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Gestion et Technologie Agricoles

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Jeudi 9 avril 2026 | Volume 44 | 2 e Numéro

CULTIVER

Jeudi 9 avril 2026 | Volume 51 | 4 e Numéro la réussite

RELÈVE AGRICOLE

La relève, une étape à la fois

CULTIVER la réussite

Aussi dans cette édition :

Incubateurs agricoles : le CISA répond à nos questions ....................................................

p. 4 et 5

Relève et innovation, un article du MAPAQ ............................................................................. p.18

L’IQDHO traite des engrais à libération contrôlée p. 20

FAMILLE AGRICOLE

Entrevue avec ACFA Réseaux...p. 3

LA PROMOTION

DE L’AGRICULTURE EN MONTÉRÉGIE ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC

FAMILLE AGRICOLE

Agriculteur, agricultrice : comment ça va?

Les obstacles ont beau se multiplier dans la vie des membres de la communauté, Au cœur des familles agricoles (ACFA Réseaux) persiste et signe dans sa mission d’améliorer le bien-être par l’accompagnement, le soutien et des actions de dépistage et de prévention, le tout sans jugement et avec une confidentialité assurée. Marie-Louise Lemire, directrice générale de l’organisme, a accepté de faire le point sur les besoins des agriculteurs et agricultrices et sur les services offerts par les travailleurs et travailleuses de rang.

GTA : Bien que la vocation agricole n’ait jamais été de tout repos, les dernières années continuent d’être instables et constituent des vecteurs d’inquiétude et de stress : hausse du coût des intrants, pénurie de main-d’œuvre, relève, etc. Lors de notre dernière entrevue avec ACFA Réseaux, le Québec sortait tout juste de la pandémie. Le contexte est peut-être différent, mais les effets psychologiques demeurent les mêmes.

Marie-Louise Lemire : Mise en contexte avant de répondre. Je suis directrice générale depuis septembre 2025, mère de quatre enfants et copropriétaire d’une production laitière. Mes réponses couvrent donc plusieurs aspects puisque je porte plusieurs chapeaux. Depuis mon entrée dans le milieu en 2015, je n’ai jamais connu de période dorée. Les

ÉDITEUR :

Benoit Chartier

RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa

ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette

TEXTES ET COORDINATION :

Yves Rivard

CONTRÔLEUR :

Monique Laliberté

DIRECTEUR DU TIRAGE : Éric Archambault

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ :

Guillaume Bédard

ADJOINT AU DIRECTEUR

DE LA PUBLICITÉ : Simon Cusson

DIRECTEUR DE LA PRODUCTION : Alex Carrière

PUBLICITAIRES : Louise Beauregard Manon Brasseur

Luc Desrosiers

Linda Douville

Michel Marot

Brigitte O’Connor

Isabelle St-Sauveur

situations difficiles se sont suivies une après l’autre : crise financière, COVID-19, crise inflationnelle, hausses du propane et du diesel, défaut d’approvisionnement en engrais, etc. Tout ça crée du stress. Selon nos observations, les problèmes liés à la sphère personnelle gagnent de plus en plus de terrain par rapport à la sphère professionnelle. Donc, les problèmes familiaux et les tensions de couples sont en hausse.

GTA : Cette hausse observée au sein des couples agricoles découleraitelle du fait que les femmes revendiquent maintenant ce qui leur revient de droit? Comptabilisation des heures invisibles, protection juridique, etc.?

M.-L. L. : Il y a effectivement eu un travail de promotion sur ces notions. Est-ce lié à ces campagnes? Peut-être. Le fait que les femmes s’expriment aujourd’hui davantage que celles des précédentes générations y joue certainement pour beaucoup. Je dirais que les pressions de toute part ont vraiment atteint un seuil difficile à contenir sans aide, sans écoute. On voit de plus en plus la sexualité émerger de certaines conversations, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années.

GTA : Des catégories d’âge à noter : estce vrai que davantage de jeunes consultent par rapport à ceux de plus de 55 ans, plus réservés?

M.-L. L. : Effectivement, la catégorie 55 ans et plus est celle qui est plus difficile à rejoindre. Une question d’éducation, selon moi. Les jeunes accordent davantage d’importance à leur santé physique et psychologique.

GTA : Observez-vous une hausse des demandes d’aide?

M.-L. L. : Le nombre de nouvelles demandes demeure stable, mais le nombre d’interventions, lui, est en hausse. Pour 2025, on recense 834 nouvelles personnes accompagnées pour 4500 interventions, par rapport à 3800 l’année précédente.

GTA : En 2023, lors de notre précédente entrevue, les données statistiques citées au sujet de la détresse psychologique étaient tirées d’une étude réalisée en 2006. Vu le contexte des six dernières années, particulièrement intense, une nouvelle étude ne seraitelle pas nécessaire?

M.-L. L. : Oui, Lyson Marcoux, du département de psychologie de l’UQTR, mène présentement une nouvelle étude statistique. Le nombre de producteurs participant serait toutefois très bas. J’invite donc la communauté à remplir le formulaire en ligne [voir les infos plus bas].

Écoute, discrétion, solution

GTA: Rappelez-nous les types d’aide offerts.

M.-L. L. : Les travailleurs de rang connaissent la réalité agricole. Les services sont gratuits et confidentiels. Il est possible de demander de l’aide pour soi ou pour une autre personne. Environ 55 % des appels

sont des référencements : « Je m’inquiète pour mon frère, pour mon mari, etc. » Précisons que l’ACFA n’opère pas selon une formule 4 rencontres ou 10 rencontres d’une heure. Nos travailleurs de rang accompagnent la personne selon ses besoins. S’il faut des rencontres de quatre heures, ce sera quatre heures.

GTA : Comment se porte la maison de répit ACFA, sise à Saint-Hyacinthe?

M.-L. L. : Curieusement, c’est assez calme. Nous en sommes à revoir notre notion de répit, car plusieurs personnes accompagnées ne désirent pas s’expatrier. Certains enjeux existent aussi dans un contexte où, par exemple, la travailleuse de rue doit rester en présence de l’agriculteur en répit. Pour rappel, la Maison ACFA est financée par les partenaires du milieu agricole, les dons privés et une contribution de différents députés et ministres du MAPAQ et du MSSS.

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27 000 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par Postes Canada aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est Montérégie-Ouest Centre-du-Québec

Incubateurs et motels agricoles : des modèles

Encore souvent méconnus ou sousestimés, les incubateurs agricoles et les motels agricoles constituent pourtant d’excellents canaux pour stimuler la relève. Pierre Olivier Ouimet, chercheur-chargé de projet au Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA), apporte des précisions sur le mode d’opération de ces entités, sur leur potentiel de même que sur leurs besoins.

GTA : Quelques mots sur l’importance de la relève agricole pour le CISA?

Pierre Olivier Ouimet : Le soutien à l’établissement est un champ de recherche très important pour le CISA. Une de mes collègues, Catherine Théberge, s’y intéresse aussi beaucoup. De mon côté, je m’intéresse particulièrement aux concepts d’incubateur et de motel agricoles. On voit un changement du profil de la relève. On voit de plus en plus de gens issus d’un milieu urbain se lancer dans une entreprise agricole. Cela dit, on trouve une grande place pour la relève, la jeunesse, au sein de notre organisation et de nos projets. Pour rappel, le CISA est associé au programme Gestion

et technologies d’entreprise agricole (GTEA) du Cégep de Victoriaville et attaché à l’Institut national d’agriculture biologique (INAB).

GTA : Un rappel du principe d’un incubateur agricole?

P.O.O. : Un incubateur d’entreprise agricole, c’est un service pour soutenir les aspirants agriculteurs qui sont souvent non originaires du milieu agricole. Il offre la possibilité d’expérimenter un projet en conditions réelles. On met à leur disposition, selon l’incubateur, des moyens de production, une terre, de la machinerie et des services d’accompagnement. C’est temporaire, mais ça dure au minimum une année de production. La définition commune d’un incubateur est d’offrir un espace, des ressources et des services professionnels d’accompagnement permettant à des personnes ayant terminé leur formation académique de développer un projet avant l’établissement à long terme et de gagner en autonomie.

GTA : Combien de temps un projet estil incubé avant d’être déclaré viable ou non?

P.O.O. : Il faut savoir qu’au Québec, les incubateurs peuvent être portés par

différentes instances : Municipalité, MRC, institution d’enseignement, OBNL, etc. Dans tous les cas, chaque projet est associé à un réseau de partenaires, question d’assurer le réseautage et les services d’accompagnement, de formation et de mentorat. L’incubation, d’une durée minimale de 12 mois, dure souvent de trois à cinq ans. À terme, selon l’incubateur, plusieurs options sont possibles, notamment l’installation sur une autre terre ou rester au même endroit afin de poursuivre le développement de l’entreprise.

L’Avant-Champ, membre du Réseau Racines offre à la fois des espaces-tests et des services de motel agricole à Boisbriand. Crédit : Valérie Guerriat.

d’accès à la terre intéressants

GTA : C’est à ce moment que le modèle de motel agricole devient intéressant.

P.O.O. : Ce modèle est plus récent au Québec. Le CISA mène d’ailleurs actuellement un projet de recherche-action sur les « motels agricoles » en collaboration avec différentes instances, dont les conclusions seront publiées sous peu. La définition commune du motel agricole est qu’il rend accessibles les moyens de production (terre, équipements et infrastructures mutualisés, achats groupés) à la relève pour s’établir sur un horizon à long terme. Le motel agricole n’offre toutefois pas d’accompagnement ni de services professionnels aux entreprises installées, mais permet de développer une crédibilité financière qui aide lors de la recherche de financement, notamment pour l’achat d’une terre.

Viable pour la région de Saint-Hyacinthe?

GTA : Le CISA recense actuellement combien d’incubateurs agricoles en activité et en développement?

P.O.O. : Un peu plus d’une dizaine. Un incubateur est présentement en phase de développement dans le Haut-Richelieu, mené par René Mongeau. [NDLR : lire notre entrevue en p. 10.]

GTA : La région de Saint-Hyacinthe, qui regroupe plusieurs joueurs importants des secteurs agricole et agroalimentaire de même que de la formation, serait certainement propice à l’établissement d’un incubateur.

P.O.O. : Absolument. Les ressources sont présentes, mais le problème se situe au niveau du coût des terres agricoles, je crois. Le modèle de motel agricole, soit de location à long terme, pourrait aussi être envisageable. Un incubateur répond à un besoin sur un territoire spécifique. Il permet de soutenir des projets innovants tout en appuyant le développement d’initiatives liées aux marchés de proximité, ce qui s’inscrit dans la mouvance de l’objectif de sécurité alimentaire.

GTA : Des détails sur la procédure, sur le processus visant à en développer un?

P.O.O. : Le Réseau Racines planche actuellement sur la conception d’un guide de démarrage et d’opération d’un incubateur agricole, qui devrait être publié d’ici le mois de juin. Par ailleurs, le CISA travaille sur un outil numérique qui sera intégré au site Internet du CISA et qui permettra aux instances désirant développer un motel agricole de tout savoir sur les apprentissages et les enjeux : recrutement, gouvernance, etc.

Des racines qui portent fruit

GTA : Le CISA a créé le Réseau Racines pour instaurer un lien entre les différents incubateurs québécois. Quelles observations peut-on tirer de ce réseau?

P.O.O. : Il est difficile pour l’instant de qualifier ou de quantifier exactement les données puisque tout ça est encore assez nouveau. Ça reste à documenter.

On peut toutefois mentionner que le réseau contribue à soutenir l’accès à la terre sans grands coûts d’investissement pour la relève. Un premier rassemblement des incubateurs a été tenu en 2018 avec l’objectif de réseauter. L’impact de cet événement ayant été jugé très significatif, il a été décidé de créer un véritable réseau.

En vertu d’un cadre de recherche financée par le Conseil de recherche en sciences humaines et le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), le Réseau Racines est devenu une réalité. Cela dit, le transfert de connaissances entre les membres plus anciens et les nouveaux est très précieux. Avec un réseau, on peut confirmer ou infirmer certaines idées. C’est très proactif et ça brise l’isole-

dans l’objectif d’autonomie alimentaire. De plus, les incubateurs s’inscrivent dans le besoin de renouveler la population agricole québécoise qui est de plus en plus vieillissante.

GTA : Les incubateurs et les motels agricoles favorisent-ils davantage la promotion de la production bio? Car on voit mal ces entités mutualisées, qui partagent des sols et des équipements, pouvoir mener à bien leur production sans contamination.

P.O.O. : Le bio est effectivement mis de l’avant. Et dans le cas où il n’y aurait pas de certification officielle, la production est toutefois réalisée selon ces méthodes et pratiques, question de toujours promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement.

• Le Centre d’innovation sociale en agriculture (CISA) réunit une équipe multidisciplinaire aux forces complémentaires en sociologie, anthropologie, agroforesterie, agroéconomie, développement territorial et environnement.

• Reconnu par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science (MESRS) comme étant un centre collégial de transfert de technologie (CCTT) dont la mission touche les pratiques sociales novatrices (PSN), le CISA est l’unique centre de recherche au Québec qui dirige des recherches appliquées dans le domaine social en agriculture et agroalimentaire.

Pierre Olivier Ouimet.
Photo : gracieuseté

Soirée de reconnaissance de la relève au Cégep de Victoriaville

La salle de regroupement du Cégep de Victoriaville a accueilli récemment la Soirée de reconnaissance agricole présentée par Promutuel Assurance, un événement dédié à souligner la réussite, l’engagement et la persévérance des étudiantes et étudiants du programme de Gestion et technologies d’entreprise agricole de l’Institut national d’agriculture biologique (INAB).

Organisée dans un esprit de fierté et de valorisation de la relève, cette soirée a permis de remettre plus de 9 000 $ en bourses (voir la liste des récipiendaires) grâce à la contribution de nombreux partenaires du milieu agricole et économique, en collaboration avec la Fondation du Cégep de Victoriaville. Ce soutien témoigne de l’importance accordée à la formation de personnes qualifiées appelées à jouer un rôle clé dans l’avenir du secteur agricole.

Prenant la parole lors de la soirée, Marc-André Dallaire, codirecteur général – Assurance de Promutuel, a souligné l’importance de cette relève : « L’agriculture, ce n’est pas seulement une activité économique : c’est une vocation, une responsabilité collective et un pilier fondamental de nos communautés. Vous incarnez cette relève qui nourrit nos territoires, qui innove, qui s’adapte et qui fait vivre nos régions. »

De son côté, Sophie Martel, directrice de l’INAB a rappelé la portée de cet engagement collectif : « La Soirée de reconnaissance agricole est un moment privilégié pour mettre en lumière le chemin parcouru par nos étudiantes et étudiants. Leur détermination, leur capacité d’adap-

tation et leur passion pour l’agriculture sont au cœur de la mission de l’INAB et du Cégep. Grâce à l’appui de nos partenaires, nous contribuons concrètement à soutenir cette relève essentielle au dynamisme de nos communautés, partout au Québec. »

Création d’un incubateur agricole : mode d’emploi, selon Réné Mongeau

Si un incubateur agricole représente un outil important pour la relève, permettant à de petites entreprises de voir le jour, de croître et d’atteindre leur plein potentiel, ce type de projet doit toujours être initié et mené par une personne responsable. C’est le cas de René Mongeau, agronome, qui développe actuellement un projet en collaboration avec Dominique Roy dans les terres du Haut-Richelieu. Un travail de longue haleine, mais qui en vaut certainement la peine.

GTA : Comment décrire la genèse du projet, de l’idée originelle à sa concrétisation?

René Mongeau : L’incubateur agricole est souvent perçu, dans les régions, comme un outil visant à stimuler l’agriculture. Ici, dans le Haut-Richelieu et les Jardins de Napierville tout près, le fait agricole est très dynamique et la qualité des sols est excellente. Tout au long de ma carrière d’agronome, j’ai constaté

que ma région possédait un grand nombre de cultures industrielles, mais que l’approvisionnement direct de l’agriculteur au consommateur, lui, reculait. Certaines terres ont longtemps été laissées sans emploi, et je me demandais souvent pourquoi on n’y installait pas des serres, pourquoi on optait pour des cultures de maïs et de soya sur des parcelles de 20 arpents.

C’est lorsque j’ai appris, une fois retraité, que la Ville de Boisbriand avait acquis un terrain pour en faire un incubateur que tout m’est apparu. Je me suis dit : Saint-Jean-sur-Richelieu a un cégep, un centre de recherche en agriculture (CRD), une ferme expérimentale : ne serait-il pas intéressant de valoriser ces ressources et de les inclure dans un projet de développement économique?

GTA : On le sait, les possibles porteurs de ce type de projet sont variés. Quel fut votre réflexe?

R.M. : Je suis allé rencontrer la mairesse Andrée Bouchard et quelques membres de son équipe en janvier 2023, qui ont trouvé l’idée intéressante. Je me suis

ensuite tourné vers la Chambre de commerce et d’industrie qui compte un comité agroalimentaire, présidé par Dominique Roy, que j’avais déjà rencontrée auparavant et qui avait déjà œuvré au sein de l’UPA. Elle a présenté le projet à la Chambre, qui l’a aussi trouvé porteur. Depuis, le projet est mené sous l’égide de cette entité reconnue et dynamique.

Au présent, toujours vers l’avant

GTA : Et où en est le projet?

R.M. : Nous venons de terminer le plan d’affaires, pour lequel le projet d’incubateur a reçu le soutien du MAPAQ et de Desjardins. Nous en sommes actuellement à l’étape de trouver des partenaires. Une quarantaine de rencontres ont eu lieu avec différentes instances : UPA, députés, Ville de Saint-Jean-surRichelieu, organismes, etc. La majorité y a vu un projet intéressant.

GTA : Votre approche devait certainement intégrer deux arguments béton, basés sur deux réalités : la difficulté de l’accès aux terres agricoles pour la relève, et la politique d’autonomie alimentaire du Québec.

R.M. : Effectivement. La relève n’est plus toujours apparentée, comme on le sait, ce qui crée des enjeux importants. Un incubateur offre des possibilités pour ceux qui ne sont pas apparentés, mais qui ont le goût de l’agriculture. Fait à noter, il offre aussi aux jeunes de la relève apparentée de lancer des projets pendant leurs études, par exemple, même s’ils ont un accès à la ferme. Cela s’adresse aussi aux nouveaux arrivants, qui vont essayer de reproduire des cultures de leur contrée d’origine. Dans tous les cas, il s’agit de décadenasser l’accès à l’agriculture.

Notre projet prévoit trois niveaux : la mise à l’épreuve des projets sur une période de trois à cinq ans, la location permanente de type motel agricole aux producteurs qui désireraient demeurer sur place au terme de quelques années, puis l’offre de formation temporaire et l’offre d’accompagnement en vertu de services-conseils professionnels en lien avec le cégep. Un autre volet serait aussi possible : celui d’un jardin communautaire. Tout cela s’arrime avec le Plan de développement d’une communauté nourricière (PDCN) de Saint-Jean-surRichelieu, adopté en 2024.

GTA : La production bio sera-t-elle privilégiée?

R.M. : Nous visons une production diversifiée, bien que le bio soit une valeur importante. Toute bonne idée se doit d’être considérée dans un tel projet. Des zones bio et conventionnelles pourraient être aménagées sans problème afin

d’assurer le respect des méthodes et pratiques de chacune d’entre elles. Des salles de traitement et de conditionnement peuvent aisément être aménagées.

Futur immédiat

GTA : Quelles sont les prochaines grandes dates, les prochaines étapes?

R.M. : Le terrain visé, qui serait idéal pour l’incubateur en matière de superficie et de localisation, devra trouver un acquéreur. À cet effet, nous avons eu des pourparlers avec la Fiducie agricole UPA-Fondaction, un organisme à but non lucratif créé en 2020 pour protéger les terres agricoles du Québec. Elle acquiert des terres, les retirant du marché spéculatif pour les louer à long terme (5 à 20 ans et +) à des agriculteurs (relève ou établis) à un coût abordable, garantissant leur usage agricole à perpétuité. Un acquéreur régional pourrait aussi s’avérer très intéressant.

Pendant ce temps, le projet a reçu deux offres d’entreprises établies en région : une qui nourrit une vision similaire et qui pourrait développer l’incubateur directement depuis sa grande ferme, et l’autre qui offre sa ferme en location pour y développer le projet. Voilà où nous en sommes.

L’offre de partenariat nous apparaît très intéressante en ce qu’elle permettrait de développer progressivement le projet sur ce terrain, ce qui limiterait les charges financières à la location des espaces utilisés. D’ici l’été, une décision devrait avoir été prise. Nonobstant l’endroit retenu, sous toutes réserves, l’objectif est d’amorcer les travaux pour 2027.

GTA : Lors de discours, les hautes instances adorent parler d’innovation et d’entrepreneuriat, mais que leurs décisions racontent souvent une autre histoire. Côté partenaires financiers, ça se passe comment?

R.M. : Nous en sommes à consolider ce volet. Ceux qui ont été approchés comprennent bien les enjeux et la dynamique d’utiliser les ressources existantes pour en faire un levier de développement économique local. Tout doit être conclu d’ici la fin de l’année. Les signaux actuels sont excellents. Nous sommes optimistes.

René Mongeau, agronome, Photo : gracieuseté
Yves Rivard GTA

La Financière agricole et la relève : un partenariat

Depuis 25 ans, la Financière agricole du Québec (FADQ) accompagne la relève dans ses projets. En vertu de ses nombreux programmes et garanties, l’entité vise à outiller les jeunes entrepreneurs et entrepreneures dans l’atteint de leur objectif, de leur plein potentiel, et ce en toute saison. Sonia Simard, directrice territoriale, territoire de l’Ouest, incluant la Montérégie, dresse le portrait 2026 de la FADQ à travers ses réponses à nos questions.

GTA : Combien de jeunes entrepreneurs agricoles soutenez-vous en moyenne annuellement? S’agit-il d’un nombre en hausse, en baisse ou relativement stable? Sonia Simard : On recense une baisse cette année, plus particulièrement au cours des derniers mois, en matière de quantité de dossiers visant une demande d’aide. On parle d’environ 20 %, incluant la relève. Le contexte économique instable et les taux d’intérêt actuels expliqueraient ce constat.

GTA : Pouvez-vous rappeler les interventions de l’équipe spécialisée en productions émergentes?

S.S. : Nos bureaux établis dans les différentes régions de la province comptent sur l’expertise de conseillères dédiées au démarrage et à la production émergente. Leur mission est d’accompagner les projets d’entreprises tout au long du processus : la conseillère ne conçoit pas le plan d’affaires, mais conseille et suggère les meilleures possibilités en matière de protection et de programmes offerts à la relève. Il leur suffit de consulter notre site Internet et d’expliquer leurs besoins. La Financière vise à les accompagner tout au long de leur développement et de leur production, et prévoit des outils qui ont des impacts, notamment SécuriTaux Relève (STR), une protection contre la hausse des taux d’intérêt qui n’était pas utilisée lorsque les taux étaient bas, mais qui s’est activée lors de la hausse et qui a fait la différence. Pour rappel, STR couvre 100 % des intérêts excédant 4 % sur un financement allant jusqu’à 500 000 $.

GTA :Combien de conseillers y a-t-il actuellement pour la région de SaintHyacinthe?

S.S. : La grande région de Saint-Hyacinthe compte sept conseillers au financement et un conseiller au démarrage et aux productions émergentes.

Une aide dans la tempête, la sécheresse, l’inflation (et autres)

GTA : Plusieurs obstacles continuent de se dresser devant la relève. L’inflation continue de réduire les marges ou d’aggraver des situations difficiles. Dans ce contexte, l’ordre de grandeur des aides a-t-il été revu à la hausse ou le sera-t-il?

S.S. : Il n’a pas été revu à la hausse, mais on a ajusté les subventions liées à la formation académique de la relève. Certaines ont été ajustées, d’autres ont changé de catégories. La FADQ est au fait que la relève demande régulièrement des révisions à la hausse et l’abolition du mode temps partiel. Plusieurs projets sont à l’étude au niveau ministériel, mais je ne peux faire d’annonce pour l’instant. Estce que tout cela sera annoncé avant les élections? La question a été posée au ministre Donald Martel lors du congrès de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) il y a quelques semaines.

GTA : Le Programme Investissement Croissance Durable, qui s’adresse aux entreprises dirigées à 100 % par de jeunes entrepreneurs, devrait appuyer près de 4,2 G$ d’investissements sur cinq ans, pour environ 7000 projets. À ce jour, où en est-on approximativement?

S.S. : Dans le volet Jeunes entrepreneurs du Programme Investissement Croissance Durable, ce sont plus de 1421 projets qui ont été autorisés pour un montant admissible à une aide financière de 217,3 M$, soit 32,6 M$ en aides financières engagées depuis sa mise en vigueur le 1er avril 2020.

GTA : On le sait, la Financière est en contact avec différents partenaires et associations, notamment la FRAQ. Qu’en est-il des interactions avec les incubateurs et motels agricoles, avec lesquels plusieurs types de projets et d’initiatives seraient possibles?

S.S. : S’il en existe, ce n’est pas remonté jusqu’à moi. Si ce genre d’interaction existe, cela doit être mené de manière très spécifique avec certaines instances.

Chiffres et tendances

GTA : En 2023, le taux d’adhésion des jeunes entrepreneurs agricoles était d’environ 85 %. Quel est-il aujourd’hui?

S.S. : Le dernier Rapport annuel de la FADQ indique que le pourcentage d’entreprises ayant obtenu une subvention à la relève et qui sont toujours actives après trois ans était de 88 %, pour un objectif de 85 %. Pour sa part, le taux de participation des jeunes entrepreneurs aux

qui vise la réussite

programmes de la FADQ est également de 88 %, pour un objectif de 85 %.

GTA : La Financière agricole souligne son 25e anniversaire de fondation en 2026. On comprend que la relève est de première importance si elle vise un 50e anniversaire. Par conséquent, il faut, plus que jamais, bien l’aider, bien l’accompagner. Votre opinion sur ce qui pourrait vraiment améliorer la situation.

S.S. : Pour ce qui est des nouveaux programmes, je laisserai les hautes instances en faire l’annonce. Pour ce qui relève de la FADQ, nos efforts visent à créer et à optimiser les programmes afin qu’ils soient toujours plus complémentaires les uns des autres. C’est pourquoi accompagner la relève dès les premiers moments est aussi important pour leur présenter toutes les possibilités, les programmes Agris, etc. Et on continue d’être là, dans les AGA, à écouter, à prendre des notes. On veut être là quand c’est important qu’on le soit.

GTA : La relève étant très connectée aux médias sociaux, le concours Tournez-vous vers l’excellence continue-t-il de gagner en popularité? Le fait d’être finaliste ou gagnant doit certainement prouver le sérieux de la démarche et la qualité de la produc-

tion, et ce, bien au-delà de leur région immédiate, comme il y a plus de 20 ans.

S.S. : Je le crois. Chaque année, l’événement présente 10 finalistes, et parmi ceuxci, on recense une personne gagnante, deux personnes lauréates et deux finalistes qui recevront des bourses. Ils sont donc tous gagnants. À souligner : la moyenne annuelle de candidatures admissibles depuis la toute première éditi on est de 23. Cela dit, les jeunes ont beaucoup d’idées, ont moins peur du risque qu’avant et utilisent beaucoup de nouvelles façons de faire pour mener à bien leur projet. La FADQ est fière de le souligner.

GTA : Quel est votre regard sur la relève agricole au Québec? Des tendances émergent-elles?

S.S. : Je ne peux que constater le dynamisme des entrepreneurs agricoles de la relève. C’est très positif. Des tendances émergent-elles? Je ne saurais dire, mais ce que je sais, c’est que les projets présentés à la FADQ sont vraiment intéressants, vraiment porteurs.

Sonia Simard, directrice territoriale, Montérégie pour la Financiêre agricole du Québec. Photo : gracieuseté.

Mesures de Sécurité pour la Relève (Financière) :

• Sécuri-Taux Relève (STR) : Protection contre la hausse des taux d’intérêt. La FADQ couvre 100 % des intérêts excédant 4 % sur un financement allant jusqu’à 500 000 $.

• Rabais Relève : Rabais de 25 % sur les contributions à l’assurance récolte (ASREC) pour les entreprises qualifiées, jusqu’à 2 500 $ par an.

• Appui à la relève : Le Programme d’appui financier à la relève agricole soutient le transfert et le démarrage (18-39 ans, >20% des parts).

• Vendeur-prêteur : Formule sécurisant le transfert d’entreprise avec garantie de la FADQ.

Vergerette du Canada multirésistante aux herbicides : ouvrez l’œil ce printemps!

Stéphanie

Mathieu

Agronome, conseillère en grandes cultures, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

Depuis quelques années en Montérégie, on observe la progression d’ouest en est du nombre de champs affectés par la vergerette du Canada multirésistante aux herbicides. Les graines de cette mauvaise herbe, très petites et munies d’aigrettes, sont propagées majoritairement par le vent. Elles peuvent être dispersées à environ 500 m du plant mère. La vergerette se trouve principalement dans les champs où le sol n’est pas travaillé. Elle a développé de la résistance aux herbicides des groupes 2 (FirstRateMC, ClassicMC, etc.) et 9 (glyphosate), ce qui la rend problématique dans les systèmes de culture en semis direct.

En Montérégie, 16 cas de vergerette du Canada ont été répertoriés en 2025, ce qui porte à 67 le nombre total de cas pour la région depuis 2011. Photo : MAPAQ

Savoir la reconnaître

La vergerette du Canada est une plante annuelle hivernante, c’est-à-dire que la majorité des semences germent à la fin de l’été ou au début de l’automne et demeurent sous forme de rosette durant l’hiver. Au printemps, la plante sort de sa dormance, la rosette reprend sa croissance et, quelques semaines plus tard, la tige commence sa montaison. L’inflorescence apparaît vers le mois de juillet et les graines deviennent matures vers le mois de septembre.

Voici une rosette de vergerette du Canada. Les feuilles de cette mauvaise herbe sont ovales et pointues avec de grosses dents sur la marge. Elles sont couvertes de poils fins et courts et possèdent un pétiole plus ou moins distinct. C’est à ce stade que le désherbage doit être fait.

Voici un plant végétatif de vergerette du Canada. La plante forme une tige feuillue, couverte de poils fins et courts. Les feuilles sont plus petites et plus étroites que celles de la rosette. De longs cils dressés bordent la partie inférieure des feuilles. À ce stade, le désherbage risque d’être moins efficace.

Comment la contrôler

Pour une bonne efficacité des herbicides, il est important d’intervenir lorsque la plante est au stade de rosette, avant que la tige s’allonge. L’usage des herbicides de prélevée est donc à privilégier. Le choix du produit doit tenir compte, entre autres, de la résistance aux herbicides. Par exemple, le glyphosate ne fonctionnera pas si la vergerette est résistante aux herbicides du groupe 9. Une recherche ciblée sur le site SAgE pesticides (www.sagepesticides.qc.ca/) ou sur le Portail ontarien pour la protection des cultures (www.ontario.ca/fr/page/portail-ontarien-pour-la-protection-descultures) permet d’obtenir la liste des produits homologués pour la contrôler. Le travail du sol au printemps peut aider à déloger les rosettes. Toutefois, s’il n’est pas assez vigoureux les plantes reprendront leur croissance puisque leur système racinaire très développé reste partiellement enfoui dans le sol. Les graines, qui sont très petites, ne sont pas en mesure de germer lorsqu’elles sont enfouies à plus de 6 cm.

Une céréale d’automne comme le blé ou le seigle est un excellent moyen de contrôler la mauvaise herbe. En effet, lors de la récolte, les graines de la vergerette du Canada ne sont pas matures, elles n’ont donc pas la capacité de germer. Après la récolte, il est recommandé de couvrir le sol avec une culture de couverture pour concurrencer la mauvaise herbe.

Diagnostiquer la résistance

Des analyses moléculaires sont offertes au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection en vue de détecter la résistance aux herbicides, entre autres, chez la vergerette du Canada. À la suite de la pulvérisation d’herbicides, si vous suspectez de la résistance, notamment au glyphosate, il suffit d’envoyer 10 feuilles prélevées sur 10 plants différents qui ont survécu au traitement d’herbicide. Le résultat est transmis dans un délai approximatif d’une à deux semaines à partir de la réception de l’échantillon au laboratoire et permet d’ajuster les choix de désherbants pour éviter de futurs problèmes. N’hésitez pas à faire appel à votre conseiller agricole. La nature a horreur du vide. Les mauvaises herbes s’adaptent souvent plus rapidement que nous. Il est donc essentiel de combiner différentes méthodes de lutte pour garder une longueur d’avance!

Plants de vergerette du Canada, 5 mai 2024. Photo : Stéphanie Mathieu, MAPAQ
Crédits photos : Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ

Un ravageur discret mais destructeur dans les courgettes, les citrouilles et les courges

Isabelle Couture

Agronome, conseillère en horticulture, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

Vos plants de courgettes sont beaucoup moins productifs qu’il y a 5 ou 6 ans? Si c’est le cas, ils ont peut-être reçu la visite du perceur de la courge. Cet indésirable peut aussi se trouver dans les citrouilles et les courges d’hiver. Toutefois, ces cultures subissent généralement moins de dommages, leurs vignes étant plus abondantes et vigoureuses.

Un papillon très coloré Malgré son apparence atypique qui fait penser davantage à une guêpe, le perceur de la courge est un papillon. On peut même le voir assez fréquemment le matin butiner les fleurs à proximité des champs de courgettes, de courges et de citrouilles. Très facile à identifier, il se distingue par son corps noir et orange, ses ailes transparentes et ses pattes orangées, frangées de longues soies noires. Les papillons mâles et femelles sont très semblables. Toutefois, la femelle est moins colorée et un peu plus grande que le mâle, qui fait environ 15 mm de longueur.

Au printemps, les premiers papillons émergent du sol. Ils y ont passé l’hiver sous la forme de cocon, enfouis à environ 5 cm sous la surface. En Montérégie, l’apparition de papillons du perceur de la courge a lieu vers la mi-juin et s’échelonne jusqu’à la fin août. Toutefois, les papillons sortent de terre en plus grand nombre entre le 1er et le 15 juillet. Au Québec, il n’y a qu’une génération par année. Ainsi, même si les papillons sont actifs jusqu’à tard au mois d’août, voire septembre, ceux que l’on observe sont issus des larves de l’année précédente.

Le petit œuf deviendra une chenille vorace

Les papillons femelles du perceur de la courge vivent en moyenne cinq jours et les mâles, trois jours. Aussitôt qu’ils émergent de leur cocon, ils s’accouplent. Malgré sa courte vie, la femelle peut pondre entre 150 et 200 œufs. Elle les dépose individuellement sur la tige principale des plants de courgette, de courge ou de citrouille, près du sol. L’œuf ovale, de couleur brunâtre, d’environ 1 mm de longueur, est très difficile à trouver sur la tige. Plusieurs œufs peuvent aussi être déposés sur un seul plant. L’œuf commence à éclore environ de 7 à 10 jours après la ponte. Dès l’éclosion, la petite larve s’enfonce à l’intérieur de la tige, où elle se nourrit des tissus végétaux. Il arrive même au mois d’août que, si la plantation montre des signes de dépérissement, des papillons pondent sur des fruits en formation, engendrant des dommages au pédoncule ou à l’épiderme du fruit, au fur et à mesure du développement de la chenille.

À la base du plant, trois trous d’entrée de larves du perceur de la courge sont visibles. Ces trous sont souvent accompagnés de sciures, de mélange de résidus et d’excréments (MAPAQ, 29 juillet 2024).

Photo : Isabelle Couture, MAPAQ

Les petits champs sont plus à risque

Les champs de petite dimension subissent souvent plus de dégâts que les grandes surfaces de cucurbitacées. Comme le papillon cible un nombre restreint de plants, les œufs s’y retrouvent concentrés, ce qui accentue l’impact des infestations.

De 2022 à 2025, dans nos essais en petites parcelles, la tige de plus de 50 % des plants avaient une ou plusieurs

larves. Une forte proportion des plants attaqués avait plus de quatre larves chacun.

La vigueur et le rendement de la courgette, qui est très vulnérable au perceur de la courge, sont particulièrement affectés lorsque plusieurs œufs ont été pondus sur un même plant. Au bout de quelques semaines, quand les chenilles sont grosses et que les excréments se sont passablement accumulés dans les tissus vasculaires, l’apparence des plants attire l’attention. Ils sont alors jaunâtres, flétris, peu productifs et finissent par mourir hâtivement. Cette période correspond souvent à la fin du développement larvaire, qui dure de quatre à six semaines. À maturité, les larves quittent les plants et s’enfoncent dans le sol pour l’hiver. La courge butternut, tout comme les concombres et les melons, est rarement visée par le perceur de la courge. Ses tiges et ses vignes, de petit diamètre, sont peu propices au développement de la larve.

Lorsqu’on ouvre la tige d’un plant jauni, on peut observer la présence de grosses larves à sa base (MAPAQ, 3 août 2021).

Photo : Isabelle Couture, MAPAQ

Un réseau de surveillance et d’essais de lutte

Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) des cucurbitacées suit l’évolution du ravageur grâce au déploiement d’un plan de surveillance provincial du perceur de la courge. Depuis 2020, chaque année, des pièges Heliothis avec phéromone du perceur de la courge sont installés dès le début juin par des conseillers et des conseillères dans des champs de courgettes, de courges et de citrouilles des principales régions productrices de cucurbitacées.

Au fil des années, la présence du ravageur a été confirmée dans d’autres régions que la Montérégie : les Laurentides, Lanaudière, Montréal, Laval, l’Estrie, le Centre-du-Québec et la Capitale-Nationale. Bien que des pièges soient installés en Chaudière-Appalaches, les entreprises participantes n’ont pas encore capturé de papillons. Les données obtenues du réseau de surveillance semblent aussi indiquer que les populations du perceur de la courge sont en légère augmentation d’année en année.

Des essais de lutte biologique avec un insecticide à base de Bacillus thuringiensis sous-espèce aizawai se sont avérés efficaces pour lutter contre les très petites larves qui sortent de l’œuf, juste avant qu’elles entrent dans la tige. Le processus d’homologation est en cours pour que ce produit soit autorisé dans les cucurbitacées d’ici l’automne 2026. Un essai de confusion sexuelle mis en place en 2025 a, quant à lui, montré que la technique utilisée n’était pas efficace pour réduire les dommages à la culture.

La rotation des cultures, le travail superficiel du sol à l’automne et au printemps ainsi que la pose de filets pour les petites surfaces de courgettes, de courges et de citrouilles sont d’autres moyens préventifs à privilégier.

Un piège Heliothis avec phéromone du perceur de la courge est installé dans un champ de courges d’hiver.

MAPAQ

Papillon du perceur de la courge
Photo : Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection, MAPAQ
Photo : Isabelle Couture,

Programmes et services au soutien des aspirants en agriculture

Lors du Congrès de la relève organisé par la Fédération de la relève agricole du Québec à Orford, Daniel Martel, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation de la Coalition avenir Québec, annonçait la mise en place de l’Initiative ministérielle L’ARTERRE en région. D’une durée de deux ans, soit de 2026 à 2028, elle a pour but d’investir un montant de plus de 700 000 $ en vue de solidifier le déploiement du service dans les différentes régions. Cependant, des ententes avec des MRC de la Montérégie ont pris fin le 31 mars dernier, et il faudra attendre avant de constater les retombées de cette initiative dans cette région. Toutefois, l’ARTERRE demeure active et au service de la relève agricole afin de les soutenir dans leurs projets.

Toute une gamme de programmes et services est disponible pour les aspirants producteurs. Sur le site de la Fédération de l’UPA de la Montérégie, vous aurez accès à un document regroupant tous les programmes d’aide à la relève. Il est situé dans la section « Outils et ressources » sous l’onglet « Répertoire des programmes d’aide ». Si vous explorez la partie « Relève et démarrage », vous serez redirigé sur la page de la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ). Dans celle-ci, vous y trouverez divers outils et références afin de soutenir la relève agricole dans l’élaboration de projet. D’ailleurs, il y a cinq étapes cruciales à l’établissement en agriculture : se préparer, définir son projet, créer un plan d’affaires, trouver du financement et assurer la pérennité de son entreprise. Si vous avez besoin de concevoir un plan d’affaires, une formation sur ce sujet est disponible en tout temps dans notre catalogue en ligne. « Élaborez un plan d’affaires en entreprise agricole »

vous permettra de valider votre projet d’entreprise, d’évaluer les aspects légaux de votre entreprise tant au niveau du statut que des exigences légales, de mettre en œuvre le plan marketing de votre entreprise, d’analyser la fonction de travail de l’entrepreneur : les connaissances, les habiletés, les comportements, etc. Voici le lien pour accéder à cette formation : https://monteregie.upa.qc.ca/producteur/formations/detail/elaborez-unplan-daffaires-en-entreprise-agricole

Plus de chances

Afin d’augmenter vos chances d’obtenir plus de financement ou de quota, le cas échéant, lorsque vous démarrez ou intégrez une entreprise agricole, vous pouvez faire reconnaître votre expérience en agriculture. De cette façon, vous aurez l’équivalent de cours offerts dans le domaine et vous pourrez vous qualifier dans certains programmes en fonction de votre cheminement agricole. N’hésitez pas à vous informer auprès du service de la reconnaissance des acquis du Centre de services scolaire de votre région afin d’en savoir davantage.

Le printemps arrive progressivement et c’est le temps de retourner au champ. Saviez-vous que certains cours des DEP offerts en agriculture équivalent à un examen réussi afin d’obtenir un certificat pour l’utilisation des pesticides en milieu agricole ou en serre? Pour valider si vous ou un de vos employés avez fait un cours admissible, vous pouvez contacter votre bureau régional du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs ou visitez leur site Internet : www.quebec.ca/entreprises-et-travailleurs-autonomes/permiscertifications/certificat-vente-utilisationpesticides#c220851

Pour avoir plus d’information sur l’offre variée en formations agricoles en Montérégie, consultez le catalogue des formations U+ sur le site https://www.upa.qc.ca/producteur/formations ou Valérie Plante au 450 454-5115 au poste 6286 ou par courriel : vplante@upa.qc.ca.

Valérie Plante, agente en formation agricole

Innover : un levier essentiel pour la relève agricole

Kim Després Conseillère en relève et en démarrage, Direction régionale de la Mauricie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

Les premières années d’une entreprise agricole sont souvent déterminantes. Elles sont marquées par des investissements majeurs, une charge de travail élevée, une forte pression financière et une adaptation constante aux réalités du marché et du climat. Dans ce contexte, l’innovation n’est pas un luxe, mais un levier stratégique pour consolider les bases de l’entreprise et assurer sa viabilité à long terme.

Lorsqu’on évoque l’innovation en agriculture, l’image qui vient spontanément à l’esprit est souvent celle d’équipements sophistiqués et coûteux ou de technologies numériques de pointe. Pourtant, le concept est beaucoup plus large et peut prendre plusieurs formes : l’adoption d’un outil de gestion, la réorganisation du travail, la diversification des activités ou la mise en œuvre de nouvelles pratiques culturales. Innover, c’est avant tout oser être créatif et faire différemment pour produire mieux, avec moins de stress et plus d’efficacité.

L’amélioration de son efficacité… et de sa qualité de vie

Les entreprises en démarrage doivent composer avec des ressources limitées, notamment en main-d’œuvre et en temps. Selon le Portrait de la relève agricole au Québec de 2021, 44 % des jeunes agricultrices et agriculteurs occupaient un emploi à l’extérieur de l’entreprise, lequel représentait en moyenne 60 % de leur temps de travail.

Face à ces défis, les outils innovants jouent un rôle clé, qu’ils soient numériques ou mécaniques. Ils simplifient ou automatisent certaines tâches, améliorent la planification et réduisent les pertes de temps. Ils permettent ainsi de se concentrer sur les activités à valeur ajoutée et de préserver un meilleur équilibre entre le travail et la vie familiale.

L’intégration de capteurs connectés en est un bon exemple. Ces technolo-

gies fournissent un accès immédiat à des données précises et permettent à l’entrepreneur de suivre ses opérations à distance et de se consacrer davantage à des activités stratégiques, plutôt que d’être constamment sur le terrain.

La maîtrise des coûts

L’innovation contribue à une meilleure maîtrise des coûts de production.

L’agriculture de précision, la gestion optimisée des intrants ou l’automatisation ciblée contribuent à réduire les pertes et à améliorer les marges. Pour une jeune entreprise, cela peut limiter la pression financière dans une phase où l’endettement est souvent élevé.

Prenons l’exemple d’une entreprise acéricole qui adopte un système de détection des fuites sur son réseau de tubulure. En identifiant rapidement les bris et les fuites de vide, l’entreprise peut intervenir plus efficacement, limiter les pertes de sève et améliorer le rendement global de l’érablière. Une innovation simple, mais rentable.

La création de valeur

Pour plusieurs entreprises en démarrage, la création de valeur passe par la diversification, la transformation ou la mise en marché directe. Ces approches permettent aux entreprises de se différencier, de développer des marques fortes et d’accéder à des marchés plus rémunérateurs.

Par exemple, une entreprise agricole a choisi de proposer une activité agrotouristique de visite autoguidée avec casque d’écoute. Cette innovation a permis de réduire le nombre d’employés nécessaire pour faire le circuit, mais aussi d’augmenter la valeur du panier d’achat lors des visites.

L’innovation humaine et organisationnelle Innover, ce n’est pas seulement adopter de nouvelles technologies. C’est aussi repenser les façons de collaborer. Le partage d’équipements, les partenariats entre jeunes entrepreneurs, les projets collectifs ou les modèles coopératifs sont autant de formes d’innovation qui renforcent la viabilité des entreprises.

Par exemple, la création d’une coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) permet de répartir le coût d’achat d’un équipement. Un partenariat entre producteurs peut quant à lui s’avérer intéressant pour bonifier son offre de panier, en y intégrant des viandes ou du miel. Ces approches favorisent le transfert de connaissances, le soutien entre pairs et la réduction de l’isolement, un enjeu bien réel pour la relève agricole.

Les principaux freins à l’innovation et comment les surmonter Malgré ses nombreux avantages, l’innovation suscite parfois des hésitations.

• Le coût de l’investissement : certains projets nécessitent un capital important. En évaluant non seulement le rendement de l’investissement, mais aussi le temps économisé, la prise de décision devient plus simple et éclairée.

• Le manque de temps : la pression du quotidien peut freiner l’adoption de nouvelles pratiques. Pourtant, ce sont souvent les innovations qui permettent, à terme, de dégager du temps.

• La crainte de l’échec : toute innovation comporte une part de risque. Une approche graduelle, basée sur des projets pilotes et un accompagnement adéquat, permet de limiter les risques.

Une démarche progressive, un bon accompagnement et l’utilisation des programmes de soutien existants atténuent ces freins.

En conclusion, l’innovation représente un levier majeur pour la relève et peut même contribuer à la pérennité des jeunes entreprises agricoles. Elle permet de travailler plus intelligemment, de préserver la santé, d’améliorer les marges et de rendre une ferme attrayante pour les clients, les partenaires et les employés.

Il faut oser. Tester. Adapter. L’innovation n’est pas un luxe de grand producteur : c’est la meilleure alliée pour s’épanouir durablement.

Pour trouver un conseiller en relève agricole au MAPAQ, consultez le Québec.ca/releve-agricole .

Pour en savoir plus sur l’innovation dans le domaine bioalimentaire, consultez le Québec.ca/entreprises-et-travailleurs-autonomes/industrie-bioalimentaire/recherche-developpement-innovation

Photo : François Nadeau, MAPAQ

Engrais à libération contrôlée : nouvelles perspectives pour les productions de plantes ornementales en contenant

En pépinière de production en contenants, la fertilisation est une opération essentielle et déterminante pour obtenir des végétaux de qualité et prévenir l’apparition de problèmes phytosanitaires. Contrairement aux plantes cultivées en pleine terre, pour lesquelles la fertilisation vise principalement à améliorer son rendement, sa croissance ou son aspect esthétique, sans répondre à un besoin vital, les plantes en sol disposent d’une grande autonomie nutritionnelle.

Leurs racines explorent un vaste volume de sol, en association avec un réseau de champignons mycorhiziens, tandis que le sol joue un rôle de réservoir en retenant les éléments nutritifs sur ses particules. Dans ces conditions, la plante est en mesure de subvenir largement à ses besoins.

En production en contenant, les racines évoluent dans un terreau à base de tourbe de sphaigne et non de sol. Le terreau possède de bonnes caractéristiques physiques, mais il est pauvre en nutriments. Si des nutriments sont présents, ceux-ci sont rapidement lessivés par la pluie et l’irrigation. Le volume que les racines peuvent explorer est aussi limité à celui du pot. Les végétaux cultivés en pots sont aussi vulnérables aux excès d’engrais pouvant causer de la phytotoxicité. Il est donc nécessaire de fournir à la plante tous les nutriments requis tout au long de la saison de croissance, y compris les éléments mineurs, mais en maîtrisant les quantités apportées. Tout un défi!

Historiquement, la première solution adoptée par les producteurs a été la fertigation à l’aide d’engrais solubles incorporés à l’eau d’irrigation. Cette méthode

présente toutefois des inconvénients majeurs, notamment d’énormes pertes d’éléments fertilisants dans l’environnement ainsi qu’un risque de carences nutritives en période de précipitation prolongée.

Place aux ELC

La venue des premiers engrais à libération contrôlée (ELC) a permis de pallier ces problématiques. Il s’agit de billes de polymère ou de résine contenant de l’engrais soluble. Ces billes vont libérer progressivement l’engrais qu’elles contiennent en présence de vapeur d’eau selon la température ambiante. Une température plus élevée augmente la vitesse de libération. Avec les ELC homogènes (ne contenant que des ELC sans autres engrais plus bas de gamme), les producteurs peuvent appliquer une dose au printemps directement dans le pot qui fertilisera toute la saison. On produit ainsi des plants de qualité en limitant grandement les pertes d’engrais dans l’environnement.

Au cours des dernières années, l’IQDHO s’est intéressé à la mise à jour des connaissances sur les ELC dans la production d’arbustes. Des travaux de recherches ont été menés par l’IQDHO en 2023 et 2024 sur des Hydrangea arborescens Annabelle et Hydrangea paniculata Phantom en contenant.

Sept principales technologies d’ELC homogènes (Osmocote, Polyon, Nutricote, Multicote, Purkote, Acer NT et Plantacote Pluss) ont été comparées.

Elles permettent toutes de produire des végétaux de croissance et de qualité semblable, lorsqu’appliqués au même taux d’azote. Néanmoins, certains ELC ont montré des différences au niveau du taux d’azote ou de chlorophylle foliaire sur certains sites expérimentaux. Par exemple, Purkote a mené à un plus haut taux d’azote foliaire en juillet que les autres ELC sauf pour le Polyon sur un site en 2023.

Ensuite, avec le climat qui se réchauffe, l’IQDHO s’est questionné sur la durée de libération des ELC et les 8-9 mois sont devenus plus appropriés que la recommandation standard des

ELC 5-6 mois. Avec une dose d’azote plus élevée au prorata de la durée de libération, les ELC 8-9 mois augmentent le taux d’azote foliaire en juillet et peuvent parfois retarder la sénescence en fin de saison. Néanmoins, la croissance et la qualité des plantes restent similaires, malgré la plus grande quantité d’azote appliqué, et il peut y avoir des dommages hivernaux un peu plus importants avec les 8-9 mois.

Avec leur utilisation de plus en plus fréquente pour diminuer le recours aux herbicides, les disques de coco sont utilisés en pépinière. L’IQDHO a donc aussi mené des travaux de recherche sur l’utilisation d’ELC avec les disques de coco. La qualité des végétaux et la chlorophylle foliaire sont plus élevées avec l’engrais sous le disque de coco qu’avec l’engrais sur le disque. Placer l’engrais sur le disque de coco réduit aussi la qualité et la chlorophylle par rapport à un pot sans disque de coco. Cependant, placer l’engrais sous le disque de coco n’affecte pas la croissance par rapport à un pot sans disque de coco. La chlorophylle est même parfois augmentée en plaçant l’engrais sous le disque par rapport à un pot sans disque. Le disque de coco n’est donc pas un obstacle à la bonne fertilisation, si l’engrais est placé sous celui-ci.

Autre question à considérer Une autre question d’importance est celle des ELC passant l’hiver. La plupart des ELC se brisent durant l’hiver en raison de l’alternance de gel et de dégel. Néanmoins, certains ELC sont réputés pouvoir passer l’hiver sans se briser.

L’IQDHO a tenté d’en faire la démonstration en appliquant les engrais Nutricote et Plantacote Pluss en septembre pour en faire le suivi au printemps suivant. Malheureusement, le suivi a été impossible à réaliser, car la plupart des arbustes fertilisés en septembre sont morts durant l’hivernage ou ont été fortement endommagés, contrairement aux arbustes fertilisés au printemps qui ont subi peu ou pas de dommages hivernaux. Cela montre que

la fertilisation en septembre peut compromettre le processus d’acclimatation au froid des hydrangées.

Finalement, les engrais à libération contrôlée sont l’outil à privilégier pour la fertilisation d’arbustes en contenant à l’extérieur. Plusieurs technologies disponibles permettent d’obtenir de bons résultats de croissance et d’esthétique tout en limitant les pertes d’engrais dans l’environnement. Le choix des temps de libération 5-6 mois semble encore bien adapté pour notre climat, car les 8-9 mois résultent en des plants similaires, mais avec plus d’engrais. Les disques de coco sont tout à fait compatibles avec la bonne fertilisation des plants, mais il vaut mieux placer l’engrais sous le disque et non sur le disque de coco. Cependant, la fertilisation au mois de septembre est une pratique à éviter pour réduire les pertes hivernales. Il persiste néanmoins plusieurs incertitudes. Les résultats ne sont basés que sur la première année de croissance des arbustes.

En effet, les arbustes ont été changés pour la deuxième année d’expérimentation. Une étude qui porterait sur au moins deux saisons de production permettrait de mieux comprendre l’impact de la fertilisation sur l’ensemble du cycle de production des hydrangées.

Ce projet a été financé par le Programme Innov’Action en agroalimentaire, en vertu du Partenariat canadien pour l’agriculture, entente conclue entre les gouvernements du Canada et du Québec.

Pour plus d’information sur les travaux de recherche, consulter : IQDHO : Rapport final - Évaluation des engrais à libération contrôlée disponibles au Québec en pépinière ornementale en contenant et optimisation de leur régie d’utilisation – IA221718, Philippe Roch, 2025. bit.ly/4tnQlp4

Philippe Roch M. Sc., agr. Conseiller pépinière, IQDHO
Comparatif des 7 technologies d’ELC sur Hydrangea arborescens Annabelle. De gauche à droite : aucun engrais, Osmocote, Polyon, Nutricote, Multicote, Purkote, Acer NT Plantacote Pluss Photo: IQDHO
Hydrangea paniculata Phantom avec l’engrais dessous (gauche) et dessus (droite) le disque de coco. Photo : IQDHO

Québec assure la continuité de L’ARTERRE en région

Le MAPAQ a confirmé la mise en place de l’Initiative ministérielle L’ARTERRE en région, une mesure d’une durée de deux ans (2026-2028) qui vise à assurer la pérennité du service de maillage déployé sur le terrain par des organismes régionaux et est coordonné provincialement par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ).

Au total, plus de 700 000 $ seront investis sur deux ans en vue de renforcer le déploiement du service sur le terrain et de faciliter le transfert des entreprises agricoles ainsi que l’établissement de la relève partout au Québec.

Lancé en 2016, L’ARTERRE est un service de maillage qui accompagne les aspirants agriculteurs et les propriétaires dans leurs démarches de jumelage, de reprise ou de partenariat. Au fil des

ans, ce service issu du milieu a démontré sa pertinence pour soutenir le transfert des entreprises agricoles et la transmission du patrimoine agricole québécois.

Grâce à cette nouvelle initiative, des ressources spécialisées pourront être embauchées ou maintenues sur le terrain en vue d’accompagner tant les jeunes entrepreneurs agricoles que les propriétaires à la recherche d’une relève pour leur entreprise.

Faits saillants

• L’Initiative ministérielle

L’ARTERRE en région contribuera à accroître la présence du service L’ARTERRE dans les régions du Québec, à professionnaliser davantage le rôle d’agent de maillage et à favoriser l’établissement de la relève ainsi que la reprise des fermes.

• Le Ministère offrira une aide financière pouvant atteindre 50 000 $ par région sur deux ans.

J’aime l’agriculture!

Guylaine Martin agr. Répondante en formation agricole

L’engouement pour la formation gratuite « Jeunes à la ferme » est comme de recevoir un gros J’aime! Cette formation pour les 14-18 se déclinent en 5 volets : jeunes acéricultrices/jeunes acériculteurs, jeunes bergers, jeunes maraichers, jeunes mécaniciens, jeunes trayeurs. Plus de 200 jeunes y ont participé depuis 2017. Des groupes sont en préparation pour mai 2026.

Jeunes trayeurs est une initiative de la région du Saguenay-Lac-St-Jean qui a été reprise par la région Centre-du-Québec. La région du Bas-St-Laurent l’a bonifié en y ajoutant quatre volets. La formation est maintenant disponible partout où il y a une douzaine d’intéressés.

La formation vise à initier les jeunes à des tâches qu’ils sont capables de faire. La formation débute par un bloc sur la santé et la sécurité au travail. Les formations se déroulent à la ferme, à l’érablière ou dans un atelier mécanique. La forma-

tion attire les enfants des productrices et des producteurs agricoles, les jeunes qui donnent déjà un coup de main à la ferme ou les jeunes qui aiment l’agriculture et qui veulent mieux la connaitre.

Jeunes acériculteurs est en préparation à Saint-Hugues. Jeunes Trayeurs aura lieu le 1er mai à Nicolet.

On peut consulter le Catalogue des formations sur le site www.uplus.upa.qc.ca ou contacter sa répondante en formation agricole, Valérie Plante pour la Montérégie, tél. : 450 454 5115, poste 6286 ou Guylaine Martin pour le Centre-du-Québec, tél. : 819 519-5838 poste 121.

Le banc d’essai, de retour dans les vergers

Un banc d’essai prend sa place au cœur des travaux de l’IRDA, dans un projet dont l’objectif principal est d’accompagner les producteurs en production fruitière dans l’amélioration de leurs pratiques de pulvérisation. Cette activité est centrale dans la production de fruits et de légumes, mais elle comporte des enjeux pour la santé des utilisateurs, des voisins et pour l’environnement. Un nouveau projet de l’IRDA, financé par le MAPAQ, vise à soutenir les producteurs dans l’évaluation de leurs appareils et dans l’ajustement des paramètres qui influencent directement leurs traitements.

Mais qu’est ce qu’un banc d’essai?

Cet outil mesure la vitesse et le profil du flux d’air généré par les pulvérisateurs utilisés dans la production fruitière. Le principe reste simple : mesurer ce que la

machine distribue réellement. Il permet donc de vérifier si le ventilateur fonctionne correctement et si la distribution d’air est uniforme. Il nous donne ainsi un indice de l’efficience de l’appareil, de sa capacité à bien atteindre la cible visée et guider le producteur quant aux limites de leurs pulvérisateurs et les possibilités pour l’améliorer. Les pulvérisateurs conformes à la norme Aircheck™ peuvent être utilisés avec un débit d’air réduit, ce qui diminue la dérive tout en augmentant leur efficacité. Ils consomment également moins de carburant et sont moins bruyants.

Grâce au MAPAQ, un banc d’essai provenant d’Allemagne a été testé au Québec en 2016. Hélas, la majorité des machines évaluées n’ont pas satisfait les critères du test. Cela a révélé des écarts importants entre les appareils et a souligné l’urgence d’un meilleur accompa-

gnement technique. Dix ans plus tard, un nouveau banc d’essai est finalement disponible et a été acquis grâce à la Fédération des producteurs de pommes (PPQ) et à la Financière agricole du Québec (FADQ).

Vers l’amélioration des pratiques de pulvérisation au verger Le projet de l’IRDA profite de cette occasion pour mettre en œuvre une campagne interrégionale de diagnostic et de calibration sur trois ans. Des diagnostics seront réalisés directement sur les fermes participantes. En plus, des cliniques de calibration hivernales offertes à l’IRDA de Saint‑Bruno-de-Montarville permettront aux producteurs d’obtenir un appareil mieux ajusté et plus performant. Pour les producteurs intéressés, l’IRDA est à la recherche de participants. La première année se déroulera en Montérégie, mais lors des prochaines campagnes estivales de juillet, l’équipe visitera d’autres régions. N’hésitez pas à nous contacter pour connaitre le moment où nous serons près de chez vous.

Pour conclure, ce projet offre une occasion de renforcer les pratiques de pulvérisation et d’accompagner les pro-

ducteurs dans une démarche concrète et orientée vers l’amélioration continue.

Ce travail ne serait pas possible sans l’appui de partenaires engagés dans le secteur fruitier. Le MAPAQ, les PPQ et la FADQ ont apporté un soutien essentiel. Leur contribution témoigne d’un engagement commun envers une production efficace et durable.

Pour informations: Sabina.avosani@irda.qc.ca

Ce projet est financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

Louis Desrochers et Mikaël Larose ouvrent le colis contenant le banc d’essai. La saison de diagnostic peut commencer ! Photo : IRDA

Des nouveautés techno pour faire la différence

Dans ce dernier numéro d’InfoMARIA, l’IQDHO conclut une série de huit bulletins en mettant en lumière les innovations technologiques qui transforment l’horticulture ornementale au Québec. L’objectif aura été constant : présenter des outils concrets, éprouvés ou émergents, capables de répondre aux défis bien réels du terrain. Chaque édition visait à vous offrir des solutions immédiatement utiles dans vos opérations.

Capteurs physiologiques : 2GROW

La technologie 2Grow, développée en Belgique et distribuée au Québec par GMABE, permet de suivre en temps réel la santé et la croissance des plantes grâce à des capteurs intégrés qui détectent des signaux physiologiques subtils.

Mesures en continu : mesure la croissance du diamètre des tiges, la vigueur racinaire et les signes de stress des plantes en seulement 30 secondes.

Testé sur des plantes ornementales : sur des chrysanthèmes, roses et violettes africaines.

Données accessibles : mises à jour quotidiennes envoyées sur téléphone mobile, avec possibilité d’explorer des informations plus approfondies via un tableau de bord climatique. Les données sont faciles à interpréter et permettent d’ajuster rapidement les paramètres climatiques de la serre.

Limites : l’installation peut être plus complexe pour des plantes de très petite taille ou à tiges très fines.

Détection intelligente de ravageurs : RobCam Système d’imagerie et d’IA pour surveiller les insectes en temps réel, la RobCam permet une surveillance automatisée des

ravageurs en serre, incluant thrips, pucerons, aleurodes, mouches du terreau et mouches mineuses. Les insectes sont capturés sur un piège collant, puis détectés, comptés et identifiés par intelligence artificielle. Le système est capable de reconnaître un Thrips parvispinus parmi 2000 mouches du terreau, démontrant une sensibilité particulièrement élevée.

Pièges configurables : piège jaune par défaut, avec possibilité de choisir d’autres couleurs ou d’ajouter des phéromones pour cibler des ravageurs spécifiques.

Reconnaissance avancée : identification automatisée des ravageurs, avec un développement continu pour élargir la base d’espèces reconnues (dont certains parasitoïdes comme Diglyphus isaea).

Rapports détaillés : génération de rapports quotidiens ou à la fréquence choisie (listes, diagrammes, graphiques) indiquant le nombre d’insectes par espèce.

Peut être installé dans la canopée ou fixé aux poteaux grâce à un aimant. Une densité d’environ 10 RobCams/ha est recommandée pour une surveillance optimale.

Traitement phytosanitaire : rampe d’arrosage et aspirateur à insectes Pyrene-Automation Une solution multifonction pour réduire les ravageurs et optimiser l’irrigation. Pyrene-Automation conçoit des chariots/rampes d’arrosage destinés aux serres, avec possibilité d’adaptation pour une utilisation extérieure. Ces équipements permettent une irrigation par aspersion, micro-aspersion, goutte-àgoutte ou brumisation, selon les besoins des cultures. Le chariot circule sur rails fixés à la structure de la serre et peut arro-

ser, traiter, souffler, piéger et, en option, aspirer automatiquement les ravageurs.

Aspirateur à ravageurs intégré : l’aspirateur-broyeur est muni d’un entonnoir réglable en hauteur pour capturer les insectes avant qu’ils atteignent leur maturité sexuelle, réduisant ainsi durablement la pression des ravageurs. Pyrene indique une mortalité de 100 % des insectes aspirés.

Programmation flexible : l’interface permet de planifier l’aspiration par zones, horaires et fréquences, pour adapter les interventions aux besoins réels des cultures.

Plateforme modulaire : la même rampe peut accueillir la rampe d’arrosage, le chariot porte-outil avec aspirateur, ou les deux simultanément, permettant d’effectuer plusieurs tâches en un seul passage.

Irrigation – Contrôle – Analyse des sols : Teros 54 de Meter Group

Le Teros 54 est une sonde conçue pour mesurer l’humidité du sol, un paramètre clé pour optimiser l’irrigation et améliorer l’efficacité de la gestion de l’eau. En plus de l’humidité, elle mesure aussi la température du sol, offrant une vision complète des conditions dans la zone racinaire. Facile à installer, même dans

des sols compacts, la sonde transmet des données précises en continu via des enregistreurs et des plateformes infonuagiques, permettant un suivi à distance en temps quasi réel.

Mesures multi-profondeurs température et humidité mesurées à quatre profondeurs (15, 30, 45 et 60 cm), sans devoir creuser davantage ou extraire les capteurs en profondeur.

Installation simplifiée : site seulement un forage de 2 cm ; la sonde robuste s’insère facilement et assure un excellent contact avec le sol grâce à son profil en croix.

Extraction facilitée dédié pour retirer rapidement les sondes, très utile pour les cultures annuelles où les capteurs doivent être installés et retirés fréquemment.

Réseau de capteurs optimisé possibilité de connecter davantage de sondes par enregistreur et d’obtenir un jeu de données plus riche tout en utilisant moins de ressources.

Ce projet est financé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation dans le cadre du Programme de développement territorial et sectoriel 2023-2026.

Photo : 2GROW
Photo : Robtelli
Photo : Pyrene

Le grand retour du Salon du Cheval!

Qu’on se le dise, le Salon du cheval fera officiellement son grand retour du 22 au 24 mai 2026 dans les aires de l’Espace Saint-Hyacinthe. Une fin de semaine placée sous le signe de la passion équine et qui promet son lot de découvertes et de surprises.

Il va sans dire que l’événement réunira cavaliers, éleveurs, professionnels, familles et curieux autour d’une programmation diversifiée constituée de démonstrations, d’exposants spécialisés, d’animations éducatives et de moments de partage mettant en valeur le dynamisme du secteur équin du cheval au Québec.

« Le Salon du cheval 2026 se démarquera en devenant un salon entièrement sans alcool. Un choix assumé visant à promouvoir les boissons sans alcool dans un cadre autant festif que professionnel et un environnement sécuritaire et axé sur le bien-être de tous les visiteurs, petits et grands», a déclaré Yan Turmine, directeur général de Cheval & Cie et promoteur du Salon.

Selon Yannick Patelli, éditeur de La Vie Agricole et promoteur du Salon avec Bélisle – Solution & Nutrition, la présence de NOROI illustre parfaitement l’évolution des habitudes de consommation et l’engagement du Salon à innover.

Mis à part les nombreux commanditaires privés, l’événement bénéficie du soutien d’acteurs institutionnels de renom tels que l’Union des producteurs agricoles (UPA), l’Institut technologique en agroalimentaire du Québec (ITAQ) et Cheval Québec, ce qui témoigne de la valeur éducative, professionnelle et structurante du Salon du cheval 2026 pour l’ensemble de la filière équine.

Pour accompagner cette orientation, le Salon du cheval 2026 pourra compter sur la participation de la distillerie NOROI, chef de file des boissons sans alcool, qui offrira une expérience festive et responsable.

Julie Radicioni, praticienne en neurosciences appliquées et en PNL, ainsi que facilitatrice en apprentissage facilité par le cheval et fondatrice du centre Equisource, sera l’une des invitées du Salon du cheval. Photo : gracieuseté

Un cahier spécial sera inséré dans les pages du GTA de mai, cahier qui rassemblera l’ensemble des informations visant les exposants, les conférenciers et les événements à ne pas manquer. On se voit là-bas! À noter

Des retrouvailles sur fond d’hommage à Paul Doucet

Les retrouvailles des anciens étudiants de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ), qui ont fréquenté l’établissement scolaire entre 1965 et 1975, auront une saveur particulière le 18 avril, au campus de Saint-Hyacinthe, alors qu’un hommage sera rendu au fondateur du département de phytotechnie, Roger Doucet.

Cette spécialité, qui regroupe l’ensemble des sciences et techniques visant à optimiser la production, la qualité et la durabilité des plantes cultivées, a vu le jour en 1966 à l’ITAQ. C’est son expertise qui a poussé M. Doucet à faire naître le département qu’il a dirigé pendant 12 ans. Il avait complété une maîtrise en phytocytogénétique à l’Université de Montréal, une branche spécialisée de la biologie végétale qui étudie les chromosomes des plantes.

D’ailleurs, à l’ITAQ, il a donné les cours de biologie végétale et de microbiologie et de botanique. Il a aussi travaillé dans les laboratoires d’amélioration des plantes et des sols, tout en faisant de la recherche en parallèle.

C’est ce qui l’a amené à devenir, en 1973, chercheur permanent à la Station de recherche agricole de SaintHyacinthe, où il se consacre à la création de nombreux cultivars de tomates, dont 16 de haute qualité, entre 1967 et 1990.

Sa passion pour l’enseignement l’a également fait connaître comme professeur à l’École de médecine vétérinaire et à l’École de laiterie de Saint-Hyacinthe ainsi qu’à l’Institut agricole d’Oka, où il a étudié avant sa maîtrise.

Entre 1992 et 2023, Roger Doucet a publié huit livres pédagogiques en agriculture. Il est décédé le 3 septembre 2024, à 91 ans. À titre posthume, son dernier ouvrage, La protection intégrée des cultures (cosigné avec Josée Fortin et Onil Samuel), a remporté en décembre 2024 le Prix Roberval dans la catégorie Enseignement supérieur dans le cadre d’un concours littéraire international, ouvert à tous les pays de la francophonie.

Afin d’honorer sa mémoire, il sera possible de se procurer dès ce printemps les semences des 16 variétés de tomates du Patrimoine Roger Doucet aux Serres Girouard de Sainte-Madeleine ainsi qu’à La Jardinière du Nord à Saint-Félix-deValois. De plus, W.H. Perron, la plus importante entreprise horticole en Amérique du Nord, offrira cette année les

L’Institut de technologie agroalimentaire du Québec organise des retrouvailles pour ses cohortes de 1965 à 1975, le 18 avril, à Saint-Hyacinthe. Un hommage à Roger Doucet (en médaillon) fera partie des célébrations.

Photothèque | Le Courrier © et photo gracieuseté

semences de quatre de ces variétés, soit les tomates Petitebec, Superbec, Canabec Rose et Ultrabec, puis la collection complète en 2027.

Les retrouvailles des cohortes 19651975 de l’ITAQ se déroulent le samedi 18 avril, dès 14 h, au campus de SaintHyacinthe. En plus de l’hommage, une visite guidée des installations, un cocktail et un souper sont au programme. Pour y participer, on s’informe auprès de Cécile Tétreault au 450 209-4858, JeanPierre Desnoyers au 450 578-3030 ou Gabriel Beauregard au 450 230-6166.

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