BITUREM
MITSUAGE Aexum della presco rfe biturems
EMEN SIS ITAQUE DIFFICU LTATIBUS
MITSUAGE Aexum della presco rfe biturems
HEBDOMADAIRE INTERNATIONAL NO 3063 DU 22 AU 28 SEPTEMBRE 2019
RD CONGO
Le système Spécial 34 pages
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France 3,80 € Algérie 290 DA Allemagne 4,80 € Autriche 4,80 € Belgique 3,80 € Canada 6,50 $ CAN Espagne 4,30 € Éthiopie 67 birrs Grèce 4,80 € Guadeloupe 4,60 € Guyane 5,80 € Italie 4,30 € Luxembourg 4,80 € Maroc 25 DH Martinique 4,60 € Mayotte 4,60 € Norvège 48 NK Pays-Bas 5 € Portugal cont. 4,30 € RD Congo 5 $ US Réunion 4,60 € Royaume-Uni 3,60 £ Suisse 7 FS Tunisie 4 DT USA 6,90 $ US Zone CFA 2 000 F CFA ISSN 1950-1285
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• Les Avals et Cautions - Diverses cautions sur marché - Avals sur effets - Obligations cautionnées • Les crédits de fonctionnement - Facilités de caisse - Découverts - Escompte Papier Financier - Escompte Papier Commercial - Avances sur marchandises - Escompte de factures administratives - Crédits de campagne
Préfinancement • A l’international - Lettre de crédit - Remise documentaire - Remise libre - Lettre de crédit stand by - Chèques ou effets en devises - Transfert en devises • Investissement - Crédit à Moyen Terme - Crédit à Long Terme
RDC
Pouvez-vous nous présenter ses connaissances locales du secteur, banque de financement et d’investisla Standard Bank RDC et ses la Standard Bank RDC accompagne sement s’adapte aux multinationales activités dans le pays ? les investissements traditionnels, et et grandes organisations, allant des autres, dans le domaine privilégié exportateurs aux importateurs, des Le Groupe Standard Bank est l’un des des ressources naturelles. Elle est sociétés aériennes, aux chaînes hôteplus importants groupes de services un partenaire fiable pour la croislières, des entreprises minières, aux financiers universels d’Afrique. Il sance du continent Africain qu’elle opérateurs de télécommunication, est présent dans plus de 30 pays considère comme sa « demeure ». des organisations internationales et du monde, dont 20 en Afrique. Il Ses équipes allient leurs connaisaux représentations diplomatiques. est partenaire avec la plus grande sances approfondies et détermiLa Standard Bank propose des serbanque du monde « Industrial and nantes sur les conditions du marvices consultatifs aux entreprises Commercial Bank of China (ICBC) » ché en RDC avec comme soutien et secteur public de la RDC afin de actionnaire à 20 %. l’expertise d’un Groupe opérant soutenir l’économie du pays. Au fil La Standard Bank RDC offre une dans des marchés émergents afin des ans, la Standard Bank RDC a gamme variée de produits et services été impliquée dans des par sa représentation dans transactions qui ont fadivers secteurs d’activités à cilité la mise en place de travers la RDC (Kinshasa, Lustructures de dévelopbumbashi et Kolwezi), mais pement infrastructurel également via un réseau et économique. Cette d’intermédiaires bancaires implication a été signifiet financiers. Elle a dévecative pour la croissance loppé une expertise dans économique de la RDC. la prestation de services liés En partenariat avec aux besoins des entreprises l’ICBC, elle est devenue évoluant ainsi dans des doun important catalyseur maines tels que ; les mines, de l’investissement et la finance, l’énergie, les du commerce chinois télécommunications, l’agrien Afrique. Notre pays culture, les organisations continue de bénéficier internationales et autres, d’investissements imopérant en République Déportants de la part d’enmocratique du Congo. treprises chinoises. Ce Le Groupe Standard Bank a partenariat offre à ses pour objectif d’être le leaentreprises chinoises der des activités de banque, une climat de travail de financement et d’invesfiable et sécurisant tissement en Afrique avec qu’elles méritent en une spécialisation dans les choisissant d’invertir ressources naturelles. Cette en RDC. spécialisation permet, grâce Nous croyons que l’écoà sa connectivité à la source AMEDEO ANNICIELLO DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA STANDARD BANK RDC nomie de la RDC contiavec les investisseurs en nuera à croître dans les Amériques, Europe et Chine de développer des solutions « sur années à venir. Nous ferons partie d’en stimuler les investissements. mesures » qui répondent aux besoins de cette croissance car l’Afrique est Grâce à ses équipes hautement quade la clientèle. notre demeure, et nous accompalifiées et expérimentées dans l’indusLa qualité de son expertise en gnons sa croissance. trie minière et financière ainsi que
AMEDEO ANNICIELLO
L’Afrique est notre demeure, nous accompagnons sa croissance
© FUNTAP/STOCK.ADOBE.COM
PUBLI-INFORMATION
Le système bancaire en Afrique, comme dans le reste du monde, est confronté à la nécessité de s’adapter à la transformation numérique. Quelle est votre vision du phénomène ? La Standard Bank RDC s’est fixée trois objectifs stratégiques majeures. Le premier étant l’adoption des voies de numérisation des procédures plus efficaces, le second étant une organisation intégrée des services financiers, et enfin, une nouvelle approche axée sur le client. En mai 2018, la standard Bank RDC a mis en œuvre une nouvelle plateforme bancaire offrant une technologie de pointe qui facilite la numérisation des procédures. Celle-ci sera gage d’amélioration
des performances des prestations et de services. Dans un monde en permanente évolution, l’adaptation aux processus numériques est impérative pour perdurer. Il faut donc se remettre en question dès maintenant, afin de ne pas se voir dépassé. Comment la Standard Bank intègre-t-elle ces nouvelles technologies en RDC pour améliorer son offre ? En 2018, nous avons procédé avec succès à la refonte de notre plateforme bancaire et périphérique. Nous avons finalisé la mise en place d’un système bancaire à la pointe de la technologie. Ce « Core Banking system », connu sous le nom de Finacle, nous permet d’améliorer non seulement, nos prestations, mais aussi notre expertise client. Parallèlement, nous nous assurons toujours que nous présentons des solutions qui répondent aux besoins de l’industrie. Quelle importance accordezvous à la responsabilité sociale et environnementale (RSE) ? La Standard Bank a toujours le souci d’améliorer les conditions de vie de la population. Pour cela nous avons l’habitude de prendre des mesures de soutien pour les communautés pour lesquelles nous opérons régulièrement. La standard Bank a adopté une politique de responsabilité sociétale. Elle participe activement aux diverses actions caritatives et sociétales qui prouve sa volonté d’implication. Au cours de l’année 2018, la Standard Bank RDC s’est associée en tant que sponsor à l’Ambassade d’Afrique du Sud, la MONUSCO (Mission de
l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo) et à de nombreuses organisations pour la commémoration du « Nelson Mandela Day », en célébration des 100 ans de l’ancien Président de l’Afrique du Sud. Cette journée internationale fut proclamée par l’UNESCO le 10 novembre 2009 et est célébrée le 18 juillet de chaque année afin de commémorer la contribution de Nelson Mandela, militant de la cause anti-apartheid et premier président noir d’Afrique du Sud, à « la promotion d’une culture de paix ». Cette journée internationale nous rappelle que chacun à son niveau peut agir et inspirer le changement autour de lui. Nous avons tous à notre portée la possibilité et la responsabilité de changer le monde pour le rendre meilleur. Ainsi donc, nous avons contribué à la réhabilitation de l’hôpital Saint-Joseph, à Kinshasa. L’ensemble du bâtiment a été rénové, les murs ont été repeints, le service de pédiatrie a été réaménagé. Notre soutien a permis aux enfants de recevoir les soins nécessaires. Cette action a contribué à apporter sourire et bonheur ! En 2019, dans la même idée, nous avons participé à la réhabilitation des cliniques universitaires de Kinshasa.
Avenue de la Mongala No 12 BP 16297 - Kinshasa 1 République Démocratique du Congo Tél. : +243 81 700 6000 Fax : +243 81 301 38 48
SERVICE À LA CLIENTÈLE Tél. : +243 (0)99 899 9000 E-mail : info@standardbank.cd
DIFCOM/DF - PHOTOS : © DR SAUF MENTION.
Vous avez récemment changé de stratégie en concentrant vos activités dans le secteur des services bancaires aux grandes entreprises et d’investissement. Quels en sont les résultats ? En 2017, la haute Direction a décidé de procéder à une révision stratégique de la banque en nous concentrant uniquement sur la banque de financement et d’investissement. Ainsi, nous avons choisi en 2018 de mettre fin au segment de la banque de détail et clôturer les comptes qui ne correspondent pas à cette nouvelle stratégie, comme notamment les petites et moyennes entreprises et les particuliers. Il nous est plus avantageux aujourd’hui de concentrer nos efforts sur la banque de financement et d’investissement. À la suite de cette restructuration, l’amélioration de nos résultats financiers commence déjà à se faire sentir.
Entrons dans une nouvelle ère ! La libéralisation du secteur des assurances marque le début d’une nouvelle dynamique en République Démocratique du Congo. Ce nouveau contexte économique ouvre la voie à un marché en pleine croissance, méconnu du public et nécessitant d’allier qualité de service, offres adaptées aux besoins et éducation du consommateur. Conscient de cette réalité, et souhaitant allier innovation et soutien à l’économie nationale, notre groupe a procédé à la création de deux sociétés d’assurances : Rawsur SA qui propose une gamme de produits d’assurances non-vie dits IARD, et Rawsur Life SA, première compagnie d’assurance vie agréée en RDC. ENTRETIEN
Zain Rawji, Directeur général de Rawsur SA
Quels sont les défis du secteur de l’assurance en RDC ? La RDC a entrepris des réformes de sa législation pour mettre fin au monopole d’état, ouvrir le secteur aux capitaux privés, mettre en conformité ses institutions financières avec les normes internationales et inscrire ses structures d’assurance dans les standards et normes mondiales. La libéralisation du marché des assurances illustre clairement cette dynamique. Les conditions politiques et économiques favorables à l’essor de l’assurance en RDC sont néanmoins soumises à la levée de plusieurs défis. D’abord au niveau de l’État, à travers la bonne gouvernance publique, la sécurité juridique, le contrôle permanent des couvertures d’assurances obligatoires notamment automobile, incendie, importation, à travers également l’incitation et la promotion d’un véritable marché financier permettant aux compagnies d’assurance d’employer, de diversifier et de fructifier leurs actifs financiers, tout en répondant aux exigences réglementaires en matière de couverture des provisions techniques.
ENTRETIEN
Yashwin Hawoldar, Directeur général de Rawsur LIFE SA
Quels produits allez-vous développer ?
Dans un premier temps, les produits disponibles sur le marché sont KIMIA, un produit d’assurance funéraire, et KIMIA FAMILLE, un produit d’assurance funéraire pour la famille. Il s’agit de deux produits d’assurance pour les individus. Pour les entreprises, nous proposons une couverture en cas de décès ou perte totale et irréversible d’autonomie. Ceci pour donner aux entreprises la possibilité d’assurer le décompte final des agents auprès de la Rawsur Life. DIFCOM/DF - PHOTOS : © DR.
Au niveau de la banque centrale à - L’assurance Automobile avec une travers notamment, Le contrôle du déclinaison d’offres allant d’une d respect de la loi notamment en ce simple assurance Responsabilité s qui concerne l’obligation d’assurer Civile C à une Tous Risques couvrant les risques localement et éviter les tous les dommages subis par le t transferts illicites des primes d’asvéhicule assuré. v surance à l’étranger, l’exigence des - L’assurance Multirisques Habitacertificats d’assurance émanant des tion t ou Multirisques professionnelle entreprises d’assurances agréées permettant aux citoyens et aux p avant la délivrance des certificats entreprises de se prémunir contre e Zain Rawji d’importation des biens. l’incendie, le vol, les dégâts des eaux, l Directeur général Mais également au niveau des les dommages électriques, la perte de Rawsur SA sociétés d’assurance elles-mêmes, d’exploitation…. pour l’amélioration continue de leur profes- L’assurance Voyage qui couvre l’assuré lors de sionnalisme, de leur solvabilité et leur solidité son voyage dans le monde entier pour les frais financière. Sans oublier le rôle prépondérant du médicaux, les pertes de bagages, la responsabilité régulateur l’ARCA. civile, la livraison de médicaments, …. Et d’autres prestations 24h/24 et 7j/7 Quels produits projetez-vous - L’assurance maladie couvre les frais médicaux de développer ? engagés pour l’assuré et ses dépendants - Risques Divers, nous assurons également Nous avons fait en sorte de répondre dès notre d’autres risques tels que l’aviation, les risques liés démarrage au mieux aux différents besoins à la violence politique ainsi que d’autres risques du citoyen congolais. Je peux vous en citer sur mesure et adaptés aux besoins des entreprises. quelques exemples :
Parlez-nous un peu des modalités d’accès à vos produits et de votre zone de couverture ?
A ce stade, nous ne disposons encore que de deux produits énumérés ci-haut. Ils visent principalement les individus. Au-delà, nous avons
des produits pour les entreprises afin de leur permettre également de couvrir les prestations payables en cas de décès d’un agent. Nous nous déployons aujourd’hui au niveau de Kinshasa et, très bientôt, à travers la République.
Comment le régulateur et l’État congolais peuvent accompagner les sociétés comme la vôtre dans leur expansion ? Nous voulons surtout d’un accompagnement au niveau de la communication. Il est indispensable de faire comprendre à la population l’actuelle réforme de l’assurance qui a abouti à la libé-
ralisation du secteur. Un marché « libéralisé » veut juste dire l’absence d’une quelconque contrainte dans le choix de l’assureur et de la police d’assurance. Dans un second t temps, il faut informer également les autorités à différents échelons d l’Etat congolais de la libéralisade t du marché de l’assurance. Par tion c conséquent, nos sociétés doivent n nécessairement être reconnues c comme des véritables sociétés d d’assurance en République démocrat tique du Congo. En cas de délivrance d certificat, cette couverture est d’un r reconnue d’office par le pays. Enfin, Yashwin Hawoldar les assurés ne sont plus limités aux Directeur général arrangements d’assurance comme de Rawsur LIFE SA auparavant.
Orange,, socialement socialement engagé engagé Présent en République démocratique du Congo depuis 2012, Orange contribue, au-delà de son cœur de métier, à l’amélioration du quotidien des Congolaises et Congolais. Entreprise socialement responsable, Orange mène plusieurs projets dans le domaine de la santé, de l’éducation et de l’innovation en République démocratique du Congo.
Notre présence en RDC est soutenue par deux ambitions : d’une part, fournir les services et les offres dont les Congolais ont besoin ; d’autre part, apporter notre contribution à un mieux-vivre pour les populations. Et notre engagement social résulte d’un seul objectif : permettre aux populations du Congo de construire leur essentiel au quotidien. Gérard Lokossou, Directeur Général Orange RDC
Pour Orange RDC, la santé est un des volets principaux de son engagement social. Avec le concours de l’Institut Européen de coopération et de développement (IECD) et du centre hospitalier de Monkole, la Fondation Orange s’est engagée, dans la lutte contre la drépanocytose, à accompagner des femmes enceintes du dépistage de leur nouveau-né à la prise en charge des enfants de moins de 5 ans. De même, le personnel d’Orange RDC effectue périodiquement des dons de sang pour soutenir le programme de santé maternelle et infantile du Centre Hospitalier de Monkole. Enfin, depuis 2015, la Fondation Orange en partenariat avec l’ONG Magna procède au renforcement des soins de santé maternelle et infantile dans 3 espaces de santé au Camp Luka à Kinshasa. Avec les Villages Orange, les communautés bénéficient d’un point d’eau, d’une école et d’un centre de santé doté d’un bloc
COMMUNIQUÉ
au cœur de la RDC
Le Programme Villages Orange est au croisement des domaines de la santé et de l’éducation et répond à la volonté d’Orange d’agir au plus près des besoins essentiels des populations. Depuis 2015, trois Villages Orange ont été construits à Kabweke, dans le Nord-Est de la RDC, à Njapanda-Bella en Ituri et à Mudusa, à 3 heures de Bukavu dans la province du Sud-Kivu. Le prochain Village Orange sera installé dans le Kongo Central au cours de cette année. Les volets éducation et innovation ont l’ambition de proposer de la formation pour donner aux congolais les clés de leur développement.
Écoles numériques
Ces volets s’adressent en priorité aux écoliers à travers les Écoles numériques, aux femmes grâce aux Maisons Digitales et aux jeunes défavorisés avec les FabLab (laboratoire de fabrication numérique). Orange RDC accompagne près de 10 écoles à travers la République démocratique du Congo grâce au Programme Écoles numériques. Plus de 500 tablettes et des serveurs Raspberry PI avec du contenu éducatif sont en cours de déploiement pour la prochaine rentrée scolaire. L’autonomisation des femmes en situation précaire est le principal objectif des Maisons Digitales. Ces centres de formation (alphabétisation, informatique…) amènent ces femmes à créer des activités génératrices de revenus en vue de leur réinsertion socio-professionnelle. Avec l’initiative Coup de Cœur au ô féminin, le projet d’une apprenante ou d’un groupe
Maisons digitales
d’apprenantes peut être financé. Avec le Lisungi FabLab, la Fondation Orange en collaboration avec l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) accueille des jeunes défavorisés de 15 à 25 ans en rupture scolaire, sans emploi ou en situation précaire. Des modules de formation aux métiers du numérique sont proposés à ces jeunes et un équipement des plus modernes est mis à leur disposition. Depuis sa création en 2018, de nombreux projets ont témoigné de la créativité de ces jeunes notamment celui du Lavabo intelligent, vainqueur du Challenge international des FabLabs solidaires #IMake4MyCity. Fonctionnant à l’énergie solaire, ce lavabo intelligent diminue le risque de maladies liées au manque d’hygiène tout en réduisant la consommation d’eau.
www.orange.cd
FabLab
DF/JAMG - © PHOTOS : DR.
opératoire et d’une maternité. Ainsi, le Programme Villages Orange a permis dans la localité de Mudusa d’installer 4 filtres bio-sables pour produire de l’eau potable, de scolariser 269 enfants du primaire et de disposer de 40 lits pour le centre hospitalier.
GRAND FORMAT
RD CONGO
BAZ RATNER/REUTERS
Pour tout comprendre de l’évolution d’un pays
New deal ?
Huit mois après l’investiture de Félix Tshisekedi, le gouvernement, fraîchement nommé, est opérationnel. Politique, économie, diplomatie, société… Quelles sont les priorités du nouvel exécutif? jeuneafrique no 3063 du 22 au 28 septembre 2019
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Gbadolite Gemena
Bunia Beni
Kisangani
Butembo
Mbandaka
Logu Goma ma
B Bandundu Kin nshasa Ma Matadi
MbanzaNgungu
Kenge
Bukavu u
Kindu
Uvira
Lodja
Kikwit
Muanda Boma
Kananga M Mbuji-Mayi Kabinda Manono
Kalemie
Mwene-Ditu Kamina
Kilwa a
Fungurume Kolwezi Kamoa Likasi
Lubumbashi Kasumbalesa
La Trust Merchant Bank (TMB), qui célèbre son quinzième anniversaire, est une des plus importantes banques commerciales en République démocratique du Congo. Banque universelle et de proximité, la TMB se déploie à travers le plus vaste réseau d’agences bancaires du pays. Reconnue internationalement comme la meilleure banque du pays, la TMB est un précurseur et un innovateur dans le secteur bancaire national. Première banque congolaise à proposer un service de mobile banking, la TMB demeure le leader incontesté dans le domaine, avec PEPELE Mobile, accessible sur tous les réseaux mobiles du pays et sur tout type de téléphone. L’ancrage national de la TMB, son personnel expérimenté à l’écoute des clients, son professionnalisme et sa gamme inégalée
de produits et services constituent la clé de son succès depuis quinze ans.
PERSONAL BANKING - BUSINESS BANKING - MOBILE BANKING
I
www.tmb.cd
84 ENJEUX
Raison et sentiments
93 Opposition
Lamuka en quête de cohésion
François Soudan
Félix ou la métamorphose ’Histoire, parfois, est faite de revanches. Lorsqu’il a posé le pied sur le tarmac de l’aéroport de Bruxelles le 16 septembre, accueilli par le numéro deux du gouvernement belge pour sa première visite officielle en Europe, Félix Tshisekedi s’est sans doute souvenu de ce jour de 1983 où il débarqua en ce même lieu, avec sa mère et toute la fratrie. Il n’avait pas 20 ans et, pendant de longues années, sa vie allait être celle d’un réfugié dépendant de l’aide sociale et familier des rues de Matonge. Son père, Étienne, était resté au Zaïre pour une décennie d’errance entre prison et relégation, seul ou presque face à un Mobutu qu’il avait un moment servi, avant de rompre courageusement avec lui. Trente-six ans plus tard, l’homme qui foule les tapis rouges, passe en revue les haies d’honneur et s’en va prendre le thé avec le roi Philippe est au cœur de l’une des plus incroyables expériences de cohabitation qu’ait connues l’Afrique. Une sorte de cogestion pacifique (et transitoire) des affaires de l’État entre un président sortant – à qui il faut accorder le crédit de ne pas avoir cherché à imposer son dauphin – et son successeur, qui, petit à petit, est en train de se faire un prénom après avoir été porté au pouvoir en surfant sur le patronyme de son illustre père. Bien rares parmi les observateurs étaient ceux qui, il y a huit mois, osaient croire en ce président, mal élu aux yeux de beaucoup, réputé influençable, sans expérience aucune et dont l’omniprésent et chevronné directeur de cabinet, Vital Kamerhe, tenait lieu de colonne vertébrale. Si tant est que ce jugement était fondé, force est de reconnaître que l’élève a vite appris. En multipliant les gestes d’apaisement sur le terrain politique et sur celui des libertés fondamentales, en négociant patiemment, pied à pied, avec Joseph
L
Kabila la formation d’un gouvernement de coalition, en annonçant que son projet phare (à 37 millions de dollars par mois!) sera celui de la gratuité de l’enseignement primaire, Félix Tshisekedi a peu à peu comblé le lourd déficit de légitimité qui était le sien au lendemain de l’élection présidentielle. Résultat: au lieu de s’effriter une fois l’état de grâce dissipé, sa popularité s’est accrue. Il est vrai que d’état de grâce, il n’y eut point.
« Guest star »
La posture internationale qu’est en passe de se donner Félix Tshisekedi y est pour beaucoup. Le président atone et hésitant du One Planet Summit de Nairobi, en mars, est devenu, six mois plus tard, un orateur posé, fluide et jouant de sa stature. Comme le mouvement se fait en marchant, l’assurance lui est venue en gouvernant, et tous ceux qui, de Washington à Kigali, en passant par Paris, Bruxelles, Luanda ou Lusaka, avaient publiquement douté de la validité de son élection le traitent aujourd’hui en guest star. Les Congolais apprécient cette métamorphose, eux qui ne demandent qu’à retrouver leur fierté de vivre dans un grand pays courtisé, eux qui depuis l’indépendance rêvent de ce qu’ils pourraient être si les richesses de leur sol et de leur sous-sol passaient enfin du stade de potentialités à celui de réalités. Attention toutefois à l’excès d’hubris. Les Congolais étant par nature nombreux à soutenir un discours nationaliste et portés à vivre dans l’exaltation des lendemains qui chantent, tous les chefs d’État, de Mobutu à Joseph Kabila, ont joué de la corde prodigue du « Congo is back ». Avant, unanimement, de décevoir. « Une force patiente, humble et qui sait écouter »: ainsi se définit Félix Tshisekedi dans une récente interview au Soir. Puisse-t-il le demeurer.
94 Entretien avec Martin Fayulu Coordonnateur de la Dynamique pour la vérité des urnes 98 ÉCONOMIE
Les douze travaux de Tshisekedi
103 Tribune
A. L. Kitenge Économiste
106 Agriculture
Carte maîtresse du nouvel exécutif
108 Mines
Plan rouge pour le cobalt
112 Banque
Interview de Bob-David Nzoimbengene Associé-gérant de Deloitte
119 Entrepreneuriat Regain d’énergie dans le privé
126 SOCIÉTÉ
Ombres et lumières kinoises
132 En projet
Le pont Kin-Brazza refait des vagues
136 Carnet de route
Good morning Lualaba !
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Grand format RD CONGO
ENJEUX
Le chef de l’État congolais accueilli au palais d’Egmont, à Bruxelles, par le Premier ministre belge, Charles Michel, le 17 septembre.
Raison et senti 84
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Huit mois après son investiture, le président Félix Tshisekedi prend ses marques dans une cohabitation inédite avec son prédécesseur, Joseph Kabila. Et se sait attendu au tournant, alors que les turbulences s’intensifient dans son entourage. ROMAIN GRAS, envoyé spécial
L BENOIT DOPPAGNE/BELGA/AFP
iments
Lire aussi l’interview de Vital Kamerhe sur www.jeuneafrique.com
a fumée blanche a tardé à s’élever à Kinshasa. Mais le gouvernement, nommé le 26 août, soit sept mois après l’investiture de Félix Tshisekedi, et « adoubé » par l’Assemblée nationale le 6 septembre, est désormais opérationnel. À l’heure de dresser le bilan de ces longs mois de négociations, un conseiller du chef de l’État a évoqué, sans masquer une certaine surprise, « les rapports très cordiaux » qu’entretiennent le nouveau président et son prédécesseur, comme le suggèrent leurs nombreuses rencontres devant les caméras et en off, depuis le mois de janvier. « Joseph Kabila a compris que si Félix Tshisekedi échouait, cela lui coûterait aussi », poursuit cet intime du chef de l’État. Cette bonne entente ne saurait pourtant éclipser le bras de fer qui s’est disputé en coulisse pour former un gouvernement de compromis dont l’efficacité sera scrutée de près. Pendant sept mois, par le biais de leurs équipes respectives, Joseph Kabila et Félix Tshisekedi ont patiemment tenté d’aplanir les divergences. « Chacun a posé ses gardefous », résume un membre du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition formée autour du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), de Joseph Kabila. Le rejet de la candidature à la primature du patron de la Gécamines, Albert Yuma, les ordonnances prises sur la Gécamines et sur la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) sans consulter le clan Kabila (lequel, depuis, bloque leur application), ainsi que les propos de Félix Tshisekedi qui, en visite à Washington au début d’avril, a souligné être « là pour déboulonner le système dictatorial qui était en place », ont été vus comme autant de moyens d’affirmer l’autorité du nouveau président. Qui
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ont inévitablement mené à des blocages, preuve que le FCC et le Cap pour le changement (Cach, la coalition de Félix Tshisekedi) continuent de s’apprivoiser et de se tester.
Omniprésent Kamerhe
En attendant la composition du gouvernement, et pour combler le vide, Félix Tshisekedi s’est attaché à structurer un cabinet puissant: 110 membres, dont 80 conseillers, répartis dans 16 collèges, 5 par secteur. Parmi les personnages les plus centraux de cette présidence pléthorique, impossible de ne pas citer François Beya, conseiller spécial sur les questions de sécurité. De tous les déplacements, omniprésent en coulisse, c’est une des figures incontournables du système Tshisekedi, après le puissant et tout aussi omniprésent directeur de cabinet, Vital Kamerhe, qui dispose, lui, de quatre adjoints. À ses proches, ce dernier a toujours assuré être « bien à sa place » à cette fonction. Une entrée au gouvernement n’a jamais été réellement d’actualité pour l’ancien président de l’Assemblée nationale. Et si le poste de Premier ministre a été attribué, le 20 mai, à Sylvestre Ilunga Ilunkamba, le bras droit de Félix Tshisekedi « se sait plus puissant à son poste que dans le gouvernement », explique un cadre de l’Union pour la nation congolaise (UNC, de Vital Kamerhe). Là, dans ses bureaux du Palais de la nation, résidence officielle du président de la République que Félix Tshisekedi délaisse au profit de la Cité de l’Union africaine, Kamerhe s’est taillé un rôle à la mesure de son influence politique. À 60 ans, au sein du duo qu’il forme avec le nouveau chef de l’État, il a pour lui l’expérience de « la chose publique » et une maîtrise des rouages de la kabilie, dont il fut longtemps l’une des pièces maîtresses, notamment à la tête de la campagne victorieuse de 2006. « Félix Tshisekedi est encore en apprentissage. Kamerhe lui a été utile pour comprendre un personnage que son parti a longtemps combattu. C’est l’homme clé, à la fois pour le président et pour Kabila »,
assure un cadre de Cach proche de Vital Kamerhe. Sauf que ce rouage menace aujourd’hui de se gripper. En effet, la présidence – que Félix Tshisekedi avait promise en rupture avec les débordements des précédentes administrations – se trouve depuis plusieurs semaines dans la tourmente. En cause, un bras de fer avec l’Inspection générale des finances (IGF) qui éclabousse son entourage. Indexé, aux côtés de trois autres personnes, dans le rapport de l’IGF sur des soupçons de détournement de 15 millions de dollars dans le cadre de la gestion d’une somme destinée à compenser les sociétés pétrolières à la suite du gel des prix à la pompe en 2017, Kamerhe assume également avoir demandé la suspension de l’audit des finances des ministères et des contrôles menés sur plusieurs entreprises privées. Pressé par la société civile de faire la lumière sur cette affaire, Tshisekedi, qui par le biais de discours et de tables rondes a promis de mettre fin à la corruption, a dit qu’il laissait « les institutions judiciaires faire leur travail ». Ses récentes interventions laissent penser que l’heure de l’arbitrage n’est pas encore arrivée. Son message vidéo diffusé le 8 septembre ou son intervention au forum Makutano ont soigneusement évité le sujet, privilégiant les promesses et insistant sur l’urgence d’un « changement des mentalités ». Un silence qui agace les associations de la société civile et que l’on justifie dans l’entourage du président par une volonté de « ne pas exposer les divisions ». Sur Twitter, Kasongo Mwema Yamba Y’amba, le porte-parole de la présidence, a déclaré que ce silence correspondait plutôt au « respect d’un principe démocratique ». Car si tout porte à croire que les deux têtes d’affiche de Cach s’entendent bien, l’influence de Kamerhe, auquel le chef de l’État soumet beaucoup de ses conseillers, agace dans les rangs de la présidence, où l’on aimerait voir « le dircab » prendre du recul. « C’est un allié, mais ce n’est pas un ami, glisse un membre de l’entourage du président. Nous ne savons pas combien de temps il se contentera d’une
DEUX HÉMICYCLES POUR TROIS COALITIONS Répartition des 500 sièges de l’Assemblée nationale à l’issue des législatives du 30 décembre 2018
Répartition des 108 sièges du Sénat
à l’issue des élections sénatoriales du 14 mars 2019. Trois sièges sont non pourvus (auxquels s’ajoute 1 siège dévolu, à vie, à l’ancien président de la République)
95 sièges 341 sièges
112 sièges
47 sièges Front commun pour le Congo (FCC) Coalition autour de Joseph Kabila et du PPRD
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Lamuka Coalition autour de Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Adolphe Muzito
7 sièges 3 sièges Cap pour le changement (Cach) Coalition autour de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe
COMMUNIQUÉ
Amélioration du Climat des Affaires en République Démocratique du Congo
Les 30 et 31 juillet derniers, se déroulait à Kinshasa une « sensibilisation sur les réformes entreprises pour l’assainissement du climat des affaires »
Convaincu que le secteur privé est à la fois le levier et le catalyseur du développement économique, de la croissance et de l’emploi, l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI), en partenariat avec le Programme Essor, a introduit les réformes relatives à l’amélioration du climat des affaires en République Démocratique du Congo (RDC). Les réformes concernées en lien avec les indicateurs « Doing Business » de la Banque Mondiale (création d’entreprise, obtention de prêt, règlement d’insolvabilité, permis de construire, transfert de propriété) ont été présentées comme un ensemble cohérent visant à généraliser la numérisation des formalités pour rapprocher l’administration des acteurs économiques tout en sécurisant les don-
nées. Ces dernières peuvent progressivement être consultées sur Internet. Les 30 et 31 juillet derniers, 500 professionnels, étudiants, et personnes intéressées ont été réunis à Kinshasa pour une sensibilisation sur les réformes en cours. L’ANAPI et ses partenaires ont principalement ciblé les MPME1/MPMI2 locales. Les administrations et de grandes entreprises étaient aussi représentées. Les stands et ateliers animés par des représentants des secteurs public et privé étaient destinés à présenter les réformes de l’environnement des affaires, à renforcer le dialogue entre le secteur public et les entreprises privées et à recueillir leurs doléances. L’engouement unanime des visiteurs encourage à poursuivre les réformes vers une extension à tous les secteurs concernés par la transparence des formalités et par la sécurisation des données des entreprises en vue d’une meilleure résolution des conflits. En même temps, la communication doit être renforcée grâce notamment au déploiement de l’ANAPI en provinces pour promouvoir l’amélioration du climat des affaires et l’investissement en RDC.
1 : Micro, petites et moyennes entreprises - 2 : Micro, petites et moyennes industries
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POUR UN ENVIRONNEMENT PROPICE À L’INVESTISSEMENT EN RDC
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Le Président de la République, Monsieur Félix TSHISEKEDI, a rappelé son attachement prioritaire à l’amélioration du climat des affaires et à l’attraction des investissements lors de son discours d’investiture. « Nous travaillerons pour rendre le climat des affaires plus attractif et compétitif, notamment par l’aménagement de la fiscalité en faveur du développement » avait-il déclaré le 24 janvier 2019.
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telle position, nous avançons donc une main devant une main derrière. » Instructions liées aux rumeurs sur les dépenses publiques et aux correspondances qui fuitent sur les réseaux, budget annuel déjà dépassé depuis le mois de juin… Beaucoup ont vu dans les couacs qui ont émaillé les six premiers mois du quinquennat un manque de préparation de la coalition. Dans l’entourage de Kamerhe, certains crient à la cabale, le directeur de cabinet étant, parmi les quatre personnes mises en cause dans l’affaire dite des « 15 millions », celui dont le nom revient le plus souvent. Un climat de suspicion s’est installé depuis plusieurs mois à la présidence et d’aucuns, dans l’entourage du « dircab », n’hésitent pas à soupçonner ouvertement des proches du président d’être à la manœuvre derrière le scandale de l’IGF pour retrouver de l’influence auprès du chef de l’État. D’autres rappellent que ces inspecteurs de l’IGF ont été nommés par le prédécesseur de Tshisekedi et que le « dircab » n’a pas « gardé que des amis au FCC ». Dans ces conditions, il convient de s’interroger sur l’avenir de l’accord de Nairobi. Il a déjà souffert des négociations sur la formation du gouvernement qui ont mis en lumière les divergences entre UDPS et UNC avec des ministères arrachés à la dernière minute d’un camp à l’autre et une méfiance face à l’appétit de son partenaire. Surtout, la clause de l’accord qui prévoit que Tshisekedi soutienne Kamerhe en 2023 semble plus que jamais hypothétique en ces temps de turbulences. Pour un proche de la famille du président congolais, il ne fait aucun doute que les deux hommes se retrouveront « face à face et non plus côte à côte » en 2023. Et certains, à la présidence, poussent à une clarification de la position du chef de l’État en faveur des enquêtes, quitte à menacer la position de Vital Kamerhe.
Capital popularité
Brouillonne, parfois cacophonique, cette organisation a néanmoins permis au président d’occuper le terrain dans les moments de flottement pendant les négociations. « Avec le soutien des partenaires internationaux, Félix Tshisekedi n’avait pas de raison de se presser pour former un gouvernement dans lequel il savait qu’il serait minoritaire, analyse un diplomate occidental. Il en a profité pour bâtir une présidence avec des conseillers chargés de portefeuilles similaires à ceux de ministres pour lancer plusieurs chantiers afin que le futur gouvernement lui emboîte le pas. C’est une manière de rééquilibrer les choses. » Félix Tshisekedi a ainsi pu engager plusieurs chantiers d’infrastructures visibles (tels les travaux routiers lancés dans le cadre de son « programme des 100 jours », à Kinshasa et en province), dont l’ardoise s’élève à 304 millions de dollars (267,4 millions d’euros), et multiplier les déplacements, notamment chez ses voisins de l’Est, pour échanger sur les questions de sécurité (lire p. 90). À la mainmise de Joseph Kabila sur l’Assemblée nationale, le Sénat (voir p. 86) et 22 des 26 provinces du pays – qui lui confèrent un poids incontestable, si ce n’est une certaine « capacité de nuisance » –, le nouveau président souhaite ainsi opposer son « capital
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Lire aussi « Un gouvernement ingouvernable ? » www.jeuneafrique.com
Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, le 24 janvier, au Palais de la nation, à Kinshasa.
popularité ». Reste que, propulsés à la tête de l’État deux mois après la création du Cach, à Nairobi, Tshisekedi et Kamerhe n’ont pas eu le temps de structurer leur coalition. « Cela va venir, les négociations autour du gouvernement avaient accaparé la majorité du temps jusqu’à présent », assure Aime Boji, le secrétaire général adjoint de l’UNC. Tout n’a pas été simple lors des tractations (lire « Un gouvernement ingouvernable », JA n° 3060 du 1er au 7 septembre, pp. 20-25). Les discussions sur le partage des 23 postes attribués au Cach (sur 65 postes ministériels) ont été fondées sur l’accord de Nairobi, acte de naissance de cette coalition, qui prévoyait que si Tshisekedi remportait la présidentielle, la primature et d’autres portefeuilles stratégiques reviendraient à l’UNC. Après la nomination en mai d’un Premier ministre, Sylvestre Ilunga, issu du FCC de Joseph Kabila, Kamerhe a revendiqué la moitié des 23 portefeuilles alloués au Cach. Finalement, huit postes ont été attribués à l’UNC. Au terme d’échanges houleux, la vice-primature chargée du Budget, notamment, a échu au parti de Vital Kamerhe, qui n’a par ailleurs reçu aucun ministère régalien, ce qui en a étonné plus d’un à Kinshasa.
Stratégie d’encerclement
Avec le Sénat, l’Assemblée nationale et les assemblées provinciales aux mains du FCC, la stratégie d’encerclement pour laquelle Joseph Kabila semble avoir opté apparaît bien en place. Reste à savoir comment la présidence Tshisekedi arrivera à imposer sa marque, maintenant que le gouvernement est nommé et opérationnel. « C’est un mariage méfiance-confiance, résume un cadre du FCC. Progressivement, la confiance prendra le pas sur la méfiance. » Le chef de l’État devra donc batailler sur deux fronts: avec son allié FCC et au sein de la présidence, menacée par des règlements de comptes.
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Challenges diplomatiques et sécuritaires
Environ 130 groupes armés, une épidémie d’Ebola – la dixième dans l’histoire de la RD Congo – dont le bilan dépasse les 2 000 morts, et un contexte diplomatique extrêmement tendu entre les pays voisins, en particulier entre le Rwanda et l’Ouganda. Sur le papier, l’entreprise de pacification de l’Est a tout d’une « mission impossible ». Le 21 août, Félix Tshisekedi et son homologue angolais, João Lourenço, ont pourtant réussi à réunir autour d’une même table le Rwandais Paul Kagame et l’Ougandais Yoweri Museveni pour signer un mémorandum d’entente dans lequel les deux chefs d’État se sont engagés à résoudre le différend qui les oppose depuis des mois. Une première étape dans le processus d’apaisement des rapports entre les deux hommes, qui restent à couteaux tirés, mais aussi un succès pour le nouvel exécutif congolais, avec lequel Kigali et Kampala aspirent à entretenir de bonnes relations. Dans l’est de la RD Congo, les enjeux sont de taille. Depuis vingt ans, les groupes armés s’y comptent par dizaines, certains sont purement locaux, d’autres soutenus par les voisins. « La crise ne se résoudra pas sans un mot d’ordre des parrains », résume un conseiller de Félix Tshisekedi. En haut de la pile des dossiers prioritaires, ce chantier de très longue haleine côtoie un autre sujet urgent, également lié aux problématiques sécuritaires : l’épidémie d’Ebola qui touche l’Ituri, le Nord-Kivu, et le SudKivu, provinces frontalières de l’Ouganda, du Rwanda, et du Burundi.
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VILLAGE URUGWIRO
Organiser la riposte contre Ebola et la démobilisation des groupes armés dans l’Est, apaiser les tensions entre les pays voisins… Mission délicate, pas impossible.
Félix Tshisekedi, João Lourenço, Paul Kagame et Yoweri Museveni au sommet de Luanda, le 12 juillet.
« L’impact du climat sécuritaire a été négligé dans l’approche de cette épidémie, estime David Gressly, nommé coordonnateur des interventions d’urgence de l’ONU contre Ebola en RD Congo. Depuis le début, nous courrons après le virus, car il a fallu s’adapter au contexte local. Il y a une réticence à parler avec certains groupes armés. Or, si ce sont des interlocuteurs imprévisibles, ils sont pour l’instant incontournables dans la riposte. »
Crainte d’un retour au maquis FélixTshisekedia-t-illesmoyensdeses ambitions concernant ceux-ci? La reddition, ces derniers mois, de plusieurs éléments de ces groupes laisse penser
NOUS SOUTIENDRONS SEULEMENT LA RÉINSERTION DANS LA SOCIÉTÉ CIVILE. FLORENCE MARCHAL, porte-parole de la Monusco
que la transition de janvier peut ouvrir la porte à une amélioration. Mais cette démobilisation impose de nouvelles contraintes aux autorités. En effet, le programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), saturé depuis plusieurs années, n’accepte pas de nouveau candidat et, en l’absence d’un dispositif fonctionnel et de propositions concrètes de réinsertion, la crainte d’un retour dans le maquis de certains éléments est bien réelle. « On a vu par le passé le problème que pouvait poser une réintégration dans l’armée, estime Florence Marchal, porte-parole de la mission de l’ONU pour la stabilisation en RD Congo (Monusco). Nous soutiendrons seulement la réinsertion dans la société civile, vers laquelle le président souhaite d’ailleurs s’orienter. Cela doit faire partie de la nouvelle stratégie. » Pour soutenir ses efforts, le chef de l’État peut toujours compter sur la Monusco. Il n’est pas sur la même longueur d’onde que son prédécesseur qui, lui, souhaitait le départ de cette force d’ici à 2020. Cette dernière, qui continue de subir des pertes budgétaires, fait l’objet d’une revue stratégique en vue d’un réajustement. ROMAIN GRAS
COMMUNIQUÉ
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Travaux de construction du poste de sectionnement 220 kv Lunga-Vasa-Province du Congo central
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Travaux de construction du poste de transformation 220 kv de Moenge-Province du Congo central
EN ROUTE VERS L’EXCELLENCE
Nos principaux clients sont les institutions publiques et entreprises privées, les Ministères nationaux des états du continent concernés par les problèmes des énergies et des travaux publics liés à la production, au trans-
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port et la distribution du courant électrique. Nous offrons nos services non seulement à des fins commerciales, mais aussi, pour une construction philanthropiques basée sur les dimensions de développement environnemental, social et économique. La vision de RAY GROUP Électromécanique, est d’être capable, d’établir des relations de partenariat professionnel solide et durable
avec les institutions gouvernementales et publiques, d’augmenter sa part de marché en RD Congo, et dans le continent Africain ainsi qu’au proche orient. Actuellement, RAY GROUP Électromécanique, grâce à sa fulgurante progression dans le domaine de l’énergie, se voit une vocation panafricaniste ; ainsi elle répond déjà à plusieurs offres émanant d’autres pays africains.
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RAY GROUP Électromécanique est une entreprise spécialisée dans la conception, l’ingénierie et l’installation de structures électromécaniques et hydrauliques.
COMMUNIQUÉ
TROIS ENTREPRISES AU SERVICE DE LA TRANSFORMATION NUMÉRIQUE EN SYNERGIE AVEC LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE M. Nandegeza Jacques MUSAFIRI Président de e-COM SAS, MTSI International Consulting SAS et Ishango Technology SAS
La révolution numérique est, aujourd’hui, au cœur de la transformation de la RDC avec la validation d’un Plan National du Numérique (PNN), dont l’objectif affiché est d’en faire un levier puissant pour la bonne gouvernance et l’émergence de l’économie nationale. Ce schéma directeur stratégique permettra, nous en sommes convaincus, d’impulser la transformation digitale en RDC. À condition d’être décliné sous forme des schémas directeurs opérationnels visant à planifier pour chaque entité administrative, non seulement les infrastructures et les applications, mais aussi à identifier les solutions synonymes de bonne gouvernance devant mener à la performance et à l’efficacité de l’administration publique et des services de l’état. La digitalisation représente une immense opportunité pour la RDC. Comment agir pour en faire un accélérateur de progrès économique et social, au bénéfice de l’administration publique, des entreprises et des citoyens. C’est là tout l’enjeu de la transformation digitale en RDC. Nous nous inscrivons totalement dans cette démarche. Nos entreprises basées à Paris, Kinshasa et Dakar se donnent pour mission d’accompagner le développement de l’innovation, de l’économie numérique et de l’énergie propre et renouvelable en Afrique.
La société MTSI International Consulting SAS, « Management des Technologies et des Systèmes d'information », basée à Paris la Défense Son métier est d’assister les directions générales dans la déclinaison de leurs plans stratégiques et les directions opérationnelles pour le pilotage et la mise en œuvre de leurs projets de transformation. Avec une longue expérience des refontes stratégiques des Systèmes d’Information (SI) et une expertise avérée en gouvernance & urbanisation des SI, Management des projets etc.
apportant des solutions innovantes par rapport à leurs besoins dans un objectif de création de valeur et de maintien de leur avantage compétitif.
La société E-COM SAS, « le spécialiste des transactions électroniques sécurisées », basée à Kinshasa-Gombe E-COM SAS souhaite participer, au renforcement de l’équité économique, à l’amélioration de la transparence et à l’inclusion financière en RDC et en Afrique. Son ambition est d’apporter des réponses adaptées aux nouveaux enjeux créés par les NTIC, en accompagnant les clients publics comme privés, qui souhaitent monétiser de nouveaux services, à mettre en place des écosystèmes intégrés des plateformes numériques et à rendre l’e-Paiement accessible au plus grand nombre en termes de coût et d’usage. Pour exemple, nous citerons l’ac-
compagnement du Ministère du Tourisme de la RDC dans son projet de dématérialisation des processus de gestion. Ce projet a permis dans sa première phase, circonscrite au secteur lié au billet d’avion, d’améliorer le mode de fonctionnement du ministère dans ces attributions actuelles ainsi que dans sa nouvelle prérogative de recouvrement de taxes et redevances et cela dans le meilleur délai et de manière transparente. La digitalisation a permis une augmentation substantielle des recettes de la redevance FPT de plus de 450 %, en moins de 5 mois, malgré la diminution de moitié du taux d’imposition. La seconde phase permettra d’élargir l’assiette sur le secteur d’activités de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés (HORECA).
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Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba à Bruxelles en septembre 2018.
OPPOSITION
Lamuka cherche sa voie Rassemblés au sein d’une coalition, les adversaires de Félix Tshisekedi entendaient faire cause commune, mais certains ont rallié l’exécutif, tandis que d’autres se positionnent déjà pour la présidentielle de 2023.
STANIS BUJAKERA TSHIAMALA, à Kinshasa
iraillée par les ambitions personnelles de ses leaders – Moïse Katumbi, Martin Fayulu, JeanPierre Bemba et Adolphe Muzito –, Lamuka (« réveille-toi », en lingala), la principale coalition d’opposition, a traversé « une zone de fortes turbulences », selon l’expression de Muzito. Sans compter que le camp présidentiel a contribué à l’affaiblir en recrutant deux de ses cadres: à la fin de juin, l’ancien chef de guerre Antipas Mbusa Nyamwisi a quitté Lamuka pour, dit-il, participer activement à la lutte contre l’épidémie de maladie à virus Ebola et contre l’insécurité dans l’est du pays ; à la mi-juillet, ce fut au tour de l’ex-ministre des Finances Freddy Matungulu de « répondre favorablement à l’appel » de Félix Tshisekedi, qui l’a proposé au poste d’administrateur de la Banque africaine de développement (BAD). Mais ce sont surtout les dissensions entre ses principaux représentants qui ont fragilisé la plateforme ces dernières semaines, chacun ourdissant sa propre stratégie afin de se positionner pour 2023. Une ambition légitime (quoique très anticipée), qui n’est évidemment pas sans générer de la défiance, en particulier entre Martin Fayulu et Moïse Katumbi. Ce dernier a vu
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son horizon politique s’éclaircir avec le recouvrement de sa nationalité congolaise et l’abandon des poursuites judiciaires engagées à son encontre. En revanche, Jean-Pierre Bemba reste inéligible en raison de sa condamnation pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale (CPI), et il est conscient qu’il ne parviendra pas, seul, à faire adopter une révision de la Constitution qui lui permette de briguer à nouveau un mandat. Il sait qu’il lui faut une base politique, en l’occurrence celle de son bastion natal du Sud-Ubangi (ex-Équateur), où il a effectué une tournée à la mi-juillet. Il sait aussi qu’il a besoin des autres leaders de Lamuka pour peser sur la majorité, en particulier de Fayulu et son discours radical (lire pp. 94-95).
Deux lignes
Depuis le meeting qu’il a tenu à Kinshasa à la fin de juin, Jean-Pierre Bemba martèle sa volonté de s’inscrire dans une « opposition républicaine et responsable » à Félix Tshisekedi. Son discours modéré et sa confiance en l’avenir de la plateforme donnent d’ailleurs au président du Mouvement de libération du Congo (MLC) la meilleure posture pour redonner une cohésion à Lamuka, entre la ligne dure, incarnée par Martin Fayulu, soutenu par Adolphe Muzito (qui continue de réclamer la restitution de « la vérité des urnes »), et celle, plus souple, de Moïse Katumbi, avec lequel Bemba partage la volonté de mener une opposition « républicaine et exigeante ». Rien d’étonnant donc à ce que, lors de la réunion du présidium à Lubumbashi, le 30 juillet, Jean-Pierre Bemba ait été désigné pour succéder à Katumbi à la coordination tournante de Lamuka jusqu’au mois d’octobre. Les leaders de la coalition se sont efforcés de s’accorder sur une orientation commune. Ils ont réaffirmé la victoire de leur candidat Martin Fayulu à l'élection présidentielle du 30 décembre 2018. « La situation du pays pousse Lamuka à maintenir une ligne dure parce que l’on a comme l'impression que Kabila est toujours là », explique l’un des cadres de la coalition, laquelle s’est par ailleurs engagée à poursuivre la lutte pour « l’instauration de la démocratie et de l’État de droit » et pour la défense de l’intérêt général.
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Martin Fayulu
Coordonnateur de la Dynamique pour la vérité des urnes
« La ligne rouge, ce n’est pas Kabila mais son système, qui perdure » Propos recueillis par ROMAIN GRAS
omme pour clarifier une nouvelle fois sa position, le candidat malheureux de Lamuka à la dernière présidentielle a renommé sa plateforme Dynamique pour la vérité des urnes. Toujours convaincu de sa victoire sur Félix Tshisekedi fin décembre 2018, Martin Fayulu ne désarme pas et poursuit son combat pour « la vérité des urnes » au sein d’une coalition d’opposition plus que jamais divisée entre la ligne dure, qu’il incarne, et celle de Moïse Katumbi, plus modérée (lire p. 93). Jeune Afrique : Pourquoi avoir changé le nom de votre plateforme ? Mar tin Fayulu : L’o b j e c t i f d e l a
Dynamique pour l’unité d’action de l’opposition, à travers laquelle j’étais candidat à la présidentielle, était de mener un combat pour l’alternance en RD Congo. Nous sommes allés aux scrutins de décembre avec l’issue que l’on connaît… Joseph Kabila en a choisi le vainqueur, contre la réalité du vote. Dès lors, il n’y a plus de sens à nous réclamer de l’opposition. Notre combat, c’est le respect du résultat des urnes. Le nom devait donc changer. Qu’entendez-vous vraiment par « la vérité des urnes » ?
La définition est très claire. Lamuka continue de dénoncer la fabrication des résultats tels qu’entérinés par la Ceni [Commission électorale nationale indépendante] et la Cour constitutionnelle. La vérité des urnes a donc deux volets : le recomptage des procès-verbaux [PV] et l’organisation d’élections anticipées. Si l’on ne veut pas que certaines personnes perdent la face avec la publication des
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ROBERT CARRUBBA POUR JA
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PV, alors organisons de nouvelles élections. En attendant, la Dynamique pour la vérité des urnes ne reconnaît pas Félix Tshisekedi comme président. Sachant que Moïse Katumbi envisage lui aussi de transformer sa plateforme pour en faire un parti politique, Lamuka ne donne-t-elle pas l’impression que ses leaders veulent prendre des directions opposées ?
Ce qui nous réunit au sein de Lamuka, c’est la convention de Bruxelles, signée en avril, et la déclaration du 30 juillet, émise à l’issue de son présidium, à Lubumbashi. Moïse Katumbi et les autres leaders les ont paraphées. Il y a toujours des discussions, mais nous formons une coalition, et la seule chose qui compte, ce
sont les textes. Après, les gens ont le droit de parler et d’interpréter. La comparaison avec Jean Ping vous agace-t-elle ?
Pourquoi m’agacerait-elle ? Jean Ping poursuit sa lutte au Gabon. Et nous allons nous aussi continuer à organiser des meetings à Kinshasa et dans tout le pays. Mais comparaison n’est pas raison… Lamuka peut-elle tenir jusqu’en 2023 ?
Pourquoi pas ? Cela étant dit, nous, les leaders de Lamuka, nous réclamons l’organisation d’élections anticipées. Donc notre échéance n’est pas 2023. C’est le sens de la proposition de crise qui a été élaborée autour du Haut Conseil national des réformes institutionnelles. Justement, cette proposition a suscité des critiques dans votre propre camp…
Je ne vais pas commenter. Il faut suivre le peuple, qui veut des élections crédibles et transparentes. Quand on dit vouloir faire de la politique, que l’on est un leader et que l’on croit à un certain idéal, il faut tenir des propos conformes à son engagement. Et si l’on signe un document, c’est que l’on est engagé. Je mets quiconque au défi de trouver des contradictions entre mes différentes positions. Je ne vais pas au gré du vent. Éprouvez-vous de la rancune à l’égard de la communauté internationale, et notamment de l’Union africaine ?
Elles n’ont pas été cohérentes. Elles se sont fondées sur une fuite [concernant les premiers résultats du scrutin présidentiel, donnés par la Conférence épiscopale nationale du Congo, la Cenco] pour mener leur action, avant de rétropédaler. Mais c’est à elles qu’il faut poser la question. Je n’ai pas à commenter leur position.
L e g o uvernement n om m é com p te 76,9 % de personnalités nouvelles, qui n’avaient jamais détenu de portefeuille ministériel. N’est-ce pas le signe d’un changement ?
C’est dans la continuité du gouvernement de Joseph Kabila. Ces gens-là vont recevoir des instructions précises de ce dernier. Où voyez-vous un changement ?
Les principaux caciques du précédent exécutif n’y figurent pas…
Comme Félix Tshisekedi lui-même, ces membres du nouveau gouvernement sont des faire-valoir, des marionnettes que l’on va utiliser. Ces ministres FCC [Front commun pour le Congo, coalition de Joseph Kabila] sont allés à Kingakati [le domaine de l’ancien président] pour prêter serment auprès de monsieur Kabila – c’est ainsi que je l’interprète. Comment voulez-vous qu’ils soient indépendants ? Modeste Bahati Lukwebo peut-il être un interlocuteur pour l’opposition ?
Il a soutenu ce gouvernement et, pour l’instant, nous notons qu’il maintient sa participation au FCC. Les autres disent qu’il n’y participe pas, lui dit que si. J’ai présidé le Forum pour la démocratie et le développement il y a plusieurs années, et Modeste Bahati Lukwebo était mon deux ième vice-président. C’est un ami. Mais ses orientations politiques du moment ne sont pas compatibles avec les miennes. Même si son indépendance d’esprit pose des problèmes dans son camp, il n’est pas mauvais d’avoir des divergences dans une famille politique. Je le considère comme appartenant au camp du FCC. Il faut lui laisser sa liberté au FCC. Ne craignez-vous pas que votre combat pour la vérité des urnes ne soit plus audible d’ici à quelques mois, qu’il faille tourner la page ?
Il existera tant qu’il y aura des élections. Sans une réforme fondamentale de la commission électorale, demain, personne n’ira plus voter.
Peut-on promouvoir une telle réforme en restant en marge des institutions ?
Ces institutions sont illégitimes. Elles sont le reflet du FCC de Joseph Kabila. Nous avons dit aux chancelleries présentes à Kinshasa que, pour nous, la ligne rouge n’était pas Kabila lui-même mais son système, qui perdure. Le combat avait abouti, mais Félix Tshisekedi l’a réactivé. Il doit s’excuser pour avoir trahi le peuple. Si nous ne menons pas à nouveau ce combat, comment les futures échéances pourront-elles être différentes ?
LES MEMBRES DU NOUVEAU GOUVERNEMENT SONT DES FAIREVALOIR, DES MARIONNETTES QUE L’ON VA UTILISER.
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des besoins en capital humain tant national qu’international de ses clients constitue la priorité de la société.
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de contrats de travail et de la carrière ; le paiement des salaires ; l’organisation des voyages ; etc.
également les normes en matière de protection de l’environnement. La responsabilité sociétale et environnementale (RSE) fait partie de l’ADN de la société.
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EXPLORATION MINIÈRE
HUMANITAIRE
EXPLORATION & EXPLOITATION DE L’OR DÉVELOPPEMENT TUNNELS & MINES SOUTERRAINES
GIRO GOLDFIELDS SARL
INGÉNIERIE ET INSTALLATION
LOGISTIQUE EXPLORATION & EXPLOITATION DU COLBAT ET DU CUIVRE SOUDURE ET AUTRES STRUCTURES MÉTALLIQUES EXCAVATION ET TRANSPORT DE MINERAIS
EXPLOITATION DE L’ETAIN
EXPLORATION & EXPLOITATION DU LITHIUM
EXPLORATION DU PÉTROLE
USINE DE BOISSONS
MD SERVICES SARL, La solution pratique et adaptée pour une gestion du personnel axée sur le RÉSULTAT.
DIFCOM/DF - PHOTOS : DR SAUF MENTION..
DYNAMITAGE ET INGÉNIERIE CHIMIQUE
Grand format RD CONGO
KRIS PANNECOUCKE/PANOS-REA
ÉCONOMIE
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Dans une usine d’huile de palme.
jeuneafrique no 3063 du 22 au 28 septembre 2019
Lesdouzetravaux de Tshisekedi Fini le marasme, le pays affiche désormais une croissance stable. Qu’il va falloir mettre à profit pour enfin diversifier les activités.
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Grand format RD CONGO ÉCONOMIE
ROMAIN GRAS
L
e 17 juillet, Félix Tshisekedi n’a eu d’autre choix que de se rendre lui-même sur le boulevard Lumumba pour une opération de communication très attendue. Sur cette artère qui relie l’aéroport international de N’Djili au centre-ville de Kinshasa, les trois sauts-de-mouton en construction, censés in fine fluidifier la circulation, provoquent depuis plusieurs semaines d’interminables embouteillages. Ces travaux, comme d’autres chantiers à travers le pays, s’inscrivent dans le cadre de l’ambitieux Programme de 100 jours lancé par le président après son accession au pouvoir, en début d’année. Objectif : mettre en place des projets visibles augurant des changements concrets dans le quotidien des Congolais. Coût de l’opération: 304 millions de dollars (267,4 millions d’euros), dont une partie, faute de budget, est puisée dans les réserves du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) et du Fonds national d’entretien routier (Foner). « Cela reste marginal à l’échelle du pays, mais c’est positif de vouloir être présent à travers tout le territoire », souligne Baraka Kabemba, associé chez Ernst & Young. « Ces travaux n’amélioreront pas le panier de la ménagère », nuance Florimond Muteba, président de l’Observatoire de la dépense publique (Odep).
Optimisme du FMI
Signe que les temps changent du côté de Kinshasa, la délégation du FMI qui y a séjourné du 22 mai au 5 juin (une première depuis deux ans) a livré des conclusions optimistes. Les principaux indicateurs macroéconomiques sont à l’équilibre. La croissance du PIB est passée de 3,7 % en 2017 à 5,8 % en 2018 et devrait se stabiliser autour de 4,5 % en 2019 (voir p. 102) – avec un ralentissement des progrès du secteur minier lié à la chute des cours du cobalt (lire pp. 108-110), mais aussi avec « un doublement de croissance dans le secteur non minier », selon les prévisions du FMI. Reste que 60 % de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté de 1,90 dollar par jour et attend toujours les retombées de cette embellie. « Les promesses ne suffiront pas, on est attendus au tournant », avertit un conseiller du président. Le secteur extractif demeure le moteur de l’économie. Il représente, en fonction de la conjoncture, jusqu’à 95 % des exportations du pays, mais à peine 20 % des recettes de l’État. Il est secoué par la colère des compagnies minières, qui contestent le code adopté en 2018 (lire p. 110), qui donne plus de pouvoir à l’État. « En 2002, la Gécamines produisait 30000 t de cuivre. Aujourd’hui, elle en produit plus de 1 million de t par an. Mais les recettes n’ont pas connu la même hausse, précise Mabolia Yenga, coordonnateur national de Promines. Comme nous n’exportons que
des minerais qui n’ont subi aucune transformation, l’État n’a pas grand-chose à gagner. » Les spécialistes plaident pour une application de la loi sur la sous-traitance, qui pourrait permettre de « développer un tissu d’entreprises locales dans les zones minières », estime Baraka Kabemba. « Nous devons investir dans la connaissance géologique et les infrastructures pour faire participer les Congolais », conclut Mabolia Yenga.
Grands projets
Afin de sortir de la dépendance au secteur extractif, Félix Tshisekedi est attendu sur le plan de la diversification de l’économie. « L’un des leviers à actionner est celui de l’agriculture et de l’agro-industrie [lire p. 106]. Des dizaines de millions d’hectares ne sont pas exploités. C’est la seule option à même de régulariser les 80 % de Congolais qui évoluent dans l’informel », affirme Ambroise Tshiyoyo, président de la Chambre de commerce et d’industrie franco-congolaise. Elle permettrait également de répondre à l’impératif de mettre en application une réelle politique de décentralisation telle que prévue par la loi. « Nous devons travailler au niveau des provinces pour exploiter les ressources de chacune d’entre elles. Tout centraliser à Kinshasa ne marche pas », assène Baraka Kabemba, qui plaide au passage pour une informatisation de la fiscalité, afin que « les recettes soient correctement redistribuées, de façon à permettre un développement égal des provinces ». Diversifier l’économie implique aussi d’investir dans la formation d’une main-d’œuvre qualifiée, dans les technologies et les infrastructures. Dans ce domaine, les grands projets ne manquent pas. On peut citer notamment la relance du pont route-rail entre Kinshasa et Brazzaville (lire p. 132), dont le chantier devrait débuter à la mi-2020. Mais plusieurs sources à la présidence estiment que la priorité doit être donnée à l’aménagement du port en eau profonde de Banana, seule ouverture du pays sur l’océan Atlantique. Dans le stratégique secteur de l’énergie (lire pp. 119-123), reste l’éternel projet d’Inga III, confié en octobre 2018 à un consortium sino-espagnol composé de China Inga III et de Pro Inga d’Espagne. Ce méga-complexe hydroélectrique disposera d’une puissance installée de 11000 MW. De quoi alimenter le pays, mais aussi exporter vers d’autres géants tels que l’Afrique du Sud et le Nigeria, qui se sont déjà déclarés intéressés par la production d’Inga III. L’objectif de ces ajustements est de rendre la RD Congo plus compétitive. Un impératif que lui a imposé l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) au début de juillet. « Le pays pâtit d’un retard de compétences et de technologies. Il risque de devenir un marché
FAUTE D’ÊTRE TRANSFORMÉS, LES MINERAIS REPRÉSENTENT À PEINE 20 % DES RECETTES DE L’ÉTAT.
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COMMUNIQUÉ
Promouvoir l’intégration régionale et un développement inclusif pour consolider la Paix Signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba par 13 chefs d’État, l‘Accord-cadre Stratégique pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la République Démocratique du Congo et la région des Grands Lacs affiche un bilan positif en termes d’exécution. La 10e Réunion de Haut Niveau du Mécanisme Régional de Suivi se tiendra à Kinshasa, du 16 au 18 Octobre 2019.
L’
Accord-cadre prévoit des enga-
groupes armés et le retour à la vie civile.
gements nationaux des pays
Le Mécanisme National de Suivi a joué un
signataires, régionaux et inter-
rôle de premier plan dans la dissolution
nationaux. En République Démo-
cratique du Congo (RDC),
du Mouvement du 23 mars (M23). Le nou-
le Mécanisme National de Suivi et de Supervision de l’Accord-cadre a été créé par l‘Ordonnance nº 13/020 en jectif est d’assurer la mise vision des engagements pris par la RDC.
sera le Sommet des chefs d’État. En marge de ce sommet seront organisés quatre évènements spécifiques : la Rencontre des Premières Dames ; une Conférence économique qui tablera sur la mise en avant de la contribution du secteur privé pour la pérennisation de la paix dans la Région des Grands Lacs ; une Conférence des femmes ; et une Conférence des
veau président de la RDC,
jeunes. Des rencontres entre hommes
Son
Monsieur
d’affaires seront également prévues pour
Félix-Antoine Tshisekedi, qui
discuter de projets bancables d’intégra-
a pris des fonctions en jan-
tion économique.
Excellence
vier 2019, a réitéré sa volon-
date du 13 mai 2013. L’oben œuvre, le suivi et la super-
I’Accord-cadre. Le principal évènement
Claude Ibalanky Ekolomba Ben Baruch, Coordonnateur du Mécanisme National de Suivi
UN VASTE CHAMP DE RÉFORMES Ces engagements concernent les sept domaines suivants : la sécurité ; la consolidation de l’autorité de l’État ; la décentra-
té de pacification et d’autres
L’objectif est de promouvoir l’intégration
accords sont en cours de
régionale et un développement écono-
négociation.
mique qui soit inclusif. Le secteur privé et,
UNE 10 RÉUNION PROMETTEUSE
un rôle moteur. La Paix retrouvée crée les
e
en particulier, les PME sont appelés à jouer conditions d’un nouveau départ économique et social de la Région des Grands
La RDC sera le pays hôte de cette réunion
Lacs. C’est aussi le meilleur moyen pour
qui accueillera les 13 chefs d’État et de
asseoir définitivement la Paix et rompre
gouvernement des pays signataires de
avec les cycles des violences passées.
lisation ; la réconciliation nationale, la tolérance et la démocratisation ; la promotion du développement économique et social ; les réformes structurelles des institutions l’impunité des crimes graves et de l’administration de la Justice. Le Mécanisme National de Suivi comprend trois organes : le comité de pilotage ; le comité exécutif, intégré par un coordonnateur et un adjoint et des experts ; enfin le conseil consultatif. L’objectif des réformes est d’éradiquer les causes profondes de la violence et de l’instabilité politique qu’a connues la RDC au cours des décennies passées. Des premiers résultats positifs ont été constatés sur le plan de la sécurité comme en témoigne le désarmement progressif des
DIFCOM / PHOTOS : D.R. SAUF ILLUSTRATION ADOBESTOCK.COM
de l’État et des finances ; et la lutte contre
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REPÈRES Un redressement inattendu
Projections
2017 2018 2019 2020 (Variation annuelle en %)
PIB réel à prix constants Inflation (moyenne annuelle)
3,7 41,5
5,8 29,3
4,4 8,4
743,6 767,4
en parité de pouvoir d’achat (PPA)
791,2
818,8
(en % du PIB)
11,9
12,5
14,5
15,0
Total des recettes
10,4
12,2
12,9
13,6
Total des dépenses et prêts nets Soldes du compte courant
11,9
Dette publique totale
18,1
12,7
13,4
14,1
0,5 – 0,1
– 1,8
– 2,8
14,0
13,2
15,7
Deuxième PIB d’Afrique centrale (pour l’année 2018)
107,3
– 1,7 42,7
RD Congo
2,2
102
4,3
Congo
11,7 1,6
Gabon
17,0 1,2
Tchad
5,8
38,5 4,1
Cameroun
Guinée équatoriale
-5,7
(Contribution des principaux secteurs au PIB, en %)
4,4 6,7
Investissement
Centrafrique
Services et mines en première ligne
(en dollars)
PIB par habitant à prix courants,
Angola
Tshiyoyo. « L’entrepreneur, le créateur de richesse, doit cesser d’être perçu comme un gibier ! », déclarait Félix Tshisekedi, le 6 septembre, lors de la 5e édition du forum Makutano, à Kinshasa. Marchés de gré à gré de plusieurs millions de dollars, explosion du budget annuel… Depuis l’investiture du chef de l’État, la présidence peine pourtant à convaincre qu’une réelle rupture avec les dérives passées a été accomplie. « Le problème reste le même, les opérateurs économiques politiquement exposés affaiblissent le pays, souligne le représentant dans la capitale d’une organisation internationale. Il faut désormais y remédier. » Le gouvernement sait qu’il va devoir rapidement s’atteler à ce dossier et apporter des réponses, ne serait-ce que pour donner une direction à un secteur privé déboussolé.
PIB réel à prix courants (en milliards de $) Croissance du PIB à prix constants (en %)
13,7 11,0
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3,1
Industries extractives
Services
40 %
Agriculture 18 %
Industries manufacturières
10 %
Lanterne rouge pour le climat des affaires
(Rang sur 190 pays classés dans le rapport « Doing Business » 2019 de la Banque mondiale )
Gabon Angola Guinée équat.
169e
Indice de développement humain (IDH) : 0,457, soit le 176e rang mondial sur 189 pays classés, contre une moyenne de 0,537 en Afrique subsaharienne
Revenu national brut/habitant
796 $
(en parité de pouvoir d’achat, PPA), contre une moyenne de 3 398 $ en Afrique subsaharienne
Emplois précaires
53,5 % de l’emploi total,
173e
contre une moyenne de 26,3 % en Afrique subsaharienne
177e 180e
Tchad
181e
RD Congo
Population
85 millions d’habitants
166e
Congo Centrafrique
(Pnud 2018, pour l’année 2017)
24 %
Autres* 8 %
Cameroun
Un niveau de vie très au-dessous de la moyenne
183e 184e
Population rurale ayant accès à l’électricité
0,4 %,
contre une moyenne de 78,9 % en Afrique subsaharienne
SOURCES : AUTORITÉS NATIONALES, BANQUE MONDIALE, PNUD
d’importation. Il faut construire tout le tissu industriel et ne pas avoir peur de prendre des mesures protectionnistes », résume Baraka Kabemba. De ce point de vue, le rapprochement amorcé par Félix Tshisekedi avec ses voisins d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Est (lire p. 90) peut contribuer à ménager un climat plus sain. « On a besoin de pouvoir parler à nos voisins pour créer une stabilité économique », confirme un conseiller du président, qui évoque une autre priorité, celle d’attirer les investisseurs. Un défi pour la RD Congo, qui figure au 184e rang des 190 pays du classement « Doing Business » 2019 de la Banque mondiale sur la facilité à faire des affaires. « Les chefs d’entreprise ne bénéficient pas d’une sécurité administrative et judiciaire suffisante. Et ils n’ont pas d’interlocuteurs », déplorait en juillet Ambroise
TRIBUNE
Comparaison n’est pas raison L
V. FOURNIER/JA
a RD Congo est constamment comparée aux autres nations Plutôt que de considérer la RD Congo comme un ensemble, du monde. Elle n’est cependant ni homogène ni unique. Les pourquoi ne pas commencer par accepter ses différences, en différences entre, d’une part, les milieux urbain et périurbain (de mettant en place un benchmarking interne ? Cette technique 20 % à 30 % de sa population) et, de l’autre, le monde rural (de permet de dégager des points d’amélioration et d’identifier les 70 % à 80 %) sont proprement scandaleuses. On a, d’un côté, bonnes pratiques ou, a contrario, de débusquer les erreurs à ne un pays qui progresse selon des caractéristiques mesurables plus commettre. Dans le cas congolais, les communes seraient à l’aune des normes occidentales. Et, de l’autre, des régions comparées à leurs voisines, les villes à leurs consœurs de la entières non gérées, avec des manques criants qui vont de l’hamême province, et les provinces elles-mêmes seraient observées bitat aux services sociaux de base. les unes au regard des autres. Les conclusions tirées seraient Il est illogique de résumer la RD Congo à l’agglomération alors bien plus utiles et intelligentes, à même enfin d’orienter de quelques sites construits et animés par des activités dites l’action de l’État et celle des partenaires techniques et financiers. modernes. Kinshasa elle-même est largement Par-delà les chiffres, il importe surtout de consirurale et composée de communes aux réalités dérer les vies humaines sacrifiées sur l’autel des sociales et économiques totalement différentes. statisticiens d’Abidjan, de Paris, de New York ou Or les indicateurs utilisés concernent toujours de Washington. Ne serait-il pas plus raisonnable Kinshasa centre, pas la RD Congo dans son de définir des indices de compétitivité reconnus ensemble. Si on recense par exemple de nomsur le plan international comme sur le plan local, breux actes de corruption à La Gombe, rien de dont l’agrégat permettrait de dégager des indicomparable à Maluku et à Mont-Ngafula, deux cateurs comparables entre eux qui donneraient autres communes de la capitale dont le quotienfin une vision crédible sur dix ans? dien est très différent de celui des bureaux huppés de La Gombe. l est urgent que les analystes tiennent compte A. L. Kitenge de la contrainte géospatiale, de la démoÉconomiste es divergences identiques apparaissent graphie, bref de toutes les particularités de la congolais dans l’observation du niveau de dévelopRD Congo, pour comparer ce qui est compapement humain. L’État décentralisé auquel on rable. Le contraire revient à promouvoir la folie. aspirait dès la construction du pays n’existe L’Afrique n’est pas l’Europe. Impossible de gartoujours pas. Les pouvoirs restent confisqués par Kinshasa der le même prisme. Pour pouvoir se soumettre aux mêmes ou, mieux encore, par la « petite République » de La Gombe. cadres d’analyse, la RD Congo doit d’abord consolider son idenCe qui a été à l’origine des fissures politiques constatées lors tité en développant les services publics de base sur l’ensemble de la précédente mandature. Les chercheurs et les analystes du territoire. Ses responsables ont le devoir de se rapprocher de ont tort de vouloir comparer la RD Congo à des pays tels que l’ensemble des citoyens. Les mêmes efforts doivent être réalisés la France ou Singapour. Les institutions internationales sont à l’échelle de l’Afrique, pour qu’un benchmark continental, étales premières à faire cette erreur, s’appuyant sur des statisbli sur des bases scientifiques, puisse voir le jour. tiques obsolètes et des chiffres erronés pour planifier l’avenir Pour l’instant, les indicateurs utilisés relèvent plus de l’insulte à du pays. C’est peut-être d’ailleurs la source des échecs répétés l’égard de l’Afrique. Ils servent surtout d’armes politiques, diplodes programmes socio-économiques soutenus par les divers matiques et économiques à une approche qui confirme une partenaires, dont les plans engloutissent des centaines de certaine vision du monde. Une vision qui s’appuie sur la manimillions de dollars sans résultat ni impact réel et durable. Ces pulation des données – comme cela a été le cas lors de la crise gaspillages sont amplement dus à des erreurs de comparaides subprimes, où les banques américaines affichaient encore son qui amènent les acteurs du développement à se contenles meilleures notations vingt-quatre heures avant la catastrophe. ter de copier et coller des solutions appliquées dans d’autres Quelque chose nous échappe, et ce ne sont pas les chiffres contextes avec un certain succès. publiés actuellement qui nous permettront d’y voir plus clair.
D
I
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PARI TENU L’ARCA est opérationnelle, et le marché congolais des assurances est OUVERT !
ALAIN KANINDA, Directeur Général a.i. de l’ARCA
L
e 28 mars 2019 à 11h00 du matin les principaux organes de presse sont invités au siège de l‘Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances à Kinshasa. Dans le hall de l’ARCA, on compte plus d’une trentaine de personnes armées de stylos, de carnets, de dictaphones, de caméras et de téléphones portables. Tout le monde est en attente, on s’interroge sur cette déclaration que s’apprête à faire Alain Kaninda, Directeur Général a.i de l’ARCA. Celui-ci entre dans la salle et fait son annonce. Très vite, la
nouvelle est relayée sur les réseaux sociaux via les comptes de la presse locale, L’ARCA vient d’agréer 4 nouvelles sociétés d’assurances, et d’autoriser 2 sociétés de courtage d’assurances.
Le marché est effectivement ouvert Pour rappel, les guichets de l’ARCA s’ouvrent le 12 décembre 2017 et les premières soumissions sont reçues. Initialement annoncés pour le premier semestre 2018, les agréments se font attendre. La pression monte, l’opinion nationale et internationale spéculent et se posent des questions : Que fait l’ARCA ? À quand les premiers agréments ? Certains y voient une volonté de prolonger le monopole étatique ou une gestion de calendrier. Mais l’ARCA reste formelle : « …il s’agit bien plus que d’ouvrir le marché, il est ici plutôt question de comment ouvrir ce marché en y intégrant les leçons tirées du passé… ». C’est ce message que martèle Alain Kaninda, DG a.i. de l’ARCA, lors d’une conférence qu’il donne le 27 novembre 2018 à Kinshasa. L’objectif de cette conférence est de fixer l’opinion sur le processus de libéralisation du secteur, de clarifier ce qui a besoin de l’être, de le fixer, de rassurer sur la transparence de l’analyse des dossiers et l’objectivité dudit processus. Alain Kaninda y présente l’ensemble des critères dont certains qualifiés de stratégiques et non de politiques. Parmi ces critères, il y a la prise en compte du « local content ». En effet pour l’ARCA il est capital que les nouveaux acteurs intègrent un niveau de représentativité significatif de congolais dans l’actionnariat, dans le management et dans les effectifs. Entre-temps l’ARCA continue son opérationnalisation et surtout le renforcement de capacité de ses équipes. L’ARCA raffermit et tissent aussi des relations avec les régulateurs d’autres pays et les organisations sous-régionales et internationales, car la réussite de l’ouverture du marché ne se fera pas sans une bonne coordination avec les pays membres de l’Association Internationale Des Contrôleurs d’Assurance (AICA), de l’Association des autorités africaines de contrôle des assurances (3ACA) et de l’Organisation des
PUBLI-INFORMATION
Assurances Africaines (OAA),organisations dont l’ARCA est également membre ; surtout lorsque certains marchés bénéficient directement et largement des primes d’assurances issues du marché congolais. Le 27 mars 2019, le conseil d’Administration de l’ARCA se réunit en session extraordinaire, après de nombreuses heures de débats et de délibérations, les décisions sont prises. À cinq jours du délai maximum annoncé, l’ARCA a tenu son pari.
IL S’AGIT BIEN PLUS QUE D’OUVRIR LE MARCHÉ, IL EST ICI PLUTÔT QUESTION DE COMMENT OUVRIR CE MARCHÉ EN Y INTÉGRANT LES LEÇONS TIRÉES DU PASSÉ.
De nouveaux acteurs pour le marché congolais des assurances Les lauréats s’appellent Activa Assurances RDC, Rawsur SA, Société Financière d’Assurance (SFA) RDC, et Rawsur Life SA. Ces quatre nouvelles sociétés, opèrent au côté de l’opérateur historique, la SONAS. S’agissant des sociétés de courtage d’assurances, ce sont des noms bien connus qui ont été autorisés : Gras Savoye RDC, Allied Insurance Brokers (A.I.B.) RDC depuis Okapi RDC et Ascoma RDC sont venues compléter la liste. Le Marché des assurances en RDC suscite un engouement important et de nombreux autres dossiers d’opérateurs sont encore en traitement au sein de l’ARCA, cela va donner lieu très vite à l’augmentation du nombre d’acteurs. L’ARCA a intégré la digitalisation dans ses réflexions stratégiques, celle-ci étant un vecteur sine qua non pour la distribution des produits de micro-assurance ou assurance inclusive dans ce vaste pays.
En attendant la décision de l’ARCA sur sa demande d’agrément, le régulateur l’a autorisée à opérer momentanément aux côtés des 4 seules sociétés d’assurance agréées.
Assurance Inclusive L’inclusivité est un challenge pour la RDC et l’ARCA. Avec une population de plus de 80 millions d’habitants, il est important que le grand nombre ait accès aux services financiers de manière générale mais aussi aux services d’assurances, ces derniers devant être adaptés au niveau de vie ainsi qu’au pouvoir d’achat de ces bénéficiaires. Le code des assurances dans son état actuel n’intègre pas la micro-assurance, il est donc de la responsabilité de l’ARCA de mettre en œuvre le cadre légal et réglementaire nécessaire, car si les besoins des bénéficiaires sont en grande partie identifiés, il est important que le profil des acteurs soit défini ainsi que les conditions pour opérer.
Lutte contre l’illégalité Assurance directe à l’étranger pour des risques localisés en RDC, opérations d’assurances par acteurs non-agréés, désintérêt voire absence de culture des assurances sont des maux qui freinent le développement du marché des assurances au Congo et l’ARCA entend bien y remédier. L’ARCA compte ramener dans la légalité les anciens courtiers non encore autorisés ou à bannir les récalcitrants, sans oublier les opérateurs économiques qui posent des actes d’assurances par ignorance ou en profitant de zones grises. Un dispositif de coercition très rigoureux est en pleine mise en œuvre. Il intègre des institutions comme la Banque Centrale du Congo, le Ministère des Finances ou des actions futures à mener par les Analystes-Contrôleurs de l’ARCA ayant prêté serment en qualité d’Officier de Police Judiciaire. Le marché de la RDC ne capte à ce jour que 7 % des primes émises, et il est donc important de mener des actions efficaces et ciblées afin de renverser cette tendance.
Créée en 1966, ancienne détentrice du monopole étatique, la Sonas est entrée dans le processus de mise en conformité tel qu’exigé par le Code des Assurances de la RDC.
www.arca.cd
DIFCOM/DF- PHOTO : © DR.
Du statut de la SONAS ?
Grand format RD CONGO ÉCONOMIE
DÉVELOPPEMENT RURAL
La diversification est dans le pré
Comment donner aux filières agricoles un rôle accru quand le pays reste tributaire des produits miniers ? La question est au cœur de la stratégie en cours d’élaboration. ARTHUR MALU-MALU, envoyé spécial
e pays a des atouts à faire valoir. Avec quelque 80 millions d’hectares de terres arables, dont une faible proportion, (environ 10 %) est aujourd’hui mise en valeur, la RD Congo pourrait devenir un grenier de la sous-région… au lieu de continuer d’importer plus de 80 % de ses besoins en produits alimentaires. Le président, Félix Tshisekedi, s’est engagé à mettre le développement du secteur agricole au cœur de son action. « J’ai pris la ferme résolution d’inverser la tendance en améliorant les conditions de vie dans les milieux ruraux à travers des investissements dans le secteur agricole, la création de zones agro-industrielles et la construction d’infrastructures de base », a-t-il déclaré lors de l’ouverture de la 5e édition du forum Makutano, une conférence internationale sur l’entrepreneuriat qui s’est tenue au début de septembre à Kinshasa. « Des mesures fortes et incitatives seront prises pour restaurer la classe moyenne [à travers] des jeunes entrepreneurs, [mesures] que je compte promouvoir dans toutes les
L
KRIS PANNECOUCKE/PANOS-REA
Récolte de thé dans la région de Bukavu (Est).
106
jeuneafrique no 3063 du 22 au 28 septembre 2019
provinces », a ajouté le chef de l’État. Par exemple, l’agriculture familiale est couramment pratiquée à la périphérie des zones forestières et en savane, or cette agriculture itinérante sur brûlis constitue une menace pour la forêt. Il est donc question d’abandonner cette pratique en encourageant des cultures pérennes de rente (café, cacao, hévéa, etc.), combinées à des cultures vivrières (manioc, arachide, maïs, etc.).
Rude concurrence étrangère
Reste que la part du budget national consacrée à l’agriculture n’atteint pas l’objectif de 10 % annoncé à plusieurs reprises. Autre obstacle : de nombreux jeunes ruraux se désintéressent des travaux champêtres. Ils ont du mal à écouler leurs produits – faute de routes – et semblent de plus en plus attirés par la capitale, où l’explosion démographique demeure en grande partie liée à l’exode rural. Enfin, alors que sous d’autres cieux le protectionnismerevientenforcedanslesecteur agricole, c’est plutôt l’inverse en RD Congo. Des importateurs d’huile de palme, qui provient notamment de Malaisie, bénéficient ainsi d’exonérations fiscales qui mettent à mal les producteurs locaux. « Dans tous les grands pays du monde, l’agriculture est subventionnée et protégée. Il est temps qu’une profonde réflexion en ce sens soit menée ici », souligne Michaël Hoolans, le directeur général de la société Miluna Gwaka, qui dispose d’une concession de près de 24500 ha dans le nord-ouest du pays. En dépit de ce tableau fort peu reluisant, des entrepreneurs congolais unissent leurs efforts pour ouvrir, ici et là, des points de vente de produits vivriers frais à des prix compétitifs. Une rude concurrence risque par ailleurs de s’installer dans le secteur de la grande distribution, dominé par des enseignes indiennes. C’est d’ores et déjà une bonne nouvelle pour les consommateurs, qui attendent avec impatience une baisse générale des prix.
Avec une croissance constante et soutenue de ses dépôts (1,15 milliard de dollars, + 27% par rapport à 2017), de ses crédits (665 millions de dollars, + 59,5%) et de son total bilan (1,67 milliard de dollars, +25%), RAWBANK, en 2018, confirme sa place de leader et sa volonté de « Voir grand pour le Congo». En 2018, RAWBANK a largement misé sur le développement de son offre digitale pour apporter efficacité, facilité d’accès, rapidité, pour l’ensemble de ses services. RAWBANK entend rester à la pointe pour favoriser l’inclusion financière. Chez RAWBANK, R l’innovation s’adresse à tous. Avec l’offre Diaspora pour les congolais de l’étranger, Okapi pour tous ceux qui cherchent un placement garanti et performant, Academia pour les jeunes, Smiley pour les enfants de 0 à 12 ans, et Illico Cash pour tous, y compris les non clients de RAWBANK, la première banque de RDC propose une offre taillée sur mesure pour chacun. Afin de mieux satisfaire sa clientèle, RAWBANK continue d’élargir son réseau d’agences à travers tout le pays. Enfin, RAWBANK est plus qu’une banque. Fortement engagée auprès des populations, RAWBANK poursuit une action dans les domaines de l’éducation, la culture, la santé, et mène de nombreux programmes de philanthropie, de patronage et de soutien aux initiatives de la société civile envers les enfants, les femmes et les personnes en difficulté. « Voir grand pour le Congo » est l’ambition de RAWBANK.
Contact :
66 avenue Colonel Lukusa, Gombe - Kinshasa. République Démocratique du Congo.
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SAMIR TOUNSI/AFP
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INDUSTRIES EXTRACTIVES
Plan rouge pour le cobalt Face à la fragilisation de la filière due à la chute des cours et à la hausse des redevances, l’État cherche des parades pour mieux exploiter son « or bleu ».
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MURIEL DEVEY MALU-MALU
près avoir grimpé à plus de 90 000 dollars la tonne à la mi-2018, le cours mondial du cobalt a plongé, un an plus tard, à 28000 dollars, soit à peu près son niveau de 2016. En RD Congo, premier producteur de ce métal très recherché pour la fabrication de batteries lithium-ion (lire pp. 120-123), c’est la grogne. Car cette chute coïncide avec la hausse de la fiscalité prévue dans le code minier de 2018 et consécutive à la décision du gouvernement de déclarer le cobalt substance stratégique. Ainsi la redevance sur ce minerai est-elle passée de 3 % à 10 %. Cette situation a eu pour effet de réduire les revenus et les bénéfices des compagnies minières, qui exercent leurs activités, pour l’essentiel, dans les provinces du HautKatanga et du Lualaba (lire pp. 136-137), où sont concentrés les gisements. Parmi elles figurent les filiales de multinationales qui dominent la filière cuivre-cobalt, telles que les chinois China Molybdenum Co (CMOC),
A
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Usine de première transformation, à Lubumbashi. Le minerai sera ensuite raffiné en Chine.
Zhejiang Huayou Cobalt et Jinchuan Group International Resources, le suisse Glencore, ou le kazakh Eurasian Resources Group.
Moyen de pression
Face aux difficultés liées à la conjoncture, les réponses sont diverses. Faut-il surtout exporter des concentrés, plus pauvres en cobalt que les autres produits, donc moins taxés, renoncer à investir dans la filière, ou fermer temporairement des gisements en attendant des jours meilleurs ? Pour sa part, Glencore a annoncé en août la fermeture pour au moins deux ans de son site de Mutanda Mining, qui ne serait plus économiquement viable en raison de la baisse des prix. Quant à Huayou Cobalt, il a renoncé à prendre le contrôle de la mine appartenant à Lucky Resources Holdings. Des décisions qui constitueraient, selon certains analystes, un moyen de pression sur le gouvernement pour l’obliger à réviser le code minier, décrié par la plupart des opérateurs (lire p. 110). Allez savoir… Reste qu’elles pourraient affecter la
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production mondiale de cobalt, qui était de 111 358 t en 2018. Pour éviter une cascade de fermetures et de gels des investissements, une première solution serait de réduire, du moins temporairement, le taux de la redevance. « Nous devons nous ajuster à la conjoncture mondiale et faire preuve de souplesse quand les prix baissent », souligne le professeur Dona Kampata, directeur du Service géologique national (SGN).
Effets yo-yo
Néanmoins, au-delà de la fiscalité, deux conditions permettraient au pays d’être moins vulnérable aux effets yo-yo des cours. Première solution, résorber le déficit énergétique, qui freine l’émergence d’une industrie métallurgique. Par manque d’énergie, la production actuelle de cobalt porte sur des produits à faible valeur ajoutée, principalement des concentrés et des hydroxydes de cobalt, des carbonates et
des alliages blancs. Ainsi, une grande partie du raffinage est réalisée en Chine, qui absorbe 80 % de la production congolaise. La seconde solution passe par le développement de la recherche géologique dont, pour l’heure, la majeure partie échappe au contrôle de l’État. « Nous n’avons pas une bonne connaissance de notre soussol. Faute d’information géologique, le cadastre minier délivre des périmètres à bas prix. Ainsi, il n’y a pas d’appels d’offres car les gisements ne sont pas certifiés. C’est un manque à gagner pour le pays. Nous sommes à la merci des autres », martèle Kampata. Mais rien n’est perdu, car les compagnies nationales et l’État disposent de vastes périmètres qui n’ont pas encore été mis en valeur. À condition d’investir dans la recherche géologique en donnant davantage de moyens au SGN afin de permettre à l’État d’augmenter son portefeuille minier et de mieux négocier avec les compagnies.
SECTEUR CLÉ Avec une croissance de 7 % en 2018, contre seulement 1,7 % pour les activités hors industries extractives, le secteur minier représente 24 % du PIB, 34 % des recettes totales de l’État, et plus de 95 % de la valeur des exportations.
Un code minier à double tranchant Le code minier, révisé en mars 2018, est censé doper la contribution du secteur au budget de l’État. Il prévoit une hausse des redevances sur les minerais classiques de 2 % à 3,5 % et allant jusqu’à 10 % sur les minerais considérés comme stratégiques, tels que le cobalt, le cuivre et le coltan. Or, depuis la promulgation de la loi et l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions, en juillet 2018, ces changements n’ont pas eu de répercussions sur les caisses publiques. Au contraire. Les services de l’État n’ont collecté que 707 millions de dollars auprès du secteur au cours du second semestre de 2018, contre 729 millions pour les six premiers mois de la même année.
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Les prévisions pour 2019 se situent dans la même veine, puisque, à la fin du mois de juin, l’ensemble du secteur n’avait rapporté « que » 600 millions de dollars à l’État. Une diminution des recettes consécutive à la baisse des cours de certains minerais. Ainsi, la production congolaise de cobalt a atteint 44 500 t en 2018, contre 43 300 t en 2017. Mais, dans le même temps, les cours de ce minerai sont tombés à 35 000 dollars la tonne, bien loin des 95 000 dollars sur lesquels tablait le
gouvernement au moment où il a établi son budget de fonctionnement.
Sous-traitance
Pour rééquilibrer les comptes publics, l’heure est à la valorisation des minerais, donc à la transf o r m a t i o n l o c a l e. E t c’est tout l’enjeu du code dépoussiéré. Mais, jusqu’à présent, ce dernier a surtout eu pour effet de crisper les opérateurs – lesquels ne devraient cependant plus avoir d’autre choix que de se soumettre aux nouvelles règles du jeu, telles qu’un partage de la production
LES OPÉRATEURS DEVRONT SE PLIER AUX NOUVELLES RÈGLES DU JEU, COMME LE PARTAGE DE LA PRODUCTION.
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similaire à celui qui est pratiqué dans le secteur pétrolier. Pour renforcer la transformation locale des minerais, les autorités ont par ailleurs promulgué, dès 2017, une loi sur la sous-traitance, censée accorder plus d’espace aux Congolais dans un secteur qui reste peu inclusif. Certains effets espérés du code minier ne se sont en revanche pas fait attendre. Ainsi en est-il du rapatriement des devises issues des exportations minières, dont le plafond minimal a été porté de 40 % à 60 %. Et c’est notamment ce matelas supplémentaire qui, ces derniers mois, a permis au gouvernement de lutter contre la dépréciation de la monnaie nationale. STANIS BUJAKERA TSHIAMALA
VODACOM CONGO, PARTENAIRE CLÉ DES NATIONS UNIES POUR L’ATTEINTE DES ODD D’ICI 2030 Entreprise dirigée par une Vocation Les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies (ODD) définissent les priorités et les aspirations globales à atteindre d’ici 2030. Et ils représentent une opportunité de rassembler les pays, les entreprises et les citoyens à œuvrer ensemble à l’élimination de l’extrême pauvreté, à la protection de la planète et à la prospérité pour tous. Dans ses efforts pour transformer de manière significative la vie des communautés où il opère, Vodacom Congo s’est engagé à utiliser sa technologie afin de contribuer à la réalisation de 8 des 17 ODD, à savoir : bonne santé et bien-être ; éducation de qualité ; égalité entre les sexes ; travail décent et croissance économique ; industrie ; innovation & infrastructure ; villes et communautés durables ; mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques ; partenariats pour la réalisation des objectifs.
De l’engagement aux actions Pour matérialiser son engagement en tant qu’organisation à vocation spécifique, Vodacom Congo a défini les trois domaines d’intervention ci-après : Bâtir une société numérique - Assurer l’inclusion pour tous - Travailler pour protéger la planète. Et c’est au travers de ces trois piliers stratégiques que Vodacom a donné naissance à plusieurs programmes et initiatives innovants, notamment : • La plate-forme VodaEduc : en ligne depuis 2016, elle contient des leçons éducatives gratuites, accessibles aux apprenants et aux enseignants à partir de leurs téléphones portables et de leurs ordinateurs. A ce jour, plus de 5 000 utilisateurs y accèdent quotidiennement. Cinquante personnes ont suivi un parcours d’apprentissage pour devenir formateurs. Et quatre classes VodaEduc ont été entièrement équipées dans deux provinces. • Les solutions M-Pesa : M-Pesa est le premier service de monnaie électronique en RDC qui permet à tous les congolais d’envoyer, de recevoir et d’épargner de l’argent par voie électronique en toute sécurité. • Les sites solaires de couverture rurale (RCS) : Via ces sites climato-intelligents, Vodacom Congo fournit l’accès aux services de communication mobile à des millions de personnes, dans des zones rurales et isolées. • Le projet Eau et Assainissement : pour assurer le bien-être des communautés, Vodacom Congo a conçu un processus de purification d’eau qui donne à des milliers de personnes un accès direct à l’eau potable. Ce système réduit de manière efficace l’expansion des maladies liées à l’eau non-potable dans ces régions. Vodacom Congo célèbre ces grandes réalisations accomplies ces dernières années dans l’atteinte des ODD et réitère son engagement à continuer d’accroitre sa contribution ainsi que ses efforts actuels afin d’assurer un meilleur avenir pour tous.
Le Corporate Affairs Contact Presse : Anaiah Bewa Responsable des Relations Publiques Email: CorporateAffairs@vodacom.cd
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FINANCES
Bob-David Nzoimbengene « Les banques locales dominent le marché sur tous les plans » Propos recueillis à Kinshasa par STANIS BUJAKERA TSHIAMALA
xpert-comptable et commissaire aux comptes agréé par la Banque centrale du Congo (BCC) pour les établissements de crédit, Bob-David Nzoimbengene possède vingt ans d’expérience dans les missions d’audit et de conseil, en particulier dans les secteurs de la finance, des mines et des télécommunications. Il a notamment dirigé l’activité de contrôle interne et de conformité d’Access Bank RD Congo, avant de rejoindre en février 2014 le cabinet Deloitte. Pour la troisième année consécutive, la société de conseil a publié en novembre 2018 une étude sur le secteur bancaire congolais. Après la mise sous tutelle de la Biac en 2016, la liquidation de la FiBank RDC en 2017 et la cessation des activités de la filiale locale de Byblos Bank en 2018, quinze banques commerciales sont actuellement opérationnelles dans le pays (voir tableau p. 113). Malgré un taux de bancarisation encore faible, stagnant autour de 6 %, le secteur a affiché une progression annuelle moyenne de 27 % entre 2013 et 2017. Les quatre banques locales continuent d’enregistrer les meilleures performances, concentrant plus de la moitié du total des actifs, des crédits à la clientèle, des fonds propres et du produit net bancaire (PNB) sur l’exercice 2017. Les groupes panafricains poursuivent toutefois leurs efforts et, petit à petit, parviennent à grignoter des parts de marché.
E
Jeune Afrique : Comment expliquez-vous que les banques locales continuent de dominer le marché congolais? Bob-David Nzoimbengene : Si les
banques panafricaines et internationales sont plus nombreuses que les banques locales, ces dernières règnent sur le secteur,
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aussi bien en matière de performance que de rentabilité, de crédits à la clientèle, de mobilisation des dépôts, de produit net bancaire ou encore de résultat net. Cette prééminence des banques locales résulte de leur ancienneté et du fait qu’elles maîtrisent parfaitement leur environnement. Je pense aussi que la rapidité dont elles font preuve au niveau de la prise de décisions, contrairement aux banques panafricaines ou internationales, constitue un réel atout.
ARSENE MPIANA MOKWE POUR JA
Expert-comptable, associé gérant de Deloitte RDC
Comment se présente le système financier en RD Congo? Quelles sont ses forces et ses faiblesses?
D’une manière générale, il est essentiellement dominé par le secteur bancaire. Et en matière de contribution ou de performance, comme nous l’avons déjà dit, ce sont plutôt les banques locales qui tirent leur épingle du jeu. Quant au point faible du système financier congolais, il porte sur le manque d’efficacité des mesures mises en œuvre dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux. Malgrélaprésencedequinzebanquescommerciales, pourquoi le taux de bancarisation stagne-t-il dans le pays?
La première raison est que nos banques sont concentrées dans les grandes villes, alors que 65 % de la population vit en milieu rural. Conséquence : il n’y a pas assez d’agences de proximité. À cet égard, l’agency banking, qui consiste à sous-traiter des activités bancaires à des agents tiers, notamment à des détaillants, contribuerait à améliorer l’inclusion financière. Ensuite, il n’y a pas de mesures appropriées pour inciter les Congolais à ouvrir un compte bancaire. Il faudrait en particulier que les différentes autorités soutiennent les
RÉDUIRE LES MANIPULATIONS DE CASH PERMET DE LIMITER LES RISQUES POUR LES CLIENTS COMME POUR LES BANQUES.
Qu’est-ce qui justifie que les taux d’intérêt soientsiélevés,cequiconstitueunobstacle majeur au financement de l’économie?
Pensez-vous que les services numériques puissent contribuer au développement du secteur? Si oui, comment?
La digitalisation joue un rôle très important aujourd’hui. C’est un atout majeur que les banques doivent exploiter pour augmenter le taux de bancarisation, puisqu’un client n’a plus besoin de se rendre dans une agence bancaire physique pour effectuer des opérations. Demain, si tout le monde peut accéder à internet, cela limitera les transactions en espèces. Diminuer les manipulations de cash permet de réduire les risques, aussi bien pour les clients que pour les banques. Et ces dernières pourront alors réduire leurs coûts. Est-il pertinent de créer des banques sec torielles (habitat, agriculture, industrie, etc.)?
Oui, c’est important. Car cela va permettre d’avoir des recommandations spécifiques et d’aborder chaque marché différemment. Et faut-il une centrale des risques?
Elle existe déjà. Mais le système ne fonctionne pas réellement car certains acteurs ne veulent pas y participer, tandis que d’autres n’en tirent aucun profit… Il faudrait que toutes les banques s’impliquent pour respecter leurs engagements, notamment celui de partager les informations.
La Banque centrale du Congo a-t-elle les moyens d’influencer le taux d’intérêt des banques?
Le marché bancaire est libéral. La Banque centrale peut lui imposer des contraintes mais, en l’occurrence, ce ne serait pas une bonne politique. Elle pourrait en revanche accompagner les établissements, à travers par exemple l’Association congolaise des banques (ACB), pour voir dans quelle mesure on pourrait réduire leurs charges.
LES 15 ACTEURS OPÉRATIONNELS
Total actifs/bilan
Parts de marché
(en milliards de francs congolais)
4 banques locales Rawbank Banque commerciale du Congo (BCDC) Trust Merchant Bank (TMB) Sofibanque
54 % 26 % 13 % 12 % 3%
4 552 2 183 1 124 1 019 227
8 banques panafricaines Equity Bank (ex-ProCredit Bank) Ecobank First Bank of Nigeria RDC (FBN Bank) BGFI Bank BOA Congo Access Bank Afriland First Bank UBA
37 % 8% 7% 7% 5% 5% 2% 2% 1%
3 014 651 603 560 455 328 146 177 94
9% 5% 3% 1%
810 453 268 89
(données pour l’exercice 2017)
3 banques internationales Standard Bank Citigroup Advans Banque
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SOURCE : DELOITTE ; ÉTATS FINANCIERS CERTIFIÉS DES BANQUES
approches visant à réduire le nombre de transactions en espèces. Un dernier frein est lié au coût que représente la tenue d’un compte.
Nos banques font face aujourd’hui à des charges énormes. C’est pourquoi il ne faut pas les condamner en bloc. Au contraire, il est préférable de tenir compte des problèmes auxquels elles sont confrontées, à commencer par celui des infrastructures. Par exemple, une banque qui s’installe dans une zone connaissant des pénuries d’électricité doit recourir à un groupe électrogène. Sans parler de la problématique de la sécurité et des distances énormes à parcourir dans un pays aussi vaste que le nôtre pour assurer les mouvements de cash, ou encore des spécificités d’une économie « dollarisée ». Tous ces paramètres représentent un coût très important pour les établissements bancaires.
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La bonne fée « américaine » de BGFIBank Marlène Ngoyi Mvidia possède déjà un prestigieux CV quand elle revient, en novembre 2018, s’installer en RD Congo, son pays d’origine, pour y prendre la direction de la filiale locale du groupe gabonais BGFIBank. Son entourage comprend difficilement son choix de retourner à Kinshasa, alors même que le climat politique y est lourd d’incertitudes en raison du contexte électoral. « Je voulais mettre les mains dans le cambouis, au lieu de critiquer depuis un salon feutré de je ne sais quelle ville, explique-t-elle. Pour moi, l’objectif était de restructurer la BGFI, qui semblait prendre une mauvaise direction. » La banque panafricaine, qui affiche le meilleur total de bilan de toute l’Afrique centrale, avait notamment vu sa réputation mise à mal à la fin de 2017 par un rapport de l’ONG américaine The Sentry, selon lequel la BGFIBank RDC aurait procédé à des transactions illicites et serait le « trésorier de bailleurs liés au Hezbollah ». Il était donc urgent pour le groupe gabonais de mettre en place une nouvelle équipe à Kinshasa en vue d’y redorer son blason.
Univers élitiste
Née à Bruxelles, Marlène Ngoyi, aînée d’une famille de cinq enfants, a passé ses jeunes années entre
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BUNNY CLAUDE/BGFI
Il y a un an, le groupe panafricain a appelé à la rescousse Marlène Ngoyi, une spécialiste du capital-investissement formée aux États-Unis, pour mettre fin à la crise qui secouait sa filiale.
L’administratrice et directrice générale de BGFIBank RDC a pris ses fonctions à Kinshasa en novembre 2018.
la Belgique, la RD Congo et le Gabon, où son père, médecin, exerçait dans un village. Après ses années de lycée en Belgique, elle poursuit ses études supérieures aux États-Unis, dans le Massachusetts, où elle suit un cursus en économie et finances à l’Université de Bentley, puis à la prestigieuse Harvard Business School, dont elle sort diplômée d’un MBA en 2009. Marlène Ngoyi entame alors sa carrière professionnelle au sein de la banque Merrill Lynch, à New York, puis se frotte au private equity chez Reliant Equity Investors, à Chicago. En quelques années, elle se fait une place de choix dans l’univers élitiste des banques
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américaines d’investissement. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance pour une femme noire, africaine, francophone et âgée d’à peine 30 ans. Autant de « handicaps » qu’elle surmonte grâce à ses compétences.
SOUS SON IMPULSION, LA BANQUE A MENÉ DES RÉFORMES POUR LUTTER CONTRE LE BLANCHIMENT D’ARGENT ET LE FINANCEMENT DU TERRORISME.
Elle rejoint en 2014 le groupe BGFIBank à Libreville, en tant que directrice générale de BGFI Investment Banking. De mars 2018 jusqu’à sa nomination à Kinshasa, elle était directrice générale déléguée de BGFIBank Europe. Depuis, sous son impulsion, BGFIBank RDC a mené des réformes pour lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Une satisfaction pour Marlène Ngoyi, même si celle-ci tarde à gagner un combat plus personnel : trouver le bon équilibre entre une vie professionnelle absorbante, rythmée par les voyages, et une vie de famille qu’elle souhaite « normale ». ARTHUR MALU-MALU
PUBLI-INFORMATION
La mine d’or de Kibali donne lieu à l’émergence d’un nouveau pôle de développement économique et social dans le nordest de la RDC
> MINE SOUTERRAINE DE KIBALI.
Développement au maximum des achats locaux, accompagnement des entrepreneurs locaux, promotion de l’agriculture et de l’élevage, partenariat avec les communautés locales. Tous ces ingrédients ont permis de donner une impulsion décisive aux territoires proches de la grande mine d’or de Kibali, située au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC). > USINE DE KIBALI – VUE AU LEVER DU SOLEIL.
C
ette concession de dix permis miniers, couvrent
une superficie d’environ 1 836 km² dans les champs aurifères Moto, situés au
KIBALI EST LA MINE D’OR LA PLUS AUTOMATISÉE D’AFRIQUE
nord-est de la RDC, à environ 560 km au nord-est de la ville de Kisangani et à 180 km à l’ouest de la ville f r o n t a l i è r e o u ga n d a i s e d’Arua. La mine est située à 1 800 km du port de Mombassa et à 1 950 km de celui de Dar-es-Salam qui constituent ses principales voies d’approvisionnement.
> LES TECHNICIENS AU CŒUR DE LA MINE DE KIBALI.
Un projet de grande envergure Kibali Goldmines SA (Kibali) est une jointventure entre Barrick (45 %), AngloGold Ashanti (45 %) et la société étatique congolaise SOKIMO (10 %). La mine d’or est exploitée par Barrick Gold Corporation. Tout commence en 2009 lorsque Randgold Resources Ltd, qui a fusionné avec Barrick le 1er janvier 2019, acquiert Moto Gold en association avec AngloGold. Les objectifs des promoteurs du projet étaient très ambitieux : • Optimiser l’étude de faisabilité pour
inclure le potentiel de ressources du modèle géologique de Kibali. • Construire une route de la frontière ougandaise à Doko afin de permettre l’approvisionnement logistique efficace pour la construction du projet. • Obtenir l’implication totale des gouvernements central et provincial pour établir et maintenir la sécurité dans la zone. • Réinstaller plus de 4 000 familles de 14 villages dans la nouvelle cité de Kokiza. • Démarrer la production avant 2015.
Promouvoir le partenariat dans une logique de développement durable La mine pourvoit à plus de 5 000 emplois directs et indirects (dont 92 % sont occupés par des Congolais), d’où une injection importante en termes de pouvoir d’achat. Kibali s’est par ailleurs efforcé de faire appel le plus possible aux prestataires locaux. Plus de 1,5 milliard de dollars ont été dépensés à ce jour en achats de biens et de services auprès de fournisseurs congolais. Un accord de partenariat a été conclu avec la société congolaise TES - Top Engineering Service pour la maintenance des installations. Pour ce qui est des services de restauration et de camp, Kibali a progressivement substitué des fournisseurs étrangers par des acteurs congolais. Ainsi Golden Camp Solutions (GCS) a remplacé ATS. Kibali a franchi un pas supplémentaire en favorisant
une classe d’entrepreneurs nationaux impliqués dans toutes les activités de la mine : approvisionnements, travaux de génie civil, transport de minerais. Ainsi, la centrale hydroélectrique d’Azambi (photo) a été construite par des entrepreneurs locaux, dans le cadre d’un programme de transfert d’expertise lors de la construction des centrales précédentes. Il en va de même pour les puits satellites de l’exploitation à ciel ouvert et les bâtiments et travaux routiers en cours (Traminco, Teichman, IOB - Inter Oriental Business et BTC - Bravo Tozali Compagnie). Le projet a permis ainsi de donner une impulsion décisive au développement économique et social du nord-est de la RDC.
Acesoucidedéveloppementlocals’ajoute celui de minimiser l’impact du projet sur l’environnement. Le projet retraite plus de 90 % des eaux usées et respecte les normes internationales ISO en vigueur. Le partenariat avec les entrepreneurs locaux, dès son arrivée en RDC, a été au cœur de sa réussite. Ceci at été matérialisé avec l’implication de la société locale MD Servicespourexécutersapolitiqued’emploi.
PUBLI-INFORMATION
Une démarche par étapes Le projet s’est déroulé en deux phases majeures. Au cours de la première phase, une série d’investissements ont été engagés afin de construire l’exploitation à ciel ouvert, l’usinemétallurgique,unecentralehydroélectrique,uneinstallationthermiquedesecours, l’unité de stockage des résidus miniers et des infrastructures annexes. Les dépenses nécessairespourlaréinstallationdescommunautés
qui vivaient sur le site faisaient également partie de cette première phase. La deuxième phase a été principalement axée sur le développement de la mine souterraine qui comprend un système à double rampe et puits vertical ainsi que deux centrales hydroélectriques. la mine souterraine a été inaugurée en 2018, clôturant ainsi l’investissement du projet.
Éducation et santé : deux priorités
> VUE AÉRIENNE DE LA CENTRALE HYDROELECTRIQUE D’AZAMBI.
Le défi des infrastructures La principale difficulté du projet résidait dans l’isolement et l’enclavement de la zone et la nécessité de construire la totalité des infrastructures nécessaires (énergie, routes, réseaux d’eau, etc.), les nouvelles zones d’habitation et les services sociaux afférents (éducation, santé, etc.). Tout était à faire. Ces investissements ont été réalisés à marche forcée. 300 km de routes ainsi qu’une piste d’aviation de 2 km ont été construits à ce jour. Ce réseau routier est entretenu par des sociétés locales, principalement IOB et Traminco. En ce qui concerne la fourniture d’énergie électrique, l’investissement, qui s’est étalée sur les deux phases, a atteint environ 250 millions de dollars et s’est matérialisée grâce aux projets suivants : • Nzoro 1 : réhabilitation des turbines de la centrale.
• Nzoro 2, qui a une capacité de 22 MW, est la plus grande centrale hydraulique de l’ancienne province orientale et même du nord-est de la RDC. Elle a été mise en service en 2012. • Ambarau (11 MW) dont la construction a pris fin en 2015. • Azambi (11 MW), mise en service en 2015, est une centrale entièrement construite par des sociétés congolaises, sous la conduite de l’entrepreneur principal IOB.
Outre la mine et les infrastructures, il a fallu aussi réinstaller la population et lui fournir les services sociaux nécessaires. Un effort important a été consenti en matière d’éducation. Plus de 40 écoles ont été construites ainsi que deux instituts supérieurs pédagogiques (ISP) et un institut supérieur de développement rural (ISDR). Des équipements (livres, bancs, panneaux solaires, etc.) ont été fournis et 164 directeurs d’écoles et enseignants ont été formés. Des bourses scolaires ont été attribuées. Au total, plus de 67 000 élèves bénéficient de ce dispositif. Les investissements ont été tout aussi significatifs en matière de santé. Une dizaine de centres de santé (maternités et cliniques) ont été construits et équipés (lits, matelas, moustiquaires, matériel de radiologie et machines à ultrasons, panneaux solaires, etc.). Des campagnes de sensibilisation (malaria, VIH, mortalité maternelle et infantile et sécurité routière) ont été organisées.
Pour ce qui est de la fourniture d’eau, plus de 250 sources d’eau et bornes fontaines ont été installées. Un réseau de distribution d’eau a été créé à Durba. Des établissements scolaires et des infrastructures de santé ont également été construits. L’ensemble des investissements réalisés à ce jour (mine, infrastructures, achats locaux, etc.) représentent une enveloppe de plus de plus de 2,7 milliards de dollars.
> INVESTISSEMENT SIGNIFICATIF EN MATIÈRE DE SANTÉ. ICI LA MATERNITÉ DE WATSA.
PUBLI-INFORMATION
Un bilan positif La mine a été construite en un temps record (4 ans). Le premier lingot d’or a été coulé en septembre 2013, plus tôt que prévu, et la production commerciale a démarré au quatrième trimestre de 2013. La mine a produit un total de 807 251 onces d’or en 2018. Le projet comprend une exploitation à ciel ouvert et souterraine intégrée ainsi qu’une usine de traitement de 7,2 Mtpa. Kibali est actuellement la mine la plus automatisée d’Afrique et se situe à la pointe de la technologie. La construction de la mine et de ses infrastructures connexes ont entrainé la création d’une nouvelle cité. Comptant moins de 100 000 habitants en 2010, il s’en est suivi une explosion démographique importante avec plus de 500 000 habitants dans ce territoire a ce jour. Le dynamisme de la
cité a permis l’émergence de services divers (banques, hôtels, maintenance, parc à autos, etc.). Barrick Gold s’est attaché à favoriser le développement économique et social du territoire environnant grâce à un dialogue permanent avec les communautés. Cellesci sont systématiquement consultées et un Forum de délégués communautaires a été créé depuis 2010. Tous les projets sont
élaborés en concertation entre Kibali et le Forum qui pilote leur exécution. Forte de ce bilan positif, tant en termes de production que de développement durable, Barrick Gold poursuit sa stratégie d’investissement et étudie plusieurs nouveaux projets en RDC, principalement aurifères. Il est ainsi impliqué dans l’exploration dans la ceinture aurifère de Ngayu au nord-ouest de Kibali.
Une impulsion à la production agricole et à l’élevage Dans le but de favoriser le développement agropastoral, Kibali a appuyé et encadré des producteurs locaux par le biais de plusieurs projets. Pour ce qui est du maïs, une ferme expérimentale de 100 ha a été créée avec les communautés et un projet pilote d’augmentation des rendements a été mis en œuvre. Un projet de développement de la culture du cacao a été lancé avec 305 producteurs : 13 883 plants de cacao ont été distribués avant la transplantation (13,29 ha). La production d’œufs a été également encouragée.
L’élevage n’a pas été oublié avec 12 projets à petite échelle d’élevage de porc (322 têtes). Par ailleurs, 22 étangs de poissons ont été créés dans le cadre d’un projet communautaire.
> PROJET COMMUNAUTAIRE: PORCHERIE.
4329, avenue Tombalbaye - 3e étage - Immeuble Le Prestige Kinshasa/Gombe - République Démocratique du Congo > TUNNEL D’ACCÈS.
www.barrick.com
DIFCOM/DF - PHOTO OS : © DR.
Les sous-traitants de Kibali Gold Mine
Grand format RD CONGO ÉCONOMIE Lire aussi : « Des centrales qui rassemblent les énergies » sur www.jeuneafrique.com
ENTREPRENEURIAT
Regain d’énergie dans le privé
Barrages, centrales, parcs solaires… De la production à la distribution, l’électricité est l’un des secteurs qui mobilisent le plus les investisseurs.
ARTHUR MALU-MALU
ne douzaine de jeunes entrepreneurs congolais ont engagé des projets de construction de barrages et de centrales à travers la RD Congo. Ils n’ont pas attendu un « sauveur » étranger, tel que l’ancien président américain Barack Obama, le rappeur américain d’origine sénégalaise Akon ou l’ancien ministre français Jean-Louis Borloo, qui œuvrent tous trois à l’électrification du continent. Le projet le plus ambitieux est porté par Yves Kabongo (lire pp. 120-121). Cet ancien du groupe Bombardier et de la Banque nationale du Canada dirige Great Lake Energy, qui prévoit la construction, sur le site de Kuidi, à une douzaine de kilomètres en aval du centre-ville de Kinshasa, d’une centrale d’une puissance de 900 mégawatts (MW) sur le fleuve Congo, pour un coût estimé à 2,7 milliards de dollars. Kipay Investments, la société d’Éric Monga, économiste et président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) dans l’ex-province du Katanga, édifie quant à elle un barrage et une centrale d’une capacité de 150 MW sur la rivière Lufira, à Sombwe (Sud-Est). Cet ouvrage coûterait un peu moins de 1 milliard de dollars. De son côté, John Kanyoni, juriste de formation et nouveau capitaine d’industrie ayant investi dans les secteurs minier, énergétique et agropastoral dans l’est du pays, a engagé un programme pour la réalisation de trois complexes hydroélectriques à Dikolongo-Kamatanga, à Kawa et à Kambudji, dans l’ex-Katanga. Coût de la construction : 275 millions de dollars environ. Au total, les trois ouvrages produiront près de 70 MWh. « Son déficit d’énergie est reproché de manière récurrente à la RD Congo. Il l’empêche d’exploiter comme elle le devrait ses immenses ressources minières. Nous nous sommes
MARC JOURDIER/AFP
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résolus à relever le défi, en profitant de la loi de 2014 sur la libéralisation du secteur de l’énergie », explique John Kanyoni, le directeur général de Tembo Power.
Les complexes hydroélectriques Inga 1 (à l’arrière-plan) et Inga 2 sur le fleuve Congo.
Cascade d’initiatives
Les sociétés minières, ciblées prioritairement par ces initiatives, ont besoin au total de quelque 700 MW supplémentaires pour leurs activités. Mais les foyers des particuliers en profiteront aussi, dans ce pays où moins de 15 % de la population a accès à l’électricité. Malgré un climat général pesant et peu propice à l’afflux d’investissements étrangers, les chantiers de ces infrastructures doivent tous démarrer entre la fin de cette année et le milieu de la suivante, si les montages financiers et les derniers tours de table sont bouclés dans les délais. Cette cascade d’initiatives dans le secteur de l’énergie concerne presque toutes les provinces du pays et vient en appoint du Grand Inga, un projet pharaonique qui vise à étendre le barrage hydroélectrique d’Inga, en service depuis 1972 dans le KongoCentral, en vue de produire de l’électricité destinée en partie à l’exportation. La capacité optimale de ce futur mégabarrage est estimée à 12000 MW.
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Une diaspora (enfin) ambitieuse
Yves KABONGO
Expatriés en Belgique, en France, aux États-Unis ou en Afrique du Sud, ils reviennent au pays. Avec des projets et les moyens de les concrétiser.
Y
Rentrés en RD Congo il y a quelques années ou plus récemment, à la faveur des changements politiques consécutifs aux élections de décembre, qui ont porté au pouvoir Félix Tshisekedi, les membres de la diaspora montrent qu’ils sont bien décidés à conforter leur place dans le monde des affaires, notamment ceux qui se positionnent comme investisseurs. Reste à savoir quelles spécificités et quels atouts ils peuvent mettre au service du pays. Les Congolais expatriés se distinguent tout d’abord par la diversité de leurs trajectoires, liée, entre autres, à la palette très large des pays qui les accueillent. S’il est difficile de les dénombrer – quelque 5 millions d’individus, dit-on –, on sait que les Congolais ne se sont pas seulement établis en Belgique ou en France, mais aussi dans bien d’autres pays, tant en Afrique et en Europe que dans les Amériques, en Asie, au Moyen-Orient et dans les pays du Golfe. « Ils sont partout. Avec, pour certains d’entre eux, des succès entrepreneuriaux, précise Kennesy Kayembe, le jeune patron du fonds d’investissement Minexco (lire p. 123). Les Congolais établis en Turquie, par exemple, ont réussi à monter des affaires qui fonctionnent très bien. » Ainsi, en tant que groupe, les entrepreneurs de la diaspora présentent une variété d’expériences et de savoir-faire, y compris en matière de management, acquis dans leurs pays d’accueil.
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« Certains se sont en outre imprégnés d’autres cultures, donc de visions du monde différentes », a j o u te Ke n n e s y K aye m b e. Autant de connaissances dont la RD Congo peut profiter. Décomplexée, mieux informée et plus aguerrie au monde des affaires, prompte à engager des débats, cette diaspora sait négocier sur un pied d’égalité avec ses interlocuteurs, fait preuve d’initiative et, si échec il y a, n’en attribue pas la responsabilité aux autres ni à des facteurs externes qu’elle ne pourrait pas contrôler, mais à ses propres insuffisances. S’il est indéniable, l’apport technique, financier et organisationnel des entrepreneurs de la diaspora a toutefois des limites. Ceux qui investissent sont peu nombreux, et rares sont ceux que l’on peut qualifier d’acteurs économiques. Par ailleurs, le manque de structuration et de réseautage de la diaspora se conjugue avec celui des entrepreneurs restés au pays. L’organisation de l’ensemble des acteurs économiques congolais, en tant que force collective, reste donc à construire, ou à renforcer. Point positif, des initiatives de regroupement du monde entrepreneurial, comme le réseau d’affaires Makutano (créé en 2015), vont dans ce sens. D’ici à une dizaine d’années, cette classe d’hommes d’affaires devrait parvenir à se muer en une véritable force d’action et de réflexion dont la RD Congo a bien besoin. MURIEL DEVEY MALU-MALU
Un financier qui voit grand ves Kabongo est rentré dans son pays natal en 2004 après avoir vécu au Canada. Il appartient à une nouvelle classe d’entrepreneurs congolais décomplexés, « mondialisés » et prêts à engager des projets gigantesques portant sur des millions, voire des milliards, de dollars. Sa contribution au développement de la RD Congo? « Elle reste modeste. J’essaie surtout de démontrer que, avec de la volonté et de la créativité, le Congolais fait partie intégrante de la solution aux problèmes multiformes que connaît le pays », relativise l’homme d’affaires, patron de KBG Capital, un fonds d’investissement
Sandrine MUBENGA Génie électrique
À
quelque chose malheur est bon. Cette maxime pourrait s’appliquer à Sandrine Mubenga, l’ingénieure congolaise qui a inventé un modèle de voiture hybride. Adolescente, elle tombe gravement malade à Kikwit, où elle vit, à 400 km de Kinshasa. Une intervention chirurgicale urgente est recommandée. Problème : l’opération est
irréalisable faute d’électricité. « L’hôpital n’avait pas assez de carburant pour activer le groupe électrogène. J’ai attendu pendant trois jours entre la vie et la mort, racontet-elle. C’est ainsi que j’ai décidé de devenir ingénieure en électricité. » Au gré des affectations de son père, fonctionnaire des Nations unies, Sandrine Mubenga a vécu
« mis à [son] compte » en 2016. Depuis, l’entrepreneur multicasquette se trouve souvent entre deux avions. Il se rend régulièrement au Canada, où KBG est présent dans le capital de Bankers Cobalt Mining. Cette société minière, cotée à la Bourse de Toronto, possède plusieurs concessions dans le sud-est de la RD Congo. Sur la « fortune colossale » que la rumeur lui prête, le quadra au verbe facile demeure discret. Sa fibre sociale le conduit à mener des actions en faveur des déshérités, dont le programme Yes We School. Lancé en 2016, celui-ci consiste à offrir un petit déjeuner à des élèves d’écoles publiques des quartiers défavorisés de Kinshasa et de Sakania, dans le Haut-Katanga. ARTHUR MALU-MALU
dans plusieurs pays : RD Congo, Belgique, France, Sénégal, ÉtatsUnis… Ce qui fait d’elle une citoyenne du monde, ouverte à d’autres cultures, même si elle confie se sentir congolaise jusqu’au bout des ongles. Elle a effectué de brillantes études, couronnées en 2017 par un doctorat en génie électrique à l’université de Toledo
DR
spécialisé dans les mines, le pétrole et l’énergie. KBG détient 100 % du capital de Great Lake Energy, une entreprise qui construit une centrale hydroélectrique sur le fleuve Congo, en aval de Kinshasa. Un investissement estimé à 2,7 milliards de dollars, dont le principal objectif sera de répondre aux besoins des compagnies minières. Diplômé en finances de l’Université de Montréal, ancien cadre de la Banque nationale du Canada et du groupe Bombardier, Yves Kabongo a travaillé un temps aux côtés de Dan Gertler, un homme d’affaires israélien à la réputation sulfureuse ayant fait fortune en RD Congo, où il est arrivé au milieu des années 1990. Après avoir participé à une série de fusions-acquisitions dans l’industrie minière, Yves Kabongo s’est
(Ohio, États-Unis), où elle enseigne depuis 2018. C’est là qu’elle a mis au point un système d’hybridation des véhicules électriques (un égaliseur de batteries lithium-ion). Parallèlement à ses activités académiques, elle a créé Smin Power Group en 2011. Spécialisée dans la conception et l’installation de systèmes utilisant des énergies renouvelables, la société a ouvert en 2013 une filiale à Kinshasa, où Sandrine Mubenga séjourne régulièrement. Elle siège aussi au conseil d’administration de la première université jésuite du pays, l’Université Loyola du Congo. Certains de ses étudiants peuvent poursuivre leur cursus à Toledo grâce à un programme mis en place par l’enseignantechercheuse. Celle-ci a aussi lancé un fonds offrant des bourses aux candidats désireux de poursuivre des études aux États-Unis dans des filières regroupées sous l’acronyme Stem (science, technology, engineering and mathematics). A. M.-M.
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Kennesy BROUWERS KAYEMBE Monsieur lithium
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on visage lisse trahit ses 23 ans mais n’indique rien sur sa maturité. Pourtant, Kennesy Brouwers Kayembe, communément appelé « Kenny », est un homme d’affaires au discours bien construit et qui sait parfaitement ce qu’il veut. Pour lui et pour la RD Congo. Les yeux du patron du fonds d’investissement Minexco sont rivés sur les graphiques
des cours du lithium, ce métal blanc annoncé comme « le pétrole de demain » qui entre dans la fabrication des batteries des smartphones et des voitures électriques. La « guerre du lithium » a déjà commencé. Kenny réfléchit à des contrats de livraison pour des constructeurs automobiles comme Volkswagen, Toyota et Mitsubishi. Il mise, à terme, sur la
production de batteries au lithium en RD Congo. Natif de Kinshasa, Kenny Brouwers Kayembe grandit en Belgique, où il débarque à l’âge de 7 ans. Il vit tout d’abord à Bruxelles puis à Gand. Il parle le français, le néerlandais, l’anglais et le lingala, la langue la plus courante dans la capitale congolaise, où il se rend régulièrement « en toute discrétion ».
Bandeau ?
Il a quitté le système scolaire traditionnel à 16 ans pour s’inscrire à l’école Sudbury, tout en enchaînant des emplois à mi-temps. Pas de cours ni d’horaires fixes dans le système Sudbury, qui dispense des formations en ligne et permet aux élèves de libérer leur créativité. Kenny y décroche l’équivalent du bac. Après plusieurs succès professionnels et quelques revers, son chemin croise celui d’un entrepreneur de Dubaï réputé pour son entregent. C’est à l’ombre de cet associé qu’il enrichit ses connaissances de la logistique, du système financier, du financement des transactions ou encore de la mitigation des risques. Depuis 2016, Kenny vit à Londres, où il a installé Minexco. L’entreprise lève des fonds pour financer des projets miniers au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). A. M.-M.
MATADI GATEWAY TERMINAL & L’ESSOR DE LA LOGISTIQUE PORTUAIRE EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO Jadis considérée comme le poumon de l’économie du Corridor Ouest de la République Démocratique du Congo, la ville de Matadi a eu à faire face à des difficultés logistiques énormes de 2013 à 2015 tels que l’engorgement du port public de la SCTP, un nombre important de navires de transbordement en mouillage en provenance des ports maritimes voisins (Luanda et Pointe Noire), pour ne citer que cela, rendant l’approvisionnement plus rude en termes de coûts et de respect de délai de livraison.
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renant en compte une croissance moyenne de la population urbaine à 4,5 % chaque année1, il était impératif non seulement de répondre à la demande future en proposant des nouvelles solutions logistiques à la pointe de la technologie, mais aussi de répondre à plusieurs difficultés que connaissaient la chaîne d’approvisionnement du Corridor Ouest de la République Démocratique du Congo. D’où la création de ICTSI DR Congo SA, société portuaire connue plus sous le nom commercial, Matadi Gateway Teminal, néé d’une joint-venture de type Partenariat Privé Public.
Matadi Gateway Terminal, « the game change » L’année 2016 a été celle de la concrétisation de ce projet en mettant en œuvre un Terminal à conteneurs d’une capacité annuelle de 175 000 EVP2, avec une profondeur à quai de 17 m pouvant accommoder des navires de type Wafmax (navire de capacité de 4 500 EVP) et où la qualité de service permet aux navires de pouvoir ainsi accoster aussitôt arrivés à Matadi.
Depuis le début des activités en 2016, MGT a un impact majeur sur la chaine d’approvisionnement en se démarquant par un service optimal pouvant opérer un navire en moins de 12 h, contribuant ainsi à la réduction de nombres de feeders3 desservant la ville de Matadi (passant de 18 navires à 6 pour les lignes maritimes accostant à Matadi), car doté des équipements de pointe et d’un personnel qualifié. MGT garantit son engagement par l’offre d’un service qui satisfait, d’une manière constante et accrue, aux besoins des opérateurs économiques de ce secteur. Au début de l’année 2019, lors de la publication des indices des performances logistiques (LPI : Logistics Performance Indicators) par la Banque Mondiale, la République Démocratique du Congo s’est vue gagnée 39 places passant de la 159e place en 2014 avant l’arrivée de MGT à la 120e en 2018. Une performance qui est liée bien sûr aux efforts consentis dans la mise en place des nouvelles solutions logistiques à travers le pays dont la principale a été la création de MGT.
COMMUNIQUÉ
Perspectives et défis • Conscient d’une augmentation du volume en République Démocratique du Congo de 23 % par rapport à l’année passée, Matadi Gateway Terminal prévoit non seulement de doubler sa capacité annuelle pour atteindre 350 000 EVP, d’élargir son quai pour accommoder simultanément deux navires de type Wafmax mais aussi d’investir dans l’acquisition des équipements beaucoup plus performants, et augmenter son effectif tout en continuant à investir pour la formation de son personnel.
• Partant de sa volonté de répondre à la demande de ses clients, MGT souhaiterait s’allier à la SCTP pour participer au développement du Corridor Ouest en promouvant le transport ferroviaire des marchandises entre Matadi et Kinshasa. Ainsi donc le Corridor Ouest sera doté d’une capacité logistique optimale qui poussera les lignes maritimes à offrir à leurs clients du monde entier un connaissement direct par transporteur à Kinshasa au lieu de Matadi. • Matadi peut devenir l’escale direct des plus gros navires. Cependant, la difficulté de navigation liée à la profondeur du fleuve Congo, particulièrement sur la partie divagante du bief maritime dont la profondeur actuelle est de 8 m, empêche l’accès facile de ces derniers en pleines charges. Compte tenu de différentes demandes des lignes maritimes et des importateurs pour approfondir le fleuve, MGT s’est tourné vers Dredging International (DI en sigle) et le gouvernement de la RDC, à travers sa société la Congolaise des Voies Maritimes (CVM), pour réaliser le
dragage du Fleuve Congo avec un tirant d’eau premièrement de 10 m et ensuite de 12,5 m. Des discussions techniques ont été engagés avec la CVM, tandis que DI et MGT sont prêtes à financer l’investissement. • L’approfondissement du fleuve facilitera l’accostage direct des plus gros navires à Matadi sans transbordement aux ports voisins de Pointe Noire et Luanda, ce qui va entrainer des économies d’échelles bénéfiques à toute l’économie congolaise et au consommateur final. Matadi Gateway Terminal a la conviction que la réalisation du dragage du Fleuve Congo et sa participation dans la promotion du transport ferroviaire permettront non seulement à la République Démocratique du Congo de pouvoir augmenter ses indicateurs de performances logistiques, mais aussi réduira le temps de transport et le coût des marchandises pour la RDC qui sera d’un apport considérable pour le développement de la région voire de tout le pays.
1. De 2000 à 2018, source Banque Mondiale. - 2. EVP : Equivalent Vingt pieds. - 3. Feeder est un navire de petit tonnage. Il a pour but la répartition, sur différents ports, d’une cargaison apportée dans un port de transbordement par un gros navire faisant peu d’escales et, inversement, la collecte de marchandises vers le port de transbordement.
Matadi Gateway Terminal & la responsabilité sociale
MGT a mis en place sa propre équipe de lutte contre les in- Dans le cadre de son plan d’actions sociales, la MGT a remis cendies et d’intervention d’urgence. 21 personnes, essen- des kits scolaires aux écoliers de Matadi, province du Kongo tiellement employés de MGT, ont bénéficié d’une formation central. professionnelle de 20 semaines.
www.mgt.cd
JAMG - Photos : © MGT
MGT se donne les moyens d’aide et d’assistance à la population de Matadi. Que ce soit par la sécurisation de son site, où par sa participation à des besoins de première nécessité dans les domaines de la santé et de l’éducation.
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SOCIÉTÉ
Ombres et lumières kin 126
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Malgré ses avenues réaménagées, ses nouveaux centres commerciaux et ses résidences flambant neuves, la capitale est toujours aussi congestionnée et sale. Mais ses habitants n’en conservent pas moins un sens prononcé de la fête.
Dans le quartier d’affaires, à La Gombe.
STANIS BUJAKERA TSHIAMALA
C
’est devenu un cliché, mais il colle malheureusement à la réalité. Depuis des années, la capitale congolaise répond au triste surnom de « Kin la poubelle ». Même dans les communes huppées comme celle de La Gombe, le quartier d’affaires et siège des principales institutions du pays, les immondices s’empilent aux coins des rues et des boulevards, comme sur la rive du Congo. La brise qui remonte du fleuve ne suffit plus à couvrir les relents nauséabonds que dégage aujourd’hui Kinshasa. « La ville est sale », se plaignent en chœur ses habitants, qui constatent, amers, l’incapacité des pouvoirs publics à prendre la situation en main une fois pour toutes. Mais aussi l’incivisme de ceux qui continuent de jeter n’importe quoi n’importe où. En matière de collecte et de gestion des déchets, les solutions mises en place par les autorités, comme l’initiative Kin Bopeto (« Kin propre »), restent trop ponctuelles pour apparaître comme autre chose qu’une opération de communication. « Pour l’instant, nous nous contentons de stocker les détritus dans des décharges ouvertes ou de les déverser directement dans le fleuve », regrette un militant environnementaliste.
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JOHN WESSELS/BLOOMBERG VIA GETTY IMAGES
Monstre urbain
Ville-province tentaculaire, troisième agglomération la plus peuplée du continent (après Le Caire et Lagos) avec 12 millions d’habitants, la mégapole est aussi de plus en plus congestionnée. D’autant que les nombreux travaux de voirie et chantiers engagés ces derniers mois n’améliorent en rien la circulation. Lassé d’être constamment sollicité sur le sujet, le président Félix Tshisekedi est personnellement venu sur le terrain, en juillet, pour voir comment il pourrait améliorer la situation. Les embouteillages sur le boulevard Lumumba, voie unique partant du centre-ville et traversant plusieurs quartiers populaires sur 20 km jusqu’à l’aéroport international de N’Djili, à l’est, sont légendaires. Mieux vaut partir avec six heures d’avance pour être sûr de ne pas rater son vol…
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Ou louer les services d’un taxi-moto. Jusqu’alors réservés aux Kinois les moins aisés, les wewa restent la meilleure solution pour circuler dans la métropole, où les conducteurs peinent à respecter les règles les plus élémentaires du code de la route. Malgré l’essor du réseau de bus depuis 2013, les transports en commun, insuffisamment développés, mal organisés ou vétustes, sont encore très loin de répondre aux besoins des Kinois, dont la grande majorité ne possède pas de véhicule personnel et est contrainte d’utiliser « la ligne 11 » (expression locale désignant la marche, à Kinshasa), notamment lorsqu’il s’agit de rallier La Gombe ou le Marché central. En espérant que soit enfin engagé un projet de tramway ou de train urbain. Jusqu’à présent, les principaux changements observés dans la capitale ont été réalisés à La Gombe et dans les communes avoisinantes : des centres commerciaux, des hôtels et résidences de standing, des immeubles de bureaux ont été construits, le boulevard du 30-Juin a été élargi, doté de feux de signalisation et de passages piétons… La plupart des aménagements routiers ont eu lieu dans le cadre des « cinq chantiers prioritaires » lancés par
Joseph Kabila, complétés par quelques projets financés par les bailleurs de fonds internationaux dans certains quartiers populaires, au premier rang desquels celui de Matonge, la « Cité d’ambiance ».
Vie débordante
Et c’est cette fameuse « ambiance » qui résume la ville tout entière, qu’elle soit « belle » ou « poubelle », quel que soit le temps. Cette vie toujours débordante de Kinshasa, habituée à ses propres excès. Les supermarchés qui voient le jour un peu partout à travers la ville ne désemplissent pas. Les hôtels cinq étoiles fleurissent non loin du fleuve, comme pour épater la rivale brazzavilloise… Des établissements qui adaptent leurs prestations à une clientèle d’affaires venue de tout le continent et du monde entier qui rappelle que, malgré les incertitudes liées à la vie politique, la dynamique économique et l’intérêt pour le pays restent forts. À cet attrait qu’elle a toujours suscité, la ville, aussi, est habituée. Et pas question pour les Kinois de perdre leur bonne humeur. Ni la créativité, ni la danse, ni la musique qu’ils ont dans la peau.
Ambiances et tendances
Florilège des looks, lieux de sortie et loisirs préférés des Kinois.
ROBERT CARRUBBA POUR JA
Une jeunesse au diapason de la mode universelle.
Maintenant que la parenthèse électorale est refermée et que le climat politique s’est apaisé, les quartiers chauds de la capitale ont retrouvé leur ambiance animée, où la jeunesse kinoise arbore un look vestimentaire bien à elle et qu’elle n’abandonnerait pour rien
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au monde. Petite barbichette, jean effet déchiré, tee-shirt, blouson et baskets blanches, comme tous les jeunes de sa génération, Patrick ne sort qu’habillé ainsi. Exit la panoplie du célèbre « sapeur » – chemise, costume, chaussures en cuir, cravate ou lavallière – que les jeunes branchés
des quartiers chics comme ceux des quartiers populaires laissent désormais aux tontons et aux papas, préférant se mettre au diapason de la mode universelle. Les demoiselles ont aussi leur code vestimentaire. Le pagne de maman ? Seulement pour les grandes occasions, comme les fêtes familiales. Et si possible ajusté en robe moulante ou en veste structurée. La tendance est au tee-shirt et au legging noir, sur lequel on porte – ou non – une minijupe ou une tunique longue. Côté coiffure, les tresses et les perruques ont toujours les faveurs de la gent féminine. Mais le retour au naturel – entendez cheveux afro texturés, frisés ou crépus – gagne du terrain. Sous le diktat des réseaux sociaux, les tatouages et piercings ont quant à eux fait une entrée remarquée chez les jeunes des deux sexes.
La fièvre du samedi soir
Maintenant que les violences policières ne sont plus à craindre, comme en 2017 et en 2018, les bars, les terrasses et les boîtes ne
ROBERT CARRUBBA POUR JA
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Le Staff Tchetche, à Lemba, l’un des bars les plus en vogue.
désemplissent pas de 19 heures à l’aube. Les plus en vogue sont le Staff Tchetche, Température 40 et le Dosd’âne, à Lemba ; Margareth Airways, à Mont-Ngafula ; et le Métro Bar, à Bandal. Le samedi soir, les Kinois qui n’ont pas les moyens de sortir se rattrapent avec Kin Ambiance Club (KA Club), « une discothèque chez soi, qui fait danser jeunes et vieux », indique Pakonss, réalisateur et animateur de l’émission diffusée tous les samedis, de 21 heures à minuit, sur la webradio de KA club et sur plusieurs radios à travers le pays (B-One et UFM radio, à Kinshasa; BFR, à Goma;
RTM, à Matadi; et même Miango FM, à Douala, au Cameroun), ainsi que sur les réseaux sociaux. La scène musicale n’échappe pas aux changements. Une nouvelle génération de chanteurs – Robino Mundibu, DJ Dida Master, DJ Amaroula, Gaz Mawete ou encore Innoss’B – n’hésite pas à défier les têtes d’affiche que sont Fally Ipupa, Ferré Gola, Werrason, Zaïko Langa Langa et Koffi Olomidé. Et bien que le ndombolo soulève toujours les foules, une musique urbaine, mélange de R’n’B et de hip-hop, émerge. Autre nouveauté, l’apparition de
maisons de production fondées par des « stars », à l’instar de Fally Ipupa, qui a lancé son label F’Victeam. De plus en plus passionnés de politique et actifs dans les mouvements citoyens, les jeunes Kinois aiment regarder l’émission Kiosque, diffusée sur Canal Congo télévision. « Les débats y sont très libres, et toutes les tendances politiques y sont représentées », insiste Thérèse. La jeune femme est également accro aux séries télé made in Congo, qui tendent à remplacer les pièces de théâtre. Polygamie version urbaine, corruption… Tous les sujets y sont
ALESH DONNE LE TEMPO Avec ses tubes O’a Motema Mabe (« tu es de mauvaise foi », en lingala) ou encore Biloko Ya Boye (« ce genre de choses »), que reprennent en chœur depuis des mois tous les Kinois, Alain Chirwisa, alias Alesh, fait chanter et danser la capitale. Ces deux titres, sortis bien avant les élections de décembre 2018, n’ont en effet rien perdu de leur actualité. Dans ses chansons, Alesh raconte
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le quotidien des Congolais et épingle les travers des politiciens. Le titre Biloko Ya Boye, sorti en 2018, est l’une des chansons préférées de l’opposition, qui l’a diffusée à chaque meeting ces derniers mois. L’artiste sensibilise d’abord les Congolais contre l’insalubrité, avant de dénoncer le manque d’infrastructures, les difficultés d’accès à l’eau potable et les délestages
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chroniques, pour finir par interpeller les autorités sur leur rôle, notamment les députés qui « ne font rien alors qu’ils ont reçu mandat du peuple pour le défendre ». Dans O’a Motema Mabe, l’artiste dénonce les tracasseries policières. Sorti en plein « glissement électoral », en 2017, quand Joseph Kabila tentait encore de concourir pour un troisième mandat,
ce titre repris dans toute la capitale a peut-être même incité le président sortant à passer son tour. « Nini y’a ngo esilaka te, même Mobutu kutu akufa » (« qu’est-ce qui ne se termine jamais, même Mobutu, président du Zaïre, est mort »), reprenait en boucle le dernier couplet, comme pour bien signifier que l’ère Kabila touchait à sa fin. STANIS BUJAKERA TSHIAMALA
MURIEL DEVEY MALU-MALU
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abordés. Mais les sirupeuses novelas brésiliennes continuent à tenir en haleine filles et garçons. En marge des paris sportifs en pleine expansion, on remarque le récent engouement des Kinois pour la marche, sous l’impulsion de l’initiative Marche Academia, ainsi que pour la gymnastique en salle, qui se développe même dans les quartiers populaires. Le football garde toutefois la préférence des jeunes garçons de 7 à 17 ans. On peut s’en rendre compte au centre d’entraînement de l’académie de football Ujana, installé près du stade Tata-Raphaël. Quelque 1 000 adhérents y tapent dans le ballon rond, sous l’œil attendri de leurs parents. Qui sait ? Leur rejeton pourrait être le futur Lema Mabidi, footballeur international congolais bien connu, qui évolue au Raja Club Athletic de Casablanca. Les salles de sport connaissent un réel engouement.
liés à la fertilité. Toujours dans une optique d’amélioration continue, ce centre de procréation couvre l’ensemble des techniques de pointe de FIV. Il s’occupe aussi des couples infertiles souffrant de problèmes andrologiques. Cette institution hospitalière, attachée à une médecine privée de haute qualité, propose une organisation pluridisciplinaire, centrée sur le patient et visant à répondre à la majorité de ses besoins. Cette infrastructure médicale moderne dispose de moyens à la pointe de la technologie. Son personnel mène à bien de nombreux projets scientifiques et novateurs. Le 18 novembre 1997, le gouvernement de la RDC, par le canal du ministre de la Santé, donne son agrément officiel pour l’ouverture du laboratoire de recherche en reproduction humaine et de la FIV au sein de la clinique. Depuis août 1998, la clinique installe des équipements, des appareils, des consommables indispensables et procède aux premières tentatives de FIV. Le 1er novembre 2005, y sont nés les jumeaux issus de l’Injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI).
À l’actif de la NEW MEDICIS CLINIC de Kinshasa depuis juin 2002 : plus de 816 naissances issues de la FIV, sans anomalies neurologiques et psychomotrices. Elle accueille des malades de la RDC comme des pays voisins : Angola, République du Congo, République centrafricaine, Gabon, Rwanda, Burundi, Zambie…
Depuis 2002, elle est la seule clinique en République démocratique du Congo (RDC) qui réalise la fécondation in vitro (FIV)
Dr. Antoine Mosikwa Amana
Laboratoire de Fécondation In Vitro
Couveuse
Derrière l’Église Notre-Dame-de-Fatima Av. Tombalbaye, n°1356 BP 16245 - Kinshasa I Kinshasa, Gombe (R.D.Congo) Tél. : +243 817201542 / 8546931352 / 8181206342 / 808585079 Email : info@newmedicisclinic.cd www.newmedicisclinic.cd
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© ARTHUR CAMEGLA
© ARTHUR CAMEGLA
Créée en 1987 par Antoine Mosikwa Amana, gynécologue-obstétricien et spécialiste en Assistance médicale à la procréation (AMP), la clinique assure les traitements dans l’ensemble des domaines médico-chirurgicaux. En 1998, elle se spécialise dans la médecine de reproduction et offre ainsi une approche personnelle et qualitative face aux problèmes
La clinique et son espace vert
JAMG/DF - PHOTOS : © SUIVANT MENTION.
CLINIQUE INTERNATIONALE - KINSHASA
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EN PROJET
Un pont qui refait des vagues STANIS BUJAKERA TSHIAMALA
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lors qu’il semblait définitivement enterré, le projet de pont routerail entre Kinshasa et Brazzaville vient de ressurgir des profondeurs du fleuve qu’il pourrait bientôt enjamber. En mai, la Banque africaine de développement (BAD) s’est en effet engagée à débloquer 210 millions de dollars, sur un coût total de 550 millions, qui devrait par ailleurs être financé par la plateforme d’investissement Africa50. Ainsi que
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l’a souligné le président de la BAD, Akinwumi Adesina, l’objectif est que le chantier de ce pont à péage route-rail de plus de 1,5 km de long puisse commencer en août 2020. Lancé dans les années 1990, sous la présidence Mobutu, pour connecter les deux capitales les plus proches au monde, le projet a toujours suscité beaucoup de controverses, surtout du côté kinois. Et aujourd’hui encore, bien qu’appuyé par les autorités, il continue de diviser la population. « Le premier
bénéficiaire d’un tel équipement semble de toute évidence être le Congo, dont les pouvoirs publics cherchent des débouchés pour garantir la rentabilité des investissements industriels réalisés au nord de Brazzaville », estime l’analyste politique Israël Mutala. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les autorités brazzavilloises ont insisté pour que le futur pont passe par la commune de Maluku, qui abrite un complexe industriel de plus de 600 hectares. Les ressortissants de la RD Congo craignent également que l’arrivée du pont ne porte un coup fatal à la desserte maritime de leur pays au bénéfice de Pointe-Noire, la capitale économique du Congo, dont le port en eau profonde sur l’Atlantique traite déjà 60 % des trafics destinés à la RD Congo. « Et la proportion ne fera qu’augmenter, empêchant tout développement sur Matadi et Boma [ports sur l’aval du fleuve Congo], mais également sur Banana [seul port maritime du pays], où d’importants investissements sont en cours. C’est donc une véritable question de souveraineté nationale », estime encore Israël Mutala. Considéré par la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac) et par la BAD comme un chantier majeur pour l’intégration sousrégionale, ce pont route-rail, en facilitant les échanges avec le port de Pointe-Noire, devrait cependant permettre de développer le commerce de la RD Congo, notamment dans le domaine des importations, en réduisant les coûts et les délais. En attendant la construction du pont, les canots rapides restent la seule façon de passer d’une capitale à l’autre. La traversée ne prend que quinze minutes, mais il faut compter deux à trois heures d’attente et de tracasseries administratives, au départ et à l’arrivée, au Beach de Kin comme à celui de Brazza – les ports publics où embarquent et débarquent les passagers à destination ou en provenance de l’autre côté du fleuve…
COMMUNIQUÉ
FRONT COMMUN POUR LE CONGO
« Nous souhaitons conserver les acquis de la stabilité, tout en poursuivant la transformation structurelle de notre économie dans une logique de développement inclusif ».
Entretien avec Néhémie MWILANYA WILONDJA, Coordonnateur du Front Commun pour le Congo, FCC
Pouvez-vous nous présenter le FCC ? Quels sont ses origines et ses objectifs ? Le Front Commun pour le Congo (FCC) a été créé en février 2018 par l’ancien Président Joseph KABILA, qui en est l’Autorité morale, dans un contexte pré-électoral plein d’incertitudes quant à l’avenir du pays. Il s’agit d’une méga-plateforme politique, regroupant un large éventail de forces politiques de la République Démocratique du Congo (RDC) afin de défendre les intérêts vitaux du pays. C’est le résultat d’une volonté tenace de son initiateur de rassembler, bien au-delà des clivages politiques, tous ceux (partis politiques, organisations de la société civile, personnalités, etc.) qui sont soucieux de préserver les acquis des 17 années de règne de Joseph KABILA : la paix et la stabilité mais également les prouesses
démocratiques et les réformes pour la bonne gouvernance politique et économique cristallisées autour de la décentralisation territoriale effective et des différentes structures et mécanismes de régulation de la gestion économique et financière du pays tels que la chaîne de dépense, l’Autorité de régulation des marchés publics, l’Agence nationale pour la promotion des investissements ayant permis de booster la croissance économique du pays jusqu’à frôler les deux chiffres et à élever les réserves de change au-delà d’un milliard USD. Fort de ces résultats, le FCC regarde aussi vers l’avenir et souhaite poursuivre l’émergence du pays à travers les transformations politiques, économiques et sociales dont la RDC a besoin.
L’alliance avec le mouvement Cap pour le Changement (CACH) s’inscrit dans la même logique de rassemblement patriotique en vue de la stabilité et du développement du pays. Elle est d’autant plus pertinente que nous avons (le FCC et le CACH) les mêmes affinités idéologiques. Sur l’échiquier politique, nous nous situons clairement, et sans ambiguïtés, dans le camp des forces progressistes.
Au total, 220 formations composent le FCC dont 16 ont ramené à elles seules, les deux tiers de la Majorité
La solidité de cette alliance réside dans la clarté de la vision stratégique, des objectifs et des moyens
parlementaire actuelle. Nous avons le sentiment, de toute évidence, de porter les aspirations profondes de la société congolaise.
Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous allier au CACH ? Quels sont les objectifs de cette alliance ?
cussions ont été nécessaires pour aboutir à un texte cohérent et crédible. Chacune des deux parties, qui hier se combattaient, a dû faire des concessions. C’est ce qui explique que le gouvernement n’ait été connu qu’au bout de plusieurs mois après la prise de fonctions du nouveau président.
Néhémie Mwilanya, coordonnateur du FCC et l’honorable Jean-Marc Kabund, chef de file de CACH (Cap pour le changement) à la cérémonie marquant la fin des négociations FCC-CACH pour la formation du Gouvernement.
pour les atteindre. Elle est le résultat d’un long processus de négociation qui a démarré avec les premiers contacts, en 2015, en Italie et en Espagne. Un dialogue formel et ouvert à toute la classe politique a été lancé par la suite, respectivement sous le patronage de l’Union Africaine et de la Conférence épiscopale du Congo, avec pour résultat la feuille de route des scrutins de décembre 2018 et l’engagement de gouverner ensemble. Un vrai pacte national pour la promotion des valeurs positives de notre société. Le FCC a gagné haut la main les législatives puisqu’il a remporté 342 sièges de députés (sur 500), tandis que le CACH a remporté 49 sièges, soit une majorité plurielle de 391 sièges. Ces élections se sont tenues le même jour que l’élection présidentielle qui, elle, sera remportée par Félix-Antoine TSHISEKEDI avec 38,57 % des voix. Une passation civilisée et apaisée du pouvoir entre Joseph KABILA et Félix-Antoine TSHISEKEDI a eu lieu le 24 janvier de cette année à la surprise générale des prophètes des malheurs. De quoi rendre un hommage mérité à
Joseph KABILA, pour avoir respecté la Constitution de son pays et à son allié, tous deux leaders actuels de la coalition, devenus ainsi des acteurs de la première transition sans violence ni effusion de sang de l’histoire congolaise. Un élément qui mérite d’être souligné, surtout dans le contexte de la région des Grands lacs et, particulièrement, en Afrique centrale. La dernière étape a été la constitution du gouvernement de la RDC, dirigé par le Premier Ministre Sylvestre ILUNGA ILUNKAMBA, et dont la composition a été rendue publique le 26 août 2018. Le bilan de l’alliance est donc, à ce jour, largement positif. L’étape qui s’ouvre est celle d’une réelle gouvernance commune.
Quelle appréciation portezvous sur ce gouvernement ? Son premier mérite est déjà celui d’exister. Il a fallu d’abord se mettre d’accord sur un programme commun de gouvernement : sept mois de dis-
Pour la toute première fois de l’histoire du pays, on a parlé d’abord « programme » avant de parler « partage des responsabilités » en RDC. Je note plusieurs caractéristiques intéressantes de ce nouveau gouvernement. La place des femmes et des jeunes est en progression, ce qui s’inscrit dans notre stratégie de promotion du genre. Madame Elysée MUNEMBWE TAMUKUMWE, issue du FCC, occupe une position clé puisqu’elle est Vice-Premier Ministre et Ministre du Plan. Plusieurs femmes sont Ministres d’État : c’est le cas, par exemple, de Madame Marie TUMBA NZEZA, issue du CACH, qui détient le portefeuille stratégique des Affaires Étrangères ou encore celui de Madame Béatrice LOMEYA qui s’occupe du Ministère du Genre, de la famille et de l’enfant. Je rappelle également que, pour la première fois dans l’histoire de la RDC, une femme proposée par Joseph KABILA a été élue à la présidence de l’Assemblée Nationale, Madame Jeannine MABUNDA LIOKO, qui est par ailleurs membre du FCC. Il convient, enfin, de rappeler que 70 % des parlementaires ont moins de 45 ans. J’y vois, personnellement, une volonté claire de la part
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COMMUNIQUÉ
Justice en vue de lutter efficacement contre la corruption. Nous voulons promouvoir l’entrepreneuriat en RDC et favoriser l’émergence d’une classe moyenne dynamique. L’investissement privé est une priorité stratégique pour le FCC.
Quels sont les défis du gouvernement ? Pour le FCC, le premier défi est et demeure celui de la consolidation de la paix et de la stabilité. C’est la condition indispensable afin de pouvoir conduire une stratégie efficace de développement de la RDC sur la durée et assurer la cohésion nationale. Le deuxième défi est celui de la réponse aux nombreuses attentes légitimes de la population dans le domaine social. Celles-ci sont très importantes, aussi bien en ce qui concerne la création d’emplois pour la jeunesse que l’amélioration du niveau et des conditions de vie (logement, éducation, santé, accès à l’eau et à l’électricité, etc.). La réponse à ce défi social conditionne à son tour la consolidation de la paix et de la stabilité. Un programme ambitieux connu sous la dénomination des cinq chantiers de la République avait déjà posé les jalons dans ce secteur sous Joseph KABILA. En tout état de cause, on ne pourra répondre à ce défi social que par un développement soutenu de l’économie de la RDC. Et ce ceci ne sera possible que grâce à la mobilisation des capitaux privés et à l’amélioration du climat des affaires. Ce qui suppose aussi des réformes courageuses dans le secteur de la
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Le 24 février 2019, L’Autorité Morale du FCC et Président honoraire de la RDC, Joseph Kabila Kabange,reçoit tous les députés nationaux du FCC qui représentent la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale.
Et au plan administratif et politique ? Le troisième défi est celui de la réforme de l’État. Le coût des élections nous semble excessif et nous pensons qu’il faut réduire les dépenses liées aux procédures électorales et à l’élasticité même du processus électoral dont le cycle compte pas moins de neuf scrutins. L’ancien Président Joseph KABILA l’a toujours souligné. La multiplicité des partis politiques sans assises politiques et idéologiques réelles reste également une pesanteur à dégager absolument, en vue de permettre à ces derniers de jouer efficacement leur rôle constitutionnel, de concourir à l’expression de suffrage, de renforcer la conscience nationale et de participer à l’éducation civique. Il nous semble nécessaire, par ailleurs, de procéder à une réforme
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P FCC RDC
de la décentralisation. Il y a des dysfonctionnements au niveau des institutions provinciales reconnus de tous. Il faut repenser le système de manière à renforcer également la transparence dans la gestion des ressources allouées aux provinces, tout en gardant l’objet crucial de mettre fin à l’imposition des décisions depuis la capitale. La prise en compte des attentes au niveau local s’intègre parfaitement dans notre stratégie de développement inclusif. Par-delà tout, il faut poursuivre l’effort de la transformation des mentalités de nos concitoyens. La poursuite de la reconstruction de notre beau pays en dépend. Tout cela relève pour l’instant des réflexions légitimes à partager avec tous les partenaires politiques de la coalition.
Comment voyez-vous les relations avec les partenaires extérieurs de la RDC ? Nous avons toujours eu des très bonnes relations avec nos partenaires extérieurs : les États-Unis, la Chine, l’Union européenne, et autres pays émergents. Mais il y a eu aussi dans le passé des malentendus. Il est temps de tourner la page. Je pense que l’alternance réussie et pacifique constitue une réelle opportunité pour bâtir une nouvelle étape dans la coopération avec nos partenaires extérieurs, sans préjugés bien entendu, selon le principe gagnant-gagnant et dans le respect mutuel.
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JAMG - Photos : D.R.
des dirigeants de la coalition, particulièrement de l’ancien Président KABILA, de mettre en œuvre son crédo du renouvellement progressif de la classe politique de la RDC, ce qui ne peut avoir que des effets bénéfiques à moyen et long terme.
Grand format RD CONGO SOCIÉTÉ
CARNET DE ROUTE
Good morning Lualaba ! Depuis Lubumbashi, deuxième ville du pays, jusqu’à Kolwezi, devenue la capitale minière, voyage entre les deux principaux centres urbains de la ceinture de cuivre congolaise. ubumbashi, fin juin. Une petite brise fraîche souffle en ce début d’après-midi dans le quartier d’affaires de la capitale provinciale, où les voyageurs s’agglutinent au terminal de Mulykap. Cette compagnie privée est le leader (65 % de part de marché) du transport routier interurbain dans la province du Haut-Katanga (voir carte), surclassant une douzaine de concurrents. Ses autocars partent à l’heure, avec un minimum de confort. Le temps où les passagers, chargés pêle-mêle avec la marchandise, étaient transportés sans aucun ménagement semble bien révolu. La réussite de Mulykap repose notamment sur le tracking. Depuis une salle de contrôle, la compagnie peut à tout moment localiser ses cars et surveiller en temps réel la vitesse à laquelle roulent ses chauffeurs, lesquels sont soumis à des tests d’alcoolémie avant le départ et à l’arrivée. L’entreprise est réputée fiable et sûre, ce que les statistiques tendent à confirmer puisque aucun accident l’impliquant n’a été déploré en onze ans d’exploitation.
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Numéro de prêche
Le chauffeur fait tourner le moteur. Des consignes de sécurité sont données aux passagers. Une bible à la main, un homme d’une quarantaine d’années se glisse discrètement dans le couloir séparant les rangées de sièges et se met à psalmodier dans un swahili mâtiné de français. Les passagers sont réceptifs. Dans ce pays à dominante chrétienne, les lieux de culte sont bondés le dimanche, et le simple fait de se proclamer athée est mal perçu. L’autocar se met en route. Le prêcheur, toujours à son bord, poursuit sur sa lancée. Ses interventions sont entrecoupées de chants religieux en swahili, repris en chœur par
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des passagers qui tiennent à confier leur sécurité à Dieu pendant ce déplacement qui va durer plus de quatre heures. Après s’être faufilé au milieu d’une nuée de véhicules dans les rues du centre, l’autocar se dirige désormais vers l’une des sorties nord de la ville, aux abords de l’aéroport, où l’on ne peut pas échapper à la frénésie immobilière qui s’est emparée, ces dernières années, de la deuxième ville du pays – environ 3 millions d’habitants. Le prêcheur met fin à son numéro. Un bruyant « amen » collectif retentit. Le chauffeur se gare sur le bas-côté pour que l’homme descende, après avoir fait circuler un minuscule panier défraîchi pour récolter quelques billets en francs congolais ou en dollars – la devise américaine, « deuxième monnaie du pays », est acceptée dans toutes les transactions quotidiennes et peut être délivrée dans les distributeurs d’argent liquide.
Paysage de carrières
Son car immobilisé au milieu d’un concert de klaxons assourdissants témoignant de l’impatience des automobilistes bloqués derrière lui, le chauffeur donne maintenant à entendre des chansons enregistrées sur une clé USB qui viennent remplacer la séance de prières. De la musique religieuse, très prisée dans le pays, alterne avec de la musique dite mondaine. Le volume est à fond, sans que personne n’y trouve à redire ni ne formule la moindre remarque. De part et d’autre de la route nationale bitumée et globalement en bon état, une succession de tristes hameaux s’offre au regard des passagers. La pauvreté est criante dans les villages où les maisons en dur sont rares. Il n’empêche, des enfants jouent gaiement à la balle, d’autres
CAROLINE THIRION/AFP
ARTHUR MALU-MALU
Le pont Lualaba, sur la rivière du même nom, à l’entrée de Kolwezi, a été inauguré à la fin de juillet 2015.
LES QUATRE PROVINCES DE L’EX-KATANGA RDC Kalemie TANGANYIKA HAUT-LOMAMI
Lac Tanganyika
Kamina LUALABA
HAUTKATANGA Kolwezi
Zambie
Likasi Lubumbashi
Angola
200 km
vendent quelques fruits et légumes au bord de la chaussée, sous l’œil vigilant de leurs parents. La vue d’une carrière, non loin de la route, rappelle aux voyageurs étourdis qu’ils sont dans une région minière. Les paysages des hauts plateaux et, par endroits, des savanes herbeuses défilent au fur et à mesure que le car se rapproche de Kolwezi. Le chauffeur redouble de vigilance aux abords des marchés, très animés, qui, pour beaucoup de riverains, sont des lieux de rencontres et d’échanges incontournables. Les bourgs traversés se succèdent : Likasi (à mi-parcours), Kambove, Fungurume, Tenke, etc. Entre Likasi et Kolwezi, le car marque deux courtes pauses, pour permettre aux passagers d’acheter quelques victuailles et de se désaltérer.
Modernisation à vue d’œil
« Kolwezi, terminus, tout le monde descend! » Après s’être délesté de quelques passagers au rond-point de l’Indépendance, le car finit son trajet à Jovena, près de la mairie
de Kolwezi. Quiconque n’est pas venu dans la ville depuis l’entrée en vigueur, dans le courant de 2015, du nouveau découpage administratif – qui a divisé l’ex-Katanga en quatre provinces: Haut-Katanga, Lualaba, Haut-Lomami et Tanganyika – ne la reconnaîtra pas facilement. Chef-lieu de la nouvelle province du Lualaba, Kolwezi a hérité du gros des ressources minières de l’ex-Katanga et se modernise à vue d’œil. De nouveaux bâtiments se construisent, davantage de rues sont bitumées, l’offre hôtelière se diversifie, des supermarchés ouvrent, les restaurants se multiplient, le trafic routier se densifie, etc., tandis que des tour-opérateurs prospectent discrètement, prêts à dégainer de nouvelles offres. Devenue la capitale minière du pays, Kolwezi attire des Congolais venus de toutes les provinces, notamment du Grand Kasaï (centre) et de Kinshasa, mais aussi des étrangers, dont quelque six mille Chinois, environ un millier d’Indiens et autant de Sud-Africains, en quête d’investissements ou d’emplois dans le secteur minier.
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