faire vivre leur famille décemment. En plus, certains patrons appliquaient le truck-system : une partie du salaire des ouvriers était payée en argent, l’autre consistait en bons avec lesquels ils devaient payer leurs achats dans les magasins liés à l’usine. Ensuite, les ouvriers travaillaient jusqu’à douze à quatorze heures par jour, sans compter les trajets entre le domicile et l’usine, parfois fort longs, d’autant qu’ils étaient généralement effectués à pied. En outre, ils étaient soumis, sans beaucoup de protection, à l’arbitraire patronal. Que survienne un accident ou une maladie et ils se retrouvaient sans aide aucune, réduits à la misère. De plus, ils étaient privés du droit de vote aux élections et du droit de s’associer, quelle que soit l’action envisagée. Aucune protection particulière n’était accordée, ni aux femmes, ni même aux enfants, quelquefois mis au travail dès l’âge de six ans pour aider leurs parents à boucler leur budget. Tous étaient susceptibles de devoir travailler la nuit et soumis aux mêmes horaires. L’obligation du « livret de 15
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travail » où étaient inscrits, outre les dates d’entrée et de sortie des différentes places occupées, les motifs de départ et les appréciations sur le comportement des ouvriers, permettait aux patrons de repérer les ouvriers les plus revendicatifs et de ne pas les engager. Les études sociales de l’époque, corroborées par les travaux des historiens, sont éloquentes. Et Joseph Cardijn lui-même, dans les études sociales qu’il mènera, parlera avec justesse « des tares et des abus qui ont contaminé le travail pendant tout le dix-neuvième siècle » et qui avaient pour conséquences un logement misérable et une promiscuité malsaine, la malnutrition et la mauvaise santé, une instruction élémentaire ou inexistante, l’alcoolisme, l’« immoralité »… L’histoire de la conquête des droits des travailleurs a maintes fois été écrite ailleurs : je me bornerai à en évoquer très brièvement certains moments importants. Venir en aide aux ouvriers a d’abord été le fruit d’initiatives privées : les patronages pour les apprentis et les sociétés ouvrières pour les adultes, par exemple, ont vu le jour à l’instigation de catholiques sociaux souvent proches de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Mais ces initiatives, comme d’autres, ne touchaient tout compte fait qu’une minorité d’ouvriers. Au Parti catholique, qui aurait justement dû être du côté des pauvres, comme le fut plus tard Joseph Cardijn, les conservateurs, tel Charles Woeste, ont été très longtemps majoritaires et ne voulaient pas réglementer le travail. Au même moment, au Parti libéral, Frère-Orban ne le souhaitait pas non plus. 16
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introduction
Il fallut attendre 1866 pour que soit supprimée l’interdiction des rassemblements ouvriers, mais ce « droit de coalition » était cependant restreint dans la pratique. Pour le reste, ce n’est que dans la seconde moitié des années 1880 que les choses commencèrent à changer sous la pression d’un mouvement ouvrier de plus en plus revendicatif et agressif. Le gouvernement à majorité catholique d’Auguste Beernaert, avec le soutien du roi Léopold II, vote alors toute une série de lois : répression du truck-system et création des Conseils d’Industrie et du Travail composés paritairement de représentants des patrons et des ouvriers, démocratisation du fonctionnement des conseils de prud’homme (actuellement tribunaux de travail) et, alors que Joseph Cardijn a sept ans, interdiction du travail industriel aux enfants de moins de douze ans, réglementation du temps de travail pour les jeunes et interdiction de certains travaux pour les filles de moins de vingt et un ans. De plus, le Gouvernement multiplie les lignes de chemin de fer vicinal et crée les abonnements ouvriers, permettant ainsi aux ouvriers de rentrer chaque soir chez eux. Il soutient également la création d’habitations et de logements à bon marché. Le 15 mai 1891 — Joseph Cardijn a alors huit ans et demi —, le pape Léon XIII publie une lettre encyclique considérée aujourd’hui comme le texte fondateur de la doctrine sociale de l’Église : Rerum novarum. Léon XIII y allie charité et justice et dénonce le manque de protection et la situation déplorable des ouvriers : « Peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vus avec le temps livrés à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d’une concurrence effrénée. » Il affirme donc que « l’autorité 17
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publique doit prendre les mesures voulues pour sauvegarder la vie et les intérêts de la classe ouvrière. Si elle y manque, elle viole la stricte justice qui veut qu’on rende à chacun son dû ». Ce texte qui encourage également le syndicalisme chrétien et le catholicisme social, sera perçu comme légitimant l’action du gouvernement Beernaert. À Hal, où il habite après que ses parents ont rejoint la famille paternelle, le jeune Joseph Cardijn a l’occasion de participer avec son père à des meetings de l’abbé Daens, un des fondateurs du « Christene Volkspartij » qui s’oppose au Parti catholique conservateur et dont le programme inclut la défense du prolétariat et la lutte contre les injustices socio-économiques. Un film a popularisé cette figure importante du combat social catholique flamand, élu parlementaire en 1894, et auquel les conservateurs s’opposèrent avec force, allant jusqu’à écrire au Pape pour l’empêcher de mener ses actions. Bien des années plus tard, parlant de sa jeunesse, l’abbé Cardijn raconte : C’était aussi l’époque où le père Daens et d’autres commencèrent à s’engager pour remédier à la situation intolérable que vivait la classe ouvrière. Je me souviens des grands meetings que le père Daens organisait à Hal et auxquels, nous, jeunes étudiants, assistions parce que ses paroles nous allaient droit au cœur. C’est ainsi que, même si j’étais étudiant, je me sentais interpellé. C’était tout mon avenir, ma vocation.
L’abbé Cardijn a-t-il été tenté de faire de la politique pour défendre les jeunes travailleurs ? Son idée force sera 18
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introduction
plutôt de confier aux personnes concernées, des laïcs en l’occurrence, — ouvriers et jeunes ouvriers —, le soin de se défendre, tout en leur accordant le soutien et la formation nécessaires pour qu’ils y arrivent. C’est ce que nous verrons dans les pages qui suivent. 1
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Une naissance à Schaerbeek
tonnamment, l’acte de naissance de Joseph Cardijn É indique qu’il est né le 18 novembre 1882 alors que, d’après les registres de baptême de l’église Saint-Servais, il a été baptisé le 16 novembre, deux jours auparavant. À l’époque, les enfants étaient baptisés rapidement après avoir vu le jour, mais tout de même pas in utero ! L’explication de ce phénomène est simple et l’intéressé l’a souvent donnée, comme en 1962, à la B.R.T. : En fait, je suis né le 13 novembre, mais ma mère était très malade et mon père n’avait qu’une idée en tête : c’était de me faire baptiser et de m’envoyer à Hal pour y recevoir une éducation. C’est ainsi que mon père m’a déclaré plus tard sans vraiment y réfléchir. […] Plus tard cela m’a créé des problèmes.
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En lecture partielle‌
Table des matières
Liste des abréviations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7 Préface, par Étienne Grieu, s.j. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 Une naissance à Schaerbeek . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 Enfance au Pays de Hal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 « Je veux devenir prêtre » ou le départ pour Malines . . . . . . . . 39 Courte plongée dans le mileu de l’École des Sciences sociales à Louvain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53 Professeur et enquêteur à Basse-Wavre . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61 Enfin ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69 La Première Guerre mondiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85 Joies et difficultés de l’après-guerre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 305
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table des matières
La « Jeunesse syndicaliste » et la « Fédération Joie et Travail » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Du côté masculin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Du côté féminin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oppositions et critiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Des étudiants à l’aide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Les débuts du mouvement jociste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La naissance de la Jeunesse ouvrière chrétienne (J.O.C.) . . . . . . . . Le congrès de Marcinelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Réunion à l’Évêché . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Audience privée avec Pie XI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Premier congrès de la J.O.C. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les oppositions continuent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La J.O.C. se développe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Dans le nord du pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Au féminin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Aumônier général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Au quotidien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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La seconde moitié des années vingt et les années trente . . . . Au Vatican . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Organisation, réalisations et vie du mouvement . . . . . . . . . . . . . Déménagement indispensable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Le pèlerinage de la J.O.C. et de la K.A.J. à Rome . . . . . . . . . . . . Reconnaissance épiscopale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Quadragesimo anno. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Jubilé des 25 ans de prêtrise. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La crise . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La Centrale jociste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Oppositions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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table des matières Le jocisme : mouvement pour la défense de l’ouvrier ? . . . . . . . . . Départ de Fernand Tonnet et Paul Garcet . . . . . . . . . . . . . . . . Les dix ans du jocisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La montée des totalitarismes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Expansion du jocisme hors de la Belgique . . . . . . . . . . . . . . . . . Relations suivies avec Pie XI et le Saint-Siège . . . . . . . . . . . . . . . L’élection de Pie XII et le pèlerinage international . . . . . . . . . .
191 192 194 197 200 208 210
La Seconde Guerre mondiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213 Internationalisation et grands voyages intercontinentaux . . . En Belgique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . La J.O.C. internationale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Cardinal ! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
229 229 242 270
Le concile Vatican II . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 277 L’apostolat des laïcs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 277 La quatrième session du concile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 279 Été 1967 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 281 En guise de conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 287 Appendice. Portrait de Mgr Cardijn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 291 Bibliographie succincte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 303
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Dans la collection « Béthanie » Karin Seethaler, La force de la contemplation. Trouver la guérison dans le silence, 2016. Giovanni Cucci, Paradis virtuel ou enfer.net ? Risques et possibilités de la révolution digitale, 2016. Gérard Fomerand, Le christianisme intérieur, une voie nouvelle ?, 2016. Francesco Lorenzi, La route du Soleil, 2016. Ghislain du Chéné, Marie, femme de Cléophas. Autobiographie, 2016. Gérard Bénéteau, Quelque 2000 ans après… Osez encore y croire, 2016. Tommaso Guadagno, Un chemin du cœur. Enseignement et prières pour entrer dans le Réseau Mondial de Prière du Pape, l’Apostolat de la Prière, 2016. Dolores Aleixandre, Aux portes du soir. Vieillir avec splendeur, 2016. Bénédicte Oriou, Rassure mes copains, 2016. Nikolaas Sintobin, Moquez-vous des jésuites… Humour et spiritualité, 2016. Christian Vinel, La maladie peut faire grandir. Témoignage et réflexions, 2015. Pape François, 100 textes sur la miséricorde, 2015. René Stockman, La boîte de Pandore. Réflexion sur l’euthanasie sous une perspective chrétienne, 2015. Jacques Naedts, Saint Monon. Le saint ermite de Nassogne, 2016. Robert De Coster, La Parole qui a changé le monde. Six révolutions de Jésus de Nazareth, 2015. Nicole Timbal, Pierre Teilhard de Chardin. Un homme de Dieu au cœur de la matière, 2015. Monique Hébrard, Pour une Église au visage d’Évangile. Douze urgences, 2014. Luc Lannoye, Car ils seront consolés. Les grâces de l’écoute et prière, 2014. Rosario Carello, 80 fioretti du pape François. Récits authentiques, 2014. Juvénal Rutumbu, La Pâque du chrétien, 2014. Corinne Delalande, Quand je rencontre mon frère malade, 2014.
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José Davin, Les personnes homosexuelles. Un arc-en-ciel près des nuages, 2014 Michel Salamolard, Communautés chrétiennes. Osez la crise !, 2014. José Davin, Lorsque la vie prend de l’âge. Pour continuer sereinement la route, 2013. Marthe Mahieu, L’étoile de Nativitas. Monica Nève au cœur des Marolles, 2013. Jean-Marie de Marneffe, La joie d’un moine. Journal mystique, 2013. José Mpongo Ponte, Les voies du bonheur conjugal, 2013. Henri Weber, Quand bourgeonne l’espérance. 24 récits tout simples, 2013. Arthur Buekens, Quand la Bible parle de pardon, 2013. Gérard Fomerand, Renaissance du christianisme. Le retour aux origines, 2013. Giorgio Gonella, Le vent parfumé du désert. Sur les traces de Dieu, entre solitude et communion, 2013. José Davin et Paul-Emmanuel Biron, Quand germe la semence. Chemins pour l’Église de demain, 2012. Christophe Rouard, Quinze regards sur les apparitions de Beauraing, 2012. Mgr André-Joseph Léonard, La Divine Tragédie. Libre parcours dans la foi chrétienne, 2012. Dan Beaurain-Gaël, François d’Assise, l’insoumis de Dieu, 2012. Pascale Dalcq, Et votre joie sera parfaite. Témoignage. Itinéraire d’une résurrection, 2012. Pierre Favre, La foi dans la peau. Témoignage, 2012. Didier Vandevelde et Bruno Senny, Dieu en rit encore. Perles d’ados, 2012. Hubert Jacobs (dir.), Saints et bienheureux de Belgique, 2012.
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Achevé d’imprimer le 30 mars 2017 sur les presses de l’imprimerie Bietlot, à 6060 Gilly (Belgique).
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Claire Van Leeuw
Joseph Cardijn Joseph Cardijn, le fondateur de la JOC, naît en 1882 dans une famille ouvrière et passe une grande partie de son enfance et de son adolescence à Hal en Belgique. Il devient prêtre en 1906. Convaincu de la valeur de chaque jeune ouvrier et ouvrière qui, dit-il, valent « plus que tout l’or du monde », il va consacrer sa vie à leur cause, créant la JOC en 1925. Le mouvement connaîtra une expansion croissante et au moment de sa mort, en 1967, sera répandu sur tous les continents. De Pie XI à Paul VI, tous les papes ont soutenu l’action de Cardijn qui sera créé cardinal en 1965, deux ans avant sa mort. Cinquante années ont passé depuis son décès. S’ils ne sont pas engagés dans le mouvement social-chrétien, peu de nos contemporains ont entendu parler de lui. Il était donc important de faire découvrir ou redécouvrir l’itinéraire de cet homme dont l’action a marqué la vie de plusieurs générations.
Claire Van Leeuw
Joseph Cardijn Au nom des jeunes ouvriers
ISBN 978-2-87356-745-3 Prix TTC : 24,90 €
9 782873 567453
VanLeeuw_Cardijn_couv - nb.indd Toutes les pages
Collection « Béthanie »
Photo de couverture : © AGR-AE – Fonds Cardijn n° 82
Claire Van Leeuw est historienne de formation. Mariée, mère de trois enfants, elle est bénévole dans le secteur social au centre-ville de Bruxelles.
Joseph Cardijn
Claire Van Leeuw
Préface d’Étienne Grieu
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