Skip to main content

Jeunesse Santé 2026

Page 1


BOUGER DÈS LE PLUS JEUNE ÂGE POUR MIEUX GRANDIR

JEUNESSESanté

DOCDUSPORTEST UNE PUBLICATION DE MÉDIATHLÈTE

294, avenue de la Capelette 13010 Marseille

Tél. 09 51 92 77 12

RCS Marseille 844 467 506 au capital de 1000 € E-Mail : contact@docdusport.com

ISSN 2649-6615

Directeur de la publication : docteur Bruno Emram

Rédacteur en chef : docteur Stéphane Cascua

Rédactrice en chef adjointe : Anne Odru

Directrice de la publicité et du développement :

Muriel Hatem

Chef de projet : Juliette Raudrant

Comité scientifique : docteur Stéphane Cascua, docteur Marc Rozenblat, docteur Dany-Michel Marcadet, Mikael Bettan, Charles-Antoine Winter

Comité de rédaction : docteur Stéphane Cascua, Jean-Marc Serfaty, Mikael Bettan, Cyril Blanchard, Anne Odru, docteur Mathieu Pellan, Hélène Le Rouge, Pascale Soncourt, docteur Sophie Boëdec, docteur Françoise Pariente Ichou, Kildine Albert

Correctrice : Anne Vialletet

Les news du Doc : Anne Odru

Webmaster : Grégory Herlez

Réalisation : Charlotte Calament

Groupe Centrimprim

Rue Denis-Papin - Zi « La Molière » 36100 Issoudun

Dépôt légal à parution

Aucun article publié dans ce magazine ne peut être reproduit sous forme d’imprimé, photocopie, microfilm ou par tout autre procédé sans autorisation expresse des auteurs et de l’éditeur. Les articles de ce magazine sont rédigés sous la responsabilité de leurs auteurs et reflètent leurs opinions. Ils n’engagent en aucune façon la société éditrice. Les articles sont des articles de fond.

NOS EXPERTS

Docteur Stéphane CASCUA

Triathlète adepte du cardio-training et de la musculation. Médecin du sport, traumatologue et nutritionniste du sport. Diplômé en entraînement du sportif Rédacteur en chef

Anne ODRU

Triathlète aventurière. Journaliste de sport et sportive, formation universitaire en sciences de la nature et de la vie Rédactrice en chef adjointe

Docteur Bruno EMRAM

Triathlète, Ironman, boxeur. Médecin ORL et médecin de la plongée Directeur de publication

Mikael BETTAN

Coureur de demi-fond et de trail, triathlète, golfeur et footballeur. D.U. podologie du sport. Membre ANPS Expert Préférences motrices Volodalen

Cyril BLANCHARD

Athlète, préparateur mental Fondateur de l’Institut Santé & Mental Recordman de l’Enduroman (Londres - Paris en triathlon)

Grégory HERLEZ

Runner et ultra-trailer Community Manager

Muriel HATEM

Triathlète, marathonienne Directrice de la publicité et du développement

Docteur Marc ROZENBLAT

Golfeur et cycliste. Président honoraire de la Société française de traumatologie du sport (SFTS)

Président du Syndicat national des Médecins du Sport - Santé (SNMS Santé)

Professeur François CARRÉ Coureur et cycliste

Cardiologue et médecin du sport au CHU de Rennes et à la Fédération Française de Cardiologie

Docteur Dany-Michel MARCADET

Golfeur, voile en compétition. Consultant FFT et FFG Cardiologue du sport

Docteur Philippe CHADUTEAU

Instructeur de plongée et de Krav Maga

Médecin traumatologue du sport

Charles-Antoine WINTER

Ancien pratiquant de raids, cycliste amateur et passionné de courses d’obstacles Diététicien nutritionniste, consultant et conférencier

TROUVEZ VOTRE INITIATION PRÈS DE CHEZVOUS

Plus de 350 clubs vous attendent. Rendez-vous sur ffgolf.org rubrique Débuter.

FAISONS BOUGER LA JEUNESSE !

Dans un monde où les écrans captent toujours plus tôt et toujours plus longtemps l’attention des jeunes, la question de l’activité physique n’a jamais été aussi centrale. Bouger n’est plus seulement une affaire de performance ou de loisir : c’est un véritable enjeu de santé publique. Ce numéro spécial jeunesse de Doc du Sport propose non seulement de regarder ce défi en face, mais surtout d’explorer les solutions concrètes pour remettre le mouvement au cœur du quotidien des enfants et des adolescents. Car les constats sont connus : la sédentarité progresse, le décrochage sportif s’installe souvent dès l’adolescence – particulièrement chez les jeunes filles – et certaines pratiques trop intensives interrogent sur la spécialisation précoce. Pourtant, les bénéfices de l’activité physique sont immenses. Pour le cœur bien sûr, mais aussi pour le développement, l’équilibre psychologique, la réussite scolaire et la construction sociale des jeunes. À travers les éclairages d’experts, les témoignages d’acteurs engagés et les initiatives inspirantes présentées dans ce dossier, une conviction se dessine : faire bouger les jeunes ne relève pas seulement de la volonté individuelle. C’est un projet collectif qui mobilise les familles, l’école, les professionnels de santé, le monde associatif et les institutions sportives. Des travaux du professeur François Carré sur le lien entre activité physique et capacités d’apprentissage aux actions de terrain menées par l’UNSS et la MGEN pour lutter contre le décrochage des adolescentes, en passant par l’engagement de la Fédération Française de Cardiologie auprès des familles, ce numéro montre que des leviers existent. L’activité physique adaptée, l’attention portée aux pathologies de croissance, la prévention des excès ou encore la valorisation du plaisir de pratiquer font partie des clés pour construire une relation durable au mouvement.

Au fond, l’enjeu dépasse largement le sport lui-même. Il s’agit d’accompagner une génération à grandir en bonne santé, à prendre confiance en elle et à trouver dans l’activité physique une alliée pour la vie. Parce que bouger, c’est déjà se construire.

LIVRAISON GRATUITE &

RETOUR OFFERT

PLUS DE 50 000 MODÈLES SPORT

FOOTBALL / RUNNING / TRAIL / TENNIS / BASKET / RUGBY

JEUNESSESanté

8

Professeur François Carré : « bien travailler = bien bouger »

10

RENDEZ-VOUS

Ouais à la whey ?

12

ÉCLAIRAGE

Bouger sans se prendre la tête : et si le secret pour lutter contre la sédentarité des enfants, c’était le nudge ?

14

INCLUSION

L’activité physique adaptée chez les enfants porteurs de handicap et/ou de maladies chroniques : Tous au Sport !

18

TÉMOIGNAGE

Vincent Roger : « L’APS doit être un outil majeur de santé publique »

20

PODOLOGIE

Le rôle du podologue du sport face aux maladies de croissance chez l’enfant et l’adolescent

22

CONSULTATION

La spécialisation précoce

25

DÉCOUVERTE

UTMJ Kids® : courir, s’amuser et grandir au cœur de la nature jurassienne

26

MISE AU POINT

Adolescentes et sport, le grand décrochage 28

MISE AU POINT

Décrochage sportif : l’UNSS, force de proposition pour fidéliser les adolescentes

31

INTERVIEW

Nager pour la planète : le cri d’alerte de Noam Yaron

32

CARDIOLOGIE

La FFC s’engage aux côtés des familles

34

CARDIOLOGIE

Bouger dès le plus jeune âge pour mieux grandir

36

FOCUS

Activité physique et réussite scolaire : mythe ou réalité scientifique ? Cas particuliers des jeunes issus des milieux défavorisés et des jeunes asthmatiques 44

LES NEWS DU DOC

46

NUTRITION

Envie de sucre ? C’est à cause de sapiens !

50

PRÉSENTATION

Les bienfaits de l’escalade 54

PSYCHOLOGIE

Docteur Philippe Godin : « Le jeune sportif doit conserver la notion de plaisir »

Le FrançoisprofesseurCARRÉ, cardiologue du sport.

PROFESSEUR FRANÇOIS CARRÉ :

« BIEN TRAVAILLER = BIEN BOUGER »

Si ce n’était pas encore évident pour tout le monde, rappelons que l’activité physique et sportive est primordiale pour la santé !

Le professeur François Carré, cardiologue du sport au CHU de Rennes, lutte pour que cette notion soit prise en compte dès le plus jeune âge. Pour cela, parents et acteurs au sein de l’Éducation nationale doivent tout mettre en œuvre pour permettre aux enfants de bouger au quotidien.

Santé, sédentarité, activité physique, sport : que signifient vraiment ces mots et pourquoi est-il important de ne pas les confondre chez les jeunes ?

Le message de la santé publique est important à expliquer et à dissocier pour en faire bon usage. L’inactivité est différente de la sédentarité. Un enfant inactif n’est pas forcément sédentaire. Il est recommandé de pratiquer 3 heures d’activité physique et sportive (APS) par jour. Pour un bébé, cela signifie de ne pas être attaché dans un siège mais d’être allongé au sol sur un tapis d’éveil. Pour les enfants jusqu’à 10 ans, il faut bouger. Pour les enfants de plus de 10 ans, il faut pratiquer une APS nécessitant de développer des mouvements spécifiques et de dépenser de l’énergie. La sédentarité consiste à rester assis et aboutit souvent à une addiction à la chaise : rester assis motive à rester assis. Il est préconisé de se lever toutes les 30 minutes et de marcher durant 2 à 5 minutes, ce qui n’est pas toujours facile à appliquer (en cours, au cinéma…). Se lever toutes les heures est déjà positif. Il faut privilégier la mobilité active : oser monter les escaliers et escalators, marcher entre 2 stations de bus/métro, etc. Le sport est une activité physique et améliore la santé. Une APS nécessite d’être essoufflé (en accélérant le pas en marchant par exemple) et doit au minimum durer 30 minutes par jour.

En quoi le manque d’activité physique et le temps excessif passé devant les écrans augmentent-ils les risques pour la santé dès l’enfance ?

C’est un facteur majeur chez la population atteinte d’obésité. 1/3 va se sortir de l’obésité en grandissant alors que 2/3 vont être victimes d’accidents cardio-vasculaires. Plus on reste assis,

plus la pression artérielle augmente et provoque ces accidents.

Le diabète de type 2 existe chez les enfants alors qu’il s’agit d’une maladie de personne âgée ! On constate également de la dépression chez les enfants sédentaires. Les enfants d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’il y a vingt ans qui bougeaient tout le temps. De plus, rester devant un écran ne fait pas travailler le cerveau et on se rend compte qu’on oublie presque tout ce qu’on a regardé dès la fin de la journée. Il s’agit donc là d’une perte de temps… La santé mentale peut être atteinte également. Les téléphones portables ne sont pas indispensables, ils ont même tendance à attirer les résultats scolaires vers le bas.

Pourquoi développer une bonne condition physique dès le plus jeune âge est-il essentiel pour protéger sa santé aujourd’hui et plus tard ?

La capacité physique d’un individu est le meilleur marqueur de bonne santé. Elle permet également d’avoir un cerveau qui fonctionne bien. Elle se développe pendant l’enfance, surtout au niveau squelettique, respiratoire et cardio-vasculaire. Le cerveau se développe en partie grâce aux mouvements et aux repères dans l’espace. Un enfant qui ne bouge pas sera un adulte qui ne bouge pas ou qui bouge mal. On apprend à bouger tôt, c’est la même chose que pour parler, lire et écrire. Les enfants qui ne bougent pas assez souffrent de douleurs lorsqu’ils vont pratiquer une APS car le corps n’a pas l’habitude. Il est également important de savoir que le réveil musculaire permet au cerveau de se mettre en route correctement. Marcher pour aller à l’école permet d’être plus attentif en classe et de mieux apprendre. Bien travailler = bien bouger.

Quel rôle clé l’école doit-elle jouer pour lutter contre la sédentarité, et quelles bonnes pratiques devraient être mises en place au quotidien ?

La France est le pays d’Europe où les enfants passent le plus de temps en classe et en vacances. Et après les cours, ils doivent en plus faire leurs devoirs à la maison. Cependant, le niveau scolaire est loin d’être le meilleur. Il faudrait mieux équilibrer les choses pour qu’ils puissent bouger plus. Les sportifs ne sont pas moins intelligents que les autres. Au contraire, leur activité cérébrale se développe très bien ! Il existe une relation entre le niveau de capacité physique et le niveau scolaire.

L’ancienne ministre de l’ Éducation nationale, Elisabeth Borne, a fait faire des tests d’activité physique pour déterminer le niveau de performance, véritable jauge de la santé des enfants. Il faut adapter des cours de rattrapage si besoin, comme on le ferait en mathématiques pour un élève qui se débrouille moins bien que la moyenne. Éduquer le corps permet d’éviter les troubles psychomoteurs. Il existe un frein avec le système de l’ Éducation nationale, le sport doit devenir aussi important qu’une autre matière à l’école et ce n’est clairement pas le cas. Les enfants qui bougent ont de meilleurs résultats scolaires et tombent moins malades, c’est donc un avantage à tous les niveaux ! C’est également un moyen pour eux de développer des liens sociaux et d’apprendre à connaître l’autre lors d’activités de groupes. On ne peut pas nier les bienfaits ni l’indispensabilité du sport et de l’APS chez les plus jeunes. Il faut mettre du mouvement dans l’enseignement.  ✱

PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT ET RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT

OUAIS À LA WHEY ?

Dans mon bureau, je vois souvent des adolescents pratiquant la musculation. Ils sont accompagnés de leurs parents qui ont pris rendez-vous pour me poser une seule question : « Docteur, il prend des poudres de protéines après l’entraînement ! Est-ce que ça pose un problème ? »

Trop de protéines abîment-elles le rein et le foie ? Voilà une question qui préoccupe les parents de nos adolescents pratiquant la musculation. Les études scientifiques sont vraiment rassurantes. Le turnover des protéines induit par les microlésions musculaires inhérentes au sport suivies d’une ingestion de protéines reste bien en deçà des capacités de ces organes quand ils ne sont pas malades. Le foie transforme le petit radical azoté des acides aminés en urée sans aucune difficulté. Le rein élimine cette dernière aisément ; elle est emmenée passivement avec l’eau de l’urine. De fait, le seul conseil qui en résulte : penser à s’hydrater suffisamment, boire 1,5 fois la perte de poids après l’effort plus 1,5 litre par jour… pour avoir les urines claires ! Attention, ces données ne sont plus valables en cas de maladies rénales ou hépatiques !

POUR OPTIMISER L’ÉLIMINATION DE L’URÉE : GARDER

LES URINES CLAIRES

Même s’il existe un débat au sein des anthropologues, sapiens devait manger plus de protéines que nous ! Ces chasseurs-cueilleurs étaient peu nombreux et la faune abondante. Le bilan carbone de leur alimentation et le bien-être animal ne devaient pas les préoccuper beaucoup. Aussi est-il d’usage de penser que plus de 30 % de leurs calories étaient apportées par les protéines contre 15 % pour les recommandations actuelles. Bref, notre biologie est programmée pour métaboliser une grande quantité d’acides aminés. En toute logique, si aujourd’hui, on propose 0,8 à 1,2 gramme de protéines par kilo de poids corporel et par jour pour un sédentaire, on peut monter jusqu’à 2,5 grammes pendant les quelques semaines annuelles dédiées au cycle de renforcement chez les athlètes de haut niveau. Des doses supérieures sont à l’origine de désagréments digestifs. Et les données actuelles semblent indiquer qu’il est sans intérêt de monter au-dessus de 1,6 grammes même dans les disciplines de force… Bref, un peu comme sapiens �� !

LA WHEY, QU’EST-CE QUE C’EST ?

La whey est constituée d’une fraction des protéines du lait appelée « lactosérum ». Ce dernier correspond au « petit lait », ce liquide translucide, présent au-dessus de votre yaourt. L’égouttage des fromages permet d’en obtenir des quantités plus importantes.

Ce produit est ensuite ultratransformé. L’industrie enclenche alors une clarification, une ultrafiltration, une purification, un séchage et parfois une hydrolyse pour obtenir des polypeptides. On obtient plusieurs types de whey. La concentrate avec 75 % de protéines et le reste en lactose et graisse ; l’isolate avec 85 % de protéine. Et l’hydrolysate contenant des protéines fragmentées plus rapides à digérer.

LA WHEY : UN PRODUIT ULTRATRANSFORMÉ

Le « petit lait » et la whey sont faits de protéines du lactosérum. Ces produits contiennent des acides aminés que le corps ne peut pas synthétiser, on parle d’« acides aminés essentiels ». Parmi ces derniers, on trouve également des acides aminés ramifiés ou BCAA (Branched-Chain Amino Acids) qui sont la valine, l’isoleucine et la leucine. Ce dernier est à l’origine d’un effet signal qui enclenche la synthèse des protéines musculaires. Tout se passe comme si le corps disait : « j’ai suffisamment d’acides aminés essentiels pour assumer la vie quotidienne, on peut enclencher de la croissance musculaire ». Les acides aminés de la whey sont dits « rapides ». Juste après l’effort, ils apportent le signal et une part de la matière première nécessaires à  la reconstruction, voire à la croissance musculaire.

LE CONCEPT DE FENÊTRE MÉTABOLIQUE ET DE PROTÉINES RAPIDES BAT DE L’AILE

Cette notion de vitesse de disponibilité bénéfique rebondit sur le concept de « fenêtre métabolique », période suivant l’exercice particulièrement propice à la récupération tissulaire. Cependant, l’urgence des 30 minutes est actuellement remise en question. Les  dernières études semblent montrer que l’alimentation favorise la régénération musculaire après l’activité… pendant 24 à 48 heures ! En  2013, Schoenfeld invalide l’intérêt d’une ingestion dans l’heure qui suit la séance si l’apport en protéines de la journée est supérieur à 1,6 g/kg de poids corporel. Bref, il est bon de manger correctement après l’effort pour progresser… cependant sans panique et avec des aliments rapides et lents mais aussi complets !

LE LAIT, UNE BONNE ALTERNATIVE À LA WHEY !

On l’a vu, une alimentation variée et équilibrée au quotidien contenant suffisamment de protéines constitue une excellente alternative à la whey ultratransformée et chère ! Cependant, après l’effort, il est possible d’adhérer à une routine diététique rassurante et partie prenante d’une nutrition équilibrée. Le lait constitue alors une bonne option. Une prise de recul holistique nous invite à constater qu’un petit veau prend 200 kilos en 6 mois tout en conservant une belle morphologie musclée et équilibrée ! On peut alors penser que ce produit naturel contient un subtil équilibre en nutriments pour prendre de la masse corporelle ! Et, puisque nous ne sommes pas de jeunes bovins �� et qu’il est opportun chez l’humain… semble-t-il… de limiter les acides gras saturés… il est envisageable de négocier du lait demiécrémé ! Alors, j’aime interpeller mes patients adolescents visant une morphologie de mâle alpha, chef de harde : « 200 kilos en 6 mois, tu ne penses pas que c’est un beau projet morphologique ? ».

HOLISME, DONNÉES BIOLOGIQUES ET ÉTUDES SCIENTIFIQUES SE REJOIGNENT

POUR PROPOSER LE LAIT !

Déjà, un litre de lait, c’est 35 grammes de protéines de qualité, soit un peu plus que dans une dosette de whey. On y trouve la lactalbumine, protéine du lactosérum et des poudres… utiles pour ceux qui adhèrent

encore au concept de protéines rapides, chères à la « fenêtre métabolique » devenue obsolète pour certains. Il y a également de la caséine, une protéine digérée plus lentement et qui va apporter de la matière première pour les processus de reconstruction et de croissance qui se prolongent en réalité pendant 24 à 48 heures ! Le principal constituant du lait… c’est l’eau ! ça tombe bien : après l’effort, la première étape de récupération, c’est la réhydratation ! De surcroît, on l’a vu, face à un apport important en protéines, il faut de l’eau pour éliminer l’urée, le déchet métabolique qui résulte du turnover. Bref, ne vous paraît-il pas alambiqué d’ingérer une poudre déshydratée et de boire ensuite abondamment pour mener à bien la réhydratation qu’elle impose ?

Le serpent vient de se manger la queue !

LE LAIT CONTIENT L’EAU NÉCESSAIRE

À LA RÉHYDRATATION

Le lactose est le sucre du lait. Sa présence est plutôt bénéfique. Après le sport, il est bon de recharger le foie et les muscles en glycogène, la réserve de glucose consommée au cours de l’activité ! C’est essentiel pour mener à bien l’entraînement suivant ! Le lactose est constitué de deux maillons, le glucose et le galactose, qui sont séparés par une enzyme digestive, la lactase. Cette dernière est absente chez 20 % des adultes français et diminue progressivement chez les autres. Voilà qui peut devenir un avantage en rendant la digestion du lactose plus progressive et faisant de ce dernier un sucre plus lent ! Et s’il en reste un peu dans le côlon, il peut devenir un prébiotique qui nourrit les probiotiques, à savoir les lactobacillus, ces bactéries bénéfiques de notre microbiote ! Cependant, si ce processus est trop important, des flatulences apparaissent et le lactose est responsable d’un appel d’eau dans l’intestin, et la diarrhée menace ! Pour les plus sensibles, il existe du lait sans lactose. Les industriels incorporent dans le lait des lactases issues des levures. Elles coupent le lactose en glucose et galactose puis sont inactivées par la pasteurisation ou la stérilisation. Dans ce contexte, le « lait sans lactose » est parfaitement toléré en cas d’insuffisance en lactase intestinale. L’apport en sucre est alors un peu plus rapide. Le glucose va reconstituer les réserves du muscle demandeur. Le galactose est lentement transformé en glycogène hépatique dans le foie. Rien à voir avec le fructose du saccharose ou sucre de table qui devient essentiellement de la graisse et favorise le fameux « foie gras » ou stéatose hépatique.

LE LACTOSE DU LAIT PARTICIPE HARMONIEUSEMENT AU MÉTABOLISME ÉNERGÉTIQUE

EN CAS D’INTOLÉRANCE, IL EST DÉJÀ COUPÉ DANS LE LAIT SANS LACTOSE

De surcroît, ces apports sucrés raisonnables favorisent une sécrétion adaptée d’insuline. Cette dernière est vraiment une hormone anabolisante qui signale un apport énergétique suffisant pour autoriser la croissance tissulaire et musculaire. Elle ressemble d’ailleurs à la petite sœur de l’hormone de croissance sécrétée par le foie, l’IGF-1… dont l’acronyme signifie… InsulineGrowthFactor!

L’ACIDE GRAS MYRISTIQUE DU LAIT

ÉMET LE SIGNAL D’UN APPORT CALORIQUE

SUFFISANT ET ENCLENCHE L’ANABOLISME

Les graisses du lait… éventuellement demi-écrémé… ralentissent un peu l’évacuation gastrique. Elles contribuent à étaler dans le temps l’apport en protéines afin de proposer des acides aminés tout au long des processus de synthèse musculaire. En quantité raisonnable, ces derniers contribuent à l’apport recommandé pour un métabolisme énergétique normal. On trouve notamment l’acide butyrique comme « beurre » qui est tout petit, ne contient que 4 carbones, passe la barrière intestinale rapidement sans utiliser de transporteur puis est utilisé en priorité pendant l’exercice. Mieux encore, le lait contient un acide gras quasi spécifique, l’acide myristique, qui, comme la leucine, constitue une molécule de signalisation indiquant à l’organisme que l’apport en énergie est suffisant et que les processus de constriction peuvent commencer et se poursuivre ! De fait, l’étude de Hamarsland, en 2017, valide une efficacité comparable du lait à quantité de protéines égale, soit un peu moins d’un litre de lait. ✱

EN BREF

La whey n’est pas dangereuse !

La whey est aisément substituable par une alimentation équilibrée, riche en protéines, tout au long de la journée. Pour les adeptes de la « fenêtre métabolique », le lait demi-écrémé éventuellement sans lactose fait aussi bien que la whey.

BOUGER SANS SE PRENDRE LA TÊTE

ET SI LE SECRET POUR LUTTER

CONTRE LA SÉDENTARITÉ DES ENFANTS, C’ÉTAIT LE NUDGE ?

Et si, au lieu de leur dire quoi faire, on leur donnait juste envie ? Et si, au lieu de leur interdire les écrans, on rendait le mouvement plus naturel, plus attrayant, plus amusant ? C’est exactement ce que propose le nudge. Une science du petit coup de pouce invisible, mais redoutablement efficace. Une façon de modifier les comportements sans contrainte, sans cris, sans rapports de force. Juste en changeant légèrement l’environnement, pour que la bonne décision devienne la plus facile… et la plus fun.

PAR CYRIL BLANCHARD, ATHLÈTE ET COACH, FONDATEUR DE L’INSTITUT SANTÉ ET MENTAL ENDURANCE. ISME

LE CERVEAU PRÉFÈRE LA FACILITÉ

(ET C’EST NORMAL)

Chez l’enfant, comme chez l’adulte, le cerveau choisit par défaut le chemin le plus court. Moins d’effort, moins d’inconfort, plus de récompense immédiate : c’est sa logique biologique. C’est ce qui explique, entre autres, pourquoi il est plus facile de se lover sur un canapé avec une tablette que d’aller courir dans le froid. Les neurosciences nous le confirment : la zone du cerveau qui gère la motivation (le striatum) est fortement influencée par l’environnement. Si le cerveau perçoit l’effort comme contraignant ou ennuyeux, il l’évitera. À l’inverse, s’il le perçoit comme facile, amusant ou gratifiant, il s’engagera… même sans y réfléchir. C’est là que le nudge intervient : il modifie subtilement le contexte pour orienter le choix sans l’imposer. Et ça marche.

BOUGER PAR EFFET DE SURPRISE :

DES NUDGESQUI FONT MOUCHE

Voici quelques exemples concrets de « nudging » positif pour aider ton enfant à passer de l’écran au terrain… sans même s’en rendre compte.

LE NUDGE , C’EST QUOI EXACTEMENT ?

Issu des sciences comportementales et popularisé par l’économiste Richard Thaler (prix Nobel 2017) et le juriste Cass Sunstein, le nudge — littéralement « coup de coude » ou « coup de pouce » — désigne une incitation douce et indirecte à adopter un comportement bénéfique

Plutôt que de forcer ou interdire, le nudge agit en modifiant légèrement l’environnement, le cadre, ou la manière dont les choix sont présentés, pour influencer une décision… tout en laissant la liberté d’agir.

C’est ce qu’on appelle « une architecture des choix » : la bonne option devient la plus évidente ou la plus attrayante, sans contrainte ni morale.

Utilisé en santé publique, en écologie ou dans l’éducation, le  nudge a prouvé son efficacité pour aider à changer les habitudes (boire plus d’eau, éteindre les écrans, se déplacer à pied…). Chez l’enfant, dont le cerveau est encore malléable et sensible aux contextes ludiques, il peut devenir un levier précieux pour lutter contre la sédentarité.

 Le nudgevisuel : rendre le mouvement visible, accessible, tentant

Des escaliers peints comme un piano dans une école de musique ont augmenté de 66 % l’utilisation de l’escalier par rapport à l’ascenseur.

Chez toi :

• Installe corde à sauter, cerceau ou ballon en vue directe ;

• Accroche un planning « défis mouvements » sur le frigo ;

• Peins une marelle dans le couloir.

 Le nudgesocial : jouer avec les effets de groupe

Des enfants exposés à des vidéos d’amis actifs sont plus enclins à bouger eux-mêmes (Pediatrics®, 2020).

Chez toi :

• Lance un « club secret des 1 000 pas » avec frères, sœurs, amis ;

• Organise une minicourse familiale chaque mercredi ;

• Propose une journée sans écran, remplacée par une aventure à vélo ou en forêt.

© DR

 Le nudgepar la routine : le mouvement comme nouveau réflexe

Des rituels quotidiens ancrés dès l’enfance renforcent l’adoption de comportements actifs (Journal of Behavioral Medicine, 2019).

Chez toi :

• Une danse énergique après le brossage de dents ;

• Une mission de super-héros pour aller chercher le pain ;

• Une « sortie pieds nus » dans le jardin chaque dimanche.

TRANSFORMER L’ENFANT SANS LE BRUSQUER : L’INTELLIGENCE DU CADRE

Un enfant n’a pas besoin d’être transformé. Ce dont il a besoin, c’est d’un environnement qui l’aide à révéler ses capacités d’adaptation. Son cerveau, encore en construction, cherche naturellement le moindre effort. C’est sa stratégie de préservation. Mais il est aussi doté d’une plasticité incroyable, d’un pouvoir de transformation silencieuse… à condition qu’on lui en donne l’occasion.

En modifiant l’écosystème autour de lui, on influence ses choix sans le heurter. On ne le pousse pas à devenir quelqu’un d’autre. On rend simplement ce qu’il est capable de faire plus facile, plus accessible, plus désirable

Ce faisant, on favorise non seulement son activité physique au quotidien, mais on contribue également à sculpter un cerveau plus flexible, plus agile, plus ouvert. Un cerveau qui apprend à faire face à la nouveauté, à gérer l’effort, à sortir de la passivité.

En d’autres mots : on l’équipe pour un avenir plus lumineux

ET POUR LES PROS DE SANTÉ : PRESCRIRE DES ENVIRONNEMENTS, PAS DES ORDRES

Les injonctions du type « Bougez plus ! » ou « Moins d’écrans ! » ont peu d’impact à long terme. L’enfant les entend comme des reproches, non comme des invitations au plaisir.

En tant que professionnel·le de santé, oriente plutôt vers :

• Des suggestions concrètes de nudges à mettre en place à la maison ;

• Des lieux propices : parcs avec modules ludiques, ateliers parents-enfants en extérieur, randos urbaines ;

• Des jeux en consultation pour co-créer une « mission mouvement » avec l’enfant.

Et pourquoi ne pas imaginer une « ordonnance-nudge » ?

Une prescription de défis, d’idées ludiques et de rituels simples, à réaliser en famille.

EN RÉSUMÉ... BOUGER, SANS EN AVOIR L’AIR

Le nudge, ce n’est pas un gadget marketing. C’est une boussole comportementale douce, validée par la science, pour remettre le corps au cœur de la vie quotidienne.

Un outil pour réconcilier l’enfant avec le mouvement, sans forcer, sans stresser. Juste en semant sur son chemin des appels au jeu, des invitations à explorer, des prétextes à s’activer.

Un jour, il bougera par habitude. Un autre, par envie. Et peutêtre, un peu plus tard, par conviction.

Et tout ça… sans avoir eu à lui arracher la manette.   ✱

L’ACTIVITÉ PHYSIQUE ADAPTÉE CHEZ

LES ENFANTS PORTEURS DE HANDICAP

ET/OU DE MALADIES CHRONIQUES : TOUS AU SPORT !

L’activité physique adaptée (APA) doit faire partie intégrante du quotidien des enfants porteurs de handicap ou atteints de maladies chroniques, au même titre que pour tous les enfants. Dans cet article, nous verrons quels en sont les principaux bénéfices, sur quelles bases scientifiques elle peut être considérée comme un véritable outil thérapeutique et comment, en pratique, lever les freins auxquels l’enfant et sa famille peuvent être confrontés.

PAR LE DOCTEUR MATHIEU PELLAN, PNEUMOPÉDIATRE – PÉDIATRE DU SPORT, PRATICIEN HOSPITALIER DES HÔPITAUX DE PARIS (AP-HP) À BONDY (93), CONSULTATION « SPORT-HANDICAP » AUX HÔPITAUX PARIS EST VAL DE MARNE À ST MAURICE (94), RÉFÉRENT MÉDICAL ET SCIENTIFIQUE DE L’ASSOCIATION PREMIERS DE CORDÉE

I.

LES BÉNÉFICES

DE L’ACTIVITÉ

PHYSIQUE ADAPTÉE EN CONTEXTE DE MALADIES CHRONIQUES

CHEZ L’ENFANT

Les bénéfices de l’activité physique adaptée (APA) sont aujourd’hui largement reconnus par l’ensemble des professionnels de santé. La littérature scientifique, de plus en plus abondante, apporte des bases solides démontrant son intérêt majeur dans la prise en charge des maladies chroniques de l’enfant. À ce titre, l’APA peut désormais être considérée, au même titre qu’un traitement médicamenteux, comme un élément à part entière de l’arsenal thérapeutique. L’activité physique adaptée exerce à la fois un effet préventif, en limitant l’apparition de complications liées à la maladie ou à la sédentarité, et un effet thérapeutique, en améliorant des fonctions initialement altérées par la pathologie. Ces bénéfices sont retrouvés de manière transversale, quelle que soit la spécialité concernée.

L'ACTIVITÉ PHYSIQUE JOUE UN RÔLE POSITIF SUR LE SYSTÈME IMMUNITAIRE.

DES BÉNÉFICES MULTISYSTÉMIQUES DOCUMENTÉS

Ainsi, dans les pathologies respiratoires (telles que la mucoviscidose ou l’insuffisance respiratoire chronique), l’APA améliore les capacités fonctionnelles et la tolérance à l’effort. En cardiologie pédiatrique, notamment dans l’insuffisance cardiaque ou les cardiopathies congénitales, elle participe à l’amélioration de la condition physique et de la qualité de vie. Des bénéfices similaires sont observés dans les troubles du neurodéveloppement (troubles de l’attention, déficits cognitifs, troubles des apprentissages), en oncologie pédiatrique, dans les maladies rhumatologiques et auto-immunes, dans les pathologies endocriniennes telles que l’obésité, le diabète ou les dyslipidémies. L’activité physique joue également un rôle positif sur le système immunitaire.

L’ACTIVITÉ PHYSIQUE COMME BESOIN FONDAMENTAL DE L’ENFANT

Au-delà de ces effets spécifiques et quantifiables, il convient de rappeler qu’un enfant est, par nature, un être qui bouge. L’activité physique constitue un besoin fondamental du développement et participe à l’épanouissement global. De nombreuses études ont montré une amélioration significative de la qualité de vie des enfants atteints de maladies chroniques pratiquant une activité physique adaptée, notamment à travers des questionnaires validés.

LUTTER CONTRE LA « DOUBLE PEINE » ET LE DÉCONDITIONNEMENT

La pratique d’une activité physique permet également de lutter contre ce que l’on peut qualifier de « double peine » : être à la fois confronté à la maladie ou au handicap et privé des bénéfices physiques, psychologiques et sociaux liés à la pratique sportive. Le sport participe pleinement à la sociabilité, au sommeil, à l’humeur, à l’appétit, à la confiance et à l’estime de soi. Un concept central doit être souligné : celui du déconditionnement à l’effort. La maladie chronique et le handicap peuvent entraîner une limitation fonctionnelle progressive, responsable d’une diminution de la mobilité et de l’activité physique. S’installe alors une spirale délétère associant essoufflement, déconditionnement musculaire, peur de l’effort ou de la douleur, perte de plaisir et découragement, pouvant conduire à une véritable invalidité fonctionnelle.

La mise en place d’un programme de réhabilitation et de réentraînement à l’effort, intégrant une activité physique adaptée, une prise en charge nutritionnelle, l’apprentissage de la maîtrise respiratoire, le renforcement des capacités physiques et l’acceptation du handicap, permet de rompre cette spirale. L’APA constitue ainsi un levier essentiel pour lutter contre le déconditionnement et favoriser un reconditionnement physique et psychologique.

En définitive, quelle que soit la maladie chronique de l’enfant, la pratique d’une activité physique adaptée présente un intérêt majeur. Celle-ci doit répondre à « la règle des trois R » : raisonnable, régulière et raisonnée.

II. PRINCIPES DE PRESCRIPTION DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE ADAPTÉE

CHEZ L’ENFANT : SPÉCIFICITÉS, ENJEUX ET ADAPTATIONS

La prescription de l’activité physique adaptée (APA) s’inscrit désormais dans un cadre réglementaire clairement défini en France. Depuis la loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 relative à la modernisation de notre système de santé, et notamment son article L.1172-1, le médecin peut prescrire une activité physique adaptée dans le cadre du parcours de soins des patients atteints d’une affection de longue durée.

Le décret de mars 2017 est venu préciser les conditions de cette prescription, en définissant les professionnels habilités à encadrer l’APA :

 Masseurs-kinésithérapeutes ;

 Ergothérapeutes ;

 Psychomotriciens ;

 Professionnels titulaires d’un diplôme en activité physique adaptée.

RECOMMANDATIONS INTERNATIONALES ET PRINCIPES GÉNÉRAUX

Les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), actualisées en 2020, préconisent chez l’enfant et l’adolescent :

 Au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à soutenue ;

 Au minimum trois fois par semaine des activités d’intensité élevée ;

 Une limitation stricte de la sédentarité et du temps d’écran. Il est essentiel de rappeler que l’activité physique ne se limite pas à la pratique sportive structurée : les déplacements, les jeux, les activités familiales et les loisirs font pleinement partie d’un mode de vie actif.

UNE APPROCHE RASSURANTE ET INDIVIDUALISÉE

Chez l’enfant porteur de handicap ou atteint de maladies chroniques, il existe très rarement de contre-indications formelles à l’activité physique. Une approche rassurante et bienveillante est primordiale : il existe toujours une activité possible, adaptée aux capacités et aux limitations de chaque enfant.

La prescription repose sur :

 Un examen clinique complet ;

 Des explorations complémentaires ciblées si nécessaire (EFR, bilan cardiologique, épreuve d’effort, tests fonctionnels simples) mais non systématiques.

La consultation dédiée à l’APA apparaît indispensable, permettant d’explorer les expériences sportives antérieures, les préférences, les échecs, le contexte familial et environnemental, la scolarité et les habitudes de vie.

III. APPLICATION PRATIQUE DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE ADAPTÉE : ACCOMPAGNER L’ENFANT DANS

TOUS SES LIEUX DE VIE

Au-delà des programmes spécialisés, il est indispensable de mettre en place une activité physique adaptée au plus près des lieux de vie de l’enfant.

Le rôle central de la famille

 Soutien quotidien ;

 Déplacements actifs ;

 Activités partagées ;

 Limitation de la sédentarité.

L’école et l’éducation physique et sportive

 Principe d’aptitude et de non-contre-indication systématique à l’EPS ;

 Adaptation pédagogique plutôt que dispense ;

 Certificats médicaux détaillés, projet d’accueil individualisé (PAI) ;

 Dialogue avec l’équipe éducative.

Clubs, associations et fédérations sportives

 Sections adaptées ou inclusives ;

 Aides financières pour les familles ;

 Rôle clé des fédérations Handisport et Sport Adapté. Dispositifs territoriaux et Maisons Sport-Santé De nombreuses plateformes d’orientation sport-santé fournissent une cartographie très riche pour :

 Évaluation initiale ;

 Coordination entre acteurs médicaux et sportifs ;

 Structures de proximité sécurisées.

Cette approche coordonnée permet de coconstruire un semainier d’activité intégrant les dimensions familiales, scolaires et extrascolaires.

LE HANDICAP COMME FORCE ET RÉVÉLATEUR DE POTENTIEL

Le handicap n’est pas uniquement synonyme de limitation. Il peut devenir une force et un moteur de dépassement de soi. Le dispositif « Team la Relève » du Comité France Paralympique illustre cette dynamique. Les Jeux paralympiques de Paris 2024 ont contribué à changer le regard porté sur le handicap et à valoriser le sport adapté.

CONCLUSION

L’activité physique adaptée est essentielle chez l’enfant porteur de handicap ou atteint de maladie chronique. Elle permet de lutter contre le déconditionnement, d’améliorer la qualité de vie et de renforcer les capacités physiques et psychologiques. Sa réussite repose sur une mobilisation globale :

 Famille ;

 École ;

 Clubs, associations sportives ;

 Dispositifs territoriaux, Maisons Sport-Santé ;

 Professionnels de santé. ✱

Comme le rappelle Verna Myers : « L’intégration, c’est être invité au bal ; l’inclusion, c’est être invité à danser »… alors, TOUS AU SPORT !

L’engagement du Dr Mathieu Pellan dans le développement de l’activité physique adaptée chez l’enfant a récemment été salué par le ministère de la Santé, avec l’attribution de la Médaille de l’enfance et des familles, en reconnaissance de son action en faveur du sport adapté pour tous les types de handicap.

IL EST INDISPENSABLE DE METTRE EN PLACE UNE ACTIVITÉ PHYSIQUE ADAPTÉE AU PLUS PRÈS DES LIEUX DE VIE DE L'ENFANT.

PREMIERS

DE CORDÉE ET SPORT-HANDICAP : REDONNER L’ENVIE DE BOUGER Dans cette dynamique, l’association « premiers de cordée » joue un rôle majeur. Elle intervient bénévolement, grâce au soutien de nombreuses fédérations sportives partenaires, au sein des établissements de soins pédiatriques, afin de proposer la découverte de multiples disciplines sportives aux enfants hospitalisés. Ces interventions permettent de rompre avec le quotidien parfois lourd des hospitalisations prolongées, de redonner le sourire, de renforcer la motivation et la confiance et de montrer qu’au-delà de la maladie ou du handicap, il est toujours possible de pratiquer une activité physique adaptée. Elles favorisent également l’envie de poursuivre ou d’initier une pratique sportive régulière après l’hospitalisation. Au sein des Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne, le Dr Mathieu Pellan propose une consultation dédiée « Sport-Handicap », afin d’orienter au mieux l’enfant et sa famille vers des structures sportives adaptées, proches du domicile. Des stages « Tremplin Sport » sont également proposés, sur une durée de six semaines, permettant aux enfants de découvrir différentes pratiques sportives adaptées à leur handicap.

UTMJ KIDS® : COURIR, S’AMUSER ET GRANDIR AU CŒUR DE LA NATURE JURASSIENNE

Et si le sport devenait une aventure joyeuse, saine et accessible à tous les enfants ? C’est exactement l’esprit de l’UTMJ Kids®, l’événement jeunesse de l’Ultra Trail des Montagnes du Jura, qui invite les plus jeunes à découvrir le plaisir de bouger… en pleine nature. L’objectif est simple et essentiel : prendre du plaisir, se dépenser et partager un moment unique.

BOUGER POUR SA SANTÉ, DÈS LE PLUS JEUNE ÂGE

À une époque où les écrans occupent une place importante dans le quotidien, l’UTMJ Kids® rappelle combien l’activité physique est bénéfique pour la santé des enfants. Courir, sauter, respirer l’air frais du Jura, c’est bon pour le corps, mais aussi pour le moral. Le trail, avec ses parcours variés, permet de développer l’endurance, l’équilibre et la coordination, tout en respectant le rythme de chacun.

Les distances sont courtes, les dénivelés raisonnables et chaque enfant est encouragé du départ à l’arrivée. L’important n’est pas d’être le plus rapide, mais d’aller au bout de son parcours avec le sourire.

LA NATURE COMME TERRAIN DE JEU

L’un des grands atouts de l’UTMJ Kids®, c’est son cadre exceptionnel. Forêts, sentiers et paysages des Montagnes du Jura deviennent un immense terrain de jeu à ciel ouvert. Les enfants apprennent à évoluer dans la nature, à la respecter et à en apprécier la richesse.

Cette immersion favorise aussi la sensibilisation à l’environnement : courir dans les bois, c’est comprendre pourquoi il est important de les préserver. Une belle manière d’allier sport, santé et écologie.

Parents, bénévoles et organisateurs jouent un rôle clé pour créer une atmosphère chaleureuse, où l’enfant se sent soutenu et fier de lui. Pour beaucoup, l’UTMJ Kids® est une première expérience sportive marquante, qui peut donner envie de continuer à bouger tout au long de l’année.

Une expérience qui se prolonge dans le temps puisque les récents vainqueurs des 10 km sont des jeunes qui ont participé à l’UTMJ Kids®.

LES ÉCOLES SE MOBILISENT

Entre mai et octobre, 20 à 30 établissements scolaires, clubs et collectivités des Montagnes du Jura organisent des épreuves internes qui mobilisent plus de 3 100 enfants âgés de 6 à 15 ans. L’objectif est clair : encourager l’activité physique, le goût de l’effort et le plaisir de bouger, tout en offrant aux jeunes l’opportunité de participer à un événement sportif de grande ampleur, aux côtés des coureurs adultes et des élites de l’UTMJ®

Après une inscription gratuite, les structures locales bénéficient d’un cahier des charges, d’un kit d’organisation et d’un accompagnement financier pour faciliter la mise en place des courses. Les meilleurs de chaque catégorie sont qualifiés pour la finale, organisée début octobre à Métabief, site d’arrivée de l’UTMJ®. En 2025, 3 105 enfants ont participé aux phases locales et plus de 1 000 étaient en lice sur l’épreuve finale, vécue dans les mêmes conditions que les grands : arche d’arrivée, speaker, animations et ambiance festive.

PROGRAMME

Rendez-vous le samedi 3 octobre 2026

Cinq distances adaptées aux catégories d’âge : de la Louve (1 km) à l’Hermine (3 km), en passant par la Milan (1,5 km) et la Tétras (5 km), chaque enfant pourra se dépasser et repousser ses limites. Et pour les tout­petits, l’Écureuil (500 m) offre une première initiation ludique au trail.

Les + de 16 ans peuvent participer à la 10 km avec les adultes.

Toutes les informations sur : https://ultra-trail-montagnes-jura.fr/

UNE FÊTE DU SPORT POUR TOUTE LA FAMILLE

L’UTMJ Kids®, c’est aussi un moment de partage intergénérationnel. Pendant que les enfants courent, les familles encouragent, échangent et profitent de l’ambiance festive de l’événement. Une vraie fête du sport et de la santé, où chacun trouve sa place.

En résumé, l’UTMJ Kids® montre que le sport peut être ludique, accessible et bénéfique dès le plus jeune âge. Une belle leçon de santé, de nature et de plaisir à transmettre aux générations futures. ✱

TÉMOIGNAGE

VINCENT ROGER

« L’APS DOIT ÊTRE UN OUTIL MAJEUR DE SANTÉ PUBLIQUE »

Face à la sédentarité croissante et aux enjeux de santé mentale qui touchent les jeunes, le sport-santé s’impose comme un levier majeur de prévention et de bien-être. Développement des Maisons Sport-Santé, héritage des Jeux de Paris 2024, lutte contre l’inactivité dès le plus jeune âge, mobilisation dans les écoles : Vincent Roger, délégué au ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, détaille la stratégie de l’État pour faire de l’activité physique et sportive un réflexe quotidien, de l’enfance à l’entrée dans l’âge adulte.

Quelle est aujourd’hui la vision du ministère pour faire du sport-santé un levier central de prévention et de bien-être chez les jeunes, de l’enfance à l’entrée dans l’âge adulte ?

Le sport-santé progresse en France depuis dix ans grâce à plusieurs initiatives comme les Maisons Sport-Santé (il en existe 560 aujourd’hui), la loi 2022 qui démocratise la pratique sportive ; et la Grande Cause nationale 2024.

L’héritage des Jeux de Paris 2024 permet également d’encourager les Français à pratiquer davantage. Il faut absolument promouvoir le sport et ses bienfaits (inclusion, éducation, santé, lien social…). L’activité physique et sportive est un antidépresseur grâce au lien social qu’elle entretient. À travers la stratégie nationale sport-santé 2025-2030, nous nous fixons 5 objectifs :

 Donner l’accès à tous à la pratique (en particulier les publics éloignés de la pratique comme les 40 % des étudiants qui ne font aucun sport) ;

 Encourager la pratique chez les plus jeunes et en milieu professionnel ;

 Prendre en compte la perte d’autonomie ;

 Développer le recours à l’activité physique adaptée (APA) à des fins thérapeutiques ;

 Sensibiliser et former les acteurs pour développer et promouvoir l’activité physique.

Il existe des constats partagés. Les études invitent à pratiquer dès le plus jeune âge. L’OMS soutient la pratique pour le bienêtre et la bonne structuration physique et mentale de l’enfant. Il faut faire face à l’explosion de la sédentarité qui provoque des conséquences en cascade (frais médicaux, pathologies, problèmes psychosociaux…). L’inactivité physique coûte aujourd’hui près de 140 milliards d’euros à notre pays : c’est un enjeu majeur de santé publique, mais aussi de justice sociale et d’efficacité économique. C’est pourquoi il faut continuer de sensibiliser les parents, les professions médicales et la communauté éducative à l’intérêt de la pratique sportive chez les jeunes.

Quelle initiative portée par le ministère à destination des jeunes pourrait permettre de toucher les publics les plus éloignés de la pratique sportive ?

Sous l’impulsion de Marina Ferrari, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, nous allons lancer le mois de l’activité physique et sportive (MAPS : multi-activités physiques ou sportives) en septembre 2026. 80 % des adolescents pratiquent moins d’une heure par jour qui est la durée minimum préconisée par l’OMS. Ce mois permettra de sensibiliser les populations à continuer de pratiquer après l’été (vacances propices au sport). C’est également le mois des inscriptions dans les clubs sportifs, nous espérons inciter les enfants à s’inscrire. Cette initiative a pour but de faire bouger plus en pratiquant une APS au sens large afin que cela devienne un réflexe quotidien. Il faut mobiliser tous les publics partout en France. Les différents ministères et services de l’ État sont pleinement mobilisés, aux côtés des opérateurs publics comme l’Assurance Maladie, des acteurs du mouvement sportif, des collectivités, des entreprises et des réseaux associatifs pour faire de cette initiative une grande réussite.

Comment la pratique du sport se développe-t-elle dans les établissements scolaires ?

Outre les 3 ou 4 heures d’EPS hebdomadaires en fonction de l’âge qui nous situent dans la moyenne européenne, nous continuons à généraliser les 30 minutes d’activité quotidienne pour les enfants du premier degré. À la rentrée dernière, nous avons instauré les tests d’aptitude physique à l’entrée en sixième (mis en place par des professeurs d’EPS volontaires). Ils permettent de renforcer l’accompagnement des élèves si besoin, notamment ceux les plus éloignés de la pratique. Les professeurs d’EPS peuvent ainsi établir une approche adaptée de la pratique en fonction des situations face auxquelles ils sont confrontés comme l’obésité. C’est important d’accompagner correctement chaque adolescent vers une pratique pour l’aider à se sentir mieux.

PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU

C’EST

EN SUPPRIMANT LES ÉCRANS À L’ÉCOLE

QUE LES PLUS JEUNES SE MOTIVERONT À BOUGER.

Dans un contexte de sédentarité croissante et d’enjeux de santé mentale chez les jeunes, comment encourager une pratique physique régulière ?

Cela repose notamment sur l’articulation et la complémentarité renforcée des acteurs intervenant sur les différents temps de l’enfant. En s’appuyant à la fois sur les enseignants et professeurs d’EPS sur le temps scolaire, mais également sur les associations sportives scolaires et sur les clubs sportifs, il s’agit de proposer aux jeunes une pratique physique acces attractive et adaptée. C’est également en supprimant les écrans à l’école que les plus jeunes se motiveront à bouger. La sédentarité provoquée par les Smartphones le milieu scolaire mais également extrascolaire. Le sport doit être un facteur de bien-être et de confiance en soi. C’est le moyen idéal de bénéficier d’une meilleure santé mentale, d’améliorer sa concentration et donc ses résultats à l’école. L’APS doit être un outil majeur de la santé publique.

LE RÔLE DU PODOLOGUE DU SPORT FACE AUX MALADIES DE CROISSANCE CHEZ L’ENFANT ET L’ADOLESCENT

La pratique sportive chez l’enfant et l’adolescent est essentielle à son développement physique, à la confiance en soi et à la santé globale. Cependant, pendant les périodes de croissance, le corps est soumis à des contraintes particulières qui peuvent favoriser l’apparition de douleurs spécifiques, appelées « maladies de croissance ». Parmi elles, les plus fréquentes chez les jeunes sportifs sont la maladie de Sever et la maladie d’Osgood-Schlatter. Dans ce contexte, le podologue du sport joue un rôle-clé dans la prise en charge, la prévention et l’accompagnement de ces jeunes patients.

COMPRENDRE LES MALADIES DE CROISSANCE

Contrairement à ce que leur nom laisse penser, les maladies de croissance ne sont pas liées à une maladie au sens strict. Il s’agit de douleurs liées au développement osseux, qui surviennent lorsque les os grandissent plus vite que les muscles, les tendons et les structures environnantes. Chez l’enfant sportif, les sollicitations répétées (course, sauts, changements d’appui) viennent accentuer ces contraintes, notamment au niveau des zones de croissance encore fragiles.

LA MALADIE DE SEVER : DOULEUR DU TALON CHEZ

L’ENFANT SPORTIF

La maladie de Sever touche principalement les enfants entre 8 et 14 ans, souvent pratiquant des sports avec impacts répétés comme le football, l’athlétisme, le basket-ball ou le handball. Elle se manifeste par des douleurs au niveau du talon, surtout à l’effort ou après l’activité sportive. Ces douleurs sont dues à une traction excessive du tendon d’Achille sur l’os du talon, encore en pleine croissance.

LE RÔLE DU PODOLOGUE DU SPORT

DANS LA MALADIE DE SEVER

Le podologue du sport va chercher à réduire les contraintes mécaniques exercées sur le talon. Pour cela, il réalise :

 Une analyse de la posture et de la marche ;

 Une étude de la course et des appuis ;

 Une évaluation des chaussures sportives.

Si nécessaire, il peut proposer des semelles orthopédiques adaptées, conçues pour :

 Rééduquer les déséquilibres d’appui ;

 Minimiser la traction sur le tendon d’Achille.

L’objectif n’est pas d’immobiliser l’enfant, mais de lui permettre de continuer le sport dans de bonnes conditions, tout en soulageant la douleur.

LA MALADIE D’OSGOODSCHLATTER : DOULEUR DU GENOU

L’ADOLESCENCE

La maladie d’Osgood-Schlatter apparaît le plus souvent chez les adolescents entre 10 et 16 ans, particulièrement lors des pics de croissance. Elle se caractérise par une douleur à l’avant du genou, au niveau de la tubérosité tibiale (juste sous la rotule).

Cette douleur est liée à la traction répétée du tendon rotulien sur une zone osseuse en développement, notamment lors des sports impliquant sauts, accélérations et changements de direction.

L’ACTION DU PODOLOGUE DU SPORT

DANS L’OSGOOD­SCHLATTER

Dans ce cas, le podologue du sport agit sur la chaîne biomécanique complète : pied → genou → hanche → bassin.

Une mauvaise répartition des appuis, un pied trop instable, ou encore une asymétrie de posture peuvent augmenter les contraintes au niveau du genou.

Grâce à un bilan précis, le podologue peut proposer :

 Une rééducation de la posture ;

 Des semelles visant à réduire les contraintes sur le genou ;

 Des conseils sur les chaussures et la gestion de l’entraînement. Cette prise en charge permet souvent de diminuer la douleur, d’éviter les récidives et de sécuriser la poursuite de l’activité sportive.

Et les autres maladies de croissance ?

D’autres pathologies peuvent également apparaître durant la croissance, comme :

 La maladie de Sinding-Larsen-Johansson (douleur sous la rotule) ;

 Les apophysites du bassin ;

 Certaines douleurs diffuses liées aux déséquilibres posturaux.

Même si elles sont moins fréquentes, elles répondent au même principe : réduire les contraintes mécaniques excessives sur des zones fragilisées par la croissance.

PRÉVENTION

ET ACCOMPAGNEMENT : UN RÔLE ESSENTIEL

Au-delà du traitement, le podologue du sport a un rôle majeur dans la prévention :

 Adaptation des chaussures ;

 Conseils sur la charge d’entraînement ;

 Suivi pendant les phases de croissance rapide ;

 Collaboration avec les autres professionnels de santé.

Une prise en charge précoce permet souvent d’éviter l’aggravation des douleurs et les arrêts sportifs prolongés.

CONCLUSION

Les maladies de croissance comme la maladie de Sever et la maladie d’Osgood-Schlatter sont fréquentes chez les jeunes sportifs, mais elles ne doivent pas être banalisées. Grâce à son expertise des appuis, de la posture et du mouvement, le podologue du sport joue un rôle central pour soulager la douleur, prévenir les récidives et accompagner l’enfant dans sa pratique sportive. L’objectif est simple : permettre au jeune de continuer à bouger, grandir et s’épanouir dans le sport, en toute sécurité.

LA SPÉCIALISATION PRÉCOCE N’EST PAS UNE DÉMARCHE SANTÉ !

Erwan a 14 ans. Il revient me voir avec son IRM d’épaule, accompagné de sa maman. Il pratique la natation à bon niveau depuis des années. Il a même été bébé nageur. Entre les entraînements à la piscine, la préparation physique à sec et les compétitions, il taquine les 15 heures par semaine. Cette année, il est dans le groupe élite de son club et les séances sont très intenses. Il n’a pas encore d’horaires aménagés. L’année prochaine, s’il s’améliore encore, il pourra en bénéficier en intégrant un autre collège. En attendant, il a un agenda de ministre et navigue entre son domicile, son école et la piscine à grands coups de patinette. Il fait ses devoirs très vite entre la fin des cours et le début de l’entraînement.

L’ENNUI, L’ÉCOLE DE LA CRÉATIVITÉ

Il se couche tard et peine souvent à s’endormir, le corps encore excité par les derniers fractionnés. Le matin, quand le réveil sonne, il peine à émerger. Après le déjeuner, en début d’aprèsmidi, il n’est pas rare qu’il somnole derrière son pupitre. Il est brillant, les résultats scolaires sont corrects mais il n’a plus le temps de s’ennuyer… d’imaginer, de rêver, de créer !

Le Doc : Erwan ! Tu le sais, tu souffres de ton cartilage de croissance, la zone qui grandit à l’extrémité supérieure de l’os de ton bras, l’humérus. On parle de « maladie de Panner » ou « ostéochondrose du nageur ». Ces lésions sont provoquées par les tractions répétitives de la coiffe des rotateurs, les petits muscles qui centrent ton épaule.

LES TENDINITES DES ENFANTS : DES FISSURES DE L’OS EN CROISSANCE

Ton IRM confirme le diagnostic mais montre aussi que les lésions ne sont pas très graves. Depuis la dernière fois, es-tu parvenu à nager tranquillement en bossant juste la technique ?

Erwan : Non ! Je ne voulais pas ! J’avais trop mal !

Maman : En ce moment, il fait un blocage ! Il m’a fait une scène alors que je lui ai proposé d’essayer ! C’est dommage, les championnats de France approchent… il va tout gâcher !

Le Doc : Bien sûr, Erwan a le droit de profiter de sa blessure pour vous passer un petit message ! Il regarde les carreaux bleus de la piscine depuis des années… il sature peut-être un peu !

JE N’AIME PAS NAGER, J’AIME GAGNER

SPORT

Les enfants peinent à reconnaître et à verbaliser leurs émotions… notamment par peur de décevoir leurs parents. Ils parlent fréquemment avec leur appareil locomoteur.

LES ENFANTS PARLENT AVEC LEUR APPAREIL LOCOMOTEUR

Maman : Pourtant, il adore la compétition… Je ne comprends pas !

Le Doc : Oui, en psychologie du sport, le désir de gratification est appelé « motivation extrinsèque »… à l’extérieure de la pratique. En revanche, la motivation intrinsèque se décline à l’intérieur de l’activité. C’est le plaisir du mouvement ! En natation, les sportifs décrivent souvent la sensation de glisse. En course, en rando ou à vélo, la contemplation des paysages intensifie le bonheur du geste. La première motivation est plus labile, notamment en cas d’échec ! Elle a besoin de victoires. La seconde est plus pérenne et favorise l’assiduité et la santé. J’adore la première phrase de l’autobiographie de Laure Manaudou, elle décrit toute l’ambivalence de la compétition : « je n’aime pas nager, j’aime gagner ! »

Maman : Il ne va quand même pas arrêter ! C’est dommage ! Toutes ces années de travail ! Tu ne vas pas rester à la maison à scroller sur les réseaux sociaux !

Le Doc : Je ne crois pas que ce soit l’option d’Erwan. Qu’en penses-tu ?… veux-tu faire un autre sport ? Tu sais que ma mission est de t’aider à devenir un adulte sportif !

Erwan : … C’est vrai ! J’en ai un peu marre !… Je ne sais pas quoi faire !

Le Doc : Je vais glisser une idée à la petite famille et argumenter ! je te verrais bien en triathlète ! Plusieurs bonnes raisons !

Premièrement, la natation ne constitue pas un sport idéal. L’absence d’impact et de pesanteur ne sollicite pas le squelette. Les os ne se renforcent pas. Une étude a mis en évidence que les nageuses de haut niveau de 17 ans avaient une densité osseuse inférieure à leurs copines sédentaires. À l’inverse, la course à pied permet de capitaliser en période d’adaptation maximum des os solides pour la vie entière.

PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU

Deuxièmement, tu te servirais de tous tes acquis techniques en natation. Tu sortirais de l’eau et tu grimperais sur ton vélo dans les premiers. Voilà qui peut être grisant et encourageant !

DIVERSIFIER POUR DÉVELOPPER TOUT LE CORPS

Troisièmement, tu apprendrais d’autres mouvements et de nouvelles stratégies. Savoir faire du vélo et courir correctement te sera très utile toute ta vie. Le cyclisme n’est pas si évident. Il faut pédaler rond et haute fréquence pour bénéficier d’un bon rendement. Rouler en peloton ou dans la roue de ton prédécesseur imposent pas mal d’habileté. Prendre les courbes sans trop freiner, trouver les bonnes trajectoires et relancer avec fluidité nécessitent un réel apprentissage. Courir aussi s’apprend ! Optimiser l’économie de sa foulée nécessite aussi du travail et du temps. Varier les sports au sein d’une même discipline c’est quand même très sympa ! Et ce sont des activités d’endurance praticables pour la santé et le forme toute la vie sans s’ennuyer ! Et sur le plan cardio, elles se profitent les unes les autres. Et de toute façon, tu es à un âge où ton cerveau est en pleine ébullition. Tes neurones se multiplient, envoient des ramifications partout et créer des milliards de connections. On parle de fenêtre de neuroplasticité. Tu apprends l’anglais et le chinois beaucoup plus aisément que moi ! De la même manière, tu dois en profiter pour acquérir de nombreuses techniques sportives ! Ce placement à haut rendement constitue un capital santé pour continuer à faire, avec un maximum de plaisir, plein de sport toute ta vie !

DIVERSIFIER LES APPRENTISSAGES PENDANT LA FENÊTRE DE PLASTICITÉ NEURONALE

Erwan : En vacances, quand on allait à la mer j’aimais bien nager ! Que pourrai-je faire pour progresser ?

Le Doc : D’abord tu pourras continuer, ça te sera très utile ! Mais surtout tu t’ouvres un maximum d’opportunité ludiques ! Les grandes virées à vélo, le VTT dans des coins magnifiques ou en montagne pour accroitre ton aisance sur la machine. La randonnée et le trail te donneront aussi la caisse et une meilleure coordination en terrain varié.

Erwan : Ah oui ! ça, c’est sympa ! Faire un autre sport tout en continuant à progresser dans sa discipline principale !

Le Doc : Exactement ! On parle de mécanismes de transfert. Varier les sollicitations techniques te permet souvent d’améliorer ton geste… et parfois de faire la différence avec tes adversaires. Je me souviens du cas de Zlatan Ibrahimovicth, le célèbre footballeur charismatique et provocateur. Durant son enfance, il avait fait du foot et du Taek Wendo. Durant sa carrière, il frappait souvent le ballon en sautant comme s’il donnait un coup de pied de karaté !

DIVERSIFIER LES SPORTS POUR PROFITER DE TRANSFERTS VERS SA DISCIPLINE PRINCIPALE Un schéma moteur qui n’existe pas au foot ! A la clé : puissance et déstabilisation des défenseurs ! Alors que je travaillais au centre de formation du PSG, nous avions été confrontés à la stagnation de bons gardiens de but. Ils avaient suivis le cursus de référence, ils avaient bien appris tous les gestes techniques. Malheureusement, ils leur manquaient la petite étincelle qui auraient fait la différence pour passer chez les pros… Dans leur cerveau ont trouvais une autoroute de neurones empruntée par tous les jeunes talents de leur âge. Il fallait désormais leur enseigner de nouveaux trajets sur de jolies petites routes de délestage pour passer du haut niveau à l’excellence ! Nous leur avons proposé de faire un peu de tennis et de squash. Des sports différents mais toujours avec des déplacements latéraux imposés par un adversaire et l’interception d’une balle avec les bras ! En quelques séances, nous avons constaté un transfert vers le foot. Ils étaient capables de gestes plus efficaces, plus créatifs, plus surprenant pour les attaquants adverses !

DIVERSIFIER POUR GARDER DU PLAISIR AUJOURD’HUI ET DEMAIN !

Erwan : Et, pendant les vacances d’hiver, je pourrai faire du ski ?

Le Doc : Bien sûr, le ski de fond est un sport d’endurance exceptionnel ! Il développe une grosse puissance cardiaque car les bras, le buste et les jambes réclament simultanément beaucoup d’oxygène. Tu découvriras des paysages somptueux.

Erwan : Aïe ! Pas de ski de piste ?

DIVERSIFIER POUR MUSCLER SON CERVEAU… DIVERSIFIER POUR APPRENDRE À APPRENDRE

Le Doc : … mais si bien-sûr ! Plein de sport différents ! Autant  que tu veux ! Enrichit ton cerveaux dès que tu en as l’opportunité… Pratique pour t’amuser des sports de glisse, de ballons, de raquettes ! C’est désormais bien validé, apprendre un sport procède du même processus cérébral que d’acquérir des connaissances et se cultiver. Pratiquer, programmer un geste enclenche des phénomènes neurologiques comparables à la réflexion et à l’élaboration d’une pensée. Faire du sport est une activité intellectuelle à part entière ! Là encore on peut parler de transfert… vers ton cursus scolaire ! Comme tu souhaites être tri lingues… tu peux devenir tri sport ! �� ✱

L’AÏKIDO, UN ATOUT

POUR LA JEUNESSE

UN ART MARTIAL, UNE PRATIQUE

SPORTIVE ET ÉDUCATIVE POUR

LA SANTÉ, LA CONFIANCE ET L’ÉPANOUISSEMENT

Petite présentation de l’aïkido

L’aïkido, art martial japonais fondé au XXe siècle, s’adresse à tous les âges, dés 3 ans et jusqu’à l’âge adulte. Il se distingue par l’absence de compétitions et par une approche éducative globale ; c’est une véritable école de vie.

L’AÏKIDO, UNE PRATIQUE PHYSIQUE

Sur le plan physique, l’aïkido repose sur l’étude de techniques variées : projections, immobilisations, déplacements, chutes. Ces mouvements, toujours réalisés dans un esprit de contrôle et de respect, sollicitent l’équilibre, la coordination, la souplesse et la concentration.

UNE PRATIQUE ACCESSIBLE DÈS 3 ANS

De nombreux clubs ouvrent leurs portes aux plus petits avec des cours adaptés à chaque tranche d’âge :

 3 à 6 ans : découverte ludique du mouvement, développement de la motricité, jeux d’équilibre et de coopération ;

 7 à 12 ans : apprentissage des techniques de base, maîtrise du corps, concentration et respect des autres ;

 13 et plus : travail plus approfondi sur les techniques, la posture, la respiration et la gestion des émotions, avec une dimension philosophique plus marquée.

DES BIENFAITS VISIBLES POUR LA SANTÉ

L’aïkido est une activité physique complète qui sollicite l’ensemble du corps :

 Il améliore la posture et la souplesse ;

 Il muscle sans brutaliser ;

 Il développe la coordination et la tonicité.

UNE PRATIQUE SANS COMPÉTITION, MAIS RICHE EN DÉFIS

Contrairement à d’autres disciplines sportives, l’aïkido ne propose pas de compétition. Loin d’être un manque, cette particularité en fait une force : elle permet aux jeunes de se concentrer sur eux-mêmes, sur leurs progrès et sur la coopération avec leurs partenaires. La progression est rythmée par un système de grades officiels, reconnus par l’État, qui jalonnent l’apprentissage et valorisent l’investissement de chacun. Pour les plus motivés, l’aïkido offre aussi des formations diplômantes d’enseignement, ouvrant la porte à un véritable parcours professionnel. Ainsi, les jeunes peuvent se fixer des objectifs personnels, avancer étape par étape, et apprendre à s’auto-évaluer sans la pression d’un classement ou d’un adversaire à battre.

PAROLES D’UN JEUNE

 « Je sais que c’est pour toute la vie » Julien, 20 ans (1er dan – début de l’aïkido à 8 ans)

« Ce que j’aime, c’est que l’aïkido ne s’arrête pas. Il n’y a pas de compétition, mais des grades pour se situer et progresser. Je peux même suivre une formation pour enseigner. C’est motivant, ça donne un vrai projet. »

EN CONCLUSION

L’aïkido est une discipline qui grandit avec ceux qui la pratiquent. De la maternelle à l’entrée dans la vie adulte, l’aïkido offre aux jeunes une activité physique complète, tout en transmettant des valeurs fortes de bienveillance, de coopération et d’équilibre. Pour les familles en quête d’une discipline qui allie santé, éducation et bien-être, l’aïkido représente une voie précieuse. N’hésitez pas à venir découvrir cette discipline dans un des nombreux dojos présents sur le territoire.

Fabrice CAST, responsable de la Commission Nationale Jeunes de la FFAB, 6e dan, chargé d’Enseignement National, enseignant dans les dojos de Eyguières, Lambesc, La Roque-d’Anthéron, Le Puy-Sainte-Réparade – 13. fabricecastaikido@gmail.com, www.ffabaikido.fr

ADOLESCENTES ET SPORT, LE GRAND DÉCROCHAGE

Près d’une adolescente sur deux (45,2 %) abandonne le sport par contrainte sociale. Une étude nationale inédite, menée par la mutuelle MGEN avec Kantar auprès de 507 jeunes filles âgées de 13 à 20 ans, révèle comment la méconnaissance du corps féminin, les injonctions esthétiques, la pression sociale et le règne de la compétition, au détriment du bien-être et de l’inclusion, contribuent au décrochage sportif, alors même que le sport reste un enjeu-clé de santé physique et mentale, d’égalité et d’émancipation. Explications avec Clotilde Truffaut, déléguée nationale aux engagements sociétaux et à la coopération internationale MGEN.

Que faut-il retenir de cette enquête dans les grandes lignes ?

La moitié des filles arrêtent le sport avant 15 ans, c’est 6 fois plus que les garçons. Un arrêt provoqué par des raisons exogènes et non pas par choix personnel. Les injonctions de la société et les stéréotypes de genre qui sont notamment à l’origine du problème ont sollicité notre attention. Parmi ces raisons, elles mettent en avant les raisons physiologiques en expliquant qu’en général, la pratique sportive ne s’adapte pas aux filles et à leur physiologie et que l’encadrement ne répond pas aux besoins spécifiques des femmes. Autre raison, le sport est un milieu qui met les adolescentes sous pression : 55 % des filles ne se sentent pas en sécurité. Elles souffrent de moqueries, de jugements, voire de violences sexistes et sexuelles.

La pratique régulière est favorisée avec 1/3 des filles qui ne disposent pas de section féminine près de chez elles. Les garçons, eux, sont plus mis en avant avec des horaires et des équipements privilégiés. Elles se sentent également assommées par la culture de la compétition, qui ajoute une pression.

En quoi cette enquête est-elle importante pour MGEN ? Nous accordons une très grande importance à l’égalité femmes/ hommes avec 62 % de nos adhérents qui sont des femmes. Nous savons que la pratique sportive est un déterminant de santé physique et mentale. Une fille qui décroche à l’adolescence aura plus de mal à s’y remettre à l’âge adulte. En résulte un écart entre les hommes et les femmes qui ne bénéficient pas des

PROPOS RECUEILLIS PAR MURIEL HATEM

mêmes bienfaits de la pratique sportive sur leur santé, leur sociabilité, leur rapport au temps. Cela fait partie des combats que MGEN souhaite mener.

Quels sont les dispositifs mis en place par MGEN afin de sensibiliser la population ?

Nous avons mobilisé notre réseau de militants et de militantes dans tous les départements afin de leur faire connaître les résultats de l’enquête pour leur permettre de partager ces derniers dans leurs écosystèmes : associations, organismes sportifs, monde éducatif... Nous diffusons également l’information aux députés qui sont sensibilisés à sujet. L’idée est de démontrer que celui-ci est un enjeu sociétal pour nous, il faut que les acteurs concernés puissent agir en conséquence. Nous sommes également partenaires des ligues féminines de basketball et de handball et nous n’hésitons pas à investir notre budget médias pour faire la publicité des sportives professionnelles et amatrices plutôt que la nôtre. Nous soutenons également 40 clubs amateurs féminins dans tous les départements et régions jusqu’à Tahiti. C’est le meilleur moyen de soutenir les clubs locaux accessibles aux filles et d’avoir une pratique loisir.

Quelle est l’urgence à gérer aujourd’hui pour faire évoluer les choses dans le bon sens ?

Il faut commencer par permettre à toutes les filles de pouvoir pratiquer comme elles le souhaitent à côté de chez elles. Il faut également un encadrement formé et adapté aux besoins qu’implique la physiologie féminine.

Quel message souhaitez-vous faire passer aux jeunes filles ?

Il faut encourager les jeunes filles ou leurs parents à parler aux encadrants de spécificités féminines et de ces besoins pour que le cycle menstruel sorte de la sphère intime et devienne une réalité sportive. Il ne faut pas essayer de se comparer aux garçons et aux hommes. Les filles peuvent s’assumer et essayer de faire progresser les choses. Faire progresser les choses pour soi, c’est aussi les faire progresser pour les autres. ✱

FAIRE PROGRESSER LES CHOSES POUR SOI, C’EST AUSSI LES FAIRE PROGRESSER POUR LES AUTRES.

TÉMOIGNAGES

Martin Fourcade – sextuple champion olympique de biathlon, ambassadeur MGEN

« Le résultat de l’étude ne m’a pas surpris, c’est un véritable sujet sociétal. Dans le biathlon nous bénéficions d’une parité notable à la différence de la plupart des disciplines. J’ai grandi dans un milieu privilégié au niveau financier, car les biathlètes femmes sont aussi bien rémunérées que les hommes. De même sur le plan médiatique, où les diffusions à la télévision des compétitions mettent autant en avant les compétitions hommes que femmes. Cependant, les femmes ne sont pas assez représentées chez les coachs à haut niveau. En outre, c’est aussi un sport où il n’y a pas forcément de vestiaires pour se préparer et où on doit se changer dehors, ce qui peut être un frein pour les femmes. Dans le sport en général, les freins sont plus importants pour les femmes que pour les hommes avec le regard de l’autre, la valorisation de la compétition ou encore le rapport au corps. Je suis papa de deux petites filles (8 et 10 ans) et je ne mets aucune pression concernant la performance, pas besoin de devenir un champion pour s’épanouir dans le sport. Les enfants ne doivent pas porter les projets de leurs parents. »

Ysaora Thibus – Championne du monde d’escrime

« Je ne me suis pas spécialement occupée de mon cycle menstruel avant mes 30 ans. Quand j’interviens dans les écoles pour en parler aux plus jeunes, il y a beaucoup de moqueries et de préjugés de la part des garçons, ça reste un sujet tabou. Toutes les jeunes filles ne connaissent pas les spécificités du cycle menstruel. Il faut adapter la pratique en fonction du cycle et optimiser les séances. Même entre filles on n’en parle pas forcément, c’est important de partager et de libérer la parole. C’est pour cela que les encadrants doivent être formés correctement. Les garçons sont souvent favorisés et mis en avant (meilleurs horaires et lieux d’entraînement, meilleur matériel…). J’ai entendu des garçons dire que les filles ne pouvaient pas arbitrer car elles ne sont pas assez rapides. Dans la pratique loisir, il y a également un déséquilibre : les garçons vont aller faire un foot alors que les filles n’ont pas cette démarche. »

DÉCROCHAGE SPORTIF : L’UNSS, FORCE DE PROPOSITION POUR FIDÉLISER LES ADOLESCENTES

Selon l’étude nationale MGEN–Kantar, près de la moitié des adolescentes (45,2 %) déclarent avoir abandonné un sport qu’elles appréciaient. Un chiffre qui révèle un phénomène préoccupant : ce retrait ne traduit pas pour autant un manque d’intérêt pour l’activité physique mais relève un décrochage subi, provoqué par des contraintes extérieures et l’incapacité du système sportif à répondre à leurs besoins. Les adolescentes aiment le sport, mais ne trouvent pas toujours un espace où elles se sentent légitimes, respectées et en sécurité. Les freins et les écueils qui empêchent la poursuite de la pratique à cet âge charnière sont nombreux et variés.

En effet, le moment de la puberté marque un tournant décisif. Les transformations physiques et physiologiques peuvent rendre la pratique plus inconfortable et les règles menstruelles, encore trop souvent taboues, sont perçues comme un frein majeur à toute activité sportive. Beaucoup préfèrent renoncer plutôt que de s’exposer en demandant un aménagement de la séance. Près d’une fille sur deux estime que les encadrants ne tiennent pas suffisamment compte de leurs besoins physiologiques spécifiques. Briser ce tabou s’impose donc comme un enjeu prioritaire à ceux qui font de l’éducation par le sport. Des sportives comme la championne du monde d’escrime Ysaora Thibus s’engagent déjà en milieu scolaire pour libérer la parole des adolescentes tout en sensibilisant aussi les garçons.

FORMER POUR MIEUX ENCADRER

De manière complémentaire la formation des encadrants est tout aussi essentielle. Les connaissances sur les spécificités du corps féminin progressent, mais restent encore insuffisamment intégrées dans les pratiques. Trop de programmes d’entraînement demeurent calqués sur des modèles masculins.

L’Union Nationale du Sport Scolaire (UNSS), fédération sportive scolaire du second degré, comptant près de 450 000 licenciées, conventionne avec les fédérations et des championnes ambassadrices pour informer l’encadrement et mieux accompagner les pratiquantes, qu’elles soient de niveau scolaire ou déjà engagées dans des parcours de performance.

L’étude MGEN–Kantar met également en lumière un autre facteur de décrochage : la place excessive accordée à la compétition. Pour certaines adolescentes, la compétition n’est plus un moteur de progression ou de plaisir, mais une source d’anxiété. Consciente de ce décalage, l’UNSS développe depuis plusieurs années une offre diversifiée dans laquelle la notion de rencontre est centrale : pratiques de loisirs, événements promotionnels, compétitions de niveau scolaire et par équipe aux côtés de la filière excellence… Ces alternatives permettent à chaque jeune de trouver un mode de pratique qui lui correspond, évolutif selon son parcours et ses envies.

COMPRENDRE LES RAISONS

UN

COMPRENDRE L’ABANDON DES JEUNES FILLES

L’étude, basée sur les témoignages d’un peu plus de 500 jeunes filles abandonnistes, n’étonne guère les enseignants d’éducation physique et sportive (EPS) qui confirment être touchés également par un décrochage de la participation des filles aux activités de l’association sportive à partir de 13-14 ans. Comme constaté dans les fédérations sportives, l’UNSS n’échappe pas à la baisse du nombre de licenciées (-33 %) entre les catégories benjamine (classes de 6e et 5e) et minime (classes de 4e et 3e). Le phénomène touche aussi les garçons, mais de manière moins marquée (-23 %). La question qui reste néanmoins à creuser est celle de savoir si cet abandon est ponctuel ou définitif. C’est la question que doivent se poser toutes les fédérations car les réponses permettront sans doute un travail d’anticipation pour minimiser les impacts de cette traversée de l’adolescence. Cependant, au-delà des différences filles/garçons, les différences sociales jouent un rôle encore plus déterminant. Les travaux de Travert, Luiggi et Griffet (1) démontrent que l’abandon est bien plus fréquent dans les milieux défavorisés. Les résultats détaillés selon les données socio-démographiques de l’enquête MGEN–Kantar confirment que certains obstacles pèsent particulièrement sur les jeunes filles dont les parents appartiennent aux catégories socio-professionnelles les moins favorisées :

 Un regard social dévalorisant : « mon corps ne correspond pas à l’image idéale du sport véhiculé par les réseaux sociaux », « j’ai arrêté de pratiquer parce que je n’étais pas à l’aise avec mon apparence », « je me sens mal à l’aise avec les tenues imposées pour certaines activités sportives » ;

 Le coût de la pratique ;

 L’absence de modèles ou d’amies pratiquantes ;

 Le manque d’offres : « les sections autour de chez moi ne possèdent pas de section féminine ».

AU-DELÀ DU SPORT : UN DÉFI

ÉDUCATIF ET SOCIÉTAL

Pour enrayer cette dynamique, il est essentiel que les établissements et associations identifient précisément ce qui désengage « leurs » pratiquantes. Le programme « Filles Actives » de l’UNSS, fondé sur plus de 60 000 retours dont 35 000 retours d’élèves à l’enquête conduite par Pluricité en 2023 pour l’UNSS, permet aujourd’hui de proposer des actions ciblées pour développer les pratiques des filles : rencontres en équipe mixtes valorisant la cohésion et l’engagement et des événements promotionnels réservés aux filles, comme La Lycéenne UNSS

qui rassemble selon les territoires jusqu’à 4 000 jeunes filles le temps d’une journée sur une pratique sportive et festive avec une course symbolique et solidaire sans chrono ni classement, accessible à toutes, qui peut revêtir la forme de type « Color Run », d’une course à obstacles, d’une déambulation en cœur de ville pour découvrir le patrimoine… et la participation aux ateliers d’un village d’animation et d’éducation. Ces ateliers sont animés par des clubs, comités ou ligues qui souhaitent faire découvrir des sports et des parasports aux jeunes filles mais aussi par des associations et/ou institutions qui interviennent sur des thématiques telles que la sensibilisation aux droits des femmes, l’émancipation des jeunes filles par le sport, la promotion de l’égalité au sein de son AS, la prise de responsabilités et le leadership pour s’engager dans différentes causes et la sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles.

Comprendre les raisons des abandons est un enjeu pour la société tout entière. Le décrochage sportif des adolescentes n’est pas une question secondaire : il touche à la santé physique comme à la santé mentale, à la confiance en soi et à l’égalité entre les filles et les garçons.

ANCRER LA PRATIQUE DÈS L’ADOLESCENCE

Quand on sait qu’à l’adolescence, la participation sportive est prédictive des niveaux globaux d’activité physique à l’âge adulte et présente des avantages psychologiques et sociaux, il est temps d’inverser la tendance auprès de tous les jeunes. Maxime Travert et coll. proposent un changement de paradigme visant à fidéliser les jeunes dans leur pratique. Au-delà d’attirer de nouveaux pratiquants, il est aujourd’hui primordial de les fidéliser. Il s’agit pour cela, comme présenté dans les orientations stratégiques de l’UNSS, de construire de véritables parcours au cours desquels les élèves, de l’entrée en 6e à la terminale, vont être sensibilisés, éduqués et formés puis engagés :

 Sensibilisés à une pratique ou à plusieurs car la multiactivité est une force de l’UNSS et à la découverte des rencontres avec d’autres établissements pour un coût en moyenne de 25 euros par an ;

 Éduqués et formés afin qu’ils deviennent plus compétents à chaque séance et à chaque rencontre. Le développement du sentiment de compétence encourage la fidélisation de l’élève ;

 Engagés par la prise d’initiatives et de responsabilités, notamment en tant que jeune officiel à l’association sportive mais également en dehors dans le but de former les bénévoles de demain dans les clubs. Ainsi, le jeune arbitre ou le jeune organisateur, élève à l’UNSS, pourra demain faire valoir ses compétences en club ou sur une manifestation sportive. Contrairement aux idées reçues, les filles s’emparent largement de ces rôles : plus de 40 % des jeunes officiels UNSS sont des filles.

Alors que les études montrent que les jeunes filles restent attachées au sport, il devient urgent de repenser les environnements sportifs pour qu’ils deviennent des lieux d’inclusion, de respect et d’épanouissement.

Pour que le décrochage sportif des jeunes filles ne soit plus subi, les parcours et les formes de pratique sont à repenser continuellement en prenant en compte leurs spécificités, leurs appétences et en cherchant à valoriser le plaisir de pratiquer une activité sportive, physique et/ou artistique.

À ce stade, nous avons identifié des freins mais aussi les premiers leviers de transformation. Il nous faut maintenant poursuivre les réflexions et le travail pour anticiper et faire reculer l’abandon, dont les conséquences sont dommageables pour les jeunes filles et pour la société. ✱

ADOLESCENTES & SPORT : LE GRAND DÉCROCHAGE Étude inédite

45,2%

DES FILLES ARRÊTENT LE SPORT MALGRÉ ELLES

FREIN 1 : LA NON-PRISE EN COMPTE DES SPÉCIFICITÉS DU CORPS FÉMININ

estiment que les changements physiques rendent le sport moins agréable.

arrêtent le sport à cause de leurs règles.

estiment que l’encadrement sportif ne répond pas à leurs besoins spécifiques.

FREIN 3 : UNE PRATIQUE PEU ACCESSIBLE POUR LES FILLES

n’ont pas de club féminin près de chez elles.

sont freinées par les coûts (inscriptions, équipements, déplacements).

estiment que leur emploi du temps scolaire ne leur permet pas de pratiquer régulièrement.

FREIN 2 : UN MILIEU QUI MET LES JEUNES FILLES SOUS PRESSION

ont subi des comportements déplacés dans le sport.

ne se sentent pas toujours en sécurité.

subissent les tenues sportives imposées.

estiment que leur corps ne correspond pas à l’idéal sportif des réseaux sociaux.

arrêtent, faute de se sentir à l’aise avec leur apparence.

déclarent se sentir jugées lorsqu’elles font du sport.

FREIN 4 : UNE CULTURE DE LA COMPETITION FORTEMENT DISSUASIVE

Le règne de la compétition dans le sport, au détriment du bien-être et de l’inclusion, contribue au décrochage :

→ Progression obligatoire

→ Peur de régresser

→ Crainte d’être mise de côté

→ Sentiment d’évaluation permanente

Les filles préfèrent arrêter plutôt que de subir cette pression supplémentaire.

LA FFC S’ENGAGE

AUX CÔTÉ DES FAMILLES

Au travail, dans les cafés, dans les salles de cinéma ou même pour jouer… nous vivons, assis. La sédentarité et l’inactivité physique touchent tous les âges et favorisent l’apparition des maladies cardiovasculaires.

Avec la Fédération Française de Cardiologie, découvrez pourquoi et comment bouger pour la santé de votre cœur.

LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE CARDIOLOGIE

LES PARCOURS DU CŒUR ONT FÊTÉ LEUR 50 ANS

Les Parcours du Cœur ont pour but de faire reculer les maladies cardiovasculaires par l’information, le dépistage, l’apprentissage de pratiques de vie plus saines. Il s’agit de la plus grande opération de prévention-santé organisée en France qui vise à promouvoir une bonne hygiène de vie afin de faire reculer les maladies cardiovasculaires.

DES ACTIVITÉS PHYSIQUES ET DES CONSEILS SANTÉ

Restez attentifs à l’ouverture des prochaines inscriptions afin organiser un Parcours du Cœur dans votre ville, dans votre quartier, l’école de vos enfants ou votre entreprise… Il suffit de proposer une ou plusieurs activités physiques et des conseils de prévention santé. La nouvelle édition des Parcours du Cœur aura lieu du 1er avril au 30 juin 2026. Les Parcours du Cœur, c’est bouger tous ensemble une fois par an pour se donner envie de le faire tous les jours de l’année ! Pour continuer à promouvoir les bienfaits de l’activité physique pour la santé cardiovasculaire, la FFC continue de proposer les Parcours du Coeur connectés (du 1er au 31 mai 2026).

QU’EST-CE QUE LES PARCOURS DU CŒUR CONNECTÉS ?

Marcher, courir, faire du vélo à votre rythme : le challenge est de cumuler individuellement et chacun à son rythme un maximum de kilomètres qui viendront s’ajouter au compteur global, afin d’aller tous ensemble le plus loin possible ! Organisés partout en France et réunissant des milliers de personnes chaque année, la version connectée des Parcours du Cœur permet à chacun de se reconnecter à une activité physique régulière avec plaisir et à son rythme. Bouger plus, et ce tous les jours de l’année, c’est mettre toutes les chances de son côté pour améliorer sa qualité de vie et diminuer les risques cardiovasculaires (stress, hypertension artérielle, obésité...) ! 30 minutes d’activité physique quotidienne et 60 minutes 5 fois par semaines pour les enfants, réduisent de 30 % les risques d’accidents cardiovasculaires.

L’OBJECTIF

Reconnecter chaque femme, homme et enfant avec une activité physique régulière et l’associer à la notion de plaisir. Bouger plus, c’est mettre toutes les chances de son côté pour améliorer sa qualité de vie et diminuer les risques cardiovasculaires. C’est également prendre conscience de l’importance de pratiquer régulièrement, tous les jours de l’année !

150 pas = 1 mn de vélo /// 1000 pas = 650 m de marche /// 3000 pas = 20 mn de vélo. ✱

Retrouvez toutes les informations sur https://www.fedecardio.org/

PAR

façonsde bouger plus

BOUGER DÈS LE PLUS JEUNE ÂGE POUR MIEUX GRANDIR

Dans un monde où les écrans prennent souvent le pas sur le mouvement, la santé du cœur des jeunes devient un véritable enjeu. En plus des effets cardiovasculaires à moyen terme, le manque d’activité physique a de graves effets immédiats. Le professeur Paul Menu, chirurgien cardiaque aujourd’hui à la retraite, partage son expérience au sein de la Fédération Française de Cardiologie et ses conseils pour protéger son cœur dès l’adolescence.

Pourquoi la sédentarité est-elle un vrai danger chez les jeunes ?

Les enfants se projettent très peu. L’activité physique est un facteur protecteur même si nous n’avons pas encore d’études démontrant les conséquences de la sédentarité liée aux écrans sur le long terme. Il est difficile d’intéresser les enfants à leur futur lointain. En revanche, nous constatons les effets immédiats de l’inactivité qui sont connus et prouvés.

Comment le manque d’activité physique chez les jeunes peut-il favoriser des pathologies cardiaques ?

Cela porte sur tous les vaisseaux, à la fois coronaires et au niveau du cerveau. Le manque d’activité provoque une surcharge de graisse dans tous les vaisseaux, ce qui influe sur la concentration et la mémorisation notamment. Il en découle des pathologies digestives, sexuelles et des problèmes au niveau des membres inférieurs. C’est comme ça que naissent les insuffisances coronaires. Les réserves du cœur à faire des efforts sont directement touchées et bouger devient compliqué car le cœur n’est plus capable de répondre à la demande. En découle alors un cercle vicieux avec une augmentation de la prise de poids.

Existe-t-il des signes précoces chez les adolescents qui doivent alerter sur un risque cardiovasculaire futur ?

Les attendre est une grave erreur. En revanche, il existe des effets immédiats sur l’immunité, le sommeil, le surpoids ou encore le diabète. 20 % des jeunes de 15 ans sont sur un écran après minuit, ce qui provoque un manque de concentration à l’école le matin. Ceux qui pratiquent une activité physique dorment mieux. Ils sont en forme le lendemain physiquement et mentalement. 30 % des gens qui font un infarctus n’ont pas de signe avant coureur. Il ne faut pas se dire que sans signe tout va bien.

Quelle est l’implication de la Fédération Française de Cardiologie auprès des jeunes ?

Les Parcours du Cœur représentent la plus grande opération de prévention santé en France. En plus des actions grand public et en entreprise, ils touchent plus de 211 000 participants scolaires, de la maternelle au lycée. Les enseignants sont très intéressés afin de prendre et de partager des informations sur l’alimentation, le sommeil, le stress et les bienfaits de l’activité physique. Il existe des guides pédagogiques. A partir de juillet 2026 et pendant une année, la FFC aura d’ailleurs comme thématique principale : « préserver son capital santé dès le plus jeune âge », pour inciter à développer les bons réflexes le plus tôt possible et vivre plus longtemps en bonne santé.

Comment aider les jeunes à prendre conscience des effets positifs du sport ?

Il faut leur montrer que les bienfaits de l’activité physique sont immédiats dès que l’on bouge. Les jeunes vivent mieux et ressentent du bien-être tout en prenant conscience de leur puissance. C’est à eux-mêmes de faire l’expérience et d’en découvrir les résultats. En 3 semaines ils ressentent déjà leur capacité à vivre mieux.

Si vous aviez un message simple et concret à adresser aux plus jeunes, quelle serait votre « prescription idéale » d’activité physique pour protéger leur cœur sur le long terme ?

Essayez de voir les effets directs en sortant du virtuel pour aller au contact des autres ! La sédentarité est très nocive pour la respiration ; bouger dehors de n’importe quelle façon développe des effets positifs sur tout le corps et sur la respiration. ✱

PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU ET PAR LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE CARDIOLOGIE

À 28 ans, Noam Yaron, nageur suisse installé au bord du lac Léman, a transformé l’endurance en acte militant. En parcourant 191 kilomètres à la nage, lors d’une traversée de la Méditerranée de 102 heures et 24 minutes, il ne s’est pas seulement lancé un défi physique hors normes : il a voulu alerter sur l’état alarmant de l’une  des mers les plus polluées au monde. Nageur à plein temps, engagé dans l’organisation d’événements de sensibilisation, Noam témoigne de l’évolution préoccupante de la faune, de l’omniprésence du plastique et de l’impact du trafic maritime. À travers son exploit, il invite chacun à prendre conscience de ce qu’il reste à protéger.

NAGER POUR LA PLANÈTE : LE CRI D’ALERTE DE NOAM YARON NOAMYARON_

Qu’est-ce qui vous a motivé à réaliser cette traversée ? J’ai à cœur de me battre pour la préservation de l’environnement, surtout depuis 2021. J’ai voulu réaliser un rêve d’enfant en traversant le lac Léman à la nage. Pour m’entraîner, j’ai dû nager dans le lac gelé l’hiver à cause des piscines fermées pendant la période du COVID. C’est là que j’ai découvert ce qui se cachait sous la surface et qui m’a choqué. Je me suis alors rapproché d’associations locales qui défendent les intérêts du lac et je me suis dit qu’il fallait absolument que je porte cette cause en réalisant mon défi. J’ai été entendu et vu grâce à mon record de près de 3 heures sur la traversée, ce qui m’a valu une belle exposition. J’ai ensuite voulu réaliser des défis de plus en plus fous jusqu’à m’attaquer à la Méditerranée. Le sport a un vrai rôle à jouer car il a le pouvoir d’émouvoir, de toucher et de sensibiliser, il faut savoir s’en servir pour de bonnes causes.

Comment vous êtes-vous préparé ?

Quand on réalise quelque chose qui n’a jamais été fait en termes de parcours, de distances et de conditions, il est très difficile d’anticiper les difficultés. Je pense qu’on prépare 10 % et qu’on fait au mieux pour que tout se passe bien. Pour cela, on travaille la préparation physique, mentale, le bateau, la logistique, la météo, et pour tout le reste, c’est la nature qui décide. Le jour même, on s’adapte au courant, au vent, à notre ressenti personnel, toutes ces choses que l’on ne peut pas anticiper. Il faut donc maîtriser au mieux les 10 % pour faire face aux 90 restants. Je me suis préparé pendant deux ans pour cette traversée avec 4 entraînements par semaine en piscine

(plusieurs heures par jour), 2 séances de fitness® et de la préparation mentale pour compléter. J’ai fait de l’hypnose pour essayer de maîtriser tous les risques qui pouvaient se présenter comme la peur du fond, de nager la nuit, de croiser un requin… Il faut visualiser au mieux ces éventualités pour y faire face si elles se présentent.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Déjà parler au maximum de cette mission et de ce qu’elle peut apporter grâce aux analyses et aux informations que nous pouvons diffuser. Il y a également un documentaire qui va sortir afin de partager cette aventure folle à travers le monde.

Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes qui manquent de confiance en eux ou qui doutent de leur potentiel ?

Quand j’ai commencé la natation, j’étais en surpoids, pas à l’aise dans mon corps. J’étais nul mais je me suis tout de même entraîné pour y arriver, sans parvenir à progresser… On a essayé de me faire arrêter mais j’ai décidé de continuer car j’adorais ce sport, je me sentais super-bien dans l’eau avec son silence et ça me permettait de faire abstraction du poids de mon corps. Dix ans plus tard, je suis devenu champion de Suisse junior de nage en eau libre. C’est après ça que j’ai souhaité réaliser des défis qui me tenaient à cœur sans tenir compte des limites qu’on me fixait. Je recommande à tous les jeunes de faire du sport, de s’accomplir à travers une activité physique et de se réjouir d’aller à l’entraînement. Quand on croit en soi et en ses capacités, on peut aller très loin ! ✱

PROPOS RECUEILLIS PAR MURIEL HATEM

FOCUS

ACTIVITÉ PHYSIQUE ET RÉUSSITE SCOLAIRE : MYTHE OU RÉALITÉ SCIENTIFIQUE ?

Cas particuliers des jeunes issus des milieux défavorisés et des jeunes asthmatiques

FOCUS

Un vrai sujet de société « Activité physique et réussite scolaire » que celui que nous propose le Dr Françoise

Pariente Ichou, médecin, microbiologiste, responsable scientifique de la Gregory Pariente Foundation (GPFD), une association de patients qui se dédie aux jeunes asthmatiques, et membre du « Collectif Droit à Respirer », collectif fortement impliqué sur l’importance de l’activité physique adaptée pour les malades respiratoires chroniques, et la mise en place d’un Plan National Santé Respiratoire. Voici une synthèse des meilleures données scientifiques publiées sur ce sujet d’importance pour nos enfants et adolescents en milieu scolaire.

I) INTRODUCTION

I-1) Contexte général : activité physique et apprentissage

De la cour de récréation à la salle de classe, un consensus scientifique croissant suggère que l’activité physique régulière favorise des fonctions essentielles à l’apprentissage telles que la concentration, la mémoire et la santé mentale. Dans un contexte où les enfants sont de moins en moins actifs, la question n’est plus seulement de « bouger pour être en bonne santé », mais aussi de « bouger pour mieux apprendre ».

I-2) Cadre institutionnel et recommandations

 Depuis 2020, le dispositif « 30 minutes d’activité physique quotidienne »(1), généralisé à toutes les écoles élémentaires à partir de 2022-2023, vise à compléter les trois heures hebdomadaires d’EPS obligatoires ;

 Cette initiative correspond à la moitié des recommandations de l’OMS (soit environ 60 minutes d’activité modérée à vigoureuse par jour). Il est important de noter l’absence de seuil spécifique en minutes strictement appliqué à l’école seulement, dans les lignes directrices globales de santé de l’OMS ;

 L’activité peut être fractionnée dans la journée (pauses actives, jeux, récréations) et s’adapte aux ressources locales de chaque école.

Aucune évaluation nationale publique de ce dispositif n’est publiquement disponible à ce jour sur les performances académiques ni neurocognitives des élèves.

I-3) Peut-on lier activité physique (AP) et réussite scolaire ?

En quelques décennies, les enfants se sont mis à bouger beaucoup moins. Une analyse mondiale a montré que, de 2001 à 2016, une très grande majorité des adolescents ne respectaient pas les recommandations d’activité physique (≥60 min/jour)(2) Pourtant, la littérature montre qu’un enfant sédentaire n’est pas un enfant qui apprend mieux(3) : la condition physique, le sommeil, la santé mentale et la capacité de concentration sont intimement liés. La question n’est donc plus seulement « bouger pour être en bonne santé », mais « bouger pour mieux apprendre »(4)

LE DOCTEUR FRANÇOISE PARIENTE ICHOU, MÉDECIN, MICROBIOLOGISTE, RESPONSABLE SCIENTIFIQUE DE LA GREGORY PARIENTE FOUNDATION

I-4) Mythe ou réalité scientifique ?

 Parler de « mythe ou réalité scientifique » permet de confronter ce réflexe culturel à des données chiffrées, issues d’essais d’intervention, de cohortes et de méta-analyses. C’est aussi une façon de rassurer les familles et les enseignants : défendre l’activité physique à l’école, ce n’est pas « sacrifier le cerveau au profit des muscles », c’est s’appuyer sur des preuves(5)(6)

II) LES EFFETS CHIFFRÉS : QUELLES PERFORMANCES SCOLAIRES RÉPONDENT

LE MIEUX AU MOUVEMENT ?

II-1) Une séance active suffit-elle à booster les résultats immédiats ?

La méta-analyse de Muntaner-Mas et al. (2024)(7) synthétise 11 essais randomisés contrôlés (ERC) portant sur 803 enfants/ adolescents (6-16 ans) réalisant une séance unique d’activité physique, souvent 20 min de pauses actives combinant aérobie simple et jeux. La performance académique globale mesure la réussite toutes matières confondues ; celle en mathématiques cible calculs, résolution de problèmes, fractions, équations, etc. (critères pré-spécifiés).

Chiffres clés :

 Performance académique globale : Hedges’ g = 0,35 (IC 95 % : 0,20–0,50 ; p < 0,001 ; I² = 53,96 %). Effet modéré, hautement significatif ;

 Mathématiques : g = 0,29 (IC 95 % : 0,16–0,42 ; p < 0,001 ; I² = 28,92 %). Gain significatif aux tests généraux, mais non aux arithmétiques pures ;

 Langue/lecture : g = 0,28 (IC 95 % : 0,09–0,47). Significatif en lecture simple, non en compréhension de phrases ni orthographe ;

Comportement : SMD = 0,60 (réduction distractions, + concentration), boostant indirectement les tâches scolaires. Limites selon les auteurs : Échantillons petits par RCTs (n < 100), hétérogénéité modérée (I² ~50 %), tests courts postséance (biais enthousiasme), généralisabilité limitée (majorité primaire, pays riches) ;

Conclusion : Comparée à un repos assis, une séance aiguë élève modérément les scores tests immédiats (écart groupe mesurable, transitoire). Interprétation prudente : cet effet est observable au niveau du groupe et reflète une amélioration transitoire des capacités nécessaires à la réalisation des tâches scolaires, sans impliquer un gain substantiel ou systématique pour chaque élève pris individuellement – typique des interventions éducatives courtes.

II-2) Et les programmes réguliers à l’école ?

II-2-1) He etal.(2025)(8) : méta-analyse scolaire exhaustive Cette méta-analyse récente (17 ERC, ~4 000-6 000 enfants 6-14 ans, dominance primaire) test AP scolaire (EPS enrichie, pauses actives, leçons actives) vs EPS standard. Focus : maths (13 études, âge ~9-12 ans), réussite globale (5 études, ~10-13 ans), lecture/langage (5-6 études, ~9-13 ans).

Chiffres clés :

 Réussite globale : SMD = +0,22 (IC 95 % : 0,01–0,44 ; p = 0,040).

Optimal ≥24 semaines, intensité modérée-élevée, intégré au temps scolaire ;

 Mathématiques : SMD = +0,11 (IC 95 % : 0,04–0,18 ; p = 0,001).

Meilleur >6 mois, modérée-élevée ;  Lecture/expression : Non significatif (dépend type/durée AP). Limites selon les auteurs : Hétérogénéité élevée (I² >70 % maths), puissance faible pour sous-groupes (lecture n=5), biais publication possible, pas d’ados lycéens.

II-2-2) Li etal.(2023)(9) : focus formats d’intervention Synthèse de 16 ERC (~2 000-2 500 enfants 6-14 ans, primaire majoritaire). Formats : AP seule (jeux/aérobie 20-30 min, 3-5x/ semaine), haute intensité (rare), ou AP + curriculum (mouvements intégrés : calculs sautés, conjugaisons en courant ; 20-30 min, 3-5x/semaine, 8-12 semaines). Contrôle : EPS standard ou enseignement assis.

Résultats : AP + curriculum excelle en maths [SMD = 0,75 (IC 95 % : 0,30–1,19) ; p < 0,001 ; GRADE B], > lecture/orthographe (SMD <0,5). Conversion théorique : avec σ=3 points/20, gain moyen ~2,25 points (ex. : 12/20 → 14,25/20 sur tests standardisés).

FOCUS

Limites selon les auteurs : Âge primaire dominant (généralisation collège prudente), durée courte (8-12 semaines), hétérogénéité (I² non rapporté), GRADE B (qualité moyenne RCTs) [prior context].

II-2-3) Enseignements des deux méta-analyses (GRADE B)

 Effet positif prouvé sur réussite globale/maths (17+16 RCTs, milliers d’élèves primaire/collège) ;

 Meilleur format : « leçons physiquement actives » 20-30 min, 3-5x/semaine, 2-6 mois.

Révolution testable en France : sauter en comptant, courir en résolvant…

III) LE RÔLE CLÉ DES FONCTIONS EXÉCUTIVES

Les fonctions exécutives regroupent plusieurs capacités essentielles aux apprentissages scolaires : inhibition (résister aux distractions, contrôler ses impulsions), mémoire de travail (retenir et manipuler des informations, par exemple une consigne en EPS ou une procédure en mathématiques), flexibilité mentale (changer de stratégie) et attention soutenue (rester concentré sur une tâche longue). Elles permettent à l’élève de rester focalisé, de filtrer les bruits de fond, de manipuler mentalement des données et d’ajuster son comportement en fonction des consignes.

Plusieurs méta-analyses montrent que l’activité physique améliore ces fonctions. Singh et al.(10) (26 ECR) rapportent des effets modérés sur l’attention (g≈0,45), la vitesse de traitement (g≈0,38), la flexibilité (g≈0,32) et la mémoire de travail (g≈0,29), se traduisant par un gain global de réussite scolaire (g≈0,22). Chez les enfants d’âge préscolaire, Veraksa etal.(11) trouvent des effets encore plus marqués sur l’inhibition (g≈0,68) et la mémoire (g≈0,52). Enfin, des travaux récents de Tao et al.(12) indiquent que des jeux « tactiques » ou très coordonnés sont plus bénéfiques pour l’inhibition et la flexibilité que des exercices simples et répétitifs.

Limites des auteurs des 3 études : Hétérogénéité (types AP), âges variés (préscolaire → collège), mesures FE subjectives (tests papier/crayon), GRADE non spécifié (risque surestimation). En pratique, ces fonctions permettent à l’élève de rester

concentré, de filtrer les distractions, de manipuler mentalement des informations (par exemple en mathématiques) et de changer de stratégie si nécessaire. L’activité physique, surtout lorsqu’elle sollicite la coordination, des règles de jeu changeantes et des décisions rapides, apparaît comme un entraînement naturel de ces fonctions exécutives. Celles-ci, à leur tour, soutiennent les apprentissages scolaires, en particulier dans les domaines fortement exigeants sur le plan cognitif comme les mathématiques et les langues(12)

IV) PREMIER CAS PARTICULIER : ACTIVITÉ PHYSIQUE ET RÉSULTATS

SCOLAIRES CHEZ LES ENFANTS EN MILIEU DÉFAVORISÉ EN FRANCE

IV-1) Données françaises :

Les jeunes issus de milieux défavorisés sont en moyenne moins actifs physiquement et plus sédentaires que ceux des milieux favorisés, comme le montrent plusieurs enquêtes nationales, dont Esteban 2014-2016(13). Avant la pandémie, une large majorité des 11-17 ans ne respectaient déjà pas les recommandations de l’OMS (60 min/jour d’activité modérée à vigoureuse), avec des inégalités sociales marquées au détriment des plus modestes. La sédentarité augmente avec l’âge, plus nettement chez les filles et dans les milieux défavorisés. Il n’existe pas, à ce jour, de grande cohorte française montrant directement que des programmes d’activité physique en milieu scolaire améliorent les résultats scolaires spécifiquement chez les élèves défavorisés, à un niveau de preuve comparable aux études nord-américaines ou néerlandaises.

IV-2) Données internationales

Chez les élèves de milieux défavorisés, l’impact de l’activité physique sur la réussite scolaire a été étudié dans plusieurs cohortes et programmes scolaires, avec des méthodologies solides, même en l’absence d’essais randomisés classiques.

IV-2-1) Étude de Bezold (New York)(14)

Une étude longitudinale observationnelle (2006-2007 à 2011-2012) a suivi 83 111 collégiens de grade 6-8 d’écoles publiques de New York, majoritairement en milieu défavorisé (51,4 % de filles). Les auteurs ont analysé, d’une année sur l’autre, le changement de condition physique aérobie (test navette 20 m PACER, converti en rang percentile 0-100 par sexe et âge) et son lien avec l’évolution du rang académique (percentile 0-100) au sein de la même école, basé sur des tests standardisés de mathématiques et de lecture.

L’issue principale était le changement annuel de rang académique.

Résultats globaux :

 Chez les filles, une augmentation substantielle de la condition physique (>20 points de percentile) est associée à un gain moyen de 0,36 point de percentile académique par rapport au groupe de référence (IC 95 % 0,09–0,63) ;

 Chez les garçons, cette amélioration est associée à un gain de 0,38 point (IC 95 % 0,09–0,66) ;

 Une baisse substantielle de la condition physique est associée à une diminution significative du rang académique chez les deux sexes, d’ampleur comparable en valeur absolue. Effets selon pauvreté et sexe :

 Chez les garçons issus de milieux fortement défavorisés, une amélioration importante de la condition physique est associée à un gain supplémentaire de 0,65 point de percentile par an par rapport au groupe de référence (IC 95 % 0,27–1,03), soit environ 1,3 point de percentile cumulé sur l’ensemble du collège par rapport aux élèves dont la condition physique reste stable. Cet effet n’est pas retrouvé chez les garçons des milieux moins défavorisés ;

Chez les filles de milieux défavorisés, une amélioration significative de la condition physique est associée à un gain de 0,47 point de percentile par an (IC 95 % 0,10–0,84) ;

 À l’inverse, une baisse marquée de la condition physique est associée à une diminution ultérieure du rang scolaire chez les garçons comme chez les filles de milieux défavorisés, avec un effet plus important chez les garçons (bêta ajusté = −0,81 ; IC 95 % [−1,21 ; −0,41]) que chez les filles (bêta ajusté = −0,53 ; IC 95 % [−0,91 ; −0,16]).

IV-2-2) Étude de de Greeff (Pays-Bas)(15)

Une autre étude longitudinale sur 2 ans a porté sur 544 enfants néerlandais (âge moyen 8,0 ± 0,7 ans), dont 130 issus de milieux défavorisés (statut socio-économique bas). Les auteurs ont examiné le rôle de l’endurance cardio-respiratoire sur les performances scolaires, en comparant enfants défavorisés et non défavorisés. L’activité physique a été appréhendée par un ensemble de tests de fitness : endurance (test navette 20 m), force musculaire (sauts, tests de force des membres) et vitesse/ agilité (courses de sprint aller-retour). Les résultats scolaires reposaient sur des scores bruts à des tests nationaux de mathématiques, d’orthographe et de lecture.

Principaux résultats :

 Les enfants socialement défavorisés présentent en moyenne une condition physique plus faible et des scores académiques plus bas que les non-défavorisés ;

Dans le groupe défavorisé, une meilleure endurance cardiorespiratoire est significativement associée à de meilleurs scores de mathématiques et de langage (orthographe), même après ajustement pour l’âge, le sexe, l’IMC et d’autres facteurs ;

 L’association entre condition physique et performance scolaire existe aussi chez les non-défavorisés, mais les auteurs

FOCUS

BIBLIOGRAPHIE

soulignent que les gains potentiels sont particulièrement importants pour les enfants défavorisés, qui partent d’un niveau scolaire plus bas.

IV-2.3) Convergence des bénéfices des deux études

Les deux études sont observationnelles et longitudinales, mais dans des contextes et des tranches d’âge différents. Bezold étudie des collégiens new-yorkais (11–14 ans), avec un suivi annuel et un focus sur la variation du rang scolaire en fonction des changements de fitness aérobie (PACER). De Greeff s’intéresse à des enfants de primaire néerlandais (7–9 ans), avec deux temps de mesure, en analysant finement le statut social défavorisé et un score composite de condition physique.

En termes d’inégalités sociales :

Chez Bezold, une augmentation importante du percentile PACER (>20 points) est associée à un gain de rang académique modeste mais significatif (≈ +0,36 à +0,38 point) chez les garçons et les filles, avec un effet plus marqué en cas de forte pauvreté qu’en cas de faible pauvreté ;

1-https://www.education.gouv.fr/30­minutes­d­activite­physiquequotidienne­dans­toutes­les­ecoles­344379

2-Guthold, R., Stevens, G. A., Riley, L. M., & Bull, F. C. (2020). Global trends in insufficient physical activity among adolescents: A pooled analysis of 298 population­based surveys with 1.6 million participants. The Lancet Child & Adolescent Health, 4(1), 23­35. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31761562/

3-Tremblay, M. S., et al . (2011). Systematic review of sedentary behaviour and health indicators in school-aged children and youth. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity , 8(98). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21936895/

4-Wilhite, K., et al . (2023). Associations of combinations of physical activity, sedentary behaviour, and sleep duration with physical, psychological, and educational outcomes in children and adolescents: A systematic review. American Journal of Epidemiology https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36516992/

5- https://www.reseau canope.fr/fileadmin/user_upload/Projets/conseil_ scientifique_education_nationale/Note_CSEN_2022_06.pdf

6- Bouger pour mieux apprendre : Comment lutter contre la sédentarité à l’école

7- Muntaner-Mas, A., Morales, J. S., Martínez-de-Quel, Ó., Lubans, D. R., & García­Hermoso, A. (2023). Acute effect of physical activity on academic outcomes in school-aged youth: A systematic review and multivariate meta-analysis. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports , 34(1), e14479. https:/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37632197/

8- He Y, Yang X, Sun Y, Wang Z, Zhang T, Zhu W. Effects of schoolbased physical activity on academic achievement in children and adolescents: a systematic review and meta-analysis. Front Public Health . 2025;13:1651883. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41036117/

9- Li D, Wang D, Zou J, Li C, Qian H, Yan J, He Y. Effect of physical activity interventions on children’s academic performance: a systematic review and meta-analysis. European Journal of Pediatrics 2023;182(10):4515­4526. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37227500/

 Chez de Greeff, les enfants défavorisés cumulent une moins bonne forme physique et de moins bons résultats scolaires, mais, au sein de ce groupe, ceux qui présentent une meilleure condition cardio-respiratoire obtiennent des scores sensiblement supérieurs en mathématiques et en langage. Pour un public plus large, on peut dire que dans ces deux études « les enfants de milieux modestes qui améliorent leur endurance et leur condition physique finissent, en moyenne, un peu mieux placés dans la classe ou aux tests (maths et langage) que leurs camarades du même milieu qui restent peu actifs ». L’effet individuel reste modeste, mais il est régulier et statistiquement significatif.

En synthèse, ces travaux peuvent être considérés comme robustes : ils reposent sur le suivi de larges cohortes d’enfants sur plusieurs années, avec des mesures objectives, et mettent en évidence, dans deux pays différents, une tendance convergente. Les enfants de milieux défavorisés qui améliorent leur condition physique tendent à réduire légèrement l’écart de performance scolaire avec leurs pairs, tandis qu’une détério-

10- Singh AS, Saliasi E, van den Berg V, et al Effects of physical activity interventions on cognitive and academic performance in children and adolescents: A meta-analysis. J Sports Sci 2020;39(3):373­ 387. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30061304/

11- Veraksa A, Gavrilova M, Gavrilova Y, et al. Physical activity interventions and executive functions in preschool children: A systematic review and meta-analysis. Front Psychol . 2022;13:1031180. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34408696/

12- Tao Y, et al. Long term effects of physical activity types on executive functions in school children. Sci Rep. 2025;15:16543. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40830545/

13- Étude ESTEBAN : Les résultats de l’étude ESTEBAN 2014­2015

14- Bezold CP, et al The effects of changes in physical fitness on academic performance among New York City public school students. J Sch Health. 2014;84(12):774­781. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25088395/ 15- de Greeff JW, et al Physical fitness and academic performance in socially disadvantaged children: a longitudinal study . J Sports Sci. 2014;32(17):1566­1573. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25092881/

16- Gutstadt LB, et al Determinants of school performance in children with chronic asthma. Am J Dis Child. 1989;143(4):471­475. doi:10.1001/ archpedi.1989.02150160059025

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/2929529/

17- Bhagat D, et al . Asthma Symptoms, Interactive Physical Play, and Socio-emotional and Academic Outcomes in Children with Asthma. Acad Pediatr. 2019;19(3):281­287.[ Asthma Symptoms, Interactive Physical Play, and Socio-emotional and Academic Outcomes in Urban Children with Persistent Asthma - PMC

18- Lundholm C, et al Asthma and subsequent school performance at age 15-16 years: A Swedish population-based sibling control study. Sci Rep. 2020;10(1):7000. doi:10.1038/s41598­020­64633­w[promotionsante­ara] https://www.nature.com/articles/s41598­020­64633­w.pdf

ration de la condition physique est associée à un creusement de cet écart. Ces résultats restent toutefois issus d’études observationnelles et ne permettent pas d’établir un lien de causalité directe : l’activité physique ne constitue pas une solution miracle, mais elle représente un levier éducatif réaliste. Dans les milieux défavorisés, soutenir des programmes réguliers qui améliorent la condition aérobie apparaît comme un moyen crédible d’obtenir quelques points de réussite scolaire supplémentaires chez les enfants qui en ont le plus besoin.

V) DEUXIÈME CAS PARTICULIER : ACTIVITÉ PHYSIQUE ET RÉSULTATS

SCOLAIRES CHEZ LES ENFANTS

ET ADOLESCENTS ASTHMATIQUES

V-1 Impact précoce de l’asthme et de ses traitements

En 1989, Gutstadt et al (16) ont étudié 99 enfants asthmatiques d’environ 9 ans, avec un QI moyen de 108, supérieur à celui de la population générale. Les contre-performances scolaires étaient surtout liées à la corticothérapie orale cumulée (baisse d’environ 0,35 écart-type par mois de traitement) et au contexte socioéconomique défavorisé, plutôt qu’à l’asthme lui-même.

V-2 Rôle des jeux physiques interactifs

Bhagat etal. (2019)(17), trente ans plus tard, ont suivi 324 enfants urbains de 4 à 10 ans avec asthme persistant, via des questionnaires parentaux évaluant gravité de l’asthme, participation à des jeux physiques interactifs (JPI) et performance scolaire/ socio-émotionnelle. Les analyses multivariées montrent que les enfants avec asthme modéré ou sévère participent moins aux JPI (éducation physique, course en récréation, sports d’équipe), mais que ceux qui jouent ≥ 3 fois/semaine obtiennent plus souvent un niveau « au niveau ou au-dessus » en lecture (73 % vs 58 %, p = 0,008) et en mathématiques (80 % vs 68 %, p = 0,019), ainsi qu’un moindre recours à l’aide scolaire spécialisée (25 % contre 35 %, p = 0,067 ; p = 0,043 après ajustement). Ils affichaient également de meilleurs scores socio-émotionnels (3,34 vs 3,15, p = 0,005), une orientation à la tâche supérieure (2,73 vs 2,44, p < 0,001) et moins de timidité/anxiété (2,29 vs 2,45, p = 0,025).

La gravité de l’asthme pèse moins sur les résultats scolaires que la participation active, même si l’étude reste limitée par l’auto-déclaration parentale, une population à faible revenu et l’absence de groupe sans asthme.

V-3) Asthmatiques vs non-asthmatiques : données nationales

Dans une cohorte suédoise d’environ 570 000 adolescents (15-16 ans), Lundholm etal.(18) comparent les résultats scolaires (somme des 16 meilleures notes, éligibilité au lycée, tests nationaux) entre asthmatiques et non-asthmatiques, après ajustement social et familial. Globalement, les adolescents asthmatiques présentent des résultats équivalents, voire

légèrement supérieurs, à ceux de leurs pairs, la seule baisse nette concernant les cas d’asthme mal contrôlé en fin de 3e, avec une légère diminution du score total et une hausse du risque de non-éligibilité au lycée.

Synthèse : impact de l’activité physique sur la réussite scolaire des jeunes asthmatiques

Dans l’ensemble, ces travaux suggèrent que, chez l’enfant ou l’adolescent asthmatique, l’activité physique bien conduite agit à la fois indirectement, en réduisant les symptômes, l’absentéisme et la corticothérapie (stabilisant ainsi la présence en classe), et directement, en améliorant les performances scolaires et le bien-être socio-émotionnel via des JPI réguliers. Les difficultés surviennent surtout en cas d’asthme mal contrôlé et de sédentarité, ce qui plaide pour ne pas « surprotéger » ces élèves, mais au contraire promouvoir une activité adaptée dès que le contrôle de la maladie est optimal, notamment dans les milieux défavorisés.

VI) CONCLUSION

L’activité physique favorise bel et bien la réussite scolaire, une réalité scientifique solidement étayée par des décennies de recherches rigoureuses.

La méta-analyse de Muntaner-Mas et al. (2024) sur 11 RCTs (803 enfants âgés de 6-16 ans) démontre qu’une séance aiguë d’activité physique améliore les performances académiques globales (Hedges’ g = 0,35 ; IC 95 % : 0,20-0,50), notamment en mathématiques (g = 0,29 ; IC 95 % : 0,16-0,42) et en langage (g = 0,28 ; IC 95 % : 0,09-0,47). Pour les interventions régulières, celle de He et al. (2025) sur 17 RCTs confirme un effet global modeste mais significatif (SMD = 0,22 ; IC 95 % : 0,01-0,44 ; p = 0,040), particulièrement en mathématiques (SMD = 0,11 ; IC 95 % : 0,04-0,18 ; p = 0,001), amplifié par des programmes d’au moins 24 semaines à intensité modérée.

Ces bénéfices reposent sur des mécanismes cognitifs, notamment le renforcement des fonctions exécutives par l’exercice régulier (Singh etal.; Veraksa etal. ; Tao etal.). Ils sont particulièrement prononcés chez les enfants vulnérables : les méta-analyses globales indiquent des gains relatifs accrus en milieux défavorisés, tandis que l’étude de Bhagat (2019) chez les enfants asthmatiques bien contrôlés montre qu’une participation ≥ 3 fois/semaine à des jeux physiques interactifs élève les performances en lecture (73 % vs 58 % au niveau ou au-dessus de la classe ; p = 0,008) et en mathématiques (80 % vs 68 % ; p = 0,019). Ainsi, l’activité physique agit comme un « égalisateur social partiel », atténuant les inégalités scolaires tout en favorisant la participation scolaire.

Les recommandations françaises pour les écoles primaires (« 30 minutes d’activité physique quotidienne »), en complément des 3 h hebdomadaires d’EPS obligatoires s’alignent parfaitement sur ces évidences, mais leur mise en œuvre systématique dans les établissements scolaires reste perfectible. Il serait pertinent d’expérimenter davantage de formats d’intervention innovants et rigoureusement évalués pour optimiser les retombées populationnelles. ✱

NEWSdu doc

UNE DRAISIENNE POUR APPRENDRE

La marque Origine Cycles®, reconnue pour ses vélos haut de gamme et faits sur mesure, franchit une nouvelle étape en s’adressant aux « mini-pilotes ». Avec sa draisienne 12 pouces, elle transpose son expertise adulte à l’univers des tout-petits, avec ambition : allier légèreté, sécurité, qualité de finition et durabilité. Contrairement à certains modèles « jouet », cette draisienne est pensée comme un véritable vélo d’apprentissage. Prix : 160 €

UN LIVRE SUR L’ÉPANOUISSEMENT DU JEUNE SPORTIF

Dans un monde sportif dominé par la recherche du résultat et la mise en avant des seuls champions, Antoine Rigaudeau propose une autre voie. Avec Mes 7 marchespour l’épanouissementetlaréussitedujeunesportifaux éditions Amphora, le vice-champion olympique de basket-ball livre un ouvrage de transmission, destiné à accompagner les jeunes sportifs bien au-delà de la performance immédiate. Préfacé par Marie-José Pérec, le livre s’inscrit dans une démarche profondément humaine.

Prix : 17,50 €

PARENTALITÉ ET SPORT : UN DUO GAGNANT DÈS

LE PLUS JEUNE ÂGE

La Fédération Française Sports pour Tous encourage les parents à initier leurs enfants à l’activité physique dès le plus jeune âge, à travers des moments de plaisir et de partage. Un levier simple mais puissant pour favoriser l’épanouissement familial. À travers ses clubs situés partout en France, la Fédération propose des séances conçues pour chaque tranche d’âge, avec une attention particulière portée à la diversité des pratiques et à l’accessibilité financière. Pour en savoir plus : www.sportspourtous.org

DES TABLES

DE PING-PONG

EN LIBRE SERVICE

POUR TOUS

Depuis son lancement en 2022, l’opération « 1 école – 1 table » a permis d’installer plus de 700 tables dans les cours d’école et de faire découvrir la pratique du pingpong à 135 000 enfants partout en France. La FFTT, devenue en juillet 2025 la première fédération olympique à mission en France, confirme avec ce programme son engagement en faveur de la jeunesse et de la santé publique. L’opération contribue à lutter contre la sédentarité et à éloigner les enfants des écrans en favorisant la pratique d’une activité physique accessible, ludique et éducative.

REPENSER L’ÉTHIQUE SPORTIVE

Avec Éthiqueetgymnastique aux éditions Les 3 Colonnes, Thierry Gauvin signe un ouvrage de fond qui interroge en profondeur les pratiques éducatives dans le monde sportif, et plus particulièrement dans celui de la gymnastique. Face aux dérives qui ont entaché l’image de cette discipline – maltraitances physiques, violences psychologiques, pression à la performance – l’auteur propose une réflexion structurée, nourrie par plus de trente ans d’expérience sur le terrain, au sein de la Fédération Française de Gymnastique.

Prix papier : 22,00 €

Prix numérique : 12,99 €

? ENVIE DE SUCRE C’EST À CAUSE

DE SAPIENS !

Enzo a 15 ans. Il fait du foot 4 fois par semaine, 3 entraînements et un match. Il est accompagné de son papa. Il vient me voir pour son certificat médical d’aptitude. Il est un peu rondouillard. Alors que je lui mentionne gentiment qu’il serait plus rapide sur le terrain s’il était plus mince, son papa intervient.

PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT, NUTRITIONNISTE DU SPORT, RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT

Papa : Ah oui, docteur, il n’arrête pas de manger des sucreries… il adore tous les bonbons, il les achète avec son argent de poche et les cache dans sa chambre ! Son péché mignon, les fraises TAGADA®…

Le Doc : Ah Enzo ! Je vais t’expliquer ! Les bonbons contiennent des sucres tout simples, appelés aussi « rapides ». Ils passent très vite dans le sang. Tes muscles n’arrivent pas à en absorber autant. Au lieu de remplir tes réserves de « glycogène », l’énergie utilisable pour le sport intense comme le foot, l’excès est stocké sous forme de graisse. Pour les gourmands, je propose une astuce plaisir. Tu peux prendre 3 à 4 bonbons juste après la séance. Au cours de l’effort, tes masses musculaires ont vidé leurs stocks de sucre, le fameux « glycogène ». À l’issue, elles sont particulièrement demandeuses. Elles augmentent leur capacité d’absorption. Au lieu de faire de la graisse sur le ventre, le sucre entre dans les muscles et servira pour l’entraînement suivant ! On parle de « fenêtre métabolique » . Même si l’urgence de l’ingestion de sucre est désormais remise en question, le phénomène biologique subsiste…

Enzo : Pourtant, si j’ai souvent envie de grignoter des friandises, c’est que mon corps les réclame !

Papa : Pfft ! Enzo, arrête un peu !

Le Doc : Hey ! La remarque n’est pas dépourvue de bon sens ! La médecine évolutionniste peut nous apporter une explication pertinente ! De notre appétence pour le sucre dépend la survie de nos ancêtres depuis des millions d’années. En effet, sapiens devait profiter de la courte saison des fruits pour se gaver et faire des réserves de graisse pour le reste de l’année. La principale matière première à l’origine de ce stockage n’est autre que le fructose. Ce sucre simple avait autrefois bonne réputation. Son étymologie évoquant les fruits était rassurante. De surcroît, on constatait qu’il élevait très lentement le taux de glucose dans le sang, évitant ainsi la saturation du système de stockage musculaire, réduisant d’autant sa transformation en graisse. Sa vitesse de passage, son index glycémique, est de 20 alors que celui de son frère, le glucose, est de 100. Malheureusement, les recherches récentes ont démontré l’inverse ! En fait, dès qu’il arrive dans le foie, il est métabolisé sous forme de graisse… et non pas en glucose !

MÊME LES FRUITS ONT ÉTÉ SÉLECTIONNÉS PAR L’AGRICULTURE POUR ÊTRE BIEN PLUS APPÉTENTS.

À LA BELLE SAISON, SAPIENS DEVAIT MANGER BEAUCOUP DE FRUITS SUCRÉS POUR FAIRE DES RÉSERVES DE GRAISSE

Une vraie cohérence évolutionniste afin que la saison des fruits permette à sapiens de faire des réserves adipeuses pour l’hiver. Pire encore, on constate que le sucre appelle le sucre. L’apport en produits sucrés n’est pas satiétogène… ne coupe pas l’appétit mais au contraire entretient l’envie ! Il fallait vraiment que sapiens puisse se goinfrer ! Il n’en est pas de même pour les graisses qui coupent rapidement l’appétit ! Le sucre de table, et celui de la majorité des confiseries, est le saccharose. Ce dernier contient deux anneaux : un glucose et un fructose. Il provoque un stockage de graisse massif. Dans tout le corps avec le premier, dans le foie initialement pour le second !

Papa : … Intéressant ! Est-ce que c’est la même chose pour le sel ?

Le Doc : Oui ! Bien sûr ! Le sucre et le sel constituent d’ailleurs deux des quatre saveurs perçues par la langue. Les autres sont l’acide et l’amer pour détecter respectivement les fruits pas assez mûrs et ceux qui sont pourris. Notre goût effréné pour le sel répond aussi à un besoin vital pour notre espèce. En effet, il y a 380 millions d’années, la vie a quitté les océans. Pour préserver un climat biologique voisin, elle a pris soin de rester recouverte d’un manteau marin ! C’est notre milieu extracellulaire ! Nos cellules baignent dans l’eau salée et il faut impérativement manger du sel pour préserver ce cocon vital ! Non loin des côtes, sapiens s’efforçait de manger des crustacés et des poissons. À l’intérieur des terres, la tâche était plus ardue et l’envie de sel était indispensable à sa survie.

COMME POUR LE SUCRE, L’APPÉTENCE

POUR LE SEL EST VITALE !

Le régime très carnivore permettait de récupérer le sel des animaux, notamment en buvant leur sang. L’homme préhistorique chassait et cueillait beaucoup dans des zones où affleurait le sel gemme dans d’anciens bassins maritimes. Les plantes y contenaient plus de sel et la viande des herbivores également. Depuis des millions d’années, nous sommes formatés pour rechercher le goût du sel !

Papa : Ah oui ! Et maintenant, tous ces aliments nous sont proposés à profusion !

Le Doc : Eh oui ! Tout se passe comme si l’agroalimentaire profitait de nos pulsions ancestrales. Il nous propose des

denrées très sucrées ou très salées ! Et Enzo nous dit à juste titre que son corps le lui réclame ! Sauf que dans les rayons de la grande distribution, c’est une abondante saison des fruits toute l’année… et ces derniers sont le plus souvent remplacés par des sucreries, des bonbons, des sodas ! Même les jus de fruits constituent des bombes glucidiques. Sapiens ne disposait pas de pressoir, il était dans l’obligation de mastiquer, voire d’éplucher longuement des fruits moins sucrés !

AU SUPERMARCHÉ, C’EST LA SAISON DES FRUITS TOUTE L’ANNÉE !

Même les fruits ont été sélectionnés par l’agriculture pour être bien plus appétents. Il est d’usage de dire que les fruits les plus sucrés du paléolithique contenaient autant de sucre qu’une carotte actuelle ! En raison de notre appétence naturelle pour le sucre et le sel, ces aliments sont discrètement ajoutés à des plats préparés dits « ultratransformés » alors qu’ils sont absents de la recette traditionnelle.

Enzo : Puisque je suis une victime des temps moderne et des hypermarchés, que dois-je faire ?

Le Doc : Enzo, les études montrent que le goût pour le sucre constitue une véritable addiction. Les rats qui ont le choix prennent plus de glucose que de cocaïne. Voilà qui signifie que tu en voudras de plus en plus… et que la privation sera douloureuse ! Heureusement, contrairement à la drogue, le syndrome de manque est moins violent et plus court. En 7 à 10 jours sans produits sucrés, tes  envies pour les friandises vont vraiment se réduire ! En un mois, ton cerveau sera reprogrammé et même tes associations comportementales du genre « télé sucreries » auront disparu  !… Monsieur le papa ��, pendant cette période, Enzo sera un peu nerveux et irritable. Il faudra être un peu indulgent… Enzo, tu n’en profites pas pour régler tes comptes !

VARIER LES PLAISIRS APAISANTS POUR REMPLACER LE SUCRE

Tu peux initialement les échanger contre un moment agréable et maîtrisé : 5 minutes de scrolling Instagram… ou mieux, un ou deux carrés de chocolat très noir… et mieux encore, un peu de ballon dans le jardin ! Ensuite, je t’invite à contrôler ton ingestion de friandises ! Tu arrêtes pour la vie entière les sodas… tu prends un jus de fruits délicieux après le sport. Tu savoures un dessert sucré à la fin d’un repas équilibré riche en crudités ou en légumes. Sinon, tu prends un fruit… le bonbon de sapiens !  ✱

LES BIENFAITS DE L’ESCALADE

PAR HÉLÈNE LE ROUGE, CONSEILLÈRE TECHNIQUE NATIONALE

MSJVA MANAGER

Longtemps perçue comme une discipline réservée aux plus téméraires, l’escalade s’impose aujourd’hui comme un sport accessible à tous et particulièrement bénéfique pour les jeunes. Pratiquée en salle ou en milieu naturel, elle mobilise l’ensemble du corps et de l’esprit pour atteindre un objectif simple mais stimulant : progresser, prise après prise, jusqu’au sommet. Dès 3 ou 4 ans, les enfants peuvent découvrir cette activité de manière ludique, développer leur motricité et gagner en confiance, avant d’évoluer vers des séances plus techniques en grandissant. À la croisée du jeu, du défi et du bienêtre, l’escalade apparaît ainsi comme un formidable outil de prévention santé pour la jeunesse — une activité complète qui fait grandir le corps autant que l’esprit.

ESCALADE CHEZ LES JEUNES

GRIMPER VERS LE BIEN-ÊTRE :

L'ESCALADE, UN BOOSTER MENTAL ET ÉMOTIONNEL

POUR LES JEUNES !

L’escalade est bien plus qu’un simple sport physique. Elle offre également une multitude de bénéfices mentaux et émotionnels pour les jeunes.

RENFORCEMENT DE LA CONFIANCE EN SOI

 Développement d’une estime de soi positive

L’escalade permet aux jeunes de se fixer des objectifs et de les atteindre. Chaque réussite, même minime, contribue à renforcer leur estime de soi. En grimpant, les jeunes découvrent leurs capacités et leurs limites :;

 Surmonter les peurs et les obstacles

L’escalade est une excellente occasion pour les jeunes de faire face à leurs peurs. Que ce soit la peur de la hauteur ou l’appréhension de chuter, chaque défi surmonté augmente leur confiance en eux ;

 Évolution progressive des compétences

Les jeunes commencent souvent avec des voies simples et progressent vers des parcours plus difficiles. Cette progression graduelle leur permet de voir concrètement leurs améliorations, ce qui renforce leur sentiment de compétence.

AMÉLIORATION DE LA CONCENTRATION ET DE LA PATIENCE

 Développement de la capacité à rester concentré

L’escalade exige une concentration intense. Les jeunes doivent rester attentifs à chaque mouvement et à chaque prise. Cette concentration se transfère ensuite dans d’autres aspects de leur vie, comme les études ;

 Apprentissage de la patience

Grimper nécessite de la patience. Les jeunes doivent souvent répéter des mouvements et des techniques pour réussir. Cette patience acquise est précieuse dans leur développement personnel;

 Résolution de problèmes en temps réel

Lorsqu’ils escaladent, les jeunes sont constamment confrontés à des situations où ils doivent résoudre des problèmes. Cette capacité à trouver des solutions rapidement et efficacement est un atout majeur.

GESTION DU STRESS ET DES ÉMOTIONS

 Réduction du stress par l’activité physique

L’escalade est une excellente manière de réduire le stress.

L’activité physique libère des endorphines, ce qui aide les jeunes à se sentir mieux et à gérer le stress de manière positive ;

 Contrôle des émotions en hauteur

Être en hauteur peut provoquer diverses émotions. Les jeunes apprennent à contrôler leur peur et leur anxiété, ce qui leur donne des outils pour gérer leurs émotions dans d’autres situations de la vie ;

 Création d’un sentiment de calme

La concentration nécessaire à l’escalade aide les jeunes à oublier leurs soucis et à se concentrer sur le moment présent. Cela crée un sentiment de calme et de bien-être.

DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES SOCIALES

 Travail en équipe et communication

L’escalade est souvent pratiquée en binôme. Les jeunes doivent communiquer efficacement avec leur partenaire pour assurer leur sécurité. Ce travail en équipe renforce leurs compétences sociales ;

 Confiance mutuelle

Pour réussir en escalade, les jeunes doivent faire confiance à leur partenaire. Cette confiance mutuelle est essentielle et renforce les liens entre les participants ;

 Encouragement et soutien

L’escalade est une activité où l’encouragement joue un rôle clé. Les jeunes apprennent à soutenir et à motiver leurs pairs, ce qui renforce leur esprit d’équipe et leur empathie.

RÉSILIENCE ET PERSÉVÉRANCE

 Apprentissage de la résilience

Les jeunes apprennent que l’échec fait partie du processus de réussite. Chaque chute est une opportunité d’apprendre et de s’améliorer. Cette résilience est cruciale pour leur développement ;

 Développement de la persévérance

L’escalade enseigne aux jeunes à ne pas abandonner face à la difficulté. Ils apprennent à persévérer, à essayer encore et encore jusqu’à ce qu’ils réussissent ;

 Motivation intrinsèque

La satisfaction de réussir une voie difficile motive les jeunes à se dépasser. Cette motivation intrinsèque constitue un puissant moteur pour leur progression.

STIMULATION COGNITIVE

 Développement de l’analyse et de la planification

L’escalade nécessite une analyse constante de la situation. Les jeunes doivent planifier leurs mouvements et anticiper les prochaines étapes. Cela stimule leur capacité de réflexion ;

 Coordination et synchronisation

L’escalade améliore la coordination et la synchronisation des mouvements. Les jeunes doivent coordonner leurs mains et leurs pieds pour grimper efficacement ;

 Adaptabilité et flexibilité

Les voies d’escalade changent constamment. Les jeunes apprennent à s’adapter à de nouvelles situations et à être flexibles dans leurs approches.

BOOSTEZ LA CONFIANCE DE VOS JEUNES GRIMPEURS

L’escalade est une activité enrichissante pour les jeunes. Elle ne se contente pas de les garder en forme physiquement, mais contribue également à leur développement mental et émotionnel. En renforçant leur confiance en eux, en améliorant leur concentration et en les aidant à gérer leur stress, l’escalade prépare les jeunes à affronter les défis de la vie avec résilience et détermination.

SANTÉ ET JEUNES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU

La santé des jeunes sportifs de haut niveau est très prise en compte, notamment par le suivi longitudinal individuel (médecin fédéral, staff médical des pôles et des équipes de France).

 Santé physique avec de la préparation physique générale et spécifique ;

 Santé mentale avec l’intervention de préparateurs mentaux et de psychologues. ➔

AXES PRINCIPAUX DU PLAN DE DÉVELOPPEMENT DE LA FFME EN MATIÈRE DE SANTÉ

Dans une pratique sport-santé, les principaux objectifs sont :

 Éviter l'apparition rapide de maladies cardio-vasculaires ;

 Éviter le poids excessif et la fonte musculaire ;

 Se réconcilier avec l'effort physique ;

 Éviter l'affaiblissement du squelette et le mal de dos.

Afin de répondre à ces objectifs Santé en liaison avec le public Jeunes, la FFME met en place un plan d’actions spécifique qui se décline en différents axes :

INFORMER/SENSIBILISER

 Interventions du Médecin Fédéral de la FFME dans les conférences sur les bienfaits de l’escalade pour la santé des Jeunes ;

 Interventions dans les Pôles France de la FFME pour la santé mentale des SHN ;

 Mémento Escalade ;

 RDV FFME Escalade-Santé ;

 Fiches Techniques Escalade-Santé.

FORMER LES ENCADRANTS A L’ENCADREMENT DE CYCLES SPORT SANTE

 Mise en place du CS Escalade-Santé :

Le CS Escalade-Santé a pour objectif d’une part, de former des cadres aptes à dispenser une activité physique adaptée à des personnes éloignées de l’activité physique et sportive, dans le cadre d’une pratique « sport-santé » ; et d’autre part, conformément à l’article D. 1172-2 du Code de la santé publique, de former des cadres aptes à dispenser une activité physique adaptée prescrite par le médecin traitant à ses patients atteints d’une affection de longue durée (ALD), dont spécifiquement à des patientes après cancer du sein. Il est associé au Brevet Fédéral d’Initiateur d’Escalade sur Structure Artificielle.

ADHÉRER À DES PROGRAMMES

 Collaboration avec le CPSF dans le cadre de la mise en place du programme ESMS&CLUBS pour permettre le déploiement de cycles d’escalade à destination des jeunes en établissements spécialisés ;

 Signature d’une convention avec l’Association PREMIERS DE CORDÉE

La FFME s'est engagée récemment dans le cadre de son plan d'actions sport-santé/sport-handicap par la signature d'une convention de partenariat avec Premiers de Cordée pour soutenir l'accompagnement de différents événements au niveau national dont ces Journées Évasion qui se sont tenues en 2024-2025 sur quatre sites : le Stade de France (Saint-Denis), le Stade Marie-Marvingt (Le Mans), le Matmut Atlantique (Bordeaux) et l'Allianz Riviera (Nice).

Une occasion pour permettre la découverte de la para-escalade à destination des enfants malades et en situation de handicap ;

 Signature d’un contrat de Partenariat avec MBS INDUSTRY, matériel électrique facilitant la grimpe pour les personnes en difficulté.

ACTIONS RÉALISÉES

AU NIVEAU NATIONAL ET TERRITORIAL

 Les « 2 heures de plus de sport au collège » ;

 Le Pass'Sport ,

 Les journées Évasions premiers de cordée ;

 Le sport à l’hôpital (CHU de Grenoble/ligue AURA).

QUELLES ACTIONS POUR PRÉVENIR LE DÉCROCHAGE CHEZ LES JEUNES SPORTIFS ?

Actions ponctuelles pour l’instant « FFME et reconversion professionnelle » :

 Clubs dans les quartiers ZUS et ZRR ;

 Pass'Sport : mobilisation des clubs pour qu’ils s’engagent ;

 Remobilisation pro : par exemple au BOURGET ouverture d’un club sur le lieu des JO, formation des jeunes du quartier pour encadrer le club.

COMMENT FORMER

LES ENCADRANTS FFME AFIN D’ACCOMPAGNER LE DÉVELOPPEMENT PHYSIQUE ET MENTAL DES JEUNES ?

 Le certificat de spécialisation « SANTÉ »

 Le certificat de spécialisation BABY /KID GRIMPE https://www.youtube.com/watch?v=c1_ dK0omXHA&t=45s

Le mémento de l’éducateur ESCALADE (avec un livret Santé et Altitude)

COMMENT TRANSMETTRE LES VALEURS ÉDUCATIVES DU SPORT ?

L'équité, le travail d'équipe, l'égalité, la discipline, l'inclusion, la persévérance et le respect, contribuant ainsi au développement des compétences personnelles nécessaires pour une citoyenneté responsable :

 Charte d’éthique et de déontologie ;

 Escalade à l’école et au collège

• Pour prendre de la hauteur et tester mon courage,

• Pour ressentir le plaisir qu'a le corps à grimper, à se délier pour attraper une à une les prises,

• Pour son côté jeu de stratégie où il faut sans cesse deviner le bon enchaînement à réaliser tout en gérant sa sécurité,

• Pour les valeurs véhiculées par l'escalade telles que l'engagement, l’humilité, la responsabilisation, la solidarité, le respect d’autrui et de son environnement,

• Pour le contact privilégié qu’elle permet avec la nature et les grands espaces,

• Pour son accessibilité et la mixité qu'elle favorise ;

 Dans les formations (pédagogie).

POINTS SUPPLÉMENTAIRES

 L’accompagnement territorial avec les maisons de santé, par exemple, le club d’AVRILLÉ, la ligue des Pays de la Loire ;

 HANDICAP jeunes en IME… ✱

LÀOÙ COMMENCE L’AVENTURE

LA LICENCE

Je rejoins la grande communauté FFME et ses

125.000 membres

Je reçois les infos et bons plans grâce à la newsletter Licenciés

Je progresse et je me forme dans un cadre sécuritaire et bienveillant

Je participe à certaines des organisées chaque année

J’accède à des prix avantageux sur les évènements de la fédération

Je bénéficie de réductions exclusives sur la boutique

Je suis couvert en France et même à l’étranger par une super

compétitions assurance individuelle

PSYCHOLOGIE

DOCTEUR PHILIPPE

GODIN :

« LE JEUNE SPORTIF DOIT CONSERVER LA NOTION DE PLAISIR »

Médecin du sport reconnu et engagé de longue date auprès des jeunes sportifs, le docteur Philippe Godin met son expertise au service de la santé et de la performance sans jamais perdre de vue l’essentiel : le bien-être et l’épanouissement des adolescents. Ancien gymnaste, entraîneur, grand sportif dans d’autres disciplines, le docteur Godin est également professeur à l’UCLouvain. Il a fondé un service de consultations pour le milieu sportif en 1988 et créé un certificat en psychologie de la performance sportive. Entre prévention des blessures, accompagnement de la croissance et conseils pour une pratique sportive équilibrée, il partage sa vision d’une médecine du sport adaptée aux jeunes. Un éclairage précieux pour mieux comprendre comment concilier passion du sport et santé durable.

Docteur Philippe Godin, docteur en éducation physique et psychologue spécialisé dans le sport.

Comment définiriez-vous l’équilibre psychologique dans la performance pour un jeune sportif en formation ?

Tout commence par le rôle essentiel de l’adulte : parent, entraîneur, accompagnant. Ce dernier doit établir un cadre et doit être formé correctement sur le sujet afin de ne pas aller dans l’excès. On bascule vite dans un déséquilibre, c’est pourquoi il faut respecter les « lois de la nature » psychologiques et physiques. Il faut être attentif aux risques tout au long du parcours et calmer l’investissement si nécessaire. Le jeune sportif doit conserver la notion de plaisir car c’est le moteur principal. Attention donc à ne pas le faire passer au second plan, au risque de le voir disparaître lorsque l’adulte pense qu’il suffit de s’accrocher et que tout ira bien.

Comment les entraîneurs et les parents peuvent-ils contribuer à préserver la santé psychologique des jeunes sportifs ?

95 % du temps, l’entraînement est basé sur la technique, la tactique et le physique mais pas sur le mental. Cette dernière

notion n’est pas incluse car les entraîneurs ne sont pas assez formés et c’est la quête du résultat qui domine. On demande de gagner et donc de sélectionner les meilleurs. Il faut s’aider de tous et à tous les niveaux pour s’aider à apprendre, pas seulement des plus forts ! C’est pourquoi il faut du temps de parole pour que chacun soit inclus.

Quelles sont, selon vous, les erreurs les plus fréquentes que commettent les jeunes athlètes au niveau psychologique ?

L’enfant s’imprègne du discours qu’il entend autour de lui et dans les médias. Il faut lui expliquer ce qu’il se passe pour mieux l’accompagner et ne pas entrer dans un objectif stéréotypé en se posant les bonnes questions. Il faut s’introduire progressivement dans le milieu de la compétition en laissant les émotions s’adapter petit à petit. Tout le monde n’est pas fait pour la compétition, le plaisir doit être présent et peut changer en fonction de la pratique (loisirs ou compétition). Le sport de compétition est une pyramide et tous ne finissent pas au sommet.

En quoi le plaisir est-il un moteur essentiel, surtout à l’adolescence, et comment peut-on le préserver face à la pression de la compétition ?

Les enfants ont besoin de motricité car elle fait partie de leur physiologie et de leur manière de se développer. C’est dans ce contexte que le plaisir est bien présent. Plus on pratique, plus on progresse, plus on engendre du plaisir, ce qui permet d’obtenir de la satisfaction à plusieurs niveaux. Quand l’enfant bascule dans le monde compétitif, le plaisir n’est plus le même. Il faut alors apprendre à gérer ses émotions, ses relations avec l’autre ainsi que son agressivité. Cela peut prendre du temps car il faut y aller progressivement.

Si vous deviez donner trois conseils simples pour aider un jeune sportif à trouver son équilibre entre études, sport et vie personnelle, quels seraient-ils ?

C’est une tâche difficile pour l’enfant. Il faut l’accompagner et le guider avec des personnes compétentes. Il doit se dire qu’il effectue ce travail-là en fonction des personnes qui le demandent. Il n’y a pas de psychologue du sport dans chaque discipline. C’est à l’adulte de se pencher sur la question sans créer des individus frustrés. Ce n’est pas impossible et il faut savoir que le sport aide à la réussite scolaire ! C’est pourquoi l’accompagnant et l’enfant doivent développer des capacités organisationnelles et de gestion des émotions en prenant le temps nécessaire.

PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU

LE SPORT DE COMPÉTITION

EST UNE PYRAMIDE ET TOUS NE

FINISSENT PAS

AU SOMMET.

L’IMPORTANCE DE LA PSYCHOLOGIE DANS LE SPORT

Le sport est souvent perçu comme une simple quête de performance, un combat contre soi-même et contre les autres. Pourtant, il est aussi un formidable outil d’épanouissement et d’équilibre. Avec ÉquilibreetPerformance aux éditions Les 3 Colonnes, le Dr Philippe Godin nous livre un ouvrage essentiel qui place la psychologie au cœur de la pratique sportive. En s’appuyant sur son immense expérience, il nous montre comment l’entraînement mental peut transformer la manière dont les athlètes, qu’ils soient amateurs ou de haut niveau, abordent leurs défis. Ce livre ne se contente pas d’expliquer, il guide, il éclaire et, surtout, il donne des clés concrètes pour une performance plus saine et plus harmonieuse. Une lecture indispensable pour tous ceux qui vivent le sport au quotidien.

Prix papier : 29,00 €

Prix numérique : 17,99 €

PARIS QUARTIER LATIN : VILLAGE DE 25 BOUTIQUES • LYON : VILLAGE DE 6 BOUTIQUES • THONON-LES-BAINS • SALLANCHES • TOULOUSE-LABÈGE • STRASBOURG • ALBERTVILLE • MARSEILLE • GRENOBLE • CHAMBÉRY • PARIS PRINTEMPS HAUSSMANN • GAP • BORDEAUX • LILLE : PROMENADE DE FLANDRE (OUVERTURE 2026)

Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook