SABATO◆
DESIGN

EUROPEAN MAGAZINE OF THE
DOUBLE JEU
Les duos dominent le monde du design + SALONE DEL MOBILE
Tendances, acteurs et couleurs: le bilan de Milan
















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EUROPEAN MAGAZINE OF THE
Les duos dominent le monde du design + SALONE DEL MOBILE
Tendances, acteurs et couleurs: le bilan de Milan


















«Alors,c’était comment,Milan?»Voilà la première question que l’on me pose quand je croise quelqu’un du secteur du design au mois d’avril ou de mai.Après une vingtaine d’années passées au Salone del Mobile,je ne sais toujours pas exactement la réponse que les gens veulent entendre. «Bien»? «Beau»? «Froid»? (oui, il faisait super froid cette année).
La semaine du design de Milan, qui va bien au-delà de la foire commerciale, ne peut se résumer en un mot, ni même en une phrase - nous avons déjà du mal à le faire tenir dans un magazine. Sa magie réside principalement dans les milliers de visiteurs partageant les mêmes idées qui y affluent et qui, tous, prennent très au sérieux le concept de «foyer».Des visiteurs qui connaissent le passé et sont fascinés par l’avenir.
Pour ma part,je m’y rends surtout pour établir des contacts avec des designers,des architectes,des confrères et consœurs,des représentants de labels et de fabricants.D’ailleurs,fait surprenant,

Salone 2025: les tendances, les nouveautés, les Belges.
j’y croise chaque année des compatriotes que je ne rencontre que là-bas.On parle business - cette année,tout le monde arrête de respirer à cause des fameux tarifs de Trump - et magazines - et plus spécifiquement,Sabato qui,roulement de tambour!,va organiser ses prix de design à l’automne, une sacrée première! Et puis, rien de tel que les contacts humains. Et je constate que les designers et les artistes aussi en ont besoin. C’est sans doute pour cela qu’ils fonctionnent de plus en plus souvent en duo.Un plus un font trois.Ce n’est pas faux:une caisse de résonance,une âme sœur ou même un bouc émissaire si nécessaire peuvent faire des merveilles.
Ce numéro de Sabato est donc un hommage aux duos de toute nature.Alors,c’était comment,Milan? «Un beau doublé!»
AN BOGAERTS RÉDACTRICE EN CHEF
Cuisine, art et fraternité: le samedi des frères Boxy.

Johan Creten et Jean-Michel Othoniel voient les choses en grand.



Le carrelage haute couture selon Boquita de Cielo.

Une nouvelle adresse à Rome où mener grand train.

SABATO DESIGN AWARDS
VOTRE MAGAZINE ORGANISE SES PREMIERS PRIX DU DESIGN.

RECETTE DU SAMEDI AUBERGINE GRILLÉE, SAUCE AU TAHINI, FRUITS À COQUES CROQUANTS ET PIMENT.
SHAKE, SHAKE, SHAKE UN COCKTAIL MOJITO OU UN MANHATTAN SANS LEVER LE PETIT DOIGT.

Le samedi des chefs Kristof et Stefan Boxy: discussions au sujet de l'art, magnifique compliment et bain de minuit. Reportage: Eline Broeckx Photo: Alexander D'hiet
TRAITEURS ET ANIMATEURS
TÉLÉ. PASSIONNÉS D'ART ET DE DESIGN.
«Stefan et moi, nous nous entendons bien avec nos frères et sœur, mais le lien entre jumeaux est très particulier», explique Kristof Boxy (64 ans). En 1982, les deux frères ouvrent ensemble le restaurant Boxy’s à Courtrai, qui décroche une étoile Michelin en 1996.Ils ouvrent ensuite,en 1985, un traiteur à Deurle, qu’ils ont transformé en atelier, le Boxy Paviljoen.
En plus de leur passion pour la gastronomie, les jumeaux se consacrent à l’art et au design vintage,ainsi qu’à leur maison familiale dans les Caraïbes,qui ressemble à celle de la famille Pierrafeu,et que le fils de Stefan est en train de rénover. «De temps en temps, je m’y rends pour quelques mois, pendant que Kristof continue à gérer l’entreprise. Cela me permet de consacrer plus de temps à explorer les ventes aux enchères en ligne et de lui faire part de mes découvertes», confie Stefan. Ensemble, ils collectionnent des œuvres d’art. «Aujourd’hui, nous achetons de manière plus réfléchie, mais la passion est intacte!», commente Stefan. «Trouver quelque chose d’inattendu est toujours aussi enthousiasmant.»
Depuis toujours, leurs parents les ont encouragés à s’intéresser à l’art, témoigne Kristof. «Nos vacances ne se passaient pas sous le soleil de la Costa Brava, mais dans les
musées. Le curé de la cathédrale Saint-Bavon à Gand a fait ouvrir et fermer les panneaux de l’Agneau Mystique juste pour nous, à l’époque où ils n’étaient pas encore protégés. Et nos parents nous ont emmenés découvrir à une exposition de Dees De Bruyne, où il présentait, nu, son œuvre Les amis des enfants, une sévère critique sociale.»
6H00 - Kristof:«Nous nous réveillons.Moi à Knokke, un thriller à la main et Stefan,à dix mètres de notre atelier.»
7H00 - Kristof: «Mes chiens viennent me chercher dans ma chambre. Il est donc temps de me lever: je leur ai manqué toute la nuit et ils le manifestent avec amour.»
8H20 - Kristof:«Après mon petit déjeuner,il me faut une quarantaine de minutes pour arriver à Deurle. Sur le trajet, je téléphone à Stefan. En théorie, c’est pour discuter de l’organisation de la journée et de la situation en général.»
Stefan: «En réalité, nous parlons rarement de travail.»
Kristof: «Je lui parle d’une interprétation magistrale de Tchaïkovski que je viens d’écouter à la radio et de l’art que j’ai repéré dans la maison d’un client chez qui j’étais la veille. Nous avons la chance de compter parmi nos clients les plus grands collectionneurs d’art de Belgique, ce qui nous permet de voir leurs collections privées. Nous devons rester discrets à ce sujet,mais je peux vous dire qu’il
CI-CONTRE DANS LEUR ATELIER DE DEURLE, LES FRÈRES JUMEAUX
KRISTOF ET STEFAN BOXY PARLENT
SURTOUT D'ART ET DE DESIGN, D'IDÉES CULINAIRES ET DE TROUVAILLES INATTENDUES.


y a de très beaux trésors!»
Stefan: «Au passage, on se demande toujours si les clients étaient contents de nos services.»
Kristof: «Ils m’ont envoyé leur retour par mail: 99% d’entre eux sont satisfaits, comme d’habitude.»
9H00 - Kristof:«Ce soir,nous avons chacun un client avec une quinzaine de convives -sans compter Douglas, notre associé depuis quatre ans.Ensuite,nous commençons la mise en place.»
Stefan:«Tout à coup,je réalise que j’ai oublié d’envoyer quelque chose à Kristof.»
Kristof:«Je reçois une photo d’une œuvre conceptuelle d’un artiste que je ne connais pas encore et je me mets immédiatement à la chercher sur un site de ventes aux enchères en ligne. Nous commençons à en discuter tous les deux, et je lui pose la question: ‘Comment tu interprètes ça?’»
Stefan: «Bizarrement, pour combiner des ingrédients en fonction de toutes ces couleurs, l’art et la nature autour de notre pavillon m’inspirent plus que d’aller au restaurant. Notre visite au Noma à Copenhague était un moment exceptionnel, mais je n’ai pas l’intention de copier le style de qui que ce soit.C’est aussi pour ça que nous n’achetons pas de livres de cuisine.»
Kristof:«À seize ans,j’ai acheté d’un coup huit livres de cuisine,dont celui d’Alain Chapel et «Les FrèresTroisgros».
samedi:
TROIS BONS PLANS
1. LE MATTERHORN
«J'Y SKIE DEPUIS VINGT ANS, C'EST COMME UN AIMANT QUI
CONTINUE À ME FASCINER ET À ME DÉFIER.»
2. « LA FEMME DE MÉNAGE
VOIT TOUT», DE FREIDA
MCFADDEN
«LE DERNIER VOLUME D’UNE TRILOGIE. J'AI DÉVORÉ CE LIVRE EN QUATRE JOURS.»
3. LE RESTAURANT
KRONENHALLE À ZURICH
«POUR SA COLLECTION D'ART. CHAQUE FOIS QUE JE VAIS
DÎNER DANS CE RESTAURANT, J’EN PROFITE POUR VISITER
LE KUNSTHAUS ZURICH ET ADMIRER LES ŒUVRES
D'ALBERTO GIACOMETTI.»
WWW.KRONENHALLE.COM
Depuis, je n’en ai plus jamais ouvert un seul.»
11H00 - Kristof: «Nous discutons de la manière dont nous allons présenter les plats.Des goûts et des couleurs...»
15H00 - Kristof: «Chacun de nous part avec son propre commis de cuisine chez le client. En chemin, j’appelle Stefan et Douglas: chez moi, j’ai déplacé ma table et un tableau,et je tiens à lui demander ce qu’ils en pensent.»
15H30 - Kristof: «Tout se passe tranquillement, jusqu’à ce que je reçoive un magnifique compliment: je dois en parler à Stefan immédiatement.»
Stefan:«Ce qui me donne des ailes.Oui,il arrive qu’un compliment soit un peu exagéré,mais peu importe:ça nous encourage à nous dépasser.»
22H30 - Kristof: «Le travail en cuisine est terminé. Comme Stefan a un client à Bruxelles, nous avons un peu de temps pour parler du déroulement de la soirée pendant qu’il roule vers Deurle.»
Stefan:«Chez moi,les assiettes étaient trop petites,alors j’ai modifié la présentation à la dernière minute et opté pour un plat de légumes.»
23H30 - Kristof: «Avant d’aller dîner avec des amis, je promène mes chiens. Notre cercle d’amis étant aussi des passionnés d’art, les conversations à table tournent en général autour de ce thème.»
00H00 - Stefan:«Le dimanche,quand on ne travaille pas,je prends un bain et je regarde la télé pendant que Carine, mon épouse, dort déjà.»
Kristof: «Le temps passe toujours super vite: nous prenons congé le dimanche et le lundi,mais quand il y a trop à faire, nous travaillons même le dimanche. Mais pas demain. Demain,nous nous appellerons à nouveau pour discuter de la cuisine et du vin que nous avons servis.Et aussi de nos nouvelles découvertes artistiques,bien sûr.Ensuite,je me rendrai au musée Permeke à Jabbeke pour me changer les idées. Et pour chercher de l’inspiration, évidemment.»

Flairer les tendances, dénicher des idées, épingler les talents et mourir d’envie.
On trouve au Salone del Mobile de Milan ce qui, demain, sera dans notre intérieur.
Voici nos temps forts de l’édition 2025.

Il était difficile de le deviner à la taille des stands, à l’affluence des visiteurs ou aux verres qui s’enchaînaient joyeusement pendant l’aperitivo -débordant toujours un peu plus des trottoirs étroits de Bar Basso-, mais même pendant la Milan DesignWeek -comme partout ailleurs dans le mondel’inquiétude était palpable. Les sourires se faisaient rares et les exposants restaient impassibles lorsqu’on abordait les droits de douane américains et la guerre commerciale. Le plus grand salon du meuble au monde reflète l’économie mondiale, imprévisible par définition.
Cela dit, certains relativisaient: ceux qui proposaient des meubles sur mesure espéraient que leur clientèle accepterait le surcoût sans broncher. D’autres tournaient le regard vers le Moyen-Orient et l’Asie.«Il y a encore beaucoup de potentiel là-bas», confiait un fabricant optimiste.
Pourtant, le show a suivi son cours comme si de rien n’était: business as usual
au Salone del Mobile.Les activités satellites, conceptuelles et trendy du Fuorisalone attirent chaque année toujours plus de visiteurs,dont beaucoup ne franchissent même pas les portes du salon à proprement parler. Les maisons de mode y voient de plus en plus un terrain fertile pour gagner en visibilité en ligne et soigner leur image via des événements photogéniques. Car la mode, de l’ambiance cinéma chez Loro Piana aux apartés intellectuels chez Prada, va bien au-delà des vêtements.
Alors que dans la ville, l’esthétique des shows s’affine chaque année un peu plus,au salon, où les objets sont bel et bien destinés à passer à la caisse,l’apparence n’est pas une fin en soi.Ici,l’innovation est souvent invisible: garnissages de canapés repensés, souvent plus durables, piètements de table en bois de récupération ou expérimentations autour du bambou.Parfois,l’idée est si bien trouvée qu’on peut, à juste titre, en rester bouche bée.

REPORTAGE: NATALIE HELSEN
CI-DESSOUS LES SIÈGES BAS SONT POPULAIRES, COMME CE «TRENCH LOUNGE CHAIR», CONÇU PAR PHILIPPE MALOUIN POUR ACERBIS.
CI-CONTRE CETTE ANNÉE
ENCORE, LA DESIGN WEEK A PRIS DES ALLURES DE CONCOURS DE QUI TROUVERA LE PLUS BEL ENDROIT. LE STUDIO DE DESIGN 6:AM A CHOISI LE SOUS-SOL DE LA PISCINA COZZI, CONSTRUITE DANS LES ANNÉES 1930.

0.1
Parmi les thèmes du Salone del Mobile figurait Euroluce, l’exposition internationale dédiée à la lumière. Nous y avons repéré trois créations de génie.



Rien que la manière d’allumer cette lampe est une expérience en soi:ici,pas de bouton à pousser, mais une sphère à tourner que l’on dépose sur un tissu élastique recouvrant une structure en verre.
Un geste ludique.Et si la lumière avait un poids?
De cette question découle ‘Grammoluce’, une création livrée avec trois sphères de tailles +différentes. Plus on ajoute de poids sur le tissu, plus la lumière devient intense et blanche.
Entièrement basé sur des poids de levier, ce lampadaire de la série ‘VEA’ du studio Foster+Partners Industrial Design peut aussi bien être en position presque verticale à une position presque complètement horizontale, simplement en faisant glisser la base inférieure qui sert de pied. Simple et génial à la fois.
«Linked», l’une des dernières créations de Michael Anastassiades pour Flos, introduit une dimension ludique à la maison: grâce aux points de contact situés sur les maillons en verre en forme de crochets, la structure -à fixer au plafond- peut s’étendre à l’envi. ‘Comme un bijou capable de structurer l’espace’, résume le designer.La finition peut également être réalisée au moyen d’une lampe sphérique.
0.2
&
Cette année encore, les éditeurs de design sont allés puiser dans leurs archives: certaines pièces avaient déjà été produites, d’autres, qui étaient restées à l’état de croquis, sont enfin réalisées.

Le label suédois Hem,devenu en dix ans à peine une fabrique de futurs classiques -on lui doit notamment le fauteuil drapé «Puffy» de Faye Toogood ou le «Donut» de Sabine Marcelis- a rendu un bel hommage à Yrjö Kukkapuro (1933-2025), une des figures de proue du fonctionnalisme finlandais, en relançant la chaise ‘Experiment Chair’.

Dedar x Anni Albers
Les femmes n’étant pas admises dans les sections design du Bauhaus en 1922,la célèbrissime école moderniste allemande d’arts appliqués et plastiques,Anni Albers (1899-1994) s’était tournée vers le textile.Dedar démontre une fois de plus à quel point sa vision et ses créations étaient infiniment libres et résolument intemporelles. Le fabricant italien de textiles réédite quatre de ses «pictorial weavings» originaux et donne vie à un dessin resté inédit de l’artiste. Chaque création s’apparente davantage à une œuvre d’art qu’à un simple textile:lignes sinueuses,contrastes ludiques et tensions géométriques composent un langage visuel qui trouvera sa place dans des projets inspirants.
WWW.DEDAR.COM


CI-DESSUS TACCHINI
RÉÉDITE «AFRICA», UNE PIÈCE
ICONIQUE DU DUO ITALIEN
AFRA & TOBIA SCARPA, CRÉÉE IL Y A VINGT ANS ET
TOUJOURS RECHERCHÉE.
Un ensemble complet de chaises «Africa», une création emblématique du duo italien Afra & Tobia Scarpa, peut facilement atteindre les 40.000 euros sur les sites de vente aux enchères. Rien d’étonnant, donc, à ce que Tacchini choisisse de rééditer, cinquante ans après sa création,cette chaise aux lignes organiques en noyer canaletto foncé et aux superbes incrustations de bois.
Jusqu’ici, cette lampe de bureau signée Ernesto Gismondi, fondateur d’Artemide, n’existait que sur papier. Près de cinq ans après sa mort, la marque a décidé de transformer cette esquisse en réalité.
WWW.ARTEMIDE.COM















Pour célébrer son centenaire - la maison Porro a été fondée en 1925 dans la région de la Brianza -, le label italien réédite‘Endless Shelf’,une bibliothèque modulaire créée en 1996 par le designer allemandWernerAisslinger.Reconnaissable à ses joints transversaux en aluminium,elle est désormais dotée de pieds affinés et d’une finition en noyer massif foncé.
WWW.PORRO.COM
meilleur de la Belgique Notre pays continue à jouer un rôle actif au plus haut niveau du design. Et pourtant, les producteurs, les marques, les designers et les directeurs de création brillent par leur discrétion.
Tim Vranken
Tim Vranken parle le langage du monumental. Ses meubles faits à la main sont principalement créés pour la galerie bruxelloise Objects With Narratives. Ce qui les distingue, c’est l’usage du noyer brûlé, les jeux de lignes affirmés et les volumes d’inspiration architecturale. Autant d’éléments qui ont inspiré un besoin de silence à l’occasion de Strata,l’exposition collective qu’il a conçue avec Middernacht &Alexander et Linde Freya Tangelder.
Des eye-catchers parmi ses pièces marquantes? Une commode de plusieurs mètres de long aux angles géométriques arrondis (en photo), la collection ‘Fira’ dans laquelle il mêle terrazzo coulé à la main et coquillages de la mer du Nord ou, encore, un meuble-bar qui se présente comme une colonne, réalisé en bois de racine. Le plus impressionnant est peut-être le fait que toutes ces pièces sont produites dans son atelier de Houthalen, même lorsqu’elles prennent la route des confins des États-Unis.

Laurence Leenaert a toujours été à l’aise dans plusieurs disciplines. Originaire de Gand et installée à Marrakech, l’artiste a commencé par le textile avant de se faire connaître à l’international grâce à un langage visuel singulier, développé en collaboration avec des artisans locaux: céramiques colorées, tapis monumentaux... En 2023, elle a conçu la quasi totalité des objets décoratifs et du mobilier de Rosemary, son Riad adults only, une incursion qui a jeté les bases de ce qui allait devenir ‘Slow Roads’.
Sa première collection de meubles,imprégnée d’influences nord-africaines,se compose de pièces en édition limitée,toutes réalisées en collaboration avec des artisans marocains traditionnels.
WWW.LRNCE.COM

CI-DESSOUS QUELQUES
ÉLÉMENTS DE LA PREMIÈRE
COLLECTION DE LAURENCE
LEENAERT, UNE GANTOISE
ÉTABLIE À MARRAKECH.


Comme chaque année, plusieurs marques ont présenté de nouvelles pièces signéesVincentVan Duysen. Mais le projet le plus prestigieux était sans conteste le Palazzo Molteni,soit le nouveau showroom et siège du label italien Molteni&C. En tant que directeur artistique,Van Duysen a eu carte blanche pour aménager l’espace de plus de 3.000 m² répartis sur sept étages.Ce bâtiment historique, qui fut la demeure de l’homme d’affaires et philanthrope Prospero Moisè Loria, accueille aujourd’hui le showroom et les bureaux du label italien de design.Van Duysen trouvait qu’il était essentiel d’en préserver l’atmosphère familiale. «C’est un palais, bien sûr, mais aussi un univers intime plein de surprises et conçu pour être exploré», explique-t-il. Les amateurs de design peuvent visiter ce lieu unique qui regorge de créations de Molteni&C.
FLAGSHIPSTORE MOLTENI&C, VIA MANZONI 9 À MILAN. WWW.MOLTENIGROUP.COM

Une des installations les plus marquantes de l’exposition MoscaPartners, dans le cadre majestueux du Palazzo Litta, était de facture belge. Delta Light y avait créé un impressionnant labyrinthe de gaines de ventilation, guidant les visiteurs à travers une série d’ouvertures soigneusement positionnées afin de faire découvrir toute la puissance d’un éclairage bien pensé.
WWW.DELTALIGHT.COM

MullerVan Severen présente une nouvelle collection outdoor conçue pour le jardin d’agrumes de laVilla Médicis.Ce jardin romain fait actuellement l’objet d’un réaménagement complet sous la houlette de l’architecte paysagiste bruxellois Bas Smets. La collection outdoor ‘Cosimo de’ Medici’,produite par la maison françaiseTectona et inspirée des formes triangulaires et des motifs en losange du jardin, offrira un répit bienvenu au personnel et aux visiteurs de laVilla, tout en étant disponible à la vente.
En parallèle, Fien Muller et Hannes Van Severen ont conçu une bibliothèque autoportante pour la série ‘Z24’ chez Zanotta.
WWW.TECTONA.NET, WWW.ZANOTTA.COM

Belgium is Design & Bokrijk
Pendant la Design Week, il faut toujours se demander si l’on prendra le temps de se rendre à Alcova, un programme satellite foisonnant de créateurs. C’est là que Belgium is Design et Bokrijk ont mis en avant le savoir-faire artisanal.
Chez Belgium is Design, le textile était à l’honneur avec ‘Woven Whispers’, une exposition collective présentant des tissages modernes comme ceux d’EstherVan Schuylenbergh et des travaux de feutrage artisanal de Morevi.
Au Vaklab, la division artisanale de Bokrijk, le musée du folklore en passe de devenir un laboratoire de création,MichaëlVerheyden a collaboré avec les meilleurs artisans de notre pays:une lampe de table coiffée d’un abat-jour tressé par le vannier Jefke Geysels, des travaux d’ébénisterie à l’ancienne de Jordy Pattar et un tissu de chanvre réalisé par Martine Geladi.

À seulement 31 ans,Arno Declercq peut déjà se prévaloir d’une belle reconnaissance internationale:ses meubles en bois et en acier ultra luxueux s’exportent dans le monde entier,jusque dans les bureaux de Saint Laurent et de Fendi. Lors du Salone del Mobile, le designer a eu l’honneur d’exposer dans les espaces iconiques du 10 Corso Como, ce qui est un exploit, car le tout premier concept store milanais d’envergure mondiale se montre très sélectif. «Comme dans mon showroom, les meubles exposés se détachaient parfaitement sur le fond clair»,déclarait le Belge, visiblement satisfait.


Linde FreyaTangelder a signé une triple présence remarquée lors de la DesignWeek avec son studio Destroyers/Builders.Chez Cassina,où elle a été la première designer belge à concevoir un meuble pour la marque,elle a présenté la «Fluid JoinerySideTable I»,une table d’appoint en verre qu’elle a ajoutée à sa collection. Dans le showroom bleu pastel de CC-tapis, elle exposait «Monograph», une œuvre monumentale inspirée de collages de papier réalisés par des artisans indiens. Une illustration parfaite de sa démarche, fondée sur la superposition et l’assemblage des matériaux. On la retrouvait également dans «Strata»,une exposition en trio avecTimVranken et Midnight &Alexander, où elle présentait des pièces fabriquées à la main telles que daybeds et fauteuils d’angle, de nouvelles couleurs appliquées par ses soins à titre expérimental sur des objets en bois et,cerise sur le gâteau,un siège en métal,doté non pas d’un coussin d’assise,mais d’un textile laqué expérimental à draper sur la structure comme un vêtement. WWW.DESTROYERSBUILDERS.COM


CI-DESSUS LE TAPIS
«MONOGRAPH» SIGNÉ
DESTROYERS/BUILDERS POUR CC-TAPIS.
CI-DESSOUS UN PETIT
FAUTEUIL EN MÉTAL DRAPÉ DE TEXTILE LAQUÉ.


Royal Botania
Cette année, le prix du design le plus ingénieux a été décerné à deux reprises au label Royal Botania, spécialiste du mobilier outdoor de luxe. Les chauffages de terrasse sont monnaie courante,mais lorsqu’on a froid aux jambes sous la table, c’est bof. Kris Van Puyvelde, le fondateur de Royal Botania, a trouvé la solution en intégrant un élément chauffant discret qui diffuse une douce lueur dans la base même de la table. «Attention quand même, les soirées dehors risquent de s’éterniser!», plaisante-t-il. Mais la vraie star, c’était «Anamon», un parasol qui réinvente le parasol, un objet inspiré par le mouvement de l’anémone de mer, qui peut disparaître dans sa coquille en un instant, Van Puyvelde a mis des années à concevoir ce modèle capable de disparaître entièrement en lui-même: d’un simple geste, le parasol se déploie ou se rétracte dans le mât central, ne laissant plus apparaître qu’un élégant pied lumineux. Et comme il faut le voir pour le croire, une vidéo est déjà en ligne.

0.4 It’s fashion, darling! Milan a toujours été une des grandes capitales de la mode, mais il est frappant de constater que les maisons de mode sont aussi de plus en plus souvent présentes lors de la Design Week. Entre installations culturelles, showrooms spectaculaires et véritables collections de meubles, la mode ouvre son terrain de jeu au design.

Louis Vuitton
Dans les ateliers de LouisVuitton, il a depuis toujours été possible de transformer une malle en meuble -bar ou bureau. Avec «Objets nomades», la maison s’était déjà aventurée dans le domaine du design, mais, cette année, elle a lancé sa première collection complète dédiée à l’univers de la maison, principalement habillée des emblématiques cuirs crème.
La collection comprend des rangements et des sièges créés par Patrick Jouin et Cristián Mohaded. Les imprimés sur la vaisselle et les textiles rendent hommage à la designer Charlotte Perriand et à l’artiste Fortunato Depero. Les créations ludiques de Patricia Urquiola et Jaime Hayon, ou le flipper tout droit sorti de l’imaginaire débordant de Pharrell Williams, pop star et designer homme chezVuitton, séduiront les amateurs d’objets plus audacieux.

Prada propose certes des objets pour la maison,mais ce n’est pas le propos ici.Avec Prada Frames, le symposium annuel de la maison de couture italienne -pour lequel les places gratuites sont encore plus difficiles à obtenir qu’un ticket pour Tomorrowland- était consacré à la réflexion intellectuelle cette année.Le cycle de conférences,«InTransit»,qui portait sur les thèmes de la transition et du mouvement,s’est déroulé dans le Pavillon royal de la gare Centrale de Milan… à bord de «L’Arlecchino», un magnifique train moderniste conçu par Gio Ponti et Giulio Minoletti.
Comme lors des éditions précédentes, la direction artistique était assurée par FormaFantasma. Et le cadre était si photogénique qu’on en aurait presque oublié qu’en fin de compte, l’essentiel restait le contenu.
WWW.PRADA.COM



CI-DESSUS LA THÉIÈRE
CONÇUE PAR L’ARTISTE
ESPAGNOLE LAIA ARQUEROS
POUR LA MAISON LOEWE.
Depuis l’arrivée de Jonathan W. Anderson à la direction artistique de la maison espagnole Loewe,en 2013,elle s’est affirmée comme une plateforme respectée pour l’art et l’artisanat,et tout porte à croire que cette orientation perdurera malgré le départ (récent) du créateur irlandais. Après une exposition consacrée aux luminaires l’an dernier, Loewe avait cette fois invité 25 designers à réinventer la théière. Et, comme il se doit, l’exercice a été pris très au sérieux, de la spirale en argile de Takayuki Sakiyama à la théière abstraite,violette et «aérographiée» de Patricia Urquiola,en passant par les joyeux personnages de l’artiste Dan McCarthy,autant de superbes hommages à cet objet du quotidien. Les rares théières mises en vente se sont envolées depuis longtemps,mais Loewe avait créé pour l’occasion la bougie parfumée «Earl Grey». Oui, ça console.
WWW.LOEWE.COM
S’APPELLENT


Des livres qui deviennent viraux sur TikTok, des défilés de mode comme celui de Paloma Wool dans des bibliothèques... À une époque où on lit de moins en moins, la lecture devient un acte presque rebelle -et donc, un puissant symbole de statut social.Miu Miu a donc à nouveau organisé son Literary Club pendant la DesignWeek.Après tout, Miuccia Prada est l’incarnation du «fashion intellectualism». Pour cette deuxième édition du Miu Miu Literary Club, pas de meubles sous les projecteurs,mais une série de talks soigneusement sélectionnés par la fondatrice autour de thèmes comme l’enfance, l’amour, l’éducation sexuelle, l’art moderne et le rôle des femmes dans ces domaines -dans un cadre mêlant velours rouge et nuances de bleu.
WWW.MIUMIU.COM
Marimekko x Laila Gohar
Si la hype d’un événement se mesurait à la longueur de la file d’attente, cette collab aurait remporté la palme. Pour consoler les visiteurs à l’idée de devoir patienter encore une heure de plus,on leur offrait de longues friandises finlandaises -presque aussi interminables que la file d’attente- avant de pouvoir découvrir «All the things we do in bed»,une installation en forme de lit géant habillé de rayures gourmandes dénichées par Laila Gohar dans les archives de la créatrice de Marimekko,Maija Isola,et traduites en nouvelles housses de couette, taies d’oreiller et objets déco.
Pour Laila Gohar, artiste culinaire et star d’Instagram, c’était un vrai «full circle moment», comme elle l’a confié en ligne: «Quand j’étais petite, ma mère avait découvert Marimekko et nous habillait de rayures, ma sœur et moi. C’était plutôt rare dans Le Caire des années 1990.Et maintenant, je crée cette collection.Voir tout cela prendre vie, c’est merveilleux.»




Si les métiers d’Hermès sont résolument classiques, la maison est aussi réputée pour ses mises en scène inattendues. Cette année, elle avait investi un espace baigné de lumière blanche, presque clinique -une scénographie de Charlotte Macaux Perelman évoquant «2001, l’Odyssée de l’espace» de Stanley Kubrick. Dans cette atmosphère suspendue flottaient en silence d’étranges structures lumineuses,en magnifique contraste avec une sélection d’objets artisanaux pour la maison,réunis par le directeur artistique Alexis Fabry.Au programme: tables basses en verre laqué aux couleurs vives, coffrets en cèdre japonais (sugi), draps en cachemire et paniers en cuir aux couleurs contrastées de vert, bleu, brun et rouge.



0,7-12,5 L/100 KM - CO2 : 16-283 G/KM (WLTP)
Contactez votre concessionnaire pour obtenir des informations complètes sur la taxation de votre véhicule. Informations environnementales (AR 19/03/04) : landrover.be. Modèle illustré équipé d’options et d’accessoires. Priorité à la sécurité.
Les installations de Dimorestudio figurent chaque année parmi les coups de cœur du public pendant la DesignWeek, et cette édition n’a pas fait exception. L’Italien Emiliano Salci et l’Américaine Britt Moran avaient transformé le cœur du siège de Loro Piana en un décor cinématographique aux allures de roman «giallo»: natures mortes de tissus somptueux, vaisselle brisée (nouveauté signée Loro Piana) et lit rond négligemment défait (nouveauté de leur propre label, DimoreMilano).Si ces dernières années,Loro Piana a acquis une renommée mondiale grâce à son «quiet luxury», cette mise en scène prouve que la maison sait aussi faire du bruit -avec panache.
WWW.DIMORESTUDIO.EU



À GAUCHE LE SIÈGE DE LORO PIANA A ÉTÉ TRANSFORMÉ EN DÉCOR DE FILM SEVENTIES PAR DIMORESTUDIO.

CI-DESSUS EN HAUT, LA BIBLIOTHÈQUE «RIO DE JANEIRO» QUE CHARLOTTE PERRIAND A CONÇUE EN 1962 POUR SON ÉPOUX. EN BAS, LE CANAPÉ CRÉÉ POUR LA RÉSIDENCE DE L’AMBASSADEUR DU JAPON EN FRANCE.
FeuYves Saint Laurent était un fervent collectionneur de meubles de Charlotte Perriand. L’actuel directeur artistique,AnthonyVaccarello,perpétue cette tradition,mais à sa manière.Dans les archives de la designer française,il a sélectionné quatre pièces conçues entre 1943 et 1967:un canapé,une bibliothèque et une table basse.Certaines n’avaient jusqu’ici jamais dépassé le stade du croquis ou du prototype, et sont aujourd’hui produites pour la première fois.
C’est le cas de «La Table Mille-Feuilles», jamais réalisée à l’époque en raison de sa complexité technique: elle se compose de dix couches alternées de palissandre et de cerisier, minutieusement poncées pour créer un relief. Quant à la bibliothèque «Rio de Janeiro», elle avait été imaginée pour son époux.Toutes les pièces sont produites par Saint Laurent en édition limitée.
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0.5 Talk of the town Quelles sont les labels et les designers qui ont fait le plus parler d’eux? Qui et quoi a su nous convaincre? Pour briller dans les dîners en ville entre amateurs de design à venir, c’est ici que ça commence.

Y a-t-il une marque pour laquelle Patricia Urquiola ne crée pas? La designer,qui vit en Italie depuis si longtemps qu’on en oublierait presque qu’elle est espagnole,a présenté cette saison deux tapis chez CC-tapis (dont un orné de magnifiques dégradés et de créatures marines), des vases et des céramiques chez Bitossi, des objets en cuir et du mobilier chez LouisVuitton,une nouvelle collection de meubles aux couleurs acidulées glossy chez Cimento Design et, enfin, des canapés modulaires ornés de carreaux de céramique et des tables d’appoint chez le label espagnol Kettal. Dire qu’elle est omniprésente est un euphémisme.


À ne pas confondre avec Sergio Tacchini -mais tout aussi célèbre dans un autre registre. Fondée en 1967, la maison italienne Tacchini vient d’ouvrir son premier showroom dans un majestueux immeuble ancien du vieux quartier de Brera, qui fut longtemps le fief des esprits créatifs milanais. Dans un décor à la fois spectaculaire et intimiste,la marque présente la relève contemporaine aux côtés d’icônes du design: de FayeToogood et Michael Anastassiades à Mario Bellini,Afra & Tobia Scarpa et Cini Boeri.



À GAUCHE, EN HAUT LE SOFA «RILEY», UN DESIGN QUI SEMBLE PLANER AU-DESSUS DU TAPIS.
CI-DESSOUS CETTE ANNÉE, LE SOFA «YVES» S’EST RETROUVÉ EN BONNE COMPAGNIE DE TABLES D’APPOINT EN MARBRE ET CHROME.

Non, Hannes Peer n’est pas le directeur artistique de Minotti, mais depuis que l’architecte designer a été invité à concevoir du mobilier pour la maison italienne après la disparition de Rodolfo Dordoni, l’esthétique de la marque a pris un tournant.
Avec lui, les lignes arrondies et sensuelles ont fait leur apparition, ainsi que les matériaux glamour aux accents seventies chic. Exemple parfait: les tables «Andrée», recouvertes de petits carreaux brillants inspirés des façades milanaises traditionnelles ou la table d’appoint «Stage» mêlant bois, acier et laque ultra glossy: c’est robuste et glamour, dans la plus pure veine Minotti.



Georg Jensen
Depuis la nomination de Paula Gerbase à la direction artistique,à la fin de l’année dernière,un vent nouveau souffle sur la maison danoise de joaillerie et d’orfèvrerie.C’est à l’occasion de la DesignWeek que l’on en a eu un premier aperçu avec «Gelateria Danese», un glacier stylé où la créatrice a dévoilé sa vision de l’argenterie. Coupes à glace, petits pots et petites cuillères inspirées des pelles en plastique et réinterprétées en argent sterling raffiné,le tout orné du motif à billes signature de Georg Jensen. «Je voulais créer une collection qui rende l’argenterie plus accessible au quotidien,des objets que l’on n’a pas peur de toucher, et qui puisse évoluer avec le temps», explique la nouvelle directrice artistique. WWW.GEORGJENSEN.COM


À
CI-DESSOUS

CI-DESSUS LE PRODUCTEUR
D’ALUMINIUM S’EST MIS
AU DÉFI DE TROUVER DES DESIGNERS AVEC QUI COLLABORER DANS UN RAYON DE 100 KILOMÈTRES.
Chaque année,Capsule Plaza devient plus populaire.Ce qui, à l’origine, est un magazine créé par le directeur artistique Alessio Ascari et l’architecte Paul Cournet (partenaire de la designer Sabine Marcelis) est devenu une véritable plateforme pour les collaborations les plus intéressantes et les mieux scénographiées de la DesignWeek.
USM Haller y présentait par exemple, en partenariat avec Humanrace,la marque de skincare de PharrellWilliams, une étonnante salle de bains vert gazon, conçue à partir de mobilier de bureau modulaire.Le spécialiste de l’aluminium implanté à Lichtervelde, Hydro, exposait des moules ultra techniques pour des créations uniques, notamment signées Sabine Marcelis.On retrouvait cette dernière à deux pas de là: elle signe un cache-pot futuriste pour Extralight,producteur d’un matériau ultraléger proche de celui des Crocs.Capsule a ainsi enchaîné les collaborations avec aisance,jusqu’au charmant glacier de Georg Jensen.
WWW.CAPSULE.GLOBAL

Ce qui frémissait l’année dernière éclate cette année: le bordeaux sombre et dramatique, dans une palette qui va du presque noir au violet foncé, est une couleur qui va très bien aux intérieurs, clairs ou plus soutenus.
















1. Table d’appoint ‘Nastro’, design Giampiero Tagliaferri pour Minotti, www.minotti.com 2. Guéridon ‘Cantle’, design Marco Lavit pour MDF Italia, www.mdfitalia.com 3. Bibliothèque ‘Random’, design Neuland Industriedesign pour MDF Italia. www.mdfitalia.com 4. Lampe de table et vase deux-en-un ‘Filicudi’, design Andrea Pedrali pour Pedrali, www.pedrali.com 5. Console ‘Z24’, design Muller Van Severen pour Zanotta, www.zanotta.com 6. Console ‘Circum’, design studio Sotiris Lazou pour AL2, www.al2.gr 7. Sofa ‘Jeff’, design Patrick Norguet pour Pedrali, www.pedrali.com 8. Fauteuil ‘Villhem’, design Borselius & Bernstrand pour Blå Station, www.blastation.com

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Le come-back le plus frappant du Salone del Mobile? La couleur bleue dans toutes ses nuances: du bleu électrique brillant au bleu ciel doux.





1. ‘Bollard Bench’, design Studio Roderick Vos de CC-Tapis, www.cc-tapis.com 3. Suspension ‘Allumette’, design design Nendo pour Minotti, www.minotti.com 5. Buffet ‘Vision Modules’, design Karel Boonzaaijer et Pierre Mazairac pour Arco, ‘D-Scape’, design Diesel Living pour Moroso, www.moroso.it


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Lumière allumée, lumière éteinte: vous touchez vos interrupteurs à de multiples reprises chaque jour, et ils participent pleinement à l’esthétique de votre intérieur. Avec le lancement du Niko Rocker et du Niko Toggle, l’entreprise belge Niko répond parfaitement à la demande d’esthétique, de tactilité et d’innovation dans la domotique.
Artisanat belge
La marque bien connue Niko (abréviation de “Nikolaas”) a vu le jour en 1919 à Saint-Nicolas, en Flandre-Orientale. Un siècle plus tard, la troisième génération présente dans l’entreprise considère toujours la beauté et la qualité – et la satisfaction client qui en découle – comme une affaire d’honneur. Arne Desmet, designer industriel depuis 13 ans chez Niko, est enthousiaste: “Le Niko Toggle, avec sa forme et son levier si caractéristique, et le Niko Rocker sont librement inspirés des
designs iconiques de Niko de 1928 et 1958. Des versions très épurées avec une touche de nostalgie.”
Le slogan de la marque, Jewellery for walls, en sort encore renforcé. “Ces interrupteurs design sont de véritables affirmations de la spécificité de Niko. Leur fabrication exige de notre part la plus grande précision.”
Finitions inspirantes
Wim Gielen, Product Manager, a gagné ses galons dans le secteur de l’éclairage. Chez Niko, il veille à la finition esthétique. “Dans ces nouvelles séries, nous avons réalisé à la fois les interrupteurs et les boutons en métal, pour une expérience premium totale.” Avec leur touche authentique, ces designs épurés sont suffisamment neutres pour s’intégrer aussi bien dans des intérieurs très modernes que dans une maison de maître ou un cadre plus rustique.
“Il existe quatre finitions en aluminium brossé: grey, gold, blue grey et black”, détaille Arne Desmet. “La couche de couleur offre par ailleurs une protection contre la corrosion. En acier laser et laqué, vous avez le choix entre blanc et champagne.” Les six finitions se retrouvent dans la gamme Niko Pure qui comprend 65 fonctions spécifiques, dont un chargeur USB et un interrupteur va-et-vient.
Une montée en gamme tout en finesse
Le détail raffiné de ces interrupteurs est marqué par des éléments tout à fait uniques. “Le Niko
Rocker est particulièrement original. Ses touches sont finies avec un bord subtilement biseauté. Le Niko Toggle, quant à lui, présente un petit creux qui est magnifiquement accentué lorsque la lumière l’éclaire en biais.”
“Le Niko Toggle a un petit creux qui est magnifiquement accentué lorsque la lumière l’éclaire en biais.”
ArneDesmet, designer industriel chez Niko
Wim Gielen souligne un autre grand atout de ces deux nouveautés: “Celles et ceux qui ont installé une gamme récente de Niko peuvent aisément adopter le Niko Rocker ou le Niko Toggle. Pour les prises, il s’agit simplement de remplacer le cadre. Pour les interrupteurs, le mécanisme interne sera également remplacé, sans nécessiter de travaux importants et en conservant les fonctions existantes.”
Quand high-tech et esthétique vont de pair
L’esthétique compte, mais la sensation produite par l’interrupteur, sa facilité d’utilisation et sa sécurité doivent aussi être au rendez-vous. La créativité est si profondément ancrée dans l’ADN de l’entreprise familiale que ses designers rêvent déjà de l’autre extrémité du spectre: des interrupteurs design si discrets qu’ils semblent ne pas exister.
Le Niko Rocker et le Niko Toggle sont disponibles chez des architectes, des magasins d’éclairage et des installateurs.

Du beurre frais au crème en passant pas le moutarde: le jaune dans toutes ses nuances alléchantes -à l’exception peutêtre du jaune d’œuf éclatant- a le vent en poupe. Plus surprenant: ce ton chaud se marie à merveille aux couleurs plus prononcées.








Après avoir remporté le prestigieux titre de «European Magazine of theYear»,Sabato lance,pour la première fois cette année,les Sabato Design Awards! Outre un Lifetime Achievement Award récompensant un designer dont le parcours a inspiré la génération actuelle, des prix seront également décernés dans les catégories «produit design» et «design d’intérieur».
Un jury international élabore actuellement une «long list» de designers belges et internationaux dignes de recevoir une nomination. Cette sélection constituera la base d’un numéro spécial de Sabato:The100 Design, qui sera publié le samedi 25 octobre.
Le jury retiendra finalement cinq lauréats parmi les 100 nominés. Dans la catégorie Belgian Young Talent Award, un prix du public sera également attribué. Chers lecteurs de Sabato, nous comptons sur vous pour élire votre candidat favori parmi jeunes designers nominés, et ce, dès le 15 septembre prochain.
Les lauréats -qui recevront une œuvre signée Papier Boulettes- seront annoncés le mercredi 22 octobre lors d’une cérémonie de remise des prix exclusive, accessible uniquement sur invitation. Suivez-nous sur Instagram pour tenter de décrocher une des dix invitations réservées aux lecteurs.
It takes two to tango et pour se soutenir en pleine tempête créative. Du design à l’art et l’architecture: la collaboration est un art que ces duos connaissent sur le bout des doigts.



LES SCULPTEURS JOHAN CRETEN ET JEAN-MICHEL OTHONIEL ONT INVESTI UN ANCIEN COMPLEXE INDUSTRIEL À MONTREUIL. À LA SOLFATARA, LEUR CRÉATIVITÉ BOUILLONNE SUR 4.500M 2 . «ICI, NOUS POUVONS EXPOSER DES ŒUVRES QUI NE RENTRERAIENT PAS DANS UNE GALERIE.»
REPORTAGE: THIJS DEMEULEMEESTER
PHOTO: JEAN-FRANÇOIS JAUSSAUD

PAGE PRÉCÉDENTE JOHAN
CRETEN ET JEAN-MICHEL
OTHONIEL À LA SOLFATARA, UNE ANCIENNE USINE
MÉTALLURGIQUE QU’ILS ONT
TRANSFORMÉE EN ATELIER
DOUBLÉ D’UNE HABITATION.
«Clay gipsy»: pendant 25 ans, ce surnom a accompagné l’artiste belge Johan Creten, né en 1963 à Saint-Trond. De New York à Miami, en passant par le Midwest américain, Paris et Sète, tel un nomade, il a travaillé et vécu un peu partout. Johan Creten et Jean-Michel Othoniel (né en 1964 à Saint-Etienne) se connaissent depuis un bail. L’artiste français est mondialement connu pour ses sculptures poétiques en verre, exposées notamment au Petit Palais à Paris, au château deVersailles et au Musée national du Qatar. «Cet été, JeanMichel présente 250 œuvres à Avignon -au Palais des Papes, sur le pont d’Avignon et huit musées», lance Creten.«Moi,j’expose120sculpturesaumuséedesBeaux-Arts d’Orléans. Et onze pièces monumentales seront exposées dans le centre-ville jusqu’à la fin de l’année.»
Aujourd’hui, ils vivent à Paris et à Sète, mais c’est aux États-Unis qu’ils ont découvert des artistes comme Robert Rauschenberg ou Jasper Johns, qui réfléchissaient à la manière de préserver et transmettre leur héritage artistique de leur vivant. «Ils ont créé des Fondations afin de garder le contrôle sur leur œuvre. Jean-Michel et moi avons entrepris la même démarche il y a quelques années, mais nos œuvres et nos archives se sont éparpillées, ce qui n’était pas pratique: nous avons ressenti le besoin de tout centraliser.»
À GAUCHE JOHAN CRETEN
TRAVAILLE LE BRONZE, L’ARGILE ET LA CÉRAMIQUE, DES MATÉRIAUX PREMIERS
POUR EXPRIMER UN LANGAGE
SCULPTURAL NOURRI PAR LE FEU.
À DROITE LE RÉFECTOIRE DE LA SOLFATARA FAIT OFFICE
DE CAFÉTÉRIA OÙ DÉJEUNE
L’ÉQUIPE ET DE PLATEFORME
CULTURELLE POUR DES LANCEMENTS D’OUVRAGES.
Pendant six ans,Creten épluche quotidiennement les sites d’annonces immobilières dans l’espoir de trouver un lieu à Paris ou en proche banlieue. Le déménagement commence à devenir urgent, car un des trois ateliers d’Othoniel est sur le point d’être démoli. Peu avant la pandémie, les deux artistes apprennent alors qu’un site du patrimoine industriel de Montreuil est à vendre: une usine de métallurgie de 4.500m²,composée de deux halles géantes. «Le bâtiment n’était pas classé, mais il ne pouvait pas être démoli, car il constituait un patrimoine industriel remarquable», explique Creten. «Netflix a aussi manifesté son intérêt pour une partie ainsi qu’une créatrice françai-
«Quand il y a des tensions géopolitiques, les artistes en subissent les effets.


À GAUCHE LES SCULPTURES
MONUMENTALES EN VERRE
DE JEAN-MICHEL OTHONIEL
SONT DE LA POÉSIE XXL.
se qui envisageait d’y installer sa Fondation artistique. Finalement, ces deux projets sont tombés à l’eau et nous avons pu acheter les deux halles. Nous avons dit banco, même si c’était un risque.»
«Le lendemain de la signature du contrat,le monde se confinait:nous pouvions donc nous consacrer pleinement à notre projet. C’était presque un avantage: cela nous a permis de nous approprier ce nouvel espace de travail.Après la pandémie, il y a eu l’escalade du conflit en Ukraine,qui a fait flamber les prix de l’énergie alors que nous venions d’investir dans un four à céramique.Quand il y a des tensions géopolitiques,les artistes aussi en subissent les effets, d’autant plus s’ils ont des clients en Amérique,en Chine et au Moyen-Orient, ce qui est notre cas», explique Creten.
«La politique mondiale s’infiltrait déjà dans mon travail, mais maintenant, la menace est beaucoup plus tangible. Plusieurs sculptures sont prêtes à partir pour une exposition à Istanbul,mais compte tenu de la situation politique, je me demande si j’ai vraiment envie de les envoyer.Nous devons être plus prudents que jamais.»
LA PUISSANCE DU VOLCAN
L’espace à Montreuil de Johan Creten et Jean-Michel Othoniel, La Solfatara, abrite deux studios, un entrepôt, les archives, la maison d’hôtes, l’espace d’accueil et la Fondation Othoniel Creten. Ce nom fait référence au volcan des champs Phlégréens, dans la baie de Pouzzoles, près de Naples, où vivait le dieu des enfers,Vulcain.
«De nombreux artistes ont représenté les volcans en porte des enfers. Goethe s’y est rendu, convaincu qu’il pourrait y lire
l’avenir».Au XVIIE siècle, la Solfatara était une étape obligatoire dans le GrandTour,le voyage initiatique que les jeunes gens fortunés entreprenaient,depuis le XVIE siècle, dans les grandes cités de la culture classique gréco-romaine:Rome,Florence,Athènes», précise Creten.
Le nom de Solfatara (terre de soufre) évoque aussi le mot «sulfureux»,qui signifie «chargé en soufre», mais aussi scandaleux, au sens figuré. Creten: «C’est un lieu où prendre des risques. Dans le cratère d’un volcan,on voit la terre se liquéfier,comme l’obsidienne. Ce sont précisément les éléments -eau, feu, air- qui font le lien entre le travail de Jean-Michel et le mien. Il réalise des installations sculpturales en verre et moi, je travaille le bronze et la céramique, des matériaux ancestraux intimement liés à la puissance des éléments naturels.»
QUARTIER EN MUTATION
Johan Creten et Jean-Michel Othoniel ne sont pas les seuls artistes à avoir fait le pari

On ne peut que le prendre au sérieux.»
de s’installer à Montreuil. Le célèbre designer de bijoux et de mobilier HervéVan der Straeten y possède un vaste atelier depuis des années. «Montreuil est en pleine mutation.Plus de mille appartements sont en construction.La municipalité fait le nécessaire pour encourager la mixité sociale.»
«Le prix de l’immobilier à Paris intramuros est sans commune mesure avec ceux d’ici, alors que nous ne sommes qu’à une station de métro au-delà du périphérique. L’emplacement est idéal: en une demi-heure de métro, on est sur les Champs-Élysées,et la place de la République n’est qu’à un quart d’heure.»
Les groupes de collectionneurs qui visitent La Solfatara sur rendez-vous sont, comme nous, émerveillés en découvrant les gigantesques halles,les structures métalliques et la lumière zénithale. «C’est là qu’ils prennent véritablement la mesure de l’échelle à laquelle nous travaillons», commente Creten. «Ils ne peuvent alors que prendre notre travail au sérieux.»
Le complexe est immense. Il abrite même un grand café, où se trouve une banquette ancienne provenant de la célèbre brasserie française Le Sarah Bernhardt. «C’est ici que nous déjeunons avec notre équipe de vingt personnes. Nous y organisons aussi des séances de dédicaces, des conférences de presse et des interviews. Le réfectoire fait office de sas entre la ville et l’atelier.»
Dans la grande halle, un étrange pavillon intérieur attire le regard: l’ancienne maison du directeur construite au XIXe siècle et qui, depuis sa restauration, abrite

CI-DESSUS À L’INTÉRIEUR DU HALL GÉANT SE TROUVE UN PAVILLON DU XIXe SIÈCLE, LA MAISON DU DIRECTEUR, QUI ABRITE AUJOURD’HUI LES ARCHIVES, LE STUDIO PHOTO ET LES ATELIERS.

les archives, le studio photo et les ateliers. «Transmission, conservation,archivage et promotion de notre travail:telle est, en plus de la vocation pédagogique, la mission de La Solfatara et de la Fondation et elle exige énormément de temps et de moyens.»
Au début, Creten et Othoniel ont été intimidés par cette étendue de 4.500 m²,mais aujourd’hui,ils apprécient son atout majeur: pour la première fois, les deux artistes disposent de tout sous un même toit.
«C’est extrêmement pratique pour préparer des expositions ou organiser des expéditions.Nous pouvons expédier depuis cet espace vers nos galeries ou un musée ou chez un collectionneur privé tout ce qui se trouve ici,alors que bon nombre d’œuvres monumentales qui se trouvent ici ne passeraient même pas les portes des galeries avec lesquelles nous travaillons.Dans cet espace,nous pouvons montrer des pièces qui, sinon, il serait vraiment impossible d’exposer», précise Othoniel.
Johan Creten ajoute: «Parfois, les sculptures installées dans la halle servent de décor pour des spectacles de danse. Hugo Marchand et Marie-Agnès Gillot, danseurs étoiles de l’Opéra de Paris,se sont produits ici,parmi les œuvres. L’objectif de La Solfatara, ce sont les échanges multidisciplinaires. Notre lieu permet aussi des rencontres avec des groupes d’étudiants. La transmission est au cœur de notre Fondation. Nous voulons transmettre notre travail, mais aussi démocratiser l’art. Aussi bien pour les initiés que pour les communautés, ici, à Montreuil.» La gitane d’argile a trouvé un foyer. Et quel foyer! ◆
WWW.LASOLFATARA.COM
«THE HOMES OF ART DEALERS, FOR ART’S SAKE» AUX ÉDITIONS RIZZOLI NY: TEXTE DE TIQUI ATENCIO DEMIRDJIAN ET ILLUSTRATIONS DE JEAN-FRANÇOIS JAUSSAUD. 95 EUROS.
JEAN-MICHEL OTHONIEL «COSMOS OU LES FANTÔMES DE L’AMOUR», DU 28 JUIN 2025 AU 4 JANVIER 2026 À AVIGNON. WWW.AVIGNON2025.FR
JOHAN CRETEN, «JOUER AVEC LE FEU», JUSQU’À LA FIN DE L’ANNÉE AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS ET DANS LE CENTRE-VILLE D’ORLÉANS. WWW.MUSEESORLEANS.FR
APRÈS S’ÊTRE FAIT UN NOM DANS LE MONDE DE LA MODE EN TANT QUE
COUPLE DE PHOTOGRAPHES, SOFIE MIDDERNACHT ET MAARTEN ALEXANDER OPÈRENT UN VIRAGE RADICAL: LA PHOTOGRAPHIE DEVIENT DE L’ART ET L’ART SE MUE EN DESIGN DE COLLECTION. LE DÉCLIC? UNE VIEILLE CUVE À MAZOUT TROUVÉE DANS UN JARDIN.
REPORTAGE:
NATALIE HELSEN

Tout a commencé par une vieille cuve à mazout. Depuis cette trouvaille,Sofie Middernacht et Maarten Alexander se consacrent au design de collection, soit des meubles aux formes arrondies,de couleur profonde obtenue grâce à de nombreuses couches d’époxy sur lesquelles glissent des gouttelettes de résine. Pendant des années,à Londres,ils ont formé un duo de photographes:ils ont travaillé pour J.W.Anderson,Rick Owens et le magazine Wallpaper. Avec la pandémie, leur besoin d’espace – plus vaste, plus abordable et plus près de leur famille - s’est imposé.
Ensuite, le couple décide de revenir en Belgique. «Nous avions choisi Bruxelles pour adoucir la transition», commente Middernacht. Et aussi parce qu’on leur a signalé une maison qui pourrait abriter leur atelier. Pas à Bruxelles, mais à Alost.
Cinq jours après leur retour, le couple visite la villa vide au moment où l’ancienne cuve à mazout est excavée dans le jardin. Pour Middernacht, c’est un coup de foudre: «On peut la garder? Quel bel objet! Je me suis dit: pour plus tard, peut-
CI-CONTRE PENDANT DES ANNÉES, MIDDERNACHT & ALEXANDER ONT ÉTÉ UN DUO DE PHOTOGRAPHES RÉPUTÉ. LORS DE LA PANDÉMIE, LE BESOIN D’UN ESPACE PLUS GRAND, MOINS CHER ET PLUS PROCHE DE LA FAMILLE EST DEVENU UN IMPÉRATIF.

être.Maarten a accepté,même s’il ne voyait pas ce que je comptais en faire. La cuve est restée pendant six mois dans l’atelier.» Jusqu’au jour où, pour accompagner leurs œuvres, ils décident de fabriquer un banc avec des éléments de cette cuve. «Tout ce que nous créons aujourd’hui découle de cette première version», précise Maarten Alexander. «Nous voulions créer un siège pour les visiteurs de ‘Vulnerable Dimensions’, une version agrandie de notre première œuvre qui avait rencontré un succès inattendu. C’est alors qu’une galerie gantoise nous a repérés. Et tout s’est enchaîné: Design Miami et, récemment, le salon du meuble de Milan.»
Dans le cadre de «Strata», l’exposition collective qu’ils ont organisée avec Tim Vranken et Linde FreyaTangelder de Destroyers/Builders, ils présentent des tables, des tabourets, des consoles et même un imposant claustra.Seules les formes arrondies évoquent encore la cuve d’origine.Les textures métalliques brutes ont été figées sous des couches de résine époxy colorée élaborée par leurs soins, ce qui donne à l’œuvre une profondeur fascinante. Leurs pièces sont aujourd’hui distribuées par ObjectsWith Narratives à Bruxelles et la Galerie Gosserez à Paris.
«La création de mobilier est une activité à plein temps», confie Alexander. Aujourd’hui, leur travail de «transformateurs de ferraille» est reconnu officiellement.
«C’était nécessaire pour être en règle avec la loi.»Trouvent-ils suffisamment de cuves à mazout,une matière première pas si simple à utiliser? Il me répond en souriant:«On en a déjà rassemblé plus qu’il n’en faut!»


Quand le couple s’est formé, Alexander a emménagé chez Middernacht à Londres,où elle apportait son aide à des stars comme Inez &Vinoodh et Nick Knight.Très vite,ils ont envie de collaborer.Middernacht:«Soit nous allions devenir des concurrents,soit nous unissions nos forces.» Une décision qui s’est avérée judicieuse,même après la fin de leur relation.
GUCCI
«Nous avons toujours été très complémentaires et sur le plan créatif, nous nous faisons une confiance absolue», poursuit Middernacht. «Maarten est focalisé sur les matériaux et aborde tout sous un angle technique. Moi, je suis plutôt visuelle et sensible aux couleurs,et je conçois les installations.Je viens du monde de l’art et Maarten,du cinéma -il a travaillé comme régisseur lumière chez Gucci. Maarten se consacre principalement à l’atelier, à la formation et à l’encadrement de l’équipe pendant que je gère les projets,les visites chez les clients et les chantiers.Ensemble,nous réalisons la finition et la mise en couleur des meubles, toujours.»
Quand on lui demande quel type de personnalité il faut avoir pour bien collaborer,sa réponse est sans détour:«J’ai un esprit très créatif, très ouvert.Travailler à deux, c’est à la fois une richesse et une contrainte, mais cela oblige à envisager d’autres perspectives,à mettre son ego de côté et à rester réceptif à l’autre,ce qui,souvent,mène à quelque chose de plus abouti, de plus grand que ce que l’on aurait pu créer seul.»
La différence majeure avec leurs débuts professionnels? En 2022,le couple se sépare,mais la question de l’éventuelle fin de leur collaboration ne se pose qu’un bref instant.
Middernacht explique:«Il a fallu un temps d’adaptation pour apprendre à nous redéfinir,à ne plus nous voir comme des ex ou des personnes ayant partagé une relation amoureuse.Cela a demandé de l’énergie,du temps et une certaine intelligence émotionnelle.Bien sûr,cela n’a pas toujours été facile,mais notre passion pour ce que nous faisons était telle qu’abandonner n’a jamais été une option.» ◆
LE 5 JUIN, OBJECTS WITH NARRATIVES PRÉSENTERA DES PIÈCES DE MIDDERNACHT & ALEXANDER. PLACE DU GRAND SABLON 40 À BRUXELLES.
WWW.OBJECTSWITHNARRATIVES.COM, WWW.MIDDERNACHTALEXANDER.COM
CI-DESSUS LIGNES
ARRONDIES, RÉSINE ÉPOXY, COULEURS PROFONDES ET GOUTTELETTES DE RÉSINE
FIGÉES: LA SIGNATURE DE MIDDERNACHT & ALEXANDER EST IMMÉDIATEMENT RECONNAISSABLE.
«Soit nous devenions concurrents, soit nous unissions nos talents.»
REPORTAGE:
QUAND UN COUPLE NIPPO-DANOIS S’INSTALLE DANS UN STUDIO DE DESIGN MILANAIS, ON PEUT S’ATTENDRE À QUELQUE CHOSE QUI SORT DE L’ORDINAIRE. LE DUO INODA+SVEJE COLLABORE AVEC LES PLUS GRANDS NOMS DU DESIGN, DE LOUIS POULSEN À MINOTTI. SON ARME SECRÈTE? UNE BARRIÈRE LINGUISTIQUE INFRANCHISSABLE.

Il y a près de 25 ans, la Japonaise Kyoko Inoda et le Danois Nils Sveje choisissent Milan pour fonder leur studio de design. Depuis, ils conçoivent ensemble bon nombre d’objets fonctionnels pour des maisons prestigieuses telles que Louis Poulsen, Karimoku ou Minotti. L’an dernier, le duo a présenté la chaise «DC11» pour Miyazaki, une pièce qui s’impose déjà comme un classique du design.
Cette année marque le début de leur première collaboration avec la marque belge outdoorTribù.La collection Nagomi se compose notamment d’une table et de chaises assorties -une gamme qui devrait s’étoffer progressivement dans les années à venir. «Il y a une barrière linguistique entre Kyoko et moi», confie Sveje. «Mais nous avons su en faire une force.Aucun de nous ne s’exprime dans sa langue maternelle au quotidien: notre langue commune, c’est l’italien.Ainsi la langue devient une couche d’abstraction, un filtre utilisé comme une sorte «d’éponge douce». Nous n’avons pas besoin de connaître les idées de l’autre dans les moindres détails pour les développer.» «Il n’est pas nécessaire de définir notre individualité dans le processus créatif, car nous contribuons à parts égales à chaque projet», ajoute Inoda. «Notre indépendance réside dans la liberté que nous avons d’interpréter les idées de l’autre. Nous sommes issus de cultures où le design occupe une place essentielle: le Japon et le
CI-CONTRE DU DANEMARK AU JAPON, AVEC L’ITALIE COMME POINT DE RENCONTRE: POUR LE DUO INODA+SVEJE, LE DESIGN N’A PAS DE FRONTIÈRES.
CI-DESSUS POUR LE LABEL BELGE TRIBÙ, INODA+SVEJE ONT CRÉÉ «NAGOMI», UNE LIGNE QUI SERA DISPONIBLE L’ANNÉE PROCHAINE.

Danemark. Pourtant, nous ne cherchons pas à fusionner consciemment ces deux influences. Je ne me demande jamais ‘comment rendre cela plus japonais?’, mais, bien sûr, ces origines se reflètent dans tous nos projets.»
RESPECT POUR L’ARTISANAT
Ce qui unit les deux designers -autant par leur origine que par leur personnalité-, c’est la profondeur du respect qu’ils éprouvent à l’égard des artisans et des fabricants. «La production est souvent perçue comme une limite, un frein à la réalisation de certains designs», poursuit Sveje. «Moi, je vois les choses dans l’autre sens: pour moi, les artisans sont avant tout une source d’inspiration,ils montrent ce qui est possible. J’adore travailler avec différentes marques,car cela me permet de rencontrer une grande variété d’artisans et de fabricants.»
Lancer leur propre label n’est (du moins,pour l’instant) pas dans leurs projets.En revanche,le couple a aménagé une galerie au sein de son studio, où il est possible de prendre rendez-vous pour découvrir 25 ans de design suédodano-italien. ◆
WWW.GALLERY.INODASVEJE.COM

CI-CONTRE LANCÉ L’ANNÉE DERNIÈRE À PEINE, LE FAUTEUIL «DC11» POUR MIYAZAKI EST POURTANT DÉJÀ CONSIDÉRÉ COMME UN CLASSIQUE DU DESIGN.
CI-DESSOUS ESTHER ET ELENA CASTAÑO-LOPEZ, LES DEUX SŒURS QUI ONT
PROPULSÉ SANCAL VERS DE NOUVEAUX SOMMETS.
À DROITE SYLVAIN WILLENZ A CONÇU POUR SANCAL LA TABLE ET LES CHAISES LUDIQUES «TOTEM».

QUATRE ANS APRÈS AVOIR REPRIS LA MARQUE ESPAGNOLE DE DESIGN FONDÉE PAR LEUR PÈRE, ESTHER CASTAÑO-LOPEZ APPELLE SA SŒUR ELENA: «J’AI BESOIN DE TOI.» DEPUIS, LES DEUX SŒURS ORCHESTRENT LA SPECTACULAIRE RENAISSANCE DE SANCAL. «MÊME SI NOUS AVONS DES DÉSACCORDS, NOS MEUBLES RESTENT UNE FÊTE.»
En lisant la brochure de Sancal, difficile d’imaginer qu’il y a 50 ans, l’entreprise fondée par Santiago Castaño était spécialisée dans le garnissage.Aujourd’hui,c’est un label reconnu à l’international et distribué dans plus de 90 pays.Cette évolution remarquable a été portée par les deux filles de son fondateur. Tout débute quand Esther CastañoLopez reprend l’entreprise familiale en 2007.Très vite, elle affiche sa volonté de rompre avec son style sobre, de miser sur des collaborations externes et d’explorer de nouvelles formes et matériaux.Elle appelle sa sœur Elena à la rescousse. «Ni l’une ni l’autre n’avait envisagé de rejoindre l’entreprise familiale, mais quand Esther m’a appelée,j’ai tout de suite accepté,car j’étais convaincue qu’ensemble, nous pouvions la faire évoluer», se souvient Elena. «Deux sœurs qui travaillent ensemble, c’est une alchimie explosive», confie Esther. «En tant que sœurs, nous nous entendons très bien, mais au travail, nous nous disputons allègrement.»
Pourtant, les deux sœurs partagent une même vision du design. «Nos meubles doivent être une fête», s’exclame Elena, qui occupe la fonction de directrice artistique,tandis que sa sœur est CEO.Les collaborations avec des designers externes sont fructueuses: Karim Rashid, Luca Nichetto, Sebastian Herkner et le Belge SylvainWillenz,qui a créé les tables d’appoint et les sièges «Totem» ainsi que la
chaise de bureau «Body». Cette année, à Milan, Sancal a dévoilé trois nouveautés: «Vesta», «Planta» et «Suricata». «Vesta» est un canapé aux lignes arrondies conçu par Studiopepe (un autre duo de designers); «Planta» est une chaise longue colorée conçue par Yonoh, un studio de design de Valence et «Suricata» est un petit bureau doté d’un tabouret intégré créé par le studio Inma Bermúdez, également de Valence.
Si le label espagnol a fait parler de lui au salon, c’est grâce au «Spanish National Innovation and Design Award» qu’il vient de décrocher. Un coup de pouce important pour les deux sœurs et leur stratégie audacieuse. ◆
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REPORTAGE:
ELINE BROECKX
AMOUR, VIE, TRAVAIL: MAFALDA MUÑOZ ET GONZALO MACHADO PARTAGENT TOUT. LEUR MISSION? CRÉER DES INTÉRIEURS NÉS D’UNE ALCHIMIE ÉVIDENTE, GÉNÉREUSEMENT TEINTÉS DE FLAIR ESPAGNOL AVEC UNE POINTE D’AUDACE. «POUR CHAQUE PROJET, NOUS REPARTONS DE ZÉRO. NOUS NE MONTRONS JAMAIS NOS RÉALISATIONS PRÉCÉDENTES À NOS FUTURS CLIENTS.»

C«ela s’est fait naturellement: peu à peu, nous avons fini par tout partager», confie Mafalda Muñoz en échangeant un regard complice avec Gonzalo Machado. Et quand on dit tout, c’est tout: enfants, amis, vacances, week-ends en famille dans leur maison de Pedraza, Espagne, agence de design d’intérieur primée Casa Muñoz et, depuis 2014,la première galerie d’art et de design contemporain d’Espagne. Si l’histoire d’amour a commencé il y a dix-sept ans,la collaboration professionnelle ne date que d’une bonne dizaine d’années.
Aujourd’hui, le couple à la scène comme à la ville figure dans AD100 2025, la prestigieuse liste annuelle du magazine Architectural Digest qui recense les designers les plus influents. «Nous n’avons jamais voulu prendre trop d’ampleur», commente Muñoz. Avec une équipe de douze personnes, les Madrilènes mènent treize projets de front pour le moment.
«La contrainte du temps et la taille réduite de notre équipe nous obligent à choisir avec soin les commandes qui nous intéressent dès le départ et représentent un défi. Par exemple, nous venons d’achever, dans des délais ultra serrés,l’aménagement intérieur du premier club privé Forbes House.»
Et pourtant, ils ne se répètent jamais. «Nous ne montrons jamais nos réalisations précédentes à nos nouveaux clients. Parler et présenter ce que l’on fait sans rien montrer, ce n’est pas toujours évident! (rires) Mais c’est la seule façon de vraiment repartir de zéro à chaque fois, faire
tabula rasa, dans le respect du lieu, tout en s’appuyant sur les connaissances et l’expérience tirées des projets antérieurs.»
Plus récemment,ils ont dévoilé la première partie de leur collaboration avec Authentage, un fabricant belge de luminaires: il s’agit ainsi d’une collection de neuf luminaires (lampe sur pied, suspensions et lampes de chevet), chacun décliné en trois variantes. «Une évidence: chez Casa Muñoz,l’éclairage est une des clés du succès», résume Muñoz.
15 DÉMÉNAGEMENTS
Pour la première fois, MM. Collection permet à Muñoz et Machado de traduire leur vision du design à une échelle plus réduite. Leur maison -un hobby commun depuis cinq ans- résume parfaitement leur signature, avec un mix de classicisme et de contemporain.«Notre maison est en chantier permanent, mais après quinze déménagements, en Espagne et ailleurs, c’est la première fois que nous avons vraiment le sentiment d’avoir posé nos valises», confie Machado.
Et qu’en est-il de la cohabitation entre enfants, œuvres d’art et pièces de design? «Éduquer, c’est bien plus que réprimander. Et puis nous aimons collectionner, mais nous ne vivons pas dans un musée», déclare Muñoz. «Nous aimons recevoir et nos invités peuvent déposer leur verre sur la table. Beaucoup des objets qui sont ici ont une inestimable valeur sentimentale, mais zéro valeur marchande.» CI-DESSUS


LA CEO ET LE DA
Pouvoir travailler avec son alter ego est un privilège. «Nous n’avons jamais eu de discussion sur l’air de ‘Et si on lançait notre entreprise?’ Cela s’est fait naturellement. Et ça nous a plutôt bien réussi. Notre priorité, c’était de passer du temps ensemble: voyager, rencontrer des artistes et des marchands d’art,tout ça»,ajoute Muñoz.«Nous nous connaissons depuis très longtemps et nous nous sommes toujours intéressés l’un à l’autre,précisément en raison de nos passions communes.»
(Machado sourit):«Disons que j’étais un peu plus intéressé par toi que toi par moi!» Muñoz éclate de rire avant de poursuivre: «On parlait tellement d’art, de design et de décoration d’intérieur qu’on n’avait tout simplement pas le temps d’élaborer des projets ou de formuler des attentes.»
Machado acquiesce: «Je ne connais aucun couple qui ait planifié de travailler ensemble.»
Au-delà de leur formation en design,les deux créateurs ont grandi dans des familles d’entrepreneurs: les parents de Machado travaillaient dans le secteur juridique et, chez les Muñoz,la vie gravitait autour de Casa y Jardín,la première entreprise d’architecture d’intérieur en Espagne, fondée en 1951 par son père, Paco Muñoz, un des pionniers de la modernité européenne dans le design espagnol.À la fin des années 1950,il cofonde le studio de design de mobilier Darro avec Fernando Alonso.
Mafalda Muñoz: «Ma mère, qui est Française, est arrivée en Espagne au milieu des années 1960. Mon père l’a rencontrée dans les années 1970, à l’époque où Casa y Jardín était en plein essor. Il supervisait des projets de grande envergure -ambassades, hôtels, bateaux ou même avions-, alors qu’elle gérait la boutique de 1.200 mètres carrés. Ensemble, ils ont également ouvert un immense magasin de décoration à Pedraza.Pour l’approvisionner,ma mère sillonnait l’Espagne en voiture avec une remorque,à la recherche d’ateliers où acheter en direct céramiques,plaids et autres objets d’artisanat.»
Leur force? La complémentarité de leurs tempéraments. Lui est le feu créatif et elle, l’énergie pragmatique. «Je suis la CEO et Gonzalo, le DA», lance Mafalda Muñoz.











Le couple a mis un peu plus de temps:au début de leur relation, Machado poursuivait sa carrière de photographe. «Petit à petit, mon travail a glissé de la mode et du lifestyle à la photographie d’intérieur, pour des magazines comme Architectural Digest.C’est à ce moment-là que j’ai vraiment appris comment faire vivre un espace à travers l’image et que j’ai développé ma vision de la beauté,vision que Mafalda et moi avons peu à peu façonnée ensemble depuis lors.»
«Bien sûr, nous avons des regards différents, mais nous voulons regarder dans la même direction, qu’il s’agisse de la vie ou du travail», explique Muñoz. Elle réfléchit avant d’ajouter: «Gérer seule Casa Muñoz et la galerie? Je serais incapable de l’imaginer. Et toi, tu repartirais tous les quatre matins dans un autre pays pour faire des photos? Non, pas question.»
«Ce mix de disciplines et de parcours,c’est une richesse pour nos projets d’intérieur»,estime Muñoz.«C’est le même constat en ce qui concerne nos personnalités, qui sont très différentes. Gonzalo a une vision claire du résultat pour
«Nous parlions tellement
d’art et d’intérieurs que nous n’avions pas eu le temps de définir des attentes.»
chaque projet.Et moi,je gère la réalisation,pour concrétiser ce qu’il a imaginé. On dirige chacun notre département: je suis plutôt la CEO et Gonzalo,le DA.Machado:«Après cette conversation,on devrait peut-être remplacer cofondateur par directeur artistique sur nos cartes de visite!» (rires)
OFF DUTY
CI-CONTRE LA MAISON
DE MAFALDA MUÑOZ ET GONZALO MACHADO, QU’ILS
PARTAGENT AVEC LEURS
ENFANTS, REPRÉSENTE LEUR
GOÛT POUR L’ART ET LES PIÈCES VINTAGE.
«À la maison,on ne parle pas boulot:certains couples d’entrepreneurs y parviennent,mais ce n’est pas le cas chez nous. Quand votre chéri travaille dans un tout autre domaine, vous avez envie, le soir venu, de raconter votre journée, non? Pour nous, c’est pareil. Et on en parle aussi devant les enfants, pour qu’ils comprennent que rien ne tombe du ciel. Moi aussi, j’ai grandi avec ce genre de conversations pendant les repas en famille», précise Muñoz. «Je trouvais ça génial parce que, tout comme Gonzalo et moi aujourd’hui,mes parents adoraient partager avec nous leurs passions -pour leur métier, mais aussi l’un pour l’autre.» ◆
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LE DUO DE DESIGNERS LE PLUS EN VUE DU MOMENT ACCORDE PLUS D’IMPORTANCE À LA RECHERCHE, AU CONTEXTE ET À LA RÉFLEXION QU’AU DESIGN LUI-MÊME. POURTANT, QUAND FORMAFANTASMA SE MET À CRÉER, LE RÉSULTAT EST TOUJOURS D’UNE JUSTESSE REMARQUABLE.


Soyons honnêtes:les remarques critiques sur une planète en déclin, l’inégalité des sexes ou les excès coloniaux du capitalisme mettent rarement l’ambiance lors d’un moment convivial. Les vérités qui dérangent ont souvent du mal à passer, alors mieux vaut les éviter. Et ce n’est certainement pas plus le moment, lors du lancement d’une nouvelle collection de meubles ou durant un événement mode qui présente des produits qui viendront encombrer un peu plus le monde. C’est précisément là le superpouvoir de FormaFantasma: chaque projet du duo, à la tête de l’un des studios de design les plus en vogue d’Europe, repose sur une recherche intellectuelle critique et approfondie. Mieux: il parvient à aborder ces sujets difficiles avec une telle force visuelle que le public adhère sans effort.Aujourd’hui, le duo applique cette approche dans pratiquement tous les domaines du lifestyle.
L’ART VIRAL
Organisé pour la troisième fois par FormaFantasma, le symposium annuel de Prada, «Prada Frames», s’est imposé comme l’un des moments forts de la semaine du design de Milan grâce à «L’Arlecchino», le train futuriste dessiné par Gio Ponti en 1960 et remis sur les rails. Les wagons colorés, installés à la «Stazione di Milano Centrale»,ont permis à ceux ayant obtenu un billet d’assister à des conférences dans les voitures multicolores.L’installation «InTransit» explorait les limites et les possibilités de l’infrastructure et du mouvement, même si cette profondeur s’est un peu perdue sur Instagram.Mais en ligne,c’est devenu viral.
La même semaine,le duo a transformé ce qui aurait pu être une simple exposition de mobilier chez Cassina en un spec-
CI-CONTRE ANDREA
TRIMARCHI ET SIMONE FARRESIN,
tacle envoûtant au Teatro Lirico Giorgio Gaber: «Staging Modernity» mêlait danse contemporaine et scènes immersives en posant la question: sommes-nous mieux lotis en matière de mobilier aujourd’hui? Une réflexion sur 60 ans de collections Cassina avec Le Corbusier, Pierre Jeanneret et Charlotte Perriand qui a, là aussi, fait sensation en ligne. Chez Flos,les visiteurs ont aussi découvert «SuperWire»: une série de lampes minimalistes aux airs Art déco en verre transparent, dotées de bandes LED ultra-fines que l’utilisateur peut remplacer lui-même,rendant inutile un coûteux et polluant aller-retour à l’usine. Chaque élément de la lampe est volontairement visible et minimaliste, à l’image du stand Flos, que le duo avait conçu.
Peut-être que rien de tout cela ne serait arrivé si Andrea Trimarchi et Simone Farresin ne s’étaient pas rencontrés pendant leurs premières années d’études à Florence.Ensuite, c’est ensemble qu’ils vont à la prestigieuse Design Academy d’Eindhoven -étudiants d’abord,enseignants ensuite.En 2009, ils fondent FormaFantasma. «Ce nom, nous l’avions dès le tout début», a confié le duo au site DesignWanted. «Il signifie autant que «forme fantomatique» et renvoie à la façon dont notre travail n’est pas tant guidé par la recherche que par une approche conceptuelle.»
Dès le premier projet d’envergure,»Botanica», leurs intentions sont claires:des lampes et objets décoratifs conçus à partir de matériaux d’avant la période de la bakélite,comme la production de masse n’avait jamais existé.Avec pour résultat un regard critique et esthétique sur le design,suscitant un vif intérêt. Une sélection qui a même intégré la collection permanente du MoMA de NewYork.
Chaque projet du duo commence par une recherche approfondie. «Tout est objet de design: la façon dont on se déplace en ville ou notre usage des médias numériques.Oui, le design influence absolument tout:nos tenues,nos réseaux


sociaux, notre travail, notre perception du monde. Et c’est précisément cela qui confère au design une telle puissance:il ne s’agit pas seulement d’esthétique,mais aussi de politique et de justice», ont-ils confié au magazine Archiproducts. Depuis, leurs collaborations se multiplient. Pour n’en citer que quelques-unes: Bulgari,Vitra,la Serpentine Gallery, Tacchini, le Rijksmuseum d’Amsterdam. Les récompenses s’accumulent également:duTalent des Dutch DesignAwards en 2012 au titre de Designer of the Year chez Dezeen, Wallpaper et Elle Deco, sans oublier plusieurs apparitions dans la prestigieuse liste AD100 du magazine Architectural Digest.
Bien que leur studio de recherche ait bien évolué au fil des ans,la communication demeure essentielle à leur démarche. Ils ont déclaré au Design Museum de Londres: «Quand on est deux,les mots sont forcément importants,car tout tourne autour de la conversation.On se comprend.On se chamaille souvent aussi, mais c’est presque toujours sur le processus, jamais sur l’objectif que l’on vise. C’est sur la manière d’y arriver que nos avis divergent parfois.»
On pourra bientôt constater par soi-même ce que cela donne, car le duo se rendra à Genk, le 24 mai prochain, pour un «artist talk». Un événement organisé autour d’un ouvrage qu’ils ont créé en collaboration avec le hub artistique et culturel C-mine,centré sur le paysage minier local. Le résultat est à la fois un livre pour enfants explorant la relation complexe entre l’humain, l’environnement et les autres êtres vivants, et -vous vous en doutez- un ouvrage magnifiquement illustré.Autrement dit: la dure réalité du monde a toujours une meilleure saveur dans un bel écrin FormaFantasma. ◆
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CI-DESSUS
FORMAFANTASMA NE
CONSIDÈRE PAS LE DESIGN
JUSTE COMME UNE FORME
D’ART, MAIS ÉGALEMENT
COMME UN MOYEN
D’ABORDER DES THÈMES DE SOCIÉTÉ MAJEURS.
«Le design influence tout: la façon dont nous nous habillons, notre relation avec les réseaux sociaux et notre travail.»





































































































































magnitude.be











CI-CONTRE STINE GAM ET ENRICO FRATESI ALLIENT
SOBRIÉTÉ DANOISE ET ÉLÉGANCE ITALIENNE. TRÈS DEMANDÉ, CE DUO RESTE TOUTEFOIS DISCRET.
REPORTAGE: AN BOGAERTS
Le travail de la Danoise Stine Gam et de l’Italien Enrico Fratesi conjugue le minimalisme du Nord à la chaleur du Sud, sans les traditionnels clichés.Depuis la fondation de leur studio en 2006 à Copenhague,GamFratesi s’est imposé avec des créations qui,derrière une apparente simplicité,dévoilent des éléments subtils,des constructions pensées dans les moindres détails et une sensibilité presque littéraire. Conçus pour des grands noms -Gubi, Minotti, Poltrona Frau, Hermès, Dedon et Gebrüder Thonet Vienna, les chaises, luminaires et canapés trouvent un bel équilibre entre passé et présent. «Nous sommes fascinés par les contrastes», déclare Fratesi. «Entre nos cultures, mais aussi entre tradition et innovation,artisanat et technologie, concept et émotion.»
L’étincelle, professionnelle et personnelle, a jailli pendant leurs études d’architecture et de design en Italie,où Gam s’est installée après une formation en design à Aarhus. «Cela fait quinze ans que nous partageons notre vie et notre travail: une relation intense,nourrie par d’innombrables heures passées côte à côte»,témoigne Gam. «Nous sommes tellement en phase que l’un peut prendre le crayon de l’autre et poursuivre le dessin sans interruption.»
DANS UN MONDE DOMINÉ PAR LES STIMULI VISUELS, LES BUDGETS PHARAONIQUES ET LES NOMS PRESTIGIEUX, LE DUO FORMÉ PAR STINE GAM ET ENRICO FRATESI S’IMPOSE COMME UNE FIGURE AUSSI DISCRÈTE QUE CONVOITÉE. CHEZ EUX, POINT DE DÉCLARATIONS ARTISTIQUES GRANDILOQUENTES, MAIS UN DESIGN ANCRÉ DANS LE QUOTIDIEN. ALLIANT SOBRIÉTÉ DANOISE ET ÉLÉGANCE ITALIENNE, GAMFRATESI A FAÇONNÉ UN STYLE QUI SÉDUIT UN NOMBRE CROISSANT D’AMATEURS ET DE LABELS DE DESIGN.
Aujourd’hui,ils dirigent ensemble leur studio depuis leur maison de Copenhague, entourés d’une équipe qui, comme eux, dépasse les frontières entre styles et disciplines.
«Pour nous, le design est une forme de communication», confiait Gam au New York Times. «Une chaise doit être fonctionnelle, mais aussi susciter une émotion.

«Nous sommes tellement en phase que l’un peut prendre le crayon de l’autre et poursuivre le dessin sans interruption.»

Le confort est important,mais ce n’est pas tout.»
CI-CONTRE LA «BEETLE CHAIR» DE GAMFRATESI, CONÇUE POUR GUBI, EST UN CLASSIQUE INTEMPOREL INSPIRÉ DE L’ANATOMIE D’UN SCARABÉE.
CI-DESSOUS GAMFRATESI S’EST FAIT UN NOM DANS LES FOIRES INTERNATIONALES DE DESIGN, DE MILAN À STOCKHOLM ET DE PARIS
À NEW YORK. POURTANT, LES CRÉATIONS SONT INVARIABLEMENT HUMAINES ET FONCTIONNELLES, JAMAIS DÉNUÉES DE SENS.
Leur création la plus célèbre est la «Beetle Chair»,hommage à l’anatomie d’un scarabée, conçue il y a plus de dix ans pour Gubi.Le fauteuil «Targa» pour GebrüderThonet Vienna est également devenu iconique:lancé il y a dix ans, cette élégante combinaison de tissage,velours et bois est un best-seller, présentée en version «Petit» à la Design Week. Qui dit chaises,dit table.Cette année,GamFratesi a dévoilé chez Gubi la table outdoor «Epic» en quartzite vert. «Le quartzite nous permet d’explorer une nouvelle dimension», expliquent-ils.«Nous voulions un matériau qui soit à la fois durable et décoratif.»
De Milan à Stockholm et de Paris à NewYork,GamFratesi est un nom établi. Pourtant, le duo garde les pieds sur terre: ses créations restent humaines et fonctionnelles, jamais dénuées de sens,ni conceptuelles à l’excès.«Ce sont des objets conçus pour être vécus et touchés,pour créer des souvenirs», commente le couple. «Nous ne cherchons pas à concevoir des pièces spectaculaires réservées aux galeries.Nos meubles doivent avoir leur place dans la vie de tous les jours.»
Cette philosophie porte ses fruits: GamFratesi a reçu de nombreuses distinctions, du Wallpaper Design Award au Elle Decoration International DesignAward,en passant par l’IF Product Design Award. Le magazine Architectural Digest les a également repris dans la liste AD100’ des 100 designers les plus influents. Pourtant, le duo refuse de jouer les divas:dans son studio de Copenhague,tout continue de graviter autour du dessin, de l’expérimentation et de l’écoute des matériaux. Le secret de leur succès réside peut-être dans leur capacité à aborder le design comme un dialogue entre les cultures, les formes, les individus. Leurs meubles ne crient pas, ils murmurent, laissant à chacun la liberté de l’interpréter. ◆
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REPORTAGE:
THIJS DEMEULEMEESTER
PHOTO: AMBER VANBOSSEL
Comment allez-vous? «Très bien. Notre atelier de carrelage, Boquita de Cielo, tourne bien. Nos vies sont profondément mêlées, tant sur le plan privé que professionnel, mais c’est ce qui nous rend heureux. Tout a commencé l’été 2019 par une idée improbable: ouvrir un atelier de céramique à Londres, une des villes les plus chères du monde. On nous a pris pour des fous, et pourtant, ça marche. Deux Belges, architectes de formation, ayant passé la majeure partie de leur vie à Barcelone et à NewYork, ont choisi un nom espagnol pour leur entreprise. Ils se sont installés à Londres et réalisent des projets de carrelage sur mesure. Au départ, nous pensions que personne ne comprendrait, mais aujourd’hui, nous réalisons que ce sont précisément ces choix bizarres qui nous confèrent un charme exotique.Travailler depuis Londres apporte une dimension supplémentaire à notre travail: c’est le point de départ idéal pour des projets en Europe et en Amérique. Des gens du monde entier viennent à Londres pour nous rencontrer», explique Kris Scheerlinck.
Qu’est-ce qui vous rend unique? «Ce que nous faisons avec Boquita de Cielo,nous l’appelons «la céramique haute couture».À l’instar des créateurs de mode,nous sommes les couturiers de l’argile.Nous ne faisons pas de prêt-à-porter:
Dans cette rubrique, nous donnons la parole à des créateurs qui ont su s’imposer. Cette semaine, les artistes céramistes Koen Meersman et Kris Scheerlinck de Boquita de Cielo parlent de carrelage haute couture, de projet en Islande et de carreaux de plus de 150 ans.
nous n’avons aucun stock:tout est fait sur mesure pour un projet spécifique», explique Koen Meersman.
Quels sont vos projets en cours? «Nous travaillons sur plusieurs projets d’envergure à l’international. Par exemple, nous avons une commande pour une villa aux Caraïbes et avons récemment entamé un projet de cheminée carrelée pour une maison à Minorque.À Londres et à NewYork,nous avons le privilège de concevoir des carreaux pour deux piscines privées. Et pour une maison en Islande, nous réalisons une mosaïque en céramique de dix mètres carrés, destinée à refléter le glacier d’en face. On a parfois du mal à y croire quand un projet de cette ampleur arrive et, souvent, c’est grâce à de fantastiques architectes. Ce sont nos héros.»
Qu’est-ce qui vous rend fiers? «Même si la taille de nos projets a considérablement augmenté au cours de ces dernières années, Boquita de Cielo reste avant tout l’œuvre de Kris et Koen. Pétrir, étaler, sculpter, cuire, mélanger et émailler: nous faisons tout nous-mêmes,à la main.Notre approche est lente,à petite échelle et personnelle et c’est exactement ça que nos clients aiment», confie Meersman.
«Nous n’investissons pas dans de la publicité»,ajoute Scheerlinck. «Dans notre domaine, le bouche-à-oreille est la meilleure des publicités. Bien sûr, nous pourrions recruter du personnel pour prendre en charge davantage de projets,mais nous voulons que chaque carreau porte notre empreinte.À deux,nous réussissons parfaitement à optimiser notre production. Heureusement, nos clients comprennent que notre métier demande du temps et beaucoup de liberté artistique.»
Vous arrive-t-il d’échouer? «Je ne considère pas les carreaux imparfaits comme des échecs.Au contraire: cela leur donne une dimension humaine. Les clients ou les architectes arrivent avec une palette de couleurs en tête et nous composons nos glaçures
À DROITE DANS LEUR ATELIER À LONDRES, KOEN MEERSMAN ET KRIS
SCHEERLINCK FAÇONNENT
CHAQUE CARREAU À LA MAIN, COMME UNE VERSION HAUTE COUTURE DE LA CÉRAMIQUE.


«Pour nous, ce n’est que le début de l’aventure. Et nous sommes prêts pour la suite!»
nous-mêmes pour essayer de nous en rapprocher le plus. Cela demande de faire beaucoup d’essais.Alors, c’est normal que des accidents surviennent en cours de route. Il nous arrive de râler quand un «échec» sort du four, mais avec le recul, ces «ratés» se révèlent parfois incroyablement beaux et trouvent leur place dans d’autres projets. Les échecs deviennent ainsi des réussites.»
«La céramique est une forme d’alchimie et c’est cette imprévisibilité qui nous attire. On peut tenter de maîtriser les réactions chimiques dans le four, mais ce qui se passe pendant la cuisson nous échappe toujours un peu.Chaque ouverture de four nous réserve une surprise», poursuit Meersman.
Qu’est-ce qui vous énerve? «L’accès à la céramique est devenu plus facile. Ce métier est aujourd’hui perçu comme une forme de pleine conscience, voire de yoga, mais son apprentissage est une autre paire de manches. Avant de maîtriser le métier, il faut faire des essais encore et encore,recommencer et travailler dur.Tout commence par la technique et ce n’est qu’après que l’on peut faire des expériences. Picasso, par exemple, savait parfaitement dessiner avant de passer à l’art abstrait. Un grand chef
exceptionnelle nous est confiée. Il y a des jours où, le matin, on a une réunion avec un grand créateur de mode français; l’après-midi, on discute d’un projet à Buenos Aires et, le soir, on s’entretient avec un architecte à New York. Chaque jour, dans notre atelier, nous visons ce «petit coin de paradis»: l’excellence dans sa forme la plus pure.» UN PETIT COIN DE PARADIS
Koen Meersman et Kris Scheerlinck vivent et travaillent à Londres, mais leur passion pour le carrelage remonte à l’époque où ils rénovaient des maisons en Belgique. Dans l’une d’elles, ils sont tombés sur des carrelages de plus de 150 ans, une découverte qui a déclenché leur fascination pour ce savoir-faire. Après des formations à Londres et à New York, ils s’installent à Londres et louent un atelier: Boquita de Cielo, «petit coin de paradis», était né. «Nous sommes fiers d’exercer ce métier. Il nous arrive encore d’avoir du mal à réaliser qu’une mission
doit maîtriser ses classiques avant d’inventer des plats d’avant-garde.»
«Nous avons eu la chance de commencer juste avant la pandémie, en 2019. Quand le monde s’est arrêté, nous avons eu tout le temps nécessaire pour faire des expériences, ce qui nous a permis de progresser à pas de géants.»
Qu’est-ce qui vous préoccupe? «Il est évident qu’un nouvel ordre mondial est en train d’émerger et nous devrons y trouver notre place, tant sur le plan personnel que professionnel. Nous travaillons principalement avec de l’argile anglaise, mais nous utilisons aussi des matières premières qui deviennent plus difficiles à obtenir, comme certains oxydes issus du Congo ou d’Ukraine. Si le cobalt devenait inaccessible,il nous faudrait trouver d’autres façons d’obtenir des nuances de bleu.»
«L’histoire nous montre que la pénurie de matériaux et les tensions géopolitiques ont toujours été des catalyseurs d’innovations dans le monde de l’art.La question est de savoir comment continuer à produire la même qualité dans ce nouvel équilibre.»
Avez-vous l’impression d’avoir réussi? «Nous sommes très fiers du chemin parcouru,mais,pour nous,ce n’est que le début de l’aventure. Et nous sommes prêts pour la suite!» ◆

CI-CONTRE DES CARREAUX EN ISLANDE, DES CHEMINÉES À MINORQUE, DES PISCINES À NEW YORK: BOQUITA DE CIELO TRAVAILLE À L’ÉCHELLE MONDIALE.
Les voyages forment la jeunesse -et font bisquer Instagram. Voici les bons plans (et les gadgets) qui vont lancer la saison d’été. Et on commence par la ville éternelle, où l’on pousse les portes d’un autre train de vie, celui de l’Orient Express La Minerva.
AU CŒUR DE LA CAPITALE ITALIENNE, À DEUX PAS DU PANTHÉON, L’ARTISAN DU VOYAGE ORIENT EXPRESS VIENT D’OUVRIR, AVEC FASTE ET VOLUPTÉ, SA TOUTE PREMIÈRE ADRESSE, LA MINERVA. SABATO Y A POSÉ SES VALISES.
REPORTAGE: NATHALIE WARNY PHOTO: ALEXANDRE TABASTE


La gare Roma Ostiense. Un crépuscule doré baigne les quais. Une douce effervescence palpite dans l’air, mêlant l’excitation des retrouvailles à la curiosité des badauds. Sur le quai numéro trois, les imposantes voitures bleu nuit et or de La DolceVita Orient Express font leur entrée,crissant doucement sur les rails.Des volutes de vapeur s’échappent des motrices tandis que des porteurs en uniforme s’affairent, tout en mouvements précis et élégants.Sur les quais,on aperçoit des visages illuminés par la promesse d’une aventure italienne,des silhouettes sophistiquées et des bagages en cuir patiné, témoins de voyages lointains.
CI-CONTRE ORIENT EXPRESS CONFIE LES DÉCORS DE SON PREMIER HÔTEL À ROME AU TALENTUEUX ARCHITECTE ET DESIGNER HUGO TORO.
Le 4 avril dernier,à Rome,La DolceVita Orient Express a entamé son voyage inaugural en direction des vignobles toscans,mais surtout à travers quatorze régions italiennes, emmenant ses passagers vers le charmant village de Montalcino. L’influence de ces contrées se ressent jusque dans les assiettes: à bord, le chef triplement étoilé Heinz Beck imagine une cuisine où chaque plat narre une histoire profondément ancrée dans le terroir local. Les portes du train -doté de 31 cabines dont 18 suites, 12 cabines Deluxe et l’exceptionnelle Suite La DolceVita- s’ouvrent sur un monde de boiseries vernies,de fauteuils en velours somptueux et de lampes aux abat-jour délicats. Les intérieurs,signés par le studio milanais Dimorestudio, puisent leur inspiration
dans l’âge d’or du design italien, celui des années 1960,avec des échos géométriques de Gio Ponti, le modernisme sensuel de Gae Aulenti et les subtilités d’Osvaldo Borsani. Mais avant d’embarquer, les passagers peuvent patienter au sein du Orient Express Lounge dans la gare Ostiense, conçu par l’artiste-architecte Hugo Toro, où dialoguent motifs d’époque et accents contemporains,laissant présager l’opulence à venir.
MICHEL-ANGE ET STENDHAL
Habités par cette représentation des odyssées ferroviaires, dirigeons-nous dans le cœur battant de Rome, quelques kilomètres plus loin,au 69 piazza della Minerva. À deux pas du majestueux Panthéon, un des monuments les mieux conservés de la Rome Antique, on assiste au bal des excursionnistes d’un jour et autres passionnés d’histoire qui, le nez en l’air, admirent la beauté de la Basilica Santa Maria sopra Minerva,où se dresse,entre autres,le Christ à la Croix de Michel-Ange.
Face à l’éléphant de marbre surmonté d’un obélisque signé Le Bernin, s’élève la façade jaune beurre d’une grandiose bâtisse du XVIIe siècle. Ici s’écrit un nouveau chapitre de la légende de l’Orient Express,l’ouverture de son premier établissement L’Orient Express La Minerva, fruit de l’association entre Accor et LVMH. Cette adresse s’installe avec faste dans les murs d’un des plus anciens palais romains, le Palazzo Fonseca, construit en 1620.


Longtemps connu comme le Grand Hôtel de la ville, La Minerva fut une demeure privilégiée pour l’aristocratie lors du GrandTour,accueillant des esprits brillants tels que Stendhal qui,de ses fenêtres,devait contempler l’animation de la place.
MAJESTUEUSE MINERVE
Quand on pousse les portes (lourdes!) de l’adresse intimiste, on pousse en réalité les portes d’un autre monde. Révolu,mais que l’on embrasse à bras-le-corps.À gauche, la réception. À droite, la conciergerie. Devant nous, un couloir aux teintes chaudes, coiffé de voûtes et parsemé de plantes exotiques, qui invite à se rendre sous la verrière, comme par ensorcellement. Derrière le comptoir du bar, sous une impressionnante verrière, se dresse celle qui donne vie à ce lieu, la déesse des arts et de la sagesse. Minerve veille.
Dans cette atmosphère feutrée, le regard se pose sur le mobilier en bois foncé, les bas-reliefs discrets, les miroirs inclinés,les banquettes accueillantes,la riche tapisserie et la marqueterie fine,les nombreux objets chinés.Pour conserver l’âme du lieu, mais aussi la magnifier et la moderniser tout en orchestrant une rénovation titanesque qui a duré pas moins de trois ans, il a fallu compter sur un maestro réenchanteur de lieux chargés d’histoire.
Entre en scène l’artiste et architecte franco-mexicain Hugo Toro, qui signe -pour son premier hôtel- une lecture contemporaine de l’univers de l’Orient Express pour le retranscrire dans une version authentique, exclusive et unique.Jusqu’au-boutiste,minutieux et hyperactif, l’architecte de 35 ans est d’ailleurs le trait d’union entre le monde du voyage mobile (le lounge de la gare) et le désormais immobile de l’Orient Express. Il s’est inspiré de plusieurs époques et n’a rien laissé au hasard sur ces 14.000 mètres carrés. «J’ai tout dessiné sur mesure et tout a été exécuté par des artisans locaux. L’élégance naturelle
EN HAUT DONNANT SUR LE PANTHÉON ET SUR LA PIAZZA DELLA MINERVA, L’ADRESSE INCARNE L’HÉRITAGE HISTORIQUE DE LA VILLE COMME CELUI DE LA CÉLÈBRE COMPAGNIE FERROVIAIRE.
EN BAS LES INTÉRIEURS ÉLÉGANTS ALIGNENT UN SAVANT JEU DE MATIÈRES, DE NUANCES ET DE LUMIÈRE, DIRECTE OU INDIRECTE, À DEUX PAS DE L’UN DES MONUMENTS LES PLUS COURUS DE ROME.
Face à l’obélisque s’élève la façade jaune beurre d’une grandiose bâtisse du XVIIe siècle. Ici, s’écrit un nouveau chapitre de la légende de l’Orient Express.


demande énormément de réflexion.C’est comme un parfum:il faut la diffuser partout»,précise-t-il.On le croit sur parole, en remarquant notamment que les extincteurs se cachent derrière un cylindre rotatif cannelé pour ne pas polluer l’esthétique harmonieuse des lieux.
La réunion de cinq bâtiments en un seul espace implique deux particularités: d’abord, l’accès aux étages par des ascenseurs différents; ensuite, l’affirmation de la singularité de chacune des 93 chambres, dont 36 suites, par leur agencement et leur décoration. Prenons la 102, donnant sur le Panthéon. On aime son plafond voûté peint à la main et son canapé XXL. D’autres auront une hauteur sous plafond à faire pâlir un piano nobile. Mais toutes les chambres, de tailles différentes, sont représentatives de l’essence du raffinement et rappellent l’imaginaire du voyage, caractéristique intrinsèque d’Orient Express: tables de nuit qui s’ouvrent à la verticale comme une malle; linge de lit Rivolta Carmignani, autrefois présent dans les voitures-lits; bas-reliefs de travertin rouge que l’on retrouve aussi en omniprésence dans les salles de bain,où le sublimissime lavemains, sur mesure, rappelle les fontaines de la Città eterna.
Cinq bâtiments ont été réunis pour ne former qu’un seul et même espace de près de 14.000 mètres carrés.
CI-CONTRE DE TAILLES
DIFFÉRENTES, LES 93
CHAMBRES, DONT 36 SUITES, AFFIRMENT CHACUNE LEUR
SINGULARITÉ PAR LEUR AGENCEMENT ET LEUR DÉCORATION.
Quittons cette parenthèse sur laquelle le temps n’a pas d’emprise pour rejoindre le clou du spectacle,au septième étage. Dans un cadre inspiré de la Riviera, l’espace Gigi Rigolatto (lui aussi aménagé par Hugo Toro, à l’instar de tous les Gigi Rigolatto au monde) invite à la contemplation: la vue, à couper le souffle, embrasse la ville à 360 degrés, du matin au soir, donnant sur ses toits et sur ses monuments emblématiques, leVittoriano (ou Monument àVictor-Emmanuel II) d’un côté,mais surtout le Panthéon, et au loin, de l’autre côté, le dôme de la basilique SaintPierre. Que l’on vienne pour le petit déjeuner du matin, un verre au coucher du soleil ou s’émerveiller une fois de plus des saveurs italiennes contemporaines le soir, c’est ici que se mêlent passé, présent et futur. C’est ici aussi que le temps se fige, pour permettre à l’aventure de continuer. Et que se perpétue le mythe de l’Orient Express. ◆




























La ville de tous les superlatifs MONACO
Qui dit citytrip, pense Londres, Amsterdam, Paris, Barcelone ou Florence.Pourtant,cette année,le prestigieux titre de Best European Destination 2025 revient à Monaco, qui tire son épingle du jeu pour son climat clément, la sécurité qui y règne et son côté glamour. Nichée entre la mer Méditerranée et les montagnes des Alpes, entre Nice et Menton, cette petite cité-État de la Côte d’Azur séduit par son équilibre parfait entre culture, gastronomie étoilée, bien-être et événements de haut vol tout au long de l’année.Certes,ce ne sont que 2 kilomètres carrés,mais il y en a pour tous les goûts: on peut donc s’émerveiller devant le Rocher, découvrir le Palais Princier, observer le bal des happy few sur la place du Casino,se détendre sur les plages du Larvotto ou encore admirer les 900 espèces de flores du climat semi-aride du Jardin Exotique.
CI-CONTRE CERCLÉE PAR LES BÂTIMENTS BELLE-ÉPOQUE DE L’HÔTEL DE PARIS MONTE-CARLO, DU CAFÉ DE PARIS MONTE-CARLO ET DU CASINO DE MONTE-CARLO, LA MYTHIQUE PLACE DU CASINO EST LE CŒUR BATTANT DE LA PRINCIPAUTÉ DE MONACO.
COMPAGNON DE ROUTE

Les accessoires signés par Mathilde Cabanas mettent de bonne humeur. Pour Club Med, la créatrice nantaise imagine une collection solaire, pour petits et grands, inspirée de son univers.
À PARTIR DE 8 EUROS LA CASQUETTE, 38 EUROS LE CABAS ET 49 EUROS LE HAUT ANTI UV KIDS SOLEIL. WWW.MATHILDECABANAS.COM

L’APP DU MOIS

Voilà une bonne idée: l’application Refill vise à réduire l’utilisation de bouteilles en plastique jetables en permettant aux utilisateurs de trouver rapidement et facilement des points de recharge d’eau potable dans leur région.
Les voyageurs partagent tous le même syndrome: celui d’avoir envie de repartir. Encore et toujours. Pour découvrir de nouvelles contrées. De nouvelles cultures. De nouveaux visages. Et rien de mieux que de s’y prendre en avance (pour battre le yield management, toute excuse est bonne à prendre).En février prochain,voir les Gilles de Binche c’est bien, mais pourquoi ne pas vibrer en assistant au défilé triomphal des vainqueurs du mythique Carnaval de Rio? On y voit des (petites) tenues et des costumes ultra colorés, des danses endiablées au son d’une musique entraînante et des dizaines de chars à thème.
«SAMBA SPECTACULAR 2026, DÉFILÉ DES GAGNANTS DE RIO», CITYTRIP EXCLUSIF DU 18-19/02/2026 AU 27-28/02/2026. PRIX SUR DEMANDE. WWW.CONNECTIONS.BE
Is your passport ready?
On l’attendait depuis un peu moins de deux ans. Depuis le 2 avril dernier, en plein cœur de Bangkok, l’Aman Nai Lert trouve refuge dans un écrin de verdure préservé et privé, le Nai Lert Park Heritage Home.Ce petit poumon vert qui se veut comme un secret bien gardé,à deux pas de la station de Skytrain «Phloen Chit», appartenait à la famille de Nai Lert, l’influent entrepreneur Thaïlandais à qui l’on doit notamment la première fabrique de glace en blocs de Thaïlande, mais aussi laWhite Bus Company (qui a servi jusqu’en 1975 avant sa nationalisation).
Ainsi, dans ce lieu chargé d’histoire, l’adresse est le troisième joyau urbain,aprèsTokyo et NewYork,du groupe singapourien Aman, qui puise justement ses origines en Thaïlande: c’était il y a 37 ans, avec l’ouverture de son tout premier établissement, l’Amanpuri, à Phuket.
En contraste avec la vibrante capitale, ce sanctuaire
urbain réinterprète la notion d’exclusivité et se distingue tout d’abord par son emplacement, unique et mythique. Il s’est installé dans un immeuble de 36 étages où sont installés 52 suites et 34 résidences,un Aman Club ainsi que plusieurs espaces de restauration et de convivialité. Mention spéciale pour l’Aman Spa, qui s’étend sur 1.500m² et offre des soins pointus tels que la cryothérapie ainsi qu’une clinique de bien-être médicalisée,une balnéothérapie inspirée des traditions asiatiques... Et pour concevoir ce projet, ce n’est autre que l’architecte et designer belge Jean-Michel Gathy qui s’est chargé de la conception de l’hôtel,mêlant des éléments d’artisanat traditionnel à l’esthétique signature d’Aman, à la fois spectaculaire, feutrée et intemporelle. Les Amanjunkies ont peut-être trouvé ici leur refuge éternel.
WWW.AMAN.COM

LA TENDANCE DU MOMENT LE NOCTOURISME *
Si le tourisme spatial ne fait clairement pas l’unanimité, le «noctourisme», lui, gagne en popularité. Selon une enquête menée par Booking, 62% des voyageurs se disent tentés par des destinations nocturnes avec notamment, parmi eux, pas moins de 72% des voyageurs qui veulent observer les étoiles, 59% souhaitent voir des événements cosmiques rares (éclipses, pluies de météores…) et 57% aimeraient apercevoir des constellations. On voit également émerger des expériences hors du commun, comme une balade de nuit en VTT sur les flancs enneigés des Alpes françaises, des plongées de nuit en Égypte, des safaris nocturnes en Zambie et au Kenya, ou encore des observations d’étoiles dans le désert de l’Atacama au Chili. Ces activités permettent également de se reconnecter à la nature, se centrer sur le moment présent, son soi intérieur, avec le dépaysement, l’aventure et ce brin de magie qui fait toute la différence.


Une aile de raie à la Grace Schwindt; la cuisine fusion asiatique du new Old Boy; la recette de l’aubergine au tahini: la cuisine est épicée, surprenante et raffinée.

REPORTAGE: JAN SCHEIDTWEILER
RECETTE: KAREN SHU
PHOTOGRAPHIE ET STYLISME: EVA BEEUSAERT
Dans notre rubrique Kitchen Roulette, un chef dévoile quatre recettes avant de passer le relais au chef suivant, ce qui donne lieu à un menu surprenant et varié. Cette semaine, Karen Shu est aux commandes pour la troisième fois. Après avoir fait ses armes dans des restaurants et en tant que cheffe privée, la Philippo-Américaine a posé ses valises à Anvers par amour. Dans son restaurant,And/Or, elle montre à quel point la cuisine végétalienne peut être gourmande. Cette semaine, la cheffe sublime l’aubergine rôtie en l’accompagnant d’une sauce au sésame,de légumes iodés,de piment et d’un croustillant de noix.
«Le baba ganoush, un mélange d’aubergine et de tahini, est un classique du Moyen-Orient que j’ai décidé de réinventer. Je nappe une aubergine rôtie d’une sauce au tahini que je pimpe avec du miso,du gingembre et un mélange croquant de fruits à coque. J’y ajoute une touche de piment, mais n’hésitez pas à avoir la main légère si vous préférez un plat moins relevé.»
INGRÉDIENTS (pour 4 personnes)
◆ 2 aubergines rondes à la peau fine
La sauce au sésame
◆ 270 g de tahini (pâte de sésame, au supermarché)
◆ 60 ml de jus de citron vert
◆ 60 ml de vinaigre pour sushi (au supermarché)
◆ 60 ml d’huile de sésame
◆ 60 g de miso (pâte de soja, épiceries asiatiques)
◆ 2 gousses d’ail
◆ 1 cuillère à soupe de gingembre pelé et râpé
◆ 1 cuillère à café de sel
◆ Poivre noir
Le mélange de fruits à coque
◆ 125 ml d’huile d’olive (ou une autre huile de cuisson)
◆ 200 g d’amandes blanches (pelées et hachées)
◆ 35 g de graines de courge
◆ 35 g de graines de tournesol
◆ 1 bouquet de basilic frais (uniquement les feuilles)
◆ 1 cuillère à café de sel
La finition
◆ 1 piment frais émincé
◆ 16 tiges de salicorne (chez le poissonnier)
◆ Gros sel marin
◆ 4 tiges de persil finement hachées
Les aubergines
◆ Préchauffez le four à 185 °C.


◆ Coupez les extrémités des aubergines et tranchez-les en deux dans le sens de la longueur. À l’aide d’un couteau bien aiguisé, faites un quadrillage sans trancher la peau -quatre incisions en biais dans un sens et quatre dans l’autre-,pour que la cuisson soit homogène.
◆ Saupoudrez la chair de sel fin et faites-les dégorger pendant une dizaine de minutes.
◆ ◆ Rincez et séchez.
◆ Posez les aubergines côté chair vers le haut sur une plaque recouverte de papier sulfurisé.
◆ Faites-les rôtir pendant 40 minutes au four à 180 degrés.Réservez.
La sauce au sésame
◆ Râpez l’ail avec une râpe fine (type Microplane).
◆ Mélangez l’ail râpé aux autres ingrédients pour obtenir une sauce homogène.
Le mélange de fruits à coque
◆ Versez l’huile d’olive dans une poêle et portez-la à feu moyen.

◆ Faites dorer les amandes en remuant régulièrement.
◆ Dès que les amandes sont dorées, ajoutez les graines de courge et de tournesol et le sel.
◆ Continuez à remuer jusqu’à ce que les graines soient bien dorées.
◆ Ajoutez les feuilles de basilic et poursuivez la cuisson en remuant jusqu’à ce qu’elles deviennent croquantes (cela prendra quelques minutes).
◆ Filtrez ce mélange à l’aide d’un tamis fin et laissez refroidir sur du papier absorbant.
FINITION
◆ Déposez une moitié d’aubergine sur chaque assiette.
◆ Nappez généreusement de sauce au sésame. Parsemez le mélange de fruits à coque croquants, assaisonnez au gros sel et décorez de persil, de salicorne et, pour les amateurs de sensations fortes, de rondelles de piment.
CONSEILVIN
◆ Frappato, Cos, IGT Terre Siciliane, Italie, 2023. La saveur douce et légèrement terreuse de l’aubergine se marie bien avec un vin rouge léger de type méditerranéen.
Les arômes de fruits rouges (cerise noire en tête) de ce vin sicilien issu du domaine Cos sont frais et délicats. Les tanins souples et un faible taux d’alcool,12,5 %,donnent à ce Frappato une élégance raffinée qui s’accorde parfaitement avec cette préparation.
23,97 EUROS. DISPONIBLE VIA WWW.LICATA.BE

On ne va pas qualifier le restaurant Old Boy de «vieux garçon» et, pourtant, il en est déjà à sa seconde vie. Fin 2024, six ans après l’ouverture,les quatre propriétaires de cette adresse de cuisine fusion asiatique ont jugé bon de se réinventer.L’enseigne a donc fermé le temps d’un «extreme relooking», invitant ses habitués à se rendre au pop-up mis sur pied le temps des travaux. Mi-mars, c’est un new Old Boy qui a rouvert à la même adresse, dans une version augmentée: en passant de 28 à 50 couverts, il est presque deux fois plus grand, mais toujours aussi convivial.
Le choix en faveur de la cuisine fusion asiatique est encore plus marqué suite à la rénovation: le gril au charbon de bois a fait place à un impressionnant feu ouvert.Ici,la flamme s’élève dans les airs,à la manière des stands de street food en Asie.
Autre nouveauté? On peut choisir son menu à la carte,une option idéale pour ceux qui préfèrent choisir leurs plats ou qui n’ont pas envie du menu six services (60 euros et 55 euros la version végétarienne).
Les vingt plats proposés vont des petites bouchées payantes (4,5 et 8 euros) aux plats un peu plus consistants (moules sautées au wok à la sauce d’huître, 18 euros), sans oublier les desserts ni les plats principaux, dont un bar entier frit (35 euros).
Bon à savoir:un symbole «piment» note les plats particulièrement épicés. Par contre, comme certains plats sont proposés sous leur nom asiatique, cela complique le choix: les Old Boys pensent-ils vraiment que tout le monde sait ce qu’est un «Moo Ping»?
Autre question: quel est le niveau de la cuisine? Au comptoir, on peut observer la célérité avec laquelle les chefs dressent les assiettes: le feu est vif et la cadence, rythmée, ce qui se traduit par des assiettes relativement simples,mais d’une richesse de saveurs totale:les brochettes de porc laquées, les fameux «Moo Ping»,sont à la fois épicées et juteuses.
REPORTAGE: JAN SCHEIDTWEILER
ADRESSE
OLD BOY
RUE DE TENBOSCH, 110
1050 BRUXELLES
Jan Scheidtweiler s’attable au new Old Boy pour déguster une cuisine fusion asiatique préparée à la flamme du feu ouvert. des légumes sautés au wok (brocoli, chou chinois) qui mettent un bémol sur ces saveurs puissantes.En résumé:la deuxième vie du restaurant Old Boy est une renaissance.
Les coquilles Saint-Jacques,rapidement passées au gril, sont représentatives de la qualité des produits cuisinés. Ici, elles sont accompagnées d’une sauce originale à base

de sauce de poisson et de citron vert,ce qui apporte une note à la fois salée et acidulée aux coquillages.
Le porc grillé déploie des saveurs asiatiques intenses grâce à un mélange d’épices, de vin de riz et de miel. Il est servi avec
CETTE ENSEIGNE A FAIT L’OBJET D’UNE VISITE ANONYME, FINANCÉE PAR SABATO.
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Samedi 17 mai 2025
Exposition : 7 au 14 mai - 10h -19h
Désirez-vous vendre ? Contactez Renaat Sapyn : +32 9 348 54 40 ou renaat.sapyn@de-vuyst.com. Rendez-vous à domicile.
REPORTAGE: THIJS DEMEULEMEESTER
PHOTO: PIET DE KERSGIETER
Matthieu Beudaert, historien de l’art et chef du restaurant Table d’Amis, revisite l’actualité artistique en cuisine. Cette semaine, Resting , une œuvre de Grace Schwindt présentée à Louvain.


«Alors que Grace Schwindt fouillait dans les réserves du Museum M à Louvain,elle a été stupéfiée par le soin que les conservateurs portent aux sculptures endommagées: les œuvres fissurées ou incomplètes ressemblent à de fragiles patients. Inspirée par cette découverte, l’artiste allemande a créé une série de dessins et de sculptures explorant la fragilité,la force et les traumas.Bien qu’étant une ancienne œuvre en bronze,‘Resting’,qui représente un oiseau épuisé, s’inscrit parfaitement dans la thématique de l’exposition ‘A History ofTouch’.» «Cette sculpture endormie m’a immédiatement rappelé un poisson emblématique de la mer du Nord: la raie», poursuit Matthieu Beudaert. «Pour rendre la raie aussi brillante que l’œuvre de Grace Schwindt, je l’ai nappée d’un sirop composé de jus de pomme, de sauce soja et de gingembre. Dans mon restaurant, Table d’Amis, j’expose une imposante raie noire en polyuréthane, signée Johan Deschuymer.»

«GRACE SCHWINDT, A HISTORY OF TOUCH», JUSQU’AU 16 NOVEMBRE AU MUSEUM M À LOUVAIN. WWW MLEUVEN.BE
Dans un environnement de verdure exceptionnel, très belle villa conçue par l'architecte Marc Corbiau, +/- 710 m², jouissant d’un ravissant jardin arboré orienté sud-ouest (terrain de +/- 45,1 ares). Lumineuses réceptions, 5 chambres, 5 bains. Salle de jeux. Garage 2 voitures. PEB D
















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REPORTAGE:
FREEK EVERS
ILLUSTRATION:
STUDIO PONG
Un gadget peut parfois se révéler indispensable pour alléger le quotidien.
Cette semaine: le Bartesian. Ou pourquoi on (n’)a (pas) besoin d’une machine à cocktails qui dose, mélange et sert d’une simple pression sur un bouton.
CI_CONTRE LE BARTESIAN
PRÉPARE VOTRE COCKTAIL
PRÉFÉRÉ SANS TRACAS,
SANS SHAKER ET SANS
DOSEUR.
Rien n’évoque autant les vacances qu’un cocktail en terrasse entre amis, et sans lever le petit doigt. Comme tout le monde n’est pas familier des doseurs, shakers et autres techniques de mixologie,préparer un cocktail raffiné peut s’avérer être presque aussi stressant qu’affronter un manager exigeant.C’est là qu’intervient le Bartesian:cette machine à cocktails prépare un Mojito ou un Manhattan comme un simple espresso.
Bartesian est aux drinks ce que Nespresso est au café.Cet appareil à cocktails est équipé de quatre réservoirs en verre que l’on remplit d’alcool: whisky, rhum, vodka, tequila... au choix. Les autres composants nécessaires à chaque variété de cocktails sont dans de petites capsules. Grâce à un code-barres apposé sur chacune d’elles, le Bartesian reconnaît automatiquement le cocktail à préparer.
Il ne reste plus qu’à sélectionner la proportion d’alcool souhaitée sur l’écran tactile et à appuyer sur start. Vous préférez une version sans alcool? C’est possible: en quelques secondes seulement, la machine mélange tous les ingrédients et sert votre drink dans un verre.
Malgré ça, le Bartesian ne remplace pas un barman: il faudra ajouter les glaçons soi-même (ou laisser vos invités se servir).Après chaque cocktail, la machine se rince automatiquement, mais certaines pièces doivent être nettoyées à la main de temps en temps.
Deux petits inconvénients comparés à un vrai barman:la sélection est limitée à une cinquantaine de cocktails et, d’après les avis en ligne, le Bartesian prend beaucoup de place sur un plan de travail.
Le Bartesian est disponible à 349,99 euros. Une boîte de 8 capsules revient à un peu moins de 24 euros. Les alcools sont vendus séparément et leurs prix varient. Cerise sur le Singapore Sling: ce barman robotisé n’accepte pas les pourboires.

COLLABORATEURS:
MATTHIEU BEUDAERT
LUT CLINCKE
IRIS DE FEIJTER
THIJS DEMEULEMEESTER
FREEK EVERS
NATALIE HELSEN
VEERLE HELSEN
LAURA KEERSMAEKERS
JAN SCHEIDTWEILER
KAREN SHU
PHOTOGRAPHIE:
EVA BEEUSAERT
ALEXANDER D’HIET
PIET DE KERSGIETER
GIULIO GHIRARDI
JEAN-FRANÇOIS JAUSSAUD
ALEXANDRE TABASTE
AMBER VANBOSSEL
COVER:
MONICA SPEZIA / LIVING INSIDE
ILLUSTRATIONS:
ANTON GUDIM
STUDIO PONG
RÉDACTION DIGITALE:
ELINE BROECKX
CHEF DIGITAL:
DRIES CEUPPENS
TRADUCTION:
COLINGUA.BE
EMILIE VAN DE POEL
REWRITING:
NATACHA BOULVAIN
RÉDACTION FINALE:
AURÉLIE KOCH
RÉDACTION PHOTO & COORDINATION:
NATHALIE WARNY
MISE EN PAGE:
CHRISTINE DUBOIS
DAVID STEENHUYSE
ART DIRECTOR:
PHILIP VAN BASTELAERE
RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE: ELS MAES
RÉDACTRICE EN CHEF: AN BOGAERTS
CREATIVE DIRECTOR: GERDA ACKAERT
ABONNEMENTS:
TÉL. 0800/55.150, ABONNEMENT@LECHO.BE
ANNONCEURS:
TRUSTMEDIA
AVENUE DU PORT 86C, BTE 309 1000 BRUXELLES
TÉL. 02/422.05.11; SABATO@TRUSTMEDIA.BE
ÉDITEUR RESPONSABLE:
PETER QUAGHEBEUR
SABATO EST IMPRIMÉ CHEZ
ROULARTA PRINTING.