Jeudi 5 mars 2026 | Volume 44 | 2 e Numéro
Jeudi 5 mars 2026 | Volume 51 | 3 e Numéro la réussite
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la réussite



Aussi dans cette édition :
Jean Dumont, secrétaire des PPAQ de Montérégie-Est, parle de la saison acéricole 2026 p. 3
Entrevue avec VIA Pôle d’expertise en services-conseils agricoles p. 4-5
Chronique du MAPAQ sur la matière organique, essentielle à la vie des sols p. 10




De quoi la saison acéricole sera-t-elle faite? Si la question revient chaque printemps, les pronostics sont rarement les mêmes, la faute à une nature souvent très capricieuse. Cela dit, en chiffres et en faits, la saison de production peut être clairement définie. Ce que se charge de faire plus bas Jean Dumont, secrétaire des Producteurs et productrices acéricoles de MontérégieEst (PPAQ).

Jean Dumont, des Producteurs et productrices acéricoles de MontérégieEst. Photo : gracieuseté
ÉDITEUR :
Benoit Chartier
RÉDACTEUR EN CHEF :
Martin Bourassa
ADJOINTE À LA RÉDACTION :
Annie Blanchette
TEXTES ET COORDINATION :
Yves Rivard
CONTRÔLEUR :
Monique Laliberté
DIRECTEUR DU TIRAGE :
Éric Archambault
DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ :
Guillaume Bédard
ADJOINT AU DIRECTEUR
DE LA PUBLICITÉ : Simon Cusson
DIRECTEUR DE LA PRODUCTION : Alex Carrière
PUBLICITAIRES : Louise Beauregard Manon Brasseur
Luc Desrosiers
Linda Douville
Michel Marot
Brigitte O’Connor
Isabelle St-Sauveur
journalgta.ca
GTA : Combien de nouveaux producteurs pour la MRC des Maskoutains cette année?
Jean Dumont : On recense 21 nouveaux producteurs, qui s’ajoutent aux 141 recensés en 2025 dans la MRC. Combien de ces nouveaux seront en production cette année? On ne le saura qu’une fois la saison terminée. Cela dit, on parle de 96 nouveaux producteurs pour la Montérégie-Est.
GTA : Parlez-nous de vos fonctions au sein des PPAQ?
J.D. : J’agis, entre autres, à titre de secrétaire pour les deux syndicats acéricoles de la Montérégie, Est et Ouest. L’Est est délimité jusqu’à la rivière Richelieu, alors que l’Ouest est de l’autre côté, là où la grande activité acéricole est concentrée dans le Haut-Saint-Laurent. Mon travail, depuis dix ans, consiste à travailler de concert avec les différents administrateurs des MRC du territoire.
GTA : Observez-vous des tendances émanant du côté des administrateurs? Par exemple, la production bio gagne-telle en popularité?
J.D. : Oui. En Montérégie, entre 25 % et 30 % des producteurs acéricoles sont certifiés bio et entre 40 % et 50 % de la production de sirop est bio. C’est vraiment une tendance. Il y a quelques années, l’industrie réclamait beaucoup plus de sirop bio, mais avec la poussée inflationniste du panier d’épicerie, la demande reste forte, mais s’est quand même légèrement atténuée. Autre tendance observée à travers nos interactions, et qui cible notamment les nouveaux producteurs : le coût des équipements de production acéricole est très élevé. Certains nouveaux producteurs, bien que dotés d’un plan d’affaires sérieux, découvrent que les coûts de démarrage s’avèrent plus élevés qu’anticipé. Bien
PUBLIÉ PAR:
TÉL. : 450 773-6028
TÉLÉCOPIEUR : 450 773-3115
SITE WEB : www.dbc.ca COURRIEL : admin@dbc.ca
MONTÉRÉGIE-EST : 245 ENTREPRISES, 683 267 ENTAILLES
96 nouvelles entreprises dans 46 municipalités
149 entreprises en agrandissement
13 % de l’ensemble des 1 940 entreprises au Québec
MONTÉRÉGIE-OUEST : 88 ENTREPRISES, 258 324 ENTAILLES
27 nouvelles entreprises dans 17 municipalités
61 entreprises en agrandissement
PPAQ : 1940 DEMANDES ADMISSIBLES SUR 2040 DEMANDES
4,9 millions d’entailles offertes sur possibilité de 5,6 millions
• 611 entreprises en démarrage
• 1329 entreprises en agrandissement
2,1 millions d’entailles offertes au printemps 2026 en forêt publique (en hausse de 700 000) au lieu de 1,4 million.
que plusieurs projets aient été réalisés, d’autres nécessitent davantage de temps ou sont abandonnés.
Les dossiers de 2026
GTA : Des rapports, études ou nouvelles sont-ils attendus au cours de l’année 2026 pour les PPAQ?
J.D. : Le dossier portant sur l’exploitation des forêts publiques entre les PPAQ et Québec sera sans doute à l’agenda des revendications. L’an dernier, à pareille date, le sujet des tarifs douaniers vers les États-Unis était très d’actualité, et continue de l’être en 2026. Maintenant, quelle nouvelle réalité sortira des renégociations de l’accord commercial? Bien qu’on ne souhaite pas avoir à en ressentir les effets, s’il devait y en avoir, seront-ils ressentis seulement en 2027? Difficile à dire.
GTA : Celui de la taxation municipale doit toujours être considéré comme important, non?
J.D. : Oui. Les municipalités cherchent toujours de l’argent par différents moyens. La valorisation des contingents acéricoles (le nombre d’entailles)
Publié 12 fois par année par DBC Communications inc. 655, avenue Sainte-Anne, Saint-Hyacinthe, Québec J2S 5G4 Imprimé par Imprimerie Transcontinental SENC division Transmag, 10807, rue Mirabeau, Ville d’Anjou Québec H1J 1T7. Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Copyright® Tous droits réservés sur les textes et les photos. Les articles sont la responsabilité exclusive des auteurs. Prix d’abonnement : 1 an (taxes incluses)...............40 00$ Poste publication - convention : PP40051633
dans l’évaluation foncière par les municipalités québécoises entraîne une hausse significative des taxes municipales pour les érablières. Ainsi, le contingent augmente la valeur réelle de la propriété, alourdissant le fardeau fiscal [bien que le Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) offre un allègement, NDLR]. Certaines régions affichent des taux de taxation lourds, notamment le Centre-du-Québec. Cette situation s’étendra-t-elle à d’autres? C’est là une des craintes relevées auprès des producteurs et des administrateurs.
GTA : La relève acéricole est-elle bien présente, du moins en Montérégie?
J.D. : Si j’en juge par le nombre de personnes qui assistent à nos rencontres, je dirais que c’est le cas. On voit des jeunes, des nouveaux visages. S’il s’agit souvent de personnes qui assureront la relève d’une entreprise familiale, plusieurs autres désirent se lancer. L’ajout de contingents doit sûrement contribuer à cette relève. Une production en croissance attire toujours de nouveaux joueurs, de nouveaux investisseurs.
27 000 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par Postes Canada aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est Montérégie-Ouest Centre-du-Québec
Prochaine édition 9 avril 2026 Relève agricole • Famille agricole

Yves Rivard GTA
VIA Pôle d’expertise en servicesconseils agricoles (VIA) est une organisation à but non lucratif fondée en 2017 pour regrouper les groupes conseils agricoles du Québec (GCA), les clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE) et les centres régionaux d’établissement en agriculture (CRÉA). Gérée par un conseil d’administration de producteurs agricoles, sa mission est d’appuyer les organisations de services-conseils en agriculture non liés à la vente d’intrants. Il revient à son directeur général, Philippe Pagé, d’inaugurer cette première mouture de notre thématique Services aux agriculteurs.
GTA : Décrivez-nous l’offre de VIA.
Philippe Pagé : VIA Pôle d’expertise en service-conseils agricoles est une organisation provinciale offrant des servicesconseils dans trois grands domaines : gestion agricole, agroenvironnement, puis transfert de ferme et relations humaines. À noter : VIA a pour mission d’offrir des formations et de représenter les organisa-
tions, autres que celles liées à la vente, au niveau politique.
GTA : À l’instar d’un collège ou d’un ordre professionnel, représentez-vous une sorte de chien de garde veillant sur la qualité des services-conseils offerts sous votre égide?
P.P. : Non. Les agronomes sont déjà encadrés par la déontologie de l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ), alors nous n’intervenons pas à cet égard. Pour bien situer notre positionnement, il faut remonter à la base. Dans les années 60-70, en s’inspirant de ce qui se faisait en Belgique, des producteurs agricoles du Québec se sont regroupés dans le but d’embaucher des agroéconomistes, une mouvance suivie dans les années 90 par la formation de différents clubs-conseils menant au recrutement d’agronomes de champs. L’objectif était de développer des ressources-conseils indépendantes des représentants et des équipementiers. Ces clubs, opérant tous sous la forme d’OBNL, possèdent des conseils d’administration gérés par des producteurs agricoles qui, selon la loi, embauchent des techniciens et des agronomes. VIA est l’un des plus grands types d’employeur de ressources de ce créneau et repré-

sente donc la première ligne en agriculture au Québec.
GTA : Puisque VIA représente aussi ce créneau d’experts auprès des instances gouvernementales, pouvez-vous donner un exemple de dossier au sein duquel l’entité s’est particulièrement impliquée?
P.P. : Certainement. Je pense au Programme services-conseils (PSC) 2023-2028 du gouvernement du Québec, qui soutient les entreprises agricoles et agroalimentaires en finançant des conseils professionnels. Spécifique au Québec, il vise à améliorer la compétitivité et la pérennité via des subventions de 50 % à 75 % des coûts, notamment en agroenvironnement, en gestion financière et en ressources humaines. Puisque ce programme nécessite des adaptations pour être applicable, VIA a demandé au MAPAQ de créer un comité consultatif pour l’optimiser en se basant sur les réalités des producteurs. Lorsque des changements sont annoncés au programme Prime-Vert, par exemple, VIA consulte ses agronomes et soumet ses commentaires au gouvernement.
GTA : Autre implication?
P.P. : Oui. Une grande partie de nos interventions sont dédiées au soutien de deux
outils informatiques qui sont la propriété des producteurs agricoles. VIAbudget vise à faciliter la préparation de budgets pour divers projets à la ferme, et VIAconseils permet une communication plus fluide entre les conseillers et les producteurs qui pourront, entre autres, accéder en tout temps aux prévisions financières de leur entreprise, partout et en temps réel.
Présence, pertinence, efficience
GTA : Combien d’organisations membres, combien de conseillers œuvrent au quotidien au sein de VIA?
P.P. : On recense 55 organisations membres et environ 350 agronomes conseillers. Lors du dernier décompte, 7500 entreprises recevaient des services de VIA Pôle d’expertise en services-conseils agricoles.
GTA : Observez-vous des tendances au niveau de la demande de services-conseils pour certaines nouvelles possibilités, certaines nouvelles réalités, l’IA et le bio en tête?
P.P. : Tout à fait. L’agroenvironnement a le vent dans les voiles. En réaction aux changements climatiques, les gouvernements ont été généreux dans la création de programmes visant à soute-
TOURNEZ-VOUS VERS L’EXCELLENCE!
Jusqu’au 30 avril pour s’inscrire!
Organisé par La Financière agricole du Québec (FADQ), le concours Tournezvous vers l’excellence! est de retour afin de contribuer au rayonnement de la relève agricole du Québec. Les membres de la relève agricole admissibles ont jusqu’au jeudi 30 avril 2026 pour soumettre leur candidature auprès de leur centre de services de la FADQ.
Dix finalistes seront sélectionnés en fonction de l’excellence de leur profil entrepreneurial, de leurs réalisations et des qualités de gestionnaire qui les animent. Pour connaître les critères d’admissibilité et accéder au formulaire d’inscription, visitez la page Web du concours.

À retenir
• Un total de 18 000 $ en prix sera attribué à cinq personnes gagnantes :
- 7000 $ à la personne couronnée grande gagnante;
- 3500 $ à chacun des deux lauréats ou lauréates;
- 2000 $ à un ou une finaliste pour ses actions en matière de développement durable;
- 2000 $, attribué par le Fonds d’investissement pour la relève agricole (FIRA) II, à un ou une finaliste pour la pertinence de sa formation ainsi que l’importance de son encadrement ou de son mentorat dans la réussite de son projet d’affaires.
• Les noms des dix finalistes seront annoncés au cours de l’été.
• Le dévoilement du nom des gagnants et des gagnantes aura lieu en novembre lors du Colloque Gestion du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec.

nir les producteurs agricoles dans l’adoption de méthodes et pratiques différentes. VIA est en mesure de répondre aux demandes de ce genre, bien qu’une certaine pénurie d’agronomes se fasse sentir. Les besoins vont croissant, mais le nombre d’agronomes stagne. Cela dit, face aux poussées inflationnistes actuelles, nos services conseils en gestion aident les entreprises agricoles à identifier les possibilités.
Aujourd’hui, une entreprise rentable est celle qui est en mesure d’identifier et de rassembler toutes les petites marges bénéficiaires.
Évaluation, planification, revendications
GTA : VIA a été fondée en 2017. Un processus d’évaluation des méthodes et pratiques avait-il été établi au terme de 5 ou 10 ans d’opération? Dans l’affirmative, quels changements ou ajouts ont été apportés?
P.P. : Non. VIA est issue du regroupement de 350 clubs-conseils, qui incluait la Fédération des syndicats de gestion agricole et le Centre régional d’établissement en agriculture (CRÉA). L’objectif était surtout de mutualiser les outils informatiques, la formation continue
pour les agronomes et la représentation auprès des différentes instances. La création de VIA Pôle d’expertise en services-conseils agricoles n’incluait pas de plan ou d’indicateur de performance à atteindre. Mais c’est d’ailleurs un point sur lequel nous réfléchissons, alors que nous sommes en processus de planification stratégique. Celle-ci sera déposée lors de notre AGA prévue dans quelques semaines. On y trouvera aussi des recommandations visant la profession d’agronome, jugée en crise et encadrée par une loi qui n’a pas été révisée depuis plusieurs décennies, de même que sur les réalités liées aux changements climatiques.
GTA : La rémunération des agronomes serait aussi au nombre des points abordés. C’est exact?
P.P. : Oui. La réalité de nos agronomes conseillers est actuellement surchargée par la paperasse administrative, que tout le monde apprécierait être allégée. La reddition de compte est très lourde et très peu adaptée à la prestation de services-conseils globale. Nos agronomes se rendent sur le terrain, émettent un diagnostic et proposent des solutions. Mais le modèle actuel voit l’agronome être
rémunéré à l’acte, ce qui implique qu’il faudrait que les producteurs aient déjà une idée de ce qu’ils veulent avant de nous téléphoner. Ce qui ne convient certainement pas à une réalité souhaitée. De plus, on sent un léger désengagement des producteurs agricoles, déjà très impliqués dans leur secteur d’activités (UPA, réseau des coops, etc.) et de moins en moins nombreux, à la suite des consolidations, au sein des conseils d’administration dans le contexte actuel très mouvementé. Pourtant, ils demeurent nécessaires à notre mission. Nous entendons proposer une vision forte, question de mobiliser l’ensemble des intervenants du secteur.
«On recense 55 organisations membres et environ 350 agronomes conseillers. Lors du dernier décompte, 7500 entreprises recevaient des services de VIA Pôle d’expertise en services-conseils agricoles.

–Philippe Pagé




Line-Danielle Lachance, de LS Bilodeau, connaît bien le monde de l’acériculture pour le servir depuis de nombreuses années. Interrogée au sujet des possibles tendances en matière d’équipements acéricoles, elle a eu ces quelques mots.
« Lorsqu’un nouveau producteur se présente, je tiens toujours à lui présenter différentes options, toujours selon la taille de sa production : huile, bois, granules, hybride. Tous ces systèmes sont en amélioration continue et visent au respect des nouvelles normes, que ce soit en matière de lavage, de quota de 20 000 entailles et plus de même qu’au niveau des températures de sirop », explique Mme Lachance.
LS Bilodeau offre des systèmes uniques, notamment celui utilisant un serpentin de récupération en acier inoxydable pour le chauffage et le refroidissement, conçu pour le transfert ther-
mique de liquide à air. Autre tendance : les silos de stockage verticaux. « La demande est grande pour des silos intérieurs, ceux-ci occupant moins d’espace horizontal dans les lieux de production », explique Mme Lachance.
Sirop doré, retraite dorée?
« J’entends de plus en plus souvent que plusieurs décident de faire de la production acéricole un projet de retraite, confie Mme Lachance. Faire du sirop est généralement une affaire de famille, qu’on cherche à transmettre à ses proches. D’autres décident de se lancer en prévision de la retraite ou lors de la prise de retraite, question de se garder occupés, de travailler à l’extérieur. »
Selon elle, ils seraient nombreux à se procurer un kit complet d’évaporation, de manière à pouvoir produire du sirop dans la cour arrière. « Sur les 15 clients qui sont passés cet avant-midi, plus de la moitié sont en démarrage ou en seconde année. On parle de gens qui viennent d’acquérir une terre ou qui ont décidé d’exploiter les érables dans la forêt derrière le chalet. »
C’est à Saint-Marcel-de-Richelieu que Dany Malenfant et son partenaire d’affaires Frédéric Loiselle, heureux nouveaux détenteurs de contingent, entendent lancer leur production acéricole au cours des prochaines années. Aperçu des étapes à venir.
« La réponse positive pour 1850 entailles nous est parvenue en janvier, explique M. Malenfant. Notre plein potentiel se situerait à environ 2500 entailles dans les prochaines années. » Tout a débuté par une idée, celle d’acquérir la sucrerie existante d’un producteur qui avait cessé ses activités depuis deux ans. « Si la tubulure et l’évaporateur étaient inclus, nous avons décidé de tout changer pour des équipements plus modernes », confirme-t-il.
Souvenirs de jeunesse, projet de vieillesse
Lorsque vient le temps d’aborder les raisons justifiant cette nouvelle aventure,

M. Malenfant livre ces quelques mots. « Mon père avait une cabane à sucre artisanale quand j’étais jeune, et j’adorais y aller pour jouer et profiter du plein air. J’ai 50 ans, et je prépare mon projet de retraite! Les possibilités de travailler en plein air, de vivre cette ambiance avec d’autres producteurs m’interpellent beaucoup. »
Il se dit bien entouré pour assurer un démarrage sans faute. « Notre ingénieur forestier continue de nous accompagner. L’éclaircissement du boisé sera fait au cours des prochaines semaines, alors que l’installation de la nouvelle tubulure est prévue pour l’an prochain », précise M. Malenfant.
À noter : le nom officiel de la sucrerie devrait être dévoilé avant le lancement de la production. À suivre, donc.
Jean-François Désorcy a obtenu du contingent en 2021 et en 2023. Ne désirant pas brûler d’étapes et bien réussir son projet, il effectue les bonnes actions au bon moment. Rencontre avec un producteur tombé dans la potion magique dès l’enfance.
« Mon père, Raynald Désorcy, a toujours été dans la production de sirop d’érable, et ce, à travers son entreprise, Ératube, qui conçoit et fabrique des raccords pour tubulures. Aujourd’hui, nous travaillons ensemble : il a son contingent, j’ai le mien. Nous bouillons au même endroit », précise M. Désorcy.
Ayant grandi dans une culture de 4000 entailles, il voit son père, à 16 ans, lui acheter sa première terre, un lot voisin sur lequel se trouvent 1500 entailles. « Le fait d’avoir un quota et de recevoir des paiements de sirop des PPAQ m’a donné le goût de continuer, ce qui explique l’acquisition d’une autre érablière six ans plus tard, soit l’autre partie du même lot voisin, qui comptait 500 entailles », note-t-il. La croissance se poursuit en 2020 lorsqu’il acquiert le
boisé du Domaine de l’érable, alors propriété de Réjean Bazinet, à la suite de l’incendie ayant ravagé le bâtiment principal. Grâce à l’aide de travailleurs agricoles étrangers, il entreprend de « nettoyer » le boisé, question de l’optimiser pour la tubulure et la production visant 1800 entailles supplémentaires. « À cette étape, je détiens près de 4000 entailles, et mon père tout autant ».
Et ça continue
Arrive 2023, date à laquelle JeanFrançois Désorcy approche un autre producteur acéricole. « J’ai voulu acheter la terre, mais le propriétaire, récemment devenu veuf, n’était pas encore prêt. Nous avons donc signé une entente de location pour 15 ans, et aussitôt lancé les travaux d’aménagement au lendemain de la réponse positive des PPAQ. Dans les deux cas d’acquisition, nous étions fonctionnels un an suivant l’obtention des quotas, soit en 2022 et en 2025. »
M. Désorcy est conscient que son parcours exemplaire ne reflète pas la réalité de la plupart des gens qui se lancent dans la production acéricole. « J’ai eu beaucoup de chance et beaucoup d’encadrement. Sans mon père, tout aurait été

Un aperçu de la cuisine où se prépare l’or liquide. Photo : gracieuseté
bien différent. Je ne serais pas dans cette position, c’est sûr », confie M. Désorcy, reconnaissant des 12 000 entailles qu’il compte aujourd’hui avec son père.
À noter, la production de sirop de la sucrerie est certifiée bio par Ecocert Canada. « Nous adhérons aux méthodes et pratiques bio depuis les 20 dernières années », confirme M. Désorcy. La Cabane à sucre Raynald Désorcy, ouverte depuis 1991, offre différents produits à la vente : sirop, cornets à l’érable, tire, sucre granulé et chocolat à l’érable


Marie-Eve
Bernard
Agr., M. Sc., conseillère en agroenvironnement et en santé des sols, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)
Selon Statistique Canada, entre 2006 et 2020, au Québec seulement, les superficies en prairies et en pâturages ont diminué de près de 39 %. En contrepartie, les superficies en maïs-grain, en maïs ensilage et en soya ont augmenté de façon importante. Durant la même période, les taux de matière organique dans les sols ont diminué un peu partout dans la province. Alors, que doit-on comprendre de cette situation?
Quand la matière organique devient un enjeu
Au Québec, les analyses chimiques de sol sont règlementées par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs et doivent être effectuées tous les cinq ans dans tous les champs cultivés. Les intervenants et les producteurs agricoles savent généralement bien les interpréter. Par exemple, lorsque le résultat de l’analyse indique un pH en bas de 6,5, il est clair que de la chaux sera nécessaire pour le corriger. Lorsque l’analyse indique un faible taux de phosphore et de potassium, la fertilisation minérale et/ou organique devra être ajustée l’année suivante.
Mais que faire lorsque les analyses révèlent une baisse de la matière organique du sol? La solution est loin d’être aussi simple que pour les autres éléments fertilisants.
Avant tout, il faut savoir ce qu’est la matière organique du sol et pourquoi est-elle si importante en agriculture. D’origine végétale, animale ou microbienne, la matière organique est transformée ou non, vivante ou non (Samson, Angers et Poirier, 2023). Elle est principalement constituée de carbone, soit entre 50 % et 60 % de la masse sèche. Il s’agit de la principale source d’énergie des organismes vivants du sol. La matière organique joue donc un rôle essentiel dans le fonctionnement des sols et, par conséquent, dans les rendements agricoles. Elle est au cœur des processus impliqués dans le maintien de la structure du sol, du drainage (infiltration et rétention de l’eau) et de la vie du
sol. Elle joue également un rôle central dans les cycles de l’azote, du phosphore et du soufre.
La conversion du carbone en matière organique
Quel est le lien entre les pertes de superficies en prairies et les baisses de carbone organique dans les sols du Québec? La réponse se trouve en grande partie dans l’action des racines.
Grâce à la photosynthèse, les plantes produisent des molécules riches en carbone. La plante utilise une grande partie de ces molécules pour développer ses parties aériennes et racinaires. Une certaine proportion de ces molécules est également relâchée dans le sol. Celles-ci sont appelées des exsudats racinaires et elles contiennent des lipides, des glucides et des protéines. La plante relâche des molécules pour échanger avec le microbiome du sol. Le microbiome, composé principalement de bactéries et de champignons, est essentiel pour fournir les éléments fertilisants aux plantes.
Le carbone contenu dans les racines a un potentiel de quatre à cinq fois plus élevé d’être converti en matière organique stable que les résidus de culture laissés à la surface du sol. Selon les dernières études scientifiques publiées, jusqu’à 45 % du carbone contenu dans les parties racinaires des plantes peut se transformer en matière organique. Le taux de conversion en matière organique des parties aériennes des cultures de couverture et des fumiers serait plutôt autour de 15 % à 20 % et, pour la paille, de 8 % à 12 %. Ce taux de conversion est étroitement lié au rapport carbone-azote (C/N) de la matière et à sa proximité avec les microorganismes du sol. En effet, un rapport C/N élevé nécessite que ces microorganismes dépensent davantage d’énergie pour utiliser la matière. Ce procédé de dégradation augmente la respiration cellulaire, donc la production de CO2 (figure 1). Les gaz produits lors de cette activité microbienne ne contribuent pas à enrichir le sol en carbone, car celui-ci est libéré dans l’atmosphère.
Les cultures de couverture : un outil clé
Comment est-il possible alors de maintenir ou même d’augmenter les taux de matière organique dans nos sols? Les cultures de couverture sont un outil essentiel puisqu’elles permettent d’allonger la période où il y a des racines vivantes dans les champs. Les cultures de couverture intercalaires jouent également un rôle important, même si leur
biomasse aérienne est moindre que celle des cultures de couverture à la dérobée. Elles contribuent à augmenter les superficies couvertes par des plantes et des racines vivantes.
Il est toujours surprenant de constater la grande capacité de ces plantes à explorer de nouvelles zones de croissance dans les sols. Il peut également être intéressant d’inclure des céréales d’automne comme le seigle ou le blé d’automne dans la rotation des cultures pour assurer une croissance plus tardive à l’automne, même après les gels. Cette technique permet aussi de favoriser une reprise hâtive de l’activité des racines et du microbiome du sol dès la fonte des neiges.
Un processus à moyen ou long terme
Alors, à quelle vitesse la matière organique s’accumule-t-elle dans les sols? Une multitude de facteurs influencent le taux d’accumulation, notamment le type de sol, les rotations, l’intensité du travail de sol et le climat. Les résultats significatifs des bonnes pratiques agricoles peuvent prendre de 5 à 10 ans avant d’être visibles dans les analyses de sol. En revanche, l’amélioration de la structure de sol et du taux d’infiltration de l’eau de surface peut être observée après seulement quelques années. C’est pourquoi il faut agir maintenant pour préserver cette ressource précieuse et indispensable à la santé et à la résilience des sols agricoles.

Source : Marie-Élise Samson, Université Laval
Légende : Un résidu vert, tel qu’une feuille d’avoine, requiert moins d’énergie qu’un résidu de bois pour sa décomposition par les microorganismes du sol. Cela signifie qu’un apport de matière avec un rapport C/N plus faible contribue à conserver davantage de carbone dans le sol.
La Direction régionale de la Montérégie du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) est une équipe dynamique et créative, reconnue pour son expertise et pour son apport stratégique au développement du secteur bioalimentaire.
Vous avez un projet en tête, vous souhaitez obtenir de l’accompagnement ou vous cherchez des aides financières? Nous pouvons vous aider! Consultez la liste ci-dessous pour connaître les membres de l’équipe.
AGROENVIRONNEMENT, CONSERVATION ET SANTÉ DES SOLS
• Marie-Eve Bernard, agronome
Profil de sol, cultures de couverture et compaction des sols marie-eve.bernard@mapaq.gouv.qc.ca
• Abdenour Boukhalfa, agronome
Gestion des résidus d’origine végétale, innovation et essais à la ferme abdenour.boukhalfa@mapaq.gouv.qc.ca
• Elisabeth Lefrançois, agronome
Biodiversité en milieu agricole, agroenvironnement et adaptation aux changements climatiques elisabeth.lefrancois@mapaq.gouv.qc.ca
• Myriam Ouardani, agronome
Gestion de l’eau par bassin versant et concertation en agroenvironnement myriam.ouardani@mapaq.gouv.qc.ca
• Mélanie Poirier, agronome Plan d’agriculture durable melanie.poirier@mapaq.gouv.qc.ca
• Ghislain Poisson, agronome Géomatique et agriculture de précision, gestion de l’eau par bassin versant et conservation des sols et de l’eau ghislain.poisson@mapaq.gouv.qc.ca
AGRICULTURE DE PRÉCISION, GÉOMATIQUE ET TECHNOLOGIES ÉMERGENTES
• Tarek Djedjig, agronome Agriculture de précision, nouvelles technologies du secteur bioalimentaire et géomatique tarek.djedjig@mapaq.gouv.qc.ca
GRANDES CULTURES
• Yvan Faucher, agronome
Gestion intégrée des ennemis des cultures et gestion des grandes cultures (céréales d’automne et soya) yvan.faucher@mapaq.gouv.qc.ca
• Andréanne Gaudet, agronome
Répondante en grandes cultures biologiques andreanne.gaudet@mapaq.gouv. qc.ca
• Stéphanie Mathieu, agronome
Gestion intégrée des ennemis des cultures et gestion des grandes cultures (maïs, soya et céréales) stephanie.mathieu@mapaq.gouv.qc.ca
• Radka Valeva, agronome
Gestion des cultures et gestion des matières fertilisantes radka.valeva@mapaq.gouv.qc.ca
HORTICULTURE
• Eve Abel, agronome
Production maraîchère, culture en terre noire et irrigation eve.abel@mapaq.gouv.qc.ca
• Evelyne Barriault, agronome Pomiculture et viticulture evelyne.barriault@mapaq.gouv.qc.ca
• Karine Bergeron, agronome Pomiculture et viticulture karine.bergeron@mapaq.gouv.qc.ca
• Isabelle Couture, agronome
Production maraîchère, culture en terre minérale et cucurbitacées isabelle.couture@mapaq.gouv.qc.ca
• Isabelle Fréchette, agronome Serriculture, agriculture urbaine et culture en bâtiment fermé isabelle.frechette@mapaq.gouv.qc.ca
• Riva Khanna, agronome Production maraîchère biologique, serres froides et tunnels et solanacées riva.khanna@mapaq.gouv.qc.ca
• Yveline Martin, agronome Agriculture urbaine, culture en bâtiment fermé et serriculture yveline.martin@mapaq.gouv.qc.ca
• Stéphanie Patenaude, agronome Petits fruits, fruits émergents et biodiversité en milieu agricole stephanie.patenaude@mapaq.gouv. qc.ca
Pour nous joindre par téléphone :
Saint-Hyacinthe : 450 778-6530
Saint-Jean-sur-Richelieu : 450 347-8341
Sainte-Martine : 450 427-2000 Au plaisir de vous servir!
• Mélissa Normandin
Aménagement du territoire, communauté nourricière, plan de développement de la zone agricole et entente sectorielle sur la forêt melissa.normandin@mapaq.gouv.qc.ca
• Anne-Marie Granger-Godbout, agronome
Aménagement du territoire, communauté nourricière et plan de développement de la zone agricole anne-marie.granger-godbout@mapaq. gouv.qc.ca
• Mohammed Adli
Agrotourisme, commercialisation et mise en marché de proximité mohammed.adli@mapaq.gouv.qc.ca
• Katherine Ducharme
Agrotourisme, commercialisation, mise en marché de proximité et entente sectorielle bioalimentaire katherine.ducharme@mapaq.gouv.qc.ca
TRANSFORMATION ALIMENTAIRE
• Abdel Ahraiba, ingénieur
Démarrage d’entreprises en transformation alimentaire et accompagnement de projets en transformation abdel.ahraiba@mapaq.gouv.qc.ca
• Julie Pivin
Démarrage d’entreprises en transformation alimentaire et accompagnement de projets en transformation julie.pivin@mapaq.gouv.qc.ca
• Sandra Dagenais
Démarrage d’entreprises en transformation alimentaire et accompagnement de projets en transformation sandra.dagenais@mapaq.gouv.qc.ca
Vous souhaitez joindre une autre direction régionale du MAPAQ? Consultez Québec.ca/MAPAQ-coordonnees-regions
Par leur expertise, les membres du personnel offrent une variété de services et contribuent au développement du secteur bioalimentaire et à la vitalité des régions.
• Abdel Nacer Hammoudi, agronome Production acéricole et expositions agricoles abdelnacer.hammoudi@mapaq.gouv. qc.ca
DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL
• Isabelle Matteau
Concertation en développement régional, ententes sectorielles et système alimentaire territorialisé isabelle.matteau@mapaq.gouv.qc.ca
ÉCONOMIE, GESTION ET RELÈVE
• Olivier Marois-Mainguy, agronome Économie et gestion agricole, innovation technologique et projets de développement régional olivier.marois-mainguy@mapaq.gouv. qc.ca
• Marie-France Reid, agronome
Accompagnement de la relève, démarrage d’entreprises et économie et gestion agricole marie-france.reid@mapaq.gouv.qc.ca
• Yves Simard, agronome
Accompagnement de la relève, démarrage d’entreprises agricoles et économie et gestion agricole yves.simard@mapaq.gouv.qc.ca
• Marie-Ève Dubuc, agronome Bovins laitiers, petits ruminants (ovins et caprins, laitiers et de boucherie) et plantes fourragères marie-eve.dubuc@mapaq.gouv.qc.ca
• Carrolyn O’Grady, agronome Bovins de boucherie, productions vache-veau, plantes fourragères, pâturages et expositions agricoles carrolyn.ogrady@mapaq.gouv.qc.ca
PROGRAMMES D’AIDE FINANCIÈRE
• Marc-Olivier Beaudry Prime-Vert et projets individuels des entreprises marc-olivier.beaudry@mapaq.gouv. qc.ca
• Abdennasser Bouleghcha Coordination régionale en accompagnement des programmes, information et orientation abdennasser.bouleghcha@mapaq. gouv.qc.ca


Acériculteurs établis ou acériculteurs du dimanche, tous et toutes partagent la même passion pour le sirop d’érable. Cela se reflète en formation. En 20242025, l’acériculture et la foresterie étaient les thèmes de loin les plus populaires avec 170 groupes.
Toujours en 2024-2025, parmi les cinq formations les plus suivies, trois concernaient ces secteurs: abattage d’arbres, installation de tubulure et salubrité et assainissement des équipements acéricoles.
Tous les formats de formation sont disponibles : en salle, en ligne avec formateur et en ligne sans formateur.
Les formations en ligne sans formateur sont particulièrement adaptées pour les personnes qui ne peuvent pas se libérer pour suivre des formations de groupe. L’éventail de formations couvrent plusieurs sujets : Débuter en acéri-
culture, êtes-vous sur votre Brix?, Entaillage et Transformation des produits de l’érable.
Les Producteurs et Productrices acéricoles du Québec font leur part pour rendre la formation accessible en défrayant les frais d’inscription pour quelques titres, à chaque année.
Une offre en expansion
Le dynamisme du secteur acéricole fait que la liste des formations proposées s’allonge. Le Centre Acer, en collaboration avec Agricarrières, a développé la nouvelle formation « Tout savoir sur la filtration du sirop d’érable ».
Agricarrières a repris une bonne idée de la région du Bas-Saint-Laurent et a préparé du matériel pédagogique pour la nouvelle formation, Jeunes acéricultrices/Jeunes acériculteurs, une formation gratuite pour les 14-18. La relève est au rendez-vous.
Le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) a eu la bonne idée de sortir trois publications destinées aux propriétaires de quelques arbres jusqu’à 300 érables, Production de sirop d’érable à petite échelle. Les sujets abordés sont l’entaillage, l’évaporation et la filtration.

On peut consulter le Catalogue des formations sur le site www.uplus.upa.qc.ca. Il est possible de discuter d’un nouveau besoin de formation avec sa répondante en formation agricole, Valérie Plante pour la Montérégie et Guylaine Martin pour le Centre-du-Québec.




Réza Némati
Ph. D., chercheur en pratiques culturales, Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale (IQDHO)
Des alternatives crédibles aux pots en plastique pour concilier performance agronomique et réduction du l’usage du plastique
L’horticulture ornementale sous serre repose encore largement sur l’utilisation de pots en plastique, principalement en polypropylène. Bien que ces contenants soient légers, peu coûteux et compatibles avec la mécanisation, leur usage à court terme génère une quantité importante de déchets plastiques, dont une grande partie est enfouie faute de filières de recyclage adaptées. Dans un contexte où la réduction de l’empreinte environnementale devient un enjeu stratégique pour les entreprises agricoles, les contenants biodégradables suscitent un intérêt croissant. Toutefois, leur adoption demeure limitée en raison d’incertitudes quant à leur performance agronomique et leur compatibilité avec les systèmes de production commerciale. Afin de documenter ces aspects, l’IQDHO a mené, en 2024 et 2025, une étude en serre commerciale à Laval (Québec). L’objectif était d’évaluer différents pots et blocs biodégradables comme alternatives aux pots en plastique, tant sur le plan agronomique que technique, en conditions réelles de production.
Un protocole en conditions commerciales
Trois cultures représentatives ont été retenues : le basilic, l’impatiens de Nouvelle-Guinée et le bégonia Rieger. Sept supports de culture ont été comparés : un pot en plastique (témoin), quatre pots biodégradables disponibles sur le marché et deux blocs de substrat sans pot. Les végétaux ont été produits sur des dalles de subirrigation, selon les pratiques standards de l’industrie. Les évaluations ont porté sur la compatibilité avec la mécanisation (empotage, manutention), la résistance physique des contenants, la croissance et la qualité des plants (biomasse, compacité, enracinement, floraison), ainsi que sur la perception des consommateurs au moment de la commercialisation.
Une intégration technique généralement facile
Les résultats montrent que la majorité des pots biodégradables testés sont com-
patibles avec les équipements d’empotage automatisés, moyennant des ajustements mineurs. Aucun ralentissement significatif des opérations n’a été observé. Les blocs de substrat, bien qu’intéressants sur le plan environnemental, se sont révélés plus fragiles et nécessitent des adaptations au niveau de la manutention et du transport.
Des performances agronomiques comparables, voire supérieures
Sur le plan agronomique, plusieurs alternatives biodégradables ont permis d’obtenir des performances équivalentes ou supérieures à celles du pot en plastique. Pour le basilic et l’impatiens de Nouvelle-Guinée, certains pots biodégradables à base de fibres ont favorisé une croissance plus compacte et un système racinaire mieux développé, un avantage potentiel pour réduire l’utilisation de régulateurs de croissance.
Chez le bégonia Rieger, un bloc de substrat biodégradable s’est démarqué par une floraison nettement plus abondante et une biomasse aérienne significativement plus élevée. Ces résultats sont associés à une meilleure disponibilité en eau et à une charge nutritive initiale plus élevée du support.
Un des blocs testés a toutefois présenté des performances plus faibles et une fragilité accrue, soulignant l’importance d’un choix adapté du support et d’ajustements culturaux ciblés.
Une acceptabilité élevée chez les consommateurs
Les sondages réalisés auprès des consommateurs indiquent une forte sensibilité aux enjeux environnementaux. L’impact écologique du contenant est ressorti comme le principal facteur influençant l’intention d’achat, devant l’esthétique du produit. Une majorité de participants se sont dit prêts à acheter des plantes en contenants biodégradables, même en présence d’une légère augmentation de prix.
Un levier concret pour réduire le plastique
Cette étude démontre que les contenants biodégradables constituent aujourd’hui une option techniquement et agronomiquement viable pour la production horticole ornementale en serre. Bien choisis et intégrés adéquatement, ils permettent de réduire l’usage du plastique sans compromettre la qualité des plants. Des essais supplémentaires sur des cycles plus longs et d’autres espèces permettront de consolider ces résultats, mais les données actuelles confirment leur potentiel comme levier de transition vers des pratiques plus durables.
Ce projet est financé par l’entremise du Programme Innovation bioalimen-



taire 2023-2028, Volet 2 - Recherche appliquée, développement expérimental et adaptation technologique, en vertu du Partenariat canadien pour une agriculture durable, entente conclue entre les gouvernements du Canada et du Québec.
Pour des informations supplémentaires sur le projet : IQDHO. Rapport final du projet T-08855-J8N6, Évaluation des performances agronomiques des conte-
nants et blocs biodégradables comme alternatives aux pots en plastique, Réza Némati et Florence Carrier, 2026.
L’IQDHO, l’Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale, est un centre d’expertise unique au Québec. Pour plus de détails sur l’institut voici nos coordonnées : 3230 rue Sicotte, Bureau E-307 Saint-Hyacinthe, QC, J2S 2M2 info@iqdho.com www.iqdho.com

Depuis la mise en place de stages incitatifs rémunérés par le gouvernement du Québec en 2019, on constate une hausse des étudiants en médecine vétérinaire qui envisagent de faire carrière dans le secteur bioalimentaire, de la production à la transformation. Ces stages contribuent à soutenir l’accès aux services vétérinaires en production animale, un enjeu important pour les éleveurs, particulièrement en région.
Cette main-d’œuvre spécialisée est essentielle au bon fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement et à la vitalité des entreprises agricoles.
Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et ministre responsable de la région du Centredu-Québec, Donald Martel, a ainsi confirmé le renouvellement de l’Initiative ministérielle pour des stages incitatifs en médecine vétérinaire dans le domaine bioalimentaire.
Selon un sondage effectué en 2025 auprès des stagiaires, 96 % d’entre eux souhaitent exercer leur profession dans le secteur bioalimentaire, ce qui démon-
tre un intérêt réel pour le secteur des animaux de ferme. De plus, 41 % des étudiants ont obtenu un emploi dans l’un de leurs anciens milieux de stage. Ces résultats confirment que les stages représentent un levier concret pour attirer et retenir la relève vétérinaire, tout en répondant aux besoins des producteurs dans l’ensemble des régions du Québec.
Près de 600 étudiants ont déjà participé au programme, et le nombre de stages réalisés annuellement continue d’augmenter. Il a atteint 147 en 2025, soit une augmentation de près de 40 %. En rendant ces expériences plus accessibles, l’initiative permet à davantage d’étudiants de découvrir les réalités du travail en milieu agricole et d’envisager une carrière au cœur de nos régions.
Faits saillants
• Les montants d’aide financière de base varient de 2 700 $ à 3 400 $ pour chaque stage réalisé. De plus, les étudiants qui choisissent une clinique vétérinaire qui fait face à des enjeux d’attractivité et de maintien des services
vétérinaires bénéficieront d’une bonification correspondant à 20 % de l’aide financière de base.
• Les personnes admissibles sont des étudiants inscrits à temps plein au programme de doctorat de premier cycle en médecine vétérinaire de l’Université de Montréal (campus de Saint-Hyacinthe ou de Rimouski).
• Pour être admissible, le stage doit respecter les conditions suivantes :
• Porter sur les champs de pratique vétérinaire du domaine bioalimentaire (prévention et contrôle des maladies, soins apportés aux animaux, laboratoire, recherche);
• Concerner exclusivement une ou plusieurs des espèces animales suivantes :
• bovins laitiers;
• bovins de boucherie;
• porcs;
• volailles;
• petits ruminants (ovins et caprins).
• En 2023, la production animale québécoise représentait près de 60 % des recettes monétaires agricoles du marché, générant plus de 7 milliards de dollars. Elle soutient environ 29 000

emplois. Au-delà de son poids économique, elle joue un rôle essentiel dans le dynamisme des régions et dans l’atteinte de l’autonomie alimentaire du Québec.


Tarek Djedjig Agronome, conseiller en agriculture de précision, géomatique et technologies émergentes, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)
L’agriculture connaît une transformation rapide sous l’effet des avancées technologiques, notamment en matière de capteurs, de drones, d’intelligence artificielle et de robotique.
Face aux défis majeurs des changements climatiques et de la croissance démographique, les innovations émergentes redéfinissent les pratiques agricoles, ainsi que les perspectives d’évolution à l’horizon 20351,2,3
État des connaissances actuelles en agriculture de précision L’agriculture de précision est une approche basée sur les données qui peut optimiser la productivité et augmenter la rentabilité de l’exploitation agricole. Elle contribue aussi à la réduction de l’utilisation de l’eau et des autres intrants, allégeant ainsi l’empreinte écologique de l’agriculture.
GPS, cartographie, indice de végétation par différence normalisée (NDVI) ou applications à taux variables sont parmi les outils les plus utilisés en agriculture de précision, mais ce n’est pas tout!
Les innovations issues du numérique comme l’intelligence artificielle (IA), la télédétection par satellite, les systèmes d’aéronefs télépilotés (SATP), aussi appelés drones, la robotique, l’Internet des objets (IDO) ou les systèmes d’information géographiques (SIG) sont de plus en plus accessibles. L’agriculture de précision est désormais à la portée des agronomes et des exploitants grâce à des outils d’exécution et d’aide à la décision4
Innovations technologiques au service de la précision
Intelligence artificielle (IA) et apprentissage automatique
L’IA est une combinaison de technologies et de méthodes permettant à une machine d’accomplir des tâches qui exigent habituellement des facultés humaines d’apprentissage et de raisonnement. À travers l’apprentissage automatique, l’IA révolutionne l’agriculture de précision en analysant rapidement des données massives pour des interventions ciblées : dépistage, prédiction des
rendements et optimisation des intrants.
Télédétection, drones et imagerie de précision
Les drones équipés de caméras hyperspectrales, multispectrales ou thermiques gagnent en performance. Ils permettent désormais de détecter rapidement divers stress, de cartographier précisément les mauvaises herbes et d’appliquer certains intrants de manière ciblée.
Robotique
La rareté de main-d’œuvre et l’adoption croissante des pratiques agricoles modernes font progresser la robotique agricole au Canada, particulièrement dans l’ouest du pays et au Québec5
Internet des objets (IDO) et capteurs connectés
L’IDO désigne l’interconnexion, via Internet, d’objets physiques (capteurs, drones, dispositifs d’automatisation, etc.) à une plateforme numérique, en vue d’automatiser des tâches, d’assurer une surveillance à distance ou de faciliter la prise de décision.
Nombreuses sont les applications de l’IDO en agriculture : capteurs d’humidité du sol, capteurs embarqués sur les robots désherbeurs, caméras pour le suivi des animaux en bâtiments d’élevage, capteurs sur les plantes, stations météorologiques connectées, etc.
Biotechnologies, génomique et nanotechnologies
Face à la rareté des intrants, aux effets des changements climatiques et aux multiples stress biotiques et abiotiques, ces disciplines interviennent en améliorant la productivité, la résistance et la durabilité des systèmes de production agricole. Elles permettent de développer des plantes plus résistantes, de produire de la biomasse ou de réaliser des apports d’intrants extrêmement précis6
Perspectives et tendances
Vers une généralisation des pratiques de précision en agriculture?
Un sondage de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (2023) montre que 80 % des PME agricoles québécoises se tournent vers l’automatisation, en réponse à une pénurie de main-d’œuvre7.
En 2025, les technologies de base comme le GPS sont largement répandues au centre et à l’ouest du Canada, alors que la robotique et la télédétection restent moins généralisées. Cependant, en Ontario, les grandes exploitations ont intégré la cartographie et la surveillance des ravageurs, ce qui a amélioré les rendements d’environ 15 %. L’adoption des
outils numériques varie toutefois selon la taille des exploitations, les régions et les types de cultures8
Plusieurs secteurs agricoles utilisent l’agriculture de précision, mais certains l’adoptent plus intensivement et plus rapidement que d’autres. Dans le tableau 1 figurent les secteurs qui y ont le plus recours, classés selon leur niveau d’adoption9
Tableau 1 : Utilisation de l’agriculture de précision par secteur de production
Secteur de production Principales technologies utilisées
Grandes cultures GPS, SIG, taux variable, drones, capteurs, robotique
Production laitière Capteurs, alimentation de précision, robots
Horticulture Drones, SIG, capteurs, robots, machines automatiques
Par ailleurs, 81 % des exploitations agricoles de plus de 5 000 acres utilisent des technologies de précision, alors que les exploitations de moins de 2000 acres enregistrent un niveau d’adoption inférieur, soit 36 %10
Défis et limites
À l’ère du numérique, les méthodes de travail évoluent au rythme de l’innovation toujours plus rapide. De nouvelles technologies s’imposent comme des outils particulièrement performants. Les producteurs agricoles doivent donc constamment moderniser leurs pratiques, ce qui exige d’importants efforts de formation et d’accompagnement.
Les principaux freins à l’adoption de l’agriculture de précision au Canada sont le coût élevé des équipements, la complexité technique des outils et l’accès limité aux infrastructures numériques dans certaines zones périphériques.
La généralisation de l’adoption des technologies d’agriculture de précision
Références
exige une amélioration de la connectivité numérique, particulièrement dans les zones agricoles éloignées où la couverture Internet demeure insuffisante. Pour soutenir cette généralisation, le MAPAQ appuie les producteurs dans leur processus de transition technologique, notamment par des initiatives d’aide financière ou des formations. Consultez le Québec.ca/MAPAQ-coordonnees-regions pour communiquer avec votre direction régionale ou visitez le Québec.ca/calendrier-bioalimentaire pour connaître les activités à venir. Malgré les défis et limites de l’agriculture de précision, elle trace la voie vers des pratiques agricoles plus résilientes. Les producteurs deviennent mieux outillés pour relever avec efficacité les enjeux environnementaux et productifs du secteur.

1 Adaptation aux changements climatiques : mesures et innovations technologiques, socio-économiques et institutionnelles renforçant la résilience du système agricole au Québec
2 Rapport mondial sur les crises alimentaires (GRFC) 2025 | ReliefWeb
3 L’insécurité alimentaire et la malnutrition aiguës progressent pour la sixième année consécutive dans les régions du monde les plus fragiles – Rapport
4 Precision Agriculture for Smallholder Farmers | Programme des Nations Unies pour le développement
5 L’agriculture s’automatise de plus en plus pour remédier à la pénurie de main-d’œuvre | Radio-Canada
6 Rapport du Groupe d’experts éminents en matière d’éthique alimentaire et agricole
7 L’automatisation : un processus loin d’être automatique pour les PME québécoises
8 L’avenir est numérique : l’agriculture numérique et la politique agricole canadienne
9 Les exploitations agricoles du Canada se tournent vers la production d’énergie renouvelable et les technologies pour progresser vers un avenir agricole durable et efficace
10 Technologie et agriculture : adoption et obstacles | Centre des Compétences futures


Valérie Plante, agente en formation agricole
Le 12 février dernier, les PPAQ lançaient officiellement la saison des sucres 2026 lors du Carnaval de Québec. C’est la première année que ce syndicat et sa marque Érable du Québec sont l’un des partenaires majeurs de cet événement. De plus, en janvier dernier, on annonçait que 611 nouvelles entreprises acéricoles pourraient démarrer leurs activités d’ici trois ans grâce à la distribution de 4,9 millions d’entailles pour les projets admissibles situés en forêt privée.
Afin de préparer les productrices et producteurs acéricoles qui commenceront dans ce secteur, les Collectifs en formation agricole de chaque région offrent des formations pour eux. Elles permettent d’améliorer les procédés et la qualité du sirop d’érable. Même les pro-
ducteurs qui œuvrent en acériculture depuis des années peuvent en bénéficier et en apprendre davantage.
En Montérégie, de précieux partenaires nous permettent de dispenser des formations de qualité à tous ceux qui désirent se perfectionner. Le Centre ACER a formé des acéricultrices et acériculteurs sur la salubrité et l’assainissement pour améliorer le rendement et la qualité du sirop d’érable ainsi que sur l’utilisation et la calibration des instruments de mesure. De plus, les participants ont pu découvrir l’univers des caractéristiques de saveur du sirop d’érable en grands contenants, démystifiant ainsi les éléments qui influencent le goût du produit de l’érable.
Parcours formation qui assure le développement des compétences des producteurs dans le secteur de SaintHyacinthe et le Centre d’entrepreneuriat des Grandes-Seigneuries dans la région de la Montérégie-Ouest ont offert des formations de qualité en acériculture. C’est le formateur Sylvain Mailloux qui a partagé son savoir sur des sujets tels que
l’aménagement acérico-forestier, la planification d’une installation de tubulures, l’entaillage des érables, la gestion de l’osmose et sur l’évaporation de la sève d’érable.
En Montérégie-Est, l’engouement pour ces cours était tel que des groupes se sont ajoutés afin de subvenir à la demande.

Grâce au savoir et l’expérience de Doris Dallaire, les acériculteurs de la Montérégie peuvent apprendre à transformer les produits de l’érable. Des cours de base et de perfectionnement sont au menu, permettant ainsi autant aux débutants qu’à ceux qui veulent peaufiner leur art d’en apprendre davantage.
Une gamme de services offerts en Montérégie
Saviez-vous que la Fédération de l’UPA de la Montérégie offre divers services aux producteurs agricoles? Au Centre d’emploi agricole (CEA), vos besoins en main-d’œuvre étrangère et locale seront comblés par de l’accompagnement pour vos demandes de travailleurs étrangers
temporaires et du recrutement local. De plus, du coaching dans la gestion de vos ressources humaines et des programmes d’intégration de votre main-d’œuvre, notamment Fermemploi, vous permettront d’assurer votre succès en tant qu’employeur. N’hésitez pas à nous contacter pour de l’information complémentaire sur nos services.
Pour avoir plus d’information sur l’offre variée en formations agricoles en Montérégie, consultez le catalogue des formations U+ sur le site https://www.upa.qc.ca/producteur/formations ou Valérie Plante au 450 4545115 au poste 6286 ou par courriel : vplante@upa.qc.ca.





Vincent Pelletier
Ph.D., ing., agr. Directeur R&D Adjoint
Stéphane Godbout
Ph.D., ing., agr. Chercheur en génie agroenvironnemental
amendement dans les sols ou comme litière en production laitière. Malgré ce potentiel, des incertitudes demeurent quant aux conditions optimales d’utilisation au Québec.
Un projet pour optimiser la valorisation du digestat
Un projet de recherche a donc été élaboré afin de valider le potentiel agronomique du digestat brut ainsi que la faisabilité d’utiliser la fraction solide à titre de litière. L’usine Agri-Énergie Warwick fournissait le digestat.
Le réacteur de cette usine était alimenté par un mélange précis composé principalement de fumiers et de lisiers agricoles et en plus petite proportion de matières issues des secteurs agroalimentaire et municipal afin d’en maximiser le potentiel méthanogène.
Le digestat brut, une alternative aux engrais azotés
Photo : IRDA

certaines litières recyclées.
Un potentiel confirmé par la recherche
Le digestat brut constitue ainsi une source fertilisante organique de qualité, tandis que sa fraction solide présente un potentiel intéressant comme litière et comme amendement pour le soutien de la santé des sols, sous réserve d’une hygiénisation adéquate et d’une gestion rigoureuse des émissions.
Ce projet de recherche a été réalisé grâce à une aide financière du Programme Innov’Action agroalimentaire, un programme issu de l’Accord Canada-Québec de mise en œuvre du Partenariat canadien pour l’agriculture conclu entre le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Christine Landry
Ph.D., agr. Chercheure en fertilité des sols et nutrition des cultures
La biométhanisation constitue une solution intéressante pour valoriser les sous-produits agricoles, dans une perspective d’économie circulaire et de réduction des intrants minéraux et des émissions de gaz à effet de serre (GES). Elle repose sur un processus biologique au cours duquel des microorganismes décomposent la matière organique en absence d’oxygène, produisant du biogaz et du digestat. Le biogaz, une fois purifié, peut être valorisé sous forme de gaz naturel renouvelable et injecté dans le réseau d’Énergir.
Le digestat, qui représente environ 70 à 90 % de la masse initiale des intrants, peut être retourné au système agricole, évitant la création d’un nouveau déchet. Il est également possible de séparer le digestat en deux fractions. Sa fraction liquide, tout comme le digestat brut, est riche en éléments nutritifs solubles (azote minéral, potassium, carbone labile) et peut, selon la littérature, se substituer aux engrais azotés minéraux en tout ou en partie, selon le contexte de valorisation.
De même, la fraction solide, concentrant la matière organique et les éléments peu solubles (phosphore, calcium), pourrait être valorisée comme
L’utilisation du digestat brut a été évaluée comme fertilisant sur six sites de maïs-grain en 2022 et 2024. Huit traitements, testant différentes doses et modes d’apports, répétés quatre fois par site, comprenaient une courbe de réponse à cinq doses d’azote minéral et trois traitements de digestat. Les rendements obtenus étaient comparables à ceux observés avec la fertilisation azotée minérale. Grâce à ses propriétés stables et à sa libération progressive de l’azote, le digestat s’est révélé être une source fertilisante de qualité.
Bien que le mode optimal de valorisation soit encore à développer, le produit a présenté une efficacité azotée élevée, s’approchant de celle des lisiers et des fientes granulées de poules à certains sites.
La fraction solide au service du bien-être animal
La fraction solide du digestat a été évaluée comme litière pour les vaches laitières, en comparaison avec la paille et une litière de fumier recyclé, selon des critères de salubrité, de bien-être animal et de qualité de l’air lors de l’épandage. Elle contenait moins de microorganismes potentiellement pathogènes que la litière de fumier recyclé; toutefois, la diversité des intrants justifie des mesures de précaution et, idéalement, une hygiénisation préalable.
Lors de simulations d’épandage, les concentrations de CH₄ et de CO₂ sont demeurées très faibles pour tous les traitements. Une hausse de NH₃ et de N₂O a été observée avec la fraction solide, sans dépasser les seuils d’exposition pour la santé des travailleurs.
Les concentrations de particules fines étaient inférieures à celles mesurées
Le printemps 2026 verra plusieurs centres de jardinage, dont les Serres Girouard de Sainte-Madeleine, La Jardinière du Nord et Entreprises Faucher offrir la collection de 16 cultivars de plants de tomates Les Exceptionnelles, fruit des recherches du Patrimoine Roger Doucet. Le détaillant WH Perron, partenaire de la FSHEQ, offrira aussi les semences de quatre cultivars (Canabec Rose, Petitebec, Superbec et Ultrabec) aux producteurs commerciaux et domestiques, et la gamme complète en 2027.
Comme l’explique Louisette L. Laramée, ex-étudiante de Roger Doucet à l’ITAQ, dans un communiqué, les tests des cultivars, réalisés à partir des notes de recherche de M. Doucet, ont été menés en mai 2025, plus précisément Potager Mont-Rouge, Ferme Chez Mario et Serres & Jardins Girouard.
Soutenue dans cette initiative par Gabriel Beauregard et Ginette H. Laplante (qui a aussi œuvré avec M. Doucet), autres anciens étudiants de l’ITAQ, le projet visant à confirmer les qualités de ces tomates, créées entre 1960 et 1990, mises de côté pour différentes raisons lors de la fermeture des conserveries il y a plusieurs décennies.
Conclusions : lesdites tomates se révèlent hâtives, tendres et juteuses, et peu sujettes aux maladies, et donc parfaites pour une commercialisation à grande échelle. Décision dans laquelle est impliqué l’horticulteur Normand
Tellier, également ancien étudiant de Roger Doucet.
À noter : des retrouvailles sont prévues à Saint-Hyacinthe, en avril, pour revenir sur cette aventure unique. Nous y reviendrons dans une prochaine édition.
Notes historiques
Roger Doucet obtient un diplôme d’agronome de l’Institut agricole d’Oka en 1957 et une maîtrise en phytocytogénétique de l’Université de Montréal en 1959. Il enseigne ensuite à l’Institut d’Oka, à l’École de médecine vétérinaire de même qu’à l’École de laiterie de SaintHyacinthe. ll fonde, en 1966, le département de phytotechnie à l’ITA de Saint-Hyacinthe et le dirige pendant 12 ans. Il y assure les cours de botanique, de biologie végétale et de microbiologie, ainsi que les laboratoires des sols, tout en faisant de la recherche. Par la suite, il devient chercheur permanent à la Station de recherche agricole de SaintHyacinthe, où il se consacre à la création de nombreux cultivars de tomates.


Jusqu’au 19 mai prochain, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et ministre responsable de la région du Centre-du-Québec, Donald Martel, invite les propriétaires d’entreprise agricole de moins de 40 ans à s’inscrire en grand nombre au 11e Prix de la relève agricole.
Depuis plus de 10 ans, le Prix de la relève agricole souligne le talent, la réussite et l’audace des jeunes de la relève agricole québécoise, ainsi que leur engagement en développement durable et dans la communauté.
La personne lauréate ou le groupe lauréat du concours remportera une bourse de 7500 $, tandis que la personne finaliste ou le groupe finaliste recevra une bourse de 3500 $.
Faits saillants
Les jeunes de la relève qui désirent participer au concours sont invités à soumettre un dossier de candidature à l’un des conseillers régionaux en relève et en établissement du Ministère. Les conseillers évalueront l’admissibilité des

candidatures et accompagneront les participants dans leurs démarches.
Un jury composé d’experts du Ministère, de représentants du monde des affaires et de représentants des milieux associatifs choisira la personne lauréate ou le groupe lauréat et la personne finaliste ou le groupe finaliste. Le Prix de la relève agricole sera remis l’automne prochain.
À l’approche du dévoilement des résultats de la 46e vente aux enchères des marchés du carbone Québec-Californie, ce mercredi, les Producteurs de grains du Québec (PGQ) invitent tous les partis politiques - et tous les candidats à des postes électifs - à s’engager à éliminer et rembourser la tarification du carbone pour le secteur agricole.
« Les producteurs de grains québécois en ont assez : la tarification carbone entraîne des conséquences financières importantes pour nos entreprises, puisque nous devons absorber des coûts que nous ne pouvons ni éviter ni réduire avec les technologies actuellement disponibles. On nous impose des coûts sans nous donner les outils adéquats pour les réduire. Cette situation est inéquitable, inefficace et doit cesser », lance le président des Producteurs de grains du Québec, Sylvain Pion.
À l’approche des élections, les PGQ estiment qu’il est temps de reconnaître
cette réalité et de corriger cette injustice qui mine la compétitivité et l’avenir des entreprises agricoles.
Au total, les producteurs de grains ont versé plus de 150 M$ au Fonds d’électrification et de changements climatiques (FECC) ces dernières années -- soit près de 30 % des contributions provenant du secteur agricole -- alors que moins de 2 % des investissements climatiques du FECC ont été dirigés vers le secteur des grains. Plus impactés, moins soutenus « Nous sommes parmi les plus exposés aux impacts climatiques, mais parmi les moins soutenus. Nous finançons massivement le FECC sans accéder aux moyens nécessaires pour réduire nos émissions ou améliorer notre résilience. Malgré les annonces faites ces dernières années, les fonds tardent à se matérialiser et demeurent largement insuffisants par rapport aux montants versés depuis 2015. Ce déséquilibre doit être corrigé », conclut M. Pion.

