Sélection et préparation du site
La sélection d’une parcelle joue un rôle de premier plan dans la réussite de la production. Plusieurs facteurs doivent être examinés lors de la détermination du meilleur endroit possible
Types de sol
Il faut notamment considérer les facteurs physiques du site envisagé. Le plant de fraises préfère un sol à texture légère, tel que les sables, les sables loameux et les loams sablonneux, mais il peut également être cultivé dans des sols plus lourds, tels que des loamslimono-argileux, à condition qu’ils soient bien drainés.
Comme le fraisier n’a pas un système racinaire très vigoureux, dans les sols moyens à lourds, il est fortement recommandé de le cultiver sur des buttes. Dans un sol lourd, le drainage, plus lent, peut entraîner de l’asphyxie racinaire lors de printemps froids et pluvieux. Le sol lourd est également plus propice au développement de maladies racinaires. C’est pourquoi un sol bien drainé et possédant une légère pente est généralement préconisé. Ces caractéristiques facilitent le drainage de l’eau de surface et l’écoulement des masses d’air froid.
Le sol devrait aussi avoir un pH autour de 6,0 et posséder idéalement un taux de matière organique d'au moins 3 %.
Antécédents
Il faut également tenir compte des antécédents de la parcelle. Si la parcelle visée est une ancienne prairie ou friche, il faudra prévoir le temps nécessaire pour détruire la végétation indésirable. Les mauvaises herbes vivaces doivent être éliminées. Un diagnostic visant à détecter s’il y a présence ou non du hanneton devrait aussi être réalisé. S’ils sont trouvés, il faut les éliminer pour éviter qu’ils ne s’attaquent aux racines des fraisiers.
Les champs récemment perturbés, tels les champs nouvellement nivelés, drainés ou défrichés, doivent être exclus, car ils vont produire des implantations inégales et peu productives.
S’il s’agit d’une parcelle déjà cultivée, les résidus de culture de l’année précédente, s’il y en a, doivent être peu ou pas encombrants. En conséquence, il faut éviter de choisir une parcelle ayant accueilli une culture comme le maïs ou les crucifères, qui laisse des résidus trop importants qui affecteront les travaux.
Après une culture de solanacées (poivrons, tomates ou pommes de terre, par exemple), il vaut mieux laisser s’écouler 2 à 3 ans avant d’y installer des fraises, car toutes ces cultures partagent des maladies racinaires communes, dont la verticilliose.
Lors de la location ou de l’échange de parcelles, il est préférable de connaître l’historique des applications d’herbicides des deux dernières saisons. Le fraisier est sensible aux herbicides et peut être affecté par certains herbicides résiduels. Dans l’incertitude, il est possible d’effectuer des semis comparatifs1.
Eau
La parcelle doit être située près d’une source d’eau de qualité et de quantité suffisantes pour l’irrigation en cours de saison et, si possible, pour la protection contre le gel printanier tardif.
Accès
La parcelle doit aussi être facilement accessible en voiture, tant pour la clientèle de l’autocueillette que pour les cueilleurs et les cueilleuses de l’entreprise. En effet, il faut se rappeler que les fraises cueillies doivent être transportées rapidement vers la chambre froide ou l'entrepôt réfrigéré sans être trop bousculées.
Préparation
Si l’on doit éliminer les mauvaises herbes vivaces, effectuer du nivelage, du drainage ou du chaulage, la préparation du site peut débuter plus d’un an avant la plantation. Le sol doit aussi être travaillé sur une profondeur d’au moins 15 à 20 cm (6 à 8 po) pour éviter que les racines ne rencontrent de zones compactées.
1 Voir Neal, J. 2021. Conducting a Bioassay for Herbicide Residues. [en ligne] NC State Extension Publications. https://content.ces.ncsu.edu/conducting-a-bioassay-for-herbicide-residues (consulté le 21 octobre 2025).
