BÉNIN
MALI Moi, Toloba, chef de milice
OÙ VA TALON ?
RD CONGO Tshisekedi-Kabila : c’est qui le patron ?
HEBDOMADAIRE INTERNATIONAL NO 3044 DU 12 AU 18 MAI 2019
Législatives, projet de nouvelle Constitution, présidentielle 2020… Ces questions qui enfièvrent déjà la classe politique devraient connaître un début de réponse au cours des prochains mois. Comment (et fort de quel bilan) Alpha Condé compte-t-il emporter l’adhésion des Guinéens ? Que peut faire l’opposition pour l’en empêcher ? Spécial 22 pages
GUINÉE
L’année
de tous les paris .
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France 3,80 € Algérie 290 DA Allemagne 4,80 € Autriche 4,80 € Belgique 3,80 € Canada 6,50 $ CAN Espagne 4,30 € Éthiopie 67 birrs Grèce 4,80 € Guadeloupe 4,60 € Guyane 5,80 € Italie 4,30 € Luxembourg 4,80 € Maroc 25 DH Martinique 4,60 € Mayotte 4,60 € Norvège 48 NK Pays-Bas 5 € Portugal cont. 4,30 € Réunion 4,60 € RD Congo 6,10 $ US Royaume-Uni 3,60 £ Suisse 7 FS Tunisie 4 DT USA 6,90 $ US Zone CFA 2 000 F CFA ISSN 1950-1285
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Édition guinée / Sénégal / mali / ci
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GRAND FORMAT
GUINÉE
WALDO SWIEGERS/BLOOMBERG VIA GETTY IMAGES
Pour tout comprendre de l’évolution d’un pays
Tour de chauffe
Malgré un niveau de croissance sans précédent, les attentes sociales restent nombreuses. Mais à l’approche des législatives et, surtout, de la présidentielle de 2020, la passion politique reprend le pas sur la raison économique. jeuneafrique no 3044 du 12 au 18 mai 2019
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COMMUNIQUÉ
VOTRE SATISFACTION EST NOTRE PRIORITÉ L’ENTREPRENEUR PATRIOTE Diplômé de L’Institut supérieur des mines et géologie de Boké en 2007, Louis Camara, au vu du manque de débouchés dans le secteur des mines, choisit de débuter sa carrière dans le secteur de la téléphonie mobile. Il crée sa première société en 2009 avec seulement 300 000 francs guinéens (environ 29 euros) en poche. Avec sa volonté d’être utile à son pays et prouver ce dont il est capable, il se donne les moyens d’y parvenir. Il étend son champ d’action au fil des années grâce à son courage et son acharnement. g Louis CAMARA, Directeur Général
Kamsar Petroleum
Hummingbird Guinea Mining Corporation
C’est ainsi que ce self-made-man fonde en 2015 Kamsar Petroleum, en partenariat avec Okapi Energy Group, dont il développe les activités en Guinée.
Gestionnaire rigoureux et visionnaire, Louis Camara et son partenaire Mohamed J. Ndao se sont associés en août 2017, pour créer Hummingbird Guinea Mining Corporation SA (HGMC), dont l’objectif est d’ouvrir et exploiter la carrière de dolérite (ou diabase) située à Siriman. HGMC entend mettre à disposition de ses clients une gamme variée de granulats pour la fabrication de béton armé et la construction de maisons, de routes, de ports et de voies de chemin de fer. La carrière a été inaugurée le 19 septembre 2018. HGMC a obtenu un bail d’exploitation d’une durée de 25 ans sur les 5 hectares que compte la carrière. Doté d’équipements numériques high-tech, le site peut produire 300 tonnes de granulats par heure, à partir de dolérite concassée. Cinq types de produits sont actuellement disponibles. Louis Camara, fondateur de Kamsar Petroleum et Hummingbird Guinea Mining Corporation, a reçu nombre de récompenses et distinctions, comme le prix du Meilleur manager africain 2016, décerné par le Conseil international des managers africains (CIMA). Il est aujourd’hui un exemple pour la jeunesse guinéenne.
JAMG - Photos : D.R.
Très rapidement, une relation de confiance s’établit avec Mohamed J. Ndao, le fondateur du groupe basé à Genève (Suisse). En seulement trois ans, Kamsar Petroleum s’esr fait un nom dans le secteur. En mars 2018, elle se voit attribuer le prix de l’Entreprise la plus dynamique de Guinée dans le domaine pétrolier. Tout part d’une idée simple de Louis Camara : désenclaver les zones les plus reculées de Guinée, en facilitant l’accès au carburant pour les populations. Pour ce faire, des stations service mobiles sont créées. Ce projet est ingénieux, en ce sens qu’il peut être mis en place à moindre coût. De simples conteneurs mobiles permettent de distribuer un carburant de qualité aux populations reculées. Les premiers à en profiter, en 2016, furent les habitants de la cité minière de Kamsar, où a été lancé le projet. Kamsar Petroleum permet également de « limiter la spéculation sur les prix du carburant ». Au cours de l’année 2017, Kamsar Petroleum a étendu ses activités dans la Guinée profonde, là où les populations ont le plus besoin d’aide, et n’a cessé depuis de croître.
Tél. : (+224) 6 62 22 20 55 / (+224) 6 27 55 40 91 - Email : contact@kamsarpetroleum.com - Facebook : @kamsarpetroleum
kamsarpetroleum.com
François Soudan
Ne pas se tromper de combat ’il est une publication qui, en ce premier semestre de 2019, a dû conforter le président Alpha Condé dans ses choix, c’est bien celle-ci. La dernière et très complète Revue synthétique des résultats 2007-2018 de la Banque africaine de développement, consacrée à la Guinée, lui décerne un satisfecit global, lequel s’appuie sur la persistance, depuis 2016, d’une croissance moyenne deux fois supérieure à celle des pays africains ainsi que sur les nets progrès enregistrés, tant sur l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance (cinquième meilleure progression en dix ans) qu’au classement « Doing Business », établi par la Banque mondiale (gain de 26 places entre 2012 et 2018). Même si le PIB par habitant reste inférieur de moitié à celui de la Côte d’Ivoire, même si la corruption est toujours prégnante et l’accès à l’électricité encore trop aléatoire, la Guinée semble s’ancrer dans un cycle économique vertueux, pour la première fois depuis l’indépendance; loin des calamiteuses années Lansana Conté, quand le revenu annuel par tête d’une Guinée pillée par ses gouvernants plafonnait au-dessous des 470 dollars (contre plus de 800 aujourd’hui). Depuis, le PIB a triplé de valeur, et l’espérance de vie s’est accrue de dix ans. Les perspectives électorales de 2019 et 2020 (législatives et présidentielle) – qui souvent, dans ce pays, s’accompagnent d’un acmé de tensions – viendront-elles perturber cette phase de décollage? Il faut espérer que non. Une chose est sûre: c’est en s’appuyant sur ce bilan et sur la nécessité, à leurs yeux, de voir Alpha Condé continuer son œuvre que ses partisans ont entamé une campagne visant à modifier la Loi fondamentale. Inutile de se leurrer. S’il va de soi que, partout ailleurs dans le monde, une Constitution se toilette, s’adapte, se modernise, voire se change quand sa date de péremption est
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Interview de Kiridi Bangoura
Ministre d’État, secrétaire général de la présidence
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atteinte, cette question n’est abordée en Afrique qu’à la seule aune de la limitation des mandats. La Constitution idéale serait sans doute celle qui lierait les mains des autocrates, dont l’unique souci est de rester au pouvoir, tout en permettant aux leaders d’exception, animés d’une vision sincère, de mener à bien, sur la durée, la tâche d’édification et de consolidation de leurs fragiles États. Mais l’équation est impossible, et, pour contourner l’obstacle que représentent les différents verrous posés par le législateur, la tentation est grande de remettre les compteurs à zéro en changeant de République. C’est ce qu’a fait, dans l’indifférence quasi générale, le président ivoirien Ouattara : adoptée par référendum en octobre 2016, la Constitution de la IIIe République l’autorise à briguer deux mandats à partir de 2020. C’est vers cette même perspective et selon le même mode d’adoption que semble s’orienter (sous réserve de confirmation de sa part) son homologue guinéen, Alpha Condé.
Une voie bien moins anxiogène
L’opposition a prévenu : elle ne veut pas d’une nouvelle Constitution qui, quels qu’en soient les aspects novateurs, permettrait au président sortant de se représenter. C’est évidemment son droit. Et elle fera tout pour que la question ne soit pas posée – ce qui augure clairement d’un rapport de force dans la rue plutôt que dans les urnes. Il existe pourtant une autre voie, bien moins anxiogène et bien plus démocratique : avoir foi dans le discernement des électeurs, ne pas présumer leur inculture politique ni leur incapacité à dire non (ou oui) librement, et porter le combat sur le seul terrain qui vaille : l’exigence d’un scrutin véritablement libre et transparent. Encore faut-il pour cela briser le mur de défiance qui sépare les acteurs politiques guinéens.
À l’heure des coalisés Entretien avec Sidya Touré Président de l’Union des forces républicaines (UFR)
94 Gouvernance
En finir avec les mauvaises habitudes
98 ÉCONOMIE
Une si longue attente
102 Mines
Le grand boom de la bauxite
103 L’infographie
Barrage aux délestages
104 Finance
La BNIG prête à prêter
106 Agroalimentaire Mohamed Kagnassy, éminence verte
108 SOCIÉTÉ
Le Fouta-Djalon, sacré jardin
112 Patrimoine
Pèlerinage chez Mama Africa, à Dalaba
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Grand format GUINÉE
ENJEUX
Kiridi Bangoura Ministre d’État, secrétaire général et porte-parole de la présidence
YOUSSOUF BAH POUR JA
« Nous devons avoir le courage de relire notre Constitution »
La Loi fondamentale sera-t-elle modifiée pour permettre à Alpha Condé de briguer un troisième mandat en octobre 2020 ? La question est dans tous les esprits. L’un des proches collaborateurs du chef de l’État livre quelques éléments de réponse. Propos recueillis à Conakry par DIAWO BARRY
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algré une croissance réduite à néant en 2014 et en 2015 à cause de la crise sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola, la Guinée affiche ces trois dernières années une hausse moyenne de son PIB de 9 %, qui selon le FMI devrait se maintenir autour de 6 % en 2019 et en 2020. Pourtant, le climat politique et social reste tendu, et, après une année 2018 sous pression (contestations des résultats des élections locales, revendications en matière de pouvoir d’achat, etc.), le pays amorce un nouveau tournant. En point de mire, deux rendez-vous
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majeurs: les législatives, qui devraient se tenir fin 2019, et, surtout, la présidentielle d’octobre 2020… à laquelle tout le monde se demande si le chef de l’État sortant se présentera – dans ce cas, il faudrait que la Constitution soit modifiée pour lui permettre de briguer un troisième mandat. Alors que, depuis la mi-avril, le débat entre partisans et adversaires de la révision constitutionnelle est de plus en plus animé, le temps est aussi venu de dresser un bilan des neuf ans de présidence d’Alpha Condé et de connaître ses priorités pour les dix-huit derniers mois de son second mandat. Sociologue, auteur de romans et de pièces de théâtre, plusieurs fois ministre sous Lansana Conté et investi des fonctions de secrétaire général et de porte-parole de la
Dans son bureau, à Conakry, le 22 avril.
présidence depuis 2012, Naby Youssouf Kiridi Bangoura, 55 ans, est l’un des hommes de confiance du chef de l’État guinéen, qui lui délègue souvent des missions politiques délicates, notamment de médiation. Il livre quelques éléments de réponse. Et de réflexion. Jeune Afrique: Quelles sont les priorités de l’exécutif dans la dernière ligne droite avant la fin de son mandat? Kiridi Bangoura : Vous avez remarqué que Conakry est
en chantier, comme le reste de la Guinée. Nous sommes désormais dans la phase d’intensification du processus d’industrialisation du pays, qui va prendre son envol avec la création de zones économiques spéciales [ZES]. Les efforts
fournis dans l’agriculture portent leurs fruits, avec une forte augmentation de la production des cultures vivrières et la relance des cultures de rente, qui vont augmenter les revenus du monde paysan. Nous entrons dans la phase d’inclusion économique, pour que les retombées de la forte croissance qu’enregistre le pays ces dernières années profitent aux plus démunis, ainsi qu’aux femmes et aux jeunes. Quand ces retombées seront-elles tangibles pour les populations?
À partir de cette année, et pour la première fois dans notre histoire, 15 % des recettes minières vont être affectées au développement local des 342 communes du pays. Soit
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1 000 milliards de francs guinéens [plus de 96,5 millions d’euros], grâce auxquels chaque commune va pouvoir mettre en œuvre un plan de développement triennal. C’est l’aboutissement de la réforme engagée par le président de la République dans le secteur minier. Cette redistribution en faveur du développement local va satisfaire des besoins sociaux, comme la santé et l’éducation. Elle est encouragée financièrement par la Banque mondiale et par l’Agence française de développement [lire pp. 98-100]. D’autres bailleurs suivront. C’est un drainage des ressources et des moyens pour que les populations prennent davantage en charge leur développement. Pourquoi la création de ZES, en particulier à Boké, est-elle devenue une priorité?
C’est un choix stratégique du chef de l’État, pour que la Guinée participe désormais à l’économie mondiale. Nous avons des atouts : une façade atlantique qui bénéficie du dynamisme du secteur minier, une production énergétique en plein essor [en particulier l’hydroélectricité, lire p. 103], des investissements directs étrangers qui affluent… Or, actuellement, les bateaux miniers qui transportent la bauxite vers l’Asie reviennent vides. À l’instar de Boké, notre capitale même a un emplacement stratégique qui en fait un lieu privilégié pour la production et la redistribution de produits manufacturés en Afrique de l’Ouest, depuis Pékin ou depuis Dubaï. L’ambition du président de la République est de produire plus sur le plan agricole et, surtout, de transformer avant d’exporter, quel que soit le niveau de transformation dans la chaîne de valeur. Ces ZES, qui ont pour but d’intensifier le développement industriel et d’attirer les capitaux, seront des réceptacles pour ces initiatives. Avec l’accompagnement de la Banque africaine de développement [BAD], nous avons déjà lancé le développement de pôles d’agrobusiness et de plateformes logistiques.
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Alpha Condé (en beige) visitant une usine textile réhabilitée, en juin 2018. Pour en venir aux prochaines échéances électorales, le retard pris dans la tenue des législatives risque-t-il d’avoir des incidences sur l’organisation de la présidentielle ?
La dernière réunion du Comité de suivi du dialogue politique montre que, si tous les acteurs y mettent de la volonté, nous arriverons à tenir les législatives cette année. On pourra ainsi respecter la suite du calendrier électoral. Pour le reste, ce n’est pas à un représentant de l’exécutif d’anticiper le calendrier qui doit être proposé par la Ceni [Commission électorale nationale indépendante. À l’issue d’une semaine de retraite stratégique, celle-ci a annoncé le 6 mai que les législatives pourront se tenir entre fin novembre et début décembre 2019, NDLR]. Je pense donc sincèrement que nous pouvons tenir les législatives en 2019 et la présidentielle en 2020. Étant donné qu’elle doit avoir l’accord des partis politiques pour fonctionner, la Ceni est-elle vraiment indépendante?
Vous avez raison, il est nécessaire que l’on fasse l’évaluation de l’impact des accords politiques sur le système légal de notre pays et que nous nous rendions compte que, chaque fois que nous faisons des compromis au détriment de la loi, nous arrivons à des impasses parfois pires que celles que le consensus était censé résoudre. Il faut remettre la loi à sa place, c’est-à-dire au-dessus de tout. Elle est le premier consensus fondamental. Il faut donc plus de rigueur dans son application et, par ailleurs, que les acteurs politiques, une fois que la loi est votée, acceptent que les organes d’État qui en sont chargés l’appliquent sans désemparer. Certains ministres et cadres publics font campagne à travers le pays en faveur d’une modification de la Constitution. Cela veut-il dire que l’exécutif compte déposer un projet de révision, voire de nouvelle Constitution ?
Le débat est un principe en démocratie. Il est tout à fait légitime que des organisations citoyennes, des groupes
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Dans un livre d’entretiens avec François Soudan, à paraître en juin, Alpha Condé se raconte, depuis les quais de Conakry, où il embarque adolescent pour Marseille, au palais Sékhoutoureya, en passant par la Sorbonne, Mai 68, la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (Feanf), les années Mao, la condamnation à mort, la lutte militante, les cachots de Kaloum et
l’élection présidentielle de 2010. On y croise Pierre Mendès France et Malcolm X, Sékou Touré et Robert Kennedy, Julius Nyerere et François Hollande, les fantômes du camp Boiro et la plupart des grandes figures du panafricanisme contemporain. L’itinéraire de cet homme qui refusa toute compromission avant d’accéder au pouvoir se lit comme un roman épique. C.M.
de Guinéennes et de Guinéens, débattent pour améliorer le cadre constitutionnel. Effectivement, de plus en plus de citoyens, isolément ou organisés, posent des questions sur la Constitution de notre pays. Et je crois que ce débat doit se poursuivre. Il est important que tous les acteurs donnent leur avis. Et, le moment venu, qu’elle se manifeste dans un sens ou dans l’autre, tout le monde devra accepter la volonté du peuple, qui est la source de la loi et du pouvoir. Nous devons éviter une forme de terrorisme politique qui interdirait le débat. Il faut laisser le peuple débattre, il demeure un arbitre infaillible de dernier ressort. Beaucoup souhaitent aujourd’hui que nous ayons le courage de relire notre Constitution et que nous en assumions les conséquences. Il est temps de doter le pays d’un système constitutionnel qui assure la pérennité et la stabilité. Ce n’est pas un débat partisan, mais citoyen. Pourquoi maintenant ?
La priorité du président était la réforme des services de sécurité. Et, comme l’a témoigné dernièrement le général Bruno Clément-Bollée, les premiers résultats obtenus grâce à la réforme en matière de sécurité élargie – qui ne concerne pas seulement les armées mais aussi la police, la gendarmerie et la protection civile – sont cités en exemple en Afrique. Il fallait également réformer la justice, refonder les bases de notre économie, etc. Les Guinéens seront-ils consultés ?
C’est au peuple et aux acteurs politiques de fixer ce rendez-vous. Quand ce sera fait, nous participerons au débat. Selon la loi, l’initiative d’une nouvelle Constitution ou d’une révision constitutionnelle appartient concurremment aux élus de l’Assemblée nationale, représentants du peuple, qui incarnent le législatif, et au président de la République, chef de l’exécutif. Je crois donc que le jeu
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VINCENT FOURNIER/JA
LA SAGA ALPHA
Alpha Condé. Une certaine idée de la Guinée. Entretiens avec François Soudan Éditions FavreLa Revue, LausanneParis, 2019, 130 pages
institutionnel est tout à fait ouvert pour que les citoyens puissent être consultés. Alpha Condé sera-t-il candidat à un troisième mandat ?
Je ne le sais pas. Ce que je sais, c’est qu’il a servi son pays avec courage et abnégation. Nous souhaitons que, quels que soient la place et le rôle qui seront les siens, il continue d’insuffler cette énergie à la Guinée et de contribuer à sa construction, ainsi qu’à celle de l’Afrique, pour laquelle il a une profonde passion. Estimant qu’il est de plus en plus probable qu’Alpha Condé tente de pouvoir briguer un troisième mandat, les principaux leaders de l’opposition ont créé un Front national pour la défense de la Constitution (FNDC, lire pp. 88 à 91), en y associant des représentants de la société civile. Qu’en pensez-vous ?
Qu’ils sont mal placés pour parler ainsi. Qui a piloté la révision de la Constitution sous la IIe République ? Avec le Premier ministre Sidya Touré, les Guinéens ont découvert le slogan : « Ton pied, mon pied. » En 2001, Cellou Dalein Diallo, à l’époque ministre des Travaux publics, a dirigé la campagne en Moyenne-Guinée pour le oui au référendum, et d’autres ont contribué à faire passer cette révision de la Constitution, qui a fait passer le mandat de cinq à sept ans, sans limitation, c’est-à-dire l’instauration d’une présidence à vie ! À l’époque, j’étais moi-même secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Pour en revenir au débat d’aujourd’hui, certes, il y a ce front de l’opposition, mais on voit aussi que d’autres fronts s’organisent pour protéger la souveraineté du peuple de Guinée. Il est tout à fait légitime que les uns soient pour et que les autres soient contre. L’important, c’est que le débat ait lieu de façon démocratique, dans le respect de la loi et de l’opinion d’autrui, et que toute violence en soit bannie.
LE DÉBAT EST UN PRINCIPE EN DÉMOCRATIE. NOUS DEVONS ÉVITER UNE FORME DE TERRORISME POLITIQUE QUI L’INTERDIRAIT.
COMMUNIQUÉ
Votre partenaire logistique Une capacité de prise en charge de la logistique intégrée des projets industriels et miniers en respectant les standards internationaux
logistique intégrée exceptionnel. Celui-ci démarre par la gestion quotidienne des ressources sur site (base vie, approvisionnement, etc.). Les ressources minières sont transportées par une flotte d’un millier de camions de grande capacité (jusqu’à 120 tonnes) sur des routes minières exclusives, menant aux terminaux construits sur les rives du Rio Nuñez à Katougouma et Dapilon. Environ 120 000 tonnes de bauxite sont ainsi acheminées chaque jour. Chargée sur des barges, le minerai est ensuite conduit jusqu’au port d’embarquement pour être expédié vers la Chine.
Fondé en 2002, le groupe United Mining Supply (UMS) est leader de la logistique intégrée en Guinée et en Afrique de l’ouest. Il est spécialisé dans l’accompagnement des sociétés minières et industrielles en leur fournissant des prestations complètes de bout-en-bout, dans le cadre d’une approche sur-mesure en fonction des besoins spécifiques de chaque client. Équipé d’une flotte de plus de 600 camions, allant de la benne au porte-char, et de sa flotte aérienne de deux avions, le groupe UMS prend en charge le transport et la logistique d’une large gamme de produits : miniers, hydrocarbures, marchandises diverses (ciment, produits agricoles, etc.), colis lourds et convois exceptionnels, produits dangereux, etc.
L’exigence de conformité Les prestations répondent aux standards internationaux de la profession. UMS a été l’une des premières entreprises guinéennes à obtenir la certification ISO 9 001 et un processus est en cours pour les certifications ISO 14 001 et OHSAS 18 001. UMS est aussi certifiée ICMI pour le transport de cyanures. Fort de 4 000 employés, le groupe UMS est fier de ses racines guinéennes avec plus de 90 % d’employés guinéens et des programmes de formations interne et externe visant à significativement augmenter ce chiffre à court terme, notamment en continuant de recruter parmi la jeunesse du pays.
UTS, ACTEUR DE LA DISTRIBUTION DE PRODUITS PÉTROLIERS
UMS compte parmi ses clients plusieurs sociétés industrielles ainsi que des organisations internationales et gouvernementales. Il met en place des solutions sur-mesure, adaptées aux besoins de chacun de ses clients. Il assure, par exemple, le transport pour GIC, leader du ciment en Guinée, de plus de 1 Mt par an grâce à une flotte dédiée de 55 camions. Le groupe est le partenaire logistique privilégié de Total et de Vivo Energy : il fournit une prestation de transport de divers types de carburants avec, également, une flotte dédiée.
Dans le cadre de cette stratégie au cas par cas, UMS sait mettre en place une logistique complexe et spécifique, totalement intégrée, dans le secteur minier. C’est avec ce savoir-faire que le groupe intervient, conjointement avec les sociétés Winning Shipping et China Hongqiao, dans le cadre du consortium SMB Winning. Le consortium exploite plusieurs plateaux miniers de bauxite située à une moyenne de 45 kilomètres des rives Nord du Rio Nuñez. L’extraction a démarré en juillet 2015 et le groupe UMS a conçu un modèle de
Pour en savoir plus : www.ums-international.com
Immeuble WAZNI, Tombo 1, Kaloum, Conakry, Guinée – BP 2162
Créée en 2015, la filiale United Trade Services (UTS) dispose d’une flotte dédiée de plus de 50 camions-citernes qui permet à UMS de gérer toute la chaîne du carburant. La solide implantation d’UTS à Boké lui permet de proposer ses services à tous les clients miniers de la région. La société dispose de 10 stations publiques fonctionnelles et prévoit de tripler leur nombre d’ici 2020. A cela s’ajoutent 2 stations minières. La capacité de stockage devrait être portée à 6 millions de litres à la même date.
JAMG - PHOTOS : D.R.
Gérer la complexité
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Première réunion de la Convergence de l’opposition démocratique (COD), le 22 février, à Conakry.
OPPOSITION
D’une coalition l’autre Dans la perspective des prochains scrutins, les adversaires d’Alpha Condé se réorganisent mais restent partagés. Sauf sur la nécessité d’une alternance en 2020. DIAWO BARRY, à Conakry
l y a encore quelques mois, l’Opposition républicaine regroupait les principaux partis autour de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition et président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Désormais, elle se résume presque à la seule UFDG. Si cette formation a maintenu son statut de deuxième force politique du pays et de premier parti d’opposition lors des élections communales du 4 février 2018, elle est fragilisée depuis l’exclusion, en février 2016, de son ex-vice-président fondateur, Bah Oury, désormais à la tête de l’UFDG-Renouveau. Surtout, depuis le 22 février, six leaders de partis ont décidé de cofonder une autre coalition, la Convergence de l’opposition démocratique (COD), qui pourrait, le moment venu, se muer en alliance électorale. Cette COD réunit l’Union des forces
Se réunir n’est pas s’unir
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républicaines (UFR), de Sidya Touré (lire pp. 90-91), le Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), de l’ex-Premier ministre Lansana Kouyaté, l’UFDG-Renouveau, l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), le Parti des démocrates pour l’espoir (Pades), Génération citoyenne (Geci) et la Force des intègres pour la démocratie et la liberté (Fidel). Un troisième groupement, la Coalition des partis pour la rupture (CPR), s’est constitué autour de Faya Millimouno. Arrivé quatrième à la présidentielle de 2015, le président du Bloc libéral (BL) est réputé constant dans ses positions – en particulier dans son refus catégorique de transiger avec la loi – et régulièrement en désaccord avec celles défendues par Cellou Dalein Diallo et par Sidya Touré. Contrairement à ces derniers, il avait rappelé lors des élections locales de 2018 son opposition à la désignation des chefs des quartiers (qui étaient auparavant élus), entérinée par l’accord politique d’octobre 2016. Le 5 avril, à la tête d’une dizaine de manifestants, il a également protesté contre la rentrée parlementaire – le mandat des députés, qui prenait normalement fin à la mi-janvier, avait été prorogé par décret compte tenu du report des législatives. Les députés d’opposition disent tenir à siéger, notamment pour empêcher l’adoption d’une révision constitutionnelle qui permettrait à Alpha Condé de briguer un troisième mandat, après dix ans au pouvoir.
CRÉÉE PAR LES LEADERS DE SIX PARTIS, LA COD POURRAIT, LE MOMENT VENU, SE MUER EN ALLIANCE ÉLECTORALE.
En revanche, la nécessité d’une alternance lors de la présidentielle de 2020 fait d’ailleurs l’unanimité au sein de l’opposition. Ses poids lourds, l’UFDG, l’UFR, BL, avec une partie de la société civile, ont ainsi créé, le 3 avril, le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). « On n’est pas encore au scrutin et, pour le moment, c’est ce débat qui occupe le terrain, tient à souligner Sidya Touré. Il s’agit d’une plateforme réunissant tous les Guinéens opposés à un éventuel troisième mandat du président sortant, même s’ils ne sont pas de l’opposition. Il n’est pas question d’union de l’opposition. La COD est unie dans la COD, l’Opposition républicaine au sein de l’Opposition républicaine… Le moment venu, on parlera de l’union de l’opposition en général. Pour le moment, ce n’est pas d’actualité. »
Grand format GUINÉE ENJEUX
Sidya Touré
Président de l’Union des forces républicaines (UFR)
« Si Condé ne se représente pas, je serai président » Propos recueillis à Conakry par FRANÇOIS-XAVIER FRELAND
idya Touré observe longtemps son interlocuteur avant de prendre la parole. Ses phrases sont courtes, efficaces, dignes d’un homme politique aguerri et d’un serviteur de l’État à la longue carrière. Ce septuagénaire, fils d’un petit commerçant de Boké, en Côte d’Ivoire, a commencé sa scolarité à Abidjan, passé son bac à Vitré, en France, et fait ses études supérieures à Paris (licence en droit des affaires à Paris-II, puis École nationale du Trésor). En 1972, il intègre la direction de la comptabilité publique ivoirienne à Abidjan. Puis, pendant vingt ans, il assurera la direction d’administrations, de sociétés publiques et de cabinets ministériels ivoiriens, jusqu’à devenir directeur de cabinet du Premier ministre Alassane Ouattara, de novembre 1990 à décembre 1993. L’année suivante, Sidya Touré rentre en Guinée, dont il est le Premier ministre de 1996 à 1999. En 2000, il est élu à la tête de l’Union des forces républicaines (UFR). Il est candidat à la première élection présidentielle démocratique du pays, en 2010, à l’issue de laquelle Alpha Condé arrive au pouvoir ; lui finit troisième (avec 15,60 % des suffrages exprimés). Même résultat lors de la présidentielle d’octobre 2015, cette fois remportée dès le premier tour par Alpha Condé. Après avoir dénoncé « des fraudes massives » en faveur du président sortant, le leader de l’UFR accepte finalement, en janvier 2016, de devenir haut représentant du chef de l’État. Une fonction qui lui donne un rôle de conseil de l’exécutif pour le second quinquennat. Il en démissionne près de trois ans plus tard, le 11 décembre 2018, « faute de résultats », dit-il. Et, à l’évidence, pour préparer la présidentielle de 2020.
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SYLVAIN CHERKAOUI POUR JA
S
Parti libéral centriste fondé en 1992, l’UFR est la deuxième formation d’opposition, avec dix députés élus à l’issue des élections législatives de 2013, sur un total de 114 sièges.
Jeune Afrique : Pourquoi semblez-vous plus hostile que jamais au président Alpha Condé, alors que, pendant près de trois ans, vous et lui avez été plutôt proches ? Sidya Touré : « Proches » n’est pas le
mot. Surtout, je suis contre le troisième mandat et j’émets des réserves sur la neutralité de la Ceni [Commission électorale nationale indépendante]. Déjà en 2010, j’ai fortement contesté l’élection d’Alpha Condé, que j’estimais entachée de fraudes. Puis il y a eu le « coup KO » en 2015 et, surtout, son 1,574 million d’électeurs fictifs… Pendant le premier mandat d’Alpha Condé, aucun objectif n’a été atteint. Pour le deuxième, je voulais donner des conseils, alors j’ai accepté de devenir haut représentant du chef de l’État – en insistant pour ne pas être rémunéré. J’ai
notamment tenté d’améliorer l’électricité, ainsi que le secteur des mines pour que ce dernier participe de manière inclusive au développement. Malheureusement, Alpha Condé n’écoute pas, il dirige tout seul, à l’ancienne. Alpha est un homme du passé. Pour certains, vous faites aussi partie du passé…
Je suis plus jeune que lui ! [Sidya Touré aura 74 ans en août, Alpha Condé vient d’en avoir 81.] En Guinée, je suis mon propre modèle. Je n’en trouve pas d’autre. Quand je vois ce qu’est devenu le pays, je me dis que Lansana Conté a été l’homme des réformes, le fondateur d’une Guinée en voie de démocratisation. On est passé d’un système socialo-communiste à l’économie de marché. Avec lui, nous avons restructuré le pays, créé les institutions. Le multipartisme, c’est lui, la Cour suprême, c’est lui !… C’était un homme avec qui l’on pouvait discuter. Alpha Condé, lui, n’a jamais rien fait. Son premier job, ça a été président de la République, à 73 ans. Et vous, qu’avez-vous fait ?
Moi ? J’ai d’abord participé à la transformation de la Côte d’Ivoire. Cette expérience a changé ma vision du rôle de l’État dans le système économique. Ensuite, en tant que Premier ministre en Guinée, j’ai apporté l’eau et l’électricité, j’ai remis de l’ordre dans l’administration, j’ai renoué les liens avec la communauté internationale. On dit que c’est le meilleur bilan en Guinée des soixante dernières années. Si Condé ne se représente pas, je serai le prochain président. S’il y va, la vie politique en Guinée s’arrête. Il y aura énormément de troubles. Si vous êtes élu en 2020, quel est votre programme ?
Je renouvellerai l’État, je remettrai l’administration en place et je veillerai à la bonne gouvernance. Je ferai en sorte qu’une équipe puisse faire avancer des projets. J’investirai fortement dans l’économie agricole. Dans l’éducation aussi. Je construirai de vraies écoles, de vrais hôpitaux et, bien sûr, des routes. Quant au secteur minier, je le développerai, tout en veillant à préserver l’environnement. La Guinée est un immense chantier, tout est à faire.
GROS PLAN
Itinéraire d’un non-aligné FRANÇOIS-XAVIER FRELAND
À
45 ans, Siaka Barry semble avoir gagné en sagesse. L’ex-ministre de la Culture, des Sports et du Patrimoine historique ne s’enflamme plus pour les idoles de sa jeunesse. « De Sékou Touré, je garde les discours panafricanistes, le pragmatisme économique, et je condamne les horreurs. Je suis un réconciliateur », résume-t-il. Après un an et demi au sein du gouvernement, il en a été débarqué lors du remaniement d’août 2017. Certains murmurent alors qu’Alpha Condé lui reprocherait son manque de loyauté, d’autres sa popularité. « On m’a même soupçonné de m’être enrichi au pouvoir, alors que j’ai construit mon patrimoine grâce à mes postes de direction dans les institutions internationales et que j’ai été le seul ministre à déclarer mes biens en entrant au gouvernement. » Depuis, « pour se protéger du qu’en-dira-t-on », ce fan de Victor Hugo, de Thomas Sankara et de Bob Marley s’est reclus dans son imposante villa conakryka, située au fond d’une impasse du quartier de Lambanyi. Il en profite pour y bouquiner sur sa terrasse – en ce moment, Les Révoltés de l’Amistad, de l’Américain Marcus Rediker, l’histoire d’esclaves africains qui se soulèvent, en 1839, pendant leur traversée entre Cuba et les États-Unis.
Le goût des discussions au « grin »
Critique envers l’exécutif comme envers l’opposition, qu’il estime irresponsable, Siaka Barry déplore que ce soient « les mêmes qui dirigent le pays depuis trente ans ». Le 2 février, il a créé son parti, Guinée debout, et annoncé sa candidature à la présidentielle de 2020. « Nous sommes un mouvement nonaligné,social-démocrate,etnouspostulonsàl’Internationalesocialiste», explique-t-il, ajoutant que son programme sera fondé sur « la bonne gouvernance, l’équité sociale et l’unité nationale interethnique ». Fidèle à ses idéaux de solidarité. Fils de marabout, Siaka Barry a grandi dans un village de la région de Kankan au sein d’une fratrie de vingt enfants, a fait ses classes chez les pères catéchistes d’Abidjan, son DEA en économie du développement à l’UniversitécatholiquedeLouvain(Belgique),aétécadreauseind’institutions et d’ONG internationales (Pnud, Oxfam, Save the Children, etc.) en Guinée, au Mali, au Tchad. Fidèle, aussi, à son goût pour les discussions au « grin », le futur candidat organise déjà des thés-débats dans les quartiers populaires « pour aller au contact du peuple » et, surtout, des jeunes. jeuneafrique no 3044 du 12 au 18 mai 2019
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SOGEAC AÉROPORT DE CONAKRY
L
a Société de gestion et d’exploitation de l’aéroport de Conakry (SOGEAC) est une société d’économie mixte, née de la volonté de développer les
infrastructures nécessaires pour faire de l’aéroport l’un des fers de lance de la
vitalité économique du pays. Elle est chargée de la gestion, de l’exploitation, de l’entretien, du renouvellement des infrastructures et du développement de l’aéroport international de Conakry. Dans le cadre de cette mission, elle travaille activement avec ses partenaires pour : • Promouvoir la desserte en fidélisant les liaisons existantes et en attirant de nouvelles compagnies aériennes ; • Améliorer continuellement la qualité de service et des installations avec une forte prise en compte des mesures de sûreté et de sécurité ; • Augmenter la capacité afin de répondre aux besoins opérationnels des usagers ; • Moderniser l’aéroport et renforcer la compétence des employés.
L’aéroport international de Conakry mieux connecté au monde L’aéroport de Conakry a enregistré ces dernières années une augmentation significative du nombre de compagnies aériennes et une augmentation de la fréquentation des autres compagnies aériennes qui opéraient depuis plusieurs années. Ceci a permis d’obtenir des connexions multiples vers les grands hubs internationaux. La desserte a été améliorée avec des prix compétitifs en faveur des voyageurs. La SOGEAC et ses partenaires comptent poursuivre les contacts avec de nouvelles compagnies aériennes afin de renforcer la fréquentation de l’Aéroport de Conakry. La SOGEAC remercie Son Excellence Monsieur le Président de la République, le Professeur Alpha Condé et son gouvernement pour le soutien constant qui a permis de mettre en œuvre sa politique d’ouverture en faveur
© CELLOU BINANI
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du développement et de la modernisation de l’aéroport de Conakry.
SOCIÉTÉ DE GESTION ET D’EXPLOITATION DE L’AÉROPORT DE CONAKRY BP 3126 • Conakry, République de Guinée • Tél. : (+224) 656 99 90 10 • E-mail : contact@sogeac-conakry.com
COMMUNIQUÉ
© YOURI LENQUETTE
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Aéroport de Conakry, le moteur de la vitalité économique guinéenne
www.aeroportdeconakry.com
SOGEAC AÉROPORT DE CONAKRY
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GOUVERNANCE
Pour en finir avec les mauvaises habitudes Si les progrès sont réels, la corruption reste endémique. Le gouvernement entend intensifier la lutte contre ce fléau jusqu’à la fin du quinquennat. Et le fait savoir.
moins de 1 euro] pour payer le carburant ? » Une question qui n’en est pas une et que beaucoup de policiers guinéens, sans doute pas assez payés, lancent aux automobilistes pour leur soutirer un peu d’argent. Las, les conducteurs s’exécutent sans broncher. Celui qui a choisi d’accélérer, avant d’être rapidement rattrapé par un motard, doit payer sur-le-champ une contravention de 100 000 francs (9,60 euros) et risque un retrait de permis. « Qu’est-ce qu’un pays où l’autorité ne se fait pas respecter ? », rétorque avec raison le policier au contrevenant qui tente de discuter, pour finalement payer et reprendre le volant en maugréant. Il savait que s’il s’arrêtait, quoi qu’il ait fait ou quoi qu’il n’ait pas fait, il allait encore payer. Cette petite anecdote, où chacun choisira son héros, résume un phénomène qui ne cesse de ronger la société guinéenne: la corruption. Avec, en effet boomerang, l’incivilité des Guinéens et leur manque de considérationà l’égard des autorités et de l’État.
Exemple… à ne pas suivre
FRANÇOIS-XAVIER FRELAND, envoyé spécial
oute nationale 1, entre Conakry et Kindia. Le taxi roule à allure normale. Tous les 10 km, il doit cependant s’arrêter pour un contrôle de police. Tantôt pour écoper d’une amende pour un rétroviseur mal vissé, tantôt pour entendre le sempiternel : « Vous n’auriez pas 10 000 francs [guinéens, soit un peu
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« Quand j’ai été élu, j’ai hérité d’un pays, pas d’un État. Parce que tout était priorité et tout était à refaire », avait déclaré le président Alpha Condé au début de son premier mandat, en décembre 2010. Il promettait alors de remettre de l’ordre, notamment du côté de la justice et dans la gestion des affaires. Si le dernier rapport de Transparency International sur l’indice de perception de la corruption, publié en janvier 2019, constate une légère amélioration, le résultat n’est pas brillant pour autant : la Guinée se classe au 138e rang mondial sur 180 pays étudiés (148e sur 180 en 2017).
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Pourtant, en nommant au portefeuille de la Justice Me Cheick Sako, avocat au barreau de Montpellier, dans le sud de la France, en janvier 2014, le président Alpha Condé avait voulu donner un signe fort de sa volonté d’en découdre avec « les mauvaises habitudes ». Depuis, le garde des Sceaux a engagé une vaste politique de réformes dans le secteur judiciaire, notamment en matière de lutte contre l’impunité, dans le cadre de laquelle il a fait adopter, en juillet 2017, une loi relative à la lutte contre la corruption qui souligne que « les crimes économiques sont imprescriptibles ». Lors d’un forum organisé en février, à Conakry, sur la gouvernance et la transparence, Me Cheick Sako a une nouvelle fois exhorté les participants – chefs d’entreprise, politiques, fonctionnaires… – à redoubler d’efforts en dénonçant systématiquement « les maux dont souffre la Guinée ».
Affairisme
De son côté, l’opposition reproche au gouvernement d’avoir échoué dans sa lutte contre la corruption. Certains, comme Abdourahmane Sano, président de la Plateforme des citoyens unis pour le développement (PCUD), accusent même l’exécutif d’avoir laissé prospérer l’affairisme. « Notre pays est l’un des principaux exportateurs de bauxite dans le monde. Il possède des gisements de minerai de fer, de l’or, du pétrole. Il est pourtant l’un des plus pauvres, et sa jeunesse s’en va. Où va l’argent ? Ce sont ces affairistes qui poussent le président Alpha à briguer un troisième mandat pour protéger leurs acquis », tempête Abdourahmane Sano. Les voix qui s’indignent contre ce fléau proviennent aussi des rangs de la majorité présidentielle, dont le chef de file au Parlement, Amadou Damaro Camara, n’est pas en reste pour critiquer l’impunité et la corruption qui règnent dans les différentes sphères de la société. Récemment, il s’est attiré les foudres des milieux judiciaires dont il a accusé certains magistrats d’être corrompus. Le député défend par ailleurs le bilan de la majorité, en particulier ses efforts pour améliorer la gouvernance. « Tout est bon pour nous salir ou accuser le gouvernement d’immobilisme. Or jamais le pays n’a autant profité de
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ses richesses, estime Amadou Damaro Camara. Non seulement Alpha Condé a engagé l’électrification du pays, mais il a remis de l’ordre dans la maison Guinée. Quand nous sommes arrivés, il n’y avait, dans certaines régions, ni commissariats ni gendarmeries. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Grâce à une gestion plus vertueuse des deniers publics et à un meilleur respect de la loi, nous avons amélioré le système sanitaire, fait de gros efforts en matière d’infrastructures routières. Le budget de l’Éducation n’a jamais été aussi important. En réalité, on nous accuse de tout, parce qu’on craint le troisième mandat. »
Des juges sanctionnés L’INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE EST CONTENUE DANS LA CONSTITUTION, MAIS PAS L’INDÉPENDANCE DE LA JUSTICE À L’ÉGARD DE L’ARGENT. ALPHA CONDÉ,
le 21 mars, à l’occasion de l’inauguration du siège du premier tribunal de commerce du pays, à Conakry
Signe que les choses changent, même si c’est trop lentement pour certains, Alpha Condé inaugurait, en mars, le siège du premier tribunal de commerce de Guinée, marquant ainsi la volonté de faire de la Guinée un pays doté d’un « environnement juridique et judiciaire sain, sécurisé et favorable aux activités économiques ». Comme l’a rappelé le chef de l’État lors de son discours : « L’indépendance de la justice est contenue dans la Constitution, mais ce qui n’est pas contenu dans la Constitution est l’indépendance de la justice à l’égard de l’argent. Le Conseil supérieur de la magistrature sanctionne, il y a des juges qui sont révoqués, des juges sont rétrogradés, d’autres sont suspendus, mais la population ne le sait pas. Tant que les populations ne sauront pas que tel juge a été sanctionné, comment voulez-vous qu’elles soient encouragées à porter plainte ? » Une manière de remettre chacun devant ses responsabilités, y compris l’exécutif. Pas simple pour un magistrat, comme pour un policier ou un agent administratif, de ne pas succomber aux pressions et aux tentations, sachant que, outre le fait que certains puissants se croiront toujours au-dessus des lois, à moins qu’on ne les leur rappelle, l’une des principales causes de la corruption est à chercher dans la faiblesse des rémunérations. Selon une étude réalisée par Human Rights Watch, le salaire moyen mensuel d’un juge en Guinée est de 76 dollars, alors que le coût de la vie pour une famille de quatre personnes s’élève à 230 dollars par mois.
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ÉCONOMIE
Le chantier du complexe hydroélectrique de Souapiti, qui sera entièrement opérationnel en 2020.
Une si longue L
Relance du secteur minier, reprise des investissements étrangers, mise à niveau des capacités énergétiques… Le pays connaît son plus fort cycle de croissance depuis l’indépendance. Mais beaucoup reste à faire pour diversifier les activités et améliorer le quotidien. 98
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ALAIN FAUJAS
a Guinée se transforme vite sous la férule d’un président entreprenant qui a lancé des chantiers tous azimuts. Conakry change de visage. La route nationale 1 est en cours de réhabilitation. L’anacarde et le riz prospèrent dans les champs. L’électricité se fait un peu moins rare. Les engins s’activent pour construire les barrages, les ports et les voies ferrées nécessités par l’extension des mines et l’ouverture de raffineries de bauxite. Cette frénésie a des conséquences très positives, à commencer par une croissance que le FMI voit se maintenir autour de 6 % en 2019 et en 2020, notamment parce que les exportations de bauxite ont triplé en quatre ans et promettent de poursuivre sur cette lancée. Le budget de l’État
s’achemine vers un excédent primaire, c’est-à-dire qu’il dégagera à la fin de cette année un excédent avant paiement des intérêts et des remboursements de la dette. Après avoir culminé à 45,6 % du PIB, celle-ci adoptera une pente descendante en 2020. Les réserves en devises devraient augmenter à 3,5 mois d’importations. Deux indicateurs sont moins favorables. L’inflation demeure supérieure à 8 % par an. Et le déficit du compte courant reste important: en 2018, les exportations ont progressé de 9,8 %, mais les importations ont bondi de 22,7 % en raison des arrivées massives de matériaux et d’équipements pour les nombreux chantiers. Les réformes engagées par le gouvernement ont contribué à ces résultats globalement satisfaisants. Ainsi en est-il de la réduction des subventions aux carburants et
DR
attente à l’électricité, n’en déplaise aux manifestants qui ont fortement contesté, en 2018, une augmentation des prix à la pompe en rapport avec celle du prix mondial du baril de pétrole. La décentralisation semble en bonne voie depuis que l’exécutif a décidé de lui affecter 15 % des recettes minières.
Développement local
Cet argent a commencé à arriver à l’Agence nationale de financement des collectivités (Anafic), et les communes peuvent espérer profiter bientôt de cette manne, qui pourrait dépasser les 60 millions de dollars par an et qui sera grossie par des apports de la Banque mondiale (40 millions de dollars) ainsi que de l’Agence française de développement (10 millions d’euros sur quatre ans). Une façon
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de faire enfin profiter concrètement les populations des retombées de l’exploitation de leur sous-sol. La frénésie de chantiers comporte toutefois des inconvénients, car l’administration, trop faible, peine à suivre le rythme. Faire vite suppose de se tourner vers des bailleurs de fonds moins regardants et, surtout, plus chers que les institutions multilatérales. Aussi le FMI a-t-il froncé les sourcils devant le prêt de 1,2 milliard de dollars accordé par l’Eximbank chinoise pour le barrage de Souapiti (lire p. 103). Faire vite, c’est choisir de se mettre dans une situation de dépendance envers la Chine, qui est le premier acheteur des minerais guinéens et qui bâtit barrages, routes, ports à tour de bras. Faire vite, c’est aussi malmener les populations, priées de déguerpir devant les chantiers et d’accepter un bouleversement brutal de leur mode de vie. Faire vite, c’est mal maîtriser ses investissements. En mars, le FMI a publié une « évaluation » qui qualifie la gestion des investissements publics guinéens de « peu efficiente » en matière de partenariats public-privé (PPP). « La Guinée a récemment signé une vingtaine de contrats PPP par entente directe, alors que leur encadrement institutionnel n’est pas finalisé, ce qui constitue des sources de risques financiers potentiels qui, par ailleurs, ne sont pas évalués », souligne le FMI. Et d’ajouter: « La plupart des grands projets financés sur ressources propres dans les budgets 2017 et 2018 n’ont pas fait l’objet d’évaluations économiques et financières, et leur sélection n’est pas rigoureuse. »
Une croissance soutenue
Projections
2017 2018 2019 2020 (variation annuelle en %)
PIB réel, à prix constants Minier Non minier
Inflation (moyenne annuelle)
9,9 52,3 4,1
5,8 6,7 5,6
5,9 8,5 5,4
6,0 8,3 5,6
8,9
9,7
8,9
8,3
(en % du PIB)
Solde budgétaire global (dons inclus) – 2,0 – 2,0 Total des recettes et dons, 15,2 dont recettes non minières et hors dons 11,4
15,4 11,0
– 2,3 15,6 11,7
– 1,7 16,4 12,6
Total des dépenses et prêts, dont dépenses courantes
17,2 11,4
17,5 10,8
17,9 10,2
18,1 10,9
Balance extérieure globale
0,7
1,6
1,4
1,2
39,6 19,2
38,4 21,3
45,6 31,3
45,0 32,4
Dette publique totale
Dette extérieure
Premier employeur : l’agriculture
Quelques progrès sociaux Pour l’année 2017
Primaire 16,4 % du PIB 68 % des emplois
Population
12,7 millions d’habitants
La « malédiction des matières premières »
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Secondaire
Taux de croissance 2,6 % par an
Tertiaire
32,4 %
40,7 %
du PIB 26 % des emplois
du PIB 6% des emplois
Population urbaine
35,8 %
Espérance de vie
60,6 ans
Un afflux d’IDE
(Flux entrants, en millions de $, en 2017) SOURCES : AUTORITÉS NATIONALES, FMI, BANQUE MONDIALE, CNUCED, PNUD
Faire vite, c’est privilégier le plus facile, c’est-à-dire les mines, éloignant par là la perspective d’une diversification de l’économie guinéenne et aggravant le risque de ce que l’on appelle la « malédiction des matières premières ». On comprend qu’Alpha Condé multiplie les contrats bénéfiques pour les finances publiques et privilégie la transformation sur place de ces matières premières: l’exportation de la bauxite transformée en alumine rapporte entre dix et quarante fois plus, selon les périodes, que celle du minerai brut. Mais la Guinée risque de dépendre de plus en plus des mouvements erratiques du cours mondial de l’aluminium – ou de celui du fer, si l’exploitation de l’énorme gisement de Simandou se concrétise un jour. À titre d’exemple, les sommes promises pour développer une agriculture qui fait vivre 80 % des 14 millions de Guinéens sont infimes en comparaison des milliards de dollars requis pour une mine ou une raffinerie. Des installations exigeantes en capitaux et en technologies mais procurant peu d’emplois – et surtout peu d’emplois à forte valeur ajoutée, faute de compétences sur le marché du travail local. Le FMI ne tient pas rigueur à la Guinée de ses fragilités. En décembre 2018, il a débloqué en sa faveur les 23,9 millions de dollars de la deuxième tranche de son appui triennal de 71,6 millions, permettant aux bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux de poursuivre leur aide vigoureuse en faveur d’un pays martyrisé par des décennies de dictature et de gestion aberrante.
675
Côte d’Ivoire
577
Guinée
532
Sénégal
334
Burkina Faso Niger
266
Mali Bénin Togo
Taux de chômage : 4,5 % de la population active
Population vivant au-dessous du seuil de pauvreté (1,90 $/jour)
8,7 %
184 146 17
Indice de développement humain (IDH) : 0,459, soit le 175e rang sur 189 pays classés, et le 39e pays africain sur 52 classés
COMMUNIQUÉ
RÉPUBLIQUE DE GUINÉE • MINISTÈRE DU BUDGET
Améliorer la performance de la gestion des finances publiques pour permettre à la Guinée d’accéder au palier de l’émergence
L
Q Un système électronique de paiement des impôts et redevance
Depuis 2010,les autorités ont introduit des outils de gestion modernes pour améliorer la gouvernance et restaurer les capacités de l’administration des finances publiques.
Tous les paiements des impôts, droits, taxes et redevances dus à l’État sont effectués depuis début janvier 2019 par virement bancaire via le système RTGS (Real Time Gross Settlement) à l’exception des paiements de faible valeur. Le paiement mobile a été généralisé pour la taxe unique sur les véhicules (TUV) et il en sera de même pour la contribution foncière unique (CFU). Par ailleurs, une déclaration mensuelle unique (DMU) a été mise en ligne en attendant la mise en ligne de la plateforme électronique eTaxe.
Q Une plateforme d’échange automatisée d’informations et de données entre la DNI, la DGD, le Trésor, l’APIP et la BCRG En vue d’accroître l’efficacité de l’Administration fiscale et d’améliorer le service aux usagers, le département a parachevé les travaux d’interconnexion physique par fibre optique et d’interfaçage entre les régies financières (DNI, DGD, Trésor) et la Banque centrale, ainsi qu’entre la Direction nationale des impôts (DNI) et l’Agence de promotion des investissements privés (APIP).
Q Un numéro d’identification fiscale permanent (NIFp) pour mieux maîtriser l’assiette fiscale L’instauration d’un nouvel identifiant fiscal permanent ISMAËL DIOUBATÉ réduit l’écart entre les reMINISTRE DU BUDGET RÉPUBLIQUE DE GUINÉE cettes effectivement mobilisées et le potentiel fiscal, et permet en même temps de maîtriser le répertoire des contribuables dont la déperdition reste importante. Aujourd’hui, l’attribution du NIF permanent aux contribuables est appuyée par leur géolocalisation et une centralisation des informations les concernant dans la base de données fiscales de la DNI.
Q Une application d’alerte et de notification a été lancée pour informer les prestataires de l’État sur l’évolution de leurs dossiers Elle est introduite pour lutter contre la corruption et pour promouvoir la transparence dans l’exécution de la dépense publique.
Q Un mécanisme d’évaluation de la performance des Chefs de Division des Affaires Administrative et Financière Q Une réorganisation de la Direction nationale des Impôts et l’ancrage des régies des douanes et des impôts dans un contrat d’objectifs et de moyens Q Un Guichet unique du commerce extérieur guinéen (GUCEG) au niveau des douanes en partenariat avec un opérateur privé Globalement, la gestion des finances publiques a contribué à la consolidation de la stabilité macroéconomique, comme en témoignent les différentes revues réalisées par les partenaires au développement de la Guinée, notamment par le Fonds monétaire international (FMI).
RÉPUBLIQUE DE GUINÉE • MINISTÈRE DU BUDGET Boulevard du Commerce - BP : 519 - Conakry, République de Guinée - www.mbudget.gov.gn
DIFCOM/DF - PHOTO : DR.
a dynamique de réforme de la gestion des finances publiques est encadrée par la lettre de mission du Premier Ministre et bénéficie du soutien du Président de la République, le professeur Alpha Condé.
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INDUSTRIES EXTRACTIVES
Le grand boom de la bauxite Avec la mise en exploitation du site de la SMB, la production de ce minerai stratégique a triplé en trois ans, pour atteindre 60 millions de tonnes en 2018. Et ce n’est pas fini. DIAWO BARRY
a Guinée abrite plus du tiers des réserves mondiales de bauxite, dont la production nationale est passée de 20 millions de tonnes en 2016 à 60 millions en 2018. Elle est principalement extraite des sites exploités en Guinée maritime par trois entités: la Société minière de Boké (SMB-Winning), consortium francosino-singapourien représentant plus de 58 % de la production en 2018; la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), opérateur historique du gisement de Sangarédi, détenu à 49 % par l’État et à 51 % par un consortium regroupant Rio Tinto Alcan, Alcoa et Dadco (25 % de la production); et la Compagnie des bauxites de Kindia (CBK), filiale de Rusal (6 % de la production). SMB-Winning a vu sa production passer de 12 millions de t au début de ses activités d’exploitation, en 2016, à 42 millions en 2018. Il prévoit de dépasser les 50 millions de t avec l’entrée en production, en 2022, de ses gisements de Santou et de Houda, situés dans la préfecture de Télimélé. Le 29 mars, le consortium a d’ailleurs lancé la construction d’une voie ferrée pour relier ces deux sites au terminal de Dapilon (l’un des deux terminaux fluviaux minéraliers qu’elle a construits, avec celui de Katougouma, au port de Boké), à partir duquel la bauxite est exportée vers la Chine pour le compte de Shandong Weiqiao, l’un des quatre partenaires du consortium. Jusqu’à présent, SMB-Winning a développé un système de transport fluvial par barge sur le rio Nunez, ainsi que par camion, mais ce dernier mode de transport serait moins rentable au-delà de 50 km. La ligne de chemin de fer DapilonSantou, dont la mise en service est prévue pour 2022, parcourra 135 km, comportera 23 ponts et 3 tunnels, pour un coût total estimé à 1,2 milliard de dollars (1,1 milliard
L
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jeuneafrique no 3044 du 12 au 18 mai 2019
d’euros). « Je me souviens de la pose de la première pierre du port de Boké il y a cinq ans, indique Sun Xiushun, PDG du consortium. Créé à partir de rien, le projet de SMBWinning a permis à la Guinée de tripler sa production en trois ans. La construction de ce chemin de fer permettra de garantir une exportation encore plus stable de la bauxite guinéenne et de renforcer sa position sur le marché mondial. » De quoi permettre à la Guinée de se hisser au rang de deuxième producteur de bauxite, après l’Australie (90 millions de t/an) et devant la Chine (65 millions), ce dernier pays ayant revu sa production à la baisse au profit de l’importation.
Fer : mégaprojet suspendu
Lire aussi : « Investissements lourds dans la bauxite » www.jeuneafrique.com
En revanche, la production de fer est au point mort, puisque l’exploitation des gisements du mont Simandou, en Guinée forestière (Sud-Est), n’a toujours pas commencé. Le géant anglo-australien Rio Tinto s’est retiré en 2016 du projet Simandou-Sud. Le 21 février dernier, le franco-israélien Beny Steinmetz Group Resources (BSGR) a quant à lui renoncé à ses prétentions sur les blocs 1 et 2, à l’issue d’une médiation avec l’exécutif guinéen, lequel a abandonné ses poursuites contre le groupe. Mais le mégaprojet n’est pas encore relancé.
OR STABLE, DIAMANT EN BAISSE En 2018, les recettes minières de l’État guinéen se sont établies à 355 millions de dollars (316 millions d’euros), contre 293 millions en 2015. Outre la bauxite, et en attendant que la production de fer reprenne, les deux autres principales ressources minières du pays sont l’or et le
diamant. La production d’or est restée stable, à 26,7 tonnes en 2018, dont 16,6 t extraites de sites industriels, avec pour principaux opérateurs le sudafricain AngloGold et le russe Nordgold. La production de diamant, elle, a considérablement chuté. Seul exploitant industriel depuis la
fermeture d’Aredor, Guiter Mining (filiale spécialisée du groupe guinéen Guiter) a produit à peine plus de 1 000 carats de diamant l’an dernier, un volume équivalent à celui de l’orpaillage, alors que la production nationale était de plus de 11 540 carats en 2016. D.B.
L’INFOGRAPHIE
Barrage aux délestages DIAWO BARRY
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hydroélectrique de Souapiti (450 MW), également construit par CWE (1,4 milliard de dollars), sera mis en service au début de 2020. Doté d’une retenue de 6,3 milliards de m3 d’eau, il va permettre aux turbines de Kaléta de tourner à plein régime toute l’année, et ce dès septembre 2019. Quant au chantier du quatrième et dernier barrage sur le Konkouré, celui d’Amaria (300 MW), il a commencé en janvier 2018, sous la houlette de la société chinoise
TBEA, pour une livraison prévue au début de 2022. Enfin, le 26 février, l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a confié au chinois Sinohydro l’aménagement du barrage de Koukoutamba (294 MW), sur le Bafing, principal affluent du fleuve Sénégal (570 km au nord-est de Conakry). Le chantier, financé à hauteur de 812 millions de dollars par l’Eximbank de Chine, commencera d’ici à la fin de 2019 et durera quatre ans.
otée d’un réseau fluvial de plus 6250 km, la Guinée dispose d’un potentiel de puissance installée hydroélectrique estimé à 7000 MW, dont elle exploite à peine plus de 5 %. Depuis 2011, pour résorber le déficit en électricité dont souffrent le pays et la sous-région et pour produire une énergie propre et à bon marché, le gouvernement a engagé plusieurs projets sur le Konkouré, fleuve qui prend sa source dans le Fouta-Djalon (lire pp. 108-110). Centrales Routes principales Chantiers en cours En huit ans, la production d’électricité hydroélectriques a augmenté de 13 %, et le réseau Chantiers en projet de distribution a été développé, ce Centrales thermiques qui a permis d’améliorer la desserte de 26 villes et de 36 localités de moyenne Guinée et de Guinée SÉNÉGAL maritime, dont Conakry. Mais ces MALI chantiers sont surtout motivés par GUINÉEBISSAU Moyenne Koukoutamba le développement des très énerBouméhoun Guinée givores mines de bauxite de Sériba Gaoual Kindia et de Boké (lire p. 102). Tougué Labé Haute Siguiri Deuxième complexe Sangarédi Guinée hydroélectrique construit Garafiri Boké Pita Guinée sur le Konkouré après celui maritime Kamsar Dabola Kouroussa de Garafiri (75 MW), Fria Souapiti Kaléta inauguré en 1999, et Mamou Mandiana premier du genre de Boffa Amaria Kindia Kankan Faranah l’ère Condé, le barrage Dubréka de Kaléta (240 MW) Coyah CONAKRY est opérationnel depuis Forécariah septembre 2015; il a SIERRA Kérouané été réalisé par China Kissidougou LEONE Guinée International Water forestière & Electric Corporation Beyla Océan (CWE) pour un montant Atlantique Macenta de 446 millions de dollars. Sérédou Toutefois, comme c’est Lola un barrage au fil de l’eau, Nzérékoré 200 km les délestages persistent en période d’étiage (de janvier à juin). CÔTE LIBERIA Situé à 6 km en amont, le complexe D'IVOIRE jeuneafrique no 3044 du 12 au 18 mai 2019
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FINANCE
La BNIG presque prête à prêter DIAWO BARRY
in 2018 est née la Banque nationale d’investissement de Guinée (BNIG), première du genre dans l’histoire du pays. Une initiative portée par le président guinéen, Alpha Condé, et son ami l’homme d’affaires camerounais Paul Fokam, président fondateur d’Afriland First Bank (AFB). Établissement intermédiaire entre les banques classiques, dont les taux d’intérêt sont élevés, et les institutions de microfinance, aux offres limitées, la BNIG a pour mission de permettre aux entrepreneurs guinéens d’obtenir des prêts à des taux préférentiels (ne Alpha Mohamed Kallo, directeur général dépassant pas 10 %), avec de la BNIG, à Conakry, pour priorité les projets liés le 25 avril. au secteur agroalimentaire et ceux promouvant l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. « La BNIG est née de la volonté du gouvernement d’accompagner l’essor économique du pays, et en particulier les entreprises guinéennes qui veulent se consacrer à des secteurs jusqu’à présent délaissés, comme l’agriculture, l’élevage, la pêche et la pisciculture, explique Alpha Mohamed Kallo, qui est directeur général du nouvel établissement après avoir été secrétaire général du ministère guinéen du Budget. Nous ne nous limitons pas à financer les entreprises : nous partageons les risques en participant à leur capital – non pas pour en prendre le
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contrôle ou y rester, mais pour les accompagner. Dans l’hypothèse où nous ne pouvons pas participer au capital, nous pouvons signer une convention d’assistance technique. Nous pouvons également intervenir en cofinancement, avec d’autres institutions, banques ou partenaires. »
Un futur siège à Kaloum
Le capital social réglementaire de la BNIG, soit 100 milliards de francs guinéens (9,6 millions d’euros), a été libéré, et la première réunion du conseil d’administration s’est tenue en décembre 2018. L’État est actionnaire de la banque à 60 % (il rétrocédera ses parts au fur et à mesure de l’entrée de nouveaux partenaires guinéens et étrangers dans l’actionnariat), aux côtés de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG, 30 %) et d’AFB Guinée (10 %), qui en assure le management technique. Le groupe de Paul Fokam était déjà présent en Guinée à travers les Mutuelles financières des femmes africaines (Muffa), gérées par sa filiale, AFB Guinée, que dirige Guy Laurent Fondjo. L’établissement installera son siège dans un bâtiment en cours de rénovation sur le boulevard du Commerce (contigu à l’ambassade de France), à Kaloum, centre des affaires de Conakry, et la BNIG devrait être pleinement opérationnelle d’ici au mois d’octobre. « Nous sommes encore une banque naissante, sans guichet, avec un effectif très restreint », précise Alpha Mohamed Kallo, ajoutant que, parmi la dizaine de collaborateurs déjà recrutés, certains suivent actuellement une formation au Cameroun. YOUSSOUF BAH POUR JA
En partenariat avec le camerounais Afriland First Group, l’État crée sa première banque nationale d’investissement, qui sera pleinement opérationnelle en octobre.
COMMUNIQUÉ
L’
office national des pétroles (ONAP) s’active pour promouvoir la recherche d’hydrocarbures en Guinée. L’exploration, la délivrance de nouvelles licences, le respect strict de la procédure des appels d’offres et des négociations directes, la formation ou encore l’amélioration de la transparence des données, aucun domaine n’est laissé pour compte.
régulateur des activités pétrolières, a changé de forme juridique en passant d’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), à une société anonyme (SA) telle que définie par la Loi L/2017/056/AN du 28 décembre 2017, et placée sous la tutelle administrative du Ministère des Hydrocarbures.
Famourou Kourouma, Directeur Général de l’ONAP Ce haut commis de l’État, réputé pour sa passion du travail bien fait, dispose d’une expérience remarquable dans le domaine des hydrocarbures. Il est promu Directeur général adjoint de l’Office national des pétroles en janvier 2018, et depuis le 29 aout 2018, il occupe les fonctions de Directeur général de l’office national des pétroles (ONAP). Auparavant, il a assumé le poste de vice-président des Affaires Africaines d’Hyperdynamics corporation à Houston, au Texas.
FAMOUROU KOUROUMA, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’OFFICE NATIONAL DES PÉTROLES (ONAP).
Mission de l’Office National des Pétroles (ONAP) L’Office National des Pétroles, créé en août 2015, a vu son statut modifié par un décret présidentiel du 8 avril 2019. Cet organisme public, en sa qualité de
L’ONAP est chargé de la mise œuvre et du suivi de la politique du gouvernement dans le domaine des activités pétrolières, aussi bien en amont (recherche et promotion pétrolière), qu’en aval (importation, stockage et distribution). La République de Guinée, qui dispose de 22 blocs en offshore et 14 en onshore à explorer, travaille sur les termes d’un appel d’offres pour fournir plusieurs licences d’exploration à des sociétés pétrolières. Au titre de la campagne sismique, deux sociétés pétrolières — Petroleum Geo-Services (PGS) et TGS- NOPEC Geophysical Company — s’intéressent à la Guinée.
Faire du domaine des hydrocarbures l’un des leviers du développement socio-économique de la Guinée à l’horizon de 2025
Améliorer la connaissance du sous-sol guinéen
Augmenter les capacités de stockage des produits pétroliers et dérivés du pays ;
L’ONAP travaille avec ses partenaires au lancement de nouvelles campagnes d’acquisition sismiques en 3D pour le bonheur de la Guinée. Il faut noter que la Guinée est fortement en retard par rapport à ses voisins. Pour combler ce retard, la Guinée doit booster la recherche pétrolière.
Délocaliser le dépôt central en plein centre de l’agglomération de Conakry ;
Développer la politique promotionnelle du prix du gaz sur toute l’étendue du territoire national ; Appliquer le principe de flexibilité sur le prix des produits pétroliers ; Construire un Centre national de données sismiques aux normes internationales. Poursuivre la qualification et le perfectionnement du personnel en vue de construire une expertise nationale apte à gérer le futur du secteur pétrolier guinéen.
Perspectives L’ONAP compte promouvoir la recherche pétrolière en vue d’une découverte commerciale ; ÉQUIPE TECHNIQUE DE L’ONAP DANS LE CADRE DE LA MISSION DE RECHERCHE EN ONSHORE.
SIÈGE SOCIAL :
OFFICE NATIONAL DES PÉTROLES (ONAP)
Minière Comandayah - Commune de Dixnn - BP 892 - Conakry, République de Guinée - www.onap.gov.gn
JAMG/DF - PHOTOS : DR.
ACQUISITION SISMIQUE EN 3D PGSBLOC A3 ET A4.
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AGROALIMENTAIRE
Mohamed Kagnassy, éminence verte Conseiller en agrobusiness auprès du président Condé depuis 2016, l’homme d’affaires malien, PDG de West Wind SA, développe ses activités en Guinée, notamment dans le numérique. FRANÇOIS-XAVIER FRELAND
oujours élégant, Mohamed Kagnassy a des airs de Modibo Keïta, le premier président malien, et le regard pétillant du grand commerçant, forcément un peu séducteur. Le PDG-fondateur de West Wind SA semble être tombé tout petit dans la marmite des affaires et du pouvoir. Son père, Cheikna, « le vieux Kagnassy », originaire de Banamba (à 150 km au nordest de Bamako), dirigeait l’une des plus grandes compagnies de négoce de coton et de produits tropicaux de la sous-région
T
(L’Aiglon, qui a cessé ses activités en 2007) et a conseillé les dirigeants ouest-africains, de Bamako à Abidjan, en passant par Lomé. Pour le petit Kagnassy, « l’éducation s’est faite dans le bonheur », d’abord à Badalabougou, célèbre quartier du cœur de Bamako, où il a grandi, avant d’être envoyé au lycée à Genève, en Suisse. Tout juste diplômé de l’International Business School de Londres, il a commencé sa carrière en 1995, au sein du département café-cacao du groupe familial, avant de prendre la tête de ses filiales ivoiriennes. « Mon père m’a initié au monde des affaires, mais il m’a conseillé de me faire un prénom », précise-t-il.
En février, au Salon international de l’agriculture de Paris.
UN EXPLOITANT BIODYNAMIQUE
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Camara aime être dans ses champs, situés à la sortie de Kindia, sur la route de Conakry, avec ses onze employés permanents. Il aime aussi faire lui-même la tournée de ses clients, ave c s a p etite mo to chinoise. Son premier objectif est « le consommé local » et les marchés des environs. « Je ne fais pas du bio “100 % naturel”, car c’est quasi impossible en Guinée pour le moment, mais j’y viens petit à petit. Pour les cultures maraîchères comme fruitières,
je n’utilise ni pesticides, ni engrais chimiques, uniquement de la matière organique, ni OGM. Je ne produis pas encore mes propres semences, mais j’essaie de réimplanter des variétés locales de tomate, comme la mangale et l’arouma, de gombo et de chou, qui avaient disparu au profit de certaines mono culture s, et de cultiver des fruits qui ne
consomment pas trop d’eau, comme l’ananas. » De quoi susciter des vocations. Ainsi Issa Touré, en stage de fin d’études en agronomie dans l’exploitation, considère que « ce type d’agriculture, respectueuse de la planète et des sols, et saine pour les consommateurs, c’est l’avenir. En plus, sur ce créneau, il y a du boulot pour tout le monde ». DR
À 32 ans, Samba Sory Camara est l’incarnation de l’agriculteur moderne et décomplexé. Fils et petit-fils de paysans, l’ingénieur agronome a décidé de s’adonner au bio et de créer son entreprise, qu’il a baptisée Agropastoral Business Kinyapa, ce qui lui a permis de remporter le 2 e prix du start-upper de l’année 2016 pour la Guinée (organisé par Total), doté de 88 millions de francs guinéens (environ 10 000 euros).
F.-X.F.
C’est ce que « Mohamed » fera en 2010 en créant son entreprise, West Wind SA, qui compte désormais plus d’un millier d’employés dans les différents pays de la sous-région. Spécialisée dans le négoce et la logistique de produits agricoles et miniers, la société a notamment assuré la première exportation de gypse et de phosphate par bateau, de Nouakchott, en Mauritanie, à Dakar, au Sénégal, où est établi son siège.
THÉAU MONNET POUR JA
La techno au service des ruraux
En Guinée, la filiale locale de West Wind accompagne la politique de développement rural, notamment la double initiative présidentielle engagée en 2016 pour relancer les filières café arabica et anacarde. Pour Mohamed Kagnassy, ces relances passent par l’aménagement, le désenclavement des zones de production, la mécanisation, les semences et les engrais chimiques. « Moi, je vois un peuple qui a faim. La production bio viendra après », reconnaît-il.
Autre cheval de bataille du « businessman-farmer » : l’innovation. West Wind Guinée a développé l’application Kóbiri (« argent », en soussou). Opérationnelle depuis un an, cette plateforme numérique fournit aux agriculteurs guinéens des services de vente d’intrants, de semences, de produits vétérinaires, de location de matériel (elle dispose d’environ 300 tracteurs et moissonneuses) et des produits d’assurance, en proposant une solution de paiement électronique en partenariat avec MTN Mobile Money et Orange Money. Elle permet aussi de constituer une base de données numériques. « De cette manière, on responsabilise les paysans et on sait ce qui est cultivé, sur quelles superficies, etc. » Ses ambitions ? Voir la Guinée, « bénie des dieux pour sa pluviométrie », diversifier son agriculture, développer la pisciculture et l’élevage industriels, parvenir à l’autosuffisance alimentaire et même devenir un grand pays exportateur de produits agricoles. À moins que le réchauffement climatique ne s’en mêle.
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SOCIÉTÉ
Vision d’éden
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Voyage entre Mamou et Dalaba, dans le sud du Fouta-Djalon, au cœur des paysages époustouflants et préservés qui ont rendu ce massif célèbre dans le monde entier. FRANÇOIS-XAVIER FRELAND
Les contreforts du massif, au sud-ouest de Mamou.
YOURI LENQUETTE
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epuis Mamou, chef-lieu de la région du même nom, la route serpente entre les arbres en montant doucement entre l’écarlate de la terre et le vert des bananiers et des manguiers. La fraîcheur surprend. En même temps que le vent se lève, la pluie se met soudain à caresser la cime des arbres en contrebas, tel un gigantesque arrosoir naturel, tranchant avec l’aridité de la grande banlieue de Conakry – que l’on a quittée depuis des heures déjà, alors qu’elle n’est qu’à quelque 250 km par la nationale 1, décidément en mauvais état. Sa forte pluviométrie, les nombreux cours d’eau sillonnant ses forêts et savanes arborées, les somptueuses cascades glissant du haut de ses falaises… valent au massif du Fouta-Djalon le surnom de « château d’eau de l’Afrique de l’Ouest » – c’est d’ailleurs sur ses monts, dont les plus hauts culminent à 1 500 m, que les fleuves les plus importants de la sous-région (le Niger, le Sénégal, le Gambie…) prennent leur source. Dans son histoire, cet immense massif difficile d’accès a de tout temps attiré des voyageurs étrangers et des aventuriers, surtout pour ses ressources naturelles (bauxite, or, fer), mais aussi pour ses paysages à couper le souffle. Aux abords de la route de 150 km reliant Mamou (au sud), Dalaba et Labé (au nord), les trois principales villes du Fouta-Djalon, on peut en particulier admirer de spectaculaires chutes d’eau, dont les plus larges et les plus célèbres sont celles de Kambadaga, sur la rivière Kokoulo: une série de trois époustouflantes cascades de plusieurs dizaines de mètres de haut chacune. Enveloppé par la végétation luxuriante des rives boisées et sauvages, la douceur de l’air, les cris des singes au loin, perçant le bruit assourdissant des chutes, on a l’impression d’avoir remonté le temps, jusqu’à une nature vierge, presque mythique. Le jeune touriste allemand qui vient de rejoindre son vieux camping-car après s’être baigné dans l’eau cristalline d’une piscine naturelle en est convaincu : « Ici, c’est un peu comme un jardin d’éden ! » C’est peut-être pour cette raison que les nomades peuls ont choisi de s’y installer dès le XVe siècle, abandonnant pour certains leur vie d’éleveur soumis aux transhumances pour cultiver les fruits et légumes de la très généreuse terre du Fouta, notamment le fonio. Au cœur du massif culmine aussi le sacré : c’est à Timbo (à 50 km au nord-est de
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La rivière Kokoulo, quelques mètres en amont des chutes de Kambadaga.
Mamou) que, en 1725, les Peuls ont fondé l’imamat du Fouta-Djalon, le premier État théocratique d’Afrique occidentale. La grande mosquée de Timbo, d’abord édifiée en pisé et à toit de paille, ensuite reconstruite en tôle, puis, en 2015, en ciment, reste aujourd’hui un important lieu de pèlerinage et l’un des piliers de l’islam guinéen. Le patron de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, originaire de Labé, y est régulièrement reçu par les sages de la cité. Son ancêtre, Mamadou Cellou Diallo, fut l’un des premiers imams de la région et le cofondateur de l’imamat. Terre de sagesse et de pouvoir, le Fouta a souvent été au cœur de tractations électorales, de calculs et de polémiques… Beaucoup d’hommes politiques et de riches hommes d’affaires de Conakry s’y côtoient. Quelle que soit leur origine sociale ou ethnique, ils apprécient la région pour son climat, sa beauté et son hospitalité, notamment du côté de Dalaba, où de confortables demeures s’alignent les unes à côté des autres.
Hôtes prestigieux
À l’indépendance, le président Ahmed Sékou Touré y avait lui-même établi sa résidence secondaire, la villa Syli, en prenant possession d’une maison de style peul construite en 1932, dans la cour du jardin de sapins. Selon la légende, c’est dans la case à palabres, en face de la villa, qu’aurait été évoqué pour la première fois le mot « indépendance ». Sékou Touré transformera Dalaba la coloniale en haut lieu de son régime révolutionnaire où viendront séjourner ou s’exiler, entre autres, le nationaliste égyptien Gamal Abdel Nasser, le leader indépendantiste bissau-guinéen Amílcar Cabral, la chanteuse antiapartheid sud-africaine Miriam Makeba (lire p. 112), l’ex-président socialiste ghanéen Kwame Nkrumah. De ce mélange des genres et de cette histoire tumultueuse, Dalaba semble avoir conservé un sens certain de l’accueil. Sous l’administration coloniale française, Dalaba était déjà une station climatique où s’étaient développés le tourisme vert, comme on l’appelle aujourd’hui, et celui de santé; le temps d’un été européen, on y recevait les grands
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ENVELOPPÉ PAR LA DOUCEUR DE L’AIR, ON A L’IMPRESSION D’AVOIR REMONTÉ LE TEMPS, JUSQU’À UNE NATURE VIERGE, PRESQUE MYTHIQUE.
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blessés des deux guerres. Pour son climat exceptionnel, doux et tempéré, son air pur, son relief et ses forêts (classées) de pins, la région est d’ailleurs souvent comparée à une petite Suisse.
Terrasse avec vue
Depuis une vingtaine d’années, la Belge Virginie Pierre s’est installée à Dalaba, où, dans sa confortable Icônes Guesthouse, elle accueille des touristes de passage ainsi que des entrepreneurs-artistes « qui viennent se mettre au vert et chercher l’inspiration ». Grâce à son jardin potager, à chaque repas, elle propose à ses convives des légumes maison et des fruits frais de saison – même le café est 100 % guinéen : toute la diversité de l’agriculture locale au naturel, qui rappelle que le Fouta est le jardin de la Guinée. Et Dieu sait s’il est fertile. Le soir, on vient sur les hauteurs de la ville pour apprécier le panorama au coucher du soleil, en particulier depuis le parc de l’hôtel SIB – initiales de l’homme d’affaires qui racheta le domaine dans les années 1990, Sadiga Ibrahima Bah. L’établissement est encore surnommé hôtel des Chargeurs, du nom de la société française de commerce maritime qui l’administrait à l’époque coloniale. Construit dans les années 1930, il accueillit d’abord les marins de la compagnie, puis des malades et des blessés en convalescence. Restauré en 1995, le SIB a retrouvé un peu de son élégance d’antan: il est considéré comme le plus bel hôtel du Fouta. Avec la grande salle de style Art déco du restaurant de l’Étoile, une salle de conférences, 24 chambres et sa terrasse avec piscine, il accueille nombre de réunions d’amis et de famille, d’événements et de réceptions en tout genre. Dans le parc, l’autre point de rendez-vous privilégié pour profiter du coucher de soleil est le kouratier, magistral arbre centenaire dominant la vallée, au pied duquel une terrasse circulaire offre une vue imprenable sur les forêts de pins denses et les collines du Fouta, dans une palette de couleurs pastel. Dalaba ne semble jamais se déparer de cette douce beauté, même sous la légère bruine qui vient régulièrement la poudrer ou le brouillard qui, parfois, la voile, comme pour souligner son mystère et raviver ses légendes.
COMMUNIQUÉ
RÉPUBLIQUE DE GUINÉE MINISTÈRE DE L’ÉNERGIE ET DE L’HYDRAULIQUE
Projet d’aménagement hydroélectrique de Souapiti e 22 décembre 2015, le Président de la République le Professeur Alpha Condé, chef de l’État, a procédé à Madina-Kagnéguiri dans la Sous-Préfecture de Tondon Préfecture de Dubréka, au lancement des travaux du Projet d’Aménagement Hydroélectrique de Souapiti. Le délai d’exécution est de 58 mois.
DESCRIPTION DU PROJET Le Gouvernement Guinéen a signé le 20 janvier 2016 un contrat N°2016/005/1/1/3/3/GG de type « EPC » avec la Société China International Water & Electric Corp. (CWE) pour la réalisation du
BARRAGE DE SOUAPITI EN COURS DE CONSTRUCTION.
Caractéristiques du barrage
Valeurs
Type de barrage
En béton compact au rouleau
Hauteur maximale du barrage
220 m
Longueur de l‘axe du barrage
1 148
Niveau d‘eau normal d‘exploitation
210
Niveau minimum d‘exploitation
155
Débit nominal
583.2 m3/s
Hauteur de chute nominale
87m
Puissance totale installée
450 MW
Nombre de groupe
4 de type Francis
Tension de sortie des groupes
15.75 KV
Facteur de puissance
0.85
Vitesse de rotation des groupes
166,7 tr/min
Production d'électricité moyenne annuelle
1 899 GWh
Nombre d‘heures de production d'électricité moyenne annuelle
4665 h
Type d‘usine
Usine en pied barrage
projet de l’Aménagement Hydroélectrique de Souapiti. Le Maître d’ouvrage est le Ministère de l’Énergie et de l’Hydraulique (MEH).
LE PLAN DE GESTION ENVIRONNEMENTALE ET SOCIALE (PGES) La construction du barrage hydroélectrique de Souapiti nécessite le déplacement de 16 000 personnes qui seront toutes réinstallées. À cet effet plus de 2 000 logements sont prévus. La réalisation d’infrastructures sociales de base — centres de santé, écoles, système d’adduction d’eau villageoise et lieux de culte — est également prévue.
AMARA CAMARA,
VUE DE LA CITÉ DU MAITRE D’OUVRAGE.
DIRECTEUR GÉNÉRAL DE SOUAPITI.
Désignation des caractéristiques
Postes 225 kV
Postes 30 kV
Valeurs • Poste 225 kV d’évacuation d’énergie (sous enveloppe métallique) au niveau de l’usine • Poste 225kV d’interconnexion (aérien) de Kaléta
• Poste 30 kV à Souapiti
OUVRAGES D’ÉVACUATION D’ÉNERGIE Lignes 225 kV
Lignes 30 kV
• Ligne 225 kV entre le poste 225 kV d’évacuation de Souapiti et le poste d’interconnexion de Kaléta d’une longueur contractuelle de 7,5 km • Ligne 30 kV entre le poste 225 kV d’interconnexion de Kaléta et le poste 30 kV de Souapiti d’une longueur de 7,5 km
Établissement Public Administratif de Gestion du Projet d’Aménagement Hydroélectrique de Kaléta-Souapiti (PAHKS) BP : 631 – Conakry, République de Guinée - Email : info@pahk.gn.org – www. projetkaleta.com
JAMG/DF - PHOTOS : DR.
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Pèlerinage chez Mama Africa
C’est à Dalaba que Miriam Makeba avait choisi de résider, pendant son long exil en Guinée, de 1969 à 1985.
La clé tourne encore, la porte grince. Tibou Bah, le gardien du temple, avance avec précaution dans ce qui fut durant quinze ans la demeure de Miriam Makeba à Dalaba. « Ici, c’était sa cuisine. Elle aimait les légumes du jardin. Elle recevait beaucoup », soupire-t-il. Parmi ses nombreux visiteurs, il y avait des artistes, des activistes et des personnalités politiques, comme le panafricaniste ghanéen Kwame Nkrumah et, surtout, le président guinéen Sékou Touré, qui fit construire la maison pour elle et lui accorda la nationalité guinéenne. On pénètre ensuite dans un magnifique salon circulaire, meublé d’une grande table en bois et de fauteuils de velours rouge. Sous le plafond en osier, les murs à la peinture grise et gravés de motifs géométriques sont ponctués de portraits de la diva, coiffée de son éternelle toque zouloue. « Elle avait été expulsée d’Afrique du Sud pour son combat antiapartheid [en 1960] et s’était exilée aux ÉtatsUnis, rappelle Tibou Bah. Puis, en 1969, elle s’est mariée avec Stokely Carmichael, cofondateur des Black
Panthers, et les Américains n’en ont plus voulu non plus. » Elle qui a déjà séjourné en Guinée en 1967 revient donc s’y établir avec son mari à partir de 1969. Elle y restera jusqu’en 1985, année où elle partira s’installer en Belgique, après la mort de Sékou Touré puis celle de sa propre fille, Bongi, à Conakry.
« Les gens l’aimaient »
Miriam Makeba a vécu des jours heureux sur la terre du Fouta, qui était devenue la sienne et qui, disait-elle, lui rappelait « les grands espaces de l’Afrique du Sud ». Les habitants de la ville n’ont pas oublié sa simplicité et sa générosité. « On l’appelait “la citoyenne de Dalaba”, se souvient le préfet de la ville, Alpha Boubacar Kaala Bah. Elle était à tous les mariages. Les gens l’aimaient, car elle s’occupait des pauvres, elle offrait des vêtements, des médicaments pour l’hôpital. » Malgré plusieurs squats et quelques vols, la case abrite encore nombre d’objets personnels de la chanteuse. Dans la chambre, le vieux téléphone
est toujours là, à côté du lit en bois sculpté. Les tiroirs sont encore pleins de coupures de journaux et de lettres adressées au couple, dont ce mot signé de Víctor Emilio Dreke Cruz, un ancien guérillero cubain proche de Fidel Castro : « Au camarade Carmichael, mes salutations révolutionnaires. » Dans la bibliothèque, on découvre leurs lectures (anglophones) : Guerre en Asie, de Noam Chomsky (sur la guerre du Vietnam), L’Ennemi, de Felix Greene (sur l’impérialisme américain), mais aussi le premier polar de Lou Cameron, des ouvrages de Tolkien et de Ken Follett, une histoire de Winnie l’Ourson… Trente-quatre ans après son départ – et dix ans après sa mort –, l’âme de Mama Africa flotte encore dans l’air de Dalaba et dans le cœur de ses habitants. Ali Camara, étudiant vétérinaire, aime venir sur la terrasse, face à la vue panoramique : « On répète ici presque tous les jours avec mon groupe de danseurs. On a l’impression qu’elle est là, avec nous. » Tibou Bah, lui, a payé de sa poche pour refaire le toit de tôle. Il ne désespère pas de transformer ce lieu de pèlerinage, sans réel statut, en centre culturel. Il a même pris contact avec l’ambassade d’Afrique du Sud, qui lui a finalement répondu qu’il n’y avait « pas de budget pour cela ». FRANÇOIS-XAVIER FRELAND
Au centre de la maison, le salon circulaire, comme endormi.
PHOTOS : F.-X. FRELAND POUR JA
Enveloppe affranchie en 1973, adressée à la chanteuse, « c/o Monsieur le président Sékou Touré ».
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Posé sur une commode, un portrait de la diva sud-africaine, coiffée de sa toque zouloue.
jeuneafrique no 3044 du 12 au 18 mai 2019