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Des Nouvelles, Héloïse ? Edition 05

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KCL FRENCH DEPARTMENT

ISSUE NO. 05

DES NOUVELLES, HÉLOÏSE ?

CULTURE CRITIQUE VOYAGE CRÉATIVITÉ Photographié par Erin Sinulingga


SOMMAIRE 04 L’histoire de la politique linguistique au Québec 06 Le nouvel âge d’or du cinéma français 08 Paris : la capitale de la mode

DES NOUVELLES, HÉLOÏSE ?

10 Christine and the Queens : La marcheuse de la musique 12 La France en Malaisie 13 « On ne veut plus compter nos mortes » : Les collages antifeminicides couvrent les murs de Paris 16 Critique de film : Banlieusards

26

28

16

18 L’incendie de NotreDame de Paris : La renaissance de la tendance catholique du pays laïc ? 20 Le rugby et la femme 22 Laisse les filles tranquilles : Peut-on combattre le harcèlement de rue avec l’art dans la rue ?

18

32

24 Scolarité en France et égalité des chances : tous égaux face à la précarité étudiante ? 26 5 raisons pour lesquelles voyager en solo s’avère être une bonne chose pour vous 28 La vie parisienne dans les yeux d’une étudiante anglaise

08

10

30 Lyon : La capitale gastronomique qui n'a pas révelé tous ses secrets 32 Les cinq restos français à Londres à ne pas manquer ! 34 La poésie 35 L’authentique recette des Canelés Bordelais

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L'ÉDITO Bienvenue à la cinquième édition de Des Nouvelles, Héloïse ?

Francophones, expatrié.es ou courageux.se étudiant.es francais.es, nous espérons que vous trouverez de quoi satisfaire votre curiosité et nourrir votre amour pour la lecture. Actualité, culture, critique, gastronomie ou écriture d’invention : voilà seulement un échantillon de la vaste palette d’articles captivants mis à votre disposition. Nous espérons que vous apprécierez la lecture autant que nous avons aimé l’écrire !

et passionné.es qu’il faut remercier. Nous tenons à remercier sincèrement le département français pour le temps qu’ils nous ont accordé et l’aide qu’ils nous ont offerte. Enfin et surtout, un grand merci à Siobhán McIlvanney, qui nous a guidé.es et soutenu.es tout au long de ce semestre. Prenez une petite tasse de café, asseyez-vous dans votre fauteuil et perdez-vous dans la lecture de cette nouvelle édition de Des Nouvelles, Héloïse ? Bisous et à bientôt !

L’équipe éditoriale

C’est avant tout nos contributeur.ices talenteux.ses DES NOUVELLES, HÉLOÏSE ?

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CULTURE

L’HISTOIRE DE LA POLITIQUE LINGUISTIQUE AU QUÉBEC Alexander Dawkins On peut dire que le Québec et le Canada ont un rapport

concessions pour préserver la place du Québec en tant

compliqué avec les langues. Bien que la province

que britannique. Les lois françaises étaient maintenues

canadienne demeure majoritairement francophone, sa

par les tribunaux britanniques, le catholicisme était

lutte contre la culture de plus en plus anglophone est

toléré malgré le protestantisme britannique et l'Acte de

devenue évidente au cours des dernières décennies. Plus

Québec de 1774 cherchait à consacrer le statut spécial du

tôt cette année, les autorités ont mis une amende au

Québec afin d'apaiser les habitants francophones ;

transporteur national canadien « Air Canada » pour avoir

précurseur du statut spécial dont jouit la province

« violé les droits linguistiques des francophones » en

aujourd'hui. La division linguistique est devenue

utilisant les affichages et les annonces principalement en

rapidement prédominante à travers le Québec et

anglais. D’ailleurs, l’Office Québécois de la Langue

l’immigration anglophone était encouragée. Des

Française a fait appliquer des règles plus fastidieuses. En

décisions stratégiques concernant les frontières de la

2013, l’Office a averti un restaurant que l’utilisation des

province étaient prises dans l’espoir de rendre la

mots italiens, tels que « pasta, calamari et bottiglia »

population francophone minoritaire. L'indépendance du

devait être accompagnée d’une traduction en français.

Canada est assurée (au moins en partie) en 1867 et les

Sinon il risquerait d’être condamner à une amende, ce

décennies suivantes marquent l'infériorité économique

qui a déclenché un véritable tollé dans la presse. Plus

grandissante du Canada français, entraînant souvent de

récemment, le législatif provincial, l’Assemblée

vives divisions politiques suivant les frontières

Nationale, a exhorté les entreprises à abandonner la

linguistiques. Cette infériorité de longue date alimentait

salutation, caractéristique de Québec « Bonjour, Hi »,

un appétit de changement dans les années d'après-

pour dire simplement à la place « Bonjour ». Mais

guerre. Les politiciens québécois ont alors compris qu'ils

pourquoi la langue est-elle devenue aussi polémique au

devaient s'assimiler au Canada anglophone pour

Québec ?

prospérer, déclenchant ainsi une industrialisation et une urbanisation importantes. De plus l’influence de l’Eglise

L’histoire de la politique linguistique entre les

catholique s’étant effondrée au Québec, le Canada

anglophones et les francophones au Québec remonte au

français n’était plus aussi distinct sur le plan culturel

XVIesiècle. Les premiers colons européens arrivèrent en

laissant ainsi l’identité francophone diminuée.

1534, 74 ans avant la fondation de la Ville de Québec en 1608 qui fit ainsi partie de la Nouvelle-France : le

Par conséquent, la réaction des Canadiens français

territoire de la France en Amérique du Nord. Après plus

n’était qu’une question de temps. L’élection provinciale

de 150 ans de peuplement français, suivi de plusieurs

de 1960 fournit cette occasion, inaugurant la ‘révolution

conflits avec les Britanniques, le Traité de Paris 1763

tranquille’. Cette période a commencé avec la victoire

céda le contrôle du Québec au Royaume-Uni. Alors que

des libéraux en 1960, qui a rapidement commencé à

les troubles grandissaient dans le sud et que les

mettre en œuvre des réformes dans le but de renforcer

Britanniques craignaient que la population

l'identité québécoise. La sécularisation a permis à la

majoritairement francophone cherche un nouveau

province de définir son propre programme d'éducation

régime, les Britanniques commencèrent à faire des

et de santé, tandis que la nationalisation du secteur de

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CULTURE

l'électricité visait explicitement à priver les anglophones

Aujourd'hui, la tension linguistique continue de faire la

fortunés de tout pouvoir et à le donner aux canadiens-

manchette des journaux au Québec. Des lois strictes sur

français. Après le discours controversé de De Gaulle en

les entreprises interdisent toujours aux nouvelles

1967 au cours duquel il a proclamé « Vive le Québec libre

entreprises d'utiliser des noms non français, elles

!» et la fondation du Parti québécois en 1968, la victoire

obligent les entreprises de plus de 50 employés à

nationaliste aux élections provinciales de 1976 accéléra

promouvoir l'utilisation du français en introduisant un

le rythme du changement. L’événement le plus

programme de francisation et interdisent même la

remarquable de la révolution est peut-être l’adoption de

communication entre l'entreprise et ses employés en

la loi 101 en 1977, « La Charte de la Langue Française ».

toute langue sauf en français. Sans surprise, les lois ont

Ce projet de loi déclarait le français comme seule langue

poussé le commerce loin des centres comme Montréal et

officielle, énonçait le droit des francophones du Québec

vers des villes moins contraintes comme Toronto. Alors

de gérer leurs affaires en français et cherchait à

que l'Assemblée législative se débat presque chaque

contraindre les entreprises à utiliser le français tout le

année avec des amendements à la loi 101, les politiciens

temps. De plus, le projet de loi précise que les menus, les

fédéraux, typiquement anglophones, ont du mal à suivre

étiquettes et les manuels des produits devaient

le mouvement nationaliste québécois. En 2017, Justin

également être en français, de même que les logiciels, les

Trudeau a dû s'excuser auprès d'un groupe de défense

panneaux de signalisation et les affiches, qui peuvent

des droits anglophone basé à Montréal après avoir refusé

être rédigés dans plusieurs langues uniquement si le

de répondre aux questions orales en anglais, car « on est

français est nettement prédominant. Même l’office

au Québec », ce qui démontre les problèmes pour les

québécois de la langue française qui a pour objectif

anglophones au Québec. De plus, la récente élection

principal de promouvoir la langue française en luttant

fédérale mettait en lumière l'incapacité des hommes

contre les anglicismes et en « corrigeant et enrichissant

politiques anglophones à bien communiquer en français

le français au Québec » est connu localement par la «

et rallier des électeurs également francophones à leur

police de la langue ». On ne peut pas surestimer l'effet

cause, creusant encore l’écart entre anglophones et

de cette période et du projet de loi sur les tensions

francophones dans la vie publique.

croissantes entre anglophones et francophones. Pour conclure, bien que le conflit linguistique au Canada et au Québec fait rage depuis le XVIe siècle, la tension se manifeste maintenant de manière nouvelle et inattendue. Alors que les francophones se battent pour défendre leur identité, la politique canadienne se trouve de plus en plus divisée en fonction de la langue maternelle. Comme le journaliste canadien Paul Wells l’a écrit, la relation anglophone-francophone est un « équilibre fragile, une impasse, une guerre froide », où « la défense du français au Québec a toujours été une défense contre l’anglais ».

Même l’office québécois de la langue française qui a pour objectif principal de promouvoir la langue française en luttant contre les anglicismes et en « corrigeant et enrichissant le français au Québec » est connu localement par la « police de la langue ».

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CULTURE

LE NOUVEL ÂGE D’OR DU CINÉMA FRANÇAIS KASPER SØRENSEN

Dans Très cher cinéma français, publié en

critiquant les petites dérives d’un système de

septembre, Eric Neuhoff nous annonçait, avec le

financement qui a permis de résister à

style et l’argumentation d’un Paolo Coehlo sous

l’effondrement du cinéma européen. Il fait surtout

cocaïne ayant lu l’intégrale de Spengler en une nuit,

preuve, par ailleurs, d’un manque frappant de

la décadence et la mort de notre cinéma national.

lucidité : sur les deux cent cinquante films qui

Et si je suis habituellement d’accord pour dire que

sortent tous les ans, il parait évident que deux cent

s’ennuyer à deux est souvent mieux que de

cinquante ne seront pas des chefs d’œuvres.

s’ennuyer seul, il me semble que pour une fois il eut

Seulement, il y a chaque année des films français

mieux fallu qu’Éric s’ennuya de façon solitaire et

qui brillent dans tous les grands festivals, et

silencieuse dans son fauteuil cannois, ou qu’il relise

impressionnent les cinéphiles du monde entier :

attentivement la Recherche : le génie étant toujours

Amour, 120 Battements par minutes, Shéhérazade,

un moyen efficace de lutter contre l’égo, et de

Love, Grave… Et durant la pénible lecture des cent

méditer sa propre médiocrité. Car ce qui surprend

quarante-quatre pages des souffrances du vieil

chez Neuhoff, c’est sa capacité à écrire un essai sur

Eric, ponctuées par des clichés aussi naïfs que « où

la nullité supposée du cinéma actuel, sans jamais

sont les gros messieurs à cigare qui misaient ce qui

définir ce qu’il en attend lui-même, et sa critique de

leur restait de fortune à la roulette pour payer

l’industrie, lorsqu’il tape, entre autres, sur Benoit

l’équipe à la fin de la semaine », on est parfois tenté

Jacquot et Olivier Assayas, cela n’a rien de

de se demander s’il ne parle pas moins de la

révolutionnaire : non, Neuhoff n’a pas eu d’intuition

médiocrité du cinéma français, que de la médiocrité

géniale en

de sa propre

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CULTURE

vie de critique ; on semble deviner un Neuhoff las de son métier, en bout de course, n’y trouvant plus la passion de ses débuts. Peut-être ferait-il mieux de laisser ce travail qui l’accable tant, pour retourner à

Il fait surtout preuve, par

ses petits romans d’auto-fiction germano-pratains,

ailleurs, d’un manque

ou à ses scénarios qu’il n’a jamais réussi à financer ?

frappant de lucidité : sur les

Mais je tiens à lui répondre par l’exemple, en parlant

deux cent cinquante films

de celui qu’il traite de « Lelouch classé X » à savoir Abdélatif Kéchiche, car son cas n’est pas des moindres : qui eut parié que la réalisation de son

qui sortent tous les ans, il parait évident que deux

chef d’œuvre, à ce jour tout du moins, surgisse juste

cent cinquante ne seront

après sa palme d’or ? J’en veux pour preuve, si une

pas des chefs d’œuvres.

telle chose existe, la première scène d’amour de Mektoub my love : canto uno, qui me parait être un condensé de son cinéma, mais aussi peut être de la grandeur de cet art en général, puisque c’est lorsqu’un cinéaste réussit à hacher la pensée du spectateur, en l’empêchant de résumer, de parler, de décrire une séquence à travers une évolution narrative, qu’il m’a toujours paru qu’il atteint alors à la singularité, la beauté, de son art. Et il faut voir, revoir, les corps d’Ophélie et Tony faisant l’amour avec tendresse, violence, passion, et douceur, en baignant dans la lumière du début d’été, pour saisir

profondément corporelle et vraie, touchant parfois au sublime de la nudité sans toutefois abîmer le regard. Car, on a beaucoup écrit, médit, sur ce regard de Kéchiche, et il est parfois révoltant de devoir appartenir à cette époque d’ignorants neuhoffiens en tout genre, ne comprenant rien à une vision esthétique singulière et géniale, incapables de se rendre compte que nous vivons bel et bien un nouvel âge d’or.

le privilège que nous avons de vivre l’éclosion d’une œuvre si

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CULTURE

Rhiannon Jenkins

PARIS : LA CAPITALE DE LA MODE TROIS MARQUES PARISIENNES À DÉCOUVRIR

ABSOLUMENT

SÉZANE

Crée en 2013 par Morgane Sézalory, Sézane est la première marque de mode française née en ligne. Tout a commencé en 2005 quand la sœur de Sézalory déménage à Londres, lui laissant trois valises pleines de vêtements. Sézalory armée de son esprit d’entreprise, a ainsi décidé de vendre ces vêtements en ligne. Au même moment, elle venait de terminer ses études et voulait embrasser une carrière créative, mais que faire ? A côté de plusieurs emplois à temps partiel, Sézalory a pris la décision de poursuivre une entreprise de mode sur eBay. Elle passait son temps libre à parcourir des magasins d’occasion pour trouver des vêtements vintages qu’elle pourrait potentiellement modifier. Le succès est tel qu’elle lance en 2008 Les Composantes, une plateforme sur laquelle elle propose des pièces vintages, chinées ici et là, ainsi que ses propres créations. Une sélection d’une centaine de vêtements était mise en vente à la fréquence d’un rendez-vous mensuel.

Avec 50 000 fidèles, Sézalory a décidé de se lancer à corps perdu dans la création de sa propre marque. En 2013, Sézane est née ; une marque élégante et accessible pour les femmes. Il s’agit d’une penderie féminine dans l’air du temps, « un vestiaire de l’instant » comme Sézalory aime le dire. Coup de cœur de la saison : Pull Theodore PAGE 08


BALZAC PARIS

Nommé en référence au célèbre écrivain français, Balzac Paris est une marque qui conjugue la littérature et la mode. Fondée par Chrysoline de Gastines, son mari et son beau-frère en 2011, cette idée de créer la marque est enfaite née sur un coup de tête : ils avaient tous l’envie de remettre le nœud papillon au goût du jour. Quelques années plus tard, une collection de vêtements pour femme est lancée et c’est à ce moment-là que la marque Balzac Paris est véritablement fondée. s’agit de pièces intemporelles traversées par l’air du temps ; un mélange de références littéraires et de poésie urbaine. D’une robe raffinée à une jupe à motifs, chaque vêtement est finement fabriqué avec une qualité irréprochable. De plus, la marque s’engage à recycler les chutes de tissu de leurs collections passées deux fois par an. Balzac a vraiment trouvé sa place dans le créneau de la mode responsable. Coup de cœur de la saison : Baskets Colin

MUSIER PARIS

Née depuis l’imagination de l’influenceuse Adenorah, alias AnneLaure Mais, Musier Paris est plus qu’une marque : c’est le reflet de la nouvelle génération de muses connectées et inspirantes auxquelles nous voulons toutes ressembler. La muse, dans ce cas, est la femme française. Depuis des années, l’influenceuse aux 563 000 abonnés partage ses looks pointus, chics et aux influences vintages. Après avoir collaboré avec plusieurs marques telles que Jonak et Leon & Harper, Adenorah lance sa propre marque en mars 2018, et c’est un succès fulgurant. Une nouvelle collection est dessinée et fabriquée tous les deux mois, utilisant des fibres naturelles provenant des meilleures usines européennes. La collection d’automne se compose de pièces empruntées à l’univers parisien de l’influenceuse : on retrouve par exemple des vestes au style masculin portées avec des jupes élégantes ou encore des chemisiers en dentelle assorties d’un pantalon de tailleur. La collection va rendre folles toutes les fans du style rétro chic ! Coup de cœur de la saison : Jacket Petra PAGE 09


Christine and the Queens : La marcheuse de la musique

AMY BYRNE Depuis ses origines, le monde de la musique pop

Pour elle, cette attitude souligne ces fameux

a été hétéro, sexualisé, et dominé surtout par le

problèmes avec le sexisme et les stéréotypes de

regard masculin. Ceci n’est pas le cas pour

genre qui existent non seulement dans cette

Christine and The Queens, une artiste pop définie

industrie mais également dans la société dans

par sa fluidité de genre, née grâce à l’aide et au

son ensemble. Pendant sa carrière, on lui a

soutien des drag queens de Londres.

conseillé de ne pas annoncer qu’elle produisait elle-même sa propre musique pour ne pas

Héloïse Létissier, de son vrai nom, souhaite un

intimider les hommes, mais elle pense

monde de pop plus complexe, plus sensible, plus

fermement que les femmes doivent oublier l’idée

ouvert. Pour elle, la musique pop est un moyen

qu’elles ont le devoir de toujours plaire aux

créatif de raconter des histoires auxquelles le

autres pour faire avancer la société.

public peut s’identifier. Ses chansons traitent de thèmes qui ne sont pas conventionnels pour le

L’identité de Christine en tant qu’artiste est

genre : Doesn’t Matter (Voleur de Soleil) explore

marquée par son identification en tant que

la dépression et la haine de soi ; Machin-

pansexuelle. Elle s’est déclarée pansexuelle aux

chose est une réflexion sur ses années à l’école,

médias français en 2014, d’où elle fait remarquer

durant lesquelles elle était victime de

la « détonation » provoquée par les

harcèlement et se sentait toujours incomprise.

commentaires reçus. En voyant la visibilité croissante de la fluidité de genre et de la culture

Létissier produit toutes ses chansons elle-même,

queer dans la musique et dans la culture en

ce qui les rend plus authentiques d’après-elle.

générale, elle critique publiquement ce qu’elle

Cependant, cette décision provoque souvent des

considère comme la « vente » de l’esthétique

réactions négatives chez les hommes de

queer. En particulier à propos de la chanson de

l’industrie musicale qui la considèrent trop

Taylor Swift You Need To Calm Down et son clip

autoritaire et perfectionniste.

vidéo, qu’elle critique pour avoir fait l’usage de l’identité queer comme une tendance.

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Christine and the Queens : La marcheuse de la musique CULTURE Un des aspects les plus notables de la musique de Christine est le fait qu’elle alterne le codique entre le français et l’anglais, et que chacun de ses albums possèdent une version française et une version anglaise. La raison de ce « bilinguisme » est que Christine ne voudrait pas paraître « exotique » dans les pays anglophones, tout en évitant que ses fans francophones ne se sentent trahis. De plus, elle pense à l’identification plus facile avec un public si elle chante dans leur langue maternelle. Quand on écoute les deux versions et fait une comparaison entre elles, on peut identifier clairement la façon dont le choix de langage change les nuances d’une chanson, et pas seulement les paroles elles-mêmes

"Létissier produit toutes ses chansons elle-même, ce qui les rend plus authentiques d’après-elle. Cependant, cette décision provoque souvent des réactions négatives chez les hommes de l’industrie musicale qui la considèrent trop autoritaire et perfectionniste." En effet, les paroles françaises sont plus complexes et on sent une plus grande aisance dans l’écriture d’un texte plus poétique créant ainsi une certaine intimité : on fait l’expérience d’une compréhension profonde entre la chanteuse et ses auditeurs. De l’autre côté, les paroles anglaises sont plus simples et plus franches, avec une certaine naïveté voire vulnérabilité, que l’on pourrait même parfois considérer comme fragile. Quand on souhaite parler d’un artiste qui peut être considéré « d’innovateur » dans l’industrie musicale, il y a toujours la tentation d’employer le terme « modèle » ou « exemple ». Christine évite ces termes, considérant qu’ils encouragent l’imitation plutôt que l’inspiration. Pour elle, il suffit d’être quelque chose de nouveau dans un monde qui a été plein de la même chose depuis trop longtemps.

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CULTURE

LA FRANCE EN MALAISIE À TRAVERS LES YEUX D’UNE MALAISIENNE BY ALLY AZIZI

Être malaisienne et étudier le français à

De plus, il y a l’opportunité de passer les

Outre, les écoles promeuvent les films et

l’université peut sembler original mais de

examens DELF/DALF pour confirmer le

les expositions aux étudiants qui s’y

nos jours, de plus en plus de malaisiens

niveau de la langue et inciter les

intéressent. En 2018, j’ai aidé à la mise en

commencent à le parler et j’espère qu’ils

étudiants à poursuivre le français. Dans

place de la cérémonie d’ouverture de

seront plus nombreux à l’avenir.

mon cas, les examens ont servi de

cette fête. C’était la première fois que je

Moi, j’étudie le français depuis 10 ans

motivation pour améliorer et utiliser la

regardais une performance Britannique –

parce que cette langue était une matière

langue plus souvent. Malheureusement,

les bagads. Avant cela, je les connaissais

proposée ans mon école primaire. C’est

je ne pouvais pas le parler avec mes amis

grâce à mes leçons de niveau A, c’était

d’ailleurs comme ça que j’en suis tombée

puisqu’ils ne suivaient eux-mêmes pas de

donc une expérience amusante et

amoureuse. En Malaisie, la culture

cours de français, c’était donc difficile de

enrichissante. Il y avait aussi des

française grandit avec l’aide d’internet et

trouver un partenaire qui aime autant

des centres accessibles qui permettent à

que moi le pratiquer.

l'intérêt envers la France de s'épanouir.

IN THIS ISSUE

Academy Principal's personnes qui ont apprécié la

Welcome Messge performance et développé par la suite une curiosité pour la culture. Je pense

Selon une étude française sur la Malaisie

Par ailleurs, l’organisation Alliance

que ceSchooled type d’évènements retire une in the

en 2016, il y a environ treize mille

Française est un moyen d’encourager

certaine marque d’infamie sur Summer

étudiants qui apprennent la langue dans

l’apprentissage du français. C’est un

l’apprentissage des langues. En effet,

les écoles secondaires publiques (les

centre culturel qui possède trois centres

sans cette fameuse barrière linguistique il

écoles d’état) où elle est proposée par le

dans le pays, deux à Kuala Lumpur et un à

serait plus accessible de profiter d’une

biais d’une option comme c’est le cas pour

Penang. On peut y passer des examens,

autre culture. J’espère à titre personnel

d'autres langues tel que le chinois, le

suivre des leçons et participer à des

School Calendar qu’à l’avenir il y aura plus de malaisiens

tamil, l'allemand et l’arabe.

évènements culturels – c’est alors, c’est

désirant étudier le français à l’université,

très pratique ! Chaque avril, il y a un

surtout à Kings. Si on continue

Grâce à l’augmentation du nombre de

évènement très célèbre qui s’appelle « le

d’encourager le français dans les écoles,

francophones, il y a de plus en plus de

French Festival ». On regarde des films

on pourrait communiquer et renforcer ce

programmes de bourses d’études pour

français dans le cinéma mis à disposition

lien avec les autres francophones. J’ai

ceux qui souhaitent aller à l’université en

pour un mois et on peut également voir

hâte d’apprendre la langue en profondeur

Educating the Future

France. Elles sont en général destinées aux des expositions d’œuvres d’art par des

pour le reste de mon temps à Kings mais

étudiants qui s’intéressent à des domaines artistes français, particulièrement, de

également d’écrire dans «Des Nouvelles

plus scientifiques et techniques.

Héloïse » !

nouveaux artistes.

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CRITIQUE

« On ne veut plus compter nos mortes » LES COLLAGES ANTI-FEMINICIDES COUVRENT LES MURS DE PARIS

SI VOUS ÊTES ALLÉS À PARIS DEPUIS AOÛT DERNIER, VOUS LES AVEZ VU. LES SLOGANS FÉMINISTES AUX DÉTAILS GRAPHIQUES ET CONTENUS FRAPPANT SONT MAINTENANT PARTOUT DANS LA VILLE. ECRITS AVEC UNE ENCRE NOIRE ÉPAISSE ET FAITS À LA MAIN, ILS ILLUSTRENT UNE SITUATION SOMBRE EN TRANSMETTANT DES EXPÉRIENCES DE VIOLENCE CONJUGALE ET DE FÉMINICIDES EN CITANT LE NOM ET L’ÂGE DES FEMMES TUÉES ET LEURS CIRCONSTANCES DE MORT. J’AI FAIT UN ENTRETIEN AVEC CHLOÉ MADESTA, UN MEMBRE DU GROUPE RESPONSABLE POUR LES COLLAGES. ELLE NOUS RACONTE L’HISTOIRE INTERNE DE CE MOUVEMENT.

ELIZABETH FOGG

Les collages, la violence et la politique

Les dirigeantes ? Un groupe de féministes activistes. Le mouvement a commencé en août à Paris avec seulement vingt femmes. Aujourd’hui, nous comptons plus de 500 activistes rien que dans la ville de Paris. De plus, l’organisation existe dans plus de 75 autres villes avec pas moins de 2000 membres. Le but du groupe étant d’informer le monde de la situation des femmes, mais également de « rendre hommage » à celles qui ont été tuées. Elles espèrent que leurs actions pourront susciter suffisamment d’attention pour motiver le gouvernement à agir en fournissant notamment un soutien financier aux programmes et ONG destinés à la protection des femmes. Les slogans proposent une mixité dans les différents hommages rendus aux femmes décédées et la transmission des témoignages de femmes encore vivantes. Les collages se situent dans des quartiers résidentiels, dans le centre-ville et même sur la Pyramide du Louvre. Mais pourquoi la rue ? Chloé m’explique que c’est un endroit où tout le monde est susceptible de les voir et où « personne ne peut détourner le regard » pour les ignorer. Mais plus symboliquement la rue est bien connue pour être un lieu effrayant pour les femmes où elles se sentent souvent en danger. Pour elles, afficher des slogans féministes sur les murs, c’est reprendre confiance en les lieux et réclamer la sécurité dans l’espace public.

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CRITIQUE

Le mouvement est une réponse face à la situation inquiétante des femmes en France et la négligence du système policier. Début Septembre marque la centaine de décès de femmes en France depuis le début de l’année, causés par un compagnon ou excompagnon – l’équivalent d’une femme tuée tous les deux jours. Également en Septembre, le président de la république Emmanuel Macron a visité un centre d’urgence de soutien pour les femmes en danger. L’idée étant de pointer la gravité de la situation actuelle en lui faisant écouter des appels en direct. Dans un des appels en particulier, une femme racontait la manière dont les gendarmes ont refusé de l’accompagner chez elle pour la protéger de son mari

violent afin qu’elle puisse récupérer ses biens et le quitter. Le chef d’état écoutait notamment les dires de ce gendarme clamant qu’il nécessitait une ordonnance judiciaire afin de l’accompagner – ce qui n’est pas du tout le cas. L’histoire a fait la une des journaux : il s’agit d’une preuve indiscutable que le système policier supposé protéger tous et chacun soit susceptible de fermer les yeux volontairement particulièrement dans le cas de violences conjugales. Chloé m’a raconté comment ces situations se déroulent la plupart du temps, parfois au sein même de familles. Elle explique que bien souvent la réponse de l’autorité face à ces appels à l’aide s’applique en la réponse suivante :

la violence conjugale ne serait qu’« une affaire de couple ». Cette excuse serait ainsi une façon recevable de justifier le refus d’intervenir. Elle raconte l’exemple de sa mère qui a elle-même tenté de porter plainte une dizaine de fois et n’a obtenu en réponse qu’un : « régler vos problèmes de couple ». Cette attitude a un vrai prix : un tiers de toutes les victimes de féminicide cette année ont effectivement tenté de porter plainte contre leur tueur. En affichant les histoires de ces femmes dans la rue, ces problèmes ne regardent donc plus les couples uniquement – mais détient désormais un caractère politique. Chloé déclare ainsi qu’elle espère un changement au niveau de ce regard que porte l’autorité sur le phénomène.

"Le mouvement est une réponse face à la situation inquiétante des femmes en France et la négligence du système policier." La réaction du public

Chloé explique que pour la plupart, la réaction du publique est positive et encourageante. Elle explique toutefois que les réactions négatives sont souvent masculines comme le PAGE 14


montre l’exemple d’un homme qui s’est récemment amusé à enlever les collages des murs alors même qu’elles étaient en train de coller. De plus, leurs actions ont été condamnées par la mairie de Paris et certains membres du groupe ont été arrêtés par la police, qui est par ailleurs arrivée à deux fourgons quelques minutes après qu’elles aient commencé les collages. Une situation ironique, m’explique Chloé, quand on est conscient que la police n’arrive parfois même jamais lorsqu’on les appelle pour des cas de violence conjugale. De toute façon, elles ne se cachent pas quand elles agissent, elles savent qu’elles le font au nom de la justice. Elle a tout de même prévenu sa famille et son travail en cas d’arrestation. Elle se déclare « confiante » d’un changement positif au moins quant à la sensibilisation dans un pays où « féminicide » n’existe techniquement pas dans le langage, ni même le mot « empowerment ».

le lancement d’une plateforme de géolocalisation qui notifie la femme et les autorités si son agresseur se rapproche de trop près. Toutefois, ces mesures proposées sont en-dessous du vrai besoin – le gouvernement n’a proposé qu’un million d’euros quand les associations en ont suggéré au moins cinq. En outre, il n’a pas annoncé de temps précis pour la mise en application de ces mesures. Mais en dépit de ses défauts, la Grenelle symbolise déjà une étape sur la voie du progrès dans la protection de la femme en France, sans-doute toujours accompagné des collages antiféminicides.

"Le gouvernement français est en train de prendre des mesures d’action." Et le progrès ?

Le gouvernement français est en train de prendre des mesures d’action. En ce moment, La Grenelle des Violences Conjugales tient une séance comprenant des ministres, des parlementaires, des associations et les proches des victimes. Ils ont annoncé dix mesures d’urgence telles que de nouveaux hébergements et logements temporaires, la possibilité de porter plainte dans un hôpital et même PAGE 15


CRITIQUE

BANLIEUSARDS Sean Anthony Liu

CRITIQUE CINÉMATOGRAPHIQUE

Dans un film récemment sorti sur Netflix, les réalisateurs Kery James et Leila Sy nous présentent la banlieue sous un angle très actuel. Le discours au miroir? Trois protagonistes ? Cela vous rappelle « La Haine » ? Sans doute. Mais il est important qu’on ne le catégorise pas simplement comme un autre film sur la banlieue. Il s’agit en l’occurrence d’une approche nouvelle, où le contexte est celui du monde des smartphones et des ordinateurs portables. Situé dans le département du 94 de la France (Val de Marne), le film raconte l’histoire de trois frères et de leur mère. Le plus jeune Noumouké, est encore lycéen, matérialiste et insouciant comme la plupart des ados ; le cadet Soulaymaan « chouchou » de sa mère se prépare pour son concours final avant de devenir avocat; l’aîné Demba, gère un bar à chicha en même temps que des transactions douteuses. Leur mère s’occupe d’eux, sauf de Demba, qu’elle ne considère même plus comme son fils.

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CRITIQUE

Le vol d’argent de Noumouké, sa bagarre avec un

Un homme qui croît vivement au libre arbitre, est

autre élève, le trafic de drogue de Demba : des faits

également convaincu que c’est son choix de vivre

divers en banlieue ? Certes, mais les conséquences

dans la banlieue. L’histoire de Noumouké soutient

et les répercussions sur les protagonistes sont

également ce point de vue. La transition du

dépeintes de façon méticuleuse. Les réalisateurs ont

personnage, qui est initialement un homme motivé

humanisé des personnages de la banlieue dans une

par l’argent et les biens matériels à celui qui l’est par

dynamique plus que convaincante. Cela est d’autant

la connaissance reflète justement ce libre arbitre.

plus important que la musique rap d’aujourd’hui peut

Soulaymaan n’aurait pas pu le dire plus clairement

toujours diffuser un message trompeur pour

quand il déclare : « Est-ce l’État qui a fourni l’arme à

quelqu’un de l’extérieur.

l’assassin, [qui] lui ordonne ou presse son doigt malgré sur la détente ? »

Le film offre aussi des points de vue sur la question de la banlieue à travers chaque personnage. Par

Le film nous laisse un sentiment indifférent mais

exemple, Soulaymaan, représente un côté

c’est également en cela que consiste sa force. Il ne

négatif : L’État est-il seul responsable de la situation

glorifie guère, et ne calomnie pas la vie dans la

actuelle des banlieues en France ? « La Haine »

banlieue. Dans la vie, il y a toujours des différends

tenait principalement l’état responsable pour le

familiaux, des rancunes et des épreuves. Kery James

destin âpre des personnages, tandis que

et Leila Sy souhaitent montrer que la vie dans la

« Banlieusards » a laissé cette question sans réponse

banlieue est différente mais qu’elle n’en demeure pas

concrète en suggérant peut être même le contraire.

moins une vie, comportant des hauts et des bas.

On découvre cela à travers les pensées de Soulaymaan qui est en train de préparer son cas au débat.

Le film offre aussi des points de vue sur la question de la banlieue à travers chaque personnage.

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CRITIQUE

L’INCENDIE DE NOTRE-DAME DE PARIS : LA RENAISSANCE DE LA TENDANCE CATHOLIQUE DU PAYS LAÏC ? Lundi 15 avril, sur les berges de la Seine comme devant les écrans de télévision, les Français sont sidérés par le spectacle de Notre-Dame de Paris en flammes : l’image d’un pays divisé sous le nuage d’une laïcité supposée. Voici une république laïque qui a pour symbole national une cathédrale. Bien sûr, Notre-Dame est symbole non seulement de Paris, mais de la France elle-même ; c’est le point-zéro à partir duquel toutes les distances sont mesurées en France. Cependant, l’image d’un pays si bouleversé par la perte totale d’un édifice catholique a également soulevé la question importante : quelle est la place de la laïcité en France d’aujourd’hui ?

« LA RÉPUBLIQUE EST LAÏQUE, LA FRANCE EST CHRÉTIENNE » Les racines du principe de laïcité existent dans la loi de 1905 concernant la promulgation de la laïcité elle-même. Cette loi établit ainsi la séparation de l’Église et de l’État, la division de la société civile et de la société religieuse. C’est une des grandes lois de la IIIe République qui a favorisé le développement de la société civile. A la base, elle stipulait que des institutions publiques, telles que les écoles primaires, soient libres de l’influence de l’Église catholique. Selon Aristide Briand : « Cette loi est une liberté. La liberté de croire ou de ne pas croire. La liberté pour celles et ceux qui croient de pratiquer librement leur religion tant qu’elle ne fait pas obstacle à la loi de la République ». Cependant, bien que cette loi suggère la séparation entre les deux entités en principe, il est relativement impossible de distinguer les deux en pratique. Certes, la laïcité française est unique en son genre dans le monde et fait partie intégrante de l’ADN politique contemporain de la France. Dans un sens, elle est polémique au niveau national, où elle fait l’objet de débats controversés puisque les principes de la séparation et de la liberté de laïcité sont liés fondamentalement. Par exemple, la république a une très forte implication financière dans l’Église.

Un symbole national en flamme : la cathédrale de Notre-Dame de Paris pendant l’incendie Tous les biens de l’Église sont devenus des biens de l’État après la loi de 1905 ; c’est-à-dire que la question du financement de Notre-Dame est devenue la responsabilité de l’État. Ce fait s’est rendu épineux étant donné le montant dépensé par l’État pour les monuments français diminuant de 40% entre 2010 et 2017. Ce qui soulève ainsi des questions concernant la culpabilité de l’incendie. En effet, la loi de 1905 a enraciné dans le patrimoine national l’idée que le pouvoir politique précède l’autorité religieuse, plutôt que de les séparer. Néanmoins, la tendance catholique du pays est mise en avant. Comme Jésus Christ, « Notre-Dame est dévastée, mais sauvée », aux mots de TF1, la principale chaine d’informations française. L’identité française est ainsi divisée en deux. D’après Ahmed Boubeker, universitaire et écrivain : « La république est laïque, la France est chrétienne » ; Notre-Dame fait partie de l’histoire et de la culture française au même titre que le christianisme. De plus, le président de la république Emmanuel Macron a parlé de la place de la cathédrale dans la vie française après la tragédie, en envoyant d’abord ses pensées aux catholiques français et ensuite à tous les citoyens de la république. La fusion de la religion et la politique dans la vie quotidienne française est ainsi évoquée par les paroles du président. En fin de compte, bien que la France soit laïque, elle ne peut échapper à l’enracinement du catholicisme.

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« NOUS LA REBÂTIRONS. TOUS ENSEMBLE. » Enfin, considérons le futur de la cathédrale et ce qu’elle signifie pour la France de nos jours. On ne peut pas nier que les décisions à propos de la restauration de NotreDame seront très révélatrices pour l’avenir de la laïcité française actuelle. La cathédrale tient l’espace entre ce qui est laïque et religieux dans la culture populaire du pays, et, en tenant compte de ceci, Emmanuel Macron a promis que Notre-Dame serait reconstruite. Il a dit que : « Nous la rebâtirons. Tous ensemble. C’est une part de notre destin. » Cela dit, l’État se trouve désormais devant un dilemme : la restaurer selon l’inspiration originelle de culte chrétien ou le faire en fonction d’une laïcité forcée d’où on lui reprocherait cette même laïcisation de la cathédrale. Respectera-t-on la foi originelle dont la cathédrale est le symbole ? Ceci devient d’autant plus significatif quand on considère que la laïcité d’aujourd’hui ne signifie pas la même chose qu’auparavant, à la promulgation de la loi de 1905. On pourrait même constater qu’il existe deux laïcités françaises ; l’une inclusive, qui promeut la liberté de choix concernant la religion, et l’autre restrictive, qui voit les autres croyances comme des menaces au catholicisme. Par exemple, le développement de l’Islam en France et en Europe est venu rouvrir un débat qui s’est intensifié, après la loi de 2004 concernant l’interdiction de porter des signes religieux ostentatoires dans l’espace public. La France est alors un pays divisé : chargé d’une religion catholique mais qui interdit la présence de cette même religion dans l’espace publique. Ceci paraissait évident pour les croyants et les non-croyants à genoux dans les rues pour prier et pleurer ce symbole national. Certains s’interrogeant ainsi sur la capacité de la laïcité à s’adapter au phénomène nouveau de la diversité culturelle imprégnant la société française.

Les racines du principe de laïcité existent dans la loi de 1905 concernant la promulgation de la laïcité elle-même. Cette loi établit ainsi la séparation de l’Église et de l’État, la division de la société civile et de la société religieuse. C’est une des grandes lois de la IIIe République qui a favorisé le développement de la société civile. A la base, elle stipulait que des institutions publiques, telles que les écoles primaires, soient libres de l’influence de l’Église catholique. Selon Aristide Briand : « Cette loi est une liberté. La liberté de croire ou de ne pas croire. La liberté pour celles et ceux qui croient de pratiquer librement leur religion tant qu’elle ne fait pas obstacle à la loi de la République ». Cependant, bien que cette loi suggère la séparation entre les deux entités en principe, il est relativement impossible de distinguer les deux en pratique. Certes, la laïcité française est unique en son genre dans le monde et fait partie intégrante de l’ADN politique contemporain de la France. Dans un sens, elle est polémique au niveau national, où elle fait l’objet de débats controversés puisque les principes de la séparation et de la liberté de laïcité sont liés fondamentalement. Par exemple, la république a une très forte implication financière dans l’Église. Tous les biens de l’Église sont devenus des biens de l’État après la loi de 1905 ; c’est-à-dire que la question du financement de Notre-Dame est devenue la responsabilité de l’État. Ce fait s’est rendu épineux étant donné le montant dépensé par l’État pour les monuments français diminuant de 40% entre 2010 et 2017. La cathédrale de Notre-Dame de Paris n’est alors pas seulement un symbole catholique mais est aussi un emblème de l’histoire et de la culture française ; le point zéro entre la vie religieuse et la vie publique. Notre-Dame est le symbole non seulement de Paris, mais de la France elle-même et signifie un pays divisé dans ses croyances. Bien que l’incendie ait causé des dommages extraordinaires au bâtiment de renommée mondiale, son effet et une illustration frappante du trou vide et noir au cœur d’une France laïque. L’impossibilité de créer une nette séparation de l’Église et de l’État en France provoque sans surprise beaucoup d’incompréhension à l’extérieur du pays. Le problème au cœur de la nation française est à l’essence de la relation entre les monuments religieux et la notion de la religion elle-même dans une société où la politique prend la première place. Celle-ci est évident pour la presse française, qui n’a pas manqué de souligner le lien indivisible de la religion et de la nationalité française. Lorsque la laïcité essaye d’éliminer les braises de religion, l’image durable de l’incendie tragique à Notre-Dame ne sera pas l’effondrement de la flèche centrale, mais des milliers de Parisiens à genoux dans les rues, qui prient et chantent des cantiques.

HOPE O'DWYER Des milliers de Parisiens à genoux dans les rues de la capitale, en chantant des cantiques PAGE 19


CRITIQUE

LE

RUGBY

ET

LA

FEMME

Lizzie Musa

La Coupe du Monde de Rugby vient de se terminer et on ne peut pas nier que les Bleus ont bien joué, en obtenant la septième place après leur prestation au Japon. Ces joueurs sont sans doute très doués. Avec le ballon ovale en perspective, je voudrais prendre un moment pour apprécier d’autres personnes qui font preuve d’un talent exceptionnel: les joueuses du rugby féminin. Quand on part du principe que les femmes peuvent jouer au rugby et le faire avec une aptitude étonnante, la prochaine étape est maintenant de démontrer qu’elles peuvent jouer aussi bien que les hommes. L'équipe féminine de France a gagné trois grands chelems au même titre que l'équipe masculine mais malgré cela, les aptitudes sportives des femmes et des hommes ne sont pas égales aux yeux du public et les femmes n’ont donc pas la place qu’elles méritent dans le monde du rugby français. Elles ne sont pas prises au sérieux. Sans aucun doute le rugby n’est pas un sport facile, même pour les hommes qui sont biologiquement plus musclés et forts.

Néanmoins, cela ne veut pas dire que les femmes ne peuvent pas être musclées et fortes également. Tout le monde possède la capacité d’être tenace et robuste sur le terrain sans tenir compte du genre, ceci n’est simplement pas apprécié à sa juste valeur. Les joueurs.euses appartenant aux deux sexes sont tous deux capables de s'entraîner et de s'améliorer pour atteindre leur but. Ils.elles peuvent jeter, attraper et courir. Ils.elles jouent au rugby mais on ne les voit simplement pas du même œil car il est encore difficile d’associer les femmes avec des qualités telles que la force et la vitesse. Ce sont donc les stéréotypes et les préjugés qui empêchent les femmes d’avoir la place qu’elles devraient. Si les stéréotypes existent pour l’image de la femme, ils existent davantage avec celle de la rugbywoman. Souvent, les présupposés suggèrent l’apparence de la femme mince, fragile et délicate. Le ballon ovale serait ainsi un symbole de virilité étant donné le caractère violent et donc « masculin ». Quand on voit une femme qui joue au rugby, ces images sont incompatibles- il est difficile d’accepter les deux en même temps. Par conséquent, deux choix se présentent : penser que la femme est fragilisée dans sa féminité ou penser que le jeu du rugby n’est plus ce qu’il était. En général, la société n’aime pas le changement et lui résiste car il est plus facile de supposer qu’une femme qui joue au rugby est anormale, “peut-être lesbienne”, une question très déplacée souvent posée aux joueuses. PAGE 20


A cause du tabou que l’on associe avec le rugby féminin, il y a donc non seulement un manque d’attention mais, plus important encore, un manque de financement concernant les rugbywomens. Fonder une équipe est onéreux et si les rugbywomens ne sont pas suffisamment considérées, personne ne voudra financer les licences. Avec le temps, les gens s’habitueront à voir les femmes jouer et finiront par donner une meilleure réputation au rugby féminin. Alors, seulement à ce-moment-là, le soutien financier ne sera plus un problème. L’essentiel repose sur l’image. La perception de la masculinité et de la féminité a ainsi un effet direct sur le sport. On s’attend à ce que les femmes soient ‘ féminines’. Mais que définit la féminité ? Est-ce le tour de taille ou le son de la voix? D’habitude quand on pense au mot « femme » la première image qui vient à l’esprit est celle d’une personne mince, délicate, sensible parfois même timide. Pourtant, toutes les femmes ne sont pas comme ça. Oui, certaines sont minces mais d’autres sont pulpeuses voire rondes. Certaines femmes sont effectivement délicates, mais d’autres sont quant à elles assez imposantes. Certaines sont timides certes, mais nous pouvons considérer un bon nombre de femmes qui n’ont vraiment pas peur de « porter la culotte » et de mener une équipe. On associe le rugby avec l’inverse du stéréotype de la féminité: la violence, les muscles, la sueur. D’ailleurs, y a-t-il une corrélation négative entre la taille des muscles et la féminité ? Mais peut-être que le rugby est plus “féminin” qu’on ne le pense. Ce qui est le plus surprenant au sujet du rugby, c’est le contact ; tous.tes les joueurs.euses se touchent tout le temps. Une équipe est ensemble, mentalement et physiquement, la tête entre les cuisses dans une mêlée, les adversaires se plaquent au sol, les membres de l'équipe s’entassent les uns.es sur les autres pour s’aider.

On pourrait dire que le jeu est particulièrement intime - plus intime que beaucoup d’autres sports. En général, il est plus accepté que les femmes aient ce genre de rapport d’intimité les unes avec les autres sans jugement mais quand il s’agit des hommes c’est pointé du doigt et/ou jugé. Le rugby est un sport joué en équipe et cela signifie que les joueurs.euses deviennent proches, dans un sens figuré mais aussi dans un sens propre- on ne peut pas devenir plus intime que de se retrouver les joues à côté des fesses d’un.e camarade. On pourrait ainsi dire que le rugby est un sport plutôt à tendance féminine que masculine du fait de ce contact omniprésent des uns.es avec les autres pendant les matchs. D’ailleurs, pendant les années soixantes il y avait un mouvement pour la libération des femmes. Les femmes intègrent alors la société dans de nouveaux domaines: le monde du travail, les programmes électoraux ainsi que le sport. Les femmes ont gagné plus de liberté à faire des choses « prétendues masculines » et elles ont ainsi commencé à prendre plus de décisions en ce qui concerne leur vie et leur corps, le rugby en étant une partie intégrante. Peut-être que c’était inéluctable que les femmes commencent à jouer au rugby. C'était une étape sur la voie de l'égalité. Le rugby n’est pourtant pas une des choses symboliquement féminines à l’origine. Mais en prêtant attention à certains détails on remarque que sur le terrain toutes les formes sont acceptées - toutes les personnalités le sont aussi. Le rugby ne discrimine pas. Si on est trop petit pour jouer au netball ou basket, trop gros pour faire de la gymnastique, trop passionné pour le ballet ou le lancer de fléchette, les portes des autres sports se ferment tandis que celles du rugby sont grandes ouvertes. Pour le rugby la taille n’importe pas, ni la timidité ou la corpulence. Et plus particulièrement pas le genre.

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CRITIQUE

LAISSE LES FILLES TRANQUILLES: PEUT-ON COMBATTRE LE HARCELEMENT DE RUE AVEC L’ART DANS LA RUE? Ella Fornsworth

‘L’art dans la rue, pour chacun, pour tous’ dit une partie marquante du mur de Berlin. Le compte Instagram de ‘Laisse les filles tranquilles’ reprend cette idée en déclarant : « ‘la rue est à nous’ - mais l’art dans la rue parviendra-t-il à résoudre des problèmes de société pour tous ? » Trois étudiantes de Bruxelles pensent que leur projet, ‘Laisse les filles tranquilles’, consistant à coller des affiches féministes pendant la nuit pourrait changer les choses en ce qui concerne l’étonnante, mais pourtant toujours en hausse, fréquence de harcèlement sexuel dans la capitale belge. Né en 2018, le collectif s’établie après que les trois jeunes femmes, maintenant âgées d’une vingtaine d’année, aient décidé qu’elles en avaient marre. Ayant passées la plupart de leur adolescence à ignorer les petites remarques, les regards menaçants et les blagues qui les mettaient mal à l’aise, elles ont décidé qu’il était temps d’agir. En prenant appui sur leurs études d’art, ces trois filles désirant garder l’anonymat ‘pour que [notre] message soit le cri de toutes les femmes’ ont commencé à laisser des affiches et des autocollants sur les bâtiments et les trottoirs de Bruxelles pendant la nuit quand le reste de la ville était endormi.

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CRITIQUE

Maintenant, elles le font une fois par semaine, aidées de leur photographe et des volontaires recrutés via les réseaux sociaux. Les affiches sont simples mais visibles. Souvent en grande fonte noire et en gras clamant leur slogan tout aussi concis et direct : ‘Laisse les filles tranquilles’. Après avoir reçu des réactions des autres groupes minoritaires, eux aussi souvent les victimes d’harcèlement de rue, le collectif a ajouté des slogans tels que ‘laisse les pédés tranquilles’, ‘laisse les gouines tranquilles’ à leur répertoire, mais également inspirés du mouvement contre la grossophobie ; ‘laisse les grosses tranquilles.’ Un an plus tard, leur compte Instagram se vante de plus de sept mille abonnés. Par ailleurs, elles commencent à faire des affiches en anglais, ‘stop hate crimes, feminicides & homophobic attacks’, et ‘stop rape culture, educate your sons for a better future’. Elles ont ainsi été reconnues par des sites tels que VICE et BX1 (le radio de Bruxelles)- mais ces affiches ont-elles vraiment le pouvoir de changer les choses? On peut observer le succès du collectif quand on le considère dans un contexte d’accessibilité et de communication effective du message. En effet, les affiches sont lisibles, compréhensibles et faciles à repérer dans les rues notamment grâce à leur style minimaliste mais surtout grâce à leur contenu. Une représentante dans une interview de VICE France a expliqué qu’elles adressaient ces affiches plutôt à la population masculine de Bruxelles. Elles visent tous les hommes, qu’ils aient treize ou soixante-dix ans : ‘Nous on dénonce tous les hommes, sans distinction.’ Le slogan ‘Laisse les filles tranquilles’, un résumé effectif de tous les problèmes de harcèlement de rue, s’assure ainsi que tout le monde puisse le comprendre. L’utilisation excessive de chiffres ou de théories féministes poussées compliquerait l’accès direct de l’information à la cible qui aurait ainsi plus tendance à l’ignorer. Nous pouvons également apprécier le fait que le projet soit courageux, unique et qu’il consiste en une collaboration féminine. La coopération de femmes est importante pour que toutes soient représentées et qu’elles puissent ainsi se soutenir les unes les autres. Le message vient de la communauté marginalisée et menacée elle-même, il s’agit donc de pensées directement issues d’expériences vécues. Dans un souhait de s’éloigner de toute autre influence, elles ont refusé les conseils du Ministres de l’Egalité de Belgique : ‘On préfère rester indépendantes. On sait bien que le monde politique et institutionnel est encore fortement sous la coupe du patriarcat et de la droite.’

Cependant, maintenir cette distance avec le monde politique signifie qu’elles n’ont pas vraiment cette influence sur cette politique concrète qui pourrait les aider à améliorer le quotidien des femmes. Elles déclarent souhaiter beaucoup de changements dans la société : un meilleur réseau de soutien pour les victimes de harcèlement, des forces de police plus compatissantes et plus de femmes au pouvoir- mais il me semble difficile d’atteindre ces objectifs avec comme unique soutien la seule force de leurs affiches. Pourrait-on dire que leur focalisation est trop restreinte? ‘Laisse les filles tranquilles’ est un message important, mais il n’est pas particulièrement radical- il n’encourage pas tout à fait le changement du système dont on sait que le harcèlement de rue n’est en réalité qu’une partie d’un grand ensemble articulé autour du patriarcat et de la discrimination. Ce qui marginalise les filles, oui, mais aussi la communauté LGBT+ et les femmes de couleur en particulier. C’est un problème énorme et complexe car si on considère dans une ville où neuf femmes sur dix ont déjà été harcelées sexuellement, où 50% d’entre elles déclarent avoir vécu de la violence physique, il faudrait choisir un message plus fort, et de l’activisme plus divers. Cela étant dit, les groupes tels que ‘Laisse les filles tranquilles’ nous donnent l’espoir de se tourner vers un avenir plus optimiste où tout le monde travaillerait ensemble et s’éduquerait les uns les autres afin de démanteler les préjugés et les comportements affreux qu’on continue malheureusement à confronter aujourd’hui.

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SCOLARITÉ EN FRANCE ET ÉGALITÉ DES CHANCES : TOUS ÉGAUX FACE À LA PRÉCARITÉ ÉTUDIANTE ?

Dans l’après-midi de ce 8 novembre, un étudiant de 22 ans a tenté de s’immoler par le feu devant le bâtiment du CROUS de la ville de Lyon. Dénonçant la précarité étudiante dans une lettre et des postes sur les réseaux sociaux, ce militant actif du syndicat Solidaires étudiant.es a effectivement provoqué de nombreuses réactions des suites acte digne des plus grands drames classiques. L’opinion est partagée. Si le chef d’état français Emmanuel MACRON considère que cet acte « terrible et horrible » n’est qu’un cas « particulier » révélant « la fragilité » du jeune Anas, cet acte polémique a soulevé de nouveaux débats dans les universités, et ce même à l’étranger.

CRITIQUE MAÏWENE JINGUENAUD

La précarité étudiante est bien réelle.

Les témoignages d’étudiants affluent depuis cet épisode dramatique. Il s’agit de dénoncer des conditions de vie précaires dues partiellement au montant considéré comme trop faible de la bourse étudiante dont le CROUS, face auquel le garçon a fait le choix de passer à l’acte, en est le centre administratif. « 450euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? » écrit le jeune homme dans sa deuxième année de licence en sciences politiques qu’il recommence pour la troisième fois. Le CROUS étant un centre public d’état, il est en charge d’aider les étudiants non seulement avec les bourses sur critères sociaux mais également avec des propositions de logements très abordables attribués aux plus nécessiteux. Néanmoins, c’est ce système qui se retrouve au cœur de tous les blâmes : il ne répondrait pas suffisamment aux besoins des étudiants et impactent ainsi leurs résultats. En effet, le journal Le Monde démontre que 20% des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté, que 46% des étudiants travaillent au moins à mi-temps en parallèle de leurs études et que 18% d’entre eux considèrent que cela a un impact négatif sur leurs résultats. La présidente de l’Université de Lyon Nathalie DOMPNIER déclare alors dans une interview suivant l’incident avoir « de plus en plus d’étudiants dans des situations très difficiles », en accord la hausse effective de ces chiffres depuis quelques années PAGE 24


Qu’en pense-t-on de l’autre côté de la Manche ?

En effet, si les manifestations et groupes de soutien sur les réseaux sociaux révèlent depuis une émotion française très intense dans la métropole, les étudiants francophones basés en Angleterre se sentent également concernés. Les conditions étudiantes et le coût de la vie sont considérablement différents à Londres. Loyers, transports, frais de scolarité…si la capitale possède quelques-unes des meilleures universités d’Europe, la qualité de cette éducation détient un prix qu’on ne peut décréditer. En effet, obtenir un diplôme en Angleterre coûte en moyenne plusieurs milliers de pounds rien qu’en frais de scolarité. La plupart des étudiants appliquent ainsi pour des prêts qu’ils ne remboursent qu’une fois qu’ils touchent un salaire suffisant. Commencer dans la vie professionnelle avec des dettes très lourdes c’est la banalité d’une grande majorité de jeunes adultes. Par ailleurs, le coût de la vie londonienne est également un facteur à prendre en compte. Bien que la vie étudiante se révèle « très difficile » en France, une situation à Londres ne peut être assumée sans une source d’argent conséquente, la plupart du temps issue d’un salaire. Avoir un job en mi-temps voire en temps plein en parallèle des cours s’avère donc très commun ici. De plus, bien que quelques bourses soient proposées aux étudiants les plus en difficultés, le service n’est pas si évident et centralisé qu’en France et l’application pour ces dernières n’est ni sûre, ni simple dans les démarches. Deux pays, deux systèmes, deux réalités.

Etant moi-même étudiante française dans une université anglaise je me sens particulièrement concernée par ce sujet. Avant d’arriver à King’s j’étudiais à Bordeaux et j’ai donc été confrontée aux deux systèmes universitaires, démarches administratives mais également à la vie étudiante dans les deux villes. A mon sens il est nécessaire de rappeler que cette aide du CROUS (qui ne serait pas suffisamment élevée) s’est avérée bien suffisante pour amortir mes frais en France. En effet, en comptant environ 400 euros par mois de « bourse sur critères sociaux » + 100 euros de « bourse au mérite », je n’avais pas besoin de job étudiant pour assumer loyer, transports et frais mensuels. De plus, les APL (aide personnalisé au logement) couvrent une partie conséquente du loyer pour la grosse majorité des étudiants. Alors certes, la vie étudiante n’est pas confortable comme elle le serait avec un salaire propre, néanmoins j’ai réussi à vivre ma scolarité

tranquillement sans aide financière de ma famille, sans prêt étudiant et sans job en parallèle. Les applications administratives sont très simples grâce au service centralisé et toutes les démarches se font au même endroit. Sans compter la pression inexistante quant aux frais de scolarité qui préoccupent la plupart des étudiants, pour qui recommencer une année scolaire à trois reprises serait un luxe à près de 20 000 pounds... La scolarité à Londres s’avère bien moins évidente, non seulement les loyers sont presque deux fois plus élevés mais on ne touche pas d’équivalant aux APL. Les transports le sont aussi. Lorsque à Bordeaux les abonnements annuels permettent de se déplacer pour moins de 300euros par an, les tarifs TFL se révèlent plutôt onéreux. De plus, n’étant pas citoyens UK, nous ne sommes évidemment pas éligibles à la bourse sociale anglaise. Un « full-time job » est alors nécessaire pour assumer ces dépenses. Mon cas n’est pas isolé et effectivement, la plupart des étudiants français dont les parents ne peuvent amortir les frais de cette vie étudiant très coûteuse sont dans l’obligation de travailler ou d’emprunter.Observer la situation française depuis l’étranger admet ainsi d’autres perspectives et notamment une certaine prise de conscience quant aux aides mises en place en France pour les étudiants. La contestation : une tradition française ?

Le gouvernement se retrouve fortement embarrassé par l’évènement. En effet, plusieurs ministres ainsi que le président de la république déclare se trouver dans la difficulté de considérer ce cas dans la mesure où il s’agit d’un seul élève déclaré « fragile » par le passé. Néanmoins, les manifestations et blocus étudiants se multiplient dans de nombreuses villes étudiantes telles que Lyon et Lilles.Par ailleurs, on ne peut s’empêcher de relier l’évènement à l’anniversaire de la première contestation Gilets Jaunes. En effet, la même semaine de grosses dégradations et violences ont célébré cette première année du mouvement Gilet Jaune. Peut-on rapprocher ces évènements ? Le caractère évidemment polémique voir violent des actes peut alors être souligné ainsi que les revendications nécessairement politiques.Les dégradations Gilet Jaunes révèlent tout de même la frustration de ces derniers quant aux revendications non-accomplies par le gouvernement. Doit-on attendre une réforme du système du CROUS ? Probablement pas. Cependant nous pouvons nous demander depuis notre avis d’étudiant londonien, cette dernière serait-elle légitime ?

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VOYAGE

CINQ RAISONS POUR LESQUELLES VOYAGER EN SOLO S'AVÈRE ÊTRE UNE BONNE CHOSE POUR VOUS Abbie Stratford

1. Bien entendu, un des aspects les plus marquants du voyage en solo est la liberté évidente qu’il vous offre de rencontrer de nouvelles personnes venant d’une multitude d’endroits différents, et qui vous enseigneront chacune une nouvelle expérience de vie. À mon avis, rester dans les auberges de jeunesse est une excellente opportunité de faire des rencontres avec des personnes semblables à vous voyageant également toutes seules. En considérant cela, il est évident que voyager en solo est une expérience simple accessible et que vous ne devez pas la mettre à l'écart parce que vous en avez peur ou parce que vous pensez que quelque chose va mal se passer. 2. Le monde devient beaucoup plus ouvert à vous. Je pense qu'une fois que vous voyagez seul quelque part dans le monde, vous pouvez aller n'importe où. Vous vous rendrez compte que c’est possible et simple de se rendre dans n’importe quelle partie du monde et ce n'est certainement pas aussi effrayant qu'il y paraît au début. PAGE 26


3. Un des avantages principal du voyage en solo est le fait que vous pouvez faire ce que vous voulez! Vous pouvez éviter ces querelles inévitables avec vos amis ou votre famille au sujet de qui veut faire quoi et qui veut aller où… et vous êtes libres de choisir exactement ce que vous voulez faire ce jour-là. Cela peut sembler un peu solitaire de faire des activités par vousmême, mais comme je l'ai mentionné plus tôt, vous pouvez facilement vous faire de nouveaux amis et partager des activités avec eux. De plus, c’est possible de choisir la prochaine destination en vous basant uniquement sur vos envies ce jour-là et ce sans devoir vous mettre d’accord avec quelqu’un d’autre. 4. Voyager en solo peut vous permettre d'acquérir des compétences permanentes qui pourraient vous rendre plus attrayants pour les employeurs et ainsi vous permettre d’obtenir plus facilement un emploi. Cela montre notamment une volonté de sortir de votre zone de confort et de vous mettre à l'épreuve. En outre, cela vous oblige à découvrir indépendamment de nouvelles choses telles que l’orientation dans une nouvelle ville ou la préparation nécessaire pour le voyage, telle que la documentation par exemple, ou même les visas, faire ses valises, etc… Toutes ces choses peuvent vous aider à améliorer la confiance en vous et avec l’employeur. 5. Enfin, vous pouvez vous adapter à la culture d'un pays ou d'une ville quand vous êtes seul, parce que cela vous oblige à vous concentrer sur ce qui se passe là-bas notamment sur les magnifiques paysages, plutôt que sur les personnes avec qui vous êtes. PAGE 27


CELESTINE DONOVAN-BRADLEY

La vie parisienne depuis les yeux d’une étudiante anglaise QUELQUES RÉFLEXIONS SUR LES PREMIERS MOIS DE MON SÉJOUR À PARIS

Je ne pourrais jamais aimer une

métro elle-même est

Lors de mon premier jour à la

ville autant que j’aime Londres,

généralement bien pire

Sorbonne, je me suis assise en

mais il est certain que Paris

notamment à cause des

face d'une fille qui portait une

possède un charme notoire et

démonstrations d’affection en

salopette en velours côtelée et

indéniable. Il y a là-bas une

public qui paraissent être plus

un chemisier en soie

élégance architecturale et

acceptables là-bas, en

transparent avec un béret. Si

éblouissante qui,

particulier les baisers

sur le coup je trouvais ce look

regrettablement, surpasse de

langoureux sur les métros

audacieux, je me suis

loin la beauté brutale et

bondés à l’heure de pointe. Si

finalement rendu compte que

interprétative de l'édifice

vous aimez ce genre de choses,

c'est en fait la mode parisienne

Strand. Cette année j’étudie à

vous adorerez cette ville, mais

typique. Et même si cela

Paris Sorbonne IV et je dois dire

cela ne correspond pas

semble cliché, c’est pourtant

que la beauté est de loin la

vraiment à l’éducation anglaise

bien une réalité de voir des

meilleure caractéristique de

plutôt réservée.

gens porter des bérets et du

l’université, avec l'une des

rouge à lèvres écarlate. Je dirais

bibliothèques les plus

Ce que j'ai trouvé de très

qu'être inconfortable est la

magnifiques que je n’ai jamais

différent à Paris c'est le style,

principale exigence d'un look

vues (désolé Maughan). De plus,

surtout parmi les étudiants et

parisien. Par exemple, les filles

le Pass Navigo parisien

les jeunes. Les baskets massives

portent des blazers et des

permettant de voyager illimité

de chez Fila et les tenues rétros

talons aiguilles dans les clubs

en Île-de-France fait vraiment

oversizes ne semblent pas être

étudiants et je ne suis même

de l’ombre à l’Oyster Card, ce

branchées. Autant dire qu’en

plus choquée quand des

qui m'a fait développer une

tant qu’ancien résident de SE1,

garçons se pointent à

haine féroce pour TfL. Toutefois,

je suis horrifiée.

l’université en costume

l’expérience du

complet.

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CELESTINE DONOVAN-BRADLEY

Le côté positif c’est qu’à cause

Cependant, la nourriture est

Même si les activités de la

de cette pression, je m’efforce

généralement plus chère à

semaine d'accueil ne vous

tous les jours à repenser mes

Paris. J’ai maintenant beaucoup

semblent pas très pertinentes,

choix vestimentaires, Paris

d'amis végétaliens ici, et bien

ou si vous avez confiance en vos

m'aide donc à donner le

que les propositions

compétences linguistiques

meilleur de moi-même en

végétaliennes ne soient pas

(j'aimerais être à votre place),

termes de style.

énormes, je recommande deux

ils se sont avérés très utiles

très bons restaurants à tous

pour rencontrer des gens et

Je dirais aussi que la musique

ceux qui recherchent ce genre

éviter de commencer le

et l'ambiance des soirées

d’endroits à Paris : Tien

trimestre tout seul.

parisiennes reflètent ce même

Hiang pour la nourriture

style. En tant qu'étudiante

asiatique fusion, et une pizzeria

Comme je n'ai vécu qu'en

étrangère, je suis

qui s’appelle Hank's. Il y a aussi

Angleterre, déménager à Paris a

inévitablement allée à plusieurs

une librairie anglaise très

été un grand changement pour

soirées Erasmus en début de

jolie, Shakespeare and

moi comme pour tant

trimestre (l'équivalent français

Company, où vous pouvez aller

d'étudiants Erasmus, j'en suis

d'une soirée ringarde pour

lire si vous en avez marre des

sûre. Pourtant, malgré le fait

premières années), autrement

livres français (c’est mon cas

que l'Angleterre me manque

dit une ambiance comme celle

presque tous les jours). La

parfois, je suis tellement

du Ministry of Sound mais avec

plupart des membres du

reconnaissante de l'opportunité

plus de reggaeton et des

personnel sont de jeunes

incroyable d'être étudiante

vodkas-limonades pour

auteurs en herbe, anglais ou

dans un autre pays, surtout

€22. Tous les clubs que j'ai

américains, qui organisent des

dans une ville aussi belle que

fréquentés jusqu'à présent ne

événements littéraires vraiment

Paris. Je ne suis ici que depuis

passaient exclusivement que de

cool chaque semaine.

quelques mois, donc j'ai encore

la musique pop ou R&B des

tant à apprendre, à faire et à

années 2000. Je reste tout de

Avant le début du trimestre, je

voir. Cependant, le temps passe

même optimiste pour trouver

vous recommande vivement de

si vite ici que je dirais qu'il faut

de la meilleure musique

suivre un cours de langue ou

tirer le meilleur parti de tout et

quelque part. Il y a

une semaine d'intégration dans

essayer de dire oui à chaque

certainement une culture de la

votre université pour rencontrer

occasion ! Il se peut qu'il n’y en

consommation d'alcool très

d'autres étudiants étrangers et

ai pas d’autre.

différente et beaucoup plus

vous accorder une période

saine qu'au Royaume-Uni.

d'adaptation.

D'après mon expérience, les étudiants traînent plus dans les bars que dans les clubs et l’ambiance est un peu plus détendue. Boire au bord de la Seine avec des amis et quelques bouteilles de vin est un vendredi soir classique. Il y a aussi des endroits supers pour faire la tournée des bars. Je n'arrive toujours pas à croire que l'on puisse acheter une belle bouteille de vin pour quelques euros, ce qui est certainement la boisson de choix pour la majorité des étudiants français.

"Je ne pourrais jamais aimer une ville autant que j’aime Londres, mais il est certain que Paris possède un charme notoire et indéniable." PAGE 29 VOYAGE


LYON : LA CAPITALE GASTRONOMIQUE QUI N’A PAS RÉVÉLÉ TOUS SES SECRETS

DANIEL BOWLES Pour ceux qui souhaitent plutôt de l’air frais : A tous les amateurs de nature, le parc de la Tête d’Or propose une pléthore d’activités pour tous les voyageurs, du plus actif au plus décontracté. Il est également important de noter que ce parc est l’endroit idéal pour les fêtes de saison (qui changent chaque année en prenant diverses formes). De plus, il possède une richesse remarquable avec ses vastes espaces zoologiques, botaniques et sans oublier le grand lac. Entrée gratuite (y compris les jardins zoologiques et botaniques). Temps sur place : 2-8 heures.

Après neuf mois passés à Lyon, je me considère suffisamment légitime pour vous proposer mes services en tant que guide de la ville. En dépassant les renseignements touristiques bien connus je voudrais m’intéresser plutôt à d’autres aspects que vous ne trouverez pas dans les guides classiques. Dans l’intention de m’éloigner des clichés de listes exhaustives que l’on trouve sur les sites internet concernant les restaurants ou activités populaires, je vais vous présenter Lyon depuis un autre point de vue afin de mettre en valeurs d’autres perspectives de la ville.

Pour ceux qui s’intéressent à quelque chose de moins touristique : Bien connu pour être l’un des plus célèbres en France, le marché de Lyon propose une vision de la ville dans ses artefacts illustrant ainsi le vécu personnel de la ville. On peut y trouver toutes les formes d’antiquités : meubles, art et petits souvenirs qui respectent de près les règles du charme à la française. Entrée gratuite. Temps sur place: 1-2 heures.

Pour ceux qui recherchent les icônes lyonnaises : La Place Bellecour est quant à elle un des sites les plus connus de la ville notamment grâce à cette statue impressionnante de Louis XIV. Toutefois, lorsqu’on s’y intéresse de plus près on peut remarquer celle qui arbore la représentation d’un homme fier : Antoine de Saint Exupéry. En effet, si vous cherchez cette statue vous la trouverez juste en dessous de l’endroit où ce dernier a grandi. Flâner autour de cette place est également essentiel à l’imprégnation de la vie lyonnaise, admirer les studios, les galeries, les ateliers… Le lèche vitrine est ici une base nécessaire du tourisme de qualité. Activité gratuite. Temps sur place : 1 heure.

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VOYAGE

POUR CEUX QUI...

Pour ceux qui préfèrent la culture : Bien que la Place des Terreaux de la Presqu’Ile soit un site qui figure avec raison dans chaque guide touristique, les jardins du Musée des Beaux-Arts méritent à leur tour d’être mis en valeur. On peut là-bas y examiner les belles façades de la cour dans un calme apaisant. Le musée lui-même offre une vision diverse de l’art français, en particulier l’audioguide qui présente les œuvres de façon intéressante et détaillée et surtout abordable. Tarifs de 4€ à 8€ (les jardins sont quant à eux gratuits). Temps sur place : 1-3 heures. Pour ceux qui ont de l’intérêt pour l’histoire réinventée :

L'Hôtel-Dieu est un hôpital

médiéval récemment réinventé comme un espace de boutiques et des restaurants de luxe. Il s’agit d’un site qui mélange très bien la modernité et l’histoire. D’un point de vue historique on peut s’intéresser aux vestiges de l’hôpital et les étapes de la transformation en son état actuel. Entrée gratuite. Temps sur place : 1 heure.

prix raisonnables.

Où manger ou prendre un verre ? La Commune, 3 Rue PréGaudry- Loin de la gastronomie lyonnaise : La Commune représente une alternative moderne aux bouchons et aux plus petits bars. Son style « pop-up » apporte à l’endroit une certaine variété gastronomique avec des

Pour ceux qui souhaitent s’aventurer plus loin, on peut considérer : Pérouges : une petite ville médiévale avec des randonnées extensives. Annecy : une ville lacustre avec des vues éblouissantes. Genève : une ville également lacustre avec des sites culturels et politiques importants.

Les restaurants Fiston, 33 Rue Saint-Jean et 44 Rue MercièreLes Fistons ont deux établissements : celui de la rue Saint-Jean offre des plats lyonnais avec un petit plus de modernité tandis que celui de la rue Mercière s’élargit à la cuisine française en général. Une approche nouvelle des spécialités classiques.

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CRÉATIVITÉ

LES CINQ RESTOS FRANCAIS A LONDRES A NE PAS MANQUER ! Hope O'Dwyer Londres compte au moins d’un quart de million des Français parmi ses habitants. Dans une ville connue pour son « fish and chips », Londres s’est mis à la page pour ceux qui veulent goûter la nourriture de l’autre côté de la Manche. Où peut-on donc trouver un bon plat français dans la capitale ? Je vous présente des endroits français inratables à Londres :

1 - BALTHAZAR [4-6 RUSSELL STREET, COVENT GARDEN, LONDON, WC2B 5HZ] Que ce soit pour le petitdéjeuner, le déjeuner ou le dîner, cette brasserie française au cœur de Covent Garden vous régale ! Ce resto énorme prépare également des plats à emporter, vendus juste à côté – parfait pourun déjeuner sain pendant la pause. De plus, il y a une large gamme de choix pour ceux qui seraient intolérants au gluten !

2 - CASSE CROUTE [109 BERMONDSEY STREET, BERMONDSEY, LONDON, SE1 3XB]

A la manière d’un bistro typiquement français, c’est l’endroit idéal comme point de ravitaillement pendant une journée de promenade à travers la ville. Le menu comprend toute sorte de plats classiques avec des bons vins français. De plus, ce resto offre un bon rapport qualité/prix, c’est donc idéal pour les étudiants. PAGE 32


3 - FRENCHIE [16 HENRIETTA STREET, COVENT GARDEN, LONDON, WC2E 8QH] Un petit restaurant un peu caché mais avec une ambiance charmante, où la carte des vins (ou plutôt « la Bible ») est plus longue que le menu. Tous les plats sont des chef-d ’œuvres élaborés avec des ingrédients de saison. Je vous recommande le banoffee pour le dessert – c’est une version unique d’un dessert classique : une base de biscuit au chocolat garnie de banane congelée et recouverte d’un dôme de mousse au caramel - une révolution culinaire !

4 - BRASSERIE ZEDEL [20 SHERWOOD STREET, SOHO, LONDON, W1F 7ED] Ouverte en 1915, la Brasserie Zedel faisait partie du plus grand hôtel d’Europe à l’époque : The Regent Palace Hotel. Ce resto énorme est une recréation tendre des grandes brasseries de Paris. Le menu est vaste et comprend des plats du jour, des prix fixes et des formules rapides. Le fait que tout soit à un prix raisonnable fait la grande popularité de ce resto au cœur de Londres.

5 - LE RELAIS DE VENICE L'ENTRECOTE [50 DEAN STREET, LONDON, W1D 5AE] Manger ici c’est être transporté directement à Paris. Ce trio de restos parisiens est arrivé à Londres ! Asseyezvous et attaquez, le choix des plats a déjà été décidé : steak-frites ! Le service rapide et l’ambiance vivante fournissent une combinaison superbe. Contrairement à ceux de Paris, on peut réserver une table en ligne. Il est essentiel de ne pas rater ce restaurant !

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CRÉATIVITÉ

Tu me rappelles. Je bois trop de café, et pense à toi souvent. Dans une ville où la réalité a longtemps été oubliée, As-tu peur ? Parce que, mon chéri, je suis terrifié. Mais tu me rappelles que, oh, c'est une chose merveilleuse d'aimer.

Juré par Dieu. Nous avons juré par Dieu. Ensemble pour toujours. Mais maintenant, je crains que Dieu ne prenne ton âme. Parce que tu as rompu ta promesse. Comme le soleil rouge, qui brûle et brûle en cendres, et disparaît à la lumière du jour, Tout comme mon amour et mes pensées, pour toi, brûlent dans la nuit et disparaissent dans la fumée.

SAMI REHMAN

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CRÉATIVITÉ

L ’ A U T H E N T I Q U E

R E C E T T E

D E S

C A N E L É S

B O R D E L A I S

On ne peut renier la beauté authentique de la ville de Bordeaux ou même le goût inimitable d’un bon verre de Château Margaux. Si vous êtes sensible au charme du Sud-Ouest vous le serez sûrement davantage pour ces pâtisseries traditionnelles. Appréciés pour le croquant de sa coque caramélisée et son cœur fondant, le canelé est en effet une des fiertés culinaires de la région. Originaire du Sud-Ouest, j’ai eu la bonne surprise de retrouver une petite touche de « chez moi » dans certaines pâtisseries londoniennes. En constatant que le grand succès de ces petits douceurs avait effectivement traversé la Manche, j’ai alors mis de côté l’idée que cet amour pour les canelés était uniquement dû à mes origines (bien que ce serait hypocrite de considérer que cela n’influence pas mes goûts culinaires). Vous vous demandez comment les cuisiner vous-même ? Osez croire en votre potentiel de futurs chefs, enfilez votre tablier et lancez-vous dans la réalisation de ces fameux canelés Bordelais. Afin de vous encourager dans cette aventure, voici la recette de ces derniers.

Ingrédients pour 8 personnes : 25cl de lait (entier de préférence) 1 œuf (entier) 1 jaune d’œuf ¼ de gousse de vanille ½ cuillère à soupe de rhum 50g de farine 125g de sucre en poudre 25g de beurre doux (sans compter celui que vous utiliserez pour les moules) Une pincée de sel Ustensiles requis : Moule à canelés Saladier Cuillère en bois Four Réalisation : Etape 1 : Fendre et égrainer la gousse de vanille. Etape 2 : Faire bouillir du lait et y ajouter la vanille et le beurre. Etape 3 : Pendant ce temps, mélanger la farine et le sucre dans le saladier. Etape 4 : Ajouter les œufs. Etape 5 : Y incorporer le premier mélange avec le lait et mélanger doucement jusqu’à obtenir une pâte complètement fluide. Etape 6 : Ajouter le rhum. Etape 7 : Laisser poser une heure ou deux au réfrigérateur (la pâte doit être totalement froide). Etape 8 : Préchauffer le four à 220°. Etape 9 : Verser la pâte bien froide dans les moules beurrés en les remplissant qu’à moitié. Etape 10 : Les mettre rapidement au four en les y laissant vingt minutes à 220°, puis baisser le four à 180° et les y laisser cette fois-ci environ 1 heure. Petite astuce : Si les canelés se colorent trop rapidement dans le four, le baisser à 150° pour garantir la coque croustillante et l’intérieur fondant comme on les aime. Maintenant à vos fourneaux et bon appétit !

MAÏWENE JINGUENAUD PAGE 35


Hope O'Dwyer Abbie Stratford MaĂŻwene Jinguenaud Daniel Bowles Amy Byrne Rhiannon Jenkins Ella Fornsworth Lizzie Musa


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