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Vache-veau soins et santé ch.7

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Fier de soutenir le C r AAQ et la filière bovine

La production VACHE-VEAU

Chapitre 7 : Soins et santé du troupeau

Droits d’auteur

Il est interdit de reproduire, de traduire ou d’adapter cet ouvrage sans l’autorisation écrite du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) afin de respecter les droits d’auteur et d’encourager la diffusion de nouvelles connaissances.

Avertissements

Les marques de commerce mentionnées dans ce guide le sont à titre indicatif seulement et ne constituent nullement une recommandation de la part des auteurs ou de l’éditeur.

Au moment de sa rédaction, l’information contenue dans le présent guide était jugée représentative du secteur de la production vache-veau au Québec. Son utilisation demeure sous l’entière responsabilité du lecteur. Certains renseignements pouvant avoir évolué de manière significative depuis la rédaction de cet ouvrage, le lecteur est invité à en vérifier l’exactitude avant de les utiliser.

La publicité insérée dans ce document concrétise l’appui du milieu à la parution de l’ouvrage. Sa présence ne signifie pas que le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec en approuve le contenu et cautionne les entreprises ou organismes concernés.

Dans le présent document, le masculin englobe le féminin et est utilisé uniquement pour alléger le texte.

Le CRAAQ remercie ses membres partenaires :

POUR INFORMATIONS ET COMMENTAIRES

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Télécopieur : 418 644-5944

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Site Internet : www.craaq.qc.ca

© Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec,2018

PBBO0102

ISBN 978-2-7649-0572-2 (version imprimée)

ISBN 978-2-7649-0573-9 (PDF)

Dépôt légal

Bibliothèque etArchives Canada,2018

Bibliothèque etArchives nationales du Québec,2018

3e édition

Le CRAAQ remercie toutes les personnes ayant contribué de près ou de loin à la réalisation de cette publication.

Rédaction et révision des éditions précédentes

Diane Boucher, médecin vétérinaire, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

France Sylvestre, médecin vétérinaire, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Révision

Rémi Laplante, DMV, vétérinaire-conseil, Les Producteurs de bovins du Québec

Édition

Barbara Vogt, éditrice et traductrice, CRAAQ

Conception graphique et mise en page originale

Communications Science-Impact

Conception graphique de couverture et mise en page (3e édition)

Véronique Michaud, graphiste, CRAAQ

Table des matières

CHAPITRE 7

Soins et santé du troupeau

Éditions précédentes1 :

Diane Boucher

France Sylvestre

Révisée par : Rémi Plante, DMV

1. 2e édition (2007). 1re édition (1999) : J. Elsener, Y., Couture, A. Villeneuve. Basée sur le document de G. Huneault, D. Bousquet. M. Ibrahim, D.P. Ménard et D. Vaillancourt (1994)

INTRODUCTION

Les pertes annuelles occasionnées par les maladies, les infestations parasitaires et les erreurs de gestion de la santé du troupeau représentent des sommes considérables. Toute réduction de ces pertes accroît le revenu net du producteur. Par conséquent, les mesures d’hygiène préventive sont nécessaires à toutes les étapes de la production. Celles-ci sont regroupées en quatre périodes stratégiques : période des vêlages ; période des saillies et du pâturage ; période du sevrage des veaux et des diagnostics de gestation ; période de stabulation et d’alimentation hivernale.

Le producteur a donc intérêt à élaborer, avec son médecin vétérinaire praticien, un plan de gestion sanitaire adapté à la taille de son entreprise en tenant compte des coûts et des bénéfices. La taille de l’entreprise et les activités s’y rattachant (achats, ventes, etc.) nécessitent parfois de prendre des mesures de prévention supplémentaires.

Le plan de gestion comprendra plus spécifiquement les points suivants :

l’immunisation contre les maladies infectieuses (vaccination) ; les traitements contre les parasites internes (vermifugation) et externes ; les examens du système reproducteur des femelles et les interventions, le cas échéant ; les examens physiques du ou des taureaux dans le mois qui précède l’accouplement et pendant la période d’accouplement, et les interventions s’il y a lieu ; la castration et l’écornage des veaux ; les diagnostics de gestation ; les prélèvements d’échantillons pour le laboratoire d’analyse.

La tenue de registres est fortement recommandée. Chaque femelle reproductrice devrait avoir une fiche individuelle de fertilité et de santé. Le registre devrait comprendre également des données générales concernant l’état de santé du troupeau.

MESURES DE BASE EN MATIÈRE DE PRÉVENTION

Biosécurité

Tout bon programme de médecine préventive doit tenir compte des mesures d’hygiène à toutes les étapes de la production. La circulation de plus en plus grande de personnes et d’animaux à travers le monde ces dernières années a accentué grandement les risques d’introduction de maladies contagieuses dans les troupeaux. Il est donc important de mettre en place des mesures de biosécurité permettant de protéger la santé du troupeau tout en diminuant les risques d’introduction de maladies infectieuses et en réduisant la propagation de celles-ci lorsqu’elles sont présentes.

Trois principes sont à retenir afin de planifier un programme de biosécurité :

1. contrôler l’introduction de bactéries, virus et parasites (agents infectieux) dans le troupeau;

2. contrôler la propagation des agents infectieux causant la maladie à l’intérieur du troupeau;

3. augmenter la résistance du troupeau aux maladies.

Contrôler l’introduction d’agents infectieux

Quelques règles doivent être respectées lors de l’achat d’animaux :

introduire des animaux provenant de troupeaux ayant un statut connu de maladie (ex. : paratuberculose, piétin);

introduire des animaux ayant été préalablement vaccinés (le producteur doit s’informer, auprès de son médecin vétérinaire praticien, au sujet des vaccins qu’il devrait exiger);

utiliser des tests sanguins avant l’entrée dans le troupeau (ex. : leucose bovine, infection à Neospora caninum, diarrhée virale bovine);

mettre en quarantaine les nouveaux arrivants;

introduire seulement de la semence et des embryons de source sûre;

transporter soi-même les animaux ou s’assurer que le transporteur utilise un camion propre, idéalement désinfecté;

porter une attention particulière aux bovins qui participent à des concours ou des expositions, ainsi qu’à leurs déplacements.

Des précautions doivent aussi être prises en ce qui concerne les visiteurs. D’une façon générale, pour diminuer les risques d’introduction de maladies dans le troupeau, il faut :

s’assurer que les animaux morts ou vendus soient ramassés sans permettre de contact avec les autres bovins du troupeau au transporteur ou au négociant. Ceux-ci, par leurs contacts fréquents avec les animaux des autres fermes, constituent le groupe de visiteurs le plus à risque;

limiter l’accès des visiteurs au troupeau; voir à ce que les visiteurs aient des bottes et des vêtements propres, qu’ils ne marchent pas sur la nourriture ni parmi les animaux;

interdire l'accès à la ferme aux visiteurs internationaux n’aient pas accès à la ferme pendant au moins 5 jours suivant leur arrivée;

afficher des messages d’avertissement à l’attention des visiteurs et tenir un registre de ceux-ci.

Contrôler la propagation des agents infectieux

Outre le fait que certaines règles doivent être respectées par les visiteurs qui ont accès au troupeau, il va de soi qu’une bonne gestion d’élevage est essentielle. Il faut s’assurer :

d’une alimentation équilibrée et de bonne qualité, et de la propreté du système d’alimentation;

d’un logement et d’un environnement adéquats : bonne ventilation, densité animale adéquate et gestion régulière des fumiers; de séparer les bovins malades et les bovins en santé. À ce titre, les parcs utilisés pour les vêlages devraient être différents de ceux utilisés pour les animaux malades;

d’éviter le contact des bovins par le sang (lors de l’écornage, la taille des onglons, les injections). Il est primordial de changer d’aiguille à chaque animal et d’éliminer les aiguilles de façon sécuritaire; d'éliminer rapidement et proprement les animaux morts et les fœtus avortés selon la réglementation en vigueur. Les récupérateurs ne doivent pas entrer en contact avec les autres bovins du troupeau; de contrôler la vermine, les insectes, les oiseaux, les animaux domestiques et sauvages.

Règles

d’hygiène à l’intention des visiteurs à risque élevé

(voisins, transporteurs, commerçants d’animaux, médecins vétérinaires, inséminateurs, etc.)

Utiliser de l’équipement et porter des vêtements et des bottes propres.

S’assurer de la propreté de l’intérieur du véhicule et utiliser, idéalement, des tapis de caoutchouc qui se lavent facilement.

Nettoyer les remorques utilisées pour le chargement du bétail avant l’arrivée à la ferme.

Pour les soins du bétail, utiliser des instruments propres et stériles (si nécessaire).

Utiliser préférablement des seringues et des aiguilles jetables.

Porter des manches en plastique et des gants jetables lorsqu’il y a contact direct avec des liquides corporels, tissus ou excréments.

Laver et désinfecter l’équipement et les bottes souillés avant de quitter la ferme. Se laver les mains au détergent et enlever les combinaisons sales avant d’entrer dans le véhicule.

Augmenter la résistance du troupeau aux maladies

Il est impossible d’éliminer et de contrôler toutes les maladies par un programme de dépistage à l’arrivée. Il est primordial d’augmenter la résistance des animaux : en maximisant la consommation de colostrum par les veaux nouveau-nés; en vaccinant et en vermifugeant les animaux selon un programme adapté à l’entreprise.

Chaque producteur devrait, en collaboration avec son médecin vétérinaire praticien, élaborer un programme de biosécurité adapté à son élevage. De plus, il est important que toute personne qui est en contact avec les animaux comprenne bien l’importance des mesures de biosécurité proposées.

Règles de quarantaine

Voici quelques règles de quarantaine : temps minimum de 21 à 30 jours; degré d’isolement adéquat des animaux (endroit fermé, ventilation indépendante, mangeoire et équipements propres, adéquats et indépendants); circulation limitée; propreté des vêtements, des bottes et des instruments qui sont en contact avec ces animaux; observation quotidienne des animaux afin de déceler les premiers signes de maladies (diarrhée, fièvre, toux);

période réservée pour que le médecin vétérinaire praticien examine, vaccine et vermifuge l’animal si nécessaire.

Fiche de santé

De plus en plus, l’acheteur devrait connaître le statut sanitaire du troupeau d’origine ainsi que l’histoire de l’animal qu’il achète. Dans ce contexte, une fiche de santé pour chaque animal devient un outil indispen-

sable. Tout acheteur sérieux devrait l’exiger et même la valoriser, car elle constitue une source précieuse de renseignements.

La fiche de santé est également un outil indispensable à la gestion du troupeau, qu’il s’agisse de chacune des vaches ou de tout autre animal (veau, taure, taureau), car elle aide au suivi des interventions et à la connaissance du statut de santé du troupeau et de chaque animal. Cette fiche suit l’animal tout au long de sa vie et contient plusieurs informations, notamment :

l’identification de l’animal;

le statut vaccinal de l’animal et du troupeau où il vit (quand, avec quel produit, fréquence);

historique médical de l’animal (antibiotique, aimant, chirurgie);

historique de reproduction (intervalle entre vêlages, kystes, avortements);

résultats d’analyses, de tests sanguins (diarrhée virale bovine, leucose bovine enzootique, paratuberculose, etc.);

toute autre information pertinente.

Il est à noter que, depuis 2003, le logiciel DSA-Bovin facilite la gestion de ces informations et, par conséquent, la gestion de la santé et de la reproduction du troupeau. Le logiciel permet de maintenir un dossier individuel contenant toute l’information pertinente de la naissance à la mort de l’animal. Il offre également une roulette de régie qui permet de visualiser le troupeau selon le statut de reproduction de chaque animal et de programmer les différents actes à poser. À l’aide de ce logiciel, le producteur peut non seulement consigner ses données, mais il peut aussi les transmettre à d’autres intervenants ou organismes tels qu’Agri-traçabilité Québec et le Programme d’analyse des troupeaux de boucherie du Québec (PATBQ).

Désinfection

La désinfection à l’étable fait partie des mesures de base en matière de prévention. La mise en place d’un

programme de désinfection permet de diminuer l’incidence des maladies en agissant sur la population microbienne de l’environnement et, par conséquent, de diminuer l’utilisation d’antibiotiques.

Une désinfection efficace inclut les étapes suivantes :

1. Nettoyage et lavage : le nettoyage comprend l’enlèvement complet de la litière et des matières organiques (fumier) présentes sur les planchers et les murs. Il s’effectue, dans un premier temps, par un grattage en profondeur des surfaces, lequel sera suivi par un lavage à pression à l’aide d’un détergent (ou savon). Le détergent permet d’enlever plus facilement les matières organiques.

2. Désinfection : l’efficacité de la désinfection varie en fonction de l’eau utilisée (dureté, pH, etc.), du type de microorganisme présent dans l’élevage, de la concentration du produit utilisé, de la qualité de l’application (tous les recoins doivent être désinfectés) et du temps de contact. Il existe plusieurs catégories de désinfectants (phénols, produits chlorés et iodés, ammoniums quaternaires, alcools). Le médecin vétérinaire praticien peut aider le producteur à choisir le produit désinfectant approprié et à élaborer un protocole de désinfection.

3. Assèchement : une période d’assèchement vient compléter l’action entreprise pour diminuer la charge microbienne de l’environnement. Un temps de séchage de 24 à 48 heures est recommandé (minimum de 12 heures).

Dans le protocole de désinfection, il ne faut pas oublier d’inclure les bottes, équipements, appareils et outils utilisés dans l’étable. Un brossage régulier des bottes pour enlever les matières organiques permet de diminuer fortement la charge microbienne. L’utilisation d’un désinfectant lors de ce brossage ou dans le bain de pied (pédiluve) complète la désinfection.

MALADIES DU VEAU

Le veau constitue la base de l’élevage vache-veau. Il est donc de toute première importance de prendre les moyens nécessaires afin qu’ils naissent vivants et qu’ils demeurent en santé. Les difficultés au vêlage et les maladies en bas âge sont les principales causes de mortalité chez le veau. Les soins prodigués au moment du vêlage et la salubrité du milieu dans lequel le veau naît sont donc primordiaux pour sa survie.

Principes généraux

Afin de mieux contrôler les maladies des animaux (incluant les veaux), il est important de comprendre la façon dont voyagent les agents pathogènes (bactéries, virus ou parasites) :

par contact direct : introduction d’animaux porteurs d’une maladie (ou en incubation) dans le troupeau;

par contact indirect, c’est-à-dire par le biais d’intermédiaires : inanimés (air, matériel comme les vêtements, les bottes et les pelles, eau, aliments, véhicules de transport, fumier, insémination, etc.); animés (humains, animaux reproducteurs, vermine, oiseaux, animaux domestiques et sauvages, etc.). Ces derniers peuvent s’infecter, multiplier les microbes et les propager.

Il est important de se rappeler que les maladies infectieuses résultent d’une interaction entre plusieurs éléments tels que :

l’animal (sa capacité à résister à l’infection);

l’agent pathogène infectieux (bactéries, virus ou parasites);

l’environnement (confort, densité animale, etc.).

(Voir Figure 7.1.)

7.1

Épidémiologie des maladies infectieuses

Source : Baillargeon, 2002

Influence de l’alimentation de la vache

Une vache pourrait, durant les trois derniers mois de la gestation, épuiser ses réserves pour donner naissance à un veau vivant. Mais en réalité, il est important qu’elle ne souffre pas de carences en protéines, en énergie, en calcium, en phosphore et en vitamines (vitamine A, E, sélénium). Tous ces éléments contribuent au développement d’un veau plus vigoureux à la naissance et à la production d’un colostrum de qualité qui assurera un bon démarrage du veau. L’analyse des divers constituants de l’alimentation (fourrages, céréales, etc.) est nécessaire pour en déterminer la teneur en éléments nutritifs (énergie, protéines et autres éléments), afin de pouvoir offrir les suppléments nécessaires et assurer une alimentation équilibrée.

Environnement et gestion d’élevage

Les premiers problèmes de santé qui affectent le veau nouveau-né sont les diarrhées; les pneumonies surviennent un peu plus tard. Ces deux affections sont étroitement reliées à l’environnement et à la gestion d’élevage.

Ainsi, on doit éviter l’entassement dans la zone de maternité et, si cela est possible, séparer les primipares des

vaches qui ont déjà vêlé. Il faut choisir un endroit sec et propre pour les mises bas, à l’abri des intempéries et des courants d’air. Les veaux se refroidissent rapidement, surtout si l’enclos est boueux et sale. Les veaux qui naissent au printemps ont particulièrement besoin d’être protégés par des abris adéquats. Un veau gardé au sec peut affronter des températures très basses; il arrive souvent qu’un tout jeune veau né sur la terre gelée soit plus actif qu’un veau né à l’intérieur, qui vit dans un endroit plus chaud, mais plus humide.

L’utilisation d’une litière de qualité et la désinfection du nombril du nouveau-né sont également essentielles. De plus, il est important de transférer les vaches et leur veau dans une aire d’allaitement le plus rapidement possible.

Lorsqu’on doit assister une vache durant le vêlage, il faut bien se laver les mains et les bras, et utiliser des instruments propres.

Colostrum

Le seul moyen de défense que possède le veau dans les premiers jours de sa vie lui vient de l’ingestion du colostrum qui contient normalement des anticorps protecteurs (immunoglobulines) et de la vitamine A. Il est donc nécessaire que ce colostrum soit riche en ces éléments, d’où l’importance d’une alimentation adéquate et d’un programme adapté de vaccination de la mère.

Les anticorps ou immunoglobulines présents dans le colostrum sont disponibles pour le jeune veau durant une courte période après la naissance. L’absorption est maximale dans les huit premières heures suivant la naissance et diminue rapidement par la suite, pour devenir très peu importante après 24 heures. De plus, on constate une meilleure absorption d’immunoglobulines lorsque le veau tète sa mère. Cependant, si cela n’est pas possible (maladie, mort de la mère, etc.), le veau peut boire à la bouteille du colostrum congelé. Pour bénéficier d’une immunité satisfaisante, le nouveau-né doit consommer de 2 à 3 litres de colostrum dans les six premières heures suivant la naissance.

Figure

De plus, certains problèmes peuvent empêcher le veau naissant d’absorber suffisamment d’anticorps : un instinct maternel insuffisant, la faible capacité laitière ou la faiblesse de la mère, la faiblesse du veau, le pis bas et pendant, de trop gros trayons, etc. Par ailleurs, il a été démontré que le lieu de naissance peut influencer la concentration des immunoglobulines dans le sang du veau. Des taux d’immunoglobulines deux fois plus élevés ont en effet été observés chez des veaux nés en plein air comparativement à des veaux nés dans une étable fermée.

Une banque de colostrum congelé, constituée du premier lait des vaches présentes dans le troupeau depuis quelques années, permet d’offrir aux veaux orphelins, aux veaux des taures ou des vaches arrivées récemment dans le troupeau une source abondante d’anticorps spécifiques.

Diarrhée

La diarrhée se définit comme l’évacuation fréquente de selles liquides entraînant une perte de sels minéraux et d’eau.

La diarrhée est responsable de plus de 75 % des cas de mortalité qui surviennent au cours des trois premières semaines de vie de l’animal. Dans l’entreprise vacheveau, la prévalence de la diarrhée chez les veaux est plus élevée lorsque les vêlages sont regroupés au printemps. En fait, on observe moins d’épidémies lorsque les vêlages sont bien répartis entre la mi-janvier et la mi-mars.

Les veaux faibles devraient bénéficier de soins additionnels et être séparés du reste du troupeau pendant quelques jours pour s’assurer qu’ils ne sont pas diarrhéiques, car ils peuvent être à l’origine d’une épidémie désastreuse.

Causes

La diarrhée peut être d’origine alimentaire, bactérienne, virale ou parasitaire. Cependant, dans tous les

cas, on observe sensiblement le même résultat, soit une déshydratation de sévérité variable (Tableau 7.1), de la faiblesse et une perte d’appétit. Elle cause parfois la mort de certains sujets, surtout si on intervient tardivement. La diarrhée est habituellement plus sévère chez le veau âgé de moins de 1 semaine.

La diarrhée néonatale chez le veau est causée par l’un ou l’autre des facteurs ou une combinaison des facteurs suivants :

l’immunité, l’alimentation, l’hygiène et l’instinct maternel de la mère; le milieu et les soins prodigués à la naissance; les agents infectieux spécifiques (bactéries, virus, protozoaires, etc.).

Parmi les agents infectieux responsables de la diarrhée néonatale, le colibacille est identifié comme le seul intervenant dans environ 30 % des cas mortels. Le plus souvent, il est associé avec d’autres agents agresseurs, notamment certains virus. Le Tableau 7.2 illustre bien la multiplicité des agents infectieux pouvant causer la diarrhée néonatale.

Tableau 7.1

Relation entre le pourcentage de déshydratation et les signes cliniques observés chez un veau diarrhéique

Pourcentage de déshydratation

Signes cliniques

4 % Aucun

6 %

Perte de l’élasticité de la peau (persistance du pli cutané)

8 % Enfoncement des yeux dans les orbites

10 % Froideur des extrémités

12 % Coma, état de choc

14 % Mort

D’après Lewis, 1978.

Tableau 7.2

Agents infectieux pouvant causer la diarrhée néonatale

Agents infectieux Causes

Types de diarrhée Âge

Bactéries Colibacille (E. Coli) Colibacillose 0 à 3 jours

Salmonelles appartenant à plusieurs sérotypes

Salmonellose Non spécifique

Symptômes

Diarrhée blanchâtre

Température modérément élevée

Amaigrissement rapide

Dessèchement de la peau

Poils ébouriffés

Mortalité et morbidité élevées

Diarrhée légère au début, qui s’aggrave rapidement, devient mucoïde et sanguinolente

Température élevée au début de l’infection

Douleurs abdominales

Amaigrissement rapide

Mortalité et morbidité élevées

Virus Rotavirus Virus corona bovin

Diarrhée virale 4 à 15 jours

Virus DVB Maladies des muqueuses Non spécifique

Diarrhée aqueuse

Température modérément élevée

Amaigrissement

Mortalité et morbidité élevées

Diarrhée aqueuse

Ulcères au niveau du système digestif

Température variable

Amaigrissement rapide

Mortalité et morbidité élevées

Protozoaires Coccidies Coccidiose Non spécifique

Fèces plus liquides et traces de sang

Amaigrissement

Dessèchement de la peau

Mauvais poil

Retard de croissance

Cryptosporidies Cryptosporidiose Non spécifique Évolution rapide

Mortalité et morbidité élevées (si autres facteurs prédisposants)

Prévention

Vache

Certains vaccins administrés à la mère avant le vêlage stimulent la fabrication d’anticorps contre des agents pathogènes spécifiques, responsables de diarrhées (Tableau 7.3). La plupart de ces vaccins nécessitent l’injection de deux doses lorsque l’animal est vacciné pour la première fois. Au cours des années subséquentes, une seule dose est requise de 2 à 4 semaines avant le vêlage. Les anticorps fabriqués à la suite de l’administration de ces vaccins ne traversent pas le placenta; ils ne peuvent donc pas atteindre le veau à l’intérieur de l’utérus de la vache. Ils sont plutôt concentrés dans le colostrum peu avant le vêlage.

Voici quelques considérations en ce qui concerne le transfert des anticorps maternels :

pour bénéficier d’une immunité satisfaisante, le nouveau-né doit consommer suffisamment de colostrum dans les six premières heures suivant la naissance; les anticorps fabriqués par la mère procurent une protection locale, dans l’intestin du veau; la vaccination de la mère constitue une aide à la gestion d’élevage, sans plus; elle joue son rôle seulement si on vaccine la mère au moment opportun. Par ailleurs, la production d’anticorps n’est pas toujours optimale. Des variations importantes sont observées d’un sujet à l’autre, selon l’efficacité du système immunitaire de la mère, la concentra-

tion des antigènes dans le vaccin, l’âge de la mère, les conditions environnementales et la quantité de colostrum produit;

la vaccination contre le colibacille entéropathogène Escherichia coli assure habituellement un niveau élevé d’anticorps dans le colostrum pendant les deux premiers jours, mais le déclin s’effectue rapidement par la suite. La colibacillose étant une maladie qui affecte les veaux âgés de moins de trois jours, le vaccin peut assurer une protection valable par le biais d’anticorps locaux; la vaccination de la mère contre les rotavirus et le virus corona bovin induit une concentration élevée d’anticorps dans le colostrum au début, mais cette quantité diminue considérablement après 5 jours. Dans la plupart des cas, elle assure tout de même un certain degré de protection pendant les 2 à 3 semaines qui suivent le vêlage.

Veau

Un vaccin antiviral, préparé à partir de particules virales, peut être administré au veau par voie orale dès sa naissance. Une production hâtive d’anticorps s’amorce au niveau de l’intestin en guise de protection dans les 72 heures suivant la vaccination.

L’administration de l’anticorps monoclonal par voie orale, dans les 12 premières heures suivant la naissance, assure au veau nouveau-né une protection instantanée contre Escherichia coli, et ce, jusqu’à ce qu’il soit assez vieux pour se défendre lui-même contre cette bactérie très pathogène.

Tableau 7.3

Prévention des diarrhées chez le veau par la vaccination

Maladie Recommandation Type de produit Âge à la première intervention Commentaires

Colibacillose Troupeaux à risque Vaccin tué Fœtus Vaccination de la mère avant le vêlage Anticorps monoclonaux Dans les 24 heures suivant la naissance

Coronavirose Rotavirose Troupeaux à risque

Vaccin tué Fœtus

Vaccin vivant atténué À la naissance

Administration par voie orale

Vaccination de la mère avant le vêlage

Administration par voie orale

RÉFÉRENCES

Acres, S.D. et O.M. Radostits. VIDO Fact Sheet #1.

Baillargeon, P. 2002. La biosécurité à la ferme : une conscience à développer. 26e Symposium sur les bovins laitiers, CRAAQ, p. 184-209.

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Lewis, L.D. 1978. Norden News. Printemps.

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Villeneuve, A. 1988. Chez les bovins, faudra-t-il abandonner les vermifugations à l’automne et au vêlage? Congrès de l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec, juin.

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