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Femmes Santé 2026

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2026

FEMMES Santé docdusport.com

MATERNITÉ, PLAISIR ET SANTÉ MENTALE

COMMENT LES FEMMES RÉINVENTENT LEUR ÉQUILIBRE CŒUR DE SPORTIVE CYCLES MENSTRUELS ET PRATIQUE SPORTIVE DE HAUT NIVEAU

JUSTINE DECOURSELLE : COURIR POUR LA MÉMOIRE

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COMMENT LES FEMMES RÉINVENTENT LEUR ÉQUILIBRE CŒUR DE SPORTIVE ET PRATIQUE SPORTIVE DE HAUT NIVEAU

COURIR POUR LA MÉMOIRE

JAMBES LOURDES

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2026

NUMÉRO NUMÉRO RÉALISÉ AVEC RÉALISÉ AVEC

FEMMES Santé

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JUSTINE DECOURSELLE :

CYCLES MENSTRUELS

Docteur Stéphane CASCUA

Triathlète adepte du cardio-training et de la musculation. Médecin du sport, traumatologue et nutritionniste du sport. Diplômé en entraînement du sportif Rédacteur en chef

docdusport.com

DOC DU SPORT EST UNE PUBLICATION DE MÉDIATHLÈTE 294, avenue de la Capelette 13010 Marseille Tél. 09 51 92 77 12 RCS Marseille 844 467 506 au capital de 1000 € E-Mail : contact@docdusport.com ISSN 2649-6615 Directeur de la publication : docteur Bruno Emram Rédacteur en chef : docteur Stéphane Cascua Rédactrice en chef adjointe : Anne Odru Directrice de la publicité et du développement : Muriel Hatem Chef de projet : Juliette Raudrant Comité scientifique : docteur Stéphane Cascua, docteur Marc Rozenblat, docteur Dany-Michel Marcadet, Mikael Bettan, Charles-Antoine Winter Comité de rédaction : docteur Stéphane Cascua, Muriel Hatem, Anne Odru, Mikael Bettan, Carole Maître, Fédération Française de Cardiologie, John Picard, Romain Godvin, docteur Stephen Ellis Correctrice : Anne Vialletet Les news du Doc : Anne Odru Webmaster : Grégory Herlez Réalisation : Charlotte Calament

Docteur Marc ROZENBLAT

Anne ODRU

Triathlète aventurière. Journaliste de sport et sportive, formation universitaire en sciences de la nature et de la vie Rédactrice en chef adjointe

Docteur Bruno EMRAM

Triathlète, Ironman, boxeur. Médecin ORL et médecin de la plongée Directeur de publication

Golfeur et ancien gymnaste, ex-président de la Société Française de Traumatologie du Sport (SFTS), Past président de la Société Française de Médecine Manuelle Orthopédique et Ostéopathique Médicale (SOFMMOOM) Président du Syndicat National des Médecins du Sport Santé (SNMS-Santé)

Professeur François CARRÉ

Coureur et cycliste Cardiologue et médecin du sport au CHU de Rennes et à la Fédération Française de Cardiologie

Mikael BETTAN

Coureur de demi-fond et de trail, triathlète, golfeur et footballeur. D.U. podologie du sport. Membre ANPS Expert Préférences motrices Volodalen

Cyril BLANCHARD

Athlète, préparateur mental Fondateur de l’Institut Santé & Mental Recordman de l’Enduroman (Londres - Paris en triathlon)

Groupe Centrimprim Rue Denis-Papin - Zi « La Molière » 36100 Issoudun Dépôt légal à parution Aucun article publié dans ce magazine ne peut être reproduit sous forme d’imprimé, photocopie, microfilm ou par tout autre procédé sans autorisation expresse des auteurs et de l’éditeur. Les articles de ce magazine sont rédigés sous la responsabilité de leurs auteurs et reflètent leurs opinions. Ils n’engagent en aucune façon la société éditrice. Les articles sont des articles de fond.

Docteur Dany-Michel MARCADET Golfeur, voile en compétition. Consultant FFT et FFG Cardiologue du sport

Docteur Philippe CHADUTEAU

Instructeur de plongée et de Krav Maga Médecin traumatologue du sport

Charles-Antoine WINTER

Grégory HERLEZ

Runner et ultra-trailer Community Manager DR

R E JOIG N E Z L A C OM M U NAU T É

docdusport.com

Muriel HATEM

Triathlète, marathonienne Directrice de la publicité et du développement

Ancien pratiquant de raids, cycliste amateur et passionné de courses d’obstacles Diététicien nutritionniste, consultant et conférencier

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ÉDITO

LE SPORT VITALITÉ,

TOUS LES BIENFAITS DU SPORT C’est avec un plaisir renouvelé que je retrouve les lecteurs de Doc du Sport pour cette rentrée 2026, à l’occasion de ce numéro qui met à l’honneur notre programme « Et Vie Danse », conçu pour les seniors et pensé autour de la prévention santé. Notre fédération vit une dynamique forte : devenue cette saison la Fédération Française de Sport Vitalité (anciennement FFEPGV), elle porte, sous ce nouveau nom et cette nouvelle identité, la même ambition : partager les bienfaits du sport avec le plus grand nombre. Les chiffres en témoignent : 465 000 pratiquant-es, soit une nouvelle progression de 4 % cette année. Je suis particulière­ment fière que nous soyons la première fédération sportive en nombre de licenciées féminines, avec 437 000 femmes qui nous font confiance à chaque étape de leur vie. Cette réussite collective repose sur une vie associative dense et engagée : 13 comités régionaux, 94 comités départementaux, 4 400 clubs, 16 000 bénévoles et 7 200 animatrices et anima­teurs qui font vivre chaque semaine 28 000 séances partout en France. C’est cette proximité de terrain qui constitue la véritable richesse de notre modèle. Pour structurer et renforcer cette offre, nous avons développé le Pack Sport-Santé, désormais proposé par nos clubs. Son principe repose sur un parcours hebdomadaire structuré autour de trois séances complémentaires : deux séances encadrées par nos animateurs, l’une en intérieur, l’autre en extérieur, et une séance pratiquée en autonomie. Chacune d’elles s’appuie sur les quatre piliers recommandés par la Haute Autorité de santé : équilibre, souplesse, renforce­ ment musculaire et cardio. C’est une réponse concrète, éducative et scientifique, qui correspond aux enjeux de santé publique de nos licenciés et notamment des plus âgés. Le programme « Et Vie Danse », que vous découvrirez dans les pages qui suivent, illustre parfaitement cette philosophie : conjuguer plaisir de la pratique, lien social et bénéfices avérés pour la santé des seniors. Belle lecture à toutes et tous ! © FFEPG

MARILYNE COLOMBO, PRÉSIDENTE DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE SPORT VITALITÉ

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8 PRÉSENTATION Sport Vitalité : une nouvelle identité pour une même ambition 9 SENIOR « Et Vie Danse » : quand le plaisir de danser devient un atout pour bien vieillir 10 ÉCLAIRAGE Jambes lourdes : trouvez le bon sport ! 12 CONSEIL Retrouver son énergie après 40 ans grâce au renforcement musculaire 14 PODOLOGIE Fractures de fatigue chez la sportive 16 GYNÉCOLOGIE Cycles menstruels et pratique sportive de haut niveau 20 TÉMOIGNAGE Justine Decourselle : le souffle de la mémoire 22 LES NEWS DU DOC 24 MATERNITÉ Maternité, plaisir et santé mentale : comment les femmes réinventent leur équilibre 26 MISE AU POINT Cœur de sportive 29 CARDIOLOGIE Comment masser une femme ? Comme on masse un homme 30 INTERVIEW Emmanuelle Berne : « La danse me remplit de joie et de bonheur » 32 SANTÉ « Faut pas crever » : quand le vélo remet la vie en mouvement après le cancer 33 RENCONTRE Camille Viaud : le défi d’une jeune pilote moto 34 DÉCOUVERTE Constance de Schrompé : l’énergie d’une femme en mouvement

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PRÉSENTATION

SPORT VITALITÉ :

UNE NOUVELLE IDENTITÉ POUR UNE MÊME AMBITION Le 16 avril 2026 a marqué une étape historique dans la vie de la Fédération Française d’Éducation Physique et de Gymnastique Volontaire. Après plus de 138 ans d’histoire, la FFEPGV est devenue la Fédération Française de Sport Vitalité. Bien plus qu’un changement de nom, cette évolution traduit une ambition : rendre la fédération plus lisible, plus accessible et davantage en phase avec les attentes de la société.

UN NOM QUI PARLE AU PLUS GRAND NOMBRE

Avec plus de 40 activités proposées, l’objectif n’était pas de trouver un nom capable de résumer l’ensemble de cette offre, mais un terme simple exprimant le principal bénéfice de leur pratique. Le mot « Vitalité » s’est alors rapidement présenté comme une évidence. Il évoque la santé physique et mentale, un style de vie cher à nos licenciés. Il traduit une vision positive du sport, centrée sur le bien-être, le plaisir et la prévention, tout au long de la vie.

UNE IDENTITÉ AU SERVICE DES CLUBS

UNE ÉVOLUTION CONSTRUITE AVEC LES CLUBS ET LES LICENCIÉS Ce changement de nom et d’identité visuelle est le fruit d’une réflexion engagée en 2025. Fait rare dans le paysage sportif français, l’ensemble du réseau fédéral a été associé à cette démarche. Plus de 470 000 licenciés, 4 400 clubs, 16 000 béné­ voles et 7 200 animateurs ont été consultés. Les résultats ont confirmé un paradoxe. Si les licenciés expriment une forte fierté d’appartenir à la fédération, beaucoup estiment que son nom historique devait évoluer et ne reflétait plus la diversité des activités proposées aujourd’hui : yoga, Pilates®, marche nordique, longe-côte®, renforcement musculaire, activités dansées ou encore le nouveau programme « Et Vie Danse ». Le choix d’une nouvelle identité s’est alors naturel­ lement imposé.

CE CHANGEMENT D’IDENTITÉ S’INSCRIT DANS UNE VISION DE LONG TERME. 8

UNE AMBITION POUR DEMAIN

Ce changement d’identité s’inscrit dans une vision de long terme. Face à la progression de la sédentarité et aux enjeux de santé publique, la fédération réaffirme sa mission éducative : « Partageons les bienfaits du sport. » Avec près de 500 000 licenciés, plus de 4 500 clubs, 7 200 anima­ teurs professionnels et 15 000 bénévoles, la Fédération Française de Sport Vitalité poursuit son développement autour de trois axes : « Le sport à bras ouverts », « Multisports, multi-bénéfices » et « Un plaisir partagé ». Au-delà d’un nouveau nom, cette évolution traduit une transfor­ mation plus profonde : celle d’une fédération qui adapte son identité aux attentes de la société tout en restant fidèle à sa vocation historique, permettre à chacun de vivre mieux quelles que soient les périodes de la vie, grâce aux bienfaits du sport. ✱­ FEMMES SANTÉ

© FFSV

PAR ROMAIN GODVIN, DIRECTEUR MARKETING, COMMUNICATION & ÉVÉNEMENTIEL DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE SPORT VITALITÉ

Cette nouvelle identité constitue également un véritable levier de développement pour les 4 400 clubs et comités. Plus simple à expliquer, plus facile à mémoriser et immédiate­ ment compréhensible, elle facilite les échanges avec le grand public lors des forums des associations, des journées portes ouvertes ou des événements locaux. Le logo a également été repensé afin d’incarner une image plus moderne, plus dynami­que et plus en cohérence avec les ambitions, les valeurs et la mission de service public qu’incarne la fédération.


SENIOR

ET VIE DANSE

QUAND LE PLAISIR DE DANSER DEVIENT UN ATOUT POUR BIEN VIEILLIR

Et si la danse était l’une des plus belles façons de prendre soin de soi ? C’est tout l’esprit du nouveau programme « Et Vie Danse » de la Fédération Française de Sport Vitalité. Pensé pour les personnes de plus de 60 ans, il propose une activité accessible à toutes et tous, où le plaisir de bouger, de danser, de partager et de s’exprimer est au cœur de chaque séance. PAR JOHN PICARD, CONSEILLER TECHNIQUE NATIONAL, EN CHARGE DU PROGRAMME ET VIE DANSE, FÉDÉRATION FRANÇAISE DE SPORT VITALITÉ

© KAMPUS, ALL RIGHTS RESERVED

LA DANSE, UN ALLIÉ PRÉCIEUX POUR LA SANTÉ ET L’AUTONOMIE Danser, ce n’est pas seulement apprendre quelques pas. C’est entretenir son équilibre, maintenir sa condition physique, renforcer sa coordination, préserver sa mobilité et stimuler sa mémoire. En associant mouvements, musique et mémorisation de chorégraphies, la danse sollicite aussi bien le corps que l’esprit. Une pratique régulière contribue ainsi à maintenir l’autonomie et participe à la prévention de nombreuses fragilités liées à l’âge. Mais Et Vie Danse, c’est avant tout un moment de convivialité. Chaque séance devient une parenthèse où l’on retrouve le plaisir de se rencontrer, de rire, d’échanger et de créer ensemble. Dans une société où l’isolement touche de nombreux seniors, ces rendez-vous sont autant d’occasions de recréer du lien social et de partager les bienfaits d’une activité physique régulière ou du sport. UNE PRATIQUE ACCESSIBLE, SOURCE DE BIEN-ÊTRE ET DE LIEN SOCIAL Accessible à tous les niveaux, basé sur 24 danses chorégraphiées différentes, le programme s’adapte aux capacités de chacun. Nul besoin d’avoir déjà pratiqué la danse : chacun évolue à son rythme, dans un cadre bienveillant, accompagné par des animateurs formés au programme Et Vie Danse. L’objectif n’est pas la performance, mais le plaisir de danser, de bouger et de se sentir bien. Au fil des séances, les participants gagnent en confiance, en aisance et en vitalité. Ils redécouvrent le plaisir de se mettre en mouvement, de s’exprimer par le corps et de partager des émotions au rythme de la musique. Danser devient alors un véritable vecteur de bien-être physique, mental et émotionnel. Avec Et Vie Danse, la Fédération Française de Sport Vitalité confirme sa volonté de proposer des activités innovantes répondant aux attentes des femmes et des hommes qui souhaitent rester actifs, préserver leur santé et continuer à vivre pleinement chaque étape de leur vie.

Parce qu’il n’y a pas d’âge pour ressentir une émotion, partager un sourire ou se laisser porter par la musique, Et Vie Danse nous rappelle une évidence : chaque âge est un âge pour danser, vivre et partager. ✱

UN PROGRAMME AU CŒUR DE DE LA FFSV

« En 2026, près de 60 % des licenciés de la Fédération Française de Sport Vitalité ont désormais plus de 60 ans. Nous sommes face à une réalité qui transforme en profondeur notre société et notre fédération. L’allongement de la durée de vie est une chance, mais il nous confère aussi une immense responsabilité. La question n’est plus de savoir si nous devons nous adapter au vieillissement de notre public, mais plutôt comment nous affirmons concrètement et sur tous nos territoires notre rôle d’acteur majeur du sportsanté et du bien-vieillir. C’est pour répondre à cet enjeu de société majeur que nous avons pensé et structuré le programme national " Et Vie Danse ". Ce dernier constitue un véritable outil au service des ambitions, des valeurs et de la mission de la fédération : " Partager les bienfaits du sport " au plus grand nombre. Ce nouveau programme a un triple objectif : répondre à un enjeu de santé publique en contribuant activement à la prévention des chutes et au maintien de l’autonomie ; renforcer le lien social en luttant contre l’isolement grâce à une pratique ludique, collective et valorisante ; enfin, développer nos structures en ouvrant de formidables perspectives de partenariats locaux avec les collectivités, les caisses de retraite et les acteurs médico-sociaux. La danse est universelle : elle attire et fidélise un public qui ne se reconnaît pas toujours dans l’offre sportive traditionnelle. ». Marilyne Colombo, présidente de la Fédération Française de Sport Vitalité

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ÉCLAIRAGE

JAMBES LOURDES

TROUVEZ LE BON SPORT ! L’exercice physique bien conduit améliore nettement le retour du sang vers le cœur. Mais attention, certaines activités sportives abîment les veines ! Explications et solutions !

PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT ET RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT

POURQUOI A-T-ON LES JAMBES LOURDES ? Le sang est propulsé par le cœur. Pour traverser les organes et les tissus du corps, il rejoint de très petits vaisseaux dans lesquels il ralentit pour favoriser les échanges chimiques. Après avoir gagné les jambes, il aura beaucoup de difficultés à remonter jusqu’au cœur. Il stagne dans les veines et les dilate parfois jusqu’à provoquer des varices. L’eau contenue dans le sang finit par franchir la paroi des petits vaisseaux, diffuse sous la peau et ne tarde pas à faire gonfler les jambes. L’accroissement de pression dans les tissus provoque une gêne, voire des douleurs, typiques des jambes lourdes. POURQUOI LES FEMMES SONT-ELLES LES VICTIMES PRIVILÉGIÉES ? Grâce à leurs hormones sexuelles, les femmes sont plus souples que les hommes. L’ensemble des structures fibreuses est plus élastique : les ligaments, les muscles, la paroi des vaisseaux, etc. Cette qualité, exacerbée en fin de gros­ sesse, semble permettre l’ouverture du bassin pendant 10

l’accouchement afin de laisser passer la tête du bébé. Les artères féminines se rigidifient moins et le risque de crise cardiaque est plus faible que chez l’homme. Pareillement, les veines se dilatent plus facilement. Il en est de même pour les vaisseaux microsco­piques appelés « capillaires ». Sous la peau comme dans la profondeur des tissus, le sang stagne et l’eau échappée de la circulation s’accumule. COMMENT LE SPORT PARVIENT-IL À DIMINUER LES JAMBES LOURDES ? L’exercice physique facilite le retour veineux de 3 façons : l’alternance de contractions et de décontractions des masses musculaires situées dans les jambes pompe le sang et le pousse vers le cœur ; l’accroissement des mouvements respiratoires crée des variations de pression dans le thorax qui aspire le sang vers la poitrine ; à chaque pas, les grosses veines présentes dans la voûte plantaire sont écrasées, le sang contenu est éjecté. POURQUOI CERTAINS SPORTS FAVORISERAIENT-ILS LES JAMBES LOURDES ? Le sport peut perturber le retour veineux en imposant des contractions musculaires puissantes et prolongées, en obli­ geant à des blocages respiratoires ou encore en nécessitant des accroupissements qui coudent les veines. L’haltérophilie cumule tous ces méfaits mais la musculation et les sports de combat sont aussi déconseillés. Certaines activités comme le football sont à l’origine de chocs directs sur les jambes qui FEMMES SANTÉ

© SHUTTERSTOCK.COM

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es fortes chaleurs estivales sont là ! Les températures élevées dilatent les vaisseaux sanguins. Quand vous avez chaud, votre visage est rouge. Il se produit le même phé­ no­mè­ne dans vos mollets et vos chevil­les. La chaleur favorise la stagna­tion du sang dans les membres inférieurs mais d’autres mécanismes expliquent la sensation de jambes lourdes.


abîment les veines. En cas de varices, il est préférable d’éviter la course à pied et les disciplines incluant de nombreuses réceptions de saut qui ébranlent les parois veineuses. QUELS SPORTS CHOISIR POUR VRAIMENT RÉDUIRE LES JAMBES LOURDES ? La natation est le sport idéal. Elle associe la pres­sion et la fraîcheur de l’eau, la position horizontale et l’absence totale de traumatisme. La marche est facile à pratiquer et très bénéfique. On peut conseiller aussi : l’aquagym® bien sûr, le vélo contre une faible résistance en tournant rapidement les jambes, le cardio-training en salle en prenant soin de ne pas trop plier les jambes sur le rameur, la gym d’entretien ou les cours collectifs en douceur et en aisance respiratoire. Après le sport, il est bon de prendre une douche fraîche en massant les jambes de la cheville vers la hanche puis de se reposer les jambes surélevées. L’application d’un gel de phyto­thérapie adapté accroît encore la sensation de bien-être. ✱

GRÂCE À LEURS HORMONES SEXUELLES, LES FEMMES SONT PLUS SOUPLES QUE LES HOMMES.

ESSAYEZ LES CHAUSSETTES DE COMPRESSION !

Vous êtes sensible aux jambes lourdes. Vous êtes passionnée de jogging ou de basket. Vous craignez que la répétition des sauts n’abîme votre réseau veineux ! D’ailleurs, vous percevez bien quelques douleurs musculaires excessives dans les mollets lorsque vous vous entraînez beaucoup ou par temps chaud. Essayez les chaussettes de compression conçues pour le sport ! Elles sont différentes de chaussettes dites « de contention ». Ces dernières exercent une pression décroissante de l’extrémité du pied jusque sous le genou. Elles constituent la prise en charge recommandée de l’insuffisance au cours de la vie quotidienne. Les chaussettes de compression établissent ce gradient au sein des masses musculaires du mollet, là où se concentrent les ramifications du réseau veineux. Elles optimisent le drainage quand le muscle travaille intensément. De surcroît, le soutien mécanique localisé pourrait réduire l’ébranlement des vaisseaux sanguins. Après l’effort, testez les chaussettes de récupération. La pression établie est plus importante. Elles sont particulièrement recommandées si vous revenez de votre compétition en voiture, en train ou en avion. En position assise, le retour veineux est particulièrement mis à mal ! Vos pieds sont immobiles et en position basse ; vos veines sont coudées en arrière des genoux et en avant des hanches. Dès que possible, allongezvous et retirez vos chaussettes. Une fois que vous êtes couchée, les veines ne sont plus gonflées de sang et les chaussettes les écraseraient… c’est l’inverse de l’objectif recherché !

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CONSEIL

RETROUVER SON ÉNERGIE APRÈS 40 ANS GRÂCE AU RENFORCEMENT MUSCULAIRE Pourquoi certaines femmes se sentent-elles constamment fatiguées après 40 ans, malgré une bonne hygiène de vie ? Si le sommeil, le stress ou l’alimentation sont souvent pointés du doigt, un autre facteur est encore largement sous-estimé : la masse musculaire. En influençant directement la régulation de la glycémie et l’équilibre hormonal, le muscle joue un rôle déterminant dans le maintien de l’énergie. Dans son livre Je me mets à la musculation ! paru aux éditions Larousse, Alexia Cornu, coach sportive et spécialiste de la physiologie féminine, décrypte ces mécanismes et explique pourquoi le renforcement musculaire constitue un véritable outil de prévention santé pour les femmes. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU

Dans votre livre, vous expliquez que la masse musculaire, les hormones et la glycémie sont intimement liées. Comment bien gérer cet équilibre ? Les régimes peuvent faire du mal car perte de poids = perte de muscle. Cela provoque un ralentissement du métabolisme entraînant une baisse de l’énergie, plus de douleurs et plus de fatigue. La résistance à l’insuline diminue avec le temps, ce qui engendre des pics de glycémie. Le muscle permet de ne pas stocker de gras, c’est le meilleur allié pour se sentir bien 12

dans son corps et dans sa tête. La musculation n’ajoute pas de fatigue ni de stress comme le cardio. À partir de quand peut-on réellement observer des effets sur l’énergie et le bien-être ? Si les séances sont bien dosées, on ressent les bienfaits au bout de deux semaines. Au niveau de la silhouette, il faut attendre plus longtemps pour voir les muscles se dessiner après quelques mois. Tout ça sans faire de régime ! Il faut choisir des séances à notre niveau pour rester motivée et ne pas se faire mal. C’est un bon moyen de se sentir fière de soi et de vouloir y retourner. Il faut commencer doucement avec des exercices faciles puis augmen­ter le niveau chaque semaine. Il faut trouver le temps de le faire et ne pas le gâcher. Si vous deviez donner des conseils simples à une femme de plus de 40 ans qui souhaite retrouver une énergie durable, lesquels seraient-ils ? 10 minutes à bouger tous les jours, c’est toujours mieux que rien ! Il faut comprendre que ça compte, même si ce n’est pas beaucoup. Prenez conscience des bienfaits que l’on ressent en pratiquant un peu tous les jours. Il faut intégrer ce temps court au quotidien en essayant de commencer la journée par 10 minutes d’étire­ ments puis transformer ce temps en renforcement musculaire. Il sera toujours plus bénéfique de pratiquer 10 minutes tous les jours que 30 minutes de temps en temps. Il faut également bien gérer son apport en protéines qui permettent de ne pas perdre le muscle en complément des séances. ✱ FEMMES SANTÉ

© DR

Je me mets à la musculation ! Éditions Larousse - 224 pages Prix : 16,99€

Pourquoi le muscle est-il si déterminant pour le niveau d’énergie chez la femme de plus de 40 ans ? C’est un sujet que j’ai souhaité aborder grâce à mon expérience avec les femmes que j’accompagne. Elles me partagent beaucoup de choses sur leur sommeil, les douleurs qui apparaissent et le corps qui évolue. C’est souvent lié à la diminution de la masse musculaire qui joue sur le corps et l’équilibre hormonal. Physiologiquement, il se passe des choses qui ont un impact sur le cerveau, le physique, etc. On cherche la pilule magique alors que nous possédons les outils dans notre corps. On dit souvent que la musculation n’est pas faite pour les femmes, c’est une injonction qui fait du mal. Les femmes ont toujours réalisé des tâches très physiques. Arrivée à un certain âge, le cardio n’est plus suffisant, on a besoin de se remuscler. Pour cela, on peut faire des petits exercices accessibles à tous à la maison en activant le muscle et le mettre sous la contrainte afin qu’il puisse progresser. Il faut sortir de sa zone de confort et solliciter les muscles au quotidien pour garder un équilibre et ne pas régresser.


PUBLIRÉDACTIONNEL

AÏKIDO, FEMMES ET COMBATIVITÉ

UN ART MARTIAL ENGAGÉ CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES TOUTES LES FILLES DEVRAIENT PRATIQUER UN ART MARTIAL Dès l’enfance, les activités physiques que l’on propose spontanément aux petites filles : danse, gymnastique, équitation, natation… construisent certes leur corps et leur esprit mais ne leur permettent pas de s’entraîner à des conflits physiques. Pendant ce temps, les garçons vont remplir les créneaux de judo, karaté, rugby… où la proportion de filles ne fait que diminuer avec l’âge, l’arrivée des règles, et encore plus celle du premier enfant… Donc, à l’infériorité des performances physiques, parfaitement intériorisée par les filles dès le primaire, s’ajoute celle d’une inégalité majeure d’entraînement dès le plus jeune âge. Or, toutes les filles et femmes devraient pratiquer un art martial, en premier lieu pour apprendre à se défendre elles-mêmes sans dépendre d’une tierce personne, dans la rue comme dans leur quotidien, mais aussi parce que apprendre à se confronter physiquement à l’autre, c’est renforcer sa combativité et son assertivité. Être sur un tatami mixte habitue aussi les garçons et les hommes à voir les filles et les femmes non plus comme le « sexe faible » à dominer ou à protéger, mais comme des partenaires à part entière, des combattantes, des personnes à traiter à égalité, dans le respect mutuel.

L’AÏKIDO, ART MARTIAL DE DÉFENSE, SANS COMPÉTITION NI CATÉGORIE…

L’aïkido est principalement un art martial de défense. Il se fonde sur la maîtrise de l’autre à travers un positionnement juste dans le temps et dans l’espace (ma-aï ), en utilisant la force de l’autre pour le déséquilibrer et neutraliser son attaque, afin de l’éloigner par une projection ou de l’immobiliser, tout en préservant sa propre intégrité et celle de son partenaire. Sans compétition, les entraînements sont toujours mixtes, tout le monde pratique avec tout le monde, sans considération de taille, de poids, de genre ou d’âge. C’est un art martial qui fait travailler sa posture par rapport à l’autre, la fluidité et la justesse des mouvements, ainsi que son regard et son attitude générale (shisei ) afin d’anticiper les situations.

… ENGAGÉ CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

© CÉDRIC CHORT, © SHUTTERSTOCK.COM

Depuis 2024, les deux fédérations d’aïkido mènent des actions fortes pour montrer leur engagement contre les violences faites aux femmes. À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes le 25 novembre, elles organisent un grand stage national solidaire composé de deux temps forts : un stage d’aïkido classique le matin animé par deux techniciennes de haut niveau, puis l’après-midi, une initiation à la self-defense ouverte à tous. L’ensemble des bénéfices de la journée sont reversés à une association locale engagée contre les violences faites aux femmes. Pendant la journée, un temps de sensibilisation est consacré à ce sujet, pour que chacun.e prenne conscience de l’ampleur de ce phénomène et réfléchisse à la manière dont il/elle peut contribuer au quotidien pour le réduire.

CETTE ANNÉE, CE STAGE AURA LIEU EN ILE-DE-FRANCE LE 29 NOVEMBRE 2026. Les arts martiaux, qui ont pour principe la combativité dans le respect de l’autre, ont plus que jamais un rôle majeur à jouer dans le long combat contre les inégalités de genre, sur les tatamis et en dehors.

« Petite, pendant que les garçons se bagarraient dans la cour de récréation, je jouais comme toutes les

filles à la corde à sauter ou à la marelle… Arrivée à l’âge de sortir seule dans la rue, dès que je sentais un regard insistant ou que je me sentais suivie, j’étais tétanisée. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à pratiquer l’aïkido que j’ai appris, non pas à surpasser physiquement un potentiel agresseur, ni même à ne plus avoir peur, mais juste à réagir dans les situations compliquées et à montrer que j’étais prête à me battre si besoin, et cela fait toute la différence. »

Yolaine Cellier, 5e dan d’aïkido Membre de la Commission Nationale Féminine de la Fédération Française d’Aïkido et de Budo (FFAB) Enseignante au dojo La Fleur et le Sabre, Paris 5e https://www.franceaikido.fr

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PODOLOGIE

LE RÔLE ESSENTIEL DU PODOLOGUE DU SPORT DANS LA PRÉVENTION ET LA PRISE EN CHARGE La fracture de fatigue est une blessure redoutée des sportives. Insidieuse, elle survient sans choc ni traumatisme apparent, interrompant parfois brutalement une saison sportive. Longtemps considérée comme une simple conséquence d’un entraînement trop intense, elle est aujourd’hui reconnue comme une pathologie multifactorielle, dans laquelle interviennent des éléments biomécaniques, nutritionnels, hormonaux et métaboliques. PAR MIKAEL BETTAN, PODOLOGUE DU SPORT

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e podologue du sport occupe une place privilégiée dans le dépistage précoce de ces facteurs de risque. Son rôle dépasse largement la simple prescription de semelles : il participe à une véritable stratégie de prévention des blessures.

UNE FRACTURE QUI NE SURVIENT PAS PAR HASARD Contrairement à une fracture traumatique, la fracture de fatigue résulte de la répétition de contraintes mécaniques sur un os insuffisamment capable de se réparer entre deux séances d’entraînement. Lorsqu’un os est sollicité, il se remodèle en permanence grâce à un équilibre subtil entre destruction et reconstruction osseuse. Si les contraintes deviennent trop importantes ou si les capacités de réparation diminuent, des microfissures apparaissent progressivement jusqu’à former une véritable fracture. Chez la femme sportive, ce phénomène est favorisé par plusieurs facteurs qui s’associent fréquemment.

LES SPORTIVES SONT-ELLES PLUS EXPOSÉES ? Les études montrent que les femmes présentent un risque plus élevé de fractures de fatigue dans plusieurs disciplines comme la course à pied, le trail, l’athlétisme, la danse, la gymnastique ou encore le triathlon. Cette vulnérabilité ne s’explique pas uniquement par des différences anatomiques. Elle est également liée à l’influence des hormones sur le métabolisme osseux et à certaines situations spécifiques telles que les troubles du cycle menstruel ou les déficits nutritionnels. Le podologue du sport est souvent l’un des premiers professionnels de santé à identifier ces facteurs lors d’une consultation pour une douleur persistante du pied ou de la jambe.

LE SYNDROME REDS : UNE CAUSE ENCORE TROP MÉCONNUE Depuis quelques années, le concept de Relative Energy Deficiency in Sport (REDs) a remplacé celui de la « triade de la sportive ». Le REDs correspond à un déficit énergétique chronique : l’apport alimentaire devient insuffisant par rapport aux dépenses liées à l’entraînement et à la vie quotidienne. L’organisme entre alors en mode d’économie d’énergie. Certaines fonctions, jugées non essentielles à la survie immédiate, sont progressivement ralenties. Les conséquences peuvent être nombreuses :  Diminution de la densité osseuse ;  Augmentation du risque de fracture de fatigue ;  Troubles hormonaux ;  Fatigue chronique ;  Baisse des performances ;  Récupération plus lente ;  Augmentation du risque de blessures. Le REDs peut concerner aussi bien les sportives de haut niveau que les pratiquantes amateures cherchant à perdre du poids tout en augmentant leur volume d’entraînement. FEMMES SANTÉ

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CTURES D A E FR F

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QUAND LES RÈGLES DEVIENNENT UN INDICATEUR DE SANTÉ L’absence ou l’irrégularité des règles ne doit jamais être considérée comme une conséquence normale d’une pratique sportive intensive. Une diminution des œstrogènes entraîne une baisse de la qualité du remodelage osseux. L’os devient progressivement plus fragile et résiste moins bien aux contrain­tes répétées. Pour le podologue du sport, interroger une sportive sur son cycle menstruel fait désormais partie intégrante de l’évaluation clinique. Cette question, parfois négligée, peut orienter vers un risque élevé de fracture de fatigue et conduire à une prise en charge pluridisciplinaire.

LA FRACTURE DE FATIGUE DÉBUTE RAREMENT PAR UNE DOULEUR BRUTALE.

LE RÔLE DES CARENCES NUTRITIONNELLES Deux carences reviennent fréquemment chez les sportives présentant des fractures de fatigue : le fer et la vitamine D. Une carence en fer réduit les capacités d’oxygénation musculaire, augmente la fatigue et altère la récupération. La technique de course peut alors se dégrader, modifiant les contraintes exercées sur le squelette. La vitamine D joue un rôle essentiel dans la minéralisation osseuse et le fonction­ nement musculaire. Des concentrations insuffisantes sont régulièrement retrouvées chez les sportives, en particulier pendant l’hiver ou chez celles qui s’entraînent principalement en intérieur. Ces déficits doivent être recherchés par le médecin à l’aide d’un bilan biologique lorsque le contexte clinique le justifie.

LES SIGNES D’ALERTE À NE JAMAIS NÉGLIGER La fracture de fatigue débute rarement par une douleur brutale. Le plus souvent, la sportive décrit une douleur très localisée qui apparaît uniquement pendant l’effort, puis disparaît au repos. Progressivement, cette douleur survient de plus en plus tôt au cours de l’entraînement avant de persister dans les activités quotidiennes. Un point douloureux précis à la palpation, parfois accompagné d’un léger gonflement, doit immédiatement attirer l’attention.

Chez le coureur, les localisations les plus fréquentes concer­ nent les métatarsiens, le naviculaire, le calcanéum, le tibia ou encore le col fémoral. Continuer à s’entraîner malgré ces douleurs expose au risque d’aggravation, avec parfois des fractures complètes nécessitant une immobilisation prolon­gée, voire une intervention chirurgicale.

LE PODOLOGUE DU SPORT : UN ACTEUR MAJEUR DE LA PRÉVENTION La prévention commence bien avant l’apparition de la blessure. Lors de son bilan, le podologue analyse les facteurs biomécaniques susceptibles d’augmenter les contraintes sur certains segments osseux : qualité des appuis, mobilité articu­ laire, stabilité de la cheville, répartition des pressions plantaires, déroulé du pas ou technique de course. Une analyse vidéo de la foulée peut mettre en évidence certains défauts biomécaniques responsables d’une surcharge répétée. Le choix des chaussures est également évalué. Une chaussure inadaptée au pied, au terrain ou au type de pratique peut favoriser certaines fractures de fatigue. Lorsque cela est nécessaire, des semelles ortho­ pédiques sur mesure permettent de redistribuer les contraintes mécaniques, de diminuer les pics de pression et d’améliorer l’efficacité biomécanique de la foulée. Elles ne constituent cependant qu’un élément de la prise en charge parmi tant d’autres et l’on doit toujours traiter la cause.

UNE PRISE EN CHARGE TOUJOURS MULTIDISCIPLINAIRE Face à une suspicion de fracture de fatigue, le podologue oriente rapidement la sportive vers le médecin du sport afin de confirmer le diagnostic, souvent grâce à une IRM, examen de référence à un stade précoce. La prise en charge associe ensuite plusieurs intervenants : médecin du sport, podologue, kinési­ thérapeute, préparateur physique et, lorsque cela est nécessaire, diététicien ou nutritionniste. L’objectif n’est pas uniquement de consolider l’os, mais également d’identifier pourquoi cette fracture est apparue afin d’éviter une récidive. ✱

EN CONCLUSION

La fracture de fatigue chez la sportive est rarement le fruit du hasard. Elle résulte le plus souvent de l’association entre une surcharge mécanique, un entraînement mal adapté et des facteurs biologiques tels qu’un déficit énergétique, des troubles du cycle menstruel ou des carences nutritionnelles. Dans ce contexte, le podologue du sport joue un rôle central. Grâce à son expertise biomécanique, il participe au dépistage des sportives à risque, corrige les facteurs mécaniques favorisant les contraintes osseuses et s’intègre dans une prise en charge globale aux côtés des autres professionnels de santé. Le meilleur traitement reste la prévention. Être à l’écoute des premiers signaux d’alerte, respecter les temps de récupération, adopter une alimentation adaptée et bénéficier d’un bilan podologique en cas de douleurs persistantes sont autant de leviers permettant aux sportives de préserver leur santé osseuse tout en poursuivant leur pratique dans les meilleures conditions.

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GYNÉCOLOGIE

CYCLES MENSTRUELS ET PRATIQUE SPORTIVE DE HAUT NIVEAU PAR CAROLE MAÎTRE, GYNÉCOLOGUE – MÉDECIN DU SPORT À L’INSEP

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es spécificités de la pratique sportive de haut niveau ont fait l’objet depuis deux décennies de nombreux travaux, pour mieux répondre à la question de l’impact possible du cycle menstruel ; sur la performance, en fonction des phases du cycle menstruel; les données actuelles restent cependant contradictoires et ne permettent pas de conclure à la supériorité significative d’une phase par rapport à une autre selon les critères objectifs de la performance. Une tendance à une performance moindre mais non significative est rapportée en phase lutéale tardive (prémenstruelle) et en phase folliculaire précoce (lors des règles). Il est rapporté une perception négative de la performance en fonction du ressenti de chacune, en fonction des symptômes, tels que les dysménorrhées (douleurs de règles), le syndrome prémenstruel, les règles abondantes, symptômes souvent non exprimés car considérés comme inéluctables, inévitables. La connaissance du rôle des hormones féminines et de leur fluctuation au cours du cycle menstruel physiologique aide à une meilleure appréhension du lien potentiel entre le cycle menstruel et la performance.

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POUR CHAQUE SPORTIVE, COMME POUR CHAQUE FEMME, IL EST SOUHAITABLE DE CONNAÎTRE SON CYCLE MENSTRUEL

LE RÔLE DES HORMONES FÉMININES Les estrogènes ont, en phase folliculaire, une sécrétion croissante dès le 6e jour du cycle jusqu’à l’ovulation, et en phase lutéale une 2e montée moins forte et plus courte vers le 21e jour du cycle. Leur rôle par rapport à l’activité sportive est bien admis au niveau musculaire : stockage et utilisation par la cellule musculaire des substrats énergétiques, soutenant la pratique d’endurance, anabolisant protéique soutenant la récupération musculaire, mais également stimulant souplesse et élasticité ligamentaire, avec une instabilité, une laxité articulaire possible qui peut être, en partie, à l’origine, en pré-ovulatoire, d’une fréquence plus élevée de lésions du ligament croisé antérieur. Les estrogènes ont un effet positif sur l’humeur via les neurotransmetteurs dopamine et sérotonine. Enfin, pour ne citer que les principales actions, l’estrogène par ses récepteurs sur les ostéoblastes, intervient sur le métabolisme osseux, dans le maintien de la densité osseuse.

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La progestérone, hormone de la phase lutéale, sécrétée après l’ovulation, a un rôle sur la température corporelle augmentée de 0,5 °C, ce qui peut impacter l’adaptation lors d’une compétition en atmosphère chaude et humide, avec une augmentation de la fréquence respiratoire, une variabilité de la fréquence cardiaque plus basse, entraînant une moins bonne oxygénation des tissus et des organes, ce qui a pour conséquence une augmentation de la fatigue et un temps de réaction augmenté. La progestérone par son action aldostérone like agit contre la « rétention d’eau ». Son action sur l’humeur est médiée par les neurotransmetteurs

GABA, dopamine, sérotonine : hormone qui apaise, facilite l’endormissement, diminue l’anxiété, la réponse au stress. Les actions hormonales synergiques, complémentaires ou antagonistes fluctuent au cours du cycle. Au-delà de l’impact potentiel sur le ressenti de la performance, la prise en compte des symptômes spécifiques lors du cycle menstruel, gênant l’entraînement ou la vie au quotidien, semble une évidence. Pour chaque sportive, comme pour chaque femme, il est souhai­ ta­ble de connaître son cycle menstruel ; cela signifie noter :  La date du 1er jour des règles (élimination de la muqueuse utérine) qui marque le début d’un nouveau cycle menstruel ;  La durée de cette période de règles appelée « phase folliculaire précoce » : au maximum 6 jours, en général 4 à 5 jours, c’est la phase pendant laquelle les secrétions hormonales y compris les estrogènes, sont les plus basses dans le cycle menstruel ;  L’abondance des règles difficile à quantifier mais un changement de protections périodiques toutes les 2 heures, la présence de caillots, la nécessité de mettre deux protections périodiques la nuit, la crainte de la tâche visible sur le vêtement évoque fortement des règles trop abondantes, le score de Higham permet de l’affirmer ;  La durée du cycle : il est normal entre 21 et 35 jours ;  La régularité du cycle ;  Les symptômes gênants et leur périodicité survenant la semaine ou 5 jours avant les règles, définissant le syndrome prémenstruel (SPM), et si douleurs de règles (= dysménorrhée), évaluer si elles gênent ou non les activités du quotidien et/ou l’entraînement.

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GYNÉCOLOGIE

Un bilan biologique complet est nécessaire pour préciser ce retentissement et la recherche d’autres causes comme un trouble de la coagulation, une maladie hématologique, avant une supplémentation en fer associée à un traitement spécifique des règles abondantes. En cas de besoin de contraception, celle-ci sera adaptée et choisie avec la sportive, pour son impact sur le flux menstruel, qu’il s’agisse d’une contraception œstroprogestative comme la pilule ou d’un dispositif intra-utérin progestatif à longue durée d’action.

84 % des sportives de haut niveau vivent la période de règles comme une difficulté. Soyons vigilants à ne pas banaliser, ou à méconnaître ces difficultés.

LES RÈGLES ABONDANTES OU MÉNORRAGIES Dans une étude réalisée au décours du marathon de Londres, 37 % des sportives présentaient des ménorragies, 66 % d’entre elles rapportaient un impact sur leur course, plus de la moitié avaient déjà eu une anémie par carence martiale et 82 % prenaient des supplémentations régulières en fer. La carence martiale a un impact sur la santé et la performance sportive Elle entraîne fatigue chronique, augmentation des courbatures, essoufflements, maux de tête, vertiges, et peut être responsable d’anémie ferriprive, avec un impact sur l’entraînement. Chez la sportive, les règles abondantes peuvent venir aggraver un déficit en fer déjà présent chez celles suivant un régime végétarien strict ou pratiquant un sport avec des impacts au sol forts et répétés comme la course longue distance avec des lésions d’hémolyse au niveau des pieds, des troubles gastrointestinaux avec saignements. 18

LE SYNDROME PRÉMENSTRUEL Il est constitué de troubles physiques et psychiques qui s’associent de façon variable dans la semaine ou les 5 jours avant les règles et se répètent tous les mois. Il correspond le plus souvent à une insuffisance en progestérone de la fin du cycle. Il peut s’agir de : fatigue, sensation de perte d’énergie, prise de poids prémenstruelle, fringale, ballonnement abdominal, tension mammaire, céphalées, crampes et/ou des troubles de l’humeur : irritabilité, plus grande sensibilité au stress, perte de concentration, tendance dépressive, perte de motivation, trouble du sommeil. Il a été rapporté chez plus de 70 % des sportives de haut niveau, avec un retentissement sur le ressenti de la performance. En parler sans tabou est indispensable pour trouver la meilleure prise en charge qui vous correspond auprès de votre professionnel de santé.

LA DYSMÉNORRHÉE OU DOULEUR DE RÈGLES Toute douleur qui gêne les activités du quotidien, l’entraînement, les cours, ou le travail doit être prise en compte. La douleur de règles peut être pelvienne ou lombaire, peut survenir la veille des règles et/ou au 1er jour des règles, voire lors des 2-3 premiers jours. Elle peut être auto-évaluée sur une échelle du ressenti de la douleur allant de 1 (douleur faible) à 10 (douleur intolérable) : elle est légère si cotée de 1 à 3, modérée si cotée de 4 à 6 et sévère au-delà de 6. Une douleur légère peut bénéficier de l’activité sportive qui induit une sécrétion de bêta-endorphines et améliore le seuil de sensibilité de la douleur. Une douleur moyenne à sévère doit être prise en charge par un professionnel de santé. Un bilan à la recherche d’endométriose peut être demandé : 1 femme sur 10 souffre d’endométriose et le diagnostic reste encore trop FEMMES SANTÉ

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TOUTE DOULEUR QUI GÊNE LES ACTIVITÉS DU QUOTIDIEN DOIT ÊTRE PRISE EN COMPTE.


souvent tardif. L’activité physique adaptée a toute sa place avec la prise en charge médicamenteuse de l’endométriose : exercices de yoga, d’assouplissement, de gainage sans hyperpression abdominale. Lors des périodes douloureuses, les activités sportives à impact répétées comme la course à pied seront évitées. La dysménorrhée a une influence sur le ressenti de la performance car elle entraîne une perte de concentration, de l’anxiété, des troubles du sommeil et une fatigabilité chronique, avec une perte de motivation et un ressenti négatif de ses propres capacités. Aussi, toute douleur qui gêne la pratique sportive, l’entraînement, quel que soit le niveau de pratique, n’est pas normale et doit être prise en compte, traitée par un professionnel de santé.

RÈGLES : UN INDICATEUR DE SANTÉ

Un cycle menstruel physiologique, sans syndrome prémenstruel, des règles d’abondance normale, sans carence martiale, sans douleurs de règles ne sont pas une limite à la performance mais le témoin d’un bon équilibre physiologique, nutritionnel, énergétique, d’une bonne santé pour la sportive. À l’opposé, l’absence de règles ou « aménorrhée » a un impact sur la santé et la performance de la sportive.

L’absence de règles est possible sous contraceptif hormonal du fait de l’action du contraceptif sur la muqueuse utérine et doit être distinguée de l’absence spontanée de règles pendant 3 mois (aménorrhée) qui doit amener à demander l’avis d’un professionnel de santé qui éliminera les autres causes d’aménorrhée.

L’AMÉNORRHÉE DE LA SPORTIVE Tout autre diagnostic ayant été recherché et éliminé, l’aménorrhée de la sportive fait partie du syndrome de Déficit Energétique Relatif dans le Sport appelé « REDs » qui a fait l’objet d’un consensus du groupe d’experts du CIO en 2023. Le REDs est lié à une disponibilité énergétique, insuffisante pour assurer les besoins du quotidien et la pratique sportive, problématique car prolongée, qui peut se produire chez l’homme comme chez la femme quand la dépense énergétique augmente fortement lors d’un stage sportif intensif, sans adapter les apports nutritionnels, quand il y a des restrictions alimentaires

dans un but de diminuer le poids du corps pour être plus performant, ou pour rester dans sa catégorie de poids, quand il y a méconnaissance des besoins nutritionnels avec un apport insuffisant en glucides par rapport à la pratique sportive. Les conséquences sont nombreuses chez la sportive et rappelées dans le consensus d’experts : troubles du cycle menstruel, cycles longs supérieurs à 35 jours, voire aménorrhée, augmenta­tion de la fréquence des infections par diminution des défenses immunitaires, risque de blessure musculaire, risque de fracture de fatigue, troubles cardio-vasculaires, hémato­ logiques, troubles gastro-intestinaux, troubles psychologiques avec une tendance à la dépression, perte de concentration, perte de motivation, troubles du sommeil, incontinence urinaire à l’effort, pour ne citer que les principales perturbations. Sur la performance : diminution des performances en endurance, diminution de la force musculaire, moins bonne réponse à l’entraînement, récupération plus longue. Selon les sports et le niveau de pratique, sa prévalence varie de 23 % à 79 %, et chez l’homme la prévalence est d’environ 15 %. La sensibilisation des sportives et de l’entourage aux risques du syndrome REDs sur la santé et sur la pratique sportive est importante pour en améliorer la prévention et aider à la prise en charge précoce. Dépister les perturbations du cycle liées au REDs problé­ mati­que, prendre en compte les symptômes comme les règles abondan­tes, les douleurs de règles, le syndrome prémenstruel fait partie intégrante du suivi de la sportive pour que la pratique sportive, régulière, quels que soient le niveau et l’âge, reste un plaisir avec tous les bénéfices reconnus sur la santé. ✱

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TÉMOIGNAGE

JUSTINE DECOURSELLE :

LE SOUFFLE DE LA MÉMOIRE

Infirmière de 26 ans et atteinte d’endométriose, Justine Decourselle a parcouru près de 1 500 kilomètres entre Drancy et Auschwitz en courant, non pour signer un exploit sportif, mais pour porter un message de mémoire, de tolérance et de résilience. À travers ce défi hors norme, elle rappelle que le sport peut être un formidable vecteur d’engagement, tout en témoignant de la force du mental face à la maladie et aux épreuves. Un parcours inspirant qui invite à croire en ses convictions, à dépasser les obstacles et à ne jamais renoncer à ce qui donne du sens à l’action. PROPOS RECUEILLIS PAR MURIEL HATEM

À quel moment ce défi sportif est-il devenu, pour vous, avant tout une mission de mémoire ? Dès le départ. C’est l’aspect mémoriel que j’ai souhaité mettre en avant et non le défi sportif. Je me suis servie de la course à pied pour transmettre un message. Le sport est vecteur de plein de choses positives ; c’était logique pour moi de s’en servir dans un esprit de solidarité afin de toucher un plus large public. Je suis contente que les gens se souviennent de moi sur l’aspect mémoriel. Pendant ces 33 jours, quel regard portiez-vous sur chaque matin en suivant les rails qui amènent au camp de la mort ? En France, j’étais très sollicitée à travers des cérémonies, je n’ai pas eu trop le temps de ressentir grand-chose. En revanche, quand je me suis retrouvée à dormir seule chez l’habitant ou dans un van (j’ai refusé l’hôtel afin de rester cohérente avec l’Histoire), j’ai entendu les trains passer sur ces fameux rails. Ça m’a fait ressentir beaucoup de choses, notamment parce que j’étudiais l’histoire des déportés depuis plusieurs mois… J’ai eu des images qui me sont venues en tête. Plus je me rapprochais d’Auschwitz et plus je comprenais ce que j’avais fait et comme le chemin était long pour tous ceux qui l’ont vécu en train dans des wagons à bestiaux, pendant 50 heures… J’ai ainsi réalisé la difficulté du trajet. En arrivant à la porte du camp, j’ai pleuré, me rendant compte de ce que j’avais fait comparé à tous ceux qui n’en sont jamais revenus… Y’a pas de mots pour expliquer ce que j’ai ressenti. 20

Selon vous, pourquoi est-il aujourd’hui essentiel que les jeunes générations continuent à transmettre cette mémoire ? Ne pas se souvenir, c’est répéter inlassablement les mêmes erreurs. Les témoins de ce massacre disparaissent peu à peu… C’est aux jeunes de prendre le relais aujourd’hui et de transmettre. L’antisémitisme continue de grandir, j’ai reçu beaucoup de messages de haine sur les réseaux sociaux. Mon message est apolitique, il consiste à refuser l’oubli ! S’accepter les uns les autres prend tout son sens dans ce contexte. Vous souffrez d’endométriose et pourtant rien ne vous a arrêtée, même lors des crises traversées pendant le périple. Qu’aimeriez-vous dire à toutes les femmes qui pensent que leur corps les empêchera de réaliser leurs rêves ? Si on accepte les limites qu’on nous impose, alors on ne fait plus rien. Il faut croire en ses rêves, en soi et en sa détermination. Ça a été difficile pour moi mais j’ai avancé pas à pas et mon mental m’a emmenée au bout. Je savais que j’allais réussir et pourquoi je le faisais, c’est ce qui m’a permis de ne jamais m’arrêter. J’ai subi des violences en tant que femme et ça m’a poussée à m’investir dans ce projet. C’est une victoire personnelle. J’ai beaucoup relativisé pendant mon périple en pensant à tous les malades que j’ai rencontrés à l’hôpital et qui se battent pour leur vie. FEMMES SANTÉ


NE PAS SE SOUVENIR, C’EST RÉPÉTER INLASSABLEMENT LES MÊMES ERREURS.

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Dans un défi aussi extrême, qu’est-ce qui a été le plus fort : la performance physique, le mental ou la cause que vous défendiez ? La cause que je défendais m’a aidée à aller jusqu’au bout. Physiquement, ça a été éprouvant ; 50 kilomètres par jour, ce n’est pas évident. Il m’est arrivé de ne pas pouvoir me laver pendant 5 jours mais ce n’est rien comparé à ce qu’ont vécu les déportés. Après avoir relié Drancy à Auschwitz, quel message aimeriez-vous que les lecteurs retiennent avant tout ? C’était une course pour la tolérance. Je vais continuer mon combat sur l’acceptation les uns des autres, quel que soit son origine, sa couleur de peau on son ethnie. ✱ FEMMES SANTÉ 21


NEWS

du doc UN ROMAN INSPIRANT

La Boxeuse est de ces romans qui frappent juste. À travers le parcours de Clarisse Verdon, Jean Beauséjour raconte bien plus qu’une trajectoire sportive : il explore la résilience, la reconstruction et la quête de sens. Ce roman nous plonge dans un univers exigeant, dur, mais profondément humain, où l’effort forge autant le corps que l’âme. Clarisse n’est pas une héroïne idéalisée : elle doute, souffre, tombe, se relève. Et c’est précisément ce qui la rend si proche de nous. La Boxeuse, paru aux Éditions Les 3 Colonnes, est un roman d’apprentissage, de courage et de dépassement de soi, porté par une énergie brute et sincère. Prix : 13,50 €

UNE PARENTHÈSE « CŒUR DE FEMME »

Le centre de thalassothérapie Emeria® à Dinard propose un séjour sur mesure pour les femmes. Parce que le cœur des femmes mérite toute notre attention, cette parenthèse pensée avec Suriia®, une plateforme de santé personnalisée, vous offre un temps pour vous, entre bilans, prévention cardio-vasculaire et soins bien-être. Une montre connectée Withings ScanWatch Nova® pourra suivre certains de vos indicateurs tout au long du séjour (sommeil, oxygénation, fréquence cardiaque, activité physique…) Retrouvez toutes les informations sur https://www.emeriadinard.com

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LA FÉMINITÉ AUDACIEUSE Avec Doty Blush, KINETIK® revisite les codes du sportswear féminin à travers un imprimé à pois moderne, frais et assumé. Une collection qui apporte de la personnalité à l’équipement trail tout en conservant les standards techniques de la marque : légèreté, respirabilité, maintien et confort longue distance. Pensée pour les sportives qui veulent conjuguer performance et élégance, Doty Blush incarne une nouvelle génération de vêtements outdoor, plus libres et plus expressifs. Prix : à partir de 14,99 €

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LA CHAUSSURE COMME LIEN VEJA® et Baserange®, marque franco-danoise de vêtements minimalistes et engagés, reviennent pour une deuxième collaboration. Cette nouvelle collection Capsule intègre de nouveaux coloris et poursuit l’exploration des matières. Pour cette collaboration, la basket est pensée comme un lien entre le pied et son environnement. Ainsi, sa forme anatomique et sa semelle fine assurent confort et proximité avec le sol. Cette approche sensorielle se retrouve dans le choix des matériaux. La tige est composée de Nolyn, la réinterprétation moderne et durable du nylon par VEJA®. Ce matériau confère légèreté et souplesse à la paire, accentuant l’idée de fusion avec les éléments. Prix : 185 €

MARATHON ROSE 2026 : 42 KM DANS PARIS POUR SOUTENIR LA LUTTE CONTRE LE CANCER DU SEIN

Dans le cadre d’Octobre Rose, l’association Casiopeea organise la 4e édition du Marathon Rose, une marche nocturne de 42 kilomètres qui réunira 100 femmes dans la nuit du 3 au 4 octobre 2026. Cette nouvelle édition empruntera, pour la première fois, une partie du parcours emblématique du Marathon de Paris, revisité de nuit pour offrir une expérience collective placée sous le signe de la reconstruction et de la solidarité. Au-delà de cet événement, Casiopeea lancera également le Lien Rose, du 9 au 16 octobre, un nouveau défi collectif reliant Paris à Nantes à travers plusieurs étapes de marche et de vélo, afin de prolonger la mobilisation tout au long d’Octobre Rose. Toutes les informations sur l’événement et toutes les autres opérations à retrouver sur : https://casiopeea-sport-sante.com/

DU MAINTIEN AVEC STYLE

Longtemps choisie uniquement pour son maintien, la brassière de sport est aujourd’hui devenue une véritable pièce de style. Les sportives recherchent désormais des équipements capables de suivre leurs mouvements, tout en s’intégrant naturellement à leur vestiaire. Le soutien-gorge de sport air control DeltaPad de chez Anita Active® garantit grâce à ses coques en mousse, exclusivement développées pour Anita, un maintien ferme, une circulation optimale de l’air et une climatisation idéale de la peau (« Anita Sweat Management »). La matière en filet léger assure un look dynamique avec un maximum de fonctions. Les coques extrêmement fines permettent de proposer un joli décolleté. Prix : 79,95 €

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MATERNITÉ

MATERNITÉ, PLAISIR ET SANTÉ MENTALE : COMMENT LES FEMMES RÉINVENTENT LEUR ÉQUILIBRE

Je ne suis pas une femme. Je ne connaîtrai jamais dans ma chair ce que signifie courir avec un corps qui traverse une grossesse, un post-partum, des cycles hormonaux, une fatigue intime ou cette impression que les repères changent. Mais en tant que préparateur mental, j’écoute beaucoup de femmes parler de leur rapport au mouvement. Et ce qui revient souvent, ce n’est pas la performance, c’est l’équilibre. La course comme respiration. Comme espace à soi. Comme manière de rester en lien avec son corps quand la vie demande beaucoup. PAR CYRIL BLANCHARD, ATHLÈTE ET COACH, FONDATEUR DE L’INSTITUT SANTÉ ET MENTAL ENDURANCE – ISME

QUAND LE CORPS CHANGE, L’IDENTITÉ BOUGE AUSSI On parle souvent de la grossesse comme d’un événement biologique. C’est vrai. Mais pour une femme qui aime courir, même sans objectif de compétition, c’est aussi un changement intime. Le corps n’est plus seulement celui qui avance, qui res­pire, qui donne cette sensation de légèreté après une sortie. Il devient un corps qui transforme, qui protège, qui ralentit parfois sans prévenir. Certaines femmes le vivent très bien, d’autres se sentent déstabilisées. Non pas parce qu’elles veulent « per­former », mais parce que courir faisait partie de leur équilibre. Camille Bruyas, traileuse de (très) haut niveau, kinésithérapeute et professeure de yoga, l’exprime avec beaucoup de justesse. Dans notre conver­ sation pour Objectif Finisher®, elle raconte une année pleine d’apprentissages, après une période de santé compliquée, de récidive de pathologie, de doute et de perte de contrôle. Elle dit clairement qu’elle aime contrôler, même si le yoga lui a appris à lâcher une partie de ce contrôle. Mais certaines épreuves l’ont obligée à aller plus loin : non plus seulement lâcher un peu, mais accepter de ne pas tout piloter. Quand le corps change, il ne suffit pas toujours de « s’écouter ». Encore faut-il apprendre à comprendre ce que le corps essaie de dire. 24

SORTIR DU « JE DOIS TENIR » Beaucoup de femmes connaissent cette injonction souvent cachée derrière les regards : être disponible au travail, présente à la maison, attentive aux autres, active pour sa santé, sereine dans sa maternité et garder du temps pour soi… sans jamais trop déranger. Dans ce contexte, courir peut devenir une ressource. Mais parfois aussi une pression supplémentaire : « je devrais y aller », « je devrais garder le rythme », « je devrais être plus régulière ». Et si la vraie santé commençait par enlever quelques « je devrais » ? Les recommandations médicales rappellent que l’activité physique est généralement bénéfique pendant une grossesse non compliquée, avec un repère souvent cité de 150 minutes d’activité modérée par semaine, à adapter selon l’état de santé, le suivi médical et l’expérience sportive de chacune. Autrement dit : bouger, oui, mais pas selon un modèle unique. Pas contre soi. Pas pour prouver que rien n’a changé. Faire moins certains jours, ce n’est pas régresser, c’est réguler. CAMILLE BRUYAS : UNE GROSSESSE COMME UNE SAISON DIFFÉRENTE Ce qui rend le témoignage de Camille intéressant, ce n’est pas seulement son niveau sportif. C’est sa manière de parler de la grossesse comme d’un déplacement. Elle explique que ce projet était présent depuis longtemps, mais qu’il y avait toujours une aventure, une course, une saison à vivre. Elle avait même imaginé une saison avec des « courses de cœur ». Puis la grossesse arrive, plus tôt que prévu. Alors, au lieu de la décrire comme une rupture, elle en parle comme d’une saison qui « s’offre » à elle. Une saison différente. Moins centrée sur la compétition, davan­ tage tournée vers l’écoute, l’adaptation, la curiosité du corps. Elle dit aussi qu’elle se sent chanceuse, mais pas seulement. Elle relie cette grossesse à une attention portée à sa santé, notamment hormonale, après des années d’ultra-endurance. FEMMES SANTÉ

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our beaucoup de femmes, courir n’est pas « faire du sport », c’est reprendre de l’air. Marcher ou courir vingt minutes pour remettre un peu d’ordre à l’intérieur. Ce n’est pas forcément une affaire de chrono ou de dossard, c’est une affaire de santé, de plaisir et parfois de stabilité personnelle. Alors, quand la maternité arrive, ou quand le corps change, une question peut devenir sensible : comment continuer à bouger sans se faire violence ? Comment préserver ce lien au corps sans chercher à tout contrôler ? Comment accepter de courir autrement sans avoir l’impression de se perdre ?


Elle s’étonne même d’être tombée enceinte quelques mois seulement après l’UTMB®, alors qu’elle avait déjà connu, après certains ultras, des périodes où son corps semblait marqué pendant plusieurs mois. Le corps féminin n’est pas seulement un corps à rendre capable, c’est un système vivant, sensible, parfois mystérieux, qui donne des informations bien avant de donner des résultats. DÉZOOMER SANS RENONCER Quand on aime courir, même sans compétition, on peut s’accrocher à ses habitudes. Son parcours. Son rythme. Sa distance. Ce rendez-vous avec soi-même devient important. Mais certaines périodes de vie obligent à dézoomer. Dézoo­ mer n’est pas renoncer… c’est remettre la course à sa juste place dans un système plus large : la santé, le sommeil, la famille, le travail, le couple, l’énergie disponible. Chez Camille, cette idée revient fortement. Elle raconte qu’elle a longtemps cherché à résoudre l’énigme du 100 Miles, cette distance qui la sortait de sa zone de confort. Mais elle finit par comprendre que ce n’est pas forcément en dézoomant que l’on perd en qualité de présence. Parfois, c’est même l’inverse. Pour une femme qui court simplement pour se sentir bien, on pourrait le dire ainsi : ce n’est pas parce qu’on ralentit qu’on perd quelque chose. Une sortie de vingt minutes peut changer une journée, comme nous le rappelle souvent Blaise Dubois de La Clinique Du Coureur, avec qui collabore Camille. Une alternance marche-course peut remettre de l’air dans la tête. Une balade active peut parfois être plus bénéfique qu’une séance faite dans la culpabilité. La vraie question n’est pas : « Est-ce que j’en ai fait assez ? » ; la vraie question est : « Est-ce que ce que j’ai fait m’a aidée à me sentir mieux ? »

FAIRE MOINS CERTAINS JOURS, CE N’EST PAS RÉGRESSER, C’EST RÉGULER. LA RESPIRATION : REVENIR À CE QUI NOUS APPARTIENT Quand je demande à Camille ce qu’elle transmettrait à une jeune sportive, elle revient rapidement à la respiration : un outil concret. Poser une main sur le ventre. Sentir l’inspiration. Observer l’expiration. Compter quelques cycles. Revenir à un point d’appui qui ne dépend ni des obligations, ni des performances, ni du regard extérieur. Elle insiste sur le fait que ces outils sont simples, presque invisibles, mais qu’ils construisent une hygiène intérieure avec le temps. « J’entends souvent les femmes dire qu’il faut se motiver pour courir. Mais la motivation n’est que la consé­ quen­ce d’une posture de vie. Se calmer. Redescendre. Revenir au corps. Sortir du bruit mental. Et ensuite, ressentir l’envie ou le besoin d’aller dehors. Parfois, marcher. Parfois, dormir. Et tout cela peut être juste. »

LA TROISIÈME VOIX AU FÉMININ Quand une femme aime courir et que sa vie change, deux voix peuvent vite se disputer. La première dit : « Continue. Ne lâche pas. Garde ton rythme. » La deuxième répond : « Arrête. Tu n’as plus le temps. Ce n’est plus prioritaire. » Et puis il y a une troisième voix. Plus fine. Plus lente. Plus intelligente. Elle ne nie pas l’envie de courir. Elle ne nie pas non plus la fatigue, les contraintes, la grossesse, le post-partum, les douleurs ou les journées trop pleines. Elle écoute les deux, puis elle choisit. Cette voix peut dire : « Aujourd’hui, je cours doucement » ; « Aujourd’hui, je marche » ; « Aujourd’hui, je protège mon sommeil » ; « Aujourd’hui, je ne me compare pas » ; « Aujourd’hui, je fais ce qui me fait du bien ». Cette troisième voix n’est pas une voix de renoncement, c’est une voix de maturité. Celle qui permet de rester en lien avec soi sans se forcer à rester la même. TRAVERSER LES PASSAGES À VIDE SANS SE PERDRE Dans le livre La Troisième Voix, Camille partage aussi son expérience des passages à vide. Pas seulement les moments difficiles en course, mais les périodes longues. Celles qui durent des semaines. Celles où le corps ne répond plus, où la motivation se brouille, où l’identité sportive devient fragile. Ce qu’elle raconte est important pour toutes les femmes qui courent pour leur santé. Parce qu’un passage à vide n’est pas réservé aux championnes. Il peut arriver après une grossesse, une blessure, une période professionnelle intense, une fatigue familiale, une baisse de moral. On croit parfois qu’on « a perdu le rythme ». En réalité, on traverse peut-être une transition. Camille dit que les automatismes ne se construisent pas seulement dans les bons jours, mais aussi dans la répétition, même imparfaite. C’est une phrase que je trouve très juste. Pour continuer à courir sans s’oublier, il ne faut pas chercher une version parfaite de soi. Il faut accepter une version vivante. Une version qui avance, s’arrête, reprend, ajuste. ✱

FEMMES SANTÉ 25


MISE AU POINT

CŒUR

DE SPORTIVE

Mesdames, votre cœur n’est pas celui d’un homme ! Ses maladies et ses performances ne sont pas identiques. Votre bilan médico-sportif et votre entraînement doivent être différents ! Explications et conseils ! PAR LE DOCTEUR STÉPHANE CASCUA, MÉDECIN DU SPORT, RÉDACTEUR EN CHEF DE DOC DU SPORT

otre mari, vos copains courent plus vite que vous… et sans efforts particuliers ! Sur les stades comme dans les entreprises, vous souffrez d’injustice ! Heureuse­ment, cette supériorité apparente cache quelques faiblesses.

LE CŒUR DES FEMMES EST MOINS SENSIBLE ! Mesdames, vous présentez 2 fois moins de « cardiomyopathies hypertrophique ». Cette malformation correspond à un épais­sis­ se­ ment du muscle cardiaque. À l’effort, elle est parfois responsable de crampes du cœur gravissimes ! Vos valves, les soupapes qui séparent les différents compartiments du cœur, s’abîment 2 fois moins souvent. Jusqu’à la ménopause, vous faites 3 à 4 fois moins de crises cardiaques que les hommes. Il faut remercier vos hormones sexuelles qui assouplissent vos artères et limitent l’accumulation de mauvais cholestérol. De façon logi­que, pour 100 morts subites pendant le sport, on trouve 90 hommes et 10 femmes. Cependant, vous dilapidez vos privi­ lè­ ges quand vous fumez ! Votre risque redevient comparable à celui des hommes quand vous associez tabac et pilule ! Dommage ! Après la ménopause, vers 54 ans en moyenne, la production d’hormones féminines protectrices s’arrête et le risque d’infarctus augmente. Il rattrape rapidement celui des hommes. Une femme et un homme de 70 ans ont la même probabilité d’être victimes de cet accident cardiaque grave. Ainsi, les maladies cardio-vasculaires restent la première cause de mortalité féminine. Heureusement, tout au long de votre vie, comme chez l’homme, le sport divise par 2 à 3 le risque 26

d’infarctus ! À partir de 4 heures par semaine d’entraînement, la fréquence des morts subites à l’exercice diminue. Selon une étude menée par le docteur JOUVEN, elle est identique chez les sédentaires et celles qui pratiquent entre 2 et 4 heures chaque semaine. Elle augmente lorsque la durée de l’activité sportive hebdo­madaire est inférieure à 2 heures. Dans ces circonstances, il semble que, par manque d’habitude, la sollicitation cardio­ vasculaire stresse plus le cœur qu’elle ne le renforce !

UN BILAN MÉDICOSPORTIF FÉMINISÉ Jusqu’à 50 ans, votre aptitude cardio-vasculaire est confirmée par une visite médicale annuelle. Elle inclut notamment un interrogatoire rigoureux recherchant des symptômes évoca­ teurs de maladies cardiaques. Les signes habituels sont les pertes de connaissance, les malaises, les palpitations ou les douleurs dans la poitrine. Cependant, mesdames, vous ressentez les choses parfois différemment : irradiations dans le cou ou les bras, brûlures d’estomac, nausées, vomisse­ments, difficultés respiratoires, faiblesse musculaire. Ces manifestations surve­ nant à l’effort sont également intrigantes pour le cardiologue du sport ! L’examen comprend un électrocardiogramme de repos lors du premier bilan puis tous les 2 ans en cas de compé­tition. Cet examen tente de détecter des malformations du cœur et des anomalies dans la transmission électrique de l’ordre de contraction. Alors que l’épreuve d’effort est conseillée après 40 ans chez le sportif, chez la femme elle ne se révèle néces­ saire qu’après la ménopause, au-delà de 55 ans. Elle consiste à monter sur un vélo immobile et à pédaler progressivement FEMMES SANTÉ


LE CŒUR DES FEMMES EST PROTÉGÉ PAR LEURS HORMONES. UNE ÉPREUVE D’EFFORT EST CONSEILLÉE APRÈS LA MÉNOPAUSE.

jusqu’au maximum de vos possibilités. Simultanément, un électrocardiogramme surveille l’activité électrique de votre cœur. Il recherche des indices de mauvaise oxygénation par obstruction partielle des artères entourant le muscle cardiaque.

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UN MOTEUR MOINS PUISSANT… La puissance de votre cœur, la fameuse « VO2max » ou « consommation maximum d’oxygène » est plus faible que celle des hommes. En moyenne, vous atteignez votre fréquence cardiaque maximum en courant à des vitesses 10 à 15 % inférieures. Chez les athlètes masculins de haut niveau, cette allure correspond à 24 km/h contre 21 km/h pour leur homologue du « sexe lent ». De surcroît, votre petit moteur est contraint de « tourner plus vite » ! Vous présentez un rythme cardiaque maximum un peu plus élevé, classiquement (225 - âge en années) contre (220 – âge en années) pour les hommes. Plusieurs paramètres justifient ces constatations. Votre cœur est plus petit et grossit moins avec l’entraînement. En effet, en l’absence d’hormones mâles anabolisantes, la construction des protéines et des muscles est moins stimulée. Pour les mêmes raisons mais également à cause des règles, vous avez moins de globules rouges circulant dans votre sang : 14 grammes en moyenne pour 100 millilitres contre 15 chez un homme. Vous manquez de transporteurs d’oxy­ gène entre vos poumons et vos muscles ! ➔ FEMMES SANTÉ 27


MISE AU POINT

plus longtemps ! Certains mentionnent aussi un meilleur contrôle de la déshydratation et de la température corporelle. Mesdames, vous évacuez la chaleur produite par la contraction musculaire plus par ouverture des vaisseaux situés dans la peau que par sudation. À l’effort, les femmes ont tendance à rougir rapidement alors que les hommes transpirent. Vous êtes moins trapue donc plus longiligne que vos collègues masculins. De fait, votre surface cutanée est plus importante et la « vasodilatation périphérique » est efficace pour vous refroidir ! Pour le même exercice, l’homme perd de l’eau et des minéraux. Sa température corporelle s’élève plus nettement. Voilà qui limite parfois sa tolérance aux activités très prolongées !

Vous brûlez moins d’énergie ! Mesdames, vous sacrifiez aussi la performance à la beauté ! En effet, vos jolies courbes féminine s’expliquent par une adiposité un peu plus élevée que celle des hommes. 25 % de votre corps est constitué de graisse contre 15 % en moyenne chez l’homme. Au final, en filant la métaphore automobile, j’aurai l’audace de vous expliquer que le poids de la carrosserie augmente alors que celui du petit moteur musculaire diminue d’autant ! Le rapport poids/puissance en pâtit, la vitesse maximum aussi !

UN MOTEUR PLUS RÉSISTANT ET PLUS ÉCONOMIQUE ! Cette différence de niveau entre hommes et femmes s’émousse quand la distance augmente ! Les records mondiaux l’illustrent bien. L’écart est d’environ 12 % pour le 1500 et le 10 000 mètres. Il tombe à 9 % au marathon et s’effondre à 5 % à l’occasion du 100 kilomètres. Mesdames, vos hormones féminines vous confèrent une souplesse plus importante. Les membranes musculaires, les aponévroses, se laissent distendre plus aisément, vous faites moins de microdéchirures musculaires, vous êtes moins sensibles aux courbatures. Vos muscles s’abîment moins, ils fonctionnent plus longtemps correctement ! Votre climat hormonal favorise également l’utilisation des graisses. À intensité identique vous brûlez plus de lipides que les hommes. C’est à 52 % de votre fréquence cardiaque maximum que votre consommation d’acides gras diminue au profit du glucose contre 45 % chez les hommes. Vous économisez d’autant votre sucre musculaire ou « glycogène » et vous tenez 28

ADAPTEZ VOTRE ENTRAÎNEMENT Avant la ménopause, votre cœur est protégé… sauf quand vous cumulez tabac et pilule ! Arrêtez de fumer ! Vos points faibles sont le manque de muscle, l’usure des cartilages, le risque d’ostéoporose et de chute l’âge venu ! Quitte à limiter un peu le travail cardio-vasculaire, optez pour des entraînements variés sollicitant aussi votre squelette et votre équilibre. Ne vous contentez pas de natation, d’aquagym® ou de vélo ! Courez, faites du tennis, dansez, participez à des cours collectifs où s’associent travail du cœur, réceptions et renforcement musculaire ! Après la ménopause, augmentez un peu les sports d’endurance pour préserver votre cœur. L’idéal est de pratiquer plus de 4 heures par semaine. Les os et les articulations fragilisés doivent être plus subtilement sollicités et entretenus. La randonnée, la marche active, le footing, la danse et le tennis sont encore les bienvenus. Pour limiter le risque de fracture de fatigue, la somme des activités à impact ne doit pas dépasser 6 heures hebdo­ madaires. Afin d’éviter l’aggravation de votre arthrose, limitezvous à 30 à 40 km de footing par semaine. Vélo, natation, aquagym® et cardio-training sur appareil complètent le travail cardio-­vasculaire. Tout au long de votre vie de sportive, optimisez encore votre thermorégulation. Puisque vous transpirez peu, pensez à vous asperger. Mouillez votre maillot, notamment en compétition ! L’eau versée s’évaporera en utilisant la chaleur du sang passant dans votre peau. Vous serez encore plus à l’aise ! Enfin, le suivi quotidien de sportives m’amène à un dernier conseil. Attention aux séances mixtes ou en couple ! Vous cherchez à maintenir le rythme ! Vous êtes toujours un peu dans le « rouge » ! Insidieusement, vous vous surentraînez, vous vous épuisez ! Suivez monsieur lors de sa séance de récupération ! Au cours des longues sorties, mettez-lui un sac à dos. Dosez le handicap jusqu’à ce qu’il reste à vos côtés sans trépigner ! Pendant les séances de fractionné, laissez-le faire des « allers-retours »… un peu comme un épagneul breton ! Les amoureux passionnés de vélo peuvent investir dans un tandem, c’est très sympa ! Dans d’autres circonstances, entraînez-vous à votre rythme éventuellement accompagnée d’une copine de votre niveau ! ✱ FEMMES SANTÉ

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EN ENDURANCE, LES PERFORMANCES DES FEMMES SE RAPPROCHENT DE CELLES DES HOMMES QUAND LES DISTANCES AUGMENTENT.


CARDIOLOGIE

COMMENT MASSER UNE FEMME ? COMME ON MASSE UN HOMME À l’occasion de la Journée Internationale de la Santé de la Femme le 28 mai, la Fédération Française de Cardiologie (FFC) a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation en 2026 : « Cœur de Femmes », pour combattre les idées reçues et à faire connaître un message essentiel : en cas d’arrêt cardiaque, une femme doit être prise en charge comme un homme. PAR LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE CARDIOLOGIE

UN CONSTAT ALARMANT : UNE HÉSITATION QUI COÛTE CHÈRE Chaque année, des femmes victimes d’un arrêt cardiaque sont moins massées, moins défibrillées et moins secourues que les hommes. Pourtant, les Gestes Qui Sauvent sont exactement les mêmes. Pourquoi ? Parce que les témoins hésitent encore. Peur de faire mal, peur de toucher la poitrine, peur d’être jugé... Face à une personne inconsciente qui ne répond pas et ne respire pas, il n’y a pourtant qu’une seule urgence : agir. Cette inégalité s’explique souvent par une méconnais­ sance des signes de l’arrêt cardiaque chez les femmes, une banalisation des symptômes ou encore l’appréhension de toucher un corps. Derrière cette hésitation se cachent des conséquences bien réelles : des minutes perdues, des gestes qui ne sont pas réalisés et des chances de survie qui s’envolent. Pourtant, la conduite à tenir est simple : la force à appliquer est identique et le massage cardiaque se pratique au centre de la poitrine, par-dessus les vêtements (tee-shirt, chemisier...). En cas d’arrêt cardia­­que, il n’y a pas de différence : une femme doit recevoir les mêmes Gestes Qui Sauvent qu’un homme. Chaque minute gagnée grâce aux Gestes Qui Sauvent augmente ses chances de survie.

« Trop de témoins hésitent encore à pratiquer un massage cardiaque sur une femme. Pourtant, chaque minute compte. Un massage cardiaque n’est pas un geste intime. C’est un geste vital. Si c’était votre mère, votre femme, votre fille, vous hésiteriez ? Face à un arrêt cardiaque, il ne faut pas se deman­der si la victime est un homme ou une femme. Il faut agir. » déclare le Professeur Gérard Helft, Président de la Fédération Française de Cardiologie

PARCE QUE LE COEUR N’A PAS DE GENRE, MÊMES GESTES POUR TOUT(E)S

Après avoir reconnu un arrêt cardiaque, l’action doit être immédiate. N’attendez pas qu’une autre personne intervienne ou qu’un professionnel de santé arrive. Les premières minutes sont décisives et en osant agir, le premier témoin a un rôle essentiel à jouer. Les Gestes Qui Sauvent reposent sur trois actions, à réaliser dans l’ordre. Elles permettent d’assurer la prise en charge de la victime jusqu’à l’arrivée des secours et d’augmenter considérablement ses chances de survie :

1. ALERTER - 2. MASSER - 3. DÉFIBRILLER

Alertez immédiatement les secours en composant le 15, le 18 ou le 112, il ne faut pas raccrocher, l’opérateur va nous guider jusqu’à l’arrivée des secours, puis commencez un massage cardiaque au centre de la poitrine, sans retirer les vêtements s’ils ne sont pas trop épais. Si un défibrillateur automatisé externe est disponible à proximité, envoyez un autre témoin pour vous l’apporter et utilisez-le dès que possible : il est conçu pour être manipulé par tous et vous guidera étape par étape grâce à ses instructions vocales. Continuez le massage jusqu’à l’arrivée des secours ou jusqu’à ce que la victime reprenne une respiration normale. Face à un arrêt cardiaque, agir rapidement peut faire toute la différence, quelle que soit la personne concernée.

UNE VIE = 3 GESTES

Trois réflexes simples qui peuvent sauver des milliers de vies chaque année.

QUELQUES CHIFFRES :  50 000 morts par arrêt cardiaque/an  70 % devant témoin  70 % dans la sphère privée © SHUTTERSTOCK.COM

 Chaque minute sans Gestes Qui Sauvent = 10% de chance de survie en moins.

Trouvez une initiations aux GQS gratuite dans nos clubs coeur et santé près de chez vous et pour plus d’informations sur http://www.fedecardio.org/ gestesquisauvent-coeurdefemmes//

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INTERVIEW

EMMANUELLE BERNE : « LA DANSE ME REMPLIT DE JOIE ET DE BONHEUR » Emmanuelle Berne est une figure emblématique du monde de la danse. Révélée au grand public lors de sa 1re participation à l’émission Danse avec les stars sur TF1 en tant que danseuse professionnelle, elle rayonne aujourd’hui dans son rôle de directrice des chorégraphies. Avec son énergie débordante et sa personnalité lumineuse, elle a conquis le public français et international. Coach sportive, animatrice télé et businesswoman accomplie, elle conjugue avec talent ses multiples casquettes. En plus de sa brillante carrière, à 38 ans, Emmanuelle est la maman comblée de deux petites filles. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU

Que vous apporte la pratique de la danse dans votre quotidien ? Tellement de choses… C’est une échappatoire qui m’apporte de la joie et de la liberté. C’est même devenu un moment de partage avec mes filles ! La danse permet de s’évader ; quand on rentre dans un studio, on s’échappe du quotidien. Ça commence avec la musique qui entraîne, on ne réfléchit plus et on se laisse aller. Je suis passée de la danse performance à la danse plaisir, c’est ce qui me nourrit. C’est devenu un outil de bien-être. Vous êtes une femme, sportive et maman. Avez-vous adapté votre pratique au fur et à mesure de votre évolution personnelle ? Ma danse a évolué avec moi. Je m’entraînais 5 heures par jour entre la danse et la préparation physique comme une athlète de haut niveau. Enceinte, j’ai décidé d’adapter ma pratique. Aujourd’hui, je n’ai plus de temps pour moi et c’est difficile à accepter avec mon corps qui a changé. C’est pourquoi j’ai décidé de développer un programme pour les femmes pressées. Il faut bouger 10 à 15 minutes par jour au minimum. Fini les séances de 45 minutes, je reprends soin de moi autrement.

Comment gérez-vous vos journées en période très active ? Je laisse tomber mes entraînements personnels pendant la préparation et les enregistrements de l’émission Danse avec les stars. Je travaille sur les chorégraphies à la place et ça me permet de bouger encore plus. Je suis moins présente en famille pendant 3 mois et dès que j’ai fini cette période, je redeviens maman à 100 %. Je pratique alors avec mes filles à la maison, ce sont des petits moments qui permettent de retrouver du temps pour soi. La danse agit autant sur le corps que sur le mental. Quels effets avez-vous observés sur la confiance en soi, le stress ou le bien-être ? En compétition ou en spectacle, ça me provoquait beaucoup de stress. J’ai pratiqué de manière très intense mais ça provoque de superbes émotions. J’ai vécu des moments incroyables à me sentir en parfaite symbiose avec mon partenaire, c’est une sensation unique. La danse m’a également permis de garder une hygiène de vie saine et de traverser des moments difficiles. Aujourd’hui, ça me remplit de joie et de bonheur. Quels conseils simples donneriez-vous pour intégrer davantage de mouvements dans le quotidien ? Il faut trouver une activité qu’on ait vraiment envie de faire et qui permette de s’échapper quelques minutes par jour. Il faut s’entretenir régulièrement pour se sentir mieux. Les gestes du quotidien peuvent devenir des mouvements à mettre en chorégraphie. Comment la danse peut-elle aider les femmes à se réconcilier avec leur image et à se sentir plus fortes ? En fonction des mouvements on va ressentir son corps et l’aimer à nouveau. Il ne faut pas se comparer mais se laisser aller sans se confronter au regard des autres. La danse permet de retrouver des sensations qu’on avait parfois oubliées. On n’a pas besoin d’être parfaite, la danse est imparfaite, il faut vivre l’instant présent. ✱

SI VOUS VOULEZ BOUGER QUELQUES MINUTES PAR JOUR AVEC EMMANUELLE, RETROUVEZ-LA SUR SON COMPTE INSTAGRAM :

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@EMMANUELLEBERNE FEMMES SANTÉ


SANTÉ

« FAUT PAS CREVER » :

QUAND LE VÉLO REMET LA VIE EN MOUVEMENT APRÈS LE CANCER Du 19 septembre au 3 octobre, trente patients atteints d’un cancer ou en rémission, accompagnés de leurs proches, parcourront 715 kilomètres entre Menton et Perpignan à vélo. Imaginé en partie par le Dr Stephen Ellis au sein de la maison de soins « La tête et les jambes », ce défi solidaire illustre les bénéfices de l’activité physique dans la reconstruction physique, psychologique et sociale après un cancer, notamment féminin. PAR ANNE ODRU AVEC LE DOCTEUR STEPHEN ELLIS, ONCOLOGUE-RADIOTHÉRAPEUTE ET PORTEUR DU PROJET

LE VÉLO COMME MOTEUR DE RECONSTRUCTION L’idée de faire du vélo a été lancée avec le kinésithérapeute afin de créer une aventure humaine réunissant des person­nes qui ne se connaissaient pas forcément. La préparation et les entraînements ont permis de créer un lien social entre les participants. C’est un excellent moyen de retrouver de la confiance et un équilibre émotionnel. Cela permet également à l’entourage de s’impliquer et de partager toute l’élaboration du projet avec un objectif commun. Il est important afin de vouloir et de pouvoir se rouvrir aux autres et surtout de retrouver le sourire… Dans ce contexte, chacun se reprend en main après une fracture de la vie quotidienne générée par la maladie.

BIEN PLUS QU’UN RAID, UN PROJET DE RECONSTRUCTION L’organisation a pris un an car il a fallu adapter le parcours et le défi selon chaque traitement. Il y a eu beaucoup de réflexion quant à la bonne distance à proposer et au choix des villes étapes avec les logements et les pauses-déjeuner. Ce sont les patients qui ont en partie géré la logistique en faisant des repérages et en contactant les municipalités. 26

Il a également fallu trouver des vélos et des partenaires finan­ ciers. Une démarche qui a permis aux participants d’améliorer leur qualité de vie en leur apportant de la sérénité d’esprit et de quoi se projeter. Sur le plan physique, chacun se gère tout en bénéficiant d’un accompagnement durant la préparation à travers des entraîne­ ments réguliers. Durant l’évènement, les villes et régions sont invitées à se joindre au peloton à chaque étape. Une assistance technique dans un camion les suit tous les jours avec en plus des vélos électriques et musculaires selon les besoins. Une assistance médicale est également présente. ✱­

CHANGER LE REGARD SUR LA MALADIE

Il faut se réinscrire sur un chemin de vie et se projeter à nouveau. Le rythme de vie ne doit pas dépendre que du cancer et des soins. S’occuper de son bien-être est primordial, on peut bouger et relever des défis physiques et solidaires comme ici. La vie personnelle doit toujours exister, que ce soit pendant ou après la maladie. Il ne faut donc pas attendre et « survivre » ! Aujourd’hui, on développe de plus en plus de traitements adaptés grâce aux progrès technologiques qui permet­ tent d’agir plus vite. On vit mieux et plus longtemps ; le cancer n’est pas forcément une fatalité mais peut devenir une pathologie chronique. Il est toujours difficile de réunir les gens pour en parler et sensibiliser à la prise en charge qui est devenue beaucoup plus positive. Cette maladie mérite qu’on la regarde différemment. FEMMES SANTÉ

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L

e projet est né au sein de « La tête et les jambes », une maison de bien-être à Perpignan pour les patients atteints de cancer et leurs proches. L’idée principale était de remettre le patient et ce qui constitue l’individu au cœur de la prise en charge, que ce soit d’un point de vue psychique, physique ou encore sexuel. C’est ainsi qu’est venue l’envie de proposer comment se ressourcer via des ateliers divers tels que la sophrologie, la psychologie et l’activité physique adaptée.


RENCONTRE

CAMILLE VIAUD : LE DÉFI D’UNE JEUNE PILOTE MOTO À seulement 22 ans, Camille Viaud fait partie des rares Françaises à évoluer au plus haut niveau du motocross sur sable. Dans une discipline aussi spectaculaire qu’exigeante, où les femmes restent encore peu nombreuses, elle enchaîne les compétitions internationales en conciliant préparation physique, endurance, récupération et force mentale. Un parcours qui illustre les défis quotidiens du sport de haut niveau, mais aussi l’évolution de la place des femmes dans les sports mécaniques, où la performance se construit autant par la maîtrise du corps que par la résilience et la détermination. PROPOS RECUEILLIS PAR ANNE ODRU

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cet univers et qu’est-ce qui vous motive à y faire votre place aujourd’hui ? Je suis tombée dedans toute petite grâce à mon père pilote. Il m’a transmis ce qui est devenu ma passion. J’aime l’adréna­ line de ce sport et le danger qu’on essaie de maîtriser sur la moto. À côté de ça, je pratique beaucoup de vélo de route pour compléter ma préparation. J’ai également fait du karaté, de la natation et du triathlon mais je n’y retrouve pas l’adrénaline que peut me provoquer la moto. C’est devenu un besoin très rapidement ; aujourd’hui, c’est une addiction qui fait partie intégrante de mon quotidien.

Comment préparez-vous votre corps pour enchaîner les compétitions internationales, et quels sont les aspects de votre entraînement les plus importants pour préserver votre santé ? En ce moment, je me remets d’une opération des ligaments croisés du genou et je ne peux donc plus faire de moto pendant 6 mois. Je fais donc beaucoup de vélo pour compenser. Je fais également appel à un préparateur mental pour m’aider à trouver mon autonomie dans ma pratique. Je vais devoir changer mes habitudes en remontant sur la moto et il va falloir retrouver de la confiance et de la sérénité sans prendre de risque. Avant mon opération, je m’entraînais 4 fois par semaine sur la moto et je complétais avec du vélo et de la préparation physique. Je passais 10 heures sur ma moto chaque semaine en variant des séances d’endurance, de fractionné ou en travaillant la technicité. Il faut également beaucoup d’équilibre pour tenir ; je travaille en faisant du renforcement musculaire et de la proprioception. Le regard porté sur les femmes dans les sports mécaniques évolue-t-il selon vous ? J’ai eu de belles opportunités pour intégrer des équipes mais en étant toujours sous-payée par rapport aux hommes. On est peu, voire pas du tout payée… La fédération aide pour que ça change, il existe de petites évolutions mais qui ne sont toujours pas à la hauteur. J’espère qu’on va mettre plus de choses en place car on ne peut pas en vivre. J’ai dû faire une formation et trouver un boulot pour continuer ma carrière, sinon je ne m’en sortais pas.

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Vous participez à l’Enduropale du Touquet. Que représente cette course mythique dans votre carrière ? C’est l’évènement le plus attendu avec 1 500 pilotes au départ et les guidons qui se touchent quand ça démarre à 120 km/h sur le sable… C’est un marathon de 3 h 30 environ avec une belle exposition médiatique, même si on ne parle pas encore assez des femmes. Nous sommes une cinquantaine à participer seulement… Je m’y prépare en faisant des répéti­ tions et beaucoup de séances techniques pendant des semaines avant la course. J’ai signé un contrat avec mon équipe New Bike® et c’est une étape indispensable dans ma saison, c’est la course la plus importante pour moi. Le reste de la saison, je vais participer au championnat de France sur terre et évaluer mon niveau en revenant sur quelques étapes du championnat du monde. ✱ FEMMES SANTÉ 33


DÉCOUVERTE

CONSTANCE DE SCHROMPÉ L’ÉNERGIE D’UNE FEMME EN MOUVEMENT Ancienne avocate devenue entrepreneuse dans l’univers du sport et du bien-être, Constance de Schrompé a transformé sa passion pour l’activité physique en un véritable projet de vie. Après avoir découvert aux États-Unis une nouvelle approche du Pilates Reformer®, plus accessible, dynamique et tournée vers la communauté, elle a créé « The New Me® », une marque qui compte aujourd’hui une cinquantaine de studios en France et à l’international. Sportive engagée, elle défend une vision du bien-être basée sur le mouvement, la santé et le plaisir de prendre soin de soi à tout âge. PROPOS RECUEILLIS PAR MURIEL HATEM

Lors d’un voyage aux États-Unis, vous avez perçu le potentiel du Pilates Reformer® avant qu’il ne devienne une véritable tendance en France. Qu’est-ce qui vous a convaincue qu’il y avait une opportunité ? Je pratiquais déjà le Pilates sur Reformer à Paris dans un tout petit studio ; c’est une pratique plutôt médicalisée dans les cabinets de kinés par exemple. À New York, il y a de la musique et c’est beaucoup plus ludique. Aux États-Unis, c’est devenu une discipline accessible à tous et c’est ce qui m’a vraiment plu. Il faut que cette pratique se démocratise en France. Vous poursuivez le développement de The New Me®, avec des ouvertures de salles qui dépassent désormais les frontières françaises. Comment expliquez-vous cette réussite et quelles sont vos ambitions à l’international ? Cette année, nous ouvrons à La Réunion, Genève, Montréal, Lisbonne, Madrid et Barcelone. Nous sommes déjà ouverts en Belgique. Nous sommes les premiers en Europe à installer ce marché. J’ai créé une marque à la différence de mes concurrents, ce qui me permet de fédérer une communauté de femmes. Aujourd’hui, on met l’accent sur notre éthique avec des coachs 34

diplômés et nous lançons une académie de formations afin de bien contrôler les compétences de tous nos coachs en continu. Selon vous, qu’apporte le Pilates Reformer® de différent par rapport aux autres pratiques sportives, tant sur le plan de la santé que sur celui du bien-être ? On peut pratiquer de 14 à 75 ans car il s’agit d’une activité sans impact. On touche une communauté très large car nous n’apportons aucune blessure ni douleur. Nous travaillons sur le muscle en profondeur en adaptant selon les mouvements et les niveaux de chacun. Beaucoup de gens nous disent qu’ils se tiennent plus droit et ont moins mal au dos tout en voyant leurs muscles qui se dessinent. On travaille petit à petit pour que ça devienne naturel. Il y a également de belles rencontres dans un cadre agréable où on ressort sans souffrance. Comment votre pratique personnelle influence-t-elle votre vision de l’entreprise, du leadership et de la qualité de l’expérience proposée dans vos studios ? J’adore tester la concurrence et d’autres pratiques, ce qui me permet de prendre du recul. J’ai besoin de pratiquer une heure par jour. Je suis très exigeante avec moi-même et je me rassure en allant dans les autres salles. Ça me permet de voir les différentes évolutions d’une discipline qui prend toujours plus d’ampleur. Nous devons bien accompagner nos clients pour leur permettre de vivre une belle expérience. Je vais lancer une deuxième marque : « The 8® ». Je souhaite développer la pratique à plus haute intensité et faire venir plus d’hommes grâce à cette marque. Nous nous tournons vers le thème de l’Hyrox® en proposant 8 stations. Il y aura des cours collectifs, des bains froids, des cafés protéinés… Nous ouvrirons la franchise en mars 2027 et la développerons partout en France. ✱ FEMMES SANTÉ

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uel a été le déclic qui vous a poussée à changer de vie et à entreprendre dans l’univers du bien-être ? J’ai toujours été très sportive, même durant ma carrière d’avocate. J’ai eu envie d’entreprendre et de créer ma propre entreprise dans le sport qui me passionne. J’ai eu ce déclic au moment où j’ai changé de vie à la naissance de mes deux enfants. J’ai découvert plein de concepts de sport intéressants quand je suis partie à New York où ils ont une longueur d’avance sur nous dans ce domaine. Je me suis inspirée de l’énergie new-yorkaise pour monter mon propre business.


COURSE (10 KM - 7 KM) • MARCHE (7 KM)

11-12-13 SEPTEMBRE 2026

Edition 2026 :

les amazones L’evenement pour les femmes


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