« EN MÉDECINE COMME EN TRAIL, TOUT EST UNE QUESTION D’ÉQUILIBRE »
TRAIL
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Docteur Stéphane CASCUA
Triathlète adepte du cardio-training et de la musculation. Médecin du sport, traumatologue et nutritionniste du sport. Diplômé en entraînement du sportif Rédacteur en chef
Anne ODRU
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Coureur de demi-fond et de trail, triathlète, golfeur et footballeur. D.U. podologie du sport. Membre ANPS Expert Préférences motrices Volodalen
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Triathlète, marathonienne Directrice de la publicité et du développement
Docteur Marc ROZENBLAT
Golfeur et ancien gymnaste, ex-président de la Société Française de Traumatologie du Sport (SFTS), Pastprésidentde la Société Française de Médecine Manuelle Orthopédique et Ostéopathique Médicale (SOFMMOOM)
Président du Syndicat National des Médecins du Sport Santé (SNMS-Santé)
Professeur François CARRÉ Coureur et cycliste Cardiologue et médecin du sport au CHU de Rennes et à la Fédération Française de Cardiologie
Docteur Dany-Michel MARCADET Golfeur, voile en compétition. Consultant FFT et FFG Cardiologue du sport
Docteur Philippe CHADUTEAU
Instructeur de plongée et de Krav Maga Médecin traumatologue du sport
Charles-Antoine WINTER
Ancien pratiquant de raids, cycliste amateur et passionné de courses d’obstacles Diététicien nutritionniste, consultant et conférencier
Centre d’entraînement olympique et paralympique de référence du sport français
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** Étude subjective réalisée sur 30 participants, après 1 semaine de 3 applications.
*** Étude subjective réalisée sur 30 participants, après 14 jours d’utilisation.
1. Recommandation obtenue par un panel de 13 kinés de l’INSEP, après une enquête de satisfaction, 2026.
ÉDITO
2026
HOKA UTMB®
MONT-BLANC
LA RESPONSABILITÉ
AU CŒUR DE L’AVENTURE
Depuis sa première édition en 2003, le HOKA UTMB® Mont-Blanc incarne bien plus qu’une simple course : c’est une aventure humaine, née d’une passion partagée, qui rassemble chaque année de nombreux passionnés autour d’un même amour de la montagne et du dépassement de soi. Organisation, coureurs, bénévoles, professionnels de santé, partenaires, médias, accompagnants, habitants des vallées, collectivités et spectateurs ; chacun contribue à faire vivre cette aventure exceptionnelle. Ce qui, au départ, relevait d’un pari un peu fou entre mes parents et leurs amis ; est devenu, au fil des années, une référence mondiale dans l’univers du trail, symbole de notre engagement profond pour une discipline en constante évolution.
Événement pionnier, le HOKA UTMB® Mont-Blanc est aujourd’hui un véritable laboratoire d’innovation, à la croisée de la performance sportive, de l’émotion collective et du respect des territoires qui nous accueillent. À travers lui, nous portons haut des valeurs essentielles : la passion, la persévérance, la solidarité et, plus que jamais, la responsabilité : celle d’offrir une aventure unique tout en préservant notre environnement et en transmettant un héritage dont nous sommes tous les gardiens. Chaque ascension, chaque kilomètre parcouru pose une question simple mais fondamentale : qu’est-ce qui nous pousse à aller toujours plus loin ? Est-ce l’appel du sommet, le besoin de se reconnecter à l’essentiel, ou le désir profond de se surpasser ? Sans doute un peu de tout cela à la fois, au cœur d’une passion exigeante qui engage le corps, l’esprit et parfois même l’âme.
ÉDITO
Participer à une course, c’est s’inscrire dans une aventure bien plus vaste que la seule journée de l’épreuve. C’est des mois – parfois des années – de préparation rigoureuse, d’ajustements de vie, de travail physique et mental.
Cet engagement transforme durablement notre quotidien, influant profondément sur notre santé, notre équilibre et notre rythme de vie.
De notre côté, en tant qu’organisateurs, notre mission ne se limite pas à proposer des parcours exceptionnels. Elle consiste avant tout à créer les conditions d’une expérience sûre, exigeante et responsable. Chaque année, plus de 2 600 bénévoles, véritables piliers de la grande famille UTMB®, ainsi qu’un dispositif médical de plus de 350 professionnels – médecins, infirmiers, secouristes, kinésithérapeutes et podologues – se mobilisent avec un engagement remarquable. Tous, spécifiquement formés aux réalités du trail en milieu naturel, contribuent à la sécurité, à la santé et à la réussite de l’événement. Depuis 2007, le HOKA UTMB® Mont-Blanc joue également un rôle de premier plan dans la recherche médicale, en accueillant des études de terrain et des enquêtes scientifiques. Cette année encore, nous poursuivons cette dynamique en ouvrant nos épreuves à des recherches sur la lutte contre la sédentarité avec le projet 0 TO 100, ainsi qu’à une étude d’envergure sur le sommeil des traileuses et traileurs, élargie à un nombre encore plus important de participants. Ces travaux nous permettent de mieux comprendre les réalités de notre sport, d’adapter les soins et d’anticiper certaines pathologies.
La réussite du HOKA UTMB® Mont-Blanc repose avant tout sur une responsabilité que nous partageons. Les coureurs sont naturellement les premiers acteurs de leur santé. En apprenant à écouter leur corps, à reconnaître les signaux faibles, à comprendre leurs besoins et leurs limites, ils se donnent les moyens de vivre une expérience forte, enrichissante et durable.
Mais cette responsabilité ne s’arrête pas à la ligne de départ. Elle appartient aussi à celles et ceux qui accompagnent les athlètes, qui les encouragent au bord des sentiers, qui racontent leurs histoires, qui conçoivent les équipements, qui soutiennent l’événement, qui accueillent les participants ou qui œuvrent dans l’ombre. Chacun, par ses choix et ses actions, contribue à préserver ce qui fait la singularité du HOKA UTMB® Mont-Blanc.
Cette responsabilité collective trouve naturellement son prolongement dans notre relation à la montagne. Courir en milieu naturel, c’est aussi être responsable de la préservation des espaces qui nous accueillent. Réduire notre empreinte, agir en faveur de la biodiversité, respecter les communautés locales, soutenir le développement des territoires et transmettre aux générations futures un patrimoine naturel préservé ; en somme, encourager une pratique responsable. Telle est l’ambition qui guide chacune de nos décisions. Alors que nous nous apprêtons à ouvrir un nouveau chapitre, je suis animée par une profonde fierté, une confiance renouvelée et une immense impatience. Fierté de voir ce que nous avons construit ensemble. Confiance dans notre capacité collective à relever les défis qui nous attendent. Et impatience de partager, une fois encore, cette formidable aventure humaine qui fait vibrer tout un territoire.
Le HOKA UTMB® Mont-Blanc est bien plus qu’une course. C’est une communauté, un territoire et une ambition partagée. Ensemble, organisation, coureurs, bénévoles, partenaires, accompagnants, médias, collectivités, habitants et spectateurs, nous sommes tous responsables. Responsables de notre santé, de notre sécurité, de notre environnement et de l’esprit qui fait la force de notre événement. C’est en prenant soin les uns des autres, et de la montagne qui nous unit, que nous continuerons à écrire l’avenir du trail.
0 TO 100 : préparer le corps… mais aussi préparer le cerveau
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PARENTALITÉ
Faire grandir le trail avec les familles
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NUTRITION
Benoît Dadolle : « Le corps est l’outil de travail, l’alimentation en est le carburant »
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CONSEIL
Canicule et ultra-trail : comment relever le défi ?
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PODOLOGIE
Chaussures de trail à plaque carbone : véritable révolution ou simple effet de mode ? 24
TÉMOIGNAGE
Julien Veysseyre : l’UTMB® comme terrain de reconstruction
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LES NEWS DU DOC
INTERVIEW
Blandine L’Hirondel : « En médecine comme en trail, tout est une question d’équilibre »
MISE AU POINT
Souffrance digestive en ultra !
Le processus, la performance, le résultat
Premier fauteuil sur la MCC®: le pari de Pierre Cabon
Sécurité en milieu isolé : comment la technologie inReach de Garmin® transforme l’assistance dans les environnements extrêmes
Courir longtemps, courir mieux… et courir sans se blesser !
CANAL TARSIEN : UNE DOULEUR DE PIED OUBLIÉE
Vous avez mal sous la voûte plantaire en marchant ou en courant ? Les radios, scanner et IRM ne montrent rien ? Mais vous n'avez pas rien ! C'est probablement un canal tarsien. Explications et solutions !
PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT, RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT
Au niveau de la cheville, le petit nerf donnant la sensibilité de la voûte plantaire passe derrière le tibia. C'est le nerf tibial postérieur. Il fait poulie en arrière de la bosse osseuse située à la face interne de la cheville, la malléole médiale. Il peut être irrité de deux manières. Premièrement, il arrive qu'il soit contus puis coincé au sein de tissus épais et fibreux. Le plus souvent, il s'agit d'une cicatrice à la suite d'une impaction après entorse de cheville : le ligament externe se déchire, les os de la face interne se cognent violemment.
LE NERF MENANT À LA VOÛTE
PLANTAIRE SOUFFRE EN ARRIÈRE
DE LA CHEVILLE
Deuxièmement, la branche nerveuse est parfois victime d'un étirement chronique. Cette traction survient lorsque la voûte plantaire s'écrase… on parle de « pronation ». Ce phénomène survient plus volontiers en cas de pieds plats. Compression, contusion, coincement ou tension, ce nerf tibial postérieur ne tarde pas à se manifester en véhiculant des informations désagréables : fourmis ou paresthésies, brûlures puis douleurs !
VOUS AVEZ UN CANAL TARSIEN…
Le plus souvent, vous pratiquez la course à pied ou la randonnée. À cause de vos parents ��, vous avez les pieds plats ! À cause de votre manque de tonicité et de technique, vous êtes pronateur… trop pronateur. Lors de la phase de déroulé plantaire, votre voûte s'écrase, votre cheville bascule vers l'intérieur. Votre pied devient encore plus plat… Ce mécanisme étire votre nerf tarsien et provoque un frottement de sa gaine sur la poulie de la bosse osseuse du tibia.
COURSE, PIEDS PLATS, PRONATION
DÉCHARGE EN TAPOTANT LA ZONE IRRITÉE
Plus vous courez ou plus vous marchez, plus ça brûle sous la voûte plantaire. Le signe de Tinel se montre particulièrement caractéristique. Votre médecin du sport comprime ou tapote le siège de la compression ou de l'irritation derrière la poulie osseuse et déclenche une douleur locale et surtout une irradiation sous le pied. Votre thérapeute confirme qu'il ne s'agit pas d'une souffrance du tendon tibial postérieur qui coulisse sur le même trajet. Son testing est indolore et il ne manque pas de force. L'examen complémentaire incontournable est l'EMG ou « électromyogramme ». Il consiste à évaluer la conduction du nerf. Le plus souvent, ce test met en évidence la souffrance du nerf.
L'ÉLECTROMYOGRAMME CONFIRME
LA SOUFFRANCE DU NERF
Dans de rares cas, malgré le diagnostic clinique évident, il reste négatif car les fibres nerveuses abîmées sont trop fines ou agressées de façon trop intermittente.
LES COMPRIMÉS
SUFFISENT RAREMENT, LES CRÈMES LOCALES ENCORE MOINS.
Une échographie permet parfois de constater le gonflement du nerf et l'apparition d'une douleur lorsque la sonde appuie au bon endroit.
TRAITER LA CAUSE ET LA CONSÉQUENCE !
Initialement, il faut traiter la cause. La première étape est passive, la seconde est active. En clair, on vous prescrit une semelle comportant un soutien de voûte associée à une chaussure de running stable à axe droit. Classiquement, ces modèles sont dits « anti-pronation ».
SEMELLES À SOUTIEN DE VOÛTE
CHAUSSURES ANTI-PRONATION FOULÉE PLUS TONIQUE
Parallèlement, on vous invite à travailler un déroulé plantaire ou une foulée plus tonique et à réduire l'attaque par le talon qui sidère la stabilisation dynamique. Le plus souvent, cette stratégie est suffisante. Après quelques mois, il arrive même que l'amélioration des appuis permette de se passer des semelles puis d'opter pour des chaussures plus légères. Parfois, l'irritation du nerf s'est emballée, la conséquence s'est autonomisée. Dans ces circonstances, l'inflammation se montre délétère et agressive pour le nerf. Il est impératif de l'apaiser. Les comprimés suffisent rarement, les crèmes locales encore moins. La mésothérapie qui injecte ces produits dans l'épaisseur de la peau en regard de la zone lésée peut être tentée. Cependant, une infiltration experte sous échographie reste le geste le plus efficace. L'imageur dépose quelques gouttes au voisinage de la zone en souffrance. Le volume injecté revêt aussi une action mécanique. Il dilacère le tissu rigide qui contribue au décoincement du nerf. Exceptionnellement, une opération se révèle nécessaire. Le chirurgien nettoie la fibrose locale et libère le nerf afin qu'il puisse coulisser plus librement. Dans tous les cas, les conseils de matériel et de foulée sont indispensables pour éviter la récidive.
Pourquoi intégrer le mental dès le départ quand on part de la sédentarité vers la CCC® de l’UTMB®. Il y a des projets qui ressemblent à des défis sportifs. Et puis il y a ceux qui interrogent notre représentation de l’être humain. Le projet « 0 to 100 » appartient clairement à la deuxième catégorie. Son ambition est simple à formuler, presque impossible à croire au premier abord : accompagner 40 personnes sédentaires, 20 femmes et 20 hommes, pendant 18 mois, pour les amener à devenir finishers d’un ultra-trail de 100 km lors de la CCC® de l’UTMB® à Chamonix en août 2027.
Sur le papier, cela peut paraître démesuré. Passer de « je ne cours pas » à « je traverse les Alpes sur 100 km » semble presque absurde. Mais c’est précisément là que le projet devient passionnant. Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’entraîner des jambes ; il s’agit d’observer comment un corps longtemps resté en sommeil peut se réadapter. Et comment un cerveau, lui aussi, peut apprendre à croire, à sentir, à réguler, à durer.
QUAND ON PART DE ZÉRO, LE PREMIER OBSTACLE N’EST PAS
PHYSIQUE : IL EST IDENTITAIRE
Pour une personne sédentaire, le premier entraînement ne commence pas avec une paire de chaussures. Il commence souvent avec une phrase intérieure : « Ce n’est pas pour moi. » Cette phrase résume parfois des années d’habitudes, de découragement, d’expériences sportives ratées, de honte du corps, de peur du regard, ou simplement de déconnexion progressive avec le mouvement. Quand un participant du projet 0 to 100 se projette vers la CCC®, il ne se projette pas seulement vers une course ; il se projette vers une autre version de luimême. Et cette bascule est vertigineuse. C’est pourquoi la préparation mentale ne doit pas arriver « à la fin », comme un outil pour gérer le stress avant la course. Elle doit être intégrée dès le départ, parce qu’elle accompagne la transformation identitaire : passer de « je ne suis pas sportif » à « je suis quelqu’un qui apprend à devenir endurant ». La nuance est essentielle. On ne demande pas à un sédentaire de se prendre pour un ultra-traileur. On lui propose d’entrer dans un processus. Et c’est souvent là que tout devient possible.
LE MENTAL, CE N’EST PAS SE
CONVAINCRE :
C’EST
APPRENDRE À SE RÉGULER
Il y a une erreur fréquente quand on parle de mental : croire qu’il suffit d’être motivé. Or, la motivation est instable. Elle monte au premier week-end collectif, redescend un mardi soir de fatigue, revient après une bonne séance, disparaît sous la pluie. Si le projet ne repose que sur la motivation, il devient fragile. Le rôle du mental est plus profond : apprendre à réguler :
Réguler son effort quand arrive l’envie d’en faire trop ;
Réguler son anxiété quand le défi semble trop grand ; Réguler sa frustration quand les progrès ne vont pas assez vite ; Réguler son identité quand les anciens réflexes reviennent : abandonner, se comparer, se juger.
Chez les personnes sédentaires, le cerveau doit apprendre une chose fondamentale : le corps peut être inconfortable sans être en danger. L’essoufflement n’est pas forcément une alarme. La fatigue n’est pas forcément un échec. Une mauvaise séance n’est pas une preuve d’incapacité. C’est là que la préparation mentale devient un outil de santé. Elle apprend à distinguer le signal utile du bruit anxieux.
LE PROJET 0 TO 100 : UNE AVENTURE SCIENTIFIQUE, MAIS AUSSI UN LABORATOIRE ÉMOTIONNEL
Le projet 0 to 100 est structuré comme une étude scientifique et humaine. Il s’appuie sur un accompagnement médical, universitaire et sportif, avec notamment l’université JeanMonnet, le CHU de Saint-Étienne, l’UTMB®, l'Institut Santé & Mental Endurance et l’École de Trail® parmi les acteurs associés. Son objectif dépasse la simple réussite sportive : démontrer les effets d’une activité physique structurée sur la physiologie, l’endurance, la force, le muscle, mais aussi les indicateurs de santé mentale et physique.
Mais derrière les mesures, les tests, les protocoles, il y aura une réalité plus intime : les doutes des participants. Les premières douleurs. Les premières fiertés. Les comparaisons. Les découragements. Les petites victoires qui semblent ridicules pour un coureur confirmé, mais qui sont immenses pour quelqu’un qui redécouvre son corps.
PAR CYRIL BLANCHARD, ATHLÈTE ET COACH, FONDATEUR DE L’INSTITUT SANTÉ & MENTAL ENDURANCE – ISME
COACHING
Lors du premier week-end choc, participants, équipe projet, coachs, chercheurs et partenaires se sont retrouvés pour vivre ensemble une étape importante de l’aventure. Ce type de moment est déterminant. Il transforme une étude en collectif. Il permet à chacun de comprendre qu’il ne portera pas seul ce défi.
Or, en endurance, le collectif est une ressource mentale majeure. Quand le doute devient trop lourd pour un individu, le groupe peut le porter temporairement. Quand l’objectif paraît trop haut, la présence des autres le rend plus concret. On ne croit pas toujours en soi d’emblée. Parfois, on commence par emprunter un peu de la confiance du groupe.
POURQUOI LE CERVEAU
PEUT ACCOMPAGNER LE CORPS
TRÈS LOIN
Le corps humain est une machine d’adaptation remarquable. Mais le cerveau l’est tout autant. Au fil des mois, les participants vont devoir apprendre à modifier leurs repères internes. Ce qui était perçu comme « trop dur » deviendra parfois « supportable ». Ce qui était vécu comme « impossible » deviendra « progressif ». Ce qui déclenchait de l’inquiétude deviendra une information à traiter. C’est une dimension centrale : le cerveau ne se contente pas de subir l’entraînement, il réinterprète l’effort. Au début, une montée peut être vécue comme une agression ; plus tard, elle devient un terrain d’apprentissage. Au début, la fatigue peut être comprise comme une limite définitive ; plus tard, elle devient un état transitoire à gérer.
Au début, la distance peut écraser ; plus tard, elle se découpe en étapes, en ravitaillements, en respirations, en gestes simples. C’est exactement le rôle de la préparation mentale : aider le cerveau à changer de lecture. Pas pour fabriquer une illusion, mais pour éviter que le mental ne transforme chaque inconfort en menace.
LES TROIS PILIERS MENTAUX À INSTALLER DÈS LA PREMIÈRE ANNÉE
Le premier pilier est la progressivité psychologique. On parle souvent de « progressivité physique » : augmenter les charges, respecter les phases, éviter les blessures. Mais il existe aussi une progressivité mentale. Une personne sédentaire doit apprendre à supporter l’idée même de l’effort régulier, puis l’idée de la durée, puis l’idée de l’incertitude. Cela ne se décrète pas. Cela se construit ; Le deuxième pilier est la conscience corporelle. Beaucoup de personnes sédentaires ont perdu le lien avec leur corps. Elles savent quand elles ont mal, mais elles ne savent pas toujours distinguer une tension normale d’un signal d’alerte. La préparation mentale, par la respiration, la sophrologie, l’attention aux sensations, permet de retrouver une lecture plus juste du corps ; Le troisième pilier est la capacité à revenir. Revenir après une séance ratée. Revenir après une période de doute. Revenir après une douleur. Revenir au plan. Revenir au souffle. Revenir au sens. En ultra-endurance, la force mentale n’est pas de ne jamais tomber. C’est de savoir revenir sans se détruire.
Devenir parent ne devrait jamais signifier mettre sa passion entre parenthèses. Concilier vie de famille et pratique du trail est un défi, qu'il s'agisse de grossesse, d'adoption, de parcours de PMA ou de gestation pour autrui. Conscient de ces enjeux, l'UTMB® World Series fait évoluer sa politique de parentalité afin d'accompagner les athlètes, élites comme amateurs, à chaque étape de leur parcours.Une initiative qui traduit une ambition forte : faire du trail un sport toujours plus inclusif, où chacun peut construire son projet de vie sans renoncer à ses objectifs sportifs.
Au sein de l’organisation de l’UTMB® au niveau international, la condition de la femme et de la famille est un sujet majeur. Pour Karen Merlin, il est important de voir la bonne évolution du trail et d’y contribuer afin d’être plus ouvert au grand public. La parité qui est également au cœur des débats a déjà permis d’établir le même prizemoneypour les hommes et les femmes. Il reste toujours beaucoup de choses à faire, comme améliorer la participation féminine. En Europe, 25 % de femmes participent, il faut encore faire plus d’efforts pour améliorer ce chiffre.
POLITIQUE DE PARENTALITÉ
Développée en collaboration avec la Pro Trail Runners Association(PTRA) , elle répond aux besoins spécifiques des athlètes élites tout en s’appliquant à l’ensemble des coureur.euse.s du circuit UTMB® World Series. Il est important d’élargir le soutien aux femmes et à leur conjoint. Peu importe le moyen de fonder une famille, toutes les familles sont soutenues dans le but de donner plus de souplesse quant au retour au sport en éliminant notamment la pression de perdre sa place et de devoir tout recommencer. Depuis l'instauration de la politique de grossesse en 2023, plus de 400 personnes ont pu reporter leur inscription ou se faire rembourser. Il est également important de protéger le statut des femmes élites pour leur permettre de conserver leurs sponsors. L'UTMB® Index de l’athlète et son classement au moment de la demande sont enregistrés et affichés dans sa page individuelle sur utmb.world pendant toute cette période.
UN MODÈLE EXEMPLAIRE
L’UTMB® est très regardé à travers la mise en place de ses politiques d’accompagnement. Avec cette nouvelle évolution, le soutien aux femmes est encore plus solide et envoie un signal fort pour tout le monde du sport. Le trail peut ainsi inspirer d’autres disciplines en montrant ce qu’il est possible de faire.
Essayer de préparer et de participer tout en étant enceinte n’est pas évident. Il faut valoriser l’implication que nécessite de faire la course et ne pas priver la femme du plaisir de la maternité et de participer. Vivre les deux pleinement est le meilleur choix !
COMBINER LE RETOUR À LA COURSE ET LA VIE DE FAMILLE
C’est toujours très touchant de voir les émotions sur la ligne d’arrivée de parents avec un enfant dans les bras. Certaines femmes ont trouvé le soutien indispensable à leur retour à la compétition grâce à cette politique. Les élites peuvent prendre le temps nécessaire pour revenir au plus haut niveau sans se mettre dans le stress de la performance, dans la précipitation et le risque de blessures. Elles sont ainsi plus à l’aise et reviennent avec plus de sérénité. L’UTMB® travaille sur des contenus éducatifs à proposer aux parents en fonction de leurs besoins pour mieux les accompagner. Les femmes sont plus difficiles à motiver pour participer aux grandes distances (plus de 20 kilomètres) alors qu’elles ont leur place et peuvent être très performantes. Les plus courtes distances sont tout de même indispensables et permettent aux amateurs de s’initier progressivement. Les femmes sont souvent présentes pour assister d’autres coureurs ; le programme des courses est mis en place pour permettre à tous de participer et de soutenir d’autres membres de la famille en répartissant toutes les distances le mieux possible.
UN TRAIL POUR TOUTES
Le trail peut accueillir toutes les femmes, il existe un type de parcours pour chacune. L’UTMB® doit encore donner plus de visibilité concernant tout ce qu’il est possible de faire sur un circuit très à l’écoute des femmes et de leurs besoins et envies. C’est pour cela que l’organisation cherche à mieux accompagner les amateurs tout en véhiculant la notion de partage chère à cette discipline. ✱
PAR ANNE ODRU AVEC KAREN MERLIN, RESPONSABLE DES RELATIONS ÉLITES ET DES INITIATIVES CONCERNANT LES FEMMES SUR L’UTMB®
VENDREDI
NUTRITION
BENOÎT DADOLLE :
« LE CORPS EST L’OUTIL DE TRAVAIL,
L’ALIMENTATION EN EST LE CARBURANT »
À travers la création de sa Team Athlètes dédiée aux sports d’endurance et de montagne, Bjorg® affirme sa volonté de promouvoir une alimentation bio et végétale comme levier de santé et de performance durable. Benoît Dadolle, directeur général de la marque, revient sur les liens entre nutrition quotidienne, activité physique et préservation des écosystèmes.
Bjorg® vient de lancer une « Team Athlètes » autour de sports d’endurance et de montagne. Pourquoi avoir choisi précisément ces disciplines proches de l’univers du trail pour porter votre vision de la nutrition ?
Bjorg® a la particularité d’être le leader du bio et d’une alimentation saine en général. À ce titre, nous étions les premiers investisseurs média dans le bio. On s’est rendu compte qu’on avait besoin de se renforcer en créant cette team d’athlètes. Nos choix se sont portés sur les sports de montagne qui sont des sports d’endurance où l’aspect nutritionnel est un élément clé. Ce sont également des sports de plein air dans un écosystème fragile et menacé. Ce sont des causes que Bjorg® souhaite mettre en avant. La nutrition et la protection des écosystèmes sont deux valeurs chères à la marque.
Dans le trail, les pratiquants cherchent autant la performance que la santé durable. Pensez-vous que l’alimentation bio et végétale puisse devenir demain un véritable « outil d’endurance », au même titre que l’entraînement ou la récupération ?
Nous cherchons à mettre en exergue le mode de vie des sportifs qui ont besoin d’une préparation minutieuse en passant par une alimentation saine du quotidien. Le corps est l’outil de travail, l’alimentation en est le carburant et ça passe souvent par le bio. Nous avons fait un sondage auprès d’athlètes de l’INSEP, il y en a environ 8 sur 10 qui mettent le bio en avant dans leur alimentation. C’est l’idée de combiner un carburant sain pour produire une performance de haut niveau.
Vous parlez d’« accompagner les champions d’aujourd’hui et de demain ». Au-delà des athlètes de haut niveau, Bjorg® souhaite-t-elle aussi inspirer les sportifs amateurs, les traileurs du dimanche ou les jeunes générations ?
Les sportifs peuvent consommer des produits bio du quotidien, notre message étant : « inspirez-vous de la qualité de vie et de l’alimentation des sportifs pour avoir en tant que consommateur une bonne alimentation ».
PROPOS RECUEILLIS PAR MURIEL HATEM
LES SPORTS DE MONTAGNE DEMANDENT DE LA RÉGULARITÉ
ET DE SE REMETTRE EN QUESTION.
Ce message est valable pour tous les types de sportifs, à tous les niveaux. Le sportif cherche en général une alimentation particulière avec des glucides, des protéines, des fibres et un apport calorique maîtrisé. Nous proposons ainsi des produits sans sucre ou sans sucre ajouté. Dans la gamme petitdéjeuner, 50 % de nos céréales sont complètes. Ce sont des caractéristiques qui font que pour les sportifs en particulier, mais aussi pour quelqu’un qui veut s’inspirer de la qualité de vie d’un sportif, nos produits sont adaptés. On ne se définit pas comme une nutrition spécialisée du sportif pendant l’effort et la récupération mais comme une alimentation du quotidien meilleure pour la santé.
Vous sentez-vous impliqué dans la lutte contre la sédentarité et l’importance de l’activité physique ?
C’est bien évidemment une partie de la recette pour être en bonne santé. Nos produits un peu plus « gourmands » doivent être accompagnés d’une activité physique adaptée. Il faut trouver les bons équilibres entre les produits selon leurs spécificités mais il faut également se permettre de se faire plaisir, et pour bien le vivre, de ne pas être sédentaire. L’équilibre de vie que les sportifs de haut niveau peuvent avoir à la fois dans la recherche de la performance et dans l’apport d’une alimentation saine sont des exemples à suivre à tous les niveaux.
Comment la marque Bjorg® articule-t-elle aujourd’hui les notions de performance sportive, de santé et de préservation des écosystèmes ?
Nous sommes vraiment au cœur du problème dans l’industrie agro-alimentaire. Il faut manger sain tout en protégeant les écosystèmes, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui du système alimentaire en général. Il n’est pas très vertueux, avec notamment les utilisations de pesticides chimiques. C’est un système qui représente un tiers des émissions de CO2 de la planète, c’est 70 % de la perte de biodiversité… Ce sont des chiffres alarmants, il faut en prendre conscience. Dans les actions majeures à soutenir, il faut consommer un peu plus végétal. Il faut trouver des alternatives à la viande et au lait animal. Le label bio est le seul qui interdise les pesticides chimiques.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’alimentation sportive et quels repères simples donneriez-vous aux lecteurs de Doc du Sport ?
C’est un marché en plein boom, ce qui est plutôt positif. Le grand public s’intéresse de plus en plus à ces produits-là et pas uniquement dans les circuits de ventes spécialisés mais également dans les grandes surfaces.
Il faut tout de même faire attention à avoir une alimentation la moins transformée possible. C’est peut-être une limite à poser dans l’évolution de l’alimentation sportive. Le label bio nous aide dans ce domaine car il demande 5 fois moins d’additifs qu’une alimentation traditionnelle et tous les additifs sont naturels (chocolat, fruits…). Nos biscuits sont moins sucrés et nous sommes 100 % végétal.
Le trail et les sports de montagne sont aussi une école du mental et de la sobriété. Comment pourriez-vous vous inspirer de cette philosophie pour aller plus loin dans votre communication ?
On s’en inspire dans la manière dont on travaille. Bjorg® a été inventée en 1988, c’est une marque pionnière dans le bio en France accompagnée de nutritionniste. Les sports de montagne demandent de la régularité et de se remettre en question. Il faut y retourner au quotidien pour progresser et gérer son entraînement en fonction des saisons. On s’inspire de tout ça dans les recettes que nous avons travaillées ces 5 dernières années jusqu’à enlever 34 % de sel 22 % de sucre. On va encore améliorer le plan nutritionnel d’une centaine de produits sur les 3 prochaines années. ✱
BJORG® nourrit la performance naturellement avec la gamme Vitalité +
La performance repose sur une préparation exigeante où l’alimentation joue un rôle clé : avant, pendant et après l’effort, chaque nutriment compte. Mais dans des rythmes de vie et d’entraînement toujours plus soutenus, bien manger doit aussi rester simple et accessible. Le manque de temps est souvent le principal frein à une routine de qualité, d’où l’importance de solutions saines, rapides à préparer et faciles à emporter. Convaincue que performance et alimentation végétale vont de pair, Bjorg® développe des produits riches en nutriments et en goût pour accompagner le quotidien sans compromis : Croustillant Vitalité, Biscuits Petit Déj’ Vitalité et Boisson Végétale Avoine Protéines + ont été pensés pour concilier praticité, équilibre nutritionnel et plaisir.
CANICULE ET ULTRA-TRAIL : COMMENT RELEVER LE DÉFI ?
La chaleur est devenue un paramètre incontournable avec la période de canicule que la France traverse cet été. À l'UTMB® 2026, les températures pourraient une nouvelle fois mettre les organismes à rude épreuve, transformant chaque montée, chaque ravitaillement et chaque décision de course en enjeux de santé. Comment préparer son corps à ces conditions extrêmes ? Quels sont les bons réflexes à adopter pour gérer au mieux son effort ?
Le Dr Patrick Basset, responsable médical de l'UTMB®, partage son expertise et livre les recommandations essentielles pour aborder l'épreuve en toute sécurité lorsque le mercure s'emballe.
Le Dr Patrick Basset, responsable médical de l'UTMB®
Comment bien gérer sa préparation avec la longue période de canicule que nous traversons ?
Il est important de considérer à quel moment de la canicule on est. Il faut d’abord être très prudent au début de la période en diminuant la charge et l’intensité de l’entraînement. Le corps s’adapte après 15 jours, on peut alors augmenter la charge d’entraînement. L’organisme va s’en accommoder. En cas de danger, le corps réagit et va éviter la surchauffe. Il a toujours fait chaud sur terre ; l’être humain s’adapte en cas de période de fortes chaleurs. Il faut boire plus et ajouter des solutions salées pour s’hydrater de manière efficace. À ne pas confondre avec les électrolytes qui ne permettent pas d’éviter la déshydratation, c’est le sel de cuisine qui est efficace.
Quels sont aujourd'hui les principaux risques médicaux auxquels sont confrontés les traileurs lorsque les températures grimpent sur une course aussi longue ?
Il faut faire particulièrement attention aux risques vitaux. Le cerveau peut défaillir et provoquer une insuffisance hépatique terminale amenant au décès en 24/48 heures. Pour se préparer, il faut un entraînement progressif et adapté. Les risques liés à la fatigue provoquée par la chaleur sont également dangereux à cause de la perte de vigilance qui en découle. Il faut être attentif à la qualité de sommeil pour éviter les blessures. Attention aux antidépresseurs qui empêchent l’hypothalamus de bien fonctionner. Les neuroleptiques peuvent provoquer des hypothermies.
Que conseillez-vous aux coureurs dans les semaines précédant l'UTMB® pour développer une véritable acclimatation et arriver prêts à affronter une éventuelle canicule ?
Il faut adapter son volume d’eau et apprendre à courir avec des bidons plus gros. Prenez l’habitude de courir avec des manches longues, des capes ou encore des chapeaux à glace. Il faut prendre l’habitude de se refroidir en s’arrosant la tête, c’est ainsi que l’on perçoit si le corps est chaud.
Le principe d’hydrocution n’existe pas. Essayez les bonnes crèmes solaires et ajoutez des aliments très salés dans vos ravitaillements, comme la soupe. L’eau froide fait perdre de l’énergie mais ne refroidit pas. Il faut mettre le corps dans l’eau pour baisser la température. Celle-ci va varier en fonction de la situation géographique et sera différente sur les sommets et dans le fond des vallées. Il est important de maîtriser sa température centrale.
Quels symptômes doivent immédiatement alerter le coureur, mais aussi son entourage ou les bénévoles, au point de ralentir, s'arrêter ou consulter l'équipe médicale ?
Les problèmes de communication, la perte de parole et de l’équilibre, les nausées et vomissements… Ce sont des symptômes liés à la chaleur. La perte de lucidité empêche de bien percevoir ces sensations. Il faut être vigilant pour se rendre compte du moment où l'on commence à chauffer avant qu’il ne soit trop tard.
Comment l'organisation de l'UTMB® peut-elle adapter son dispositif ?
En communiquant avec les coureurs avant, pendant et après la course. Le plan de prévention est très important dans la préparation. Pour cela, il faut anticiper la météo avec le plus de précisions possible et ajouter des ravitaillements d’eau avec éponges imbibées et glace en libre-service. Des zones d’arrosage peuvent être mises en place sur le parcours. Il faut également répertorier les cours d’eau actifs sur le parcours et autoriser les casquettes à glace.
Si besoin, nous pourrons également proposer de décaler le départ et mettre en place des arrêts de course pour faire des pauses fraîcheur. Il ne faut pas, en outre, oublier qu’il va faire froid la nuit et que les participants ainsi que le staff devront travailler dans les deux conditions.
Il est complètement possible de courir sous forte chaleur si on se prépare correctement. ✱
SOUS LE SOLEIL, VOTRE PEAU COMPTE AUTANT QUE VOTRE FOULÉE
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QUI PREND SOIN DES PEAUX DE TOUTE LA FAMILLE, AVEC DES FORMULES EFFICACES, SÛRES, SENSORIELLES ET ÉCO-RESPONSABLES.
5 PILIERS DERMATOLOGIQUES
ON ENTEND PARFOIS QU’UN PEU DE SOLEIL EST BON POUR LA SANTÉ — COMMENT TROUVER L’ÉQUILIBRE ENTRE BÉNÉFICES ET RISQUES ?
Le soleil a quelques bienfaits pour la santé, notamment parce qu’il aide le corps à fabriquer de la vitamine D. Mais quelques minutes d’exposition su isent largement : 5 à 15 minutes, 2 à 3 fois par semaine, sont généralement assez pour en profiter.
À l’inverse, les e ets négatifs des UV s’accumulent au fil du temps : vieillissement prématuré de la peau, taches pigmentaires et augmentation du risque de cancer de la peau. Il faut rappeler que le bronzage n’est pas un objectif de santé, mais déjà une réponse de défense de la peau face à une agression UV. Chez les sportifs, notamment en contexte d’endurance prolongée, l’exposition cumulée, majorée par l’altitude et la réverbération, dépasse rapidement les seuils utiles et expose à un risque cutané significatif. La photoprotection doit donc faire partie intégrante de la pratique.
QUELS SONT LES SIGNES D’ALERTE D’UN CANCER DE LA PEAU QUE TOUT LE MONDE DEVRAIT CONNAÎTRE, MÊME SANS ÊTRE EXPERT ?
Le message important, c’est qu’un grain de beauté ou une tache qui change d’aspect, ou qui apparaît de manière inhabituelle, doit être surveillé et montré à un dermatologue. Pour le mélanome, tumeur cutanée pigmentée, la règle ABCDE4 constitue un outil de repérage validé. Mais il faut rappeler que les cancers cutanés ne sont pas exclusivement pigmentés. Les carcinomes peuvent apparaître sous forme d’une plaie qui ne cicatrise pas ou d’une lésion qui saigne facilement quand on la touche. La meilleure méthode de dépistage des cancers cutanés demeure l’auto-surveillance, en particulier chez les sujets exposés de façon répétée, comme les sportifs.
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Une très haute protection dermatologique SPF50+ sur l’ensemble du spectre solaire :
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QUELLE EST, D’APRÈS VOUS, LA MEILLEURE PROTECTION SOLAIRE ?
La meilleure protection solaire repose d’abord sur des mesures simples : éviter le soleil aux heures les plus fortes et ne pas exposer directement les enfants de moins de 3 ans. Les protections physiques, notamment les vêtements, sont les plus recommandées. Les crèmes solaires viennent en complément sur les zones exposées : elles doivent être à large spectre (UVA/UVB) avec un SPF ≥ 50. Leur e icacité diminue avec l’eau, la transpiration et les frottements, d’où la nécessité d’en choisir une qui résiste à ces conditions extrêmes et d’en réappliquer toutes les deux heures et après baignade ou e ort prolongé. Dans la pratique sportive, surtout en montagne, la photoprotection fait partie intégrante de l’équipement.
DR ELODIE ARCHIER
Oncodermatologue à Marseille
CHAUSSURES DE TRAIL À PLAQUE CARBONE : VÉRITABLE
RÉVOLUTION OU SIMPLE EFFET
DE
MODE ?
LE REGARD D’UN PODOLOGUE DU SPORT
Depuis plusieurs années, les chaussures équipées d’une plaque en fibre de carbone ont profondément transformé le monde de la course à pied sur route. Les records tombent, les chronos s’améliorent et les fabricants rivalisent d’innovations. Aujourd’hui, cette technologie s’invite également sur les sentiers. Mais le trail est-il un terrain favorable au carbone ? Quels sont les bénéfices réels ? Pour quels coureurs, quelles distances et quels terrains ? La littérature scientifique permet aujourd’hui d’apporter des réponses nuancées.
PAR MIKAEL BETTAN, PODOLOGUE DU SPORT
POURQUOI UNE PLAQUE CARBONE ?
Contrairement à une idée largement répandue, la plaque carbone ne fonctionne pas comme un ressort qui propulse le coureur. Son rôle principal est d'augmenter la rigidité longitudinale de la chaussure. Associée à une mousse très réactive, elle limite certaines pertes d'énergie au niveau des articulations du pied et améliore le rendement mécanique de la foulée. Sur route, plusieurs études montrent une amélioration de l'économie de course entre 2 et 4 %. Cela signifie qu'à vitesse identique, le coureur consomme moins d'énergie. Ce gain peut sembler faible mais devient particulièrement intéressant sur de longues distances. En trail, la situation est bien différente. Le terrain impose des changements permanents d'appuis, de vitesse et de direction qui modifient totalement la biomécanique de la course.
QUE DIT LA SCIENCE EN TRAIL ?
Les recherches consacrées spécifiquement au trail restent relativement peu nombreuses comparées à celles réalisées sur route. Les résultats montrent cependant une tendance claire : les bénéfices des plaques carbone diminuent lorsque le terrain devient technique. Sur des chemins roulants, forestiers ou des pistes peu accidentées, certains travaux observent une amélioration de l'économie de course proche de celle retrouvée sur route, notamment lors des portions rapides. En revanche, dès que le terrain devient très irrégulier (rochers, racines, dévers, pierriers), les avantages disparaissent largement. Les nombreuses adaptations posturales
nécessaires à chaque appui limitent le fonctionnement optimal du système mousse-plaque. Plusieurs études soulignent également que les gains dépendent fortement de la vitesse de déplacement. Plus le coureur est rapide, plus la plaque semble efficace. À faible allure, notamment lors des longues ascensions où la marche alterne avec la course, son intérêt devient beaucoup plus limité.
POUR QUELS PROFILS DE COUREURS ? Toutes les chaussures carbone ne conviennent pas à tous les traileurs.
Les principaux bénéficiaires sont les coureurs :
Possédant une bonne technique de course ;
Capables de maintenir une vitesse élevée ;
Présentant une foulée relativement stable ;
Participant à des compétitions où la performance est l'objectif principal.
À l'inverse, pour un coureur débutant ou occasionnel, le bénéfice reste souvent faible. La qualité de l'entraînement, le renforcement musculaire, la technique de descente ou le choix du chaussant auront un impact bien supérieur sur la performance. En consultation, il est fréquent d'observer que certains coureurs investissent dans une chaussure haut de gamme alors que leur principale limitation provient d'une faiblesse musculaire, d'un manque de mobilité ou d'un chaussage inadapté.
PODOLOGIE
LE CHOIX D’UNE CHAUSSURE
NE DOIT JAMAIS REPOSER UNIQUEMENT SUR LA PRÉSENCE D’UNE PLAQUE CARBONE.
QUELLE DISTANCE ?
Plus la durée de l'effort augmente, plus l'économie d'énergie devient intéressante. Sur un trail court de moins de 20 km, le gain chronométrique reste relativement modeste. À partir du marathon trail et surtout sur les formats de 50 à 100 km, les économies énergétiques peuvent contribuer à limiter la fatigue musculaire, à condition que le terrain reste suffisamment roulant. En ultra-trail, le débat est plus complexe. Après plusieurs heures de course, la fatigue modifie profondément la biomécanique. La stabilité devient parfois plus importante que le rendement mécanique. Certains athlètes élites continuent pourtant de privilégier le carbone sur les parcours rapides, tandis que d'autres choisissent des modèles plus souples lorsque le terrain devient très technique.
QUELLE SURFACE PRIVILÉGIER ?
Le carbone exprime son plein potentiel sur :
Les pistes forestières ;
Les chemins larges ;
Les sentiers stabilisés ;
Les parcours secs et rapides ;
Les profils peu techniques.
À l'inverse, son intérêt diminue sur :
Les pierriers ;
Les racines nombreuses ;
Les terrains très boueux ;
Les fortes descentes techniques ;
Les dévers importants.
Dans ces situations, la priorité devient l'adhérence, la stabilité et la capacité du pied à s'adapter rapidement aux irrégularités du terrain.
EXISTE-T-IL UN RISQUE DE BLESSURE ?
C'est probablement la question la plus importante en consultation de podologie du sport. À ce jour, aucune étude ne démontre clairement que les chaussures carbone augmentent le risque global de blessure. En revanche, elles modifient les contraintes mécaniques exercées sur les membres inférieurs. Certaines recherches observent une diminution des contraintes au niveau de la cheville mais une augmentation des sollicitations sur le genou ou le tendon d'Achille selon les modèles et la technique de course. La rigidité importante de certaines chaussures réduit également les mouvements naturels du pied. Chez certains sportifs, notamment ceux présentant une faiblesse des muscles stabilisateurs, cette modification peut favoriser des douleurs d'adaptation. En trail, l'augmentation de la hauteur des semelles peut également diminuer légèrement la stabilité latérale sur terrain accidenté, ce qui impose une bonne maîtrise proprioceptive. Autrement dit, la chaussure ne crée pas la blessure mais elle modifie la façon dont les contraintes sont réparties.
LE REGARD DU PODOLOGUE DU SPORT
Le choix d'une chaussure ne doit jamais reposer uniquement sur la présence d'une plaque carbone. Le niveau du coureur, sa foulée, son historique de blessures, sa force musculaire, les terrains habituellement pratiqués et les objectifs de compétition doivent être pris en compte. Une chaussure très performante pour un athlète élite pourra devenir inadaptée chez un coureur présentant une instabilité chronique de cheville ou une faiblesse musculaire importante. L'évaluation clinique, associée à une analyse dynamique de la course, reste aujourd'hui la meilleure approche pour individualiser le choix du matériel.
EN CONCLUSION
Les chaussures de trail équipées d'une plaque carbone représentent une véritable avancée technologique, mais leur intérêt dépend largement du contexte d'utilisation. Les preuves scientifiques suggèrent un bénéfice principalement sur les parcours rapides, peu techniques et chez les coureurs capables de maintenir une allure soutenue. À mesure que le terrain devient accidenté ou que la vitesse diminue, les avantages s'estompent au profit de critères plus essentiels comme la stabilité, l'adhérence et le contrôle du pied. Comme souvent en médecine du sport, il n'existe pas de solution universelle. La meilleure chaussure n'est pas forcément la plus innovante, mais celle qui correspond le mieux aux caractéristiques biomécaniques du coureur et aux exigences du terrain. Le carbone est un outil performant, mais il ne remplace ni l'entraînement, ni la préparation physique, ni une prise en charge podologique adaptée. ✱
Chacun son sommet.
Avec sa nouvelle collection trail, Cimalp porte une vision simple : courir pour avancer en soi, autant que sur le terrain.
Chez Cimalp, le trail n'est pas une affaire de records. C'est un espace de progression, où chaque foulée révèle quelque chose. C'est cette idée que porte Meet Your Peak, la signature de sa nouvelle collection : aller à la rencontre de son propre sommet, quel qu'il soit.
L'innovation au service du dépassement et de l’élévation personnelle.
Pour 2026, la marque française a travaillé les matières de ses équipements dans une seule direction : alléger sans fragiliser. Des tissus plus respirants, plus efficaces dans la gestion de l'humidité, pensés pour se faire oublier kilomètre après kilomètre. Il reste le rythme, l'effort, le terrain.
« Le trail nous ramène à l'essentiel. Chaque sommet révèle ce que l'effort façonne, pas à pas. C'est cette vérité qui guide chaque pièce de notre collection, taillée pour l'intensité, la performance et la liberté. Pour celles et ceux qui avancent vers ce qu'ils portent déjà en eux. »
Marie Mathias - Responsable Marketing Découvrir tout l’univers
Une édition limitée inspirée du Vercors.
Au cœur de la collection, l'édition Team rend hommage au massif qui inspire son approche du trail depuis toujours. Le Vercors : ses lignes franches, ses lumières changeantes, ses sentiers qui ne se laissent pas dompter. Une collection signature, fabriquée en série limitée, pour ceux qui reconnaîtront ce terrain comme une école d'humilité.
JULIEN VEYSSEYRE : L’UTMB® COMME TERRAIN DE RECONSTRUCTION
À 18 ans, un accident de travail bouleverse la vie de Julien Veysseyre. Amputé sous le genou droit, il transforme pourtant cette épreuve en moteur. Vingt ans plus tard, le Français est devenu champion du monde de para cross-triathlon et s’impose aujourd’hui un défi hors norme : devenir le premier athlète amputé tibial à terminer l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB®), l’une des courses d’endurance les plus exigeantes au monde. Le Mistral Marathon Trail du Grand Raid Ventoux by UTMB® faisait partie de sa préparation, étape de 50 km brillamment réussie par le para-traileur qui est venu à bout des 2 500 mètres de dénivelés positifs en un peu plus de 7 heures. Julien tient à à mener un projet sportif et humain hors norme, où la performance s’efface derrière une ambition plus large : repousser les limites et avoir un impact positif, en inspirant aussi bien les personnes en situation de handicap que le grand public.
Concrètement, que t’apporte l’activité physique sur ta santé, à la fois physique et mentale ?
J’ai fait de la moto enduro pendant dix ans après mon accident avant de courir. Je voulais retrouver ma vie d’avant de manière basique. La moto et le sport m’animaient, c’était indispensable dans mon quotidien. Dans mon lit d’hôpital, j’y réfléchissais et je m’organisais déjà. J’ai toujours eu l’esprit de compétition. Je me suis mis à la course à pied à 31 ans à la suite d’une détection pour les JOP de Paris 2024. J’ai été repéré par la Fédération Française de Triathlon. Ce qui m’anime, c’est de faire du sport pour me dépasser, peu importe que je sois en catégorie para ou non. C’était très ambitieux de me lancer dans le triathlon pour les JOP mais j’ai pu switcher grâce notamment à Salomon® qui m’a accompagné dans mes projets. Je me suis lancé le défi de participer à l’UTMB® en trois ans en commençant par un marathon en 2024 avant de faire plus long en 2025. D’un point de vue mental, mon regard a changé lors de mon amputation quand j’avais alors 21 ans. J’ai mis cinq ans à remettre un short par peur du regard des autres. Il faut s’accepter et arrêter de ne voir que la pitié. Le sport et la compétition m’ont permis de guérir. Physiquement, j’ai perdu 12 kilos avec le triathlon et je suis suivi au quotidien par un kiné.
Comment adaptes-tu ton entraînement et ta gestion de l’effort pour prévenir les blessures, notamment avec une prothèse de course ?
Je fais attention aux entorses et à mon genou valide avec lequel je compense. J’ai choisi la prothèse la plus adaptée possible pour me préserver. La prothèse évolue au fil de
la saison en fonction du poids du corps et de la phase de préparation. Je fais beaucoup de renforcement et de proprioception avec mon kiné. Je croise mes séances avec le vélo pour éviter les impacts, je fais environ 10 heures de vélo en 3 jours. J’aimerais également nager pour détendre mon corps.
Quelle importance accordes-tu à l’écoute du corps et aux signaux de fatigue dans une préparation à long terme comme celle-ci ?
Je gère la fatigue avec mon entraîneur. J’ai des semaines parfois intenses entre le sport et la charge mentale du quotidien accompagnée du manque de sommeil. Je dois me recentrer sur le sportif et ma préparation. C’est intéressant de travailler la fatigue en vue d’une épreuve longue et de savoir récupérer. Je suis à l’écoute de mon corps mais de manière relative… Il faut accepter l’inconfort mentalement et apprendre à gérer la fatigue. Côté nutrition, je mange des produits de mon jardin, je cuisine beaucoup avec très peu de produits transformés. Je dois perdre du poids en gardant la forme !
J’AI MIS CINQ ANS À REMETTRE UN SHORT PAR PEUR DU REGARD DES AUTRES.
PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU
OBJECTIF UTMB®, UN DÉFI INÉDIT
Selon toi, en quoi le trail peut-il être un outil de santé publique et d’inclusion, aussi bien pour les personnes en situation de handicap que pour le grand public ?
L’activité physique est nécessaire dans nos vies. Il faut mettre le curseur au bon niveau pour chacun. Il faut montrer qu’à travers le handicap on peut réaliser des exploits. On peut faire de grandes choses avec de l’envie et en travaillant pour. C’est ce qui permet de franchir des limites. C’est en étant passionné et déterminé qu’on y parvient. Il faut savoir pourquoi on le fait.
Le sport booste et aide à se remettre du stress et des coups durs dans la vie en général. Pour moi, c’est devenu un supplément d’âme d’inspirer les autres même si ça ne dure que quelques instants et sur n’importe quel sujet. ✱
À ce jour, aucun athlète amputé tibial n’a encore réussi à en franchir la ligne d’arrivée. Un constat qui donne toute sa dimension au projet : tenter l’inédit, sans certitude de succès, mais avec la volonté d’explorer les limites du possible. Pour s’y préparer, Julien construit sa progression de manière rigoureuse sur le circuit UTMB®. En 2025, il franchit un cap symbolique en prenant le départ de la CCC (100 km), une étape clé de préparation lui permettant de valider ses capacités physiques, mentales et matérielles sur un format déjà extrêmement exigeant. Une démarche structurée qui témoigne du sérieux du projet et de sa capacité à adapter matériel, stratégie de course et préparation aux contraintes spécifiques de l’ultra-trail en montagne avec une prothèse. Un cheminement qui exige une capacité d’adaptation permanente et une résilience hors du commun. À travers son parcours, ses images et ses accomplissements, Julien souhaite impacter positivement le plus grand nombre, en inspirant toutes celles et tous ceux qui traversent des épreuves, des périodes de doute ou de remise en question. Son histoire rappelle que, face à l’adversité, le sport peut devenir un puissant levier de reconstruction, de dépassement de soi et d’ouverture du champ des possibles, bien au-delà du handicap.
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Après 2 ans de recherches, Flytex® propose avec NEOTEX™ une genouillère de nouvelle génération spécialement conçue pour les traileurs. Développée autour du mouvement, elle associe compression ciblée, soutien dynamique et thermorégulation avancée afin d’offrir maintien, confort et liberté de mouvement. Destinée aux traileurs amateurs comme confirmés, NEOTEX™ offre un soutien efficace sans compromettre la mobilité. Sa conception contribue à limiter les sensations d’inconfort tout en préservant une foulée naturelle et fluide.
Et si les meilleures leçons de santé venaient du terrain ? Gynécologue-obstétricienne et figure incontournable du trail mondial, Blandine L’Hirondel met son expérience de médecin et d’athlète au service d’un même objectif : mieux comprendre le corps des femmes pour mieux les accompagner. Double championne du monde de trail (2019 et 2022), victorieuse de la mythique Diagonale des Fous® en 2025 et plusieurs fois sacrée championne de France, elle continue d’écrire son histoire. Elle vient de s’imposer sur les 55 km de l’UltrArièg Pyrénées®, franchissant la ligne d’arrivée en tête du classement scratch, devant les hommes. Prochain grand défi : l’UTMB®, dont elle prendra le départ le 28 août. De la prévention aux enjeux de la haute performance, en passant par la grossesse, la ménopause ou les troubles liés au surentraînement, elle plaide pour une meilleure prise en compte de la santé féminine à toutes les étapes de la vie, avec une conviction forte : performance et santé ne s’opposent pas, elles se construisent ensemble.
Comment la médecine et le sport de haut niveau se nourrissent-ils au quotidien ?
C’est pendant mes études en gynécologie, lors de mon internat à La Réunion, que je me suis découvert une passion pour le sport et particulièrement pour le trail. Depuis, ces deux univers ne m’ont jamais quittée. J’ai continué mes études en pratiquant du sport qui a pris une place de plus en plus importante, jusqu’à faire du haut niveau.
Pratiquer mon métier de gynécologue-obstétricienne tout en pratiquant intensément le sport m’a permis de me retrouver confrontée à toutes les problématiques de la femme sportive. Cette année, je me suis impliquée dans la médecine du sport et j’aimerais développer une carrière de gynécologue du sport pour les athlètes de haut niveau comme pour toutes les femmes.
Votre regard sur la santé féminine a-t-il évolué grâce à votre expérience sportive ?
Je n’étais pas du tout sportive en commençant mes études de médecine. Au fur et à mesure de ma pratique, je me suis ouverte sur les bienfaits du sport que l’on ne nous enseignait pas du tout. Pour moi, il n’y a pas de meilleur traitement préventif et curatif dans certains cas. Mon regard a beaucoup évolué et je conseille toujours à mes patientes de pratiquer une activité physique, quels que soient leur âge ou leur pathologie. Je trouve que nous ne sommes pas assez formés sur ce sujet pendant les études, en tout cas à mon époque, et j’en suis assez déçue. Avec ma pratique de haut niveau, je me rends compte que dans la vie en général tout est question d’équilibre. Le sport pratiqué à l’excès peut entraîner des conséquences négatives sur la santé féminine. La disparition des cycles menstruels en fait partie, souvent causée par des déficits énergétiques à cause d’un surentraînement. Je reste la première à promouvoir l’activité physique auprès de toutes les femmes, quelle que soit leur période de vie, mais je reste vigilante aux éventuels signes de dérèglement.
Quels sont les sujets encore trop peu abordés lorsqu’on parle de sport féminin ?
L’aménorrhée est un sujet un peu trop banalisé à mon sens. C’est beaucoup trop fréquent, je m’en rends compte depuis que je fais du haut niveau et je trouve ça choquant. Ça touche 30 % des femmes sportives d’après les études mais j’ai plutôt l’impression que ça concerne plus de la moitié des femmes que je croise. Elles pensent souvent que ce n’est pas grave par manque d’informations, alors qu’il peut y avoir des con-
séquences à long terme. Ce n’est pas tabou, on en parle de plus en plus mais ça reste un peu banalisé. La ménopause est également un sujet mal traité. Les symptômes (prise de poids, douleurs articulaires, variations d’humeur…) sont considérés comme un frein à l’activité physique, alors que le sport permet de les atténuer. Les femmes sont un peu trop oubliées à partir d’un certain âge. On n’ose pas assez en parler. Il faut trouver la meilleure façon de continuer à s’entraîner pour combattre ces effets. Il ne faut pas penser que les femmes deviennent trop fragiles à partir d’un certain âge. C’est en donnant des impacts que l’on stimule le renforcement osseux en cas d’ostéoporose, par exemple. Toutes ces idées reçues doivent être mieux traitées.
Comment parvenez-vous à concilier performance, vie professionnelle et équilibre personnel, sans céder à la quête du « toujours plus » ?
Pendant cinq ans, j’ai concilié mon internat et ma carrière de sportive de haut niveau. J’avais un planning millimétré où chaque heure de la journée était rentabilisée. La question d’arrêter mes études ne se posait pas, je suis trop passionnée par mon métier. La pratique du sport représentait un équilibre et m’a permis de mieux vivre mes études et d’être plus épanouie. J’ai développé la même exigence dans ma vie professionnelle que dans ma pratique sportive de haut niveau. Aujourd’hui, je fais une pause professionnelle pour ne pas prendre de risque dans mon métier.
Votre victoire à la Diagonale des Fous® montre qu’il est possible d’exceller dans deux carrières particulièrement prenantes. Quel regard portez-vous sur la place des femmes dans le sport de haut niveau ?
Le trail est un sport assez jeune qui vit avec son temps où les femmes n’ont pas à se plaindre au niveau de l’équité homme/femme concernant les primes. J’aimerais qu’il y ait plus de femmes sur les ultra-trails, même au niveau amateur. Physiquement et physiologiquement, elles sont tout aussi capables en endurance que les hommes.
Si vous deviez transmettre un seul conseil aux femmes qui souhaitent prendre davantage soin de leur santé grâce à l’activité physique, quel serait-il ?
Il faut pratiquer une activité physique régulière quels que soient l’âge et le niveau. Il est important de s’y mettre de manière progressive en restant à l’écoute de son corps. Il sait très bien s’exprimer quand on en fait trop.
Quels mythes sur le sport féminin aimeriez-vous faire tomber ? Il n’existe aucune discipline où les femmes ne sont pas capables. La grossesse est également un thème qui me tient à cœur car les femmes peuvent courir pendant cette période. La sédentarité est même dangereuse pendant la grossesse. Il faut faire bouger les mentalités. ✱
SOUFFRANCE DIGESTIVE EN ULTRA !
En ultra, les troubles digestifs sont responsables de la moitié des abandons, bien avant les blessures et l’épuisement ! Alors, pour votre santé, votre plaisir et votre performance, lisez cet article.
PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT, RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT
En course sur route et jusqu’au marathon, les causes des douleurs digestives sont bien connues mais en ultra il faut y ajouter un autre univers physiopathologique… plus complexe… et mal connu ! Explications pour quelques solutions !
DES DOULEURS CLASSIQUES COMME SUR LA ROUTE…
Lors des activités d’endurance, une volumineuse masse musculaire est engagée. Pour amener du sang dans ces muscles, le cœur s’accélère et la circulation se redistribue. Les vaisseaux menant au secteur en action s’ouvrent largement alors que ceux qui mènent aux autres organes réduisent leurs calibres. Ainsi, lorsque vous commencez à être essoufflé, le tube digestif a déjà perdu 70 % de son apport sanguin. Le processus s’aggrave quand il fait très chaud. Il est alors impératif d’acheminer du sang vers la peau pour évacuer la chaleur produite par la contraction musculaire ainsi que vers les glandes sudorales pour transpirer. De surcroît, le volume sanguin diminue pour cause de déshydratation… Il est indispensable de réduire encore le débit vers les organes prétendument inutiles !
MANQUE D’OXYGÈNE ET SECOUSSES
MALMÈNENT VOTRE TUBE DIGESTIF ALORS
QU’IL DOIT CONTINUER À TRAVAILLER
Plus la distance s’allonge, plus il est nécessaire de vous alimenter, de vous hydrater… et de solliciter votre tube digestif dans de mauvaises conditions. Pire encore, certains imposent à leur intestin des doses surnaturelles de glucides tout à fait inconnues de sapiens ! Avec des quantités ingérées supérieures aux capacités d’absorption, le glucose et le fructose restent dans la lumière intestinale. Par effet osmotique, il en résulte un appel d’eau. Ce phénomène déshydrate le reste du corps et provoque des diarrhées. Sans oublier que cette accumulation de sucreries non digérées déstabilise le microbiote et nourrit la gloutonnerie des bactéries obésogènes. Désormais, elles vont produire des messagers et des endotoxines, notamment de l’acétate et des lipopolysaccharides, pour réclamer à votre cerveau les friandises dont elles se nourrissent… Il sera plus difficile de rester affûté, voire de ne pas prendre de poids quand vous réduirez la charge… À vélo, les malheurs de l’intestin s’arrêtent là !… Mais en course à pied, il faut y ajouter les microtraumatismes intestinaux induits par les réceptions de chaque foulée.
Le tube digestif est suspendu à des gros ligaments appelés « épiploons ». Aux points d’accrochage, des microlésions mécaniques et hémorragiques apparaissent. De plus, ces structures portent les vaisseaux qui amènent le sang à l’intestin… en réaction aux secousses, ils ont tendance à se fermer… et la souffrance tissulaire d’aval augmente encore ! À la clé, des douleurs, des spasmes, des nausées, des reflux, des diarrhées… parfois sanglantes ! Mais en ultra, la souffrance monte encore d’un cran !
L’ULTRA-SOUFFRANCE DU TUBE DIGESTIF
Lorsque l’effort se prolonge au-delà de plusieurs heures à l’entraînement puis en compétition, la maladie de l’estomac et de l’intestin change de nature ! Hyperperméabilité et inflammation sont à l’origine d’une modification et d’une intensification des symptômes. A ce stade, le signe le plus fréquent est l’impossibilité d’avaler quoi que ce soit ! Dans son ouvrage Trail ! Lemanuelultime, Éric Lacroix aime à écrire qu’il est indispensable de savoir finir un ultra avec des signes de gastro-entérite. De fait, il est intéressant de mentionner que la physiopathologie est proche de cette infection sévère !
HYPERPERMÉABILITÉ : LA MUQUEUSE ABÎMÉE LAISSE PASSER DES ALIMENTS MAL DIGÉRÉS, DES TOXINES ET DES BACTÉRIES
À force de secousses et de mauvaise oxygénation, il se produit de vraies lésions dans la muqueuse intestinale. Les jonctions entre les cellules lâchent. Pire encore, des points de nécrose apparaissent. On parle de « pétéchies »… dans le contexte ça ne s’invente pas �� ! L’intestin est alors perforé de toutes parts… c’est l’hyperperméabilité intestinale. Des protéines alimentaires incomplètement digérées viennent s’échouer et se coincer dans les trous de la passoire. Elles sont alors considérées comme des corps étrangers par votre système immunitaire qui vient tenter de les détruire. Les frappes ne sont pas chirurgicales. Les dégâts collatéraux sont majeurs. La muqueuse est agressée par vos propres globules blancs. Elle est sévèrement dégradée et les perforations s’aggravent. Un cercle vicieux s’instaure… de plus en plus de grosses molécules s’immiscent dans la paroi digestive. Des toxines, et même des bactéries fécales, passent dans le sang. Cette fois l’inflammation se ➔
MISE AU POINT
généralise. Des marqueurs biologiques de cet emballement, notamment des cytokines, gagnent la circulation. Votre cerveau est informé de cette attaque. Comme lors d’une gastro-entérite, il sidère le tube digestif afin d’empêcher l’assimilation de ces substances délétères et de limiter l’invasion microbienne.
DES MARQUEURS D’INFLAMMATION
DIFFUSENT. LE CERVEAU BLOQUE LE TRANSIT ET VIDE LE TUBE DIGESTIF
Des spasmes douloureux surviennent pour bloquer le transit. Votre tube digestif se vide par le haut et par le bas ! Nausées, vomissements et diarrhées complètent rapidement le tableau. Vous ne pouvez plus rien avaler… votre corps pense que vous allez encore l’obliger à ingurgiter des toxines et des bactéries ! Ces explications vont vous permettre de comprendre la stratégie préventive… La science avance doucement sur ces concepts novateurs… nous allons tenter de l’accompagner ! Voilà qui permet aussi d’ouvrir le débat sur l’aspect probablement délétère des contraintes physiologiques de ces pratiques sportives sûrement supérieures aux adaptations acquises par sapiens !
LE TRAITEMENT SPORTIF !
La première étape est simple : il est nécessaire de vous entraîner et d’entraîner votre tube digestif. Plus votre puissance cardiaque est élevée, plus vous disposez d’une marge suffisante pour vasculariser votre tube digestif. Ainsi, votre compétition est réalisée à un plus faible pourcentage de votre VO2max ! Votre intestin peut aussi apprendre à travailler avec moins d’oxygène comme vos cuisses dans un col à vélo. Là encore, l’adaptation se veut progressive concernant la distance, le relief, la chaleur et surtout l’alimentation. On parle de Gut training pour « entraînement des entrailles ». Ce terme est utilisé notamment pour augmenter le nombre de récepteurs au glucose et au fructose. En réalité, il s’applique tout autant et sûrement plus encore à la préparation globale des viscères. Bref, testez vos options d’alimentation envisagées pour la compétition et augmentez très progressivement les quantités. N’oubliez pas d’harmoniser votre respiration abdominale. L’effet piston du diaphragme masse le tube digestif et favorise le transit. Optimisez aussi votre gainage abdominal en descente pour ne pas trop secouer votre intestin.
S’ENTRAÎNER ET ENTRAÎNER
SON
TUBE DIGESTIF
Pour bonifier toute sollicitation et surcompenser, il est impératif de programmer des récupérations. Il est bon de planifier des séances sans secousses et sans manque d’oxygène. Là encore, l’entraînement croisé prend toute sa place. Des sorties longues à vélo et en aisance respiratoire doivent être programmées régulièrement, notamment après une session Gut training Au cours de ces balades régénératrices, ne mangez pas trop, essayez juste de vous hydrater (eau + jus de citron + sel) afin d’octroyer une vraie régénération à vos viscères.
DES SÉANCES DE RÉCUP DIGESTIVE
SANS SECOUSSES : VÉLO, ELLIPTIQUE, ESCALIER
De surcroît, dans ces conditions, vous améliorez la libération et la combustion des graisses de réserve. Encore une bonne option pour moins manger et moins solliciter le tube digestif lors de l’épreuve ! Ôter les microtraumatismes d’une séance d’intensité constitue également une bonne idée ! En effet, vous n’avez pas besoin d’adapter votre tube digestif à ces conditions car elles sont absentes de la compétition. Alors, n’hésitez pas à fractionner sur elliptique. Pensez aux séances au seuil ventilatoire sur escalier de salle ou StairMaster®. À l’extérieur, c’est plus délicat… car il est nécessaire de redescendre !
CHOUCHOUTEZ
VOTRE TUBE DIGESTIF
Au cours de votre préparation… et toute la vie… évitez les aliments pro-inflammatoires. Les sucres rapides constituent la première catégorie reconnue scientifiquement. On perçoit déjà la quadrature du cercle autour des orgies glucidiques réclamées à l’entraînement. Le remède activerait le mal ! L’avenir nous le dira… mais vous pouvez servir de rat de laboratoire si vous le souhaitez ! Quoi qu’il en soit, évitez les sucres rapides à distance des entraînements. Viennent ensuite les produits ultra-transformés avec leurs additifs et leurs graisses trans.
LIMITEZ L’ALIMENTATION PRO-INFLAMMATOIRE : SUCRES ULTRA TRANSFORMÉS, ACIDES GRAS TRANS ET OMÉGA-6. PRÉFÉREZ LES POISSONS GRAS, LES OMÉGAS-3, LES FRUITS ROUGES ET TOUS LES VÉGÉTAUX
Les acides gras oméga-6 des huiles de tournesol ou d’arachide. Les viandes transformées comme les charcuteries et leurs nitrites. Privilégiez au quotidien les aliments anti-inflammatoires : les poissons gras, l’huile d’olive, les fruits rouges, les légumes verts et les oléagineux. Soignez également votre microbiote. Les bonnes bactéries du côlon protègent de la prolifération des mauvaises, entraînent et régulent le système immunitaire, produisent des substances qui nourrissent les cellules de la muqueuse intestinale et ne libèrent pas de toxines. Nourrissez-les avec des fibres de végétaux variés crus et cuits, de couleurs multiples. Pensez aux produits fermentés, notamment le kéfir.
UNE ALIMENTATION ADAPTÉE PENDANT L’ÉPREUVE
Sapiens n’est pas fait pour réaliser un effort intense tout en se nourrissant copieusement. Vous l’avez compris, il existe une concurrence vasculaire entre les muscles et le tube digestif. Plus encore, l’ambiance neurohormonale est opposée. Les messagers du stress et de l’exercice bloquent le transit. Les messagers de la digestion vous invitent à l’apaisement et à la sieste ! La chasse de sapiens est finie, il a bien mangé,
il peut se reposer ! Vous devez résoudre la quadrature du cercle ! Concilier l’inconciliable ! Vous le savez désormais, les orgies glucidiques sont nuisibles à votre microbiote et votre inflammation. Elles ne sont pas complètement absorbées et créent un appel d’eau dans le tube digestif. Cependant, les glucides constituent un carburant essentiel. Alors, répartissez les prises, mastiquez énormément. Un morceau de moins de deux millimètres se comporte comme un liquide et réduit le labeur du tube digestif. Soyez le plus simple et le plus naturel possible. Compotes, crème de marrons, fruits secs, bananes, TUC®, vermicelles… et quelques gels.
IL EST NÉCESSAIRE DE VOUS ENTRAÎNER ET D’ENTRAÎNER VOTRE TUBE DIGESTIF.
Ça saigne ? Ça suinte ? Vite !…
Pour stopper le saignement rapidement & favoriser la cicatrisation !
COMPOTES, CRÈME DE MARRONS, FRUITS SECS, BANANES, TUC®, VERMICELLES… ET QUELQUES GELS
N’oubliez pas les bonnes graisses. Des oléagineux salés… pourquoi pas en purée… pourquoi pas sous blister… sont de bonnes options. Puisqu’il faut préserver et entretenir la masse musculaire, des protéines bien tolérées sont conseillées. Il y a bien sûr les acides aminés des oléagineux. Pour ceux qui tolèrent le lait, les petites gourdes peuvent être tentées ainsi que le lait concentré sucré. Evaluez aussi votre appétence pour de petites meringues. Essayez également les rillettes de thon ou de saumon ainsi que la soupe de poisson dans le thermos de votre équipe de soutien !
Poudre d’alginate de calcium issu des algues marines
Pratique lorsque le pansement est inadapté
Sinon, il vous reste les traditionnels petits pains au lait avec fromage et jambon… à bien mâcher ! N’hésitez pas à lire mon article : « Alimentation en ultra : des spécificités ». Retrouvez nos
Existe aussi sous forme de compresses et de pansements adhésifs. Coalgan® POUDRE, COMPRESSE, ADHÉSIF sont destinés à l’hémostase et à la cicatrisation, indiqués pour les plaies cutanées superficielles. Ces dispositifs Médicaux (DM) sont des produits de santé réglementés qui portent, au titre de cette réglementation, le marquage CE. Si le saignement persiste et/ou la plaie ne cicatrise pas, demander conseil à un pharmacien ou consulter un médecin. Pour une information complète et un bon usage, consulter la notice. Fabriqués en France par Les Laboratoires Brothier, SAS au capital de 2 646 000 €, 41 rue de Neuilly, 92000 Nanterre (France), RCS Nanterre B 572 156 305. MTP25COG21A - Août 2025.
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MISE AU POINT
INTOLÉRANCES,
COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES ET MÉDICAMENTS ?
En cas de symptômes fréquents en compétition, à l’entraînement, voire dans la vie quotidienne, un bilan médical est opportun. Une consultation auprès d’un gastro-entérologue est vive ment conseillée afin d’éliminer une pathologie classique. Très souvent, le bilan revient normal avec un diagnostic de gastroparésie (lenteur de l’estomac) ou de côlon irritable mais sans solution adaptée au contexte spécifique. Si les signes persistent pendant des mois, il est probable que l’hyperperméabilité intestinale ait enclenché son cercle vicieux : hyperperméabilité, plus d’aliments coincés dans la muqueuse, plus d’inflammation, plus d’hyperperméabilité.
TEST DES INTOLÉRANCES ET PROTOCOLE D’ÉVICTION PROVISOIRE : CONTROVERSÉS MAIS EFFICACES
Il est alors opportun de chercher des intolérances alimentaires. Ce test est controversé mais dans la « vraie vie », la stratégie qui en résulte soulage bon nombre de patients ultra-sportifs. À l’aide d’une simple prise de sang, on dose des dizaines, voire des centaines d’anticorps correspondant à des protéines alimentaires. L’idée est d’instaurer une éviction des aliments correspondants le temps que la muqueuse cicatrise, soit environ 6 semaines. Bien évidemment, on retrouve fréquemment le gluten du blé et la caséine du lait. Ce constat résonne avec le concept de l’alimentation des chasseurs-cueilleurs du paléolithique. Comme si nos sucs et enzymes digestifs avaient acquis l’aptitude à morceler une grande quantité de protéines provenant de l’agriculture… survenue il y a peu… à savoir environ 10 000 ans !
Durant la période d’éviction, il est recommandé de proposer des huiles essentielles pour désinfecter en douceur le tube digestif, des plantes anti-inflammatoires spécifiquement digestives, des compléments alimentaires pour nourrir les cellules de l’intestin en cours de reconstitution puis des probiotiques favorables à la santé du côlon. Au cours des semaines qui suivent l’éviction, les aliments incriminés sont progressivement réintroduits. Il faudra rester raisonnable sur les quantités. Vous abusiez probablement de certains d’entre eux et vous aviez sûrement dépassé vos capacités digestives. À l’issue de cette expérience gustative et culinaire, vous aurez apprivoisé et apprécié d’autres recettes. Votre alimentation sera plus diversifiée. Souvent, vous aurez diminué les pâtes au profit des légumineuses (haricots, lentilles, pois chiches) bien plus riches en fibres et en micronutriments ! C’est tout bénéfice pour la santé, le plaisir et la performance ! Sans entrer dans un protocole aussi exhaustif, il vous est possible de tester quelques compléments alimentaires. La glutamine nourrit les cellules de l’intestin grêle, le butyrate celles du côlon. La curcumine réduit
PRIVILÉGIEZ AU QUOTIDIEN
LES ALIMENTS
ANTI-INFLAMMATOIRES.
l’inflammation digestive. Quelques souches de probiotiques ont validé leur efficacité pour réguler l’immunité locale et préserver l’imperméabilité intestinale : lactobacillus rhamnosus GG, lactiplantibacillus plantarum et bifidobacterium longum. Une cure de lactoferrine peut être envisagée. Cette substance est présente dans le colostrum, le premier lait destiné au jeune veau. Elle a pour vertue de protéger les jonctions entre les cellules intestinales, de piéger les endoxines, voire de réduire les bactéries agressives au sein du microbiote. Enfin, quelques jours avant l’épreuve et même le jour J, tapissez votre muqueuse avec une argile protectrice qui limite le passage des trop grosses molécules, des endotoxines et des germes de toutes sortes.
ARGILES PROTECTRICES ET MÉDICAMENTS
DU TRANSIT, EN COLLABORATION AVEC VOTRE MÉDECIN
Il y a quelques années, le SMECTA® s’était montré efficace pour réduire les symptômes digestifs des triathlètes et des participants au Raid Gauloises, une épreuve multisport très engagée sur plusieurs jours. Enfin, votre gastro-entérologue ou votre médecin du sport peuvent envisager des médicaments. Des activateurs de l’évacuation gastrique du type Primpéran® ou Motilium® . Des gels anti-reflux du type Gaviscon® Des antiacides du type Mopral® . Des anti-diarrhéiques du type Imodium® . Mais prendre des médicaments pour finir un ultra comme si le sport était une maladie pose question… De la même manière, la survenue presque systématique de ces symptômes interroge sur l’aptitude de l’humain à réaliser ce type d’épreuve ! Sapiens l’aurait-il fait ? Lui qui ne disposait pas de toute cette pharmacopée ? Allez, comme j’aime à le dire : « j’accompagne, je ne cautionne pas… et je respecte vos motivations ». ✱
NOUVEAUXGELS
PRÉPARATION
LE PROCESSUS, LA PERFORMANCE, LE RÉSULTAT
POURQUOI TON PROCHAIN TRAIL
SE PRÉPARE D’ABORD DANS L’ORDRE… ET PAS DANS LE CHRONO
Un traileur peut s’entraîner parfaitement, cocher toutes les séances, optimiser sa nutrition, et pourtant arriver au départ avec une tension sourde : « Il faut que ça marche. » À ce moment-là, le résultat prend toute la place. Comme si le trail était un examen. Comme si la course devait prouver quelque chose. C’est humain. Et c’est souvent le piège.
PAR CYRIL BLANCHARD, ATHLÈTE ET COACH, FONDATEUR DE L’INSTITUT SANTÉ & MENTAL ENDURANCE – ISME
Dans l’esprit d'un préparateur mental, l’enjeu n’est pas d’ajouter un outil de plus. C’est de remettre de la clarté dans trois dimensions qu’on confond en permanence : le processus, la performance, le résultat. Et de comprendre pourquoi, en endurance, le mental se dérègle surtout quand on inverse cet ordre.
LES TROIS DIMENSIONS : CE QUE TU CONTRÔLES, CE QUE TU INFLUENCES ET CE QUE TU SUBIS
Le résultat, c’est la place, le temps, le classement, parfois même le regard des autres. C’est une photo finale. Et par définition, ce n’est jamais complètement contrôlable : météo, parcours, concurrence, petites erreurs, aléas, forme du jour. La performance, c’est ton niveau réel du moment : ta capacité à tenir une intensité, à gérer la fatigue, à rester lucide, à faire les bons choix. Elle est influençable, mais elle varie. Même chez les élites.
POUR ALLER PLUS LOIN
Vous voulez structurer votre mental pour préparer un ultra-trail, avec des témoins d’exception ?
Découvrez la série publique de 12 épisodes du podcast Objectif Finisher, avec des athlètes remarquables comme Camille Bruyas, Ludovic Pommeret, Sébastien Raichon, Xavier Thévenard… dédiée aux habiletés mentales en endurance.
Le processus, enfin, c’est ce que tu mets en place au quotidien : tes habitudes, tes routines, tes choix d’allure, ta récupération, ta relation à l’effort, ton attention, ton discours intérieur. C’est la dimension la plus contrôlable. Et c’est elle qui rend la performance durable… et le résultat possible. La confusion classique, c’est de vouloir contrôler le résultat, alors qu’on gagne bien plus à structurer le processus.
POURQUOI LES COUREURS SONT OBNUBILÉS PAR LE RÉSULTAT
Parce que le résultat rassure. Il donne un repère simple, social, lisible : un chiffre, une place, une validation. Il y a aussi une mécanique mentale : en trail, l’incertitude est énorme. Tu ne sais jamais exactement comment tu vas finir. Le cerveau n’aime pas l’incertitude, il cherche un point fixe. Et comme le résultat est visible, mesurable, partageable, il devient le centre de gravité. Le problème, c’est que cette projection consomme de l’énergie mentale ; elle rigidifie, elle rétrécit l’attention. Elle transforme le trail en enjeu identitaire : « si je rate, je vaux moins ». Et là, paradoxalement, tu perds la compétence la plus précieuse du traileur : la régulation. On le voit sur le terrain : quand un athlète pense « résultat », il se met à forcer trop tôt, à s’affoler sur le moindre signal, à comparer, à paniquer si le plan bouge, alors qu’un trail est, par nature, un art de l’ajustement.
SE RECENTRER SUR LE PROCESSUS : TROIS STRATÉGIES QUI CHANGENT LA COURSE AVANT MÊME LE DÉPART
La première stratégie est de passer d’un objectif de résultat à un objectif de maîtrise. Non pas « faire top 10 », mais « tenir mon effort juste jusqu’au km 40 », « rester lucide dans les descentes », « manger dès que prévu », « revenir au souffle quand ça chauffe ». Le cerveau respire parce qu’il retrouve une prise ; La deuxième stratégie consiste à découper le trail en tâches plutôt qu’en menaces. Une tâche est exécutable : rythme, posture, respiration, hydratation, regard, une décision simple à l’instant T. Une menace est floue : « je vais exploser », « je vais rater ». L’attention process, c’est une attention orientée tâche ; La troisième stratégie est de préparer une réponse à l’imprévu. Le processus n’est pas un plan parfait. C’est un plan adaptable. On ne demande pas au mental de tout contrôler, on lui apprend à revenir. « Quand je doute, je ralentis soixante secondes, je respire, je bois, je reviens au présent. » Ça, c’est du processus. Et c’est ce qui protège la performance.
LES BÉNÉFICES : PARADOXALEMENT, LE RÉSULTAT ARRIVE MIEUX QUAND TU CESSES DE LE POURCHASSER
Le premier bénéfice est immédiat : moins de charge mentale. Tu ne cours plus avec un tribunal intérieur. Tu cours avec une mission concrète ;
Le deuxième bénéfice, c’est une performance plus stable. Le processte rend plus robuste : moins d’à-coups émotionnels, moins de décisions impulsives, plus de lucidité dans les moments-clés ;
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Le troisième bénéfice est souvent le plus profond : tu retrouves le plaisir. Pas le plaisir naïf, mais le plaisir mature : celui de sentir que tu fais juste, que tu progresses, que tu es aligné. Et c’est cette qualité de présence qui, très souvent, ouvre la porte au « jour avec ».
CAS PRATIQUE : DAMIEN HUMBERT, OU L’ART DE DEVENIR PLEINEMENT SOI DANS L’EFFORT
Damien Humbert est un profil très intéressant pour parler de ce sujet, parce qu’il incarne précisément la tension entre performance d’élite et cohérence intérieure. Quand on est à ce niveau, le résultat peut vite devenir une cage : il suffit d’un jour « sans », d’une comparaison de trop ou d’une course où l’on passe à côté, pour que le mental se mette à surcontrôler. Et pourtant, ce qu’on observe chez les athlètes durables, c’est l’inverse : ils savent revenir au processus, au présent, à l’action utile.
La Transvulcania 2026, où Damien termine 4e, illustre bien cette idée. À ce niveau de densité, tout peut basculer en quelques minutes. Ce type de résultat ne repose pas seulement sur la forme physique. Il repose sur la capacité à rester dans la tâche quand le scénario change. À continuer de courir juste, même si le podium s’éloigne, même si le mental voudrait basculer dans le commentaire ou la crispation. Dans l’accompagnement, l’objectif n’est pas de « motiver » ou d’ajouter une méthode miracle. Le travail se centre sur une question plus profonde : « Qu’est-ce que tu veux construire, au-delà d’une course ? »
Revenir aux valeurs. Clarifier l’identité sportive. Choisir une trajectoire cohérente. Le résultat redevient alors un indicateur. Pas un juge. Et c’est là qu’on pousse encore plus loin le processus : jusqu’à créer des métaphores identitaires sur lesquelles l’athlète peut s’appuyer en toutes circonstances.
Avec Damien, cette logique a pris une forme très parlante : celle du Lynx du Jura. Pas comme un gadget d’image. Comme un repère mental vivant. Le lynx observe avant d’agir. Il ne se disperse pas. Il lit le terrain. Il reste souple, discret, précis. Il ne cherche pas à impressionner : il cherche le geste juste. Une métaphore comme celle-là devient un ancrage puissant. Quand la course se tend, quand le résultat veut reprendre toute la place, l’athlète n’a plus seulement une consigne technique, il retrouve une identité d’action : observer, sentir, choisir, s’ajuster. Autrement dit : redevenir lui-même.
C’est là que le processus devient beaucoup plus qu’un plan d’entraînement. Il devient une manière d’habiter l’effort. De courir non plus pour prouver, mais pour incarner. De chercher l’ajustement, pas la perfection. Et, souvent, de mieux performer justement parce qu’on a cessé de se rigidifier. Le trail met tout le monde face à la même vérité : tu ne peux pas contrôler le résultat. Tu peux influencer la performance. Et tu peux construire le processus. Quand tu inverses cet ordre, tu crées de l’angoisse, de la rigidité et tu dépenses une énergie mentale qui devrait servir à durer. Quand tu le respectes, tu gagnes en clarté, en stabilité, en plaisir. Et souvent… en résultats. Le mental en endurance, ce n’est pas « vouloir plus », c’est apprendre à se recentrer sur ce qui compte, au moment où tout pousse à se disperser. ✱
PREMIER FAUTEUIL SUR LA MCC® :
LE PARI DE PIERRE CABON
BEAUCOUP DE COURSES
INTERDISENT LES FAUTEUILS, IL FAUT
FAIRE BOUGER LES MENTALITÉS.
Pierre Cabon, 35 ans, Parisien, est paraplégique depuis l’attentat du Bataclan en 2015. Passionné de voyages et d’aventures, il a fondé Wheeled World, le média de l’aventure pour tous, en 2018. Son objectif est clair : montrer que le handicap n’est pas une barrière à l’exploration, au slowtravelet à l’immersion en pleine nature. Après avoir traversé la Nouvelle-Zélande en tandem en 2020 et gravi le Kilimandjaro en 2022, il est devenu le premier finisher en fauteuil roulant du Marathon des Sables® dans le désert marocain en 2023. Du sable au bitume, il n’y a qu’une roue ; alors, il avale les kilomètres sur différentes distances jusqu’au marathon. Plus motivé que jamais pour changer les regards sur le handicap dans le sport, en 2026, il sera au départ de la MCC® avec six coéquipiers dans un fauteuil adapté afin de pouvoir prendre part à l’effort collectif au sein de la Team Adaptive. Pour cela, il est accompagné dans sa préparation par Boris Ghirardi, manager de la Team Adaptive.
Pierre Cabon a déjà parcouru des sentiers mythiques à travers le monde, du Marathon des Sables au Kilimandjaro en passant par la Nouvelle-Zélande, rien ne l'arrête sur son fauteuil roulant.
DU VOYAGE AU DÉFI SPORTIF
Pierre : « Pour passer du tour du monde à la course, j’ai dû adapter ma préparation physique de manière plus poussée.
Après le Marathon des Sables®, j’ai voulu intégrer la Team Adaptive de l’UTMB® où il n’y avait encore aucun fauteuil roulant. »
Boris : « J’avais déjà eu l’idée de faire participer un fauteuil dès la première édition mais il était difficile de trouver les bonnes personnes. Quand Pierre s’est présenté, j’ai trouvé son profil intéressant à travers son projet et ses actions en plus de ses performances. La Team Adaptive est une équipe, il faut avoir l’état d’esprit qui va avec, comme Pierre qui s’est très bien intégré. C’est grâce à lui que nous sommes parvenus à mettre le fauteuil sur le parcours et à engager toute l’équipe à prendre part à cette grande première. C’est courageux de sa part d’essayer ce qui n’a jamais été fait. On va peut-être se heurter à un échec, il faut être capable d’accepter les obstacles et les potentielles déconvenues. »
UNE PRÉPARATION SPÉCIFIQUE
Pierre : « Je me prépare spécifiquement pour la MCC® depuis fin janvier avec un coach qui travaille à l’INSEP, avec des personnes en situation de handicap. Il adapte les séances en connaissant bien le corps et ses défauts. Je suis paraplégique mais je peux tout de même travailler ma sangle abdominale. J’ai ainsi la possibilité de me maintenir dans le fauteuil et d’accompagner l’effort des 6 personnes qui pousseront et tireront mon fauteuil. J’ai besoin d’être actif et de trouver des solutions pour réussir à me déplacer dans la montagne, pas uniquement en comptant sur mes partenaires. »
Boris : « Pierre cherche à être acteur de son mouvement, c’est ce qui me plaît énormément chez lui. Il a la volonté d’exploiter pleinement ses capacités. Cette recherche du détail est intéressante dans le cheminement personnel. Il avance en apprenant à se servir de son corps et pas de son fauteuil. »
Pierre : « Mes bras deviennent mes jambes, ma préparation me donne de l’autonomie dans mon quotidien. Ce n’est pas grave d’être bloqué par la nature.
La reconnaissance sur le terrain nous a permis d’évaluer une zone trop risquée pour être traversée que nous contournerons. Nous avons également pu travailler la cohésion de groupe et les différentes techniques à travailler afin de porter le fauteuil sur certains passages délicats. Pour cela, il faudra alléger le fauteuil et bien suivre les instructions du capitaine d’équipe. »
REPOUSSER LES LIMITES
Pierre : « C’est l’envie du dépassement et de retrouver la nature qui m’a fait arriver jusque-là. Je dois trouver où passer en tant qu’explorateur car nous empruntons les chemins balisés pour les valides. Beaucoup de courses interdisent les fauteuils, il faut faire bouger les mentalités en montrant que c’est faisable et sans risque. Même dans la vie de tous les jours, on voit peu de personnes en fauteuil à cause de la société qui rend les déplacements compliqués. Avec un engagement collectif, on peut parvenir à améliorer les choses car avec les bonnes personnes on peut aller plus loin. »
Boris : « Ça va inspirer d’autres personnes, organisateurs ou personnes en situation de handicap ! C’est comme ça qu’on peut donner de l’espoir à ceux qui n’y croient plus. Ce genre de défi permet d’oublier d’où l'on vient. Il faut voir le chemin parcouru et le rendre accessible à tous, autant mentalement que physiquement. Si on arrive à faire bouger d’autres personnes, on aura gagné ! »
UN DÉPART RICHE EN ÉMOTIONS
Pierre : « Ça doit devenir une norme de voir des fauteuils prendre le départ de ce genre de course. Il ne faut empêcher personne de participer si c’est adapté. C’est en se lançant dans ce genre d’aventure qu’on prend du plaisir comme tout le monde. »
Boris : « Le trail réunit tous types de profils. Cette diversité sur la même ligne de départ est une richesse. Il faut parler d’émotions et de passion comme Pierre qui est devenu un véritable traileur. Tout le monde s’est préparé pour le même objectif et va donc traverser les mêmes émotions. » ✱
ÉQUIPEMENT
SÉCURITÉ EN MILIEU ISOLÉ :
COMMENT LA TECHNOLOGIE
INREACH DE GARMIN®
TRANSFORME L’ASSISTANCE
DANS LES ENVIRONNEMENTS EXTRÊMES
Pour les sportifs de l’extrême, les alpinistes ou les randonneurs évoluant hors des sentiers battus, la perte de couverture réseau est une réalité fréquente et un facteur de risque majeur. Face à l’isolement, la technologie de communication par satellite inReach, développée par Garmin®, s’impose aujourd’hui comme un outil de prévention et de gestion des urgences incontournable, redéfinissant la prise en charge sur le terrain.
Au cœur de la technologie inReach de Garmin® se trouve un bouton SOS qui, une fois déclenché, met immédiatement l’utilisateur en relation avec Garmin® Response, un centre international de coordination des urgences opérationnel 24 h/24 et 7 j/7.
L’an passé, ce centre a traité plus de 3 000 messages de détresse à travers le monde. Mais là où les anciennes balises de détresse se contentaient d’envoyer un signal d’alerte unidirectionnel, la technologie inReach permet d’échanger par messagerie texte, voire par messages vocaux et photos sur les derniers modèles.
UN PREMIER BILAN À DISTANCE
Pour les secours et les régulateurs, ce dialogue bidirectionnel est une petite révolution. Il permet d’effectuer un véritable prébilan à distance : évaluation de la gravité d’une blessure, état de conscience de la victime ou précision des symptômes. Selon le rapport 2025 de Garmin®, si les blessures traumatiques (lors de treks, randonnées ou accidents à deux roues) restent la principale cause de déclenchement, les urgences purement médicales (comme le mal aigu des montagnes ou les troubles cardiaques) représentent une part significative des alertes. Connaître ces informations cliniques avant même d’arriver sur zone permet d’adapter précisément les moyens d’intervention (hélicoptère, envoi d’une équipe médicale spécialisée, matériel de réanimation spécifique).
LA TECHNOLOGIE INREACH
SOLIDARITÉ, PRÉVENTION
ET « AUTO-SAUVETAGE »
Fait particulièrement intéressant souligné par les données récentes : la technologie ne sert pas uniquement à son porteur. Un nombre croissant de SOS concerne en effet un autre membre du groupe ou une tierce personne rencontrée en difficulté sur un sentier. La chaîne de secours s’en trouve ainsi accélérée. De plus, la possibilité de communiquer a un effet désescalade insoupçonné face au stress de la survie. Dans plus de 12 % des cas l’an passé, les échanges avec le personnel qualifié de Garmin® Response ont permis aux utilisateurs de se sortir d’affaire par eux-mêmes, évitant ainsi le déploiement inutile de secours lourds. En amont, inReach agit également comme un outil de prévention : la fonction LiveTrack offre un suivi de progression pour les proches, tandis que la réception de bulletins météorologiques réguliers permet d’anticiper les dangers.
UNE TECHNOLOGIE MINIATURISÉE ET INTÉGRÉE AUX MONTRES FĒNIX
Conscient que le poids est l’ennemi du sportif, Garmin® a considérablement miniaturisé ses dispositifs. Autrefois cantonnée à des boîtiers encombrants, la communication satellite s’intègre désormais dans des balises pesant une centaine de grammes, à l’instar du nouvel inReach Mini 3 Plus. Plus impressionnant encore pour les trailers et athlètes d’endurance, la technologie inReach est aujourd’hui directement intégrée au poignet dans les dernières montres GPS Garmin® de la gamme f nix, comme la f nix 8 Pro. Une avancée technologique majeure qui offre aux passionnés de sports de pleine nature une sécurité absolue pour repousser leurs limites. ✱
PRÉVENTION
COURIR LONGTEMPS, COURIR MIEUX… ET COURIR SANS SE BLESSER !
À l’heure où le trail séduit un public toujours plus large et où les formats longue distance se démocratisent, la prévention des blessures devient un enjeu majeur de performance… mais aussi de santé. Fort de plusieurs décennies d’expérience auprès des meilleurs athlètes français, le Dr Jacques Pruvost livre un constat sans détour : les blessures des champions ressemblent souvent à celles des coureurs amateurs. Il partage les grands principes d’une pratique durable, revient sur les erreurs les plus fréquentes et explique pourquoi la progression passe autant par l’écoute de son corps que par l’entraînement. À l’occasion de la parution de la deuxième édition de Objectifzéroblessure, il rappelle que, en trail, la meilleure performance est souvent celle qui permet de continuer à courir.
PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU
Vous avez accompagné pendant des années des athlètes de haut niveau : qu’est-ce qui vous a le plus surpris en comparant leurs blessures à celles des coureurs amateurs ? Il n’y a pas vraiment de différences. On retrouve des fractures de fatigue quand on dépasse les 60, 70 kilomètres par semaine, c’est la même chose pour les débutants et pour les athlètes de haut niveau. Le plus dur, c’est de les arrêter une fois le diagnostic tombé. Il faut bien penser que ces fractures ont des conséquences différentes chez les ados, les athlètes et les femmes de plus de 45 ans. Il faut faire attention chez les femmes notamment qui peuvent se blesser sans beaucoup pratiquer. Il y a plus d’entorses de cheville chez les traileurs que chez les runneurs à cause du terrain. Ce sont des blessures souvent difficiles à soigner car elles interviennent en montagne et souvent loin de l’arrivée où l’on peut recevoir des soins.
Le titre Objectif zéro blessure peut sembler ambitieux : est-ce réellement atteignable ou s’agit-il surtout d’un changement de culture dans la pratique ? Il ne faut pas penser qu’on peut se préparer en trail comme en running. On manque plus d’entraîneurs de trail. Courir ne suffit pas. Il faut faire du renforcement, travailler la stabilité et apprendre à courir en descente. On ne peut pas être performant en se blessant. C’est en se fiant à une prévention des blessures très sérieuse qu’on devient meilleur que les autres. Ça peut devenir un sport compliqué car il faut au moins 3 ans d’expérience pour apprivoiser cette discipline. Il faut apprendre à choisir ses chaussures, adapter ses séances, s’écouter… Courir, c’est naturel ; bien courir, ça s’apprend.
Quelles sont aujourd’hui, selon vous, les erreurs les plus fréquentes que commettent les coureurs – en trail comme sur route – en matière de prévention des blessures ? Il ne suffit pas de courir beaucoup pour être bon. L’entraînement croisé (vélo, natation, muscu en salle) est essentiel. Il faut varier les durées d’exercice pour réussir à s’améliorer, ne pas trop en faire par moments pour éviter d’accumuler la fatigue. En fonction de l’âge, il faut se faire accompagner (plus de 40 ans) et faire attention de ne pas s’y mettre du jour au lendemain.
Votre ouvrage insiste sur le repérage précoce des douleurs : comment un coureur peut-il distinguer une gêne « normale » d’un signal d’alerte à ne pas négliger ?
Ce n’est pas normal d’avoir mal au même endroit pendant 3 jours et de boiter.
*Confort inarrêtable
PRÉVENTION
C’est pour ça qu’il faut privilégier le vélo, la natation et la marche nordique de temps en temps. Il faut apprendre de ses douleurs ; on évolue et on progresse avec le temps, la règle des 3 jours est révélatrice. Pensez bien à la règle des 3 R : régularité, raisonnable et raisonné. Il faut analyser, réfléchir à ce qu’on a fait et adapter pour ne pas toujours faire la même chose. Sinon on s’épuise et on ne progresse pas.
Avec l’essor du trail et des formats très longue distance, observez-vous de nouvelles pathologies ou une évolution des profils de blessures chez les coureurs ?
C’est la banalisation de la pratique qui me fait le plus peur. Vouloir faire du long comme tout le monde alors qu’il faut se préparer convenablement. Ce ne sont pas des challenges à prendre à la légère, il faut faire attention à soi et à sa santé. La tendance sociologique autour de l’ultra est inquiétante.
On parle beaucoup de renforcement musculaire, de récupération ou encore de charge d’entraînement : quel levier vous paraît-il aujourd’hui le plus sous-estimé pour éviter les blessures ?
L’entraînement croisé est largement sous-estimé même s’il ne faut pas en abuser. Consommer avec modération pour ne pas provoquer une surcharge de travail. La récupération est importante et ne signifie pas ne rien faire : il faut marcher, faire du renfo, de l’elliptique, bouger ! ✱
OBJECTIF
ZÉRO BLESSURE
Prévenir, repérer et prendre en charge les différentes pathologies du coureur2e édition
Objectif zéro blessure s’adresse à l’immense majorité des coureurs, à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent pratiquer régulièrement tout en limitant l’impact négatif sur leur corps, depuis le coureur loisir jusqu’au compétiteur très longue distance. Les petites gênes, les douleurs chroniques ou encore les blessures récurrentes ne sont pas une fatalité. Cet ouvrage va vous apprendre à les repérer, les décrypter et à mettre en place des outils de prévention. Écrit par une équipe pluridisciplinaire de soignants qui travaillent au quotidien avec les meilleurs athlètes français, il dresse un inventaire de l’ensemble des pathologies du coureur et de leur prise en charge. Avec Objectif zéro blessure, préservez-vous des blessures à court, moyen et long terme !
Prix : 24 €
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