MOSTA (BIO.)
Quand la pure culture street se transforme en sagesse
Duskateboard augraffitien passantparleHipHop,«Mosta»,deson blase (Verviers/Belgique1983),a toujours baigné dans la culture street. Retour sur son parcours…
Tout démarre milieu des 90s.Le jeune belge pas-encore-artiste (qui garde toujours l’anonymat pour éviter d’être rattrapé parlepassé),alorsâgéde13ans,prend le trainenfamillepourAnvers.Parlafenêtredu wagon,ilaperçoit pour la première fois d’énormes graffitis sur des trains, parqués sur une voie parallèle.
«Ça n’a pas duré longtemps,parce qu’on avançait,mais j’étais émerveillé.Je suis resté scotché à la fenêtre.»
Quelques mois plus tard,dans le petit skatepark local qu’il fréquente alors,des gars débarquent et se mettent à graffer les modules de béton. Ce qui n’était alors qu’une intuition se transforme en pulsion. Avec son frère et quelques potes, entre deux sessions de skate,ils se met à tagger des murs à l’abandon du quartier.Rien encore qui ne ressemble à de l’art,si ce n’est celui de s’exprimer par l’intermédiaire d’une bombe. C’est sa rencontre,sur les bancs d’école,avec Mike Them qui va tout changer.
« Lloyd aka Wyxe est à l’origine de toute l’énergie street art de l’époque. Il faisait partie du groupe de graffeurs bruxellois des 90’s « NSE ». On avait les mêmes gouts et les mêmes envies. Avec lui tout démarre : le graf, mais aussi un groupe de Hip Hop qu’on crée. Nos DJ’s, c’étaient: Lloyd créateur du crew «V13 » , DJ Swiffer et Richard Colvaen avec comme MC’s : MikeThem,BugOne, PhilletMosta.»
Dans ce groupe de rap,on retrouve aussi le verviétois DJSwiffer,confondateur d’Hermutt Lobby aka Beat Surfing,qui depuis 2001innove sans cesse dans la musique pour devenir,fin des années 2010,une startup belge multiprimée et reconnue mondialement dans le milieu de la musique. D’ailleurs,Mosta réalisera quelques visuels pour leur application à l’occasion d’une collab avec DJ Klever (USA). Rien que ça.
Mais revenons un instant aux 90s. Quand on demande à l’artiste ce qui le poussait à graffer à l’époque,il répond avec une touche de nostalgie :
« L’adrénaline du chat et de la souris ! Tu passes du temps à repérer, à penser, à préparer parce que ça doit aller vite et tu dois être prêt. Le Graff est un art illégal. Puis t’es entouré de tes potes. Tu fais partie d’un mouvement. On existait dans cette culture de la rue, de la culture pop, on en faisait partie.»
Àcette époque,Mosta et ses acolytes du crew BCS ne font pas dans paraphe. Ils posent de grosses lettres,parfois sur plus de 20 mètres de long,sur des murs ou des trains.
Le temps passe. Beaucoup de fresques et de fête dans cette vie de l’instant…
En parallèle,il continue à travailler son art : celui des lettres,du style,du maniement de la bombe mais aussi du
marqueur.Vers 2010,alors que le mouvement semble s’essouffler un peu,il fait la rencontre d’un crew de jeunes graffeurs (A.S.P) ultra-motivés avec qui il se remet à peindre avec enthousiasme :
« Ils me rappelaient mon groupe 15 ans plus tôt. Avec eux on peint sur bâtiment abandonnés, dans des terrains vagues. Il y a une belle énergie. Puis en 2014 certains se font attrapés. Alors que je vivais uniquement au présent, je me mets aussi à réfléchir aux conséquences possibles sur ma vie future. Ma pratique va changer. On ne passe pas juste nos soirées à faire la fête, on les passe aussi à dessiner.»
Si son amour du Graff de ruereste intacte,Mosta se metà travailler sur des pièces plus réfléchies,sur mur mais aussi sur papier ou sur toile. Une fois le travail terminé, il photographie pour garder une trace. C’est à cette période qu’il rencontre celle qui deviendra la mère de ses enfants. Une jeune femme, filled’artiste, mais surtout végétarienne depuis la naissance.Rapidement,Mosta et sa compagne vont opérer une transition alimentaire qui vers le véganisme qui va transformer sa vision de la vie, et celle de son art.
« C’était une prise de conscience que la vie compte, et que chaque vie compte. À partir de là, j’ai eu envie de construire plus que de détruire ! Je me suis découvert un amour pour la Nature. On passait notre temps dans les Fagnes ou dans la Vallée (de la Vesdre). J’ai commencé à me passionner pour l’histoire de notre région. Les châteaux, les Éburons, l’univers médiéval, tout ça…Mon art est devenu plus structuré, je me suis aussi mis à la photographie. »
Aujourd’hui, sa vie c’est d’abord celle d’un père de famille, aux convictions fortes et assumées. Côté artistique, il collabore avec des groupes de musiques sur des dessins de covers,récemmentavec les gars de Beatsurfing,ilpeint et photographie…Tout ce qu’il fait est«à l’ancienne», c’est important pour lui : du fait main,sans pc ni tablette. Etlorsqu’on lui demande pourquoi ila accepté de collaborer avec Deerbie,ilrépond :
« Ce petit cerf, je le trouve cool. Ça me fait penser à la fois la culture pop, que j’ai toujours mis dans mon art, et ça évoque aussi en moi un dieu celtes que j’apprécie, Cernunnus, en position de Yoga avec deux bois sur la tête (ndlr Chaudron de Gunderstrup et le dieu Cernunnos - oui, ça devient technique !).»
Avant d’ajouter :
« Puis cette collaboration avec le Parc des Hautes Fagnes ça me parle complètement. Quand on m’a proposé de peindre sur ces objets, j’ai vu ça comme un signe du destin. Une façon de regrouper toutes mes passions, mon passé et mon présent,en un objet.»
From skateboarding to graffiti and hip hop,"Mosta," as he's known (Verviers,Belgium,1983),has always been immersed instreet culture.Alook backat his journey…
It all started in the mid-90s.This young Belgian not-yet-an-artist (who still remains anonymous to avoid being hauntedbyhispast),then13years old,took the train toAntwerp withhisfamily.Throughthe trainwindow,hesaw for the first time huge graffiti murals on trains parked on a parallel track.
"It didn't last long, because we were moving, but I was amazed. I was glued to the window." A few months later, at the small local skatepark he frequented, some guys showed up and started tagging the concrete ramps. What had beenjustanintuition transformedintoacompulsion.
With his brother and a few friends, between skateboarding sessions, he started tagging abandoned walls in the neighborhood.Nothing resemblingartyet,exceptperhapstheactof expressinghimself withaspraycan.Itwashis meeting with Mike Them at school that would change everything.
« Lloyd aka Wyxe was the driving force behind all the street art energy of that era. He was part of the Brussels graffiti crew 'NSE' from the 90s. We had the same tastes and the same aspirations. It all started with him: graffiti, but also a hip-hop group we formed." Our DJ’s were Lloyd, creator of the "V13" crew, DJ Swiffer and Richard Colvaen with as MC’s : Mike Them, Bug One, Phill and Mosta »
This rap group also includes DJSwifferfromVerviers,co-founder of Hermutt Lobby aka Beat Surfing,who has been constantly innovating in music since 2001, becoming, by the end of the 2010s, a multi- award-winning Belgian startup with global recognition in the music industry. In fact, Mosta will be creating some visuals for their app for a collaboration with DJKlever (USA).Quite an achievement.Butlet's goback to the '90sfor a moment. When asked what motivated him to do graffiti back then, the artist replies with a touch of nostalgia:
"The adrenaline of the cat-and-mouse game! You spend time scouting, thinking, preparing because it has to be fast and you have to be ready. Graffiti is an illegal art form." Then you're surrounded by your friends. You're part of a movement. We existed within this street culture, this pop culture; we were part of it.»
Atthattime,Mosta and his BCS crewmates weren'tmessing around.They were putting up huge letters,sometimes over 20 meters long, on walls or trains.Time passed. Lots of murals and parties in this life of the moment… Atthe same time,he continued to hone his art: the art of lettering,style,and handling spray paintand markers. Around 2010, when the movement seemed to be losing steam a bit, he met a crew of highly motivated young graffiti artists with whom he enthusiastically started painting again:
“They reminded me of my group 15 years earlier.With them,we painted on abandoned buildings,in vacant lots. Therewasa greatenergy.Then in 2014,someof themgotcaught.”While Iwas livingsolely inthe present,Ialso began to reflect on the possible consequences for my future life.My practice was going to change.We don't just spend our evenings partying; we also spend them drawing.
While his love for street graffiti remained intact,Mosta began working on more thoughtful pieces,on walls but also on paper or canvas. Once the work was finished, he photographed it to preserve a record. It was during this period that he met the woman who would become the mother of his children.A young woman, daugher of an artist,but above all,a vegetarian since birth.Mosta and his partner quickly transitioned to a vegan diet, which transformed his vision of life and his art.
"It was an awakening to the fact that life matters, and that every life matters. From then on, I wanted to build more than destroy! I discovered a love for Nature." We spent our time in Les Hautes Fagnes or in the Vallée de la Vesdre. I became fascinated by the history of our region. The castles, the Eburones, the medieval world, all that… My art became more structured, and I also took up photography.”
Today, his life is primarily that of a family man with strong and unwavering convictions. On the artistic side, he collaborates with music groups on cover art, recently with the guys from Beatsurfing, and he paints and photographs…Everything he does is “old school,” which is important to him.Handmade,without a computer or tablet.And when asked why he accepted to collaborate with Deerbie, he replies:
“I think this little deer is really cool. It reminds me of pop culture, which I've always incorporated into my art, and it also evokes a Celtic god I admire, Cernunnus, in a yoga pose with two antlers on his head (Yeah,it's gettingtechnical!).
Before adding:
“This contribution to Le Parc Naturel des Hautes Fagnes resonates deeply with me. When I was offered the opportunity to paint on these collectibles, I saw it as a sign of destiny. A way to bring together all my passions, my past and my present, in one object.”