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CULTIVER la réussite
Jeudi septembre | 51 Volume 44 | 2 eCULTIVER Numéro Jeudi 1717 septembre 2026 2026 | Volume | 9 e Numéro
la réussite
IMMOBILIER AGRICOLE
Nouvelles réglementations : la réalité du terrain
Aussi dans cette édition : Immobilier agricole : à quoi ressemble la réalité du terrain?.............................................................p. 3 et 4 Entrevue avec l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC)......p. 8 Le MAPAQ offre des idées pour transformer vos surplus de récolte en occasion d’affaires...................p. 11
TRANSFORMATION ALIMENTAIRE
2 - Jeudi 17 septembre 2026 - Gestion et Technologie Agricoles
L A P R O M O T I O N D E L’A G R I C U LT U R E E N M O N T É R É G I E E T A U C E N T R E - D U - Q U É B E C
IMMOBILIER AGRICOLE
À quoi ressemble la réalité du terrain? Yves Rivard GTA
Sylvain, Jean-Philippe et Mélodie Trépanier Maxxum 100 - agence immobilière
ÉDITEUR : Benoit Chartier RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette TEXTES ET COORDINATION : Yves Rivard CONTRÔLEUR : Monique Laliberté
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tions deviennent des investissements en soi. S’ils ne cultivent pas eux-mêmes, ils les louent à d’autres agriculteurs ou procèdent à des échanges. Je souhaite seulement que le processus administratif lié à ce changement ne vienne pas ralentir le mouvement des transactions, car celles-ci sont souvent très complexes par rapport à d’autres et nécessitent souvent déjà plus de temps. Cela dit, savoir qui achète des terres et pourquoi fait beaucoup de sens. L’important est aussi de s’assurer que les terres demeurent accessibles à la relève. GTA : En juillet dernier, on apprenait aussi que Québec a donné le feu vert à l’expansion des terres cultivables sur son territoire, après plus de 20 ans de moratoire. Prévoyez-vous un impact sur vos activités? S.T. : Tout le monde souhaite que ces nouvelles règles propices à l’agriculture ne soient pas préjudiciables à l’environnement, évidemment. Certains marchés et zones pourraient effectivement en bénéficier pour stimuler des transactions. Des joueurs, qui ne pouvaient pas bouger avant, pourront probablement le faire maintenant. En Montérégie, certaines terres comptent de grandes surfaces boisées, cette
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GTA : Votre opinion sur les nouveaux règlements instaurés par Québec en juillet, portant sur les nouveaux suivis de transaction détaillés visant à contrer la spéculation foncière? S.T. : C’est un bon pas pour préserver notre agriculture. Cela dit, certains grands acheteurs sont aussi des agriculteurs. Par la force des choses, les acquisi-
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nouvelle réalité pourrait ramener le contexte aux années précédant le moratoire, où de nouveaux joueurs étaient entrés dans le marché pour « faire de la terre neuve ». Il ne faut toutefois pas oublier qu’il est assez coûteux d’aménager une terre à bois en terre de culture. De plus, les nouvelles terres n’atteignent pas nécessairement leur plein potentiel dès les premières années : le pH, la matière organique, la fertilité et la structure du sol peuvent nécessiter plusieurs interventions avant d’obtenir des rendements optimaux. Il demeure quand même que ça ouvrira des opportunités dans le marché. GTA : Que vous disent les jeunes de la relève, dont le contexte actuel continue de rendre l’accès à la terre très difficile? S.T. : Je ne crois pas que le passage de l’aide maximale de 50 000 $ à 65 000 $, par exemple, changera vraiment la donne. Pour que les choses changent et s’améliorent, il faut une véritable volonté politique, concrète et accompagnée de programmes d’aide adaptés à la réalité économique et sociale. Une politique qui rejoint la relève au champ. Et ça passe probablement davantage par le niveau fiscal, là où le gouvernement doit faire la différence.
27 000 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par Postes Canada aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est Montérégie-Ouest Centre-du-Québec Prochaine édition 15 octobre 2026 Spécial GRANDE CULTURE et PRODUCTION BOVINE
Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2026 - 3
GTA : Quel constat général dressezvous du marché immobilier agricole actuel dans la région montérégienne, qui affiche les valeurs moyennes les plus élevées de la province? Sylvain Trépanier : En Montérégie, la demande pour l’achat de terres agricoles demeure bien présente, malgré un contexte économique plus exigeant pour les producteurs. La région conserve d’ailleurs une forte pression sur les valeurs foncières en raison de la qualité des terres, de la concentration d’entreprises agricoles performantes et du nombre limité de terres disponibles sur le marché. Il va sans dire que la hausse des coûts de production au cours des dernières années, notamment les intrants, la maind’œuvre, l’énergie, la machinerie et les équipements, vient directement affecter les marges bénéficiaires des entreprises agricoles. Les événements météorologiques plus difficiles ou imprévisibles peuvent également avoir une incidence importante sur les rendements et, par conséquent, sur la rentabilité. Les taux d’intérêt représentent aussi une variable déterminante. Il est important qu’ils demeurent à des niveaux permettant aux entreprises agricoles de financer leurs acquisitions et leurs investissements sans exercer une pression excessive sur leur capacité de remboursement. Dans un marché où la valeur des terres est élevée, même une variation
relativement faible du coût du financement peut avoir un impact considérable sur la rentabilité d’une acquisition. Tout demeure néanmoins une question d’offre et de demande. La demande continue d’être soutenue, particulièrement dans les secteurs où l’on trouve de grandes fermes de production et des entreprises bien établies dans les secteurs laitier, porcin, avicole et bovin. Ces entreprises demeurent actives et cherchent régulièrement à consolider ou à agrandir leurs superficies afin d’assurer leur croissance et leur efficacité. Dans le contexte actuel, les entreprises agricoles doivent être de plus en plus performantes pour absorber la hausse de leurs coûts. Cela passe notamment par une meilleure productivité, l’automatisation, l’agriculture de précision, l’utilisation de technologies permettant une gestion plus efficace des cultures et des troupeaux ainsi que par des équipements plus performants. L’objectif est de produire davantage ou plus efficacement avec les ressources disponibles afin de préserver les marges. On observe également une tendance à la consolidation. Les fermes bien établies prennent de l’expansion, alors que plusieurs petites et moyennes entreprises sont éventuellement intégrées à des exploitations de plus grande taille. Cette évolution entraîne progressivement une concentration de la propriété agricole entre un nombre plus restreint de producteurs.
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« J’évaluerais à environ 98 % le nombre de ventes qui se concluent entre agriculteurs »
- David Couture, courtier immobilier agricole
Yves Rivard GTA
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Sarah de Grady et David Couture Courtiers immobiliers, spécialistes du secteur agricole Groupe Sutton - Actuel inc. GTA : Quel constat général dressezvous du marché immobilier agricole actuel dans la région montérégienne, qui affiche les valeurs moyennes les plus élevées de la province? David Couture : Depuis nos débuts en 2010, nous vendons en moyenne une terre par semaine. Après environ 850 fermes et entreprises agricoles vendues, notre perspective est toujours basée directement sur le marché que nous desservons. Le marché continue d’être bon pour nous, car plus que jamais, un courtier compétent est nécessaire pour bien gérer les transactions. En 2010, le marché était difficile. Par exemple, de belles terres sises dans la région de Saint-Césaire ne trouvaient pas preneur à 6000 $ l’acre, terres qui se vendent aujourd’hui à 25 000 $ et plus l’acre. C’était difficile, et c’est à ce moment que le courtier a fait la différence en faisant respecter la valeur marchande. Sara de Grady : Il est vrai que le prix des terres a augmenté de manière fulgurante, tout comme la valeur des maisons à la suite de la pandémie. La crise de COVID-19 n’a pas été un déclencheur de hausse des prix, c’est plutôt du côté de la hausse du prix des grains, notamment en 2010 et 2012, qu’il convient de regarder. Les agriculteurs de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de l’Estrie, territoires sur lesquels nous sommes actifs, se distinguent par le fait qu’ils sont très ambitieux, qu’ils n’hésitent pas à acquérir des terres à des prix plus élevés, sachant que leur relève identifiée saura en tirer de bons rendements. Plusieurs sources prévoient une nouvelle hausse du grain à moyen terme. D.C. : Depuis 2020, le prix des terres dans l’ensemble des régions a augmenté d’environ 15 % à 20 %, ce qui est bien en deçà, toutes proportions gardées, de l’explosion de la valeur des maisons unifamiliales, qui ont souvent connu des hausses de 100 % au cours de la même période, à l’instar des prix de la machinerie et des pièces. En valeur d’aujourd’hui, toutes catégories confondues, la terre agricole est presque en retard sur le reste du marché immobilier. Elle a connu une hausse constante, mais pas une explosion comme d’autres secteurs. Il faut garder en tête qu’on pourra toujours fabriquer des tracteurs, des maisons, mais pas de la terre agricole de première qualité, qui est limitée. C’est une denrée rare. Cela dit, les transactions ont toujours lieu. On remarque moins
Sarah De Grady et David Couture, spécialistes du secteur immobilier agricole, pour Groupe Sutton - Actuel inc. Photo : gracieuseté d’offres combinées, moins d’offres multiples, mais ça bouge continuellement pour nous. GTA : Votre opinion sur les nouveaux règlements instaurés par Québec en juillet, portant sur les nouveaux suivis de transaction détaillés visant à contrer la spéculation foncière? D.C. : S’il est certainement bon de tenir un suivi des ventes, j’évaluerais à environ 98 % le nombre de ventes qui se concluent entre agriculteurs, par exemple, un agriculteur qui vend à un autre producteur qui a de la relève. Mais, ce n’est jamais des Asiatiques ou des gens de l’extérieur qui veulent spéculer en achetant nos terres. Les règles de la CPTAQ sont là pour empêcher de telles situations. En ce sens, nos terres ne sont pas en danger. Évidemment, les grandes entreprises agricoles performantes ont toujours la volonté d’acquérir des terres pour assurer leur croissance. S.D.G. : Il convient certainement de protéger aussi les terres extrêmement bien situées en périmètre urbain, souvent en friche, comme c’est le cas le long des autoroutes. En 2024 et 2025, la Loi 86 restreignant l’acquisition de grandes terres agricoles par certains fonds d’investissement ou personnes morales non enregistrées près des périmètres urbains a été mise en place. Si c’est certainement positif, cela a parfois complexifié la donne, notamment en matière de délais, pour de jeunes acheteurs, qui ont souvent dû abandonner leur projet. La Loi 86 n’est pas encore parfaite et devra être modifiée. D.C. : Cette loi prévoit qu’il faut déjà être détenteur d’un numéro d’identification ministériel (NIM), attribué par le MAPAQ pour identifier une exploitation agricole, pour pouvoir acheter une terre.
Encore une fois, ça semble pertinent, mais nous avons vu un jeune issu de deux ou trois générations d’agriculteurs, qui n’a actuellement pas de terre en propriété, ne pas pouvoir être en mesure d’obtenir un NIM, sans aller chercher une autorisation de la CPTAQ, ce qui allonge considérablement les délais. On parle de plusieurs mois d’attente supplémentaires. C’est possible, mais le vendeur pourrait décider de vendre à un autre acheteur pour éviter une telle situation. Un assouplissement serait certainement propice aux transactions cautionnées, disons par le père propriétaire qui accompagnerait officiellement le fils dans cette démarche. GTA : En juillet dernier, on apprenait aussi que Québec a donné le feu vert à l’expansion des terres cultivables sur son territoire, après plus de 20 ans de moratoire. Prévoyez-vous un impact sur vos activités? D.C. : Je ne crois pas, car la Montérégie est la région où les transactions à bon prix s’effectuent et où l’on recense assez peu de boisés. La superficie visée par cette nouvelle possibilité est relativement faible. Cette nouvelle donne peut paraître simple, mais s’avère plutôt complexe. Premièrement, les mairies auront leur mot à dire dans les zones pouvant être défrichées, ce qui promet d’être compliqué. Deuxièmement, même s’il était possible de déboiser 20 hectares autour de sa ferme demain matin, le coût associé aux travaux d’aménagement (dessouchage, drainage, nivelage, chaulage, etc.) et le temps nécessaire (entre 7 et 9 ans) pour que le montant de profit à l’acre, souvent réduit de moitié par rapport aux vraies terres arables, puisse couvrir le coût de production seu-
lement au coût des intrants apparaissent comme très importants. L’avantage sera probablement à chercher du côté des producteurs désirant exploiter une parcelle, pas forcément carrée, pouvant être remodelée plus facilement avec de la machinerie optimale. C’est une belle opportunité, mais les gens qui croient qu’ils pourront réaliser les travaux pour 5000 $ l’hectare se trompent. GTA : Que vous disent les jeunes de la relève, dont le contexte actuel continue de rendre l’accès à la terre très difficile? D.C. : C’est toujours difficile de prendre la relève en Montérégie. Il va sans dire qu’une acquisition de terre à 70 000 $ l’hectare s’avère impossible si le père ou le parent propriétaire ne laisse pas une balance de vente. Même lorsque l’hectare était à 40 000 $ ou même 20 000 $, c’était difficile de reprendre le flambeau, quand on sait que les institutions bancaires ne financent jamais plus que 75 % ou 80 % de la valeur marchande du moment, en plus des autres conditions applicables. Mais plusieurs réussissent en faisant preuve de solidarité et de flexibilité. S.D.G. : Les banques auront toujours besoin de garanties. Rien n’est impossible, mais vouloir se lancer en agriculture sans appui apparenté semble très improbable. Si quelqu’un est prêt à adopter une stratégie pour atteindre ses objectifs, tel s’installer dans une autre région où le coût de l’hectare est moindre, que ce soit en Abitibi-Témiscamingue ou dans le Bas-Saint-Laurent, et considérer l’achat d’équipements d’occasion, il est possible d’y arriver. D’autres peuvent opter pour la location de terres, ce qui peut aider dans un parcours de démarrage.
Des changements dans l’air pour la transformation alimentaire Valérie Plante,
agente en formation agricole
Le mois de septembre annonce le début de notre nouvelle programmation des formations agricoles. Cette année marque le début d’une alliance entre l’ITAQ, Cintech et Jefo. C’est par voie de communiqué que nous apprenions en juin dernier la création du Collectif d’Innovation, de Recherche et de Référence en Agro-Alimentaire (CIRRAA). Cette union a pour but d’accélérer le développement, la validation et l’adoption d’innovations par les entreprises agroalimentaires du Québec. En se regroupant, ces trois organismes réunissent des expertises industrielles, scientifiques et académiques, ainsi que des infrastructures de recherche appliquée et d’essais en conditions réelles. Ce collectif lancera dès cet automne une première formation certifiante spécialisée qui permettra aux participants d’en
apprendre davantage sur les poudres et ingrédients alimentaires. Elle visera aussi à favoriser l’intégration de nouvelles technologies et le développement de compétences avancées. Dans un même ordre d’idée, l’ITAQ a mis sur pied la certification Initiation à la transformation alimentaire artisanale. Elle répond au besoin des producteurs agricoles et agrotransformateurs débutants à intermédiaires qui veulent se lancer dans la transformation artisanale et la mise en marché de proximité. Elle correspond à un parcours de 72 heures distribué du 30 octobre 2026 au 23 avril 2027. Cette certification comprend les formations suivantes : Introduction à la transformation alimentaire artisanale, Hygiène et salubrité alimentaires : manipulateur et gestionnaire, Transformation artisanale de fruits (beurres, gelées, sirops, déshydratation), Étiquetage des aliments pour les entreprises en transfor-
mation artisanale, Fabrication artisanale de vinaigrettes et huiles aromatisées et Procédés de mise en conserve pour les productions artisanales. Il est possible de faire les séances en présence soit au campus de Saint-Hyacinthe ou à celui de La Pocatière. Pour avoir tous les détails du parcours : https://bit.ly/4hUzpTI
Les avantages d’un programme court
Saviez-vous qu’il existe un court programme pour préparer les apprenants plus rapidement à l’exercice de la fonction de travail d’opératrice ou d’opérateur d’équipements en transformation alimentaire? Cette attestation d’études professionnelles (AEP) d’une durée de 330 heures sur deux mois permet de se qualifier notamment dans ces sous-secteurs : produits de la pêche, produits de la viande, jus et boissons, produits laitiers et fruits et légumes.
Si vous désirez offrir à vos employés devant exercer des tâches telles que transformer des aliments manuellement, à l’aide d’équipement ou de machines multifonctionnels, c’est une belle option qui s’offre à vous. En Montérégie, nous offrirons encore une fois des cours spécialisés en transformation du sirop d’érable. La première formation, qui consiste à découvrir les recettes de bases et comment bien les réussir, aura lieu le samedi et le dimanche 17 et 18 octobre 2026 à l’érablière la Ma-gi des sucres située à Saint-Hugues. Par ailleurs, afin de permettre aux acériculteurs de bien catégoriser leur sirop d’érable vendu au détail et qui n’a pas été transformé, nous offrirons à SaintHyacinthe la formation Initiation à la dégustation du sirop d’érable à l’aide de la Roue des flaveurs en collaboration avec le Centre ACER. Si ces formations vous intéressent, n’hésitez pas à me contacter.
Pour plus d’information sur l’offre variée en formations agricoles en Montérégie, consultez le catalogue des formations U+ sur le site www.upa.qc.ca/producteur/formations ou contactez Valérie Plante au 450 454-5115 au poste 6286 ou par courriel : vplante@upa.qc.ca.
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TRANSFORMATION ALIMENTAIRE
« À court et moyen terme, le Québec est sur une lancée positive »
- Sébastien Lacroix, de l’AQINAC
Yves Rivard GTA
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L’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC), basée à Saint-Hyacinthe, représente un maillon stratégique du secteur agroalimentaire et de la transformation alimentaire au Québec. Elle veille à répondre aux exigences des consommateurs dans plusieurs sphères clés du secteur agricole en matière de sécurité alimentaire, de saines pratiques d’agroenvironnement, de conditions de bien-être animal et de retombées économiques. Son président-directeur général, Sébastien Lacroix, répond à nos questions. GTA : En quelques mots, qu’est-ce que l’AQINAC? Sébastien Lacroix : Il s’agit d’une association d’entreprises privées volontaires qui représente les intérêts des fabricants d’aliments pour animaux, principalement des meuneries. On recense plus de 180 membres actifs, divisés selon trois catégories. La catégorie A regroupe principalement les entités dont l’activité principale est le commerce de grains ou la fabrication et distribution d’aliments pour animaux. La catégorie B inclut les fournisseurs d’intrants, des biens ou des services destinés spécifiquement à l’industrie des grains, de la nutrition et de la santé animale. À noter : les institutions bancaires et financières qui desservent le secteur agricole en font aussi partie. Pour sa part, la catégorie C réunit l’ensemble des membres associés, soit les entreprises partenaires de l’industrie, de même que les membres honoraires, reconnus pour leur apport exceptionnel à la filière, tels des consultants, des avocats, des fournisseurs d’équipements. GTA : L’équipe compte combien de personnes? S.L. : Quinze employés qui, en accord avec le modèle de services partagés en place, offrent aussi du soutien à d’autres associations liées aux domaines agricoles et agroalimentaires, dont Le Porc Show. GTA : Certains de vos membres sont des grandes entreprises qui ont probablement des services de marketing et de communications leur permettant d’interagir dans la sphère publique. Pourquoi font-elles le choix de joindre les rangs?
S.L. : Nos membres vont de la petite meunerie à la grande entreprise. Notre industrie en est une dont les dossiers rendent les choses exceptionnelles, c’est donc vraiment pour le concept de l’union fait la force, pour l’avancement du milieu, que les membres joignent l’AQINAC. Comme l’association n’intervient pas dans la sphère commerciale, il s’agit d’intérêts d’industrie, d’enjeux qui convergent, où la représentation se fait, par exemple, par rapport aux nouveaux projets de loi ou à des dossiers plus techniques, notamment la fabrication d’aliments pour animaux d’élevage. GTA : Quels sont les dossiers les plus importants actuellement? S.L. : La situation géopolitique et la défense de notre modèle agricole, dont l’autonomie alimentaire du Québec et la gestion de l’offre, sont primordiales. Le contexte actuel de campagne électorale fait en sorte que nous avons allié nos forces avec d’autres joueurs de l’industrie agricole et agroalimentaire, notamment l’UPA et le secteur de la transformation, pour défendre l’industrie. Un autre dossier important : l’arrimage entre la capacité de production et la capacité d’abattage au sein de l’industrie porcine, pour laquelle 50 % des 5,5 millions de tonnes de moulée pour animaux d’élevage sont produites. Depuis environ trois ans, l’enjeu est d’obtenir un équilibre avec la réduction d’environ 600 000 porcs en sol québécois.
Implication, information, représentation GTA : Comment se déroule le processus de collecte de données au sein des entreprises membres, question d’obtenir des statistiques précises lors des événements de représentation? S.L. : La grande expertise de notre équipe et la mobilisation des membres créent un contexte idéal pour ce que l’on appelle « le bénévolat professionnel », c’est-à-dire sur la volonté qui anime nos entreprises membres à libérer du personnel afin de les voir siéger à nos comités. Tout vient de là. Nos comités techniques reposent sur la présence et l’implication des différents experts d’entreprise, qui siègent à titre de représentant de l’industrie, et non en tant que seul représentant d’une entreprise identifiée. C’est ce qui explique l’échange d’informations et la mise en commun de données permettant d’obtenir un portrait précis des enjeux.
On recense les comités suivants au sein de l’AQINAC : Avicole, Porcin, Grains et Ruminants. GTA : Côté statistiques, quel est le portrait? Qu’est-ce qui est en hausse, ou en baisse? S.L. : Le Rapport d’estimation d’équivalent en moulée complète (EMC) est un document de référence publié chaque année par l’AQINAC. Il compile et estime le volume total d’aliments consommé par l’ensemble des animaux d’élevage au Québec, basé sur les inventaires officiels de production animale. Il y a une quinzaine d’années, on recensait environ 4,6 millions de tonnes produites annuellement. Actuellement, on serait davantage autour de 5,5 millions de tonnes, et ce, après avoir frôlé le 5,6 millions de tonnes et descendu à 5,3 millions de tonnes, résultat de la baisse de la production porcine découlant de la fermeture de l’usine de ValléeJonction en 2023. L’œuf et le poulet de chair sont en hausse continue alors que le secteur laitier, à qui on demandait il y a quelques années de produire davantage de gras pour subvenir à la production de beurre et de yogourt, effectue un virage axé sur la protéine, qui nécessite une alimentation différente et un plus grand nombre d’animaux de production. Le réajustement est en cours. Sur un horizon à court et moyen terme, le Québec est sur une lancée positive. Même constat pour les producteurs de grains québécois, dont un peu plus de 66 % de leur production est transformé dans la nutrition animale d’élevage. Sinon, statistiquement parlant, on recense 2500 emplois dans le secteur de l’alimentation animale, pour un chiffre d’affaires annuel de l’ordre de 2,5 G$. GTA : En dépit des obstacles et des changements, souvent internationaux, l’AQINAC doit toujours être en mesure de proposer des stratégies, des actions. Comment y arrive-t-elle? S.L. : Le travail en filière est certainement une solution. Chaque goulot d’étranglement dans un maillon de la chaîne est un enjeu pour les maillons situés en amont et en aval. Donc, au lieu de travailler en silo, l’approche de chaîne de valeur permet de relever ces défis, quels qu’ils soient : pénurie de main-d’œuvre, travailleurs étrangers temporaires, approvisionnement, etc. Quand chaque enjeu est traité en mode filière, les stratégies et les solutions
Sébastien Lacroix, président-directeur général de l’AQINAC. Photo : gracieuseté émergent plus facilement et plus durablement. Terminé l’époque où chaque maillon se renvoyait le blâme. GTA : L’AQINAC se penche aussi sur la notion de compétitivité du modèle québécois. S.L. : Effectivement. Lorsqu’on compare les entreprises québécoises à celles d’autres juridictions, qui peuvent être des concurrents ou des partenaires, on observe une certaine lourdeur administrative, qui vient peser sur la compétitivité, notamment par des exigences de permis complémentaires, de délais plus longs, etc. L’entreprise québécoise a souvent deux ou trois règles supplémentaires à respecter, ce qui favorise souvent la concurrence d’autres provinces. Je pense, entre autres, à la taxe carbone et à certaines normes environnementales. Ce qui revient à dire : « On joue la même partie, mais avec des règles différentes. » C’est le genre de mandat, entre autres, dont s’acquitte l’AQINAC.
« L’ENTREPRISE QUÉBÉCOISE A SOUVENT DEUX OU TROIS RÈGLES SUPPLÉMENTAIRES À RESPECTER, CE QUI FAVORISE SOUVENT LA CONCURRENCE D’AUTRES PROVINCES. »
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La traçabilité animale : indissociable d’une bonne gestion entre ce qu’il est réaliste de faire pour les producteurs et les délais optimaux pour être en mesure d’intervenir efficacement en situation d’urgence. Ainsi, les déclarations doivent généralement être transmises dans un délai de sept jours. Voici les principales actions et déclarations à effectuer : • Identifier les animaux à la suite de leur naissance. Le délai à respecter dépend de l’espèce. • Déclarer la pose des étiquettes pour chaque animal. • Déclarer toutes les entrées dans l’élevage. • Déclarer les sorties de l’élevage.
Jasmin Laroche
Médecin vétérinaire, M. Sc., conseiller en santé publique vétérinaire, Direction de la santé et du bien-être des animaux, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
De bonnes pratiques en matière de traçabilité animale font partie intégrante d’une gestion performante et peuvent avoir des effets concrets dans le quotidien des producteurs et des productrices. Mais d’abord, qu’entendon exactement par « traçabilité »?
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Qu’est-ce que la traçabilité?
La traçabilité est la capacité de suivre le déplacement d’un produit ou d’un groupe de produits d’un point de la chaîne d’approvisionnement à un autre, en amont et en aval. Pour y arriver, les systèmes de traçabilité animale se fondent sur trois piliers : l’identification des animaux, l’identification des lieux où ils se trouvent et le suivi de leurs déplacements. Un système de traçabilité efficace répond à plusieurs objectifs. D’abord, il contribue à protéger la santé des animaux et la salubrité alimentaire en permettant d’identifier rapidement les animaux malades et leurs contacts. Pour certaines maladies transmissibles des animaux aux humains (zoonoses), cela contribue également à protéger la santé publique. De plus, en situation de crise sanitaire, le système de traçabilité réduit les répercussions économiques négatives sur le secteur bioalimentaire en soutenant des interventions rapides et ciblées. Enfin, il contribue au maintien de la confiance des consommateurs et au respect des exigences du commerce international en fournissant des renseignements fiables sur l’origine des animaux et de leurs produits. Actuellement, au Québec, c’est la 1 réglementation provinciale , sous la responsabilité du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), qui s’applique aux propriétaires et aux gardiens de bovins, d’ovins et de cervidés. Le MAPAQ a confié à l’organisme Attestra la gestion de SimpliTRACE, le système de traçabilité des animaux d’élevage du Québec. Pour leur part, les producteurs de porcs, de sangliers et de bisons doivent respecter les exigences de la régle2 mentation fédérale et déclarer leurs
Photo : MAPAQ
renseignements dans le système PorcTRACÉ ou dans le Système canadien de traçabilité du bétail.
Effets de la traçabilité à la ferme
Quelle est l’utilité de la traçabilité pour les producteurs et les productrices au quotidien? Tout d’abord, l’identification des animaux contribue à une gestion efficace en facilitant plusieurs activités courantes à la ferme. Par exemple, pour effectuer un suivi des traitements, pour identifier les animaux soumis à une période de retrait, pour mesurer leurs performances, etc. Les déclarations de pose des étiquettes d’identification sont nécessaires. Elles permettent d’enregistrer la date de naissance des animaux et, par conséquent, leur âge dans SimpliTRACE. Cette information est importante puisque, au moment de l’abattage, les exploitants d’abattoirs et les inspecteurs se réfèrent à l’âge indiqué dans le système de traçabilité du Québec pour déterminer quels bovins sont assujettis au retrait du matériel à risque spécifié (MRS). Lorsque le délai de déclaration de pose des étiquettes est trop long, l’âge de l’animal est considéré comme estimé. Dans ce cas, un examen de la dentition permet d’évaluer l’âge du bovin. Toutefois, cette situation augmente la probabilité que le MRS soit retiré par mesure de précaution. Selon la grille d’écart des prix en vigueur pour les bouvillons d’abattage, une pénalité de 0,20 $/lb de carcasse s’applique aux animaux de plus de 30 mois (retrait du MRS nécessaire). Pour une carcasse de 900 lb, cela peut représenter une perte de 180 $. De plus, les renseignements de SimpliTRACE soutiennent l’application
de certains programmes de financement de La Financière agricole du Québec (FADQ), telle que le Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles. Ainsi, pour calculer les compensations qui seront versées aux entreprises agricoles, la FADQ examine, entre autres, l’inventaire d’animaux des producteurs. Il est donc important de s’assurer que les renseignements contenus dans les dossiers de traçabilité sont à jour et exacts. La traçabilité est aussi utile dans le cadre de programmes de certification, comme proAction et Verified Beef Production Plus (VBP+). En production laitière, la traçabilité animale est l’un des six volets du programme proAction, et huit exigences spécifiques y sont prévues. Du côté de la production bovine, pour qu’un animal soit certifié VBP+, il doit uniquement avoir séjourné dans des lieux accrédités par ce programme. Les données de traçabilité servent ainsi à démontrer que les bovins ont respecté les critères du programme tout au long de leur parcours.
Exigences à respecter
Pour maintenir un dossier de traçabilité à jour et respecter les exigences de la réglementation québécoise, il est primordial de déclarer, dans les délais prescrits, des renseignements complets et exacts au sujet de l’animal. Les informations et les délais exigés par le Règlement sur la traçabilité de certains animaux ont été établis de façon à maintenir un équilibre
Ces exigences varient pour les bovins, les ovins et les cervidés. Des aide-mémoires sont disponibles sur le site Web d’Attestra (https://attestra.com/tracabilite/animaux-elevage/reglementation) et présentent les exigences réglementaires applicables pour chaque espèce.
Des outils disponibles
Plusieurs outils sont proposés aux propriétaires et aux gardiens d’animaux pour faciliter leurs déclarations. Ainsi, de nombreux logiciels de gestion de troupeau permettent la transmission automatique des données vers SimpliTRACE. Attestra a également développé l’application SimpliTRACE Mobile, qui permet aux producteurs d’effectuer leurs déclarations directement à partir de leur téléphone intelligent. Par ailleurs, différents modèles de bâtons de lecture sont offerts sur le marché et ont la capacité d’emmagasiner des centaines de numéros d’étiquettes. Le logiciel SimpliTRACE Express peut ensuite transférer les numéros saisis grâce à un bâton vers un dossier en ligne sur SimpliTRACE. Des agents du service à la clientèle offrent du soutien aux utilisateurs de SimpliTRACE par téléphone, au 1 866 270-4319, ou en ligne, au http:// soutien-simplitrace.attestra.com. Finalement, en plus de contribuer à la protection de la santé animale et à la résilience du secteur bioalimentaire, le maintien à jour d’un dossier de traçabilité et la transmission des déclarations requises peuvent avoir des effets concrets à la ferme. L’adoption des meilleures pratiques en matière de traçabilité est donc indissociable d’une bonne gestion d’entreprise.
1 Règlement sur la traçabilité de certains animaux (RLRQ, chapitre P. 42, r. 10.2). 2 Partie XV du Règlement sur la santé des animaux (C.R.C., ch. 296).
Des idées pour transformer vos surplus de récolte en occasion d’affaires produits à l’année ou seulement lors d’un surplus de récolte. Une brève visite sur ces plateformes vous en apprendra davantage.
Sandra Dagenais
Technologue professionnelle, conseillère en transformation alimentaire, Direction régionale de la Montérégie Est, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
L’arrivée de la belle saison annonce, depuis toujours, un lot de travail et d’adaptation pour les producteurs maraîchers et de petits fruits. Pour être en mesure de satisfaire à la demande des consommateurs, ils doivent produire un peu plus que nécessaire, car dame Nature leur joue parfois de vilains tours. À l’inverse, lors des saisons au rendement exceptionnel, il n’est pas rare de voir des surplus de récolte qui attendent de trouver preneurs.
Transformation alimentaire
Photo : MAPAQ
la cote! Saisissez cette occasion pour faire valoir l’identité unique de votre entreprise. Et, qui sait, une belle collaboration à long terme pourrait voir le jour avec ces entrepreneurs. Vos produits se retrouveront ainsi dans les assiettes des consommateurs, mais d’une autre façon.
Kiosque à la ferme
Bien que la situation et les solutions ne soient pas nouvelles, rafraîchissez-vous la mémoire avec ces quelques idées qui vous permettront de mieux commercialiser vos produits.
Vous avez un voisin producteur qui a un kiosque à la ferme? Vos cultures sont différentes des siennes? Si tel est le cas, vous pourriez contribuer à l’éventail offert à ses clients. Un partenariat entre producteurs est une belle façon de valoriser le secteur, de s’entraider et de promouvoir une offre complète aux consommateurs.
Autocueillette
Marchés publics
Corvées de glanage
Certains organismes en sécurité alimentaire s’occupent de coordonner des corvées de glanage dans les champs des producteurs. Normalement, les produits récoltés sont divisés en trois parts : la première pour le producteur, la seconde pour le bénévole-cueilleur, et la dernière pour l’organisme qui la distribue, fraîche ou transformée, à la population vulnérable. Vérifiez auprès des organismes de votre région pour savoir si ce service est offert.
Réseau de contacts
Vous vous souciez de plus en plus de la mise en marché de vos récoltes? Votre réseau de contacts inclut peut-être des restaurateurs, des détaillants, des transformateurs alimentaires, des traiteurs, etc. Pourquoi ne pas les contacter pour leur offrir vos produits? L’achat local a
Participer, pour la saison ou de façon ponctuelle, à certains marchés publics de votre région augmentera votre visibilité et, espérons-le, vos ventes. Il faut simplement trouver le marché qui vous convient et vous démarquer parmi les autres kiosques. Pour en savoir plus, le site Internet des Marchés publics du Québec regorge de renseignements pertinents et utiles. Vous souhaitez éviter l’improvisation, car ce volet est nouveau pour vous? Le parcours AVEC, présenté dans l’édition de juillet, traite du sujet dans une captation vidéo et un atelier pratique. L’information sur le parcours se trouve sur le site du créneau d’excellence en transformation alimentaire TransformAction. Vous pouvez également communiquer directement avec votre conseiller en transformation alimentaire de la Direction régionale de la Montérégie (https://www.quebec. ca/gouvernement/ministeres-organismes/ agriculture-pecheries-alimentation/ coordonnees-structure/conseillersregionaux-transformation-alimentaire# c385370).
Plateformes de mise en marché
Il existe également des plateformes de mise en marché, telles qu’Arrivage et Maturin, pour rapprocher les producteurs et les transformateurs des consommateurs. Vous pouvez y offrir vos
Photo : MAPAQ
Préparation d’aliments à forfait
Certaines entreprises offrent le service de préparation d’aliments à forfait. Cette option peut être intéressante pour une première expérience. Ainsi, vous pourrez vous concentrer sur les volets de production et de mise en marché. Votre conseiller en transformation alimentaire pourra vous aider à démêler le tout et vous diriger vers les ressources appropriées. Le MAPAQ a produit un webinaire (https://bit.ly/4qPsI7S), où trois de ces options sont bien expliquées (à partir de 49 min. 21 sec.). Les surplus de récoltes et la gestion des invendus sont partie prenante de la saison végétative. Le plus important est de trouver votre propre solution dans le but de réduire au minimum les pertes de produits au champ et de stocks en entrepôt, tout en maximisant vos revenus d’entreprise.
Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2026 - 11
L’autocueillette offre certains avantages non négligeables. Un responsable s’assure d’orienter les cueilleurs vers les parcelles appropriées et de les superviser. Souvent, aucune main-d’œuvre supplémentaire ou compétence particulière n’est nécessaire, car les tâches sont simplement réorganisées. Évidemment, il est préférable de planifier le tout au début de la saison pour favoriser l’achalandage de votre entreprise.
Vous songez plutôt à démarrer des activités de transformation alimentaire, car vous possédez la meilleure recette de ketchup aux fruits, de confiture ou de relish, transmise de génération en génération? C’est possible, mais certaines étapes et règles doivent être prises en considération pour transformer des aliments destinés aux consommateurs. Pour vous guider, le MAPAQ propose cinq fiches explicatives sur le démarrage des activités en transformation alimentaire (https://bit.ly/4h3RzBp). La vente de denrées agricoles produites par des agriculteurs, les légumes et les fruits frais à leur état d’origine ainsi que le miel et le sirop d’érable sont des exemples d’activités ou de produits pouvant bénéficier d’une exemption de permis. La vente d’aliments transformés, quant à elle, nécessite une formation en hygiène et salubrité alimentaire et un permis de préparation générale pour la vente au détail. Vous
devez également respecter la Loi sur les produits alimentaires et le Règlement sur les aliments. Une étiquette qui respecte les exigences de l’Agence canadienne d’inspection des aliments sera aussi nécessaire.
IRDA
Des filets hydrophobes pour protéger nos petits fruits!
Célia Bordier
Chercheure en entomologie fruitière
Jason Tavares
Professeur titulaire à Polytechnique Montréal
Une nouvelle génération de filets : le potentiel de l’hydrophobicité
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Dans le cadre d’une collaboration entre Polytechnique Montréal, l’Université Bishop’s et l’IRDA, une approche innovante est actuellement explorée : des filets hydrophobes sur lesquels l’eau de pluie s’écoule au lieu de s’accumuler. Grâce à une technologie développée à Polytechnique Montréal, la surface des fils est modifiée afin de la rendre hydrophobe tout en conservant les propriétés mécaniques du filet. Le traitement est appliqué à des filets en PLA (acide polylactique), un matériau biosourcé et compostable industriellement. L’objectif est de combiner lutte phy-
Pour les producteurs de fraises et de framboises au Québec, protéger les cultures contre les ravageurs tout en réduisant les traitements phytosanitaires représente un véritable défi. La drosophile à ailes tachetées en est un bon exemple : sa présence peut nécessiter de nombreuses interventions insecticides au cours d’une même saison. Les filets d’exclusion constituent une solution prometteuse pour limiter ces traitements. Cependant, leur adoption demeure limitée au Québec. En cause notamment : sous certaines conditions, les filets peuvent retenir l’humidité et favoriser le développement de maladies fongiques. La question est donc de savoir comment profiter de leur potentiel de protection sans créer un nouveau problème pour la culture. sique contre les ravageurs et meilleure gestion de l’humidité.
Les essais au champ : des résultats encourageants
Pour la seconde année, l’équipe de l’IRDA évalue ces filets hydrophobes en cultures de fraises (Seascape) et de framboises (Polana), en comparaison aux filets d’exclusion ProtekNet actuellement utilisés en production. Les premiers résultats sont prometteurs. Les filets hydrophobes ont offert une protection contre la drosophile à ailes tachetées comparable à celui des filets ProtekNet, tout en maintenant la qualité des fruits. Taille, fermeté, taux de sucre (Brix) et acidité des fruits sont demeurés similaires à ceux observés dans les parcelles témoins sans filet. Concernant les maladies, la première année d’essais n’a
toutefois pas permis d’observer une réduction significative de la moisissure grise (Botrytis cinerea) chez la fraise ni de la cladosporiose (Cladosporium sp.) chez la framboise. Ces résultats demeurent préliminaires, et les essais se poursuivent afin d’évaluer la performance des filets dans différentes conditions climatiques et de mieux comprendre leur effet sur le microclimat sous couvert.
Une technologie à suivre de près
Bien que les recherches soient toujours en cours, les premiers résultats démontrent qu’il est possible d’ajouter une propriété hydrophobe aux filets sans compromettre leur rôle de barrière contre les ravageurs ni la qualité des fruits. Si ce potentiel se confirme, les producteurs pourraient disposer d’un nouvel outil pour réduire leur dépendance aux insecticides tout en favorisant une production de petits fruits plus durable et
mieux adaptée aux réalités du climat québécois.
Votre expérience nous intéresse
Dans le cadre du projet, l’équipe de Bryan Dale et Juan Francisco Nunez (Université Bishop’s) souhaite mieux comprendre les réalités, les défis et les motivations des producteurs, utilisant ou non des filets d’exclusion. Pour partager votre point de vue, répondez au sondage via le code QR et/ou participez à une entrevue à la ferme. Pour participer ou obtenir plus d’information, contactez l’équipe à : dsavard25@ubishops.ca Pour plus d’informations : celia.bordier @irda.qc.ca Ce projet est financé par le Réseau québécois de recherche en agriculture durable.
Parcelle de fraisiers pour les tests sur les filets d’exclusion hydrophobes. Photo : IRDA
Adapter ses pratiques pour avoir des prairies résilientes aux changements climatiques chaude, en raison de l’élévation de la température et de l’évapotranspiration. En parallèle, les épisodes de précipitations intenses seront plus fréquents en été. Une façon de s’assurer que l’eau de pluie profite réellement aux plantes est d’améliorer la santé des sols, notamment par une diminution de la compaction, pour favoriser une meilleure infiltration de l’eau. Les passages fréquents et l’utilisation des équipements lourds seront à surveiller. Face aux déficits hydriques, les plantes ayant un meilleur enracinement en profondeur seront avantagées, et cela passe, entre autres choses, par une bonne structure du sol et de bonnes conditions de semis. La santé des sols passe aussi par un bon pH, facteur souvent négligé pour les prairies et pâturages.
Marie-Ève Dubuc
Agronome, conseillère en productions animales, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)
Les changements climatiques sont bien réels et leurs effets se font déjà sentir. Le sud du Québec devrait subir une augmentation de sa température annuelle moyenne de l’ordre de 2,8 °C à l’horizon 2050, selon les modèles climatiques. Cette hausse devrait contribuer, sur le plan agricole, à allonger la saison de croissance. Les hypothèses suggèrent un gain moyen de 22 jours d’ici 2050. Les précipitations annuelles seront aussi susceptibles d’augmenter, mais pas nécessairement durant l’été. Ces changements climatiques s’accompagneront d’événements météorologiques souvent imprévisibles. Les agriculteurs devront adapter leurs pratiques agricoles.
L’importance de bien choisir les espèces et d’adapter le rythme des coupes
Fétuque élevée au stade « début – mi-épiaison ». Source : Carrolyn O’Grady, MAPAQ
D’autre part, leur température optimale de croissance se situe entre 20 et 25 °C. Il est aussi recommandé d’utiliser des mélanges multiespèces. Le Guide de production des plantes fourragères (CRAAQ, 2022, https://bit.ly/4bfAUI0) propose plusieurs stratégies d’adaptation et de résilience.
Bonnes pratiques pour la persistance des plantes
Les changements climatiques pourraient accentuer les défis liés à la survie hivernale de la luzerne et augmenter les risques de dommages hivernaux. Les producteurs devront faire preuve de stratégie dans le choix des espèces fourragères en privilégiant celles qui sont plus résistantes aux conditions hivernales. Surtout, ils devront adopter une série de bonnes pratiques pour améliorer la persistance des plantes fourragères, et cela repose notamment sur un enracinement profond des racines et des réserves nutritives suffisantes. Voici quelques bonnes pratiques à privilégier. • Éviter de faire une fauche automnale (c’est-à-dire une fauche réalisée après la fin août ou la mi-septembre, selon la région). Cela permet de respecter la période de repos automnale pour les plantes pérennes, laquelle est essentielle pour leur survie hivernale. • Si la fauche à l’automne est nécessaire pour combler les besoins de l’entreprise, en vue de réduire les risques de mortalité hivernale :
Brome des prés au stade « début épiaison » Source : Marie-Ève Dubuc,
MAPAQ
o Il est recommandé de récolter juste avant le premier gel mortel (-3 °C pendant deux heures) ou lorsque le cumul des degrés-jours atteint 600 degrés-jours (base de 5 °C) entre la dernière coupe estivale et la coupe automnale. o Dans une moindre mesure, il est aussi envisageable de procéder à la récolte si la luzerne a atteint le stade « début floraison » ou lorsque le cumul des degrés-jours atteint 500 degrés-jours (base de 5 °C) entre la dernière coupe estivale et la coupe automnale. Pour calculer le cumul des degrésjours entre deux coupes en fonction de la station météo à proximité d’une ferme, consultez le lien suivant : https:// agrometeo.solutions-mesonet.org/indices/ dd5_luzerne_meteograms. • Augmenter la hauteur de coupe à chaque fauche estivale (minimum de quatre pouces) et au moment de la dernière récolte à l’automne (minimum de six pouces). Cela permet une meilleure repousse en été et un couvert de végétation en vue de l’hiver pour retenir la neige et protéger la luzerne.
Promouvoir la santé des sols et la bonne gestion de l’eau
Les scénarios climatiques prévoient des déficits hydriques pour de nombreuses espèces végétales durant la saison
Références : voir le site Internet d’AgriRéseau.
Face au réchauffement climatique, il faudra s’attendre à devoir composer avec plus d’insectes. La cicadelle de la pomme de terre est un ravageur de la luzerne et du trèfle à surveiller, car elle prolifère durant les périodes de température élevée et de conditions sèches. Il sera nécessaire de miser sur le dépistage et la surveillance et de développer des stratégies de lutte intégrée pour contrôler les insectes. Le RAP – grandes cultures (Québec.ca/ reseau-phytosanitaire) vous permet d’en savoir plus et de suivre l’évolution des ravageurs durant la saison.
La diversification comme outil de gestion des risques
Pour pratiquer l’agriculture dans un contexte de changements climatiques, il est recommandé de diversifier les cultures et les rotations, autant pour sécuriser l’approvisionnement en fourrages des animaux que pour assurer la santé économique de l’exploitation agricole. Une entreprise qui cultive des plantes fourragères pérennes et annuelles, qui ont des caractéristiques distinctes, sera moins vulnérable si un problème survient. Lorsque les récoltes sont bonnes, il est conseillé de se bâtir une réserve de foin pour faire face aux imprévus.
Prêt pour 2027?
Les aléas climatiques marquent les saisons et les mémoires. Il faut prendre le temps d’adapter sa stratégie concernant les plantes fourragères. Cela commence par une bonne réflexion sur le choix des espèces dès l’automne, avant de passer la commande des sacs de semences. Mise à jour du texte original « Limiter les effets négatifs de la sécheresse sur les plantes fourragères » (octobre 2020).
Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2026 - 13
La hausse prévue des températures devrait allonger la saison de croissance et accélérer la vitesse de croissance chez certaines plantes, comme la luzerne. Cela signifie que l’écart entre les coupes sera légèrement réduit et qu’il sera possible de récolter une coupe supplémentaire, selon les espèces et les régions. Comme répercussion, le rendement annuel de la luzerne cultivée en culture pure pourrait augmenter de 9 à 21 % d’ici 2050. Cependant, pour les plantes qui ont une température optimale de croissance plus basse, les changements climatiques pourraient grandement affecter leur rendement. C’est le cas de la fléole des prés, aussi appelée mil, dont la température optimale se situe entre 15 et 20 °C. En effet, les conditions chaudes et sèches pourraient nuire à la repousse estivale de la fléole des prés. Il faudra envisager de cultiver d’autres graminées pérennes, mieux adaptées aux conditions futures, notamment les fétuques et les bromes. Ces espèces possèdent une très bonne capacité de survie à l’hiver et seront bien adaptées aux conditions estivales à venir. D’une part, elles tolèrent bien la chaleur et la sécheresse par leurs systèmes racinaires profonds, ce qui permet une meilleure repousse estivale.
Relever le défi des ravageurs
Innovation et transformation : l’agroalimentaire à l’ère du numérique
Tarek Djedjig
Agr., M. Sc., conseiller en agriculture de précision, en géomatique et en technologies émergentes, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)
Julie Pivin
Conseillère en transformation alimentaire, Direction régionale de la Montérégie, MAPAQ
14 - Jeudi 17 septembre 2026 - Gestion et Technologie Agricoles
L’industrie de la transformation agroalimentaire, comme les autres secteurs agricoles, utilise de plus en plus les nouvelles technologies. Elles permettent de transformer certains procédés jusque-là entièrement dépendants de l’humain. Les nouvelles réalités géopolitiques et épidémiologiques – notamment la pandémie de COVID-19 – ont fragilisé les secteurs de production en provoquant des pénuries de maind’œuvre. Dans ce contexte, l’adoption de technologies innovantes, qu’elles soient numériques ou biotechnologiques, s’est accélérée en vue de répondre aux défis de productivité, de compétitivité et de main-d’œuvre auxquels fait face l’industrie agroalimentaire. Plus bas, vous découvrirez trois nouveaux aspects de modernisation : certains sont déjà implantés, d’autres ouvrent la voie à des perspectives prometteuses.
Biotechnologies
L’édition génomique est une technique récente en génétique qui permet de modifier l’ADN d’un organisme de façon très précise. Un des outils de l’édition génomique est la technologie CRISPR (courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées). Avec cette technologie, il n’est pas nécessaire d’ajouter de l’ADN étranger dans le génome de l’espèce à améliorer, puisqu’elle modifie directement le génome existant. Elle agit comme un ciseau moléculaire : elle coupe l’ADN à l’endroit voulu, puis la cellule répare et remplace la séquence. Il est donc possible de corriger une mutation, de remplacer ou d’ajouter une séquence d’ADN1.
Un excellent exemple : le blé tendre sans gluten. À l’aide d’une séquence CRISPR, il est possible de retirer certains gènes codant pour les protéines responsables des réactions immunitaires chez les personnes intolérantes au gluten, tout en conservant les autres qualités du blé. Les produits alimentaires fabriqués à partir de ces grains peuvent donc être consommés sans provoquer de réaction chez les personnes atteintes de la maladie cœliaque2. Au Canada, les végétaux issus de cette technologie sont considérés comme des végétaux à caractères nouveaux (VCN). La décision de leur mise en marché ne dépend pas de la technologie utilisée, mais des caractéristiques du produit final. Toutefois, des restrictions réglementaires, appliquées principalement par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), peuvent retarder ou bloquer la mise en marché de certains produits issus de l’édition génomique3 4 . Ce n’est pas le cas en Europe, où la technologie est soumise à la réglementation sur les OGM. La fermentation de précision est une biotechnologie qui consiste à incorporer un gène animal dans un microorganisme pour l’amener à synthétiser des molécules habituellement produites par des animaux, telles que des enzymes, des acides aminés ou des vitamines. On peut voir ce procédé comme la programmation d’une usine vivante : la cellule reçoit des instructions très précises et se met à fabriquer seulement un type de molécule, exactement comme une machine qui exécute une tâche déterminée dans une chaîne de production. La production devient ciblée, plus rapide et moins dépendante des ressources et des intrants; l’efficacité augmente et l’empreinte environnementale diminue. Depuis quelques années, une entreprise québécoise s’est donné pour mission de réduire la dépendance aux produits d’origine animale. En cultivant de la caséine microbienne, une protéine responsable de la formation de mousse dans le lait et de l’étirement du fromage, l’entreprise a pu donner ces caractéristiques laitières à des produits d’origine végétale5.
Numérique : IDO et IA
L’Internet des objets (IDO) désigne l’interconnexion, par Internet, d’objets (comme des capteurs ou des machines) à une plateforme numérique, en vue d’automatiser des tâches, d’assurer une surveillance à distance ou de faciliter la prise de décision6. L’intelligence artificielle (IA), de son côté, est une combinaison de technolo-
Photo : Eric Labonté, MAPAQ
gies et de méthodes qui permet à une machine d’accomplir des tâches qui exigent habituellement des facultés humaines d’apprentissage et de raisonnement. L’IDO, combiné à l’IA, permet d’optimiser la traçabilité, d’améliorer la logistique et de mettre en place une maintenance prédictive. Les entreprises spécialisées en production alimentaire représentent un excellent exemple de l’application complémentaire des deux technologies. Grâce à des capteurs intelligents et à l’IA, il est possible d’anticiper les pannes de système et d’éviter les arrêts de production. Cela permet de réduire considérablement les coûts associés à la maintenance, aux pertes de produits, aux rappels éventuels et au temps non productif.
Robotique et automatisation
Lorsqu’une tâche est répétitive, il devient intéressant de l’automatiser. Elle peut devenir un levier stratégique non seulement pour gagner en efficacité, mais aussi pour garantir une qualité durable des produits. Dans ce contexte, la robotique peut être une alliée incontournable grâce à : - sa robustesse durable; - sa précision constante; - sa flexibilité programmable; - sa traçabilité intégrée; - sa sécurité.
Par exemple, une entreprise de l’Alberta spécialisée en production et en emballage de petites pommes de terre a réussi le défi d’automatiser presque la totalité de son processus de fabrication. Elle a donc réduit au minimum l’intervention humaine dans certaines chaînes de production. Du tri assisté par vision 3D et l’intelligence artificielle jusqu’au contrôle numérique de la qualité et à la calibration robotisée, cette entreprise figure parmi les plus avancées en termes d’automatisation dans le secteur agroalimentaire canadien7. Face aux défis actuels, notamment la complexité croissante des processus de production, l’industrie agroalimentaire gagne à envisager ou à poursuivre l’intégration des technologies numériques. Ces outils facilitent la centralisation des données, la surveillance des opérations, l’optimisation des procédés et la traçabilité des produits8. L’automatisation des procédés réduit les tâches répétitives tout en favorisant la création d’emplois plus spécialisés, mieux rémunérés et plus sécuritaires. Les nouvelles technologies ouvrent des perspectives prometteuses pour la transformation alimentaire, à condition qu’elles soient mises en œuvre avec rigueur et dans le respect des enjeux réglementaires, environnementaux et socioéconomiques.
1 Le ciseau génétique Crispr arrive en agriculture – Radio-Canada
2 Le développement de blé avec un gluten hypoimmunogène – IPS2
3 Transparence – innovations en matière de sélection végétale – Agriculture et Agroalimentaire
Canada
4 Édition génomique – Gouvernement du Québec
5 Huit startups canadiennes obtiennent 1,9 million de dollars pour piloter des innovations dans
le domaine de la technologie alimentaire – Réseau canadien d’innovation en alimentation
6 Comprendre ce qu’est l’Internet des objets (DDN2-A47) – École de la fonction publique du
Canada
7 The Little Potato Company had his automated facility designed by Deprez – Deprez 8 Comment la technologie numérique peut transformer les usines de production
agroalimentaires – COPA-DATA
Les agricultrices à l’honneur en Montérégie-Est Les Agricultrices de la Montérégie-Est ont connu un vif succès lors de la 37e soirée reconnaissance, tenue le 28 juillet à l’Expo agricole de Saint-Hyacinthe. L’événement a été l’occasion de reconnaître et de célébrer des femmes œuvrant dans les secteurs agricole et forestier de la région. Réunissant près de 140 participantes et participants, cette journée a été marquée par des témoignages inspirants, des rencontres empreintes de complicité et de nombreux moments de fierté. La journée s’est amorcée avec une conférence-témoignage de Mme Lise Tremblay, Agricultrice de l’année 2025 de la Montérégie-Est et récipiendaire du prestigieux prix provincial Perspective+ des Agricultrices du Québec. À travers son expérience et son parcours, Mme Tremblay a partagé une réalité agricole façonnée par la passion, la persévérance et la volonté de faire avancer son entreprise et son milieu. Son témoignage a donné le ton à une journée consacrée à celles qui contribuent, chacune à leur façon, à l’avenir de l’agriculture.
Des femmes qui font une différence
Le trophée Pauline-Laliberté, qui souligne une contribution exceptionnelle au développement de l’agriculture et à la promotion du rôle des femmes dans le secteur, a été remis à Mme Diane Viau, de Saint-Alphonse-de-Granby. Cette distinction vient saluer son engagement de longue date auprès des Agricultrices de la Montérégie-Est ainsi que sa contribution précieuse à l’organisation de la Journée des agricultrices au fil des années. Le cocktail dînatoire a ensuite permis de mettre en lumière plusieurs femmes dont le travail et la détermination contribuent à faire évoluer le secteur agricole. Parmi elles, Mme Gisèle Desroches Malo, de Saint-Césaire, a reçu le prix Monique-Lecours. Cette reconnaissance souligne une contribution remarquable au milieu agricole, un parcours marqué par la constance et une implication qui
a contribué à faire rayonner le rôle des agricultrices au Québec.
Prix Relève féminine
Mme Maude Péloquin de Sainte-Victoirede-Sorel a reçu le prix Relève féminine agricole afin de souligner son parcours inspirant, son leadership entrepreneurial et son engagement envers une agriculture innovante et durable.
Agricultrice de l’année
Enfin, le titre d’Agricultrice de l’année Montérégie-Est 2026 a été décerné à Mme Marie-Pier G. Vincent, de SaintValérien-de-Milton. Son parcours entrepreneurial exceptionnel, sa vision et sa détermination ont été soulignés, tout comme sa volonté de contribuer à la prochaine génération d’agricultrices et au développement du secteur agricole québécois. Au-delà des distinctions remises, cette 37e soirée reconnaissance a permis de rappeler toute la diversité des rôles occupés par les femmes dans le milieu agricole. « L’Année internationale des agricultrices nous rappelle l’importance de valoriser le parcours de femmes qui innovent, relèvent les défis avec courage, et par leur leadership et leur détermination, façonnent l’agriculture d’aujourd’hui et de demain. Leur réussite et leur engagement sont une source d’inspiration et une fierté pour notre région et pour toute notre communauté. », a déclaré Michèle Laberge, présidente des Agricultrices de la Montérégie-Est.
De gauche à droite : Michèle Laberge, présidente des Agricultrices de la Montérégie Est, Maude Péloquin, lauréate du Prix Relève Féminine agricole accompagnée de ses deux enfants, et Johanne Malouin, directrice relations d’affaires chez Financement agricole Canada.
De gauche à droite : Michèle Laberge, présidente des Agricultrices Montérégie Est, Anne-Marie Saint-Germain, présidente des Caisses Desjardins de la région de SaintHyacinthe, Gisèle Desroches Malo, lauréate du Prix Monique-Lecours, et Lucie Bernard, fille de Monique Lecours.
Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2026 - 15
De gauche à droite : Patrice Viens, maire suppléant de la Municipalité de Saint-Alphonse-de-Granby, Émilie Serre, conseillère municipale à la Municipalité de Saint-Alphonsede-Granby, Jean Laliberté, fils de Pauline Laliberté, Diane Viau, lauréate du trophée Pauline-Laliberté, Martin Paquette, président de Promutuel Assurance du Saint-Laurent aux Appalaches, et Michèle Laberge, présidente des agricultrices de la Montérégie Est.
TRAVAUX
à forfait
2026
16 - Jeudi 17 septembre 2026 - Gestion et Technologie Agricoles
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IQDHO
Le Colloque IQDHO 2026 : une journée pour préparer l’horticulture de demain Aux passionnés de la production de plantes ornementales, le 29 octobre prochain, c’est au Centre récréatif de Repentigny que le Colloque IQDHO 2026 se déroulera. Cette année l’institut a choisi l’automne pour son rendez-vous bien connu des producteurs, conseillers et professionnels de l’horticulture ornementale. Une programmation riche en contenus agronomiques, en résultats de recherche et en solutions concrètes pour tenter de répondre aux défis actuels et futurs de l’industrie. Des enjeux liés aux changements climatiques, à la phytoprotection, à l’utilisation optimale des intrants, à l’irrigation et à la résilience des productions seront au cœur des échanges.
Deux salles, deux parcours… à vous de choisir!
Comme le veut la tradition, tout au long de la journée, les participants pourront choisir les conférences qui correspondent le mieux à leurs intérêts et leurs besoins: une salle sera consacrée à la production en pépinière et l’autre à la production en serre.
sur la gestion de l’irrigation par pesée des contenants ainsi qu’une nouvelle charte d’irrigation développée par l’IQDHO. Un atelier pratique permettra aux participants d’expérimenter cette approche et d’apprendre à ajuster leurs stratégies d’arrosage selon les besoins réels des cultures.
Une experte du Centre de recherche et d’innovation de Vineland
Salle Serre Du côté de la salle Serre, les producteurs seront accompagnés par Kevin Mailhot, agr. et découvriront notamment les résultats de deux années de recherche
Remerciements aux partenaires
• Partenaire Argent et Cocktail : Royal Brinkman Canada • Partenaires Argent : Anatis Bioprotection, Jiffy Products of America, Koppert Canada, Les Industries Harnois, Norseco, PRO-MIX - Premier Tech
Rose Buitenhuis. Photo : gracieuseté L’IQDHO est heureux d’accueillir Rose Buitenhuis, Ph. D. entomologiste et chercheuse au Centre de recherche et d’inno-
29 octobre - Réservez cette date
Les conférences offertes en présentiel et disponibles en webdiffusion. Consultez le programme, les inscriptions sont ouvertes : réservez votre place dès maintenant. bit.ly/4i8LUv7 Ce projet est financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.
Autre activité à ne pas manquer cet automne
Journée de l’assemblée générale annuelle de l’IQDHO, en collaboration avec l’AQPP L’IQDHO en collaboration avec l’Association québécoise des producteurs en pépinière (AQPP), vous invite à venir passer la journée avec nous à SaintEustache, chez Maison fleurs vivaces le 23 septembre prochain. Une belle occasion de découvrir une entreprise horticole québécoise spécialisée dans la production et la distribution de plantes vivaces, de fines herbes et de légumes. Producteurs, partenaires et intervenants de l’industrie, hâtez-vous de consulter le programme et de vous inscrire ! Pour plus de détails, rendez-vous dans la section Calendrier de notre site Web ou écrivez-nous à info@iqdho.com * Activité gratuite, mais inscription obligatoire, avant le 10 septembre, puisque vous devez choisir parmi les trois repas proposés.
L’IQDHO, l’Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale, est un centre d’expertise unique au Québec. Pour plus de détails sur l’institut, voici nos coordonnées : 3230, rue Sicotte, Bureau E-307, Saint-Hyacinthe, QC, J2S 2M2 info@iqdho.com | www.iqdho.com
Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 17 septembre 2026 - 17
Salle Pépinière Les conférences de la salle Pépinière porteront notamment sur l’adaptation des arbres et arbustes aux changements climatiques et aux nouveaux besoins du verdissement urbain. Alain Paquette, chercheur à l’UQAM, présentera l’approche fonctionnelle pour guider le choix des arbres afin de réduire les risques associés aux changements climatiques. Un panel réunissant des experts de Soverdi, du Collectif Canopée et de Réiterre discutera également des espèces les mieux adaptées aux villes québécoises de demain. Des problématiques auxquelles les producteurs sont confrontés font également partie de la programmation, notamment les risques liés au gel printanier dans un contexte climatique en évolution, avec Vahid Ikani, Ph. D., consultant en agrométéorologie, les chancres sur les plantes ligneuses, avec Philippe Roch, agr. et les stratégies pour faire face à la surabondance des cerfs de Virginie, avec Valérie Audet, technicienne en agroenvironnement. Les producteurs de cèdres et de thuyas pourront également découvrir les résultats d’un projet visant à réduire les apports d’azote tout en maintenant la qualité des plants, présentés par Réza Némati, Ph. D. ainsi que des stratégies de production pour livrer des haies plus résilientes aux clients, avec Amine Khiari, agr..
vation du Vineland, en Ontario, à titre d’invitée spéciale de son Colloque 2026. Reconnue pour son expertise en protection des cultures et en lutte intégrée, elle consacrera deux conférences à la prévention et au contrôle du thrips Parvispinus, un ravageur émergent qui préoccupe de plus en plus les producteurs. Sa visite au Québec sera une occasion privilégiée de bénéficier de son expérience et des connaissances issues de ses travaux de recherche pour mieux prévenir et gérer ce ravageur en production horticole. Les participants assisteront également à des conférences livrées par les conseillers de l’IQDHO, Charles D’Amours, agr. et Roxane Babin, agr. portant sur la production du canna, de la mise en culture jusqu’à l’obtention de plants vigoureux et de qualité, ainsi que sur la gestion de l’humidité en serre, un enjeu déterminant pour favoriser une croissance optimale des plantes, limiter les problèmes phytosanitaires et améliorer les conditions de production. Un moment d’échanges privilégié Au-delà des conférences, le Colloque IQDHO demeure un lieu propice aux échanges avec des chercheurs, des conseillers, des fournisseurs et des producteurs provenant de partout au Québec. Les pauses, le dîner, le cocktail de clôture ainsi que l’espace réservé aux commanditaires offriront de nombreuses occasions de réseautage entre les différents acteurs de l’industrie.
Horticulture, Soleno Texile, Sungro Horticulture, Teris • Partenaire pour la Pause Santé : DECO-Style • Partenaire pour le Café de Bienvnue : Gloco • Partenaire offrant des Billets de courtoisie : Dubois Agrinovation
Forum : Sommes-nous prêts à structurer la prochaine filière agroalimentaire?
Bien-être animal : nouvelle condition d’admissibilité à l’assurance
Le 24 septembre, Saint-Hyacinthe Technopole et le CRIBIQ réuniront des acteurs industriels, scientifiques, institutionnels et financiers pour amorcer une discussion stratégique sur le rôle que pourraient jouer les technologies de fermentation émergentes dans l’avenir de l’agroalimentaire québécois et canadien.
À compter de 2027, un producteur agricole visé par une ordonnance rendue en vertu de la Loi sur le bienêtre et la sécurité de l’animal (LBSA) , limitant ou interdisant la garde d’animaux d’élevage à des fins agricoles, deviendra inadmissible à certains programmes de La Financière agricole du Québec.
18 - Jeudi 17 septembre 2026 - Gestion et Technologie Agricoles
L’événement mettra en lumière les innovations scientifiques et industrielles qui transforment notre manière de produire et de consommer les aliments. À la croisée de la biotechnologie, de l’innovation durable et des nouvelles attentes des consommateurs, elles s’imposent aujourd’hui comme un levier clé pour des systèmes alimentaires plus durables et performants. Des avancées en fermentation de précision aux cultures microbiennes optimisées, en passant par les protéines alternatives et la valorisation des copro-
duits, les technologies émergentes redéfinissent les standards du secteur et ouvrent la voie à de nouveaux modèles de production à forte valeur ajoutée. Le forum abordera notamment la fermentation de précision, la fermentation de biomasse avancée et l’agriculture cellulaire, en lien avec les grands enjeux de déploiement : financement, réglementation, infrastructures, développement des expertises et intégration aux chaînes de valeur existantes. Quelles applications présentent le plus fort potentiel? Quelles infrastructures seront nécessaires? Quels modèles d’affaires pourront soutenir leur déploiement? Au programme : conférences d’experts, panels interactifs et séances de maillage pour créer des synergies industrielles durables Date : 24 septembre 2026 – 8 h Lieu : Centre de congrès de SaintHyacinthe
Programmes concernés
Assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) • l’inadmissibilité vise uniquement la production concernée par l’espèce animale visée par l’ordonnance; • l’inadmissibilité s’applique pendant toute la durée de l’ordonnance; • les autres protections ASRA demeurent accessibles. Programmes AGRI – Agri-stabilité, Agri-investissement, Agri-Québec et Agri-Québec Plus
Lorsque des unités animales ou des ventes admissibles sont associées à l’espèce visée par l’ordonnance : • l’admissibilité aux programmes est retirée; • l’admissibilité peut être rétablie suivant le retrait des unités animales concernées.
Interventions menant à une ordonnance
Lorsque la santé, la sécurité ou le bienêtre d’un animal semble compromis, le service d’inspection du MAPAQ se rend sur place. Pour des situations non conformes, une gradation des mesures peut être utilisée si la situation le permet.. Lorsqu’il y a poursuite, c’est le juge qui rend le verdict et qui détermine la pénalité, dont peut faire partie l’ordonnance limitant ou interdisant la garde d’animaux. Pour information : fadq.qc.ca
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