Prières en poche
Prier le rosaire avec Marie
fidélité
L’icône de Notre-Dame du Rosaire a été écrite à l’atelier iconographique du Monastère Notre-Dame de Bonsecours, 7600 Péruwelz (BE). Elle a été élaborée à partir d’icônes russes de l’Ecole de Novgorod (XVIe siècle). Autour de l’icône de la Vierge du Signe se trouvent les quinze icônes représentant les quinze mystères du rosaire. Elles sont disposées dans le sens des aiguilles d’une montre, la première — celle de l’Annonciation — étant à droite de l’icône de l’Assemblée des Anges (elle-même étant au centre du bandeau supérieur).
© Éditions Fidélité • 7, rue Blondeau • 5000 Namur info@fidelite.be Dépôt légal: D/2001/4323/06 ISBN: 2-87356-208-0
Prier le rosaire avec Marie Comme une rose ouverte, donnée, au pied de la croix, le rosaire. Du temps donné avec la Vierge Marie, du temps donné à aimer Celui qui nous sauve. Prier, c’est aller à la rencontre du Père qui nous attend sur le chemin pour nous serrer contre Son cœur. Prier le rosaire, c’est entrer dans la blessure du Cœur de Jésus par la porte du cœur blessé de Marie, c’est faire tomber avec Jésus la pierre qui fermait notre tombeau. Prier le rosaire, c’est revivre avec Marie le mystère du salut qui commence à l’Annonciation, chaque fois que nous disons avec l’Ange Gabriel : « Je te salue, Marie, pleine de grâce. » C’est reconnaître qu’aujourd’hui nous est donné un Sauveur, ressuscité d’entre les morts. C’est reconnaître que le Père nous aime tant qu’Il nous donne son Fils. Prier le rosaire, c’est faire l’expérience que notre prière est déjà exaucée, c’est nous rendre aux côtés d’Elisabeth. Le rosaire est la prière par excellence de la charité fraternelle.
fr. François-Noël
1
L’Annonciation Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans un village de Galilée, du nom de Nazareth, à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie. (Lc 1, 26-27)
Terre vierge pour l’Arbre de Vie, fiancée de Dieu,
Marie, tu étais, depuis qu’Il t’a voulue, à l’ombre du Père qui te chérit : « Tu as trouvé grâce auprès de Lui. » L’ombre de l’Esprit, te fait Mère du Bien-Aimé de Dieu. Il sème en toi la Croix. Marie, tu es le Tabernacle du Salut.
mystères joyeux
Sa Parole prend chair en toi. Aujourd’hui, Il t’épouse.
3
2
La Visitation En ces jours-là, Marie partit et se rendit en hâte vers la région montagneuse, dans une ville de Juda. Elle entra chez Zacharie et salua Elisabeth.
En hâte, Marie, tu viens à moi, me donner le baiser de celle qui porte le Salut. Jésus, sur la croix, t’a faite Mère des hommes en te confiant à celui qu’il aimait. Dès lors, nous sommes de ta parenté, je suis de ta parenté et tu viens à ma rencontre. Bienheureuse es-tu, toi qui portes en ton sein la Bonne Nouvelle. Mon âme bondit en moi et chante de joie ; mon âme exalte le Verbe que tu portes pour tous les hommes. Bienheureuse celle qui a cru !
mystères joyeux
(Lc 1, 39-40)
5
3
La Nativité Elle enfanta son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’ils manquaient de place dans la salle.
Il a ouvert ses yeux de bébé, maintenant, il dort à poings fermés. Regardez les poings de Dieu, refermés sur leur pouce. Ils sont le contraire des poings de César : pouce levé pour la vie, pouce en bas pour la mort. Regardez les poings de Dieu, ne sont-ils pas sans force, comme s’ils tenaient le doigt de l’homme. Donnons au bébé-Dieu notre doigt pour qu’il s’y tienne. Il a confiance en nous, si pauvres, lui qui s’est fait plus pauvre que nous.
mystères joyeux
(Lc 2, 7)
7
4
La Présentation Et lorsque furent accomplis les jours pour leur purification, selon la Loi de Moïse, ils l’emmenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur.
Tu vois des traces de Dieu sur son visage, Syméon, tu portes dans tes bras le bébé-Dieu. Poussé par l’Esprit, le Fils t’attirant à lui, tes yeux ne s’éteindront que dans sa lumière. Syméon, tu es juste, tu vois juste, jusqu’au cœur transpercé du Christ, jusqu’à cette plaie si profonde qu’elle met à vif le cœur blessé de sa mère.
mystères joyeux
(Lc 2, 22)
9
5
Jésus retrouvé au temple Et il advint au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans leTemple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant.
Il est là, il écoute les Anciens, il les interroge, il les émerveille. Encore une histoire de générations, une histoire à l’envers, une histoire de l’autre côté du voile bien avant qu’il se déchire. Tu as eu peur, Marie, et toi aussi, Joseph, d’avoir perdu le don du Père ; lui savait déjà qu’il était au monde pour nous mener au Père. Marie, tu as compris hors de la ville, après la déchirure du voile, après que le Père eût déserté le temple de pierres, que Jésus portait son Père au milieu de nous.
mystères joyeux
(Lc 2, 46)
11
6
L’agonie Puis, il s’éloigna d’eux d’environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse ! »
Pierre, Jacques et Jean se sont assoupis, vaincus par la fatigue. Tu viens de leur donner la Vie et ils sont morts de sommeil. Ils ont oublié que tu les avais emmenés sur la montagne. Le temps du don est là, le temps du pardon n’est pas loin. Tu vois la lie dans la coupe, tu nous donnes jusqu’à ta volonté. Tu pleures de sang, tu pleures de sang d’abandon.
mystères douloureux
(Lc 22, 41-42)
13
7
La flagellation Pilate prit alors Jésus et le fit flageller. Les soldats, tressant une couronne d’épines, la lui posèrent sur la tête, et le revêtirent d’un manteau de pourpre ; et ils s’avançaient vers lui et disaient : « Salut, roi des juifs ! Et ils lui donnaient des coups. »
Du jardin au prétoire, du baiser au fouet. Là, les mains attachées, ton corps nu est livré aux lanières et aux plombs. Tu n’es plus que lambeaux, même les larmes ne peuvent plus couler. Tu es livré, tu n’es plus qu’un jouet, les soldats jouent aux soldats, ils te font roi de leur ronde cruelle. Et tu es Roi, mais d’un autre Royaume.
mystères douloureux
(Jn 19, 1-3)
15
8
Le couronnement d’épines Alors les soldats du gouverneur prirent avec eux Jésus dans le prétoire et ameutèrent sur lui toute la cohorte. L’ayant dévêtu, ils lui mirent une chlamyde écarlate, puis ayant tressé une couronne avec des épines, ils la placèrent sur sa tête, avec un roseau dans sa main droite.
Ton corps n’est plus que traces de fouet, ils t’emmènent au prétoire, ils t’enlèvent ta tunique, le Roi a besoin d’un manteau, majesté écarlate plantée d’un roseau et la couronne tressée d’insultes, ronces cueillies au buisson du mensonge, le diadème d’épines pour les noces de Sang : Voici l’homme !
mystères douloureux
(Mt 27, 27-29)
17
9
Le portement de la croix Quand ils l’emmenèrent, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs, et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus.
Patibulaire, en marche vers le Suaire, ta sueur et ton Sang ne suffisent plus. Tu tombes sous la poutre que je vois dans l’œil de mon frère. Et la sueur de Cyrène, ses larges épaules de laboureur pour un labeur fraternel pour que tu ailles jusqu’au bout, jusqu’en haut, jusqu’aux clous, jusqu’au marteau. Chemin de sueur, Chemin de larmes, Chemin de Sang versé pour nous.
mystères douloureux
(Lc 23, 26)
19
10
La mort de Jésus Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. Jésus donc, voyant sa mère et, se tenant près d’elle, le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Dès cette heure-là, le disciple l’acceuillit chez lui.
Ils t’ont déchargé du joug qui t’a fait tomber, Simon de Cyrène fera double journée afin d’éviter que tu meures avant l’heure de la croix. Hors des murs de la ville, trois pieux sont dressés : tu as deux compagnons de supplice, des soldats sont déjà là, à vous attendre. Ils te mettent nu, te couchent à terre, te clouent. Tu es l’agneau à l’abattoir des hommes, tu es l’agneau d’amour qui n’a plus qu’un cri qui n’a plus qu’un souffle et tu le rends au Père.
mystères douloureux
(Jn 19, 25-27)
21
11
La Résurrection Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau.
C’est le moment de la mort, de la nuit, l’aube commence à dessiner l’ombre. Marie arrive la première. Quelqu’un aurait-il roulé la pierre ? Elle s’affole, elle court avertir Pierre. Pierre qui court, pierre qui roule, il n’a que ses yeux pour voir. Jean le suit, le dépasse, le devance mais l’attend au tombeau. Pierre entre, tu n’es plus là, tu as laissé tes langes de sépulture. Jean entre à son tour. Il voit et il croit : tu es vivant ! Ils laissent Marie à ses larmes qui ne voient que le jardinier et tu lui dis : « Marie ! »
mystères glorieux
(Jn 20, 1)
23
12
L’Ascension Etant donc réunis, ils l’interrogeaient ainsi : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël ? » Il leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous.Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
La quarantaine est terminée, il faut que Tu rentres au Père, il faut que Tu nous manques, même si Tu restes avec nous. Tu es retourné Là d’où Tu étais venu. Père et Fils, l’Un par l’Autre, l’Un avec l’Autre, l’Un dans l’Autre Vous nous donnerez le Défenseur.
mystères glorieux
(Ac 1, 6-8)
25
13
La Pentecôte Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.
Comme un coup de vent, comme un courant de souffle remplit la maison, la Vie brûle, elle brûle tellement qu’il faut ouvrir les portes, elle brûle les cœurs à en ouvrir la bouche, même les oreilles se débouchent, chacun peut entendre la Bonne Nouvelle. L’Esprit a mis le feu aux cœurs.
mystères glorieux
(Ac 2, 4)
27
14
L’Assomption de Marie Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge.
Tu as suivi Jean, le frère d’agneau. Il t’a emmenée partout où il allait proclamer la Bonne Nouvelle du Bien-Aimé. Il t’a tout partagé, tu lui as confié ton secret, tu as vécu ainsi sa volonté jusqu’au bout. Devais-tu connaître la terre, toi qui ne connus pas le péché ? Aux côtés de ton fils, aux côtés de son Fils, Mère de Dieu, tu es signe du désir du Père pour chacun des hommes.
mystères glorieux
(Ap 12, 14)
29
15
Le Couronnement de Marie Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses.
Une couronne de fleurs de ciel, regarde, Jésus te tend la main, il a fait de son manteau une parure de trône. Tu es l’étoile du ballet des anges, n’oublie pas que je ne suis que pauvre.
mystères glorieux
(Lc 1, 48-49)
31
Table des matières 1. 2. 3. 4. 5.
L’Annonciation La Visitation La Nativité La Présentation Jésus retrouvé au temple
3 5 7 9 11
6. 7. 8. 9. 10.
L’Agonie La Flagellation Le couronnement d’épines Le portement de la croix La mort de Jésus
13 15 17 19 21
11. 12. 13. 14. 15.
La Résurrection L’Ascension La Pentecôte L’Assomption de Marie Le Couronnement de Marie
23 25 27 29 31
M éditations poétiques, portes ouvertes pour entrer dans le cœur de Marie, prier avec elle, vivre avec elle les mystères de la vie du Christ, le mystère du don du Fils de Dieu.
Frère François-Noël Deman est né en 1956 à Tournai. Religieux dans la Congrégation Saint-Jean, il a composé les poèmes accompagnant les céramiques de Max van der Linden pour la Basilique Notre-Dame de Bonsecours et a publié Peau d’âme aux Editions Grégoriennes.
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