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Chronique juridique - Mes droits aux vacances (Juin 2026)

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Quels sont mes droits aux vacances ?

 Les vacances d’été approchent. Le paiement du pécule de vacances est dans l’air. C’est l’occasion de rappeler les règles applicables aux employés en matière de vacances annuelles.

Tous les travailleurs salariés ont droit à des congés payés. Si vous travaillez pour le même employeur que l’année passée, celui-ci doit vous informer du nombre de jours de congé auxquels vos prestations en 2025 (« exercice de vacances ») vous donnent droit en 2026 (« année de vacances »). Si au contraire, vous avez été occupé l’année passée par un (des) autre(s) employeur(s), il(s) a (ont) dû vous délivrer une attestation de vacances mentionnant notamment la (les) période(s) durant laquelle (lesquelles) vous avez été occupé et votre (vos) régime(s) de travail (successifs) (par ex., 19h/sem en régime 3 jours/sem). Si vous n’avez pas travaillé l’année passée, vous pouvez prendre des congés via le système des « vacances jeunes », des « vacances seniors » ou des « vacances européennes », sous certaines conditions.

Durée des vacances

Le nombre de jours de vacances en 2026 se calcule sur la base du nombre de jours de travail en 2025. Si vous avez travaillé toute l’année 2025 en régime 5 jours par semaine, vous aurez droit à 20 jours de congé en 2026. En pratique, il arrive que l’employeur fasse un calcul en heures. Dans ce cas, vous pouvez demander que le résultat soit converti en jours, arrondis à l’unité supérieure.

Pour le calcul du nombre de jours de congé et des pécules de vacances (voir ci-dessous), certains jours d’inactivité sont, sous

certaines conditions, assimilés à des jours de travail : l’accident ou la maladie (12 premiers mois), le congé de maternité, le congé d’écartement et le congé d’allaitement (pour autant qu’ils soient indemnisés par la mutuelle), les pauses d’allaitement, le congé de naissance, le congé d’adoption, le congé pour soins d’accueil, le chômage temporaire pour raison économique, le repos compensatoire (rémunéré), les jours fériés, les vacances annuelles et supplémentaires, la grève (survenue dans l’entreprise), le congé-éducation payé, le congé syndical ou politique, etc. Les jours de congé parental ou de chômage temporaire pour force majeure ne sont pas assimilés.

Si vous tombez malade avant le début de vos vacances ou pendant vos vacances, celles-ci peuvent être reportées à une date ultérieure1. Attention, vous avez l’obligation de prendre vos congés durant l’année en cours et, en principe, vous ne pouvez pas les reporter à l’année suivante. Votre employeur doit pouvoir démontrer qu’il a tout mis en œuvre pour que vous puissiez effectivement prendre vos congés. Néanmoins, si, en fin d’année, vous êtes dans l’impossibilité de prendre vos congés en raison de certaines situations (notamment en cas d’accident, de maladie ou de congé de maternité), ceux-ci pourront être reportés dans les 24 mois qui suivent la fin de l’année2. Dans ce cas, en décembre, votre employeur vous paiera un pécule de vacances pour ces jours non pris. Ce pécule peut être cumulé avec les indemnités de la mutuelle.

Sur www.lacsc.be/vacances, retrouvez toutes les informations relatives aux congés, qu’il s’agisse des vacances annuelles, vacances jeunes, vacances seniors, jours fériés légaux…

Simple et double pécules de vacances

Durant vos vacances, vous percevez votre salaire normal. C’est ce qu’on appelle le « simple pécule de vacances ». Si vous avez perçu des rémunérations variables, vous avez également droit à la moyenne journalière des rémunérations variables gagnées au cours des 12 derniers mois qui précèdent votre période de vacances principales, ou pour la partie de ces 12 mois au cours de laquelle vous avez été en service chez votre employeur. Les rémunérations variables sont les primes dont le paiement est incertain et aléatoire (par exemple, les bonus liés aux résultats de l’entreprise, les commissions, les participations aux bénéfices, les sursalaires pour les heures supplémentaires, pour les heures de nuit, du dimanche, etc.).

Vous avez également droit à un supplément de salaire appelé « double pécule de vacances » qui équivaut à 1/12ème (par mois presté et/ou assimilé en 2025) de 92% du salaire du mois durant lequel vous prenez vos vacances principales. Si vous avez travaillé durant la totalité de l’année 2025 dans le même régime de travail, vous avez donc droit à 92% de votre salaire mensuel. Si vous avez perçu des rémunérations variables, vous avez également droit à 92% de la moyenne mensuelle des rémunérations variables perçues durant les 12 mois qui précèdent le mois des vacances principales, ou pour la partie de ces 12 mois au cours de laquelle vous avez été en service chez votre employeur.

Les secrétariats sociaux ont pris l’habitude de calculer le double pécule de vacances dans le courant du mois de mai ou de juin, quel que soit le moment de la prise des

vacances principales. Cela étant, si votre salaire du mois durant lequel vous prenez vos vacances principales (par exemple, décembre) est plus élevé que votre salaire de mai ou de juin (en raison d’une indexation ou d’une augmentation liée à l’ancienneté notamment), vous êtes en droit de demander un recalcul de votre double pécule de vacances.

Fin de contrat

Si vous avez déjà pris tous vos jours de congé au moment de la fin de votre contrat, l’employeur vous paie un pécule de vacances (simple et double) pour l’année suivante. Ce pécule est égal à 15,34% de la rémunération brute gagnée pendant l’année en cours (y compris la prime de fin d’année). Les éventuelles périodes assimilées mais non rémunérées par l’employeur (par exemple, un congé de maternité) sont valorisées dans ce calcul.

Si vous n’avez pas encore pris vos congés, l’employeur vous paie également un pécule pour les jours qu’il vous reste à prendre pendant l’année en cours. Ce montant est égal à 15,34% de la rémunération gagnée durant l’année précédente.

Passage d’un employeur à l’autre

Lorsque vous prenez un jour de congé acquis sur la base de vos prestations chez votre ancien employeur, votre employeur actuel ne vous verse que 10% maximum de votre salaire journalier. Il déduit donc un montant correspondant à 90% (ou 100%) de votre salaire journalier. Au mois de décembre, il procède à un décompte final. Si votre salaire actuel est supérieur au salaire que vous perceviez chez votre ancien employeur, votre employeur peut récupérer la totalité du montant payé par l’ancien employeur (sur la base de votre attestation de vacances). Attention, il ne peut

La Belgique est à la traîne en Europe : le nombre minimum de jours de congé est bien plus élevé dans de nombreux pays ! L’Espagne prévoit un minimum de 30 jours de congé ; le Luxembourg, 26 ; le Danemark, l’Autriche, la France, et la Suède, 25 jours ; l’Allemagne et la Finlande, 24. Seuls les Pays-Bas restent à 20 jours, comme la Belgique. Il existe des jours de congé « extra-légaux » octroyés dans certaines entreprises, mais une minorité de travailleurs en bénéficient. De nombreuses organisations, dont la CSC, veulent garantir à chaque travailleur au moins 25 jours de congé légaux. Selon nous, c’est un minimum pour permettre à tous les travailleurs, et aux parents en particulier, de pouvoir trouver un équilibre entre le travail et la vie de famille. Mais l’objectif serait aussi de prévenir la maladie, l’épuisement et les burn-out parentaux et professionnels.

déduire plus de 20% de votre salaire mensuel net, conformément à la loi du 12 avril 1965 sur la protection de la rémunération. Si le montant à récupérer est trop élevé, la récupération devra être étalée sur deux mois. En revanche, si votre salaire actuel est inférieur au salaire que vous perceviez chez votre ancien employeur, l’employeur ne peut déduire de votre salaire un montant supérieur à celui qu’il aurait dû payer si vous aviez travaillé chez lui au cours de l’année précédente. L’employeur ne peut donc pas récupérer la totalité du montant payé par l’ancien employeur : il doit se limiter à ne rien vous verser pour les jours de congé que vous prenez sur la base de vos prestations chez votre ancien employeur, sans pouvoir récupérer davantage (ce qui est bien logique).

Si vous avez un doute sur l’exactitude du montant de vos pécules de vacances, n’hésitez pas à vous adresser à votre secrétariat régional CNE. Bonnes vacances !

Jean-François Libotte

1 Voir le Droit de l’employé de décembre 2023.

2 Voir le Droit de l’employé de mai 2024.

Calculez le nombre de jours auxquels vous avez droit sur https://www.lacsc. be/outil-de-calcul/ calcul-vacances

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