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Des Nouvelles, Héloïse? Edition 07

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dec 20 issue 07

des nouvelles, héloïse?

CULTURE

CRITIQUE

CRÉATIVITÉ


Index

PAGE 1 | DES NOUVELLES HÉLOÏSE?

POLITIQUE

Macron face au Coronavirus

Lucy Green | 3

Émancipation économique des femmes au Maroc La présence militaire française en Afrique

Valentina Monaldi | 5 Freya Thorner | 7

Le nouveau gouvernement belge

Julia Cliff | 9 SOCIALE

Les colleuses : entre illégalité et légitimité

Gabrielle Pastel | 10

La philosophie serait-elle un moyen de nous adapter à la réalité actuelle?

Alina Seliverstova | 11

Parlez-vous français ?

Maïwene Jinguenaud | 13

Patrimoine ou politique étrangère

Elizabeth Fogg | 15 LITTÉRATURE

Michel Houellebecq et Virginie Despentes: Un mariage de vengeance

Joanna Davies | 17

Soif par Amélie Nothomb

Thomas Lambert-Legrand | 19 MÉDIA

L'Été 85

Ashwin Haynes | 21

Le vrai visage de Paris – Emily in Paris et Les Misérables de Ladj Ly

Carla Suarez | 23

La Nouvelle Vague et la révolution du cinéma

Christina Cserep | 25

CREATIVITÉ

Year Abroad Photo Competition Videoclub: Un retour à l’insouciance de la jeunesse Concours

DNH | 26 Ally Azizi | 27 DNH | 28


PAGE 2 | DES NOUVELLES HÉLOÏSE?

l'édito

NOUS SOMMES DE RETOUR !

Nous vous présentons la septième édition du magazine Des Nouvelles, Héloïse ? Cette année, l’équipe a travaillé à distance, des quatre coins du monde, pour vous apporter ce magazine et partager avec vous notre amour de la langue française. Nous voulons remercier tous les contributeurs des différents départements de King’s College d’avoir partagé avec nous leur talent ! Cette année a été compliquée et pleine de défis, mais nous espérons vous rencontrer bientôt dans un esprit convivial et chaleureux. Avec les travaux et les examens de janvier à l’horizon, nous espérons que vous trouverez un petit moment pour prendre un instant de repos et vous relaxer en lisant cette nouvelle édition. Avant de vous laisser à la lecture, un dernier remerciement pour les Language Assistants du département, qui ont pris de leur temps pour nous aider, et, comme toujours, un grand remerciement à Siobhan McIlvanney, sans qui ce projet ne serait pas né ! L’équipe de DNH ? vous souhaite de bonnes vacances et, surtout, une bonne lecture ! BISOUS,

DNH


PAGE 3 |POLITIQUE

Macron Face Au Coronavirus:

La Rhétorique d'un Chef de Guerre Déplacée?

Dans son analyse du sujet pour Le Monde, Marion Dupont résume avec justesse que dans l’esprit du Président : « Le Coronavirus est un « ennemi », les soignants sont en « première ligne » et les Français sont « mobilisés » ». Emmanuel Macron n’est pas, bien sûr, le seul chef d'État mondial à utiliser un tel langage pendant la pandémie, mais son insistance sur la déclaration de guerre et sur la mobilisation des gens est hors du commun.

Pourquoi utilise-t-il cette terminologie belliquesuse ? ©Mathieu CUGNOT/POOL/AFP

À l’annonce du premier confinement en mars, personne ne savait à quoi s’attendre. On a beaucoup entendu dire qu’on vivait ‘une situation inédite’. La majorité des gens n’ont jamais vécu et, avec un peu de chance, ils ne vivront plus jamais de circonstances similaires de leur vivant. On est entré dans la grande inconnue afin de se protéger d’un « ennemi invisible », pour reprendre les dires de plusieurs chefs d'État du monde, en restant chez nous. Dans une tentative de mobilisation de la population, le Président de la République a employé une rhétorique guerrière. Les gros titres l'accusent de se prendre pour le Général en Chef de la bataille contre le Coronavirus, en adoptant le ton de son modèle présidentiel et chef de guerre, le Général de Gaulle. Dans son adresse à la Nation le 16 mars, le Président a répété « Nous sommes en guerre » six fois en 20 minutes, donnant l’impression irréfutable d’un appel aux armes.

« Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l'ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. » 'Adresse au Français', le 16 mars

La principale raison d’introduire l’imagerie de guerre dans de tels discours est de mobiliser le peuple, en soulignant la gravité de la situation. Cependant, beaucoup d’analystes ont dit que cette volonté de mobiliser la population sonne de façon ironique pendant cette crise. Nous ne sommes pas invités à sortir ni à nous battre, mais plutôt à nous extraire de la zone de guerre, en restant à la maison et en limitant nos sorties et les interactions avec les autres. En outre, de telles allocutions émouvantes contribuent à la promotion d’un sentiment d’unité à l’échelle nationale, renforçant le patriotisme et la responsabilité sociale de s’engager dans la cause.


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Les similarités entre les guerres et les pandémies

Notre survie dépend plutôt des tactiques et de l’armement, en ce qui concerne la réduction des déplacements, la distanciation sociale et le port des masques.

On ne peut pas nier qu’une « Au début d'une pestilence et quand elle se termine, il y a guerre et une pandémie ne sont toujours une proposition à la rhétorique. Dans le premier pas dissemblables. Les deux cas, les habitudes ne sont pas encore perdues ; dans le crises exigent une détermination infatigable des second, elles sont de retour. Il est au cœur d'une calamité chefs d'État et du peuple. De que l'on s'endurcit à la vérité - autrement dit, au silence. » plus, la triste réalité est que les Albert Camus, La Peste deux sont mesurées et DID YOU KNOW? considérées en matière du En outre, en période d’incertitude, l’emploi d’une nombre de victimes. Dans la rhétorique guerrière peut faciliter la peur et l’angoisse dans guerre et face à une pandémie, l’esprit des gens qui ont besoin de sécurité et de réconfort. le moral affaiblit lorsque le Un cri de ralliement crée des divisions en réponse à une bilan des morts augmente. situation qui exige une coopération, un effort collectif, un renforcement de la responsabilité sociale en réponse à une L'impéritie de la menace mondiale. métaphore guerrière Il semble que le Président ait cessé d’utiliser un tel landans ce contexte gage dans ses discours récents en raison d’un grand nombre Malgré les similarités entre les de critiques, mais peut-être qu’en entrant dans cette deux crises, la rhétorique deuxième vague du virus, il y insistera encore une fois. belliciste est inappropriée et Toutefois, si j’étais sa conseillère, je déconseillerais de telles déplacée dans ce contexte pour pratiques à l’avenir. par Lucy Green un certain nombre de raisons. Premièrement, nous ne sommes pas en guerre. Traditionnellement, dans la bataille, un camp sort victorieux. Pourtant, personne ne peut gagner dans une pandémie. Il n’y a aucun moyen de remporter une victoire absolue ou de négocier un traité de paix avec un virus. Face au COVID-19, notre survie ne dépend pas de la volonté et de la force. Emmanuel Macron s'exprime sur le Coronavirus COVID-19 (©Élysée)


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Émancipation Économique

Femmes au Maroc des

Quand on pense au Maroc, on est toujours amené à admirer ses paysages incroyables, ses épices colorées, ses dunes désertiques et ses traditions séculaires. Toutefois, ce pays est divisé par de fortes contradictions.

D’une part, il y a ces gens très chaleureux et accueillants, d’autre part il y a la question du rôle des femmes dans cette société très inégalitaire. En effet, parler des droits des femmes au Maroc est sûrement un thème très controversé, qui suscite de fortes émotions et qui remue les esprits.

effort n’est pas valorisé comme il devrait l’être, et l’économie en souffre. Toutefois, certains droits que les femmes en Europe considèrent comme acquis sont seulement un rêve au Maroc (surtout dans ses parties rurales), où la plupart d’entre elles ne peuvent même pas sortir sans avoir demandé la permission à leur mari, où les viols collectifs En effet, parler des droits sont tristement fréquents et où voir une femme travailler des femmes au Maroc est n’est pas encore totalement surement un thème très accepté. La violence et le manque de respect envers controversé, qui suscite les femmes sont des fléaux de fortes émotions et qui plutôt communs, ancrés dans la mentalité marocaine très remue les esprits. tôt et légitimés socialement et politiquement, autant dans la Malheureusement, en 2020, sphère privée que dans la les femmes sont encore sphère publique. La société défavorisées d’un point de vue est fortement patriarcale et économique dans chaque tiraillée entre modernité et pays du monde, avec des tradition, et les femmes ne degrés différents. Elles jouissent absolument pas des droits que les travaillent sans cesse, aussi mêmes bien à la maison qu'à hommes. C’est important de faire une distinction entre des l'extérieur, mais souvent leur

traditions qui sont positives et culturellement identificatrices et doivent être conservées et transmises, et celles qui sont rétrogrades et liberticides, et qui constituent une violation des droits de l’homme et devraient être changées. A cause de ces barrières, les femmes n’ont pas la priorité en matière d’éducation et d’accès à l’information et on assiste en conséquence à un taux élevé d’analphabètes. Les zones rurales sont donc clairement les plus touchées par ce problème. Aider les femmes à accomplir leur potentiel est un facteur déterminant pour améliorer l’économie d’un pays et créer un environnement positif pour les citoyens qui y vivent. L’exclusion économique des femmes dans les pays les plus fragiles, notamment dans les zones pauvres et rurales, est dévastatrice et contribue à accroître la violence, la pauvreté, le conflit et les trou-


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bles sociaux, créant une spirale négative qui nuit à toute la société, aux hommes y compris qui s’opposent à l’égalité de sexes. La situation est très compliquée parce que les femmes n’ont pas d’accès aux services nécessaires pour leur permettre d’avancer dans leur activité et de devenir économiquement indépendantes des hommes. Par exemple, concernant l’agriculture, dans le cas où il y a des nouveaux mécanismes ou outils qui visent à faciliter le travail dans les champs, généralement les femmes sont les dernières à connaître leur fonctionnement ou même leur existence et sont à la traîne. Ce qui soulève la question :

Comment peut-on faire pour émanciper économiquement les femmes au Maroc ? Il n’y a pas une réponse magique et unique qui vaille pour chaque ville et région ; les mesures doivent être pensées et adaptées aux nécessités des citoyens, selon leurs habitudes et modes de vie. Il y a, cependant, deux initiatives en particulier qui se sont révélées gagnantes dans d’autres pays : 1) Rendre l’éducation accessible à tous (éradiquer donc les barrières créées par le manque d’outils technologiques, de personnel

Fadel Senna, AFP

compétent, de structures scolaires sécurisées et abordables, qui soient accessibles même dans les zones rurales) pour diminuer le taux d’analphabétisme et modifier certaines traditions nocives qui amènent les hommes à dominer les femmes et réduisent leur confiance en elles. Ce point a été particulièrement mis en exergue pendant cette pandémie: une part considérable d’enfants n’a pas pu suivre des cours sur internet à cause d’une connexion instable et une absence de matériel. 2) Fournir des cours de formation professionnelle pour les femmes (leur enseigner des nouveaux métiers ou techniques et leur apprendre comment se faire respecter dans le monde du travail). Ces cours doivent être donnés par des experts aussi bien nationaux qu’internationaux et ils doivent être modernes et prendre en compte les difficultés rencontrées jusque-là par ces femmes. En conclusion, il est nécessaire de réduire les inégalités entre les sexes, dans les zones rurales, qui concernent notamment l’accès aux ressources, services, technologies et opportunités économiques. Les organisations (nationales et internationales), mais aussi le gouvernement, ont reconnu le potentiel qu’une autonomisation des femmes pourrait avoir pour le pays et ils sont déjà à l’œuvre pour donner une voix aux femmes marocaines et leur donner les moyens de lutter pour leurs droits. Les progrès qui ont été faits sont déjà un bon début, mais ils ne sont pas suffisants pour améliorer leur condition de vie. Cette pandémie a été un véritable fardeau, spécialement pour ceux qui ne jouissent pas des conditions économiques et sanitaires aisées. Cependant, on peut aussi la voir comme une opportunité pour améliorer ce qui ne marche pas, pour commencer une nouvelle ère de prospérité économique et de développement social, en faisant du Maroc non seulement un pays juste et égalitaire, mais aussi plus riche. par Valentina Monaldi


PAGE 7 |POLITIQUE

LA PRÉSENCE MILITAIRE FRANÇAISE EN AFRIQUE FREYA THORNER

Malgré la fin de la période coloniale

Le génocide rwandais en 1994

française en Afrique au cours des

pour

années 1960, la France a longtemps

française

continué

critiquée fut notamment un grand

à

considérer

plusieurs

régions africaines comme une sphère d'influence.

Seulement,

lequel

l’intervention

avait

été

largement

tournant de ce point de vue.

ses

aujourd’hui

Cet événement a effectivement

les seuls liens culturels et historiques.

conduit à une réduction de la

En effet, c’est principalement l’aspect

présence

sécuritaire qui continue à motiver la

France en Afrique. Cependant,

présence

cette

interventions

dépassent

de

la

France

sur

ce

permanente

réduction

françaises

continent.

de

des

en

la

forces Afrique

subsaharienne fut temporaire et

IN THIS ISSUE

Avec

des

bases

militaires

permanentes situées à l'origine au

connut une résurgence sous la présidence de François Hollande.

Academy Principal's Welcome Messge

Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Tchad, à Djibouti, au Gabon, au Cameroun et

Cette présence militaire s’exprime

en République Centrafricaine, dans

in the notamment parSchooled l’actuelle Opération

l'idée de "défendre" l'Afrique contre le

Barkhane

communisme

opération

pendant

la

Guerre

Summer

débutée

en

2014;

anti-insurrectionnelle

Educating the Future

Froide, la France était alors connue

contre des groupes islamistes de la

sous

de

région du Sahel. Cette année, cette

l’Afrique”. Depuis les années 1990,

opération fut très médiatisée, la

cette présence militaire a connu de

France étant une nouvelle fois mise

nombreux

qui

en cause pour sa présence continue

concerne sa réputation et son soutien

dans la région, surtout en ce qui

public.

concerne le Mali.

le

nom

de

“gendarme

revirements

en

ce

School Calendar


PAGE 8 |POLITIQUE

En septembre, deux soldats français ont

La résistance de l'opinion publique

été tués au Mali, moins d'un an après la

sahélienne

mort de treize soldats dans le crash

française

fatal d'un hélicoptère en novembre 2019.

gouvernement du président Macron. En

A nouveau, la question de la présence

effet,

française fut remise en cause au sein

croissante en France en raison de ces

même du pays. La résistance continue

récentes

des Maliens s'est d’ailleurs aggravée en

région. En réponse à cela, le Président

septembre après le décès d’un civil ; tué

français

par des soldats français déployés dans

janvier 2020 à Pau, à l’issue duquel les

la région.

présidents du Niger, du Mali, de la

La mobilisation des Français au Sahel était à l'origine officiellement justifiée par la lutte contre le terrorisme, mais

il

à

la

présence

militaire

est

un

problème

pour

est

soumis

victimes a

à

une

françaises

convoqué

un

le

pression dans

sommet

la en

Mauritanie et du Tchad ont publié une déclaration

commune

confirmant

que

“oui”, ils souhaitaient que la France reste.

aujourd’hui, beaucoup s'interrogent sur

D'autres voient la présence française

les véritables motifs de la présence

comme

française dans la région. Cela fait 60

Macron insiste sur le fait que la sécurité

ans

colonies

intérieure française est liée à celle de

leur

certaines parties du Sahel. Il souligne

indépendance, mais la France y est

que les menaces locales et régionales en

intervenue militairement plus de 50

Afrique pourraient avoir des implications

fois.

directes sur la France. D’un autre côté,

que

françaises

la

plupart ont

des obtenu

une

insulte,

mais

Emmanuel

on peut dire que la France a utilisé sa présence sécuritaire avec succès depuis

Image: New York Times

la

décolonisation

en

exerçant

une

influence dans les pays où elle a des intérêts.

Donc, la question reste à savoir si la présence de la France, et même celles d'autres pays occidentaux, en Afrique, et La France a perdu 44 soldats depuis 2013,

remettant

constamment

en

question la justification de l'Opération Barkhane.

en particulier dans la région du Sahel, est réellement bénéfique pour la région elle-même, ou si les intérêts sont totalement égoïstes.


PAGE 9 |POLITIQUE

LE NOUVEAU GOUVERNEMENT BELGE: LA COALITION VIVALDI JULIA CLIFF

Le nouveau gouvernement belge a prêté serment le premier octobre, près de deux ans après la démission du dernier gouvernement en 2018. La Belgique possède un système politique très complexe, divisé en deux groupes culturels et linguistiques dominants ; les flamands néerlandophones en Flandre et les Wallons francophones en Wallonie, avec Bruxelles comme point de convergence. La situation est même plus complexe dans la mesure où dans chaque région, un éventail de partis politiques allant de la gauche à la droite est normalement élu à la Chambre des représentants, ce qui crée un système très fracturé. Par conséquent, la mise en place d’un nouveau gouvernement est extrêmement complexe et consiste souvent en de très longues négociations. Le gouvernement précédent sous le libéral francophone Charles Michel s'est effondré à la fin de l’année 2018 en raison de conflits autour de la politique migratoire. De plus, l’élection de mai 2019 a produit un résultat très polarisé, la Wallonie ayant voté en majorité pour les partis francophones de gauche et la Flandre ayant voté en majorité pour les partis flamands de droite. Cela a donné lieu à un résultat encore plus divisé qu’ordinairement.

n o i t i l a "L a Co aldi" V iv

Le gouvernement nouvellement formé est lui connu comme “la coalition Vivaldi” car, à la manière des concertos des quatre saisons du compositeur italien, il est composé de quatre couleurs de partis politiques – les socialistes (rouge), libéraux (bleu), écologistes (vert) et Christen-Democratisch en Vlaams/Démocrates Chrétiens Flamands (orange). Cependant, cette coalition n’inclut pas les deux partis avec les plus grandes parts des votes en 2019, à savoir La Nouvelle Alliance Flamande et Vlaams Belang, deux partis flamands nationalistes de droite qui font pression pour une Belgique confédérale.

Après des semaines de discussions, ces sept partis politiques ont convenu de former une coalition majoritaire pour remplacer l'administration intérimaire dirigée par la libérale francophone Sophie Wilmès, avec Alexander De Croo comme nouveau Premier ministre belge. De Croo, fils de l'ancien député flamand Herman De Croo, est un libéral flamand et le premier Premier ministre flamand depuis 2011. Cependant, sa nomination apparaît comme un compromis évident étant donné qu'il est le chef du quatrième plus grand parti de la coalition. Image: La Croix

Le nouveau gouvernement de De Croo inclut la première ministre intermédiaire, Sophie Wilmès, en tant que ministre fédérale des Affaires étrangères, comme cela est la coutume dans la politique belge. Le socialiste flamand bien connu, Frank Vandenbroucke, qui a précédemment occupé des fonctions dans les départements des affaires étrangères, de l'emploi, des Affaires sociales et des Pensions, est maintenant le nouveau ministre fédéral des Affaires sociales et de la santé publique. Néanmoins, la majorité du nouveau gouvernement est composée de nouveaux visages, adoptant une nouvelle approche de la scène politique belge après tant de mois d'impasse. Le nouveau gouvernement belge a prêté serment au roi au début du mois d’octobre et est maintenant prêt à relever le défi de gérer les taux croissants d’infections au Covid-19 en Belgique, qui a maintenant le pire taux d’Europe. Malgré ce qui semble être un gouvernement plus optimiste et cohérent, l'électorat belge reste encore largement divisé sur les mêmes problèmes auxquels il a été confronté lors des élections de 2019.


PAGE 10 |SOCIALE

pa

pa tu a m am é an

LES CO LLEU SES:

entre illégalité et légitimité

"Papa a tué maman”, “On ne naît pas femme mais on en meurt”, “Nous sommes la voix de celles qui n’en ont plus”

sont tant de messages qui habitent les rues de la capitale française. Initié sous l’impulsion de l’ancienne Femen Marguerite Stern en août 2019, le mouvement citoyen des colleuses féministes trouve un nouveau souffle depuis le confinement de mai 2020. Aujourd’hui, on estime le nombre de personnes actives sur l’ensemble du territoire entre 1000 à 3000 tandis que le mouvement avait commencé avec seulement quinze femmes. Leur mission n’a pas changé : interpeller et sensibiliser la société en investissant l’espace publique au sujet des violences faites aux femmes. En effet, en 2019, les chiffres avaient choqué, d’après le ministère de l’intérieur, 146 femmes avaient été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes. Les mouvements militants s’étaient insurgés devant le manque d’action du gouvernement et les colleuses expriment dès lors leur colère en affichant leurs messages à la vue de tous, aussi bien devant les établissements scolaires que devant les bâtiments gouvernementaux afin de libérer les paroles. Très actif sur les réseaux sociaux, ce mouvement reçoit de nombreux soutiens de proches de victimes qui leur demandent de coller en leurs hommages. Divers sujets sont

au-devant de la scène : féminicides, consentement, harcèlement de rue mais aussi des sujets médiatiques comme le récent César accordé au réalisateur Roman Polanski en février 2020 en allant jusqu’aux luttes écologiques. Autant d’affiches collées sont rendues possibles grâce à des frais de fabrication (colle, feuille, pinceau..) très peu élevés et une cagnotte de dons s’élevant jusqu’à 7000 euros. Elle est gracieusement entretenue par des donateurs reconnaissant cette cause légitime et permet de rembourser les frais mais aussi de payer les amendes allant jusqu’à 68 euros. Cependant, aux yeux de l’autorité publique mais aussi bien des habitants, tant de désobéissance civile se révèle gênante. Lou, colleuse depuis plus d’un an, déplore le comportement de certains citoyens dont elle a subi des agressions verbales et de l’intimidation. D’autres l’ont dénoncée à la police ce qui lui a valu une fouille au corps, une fouille de sac, la saisie de ses slogans ainsi que l’obligation de décoller ses affiches lors de son premier collage dans le septième arrondissement de Paris. Néanmoins elle se réjouit des groupes d’entraide qui naissent des groupes de collage et permet de fortifier l’activisme de chacun. L’esprit de solidarité relit ainsi ces militantes afin de former une communauté engagée dans une même lutte prête à faire débat dans l’espace publique.

Texte par Gabrielle Pastel


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LA PHILOSOPHIE: SERAIT-ELLE UN MOYEN DE NOUS ADAPTER À LA RÉALITÉ ACTUELLE? Alina Seliverstova

Nous sommes désormais habité.es par de nouvelles anxiétés quotidiennes qui nous préoccupent: voir progressivement apparaître de nouvelles restrictions, se soucier de ne pas fêter les fêtes de fin d’année en famille, ne pas pouvoir rencontrer ses ami.es… À l’approche du premier anniversaire du coronavirus, s’adapter à cette nouvelle réalité est devenu nécessaire. Nous pouvons cependant nous interroger: cela est-il seulement possible?

Tournons-nous vers la philosophie de Jean-Paul Sartre: qu’aurait-il pensé des changements quotidiens qui habitent nos nouvelles habitudes? Supporterait-il tant d’incertitude? La notion d’existence précédant l’essence a été inventée par Sartre et sa théorie de l’existentialisme. Il suggère effectivement que seules nos actions et nos expériences donnent un sens à notre vie. Il me semble donc qu’il aurait été intrigué par les restrictions imposées aux libertés humaines et nos restrictions quant à nos habitudes quotidiennes.

D’après moi, ce n’est pas le cas. Néanmoins, bien que le coronavirus soit une force destructrice dans la vie de tous et chacun, il se présente également comme une force d’union dans cette lutte que nous partageons les uns avec les autres. Je souhaiterais vous présenter dans cet article un point de vue philosophique afin d’alléger vos inquiétudes concernant le virus le temps de cette lecture.

Par ailleurs, au même titre que René Descartes, il serait intéressant de distinguer le corps et l’esprit dans ce contexte. Le dualisme cartésien est en effet la théorie selon laquelle corps et esprit sont deux substances distinctes capables d’interactions indépendantes.

Image: Canva

Ainsi, il aurait certainement réfléchi à repousser les limites de son esprit bien qu’étant incapable de quitter sa maison à cause du confinement.

Images:Canva


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Aussi fascinante que mystérieuse, il me semble que la pensée philosophique la plus pertinente dans ce contexte reste celle de Platon. Il est en effet difficile de discuter l’aisance avec laquelle il vulgarise des idées complexes en des allégories claires et accessibles.

Jusqu’au jour où l’un d’eux est libéré et découvre ainsi de ses yeux le monde réel duquel il était privé d’accès visuel jusqu’à présent. Cette allégorie illustre alors la responsabilité des philosophes et des personnes éduquées de transmettre leur connaissance à d’autres. La puissance de la connaissance est alors essentielle et s’oppose à cette idée que l’ignorance nous protégerait tandis qu’elle nous empêche, au contraire, cet accès à la vérité absolue.

Image: Britannica

Dans la fameuse allégorie de la caverne, Platon conceptualise des hommes enchaînés dans une grotte ayant comme seul accès visuel le mur qui se trouve en face d’eux. Sur ce mur, ils observent les ombres en mouvement des objets situés derrière eux manipulés par des personnes qui en font l’usage. Intégrant ces ombres comme des objets réels, ils élaborent ainsi une réalité fondée uniquement sur la représentation de ces ombres (et non des objets matérialisés).

Image: drawing based on image from Our Politics

Image: Canva

Image:Canva

Il est certain que nul livre ou concept ne ferait disparaître le virus et toutes ses conséquences, cependant la philosophie dans toute sa richesse a effectivement suivi l’évolution de notre histoire et toutes les épreuves qu’elle a traversées. S’il y a quelque chose que je retiens de cette année (en plus de l’importance de l'hygiène) c’est la nécessité de la communication. Bien que le Coronavirus ait limité notre capacité d’interactions physiques, il nous a cependant poussé à adopter des moyens de communication alternatifs tels que les SMS, les appels, l’apprentissage en ligne, les vidéoconférences… Qu’est-ce la philosophie sinon de grandes conversations entre différentes personnes, engendrant ainsi des discussions plus petites et ciblées ? Je suis impatiente à l’idée que le Coronavirus ne soit qu’un souvenir réduit aux conversations sur les leçons que nous en avons tirées.


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s u o v z e l r a P ? s i a ç n fra Le mois dernier, le podcast de la chercheuse en stylistique et langue française Léalia Véron fêtait son premier anniversaire. Parler comme jamais est un podcast qui traite en effet de la langue française et de toutes les questions qu’elle soulève. Politique, histoire, sociologie… À raison d’un épisode par mois, Léalia Véron s’attaque à différents enjeux concernant la langue de Molière grâce à l’intervention d’invités variés, toujours avec humour et subtilité.

’

S

émanciper des clichés

Peu de temps après le succès du « petit manuel d’émancipation linguistique » Le Français est à nous, en collaboration avec Maria Candea, Léalia Véron met de côté sa plume afin de poursuivre, cette fois-ci à l’aide de sa voix, le chemin de la déconstruction des clichés linguistiques. Reflétant des éclats de modernité, ce n’est pas par hasard si le titre fait écho à la chanson de Maître Gims « Sapés comme jamais » : Parler comme jamais est un podcast qui s’attaque à un français qui, bien que ses origines soient anciennes, s’ancre dans une temporalité actuelle, contemporaine. « Le français n’est plus ce qu’il était », « les jeunes massacrent la langue de Molière », « l’anglais met la langue française en péril » …

Récemment démocratisé sur de nombreuses plateformes, c’est bien à l’anglais que le Podcast emprunte son nom dont l’origine s’apparente à l’art de diffuser. La linguiste s’approprie ainsi les codes de cet outil de partage grâce auquel sont produits pas moins d’une douzaine d’épisodes aux thèmes variés. La parole, à la fois objet d’étude et outil technique, se présente comme l’essence même du podcast. Parlez comme jamais traite ainsi d’un français riche et complexe : il est écrit, parlé, écouté, pratiqué, modifié, critiqué, propagé… Effectivement, les tendances progressistes de l’émission proposent une approche contemporaine fondée sur l’idée d’évolution de la langue française. La place des anglicismes, les accents et le dit « bon parlé », les insultes, la neutralité des dictionnaires, les fautes… Les idées reçues sont multiples et Léalia Véron ne garde pas sa langue dans sa poche quant aux questions sociales, stratégiques et politiques impliquées dans le langage. Grâce à la variété d’invités spécialisés dans différentes disciplines, elle parvient à déconstruire ces banalités pourtant très ancrées dans les mœurs traditionnelles.


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Dis-moi comment tu parles,

Crédit photo: Maïwene Jinguenaud

je te dirais qui tu es

C’est dans une volonté d’union que l’ecclésiastique cardinal Richelieu fonde l’Académie française en 1635 en instituant le français dans le but de le perfectionner et l’officialiser. Ainsi, la langue française académique détient des intentions politiques depuis sa création. Cependant, le langage en tant que moyen de communication et d’expression se présente pourtant comme terrain d’oppositions en tout genre. Féminisme, classes sociales, élites, francophonie mondiale … parler français soulève ainsi paradoxalement des enjeux de hiérarchisation au sein-même de cette dite unité linguistique. Des épisodes tels que « Francophonie, à qui appartient le français ? », « Votre dictionnaire est-il de droite ? », « A qui la faute ? », relèvent notamment de problématiques sociales actuelles. Saviez-vous que le premier pays francophone du monde est en réalité la République Démocratique du Congo ? L’orthographe est-il un moyen de discrimination ? Dans quelle mesure le dictionnaire recueille-t-il les mots de façon neutre ? Si Léalia Véron fait l’usage répété de la forme interrogative pour ses titres, elle propose également des épisodes sous forme de discussions ouvertes afin d’interpeller son auditorat sur ces sujets souvent poussiéreux de préjugés vétustes. Alliant subtilité et humour, la chercheuse en stylistique ne manque pas de diversité dans le choix de ces invités et multiplient les références culturelles et historiques afin de contrecarrer les mauvaises langues.

Parlez-vous français ?

L’actualité est riche en débats divers autour de la langue française. Dans quelle mesure doiton imposer l’écriture inclusive ? Pourquoi changer le titre à connotation raciste d’une œuvre littéraire ? Parler s’apparente ainsi à une prise de position quant à des questions d’ordre politique et moral. Si un lapsus étourdi peut paraître totalement anodin, avoir la langue qui fourche n’est pas sans avoir d’impact significatif. La portée du langage est effectivement puissante à différents niveaux : que l’on s’exprime dans un cercle privé ou lors d’un communiqué officiel, il est nécessaire d’être conscient du poids des mots. Parlez comme jamais interpelle ainsi son auditorat sur l’emploi de la langue française. Léalia Véron sensibilise à la nécessité à l’échelle individuelle d’être ne serait-ce que conscient de ce que l’on dit et de pourquoi on le dit de cette façon afin de limiter les discriminations de classe, de genre, d’appartenance ethnique et culturelle… Le français est une langue riche, vivante et multiple. Si la question d’évolution de la langue fait parfois grincer des dents au sein de l’opinion publique, il est tout de même intéressant de l’observer, de la questionner, de la comprendre afin de se trouver en mesure de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, et ce quelles que soient nos sensibilités politiques! [Parlez comme jamais est un podcast de Binge Audio en partenariat avec les Éditions Robert, disponible sur de nombreuses plateformes d’écoute : Apple Podcast, Spotify, YouTube…]

Maïwene Jinguenaud


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Bien sûr, cette coopération culturelle a renforcé les relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis, qui est le pays du Moyen Orient avec la plus grande proportion d’entreprises françaises et de résidents français. Le pays fournit aussi une grande quantité de pétrole à la France. De ce fait, il était important pour cette dernière d'assurer la pérennité de cette relation, dans cette partie du monde souvent bouleversée. Crédit photo: Louvre Abu Dhabi

Patrimoine ou Politique Étrangère : pourquoi la France a-t-elle vendu le Louvre? En 2007, la France a signé un contrat avec les Émirats arabes unis pour construire un nouveau Musée du Louvre à Abu Dhabi. L'accord qui a fait gagner des centaines de millions d'euros au gouvernement français permet aux Emirats arabes unis de s’offrir l’usage du nom du « Louvre » pour une durée de trente ans, le prêt de diverses œuvres pendant dix ans ainsi que l'aide de spécialistes français. L’accord visait à créer un nouveau musée multiculturel, contenant des objets du monde entier. Les œuvres sont présentées de façon chronologique, de l'Histoire ancienne à l'Histoire moderne, et non pas classées par leurs origines culturelles. L’idée était de présenter l’Histoire de l’humanité : les civilisations et les religions. Les arts européens y sont pleinement représentés, et le musée possède son propre Léonard de Vinci – La Belle Ferronnière. L’ouverture du musée a suscité le débat en France. Pourquoi ouvrir un autre Louvre, institution déjà des plus prestigieuses et des plus iconiques ? IN THE SPOTLIGHT

Le concept de la coopération culturelle n’était pas nouveau : la France avait déjà installé une université, celle de la Sorbonne, à Abu Dhabi. Ainsi, le nouveau musée faisait partie d’un projet du gouvernement émirati de transformer Abu Dhabi en un nouveau centre touristique. La France l’a proclamé « première ville culturelle au-delà de l'Europe ». En dépit de cet eurocentrisme évident, le projet était une volonté de la France de se présenter comme le représentant international de la culture et de renforcer sa domination mondiale. De plus, le rôle de la France dans la réalisation et la conception du musée (les conservateurs sont tous français et l’architecte est français) suggère que le projet était davantage un projet français qu’une collaboration ou qu’une coopération. Encore une fois, il s’agissait de faire rayonner la puissance culturelle française afin que la France s’affirme comme un allié prestigieux pour le monde oriental.

Crédit photo: Anadolu Agency/Getty Images NOMADIC

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Mais le projet a reçu des critiques sur le territoire français. Une première critique a concerné la marchandisation des œuvres d’art. Dépendant d’une institution publique, les œuvres du Louvre appartiennent au patrimoine et sont donc la propriété du peuple français. Les prêts à long terme et à but lucratif ne remettent-ils pas en cause l’essence même des œuvres d’art ?En outre, une lettre écrite par des figures du monde de la culture française et publiée dans Le Monde, “Les musées ne sont pas à vendre”, explique que si les prêts à but lucratif continuent, les musées risquent de « perdre leur âme ». La question est la suivante : « Les enjeux politiques et diplomatiques doivent-ils primer sur toute autre considération et entraîner des dépôts payants d'œuvres essentielles au patrimoine d'un pays ? »Cette lettre interrogeait : « Qu'avons-nous en France de mieux à offrir que nos trésors d'art, qui attirent chaque année une grande partie des 76 millions de touristes, les plus nombreux du monde ? » La peur grandissait que le nouveau Louvre puisse diminuer la puissance du premier musée du Louvre à Paris - source de controverse, car le gouvernement français semblait penser l’inverse.

Crédit photo: www.dianamiaus.com

Finalement, en termes de politique étrangère, le commerce de l’art n’assouplit pas les relations dans la région du Moyen-Orient. En France, l'assassinat de Samuel Paty par un extrémiste islamiste a provoqué une nouvelle vague de débats politiques contre l’Islam. Le débat actuel autour des caricatures du prophète Mahomet et de la liberté de parole révèle l'incapacité de la France de s'adapter à la culture cosmopolite, et d’assurer une égalité des chances et de traitement à tous ses Par ailleurs, l'exploitation des travailleurs a suscité habitants. une vive critique en 2015. Human Rights Watch a révélé que les immigrés travaillant à la construction La France a gagné beaucoup d’argent grâce à cet du musée étaient soumis à des conditions accord ; peut-être est-ce le rôle de l’art de nos équivalentes à du travail forcé, et risquent jours. La diplomatie repose sur des échanges, mais notamment une arrestation et une expulsion s'ils est-ce une mauvaise idée pour un pays portaient plainte. En faisant partie du projet, la culturellement riche d'utiliser l'art comme monnaie France avait une responsabilité de protéger et de diplomatique ? En ce qui concerne le Louvre, il n'y a partager ses valeurs à l’international – ce qui est le pas lieu de craindre pour la qualité de la collection but principal de la diplomatie. Bien que parisienne : des milliers d'œuvres ne sont pas l'exploitation des immigrés soit un problème auquel exposées, simplement par manque d’espace. En la France est également confrontée dans dépit de la controverse, la France a su tirer profit de l’hexagone, il est juste de dire que cette révélation a son patrimoine, sans l’avoir appauvri. terni l'image du projet et de la France : il n'y a certainement pas d’égalité, de liberté ou de Elizabeth Fogg fraternité dans ce contexte.


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et

MICHEL HOUELLEBECQ VIRGINIE DESPENTES

UN MARIAGE DE VENGEANCE

credit: Elle fr

Dans L’Extension du domaine de la lutte (1994), Les Particules Élémentaires (1998) et Baise-Moi (1993) La réputation sulfureuse de Michel Houellebecq et Virginie Despentes n’est plus à faire dans le monde littéraire contemporain. Les opinions abondent au sujet de leurs œuvres qui raillent les mœurs françaises. Ces deux auteurs décrivent d’une manière peu flatteuse une société qui est en déclin, et ce avec une franchise déconcertante qui affiche un anticonformisme assumé imprégné de nihilisme et d’athéisme. Force est de constater que le mépris est le sentiment dominant dans leurs œuvres. La dynamique toxique entre le défaitisme et la vengeance exercée par les personnages les uns envers les autres, qui finit par laisser la place à une désacralisation du corps humain, fait écho chez le lecteur.

credit:babelio.com

Houellebecq montre au lecteur comment les petits gestes du quotidien d’un cadre moyen peuvent devenir insidieusement tyranniques tandis que Despentes insiste sur une agressivité sexuelle latente; nos fantasmes sexuels de dominer et d’être dominé sont dévoilés en dépit des conventions sociales.

On pourrait y voir un parallèle idéologique où le Masoch de Houellebecq serait le Sade de Despentes. Au fur et à mesure que le lecteur avance dans la lecture de ces romans, il se surprend à développer un penchant pour le mauvais goût: il devient une “victime coupable”, qui prend un malin plaisir à regarder des images écoeurantes. Il s’identifie à l'anti-héros et, ce faisant, il devient un citoyen désabusé.


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Les voix de Houellebecq et Despentes éclatent avec force des tréfonds nostalgiques de la sauvagerie humaine. Houellebecq dépeint “le moyen”, qui est à ses yeux, “la chose la plus méprisable du monde”: son personnage, qui souffre d’une impotence sexuelle caractéristique de ses limites, qu’elles soient professionnelles ou éthiques, ne lutte jamais contre sa médiocrité. Le Marquis de Sade aurait dit que l’impotence, qui produit forcément l’érotique, est l’humiliation d’un individu qui échoue à être en pleine possession de ses moyens. Despentes, elle, l’anti-phallocrate, utilise cette humiliation pour lancer ses personnages féminins dans une aventure qui aboutira à la mort. Les deux ont commencé à écrire lors de l’émergence de la révolution technologique, à une époque où être un ‘programmeur-analyste’ de trente ans ou une femme sexuellement désinhibée revient à être une sorte de paria sordide.

credit: goodreads.com

Les auteurs divisent leur roman en trois parties sur le modèle de l’épopée, cette fois héroïque et psychanalytique. Ils choisissent de coupler leurs personnages principaux avec un double du même sexe, issu d’une même tribu. Pour Houellebecq, cette dualité prend la forme de deux jeunes hommes maladifs qui n’arrivent pas à trouver une femme qui se montre assez enthousiaste pour coucher avec eux: ses récits sont donc interrompus par des moments de masturbation, de nausée et de réflexion sur “la chute du féminisme". Chez Despentes, un “neoféministe” croise les chemins de deux filles sans retenue qui sont obsédées par le sexe et déclarent la guerre à la société qui les contraint: elles déambulent et font du grabuge avec la même facilité que leurs semblables masculins.

credit: babelio.com.

Ces contes grotesques suivent des personnages ratés qui habitent un monde où la technologie florissante et le capitalisme de surveillance règnent. par

Joanna Davies


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SOIF par

Amélie Nothomb CRITIQUE PAR THOMAS LAMBERT-LEGRAND © (Photo Jean-Baptiste Mondino)

Publié en 2019, Soif est le vingt-septième roman de la romancière belge Amélie Nothomb et figura parmi la sélection du prix Goncourt l'année de sa parution. Après avoir écrit des œuvres souvent fictives, parfois autobiographiques et avoir réinventé des contes populaires, Amélie Nothomb s'attaque au Nouveau Testament. Souvent évoqué dans ses précédents romans, Jésus incarne le personnage de ce qui semble être l'aboutissement de l'œuvre nothombienne. « Tous les livres que j’ai écrits avant celui-ci étaient des exercices de musculation destinés à m’entraîner à écrire ce livre. Il y avait préméditation, je savais que je voulais écrire mon livre sur Jésus, que c’était ce qui m’importait. Si je n’ai cessé de repousser l’échéance, c’est que je ne me sentais pas assez musclée, je n’étais pas encore l’athlète de l’écriture que je rêvais

d’être. », a-t-elle expliqué lors d'un entretien sur France Culture. Roman écrit à la première personne du singulier, l'écrivaine se met dans la peau de Jésus, de son procès à sa résurrection, en passant par la Passion du Christ. Elle relate ses pensées, ses doutes, ses observations, tel un homme ordinaire : le résultat est une introspection physiologique profonde. Durant son procès, les trente-sept miraculés défilent à la barre et portent des accusations ingrates contre Jésus : à titre d'exemple, une femme lui reproche d'avoir gâché sa vie en ayant guéri son fils malade car il est redevenu l'enfant turbulent d'autrefois. Le résultat est sans appel : l'homme est condamné à mort. Le Jésus-Christ que présente l'auteure est un personnage sensiblement humain. « On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps. »


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affirme Amélie Nothomb. Le Christ endure alors les pires épreuves : l'angoisse de la mise à mort, le supplice de la crucifixion, les sévices physiques de la couronne d'épines ou du poids de la croix qui lui pèse sur les épaules, la soif lancinante, et finalement le trépas. De cette soif, qui donne son nom au titre éponyme, Amélie Nothomb écrit : « Quand on cesse d'avoir faim, cela s'appelle satiété. Quand on cesse d'être fatigué, cela s'appelle repos. Quand on cesse de souffrir, cela s'appelle réconfort. Cesser d'avoir soif ne s'appelle pas. » La gorgée d'eau relève alors du divin. Boire enfin ne diminue pas le désir de boire, bien au contraire, il le décuple. Après avoir mangé, on n'a plus faim. Après avoir bu, on a encore soif. C'est une jouissance, en même temps qu'un désir, semblable à l'amour de Dieu. Du corps, l'écrivaine tire une considération philosophique et théologique. Critique du christianisme traditionnel, l'image du martyr mort sur la croix, envoyé par le Père pour expier les péchés de l'humanité, est une conséquence du mépris ancré dans la religion pour le corps.

QUAND ON CESSE D'ÊTRE FATIGUÉ, CELA S'APPELLE REPOS. QUAND ON CESSE DE SOUFFRIR, CELA S'APPELLE RÉCONFORT. CESSER D'AVOIR SOIF NE S'APPELLE PAS.

Amélie Nothomb

Mais ne pouvons-nous pas voir dans cette humanité extrême une faiblesse ? Amélie Nothomb pousse l'interprétation d'une figure humaine jusqu'à dévoiler que comme tout homme, il a connu l'amour. Elle prête à Jésus une relation plus qu'ambiguë avec MarieMadeleine, relatant les baisers qu'ils se sont échangés, alors que le texte original n'en fait pas état. Cette prise de liberté ne nuit-elle pas quelque peu à l'ouvrage, qui d'une interprétation du Nouveau Testament tend vers la fiction ?

© Google Photos


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Été

85

L’Été 85 est un retour apprécié aux premiers travaux de François Ozon, un avis partagé par le festival de Cannes 2020 qui a inclus le réalisateur français pour la sixième fois dans sa sélection officielle. Rappelant les films des années 80 américains sur le passage à l'âge adulte, Ozon s’y connaît tellement bien que le film n’est jamais gênant.

Adapté du roman d’Aidan Chambers, Dance on my Grave, le film suit Alexis (Félix Lefebvre), un garçon qui doit choisir entre passer son bac ou trouver un travail. Lors d’un tour en bateau seul, Alexis fait chavirer son bateau. Heureusement, un apollon grand et bronzé nommé David (Benjamin Voisin) vient à son secours, un événement qui fera basculer la vie d’Alexis pour toujours Entre les deux garçons se développe très rapidement une relation - la mère veuve de David (Valeria Bruni Tedeschi) est également chaleureuse avec Alexis et lui offre immédiatement un bain pour se remettre de son accident en mer, un traitement rarement vécu par la majorité des couples homosexuels. Même si l’histoire d’amour entre les deux beaux gosses est clichée, elle reste parfaitement crédible et Ozon réussit à créer une folle aventure aussi palpitante qu’effrayante.

Le réalisateur maintient un équilibre adroit entre un traitement sombre et sérieux de l’amour et de la mort et trouve un bon mélange entre la satire d’une comédie romantique et le drame de la jeunesse.

Benjamin Voisin et Félix Lefebvre L’Été 85 (TIFF)

Benjamin Voisin et Félix Lefebvre L’Été 85 (TIFF)


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« [Le réalisateur] trouve

un bon mélange entre la satire d’une comédie romantique et le drame de la jeunesse

« Benjamin Voisin et Félix Lefebvre L’Été 85 (TIFF)

Kate (Philippine Velge), une jeune fille au pair anglaise qui parle un français de première année d’université, apporte des notes d’humour, même dans les scènes les plus tristes, et le ton pince-sans-rire des parents compatissants d’Alexis provoque autant de rires que de grimaces. Bien que le film contienne tous les stéréotypes d’un film des années 80 (les chansons de The Cure, Rod Stewart et Bananarama, le jean bleu, le tournage du film sur pellicule de 16mm), Ozon est très sensible dans sa discussion sur la mort et la dépression et présente celles-ci d’une manière très intéressante. Les nombreux va-etvient temporels créent une histoire non-linéaire, mais ils ne sont pas difficiles à comprendre et rendent l’intrigue encore plus captivante. Grâce au contrôle du ton, cette comédie d’adolescence se transforme en un grand spectacle du cinéma indépendant. Ashwin Haynes


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Emily Paris Lés Misérables LE VRAI VISAGE DE PARIS

in

et

du Ladj Ly

Bien sûr les croissants et les boulangeries sont populaires chez les Français, mais ne constituent qu’une petite fraction de leur culture. Emily in Paris ne réussit pas à démontrer l’influence des cultures du monde entier, qui ont pourtant déterminé la culture française actuelle. Au cours de l’histoire, et surtout durant le vingtième siècle, l’immigration en France n’a cessé d’augmenter et ces nouveaux arrivants apportent leurs cultures avec eux. L’inaptitude de la série à dépeindre ce mélange et l’évolution de la culture française montre son incapacité à peindre un portrait fidèle de Paris. credits: netflix.com

Emily in Paris et Les Misérables de Ladj Ly dépeignent Paris dans le contexte d’aujourd’hui.

Christina Cserep

La série, Emily in Paris, raconte l’histoire d’une jeune femme américaine qui est mutée à Paris pour les besoins de son travail. À travers les yeux d’Emily, le spectateur est téléporté dans la ville et a alors l'occasion de découvrir la culture française et la vie parisienne. Mais ces boulangeries et ces cigarettes formentelles le juste résumé d’une ville et d’un peuple bouleversés par l’histoire et la politique au fils des siècles ? En contraste avec ce portrait particulier, le récent film de Ladj Ly traite de la violence policière et des inégalités qui se passent en banlieue.

Deux représentations de la même ville, marquées par un contraste frappant, amènent à se demander laquelle dresse le portrait le plus juste. De plus, elle se concentre sur le Paris intramuros, notamment les quartiers plus riches et bourgeois. Elle ne prend pas en compte les gens qui habitent peut-être un peu plus loin et dans la banlieue, où la vie n’est pas la même. C’est ce type de vie que le film de Ladj Ly a l’intention de montrer. Le film, comme suggéré par le titre, démontre les effets de la séparation entre les gens qui vivent dans le centre et les gens qui vivent en dehors de celui-ci.


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Mais c’est sur la violence policière que le film insiste vraiment, car il devient évident que personne ne vivant dans la banlieue ne peut s'échapper de cette violence et ce préjugé, même les enfants. Le seul rapprochement qui peut être établi entre le film et la série est celui de la continuité. Tous les deux démontrent Paris comme une ville avec une société brisée, où une moitié de la population vit sans penser à la politique et aux problèmes de la France tandis que l’autre moitié vit dans la pauvreté et en tant que victimes de violences policières. Mathieu Kassovitz avait déjà mis en lumière ce problème dans son film La Haine, mais il est évident que ce fossé est toujours présent. Bien que Les Misérables vise à souligner ces inégalités et à changer la situation, Emily in Paris accepte et méprise ces différences. Il semble que Les Misérables soit plus en phase avec les mouvements d’aujourd’hui et, par conséquent, plus réaliste.

credits: netflix.com

credits: konbini.com

credits: grazia.fr

Mais existent-ils des dangers à dépeindre Paris d'une manière si romantique, comme c’est le cas dans la série ? En bref, oui. La société française est toujours en train d’essayer de combattre les inégalités fortes qui existent. Les manifestations de Black Lives Matter aident à souligner des problèmes actuels concernant l'ensemble de la population et font donc pression sur le gouvernement pour agir. Cependant, si une série comme Emily in Paris, l’une des plus regardées sur Netflix, introduit Paris sans ces problèmes politiques et sociaux, le public ne réalise pas que ce qu’il regarde n’est pas la réalité. Par conséquent, il ne soutient pas les mouvements sociaux importants, ce qui entraîne un manque de changement et un cercle vicieux.


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LA NOUVELLE VAGUE ET LA RÉVOLUTION DU CINÉMA CARLA SUAREZ La Nouvelle Vague connaît son apogée durant Vers

la

fin

des

années

1950,

la

Nouvelle

Vague surgit dans le cinéma français pour changer son destin. La Nouvelle Vague est le mouvement le plus révolutionnaire du cinéma français

puisqu’elle

définitive

avec

marque

le

une

cinéma

rupture

classique

de

l’époque, qui suivait des conventions strictes de

réalisation

grâce

cinématographique.

à

un

groupe

de

critiques

de

cinéma

appelés

Turcs les

»

jeunes

C’est

journalistes

«

Les

Jeunes

que surgit la Nouvelle Vague. Parmi

‘Jeunes

Godard,

Turcs’

Éric

se

trouvent

Rohmer,

Agnès

les années 1960 avec des films qui se centrent sur

les

jeunes

Varda

et

du cinéma classique en écrivant des critiques pour la revue Cahiers de Cinéma dirigé par

du

cinéma

reposent

d'innovations tournages

sur

techniques

en

studio

français

le

à

manque

utilisées

ainsi

lors

que

des

sur

la

déconnexion entre l’industrie du cinéma et la société cette

française

société

de

l’après-guerre.

florissante

de

Dans

l’après-guerre,

les jeunes occupent une place de plus en plus importante et la ville devient leur scène. La prospérité des Trente Glorieuses entraîne ainsi

la

urbaine jeunesse que

les

naissance dans est

les

d’une rues

nouvelle

de

protagoniste.

auteurs

de

Paris

C’est

Cahiers

de

soi

dans

une

d’une nouvelle génération suscite l’apparition de nouveaux

visages

au

grand

écran

qui

deviendront plus tard les acteurs emblématiques du cinéma français tels que la muse danoise de Godard

Anna

Karenina,

l’américaine

Jean

Seberg, et les français Jean-Paul Belmondo et Jean-Paul

Léaud.

Ces

acteurs

incarnent

l’essence de la Nouvelle Vague.

La jeunesse s’empare de Paris à travers cette culture

urbaine

culture dont

pour

de

la

cela

Cinéma

émergente

qui

se

vit

dans

les

rues, les bars et les parcs de la ville. Le quotidien des

jeunes

Nouvelle critiques

quête

société en pleine métamorphose. L’émergence

cinéastes.

le cinéaste André Bazin.

Leurs

leur

Jean-Luc

François Truffaut qui défient les conventions

l’époque

et

Seine,

devient Les

un

nouveau

personnages

Vague

prennent

se des

sujet

des

promènent verres

de

le vin

pour

films

de

la

de

la

long en

les

terrasse

autour du boulevard Saint-Germain et visitent les bars

de

la

Rive

Gauche

et

les

cabarets

de

Pigalle. L’art de flâner à Paris est un élément présent dans de nombreux films de la Nouvelle Vague tels que Cléo de 5 à 7 (1962) par Agnès Varda, Baisers Volés (1968) par François Truffaut et Une femme est une femme (1961). C’est en flânant autour de la ville que les personnages se découvrent eux-mêmes. Les balades à travers les rues

du

Quartier

Latin,

le

Marais

et

les

Batignolles mènent les jeunes personnages à des rencontres

spontanées

qui

marqueront

leur

destinée.

décident de mettre en pratique leurs théories cinématographiques

et

fondent

ainsi

la

Le dynamisme de la ville est à l’origine de la spontanéité de la vie quotidienne. La réalité du

Nouvelle Vague.

quotidien

devient

la

source

d’inspiration

principale pour la création cinématographique et c’est ainsi que la Nouvelle Vague révolutionne le septième art, établissant un nouveau genre qui constitue son héritage dans l’histoire du cinéma : le film d’auteur.

Image:Canva


PAGE 26 |CRÉATIVITÉ

YEAR ABROAD PHOTO COMPETITION India Coleman, BA French J’ai pris cette photo lors d’un voyage spontané au Maroc quelques semaines avant l’épidémie de Covid-19 en Europe. Chefchaouen est une petite ville montagneuse qui est surnommé ‘La Ville Bleue’ ou ‘La Perle Bleue du Maroc' en raison de ses pittoresques bâtiments bleus. De cette couleur bleutée, il est dit que le peuple Juif, installé là après la persécution d’Hitler, en serait à l’origine ; peut-être est-ce plus simplement pour évoquer les couleurs de la mer. Traversez ces rues sinueuses, colorées avec différentes nuances de bleu, et tous vos sens seront complètement en éveil ! Il est impossible de prendre une mauvaise photo !

Abraham Lopez, BA French and Management Cette photo a été prise à Courchevel , dans les Alpes françaises !J’adore le ski

car

je

peux

profiter

de

la

montagne, de l’air frais et faire du sport avec d’autres personnes. Quand je fais du ski je me sens détendu et très content !

Megan Hughes, BA French Cette photo a été prise à la Plage des Salines en Martinique. Les Salines est située dans le sud et est l'une des plages les plus célèbres de l'île. Elle est connue pour être l'une des plus longues plages de l'île (environ 1200m) et est l'incarnation du "Paradis Caribéen" : sable fin, des palmiers qui bordent toute la plage, une eau chaude et turquoise et des cabanes de BBQ dispersées dans la forêt de palmiers. Sur cette photo, j'essayais *d'escalader* un des cocotiers (ce qui est beaucoup plus dur que ce que je pensais !). C'était sans aucun doute ma façon préférée de passer la saison "d'automne" et le mieux, c'est qu'on peut faire ce genre de voyage tous les week-ends, parfois plusieurs fois dans la même semaine !

Alvia Zaidi, BA French and German Je n’étais jamais allée à Paris avant mon année à l'étranger et donc j'avais hâte de voir la Tour Eiffel sous le meilleur éclairage possible. Sans savoir qu'il y avait la place du Trocadéro et le Champs de Mars, j'ai marché du 9ème où j'étais logée, vaguement en direction de la tour Eiffel, comme indiqué sur Google Maps. Je ne me suis même pas rendu compte que j'étais passée devant tant de monuments célèbres car j'étais si déterminée de voir la tour Eiffel. Après y être arrivée avant le coucher du soleil et étant trop fatiguée pour y rester, j'ai commencé à rentrer à pied. En arrivant au Pont de l'Alma, je me suis retournée et j’ai découvert la vue dans cette photo.


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o e d i V : b u cl Un retour à l’insouciance de la jeunesse Écrit par Ally Azizi De nos jours, adolescent.es et jeunes adultes se retrouvent contraint.es de s’engager prématurément sur ce chemin périlleux du passage à l’âge adulte. Travailler dur à l’université, trouver un emploi, gagner de l’argent… Notre bien-être est secondaire car il faut se confronter à la réalité de la vie, parfois sans ménagement. Videoclub va à l’encontre de cette tendance et permet ainsi une évasion de quelques minutes dans cette jeunesse perdue.

Crédit photo: Instagram de @9videoclub

Groupe de musique formé à Nantes, Vidéoclub est un duo français composé d’Adèle Castillon et de Matthieu Reynaud. Après leur première tournée qui a eu lieu pendant l’été 2019, ils ont joué dans plusieurs festivals de musique en Europe et sortent ensuite leur premier album complet fin 2020, après avoir déjà connu le succès de pas moins de sept singles. C’est dans une ambiance rétro des années 80 que s’inscrivent leurs chansons qui traitent souvent du thème de l’amour juvénile. Submergé.es par une vague de nostalgie, nous sommes transporté.es dans cet univers alternatif où le sentiment amoureux est brut, intemporel, sans frontière. Cet univers où les protagonistes ont l’occasion de revivre le plaisir de leur jeunesse s’apparente par ailleurs à

l’épisode “San Junipero” de la série Black Mirror dans lequel se mêlent également nostalgie et légèreté des amours de jeunesse. Leur chanson la plus célèbre « Amour Plastique » reflète ce même amour brut. Dans ce méli-mélo de sentiments exaltés, nous observons ainsi que l’amour est bel est bien la seule chose qui compte.

« Je me noie dans la vague de ton regard amoureux /Je ne veux que ton âme divaguant sur ma peau » Si aujourd’hui l’amour est indissociable de principes économiques ou sociaux, qu’il est devenu une entité mécanique ou


PAGE 28 |CRÉATIVITÉ

transactionnelle, notre priorité reste la survie dans ce monde de plus en plus compétitif. Le système capitaliste désensibilise ainsi ce qui est de l’ordre des émotions au détriment de l’aspect financier. Le divorce est effectivement devenu une norme : au cours des dernières décennies, on observe que deux couples sur mille ont fait le choix de divorcer en 2017 dans l’Union Européenne.

« Je ne pense à toi que quand le jour sombre, que s’abattent sur moi / Mes tristes démons, dans la ville sans fond » Cette chanson véhicule cet espoir naïf d’un amour authentique qui procure cette sensation de bien-être : lorsque l’on pense à l’objet de notre amour, la tristesse et les soucis s'atténuent. De plus, la chanson nous plonge également dans cet état nostalgique qui fait émerger nos souvenirs d’enfance. Des bribes de cette liberté juvénile refont ainsi surface: pas de facture, pas de responsabilité, pas de problème… Mais également cet aspect si présent autrefois, qui s’avère aujourd’hui

pourtant si difficile à acquérir: la confiance. Lorsque nous sommes enfants, nous avons confiance en tout et surtout en nos ambitions, nos rêves… Tandis qu’à l’âge adulte, il est notamment rare d’avoir un.e ami.e de confiance.

« Petite, je fuis le temps, déjà peur des convenances /Et la vraie étoffe des gens, c’est fou tout ce qu’ils pensent »

« J’regrette mon adolescence / Et pourtant c’est pas fini / Quand t’es petit y’a la méfiance » J'espère que vous aurez l'occasion d’expérimenter ce sentiment lorsque vous écouterez cette chanson afin de prendre une pause face aux difficultés de la vie. Revenez à votre jeunesse le temps d’une chanson avec Videoclub.

L'adolescence est également une période difficile: nous sommes tiraillé.es entre naïveté et réalité. Nous sommes préoccupé.es par ce que les autres pensent de nous. Cette chanson nous rappelle alors de ne pas perdre de temps sur les aspects négatifs de nos vies et nous apporte une vague de positivité, de légèreté, qui mène à un certain bonheur.

Crédit photo: Twitter de @9videoclub


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C O N C O U R S THÈME Quel rôle jouent les monuments historiques dans la société actuelle ? Doit-on reconstruire à l’identique les monuments, comme Notre Dame, qui ont été détruits ? Ou au contraire, doit-on créer un nouveau monument à leur place ?

QUESTIONS Quelle est votre opinion sur la reconstruction à l’identique ? Quelle serait la meilleure option ? Quelles en seraient les conséquences pour l’Histoire de l’Art ? Si vous voulez répondre à la question en prenant un cas particulier vous pouvez prendre celui de la Cathédrale Notre Dame de Paris, mais ce n’est pas obligatoire : vous pouvez illustrer vos arguments avec l’exemple que vous voulez ! PARTAGEZ VOTRE POINT DE VUE AVEC NOUS !

FORMAT Votre réponse doit faire entre 400-500 mots. Vous pouvez choisir de répondre de façon académique ou par une écriture d’invention. Si vous le voulez, vous pouvez illustrer votre texte avec des dessins ou des photos. Nous vous encourageons à partager vos expériences ou réflexions personnelles et à faire preuve de votre créativité !ublication,

RÉCOMPENSE Le vainqueur du concours aura l’opportunité d’être publié dans la 8ème édition du magazine français de King’s College London, Des Nouvelles Héloïse ? qui paraîtra au printemps 2021. Il recevra aussi un prix, un Amazon voucher de £30, et une copie du magazine. Si les circonstances le permettent, le vainqueur du concours sera aussi invité pour faire connaissance de l’équipe et pour faire un tour du département de français de King’s College London. VOUS DEVREZ NOUS ENVOYER VOTRE TEXTE DANS LE FORMAT WORD OU PDF À L’ADRESSE MAIL : KCLFRENCHNEWSLETTER@GMAIL.COM. METTEZ COMME “OBJET” : « CONCOURS 2020-2021 ».AJOUTEZ À VOTRE TRAVAIL VOTRE NOM, LE NOM DE VOTRE ÉCOLE ET VOTRE CLASSE. LA DATE LIMITE DE PARTICIPATION EST LE 5 MARS 2021


merci

UN GRAND

À NOTRE ÉQUIPE

Ally Azizi

Maïwene Jinguenaud

Saffron Brown Davis Holly Campbell

Thomas Lambert-Legrand Alexis Marot-Achillas

Christina Cserep

Michelle Messerer

Maria Daab

Sophie le Meur

Joanna Davies

Daphney Ngounou

Douglas Deer

Gabrielle Pastel

Celestine Donovan-Bradley

Adrianna Rokita

Kamilya Duprat

Alina Seliverstova

Lucy Green

Meggy Taho

Costanza Greppi Blandine Hausermann

Freya Thorner Carlota Ybarra Maguregui Alvia Zaidi

BISOUS,

DNH


DNH


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