
● un projet guidé par le terrain.
Les zones humides, et plus pa iculièrement les tourbières, sont reconnues pour leurs nombreux services écosystémiques : captation de CO₂, maintien de la biodiversité, régulation des phénomènes d’érosion et de submersion... Dans un écosystème en transition tel que celui des tourbières, l’évolution des espèces peut être interprétée à travers le modèle r/K bien connu des biologistes. Les espèces à stratégie r sont les premières à s’implanter. On les dit pionnières et typiques. Elles préparent l’arrivée d’espèces à stratégie K, plus compétitives, qui s’imposent ensuite dans un environnement stabilisé.
Cependant, en France, les tourbières et les zones humides en général ont subi des transformations profondes dues à l’exploitation intensive et à l’a i cialisation des milieux. Cela concerne entre 50 % et 75 % des tourbières et autres zones humides et près de 15 parcs naturels Régionaux1 sur le territoire français. Ces pressions ont entraîné une dégradation sévère, que les politiques européennes tentent aujourd’hui de corriger avec des objectifs de restauration à l’horizon 20502 .
Conscients de l’urgence, de nombreux sites sont remis en eau. Mais face à l’ampleur des dégâts, la revégétalisation spontanée reste di cile. Comment peut-on aider les espèces végétales à reconquérir leur territoire d’origine ? La question se pose actuellement pour la tourbière de Sèves, dans le Cotentin, par exemple. Ici, des scienti ques du Parc Naturel Régional du Cotentin et du Bessin, dont le physicien spécialiste des milieux tourbeux, Sébastien Gogo, m’ont accompagné pour mieux comprendre la dynamique paysagère de ces milieux fragiles et dé nir ensemble les a endus du projet.
Parmi les ressources locales identi ées en Normandie, la lière du lin constitue un atout majeur. L’étude des possibilités de transformation de ce e matière m’a conduit à m’intéresser à un procédé innovant : l’enroulement lamentaire sans mandrin3. Ce procédé permet la fabrication de structures complexes et legères
Un travail d’itération entre recherches algorithmiques et expérimentations avec la bre a pu aboutir à un algorithme paramétrique d’enroulement multi-axes pour générer le chemin de modules breux, tous uniques. Une fois assemblés, ils sont destinés à former des radeaux o ants, véritables suppo s de sphaignes réintroduites. Ces structures jouent un rôle d’amorce en stimulant l’apparition d’espèces pionnières. Leur caractère biodégradable et éphémère est étudié a n de limiter leur impact une fois la dynamique amorcée. Des expérimentations in situ de quelques modules ont déjà permis d’observer des résultats encourageants. À terme, il est espéré d’observer une régénération e ective de puits de carbone sur des zones plus larges.
1 Source :parcsnaturelsregionaux.fr
2 Proposal for a Nature Restoration Law, Commission européenne, juin 2022.
3Coreless Filament Winding, Institute for Computational Design, Stu ga .
Le langage numérique guidant la génération des modules permet de se projeter vers une version du projet entièrement automatisable. À ce jour, la main de l’opérateur est guidée par une suite de points à suivre, préalablement calculés et positionnés progressivement dans un espace simulé. Avec ce procédé, le temps de production est en moyenne d’un module par heure avec un coût en matière première fo ement diminué par rappo aux suppo s en treillis plus classiques puisqu’ici, le volume tressé devient la structure elle-même.
Ce travail nécessiterait un dialogue plus appronfondi aux côtés de Parcs Naturels Régionaux a n d’a ner les hypothèses d’implantation des radeaux, rendre le projet commercialisable et scalable. Ce projet de recherche illustre ainsi comment les outils numériques nous invitent à tisser des liens inédits entre une matière, de nouveaux procédés et des territoires en mouvement. Il est une synthèse entre engagement écologique, innovation et collaboration pluridisciplinaire.

«Les tourbières représentent 3% de la surface mondiale mais contiennent entre 25% et 33% du carbone des sols mondiaux.»
Sébastien Gogo, CNRS.

Séléction de Solutions Fondés sur la Nature pour accompagner le changement climatique le long d’un bassin versant.

Actions humaines et arti cialisation.
Conséquences de la crise climatique.
Solutions Fondées sur la Nature (SFN).


glissement éboulement perte de biodiversité érosion sécheresse...



exploitation drainage tassement... Optimisation assénissement culture intensive... arti cialisation surchau e urbaine gestion des eaux... enrochement ganivelles, épis ensablement...





érosion ruisselement dégats perte de biodiversité...



sécheresse ruisselement retrait des argiles éfondrement dégats...



Réhabilitation de zones humides 2 1 3 4-5 6

dérivation hydrique aménagement urbanisation...


infrastructures agro-écologiques/ zones tampons





Recharge maîtrisée par bassin végétalisé



submersion dégats é ondrements... Rupture de berge Avulsion dégats...







Zones humide littorales (prés-salés) et dunes végétalisés.
Renaturation de cours d’eau.
Ville de Quarentanles-Marais
Parc naturel régional des marais du Cotentin et du Bessin
Marais
Dynamiques d’in ltration
Communes + ou - grandes
Site d’étude
Voix routières


Région : Normandie
Departement : Manche Commune : Baupte




Phase intermédiaire


Etat des lieux des activités humaines et sur l’espace naturel : des rapports de force qui recomposent le territoire.

Montsenelle (Saint-Jores)



Le plessisLastelle


Baupte

Gorges



Site d’étude
Traces d’activité humaine
frontières communales
Baupte


Communes mitoillennes
Routes
Santiers de rendonnée
Chemin de fer
Zones arti cialisées






Points de pêche
Chasse au gabion
Usine d’extraction de la tourbière
Chapelle Saint-Anne
Point de vue remarquable
Pont de la Sèves
Zone de chasse à la botte
Périmètre d’exploitation de la tourbière
Unités écologiques
Cours d’eau
Surface en eau
Peuplement de feuillus
Auvers
Terre-Et-Marais

Formations arbusives ou sous-arbusives
Formations herbacées
Le plessisLastelle
Montsenelle (Saint-Jores)
Baupte
Gorges


Site d’étude
Traces d’activité humaine
frontières communales
Baupte

Communes mitoillennes
2,25 m - niveau haut à l’horizon 2026

Zone tourbeuse réel

Périmetre de la zone
Cours d’eau
Niveau 2 - faiblement a ectée
Niveau 3 - moyennement a ectée
Niveau 4 - détruite
Stock moyen de carbones captée en tonnes
1 136 853 - 1 136 853
629564 - 1 136 853
148377 - 629564
16703 - 148377
Total moyen : 2 491 571
A volume équivalent, une tourbière en bonne santé stock autour de 2 fois plus de carbone.

❶ Photogrametrie de la couverture du sol.
❷ Traduction en niveau de gris pixélisé.
❸ Relaxation de Loyd's Voronoï suivant les valeurs de gris.
❹ Motif de Voronoï sur une surface limitée.
❺ Algorithme Dual mesh.
❻ Génération d’une structure en rhizome.
❼ Exclusion des parties non-submergées. VIDEO

Intégration d’un starter.

Les zones fortement dégradées, présentant une pente douce en périphérie de bassin, sont visées. Le starter est une grande structure accompagnatrice dans la progression des plantes pionnières, jouant ainsi un rôle d’aide temporaire dans une stratégie de renaturation plus globale, adaptée au milieu.



Processus mécatronique et computationel.















