NO 3099 – AVRIL 2021
GABON
www.jeuneafrique.com
Ali Bongo Ondimba : l’interview exclusive
MAROC
Cannabis sur ordonnance
CAMEROUN
Biya, influenceur en chef
BURKINA
Kaboré II, les cent jours SPÉCIAL 24 PAGES
PALMARÈS
LES
QUI FONT L’AFRIQUE NUMÉRIQUE Algérie 420 DA • Allemagne 9 € • Belgique 9 € Canada /A 12,99 $CAN • Espagne 9 € • France 7,90 € Grèce 9 € • DOM 9 € • Italie 9 € • Maroc 50 MAD Pays-Bas 9,20 € • Portugal continental 9 € • RD Congo 10 USD Suisse 15 CHF • Tunisie 8 TND • TOM 1 000 XPF Zone CFA 4800 F CFA • ISSN 1950-1285
GRANDFORMAT
BURKINA FASO
GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP
Pour tout comprendre de l’évolution d’un pays
Nouveau mandat, nouveau pacte
Passé la présidentielle et les législatives de novembre 2020, la scène politique se réorganise, tant du côté de la majorité, autour de Roch Marc Christian Kaboré, réélu, que dans l’opposition, où les équilibres ont changé. Pour tous, c’est l’heure de redéfinir les priorités. no3099 – AVRIL 2021
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ÉDITORIAL
Damien Glez
L
Ersatz d’union sacrée
Composée de sankaristes d’obédience marxiste, de sociaux-démocrates fossoyeurs de l’ère Sankara et de néolibéraux, l’équipe du Premier ministre, Christophe Dabiré, a tout d’un gouvernement d’union nationale. Seul boudeur de poids de cet ersatz d’union sacrée, le Congrès pour la démocratie et le progrès, dépossédé du pouvoir en 2014, participe désormais librement aux élections et jouit même d’un confortable statut de chef de file de l’opposition depuis les législatives de novembre dernier. Quant aux cas individuels qui rêveraient d’absolution et auraient besoin de réconciliation, leur sort relève de procédures judiciaires avec lesquelles un membre de l’exécutif ne saurait interférer.
Les cent jours de Roch Marc Christian Kaboré
188 Exécutif
Qui réconcilier?
e 30 mars, les Burkinabè auraient dû célébrer la Journée nationale de pardon, instituée il y a vingt ans par un régime Compaoré ébranlé par les premières contestations qui, quelques années plus tard, auront raison de lui. Et voilà qu’en janvier le président réélu, Roch Marc Christian Kaboré, nomme le chef de file de l’opposition sortant ministre de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale – en deuxième position dans l’ordre protocolaire gouvernemental. Les murmures du Faso suintent la suspicion, tant les ralliements d’opposants, ici, ont toujours souffert d’un excès d’incarnation combiné à un manque de contenu ministériel. À l’inverse du virulent Hermann Yaméogo, bombardé en 1992 ministre d’État sans portefeuille, Zéphirin Diabré se voit confier, lui, une mission explicite. Mais cet opposant réconcilié (il fut du gouvernement Kaboré en 1994, avant d’affronter celui-ci lors des deux dernières présidentielles), qui doit-il réconcilier?
184 ENJEUX
Les regards se tournent instinctivement vers les frères Compaoré: François et le feuilleton de son éventuelle extradition de France pour être entendu au procès Norbert Zongo; Blaise, inculpé par la Haute Cour de justice, ex-président dont on envisagerait un retour apaisé, alors qu’il n’a jamais été interdit de territoire burkinabè. Roch Marc Christian Kaboré lui-même ne pouvant amnistier que des condamnés (éventuellement les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé), la justice à l’œuvre serait-elle un caillou dans la chaussure du vivre-ensemble? En consultant des militants au sujet d’un retour des exilés, des blessés de l’insurrection de 2014 ou des victimes du coup d’État de 2015, Zéphirin Diabré renvoie dans les cordes ceux qui préjugent d’un format de réconciliation. En outre, il peut brandir la seconde partie de l’intitulé de son ministère: la « Cohésion sociale ». Mais cette dernière, dans un pays réputé pour sa coexistence pacifique interethnique et interreligieuse, ne fera-t-elle pas doublon avec la « Solidarité nationale » et l’« Action humanitaire » du maroquin de Laurence Ilboudo-Marchal? Peut-être le ministre Diabré ancrera-t-il moins son programme dans l’action humanitaire que dans la gestion civile de la crise sécuritaire. En effet, l’agression jihadiste et le recours à des « Volontaires pour la défense de la patrie », apparentés aux miliciens d’autodéfense, favorisent la diffusion d’armes autant qu’ils exacerbent certaines tensions locales qui somnolent sous les braises. Et, ces dernières années, des affrontements communautaires ont endeuillé des localités comme Arbinda ou Yirgou. Quel que soit le calibrage de sa mission, il faudra à Zéphirin Diabré plus d’imagination que le trompe-l’œil du lancer de colombes, le clou des Journées de pardon compaoristes…
Entretien avec Clément Sawadogo Ministre de l’Administration territoriale, secrétaire général du MPP
192 Le billet
Tout le monde est sankariste… sauf tout le monde
194 Vie des partis
Interview d’Eddie Komboïgo Président du CDP, chef de file de l’opposition
198 ÉCONOMIE
De la résilience à la relance
205 Stratégie
Interview de Bachir Ismaël Ouédraogo Ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières
208 Mines
Des perspectives en or
210 Entrepreneuriat
Moussa Koanda mise sur des industries diversifiées
214 SOCIÉTÉ
Wemba Ligdi, maître de la cohésion
218 Couleur locale KPG, conteur 2.0
220 Patrimoine
Musique au musée
222 Livres
Un nouveau chapitre
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GRAND FORMAT BURKINA FASO
ENJEUX
IRÈNE DE ROSEN / HANS LUCAS
Les cent jours de Kaboré
Retour de la sécurité, des déplacés, de Blaise Compaoré… Trois mois après le début de son second mandat, le chef de l'État sait ce que ses concitoyens attendent de lui. Et il est déjà sur tous les fronts. À commencer par ceux de la réconciliation et de la stabilité.
L
NADOUN COULIBALY, À OUAGADOUGOU
Roch Marc Christian Kaboré, à Ouagadougou, le 20 novembre, lors de son dernier meeting de campagne avant la présidentielle.
e président Kaboré réélu en novembre 2020 aborde son second et dernier mandat – selon la Constitution – avec beaucoup de détermination. « Le président du Faso veut laisser une marque dans l’Histoire. Il entend léguer aux Burkinabè une nation prospère et réconciliée avec elle-même », souligne Thierry Hot, conseiller spécial de Roch Marc Christian Kaboré. Ce dernier est donc attendu en premier lieu sur le terrain de la réconciliation. Pour engager le processus, il a mandaté l’ex-chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, qu’il a nommé, le 10 janvier, ministre d’État auprès de la présidence, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale. « La réconciliation est une priorité. Le président s’est exprimé sur la question, et sa philosophie n’a pas changé, elle repose sur le triptyque : vérité, justice et réconciliation », poursuit l’ancien journaliste. Réputé consensuel, Roch Marc Christian Kaboré échange régulièrement, depuis son investiture à la fin de décembre 2020, avec le nouveau chef de file de l’opposition, Eddie Komboïgo, président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), pour requérir son avis. Quant au ministre Zéphirin Diabré, il multiplie les entretiens avec les leaders communautaires et religieux; certains observateurs allant jusqu’à supposer qu’il pourrait envisager d’organiser un entretien entre Roch Marc Christian Kaboré et Blaise Compaoré. L’ex-président, qui a émis le souhait de rentrer au pays, bénéficie du soutien de son fief natal de Ziniaré (Plateau-Central), du CDP, qu’il a fondé, ainsi que d’une partie de la société civile. « Il faut que Blaise Compaoré vienne courageusement se mettre à la disposition de la justice, quitte à ce qu’il soit innocenté
ou condamné. Nous ne voulons pas de prime à l’impunité », prévient Serge Martin Bambara, alias Smokey, l’artiste et porte-parole du mouvement Le Balai citoyen. Il rappelle le fiasco qu’était la Journée nationale de pardon, instaurée il y a vingt ans, et met en garde contre une comédie institutionnelle. Selon lui, la réconciliation ne se décrète pas. « Il est trop tôt pour savoir quelle tournure prendra le retour de Blaise Compaoré. Le forum sur la réconciliation prévu au cours de ce premier semestre devrait planter le décor », suppose-t-on dans l’entourage du chef de l’État.
Ministres sous pression
Pourtant, dans les coulisses, on martèle que la réconciliation ne consiste pas à faire rentrer des exilés poursuivis pour leur implication présumée dans certains crimes, mais qu’elle vise à prendre en compte les victimes. « La réconciliation telle que la souhaite Roch Marc Christian Kaboré doit aboutir à un nouveau pacte, qui constituera le socle de l’unité entre les Burkinabè », résume un habitué de Kosyam. Le chef de l’État – comme les citoyens burkinabè – peut déjà s’enorgueillir d’avoir permis un large renouvellement du Parlement (à 75 %) lors des législatives de novembre 2020. En outre, le jeu politique s’est pacifié en même temps qu’il s’est clarifié, avec une opposition désormais centrée autour du CDP, l’ancien parti majoritaire. Ce qui, de l’avis de certains observateurs, devrait permettre au forum sur la réconciliation de se tenir dans de bonnes conditions. Pour sa part, Smokey regrette le ralliement de certains partis ou de leurs anciens leaders à la majorité présidentielle. « Cela affaiblit l’opposition et peut nuire à la gouvernance politique, déploret-il. Il revient donc à la société civile d’assurer le rôle de contre-pouvoir. » Outre la relance économique, avec une croissance qui devrait dès cette année
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ENJEUX
rebondir à 3,9 %, accompagnée d’investissements lourds dans les infrastructures – notamment routières, solaires mais aussi sanitaires –, Roch Marc Christian Kaboré veut accélérer le développement du pays. Et souhaite aussi laisser son empreinte. Il n’hésite pas à mettre les membres de l’exécutif sous pression. S’il a réitéré sa confiance au Premier ministre, Christophe Dabiré, dont il apprécie, dit-on, la parfaite connaissance des dossiers, son gouvernement serait mis en observation, voire sous surveillance rapprochée. « Si des ministres sont défaillants, ils ne resteront pas en poste plus d’un an. Car le président veut sortir par la grande porte. Pour cela, il a besoin de résultats, assure un proche du chef de l’État. Il va par ailleurs multiplier les projets d’infrastructures, comme le nouvel hôpital de Bobo-Dioulasso. » Jadis considéré comme un îlot de paix, le Burkina est, depuis le début du premier quinquennat de Kaboré, la cible répétée de groupes terroristes. Modèle de tolérance religieuse et de savoir-vivre ensemble, le pays va-t-il retrouver sa douceur d’antan ? Ouaga veut y croire. Le nombre d’attaques meurtrières – d’abord cantonnées dans le Nord, autour de Djibo, elles se sont ensuite propagées sur la quasi-totalité du territoire – a considérablement baissé : en 2020, « seulement » 90 attaques ont été recensées et une diminution des pertes humaines de l’ordre de 16,42 % par rapport à 2019 a été constatée (519 tués contre 621).
Prise de conscience
« L’accalmie est liée, d’une part, à la montée en puissance des forces de défense et de sécurité, qui ont acquis une expérience au combat, et, d’autre part, à la résilience communautaire soutenue par l’avènement des Volontaires pour la défense de la patrie, qui s’appuient localement sur des entités traditionnelles comme les Dozos ou les Koglweogos, explique le commissaire Rachid Palenfo. On connaît de mieux en mieux l’organisation des groupes terroristes, leur modus vivendi : à chaque attaque, on s’interroge sur nos propres dysfonctionnements et on prend des mesures correctives. » Si les exactions commises par les groupes armés ont fait plus de 1 500 morts et conduit plus de 1 million de personnes à fuir leur village, des initiatives locales portées par des leaders communautaires donnent une lueur d’espoir, de même que le retour progressif des
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habitants chez eux. « Au-delà de la réconciliation, le chef de l’État fait du retour des déplacés l’une de ses priorités, précise Thierry Hot. Ce mouvement est précédé par le retour de l’armée là où elle avait cédé du terrain. » Pour le moment, Ouagadougou maintient son attitude ferme. « Le gouvernement n’a pas engagé de négociations formelles. Mais il y a une prise de conscience chez les leaders locaux. Bien des enfants du Sahel se sont enrôlés dans le jihadisme, et le discours de sensibilisation des leaders vise à appeler ces Burkinabè à quitter les groupes terroristes et à revenir », souligne Ousseini Tamboura, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.
Retour des « enfants perdus »
Selon les informations de Jeune Afrique, une dizaine de négociateurs locaux s’activent dans la zone de Djibo pour obtenir le retour des « enfants perdus ». Avec un certain succès, puisque des dizaines de combattants auraient déposé les armes. « L’État islamique [EI] arrivait en force dans la zone de Djibo et de l’Oudalan. On savait que si l’EI s’y installait cela serait dangereux pour les autochtones, explique l’un des négociateurs contactés par la rédaction. Il nous fallait trouver une manière d’opposer les groupes terroristes entre eux. D’autant que le GSIM [Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans] ou Ansarul Islam sont favorables aux pourparlers, contrairement à l’EI, qui a des méthodes violentes et considère les Burkinabè comme des mécréants. » Résultat : les groupes d’obédience locale ont accepté l’offre de dialogue, alors que l’EI rejette tout en bloc. Ce qui a parfois débouché sur des affrontements sanglants, comme ceux survenus en février dans les environs de Gountouré, près de Déou, où environ 200 combattants de l’EI ont été tués, relate notre interlocuteur. « Il n’y a pas de négociations en tant que telles avec les chefs jihadistes, tient à rappeler Thierry Hot. En revanche, dans les communautés, les religieux et les notables coutumiers appellent leurs enfants à venir exprimer leurs préoccupations. Il s’agit de négociations menées par les communautés elles-mêmes. » Une prise en main locale pour une réponse endogène, donc.
MODÈLE DE TOLÉRANCE RELIGIEUSE ET DE SAVOIRVIVRE ENSEMBLE, LE PAYS VA-T-IL RETROUVER SA DOUCEUR D’ANTAN? OUAGA VEUT Y CROIRE.
COMMUNIQUÉ
LE CENTRE DES MÉTIERS DE L’EAU (CEMEAU)
«Renforcer les capacités des acteurs de l’eau et de l’assainissement pour un développement durable».
Chateaud’eau àOuagadougou
L’
Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) à est une société d’État créée le 22 juillet 1985 avec un capital de 3 milliards 80 millions de F CFAentièrement détenus par l’État.Il a pour mission laproductionetladistributiondel’eaupotableetl’assainissementdes eaux usées et excrétas en milieu urbain et semi-urbain. L’ONEA est présent dans 59 centres à travers le territoire national avec un effectif total de 1007 agents au 31 décembre 2020. Au cours de l’année 2020, le portefeuille clients a franchi la barre de 510 000 abonnés et plus 100 000 000 de m3 d’eau potable ont été produites et distribuées.
Danscettedynamique,leCentredesMétiersdel’Eau(CEMEAU)del’ONEAse positionnecomme le principalopérateurde services deformations des acteurs del’eauetdel’assainissementauBurkinaFaso.Danssamissionderenforcement descompétencesprofessionnellesdesacteursdel’eauetdel’assainissementpour undéveloppementdurable,leCEMEAU: •accompagnelamiseenœuvredesréformeslégislativesetrèglementaires dusecteurdel’eauetdel’assainissement,
G.Frédéric FrançoisKaboré, DirecteurGénéral del’ONEA
JAMG - PHOTOS DR
Notre vision,à l’ONEA,c’est d’être une entreprise performante,innovante et toujours à l’écoute des clients et des partenaires.
•offredesformationsadaptéesauxbesoinsdesacteursdel’eau etdel’assainissement, •accompagnelaréalisationdesprojetsetprogrammesdusecteur del’eauetdel’assainissement, •faitlapromotiondesformationsdiplômantes. Les thématiques de formation développés portent sur : •la gestion des ressources en eau, •la production d’eau potable, •la réalisation,la gestion et la maintenance des réseaux d’eau et d’assainissement, •la gestion des services d’eau et d’assainissement, •la promotion de l’hygiène et de l’assainissement, •la maitrise d’ouvrage communal, •la gestion et l’économie de l’énergie en production et distribution d’eau.
www.oneabf.com ONEA 220,Avenue de l’ONEA– Secteur 12 (Pissy) - 01 BP 170 Ouagadougou 01 Tél.: (226) 25 43 19 00 à 08 – Fax : (226) 25 43 19 11 - Email: dg@oneabf.com
GRAND FORMAT BURKINA FASO
EXÉCUTIF
Clément Sawadogo
Ministre de l’Administration territoriale et vice-président du MPP
DCPM/MATD
« La question du retour de Blaise Compaoré est un faux débat »
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d’autres formations de l’actuelle majorité qui en avaient été les acteurs. Il en est de même pour Yacouba Isaac Zida, qui a lui-même joué un rôle important à cette époque avant de devenir Premier ministre de la transition. Et les dirigeants et les membres de son parti étaient alors actifs dans la société civile. Ils étaient partie prenante de l’insurrection. C’est la lecture politique que l’on peut en avoir, et je dis tant mieux ! L’Histoire a rattrapé tout le monde. Cela aurait dû être ainsi lors de la première élection [en 2015]. On aurait compris que ce camp reste soudé pour conduire la transition jusqu’au bout, y compris pendant la période du premier mandat démocratique après l’insurrection.
PROPOS RECUEILLIS PAR AÏSSATOU DIALLO
roche du président Roch Marc Christian Kaboré, Clément Sawadogo, 60 ans, est ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, par ailleurs coordonnateur de l’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP) et vice-président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir). Il explique à Jeune Afrique sa façon d’appréhender la réconciliation nationale et la lutte contre l’insécurité. Il se confie aussi sur la recomposition de la scène politique burkinabè et répond à ceux qui prédisent l’implosion du camp de la majorité avant la prochaine présidentielle. Jeune Afrique : La majorité a enregistré une vague de nouvelles adhésions, dont celles d’anciens poids lourds de l’opposition. Qu’est-ce qui explique
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selon vous cette recomposition de la scène politique ?
Clément Sawadogo : Le premier facteur, selon moi, est que l’opposition a tiré les leçons de son mauvais résultat dans les urnes. Lorsque, parfois, le peuple dit « non » à des acteurs politiques, ces derniers peuvent être amenés à se demander s’il ne vaut pas mieux aller du côté de ceux qui ont été plébiscités. Il y a ensuite un facteur, secondaire peut-être, mais qui s’est révélé déterminant dans ce mouvement que nous avons tous constaté après les élections : le ralliement de l’ancien chef de file de l’opposition politique (CFOP) et président de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), Zéphirin Diabré, à la majorité. D’autres partis qui partageaient sa position ont également suivi. C’est comme si le camp de l’insurrection populaire de 2014 se reconstituait. Or ce sont le MPP et
Comment faire fonctionner cette majorité, dont les membres ont parfois été très critiques les uns envers les autres ?
Seuls les imbéciles ne changent pas. Il n’y aura pas de difficultés à gérer la majorité. Le Burkina a déjà traversé des périodes de sa vie démocratique où un parti (ou un front) dominait. Cela a par exemple été le cas du CDP sous le régime de Blaise Compaoré. Mais cela n’a pas créé de problèmes outre mesure, en dehors d’actes posés par certaines personnes. Il peut y avoir en effet un déséquilibre entre la majorité et l’opposition en faveur de la première. Mais, dans nos pays, la démocratie ne devrait pas se résumer à ce jeu de bagarres intempestives entre l’une et l’autre. Si, à un moment donné, il y a un basculement de la plupart des forces politiques afin de se concentrer sur la construction nationale, le développement, c’est une bonne chose.
PUBLI-INFORMATION
LA BANQUE QUI VOUS COMPREND
M. KARWA BASHIR/DG
M. LÉANDRE HUBERT KABRE/DGA
« La complicité entre le DG et son adjoint permet à la banque de jouer son premier rôle de banque commerciale qui se fraye une place de choix dans l’univers bancaire du Burkina Faso ».
LA BCB SYMBOLE DE L’INTÉGRATION PRONÉE PAR l’UNION AFRICAINE La Banque Commerciale du Burkina en abrégé BCB. La banque est née d’une double volonté entre l’État burkinabè et la Jamahiriya arabe libyenne représentée par la Libya Foreign Bank. La BCB a été portée sur ses fonts baptismaux en décembre 1988. La banque commerciale du Burkina après plus de trente ans d’existence, se porte comme un charme à ce jour. Après un certain temps de léthargie, elle a renoué depuis quelques années déjà avec une rentabilité qui n’a de cesse de se consolider. Progressivement elle regagne des parts de marché et remonte dans le classement sur l’échiquier national. Ainsi, malgré un contexte difficile marqué par la maladie du coronavirus, nous constatons une croissance soutenue de nos différents indicateurs. Comme chantiers, nous avons embrassé une nouvelle dynamique de développement avec en perspective le repositionnement de notre institution parmi les banques
leaders de la place. À ce titre, nous avons mis en place depuis le début de l’année 2020 des projets structurants tels que le renforcement de notre réseau d’agences, à Ouagadougou et en province afin de nous rapprocher davantage de notre clientèle. À cela s’ajoute une réorganisation interne avec la création de nouvelles directions telles une Direction Commerciale et du Réseau ainsi qu’une Direction Monétique et digitalisation, afin de mieux booster l’activité et répondre aux exigences de nos clients. Enfin, Comme vous le saviez, la survie d’une entreprise dépend également de la qualité de ses hommes, c’est pourquoi nous avons travaillé à renforcer le capital humain par des recrutements externes et la mise en place d’un dispositif de formation continue du personnel. Aussi nous notons une progression continue des chiffres tout au long de l’année 2020. Ce qui a valu à la BCB d’occuper la 7e place contre un classement à la 10e place au niveau du total bilan l’année précédente à la même période sur un total de 15 banques commerciales que compte le marché burkinabè.
LA BCB RÉPOND AUX BESOINS DE SA CLIENTÈLE DEPUIS 33 ANS
653 Avenue KWAME N’KRUMAH ; 01 BP 1336 Ouagadougou 01 Tél : +226 25307878/+226 25301266-68 Fax : +22625310628
E-mail : bcb@bcb.bf _ www.bcb.bf
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Les perspectives s’annoncent heureuses pour la BCB qui envisage un meilleur maillage du territoire Burkinabè avec des ouvertures d’agences. Les projets de digitalisations des services de la BCB sont déjà entamés. On note le renforcement significatif des DAB, avec le développement de produits innovants afin de mieux satisfaire la clientèle. Un autre projet en ligne de mire est de dupliquer les actions d’enrôlement et de fidélisation de la clientèle afin d’optimiser la part de marché de la banque qui plus que jamais répond à son slogan « la Banque qui vous comprend ».
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EXÉCUTIF
Que répondez-vous à ceux qui prédisent l’implosion du MPP avant 2025?
Cette prédiction ne date pas d’hier. Mais nous sommes encore là, et soudés. Nous voyons cela plus comme une sonnette d’alarme : le président arrivera en effet à la fin de son deuxième mandat en 2025, et, comme il ne se représentera pas, la question légitime est de savoir qui continuera cette mission difficile de rassemblement, aussi bien à l’intérieur du parti qu’au sein de la majorité. Est-ce que nous avons clairement la réponse aujourd’hui ? Je ne suis pas dans le secret des dieux, et ce n’est pas encore la principale préoccupation, car nous venons tout juste de sortir d’une élection et avons notre programme à mettre en œuvre. Plus nous avancerons dans le mandat, plus la question se posera. Surtout, Roch Marc Christian Kaboré aura son mot à dire, même s’il doit partir à la fin du quinquennat, car c’est lui le capitaine du bateau MPP. Cependant, nous n’avons pas créé le MPP juste pour qu’il gouverne, mais pour que, même après son mandat, le parti continue de prospérer et de gouverner le pays. Les questions de la réconciliation nationale, du retour de Blaise Compaoré et de Yacouba Isaac Zida animent le débat public. Mais peut-on se réconcilier sans rendre justice?
Il y a les vrais débats, qui se réfèrent aux problématiques de la société burkinabè, et il y a les faux débats. Le vrai débat, pour moi, vise à régler de manière concertée, sereine et apaisée, un certain nombre de problèmes qui agitent la société depuis des années. On peut citer les crimes de sang depuis l’assassinat de Thomas Sankara, puis celui de Norbert Zongo, et d’autres, plus récents. Ces questions n’ont jamais pu connaître leur dénouement, même si elles sont prises en charge par la justice classique. Elles sont aussi éminemment politiques et nécessiteraient peut-être une approche de leur résolution allant plus en ce sens. Autres questions majeures, celles liées à l’insécurité, au terrorisme et à son cortège de conflits communautaires,
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IL EST POSSIBLE D’ENVISAGER DE DISCUTER D’ASPECTS PARTICULIERS AVEC LES GROUPES TERRORISTES. qu’il faudrait prendre en compte. Les terroristes alimentent leurs combats de tentatives de division de la société. Même, entre acteurs politiques, nous nous sommes parfois rejeté la balle sur le sujet. Il faut que l’on se parle et qu’on fasse la part des choses. Il faut un dialogue franc, ouvert et sincère, qui permette de reconcentrer tout le monde sur le combat de la nation contre le terrorisme, et qu’il n’y ait pas de grande divergence d’approche sur la question. Nous avons toujours soutenu le point de vue selon lequel la réconciliation ne pouvait être vraiment solide que si elle partait des principes de vérité, de sincérité et de justice, parce que, même quand on a fait la lumière, il faut des réparations. La justice doit être rendue. Cependant, on peut s’entendre sur une forme de justice qui ne soit pas totalement classique, puisque cette dernière a beaucoup patiné sur de vieux dossiers de crimes. La nature des réparations peut varier. Mais, en tout état de cause, il faut adopter le principe selon lequel on veut à la fois la vérité et la justice, car ce sont les deux piliers d’une véritable réconciliation nationale. Quels sont les « faux débats »?
La question du retour de Blaise Compaoré et de Yacouba Isaac Zida fait partie de ce que j’appelle les faux débats. Non pas que leur retour ne soit pas quelque chose d’important, mais il ne faut pas examiner la problématique de la réconciliation à partir de la situation de quelques personnalités. Sinon, les discussions seront biaisées dès le départ. Nous voulons trouver des solutions de fond, à même de faciliter le règlement d’autres questions, moins difficiles et moins consistantes,
comme celles de leur retour – dont nous ne voulons pas faire l’épicentre de la réconciliation nationale. Si on peut réunir les conditions de sécurité pour que leur retour ne crée pas de troubles particuliers, je ne pense pas qu’il y ait de difficulté. Mais leur citation dans des dossiers judiciaires peut poser un problème, ne serait-ce que pour leur propre sécurité. C’est pour cela que le président du Faso a toujours dit qu’il y avait des préalables à régler. Mais ceux-ci n’ont rien à voir avec la volonté intrinsèque du pouvoir de permettre à Blaise Compaoré et à Yacouba Isaac Zida de regagner leur pays, d’autant plus que ce n’est pas ce régime qui les a expulsés et conduits à l’exil. Nous n’avons aucun problème avec ces questions. Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre a dit qu’un dialogue avec les groupes terroristes était envisagé. Cela marque-t-il un changement dans la conception de la lutte contre le terrorisme?
Jusqu’à présent, nous ne voyons pas de plateforme permettant de discuter avec les groupes terroristes. Il n’y a de motifs possibles de discussion ni dans les faits ni dans leurs revendications et prétentions. Peut-on débattre aujourd’hui de la cession d’une partie de notre territoire pour qu’ils s’y installent ? Pouvons-nous accepter de constituer des couloirs de trafics pour eux ? Ou de changer le contenu de l’éducation nationale, d’obliger les femmes à porter la burqa ou le voile? Non. Ce sont des points que l’on ne peut pas négocier. Là où nous mettons de la nuance, c’est sur la possibilité d’envisager de discuter d’aspects particuliers, selon l’évolution de la situation. Si, par exemple, les groupes terroristes nous disent qu’ils veulent déposer les armes et, aussi, négocier pour que leurs combattants ne soient pas poursuivis, ni condamnés ou massacrés, nous pourrions voir comment accepter une démobilisation et une intégration de leurs éléments dans la société, sans heurts. C’est une possibilité que le chef de l’État avait déjà ouverte.
© D.R.
COMMUNIQUÉ
UNE AMBITION PANAFRICAINE Résolument engagé dans le développement économique et industriel de la sous-région ouest africaine, CIM METAL GROUP poursuit ses investissements dans des secteurs clés de l’économie avec l’ambition d’incarner un modèle de réussite africaine dans le négoce, la logistique et l’industrie.
La logistique, un catalyseur des échanges
JAMG
Actif dans le transport routier et ferroviaire via les filiales KANIS LOGISTIQUES, SOKAF et SODI, le groupe compte aujourd’hui près de 1 000 camions et 200 wagons opérationnels. Actif dans le transport du minerais (Zinc, manganèse, clinker, etc), des hydrocarbures et les marchandises, le Groupe est un acteur régional incontournable qui assure la liaison vers les Pays de l’Hinterland et contribue à la dynamique des échanges sous-régionaux.
« Cim Metal Group, nous construisons l’avenir. »
Zone Industriel de Kossodo, BP 13140 Ouagadougou 10, Burkina Faso Email: cimfaso@cimmetalgroup.com Tél. : (+226) 25 35 50 30 / (+226) 25 35 50 40 - Mobile: (+226) 63 02 22 22
L’industrie, un vecteur de création de la valeur Convaincu que l’industrialisation du continent est un challenge prioritaire, CIM METAL GROUP a lancé un vaste programment d’investissement dans les industries du ciment et de la métallurgie. Deux unités de ciment de dernière génération sont opérationnelles au Burkina avec une capacité de production de 2,6 millions de tonnes par an, de même qu’une fonderie dans la zone industrielle de Ouagadougou. En Côte d’Ivoire, c’est la plus imposante unité de production de ciment de la sous-région qui a démarré son exploitation en 2019 avec une capacité de production de 3 millions de tonnes. D’autres projets sont en cours aussi bien dans le domaine du ciment que de la métallurgie mais pas seulement, au Togo, au Mali et au Ghana.
© Marcin Kilarski/Adobestock.com
Le négoce, un pilier fondateur À travers ses filiales KANIS COMMIDITIES, CIM METAL GROUP demeure un des principaux négociants de produits de première nécessité comme le riz et le sucre, sur toute l’étendue du Faso, et au-delà dans des Pays de la Sous-région. Fort de partenariats privilégiés avec des producteurs mondiaux, le groupe entend consolider d’avantage ses positions d’acteur de référence du secteur.
Avec des investissements de l’ordre de 400 milliards de F CFA, plus de 24000 emplois directs et indirects crées dans toute la sous-région, CIM METAL GROUP est un acteur économique de référence soucieux d’exercer ses activités selon les meilleurs standards mondiaux.
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LE BILLET
Tout le monde est sankariste… sauf tout le monde DAMIEN GLEZ, À OUAGADOUGOU
«
S
ankariste / En octobre à Dagnoën / Égoïste / Quand le gombo n’est pas loin. » Dans la chanson « No more » de son dernier album, le chanteur burkinabè Bil Aka Kora ironise sur le ballet de pleureuses qu’accueille le cimetière du quartier ouagalais de Wemtenga lors des commémorations annuelles de l’assassinat de l’ancien président Thomas Sankara, le 15 octobre 1987. Car lorsque l’argent facile – le « gombo » – est à portée de main, il y a loin de la coupe idéologique aux lèvres citoyennes. Dans les maquis et les « grains » du Burkina profond, tout le monde semble glorifier Sankara, ce parangon de vertu politique, sa probité avérée et son souffle idéologique, tandis que le Faso du XXIe siècle s’enliserait dans la corruption et le matérialisme acculturé. Comme le visage de Che Guevara immortalisé par Alberto Korda puis « marketé » à toutes les sauces du pop art, celui de « Thom’ Sank’ » apparaît sur bon nombre de tee-shirts, d’autocollants, et à l’arrière des camions. Chantre de la sobriété, le père de la révolution burkinabè aurait d’autant moins prisé ce culte outrancier de la personnalité que l’effigie romantique semble peu relayée sur le terrain du militantisme politique. Le parti qui occupe traditionnellement le terrain électoral de cette mouvance idéologique, l’Union pour la renaissance-Parti sankariste (Unir-PS), n’a présenté aucun candidat à l’élection présidentielle de novembre 2020. N’y lire aucun boycott – ni aucun mépris pour l’exercice démocratique, dont le messianique Sankara n’avait d’ailleurs pas usé –, mais, bien au contraire, un soutien au chef de l’État sortant. Le réélu Roch Marc Christian Kaboré fut pourtant un pilier de la croisade « rectificatrice » des années 1990 menée par Blaise Compaoré, le « traître » de la Révolution…
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Défaut de berger ou défection de troupeau? À la suite des élections législatives du même mois de novembre 2020, les suffrages recueillis par la même Unir-PS ne lui permettent d’occuper que 5 sièges dans une Assemblée nationale qui en compte 127. Dans la foulée, le plus fameux sankariste contemporain, Me Bénéwendé Sankara, est devenu ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Ville. Quant au procès de l’assassinat de Thomas Sankara, rendu envisageable par l’insurrection populaire de 2014, il apparaissait toujours lointain au moment où s’ouvrait, en janvier dernier, soit trente-trois ans après les faits, l’audience de confirmation des charges au tribunal militaire de Ouagadougou.
Iconographie idolâtre
Sous le vernis romantique soigneusement enduit par les aficionados, l’idéal sankariste se serait-il figé dans l’ultime expression de l’iconographie idolâtre : la statue de huit mètres de haut qui trône depuis quelques mois dans la zone même où le martyr fut assassiné? Pas sûr que l’homologation bourgeoise d’une idéologie anticonformiste aide à raviver la flamme des militants. Pas sûr non plus que les groupies ellesmêmes souhaitent voir revenir les préceptes exigeants et les mesures volontaristes de l’ancien président : les tribunaux populaires, le contrôle des citoyens par des « Comités de défense de la révolution », les opérations « ville blanche » dans une contrée balayée par un harmattan chargé de poussière rougeâtre, ou encore le port systématique de la cotonnade traditionnelle Faso dan fani par les agents de l’État. Si Thom’ Sank’ est encore dans le cœur des Burkinabè, qui sera volontaire pour écrire le « sankarisme 2.0 »?
PUBLI-INFORMATION
Entretien avec TONTAMA CHARLES MILLOGO,
Président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) du Burkina Faso
Comment se présente le secteur des communications électroniques et des postes au Burkina, après 20 ans d’existence de l’Autorité de régulation ? Créée en 2000 suite à la privatisation du secteur des télécommunications, l’ARCEP, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Burkina Faso a un bilan plutôt positif. Par son action, l’ARCEP a réussi à animer et stimuler un marché des communications électroniques très dynamique et concurrentiel avec à date un taux de pénétration de 103 % et une couverture très acceptable tant en superficie (80 %) qu’en population (92 %). On peut aussi se féliciter de noter que le poids du secteur des télécommunications dans le budget de l’État a augmenté en passant de 4 % en 2011 à 7,3 % en 2019, soit 9,6 % de l’ensemble des recettes fiscales et parafiscales hors coût des licences. En rappel, le renouvellement des licences y compris la 4G intervenu en 2019 a coûté 80 milliards par opérateur. Pour ce qui est de l’activité postale, en 2020, notre pays comptait 22 opérateurs postaux titulaires d’autorisations.
Quels sont vos projets pour les prochains mois ? L’ARCEP est résolument engagée dans une dynamique de consolidation des acquis et de renforcement de ses capacités opérationnelles en vue d’une meilleure prise en charge des besoins de l’ensemble des acteurs de l’écosystème des postes et des Télécommunications/TICs. Du reste, l’ARCEP est actuellement engagée dans un processus de certification ISO 9001. À court terme, il s’agira pour l’Autorité de régulation de renforcer le contrôle et l’auditdeconformitédesopérateursaux obligations de leurs cahiers de charges. Une étude est en court en vue de prendre des mesures fortes pour inciter les opérateurs à développer davantage des offres de connectivité haut/très haut débit pour soutenir la digitalisation de l’économie et du service public. L’un de nos défis majeurs reste incontestablement, la promotion de l’inclusion numérique pour connecter les non connectés et soutenir l’accès des personnes vivant avec un handicap aux services numériques. À ce titre, à travers le Fonds pour l’accès et le service universels, nous sommes en train d’as-
surer (i) la couverture de 183 localités des zones dites blanches en réseaux de télécommunications ; (ii) la formation de trois cent (300) jeunes au métier de laréparationdeterminaux(smartphone, ordinateurs, etc.) ; (iii) la dotation de centres de formations pour personnes vivant avec un handicap visuel, d’ordinateurs et de logiciels adaptés ; (iv) la modernisation du centre de traitement des appelsd’urgencedelabrigadenationale des sapeurs-pompiers ; etc. Nous avons également à cœur de doter le secteur de ressources humaines compétentes et qualifiées à travers l’ouverture, d’un institut supérieur de formation aux métiers du numérique. Au titre de la Poste, nous mettrons un accent particulier à renforcer la lutte contre l’exercice illégal des activités d’opérateurs postaux. Pour terminer, il est bon de noter que nous sommes engagés dans un processus de relecture du cadre juridique et institutionnel afin de se doter d’un environnement législatif et réglementaire adapté.
Tél. : (+226) 25 37 53 60 / 61 / 62 www.arcep.bf secretariat@arcep.bf www.facebook.com/arcepb twitter.com : ArcepFaso
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« La création d’un marché concurrentiel a favorisé le développement des communications électroniques et des postes »
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VIE DES PARTIS
Eddie Komboïgo
Président du CDP, chef de file de l’opposition
« J’ai toujours dit que le CDP était la première force politique du Burkina » PROPOS RECUEILLIS À OUAGADOUGOU PAR AÏSSATOU DIALLO
L
a scène politique burkinabè s’est recomposée à l’issue des élections présidentielle et législatives du 22 novembre 2020. Avec 20 députés sur 127, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), de l’ancien chef de l’État Blaise Compaoré, devient le premier parti d’opposition, devant le Nouveau Temps pour la démocratie (NTD, 13 élus), l’Union pour le progrès et le changement (UPC, 12) et l’Union pour la renaissance-Parti sankariste (Unir-PS, 5). Eddie Komboïgo, 56 ans, président du CDP, succède donc en tant que chef de file de l’opposition politique (CFOP) à Zéphirin Diabré, lequel a intégré le gouvernement (lire pp. 184-186). Il se confie, entre autres, sur « la renaissance » de son parti et sa place dans le processus de réconciliation, sur le retour au pays de Blaise Compaoré – en exil en Côte d’Ivoire depuis 2014 – et sur la façon dont il appréhende son rôle en tant que CFOP. Jeune Afrique : Blaise Compaoré a été poussé à la démission en 2014. Comment expliquez-vous que, six ans plus tard, son parti soit de retour au premier plan ?
Eddie Komboïgo : En 2014, les populations citadines se sont opposées à la modification de l’article 37 de la Constitution, mais ce n’était pas toute la population du Burkina Faso. Le président Compaoré a cependant préféré partir pour éviter une effusion de sang. En 2015, le CDP s’est organisé pour participer aux élections, mais il en a été abusivement exclu par une loi scélérate, dite « loi Chérif ». Pour autant, ce n’était pas la volonté du
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Burkina. C’était celle des chefs du moment, c’est-à-dire de la transition, des partis satellites et des organisations de la société civile qui travaillaient autour de la transition. Nous avons dit que le CDP renaissait de ses cendres, car ceux qui ont souhaité qu’il ne participe pas aux élections de 2015 ont voulu totalement le détruire. Mais si l’on avait procédé à un référendum pour demander s’il fallait exclure l’ancienne majorité, la réponse aurait été « non ». J’ai toujours dit que le CDP était le premier parti du Burkina, et je me suis battu pour faire savoir qu’un parti ne tient pas à une personne. C’est une ligne politique, une idéologie. Quelle que soit la tête, tant que vous restez sur la ligne politique et, surtout, que vous gardez l’objectif de défendre l’intérêt supérieur de la nation, les peuples vous suivent. Et c’est ce qui s’est passé en 2020. Comment le parti se porte-t-il ?
Il se porte bien. Il a tiré les leçons des événements des 30 et 31 octobre 2014. Nous avons compris que certains souhaitent voir de nouvelles têtes et avons donc mené ce travail de l’intérieur, de manière démocratique. C’est ce qui a permis de procéder au renouvellement du mandat de président du parti en 2018. Le CDP a continué à travailler sur le terrain, à travers ses structures locales. Il a gardé ses aînés, qui prodiguent des conseils aux plus jeunes et les soutiennent. C’est ce qui fait que je suis ravi de diriger ce parti. Nous avons des ressources humaines de qualité, qui sont nécessaires pour faire des propositions afin que le pays retrouve la paix, aille à la réconciliation nationale et relance son économie.
Vous réclamez le retour de Blaise Compaoré dans son pays. Certains sont réticents, estimant qu’il doit d’abord répondre à la justice…
Faut-il pour autant exiger qu’il reste à l’extérieur? Si vous voulez la justice, encore faut-il qu’il soit là. À moins que vous ne vouliez le juger par contumace. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut une réconciliation. Mais quelle justice ? Nous proposons d’opter pour la justice transitionnelle, partant du constat que la justice classique a ses qualités mais a montré ses insuffisances, car elle prend du temps pour se construire. Pour preuve, après plus de trente ans, le dossier Thomas Sankara n’a toujours pas de solution. Faut-il continuer dans ce sens ? C’est pourquoi nous disons qu’il faut une justice transitionnelle, où les uns et les autres vont se parler, se dire la vérité et se pardonner afin de se réconcilier. Ce qui ne veut pas dire que je ne compatis pas aux douleurs des victimes et de leurs familles. Mais nous devons transcender cette situation et avancer. Que pensez-vous de la stratégie actuelle de lutte antiterroriste ?
On parle de groupes terroristes, d’hommes armés non identifiés, etc. De qui s’agit-il exactement ? Pour résoudre la crise sécuritaire, nous avons proposé de garder une armée forte et bien équipée, mais, aussi, d’utiliser la voie diplomatique pour aboutir à une négociation. Lorsque nous l’avons proposé, cela a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Mais à l’écoute de la déclaration de politique générale du Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré [au début de février], nous pensons que la position de l’exécutif, qui ne prônait que la lutte, a évolué : il a dit que
le gouvernement ira également sur le terrain des négociations… Et nous pensons que les autorités l’ont d’ailleurs déjà fait.
L’opposant chez lui, à Ouagadougou, en mars.
Faut-il prendre en compte les victimes du terrorisme dans le dossier de la réconciliation nationale ?
SOPHIE GARCIA POUR JA
Nous savons que des crimes odieux ont été commis à Yirgou, Bahn et Kaïn, où des populations majoritairement d’ethnie peule ont été abattues, au prétexte qu’elles font partie des groupes terroristes, sans aucune preuve. Les organisations de la société civile et les partis de l’opposition l’ont dénoncé, y compris celui qui est aujourd’hui chargé de la réconciliation. Je crois qu’ils vont prendre tout ce monde en compte.
Que pensez-vous de la création d’un ministère d’État chargé de la Réconciliation nationale ?
La réconciliation avait déjà été discutée avec le CFOP Zéphirin Diabré. Nous avions fait une proposition au président Kaboré, qui en avait pris acte et avait souhaité que la majorité en fasse autant. Au début de 2020, le dialogue politique a rédigé un mémorandum commun, qui a été transmis au chef de l’État. Nous avions programmé un processus de réconciliation sur trois mois, de mars à début juin 2020. Malheureusement, le Covid l’a empêché. Si l’on nomme aujourd’hui un ministre d’État chargé de la Réconciliation, c’est que l’on a perdu de vue que la réconciliation est une mission ponctuelle. Si on la « fonctionnalise », je crains que la question ne puisse se régler dans les délais souhaités par l’opposition ou par les populations. Autre écueil : dans le mémorandum que nous avons remis au président Kaboré au début de 2020, nous suggérons que soient organisés un forum national et des forums régionaux et provinciaux, qui regrouperont les partis, les forces vives de la nation et autres acteurs et observateurs. Supposons que ceux-ci décident qu’ils veulent un patron de la réconciliation qui ne soit pas le ministre d’État, que leur choix
se porte sur un ancien chef d’État, un pasteur, un monseigneur, un imam… Dans ce cas, que fera le ministre ? On nous dit que le ministre d’État pourrait suivre le dossier du dédommagement des victimes. Mais celui-ci ne requiert pas la nomination d’un ministre. Une direction du ministère des Finances ou de l’Action sociale aurait suffi. Par ailleurs, nous avons déjà le Haut Conseil pour la réconciliation et le Haut Conseil pour le dialogue social : deviendront-ils des départements du ministère d’État chargé de la Réconciliation ou resteront-ils comme tels? Ce sont autant de questions que nous nous posons, comme autant d'autres Burkinabè. Mais comme je n’ai
IL FAUT UNE JUSTICE TRANSITIONNELLE, OÙ LES UNS ET LES AUTRES VONT SE PARLER, SE DIRE LA VÉRITÉ, ET SE PARDONNER.
pas encore eu l’opportunité de discuter avec le président ou avec le ministre d’État sur leur vision de la réconciliation, je m’abstiens de toute critique. Quels sont vos chantiers en tant que CFOP ?
Ce qui importe pour moi, en tant que chef de file de l’opposition, c’est l’intérêt supérieur de la nation et des Burkinabè. Si le gouvernement Dabiré et le président Kaboré vont dans ce sens, nous les accompagnerons. S’ils venaient à dévier, nous aviserions. Lorsque nous sommes allés saluer Roch Marc Christian Kaboré après la proclamation des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, nous lui avons demandé d’être le président de tous les Burkinabè, sans distinction d’ethnie, de profession ou de religion. Nous lui avons également demandé d’organiser trois états généraux : le premier sur la réconciliation nationale, le deuxième sur la recherche de la paix et de la sécurité, le troisième sur la relance économique. Lors de sa prestation de serment, nous avons compris qu’il nous avait répondu directement à travers sa déclaration. Nous l’attendons donc sur le terrain.
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MANDATURE 2016 -2021 DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE DU BURKINA FASO
Mahamadi Savadogo se félicite des importantes réalisations et réformes Élu Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso en novembre 2016, Mahamadi Savadogo nourrissait de grandes ambitions pour le secteur privé burkinabè. Assurer un renouveau consulaire et une transformation structurelle du secteur privé, telle était la feuille de route du Bureau consulaire qui, après quatre années, se prépare à organiser les prochaines élections.
Quelle a été la performance des entreprises durant l’année 2020 marquée par la Covid-19 ? La Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso est dotée d’une mission consultative qui lui donne la prérogative d’émettre, à l’attention des pouvoirs publics, des avis et recommandations sur divers sujets pouvant contribuer à accroître la prospérité économique de notre pays. À ce titre, nous réalisons régulièrement des études ; et la dernière en date a permis de dresser l’état du secteur privé burkinabè en 2020. Il en ressort que l’économie burkinabè a été durement affectée par la pandémie du coronavirus ; et cela s’est manifesté par une baisse du taux de croissance économique établie à 2 % contre une prévision initiale de 6,3 %. Elle a engendré une baisse du chiffre d’affaires des entreprises impactées (86,9 % du chiffre d’affaires journalier selon une enquête réalisée en 2020 par notre institution), le report des principaux investissements initialement prévus, des tensions de trésorerie, la «Malgré la crise contraction de la production sanitaire liée et des emplois, des difficultés au Covid-19, d’approvisionnement, la faillite de certaines entreprises, etc. le climat des
2021 est la dernière année de votre mandature. Quel bilan faites-vous de votre action à la tête de la CCI du Burkina Faso ? La mise en œuvre du Plan Stratégique de la Mandature 2016-2021 s’est faite de façon satisfaisante au regard des résultats obtenus. Lors de la revue à mi-parcours réalisée en 2019, nous avons noté un taux global de réalisation de plus de 60 %. En ce qui concerne le niveau de réalisation des activités annuelles, 2020 a connu un taux d’exécution physique de 91,56 % contre 80,46 % en 2019, 79,68 % réalisé en 2018 et 74 % en 2017. Cela donne un taux moyen de mise en œuvre de 81,43%. Le renforcement de la compétitivité des entreprises étant une priorité pour notre Institution, de grands projets d’investissements ont été initiés. C’est le cas notamment de : • l’extension et la réhabilitation du port sec de Bobo-Dioulasso pour près de 15,2 millions d’euros. Nous sommes à ce jour à un taux de réalisation moyen de 25 % ; • la réalisation du port sec multimodal de Ouagadougou dont la délimitation du site, le recensement et la sensibilisation des populations touchées par le projet sont achevés. La mise en œuvre du projet démarrera bientôt ;
affaires reste
Nonobstant ces difficultés, avantageux le secteur privé a fait preuve d’une résilience accrue. Les pour les indicateurs de cette résilience entrepreneurs.» économique sont, entre autres, le climat des affaires qui reste avantageux pour les entrepreneurs. En effet, 15 643 nouvelles entreprises ont été créées auprès des Centres de formalités des entreprises contre 13 137 en 2019 soit une hausse de 19,07 %. Au sujet des investissements directs étrangers, nous avons noté une hausse des entrées nettes estimées à 259 millions d’euros contre 172 millions d’euros en 2019. Enfin, au titre de la contribution du secteur privé à la mobilisation des recettes fiscales et douanières, elle est estimée à 2 194 millions d’euros contre 2 172 millions d’euros en 2019.
Le siége de la CCI, à Bamako
COMMUNIQUÉ
Au regard donc de ce bilan qui n’est pas exhaustif, nous pensons que notre Institution a pleinement joué son rôle de catalyseur du secteur privé burkinabè.
• la réalisation du campus consulaire pour un coût total de près de 6,1 millions d’euros qui servira de technopôle pour la formation professionnelle initiative et continue ; • la construction des sièges de nos Délégations Consulaires Régionales (DCR) dans huit régions; • la construction et la mise en exploitation effective d’un parking pour véhicules poids lourds à Cotonou (Bénin) précisément à Akassato pour 3,8 millions d’euros, etc. En ce qui concerne le financement des PME, nous avons mis en place notre société de microfinance dénommée « SAFINE S.A » destinée aux micro, petites et moyennes entreprises. En outre, nous avons institué dans nos DCR les prêts d’honneur (prêts à taux 0) avec une mise initiale de plus de 396 400 euros. À cela, il faut ajouter la mise en œuvre du Projet d’Appui à la Transformation Industrielle qui a abouti à la sélection de 11 lauréats pour un budget de plus de 97 600 euros. Sur le plan de la diplomatie économique, nous avons orienté nos actions vers des pays à fort potentiel économique. Ainsi, 35 missions commerciales ont été organisées au profit de 1 024 hommes d’affaires à l’occasion d’événements économiques majeurs tels que la TICAD 7 à Yokohama au Japon, le premier forum économique Chine-Afrique à Changsha, le forum Russie-Afrique à Sotchi, le forum d’affaires Turquie-Burkina Faso, le forum AFRICALLIA à Abidjan, le forum d’affaires du Traité d’Amitié et de Coopération entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, etc. Grâce à la confiance de nos partenaires, nous avons mis en place des projets d’appui aux entreprises en l’occurrence le Programme d’appui à la compétitivité en Afrique de l’Ouest-volet Burkina Faso (PACAO) doté d’un budget de 8,4 millions d’euros et le projet « Archipelago mangue Burkina Faso » pour 609 795 euros.
L’une des réformes majeures est la création de l’Académie Internationale pour la Gouvernance et le Leadership Économique dont la mission principale est de promouvoir la gouvernance d’entreprise auprès des dirigeants, administrateurs et hauts cadres des entreprises publiques et privées. En perspectives, nous avons l’ambition de mettre en place un centre d’étude et de langues pour des programmes d’apprentissage des langues émergentes. Entretien réalisé par la Direction de l’Information et de la Communication
Avenue de Lyon, 01 BP 502 Ouagadougou 01 Tél. : (+226) 25 30 61 14 / (+226) 25 30 61 15 Fax : (+226) 25 30 61 16 / E-mail : info@cci.bf
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SAFINE S.A, une réponse aux besoins de financement des micro, petites et moyennes entreprises burkinabè
Le développement du capital humain est un axe stratégique majeur de votre Mandature. Quelles sont les réformes que vous avez opérées ? À ce sujet, nous avons réalisé d’importants investissements et opéré des réformes dont la finalité est l’amélioration de l’offre de formation en vue du renforcement des capacités de nos entreprises. Notre dispositif de formation est bâti autour de cinq centres et écoles de formation professionnelle «Le renforcement dans divers domaines telles de la compétitivité que le transport routier, les des entreprises BTP, l’agroalimentaire et le tourisme, etc. En partenaétant notre priorité, riat avec l’École Française de grands projets des Affaires, le Centre Afrid’investissements cain d’Études Supérieures en Gestion et Toulouse Buont été initiés.» siness School, nous avons créé l’École Burkinabè des Affaires qui offre des formations de niveau Masters en Supply chain et Achats, et en Management des structures de santé. Il y a aussi l’Institut Supérieur de Génie Electrique qui assure la formation des Techniciens Supérieurs, des Ingénieurs de Travaux et de Conception en électricité, informatique, télécommunications et maintenance industrielle.
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ÉCONOMIE
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De la résilience à la relance no3099 – AVRIL 2021
Bien que la pandémie ait entraîné une récession de 2 % en 2020, le cadre budgétaire reste maîtrisé. Et si la reprise semble déjà amorcée, des incertitudes demeurent quant à sa cadence et à son ampleur.
L RENAUD VAN DER MEEREN/EDJ
ALAIN FAUJAS
Aux Grands Moulins des Champs (GMCSitrac), zone industrielle de Kossodo, dans la banlieue nordest de Ouaga.
e bon élève burkinabè a été injustement puni par la pandémie. Il avait fait de gros efforts pour contenir ses déficits. Il avait commencé à prendre des mesures pour maîtriser l’inflation galopante des salaires de la fonction publique. Il avait ferraillé contre la corruption : selon Ousmane Kolie, spécialiste du secteur public à la Banque mondiale (BM), à la fin de 2020, 97 % des assujettis de l’exécutif et du législatif avaient effectué leurs déclarations de patrimoine, publiées au Journal officiel… Mais rien n’y a fait : le pays a vu sa croissance fauchée nette. Celle-ci avait atteint 5,7 % en 2019 et s’est muée en récession de 2 % en 2020, selon le FMI (voir « Repères »). Adieu la sagesse budgétaire et la maîtrise de la dette! Il a fallu faire face en même temps sur les fronts sanitaire, social et économique, tout en poursuivant le combat contre un terrorisme redoutable. « Malgré des ressources budgétaires relativement faibles, les autorités ont plutôt bien géré une dette qui est passée, en un an, de 42,7 % du PIB à 46,6 %, soit quatre points de plus, alors que la dette de l’ensemble de l’Afrique subsaharienne augmentait de neuf points », souligne Bakary Traoré, économiste au Centre de développement de l’OCDE. Il poursuit : « Les conséquences de la mise à l’arrêt de l’économie sur la population seront tout de même graves, puisque 895 000 Burkinabè rejoindront dans l’extrême pauvreté [soit un revenu par tête de 1,90 dollar par jour] les 8 millions qui en souffrent déjà. » « L’agriculture de subsistance et celle de rente, comme la culture du coton, ont été résilientes, analyse Kodzovi Senu Abalo, économiste pays de la BM à Ouagadougou. Le secteur secondaire a quant à lui connu une stagnation au premier semestre de 2020, avant d’opérer un redressement spectaculaire au second semestre, porté par une production d’or en forte hausse, ce qui a contribué à améliorer la balance commerciale.
Seul le secteur tertiaire (transports, tourisme, commerce, restauration-hôtellerie, réparations) a fortement chuté, sa croissance passant de 8,2 % en 2019 à – 1,4 % en 2020. » La réaction du gouvernement a été rapide et efficace. Le plan de riposte et de relance de l’économie a mobilisé, dès avril 2020, 394 milliards de F CFA (600,65 millions d’euros), dont 76 milliards ont été consacrés aux mesures sociales : subventions aux produits alimentaires de première nécessité, transferts monétaires au profit des plus démunis, exonérations des factures d’eau et d’électricité.
Gains et regain
Le FMI a soutenu le creusement du déficit budgétaire en 2020, « intégralement financé grâce à un soutien extérieur supplémentaire ». En effet, l’aide internationale n’a pas fait défaut. La BM en a assuré la majeure partie (310 millions de dollars approuvés), avec l’Union européenne (116 millions d’euros), la Banque africaine de développement (62 millions de dollars) et la France (36 millions d’euros). La suspension de la charge de la dette extérieure décidée par le G20 a fait économiser 25 millions de dollars au pays. Cela ne veut pas dire que la reprise est sur les rails. « Nous sommes réalistes. Il est peu probable que l’économie burkinabè retrouve avant 2023 son niveau d’avant la crise : la reprise devrait être graduelle, en commençant par une croissance d’environ 3 % en 2021, estime Daniel Pajank, économiste principal de la BM pour le Burkina, en poste à Dakar. Il faut tenir compte de plusieurs facteurs d’incertitudes. La croissance démographique annule en partie ces gains. Les prix bas du pétrole et les prix élevés de l’or ne dureront peut-être pas. Les aléas climatiques et un trop lent déploiement des vaccins peuvent compliquer la donne. » Déjà, la remontée des cours du brut et des céréales menace le pouvoir d’achat… Qu’est-ce qui pourrait accélérer le regain économique ? Les réformes, bien sûr ! « Les finances et les dépenses publiques
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ÉCONOMIE
Plan vigoureux pour les PME
Reste la question lancinante des moyens qui font tant défaut au Burkina. « L’épargne interne est l’une des plus faibles du continent, rappelle Bakary Traoré. Elle atteint seulement 5,7 % du PIB, quand elle est estimée à 19 % pour l’Afrique subsaharienne. » Les solutions ? « Que le gouvernement injecte du crédit à l’économie sous forme d’un plan vigoureux pour le secteur privé, les PME, les entreprises familiales et le secteur informel, en appuyant les points forts du pays, tels que le textile, le design, le cinéma, répond-il. Mais vont-ils pouvoir augmenter les taxes sur les ressources minières, et l’appui de la communauté internationale sera-t-il à la hauteur? » En tout cas, la Banque mondiale poursuivra son effort. « Le Burkina Faso sera le premier pays du Sahel à bénéficier de la fenêtre de financement supplémentaire utilisée par la Banque pour venir en aide aux pays fragiles confrontés aux défis de l’insécurité, annonce Daniel Pajank. Ces “allocations pour la prévention et la résilience” amèneront un financement additionnel de 700 millions de dollars sur trois ans, constitué pour moitié de dons. » Les autres bailleurs de fonds ne devraient pas être en reste. Mais seront-ils assez persévérants pour permettre de mener de front des tâches aussi urgentes les unes que les autres : la renaissance de l’armée pour que le pays retrouve la paix, la mise à niveau de l’administration, l’accès à une électricité de qualité, le développement de nouvelles mines, l’extension du réseau routier, l’alphabétisation des
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REPÈRES
Reprise en pointillé... 2019
2020
Croissance (PIB réel, à prix constants) Inflation (moyenne annuelle)
5,7 – 3,2
–2 2
Solde budgétaire global (dons compris)
– 3,5
– 6,1
– 4,6
Solde extérieur courant (dons compris)
– 4,8
– 3,5
– 3,5
Dette publique totale
42,7
46,6
48,1
Dont dette extérieure
23,5
26,7
24,1
... comparée aux voisins de l’Uemoa
2020 6,5
6,9 5 5,3
– 0,7
Burkina Faso
5,2 5,7
–2
Togo
3,9 5,3
0
Niger
3 5,9
0,5
Mali
6,9 5,1
–2
4
Guinée-Bissau
4,5
– 2,9
Moyenne régionale
2021
6,2
2
Sénégal
3,9 2
Projections
1,8
Bénin
2021
(En % du PIB)
2019
(évolution du PIB réel, en %, à prix constants)
Côte d’Ivoire
Projections (en %)
3
0,3
deux tiers de la population adulte, la scolarisation des filles, la mise en place de la zone économique spéciale transfrontalière si prometteuse de Bobo-Dioulasso – Korhogo – Sikasso, la vaccination anti-Covid sans laquelle il n’y aura pas de franche reprise, etc. Des défis impossibles à relever sans une aide forte et maintenue, durant plusieurs années, pour attirer les investisseurs.
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SOURCES : FMI - OCTOBRE 2020
devront être améliorées selon trois volets, détaille Kodzovi Senu Abalo. Primo : la mobilisation des ressources domestiques, qui passe par une plus grande efficacité de la collecte fiscale (avec, entre autres, une expansion de la dématérialisation des opérations de déclarations et de paiements des impôts) et par la poursuite des efforts de maîtrise des exemptions fiscales. Secundo : une plus grande efficacité de la dépense publique est indispensable pour dégager de l’espace budgétaire. Par exemple, la loi sur les partenariats public-privé, qui doit être votée cette année, devrait contribuer à renforcer la participation du secteur privé à la reprise de la croissance. Un registre social national permettra de mieux cibler les aides aux personnes les plus vulnérables. Tertio : la numérisation et la dématérialisation des services publics devraient permettre de renforcer l’efficacité et la portée de l’action gouvernementale. »
Planor Afrique
COMMUNIQUÉ
La marche en avant Planor Afrique, la holding qui porte les sociétés de Appolinaire Compaoré, le Président du patronat burkinabè, est un acteur majeur de l’économie du pays. Malgré le contexte marqué par les crises multiformes ce groupe diversifié reste dans une dynamique fort appréciable. Parmi la quinzaine de filiales, établies au Burkina et au Mali, Telecel (Faso et Mali), Wendkuni Bank International, UAB Assurances, SBE (Equipements), SKI (Carburant et lubrifiants) se sont toutes faites une notoriété. Sous le leadership d’un fondateur aux talents hors pair et au mental de gagnant, les sociétés réalisent au fil des ans des résultats permettant de poursuivre l’affermissement et la modernisation des activités. Le modèle de développement qui repose sur le caractère multisectoriel du Groupe conjugué à un concept de synergie est un atout majeur.
Planor Afrique représente aujourd’hui un chiffre d’affaires d’un peu plus de 100 milliards FCFA, plus de 1 000 emplois directs et 20000 emplois indirects avec une contribution à l’économie burkinabè de l’ordre de 30 milliards FCFA.
UAB ASSURANCES est un groupe d’assurances pratiquant l’ensemble des branches VIE (UABVIE) et NON VIE (UAB-IARDT). Il est spécialisé dans la gestion des assurances des biens, des responsabilités et des personnes depuis une trentaine d’années. Nos valeurs : • Responsabilité • Engagement • Ethique • Solidarité • Confiance. Nos principaux indicateurs d’évolution d’activités et de solidité financière 2020 : Marge de solvabilité : 354 % Couverture des Engagements : 126 % Return of investissement : 16 %
WBI, la banque pour grandir
Telecel Faso, un opérateur en transformation.
Wendkuni Bank International (WBI) a démarré ses activités en mai 2018. En moins de 3 ans d’exercices, elle affiche un portefeuille de plus de 10 000 clients et un résultat net bénéficiaire de 700,7 millions.
Telecel Faso continue sa mue. Objectif, passer d’un opérateur offrant principalement des services de téléphonie voix et SMS à une entreprise proposant une multitude de services à travers le téléphone portable.
WBI ambitionne de développer son réseau d’agences dans les régions à fort potentiel tout en investissant significativement dans le digital. WBI dispose à ce jour de 7 agences (4 à Ouagadougou, 1 à Bobo Dioulasso, 1 à Koudougou et 1 à Manga). 5 nouvelles agences seront ouvertes courant l'année 2021 (2 à Ouagadougou et 3 à l’intérieur du pays).
Réputée offrir le meilleur rapport qualité/prix, la filiale du Groupe Planor Afrique a lancé courant Décembre 2020 une offre 4G très bien accueillie. Avec l’appui de ses partenaires, Telecel a investi dans un réseau moderne qui a permis de renforcer son offre Internet en l’étendant à de nouvelles localités. Il offrira également dans les prochains mois sa solution Mobile Money.
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UAB, un assureur d’expérience et de confiance
GRAND FORMAT BURKINA FASO
INFRASTRUCTURES
Le désenclavement du pays se poursuit. De la liaison autoroutière avec le Togo au corridor ferroviaire Ouaga-TemaAccra, les projets sont nombreux. Reste à les financer.
N
NADOUN COULIBALY
«
ous allons lever des ressources à hauteur de 200 milliards de F CFA [près de 305 millions d’euros] afin d’alimenter le Fonds spécial routier [FSR] pour financer la construction de nouvelles routes, comme celle reliant Tenkodogo à Ouargaye, à la frontière du Togo », nous confiait en février le ministre burkinabè des Infrastructures, Éric Bougouma. Une somme qui devra être apportée par un pool bancaire local, au sein duquel figurent la filiale du groupe français Société générale et Ecobank. « Le sujet est sur la table, mais il est loin d’être bouclé », précise cependant un acteur de la place financière ouagalaise impliqué dans le dossier. Les autorités burkinabè ont en effet engagé des négociations avec les banques sur les conditions liées aux emprunts que nécessitent ces projets, qu’elles comptent rembourser grâce aux ressources propres du FSR. Ces dernières reposent sur la taxe sur les produits pétroliers, dont le montant s’élève à plus de 50 milliards de F CFA, et sur celle relative aux péages, estimée à 7 milliards de F CFA. Parmi les projets emblématiques appelés à être financés dans ce cadre : les études (qui doivent être lancées cette année) pour le dédoublement de la voie existante et la construction d’une autoroute entre la capitale burkinabè et la frontière togolaise, ainsi que les travaux des tronçons entre Gaoua et la frontière ivoirienne via Batié, dans le sud-ouest du pays (soit environ 100 km), et entre Fada-Ngourma
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et Gayéri, dans l’Est (environ 75 km). Autre chantier prioritaire pour Éric Bougouma, dont le financement est pour l’instant distinct de celui du FSR : l’élargissement de l’avenue Bassawarga, un axe majeur et totalement congestionné, en plein cœur de la capitale, afin de fluidifier le trafic entre le quartier de Ouaga 2000 et le centre-ville.
Consortiums au taquet
Côté chemin de fer, les négociations avec la filiale locale de Bolloré Transport & Logistics marquent le pas en ce qui concerne la réhabilitation de la voie Abidjan-Ouagadougou, pour laquelle le groupe français s’était engagé à injecter 400 millions d’euros selon la convention de concession révisée (CCR) adoptée en décembre 2018. Désormais, l’État burkinabè mise
Rénovation de la nationale entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
SOPHIE GARCIA POUR JA
Route, rail… encore un train de retard
avant tout sur le corridor ferroviaire Ouaga-Tema-Accra. Avec les autorités ghanéennes, il cherche des partenaires techniques et financiers afin de constituer un partenariat public-privé pour la construction et l’exploitation du réseau ferroviaire qui reliera les deux capitales. La sélection finale a retenu trois groupements pour l’exécution des travaux, dont le lancement est prévu avant la fin de 2021. Il s’agit du consortium entre China Railway Engineering Group, China Railway Design et Consulting Group, d’une part, et de celui entre les européens Frontline, Mota-Engil, Deutsche Bahn et Siemens, d’autre part, ainsi que du groupement entre les américains African Global Development et NSA Corp et les cabinets d’ingénierie enregistrés en Grèce Race Consulting et Kalliergos. Pour tenir compte des besoins économiques des deux pays, un nouveau tracé proposé par le comité conjoint d’experts rallonge la ligne d’environ 420 km, pour une longueur totale de 1529 km. Le Burkina a par exemple demandé l’ajout d’une ligne secondaire de 218 km pour y connecter le gisement de manganèse de Tambao, en passant par la ville de Garango (Centre-Est). Au Ghana, l’évolution du tracé prévoit une connexion avec la ville de Dambai (Ouest) afin, là aussi, d’en prendre en compte le potentiel minier.
Comment Fidelis Finance renforce la résilience des PME face à la crise sanitaire
Aspirez à mieux
Alors que la crise sanitaire a bouleversé les agendas économiques, le spécialiste burkinabè du crédit et du leasing, Fidelis Finance, dirigé par le banquier et économiste Kouafilann A. Sory a créé des solutions pour permettre aux PME de résister. Explications ! Si la crise économique induite par la crise sanitaire a entraîné une contraction des activités des entreprises notamment des PME, Fidelis Finance met en avant ses solutions pour permettre à ces dernières de résister aux chocs financiers. Il faut dire que ces bouleversements liés à la Covid-19 qui continue de faire des ravages instaurent un nouvel ordre qui éprouve la résilience des organisations.
Kouafilann A. Sory,
Administrateur & Directeur général.
« Très tôt, Fidelis Finance a compris que sa résilience dans cette nouvelle normalité ne pouvait se construire qu’en synergie avec sa clientèle et ses investisseurs en dettes. C’est alors que pour assurer une bonne mise en oeuvre de nos nouvelles politiques et des mesures d’urgence et d’atténuation prises par les autorités de nos pays d’implantation et la BCEAO, il a été conduit une étude empirique auprès de notre clientèle pour mesurer le degré de leur exposition à la crise et, évaluer les nouveaux besoins induits par celle-ci », explique Abdoulaye Kouafilann Sory, patron du leader burkinabè du crédit bail ou du leasing avec près de 70 % de parts de marché.
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« L’étude a permis de recentrer nos interventions sur les clients du portefeuille d’une part et, de l’autre, de réajuster le niveau de nos engagements pris avec nos investisseurs en dettes tout comme nous avons élargi les sources de mobilisation de nos ressources pour couvrir les nouveaux besoins des clients actifs en l’occurrence dans les secteurs de l’éducation, des services et, de la santé », met en avant le banquier. Au total, ce sont plus de 12 millions d’euros qui ont été mobilisés pour soutenir la résilience des PMEs, ce qui permet à l’institution de réaliser ses performances budgétaires de 2020. « Ces résultats nous les devons à l’abnégation au travail de nos équipes, à la confiance que nos partenaires investisseurs ont en la résilience de notre société qui elle-même est le fruit d’une capacité d’adaptation et d’une gouvernance bien éprouvées et, d’une vision d’entreprise aux fondements solidement ancrés dans son environnement », assure M. Sory.
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Résultats : des pistes d’actions émergent permettant à l’entreprise d’assurer ses prestations vis-à-vis des clients. Le point d’orgue a été des réformes organisationnelles qui ont eu pour effet de renforcer la capacité d’adaptation à cette perturbation tout en reconstruisant les rapports de la société avec son personnel, ses clients, ses partenaires et les écosystèmes avec lesquels elle interagit. En effet, l’activation du plan de continuité d’activité (PCA) de la société a permis la poursuite de l’activité dans les conditions optimum de sécurité sanitaire pour à la fois, son personnel et ses clients.
Fort de plus de 20 ans d’expérience éprouvée, Fidelis Finance est un établissement financier à caractère bancaire spécialisé dans le leasing, le factoring et autres crédits aux PME. Elle est présente au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire et son capital est détenu à 86,3 % par les Institutionnels que sont AfriCapital, FBDES, la BOAD, la BIDC, le FSA et, à 13,7 % par d’autres personnes morales et le personnel. FIDELIS BURKINA FASO 1035, Avenue du Dr. Kwamé N’Krumah 01 B.P. 1913 Ouagadougou 01 Burkina Faso Tél. : +226 50 30 01 01
www.fidelis-finance.com
FIDELIS CÔTE D’IVOIRE Cocody Danga, Route du Lycée Technique, Angle rue de la Canebière 06 BP 1330 Abidjan 06 - Côte d’Ivoire Tél. : +225 22 44 88 00
GRAND FORMAT BURKINA FASO
STRATÉGIE
Bachir Ismaël Ouédraogo Ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières
« Nous avons besoin de PME fortes » PROPOS RECUEILLIS À OUAGADOUGOU PAR NADOUN COULIBALY
À
Jeune Afrique : Quelles sont les priorités et les complémentarités des domaines dont vous avez la charge ?
Bachir Ismaël Ouédraogo : L’énergie et les mines sont les moteurs de notre économie. Leur fusion doit nous permettre de concrétiser l’accès universel à l’énergie, grâce au potentiel minier. Et nous devons produire des résultats pour répondre aux attentes des Burkinabè. Sans énergie, point de développement. Au cours des cinq dernières années, le taux d’accès à l’électricité est passé de 18 % à 45 %. Notre objectif est d’atteindre le seuil de 75 % à l’horizon 2025. Quant au secteur minier, la filière aurifère a généré plus de 2 000 milliards de F CFA [plus de 3 milliards d’euros] de revenus en 2020, avec une production de 60 tonnes d’or, et nous voulons accroître la production de minerais en misant sur la stratégie du local content, local ownership [« production locale, actionnariat
SOPHIE GARCIA POUR JA
41 ans, Bachir Ismaël Ouédraogo est le benjamin du gouvernement Dabiré. Titulaire d’un doctorat en économie des énergies renouvelables et du changement climatique de l’université de Manchester (RoyaumeUni), membre du bureau exécutif du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir), il a vu le portefeuille de l’Énergie, qu’il dirigeait depuis 2018, élargi, en janvier, à celui des Mines et des Carrières. Un secteur stratégique puisqu’il constitue entre 10 % et 12 % du PIB du Burkina. Entretien.
Benjamin du gouvernement, Bachir Ouédraogo est membre du bureau exécutif du MPP.
local »]. Il s’agit de faire en sorte que des PME et des hommes d’affaires burkinabè puissent prendre des parts de marché dans la chaîne de commande, et d’inciter les investisseurs locaux à saisir les opportunités du secteur. La feuille de route que nous a donnée le chef de l’État est claire sur ce point. Nous avons mis en place une direction générale
AU COURS DES CINQ DERNIÈRES ANNÉES, LE TAUX D’ACCÈS À L’ÉLECTRICITÉ EST PASSÉ DE 18 % À 45 %.
consacrée à la promotion des économies minières et énergétiques, de façon à favoriser l’émergence de PME fortes, capables de construire des centrales et des mines. Cela va nous permettre d’installer des industries pour préparer « l’après-mine » en utilisant le potentiel du secteur extractif afin de développer d’autres pans de l’économie. Déjà, nous nous réjouissons d’avoir obtenu l’extension de la mine de Bomboré [Centre], financée par une banque locale, et d’avoir octroyé le premier permis minier détenu à 100 % par des capitaux burkinabè, Salma Mining. Une autre de nos priorités est la baisse du coût de l’énergie, qui représente 40 % du prix de l’once d’or produite. Paradoxalement, les mines disposent de 400 mégawatts [MW] off grid, « hors réseau ». Cette puissance
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STRATÉGIE
peut servir à électrifier les villages environnants, et l’excédent peut être injecté dans le réseau connecté de la Sonabel. Le développement des technologies du gaz liquéfié et du solaire va aussi nous permettre de réduire le coût du kilowattheure [kWh] par rapport au DDO [fuel distillé] et au HFO [fuel lourd]. De quel ordre sera cette baisse du coût du kilowattheure, qui reste élevé, à 139 F CFA (20 centimes d’euro) ?
Évidemment, nous ne pourrons pas être plus royalistes que le roi. Nous importons 60 % de l’électricité que nous consommons depuis la Côte d’Ivoire et le Ghana. Les interconnexions sont salutaires, car elles permettent à nos pays d’être solidaires en matière d’électricité, en favorisant les importations basées sur les avantages comparés de chacun. La Côte d’Ivoire possède du gaz et une capacité hydroélectrique, elle a donc un avantage comparé au Burkina, qui importe le DDO et le HFO. Notre objectif est de minimiser notre dépendance à ces produits en augmentant la part du solaire, moins cher comparé aux autres énergies. Ainsi, le prix du kilowattheure produit par une centrale solaire au Burkina est trois fois moins élevé que celui d’une centrale thermique [40 F CFA, contre 120 F CFA]. L’Afrique de l’Ouest se prépare à ouvrir son marché de l’électricité. Comment le Burkina va-t-il s’y positionner ?
Si nous achetons de l’énergie en Côte d’Ivoire, c’est parce que la production y est plus abordable que la nôtre. Nous nous positionnons sur le solaire, qui a un grand potentiel. Il nous confère un avantage par rapport aux autres pays : dans nos projets, nous avons 250 MW de solaire, dont 150 MW en construction. Notamment à travers le projet Yeleen, que nous développons avec l’Agence française de développement (AFD), l’Union européenne (UE), la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds vert climat (GCF), qui va apporter une
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puissance additionnelle de 50 MW de solaire et 10 MWh de stockage. En outre, dans le cadre du Wapp [Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain], nous allons construire deux centrales solaires sous-régionales d’une capacité cumulée de 300 MW, avec stockage d’énergie, dont la vocation est de permettre au Burkina d’exporter de l’électricité. Nous attendons la construction de la ligne de transport de 330 kV de la dorsale nord, qui part du Nigeria et passe par le Niger, pour assurer l’acheminement de cette production solaire vers le Mali et d’autres pays. Enfin, le Millennium Challenge Account va nous permettre d’investir plus de 300 milliards de F CFA pour renforcer le réseau de transport et de distribution électrique.
construire une nouvelle ligne de Kaya à Tambao, soit 140 km, et bitumer l’axe routier Dori-Tambao. Ensuite, l’exploitation du gisement de manganèse doit s’accompagner d’un plan sécuritaire avec des bases militaires dotées de moyens modernes de surveillance [drones, avions, etc.]. Enfin, dans le cadre de la relance des activités à Tambao, nous étudions l’option d’un mécanisme de développement pour le Sahel, car ce gisement peut représenter un tournant décisif dans le processus de développement du pays. Nous avons reçu treize manifestations d’intérêt, dont l’une émanant d’un consortium d’hommes d’affaires burkinabè. La commission chargée de réfléchir à la relance du projet a travaillé d’arrache-pied. Un dossier sera présenté d’ici au mois de juin.
Deux ans après la reprise par l’État du permis d’exploitation au groupe de Frank Timis, où en est le projet de développement de la mine de manganèse de Tambao ?
De quels moyens disposez-vous pour encadrer l’orpaillage ?
Tambao est un projet emblématique. En tirant les leçons de notre expérience avec le groupe Pan African Minerals, il convient d’installer les garde-fous nécessaires pour que, dès
PLUS DE 20 TONNES D’OR SONT PRODUITES CHAQUE ANNÉE DE FAÇON ILLÉGALE… IMAGINEZ LA MANNE QUI ÉCHAPPE AU FISC! le départ, ce projet réponde aux aspirations de la population. Cette fois, nous avons l’intention d’associer les capitaux burkinabè au démarrage du projet Tambao. Tout d’abord, il s’agit de régler l’épineuse question du transport et de la logistique : il faut réhabiliter le tronçon ferroviaire Ouaga-Kaya,
Plus de 2 millions de Burkinabè travaillent dans l’orpaillage, et plus de 20 tonnes d’or par an sont produites de façon illégale… Imaginez la masse d’argent qui échappe au contrôle du fisc ! Cela alimente les réseaux mafieux et le terrorisme. Nous connaissons le circuit clandestin de ce trafic, qui transite par des pays voisins comme le Ghana, le Mali ou encore le Togo. Entre 5 t et 10 t d’or sortent chaque année de ce pays alors qu’il n’en produit pas… Nous devons régler ce problème fondamental, et nous avons engagé le dialogue avec le syndicat des orpailleurs. Nous ne pouvons plus nous regarder en chiens de faïence. Le ministre délégué et moi-même avons assisté à leur assemblée générale afin de les rassurer sur le fait que nous sommes là pour protéger le secteur. Nous allons démarrer les activités de raffinage pour sécuriser les sites de production d’or et innover en matière de traçabilité, mais aussi délivrer aux orpailleurs une carte d’artisan minier. Enfin, nous prévoyons d’autres mécanismes incitatifs pour les encourager à s’orienter vers une exploitation semi-mécanique, voire semi-industrielle.
PUBLI-INFORMATION
Créé en 1976, le CNPB a pour objectif de promouvoir et de défendre les intérêts matériels, moraux et professionnels de ses membres. Depuis 2018, le patronat se modernise plus que jamais et ses ambitions sont nombreuses.
Appolinaire Compaoré
politiquesetstratégiesdédiéesàl’éducation, l’emploi et la formation. Depuis 2018, sous laprésidence de Monsieur Appolinaire Compaoré, le CNPB pérennise sa position dans le tissu économique du territoire. Pour 2021, le Conseil souhaite renouveler ses actionsavec plusieurscréations: un mécanisme de garantie pour faciliter l’accès au financement des PME, TPE et micro entreprises, un centre de formation pour l’emploi, un incubateur d’entreprises pour promouvoir l’entreprenariat et bien sûr, la fondation du siège du CNPB.
Originaire de Koassa, village situé dans la région du Centre-Sud du Burkina Faso, Apollinaire Compaoré a construit sa carrière avec résilience et persévérance. Orphelin de père, il n’a pas pu bénéficier d’une éducation scolaire. Initié aux travaux champêtres, il acquiert néanmoins le goût du travail dans les champs, au rythme des saisons et des récoltes. Monsieur Compaoré entre dans le monde des affaires en 1965, à Ouagadougou, dans le domaine de la vente de billets de loterie. En 1973, avec son épargne, il investit 30 000 000 F CFA dans la commercialisation des mobylettes à deux roues. Les retombées de cette activité ainsi que la prise de participations dans plusieurs entreprises au Burkina, en Côte d’ivoire, au Togo ou en France lui permettent de créer des entreprises dans divers secteurs comme l’Assurance, l’Immobilier, la Téléphonie mobile… Appolinaire Compaoré est
Le Programme d’Appui à la Formation Professionnelleetàl’Apprentissage(PAFPA),modèle réussi de partenariat public privé (PPP) dans la sous-région, exécuté par le CNPB pour la période 2018-2022, sera particulièrement porteur.Grâceàunbudget de5,2miiliardsde F CFA, le CNPB compte aider les jeunes travailleurspourqu’ilsaccèdentàdesformations pratiques et théoriques de qualité, gages de leurinsertionsocioprofessionnelle.Demême, des dispositifs de formation, construits avec l’ensemble du secteur privé, permettront de répondre aux besoins des jeunes grâce àune offre diversifiée et pragmatique.
aujourd’hui à la tête d’un empire financier composé de trois holdings : Planor Afrique SA, Planor Capital International et Alpha West Afrique. Récompensé par des distinctions nationales et internationales, il est également très investi dans le développement du Burkina Faso.
Appolinaire Compaoré a été élu Président du patronat burkinabè le 25 octobre 2018.
01 BP 1482 Ouagadougou 01 Burkina Faso +226 25 33 03 09 www.patronat.bf
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omposé de 77 groupements professionnels, répartis dans tous les secteurs d’activité de l’économie du Burkina Faso, le CNPB est animé par plusieurs activités, signes de la bonne santé économique du pays. Cette union patronale favorise la pérennité des entreprises privées sur le territoire, soutient les associations professionnelles dans leurs démarches, améliore la gestion interne des sociétés, assure la représentation du secteur privé auprès des pouvoirs publics et des organisations syndicales de salariés et représente le leadership du secteur privé dans la mise en œuvre des
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RENAUD VAN DER MEEREN/EDJ
INDUSTRIES EXTRACTIVES
Le site de Mana, exploité par le canadien Endeavour depuis son acquisition de Semafo, en 2020.
Des perspectives cousues d’or
Avec 17 mines industrielles exploitées et 60 tonnes produites en 2020, la filière aurifère a le vent en poupe. D’autant que trois gisements doivent entrer en production cette année.
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NADOUN COULIBALY
vec une production de 60 tonnes en 2020 (contre 35 t en 2015) et un chiffre d’affaires estimé à plus de 2 000 milliards de F CFA (plus de 3 milliards d’euros), la filière aurifère poursuit sa croissance, portée par l’entrée en exploitation de nouvelles mines, comme celle de Sanbrado (gérée par une filiale de l’australien West African Resources), par l’extension de gisements déjà en activité, ainsi que par la bonne tenue des cours de l’or. Cette année, trois nouvelles mines devraient entrer en production, l’une développée par la canadienne Roxgold à Boussoura (Sud-Ouest), près de Batié, et les autres par Riverstone Karma et Houndé Gold, détenues par une autre sociétéminièrecanadienne,Endeavour
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Mining, qui, en novembre 2020, a racheté son compatriote Teranga Gold moyennant 1,86 milliard de dollars. Cette opération, combinée à la fusion-acquisition, quelques mois auparavant, de la Société d’exploitation minière en Afrique de l’Ouest (Semafo), place désormais Endeavour parmi les plus grands producteurs d’or cotés à Londres, avec 1,5 million d’onces produites par an (soit plus de 42,5 t). « Ce sont autant de facteurs qui ont permis à notre secteur de maintenir la production et de se montrer résilient
LA DETTE DE L’ÉTAT ENVERS LES SOCIÉTÉS MINIÈRES EST ESTIMÉE À PLUS DE 100 MILLIARDS DE F CFA.
face à la pandémie de Covid-19 », explique Tidiane Barry, le président de la Chambre des mines du Burkina (CMB). Malgré la crise sanitaire, les compagnies minières ont en effet maintenu de bonnes performances opérationnelles en 2020, certaines dépassant même leurs objectifs de production, comme Roxgold, qui a extrait de sa mine de Yaramoko (Ouest), qu’elle exploite depuis 2016, plus de 133 940 onces (environ 3,8 t) d’or, au lieu des 120000 onces prévues. La production attendue pour 2021 devrait être comparable à celle de 2020, même si l’entrée en production de la mine de Bomboré (Centre) a été reportée à 2022. Selon l’étude de faisabilité, Bomboré devrait produire 1,6 million d’onces en treize ans, avec une moyenne annuelle de 133 800 onces pendant les dix premières années. La junior canadienne Orezone Gold poursuit donc le développement de la mine, financé par Coris Bank. « C’est la preuve que le secteur financier local est capable d’accompagner des projets miniers d’envergure », souligne Tidiane Barry.
Besoin de compétences
En attendant, la CMB multiplie les négociations avec le ministère des Finances pour éponger la dette de l’État envers les sociétés minières, dont le montant total est estimé à plus de 100 milliards de F CFA. « Avec plus de 40 milliards de F CFA de TVA dus au retard de remboursement, la situation demeure critique », assure le président de la Chambre des mines. De son côté, l’ONG Orcade remarque que, alors que le pays compte 17 mines d’or industrielles en exploitation, la contribution du secteur aux recettes directes, d’environ 300 milliards de F CFA, est relativement faible. « L’État n’a pas su créer les conditions pour suivre et contrôler l’activité minière, ni former une masse critique de compétences et de PME capables d’occuper les postes clés et de proposer des services de qualité aux sociétés minières », regrette Jonas Hien, directeur exécutif d’Orcade.
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ENTREPRENEURIAT
Moussa Koanda mise sur des industries diversifiées
Une fabrique de panneaux photovoltaïques inaugurée à la fin de 2020, une cimenterie en cours de construction… Ces derniers mois, l’homme d’affaires multiplie les projets d’investissement. Portrait d’un patron aussi discret qu’emblématique.
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comprise entre 260 et 330 watts, soit une capacité de production de 80 à 120 mégawatts (MW) par an.
qualité », assure le ministre de l’Énergie et des Mines, Bachir Ismaël Ouédraogo (lire pp. 205-206). Ces investissements montrent la trajectoire qu’entend suivre Moussa Koanda, discret grand patron qui, « Moussa Koanda investit dans une depuis ses premiers pas dans les filière niche. C’est un pionnier que affaires, au milieu des années 1980, nous devons accompagner. Nous est resté dans l’ombre (voire dans sommes en train de construire un parc l’informel, à ses débuts), dans la pure de 500 MW en panneaux solaires, et, tradition des capitaines d’industrie bien sûr, nous allons privilégier cette burkinabè. D’ailleurs, ses apparitions entreprise dans nos choix de compubliques restent rares. Ainsi, s’il a mandes, d’autant que nous recevons assisté à la fin de janvier à la cérémodes panneaux importés de mauvaise nie de lancement des travaux de la cimenterie aux côtés du Autodidacte, ministre du Commerce et de le PDG de l’Industrie, Harouna Kaboré, le GCM s’inscrit dans la pure PDG a laissé le soin à son conseil tradition des en investissement, Ousseni capitaines Bougma, de prononcer son allod’industrie cution. « Moussa Koanda est un burkinabè. homme d’affaires aguerri, qui fait de bons choix. Il est sollicité par les hommes politiques, mais il ne montre pas son affiliation », explique l’un de ses pairs. Et de poursuivre : « Koanda est autodidacte et ne se sent pas à l’aise dans la communication. Il laisse à d’autres le soin de le faire à sa place. » Un proche de l’homme d’affaires nous explique à son tour que le groupe a mobilisé les financements nécessaires à ses nouveaux projets industriels auprès des banques d’investissement régionales – la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et la Banque d’investissement
Dans l’ombre
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n le savait actif dans le négoce de produits de grande consommation, les hydrocarbures et l’acier. Moussa Koanda n’entend pas s’arrêter là. En septembre 2020, le PDG de GCM Industries démarrait la production de Faso Energy, la première usine de montage de panneaux solaires du pays, installée dans la zone industrielle de Kossodo, dans la banlieue nord-est de Ouagadougou. Un investissement de plus de 3 milliards de F CFA (plus de 4,5 millions d’euros). Le 26 janvier, dans la même zone industrielle, il a inauguré le chantier de construction d’une cimenterie dont la livraison est prévue au premier trimestre de 2022. Le projet s’appuie sur la technologie du groupe allemand Loesche, l’un des leaders mondiaux, et mobilise un investissement de l’ordre de 73 milliards de F CFA (111 millions d’euros). Si l’on ignore pour l’instant la marque sous laquelle sera commercialisé le ciment produit par l’usine de GCM, dont la capacité de production sera de 2,5 millions de tonnes par an, on sait d’ores et déjà que l’infrastructure viendra concurrencer les quatre cimenteries déjà présentes dans le pays. Quant à l’usine de Faso Energy, elle peut produire chaque jour de 60 à 100 panneaux photovoltaïques, chacun doté d’une puissance
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La BADF s’agrandit….
La banque au cœur du développement économique du Burkina Faso
En cette nouvelle année qui commence, la Banque Agricole Du Faso (BADF), notre banque à tous, entame en toute sérénité et dans la confiance, sa troisième année de fonctionnement dans un contexte conjoncturel des plus incertains. Portée sur les fonts baptismaux par la volonté du Chef de l’État sur un modèle économique original et innovant centré sur l’expertise et les capitaux exclusivement burkinabè, la BADF a comme cœur de métier le financement de l’Agriculture et des chaines de valeurs agricoles. Ce choix de raison de faire de l’Agriculture le cœur de métier de la BADF, permet également dans le cadre de la diversification qui est un précepte de base de l’activité bancaire, une large ouverture de la banque vers tous les autres secteurs porteurs de l’économie nationale sans aucune limitation. Dans un contexte où les défis qui se présentent pour l’année 2021 et les années à venir s’annoncent plus grands voire plus complexes, au regard de la crise sanitaire persistante et de ses conséquences multidimensionnelles, la BADF entend jouer pleinement son rôle d’acteur majeur du financement de l’économie réelle du Burkina Faso. Cet objectif passe par un accompagnement réussi et soutenu du monde rural burkinabè pour faire de l’Agriculture le principal moteur de l’économie de notre pays.
Quelques réalisations La BADF a accompagné avec succès plusieurs acteurs dans diverses filières à coup de milliards. Des financements ont été octroyés pour la production de céréales, de bananes, de légumineuses, des produits du cru tels que le sésame, l’anacarde et le coton, les produits de l’aviculture, de l’embouche, de la boucherie et de la charcuterie. La banque a également financé plusieurs importateurs d’intrants et l’acquisition de tracteurs, motoculteurs, et autres équipements post récoltes, tout en poursuivant ses activités de mobilisation de ressources et d’extension de son réseau.
Une banque mais aussi un conseiller La banque s’inscrit dans la promotion des services non financiers (formation sur les bonnes pratiques agro sylvo pastorales, halieutiques et fauniques, sur la gestion…), dans le but d’assurer en amont et en aval une bonne utilisation des crédits mis en place. Par ailleurs, la banque œuvre aux côtés de certaines ONG « LWR » (AGRA, GIZ, ICDE…) pour une meilleure organisation des acteurs du monde rural à travers leurs unions, faitières et autres interprofessions.
La BADF propose des mécanismes innovants de financement Les besoins du monde rural sont énormes et ce secteur est hautement tributaire des aléas climatiques et des attaques parasitaires. Conscient de cette situation, le gouvernement a, depuis la création de la banque, travaillé à asseoir un écosystème favorable pour accompagner le financement du secteur rural. C’est le cas par exemple de l’assurance agricole qui a bénéficié de l’appui de la BAD. Ce travail s’est poursuivi avec la mise en place du Fonds de Développement Agricole (FDA) et la création de la Centrale d’Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA). Le Fonds de Garantie Agricole du Pôle de Croissance de Bagré récemment mis en place par l’État, a pour objectif la transformation et la distribution du riz Paddy produit sur la plaine hydroagricole de Bagré. Il s’inscrit en droite ligne des orientations fortes de Son Excellence Monsieur le Président du Faso dans le cadre du renforcement du réseau d’unités de transformation industrielle du riz local. La Banque Agricole Du Faso (BADF), vise à se positionner comme leader dans le financement de l’agriculture au Burkina Faso dans les cinq prochaines années.
La BADF, notre banque à tous !
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LA BANQUE AGRICOLE DU FASO (BADF)
Pour réussir cette noble ambition, la banque a choisi d’ouvrir en 2021, au pas de charge, pas moins de six agences pour se rapprocher de ses clients. Ainsi, à la suite des agences de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, les agences de Dédougou et de Houndé ont été ouvertes à la clientèle en mi-janvier 2021. Suivront l’ouverture des agences de Banfora et de Diébougou avant la fin du deuxième trimestre. Dans le troisième trimestre, la deuxième agence de Ouagadougou et l’agence de Bagré seront opérationnelles. Au cours du 4e trimestre la région du Centre Ouest accueillera une agence de la BADF. Cette stratégie d’extension du réseau qui vise à faire de la BADF une banque de proximité, se poursuivra inexorablement jusqu’à la couverture intégrale des 45 chefs-lieux de provinces du Burkina Faso dans un premier temps et puis celle des chefs-lieux des communes rurales les plus importantes dans un second temps. Ceci est un objectif certes ambitieux, mais la banque entend bien réussir ce pari.
COMMUNIQUÉ
Construction de la prochaine mine d’or du Burkina Faso à Bomboré
52,5
milliards de F CFA apportés par Coris Bank International
La construction de la mine d’or de Bomboré a commencé avec la première coulée d’or prévue pour le troisième trimestre 2022
Première Phase du Plan d’Action de Réinstallation achevée
1110
maisons et infrastructures communautaires construites
100 % d’entrepreneurs locaux utilisés
Emploi local pendant la construction
281 emplois directs
Orezone Gold Corporation info@orezone.com www.orezone.com
1409 emplois indirects
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Un financement complet du projet de 189 millions de dollars US a été annoncé en janvier 2021
GRAND FORMAT BURKINA FASO
ENTREPRENEURIAT
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Chaîne de montage de panneaux solaires dans l’usine de Faso Energy, lors de son inauguration, en septembre 2020.
et de développement de la Cedeao (BIDC) – grâce à des garanties sur ses propriétés immobilières à Ouagadougou et à Abidjan. Pour l’acquisition des équipements de la cimenterie, le montage financier prévoit que le porteur du projet s’acquitte d’une avance, avant que la banque ne prenne le relais pour solder la commande.
Cercle familial
Ami d’enfance et ex-associé du patron de Cim Metal Group (Cimenterie du Faso), Inoussa Kanazoé, autre figure
emblématique de l’entrepreneuriat burkinabè, Moussa Koanda s’est éloigné de son camarade de toujours en raison d’un litige sur fond de dénonciation de tentative d’empoisonnement. Ils étaient notamment partenaires dans Kanis, actif dans le négoce, le commerce et l’importation de riz et de sucre, et dans Eco Oil, spécialisé dans la distribution des hydrocarbures. « Koanda est obligé de gérer son différend avec Kanazoé ; ils ont mis beaucoup de choses en commun et continuent de se voir, même si leurs relations ne sont plus au beau
fixe », confie un interlocuteur proche des deux hommes. Pour piloter les activités des sociétés du groupe GCM, Moussa Koanda s’appuie en premier lieu sur son cercle familial. À commencer par son fils, Zakaria Koanda, dont l’avis compte sur tous les dossiers stratégiques. « Ils sont complémentaires. Le père, autodidacte, a les leviers financiers et les réseaux de décision. Le fils, diplômé, apporte la connaissance », confirme un proche de l’homme d’affaires. Conseillé au Burkina par le cabinet d’expertise-comptable et de structuration de projets Cob Partenaire Audit et Conseils (dirigé par Ousséni Bougma), Moussa Koanda n’hésite pas à recourir à des consultants internationaux. Pour le montage de la cimenterie, il s’est ainsi attaché les services d’ingénieurs marocains et d’un expert en montage de projet d’origine espagnole. « J’ai accompagné l’étude de marché et réalisé le business plan du projet », relate Nicolas Carbonell, consultant et patron de la société Business Investment Enterprises Network (Bien). Établie depuis plus de dix ans au Burkina, elle se veut un pont entre le Faso et l’Espagne.
SOCIÉTÉ
Wemba Ligdi
maître de la cohésion 214
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GRAND FORMAT BURKINA FASO
J
AÏSSATOU DIALLO
ean-Pierre Ligdi Kaboré, dit Wemba Ligdi, est le chef coutumier du quartier populaire de Wemtenga, à Ouagadougou. Le portail de son domicile est toujours ouvert. Dès l’entrée, deux statuettes annoncent la couleur. L’une est à l’effigie de Wemba Poko, première représentante de l’institution du Wemba (« médiateur ») lorsque celle-ci fut mise en place sous le Mogho Naaba Oubri, qui a régné entre 1182 et 1244. L’autre représente un homme à dos d’âne tenant un tissu blanc. C’est ainsi que les ancêtres de Jean-Pierre Ligdi Kaboré se déplaçaient de village en village pour ramener la paix. La légende veut que lorsqu’il est envoyé pour résoudre un conflit, personne n’a le droit de refuser le pardon du Wemba. Un peu plus loin dans la cour se trouvent un imposant trône, puis un hangar de forme circulaire orné de peintures et agrémenté de meubles en bois. C’est là que le Wemba Ligdi reçoit sa cour et ses visiteurs, sourire aux lèvres et bonnet de chef sur la tête.
Le Naaba de Wemtenga, entouré des ministres de sa cour.
Chef coutumier du quartier de Wemtenga, Jean-Pierre Ligdi Kaboré arbitre tous les conflits, qu’ils soient personnels intraou intercommunautaires. Rencontre avec le médiateur du Mogho Naaba, le roi des Mossis de Ouagadougou.
SOPHIE GARCIA POUR JA
Aux fourneaux du palais
Né en 1945 à Ouagadougou de la lignée des Wemba, Jean-Pierre Ligdi Kaboré a un destin singulier. Il travaille en tant que palefrenier à la présidence lorsque la Haute-Volta accède à l’indépendance. À l’époque, le chef cuisinier du palais lui demande un coup de main de temps en temps. C’est là qu’il découvre l’univers des fourneaux… qu’il ne quittera plus jusqu’à la retraite. Et même bien après. « J’ai eu la chance de suivre quelques formations à l’hôtel Indépendance et à l’hôtel Silmandé. J’ai été cuisinier à la présidence de 1962 jusqu’à 2006. Je devais prendre ma retraite en 1999, mais j’ai été réquisitionné pour continuer », se souvient-il. Jean-Pierre Ligdi Kaboré aura donc mitonné des plats pour tous les chefs d’État du pays, depuis son premier président, Maurice Yaméogo, jusqu’à Blaise Compaoré. Quels souvenirs en garde-t-il ? Beaucoup d’heures de travail, de jeunes formés, et quelques anecdotes. « Il fallait parfois travailler tard lorsqu’on recevait des convives. J’ai notamment cuisiné pour Georges Pompidou lorsqu’il est venu en Haute-Volta, en 1972, raconte-t-il. Et j’étais aussi amené à suivre le chef de l’État pour
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SOPHIE GARCIA POUR JA
SOCIÉTÉ
Querelle de parcelle, conflit parents-enseignants… La porte du Wemba est toujours ouverte à qui veut régler un différend.
des voyages à l’étranger. » Lui ont-ils tous accordé leur confiance parce qu’il était Wemba? « Non », estime Kaboré. D’ailleurs, ce n’est qu’en 2002, au décès de son frère, qu’il hérite du titre, devenant le 23e chef de Wemtenga. Il lui arrive encore de concocter de bons repas, mais à la maison. « Je cuisine aussi bien des plats européens, de la pâtisserie, que des mets locaux. Je suis aux fourneaux lorsqu’il y a des cérémonies et donne de temps en temps un coup de main à la maison, dit-il en souriant. Aucune cuisinière ne fait le tô mieux que moi! »
« NOUS ESSAYONS DE PRENDRE LA DÉCISION LA PLUS JUSTE POSSIBLE, QUI PERMETTE DE CONSERVER LE LIEN SOCIAL. »
Retiré de la politique
Désormais, le Wemba Ligdi se consacre entièrement à sa mission de médiation interpersonnelle et communautaire. Tous les vendredis matin, il se rend au palais du Mogho Naaba pour la cérémonie du faux départ – considéré comme un modèle de sagesse et d’appel à la paix, ce rituel hebdomadaire est le symbole du pardon du chef des Mossis de Ouagadougou. Depuis 2015, le Burkina Faso fait face à des attaques jihadistes et à des conflits intercommunautaires. Réélu en novembre 2020, le président Roch Marc Christian Kaboré a d’ailleurs fait de la réconciliation nationale l’une des questions prioritaires de son second mandat et a notamment créé un ministère d’État de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale, qu’il a confié à l’ex-chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré. Dans ce contexte, certains estiment que la chefferie traditionnelle a un rôle à jouer.
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« La réconciliation telle qu’elle est envisagée aujourd’hui est politique. Et nous ne voulons pas nous en mêler, tient cependant à rappeler Jean-Pierre Ligdi Kaboré. J’ai été secrétaire général du bureau de Wemtenga du RDA [Rassemblement démocratique africain], sous-secrétaire à l’information de l’ODP-MT [Organisation pour la démocratie populaire-Mouvement du travail], puis membre du CDP [Congrès pour la démocratie et le progrès]. Mais aujourd’hui je me suis retiré de la chose politique. » Le Wemba Ligdi est très sollicité pour assurer des médiations entre individus, et sa voix porte. Querelle de parcelle, erreur médicale, conflit entre parents d’élèves et enseignants… Chaque fois qu’il est sollicité, il écoute et trouve un règlement à l’amiable. Et lorsqu’il dit : « Maani Sougri ! » (« pardonnez ! »), les protagonistes doivent s’exécuter et remplir les conditions qu’il énonce. « Nous ne nous substituons pas à la justice. Nous ne cherchons pas à déterminer qui a raison ou qui a tort, nous essayons de prendre la décision la plus juste possible, qui permette de conserver le lien social », explique-t-il. Depuis 2009, l’association Wemb’doogo (« la maison des Wemba ») tente de maintenir cette tradition de la médiation et de l’intégrer dans la modernité. Après le massacre de Yirgou, en 2019, une délégation a tenté une médiation afin de faire dialoguer les communautés locales. Chaque année, l’association propose des journées culturelles et invite les Burkinabè à réfléchir sur des sujets en rapport avec la cohésion. Enfin, la maison des Wemba accompagne les mineurs lorsque ceux-ci ont affaire à la justice.
COMMUNIQUÉ
Groupe SONAR À l’ère de la digitalisation, osons innover pour créer de la richesse
UNE FEUILLE DE ROUTE POUR DE NOUVEAUX CHALLENGES Dès notre prise de fonction en qualité de Directeur Général, nous avons soumis un projet de feuille de route sur la période 20212025 construite sur quatre axes stratégiques : Garantir la pérennité et le développement maîtrisé des affaires de la SONAR par une gestion saine des risques à des coûts compétitifs et le maintien d’un bon niveau de capitalisation et de rentabilité. Répondre à l’ensemble des besoins et attentes de la clientèle par la construction d’une relation plus dynamique en leur offrant le meilleur du monde «physique»et du«digital». Retenir la mise en place d’une organisation et des processus efficaces permettant d’assurer, par des employés compétents et engagés, la satisfaction des assurés, des actionnaires, et des autres parties prenantes. Renforcer l’engagement des collaborateurs par la promotion d’un management de la performance et des changements favorables à l’innovation.
LA SATISFACTION DES PARTIES PRENANTES: UN ENJEU PERMANENT
Directeur Général du Groupe SONAR, Thomas ZONGO est statisticien et économètre de formation. Il a assumé pendant plusieurs années de hautes fonctions techniques et managériales dans des sociétés d’assurances au Burkina Faso avec une expérience internationale à travers des missions d’expert.
Pas de client,pas de chiffre d’affaires et pas de chiffre d’affaires pas d’entreprise. Des actions prioritaires ont déjà connu un début d’exécution dès le quatrième trimestre 2020 notamment le démarrage du projet de revue globale du système d’information qui va permettre d’avoir une plateforme technologique adaptée et appropriée pour le développement des produits de masse et l’interaction digitale avec les clients. De même,des comités ad hoc spécialisés sont mis en place pour apporter des solutions nouvelles aux attentes de la clientèle en termes de produits mais aussi en termes de gestion des sinistres et prestations en cas de réalisation du risque assuré.
Le soutien des actionnaires, un élément fondamental à la pérennité de la société. Sur la base d’une politique prudente de distribution de dividendes, les actionnaires ont permis de renforcer progressivement les capitaux propres de la société par des incorporations de réserves passant de 720 millions de F CFA en fin d’année 2000 à 3,06 milliards de F CFA aujourd’hui en ce qui concerne la SONAR IARD. Les partenaires techniques et le réseau commercial La SONAR est en relation d’affaires avec des partenaires et courtiers internationaux de grande renommée qui lui apportent des affaires dans le cadre des polices programmes. La nouvelle organisation a d’ailleurs prévu un service dédié. L’État, la Communauté nationale et régionale Le Groupe SONAR s’illustre positivement dans le financement de l’économie nationale au Burkina et dans la région, notamment la zone UEMOA (Union Économique et Monétaire Ouest Africaine). La SONAR a été retenue pour une phase test de l’assurance agricole au profit des producteurs sur trois ans (2020-2022) en partenariat technique avec une société de réassurance marocaine, spécialisée en assurance agricole. Un capital humain compétent, engagé et mobilisable pour les défis futurs Le Conseil d’Administration a donné carte blanche à la Direction Générale pour faire toute proposition visant à renforcer les compétences du personnel, à les motiver et à les mobiliser pour les défis actuels et futurs, à promouvoir les compétences internes et à recourir au besoin au marché pour recruter des compétences spécifiques.
LA CONSOLIDATION DU LEADERSHIP,MALGRÉ LES TURBULENCES Le Groupe SONAR garde toujours le leadership sur le marché global, malgré le recul de la branche dommages, suite à un assainissement plus poussé du portefeuille.
SONAR Ouaga siège, 284, avenue de loudun, koulouba, près du ciné burkina Tél.: 25-49-69-00 - Email: sonar@sonar.bf
www.sonar.bf
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Acteur de référence dans la Zone CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances) et leader des assurances au Burkina Faso depuis près d’un demi- siècle, le Groupe SONAR compte sur la digitalisation et les produits de masse pour renforcer ses acquis et satisfaire davantage les parties prenantes.Le Directeur Général, Thomas ZONGO dévoile les ambitions futures du groupe.
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COULEUR LOCALE
KPG, conteur 2.0
À la croisée du récit traditionnel et du théâtre moderne, Kientega Pingdéwindé Gérard est le garant de coutumes orales ancestrales et de leur transmission numérique. DAMIEN GLEZ
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Le comédien dans son Kôkô dunda, tissu traditionnel du Faso.
SOPHIE GARCIA POUR JA
«
radition et modernité » : rebattue et souvent théorique, l’association des deux mots n’est pas une tarte à la crème dans le quotidien de KPG. Artiste multidisciplinaire particulièrement reconnu dans l’art théâtral et l’univers du conte, qu’il qualifie de « thermomètre de la société », Kientega Pingdéwindé Gérard adapte le folklore oratoire burkinabè au monde contemporain. Et inversement. Sur un fil dont on peut facilement chuter pour tomber dans le gouffre des clichés ou dans l’abîme de l’adultère culturel, il déflore et sublime « ce moment où l’écoute, la parole et le chant s’entremêlent, se heurtent, créent une énergie apaisante, celle de l’univers fantastique de la terre rouge du Pays des hommes intègres », comme il aime le rappeler. Issu de la caste des forgerons, de père orateur de masques (celui qui dialogue avec les incarnations rituelles muettes), l’auteur de 42 ans, conteur, metteur en mots et en scène, déploie son héritage culturel voltaïque autour de l’actualité la plus brûlante. Depuis le centre socioculturel Koombi, qu’il a fondé dans sa ville natale d’Arbollé (Nord), il passe les heurts et bonheurs de la société actuelle à la moulinette de la sagesse séculaire. En 2017, alors que les plaies politiques de l’insurrection populaire ne sont pas encore cicatrisées, il enfante le spectacle Kosyam, du nom du palais présidentiel burkinabè, témoin de la fuite de Blaise Compaoré et d’une transition chaotique. En 2018, année du vingtième anniversaire de la mort de Norbert Zongo, KPG adapte sur scène Rougbêinga, roman du journaliste assassiné. Même s’il cultive ses racines initiatiques dans des productions comme Parole de
forgeron, KPG ne s’engonce pas dans la posture de l’immuabilité. Sa créativité pulvérise les frontières des langues, des zones géographiques, des disciplines et des supports. Après avoir travaillé, en mooré ou en français, avec des compagnies de théâtre locales, comme l’Atelier Théâtre burkinabè (ATB) ou le Carrefour international de théâtre de Ouagadougou (Cito), il collabore avec des acteurs culturels européens, comme les compagnies de danse hip-hop françaises Ego (Niort) ou Engrenages (Rennes).
Bon sens voltaïque
KPG se produit de Vancouver à Montreux en passant par Beyrouth, où il obtient en 2009 la médaille d’argent de l’art du récit et de l’oralité, lors de la sixième édition des Jeux de la Francophonie. En 2020, avec les artistes Mareshal Zongo (Ivoirien), Ozaguin (Centrafricain), Gran Dôkô Sawani Makan (Guyanais), et Farouk Abdoulaye (Béninois), il crée le spectacle Supiim (« l’aiguille », en mooré), allégorie des crises identitaires qui
constituent le sillon de son labour. Côté mixtion de disciplines, il digresse volontiers vers la comédie audiovisuelle ou vers la musique, par exemple avec le groupe de jazz français Yapa. Par goût pour la variété des supports, il n’hésite pas à graver sa tradition orale dans le marbre du livre, notamment aux éditions des Lettres de Champrosay. Enfin, en ces temps de pandémie, KPG ne pouvait guère ignorer les horizons du numérique. Dès les semaines du semiconfinement de 2020, installé dans l’Atelier de la forge de son jardin ouagalais, KPG investit Facebook pour des directs quotidiens. En cette année 2021, il entend valoriser l’outil digital en diffusant la littérature orale dans les milieux pédagogiques et en institutionnalisant le conte 2.0, à travers la création de l’émission Contes et Légendes, sur les réseaux sociaux. Si le virus fait craindre la contagion dans les salles de spectacles, le bon sens burkinabè enseigne qu’à « défaut de sa mère, on tète sa grand-mère ».
COMMUNIQUÉ
CAISSE NATIONALE DE SÉCURITÉ SOCIALE DU BURKINA FASO
La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), créée en 1955, est un Établissement public de prévoyance sociale (EPPS), chargée de gérer le régime de sécurité sociale en faveur des travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso. Elle couvre tout le territoire national à travers cinq directions régionales, quatorze agences provinciales et dix-sept bureaux de représentation.
Le service des prestations est complété par une action sanitaire et sociale.
PRESTATIONS Le régime géré par la CNSS comprend trois branches : • une branche des prestations familiales, chargée du service des prestations familiales et des prestations de maternité ; • une branche des risques professionnels, chargée de la prévention et du service des prestations en cas d’accident du travail et de maladies professionnelles ; • une branche des pensions, chargée du service des prestations de vieillesse, d’invalidité et de survivants. Lassané Savadogo, Directeur Général de la CNSS
En matière de prestations familiales • les allocations prénatales, • les allocations familiales, • les indemnités journalières. En matière de prestations des assurances vieillesse, invalidité et décès • la pension de retraite vieillesse, • la pension de retraite anticipée, • la pension d’invalidité, • la pension de survivants, • l’allocation de vieillesse, • l’allocation de survivants. En matière de prestations d’accidents du travail et de maladies professionnelles • les soins médicaux, • les indemnités journalières, • l’allocation d’incapacité, • les rentes viagères, • les rentes de survivants. AUTITRE DE L’ASSURANCE VOLONTAIRE L’Assurance volontaire est une ouverture du régime de sécurité sociale, qui donne la possibilité aux personnes exerçant une activité professionnelle qui ne les assujettit pas à un régime obligatoire de sécurité sociale, de s’y affilier. Cette affiliation donne au travailleur le droit à la couverture sociale garantie par l’État.
Le siège de la CNSS à Ouagadougou
À travers l’Assurance volontaire, les travailleurs indépendants du monde agro-sylvo pastoral, de l’économie informelle, des professions libérales, des groupes de professions artisanales, industrielles et commerciales peuvent bénéficier des prestations de la branche pension afin de mieux assurer leurs vieux jours. L’assuré volontaire à droit à partir 56 ans d’âge et après au moins 15 ans de cotisations d’une pension de vieillesse. En cas de décès, une pension de survivants est versée à la veuve ou veuf et aux orphelins.
La CNSS, lesVertus de la Solidarité 01 BP : 562 Ouagadougou 01 Burkina Faso - Tél. : 25 30 60 78 à 81
www.cnssbf.org
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MISSION La mission essentielle de la CNSS est de gérer le régime de sécurité sociale applicable aux travailleurs salariés et assimilés au Burkina Faso. A ce titre, elle recouvre des cotisations sociales auprès des employeurs et paie des prestations sociales aux assurés.
AUTITRE DE L’ASSURANCE OBLIGATOIRE La CNSS offre les prestations ci-dessous aux assurés :
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PATRIMOINE
En plein centre de Ouagadougou, le Musée Georges-Ouédraogo met en avant les instruments du Faso et leurs rôles respectifs au sein des communautés. Un legs vivant et savamment orchestré.
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OLYMPIA DE MAISMONT POUR JA
Kora, balafon et golbies
Mahamadi Ilboudo, le conservateur de l’établissement.
AÏSSATOU DIALLO
ur l’avenue du CapitaineThomas-Sankara, à Ouagadougou, un curieux bâtiment attire l’attention. Conçu à l’origine pour abriter le centre d’études sur les matériaux locaux, il sert d’écrin, depuis 1999, au Musée de la musique Georges-Ouédraogo, qui, après sa rénovation de 2007 à 2013, est de nouveau accessible au public. Avec son architecture aux formes rondes composée de voûtes et de coupoles, tout en harmonie, le musée allie esthétique et fonctionnalité grâce à l’utilisation de matériaux locaux, comme le bois et les briques en terre compactée et stabilisée, qui régulent la température. Des ouvertures aménagées dans le toit permettent de bénéficier d’un éclairage naturel à l’intérieur du bâtiment, auquel les coupoles confèrent par ailleurs une acoustique particulière. Consacré aux instruments traditionnels et à l’histoire de la musique du Burkina, le musée possède une collection de plus de 300 objets venant des quatre coins du pays et représentant les différentes familles d’instruments : aérophones (comme la flûte), cordophones (tel le kundé), idiophones (les castagnettes) et les membranophones (dont le tambour). Les équipes du musée effectuent des missions préparatoires auprès des communautés afin de répertorier et de comprendre la fonction des instruments, puis elles organisent la collecte des objets identifiés, que
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le musée acquiert généralement en les achetant. « Nous faisons comprendre [aux communautés] que c’est le lieu idéal pour que leur instrument continue à vivre et soit vu par différents publics », explique Mahamadi Ilboudo, le conservateur. C’est ainsi que la kora de Boureima Traoré, membre du mythique Volta Jazz, trône fièrement dans la salle réservée aux cordophones. « Il voulait que les gens connaissent l’histoire de cet instrument », ajoute Mahamadi Ilboudo. Les instruments participent à tous les aspects de la vie sociale : mariages, funérailles, guerres, travaux champêtres, etc. Ainsi, en cheminant au gré des sept salles d’exposition communiquant les unes avec autres, les visiteurs peuvent découvrir le grand balafon-autel du pays dagara, dans la province de la Bougouriba (SudOuest), fait de bois, de peau et de calebasse, dont on joue surtout lors de rites funéraires : des personnes exécutent des pas de danse autour de l’instrument, formulent des vœux et, une fois ceux-ci exaucés, doivent revenir pour faire des offrandes sur
MARIAGES, RITES FUNÉRAIRES, GUERRES, TRAVAUX CHAMPÊTRES… TOUS LES ASPECTS DE LA VIE SOCIALE SONT CONCERNÉS.
ce balafon-autel réputé avoir des pouvoirs mystiques. Dans une autre pièce, les golbies suscitent la curiosité. Chez les Siamous d’Orodara, ces deux tambourins sont joués uniquement par des femmes ménopausées pour annoncer le décès de personnes âgées.
Expérience numérique
Les vernissages d’expositions temporaires sont aussi l’occasion d’inviter les communautés à investir le musée pour y montrer certains pans de leur culture. En octobre 2020, des musiciens bwabas ont joué sur des instruments traditionnels lors du vernissage de l’exposition photographique « Patrimoine vivant – masques de feuilles en pays bwaba », encore visible actuellement. « Nous avons une relation particulière avec les publics scolaires à travers le programme “La classe au musée” , ajoute Mahamadi Ilboudo. C’est une éducation au patrimoine, à travers différents supports. » Depuis quelques années, le Burkina tente de développer le tourisme interne. « Avec le terrorisme et le Covid-19, il y a moins de voyageurs internationaux, et la fréquentation du musée n’a été que de 1734 visiteurs en 2020 », regrette le conservateur. Le musée se lance également dans l’expérience numérique. En mai 2021, en partenariat avec l’École du patrimoine africain (EPA, dont le siège est au Bénin), il inaugurera une exposition virtuelle sur l’histoire musicale du Burkina Faso.
LA SOCIÉTÉ NATIONALE BURKINABÉ D’HYDROCARBURES (SONABHY)
COMMUNIQUÉ
UNE ENTREPRISE CITOYENNE au service de l’économie et du consommateur Burkinabé La Société Nationale Burkinabé d’Hydrocarbures (SONABHY) est une société d’état au capital social de 3 milliards de F CFA. L’entreprise est reconnue pour l’excellence de son expertise sur les marchés pétroliers internationaux depuis 36 ans. Elle se charge de l’importation, du transport, du stockage et de la commercialisation des produits pétroliers. Au niveau régional, elle est souvent citée en exemple pour son efficacité.
L’État accorde à la SONABHY un monopole de droit pour l’importation et le stockage des hydrocarbures liquides et gazeux. Le transport et la distribution sont assurés par des sociétés privées.
II. VISION DE LA SONABHY Un spécialiste régional de l’approvisionnement en produits pétroliers au service de l’économie et du consommateur burkinabè. Un plan stratégique pour les cinq prochaines années est en cours d’élaboration. Il définira une nouvelle vision adaptée à la situation de la société et les mutations de son environnement, pour porter les enjeux et défis de cette période. III. CERTIFICATION La SONABHY est certifiée ISO 9001 Version 2015. La SONABHY engage, pour compter de cette année, un élargissement de sa certification aux domaines de l’environnement et de la sécurité. IV. NOS INVESTISSEMENTS EN COURS DÉPÔT DE BINGO • extension du dépôt Hydrocarbures liquides de 60 000 m³ ; • extension du dépôt gaz par la construction d’une sphère de 4 000 tonnes • construction d’un centre emplisseur de gaz butane d’une ligne d’emplissage bouteilles de 6 kg et une autre de bouteilles de 12,5 kg
VI. GOUVERNANCE DE LA SONABHY La SONABHY se consolide en passant son capital de trois milliards de F CFA à vingt milliards de F CFA. Des outils et référentiels modernes de gouvernance sont en cours de mise en œuvre : • Plan stratégique 2021 – 2025, • Gestion des immobilisations, • Renforcement du système d’information, • Amélioration de la mesure des performances (comptabilité analytique), • Modernisation de la gestion des ressources humaines, • Valeurs et image. La SONABHY en mouvement
DÉPÔT DE PÉNI • construction du dépôt Hydrocarbures liquides de PÉNI de 104 000 m³ • construction d’un centre emplisseur de gaz butane d’une ligne d’emplissage de bouteilles de 6 kg
V. DE NOUVEAUX PRODUITS • la SONABHY doit être aux rendez-vous de l’harmonisation des spécifications des produits pétroliers dans la sous-région et de l’amélioration de la qualité de ces produits ; • la SONABHY vise l’introduction du gaz naturel au Burkina Faso.
VII. NOS PERSPECTIVES Deux projets industriels majeurs en cours de lancement : • extension du stockage gaz du dépôt de Péni par la construction d’une sphère de 2 000 tonnes • construction d’un 2e dépôt à Ouagadougou OUAGA-EST, DEPOTS REGIONAUX • construction d’un dépôt dans l’Est du pays, • création de centres emplisseurs de bouteilles de gaz dans toutes les régions du pays. INTERCONNEXIONS SOUS-RÉGIONALES Projets d’interconnexion par pipelines avec certains pays côtiers limitrophes à l’étude.
01 BP 4394 Ouagadougou 01 - Burkina Faso Tél.: (+ 226) 25 43 00 01/25 43 00 34 Fax: (+ 226) 25 43 01 74 - Tel : (+226) 25 31 56 31/32 01 BP 1104 Bobo-Dioulasso 01 - Burkina Faso Tel : (+226) 20 97 01 97 - Fax : (+226) 20 97 12 70 E-mail : info@sonabhy.bf/sonabhy@sonabhy.bf /sonabhy.bobo@sonabhy.bf site web : www.sonabhy.bf /info@sonabhy.bf/sonabhy@sonabhy.bf
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I. MISSIONS HAUTEMENT STRATÉGIQUES Aux termes du Kiti de création, la SONABHY a pour objet, partout sur le territoire du Burkina Faso : • l’importation et le stockage des hydrocarbures liquides et gazeux ; • le transport, le conditionnement, la vente et la distribution de ces produits ; • la construction d’infrastructures de stockage en vue de garantir au Burkina Faso une sécurité énergétique suffisante ; • l’appui à la recherche d’énergie de substitution ainsi qu’à la vulgarisation des techniques d’utilisation ou de consommation d’énergie ; • et généralement, toutes opérations industrielles, commerciales, financières, mobilières ou immobilières se rattachant directement ou indirectement à l’objet ci-dessus.
GRAND FORMAT BURKINA FASO
LIVRES
Un nouveau chapitre
OLYMPIA DE MAISMONT POUR JA
Malgré un taux d’alphabétisation assez bas et une myriade de langues, auteurs, éditeurs et distributeurs ont su donner un second souffle à l’univers de l’écrit.
Coûts et acculturation
Q DAMIEN GLEZ
uel chemin la littérature peut-elle se frayer dans un pays où le taux d’alphabétisation (pourcentage de personnes de 15 ans et plus sachant lire et écrire) n’est que de 36 % ? Quels bouquets de mots peuvent engendrer des contrées traversées par une soixantaine de langues ? Quel espace de plume conquérir quand les priorités vitales sont multiples et les contenus audiovisuels démocratisés ? La contrainte étant un ferment des disciplines artistiques les plus arides, la Haute-Volta n’a pas manqué de grands écrivains. Au firmament des lettres, comme lune et soleil luisent notamment deux auteurs qui furent tout autant écrivains qu’acteurs de la Grande Histoire. En 1962, Crépuscule des
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des hommes de plume est longue : l’avocat Frédéric Titinga Pacéré, le romancier Ansomwin Ignace Hien, le poète Jacques Prosper Bazié, le dramaturge Jean-Pierre Guingané, la militante Monique Ilboudo (lire portrait p. 223), la multiprimée Sophie Heidi Kam ou encore Bernadette Sanou Dao, première ministre de la Culture du pays. Le Faso contemporain enfante des œuvres inscrites dans toutes les disciplines que peut abriter le livre. Athanase Kabré publie des textes pour théâtre de marionnettes dans Triade I. Téguewindé Sawadogo, Bernard Zongo et Mahamadi Kaboré s’essaient à l’essai à travers Penser et agir pour l’Afrique. Grégory Dabilougou, alias El Marto, illustre Made in Germany. Un massacre au Congo. Et, l’union faisant la force, des collectifs d’auteurs portent des projets comme Regards croisés sur le coronavirus ou Ouaga Émoi, somptueux livre de table basse.
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La librairie Livres & Loisirs, à Ouagadougou.
temps anciens épinglait au plastron de l’ancien élu du Parlement français Nazi Boni la réputation de premier écrivain de Haute-Volta. Dix ans plus tard, Histoire de l’Afrique noire conférait au socialiste Joseph Ki-Zerbo une envergure continentale. En 2021, les universités Jospeh-KiZerbo de Ouagadougou et Nazi-Boni de Bobo-Dioulasso ne font qu’une ombre bienveillante aux auteurs du Burkina Faso. La liste des femmes et
QUEL ESPACE DE PLUME CONQUÉRIR QUAND LES PRIORITÉS VITALES SONT MULTIPLES ET LES CONTENUS AUDIOVISUELS DÉMOCRATISÉS?
Bien sûr, les bougons – même les moins nationalistes – remarqueront que Monique Ilboudo est éditée au Congo, El Marto en Allemagne ou le collectif de « corona-auteurs » au Bénin. Même Ouaga Émoi, pourtant consacré à Ouagadougou, est publié par la maison d’édition sénégalaise Vives Voix. Ces dernières décennies, les éditeurs du Faso se sont heurtés à des gageures prévisibles : en amont, l’importance des coûts d’impression dans un pays enclavé où le papier est cher, et, en aval, la distribution concurrencée par des « librairies par terre » volontaires mais qui sont source d’acculturation. En effet, comment vendre en librairie climatisée une bande dessinée burkinabè neuve au coût de revient de 6 000 F CFA (environ 9,15 euros) quand des exemplaires amortis d’un Blek le Roc occidental inondent le parvis de ladite librairie? Un livre incarcéré dans un tiroir étant un cri étouffé, des acteurs installés ou émergents tentent de braver la tempête économique sahélienne, au
moment où l’impression numérique permet d’envisager des coûts unitaires raisonnables. Côté édition, l’ancien directeur de l’antenne africaine du groupe Bayard, le Burkinabè Lionel Bilgo, promet de révolutionner le secteur avec sa jeune société Teminiyis Média. Comme les auteurs, certains éditeurs font le pari du collectif et du transfrontalier, ainsi la maison Sankofa (lire p. 224), qui appartient à l’Alliance internationale des éditeurs indépendants. Côté diffusion, l’ancienne et chrétienne librairie Jeunesse d’Afrique cohabite avec les librairies Diacfa, Livres & Loisirs, Mercury, mais aussi quelques bibliothèques communautaires comme l’espace de lecture Gabriel-Nacoulma, de Cissin (quartier
de Ouaga). Pour transformer l’essai, les entrepreneurs culturels attendent davantage des autorités. « Avec un soutien moral, on n’achète pas un livre », ironise le promoteur de la bibliothèque de Cissin… Le gouvernement affirme déployer les outils dont il dispose pour éviter notamment l’édition sauvage. Avec les maigres ressources de son département de la Culture, il décerne tant qu’il peut les Grand Prix nationaux des arts et des lettres (GPNAL) et promeut – hors pandémie – la Foire du livre de Ouagadougou (Filo). En novembre 2019, les députés adoptaient une loi portant orientation de la filière du livre et de la lecture publique. Le Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA), lui, forme les écrivains et exhorte tous
Passeurs de mots
les acteurs de la chaîne à miser sur la synergie d’action. « Collectif » : le mot prononcé par des familles d’auteurs, des pools d’éditeurs ou des responsables politiques sera peut-être la clé corporatiste qui finira d’inscrire le secteur du livre dans la modernité. Après des regroupements comme l’Union des gens de lettres (Ugel) ou la Mutuelle pour l’union et la solidarité des écrivains (Muse), la Société des auteurs, gens de l’écrit et du savoir (Sages) et l’Association des éditeurs du Burkina Faso (Assedif) tentent de peser sur les débats littéraires. Si un écrivain est souvent, par nature, un être à la quête solitaire, le profil militant des auteurs du Faso promet un poids croissant aux groupes de pression…
Monique Ilboudo Romancière de l’action
Dans un Faso où le papier coûte cher et où, comme partout, l’audiovisuel domine, d’aucuns rivalisent d’ingéniosité pour atteindre les lecteurs… et les toucher. Portraits.
JEAN-MARC ZAORSKI/GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES
DAMIEN GLEZ
Si la littérature est l’antichambre du rêve, le parcours de Monique Ilboudo est ancré dans le réel. Publiée depuis près de trente ans, la première romancière burkinabè ne s’est jamais enfermée dans une tour d’ivoire littéraire. Dans les années 1990, la militante des droits humains a fondé Qui-Vive, l’observatoire de la condition de la femme burkinabè. Elle a aussi créé la chronique « Féminin pluriel » du quotidien L’Observateur Paalga et fut un membre fondateur du Conseil supérieur de l’information (qui a permis à la régulation de prendre le pas sur la judiciarisation dans la presse), avant de diriger le secrétariat d’État (2000), puis le premier ministère de la Promotion des droits humains du Faso (2002-2008). Friande de cultures du monde, elle est ensuite nommée ambassadrice du Burkina pour les pays nordiques et baltes. Monique Ilboudo n’hésite jamais à nourrir sa plume de plaies à exorciser. En 1998, quatre ans après le génocide des Tutsi, elle participe, à Kigali, avec une dizaine d’autres écrivains africains, à la résidence d’écriture « Rwanda, écrire par devoir de mémoire » – où elle donnera naissance à son roman Murekatete (publié en 2000 aux éditions du Figuier). Aujourd’hui, dans un Sahel perclus de menaces jihadistes, elle vient de publier le roman Carrefour des veuves (éditions des Lettres mouchetées), où elle relate l’engagement de son personnage, Tilaine, envers ses sœurs victimes du terrorisme.
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LIVRES
Jean-Claude Naba Éditeur militant
OLYMPIA DE MAISMONT POUR JA
Fondateur, en 1995, des éditions Sankofa, Jean-Claude Naba est à la fois enraciné dans sa culture locale et ouvert au monde. Professeur de langue germanique à l’Université de Ouagadougou, le sexagénaire n’en défend pas moins la revalorisation des langues africaines, particulièrement marginalisées dans le monde de l’écrit. Engagé, Jean-Claude Naba a notamment coédité, sous l’ère Compaoré, l’ouvrage À quand l’Afrique ?, de l’opposant Joseph Ki-Zerbo. Et publié Halidou Ouedraogo. Une vie de lutte, sur l’avocat que l’on nommait alors « président du pays réel ». Soucieux de la littérature populaire, il tente de promouvoir une édition de qualité à des coûts compatibles avec le pouvoir d’achat sahélien. Acteur de la bibliodiversité, attentif à une jeunesse gavée de contenus eurocentrés, il a consacré aux plus jeunes le second ventricule de son cœur éditorial : les éditions Gurli. Symbolique animalière et importance des mots : dans la cosmogonie du peuple akan, Sankofa est un oiseau qui incarne la quête de connaissance et l’examen critique du passé, tandis que Gurli signifie « hérisson », en gulmancema. Un animal qu’il serait impossible de garder prisonnier.
Dans un Faso qui se heurte au manque de disponibilité des livres, un « tricycle » à étagères déambule. Le projet Biblio-Moto s’inscrit dans le programme « Lire pour réussir », de l’association Initiative communautaire changer la vie (ICCV)-Nazemsé, née en 2002. Programmé sur un calendrier allant de 2015 à 2021, le projet de bibliothèque ambulante est notamment soutenu par l’Association SœurEmmanuelle et l’Agence française de développement. Conscient du caractère onéreux des livres et du penchant élitiste des bibliothèques conventionnelles, le coordonnateur Simon Nacoulma, enseignant et linguiste, entend « créer un environnement propice à un apprentissage de qualité en langage et en lecture ». La bibliothèque ambulante part à l’assaut des déserts culturels enclavés dans la latérite des milieux peu favorisés, tandis qu’à Ouagadougou la bibliothèque GabrielNacoulma accueille des milliers d’abonnés. Biblio-Moto associe à ses randonnées des animations musicales et des lectures orales. Quant à ICCV-Nazemsé, elle combine ses efforts éducatifs avec d’autres actions complémentaires dans le secteur de la sécurité alimentaire, de l’accompagnement socio-économique des femmes et de la santé.
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GODONG / ALAMY STOCK PHOTO/ABACA
Simon Nacoulma Sous la latérite… des bouquins