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Revue #09 – Dessiner

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« Dire ! Savoir dire ! Savoir exister par la voix écrite et l’image mentale ! La vie ne vaut pas d’avantage : le reste ce sont des hommes et des femmes, des amours supposés et des vérités factices, subterfuges de la digestion et de l’oubli, êtres s’agitant en tous sens – comme ces bestioles sous une pierre qu’on soulève – sous le vaste rocher abstrait du ciel bleu et dépourvu de sens. » Fernando Pessoa, Le livre de l’intranquillité, Christian Bourgois, Paris (1999), in Frgt n°117, p150


L’importance de dessiner

© Croquis d’Álvaro Siza © Croquis d’Álvaro Siza

Álvaro SIZA

Falando em termos gerais, quem escolhe fazer arquitectura não precisa de « saber desenhar », muito menos de « desenhar bem ». O desenho, entendido como linguagem autónoma, não é indispensável ao projecto. Muito e boa arquitectura se fez e se faz « à bengala ». Só que toda a gente pode e precisa de desenhar. A obsessiva especialização atrofia capacidades universais; a alguns é permitido e imposto desenvolver umas tantas – e não outras. E no entanto, no que respeita ao desenho, qualquer criança se exprime com frescura e rigor; e os inadaptados e os considerados loucos. Os erros e a submissão de quem ensina levam a que de quase todos finalmente se diga: não tem « jeito ». Ou a que os próprios o digam. O desenho é uma forma de comunicação, com o eu e com os outros. Para o arquitecto, é também, entre muitos, um instrumento de trabalho ; uma forma de aprender, compreender, comunicar, transformar: de projecto. Outros instrumentos poderá utilizar o arquitecto; mas nenhum substituirá o desenho sem algum prejuízo, nem ele o que a outros cabe. A procura do espaço organizado, o calculado cerco do que existe e do que é desejo, passam pelas intuições que o desenho subitamente introduz nas mais lógicas e participadas construções; alimentando-as e delas se alimentando. Todos os gestos – também o gesto de desenhar – estão carregados de história, de inconsciente memória, de incalculável, anónima sabedoria. É preciso não descurar o exercício, para que os gestos não se crispem, e com eles o resto. ....

Traduction de Julien Correia : En terme général, qui choisit de faire architecture n’a pas besoin de « savoir dessiner », encore moins de « bien dessiner ». Le dessin, entendu comme langage autonome, n’est pas indispensable au projet. Beaucoup de bonne architecture se faisait et se fait à l’aide de cette « canne ». Seulement, tout le monde peut et a besoin de dessiner. L’obsessive spécialisation atrophie les capacités universelles ; à certains il est permis et imposé d’en développer quelques unes – et pas d’autres. Cependant, en ce qui concerne le dessin, n’importe quel enfant s’exprime avec fraîcheur et rigueur ; de même que les inadaptés et ceux considérés comme fous. Les erreurs et la soumission de qui enseigne mènent à ce qu’on dise finalement de presque tous : il n’est pas doué. Ou à ce qu’eux-mêmes le disent. Le dessin est une forme de communication, avec le moi et avec les autres. Pour l’architecte, c’est aussi, entre autres, un instrument de travail ; une manière d’apprendre, comprendre, communiquer, transformer : de projet. L’architecte pourra utiliser d’autres instruments, mais aucun ne remplacera le dessin sans aucun préjudice, ni lui ce qui tient à d’autres. La recherche de l’espace organisé, la séparation calculée de ce qui existe et de ce qui est désir, passent par les intuitions que le dessin introduit subitement dans les constructions les plus logiques ; les nourrissant et se nourrissant d’elles. Tous les gestes – le geste de dessiner aussi – sont chargés d’histoire, d’inconsciente mémoire, d’incalculable, savoir anonyme. Il est nécessaire de ne pas négliger l’exercice, pour que les gestes ne se crispent, et avec eux le reste. …

Porto, Junho de 1987 Álvaro Siza

Porto, Juin 1987 Álvaro Siza

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