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Témoignages des diacres et de leurs épouses

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« DIEU NOUS REMUE, NOUS DÉPLACE, MAIS NE NOUS MET PAS EN ÉCHEC » Michel de La Tour du Pin, sera ordonné diacre le 22 juin prochain à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste. Après une vie professionnelle dédiée à l’élevage bovin, il a répondu à un appel, longtemps enfoui, à l’aune de la retraite.

Comment est-ce que l'on devient diacre ? Je ne sais pas très bien en fait… Comment est-ce qu'on devient amoureux ? Comment est-ce qu'on se marie ? On ne sait pas très bien. C'est une histoire d'amour. Et le diaconat, pour moi, ça a été une histoire d'amour aussi. Comment cette histoire d'amour a-t-elle commencé ? Par mon baptême, tout simplement ! Puis une famille croyante… et vers 18 ans comme beaucoup, un rejet de la religion. J’ai si bien tout rejeté qu’un jour, je me suis retrouvé tout seul. Dans mon cœur, il n'y avait plus cette étincelle. C’est comme si la source qu'il y avait dans mon cœur était tarie. Alors un jour, je me suis mis à genoux pour demander à Dieu : « Je dépose les armes. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? ». J’ai alors intégré le groupe de prière Le Buisson Ardent à Roanne… Ils m’ont ramené peu-à-peu à l’église. Je me suis ensuite marié avec Caroline, nous avons eu quatre enfants, mon exploitation agricole de viande bovine m’a bien occupé… mais la source coulait doucement pendant ces années. Quel est le déclic ? Un beau jour, un prêtre m'a dit “Toi, quand tu auras élevé tes enfants, je te verrais bien diacre.” Je me suis dit alors : « ça, je n'en parlerai à personne ! ». Et puis, il y a six ou sept ans, le curé de la paroisse, le père Jean-Luc Baritel me dit “Vous n’avez pas pensé à devenir diacre ? »… Un an après, je lui ai dit “D'accord, je tente ». J’ai alors débuté un parcours de cinq années de formation au cours duquel il restait possible de se reposer la question de cet engagement, de part et d’autre d’ailleurs ! Quelles ont été vos résistances ? Je disais au prêtre : « Je suis un peu vieux ; je ne suis pas capable, je ne suis pas un grand intellectuel… ». On m'a plutôt répondu “L'Esprit Saint est là et vous guide !” Et encore :

“Dieu ne prend pas que des gens capables, mais rend capables les gens qu’Il appelle.” Alors je me suis appuyé làdessus avec mes doutes, avec mes limites. Qu’est-ce qui vous a permis de lever ces réticences ? J'ai gardé des doutes longtemps, mais je crois que c'est plutôt une parole de confiance qui m’a aidée. Se dire tout simplement que Dieu ne va pas nous mettre en échec. Il nous remue, Il nous déplace, mais il ne nous met pas en échec. Quel paroissien avez-vous été ? Pour ce qui est de mon engagement dans la communauté paroissiale… J'avoue, quand j'avais mon métier à la ferme, je n'étais pas très impliqué. Caroline, mon épouse l’était beaucoup au contraire. Depuis, j’ai intégré l’équipe funérailles et je vois là un lieu central pour accompagner les familles et leur témoigner de notre espérance. —

CAROLINE DE LA TOUR DU PIN : « JE ME SUIS DIT : IL VA VIVRE LA MÊME CHOSE QUE MOI ». Je suis lyonnaise et lorsque j'ai épousé Michel et que je suis venue vivre à la campagne, j'ai découvert un autre univers, avec des animaux. Nous avons eu quatre enfants, trois filles et un garçon. En famille, nous avons vécu au rythme des saisons. Nous ne courions pas après le temps. Je ne me suis pas impliquée dans le travail de Michel car j'ai peur des vaches et les tracteurs ne faisaient pas vraiment partie de mon environnement ! Je me suis investie à la paroisse au catéchisme et au catéchuménat. J’ai moi-même reçu un appel il y a 20 ans à mieux connaître Jésus et Michel m’a alors offert cette formation de laïque en mission ecclésiale. Lorsque j’ai compris que lui aussi vivait un appel, cela a été ma joie. Je me suis dit : “Il va vivre la même chose que moi, la même formation, ça va être merveilleux”. Maintenant que Michel va prendre sa place dans la paroisse comme diacre, j’ai décidé de me retirer. Je ne veux pas qu’il y ait de confusions. Je vois que Michel est heureux, il est épanoui, il est paisible. Nos enfants ont également bien accueilli le projet de leur père. Ils le voient comme un nouveau départ pour lui, après une vie à l’extérieur et assez solitaire, il sera au cœur de la vie des gens, avec une dimension davantage intellectuelle. L’une de nos filles était pour sa part plus gênée d’imaginer son père en aube à l’autel. Nos enfants sont témoins que cette aventure fortifie notre couple et c’est un très bel exemple pour eux. —

ÉGLISE À LYON N°73-JUIN 2024

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