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Saint Jean Eudes En ce xviie siècle français, époque qui suit le concile de Trente (1545-1563), Jean Eudes (1601-1680), fils de paysan normand devenu prêtre et missionnaire, fut ouvrier du renouveau de l’Église et artisan de miséricorde auprès des exclus de la société. Contemporain de la fin des guerres de Religion, des révoltes populaires, des épidémies de peste, il fut témoin et acteur de la réflexion de l’Église sur elle-même. À la suite de Pierre de Bérulle et de l’École française de spiritualité, il a tenté de penser, d’une manière nouvelle, le lien des hommes avec Dieu, par le chemin de l’intériorité et de la communion de vie avec Jésus le Christ.
Saint
Jean Eudes Ouvrier de la nouvelle évangélisation au xviie siècle
Saint Jean Eudes
Sur la route des saints
Mgr L. Crepy et M.-Fr. Le Brizaut
Mgr Luc Crepy – Marie-Françoise Le Brizaut
Sur la route des saints ISBN 978-2-87356-681-4 Prix TTC : 9,95 €
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Sur la route des saints
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Jean Eudes Prêtre missionnaire (1601-1680) Ouvrier de la nouvelle évangélisation au xviie siècle Mgr Luc Crepy, eudiste, et Marie-Françoise Le Brizaut, sœur de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur
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Dans la même collection (derniers titres parus) : Lambert Louis Conrardy, no 22 Alberto Hurtado, no 23 Ignace de Loyola, François Xavier, Pierre Favre, no 24 Eustache van Lieshout, no 25 Marie-Eugénie Milleret, no 26 Claude La Colombière, Marguerite-Marie Alacoque, no 27 Joseph Anciaux, no 28 Anne de Jésus, no 29 Mgr Oscar Romero, no 30
Collection dirigée par Hubert Jacobs, s.j.
Luc Crepy, eudiste, né le 12 mai 1958 à Lille dans le Nord, a été nommé, par le pape François, évêque du Puy-en-Velay, le 12 février 2012. Marie-Françoise Le Brizaut est sœur de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur.
© 2016, Éditions jésuites Belgique : 7, rue Blondeau • 5000 Namur France : 14, rue d’Assas • 75006 Paris info@editionsjesuites.com • www.editionsjesuites.com Dépôt légal : D.2016, 4323.08 ISBN : 978-2-87356-681-4 Maquette et mise en page : Jean-Marie Schwartz Imprimé en Belgique
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Avant-propos
T
out au long des siècles, des hommes et des femmes, de toutes conditions, manifestent combien leur baptême est source de sainteté. L’Esprit Saint, don de Dieu, promis par le Christ en quittant ses disciples, suscite sans cesse des saints et des saintes pour l’Église et pour le monde. Sans que personne n’ait rien décidé, ni prévu, ils apparaissent, à toute époque, signes de la présence agissante de Dieu dans l’his toire. Lucides sur les réalités de leur temps, sensibles aux besoins de leurs contemporains et habités par une profonde force intérieure, ils apportent, chacun à leur manière, leur engagement pour un monde plus juste, leur amour pour les plus petits et leur foi en Dieu fait homme. Ainsi, en ce xviie siècle français — rude, novateur et mystique —, Jean Eudes, fils de paysan normand, prêtre et missionnaire, fut ouvrier du renouveau de l’Église et artisan de miséricorde auprès des exclus de la société. L’Église reconnaît en lui un témoin de l’Évangile et la sainteté de son existence. Écrire avec conviction et enthousiasme un livre sur un saint que l’on connaît et que l’on aime, présente pour les auteurs au moins deux dangers : tomber dans l’apologie et succomber au concordisme. La tentation peut être grande, en effet, de brosser un tableau sans ombre, ni lumière, où disparaît l’humanité contrastée du personnage au profit d’un portrait convenu, répondant aux canons classiques de la sainteté. Une telle présentation ne serait guère fidèle à Jean Eudes pour 5
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qui l’humilité est mère de toute vertu ! Le second danger naît du désir de démontrer l’intérêt — l’actualité — de ce saint personnage et de majorer — avec beaucoup de bonne foi — les parallèles entre deux époques, cherchant à faire concorder problématiques, expériences et idées d’hier avec celles d’aujourd’hui. Pour éviter ces deux écueils, l’enjeu d’un tel ouvrage est d’offrir des éléments historiques et théologiques, donnant la possibilité au lecteur d’en faire un récit pour aujourd’hui, en laissant consonner ce qui lui semble proche et toujours pertinent. Il existe déjà un certain nombre de biographies de qualité — de style et d’importance variés — sur saint Jean Eudes (cf. bibliographie). Ce livre se présente plutôt comme une introduction à la vie et à l’enseignement de saint Jean Eudes. Les auteurs ont cherché à thématiser différents aspects biographiques et à présenter brièvement les points importants de sa réflexion pastorale et spirituelle. Première approche de saint Jean Eudes et de son œuvre, cet ouvrage paraît alors que la cause de saint Jean Eudes, docteur de l’Église, est présentée au discernement de l’Église1. O
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Partie 1
Éléments biographiques
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Annoncer et vivre l’Évangile en un siècle de nouveautés et de ruptures
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é au début du siècle et décédé à l’âge de 79 ans, Jean Eudes (1601-1680) traverse le « Grand Siècle », siècle tumultueux et passionnant, siècle d’affrontements au sein de la chrétienté, siècle de recherche intellectuelle et de quête mystique, siècle de renouveau ecclésial… Contemporain de la fin des guerres de religion, des révoltes populaires, des épidémies de peste, il fut témoin et acteur de la réflexion de l’Église sur elle-même, après les ruptures du siècle passé, où théologiens et hommes politiques se confondent dans les grands débats théologiques sur la grâce, le péché, la place de l’homme dans le monde… Temps de réforme pastorale, renouveau des ordres monastiques, création de nouvelles congrégations, implantation du Carmel en France, le xviie siècle est une époque postconciliaire qui cherche à mettre en œuvre le concile de Trente (15451563). Les intuitions et les ordonnances de ce concile ouvrent un nouvel élan religieux en Europe et un renouveau pastoral face à la pauvreté de la vie ecclésiale, en bien des endroits. La « nouvelle évangélisation » suscite des missionnaires, des propositions pastorales nouvelles, un approfondissement de la foi du peuple de Dieu avec des chemins spirituels offerts à tous, une formation renouvelée des prêtres… autant de tâches 9
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et de défis, passionnants mais difficiles, auxquels saint Jean Eudes et bien d’autres essaient de faire face. Dans cet univers changeant et en rupture avec le passé, la préoccupation principale de Jean Eudes, à la suite de Pierre de Bérulle et du courant qu’il impulse — l’école française de spiritualité ou école bérullienne2 —, est de trouver la manière la plus adéquate de parler de la relation entre Dieu et l’homme. À cette époque où naissent une nouvelle représentation du monde, avec la révolution copernicienne et l’avènement des sciences modernes, cette école de spiritualité tente de penser, elle aussi, d’une manière nouvelle, le lien des hommes avec Dieu. Elle choisit délibérément le chemin de l’intériorité et de la communion de vie avec Jésus le Christ. Cette union, Jean Eudes l’exprime au travers d’images empruntées à saint Paul : « Jésus, Fils de Dieu et Fils de l’Homme, Roi des hommes et des Anges, n’étant pas seulement notre Dieu, notre sauveur et notre souverain Seigneur, mais même étant notre chef (tête), et nous étant membres de son corps, comme parle saint Paul, os de ses os et chair de sa chair, et par conséquent étant unis avec lui de l’union la plus intime qui puisse être, telle qu’est celle des membres avec leur chef [tête] […] » (O.C. I, p. 1613). C’est l’intuition majeure : l’actualité de la relation avec le Christ dans toute la vie de l’homme. C’est le chemin qu’il cherchera à faire découvrir à tous, lors de ses nombreuses missions et prédications dans les campagnes et dans les villes. O
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La formation contrastée d’un futur apôtre des campagnes
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e 31 mai 1925, en même temps que Jean-Marie Vianney, le saint curé d’Ars, l’Église canonise Jean Eudes : « Surnaturels, austères, exigeants, infatigables, ces deux prêtres de France, issus de la campagne, apôtres des campagnes, paraissaient ainsi deux contemporains. Près de deux siècles pourtant les séparaient4. » En pleine campagne normande, à Ri, au sud de Caen, dans le diocèse de Sées, Jean Eudes est né, la même année que Louis XIII, en 1601, le 14 novembre. La tradition retient l’énergie et la piété de ses parents, paysans aisés, bons paroissiens et dévots pèlerins de Notre-Dame de la Recouvrance, aux Tourailles (près d’Argentan) où, après trois ans de stérilité, ils « offrent et donnent à Notre-Seigneur et à Notre-Dame » (O.C. XII, p. 104) ce premier enfant, l’aîné de sept. Durant ses premières années, relativement paisibles et simples dans la vie rurale, un événement, dont il parlera plus tard dans son journal5, marque Jean Eudes. C’est sa première communion, un jour de Pentecôte, il a 12 ans. Il écrira : « J’ai commencé à connaître Dieu », et dans le même élan, il décide de consacrer son corps par le vœu de chasteté. Le jeune Jean est saisi par le mystère de Dieu, et il consent à se laisser conduire jusqu’à la prêtrise et au-delà. À 14 ans, il est envoyé à Caen chez les Jésuites, envers lesquels il gardera une grande reconnaissance. Il y fait de solides études et, après la philosophie, il prolonge par un enseignement en théologie. 11
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En 1622, s’installent à Caen les membres d’une communauté nouvelle, l’Oratoire de Jésus, fondé par Pierre de Bérulle6 en 1611. Dans cette « communauté nouvelle », des prêtres séculiers mènent une vie de prière, de travail intellectuel et de service pastoral avec une ferveur et un enthousiasme qui impressionnent les gens. Jean Eudes décide d’y entrer. La veille de Pâques, le 25 mars 1623, le futur cardinal de Bérulle accueille à Paris, rue Saint-Honoré, ce Normand de 21 ans. Dans la capitale, loin des prairies et des boccages normands, le jeune provincial découvre, avec les Oratoriens, la vitalité intellectuelle et la quête spirituelle du xviie siècle français, à l’image du salon de Mme Acarie, cousine de Bérulle, où passent de grandes figures de ce début de siècle tel François de Sales (évêque de Genève), Vincent de Paul (fondateur des prêtres de la Mission), le capucin Benoît de Canfeld (représentant de « l’école abstraite » de spiritualité) ou encore le jésuite Coton… Autant de personnages qui eurent à cœur de travailler à la réforme de la vie de l’Église. Jean Eudes, proche de Bérulle, profite de ce riche climat de recherches et de débats spirituels : il possède le même désir d’entraîner les hommes et les femmes de son temps vers la sainteté. Il manifeste la même conviction que l’Évangile doit s’incorporer à la trame quotidienne de l’existence : chaque instant de la vie, chaque action, chaque pensée, doivent être référés au Christ. À l’Oratoire, Jean Eudes trouve une congrégation sacerdotale dans le dynamisme et la ferveur de ses débuts ; on n’y fait aucun vœu de religion : les obligations liées à l’ordination des prêtres et à la vie de communauté tracent la voie de la perfection ; avant d’être prêtre chacun apprend à tout référer à Dieu par Jésus Christ, fils de Marie7. C’est aussi une communauté extrêmement vivante où la recherche théologique — on y lit avec ferveur la Bible et les Pères de l’Église — attire des jeunes gens de grande qualité et enthousiastes à travailler au 12
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renouveau de l’Église et à mettre en lumière ce trésor central de la foi, le « Verbe fait chair »… « Jésus, le vrai soleil et le vrai centre du monde », autour duquel tout gravite (Bérulle). Il a la chance de profiter de l’enseignement de Pierre de Bérulle, mais aussi de son successeur, Charles de Condren, qui le marque profondément. Jean Eudes acquiert ainsi les solides fondements de la doctrine bérullienne, toute centrée sur le Christ, qu’il va prêcher pendant cinquante-cinq ans, en lui donnant une expression très personnelle, tout aussi radicale, mais plus simple, plus concrète et plus pastorale. Le 20 décembre 1625, Jean Eudes est ordonné prêtre. Des problèmes de santé obligent le nouvel ordonné à demeurer à Aubervilliers durant deux années, qu’il met à profit pour poursuivre son travail théologique et pour approfondir sa vie spirituelle par des lectures et une pratique forte de l’oraison. O
En lecture partielle‌
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Notes 1. Ce livre reprend et développe un certain nombre d’éléments du Memorandum remis, en 2014, aux évêques de France dans le cadre du soutien à la cause de saint Jean Eudes, docteur de l’Église. 2. Voir par exemple : R. Deville, L’École française de spiritualité, Desclée de Brouwer, Paris, 22008 ou Y. Krumenacker, L’École française de spiritualité, Cerf, Paris, 1999. 3. O.C. : Œuvres complètes, Vannes – Paris, 1905-1911, 12 vol. Ici, t. I, p. 161. 4. C. Berthelot du Chesnay, Saint Jean Eudes. Textes choisis, Soleil Levant, Namur, 1958, p. 6. 5. Jean Eudes tient un journal personnel, intitulé Le Mémorial des bienfaits de Dieu qui nous est parvenu et qui permet de resituer la manière dont il interprète les événements importants de sa vie. Cf. O.C. XII, p. 103-135. 6. Le cardinal Pierre de Bérulle (1575-1629), fondateur de l’Oratoire, est à l’origine du grand courant spirituel dit de « l’École française de spiritualité » qui marqua le xviie siècle et dont Jean Eudes est l’un des représentants. 7. L’Oratoire, comme les congrégations que fondent, au xviie siècle, saint Jean Eudes, Jean-Jacques Olier et saint Vincent de Paul, sont appelées aujourd’hui « sociétés de vie apostolique », à la différence des instituts de vie consacrée. 8. Benoît xvi, Dieu est amour (Deus caritas est), 2005, no 42. 9. Saint Jean Eudes a prêché, dans sa province d’origine, plus de quatre-vingt-dix missions. On peut relever qu’il a prêché autant de missions dans le seul diocèse de Coutances que dans tous les autres diocèses de Normandie réunis. Il prêcha aussi en Bourgogne, en Bretagne, en Brie, en Champagne, en Île-de-France, en
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particulier à la Cour de France. Par ses nombreuses lettres, il est possible de suivre très concrètement le missionnaire dans son apostolat. 10. L’histoire des missions de Jean Eudes fait partie de l’histoire de l’Église en France au xviie siècle. Une des études les plus reconnues est celle du P. C. Berthelot du Chesnay, c.j.m., Les missions de saint Jean Eudes, contribution à l’histoire des missions en France au XVII e siècle, Procure des Eudistes, Paris, 1967. 11. Pour le 350e anniversaire de la fondation des Eudistes : « Saint Jean Eudes occupa une place éminente dans la France religieuse du xviie siècle ; il contribua de manière très personnelle au mouvement spirituel profond que l’on nommera l’École française, tout en répondant avec courage aux besoins et aux appels de ses contemporains par la prédication, l’écriture ou de multiples initiatives dans les domaines de l’éducation et de la charité » (JeanPaul II, lettre au T.R.P. Pierre Drouin, supérieur général de la Congrégation de Jésus et Marie, 27 février 1993, La Documentation catholique, no 2071, 1993, p. 407-408). 12. Saint Jean Eudes disait : « Les prédicateurs battent les buissons, mais ce sont les confesseurs qui prennent les oiseaux », dans P. Milcent et J. Venard, Saint Jean Eudes, 1601-1680, Desclée de Brouwer, Paris, 1999, p. 23. 13. P. Milcent, Un artisan du renouveau chrétien au XVII e siècle. Saint Jean Eudes, Cerf, Paris, 21992, p. 103. 14. Au xixe siècle, une religieuse de Notre-Dame de Charité, sainte Marie-Euphrasie Pelletier fondera la Congrégation des Sœurs du Bon Pasteur d’Angers. Depuis 2014, les deux congrégations sont unies en un seul institut : les Sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur. 15. Saint Jean Eudes écrira beaucoup dans sa vie : une très grande correspondance (seulement deux cent cinquante lettres sont conservées), divers traités, manuels à l’usage des laïcs et des prêtres, livres de prières, offices liturgiques, ouvrages théolo giques, etc. Ses œuvres complètes (en 12 volumes) ont été pu bliées de 1905 à 1911 pour la canonisation. Un treizième volume vient récemment d’être publié, présentant un écrit inédit sur Marie
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des Vallées, de saint Jean Eudes, mais connu et analysé lors de la béatification et de la canonisation. 16. V. Blanchard, Vie et royaume de Jésus : éléments pédagogiques d’un traité, « Le Royaume de Jésus », Ed. Paulines, Montréal, 1988, p. 155. 17. Pape François, La joie de l’Évangile (Evangelii gaudium), 2013, no 173. 18. La vie et le royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes a connu près d’une quarantaine d’éditions du vivant de Jean Eudes et demeure un essai réussi de diffusion du renouveau spirituel entrepris par l’École française de spiritualité. 19. Bérulle fut vite pris par les affaires diplomatiques, et Condren était professeur en Sorbonne. Jean-Jacques Olier, certes, fut missionnaire, mais se consacra aux séminaires et à la paroisse Saint-Sulpice. Il invita d’ailleurs Jean Eudes à prêcher une mission à Saint-Sulpice et dira de lui : « Ce grand prédicateur, le P. Eudes, la rareté de ce siècle… » (cf. P. Milcent, Un artisan du renouveau chrétien, p. 115). 20. Y. Krumenacker, L’École française de spiritualité, Cerf, Paris, 1999, p. 302-303. 21. E. Glotin, La Bible du Cœur de Jésus, Presses de la Renaissance, Paris, 2007, p. 528 ss. 22. Cf. Benoît XVI : L’amour du prochain « ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ. Son ami est mon ami. […] Je vois avec les yeux du Christ et je peux donner à l’autre bien plus que les choses qui lui sont extérieurement nécessaires : je peux lui donner le regard d’amour dont il a besoin » (Deus caritas est, no 18). 23. Cf. P. Milcent, Un artisan du renouveau chrétien, p. 70. 24. Le récent Catéchisme de l’Église catholique (CEC) définit ainsi la catéchèse : « Au cœur de la catéchèse, nous trouvons essentiellement une Personne, celle de Jésus de Nazareth, Fils unique du Père […]. Catéchiser, c’est dévoiler dans la Personne du Christ, tout le dessein éternel de Dieu » (CEC, no 426).
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25. CEC, no 426. 26. Cité dans CEC, no 1698. 27. Une partie des lettres de Jean Eudes sont reproduites dans
les tomes X et XI des Œuvres complètes. 28. Jean Eudes accompagna, par exemple, à l’Ermitage à Caen, saint François de Laval, grande figure de la fondation de l’Église au Canada. Cf. F. Thibodeau, Saint Jean Eudes. Prêtre-missionnaire et l’Église en Nouvelle France, Maison des Eudistes, Québec, 2014. 29. Cf. par exemple : À la suite de saint Jean Eudes ; L’irremplaçable place des femmes dans l’Église et la société, dans Documents Épiscopat 2015/5. 30. « En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation […]. La nouvelle évangélisation doit impliquer que chaque baptisé soit protagoniste d’une façon nouvelle. Cette conviction se transforme en un appel adressé à chaque chrétien, pour que personne ne renonce à son engagement pour l’évangélisation… » (pape François, Evangelii gaudium, no 120). 31. Y. Chiron, Gaston de Renty, un laïc mystique du XVII e siècle, Éd. du Carmel, Toulouse, 2012. 32. Voir par exemple : Jean-Marie Gourvil et Dominique Tronc (éds), Rencontres autour de Jean de Bernières, 1602-1659, mystique de l’abandon et de la quiétude, Parole et Silence, coll. Mectildiana, Études et documents, Paris, 2013. 33. Saint Jean Eudes a laissé un long manuscrit sur Marie des Vallées. Ce manuscrit, inédit, a été publié en 2013 : La vie admirable de Marie des Vallées et son Abrégé rédigés par Jean Eudes, suivis de Conseils d’une grande servante de Dieu, textes présentés et édités par D. Tronc et J. Racapé, Centre Saint-Jean-de-la-Croix, coll. Sources Mystiques, Mers-sur-Indre, 2013. 34. Concile œcuménique, en vingt-cinq sessions, de 1545 à 1549, en 1551-1552 et en 1562-1563, à Trente (Italie). 35. « Dans le domaine de la formation, règne une très grande hétérogénéité. Les séminaires prévus par le concile de Trente ont eu
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peu de succès en France, et presque tous ceux qui ont été fondés entre 1567 (ouverture du séminaire de Reims) et le début du xviie siècle ont souvent assez vite fermé leurs portes » (Y. Krumenacker, L’École française de spiritualité, p. 63). Par ailleurs, les décisions du concile de Trente ne furent reconnues en France, et donc mises en œuvre, qu’à partir de 1615. 36. Ce qui lui vaudra, ultérieurement, beaucoup de difficultés dans ses projets et dans la reconnaissance de sa Congrégation auprès des autorités romaines. 37. Les séminaires de Caen (1643), Coutances (1650), Lisieux (1653), Rouen (1659), Évreux (1667), Rennes (1670). Les Eudistes demeureront fidèles à leur fondateur et auront en charge treize grands séminaires et trois petits séminaires, à la veille de la Révolution française, qui décimera leur congrégation. À la fin du xixe siècle, au terme d’une longue reconstruction, les Eudistes reprendront l’engagement dans les séminaires d’abord en Amérique latine (Colombie, Venezuela…), puis en France (La Rochelle, Valence, Orléans, Rennes…) et plus tard en Afrique (Côte d’Ivoire, Centrafrique…). 38. « Il y a là la clef d’une conception mystique du sacerdoce presbytéral où le sursaut moral et spirituel, auquel il appelle les prêtres, devient essentiellement de l’ordre de la contemplation de l’action de Dieu en l’âme du ministre admis à communier au cœur du Christ » (G. Defois, Le pouvoir et la grâce. Le prêtre du concile de Trente à Vatican II, Cerf, Paris, 2013, p. 73). 39. Le mémorial de la vie ecclésiastique, O.C. III, p. 1-2. Jean Eudes a écrit deux autres ouvrages qui cherchent à répondre à la crise vécue par les prêtres à cette époque : Le bon confesseur et Le prédicateur apostolique. 40. Cf. par exemple : G. Defois, « Jean Eudes, une spiritualité presbytérale pour notre temps », dans Prêtres diocésains 1511, novembre 2014, p. 387-396. 41. Pape François, La joie de l’Évangile, no 23. 42. « C’est l’exercice loyal, inlassable, de leurs fonctions dans l’Esprit du Christ qui est pour les prêtres, le moyen d’arriver à la sainteté » (concile Vatican II, Presbyterorum ordinis, no 13).
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43. Ainsi, dans sa lettre aux séminaristes de France, rassemblés à Lourdes en novembre 2014, le pape François donnait trois lignes directrices pour les séminaires actuels : la fraternité, la prière et la mission. On ne peut être plus proche des intuitions des fondateurs de séminaires du xviie siècle ! Cf. La Documentation catholique, avril 2015, no 2518-B. 44. La fête du Cœur de Marie, reconnue par plusieurs évêques, connut une diffusion rapide. Ainsi, à Paray-le-Monial, dans le diocèse d’Autun où fut célébrée pour la première fois la fête du Cœur de Marie, le monastère de la Visitation célébrait la fête du Cœur de Marie. Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), pendant l’octave de cette fête, eut une vision de trois cœurs : celui du Christ, celui de la Vierge et celui du croyant. Cette vision n’est pas sans rappeler l’invitation de Jean Eudes aux chrétiens à ne faire qu’un seul cœur avec les Cœurs de Jésus et de Marie. Cf. Paul Milcent, Un artisan du renouveau chrétien, p. 223 ; E. Glotin, dans « Jean-Paul II à Paray-le-Monial ou Pourquoi le “Cœur” ? », NRT 108, 1986, p. 698. 45. « Nous avons confiance que, comme au temps de Jean Eudes, les âmes des fidèles pourront, aujourd’hui, par ce moyen (et elles en recueilleront des fruits abondants), être portées et entraînées non seulement à une dévotion plus parfaite envers la Vierge Mère de Dieu et à des sentiments d’amour plus ardent à son égard, mais encore à l’imitation de ses vertus : chose qui, si elle fut jamais nécessaire, nous paraît l’être absolument à notre époque » (Pie XII à Mgr L. Lebrun, évêque d’Autun, pour le 300e anniversaire de la première célébration de la fête du Cœur de Marie, 15-01-1948). 46. « Saint Jean Eudes fut l’auteur du premier office liturgique en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus, dont la fête fut célébrée pour la première fois, avec l’approbation de nombreux évêques de France, le 20 octobre 1672 » (Pie XII, Haurietis aquas, no 51). 47. Les écrits mystiques de saint Bernard et ceux des saintes moniales bénédictines (xiiie siècle), comme sainte Gertrude de Helfta et sainte Mechtilde de Hackeborn, ont une influence importante dans sa doctrine du Cœur. Par ailleurs, comme pour bon nombre de ses contemporains, saint François de Sales, dont le Traité de l’amour de Dieu est dédié au Cœur de Marie, demeure une
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référence importante pour Jean Eudes dans la recherche d’une vie spirituelle offerte à tous. Il faut cependant reconnaître que ce dernier est le premier à inscrire, de manière éminente, le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie dans la liturgie du peuple chrétien. 48. Cf. J. Caillot (éd.), La spiritualité du Cœur du Christ. Une dynamique de vie face aux défis de demain, Filles de la Charité du Sacré-Cœur de Jésus, La Salle-de-Vihiers, 1996, p. 35-55. 49. L’encyclique Haurietis aquas (1956) a confirmé par bien des aspects la doctrine eudésienne du Cœur. « Saint Jean Eudes marque une étape très importante et même décisive dans l’histoire doctrinale du culte envers le Cœur de Jésus. Il est permis de penser que, sans lui, nous ne jouirions pas, en fait, d’Haurietis Aquas : l’encyclique de Pie XII est pénétrée en profondeur par sa pensée et ses orientations » (Bertrand de Margerie, s.j., Histoire doctrinale du culte au Cœur de Jésus, Mame, Paris, 1992, t. I, p. 151). 50. Benoît xvi, audience générale du 19-08-2009 (fête de saint Jean Eudes). 51. Jean Eudes rédigera trois ouvrages sur la Vierge Marie : La dévotion au Très Sacré Cœur et au Très Sacré Nom de la Bienheureuse Vierge Marie (1648, O.C. VIII), L’enfance admirable de la Très Sainte Mère de Dieu, ou l’Éducation des filles sur le modèle de cette Enfance admirable (1676, O.C. V) et finalement, la « somme » de toute son expérience et de sa réflexion mariales, Le Cœur admirable de la Très Sacrée Mère de Dieu (1681, O.C. VI-VII-VIII), terminé quelques semaines avant sa mort. 52. Ainsi, par exemple, la date du 25 mars — fête de l’Annonciation et « jour du mystère de l’Incarnation » — est une date-clé pour Jean Eudes : date du vœu de servitude à Jésus et à sa très sainte Mère (1624), date du vœu du martyre (1637), date de la fondation de la congrégation de Jésus et Marie (1643). 53. P. Milcent, « Vie mystique de saint Jean Eudes. Qu’en saiton », dans Cahiers eudistes 19, 1998, p. 7-26. 54. En 1668, Jean Eudes écrit le Contrat d’une sainte Alliance avec la Sainte Vierge, texte quasi-mystique où il exprime son amour pour la Vierge Marie. Voir P. Milcent, Un artisan du renouveau chrétien, p. 407 ss.
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55. Ibid., p. 12. 56. Selon la belle formule de Bérulle : « Marie est pure capacité
de Jésus. » 57. Cf. Vatican II, Lumen gentium, no 65 : « Dans l’exercice de son apostolat, l’Église regarde vers Celle qui engendra le Christ, afin de naître et grandir aussi par l’Église dans le cœur des fidèles. » 58. R. de Pas, Marie, icône de Jésus. Textes de saint Jean Eudes, Procure des Eudistes, 1980, p. 41. Voir aussi : Ma vie, c’est le Christ. Saint Jean Eudes et son message, Procure des Eudistes, 1993. 59. Suite à des calomnies, en 1673, le P. Eudes est banni de la Cour et de Paris par le roi Louis XIV (cf. P. Milcent, Un artisan du renouveau chrétien, p. 479 ss.). Il accepte humblement cette humiliation, mais plaide son innocence avec courage. Six ans plus tard, avec l’appui d’amis, proches du roi, il retrouve, un an avant sa mort, la confiance de celui-ci qui accueille le vieux missionnaire par les mots suivants : « Je suis bien aise de vous voir. On m’a parlé de vous : je suis bien persuadé que vous faites beaucoup de bien dans mes États : continuez à travailler comme vous faites… » (O.C. X, p. 477-478). 60. On a pu critiquer le style de l’auteur (Bremond), en pensant à saint François de Sales et à Bossuet. Mais, selon R. Deville, c’est pourtant le plus « abordable » des maîtres de l’École française de spiritualité. Cf. R. Deville, L’École française de spiritualité, Desclée de Brouwer, Paris, 22008, p. 113. 61. « Écrivant pour le peuple, il emploie les mots du peuple, et l’on peut dire que, comme Corneille, il parle la langue des crocheteurs du port au foin, sans pour cela déplaire aux esprits cultivés, qui n’y peuvent trouver à redire », dans Préface générale des Œuvres complètes, t. I, p. xxxi. 62. Préface générale des Œuvres complètes, t. I, p. v. 63. Oda Schneider, Der Prophet des Herzens : Johannes Eudes, Herder, Vienne, 1947, p. 40-41. 64. Un treizième tome vient terminer cette collection avec les écrits de Jean Eudes sur Marie des Vallées ; cf. Bibliographie. 65. D. Doré, « Le Père Eudes et sa postérité spirituelle. Biographies et traités spirituels de 1680 à nos jours », Cahiers eudistes 23, 2015, p. 179-190.
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R. Deville, L’École française de spiritualité. Cf. J. Caillot (éd.), La spiritualité du Cœur du Christ. Pape François, Evangelii gaudium, 2013, no 262. Cf. J. Venard, Les Eudistes au XX e siècle. 1900-1983, Mediaspaul, Paris, 2008. 70. « Vous, petits enfants, vous que j’enfante à nouveau dans la douleur, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous » (Gal 4, 19). 71. Il est intéressant de noter que l’Église a retenu, dans la Liturgie des Heures, ce thème « Le Chef et les membres » — le Corps mystique — pour la fête de saint Jean Eudes, le 19 août (dans Liturgia Horarum, le 19 août, t. IV, p. 1070-1071 ; O.C. VI, p. 113-115). 72. Saint Augustin écrivait déjà que la vie chrétienne est l’accomplissement de cette vie du Christ en nous : « Le Christ est formé en nous par la foi, chez le croyant, chez l’homme intérieur, appelé à la liberté de la grâce, doux et humble de cœur. Le Christ est formé en celui qui prend la forme du Christ ; or on prend la forme du Christ, lorsqu’on s’unit au Christ par l’amour spirituel » (cité par R. de Pas, Ma vie, c’est le Christ, p. 76). 73. Voir J. Camus, « Former Jésus en nous : la dimension paulinienne de la doctrine eudésienne », Cahiers eudistes 23, 2015. 74. P. Milcent, Dictionnaire de spiritualité, t. VIII, col. 488-501. 75. Paul de Jaegher, s.j., La vie d’identification au Christ Jésus, Cerf, Paris, 1927, chap. 4. 76. « L’idée géniale de Jean Eudes a été de prendre le Cœur de Jésus et celui de Marie pour symboles de leurs états intérieurs. Tout le dynamisme essentiel et surnaturel qui se cachait dans les états bérulliens se retrouve sous cette image combien plus accessible et évocatrice » (Paul Cochois, Bérulle et l’École française, Seuil, Paris, 1963, p. 160). 77. Par exemple : dans le mystère de la Nativité, Jésus est dans un état de dépendance. 78. Cf. J.-M. Amouriaux et P. Milcent, Saint Jean Eudes par ses écrits, Mediaspaul, Paris, 2001, p. 29 ss. 79. Ce texte important de Jean Eudes est aussi repris dans la liturgie des Heures Liturgia Horarum, 33e semaine du temps ordinaire, t. IV, p. 420-421. 66. 67. 68. 69.
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80. R. de Pas, Ma vie, c’est le Christ, p. 81. 81. H. Bourgeois, L’initiation chrétienne et ses sacrements, Cen-
turion, coll. Croire et comprendre, Paris, 1982, p. 46. 82. Cité par M. Cancouët, « La doctrine baptismale de saint Jean Eudes », dans Cahiers eudistes 23, 2015, p. 45-62. 83. Voir aussi : Paul Milcent, Saint Jean Eudes. Le baptême. Textes choisis, Cerf, coll. Foi vivante, Paris, 1991. 84. Cf. Les entretiens intérieurs de l’âme chrétienne avec son Dieu, O.C. II, p. 168-190. 85. Jean Eudes, dans Les entretiens intérieurs de l’âme chrétienne avec son Dieu — l’ouvrage sans doute le plus travaillé théologiquement —, fait le lien entre l’homme créé et l’homme baptisé, dans le double appel de Dieu sur la vie de l’homme, créé et appelé à la filiation. Cf. O.C. II, p. 135-194. 86. La nature et l’activité missionnaires de l’Église s’inscrivent fondamentalement dans une perspective trinitaire : « De sa nature, l’Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père » (concile Vatican II, Ad gentes, no 2). Voir aussi Lumen gentium, nos 2-4. 87. M. Cancouët, « La doctrine baptismale de saint Jean Eudes », p. 61. 88. M. Cancouët, « Saint Jean Eudes : sacerdoce et prêtrise », dans Cahiers eudistes 8, 1983, p. 89-105. 89. Noter que Jean Eudes utilise le mot sacrificateur, proposé comme équivalent du latin sacerdos, à côté du mot français prêtre : il perçoit bien la distinction entre sacerdoce et prêtrise. 90. « Le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu’il y ait une différence essentielle et non seulement de degré, sont cependant ordonnés l’un à l’autre : l’un et l’autre en effet, selon son mode particulier, participent de l’unique sacerdoce du Christ » (Lumen gentium, no 10). 91. M. Cancouët, « Saint Jean Eudes : sacerdoce et prêtrise », p. 97. 92. Cf. R. de Pas et P. Milcent, « Serviteurs de l’Évangile. Pensées de saint Jean Eudes », dans Notre vie eudiste 135, 1971, p. 246.
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93. « Vous êtes du sang royal et divin de Jésus Christ…, vous êtes ses frères et ses membres en un degré beaucoup plus éminent que les autres chrétiens » (O.C. III, p. 344). 94. « Le sacerdoce ministériel est un des moyens que Jésus utilise au service de son peuple, mais la grande dignité vient du baptême, qui est accessible à tous » (pape François, Evangelii gaudium, no 104). 95. Cf. G. Defois, « Jean Eudes, une spiritualité presbytérale pour notre temps », dans Prêtres diocésains 1511, novembre 2014. 96. M. Cancouët, « Saint Jean Eudes : sacerdoce et prêtrise », p. 100. 97. Cf. concile Vatican II, Presbyterorum Ordinis, no 14 : « En vérité, le Christ qui fait toujours, dans le monde, par l’Église, cette volonté du Père, continue à agir par ses ministres. C’est donc lui qui demeure toujours l’unité de leur vie. » 98. « Seule une patiente progression devait permettre qu’un culte particulier soit enfin rendu à ce Cœur en tant qu’image de l’amour humain et divin du Verbe incarné » (Pie XII, Haurietis aquas, no 50). 99. Ibid., no 51 100. Ainsi, dès 1674, les Bénédictines du Saint-Sacrement et l’abbaye royale de Montmartre l’introduisirent dans leurs propres monastères. Si bien que la butte Montmartre vit célébrer la fête du Cœur de Jésus deux siècles avant l’érection de la basilique qui domine Paris. Firent de même, les bénédictines de Sainte-Trinité de Caen, les ursulines de Lisieux, les carmélites de Pontoise, de Caen, de Dieppe, etc. (cf. O.C. XI, p. 182-183). Dans le courant issu de Paray-le-Monial, on puisa largement dans ces œuvres liturgiques en les utilisant parfois telles quelles : les disciples de sainte Marguerite-Marie se trouvaient à l’aise avec ces textes de saint Jean Eudes. 101. Pie XII, Haurietis aquas, no 60. 102. Cf. J. Arragain, « Le Cœur du Christ pour un monde nouveau », dans B. Peyrous (dir.), Le Cœur du Christ, Éd. de l’Emmanuel, Paris, 1998, p. 17-35. 103. C’est le pape Pie XII qui, le premier, le 31 octobre 1942, consacra le genre humain au Cœur Immaculé de Marie, et à la
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suite du souverain pontife, des nations, de diocèses, de paroisses firent leur consécration au saint Cœur de Marie. 104. Cf. O. Michalet, « De l’Église corps mystique à une ecclésiologie contemporaine de la communion ; les apports du prêtre missionnaire, Jean Eudes », dans Cahiers eudistes 23, 2015, p. 235278. 105. Cf. R. de Pas, Marie, icône de Jésus, textes de saint Jean Eudes, Procure des Eudistes, Paris, 1983. 106. Cf. Jean-Paul II, Dives in misericordia, no 2 : « Ainsi, dans le Christ et par le Christ, Dieu devient visible dans sa miséricorde… il l’incarne et la personnifie. Il est lui-même, en un certain sens, la miséricorde. » 107. « Le sacrifice de Marie est une participation spécifique à la révélation de la miséricorde, c’est-à-dire de la fidélité absolue de Dieu à son amour, à l’alliance qu’il a voulue de toute éternité et qu’il a conclue dans le temps avec l’homme, avec le peuple, avec l’humanité ; il est la participation à la révélation qui s’est accomplie définitivement à travers la croix » (Jean-Paul II, Dives in misericordia, no 9). 108. Clément Guillon, En tout la volonté de Dieu, Cerf, Paris, 1981, p. 156-157. 109. Voir Itinéraire spirituel pour aujourd’hui avec saint Jean Eudes, Droguet-Ardant, Limoges, 1993.
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Chronologie 1601 1615 1620 1623 1624 1625 1627 1628 1631 1632 1636 1637 1639 1640 1641
Naissance à Ri (Normandie, diocèse de Sées), le 14 novembre. Collège des Jésuites de Caen Tonsure et ordres mineurs Entrée à l’oratoire de Paris Vœu de servitude à Jésus Ordinations diaconale et presbytérale ; séjour à Aubervilliers Au service des pestiférés à Argentan (Orne) Membre de la communauté de l’Oratoire à Caen Au service des pestiférés à Caen Début des prédications des missions (plusieurs missions dans le diocèse de Coutances) Publication de L’exercice de piété. Missions au diocèse de Saint-Malo Publication de La vie et le royaume de Jésus dans les âmes chrétiennes. Vœu du martyre Mission à Saint-Étienne de Caen Supérieur de l’oratoire de Caen Création de la maison de Notre-Dame du Refuge à Caen. Rencontre de Marie des Vallées à Coutances 123
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Publication du Catéchisme de la mission. Visite au cardinal de Richelieu (lettres patentes pour le séminaire et le refuge). Missions à Rouen, Saint-Lô, Saint-Malo Départ de l’Oratoire et fondation de la Congrégation de Jésus et Marie et du séminaire de Caen. Missions à Saint-Sauveur-le-Vicomte et à Valognes. Missions en Bourgogne Audience d’Anne d’Autriche Mission à Autun. Première célébration de la fête du Cœur de Marie à Autun (8 février) Fondation du séminaire de Coutances Mission à Saint-Sulpice à Paris Mission à Coutances Fondation du séminaire et du collège de Lisieux. Mission à Lisieux Publication du Contrat de l’homme avec Dieu par le saint Baptême Mort de Marie des Vallées Fondation du séminaire de Rouen Missions à Paris aux Quinze-Vingt et mission de Saint-Germain-des-Prés Mission à Meaux Mission à Châlons-sur-Marne, à Saint-Pierre de Caen. Le pape Alexandre VII approuve les Constitutions de Notre-Dame de Charité Publication : Le bon confesseur. Mission à Évreux Fondation du séminaire d’Évreux. Mission à Rouen Publication du Manuel de prières ; Le contrat d’alliance avec la très Sainte Vierge Marie Mission à Rennes 124
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Fondation du séminaire de Rennes ; missions en Bretagne Mission à la Cour, à Versailles Première célébration de la fête du Cœur de Jésus (20 octobre) à Caen. Mission à la Cour, à Saint-Germain-en-Laye. NotreDame de Charité à Rennes. Disgrâce du roi. Lettre à un docteur de Sorbonne… Publication de L’enfance admirable de la Mère de Dieu Jacques de Bonnefond, « visiteur » de la Congrégation Retour de la faveur royale : Jean Eudes est reçu par le roi à Saint-Germain-en-Laye Jean-Jacques Blouet de Camilly, élu supérieur général de la Congrégation. Fin de la rédaction du Cœur admirable de la très sacrée Mère de Dieu. Mort de Jean Eudes à Caen le 19 août. O
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Brève bibliographie Écrits de saint Jean Eudes • Œuvres complètes, 12 vol., Vannes-Paris, 1905-1911. • La vie admirable de Marie des Vallées et son Abrégé rédigés par Jean Eudes, suivis de Conseils d’une grande servante de Dieu, textes présentés et édités par Dominique Tronc et Joseph Racapé, Centre Saint-Jean-de-la-Croix, coll. Sources Mystiques, Mers-sur-Indre, 2013.
Textes choisis de saint Jean Eudes • Jean-Michel Amouriaux, Paul Milcent, Saint Jean Eudes par ses écrits, Mediaspaul, Paris, 2001. • Charles Berthelot du Chesnay, Saint Jean Eudes. Textes choisis, Soleil Levant, Namur, 1958. • Clément Guillon, En tout la volonté de Dieu. S. Jean Eudes à travers ses lettres, Cerf, Paris, 1981. • Paul Milcent, Saint Jean Eudes. Le baptême, textes choisis et présentés, Cerf, Paris, 1991.
Biographies • Charles Berthelot du Chesnay, Les missions de saint Jean Eudes, Procure des Eudistes, Paris, 1967. • Paul Milcent, Un artisan du renouveau chrétien au XVIIe siècle. Saint Jean Eudes, Cerf, Paris, 21992. 127
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• Paul Milcent et Jacques Venard, Saint Jean Eudes 1601-1680, Desclée de Brouwer, Paris, 1999. • André Pioger, Un orateur de l’École française. Saint Jean Eudes, Bloud et Gay, Paris, 1940.
Saint Jean Eudes, maître de vie spirituelle • Collectif, Jean Eudes, docteur de l’Église. Éléments de doctrine théologique, pastorale et spirituelle, Cahiers eudistes 23, 2015. • Collectif, À la suite de saint Jean Eudes. L’irremplaçable place des femmes dans l’Église et la société, Documents Épiscopat, 2015/5. • Collectif (une équipe eudiste), Guide d’accompagnement spirituel selon la pédagogie de saint Jean Eudes, Anne Sigier, Québec, 2003. • Collectif, Itinéraire spirituel pour aujourd’hui avec saint Jean Eudes, Droguet-Ardant, Paris, 1993. • Collectif, Le royaume de Jésus. Saint Jean Eudes. Études, Éditions Paulines/Médiaspaul, Paris/Montréal, 1988. • Pascal Frey, Une expérience spirituelle avec saint Jean Eudes, L’Emmanuel, Paris, 2010. • François Lebesconte, Le Cœur de Marie d’après saint Jean Eudes, Lethielleux, Paris, 1946. • Charles Lebrun, La spiritualité de saint Jean Eudes, Lethielleux, Paris, 1933. • Clément Legaré, Au cœur de la miséricorde avec saint Jean Eudes, Médiaspaul, coll. Études et témoignages, ParisMontréal, 1995. • Paul Milcent, « Jean Eudes », Dictionnaire de spiritualité, t. VIII, col. 488-501. • Robert de Pas, Marie, icône de Jésus, textes de saint Jean Eudes, Paris, Procure des Eudistes, 1983.
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• —, Ma vie, c’est le Christ. Saint Jean Eudes et son message, Paris, Procure des Eudistes, 1993.
Les congrégations liées à saint Jean Eudes • Michel de Kerdreux, Comme une flamme. Maria Droste zu Vischering, religieuse du Bon Pasteur, Salvator, Mulhouse, 1968. • Odile Laugier, Marie-Euphrasie, qui es-tu ?, recueil de textes, Sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur, Angers, 2012. • Eloi Leclerc, Sainte Jeanne Jugan : tendresse de Dieu pour la terre, Desclée, Paris, 2009. • Paul Milcent, Jeanne Jugan, humble pour aimer, Le Centurion, Paris, 1978. • Marie-Dominique Ponsenet, Rien n’est impossible à l’amour. Rose-Virginie Pelletier, mère Marie de Sainte-Euphrasie, Saint-Paul, Paris, 1968. • Jacques Venard, Amélie Fristel. La passion de la charité, Sœurs des Saints Cœurs de Jésus et de Marie, Paramé, 1994.
École française de spiritualité • Henri Bremond, Histoire littéraire du sentiment religieux en France, t. III, La conquête mystique. L’École française, 1921 ; J. Million, Grenoble, 2006. • Louis Cognet, Histoire de la spiritualité chrétienne, t. III, La spiritualité moderne, I. L’essor : 1500-1650, Aubier, Paris, 1966. • Collectif, École française de spiritualité, Theophilyon, 1999, t. IV, vol. 1. • Raymond Deville, L’École française de spiritualité, Desclée de Brouwer, Paris, 22008. 129
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• Yves Krumenacker, L’École française de spiritualité. Des mystiques, des fondateurs, des courants et leurs interprètes, Cerf, Paris, 1998. • Paul Cochois, Bérulle et l’École française, Seuil, Paris, 1963. • Michel Dupuy, Le Christ de Bérulle, Desclée, Paris, 2001. • Rémy Lescot, Pierre de Bérulle, apôtre du Verbe incarné, Cerf, Paris, 2013. • Bernard Pitaud, Petite vie de Jean-Jacques Olier, Desclée de Brouwer, Paris, 1996. • Jean-Pierre Renouard, Saint Vincent de Paul, maître de sagesse, Nouvelle Cité, Paris, 2012. O
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Table des matières
Avant-propos. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5 Partie 1
ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES 1. Annoncer et vivre l’Évangile en un siècle de nouveautés et de ruptures . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9 2. La formation contrastée d’un futur apôtre des campagnes. . 11 3. Missionnaire de la miséricorde : vivre et prêcher la miséricorde face à l’indigence matérielle et spirituelle de son temps. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 4. Le Christ au centre de la catéchèse : « Laissez vivre et régner Jésus en vos cœurs ! ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 5. Accompagner les baptisés dans leur mission . . . . . . . . . . . . 29 6. Prêtres selon le cœur de Dieu : former Jésus dans les cœurs . . 33 7. Le chemin du Cœur : chemin d’union au Christ, offert à tout baptisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39 8. Marie, modèle de la vie chrétienne : à Jésus… en Marie . . . . 45 9. 1680… Nunc dimittis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49 10. La fécondité d’une vie pleinement donnée… . . . . . . . . . . . 53 Partie 2
ÉLÉMENTS DOCTRINAUX L’enseignement de saint Jean Eudes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59 1. La vie chrétienne : continuation et accomplissement de la vie de Jésus Christ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
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2. Vivre les états et mystères du Verbe incarné . . . . . . . . . . . . . 67 3. La grandeur du baptême : une alliance avec le Père, le Fils et l’Esprit Saint . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73 4. Le sacerdoce des baptisés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77 5. Les prêtres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81 6. Le culte liturgique du Cœur de Jésus . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87 7. Le culte liturgique du Cœur de Marie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93 8. La miséricorde, révélation du Cœur de Dieu . . . . . . . . . . . . 99 9. La prière eudiste : « la prière en quatre temps » . . . . . . . . . 105 Notes de l’ouvrage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111 Chronologie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123 Brève bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
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Achevé d’imprimer le 25 janvier 2016 sur les presses de l’imprimerie Bietlot, à 6060 Gilly (Belgique).
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Saint Jean Eudes En ce xviie siècle français, époque qui suit le concile de Trente (1545-1563), Jean Eudes (1601-1680), fils de paysan normand devenu prêtre et missionnaire, fut ouvrier du renouveau de l’Église et artisan de miséricorde auprès des exclus de la société. Contemporain de la fin des guerres de Religion, des révoltes populaires, des épidémies de peste, il fut témoin et acteur de la réflexion de l’Église sur elle-même. À la suite de Pierre de Bérulle et de l’École française de spiritualité, il a tenté de penser, d’une manière nouvelle, le lien des hommes avec Dieu, par le chemin de l’intériorité et de la communion de vie avec Jésus le Christ.
Saint
Jean Eudes Ouvrier de la nouvelle évangélisation au xviie siècle
Saint Jean Eudes
Sur la route des saints
Mgr L. Crepy et M.-Fr. Le Brizaut
Mgr Luc Crepy – Marie-Françoise Le Brizaut
Sur la route des saints ISBN 978-2-87356-681-4 Prix TTC : 9,95 €
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