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Sabato 10 Mai 2025 FR

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EUROPEAN MAGAZINE OF THE YEAR

COMPLEXES & COOL: HONG KONG, LES MONTRES ET L’EXPOSITION HORST

J12 BLEU TOURBILLON DIAMANT
Nouvelle J12 en céramique bleue exclusive, conçue et assemblée par la Manufacture CHANEL. Saphirs et diamants. Mouvement de Haute Horlogerie CALIBRE 5 Tourbillon Volant.
Bruxelles | Place du Grand Sablon 20

P.28

SNOB O’ CLOCK LA SÉRIE «THE WHITE LOTUS» REMET LES MONTRES À

L’HEURE ET AU POIGNET

P.10

MON SABATO

24 HEURES AVEC

L’ENTREPRENEUR

DENNIS VAN PEEL

«Montre-moi ta montre et je te dirai qui tu es.» C’est un peu l’idée principale de notre article consacré à la série «TheWhite Lotus». Car en y regardant de plus près, on peut en apprendre beaucoup sur le caractère d’un personnage à travers son choix de montre. Déjà posée pour la série «Succession», la question revient avec la troisième saison de «The White Lotus». Même pour la nouvelle saison de «And Just Like That», le spin-off de «Sex and the City», les premières spéculations sur les montres portées vont bon train:qui porte quoi,et comment l’interpréter?

Votre montre dévoile votre personnalité: vous êtes plutôt classique ou sportif, conservateur ou rebelle, prudent ou audacieux, un peu riche ou immensément fortuné? «Porter une montre offre l’opportu-

nité de se présenter tels qu’ils sont, ou tels qu’ils veulent être perçus», explique Fon Martens, propriétaire de Colman à Anvers et à Knokke. Et c’est là une nuance importante: une montre ne dit pas seulement quelque chose sur qui vous êtes, mais surtout sur qui vous aimeriez être.

Vous voulez qu’on vous voie comme quelqu’un qui a réussi? Portez une Rolex. Comme une personne élégante? Portez une Cartier.Branché et sportif? Portez une Omega. Et ainsi de suite. Personnellement, je ne porte pas de montre. Qu’est-ce que ça dit de moi?

AN BOGAERTS

RÉDACTRICE EN CHEF

P.40

HONG KONG

SKYLINE IMPECCABLE, TABLES ÉTOILÉES, QUARTIERS TRÉPIDANTS, MUSÉES VARIÉS

P.46

CHIC EN STOCK OU COMMENT TRANSFORMER LES TISSUS DÉLAISSÉS EN VÊTEMENTS ET EN ART

P.20

SALON DE GENÈVE

LES PLUS BELLES NOUVEAUTÉS DE LA HAUTE HORLOGERIE

P.52

ASPERGES ET CULATELLO DI CANOSSA, UNE RECETTE DU CHEF KENNY BURSSENS

P.55

CARTE SUR TABLE À LONDRES, LA CUISINE THAÏE INTERPRÉTÉE PAR UN CHEF GALLOIS

Le samedi de Dennis Van Peel, entrepreneur créatif de Have a Roll et Funk: salle de sport le matin, boulangeries artisanales la journée et plaisir coupable le soir.

Reportage: Laura Keersmaekers Photo: Diego Franssens

MON SABATO

DENNIS VAN PEEL

FONDATEUR DE HAVE A ROLL. COFONDATEUR DE LA

À la tête de six magasins Have a Roll, une chaîne de cinnamon rolls vegans, et de la boulangerie Funk à Anvers, Dennis Van Peel (29 ans) allie pâtisserie et entrepreneuriat.«Chez Have a Roll, nous préparons environ 2.500 cinnamon rolls chaque jour, mais ça peut aller jusqu’à 3.500.» Ces brioches à la cannelle, qui se déclinent en versions caramel-pécan, spéculoos ou matcha, ont un succès fou: une nouvelle adresse a ouvert à Louvain le mois dernier. «Chez Funk, nous proposons des viennoiseries et du pain au levain, mais aussi du café, des déjeuners et des apéritifs avec des vins naturels. C’est une sorte de boulangerie scandinave tendance et végétalienne et tout est fait maison.» L’entrepreneur est également créateur de contenu, partageant avec ses abonnés la rénovation de sa maison. «J’ai un planning chargé, mais j’essaie de m’octroyer un samedi de liberté de temps en temps pour me ressourcer.»

7H30 – «Je suis un lève-tôt.En semaine,mon réveil sonne à 6 heures et le week-end, si j’ai un samedi de libre, à 8 heures.»

8H15 – «Je suis arrivé àThe Brick,ma salle de sport.Je participe à une séance de crossfit ou je soulève de la fonte.Parfois,je fais aussi du cardio.J’aime y aller tôt pour éviter la foule:le calme qui y règne alors est un bonheur. Faire du sport (presque) tous les jours fait partie de ma routine.»

10H – «Il est temps de boire un cappuccino au lait d’avoine avec mon compagnon Ruben, mais pas chez Funk, car je serais tenté de donner un coup de main. Nous allons au café Polly, un spot parfait pour un matin paisible. Nous discutons de la rénovation de notre maison:c’est lui qui dirige les travaux. Cette remise à neuf est un travail de Titan et les

Tester des boulangeries: «EST UN DE MES HOBBIES. QUAND JE PARS EN VACANCES, JE FAIS DU REPÉRAGE DES BOULANGERIES ET DES CAFÉS SYMPAS À VOIR.»

journées sont longues. Nous profitons de ces petites parenthèses tranquilles dans un emploi du temps chargé.»

«Bloemberen, une boulangerie artisanale de Deurne, fait partie de mes nouvelles adresses préférées. Elle ressemble beaucoup à Funk: un atelier ouvert où l’on peut voir le boulanger travailler,une ambiance scandinave cosy et du pain au levain délicieux.J’aime découvrir de nouvelles boulangeries et de nouvelles saveurs.En général,je commande un classique,un pain au chocolat par exemple,et quelque chose de spécial à tester.Le week-end, je suis un bec sucré, alors qu’en semaine, à la maison, je mange toujours un petit déjeuner salé.»

«Tester de nouvelles boulangeries est un de mes hobbies. Quand je pars en vacances, je fais du repérage des boulangeries et des cafés sympas. Pour Berlin, j’ai une liste de nouvelles boulangeries vues sur Instagram. Nous allons donc bientôt mettre à l’agenda un city trip à Berlin pour les découvrir IRL.»

11H30 – «Comme les rues commerçantes d’Anvers peuvent être trop animées, Ruben et moi faisons le tour des boutiques de mode avant midi.J’aime le style scandinave,y compris pour les vêtements,ce qui implique de faire une halte chez Arket et Cos. Je fais aussi un saut chez Lemonate Antwerp, une marque de streetwear classe made in Belgium.»

CI-DESSOUS L’ENTREPRENEUR ET INFLUENCEUR PREND UN CAPPUCCINO AU LAIT D’AVOINE POUR FAIRE UNE PAUSE ENTRE LE SPORT ET LE PROGRAMME CHARGÉ DE SON SAMEDI.

13H – «Comme nous sommes à proximité du magasin Have a Roll de l’Oudaan,je passe dire bonjour au personnel, car je trouve important de connaître les étudiants qui y travaillent. Ensuite, nous prenons la voiture pour aller en Zélande.»

14H30 – «Breskens, ville natale de Ruben, est à une heure de route. Sa maison familiale est à cinq minutes de la mer, ce qui nous permet de faire un vrai break loin du travail, des magasins et de l’agitation de la ville. Nous faisons une longue promenade sur la plage en compagnie de notre teckel,Snoet.C’est un vrai plaisir de la voir courir joyeusement le long de la mer.»

16H – «Nous aimons prendre un verre dans un pavillon de plage. La côte néerlandaise a quelque chose de simplement naturel, une ambiance décontractée bien différente des beach bars que l’on trouve sur la côte belge.»

18H – «Arrivés chez mes beaux-parents, nous commençons par donner une petite douche à Snoet, puis nous prenons l’apéritif et profitons d’un bon repas tous ensemble. Quand il fait beau, nous allumons le barbecue. Le dessert, que nous avons apporté d’Anvers est un cinnamon bun -what else?»

22H – «Nous rentrons chez nous et nous regardons un peu Netflix avant de nous coucher. Nous aimons les programmes légers:«Selling Sunset», «Selling the City» ou «Dubai Bling» sont nos incontournables.Installés sur le canapé,nous mangeons un bol de yaourt avec du fromage blanc,du granola, des myrtilles et du miel. Snoet a son petit bol de fromage blanc à elle, c’est notre rituel du soir: elle le demande avec insistance et pleure tant qu’on ne le lui a pas donné.» ◆

TROIS BONS PLANS

1. BEN’S MENTORS «EN VOITURE, J’AIME ÉCOUTER DES PODCASTS. BEN REÇOIT TOUJOURS DES INVITÉS INTÉRESSANTS. JE LE CONSEILLE AUX JEUNES ENTREPRENEURS.» WWW.SPOTIFY.COM

2. « BUY BACK YOUR TIME», DE DAN MARTELL

«CE LIVRE APPREND À GÉRER SON TEMPS

DE MANIÈRE ULTRA EFFICACE.»

3. « RICH DAD, POOR DAD», DE ROBERT KIYOSAKI

«UN LIVRE ACCESSIBLE SUR LA FINANCE PRIVÉE POUR INVESTIR À BON ESCIENT, CE QUI N’EST PAS FACILE PAR LES TEMPS QUI COURENT.»

Çà & Là

Grain de sel: les biscuits Antwerpse Handjes revus et corrigés par le chef trois étoiles Viki Geunes ◆ Voyeurisme design: les plus beaux intérieurs de Paris ◆ Le temps c’est de l’argent: montres d’exception aux enchères à Hong Kong ◆ Chambres à part: les galeries sortent le grand jeu au Mix Brussels 14 — 18

LAMPE À LA MENTHE

DÈS 1935, L’ITALIEN CARLO NASON S’INSPIRE DES CORNETS DE CRÈME GLACÉE POUR CONCEVOIR CETTE LAMPE, QU’IL NOMME «GELATO». LE LABEL BRITANNIQUE ESTABLISHED & SONS RÉÉDITE CETTE LAMPE EN VERSION SANS FIL, DANS DES COULEURS GOURMANDES: «SPRITZ (ORANGE) ET MENTHE (PHOTO). (AB) 225 EUROS, WWW.ESTABLISHEDANDSONS.COM

De Paris, nous connaissons surtout les monuments touristiques,les bons restaurants,les musées et les façades. Hélas, ce qui se cachait derrière ces dernières restait un mystère,ce qui a donné envie à Guillaume de Laubier d’arpenter la capitale à la recherche des intérieurs les plus fascinants, éclectiques et singuliers.

Le photographe a rassemblé le résultat de ses recherches dans un beau livre,«Paris Living».De la designer d’intérieur Diana Ghandour à l’icône de

la mode ChantalThomass,leTout-Paris lui a ouvert les portes de son hôtel de maître, loft ou appartement Haussmanien.

«Les intérieurs parisiens sont le reflet de la ville: un mélange d’histoire et de modernité, de modestie et d’opulence», déclare Maria Aziz, qui a rédigé le texte qui accompagne les photos. «Les trouvailles d’antiquaire cohabitent harmonieusement avec des meubles épurés et des œuvres d’art choisies avec goût.» (AB)

«PARIS LIVING», PARUTION LE 20 MAI AUX ÉDITIONS LANNOO,65 EUROS. WWW.LANNOO.BE

Une Rolex Daytona Cosmograph réf.6263 rarissime, livrée avec tous ses accessoires, conçue sur mesure pour un cheikh richissime.

Un flacon de parfum ancien en forme de pistolet en or jaune serti de perles et de diamants où se dissimule une montre, un objet extraordinaire signé Moulinié, Bautte & Cie

Une montre gousset du XIXe siècle, grande et petite sonnerie, représentant une

TO BID

ADJUGÉ!

scène de chasse, en or et serti de 154 perles, présentée dans son écrin en acajou d’origine.

Ces pièces exceptionnelles,parmi 255 autres lots,seront mises aux enchères lors de la vente aux enchères «Hong KongWatchAuction:XX»,organisée par la maison de vente Phillips et le spécialiste horloger Bacs & Russo. (EB)

DU 23 AU 25 MAI, WKCDA TOWER, HONGKONG. WWW.PHILLIPS.COM/AUCTION/HK080225

TO EAT

DU SUCRÉ AU SALÉ

Le chef trois étoiles VIKI GEUNES réinvente le biscuit en forme de main emblématique de la ville d’Anvers, les Antwerpse Handjes.

Depuis 1934, les Antwerpse Handjes -ou petites mains d’Anvers-,représentent la douceur de vivre de la ville d’Anvers. Désormais, ils se déclinent aussi en version salée, les Zilte Handjes,un nom qui fait référence à son créateur,Viki Geunes, chef du restaurant trois étoiles, le Zilte mais aussi au Gruyère AOP de sa farce. Le chef nous invite à regarder dans sa boîte à biscuits.

Sabato: Comment l’idée vous est-elle venue?

VIKI GEUNES: «Cela fait quatre ans que je suis ambassadeur de l’association «Les Fromages de Suisse» et, plus précisément, du GruyèreAOP,un fromage d’exception aux multiples usages en cuisine.En collaboration avec cette association,nous avons

cherché une manière originale de le mettre en valeur. J’aime les biscuits salés à grignoter à tout moment de la journée, notamment à l’apéritif. Étant basé à Anvers, le lien avec le célèbre biscuit s’est imposé comme une évidence. D’autant plus que des petites mains décorent la façade du musée MAS, où se trouve mon restaurant, le Zilte. Ces petites mains ont été acquises par les mécènes de ce musée pour financer sa construction.»

Faire des biscuits, est-ce un défi pour un chef? «Oui,tout à fait.(rires) Dans un biscuit sucré, le sucre joue à la fois le rôle d’exhausteur de goût et de conservateur naturel, tout en apportant cette caramélisation qui lui donne ce croquant gourmand.Pour la version Zilte Handjes,je voulais imiter les croûtes de fromage qui restent dans l’appareil à croque-monsieur. Plus facile à dire qu’à faire! La difficulté? Atteindre le bon point de fusion: si le fromage est râpé trop finement, il brûle et s’il est râpé trop grossièrement, il reste crémeux.J’ai mis trois mois à peaufiner la recette pour obtenir le biscuit parfait.»

N’auriez-vous pas pu faire ce biscuit avec, disons, du parmesan?

«Le GruyèreAOP est plus frais que le parmesan et moins sec, surtout celui issu du lait d’été aux arômes floraux, car les vaches broutent aussi des fleurs. Cette pointe d’acidité, combinée au goût des champignons séchés, de la truffe et de la farine d’épeautre, c’est juste sublime.»

Vous les servez avec le chariot à fromages, mais la boulangerie artisanale anversoise Philip’s Biscuits en fait aussi. Quelle est la différence?

«La différence est minime, car nos biscuits sont trop fragiles pour être transportés.Au restaurant,nous les servons avec une pâte de coing,puis nous les offrons en cadeau. Maxim Painblanc de Philip’s Biscuits les confectionne aussi entièrement à la main: il n’utilise pas de moule, chaque biscuit est découpé.»

Et qu’en a pensé l’association des maîtres confiseurs d’Anvers, qui veille sur le brevet de l’original?

«Cela les a amusés: pour eux, les Antwerpse Handjee, ce n’est pas ça!» (MB)

LES ZILTE HANDJES SERONT EN VENTE DÈS LE 20 MAI CHEZ PHILIP’S BISCUITS (ANVERS, GAND, MALINES) OU VIA WWW.PHILIPSBISCUITS.BE

ART DE CHAMBRE

Dormir, manger, faire du sport… et bientôt admirer de l’art:tout cela est possible sur le site du Mix Brussels, l’ancien siège de La Royale Belge à Watermael-Boitsfort.

Le marchand d’art Patrick Mestdagh (Galerie Patrick & Ondine Mestdagh) et le galeriste Sébastien Janssen (Sorry We’re Closed) y organisent,du 22 au 25 mai,la première édition de la foire d’art et d’antiquités «The Rooms». Plus accessible que les foires traditionnelles, le concept s’inspire de formats similaires à New York (Gramercy),Bruxelles (TheWhite Hotel) et Bangkok (Hotel Art Fair).

Dans cet hôtel quatre étoiles, plus de 35 galeries d’art, marchands d’art et antiquaires, dont Spazio Nobile Gallery, Ballon Rouge et Spax Projects,transformeront une chambre en espace d’exposition immersif, mêlant art, antiquités et design -des bijoux aux sculptures monumentales contemporaines, en passant par l’art classique d’Asie, d’Afrique et d’Océanie.

Au programme:conférences et une scénographie signée Lionel Jadot (ZaventemAteliers) réalisée avec des objets issus des galeries participantes. (EB)

BOULEVARD DU SOUVERAIN 25/1 À WATERMAEL-BOITSFORT. ENTRÉE GRATUITE. WWW.MIX.BRUSSELS/FR/THEROOMS

SO BRITISH

CETTE ANNÉE, LE PARFUMEUR BRITANNIQUE PENHALIGON’S FÊTE SON 155E ANNIVERSAIRE EN AJOUTANT UNE NOUVELLE PIÈCE À SA COLLECTION ANIMALIÈRE «PORTRAITS», LE CHEVAL. LE FLACON EST UNE ŒUVRE DE L’ARTISTE ISLANDAISE KRISTJANA WILLIAMS. (EM) «FORTUITOUS FINLEY», EAU DE PARFUM, PENHALIGON’S, 275 EUROS, DISPONIBLE SUR WWW.PENHALIGONS.COM

Tic tac

Never too thin, never too rich: les merveilles repérées au salon Watches & Wonders à Genève ◆ Les montres portées par les personnages de la série «The White Lotus» en disent long 20 — 32

TO WATCH

REPORTAGE:

Une semaine complète d’exposition, 55.000 visiteurs, 77.000 mètres carrés, 12.000 rendez-vous détaillants, 1.600 journalistes (et moi, et moi, et moi). Plus que jamais, la discrète et paisible Suisse met en valeur la haute horlogerie avec panache. Son marché, en légère baisse par rapport à 2023 (-2,8%), a généré 26 milliards de francs d’exportations (28 milliards d’euros) en 2024.

Au-dessus de toute concurrence par son excellence et son savoir-faire, l’horlogerie helvétique s’appuie sur de grands noms -Rolex, Patek Philippe, Cartier, Jaeger-LeCoultre-, des noms plus spécialisés -Panerai, Ulysse Nardin, H. Moser & Cie-, mais aussi plus abordables -Frédérique Constant, TAG Heuer, Tudor. Chacun a misé sur ses modèles iconiques pour rassurer les collectionneurs et valoriser un patrimoine inégalable et, à ce jour, inégalé.

APRÈS DES CRISES À RÉPÉTITION (SUBPRIMES, COVID) ET DES SECOUSSES VENUES D’OUTRE-ATLANTIQUE, LA HAUTE HORLOGERIE SE RECENTRE SUR SES VALEURS SÛRES. LES GRANDES MAISONS ONT TENU LE HAUT DU PAVÉ LORS DU SALON MONDIAL WATCHES AND WONDERS, RIVALISANT D’INVENTIVITÉ POUR REPLACER LEURS ICÔNES AU PANTHÉON DES COLLECTIONNEURS. VOICI LES «MAGNIFICENT SEVEN».

Chez Cartier, mastodonte du groupe de luxe Richemont, l’accent a été mis sur la Tank, un modèle dessiné en 1917 et décliné en 1922 dans sa version Tank Louis Cartier. De toutes les nouveautés présentées au salonWatches and Wonders, c’est probablement la seule pièce dont les dimensions ont été légèrement augmentées alors que la tendance va clairement vers la réduction. Un bon choix, car la Tank Louis Cartier de 33,70 mm x 25,50 mm, avec son boîtier en or et son nouveau mouvement 100% manufacture est d’une élégance absolue. Précieuse et raffinée, épurée à l’extrême avec deux aiguilles seulement, c’est la pièce recherchée par tout collectionneur avisé.

CARTIER

Jaeger-LeCoultre Reverso Répétition Minute:

côté face, la classe discrète; côté pile, un spectacle de technologie et de son.

02.

Double jeu

JAEGER-LECOULTRE

Cette année, l’horloger établi à Le Sentier, Suisse, s’est consacré à sa légendaire Reverso. Cette montre-bracelet a été conçue en 1931 pour permettre aux joueurs de polo de garder leur montre au poignet en pratiquant ce sport, d’où le boîtier réversible dont elle tire son nom. Côté pile, un cadran traditionnel à trois aiguilles et, côté face, un fond en acier antichoc, ce qui lui permet de supporter les échanges lors d’un match.

Cet usage n’ayant plus vraiment cours de nos jours, Jaeger-LeCoultre utilise cette double face avec une rare maestria, comme la Reverso Répétition Minute, chef-d’œuvre horloger -7 demandes de dépôt de brevet!- éditée à 30 exemplaires. Côté pile, un sobre cadran heures et minutes sur fond guilloché; côté face, une mise en scène du calibre de 462 composants logés dans un boîtier en or rose de 51,1 x 31 mm pour 12,6 mm d’épaisseur seulement. Grâce à des marteaux qui frappent des timbres en cristal, cette Reverso émet un son pour marquer les heures, les quarts et les minutes.À ces atouts, ajoutons 48 heures de réserve de marche, un record pour une complication habituellement gourmande en énergie.

À DROITE LA DIVER AIR ULYSSE

NARDIN NE PÈSE QUE 51,70 GRAMMES,

CE QUI EN FAIT LA MONTRE DE PLONGÉE LA PLUS LÉGÈRE DU MONDE.

03.

Légérissime

ULYSSE NARDIN

La montre de plongée est un univers ultra technique,strictement encadré par une norme ISO.Les paramètres d’étanchéité,de lisibilité ainsi que de résistance à la corrosion,à la traction et à la torsion y sont minutieusement examinés.C’est pour ça que ce type de montre est une spécialité peu courante. Il faut donc souligner la performance de l’horloger Ulysse Nardin qui, après avoir respecté ce cahier des charges, s’est donné pour objectif de produire la montre de plongée la plus légère du monde. Mission accomplie:la DiverAir ne pèse que 51,70 grammes -à titre de comparaison, une plongeuse technique de ce niveau pèse généralement entre 120 et 180 grammes.

Cette performance n’empêche pas la Diver Air d’être une belle montre sport.Autre caractéristique: elle est composée à 90% de titane recyclé et son bracelet est fait de filets de pêche recyclés par une start-up française.

carré

PATEK PHILIPPE

ère, 100% manufacture. Mais la première version de la Cubitus de 45 mm de côté s’est avérée un peu trop imposante pour les collectionneurs, à qui la maison dédie aujourd’hui une version revue et corrigée de 40 mm de côté. Les proportions harmonieuses de cette nouveauté vont certainement changer la donne en matière de montres carrées. 04. C’est

La manufacture genevoise, une des plus appréciées des collectionneurs, a, elle aussi, dévoilé, fin 2024, une nouveauté: une montre carrée nommée Cubitus. Ce design difficile sur lequel bien peu de marques ont réussi à s’imposer en dehors deTAG Heuer -la Monaco-,et Bell & Ross -les BR-01 et BR-03. L’objectif de Patek Philippe: apporter à ce design une touche purement horlog-

La manufacture Bulgari,établie à Neuchâtel,n’a plus grandchose à prouver et,portant,elle a présenté deux nouveautés au salon genevois. La première est l’Octo Finissimo Ultra Tourbillon, la montre à tourbillon la plus fine du monde, soit 1,85 mm d’épaisseur. Bulgari confirme ainsi sa suprématie absolue dans le segment des extra plates:10 records du monde et plus de 60 distinctions internationales.

La seconde est une version de l’Octo Finissimo avec cadran en marbre logé dans un boîtier en or. La démarche, surprenante pour du marbre, est pile dans la tendance des cadrans minéraux. On y retrouve l’audace à l’italienne de l’horloger et joaillier Bulgari, alliée à une parfaite maîtrise des formes, des volumes et de la technique.

À DROITE LA CLASSIC PERPETUAL CALENDAR MANUFACTURE DE L’HORLOGER FRÉDÉRIQUE CONSTANT.

FRÉDÉRIQUE CONSTANT

Depuis plus de 30 ans,Frédérique Constant représente l’alliance parfaite entre la belle montre suisse et le luxe accessible.La Classic Perpetual Calendar Manufacture est un garde-temps qui va encore plus loin en matière de qualité, de finition des composants et des caractéristiques techniques de son mouvement.

Son élégant cadran saumon est enchâssé dans un nouveau boîtier en acier de 40 mm de diamètre, le Classic, où se loge le calibre Manufacture FC-776, le trente-quatrième développé par l’horloger genevois. Et la réserve de marche est de trois jours. Son prix? Imbattable: 9.995 euros.

La Classic Perpetual Calendar Manufacture Frédérique Constant est l’alliance parfaite entre fine horlogerie et luxe accessible.
06.

MASERATI GRECALE FOLGORE ITTURNS YOUON

ENTRE ÉLÉGANCE & PERFORMANCE, NE JAMAIS CHOISIR

Depuis 110 ans le coeur de Maserati bat au rythme de la passion et de l’excellence. Nous concevons des voitures sportives et élégantes dont le plaisir de conduite reste l’unique raison d’être. Fidèle à l’ADN de la marque, le SUV Grecale vous apporte une nouvelle vague de technologies et de performances. Combinée à des moteurs puissants, sa construction légère vous garantit les meilleures sensations de conduite. Oubliez les compromis et choisissez la motorisation qui vous convient le mieux : thermique ou 100% électrique.

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Maserati Grecale Folgore consommation (WLTP): cycle combiné 24.7 kWh/100 km // Émissions de CO2 : cycle combiné 0 g/km

07. Nouvelle étape ROLEX

Une nouvelle Rolex est un événement. Mais que dire d’une nouvelle collection? C’est un séisme! La nouvelle série Oyster Perpetual Land Dweller, boîtier 36 ou 40 mm en or ou en platine, repose sur 32 inventions ou demandes de dépôts de brevet. Le boîtier sport a un très léger accent seventies. Le bracelet, nommé Flat Jubilee, est inédit, de même que le design nid d’abeille de son cadran, proposé en gris ou bleu glacier. Le calibre 7135 à remontage automatique est cadencé à 5 Hz, une haute fréquence peu commune chez Rolex, garante d’une meilleure précision, car portée par 66 heures de réserve de marche. L’échappement, au cœur du calibre, a fait l’objet de toutes les attentions avec l’apport du silicium et 7 brevets dédiés à une distribution optimisée de l’énergie, protégée par un absorbeur de chocs amélioré, le Paraflex.

Une pièce de luxe, au sommet de la technologie horlogère, doublement certifiée (COSC et Superlative Chronometer). Roger Federer, ambassadeur de l’horloger, a fait le déplacement à Genève pour saluer l’arrivée de la nouvelle Rolex Oyster Perpetual Land Dweller. ◆

À GAUCHE LA NOUVELLE ROLEX

OYSTER PERPETUAL LAND DWELLER

COMBINE LE LOOK RÉTRO À LA

TECHNOLOGIE DE POINTE.

LENNY KRAVITZ

REPORTAGE:

LAURA KEERSMAEKERS

W«hat happens in Thailand, stays in Thailand.» C’est par cette réplique que débute la bande-annonce de la troisième saison de «The White Lotus». Cette série américaine suit les clients et le personnel de la chaîne hôtelière fictiveWhite Lotus.Après Hawaï et la Sicile,l’intrigue se déroule cette fois sur l’île de Koh Samui.Au programme: meurtre, dilemmes moraux et vie luxueuse dans un complexe hôtelier exclusif.

Ce qui saute immédiatement aux yeux dans cette nouvelle saison? La présence quasi systématique de montres portées par les personnages, chacune soigneusement choisie pour souligner leur personnalité.Michael Cory,accessoiriste de la série, a confié au magazine américain GQ que ces choix ne sont pas le fruit du hasard. Les smartphones étant strictement interdits au sein du resortWhite Lotus,la montre devient un objet essentiel,bien plus qu’un simple accessoire. Si l’hôtel et les personnages sont fictifs, les montres, elles, sont bien réelles. Et en vente chez les horlogers.

NOUVEAU RICHE

«Une montre révèle votre personnalité», affirme Annick Schramme, professeure en gestion de la mode à l’Université d’Anvers et à l’Antwerp Management School,experte en marques de luxe. «Elle reflète votre identité, votre statut et votre connaissance du monde horloger. Une belle montre avec un prix conséquent est toujours un statement,à l’instar d’un sac de créateur,mais là où ce dernier reste fonctionnel, la montre,elle,est un investissement que l’on fait pour marquer un moment important et être transmis.»

À l’heure de The White Lotus

De la Rolex Day-Date de Victoria à la Hublot Big Bang de Saxon, la saison 3 de «The WhiteLotus» est un défilé de montres de luxe. Ces montres en disent-elles plus sur les personnages? Peuvent-elles révéler leur personnalité, leurs intérêts et leur style?

Sabato analyse ce qui se porte à leur poignet, sans spoiler.

03 LE PLUS JEUNE DES RATLIFF, LOCHLAN, FAIT UNE ENTORSE AUX TRADITIONS FAMILIALES: IL PORTE

Un héritage familial.Dans «TheWhite Lotus»,Timothy et Victoria Ratliff portent chacun une Rolex Day-Date en or parfaitement assortie.Victoria aurait hérité de son père sa Day-Date II en or jaune 18 carats et cadran champagne. Cette montre représente l’état d’esprit d’une famille traditionnelle et fortunée.Son mode de vie privilégié,largement influencé par son entourage, ne laisse pas penser à une self-made-woman dynamique, pas plus que sa réplique, devenue virale, «Je pense juste qu’à mon âge, je ne suis pas faite pour vivre dans l’inconfort. Je n’en ai pas la force.

«Le fait que son époux,Timothy, porte la

Une belle montre fait partie des accessoires qui donnent l’impression que celui qui la porte est fortuné.

même montre que son beau-père renforce aussi la dynamique familiale», commente Michael Cory.

Timothy Ratliff porte une Rolex Day-Date 40 avec un cadran noir,un modèle lancé par la maison horlogère suisse en 2015. Leur fils, Saxon, apparaît avec plusieurs montres, ce qui n’a rien d’étonnant vu qu’il incarne à merveille le luxe, dont une Rolex Milgauss. Ce choix témoigne de son attachement à la famille (c’est aussi une Rolex), tout en affirmant davantage sa personnalité et son audace que les modèles Day-Date plus classiques de ses parents.

«Les Ratliff affichent une nette préférence pour Rolex, un choix partagé par de nombreux Belges», souligne Maarten Slaets,de la bijouterie éponyme à Anvers,qui propose des noms comme Rolex, Tudor, Chanel, Breguet et Hublot. «Les Rolex Day-Date ou Daytona sont des icônes que l’on s’offre pour marquer une étape importante. Si la Rolex est plébiscitée, c’est grâce à sa notoriété, son design et son image de marque. Et, pour beaucoup, son histoire.»

Le plus jeune membre de la famille Ratliff, Lochlan, n’hésite pas à aller à l’encontre de la tradition,y compris en matière de montres. Il porte une MoonSwatch, fruit de la collaboration entre Swatch et Omega. Un modèle emblématique des Gén Z et donc un choix stratégique pour le mystérieux Lochlan.

PORSCHE OU ROLLS-ROYCE

Sacha Wittmann, de la bijouterie bruxelloise Maison De Greef (distributeur de Patek Philippe, Jaeger-LeCoultre, Cartier ...),compare les montres de luxe à des voitures.«Porter une Rolex en dit long sur vous. C’est un peu comme conduire une Porsche: vous avez atteint un certain niveau et voulez le montrer.Une Patek Philippe? C’est l’équivalent d’une Rolls-Royce.»

«J’ai l’impression que la marque de votre montre en dit plus que la montre elle-même»,poursuitWittmann.«Rolex, Patek Philippe etAudemars Piguet sont les trois marques les plus convoitées des collectionneurs.»

05 JACLYN A CHOISI UNE HERMÈS NANTUCKET EN OR ROSE, CE QUI

LA PLACE DANS LE GROUPE DES FASHIONISTAS. UNE MONTRE QUI

«La marque de votre montre en dit plus sur vous que la montre elle-même.»

Fon Martens, de Colman Jewelry & Watches à Anvers et Knokke, confirme: «Beaucoup achètent une Rolex parce qu’ils la trouvent belle, mais aussi sous l’influence de leur entourage. Porter une Rolex, c’est dire qu’on a réussi dans la vie.Et les réseaux sociaux renforcent encore cela.»

EN CROCS CHEZ L’HORLOGER

Rick Hatchett, personnage torturé à l’allure négligée, est le seul autre client de l’hôtel à porter une Rolex.Son choix:une Oyster Perpetual Datejust avec bracelet en cuir, ce qui contraste totalement avec son look décontracté. Fon Martens fait le même constat chez ses clients: «Récemment, un homme est venu acheter une montre en short et en Crocs: il sortait de la salle de sport.»

S’ACCORDE À SES SACS BIRKIN. 06

Les vrais passionnés possèdent souvent plusieurs montres de luxe, à l’instar de Saxon dans la série. Outre sa Rolex, il porte une Hublot Big Bang Unico Black Magic, plus audacieuse,et une AppleWatch,preuve de son penchant pour le sport et son besoin d’être connecté. «La montre est souvent le seul accessoire pour homme»,déclare Maarten Slaets. «Une montre permet d’ajouter une touche personnelle à une tenue de bureau classique.»

QUIET LUXURY

Laurie porte une Cartier Baignoire:petite,élégante,vintage, parfaite pour cette it-girl célibataire de New York qui digère son divorce. Son amie Jaclyn, star de télé très coquette, opte pour une Hermès Nantucket en or rose –un choix sûr pour quelqu’un qui vit sous les projecteurs. Kate, leur amie républicaine, ne porte pas de montre particulière, mais un bracelet Love de Cartier.

«Une montre trahit souvent l’étape de vie où l’on se trouve», explique Maarten Slaets. «On pense que plus une personne est riche, plus sa montre est voyante, mais c’est souvent le contraire. Les plus fortunés optent pour des modèles discrets, comme une montre en platine.»

Fon Martens constate également cette tendance à la discrétion. «Certains clients préfèrent une montre sobre pour ne pas afficher leur richesse.» Cette tendance porte le nom de quiet luxury.

Sritala, l’étrange propriétaire du White Lotus, voit les choses différemment: sa montre Jacob & Co. Fleurs de Jardin, en or rose et saphirs roses, est un manifeste du luxe et de l’extravagance.«Dans les économies émergentes,les gens veulent montrer qu’ils ont réussi.Avec les montres,c’est pareil: or, diamants, couleur; rien n’est trop beau.»

Chez Colman,certains optent pour des montres de couleurs vives, soigneusement assorties à leur tenue, leur sac à main ou leurs chaussures.

Chaque montre raconte une histoire. Et celle de «The White Lotus» est loin d’être terminée.HBO a confirmé une quatrième saison, bien que le lieu où elle se déroulera et les montres portées sont encore inconnus. ◆

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et

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L’innovation et la collaboration

au cœur

de la contribution belge à l’Expo 2025 Osaka

Osaka a ouvert son exposition universelle. Sous la bannière “Saving Lives”, la Belgique met en avant des technologies innovantes, allant d’un utérus artificiel à des prothèses de pied bioniques. Cette même volonté d’innovation et de progrès est également au cœur de la vision de la gestion de patrimoine chez ING Private Banking et Business Banking.

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“Des centaines de professionnels travaillent main dans la main pour rendre le pavillon belge opérationnel en une semaine. Cela crée une dynamique unique.”
Myriam Cops, directrice du pavillon belge

Le 14 avril, l’exposition universelle quinquennale a ouvert ses portes à Osaka. Les pays y mettent en lumière leurs avancées technologiques, scientifiques et culturelles. “Alors que de plus en plus de collaborations internationales sont menacées, une exposition universelle est l’un des rares endroits où les pays peuvent travailler ensemble sur un pied d’égalité et se présenter au public”, confie Myriam Cops, directrice du pavillon belge.

La collaboration est également au centre du pavillon belge. “Des centaines de professionnels qui ne se connaissent pas œuvrent main dans la main pour rendre le pavillon opérationnel en une semaine. Cela crée une dynamique unique.”

Le thème “Saving Lives” est étroitement lié à l’expertise belge dans le secteur biopharmaceutique. “La Belgique est un acteur mondial des vaccins, avec Zaventem comme pôle d’exportation stratégique”, précise Myriam Cops.

Sophie Bocklandt, directrice générale de la Chambre de Commerce belgo-luxembourgeoise au Japon (BLCCJ), acquiesce. “Nous étions surtout connus pour la bière et le chocolat, mais depuis que la majorité des vaccins contre le

Covid au Japon proviennent de Belgique, nous avons la réputation d’être un pays de vaccins.”

Cette expertise offre des opportunités pour une collaboration accrue. “Les vaccins pour adultes, notamment contre les maladies liées à l’âge, gagnent en importance”, illustre Myriam Cops. “C’est intéressant pour le Japon, qui a une population vieillissante. On attend aussi beaucoup des vaccins curatifs, par exemple contre le cancer.”

“Le Japon reste très japonais, même dans le monde des affaires international. Conclure un accord exige de la patience.”
Sophie Bocklandt, directrice générale de la BLCCJ

Les trois régions belges apportent leur contribution au pavillon. “Pour la Région wallonne, nous présentons des technologies autour du jumeau numérique. La Région flamande se concentre sur les innovations médicales, telles qu’un utérus artificiel ou un cœur artificiel testé dans l’espace. Bruxelles, enfin, met en valeur une prothèse de pied bionique qui s’adapte au patient plutôt que l’inverse.”

Le pavillon belge prête par ailleurs une attention particulière à des thèmes comme les aliments et les boissons, l’architecture, l’égalité des genres et la durabilité.

Un tournant pour le Japon

Pour le pays hôte, cette exposition universelle est d’une valeur inestimable. “Le Japon investit beaucoup dans l’événement”, confirme Sophie Bocklandt. “L’Expo 2025 est une occasion incomparable de se montrer au monde entier, surtout après les Jeux Olympiques d’été de 2020 à Tokyo, qui ont été durement affectés par la pandémie de coronavirus. De gros investissements sont consentis dans le marketing et l’engagement national.”

“Shanghai 2010 a été un gamechanger pour la Chine”, reprend Myriam Cops. “Pour de nombreuses entreprises, la Chine restait un territoire inconnu, mais grâce à l’Expo, elles ont pu explorer le pays en toute sécurité. On a vu Shanghai se transformer: une meilleure infrastructure, de meilleurs services…”

Contrairement à une foire commerciale, en effet, l’Expo ne tourne pas autour de la conclusion d’accords mais du networking, du partage de connaissances et de l’innovation. “Ce sont les technologies et les idées qui sont au centre ici, et non pas les marques et les produits.”

Des relations belgo-japonaises fortes

La Belgique et le Japon entretiennent de longue date des relations économiques et diploma-

tiques solides. “Le Japon est un partenaire commercial important en Asie”, souligne Sophie Bocklandt. “Avec des secteurs bien représentés comme la pharma et l’alimentation.”

Le lien diplomatique n’est pas moins fort. “En 2026, nous célébrerons 160 ans de relations diplomatiques entre la Belgique et le Japon. Il existe d’innombrables échanges entre universités. Et les rapports entre notre famille royale et la famille impériale japonaise sont étroits.”

Le pays recèle donc d’incalculables opportunités pour nos entreprises… même si faire des affaires au Japon demande généralement un peu plus de temps. “Le Japon reste très japonais, même dans le monde des affaires international”, sourit Sophie Bocklandt. “Conclure un accord exige de la patience, car les entreprises nippones veulent connaître tous les détails avant de s’engager avec vous, et elles attendent de la qualité. Une fois qu’une collaboration est établie, en revanche, les entreprises japonaises sont particulièrement loyales et garantissent ellesmêmes une qualité exceptionnelle.”

Myriam Cops, directrice du pavillon belge et Sophie Bocklandt, directrice générale de la BLCCJ ©Albeross Photography

ING: une approche dynamique de la banque d’affaires et du private banking

L’Expo 2025 à Osaka ne tourne pas seulement autour de l’innovation, mais aussi de la collaboration. Tout comme les régions et entreprises belges unissent leurs forces pour établir une présence forte, la collaboration est cruciale dans le monde financier. La frontière entre les patrimoines professionnel et privé s’estompant, les entrepreneurs ont besoin d’une approche intégrée. ING répond à ce besoin en liant étroitement la banque d’affaires et le private banking. Nous avons rencontré Saskia Bauters (Head of ING Business Banking) et Jan Van Sande (Head of ING Private Banking & Wealth Management) pour discuter de la manière dont cette collaboration aide les entrepreneurs à gérer stratégiquement à la fois leur activité et leur patrimoine privé.

Quelque 70% des entreprises belges sont des entreprises familiales. Cela signifie que la frontière entre les finances professionnelles et privées est souvent mince. Comment ING aborde-t-elle cette dimension?

Jan Van Sande, Head of ING Private Banking & Wealth Management Excluant

Le fait que tant d’entreprises soient des entreprises familiales est typique de la Belgique”, remarque Saskia Bauters. “Elles forment l’épine dorsale de notre pays. Étant donné que les intérêts professionnels et privés se chevauchent fréquemment, ces entrepreneurs ont besoin d’une banque qui comprend et soutient les deux domaines.”

“Notre force réside justement dans le fait que nous ne sommes pas une banque privée indépendante”, ajoute Jan Van Sande. “Nous faisons partie d’une banque universelle, ce qui nous permet d’accompagner les entrepreneurs à chaque étape de leur parcours. Nous commençons généralement par le financement de l’entreprise, mais à mesure que celle-ci grandit, la gestion de patrimoine entre en jeu. Ainsi, les entrepreneurs n’ont pas besoin de passer d’un service à l’autre pour leur planification professionnelle et privée.”

“Ce sur-mesure est crucial”, prolonge Saskia Bauters. “Notre culture d’accompagnement des clients sous tous les angles nous offre la possibilité de leur fournir à tout moment les éléments indispensables pour la réflexion et la prise de décision, et des solutions sur mesure.”

Il est clair que la banque d’affaires et le private banking ont chacun leurs propres priorités, mais qu’ils se renforcent mutuellement. Comment opère cette intégration pour les clients?

“Les premiers contacts d’un entrepreneur avec ING se font la plupart du temps via la banque d’affaires”, indique Jan Van Sande. “À ce stade,

il s’agit de financement et de croissance. Mais à mesure que l’entreprise évolue, le besoin de construire un patrimoine en dehors de l’entreprise se fait sentir. C’est là que l’approche intégrée avec le private banking entre en jeu.”

Et cette approche permet de soutenir les entrepreneurs de manière très personnelle et indépendante, avec des solutions qui vont au-delà de la banque classique. ING ne les aide pas seulement avec un plan financier et le financement des investissements: elle les accompagne dans l’optimisation et la structuration fiscale efficace de leur patrimoine. Cela s’applique aussi bien au conseil fiscal à l’intersection entre l’entreprise et le patrimoine personnel, au transfert d’une entreprise familiale, qu’à l’investissement stratégique et fiscalement avantageux au sein de la société. Grâce aux relations très personnelles que la banque entretient avec ses clients, elle offre aux entrepreneurs la possibilité innovante d’investir via les marchés privés dans leur propre écosystème, ce qui constitue une façon unique de personnaliser leur portefeuille et de faire fructifier leur capital au sein de réseaux familiers.

“En tant que partenaires au cœur de la banque, nous travaillons activement ensemble”, reprend Saskia Bauters. “Nous organisons des événements communs et accompagnons les entrepreneurs lors de moments-clés, tels que des acquisitions et des successions d’entreprises. Ainsi, ils peuvent planifier leur avenir financier en parfaite connaissance de cause.”

Loin d’être théorique, cette collaboration est intégrée dans le fonctionnement même d’ING. Les banquiers d’affaires et privés travaillent en duos fixes; les clients bénéficient dès lors de perspectives issues des deux angles de vue.

“Notre force réside dans le fait que nous ne sommes pas une banque privée indépendante. Nous faisons partie d’une banque universelle.”
“Comme les intérêts professionnels et privés se chevauchent fréquemment, les entrepreneurs ont besoin d’une banque qui comprend et soutient ces deux domaines.”

Outre un atout stratégique évident, cette synergie présente des avantages financiers très concrets. Une position patrimoniale au sein de la banque privée peut par exemple conduire à de meilleures conditions sur les crédits professionnels – des avantages qui ne sont pas possibles dans une banque privée indépendante.

Cette perspective plus large est de plus en plus importante pour les entreprises belges. Un certain nombre d’entre elles sont présentes à l’Expo Osaka 2025, dédiée plus particulièrement aux défis sociétaux et à l’avenir de l’entrepreneuriat. Comment voyez-vous le rôle de la banque d’affaires et du private banking dans la préparation des entrepreneurs à ces thèmes?

“On attend de plus en plus des entrepreneurs qu’ils assument la responsabilité de leur impact sur l’environnement et la société”, avance Jan Van Sande. “Cela se traduit par des concepts comme la RSE (responsabilité sociétale des entreprises, NDLR) et des cadres comme l’ESG (environnement, social et gouvernance, NDLR) et exige un haut degré de transparence. Les attentes sociétales changeantes ont un impact considérable sur la pérennité des entreprises, donc sur leur valeur. La vente d’une entreprise entraîne une due diligence financière et axée sur le marché,

Saskia Bauters, Head of ING Business Banking

mais aussi une due diligence ESG. Nous aidons les entrepreneurs à en tenir compte.”

Comment les entrepreneurs gèrent-ils ces changements de contexte et d’attentes?

“La plupart reconnaissent l’importance et la valeur ajoutée de ces évolutions, malgré une hésitation initiale”, répond Saskia Bauters. “Il est essentiel pour nous que nos gestionnaires de relations en discutent avec eux. Pour leur permettre de mener cette discussion, nous avons développé un programme ESG avec la Solvay Business School. Ceci étant dit, même s’ils reconnaissent cette importance, les entrepreneurs ne s’accommodent pas toujours de la complexité des cadres de reporting européens. Ils ont fréquemment besoin de conseils extérieurs. C’est pourquoi nous avons mis en place des collaborations avec des conseillers ESG externes, tels que Pantarein en Flandre et Intraco Consulting en Wallonie, qui peuvent les soutenir dans le reporting, la mise en œuvre stratégique et la communication externe.”

L’Expo met également en avant des thèmes tels que l’innovation et “Empowering Lives”. Comment ING aide-t-elle les entrepreneurs à avoir un impact positif sur la société?

“Nous misons sur l’innovation numérique et la durabilité”, éclaire Saskia Bauters. “Avec des services flexibles, nous les aidons à traverser les incertitudes économiques. La durabilité, pour ING, est une priorité stratégique. En tant que banque, nous sommes jugés sur nos propres initiatives de durabilité, mais aussi sur celles des entreprises de notre portefeuille de crédits.”

“C’est pourquoi, au-delà de ses conseils, ING offre des solutions concrètes, telles que le Sustainable Buildings Guide, qui donne un aperçu des investissements, du temps de retour sur investissement et de la réduction des émissions de CO2”, embraie Jan Van Sande. “Et n’oublions pas l’ING Invoice Manager qui, grâce à ses solutions de facturation complètes, aide gratuitement nos clients à se conformer aux obligations légales en matière de facturation électronique. Par ailleurs, nous sommes prêts à financer jusqu’à 100% des investissements en durabilité afin que les entreprises ne soient pas freinées par des contraintes budgétaires. En associant des conseils stratégiques à une puissance financière incontestable, nous aidons les entreprises à obéir à la réglementation tout en décrochant un avantage concurrentiel sur un marché en rapide évolution.”

Saskia Bauters et Jan Van Sande ©Switn

Une soirée japonaise exclusive

Dans le cadre du partenariat entre ING et “Inspired by Sabato”, les lecteurs de Sabato et les clients d’ING Private Banking & Wealth Management ont eu l’occasion unique de découvrir le 28 avril le plus grand jardin japonais d’Europe dans des conditions exceptionnelles.

Ces clients et lecteurs ont été en effet invités à un événement exclusif dans le Jardin japonais de Hasselt, où culture, gastronomie et networking ont fusionné dans un cadre prestigieux.

La soirée a débuté par une visite privée à travers ce jardin d’une grande sérénité, le long de plans d’eau paisibles et de paysages soigneusement aménagés. Les visiteurs ont pu découvrir les secrets de la cérémonie du thé dans la maison de cérémonie, et se familiariser avec des traditions japonaises séculaires. L’expérience culinaire a été assurée par le

chef Dennis Ekisola du restaurant japonais renommé Dojo 2.0, qui a régalé ses invités de plats raffinés. Cerise sur le gâteau, les gourmets ont eu la possibilité de déguster du saké authentique.

Expérience esthétique et culinaire, cet événement fut aussi une preuve de la valeur ajoutée unique qu’ING Private Banking offre à ses clients. Le partenariat entre ING et “Inspired by Sabato” tourne autour d’expériences exclusives et d’un accès à des événements hors du commun qui dépassent largement les services bancaires.

Dans ce cadre enchanteur, la soirée a permis aux clients et lecteurs de réseauter et de discuter de manière informelle avec leur banquier privé. Ils ont ainsi vécu une soirée d’exception, mêlant culture, luxe et connexions.

Avec nos remerciements au Jardin Japonais de Hasselt pour le maginifique décor.

www.japansetuin.be

Dennis Ekisola, chef du réputé restaurant japonais Dojo 2.0, a régalé les invités avec des plats raffinés ©Switn

Inspiration

Gastronomie, gratte-ciel, excursions et musées: Hong Kong a tout pour plaire aux esprits curieux ◆ L’art de l’upcycling: Kenza Taleb Vandeput transforme les chutes de tissus en vêtements et en installations artistiques 40 — 50

COMMENT L’AIMER EN 5 LEÇONS

UNE MÉTROPOLE DE PLUSIEURS MILLIONS D’HABITANTS, UNE DES PLUS GRANDES PLACES BOURSIÈRES AU MONDE OÙ L’ORIENT RENCONTRE L’OCCIDENT DANS UN MÉLANGE

EXTRAORDINAIRE: BIENVENUE À HONG KONG. TOUJOURS EN MOUVEMENT, À LA POINTE DE L’ARCHITECTURE ET DU DESIGN, RÉFÉRENCE EN MATIÈRE DE GASTRONOMIE ET DE MODE, LA VILLE EST DÉSORMAIS ACCESSIBLE EN VOL DIRECT DEPUIS BRUXELLES.

REPORTAGE:

LAURA KEERSMAEKERS

Je dois l’admettre: Hong Kong n’était pas une destination qui m’attirait particulièrement. Je voyais la ville comme une plaque tournante pour expatriés, un centre économique et un port international. Une ville taillée pour les carriéristes, mais pas pour ceux qui cherchent à s’évader du quotidien.Après cinq jours sur place, mes préjugés se sont envolés: Hong Kong m’a totalement séduite grâce à ses nombreux atouts, comme sa scène gastronomique animée, ses musées remplis de chefs-d’œuvre, ses rues commerçantes interminables, ses temples mystérieux,ses sentiers de randonnée verdoyants et ses belles plages. C’est la ville idéale pour les éternels indécis qui ne veulent pas choisir entre nature et culture, gastronomie étoilée ou street food,gratte-ciel scintillants ou temples traditionnels. Et si vous hésitiez encore, sachez qu’à partir du 4 août, Cathay Pacific relance son vol direct entre Bruxelles et cette île de la mer de Chine méridionale. Présente à Brussels Airport depuis mars 2018,la compagnie asiatique avait suspendu la liaison pendant le covid.Elle revient désormais, auréolée du titre de «meilleure classe économique du monde».Toutefois,une place en classe affaires pour ces 11 heures de vol vaut la dépense: repas concoctés par un chef étoilé de Hong Kong, champagne Taittinger à volonté et sieste à l’horizontale avec couette en duvet et oreiller moelleux. Bye-bye le jetlag! Une fois à destination, l’aventure commence. Suivez le guide.

01.

PRENDRE DE LA HAUTEUR

Hong Kong compte 7,5 millions d’habitants sur à peine 1.104 km². La seule façon de loger tout ce monde? Prendre de la hauteur. Ce qui frappe dès les premières balades,c’est l’absence de rez-dechaussée:Hong Kong est un maillage de passerelles, escaliers, trottoirs couverts et escalators -dont le plus long du monde,un tapis roulant de 800 mètres qui relie Central à Soho, 135 mètres plus haut, en une vingtaine de minutes.Aux heures de pointe du matin,il descend pour transporter les habitants vers le quartier des affaires. Le reste de la journée, il monte.

CI-DESSUS LES QUARTIERS DE CENTRAL ET D’ADMIRALTY SONT UN MUSÉE DE L’ARCHITECTURE À CIEL OUVERT. C’EST LÀ QUE SE TROUVE THE HENDERSON, SIGNÉ ZAHA HADID ARCHITECTS.

À DROITE LE MONSTER BUILDING DE QUARRY BAY EST CÉLÈBRE SUR INSTAGRAM, MAIS C’EST ICI QUE L’ON VOIT LE REVERS DE LA MÉDAILLE: LES APPARTEMENTS MINUSCULES.

Surnommée à juste titre «NewYork de l’Asie»,Hong Kong se distingue par une densité de tours et gratte-ciel unique dans la région.Les quartiers de Central etAdmiralty sont de véritables musées d’architecture à ciel ouvert. La dernière star en date est The Henderson,une tour de 36 étages imaginée par Zaha Hadid Architects, érigée sur le terrain le plus cher du monde au mètre carré. Elle abrite notamment la maison de ventes Christie’s. On traverse un jardin tropical dans le hall et les espaces publics sont ponctués d’œuvres d’art.Et si Google Maps vous guide en vous faisant passer par le lobby d’une entreprise,un centre commercial ou une station de métro,ne soyez pas surpris:à Hong Kong,c’est tout à fait normal.

Parmi les autres tours emblématiques, on retrouve l’immeuble du Club Building de Harry Seidler, l’impressionnant siège de HSBC signé Foster + Partners, les tours brutalistes de Lippo Centre de Paul Rudolph et l’ancienne Bank of China à l’allure art déco qui détonne dans ce décor futuriste étincelant. Une chose est sûre: à force d’arpenter le centre-ville le nez en l’air, on risque de rentrer avec un torticolis.

Ce qui distingue Hong Kong d’un point de vue architectural, ce sont aussi ses villages verticaux, à l’image du SheungWan Market. De l’extérieur, cela ressemble à un simple immeuble, mais, une fois à l’intérieur, on découvre un immense marché et un centre de quartier. Chaque étage a sa fonction: au rez-dechaussée, le marché aux poissons; au premier étage, les fruits et légumes; plus haut, les bouchers. On y trouve tous les produits pour cuisiner chez soi ou pour faire cuisiner le personnel des restaurants situés au sommet de l’édifice. Dans la cantine communautaire,les habitants viennent partager un repas avec des produits frais du jour.Imaginez un espace de co-working culinaire: certains chefs cuisinent le matin,d’autres à midi ou le soir.Seule règle: il faut apporter ses produits.

La flemme de cuisiner? Laissez-vous tenter par un des desserts les plus populaires:le pain perdu frit au beurre de cacahuète et lait concentré.Riche,mais délicieux.Heureusement,la plupart de ces villages verticaux sont équipés d’une salle de sport,d’une piscine ou d’un centre de fitness pour éliminer tout ça.

À quelques pas des gratte-ciel étincelants de Central, Hong Kong dévoile une autre facette: le Monster Building à Quarry Bay. Célèbre sur Instagram et au cinéma, c’est avant tout un lieu de vie pour des milliers de personnes. Ce quartier montre l’envers du décor:une ville surpeuplée où plusieurs générations cohabitent dans des appartements minuscules.Ce qui frappe aussi lors d’une balade,ce sont les terrains de basket,souvent dissimulés entre les immeubles ou sur les toits.Ces terrains,parcs et aires de jeux révèlent un aspect essentiel: malgré le manque d’espace, la ville fait place à la détente, la rencontre et le sport.

Hong Kong est la ville idéale pour ceux qui ne veulent pas

CI-DESSOUS POUR GRAVIR LA COLLINE VERDOYANTE ET ATTEINDRE LE MAJESTUEUX GRAND BOUDDHA, IL FAUT SE PRÉPARER À RELEVER UN SACRÉ

DÉFI: IL FAUDRA MONTER PAS MOINS DE 268 MARCHES.

Au milieu de ces blocs de béton,on peut même tomber sur un havre de paix: le temple Man Mo, un des plus anciens de la ville.Les Hongkongais comparent leurs temples à des supermarchés: tout le monde y est le bienvenu, peu importe la religion. Certains s’y rendent tous les jours;d’autres une fois par semaine pour une visite plus longue. Ces oasis de tranquillité sont disséminées dans toute la ville et sont souvent repérables à l’odeur intense d’encens qui les entourent.

02.

MÈRE NATURE

«Nature is only 20 minutes away» est la devise des habitants de Hong Kong. En réalité, seulement six minutes en funiculaire avec le Peak Tram suffisent pour atteindre un des sommets de la ville. Le tramway à câble, le plus ancien du monde encore en service, est une attraction très prisée, attirant chaque année plus de six millions de visiteurs venus admirer la vue panoramique. The Peak est aussi le point de départ d’un réseau étonnamment vert de sentiers de randonnée,comme le populaire MorningTrail ou la promenade du réservoir Pok Fu Lam.Le contraste est saisissant:en bas,la ville est en effervescence;en haut,le silence règne. Avec plus de 300 kilomètres de sentiers balisés,Hong Kong est un paradis pour les amateurs de randonnées. Parmi les incontournables pour les aventuriers: le Lion Rock Hike et la MacLehoseTrail, un parcours ardu de 100 kilomètres à travers les montagnes.Attention, ces randonnées se font à vos risques et périls: il est recommandé d’avoir un guide, une torche et des réserves d’eau.

Un autre arrêt incontournable pour les amoureux de la nature est la visite du Tian Tan Buddha ou Grand Bouddha. Cette statue en bronze de 34 mètres de haut trône sur une colline verdoyante de l’île de Lantau. Pour l’atteindre, il faut gravir 268 marches. La récompense? Une vue magnifique sur les montagnes, les forêts et la mer de Chine.Vous y croiserez des moines en robe orange,mais également des vaches:plus de 3.000 de ces sympathiques ruminants vivent en liberté sur l’île.

Un conseil:combinez votre visite du Grand Bouddha avec une excursion dans le village de pêcheurs traditionnel de Tai O.Avec ses maisons sur pilotis,ses ruelles étroites et ses plages à perte de vue, vous aurez l’impression de remonter le temps. Si

10.05.25

CI-CONTRE LE TEMPLE MAN MO SE TROUVE PARMI LES TOURS RÉSIDENTIELLES. SEULE L’ODEUR DE L’ENCENS INDIQUE SA PRÉSENCE.

vous comptez vous baigner,attention:des requins ont été signalés.

03.

TOUT UN ART

Ces dernières années, la ville a inauguré des promenades de part et d’autre du port, ouvert le plus petit Disneyland du monde et accueilli des musées de renommée internationale comme le M+ et le Hong Kong Palace Museum.Tous deux se trouvent dans le nouveau quartier culturel du West Kowloon Art Park, au bord de l’eau. Un mot: superbe. Le parc, peuplé de palmiers et d’installations artistiques, offre une vue spectaculaire sur la skyline. Et la visite du musée M+ ne fait que commencer. Ce bâtiment ultramoderne a été conçu par les Suisses Herzog & de Meuron, également à l’origine de laTate Modern à Londres.À l’intérieur:plafonds hauts, béton minimaliste, grandes baies vitrées

CI-DESSOUS AU CŒUR DU COMPLEXE COLONIAL DE TAI KWUN, OÙ SE

NICHENT QUELQUES CHARMANTES GALERIES D’ART, LE RESTAURANT

MADAME FÙ INVITE À SAVOURER DES CLASSIQUES DE LA CUISINE

CANTONAISE DANS UN CADRE AUSSI

ÉLÉGANT QUE LES PLATS SONT

DÉLICIEUX. NOTRE RECOMMANDATION: L’INCONTOURNABLE CANARD LAQUÉ.

UN PAYS, DEUX SYSTÈMES

SELON LE PRINCIPE «UN PAYS, DEUX SYSTÈMES», HONG KONG EST UNE RÉGION ADMINISTRATIVE SPÉCIALE DE CHINE, SUITE À L’ACCORD SINO-BRITANNIQUE DE 1997. CELA LUI A PERMIS DE BÉNÉFICIER D’UNE LARGE AUTONOMIE, CONSERVER SON ÉCONOMIE DE MARCHÉ, SON SYSTÈME JUDICIAIRE INDÉPENDANT AINSI QUE SES LIBERTÉS DE COMMERCE ET D’EXPRESSION.

DEPUIS L’ARRIVÉE AU POUVOIR DE XI JINPING EN 2012, CETTE AUTONOMIE A ÉTÉ PROGRESSIVEMENT RÉDUITE. OFFICIELLEMENT «DÉMOCRATIQUE», HONG

KONG SUIT DE PLUS EN PLUS LA LIGNE IMPÉRIALISTE DE PÉKIN. LES JEUNES MANIFESTENT RÉGULIÈREMENT CONTRE CETTE INFLUENCE CROISSANTE. EN 2024, UNE NOUVELLE LOI SUR LA SÉCURITÉ NATIONALE A ÉTÉ ADOPTÉE, IMPOSANT DES PEINES LOURDES, VOIRE LA PERPÉTUITÉ, POUR TOUTE INFRACTION CONTRE LA SÉCURITÉ NATIONALE. CETTE LÉGISLATION SEMBLE SIGNER LA FIN DE L’AUTONOMIE DE HONG KONG, À L’APPROCHE DE 2047, DATE PRÉVUE POUR LA FIN DE SON STATUT SPÉCIAL.

Plus de 70 restaurants étoilés au Michelin font de Hong Kong un haut lieu de la gastronomie.

qui transforment la ville en œuvre d’art.Chaque salle émerveille par son mélange d’architecture, de perspectives et d’œuvres d’art contemporain.

À ne pas manquer:Yayoi Kusama,AiWeiwei, et l’installation percutante «Old People’s Home» de SunYuan et PengYu, où des statues de vieillards –dictateurs,évêques,généraux– se heurtent lentement en fauteuils roulants,comme une parodie du pouvoir. Oui, même en Chine, la critique est permise. On y voit aussi «The Mao Suit»,avec la tête de Mao sur un tailleur Chanel, ou «Great Criticism Chanel»,une dénonciation de la frénésie consumériste. La visite se termine par une tapisserie chinoise traditionnelle détournée en scènes explicites homme-animal.

04.

MANGE, PRIE, AIME À Hong Kong,manger est un véritable art de vivre. Avec plus de 70 restaurants étoilés par le guide Michelin sur un territoire de la taille du Luxembourg, la ville est un paradis pour les gourmets. Les dimsum sont une institution,à déguster chez One Dim Sum,étoilé Michelin.Petit conseil:à Hong Kong, on déguste les dimsum surtout au brunch,accompagnés de thé.Venez tôt, car dès 11 heures, la file commence déjà à s’allonger. Et, à l’instar de leurs anciens maîtres britanniques,les Hongkongais font la queue avec une discipline qui force le respect.

Les becs sucrés se retrouvent chez Mammy Pancake, où ils pourront goûter la fameuse «egg waffle» croquante et aérienne,née de l’idée de recycler les œufs dont la coquille est abîmée.Le snack parfait pour accompagner vos balades.

Ceux qui aiment dîner dans les hauteurs doivent réserver une table chez Hutong: avec son ambiance de club d’Ibiza et sa cuisine chinoise.

Ou Duddell’s:un restaurant étoilé servant des plats raffinés comme le crabe frais,le poulet frit croustillant, le riz sauté aux coquilles Saint-Jacques et, au

dessert, des mignardises (en français sur le menu, c’est tellement plus chic).

Notre coup de cœur: Madame Fù, dans le complexe colonial deTai Kwun,qui abrite également des galeries d’art.On y savoure des classiques cantonais dans un décor aussi Instagrammable que les plats:canard laqué inoubliable,gambas enflammées au piment et wagyu fondant.Avec le cocktail maison au gin et yuzu coréen,la soirée est parfaite. Côté cocktails,Hong Kong accueille aussi une multitude de rooftop-bars et speakeasies secrets. Nos adresses favorites: Kinsman pour son décor rétro, Foxglove pour son bar secret avec musique live et Popinjays pour sa vue incroyable sur la ville.

05.

ARRÊT SHOPPING

Hong Kong mérite amplement sa réputation de paradis du shopping.Entre grandes enseignes de luxe et boutiques d’artisanat, il y en a pour tous les goûts. Les fans de sneakers doivent passer chez Sneakers Street, où les dernières éditions exclusives de Nike,Adidas et Salomon sont disponibles. Bon à savoir: les grandes tailles sont souvent disponibles.

Les accros à la mode se retrouveront dans les centres de luxe comme Landmark, Harbour City, le grand magasin Lane Crawford ou K11 Art Mall, un mélange futuriste de galerie d’art, de centre de design et de temple du shopping au bord de l’eau. On y trouve une forte présence de créateurs belges: Delvaux, Dries Van Noten, Maison Margiela, Ann Demeulemeester. La mode belge a conquis les rues de Hong Kong, preuve supplémentaire que le bon goût traverse les frontières. ◆

À PARTIR DU 4 AOÛT PROCHAIN, CATHAY PACIFIC PROPOSERA QUATRE VOLS DIRECTS PAR SEMAINE VERS HONG KONG. WWW.CATHAYPACIFIC.COM

KENZA TALEB VANDEPUT PUISE BEAUTÉ ET SENS DANS DES TISSUS DONT PERSONNE NE VEUT QU’ELLE TRANSFORME EN VÊTEMENTS. POUR LA PREMIÈRE FOIS, ELLE A CONÇU UNE INSTALLATION DE PLUSIEURS MÈTRES DE HAUT, PRÉSENTÉE SUR LE SITE D’EXPOSITION HORST ARTS AND MUSIC FESTIVAL À VILVORDE, OÙ ELLE A ÉTÉ NOMMÉE ARTISTE EN RÉSIDENCE. REPORTAGE: ELS MAES PHOTO: JULIEN JANSSENS

«SOIS PAS TROP FLAG!» KENZA TALEB VANDEPUT

CI-CONTRE À L’OCCASION DE SA RÉSIDENCE AU HORST ARTS & MUSIC FESTIVAL, L’ARTISTE ABANDONNE LA MODE POUR FAIRE DES ŒUVRES D’ART MONUMENTALES.

«Moi aussi je suis une veste upcyclée: je suis composée de différents éléments qui forment un ensemble complexe et intéressant.»

Porter le nom de Kenza Taleb Vandeput, c’est incarner plusieurs mondes à la fois.L’artiste bruxelloise est le fruit de cultures et influences multiples, à l’image des robes et des vestes aux portants de son atelier. Ses créations sont réalisées avec des morceaux de tissu ayant déjà vécu,assemblés pour leur redonner un souffle nouveau. C’est une quête de toute une vie, confie-t-elle, en évoquant la manière dont des facettes contradictoires en soi s’apaisent et comment des morceaux et des bribes forment un tout complexe et intéressant. «Je suis moi-même une veste upcyclée», rit-elle.

Son prénom,Kenza,signifie «trésor» en arabe; Taleb est le nom de famille de sa mère algérienne et Vandeput, de son père belge francophone. C’est en explorant, enfant, la penderie remplie de robes d’un autre pays, aux imprimés et broderies uniques de sa mère que Kenza développe sa passion pour la mode. Plus tard, elle écume les magasins de seconde main, révélant rapidement un certain flair pour dénicher des fringues vintage. En sélectionnant et personnalisant les bonnes pièces, elle lance des pop-ups à succès ainsi qu’une petite boutique en ligne.

UN SIXIÈME SENS

«C’est en partant à la chasse aux vieux vêtements que j’ai découvert des entrepôts remplis de textiles à jeter empilés du sol au plafond: cela a changé ma vision de toute l’industrie»,explique Kenza.«Cela m’a poussé à créer des pièces à partir de matières existantes. Farfouiller dans ces entrepôts est un travail intense, mais j’ai fini par développer un sixième sens pour repérer les bons éléments au milieu d’une pile. La création commence dès cette phase de recherche,un tissu peut

tout de suite m’inspirer. Certaines pièces restent intactes, d’autres sont découpées ou décorées de motifs, de perles, de broderies.»

Dans son atelier, elle accumule un stock impressionnant de tout ce qui peut servir à l’upcycling:fermetures éclair,poches,boutons,fermoirs, manches… «Je n’ai pas besoin d’acheter du neuf. C’est fou tout ce qui existe déjà! J’achète aussi du deadstock (anciennes collections de vêtements jamais portés), mais je préfère les pièces qui ont une âme. Pour moi, il y a une symbolique dans ce processus:upcycler des vêtements,c’est réunir des histoires, des souvenirs, des cultures.»

«Mon intérêt pour la mode est né tôt,nourri par ma quête d’identité,en tant que fille à moitié algérienne et à moitié belge. Les vêtements sont devenus un moyen d’expression.C’est justement dans la combinaison de choses qui ne vont peutêtre pas ensemble à première vue que je trouve de la beauté et de l’inspiration.»

ÉCHOUER POUR AVANCER

Kenza a longtemps cru qu’un diplôme prestigieux, comme celui de l’Académie de la mode d’Anvers, était indispensable pour percer dans le milieu de la mode. Mais, dès la première année, elle abandonne, découragée. «Avec le temps, j’ai fait la paix avec cet échec,car ce qu’on y apprenait allait à l’encontre de ma vision. Dessiner des patrons et concevoir des vêtements à partir de tissus neufs est une discipline complètement différente de ce que je voulais faire. La durabilité, on n’en parlait même pas.»

Ce qui ressemblait à un échec est devenu sa réussite. «En tant qu’autodidacte, j’ai dû tout découvrir par moi-même. C’est du tâtonnement, mais il y a une grande force dans le fait de chercher, essayer, échouer, recommencer: pour moi, cela fait partie intégrante du processus artistique. Je suis quelqu’un qui aime prendre des risques

et travailler avec des matières anciennes laisse un espace pour l’expression,car tout ne doit pas toujours être lisse et parfait.»

Au départ, sa marque de vêtements Kasbah Kosmic n’était qu’un hobby, qu’elle développait en parallèle de son métier de travailleuse sociale à Molenbeek.Le déclic s’est produit quand elle a été sélectionnée pour intégrer, durant deux ans, l’incubateur de MAD Brussels. «Avant ça, je ne savais même pas ce qu’était un business plan», confie-t-elle en riant. «Comme je n’avais pas les bons diplômes, il m’a fallu du temps pour croire en moi. Grâce à ce coaching, j’ai fait des progrès considérables.On m’a donné la confiance qui me manquait et on m’a aussi obligé à être très réaliste sur mes ambitions.C’est à ce moment-là que j’ai osé quitter mon emploi et que j’ai enfin pu dire que j’étais une créatrice de mode. Et puis, j’en avais aussi un peu marre de vivre au milieu de vêtements de seconde main. Chez MAD, j’ai eu accès à un atelier temporaire et à l’opportunité de professionnaliser ma démarche.»

DU RING DE BOXE À LA CASERNE

La collection Kasbah Kosmic est composée exclusivement de pièces uniques réalisées à la main. En parallèle, Kenza élargit son champ d’action avec des projets dans des musées, comme ses créations inspirées de la boxe, une autre de ses passions,présentées à l’exposition «Local Heroes» au MIMA.

Cela fait maintenant quelques mois que la créatrice a installé son nouvel atelier et sa collection dans une ancienne caserne du siteAsiat Park àVilvorde. Le festival de musique et d’art Horst lui a offert pendant six mois le titre d’artiste en résidence. C’est la première fois qu’un créateur issu de la mode reçoit cet honneur.

Depuis que Matthieu Blazy a conçu une scène pour ce festival avec BottegaVeneta,les ini-

«C’est important de savoir comment se rendre visible en tant qu’artiste, femme ou minorité.»

tiés savent que Horst est le festival le plus fashion du pays et Kenza y voit une multitude de possibilités. «Je suis une travailleuse sociale devenue designer et je sais comment je peux encore évoluer. Ce fut très inspirant de réfléchir avec toute l’équipe à des manières de faire passer autrement mes messages et ma vision et de me détacher un moment des conventions liées aux vêtements.»

DRAPEAU AU VENT

Il s’agit toujours d’art textile, mais sous d’autres formes et à une tout autre échelle. «J’ai tout de suite su que je voulais travailler avec des drapeaux, car c’est l’exemple ultime d’un morceau de tissu qui souligne notre identité et porte une charge symbolique. En plus, nous sommes dans une ancienne caserne, donc l’idée d’y planter un nouveau type de drapeau alternatif me parlait beaucoup.»

L’œuvre a été dévoilée en avant-première la semaine dernière, à l’occasion du festival de musique Horst.À partir du 15 mai,les visiteurs pourront la découvrir en plein air durant tout l’été. Impossible de la rater: Kenza a choisi une haute antenne comme hampe de drapeau. «Ce fut un exercice très technique. Je suis habituée à travailler de manière intuitive et là, il a fallu prendre en compte de nombreux aspects techniques.»

De loin, les drapeaux flottent dans le vent

comme un voile. En s’approchant, on découvre des détails, des dessins, des inscriptions.À chacun d’y projeter ce qu’il ou elle souhaite. «Lors de mes pop-ups, j’étais toujours agréablement surprise de voir la diversité du public que j’attirais. Certains étaient sensibles au métissage culturel et aux influences maghrébines, d’autres étaient séduits par l’aspect durable. Mes vêtements ont des éléments de streetwear et de la culture rave et, pourtant, des femmes élégantes d’un certain âge viennent acheter mes pièces uniques. Je pense à mes vestes en jacquard richement décorées qu’elles affectionnent, car de nombreux tissus anciens ont une qualité qu’on ne trouve presque plus aujourd’hui.»

SE RENDRE VISIBLE

CI-DESSUS L’EXPRESSION «SOIS

PAS TROP FLAG», QUI SIGNIFIE

«DRAPEAU» EN ANGLAIS, RENVOIE

ÉGALEMENT À L’EXPRESSION «SOIS

PAS TROP FLAGRANT», UNE DEVISE EN CONTRADICTION AVEC TOUT CE QUE

L’ARTISTE REPRÉSENTE.

Les installations qui permettent à Kenza Taleb Vandeput de transmettre ses idées présentent une multitude de significations. Le nom de l’installation en est un parfait exemple: «Sois pas trop Flag» est un jeu de mots entre l’anglais «flag» (drapeau) et l’expression française «être flagrant».Un adage à l’opposé de tout ce que l’artiste bruxelloise représente:elle est expressive et flamboyante.«Peut-être est-ce pour ça que j’ai choisi l’antenne, à côté des tours de refroidissement,le point le plus haut du site. C’est important de savoir comment se rendre visible, en tant qu’artiste, femme, minorité, ou quoi que ce soit d’autre. Osez montrer qui vous êtes.» ◆

EXPO «THERE WILL COME SOFT RAINS», DU 15 MAI AU 7 SEPTEMBRE À L’ASIAT PARK DE VILVORDE,

WWW.HORSTARTSANDMUSIC.COM

WWW.KASBAHKOSMIC.COM

Bon appétit

Kitchen Roulette: Kenny Brussens, chef du restaurant Invincible, propose sa première recette d’asperges et culatello di Canossa

◆ Carte sur table: un chef originaire du pays de Galles au piano d’un restaurant de cuisine thaïe à Londres ◆ Chef d’œuvre: betteraves et tomates à la Ria Bosman 52 — 56

KITCHEN ROULETTE KENNY BURSSENS ASPERGES ET CULATELLO DI CANOSSA

REPORTAGE: JAN SCHEIDTWEILER

RECETTE: KENNY BURSSENS

PHOTOGRAPHIE ET STYLISME: EVA BEEUSAERT

Dans notre rubrique Kitchen Roulette, un chef dévoile quatre recettes avant de passer le relais au chef suivant, ce qui donne lieu à un menu surprenant et varié. Cette semaine, c’est au tour de Kenny Burssens, chef du restaurant Invincible à Anvers, fan de beaux produits qu’il met en valeur avec simplicité. Cette préparation d’asperges illustre à merveille son style.

«C’est la saison des asperges et ce serait dommage de ne pas en profiter, car on trouve très facilement des asperges bien épaisses. Comme c’est souvent le cas avec les produits d’exception,les asperges ne doivent pas être trop transformées.Pour les mettre en valeur,j’ai choisi de les associer à un très beau produit, le culatello di Canossa.»

INGRÉDIENTS (pour 4 personnes)

◆ 12 asperges calibre AAA ou 16 asperges calibre AA

◆ 100 g de beurre

◆ 12 tranches de culatello di Canossa (ou un autre jambon cru de qualité)

◆ Sel, poivre et noix de muscade

PRÉPARATION

Les asperges

◆ Épluchez les asperges et retirez les extrémités fibreuses.

◆ Dans une grande marmite, plongez les asperges dans l’eau bouillante jusqu’à ce qu’elles soient al dente –5 à 6 minutes selon épaisseur. Attention:la cuisson se poursuivra dans l’émulsion de beurre.

◆ Réservez quelques cuillères à soupe d’eau de cuisson et laissez refroidir les asperges à température ambiante.

Un chef joue à la kitchen roulette et c’est vous qui raflez la mise.

CI-CONTRE KENNY BURSSENS, CHEF DU RESTAURANT INVINCIBLE À ANVERS, SÉLECTIONNE SES PRODUITS AVEC SOIN: POUR CE PLAT, IL A CHOISI DU CULATELLO DI CANOSSA.

«Comme les autres produits d’exception, les asperges ne doivent pas être trop transformées.»

L’émulsion de beurre

◆ Faites fondre le beurre dans une poêle assez grande pour y faire réchauffer les asperges.

◆ Ajoutez 5 cuillères à soupe d’eau de cuisson des asperges.

◆ Râpez de la noix de muscade (une vingtaine d’allers-retours sur la râpe) et ajoutez une pincée de sel et de poivre.

◆ Laissez réduire de moitié jusqu’à ce que la sauce ait la consistance d’une émulsion.

Réchauffer les asperges

◆ Réchauffez les asperges dans l’émulsion une à deux minutes -pas plus, car elles doivent conserver leur croquant. La sauce au beurre nappera les asperges.

FINITION

◆ Dans chaque assiette,déposez trois ou quatre asperges tièdes.

◆ Disposez les tanches fines de culatello sur les asperges en laissant les pointes visibles pour flatter le plaisir des yeux avant celui des papilles.

CONSEILVIN

◆ Quarzit, Peter Jakob Kühn, Rheingau, Allemagne, 2022.

Depuis plus de 230 ans, la famille Kühn produit du vin le long du Rhin près de Mayence, dans le Rheingau,où,sur des parcelles aux sols riches en quartzite, on cultive du riesling. Ce vin est sec et concentré,avec des notes d’agrumes qui évoluent vers une saveur plus saline et un nez légèrement marqué par le pétrole.

Une bouteille qui illustre le joli duo que font le riesling et les asperges. ◆

20,99 EUROS SUR WWW.RIESLING-PINOT.COM

CARTE SUR TABLE ANGLOTHAI

REPORTAGE: JAN SCHEIDTWEILER

Jan Scheidtweiler s’attable au restaurant étoilé AngloThai à Londres pour une expérience de «fine dining» intéressante.

Un restaurant de cuisine exotique avec une étoile Michelin? Pour cela, il faut aller à Londres. En effet, la dernière édition britannique du célèbre guide,parue en février,a attribué une étoile à trois restaurants exotiques: un grec, un coréen et un thaïlandais, l’AngloThai, ouvert depuis trois mois à peine. Il ne nous en fallait pas plus pour vouloir comprendre ce qui l’a tant séduit.

Le chemin pour arriver à notre table en bois tropical en dit déjà long sur l’amour que porte le guide français à la cuisine thaïe.AngloThai a pris ses quartiers dans un bel espace à Marylebone,un quartier londonien huppé. La décoration d’intérieur est à des années-lumière du restaurant Thaï standard: la designer thaïlando-américaine May Redding a recréé une ambiance thaïlandaise grâce à des panneaux en bois peints en blanc, des céramiques sur les murs et des meubles en bois d’acacia venus de la ville de Chiang Mai.

Si l’intérieur joue sur les classiques, la cuisine est, elle, très originale: John Chantarasak, a l’ambition de fusionner les techniques thaïlandaises avec les produits britanniques. Né d’un père originaire de Bangkok et d’une mère britannique des Cornouailles, le chef a grandi au pays de Galles. Son concept, affiné depuis 2018, a été développé au fil de différentes tables pop-ups à Londres. Les options sont limitées.Nous avons le choix

entre un menu déjeuner (76 euros) le midi et un menu dîner (146 euros) le soir. L’un comme l’autre sont disponibles en version végétarienne, pesco-végétarienne ou végétalienne.

Dès l’entrée,une huître servie dans une sauce aigre-douce à l’argousier et au piment fermenté,le chef démontre sa maîtrise des épices:la préparation est parfaitement dosée, juste assez relevée pour ne pas masquer la saveur de l’huître.

Le plat suivant, des joues de bœuf accompagnées d’une sauce épicée et d’une brioche, est un peu décevant, car la viande n’a pas été braisée suffisamment longtemps à notre goût. Il est suivi d’une belle réussite végétarienne: un topinambour cuit à basse température, garni de graines de tournesol et accompagné d’une sauce au ramson (ail des ours). Ce n’est pas très thaï, mais c’est un pur délice. Ensuite, un filet de porc est servi avec une délicate salade thaïlandaise et, étonnamment, pas de riz, mais un petit bol d’avoine complet.

S’attabler au restaurantAngloThai est une expérience intéressante, mais les vrais amateurs de cuisine thaïlandaise risquent de rester un peu sur leur faim.

CETTE ENSEIGNE A FAIT L’OBJET D’UNE VISITE ANONYME, FINANCÉE PAR SABATO.

Si la décoration joue sur les classiques, la cuisine est, elle, très originale.

ADRESSE ANGLOTHAI

22-24 SEYMOUR PLACE

LONDRES, ROYAUME-UNI

44/203.307.88.00

WWW.ANGLOTHAI.CO.UK

FERMÉ LES DIMANCHES ET LUNDIS.

DÉCIBELS

MOYENNE DE 67,9 DB, AVEC DES PICS

AU-DESSUS DE 90 DB.

ADDITION

140 EUROS LE COUVERT (74 EUROS LES PLATS ET 66 EUROS LES BOISSONS).

SOMMELIER

SUPERBE CARTE DE VINS NATURE ET DE VINS DE CLIMATS FRAIS -BRITANNIQUES ET EUROPÉENS. UNE PAGE DE VINS ORANGE. PRIX ÉLEVÉS: L’ACCORD

METS-VINS DU DÉJEUNER REVIENT

QUASI AU MÊME PRIX QUE LE MENU.

DÉCEVANT CORRECT BON EXCELLENT

ON Y RETOURNE?

UNE DÉCOUVERTE INTÉRESSANTE, MAIS LES MENUS IMPOSÉS ET LA QUALITÉ VARIABLE DES ASSIETTES N’INCITENT PAS À Y RETOURNER DE SITÔT.

LE CHEF JOHN CHANTARASAK ALLIE LES TECHNIQUES THAÏLANDAISES AUX PRODUITS BRITANNIQUES.

CHEF-D’ŒUVRE

Matthieu Beudaert, historien de l’art et chef du restaurant Table d’Ami, revisite l’actualité en cuisine. Cette semaine: Voor mijn vader de Ria Bosman.

REPORTAGE:

THIJS DEMEULEMEESTER

PHOTO:

PIET DE KERSGIETER

ENVIE DE REPRODUIRE

CE PLAT? SCANNEZ LE QR CODE POUR OBTENIR LA RECETTE.

«Une intéressante exposition du travail de Ria Bosman se déroule actuellement au centre d’art contemporain Be-Part, dans ma ville natale de Courtrai», dit Matthieu Beudaert. «Ses œuvres textiles s’apparentent à de la peinture: elle joue magistralement avec la texture, la couleur, le rythme, la composition et la matière. Ses pièces ont une sorte d’aura méditative comme les peintures abstraites géométriques de Barnett Newman ou de Luc Peire.»

«Ce travail de 1,50 sur 1,25 mètre s’appelle «Voor mijn vader» («Pour mon père»,NDLR).S’il s’agissait d’un portrait de lui, j’y verrais une personne plutôt stricte et directe, avec un côté chaleureux et aimant. La composition et les couleurs chaudes m’ont donné l’idée de réaliser deux préparations de tartares de légumes,un à la betterave,l’autre à la tomate.J’ai aussi incorporé ces légumes mijotés dans une poudre que j’ai saupoudrée sur des carrés de pâte à brioche.»

«RIA BOSMAN, OP HET RITME VAN DE STILTE», JUSQU’AU 9 JUIN, GALERIE BE-PART, KORTE

KAPUCIJNENSTRAAT, COURTRAI. WWW.BE-PART.BE

UTILITÉ

Sortie en 1977, la console de jeu vidéo américaine Atari 2600 a été une révolution ludique et les jeux comme Centipede, Missile Command, Pong et Super Breakout ont marqué toute une génération. À l’époque, les joueurs éliminaient des extraterrestres pixélisés avec un joystick. Ces bons souvenirs retrouvent une nouvelle jeunesse grâce à une montre, l’Atari 2600 My Play Watch.

INNOVATION

La My Play Watch ressemble à une montre rétro inspirée des ordinateurs et est livrée avec différents bracelets. Son écran tactile de 2,02 pouces serait, selon ses concepteurs, suffisamment grand pour jouer. La couronne rotative fait office de «paddle controller», le bouton dont on avait besoin pour jouer à Pong, un ping-pong numérique.

En plus de quatre jeux, cette montre a des fonctions de suivi de condition physique comme un podomètre, un cardiofréquencemètre et un compteur de calories. Attention: il n’y a ni Bluetooth ni wifi, et donc pas de synchronisation avec un smartphone.

UTILISATION

Atari joue à fond la carte de la nostalgie en nous plongeant dans les années 1970 et 1980 via un design rétro personnalisable. On joue via l’écran tactile et la couronne rotative, un choix discutable pour un jeu comme Super Breakout. Heureusement, la bande-son des jeux compense largement ce bémol.Autre petit plus: en jouant avec cette montre connectée, personne ne viendra interrompre votre partie en vous envoyant un WhatsApp.

PRIX

L’Atari 2600 My Play Watch coûte 79 dollars et est déjà collector. La montre est livrée avec un jeu de deux bracelets (plus un troisième, offert pour toute précommande sur le site).Actuellement, les commandes sont réservées aux États-Unis et au Canada.

Un gadget peut parfois se révéler indispensable pour alléger le quotidien. Cette semaine: l’Atari 2600 My Play Watch. Ou pourquoi on (n’)a (pas) besoin d’une montre connectée pour jouer à Pong.

GO GO GADGET

LA RETRO GAMING WATCH

REPORTAGE: FREEK EVERS

ILLUSTRATION: STUDIO PONG

Le paradoxe du quotidien selon Anton Gudim.

COLLABORATEURS: MARLIES BECKERS, MATTHIEU BEUDAERT, KENNY BURSSENS, THIJS DEMEULEMEESTER, FREEK EVERS, LAURA KEERSMAEKERS, ELS MAES, OLIVIER MÜLLER, JAN SCHEIDTWEILER PHOTOGRAPHIE: EVA BEEUSAERT, PIET DE KERSGIETER, DIEGO FRANSSENS, JULIEN JANSSENS COUVERTURE: GETTY IMAGES ILLUSTRATIONS : ANTON GUDIM, STUDIO PONG JOURNALISTE DIGITAL: ELINE BROECKX CHEF DIGITAL: DRIES CEUPPENS REWRITING: NATACHA BOULVAIN RÉDACTION FINALE: EMILIE VAN DE POEL RÉDACTION PHOTO & COORDINATION: NATHALIE WARNY MISE EN PAGE: DAVID STEENHUYSE ART DIRECTOR: PHILIP VAN BASTELAERE RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE: ELS MAES RÉDACTRICE EN CHEF: AN BOGAERTS CREATIVE DIRECTOR: GERDA ACKAERT ABONNEMENTS: TÉL. 0800/55.150, ABONNEMENT@LECHO.BE

ANNONCEURS: TRUSTMEDIA, AVENUE DU PORT 86C, BTE 309, 1000 BRUXELLES, TÉL. 02/422.05.11 SABATO@TRUSTMEDIA.BE ÉDITEUR RESPONSABLE: PETER QUAGHEBEUR SABATO EST IMPRIMÉ CHEZ ROULARTA PRINTING.

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