Skip to main content

Columbia Juin 2014

Page 1

June 14 Covers F 5_15 FINAL_Layout 1 5/15/14 1:12 PM Page 1

C H E VA L I ER S D E C O LO M B

UIN 2014 JJUNE

COLUMBIA qu’avec l’aide de Dieu notre pays renaisse dans la liberté


June Columbia Ad 3 Fr_Layout 1 5/16/14 10:14 AM Page 1

Nouveau produit : L’A SSURANCE POUR J EUNES A DULTES Une protection abordable pour les Chevaliers âgés de 18 à 29 ans

Rendez-vous sur kofc.org pour en savoir plus et demandez votre soumission dès aujourd’hui ! ASSURANCE VIE

SOINS DE LONGUE DURÉE

ASSURANCE INVALIDITÉ

ASSURANCE INVALIDITÉ

Trouver un agent en visitant le site kofc.org ou en téléphonant au 1-800-345-5632


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:08 PM Page 1

C H E VA L I E R S D E C O LO M B juIn 2014 ♌ VOlume 94 ♌ numÊRO 6

COLUMBIA

ARTICLES

8  Sous l’autoritÊ de Dieu  : l’hÊritage amÊricain Les Chevaliers de Colomb cÊlèbrent le 60e anniversaire de le changement historique au Serment d’allÊgeance. PAR JUSTIN BELL

13 Sur les traces d’un Chevalier martyr Le courageux tĂŠmoignage de foi de saint JosĂŠ MarĂ­a Robles a inspirĂŠ ma mission en sol mexicain. PAR LE PĂˆRE ‘RICK LABRECQUE

16  En toutes choses, l’amour  Le service et la compassion au cœur d’une sainte alliance formÊe par les Chevaliers et les missionnaires guanÊlliens du  St. Louis Center  (Centre St. Louis), au Michigan. PAR JOSEPH O’BRIEN

20 À la mÊmoire de  Mr. Blue  Myles Connolly, ancien directeur de Columbia, a eu un impact indÊfectible sur la culture amÊricaine par le cinÊma au film, à la littÊrature et son tÊmoignage personnel. PAR ALTON J. PELOWSKI

24 De l’or du Yukon Chevaliers canadiens font rimer charitÊ et bonne chère en faisant cuire des milliers de crêpes. BY ROXANNE LIVINGSTONE

Des Êcoliers s’apprêtent à rÊciter le Serment d’allÊgeance dans une classe, aux États-Unis. Cette annÊe, le 14 juin, Jour du drapeau, marquera le soixantième anniversaire de l’ajout des mots  under God  (sous l’autoritÊ de Dieu) au Serment.

SECTIONS TOP RIGHT: Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images

3

Construire un Monde Meilleur Pour saint Jean-Paul II, l’Êglise domestique Êtait la clÊ de la prÊservation de l’Évangile au sein de la sociÊtÊ. PAR CARL A. ANDERSON

4

Apprendre la foi, vivre la foi La vÊritable joie d’être père c’est de donner plutôt que de recevoir. PAR MGR. WILLIAM E. LORI

6

Nouvelles des Chevaliers

27

Chevaliers à l’œuvre

Les Chevaliers organisent des activitÊs pour souligner les canonisations • L’Ordre inaugure un programme d’assurance pour jeunes adultes • Les Chevaliers fournissent des prothèses amÊliorÊes aux personnes amputÊes lors de l’attentat à la bombe au Marathon de Boston • Documentaire sur l’abbÊ McGivney prêt à distribuer

JUIN 2014

♌ COLUMBIA ♌ 1


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:08 PM Page 2

Notre histoire et notre identité DURANT LA MÉMORABLE chanson d’ouverture de Un violon sur le toit, Tevye, un modeste laitier juif, explique l’importance de la « Tradition ». C’est « en raison de nos traditions », dit-il, que « tout le monde sait qui il est et ce que Dieu attend de lui ». La scène est comique, légère, mais son message est profond — particulièrement pour les catholiques, pour qui la tradition sacrée est source de révélation divine. Cela n’empêche pas, comme l’ont déjà notamment souligné nos récents papes, que notre mémoire culturelle est défaillante depuis quelques décennies, au point où on en est pratiquement venu à oublier que notre civilisation occidentale repose sur des racines chrétiennes. Dans sa première encyclique, Lumen Fidei, le pape François fait justement état « d’un grand oubli dans notre monde contemporain » (25). L’homme moderne, souligne-t-il, n’a plus que rarement conscience de la vérité transcendante ainsi que du fait que son identité est absolument dépendante de sa relation avec Dieu et avec les autres (cf. 38). On pourrait donner de nombreuses raisons pour expliquer cette amnésie collective : une crise dans l’éducation ; le manque de catéchèse au sein de l’Église ; l’érosion du mariage et de la famille ; ou encore les nombreuses distractions apportées par notre époque technologique, qui ne laissent pas de place à la contemplation ou à l’introspection quant à nos origines. Au sein de ce vide culturel et de ces existences centrées sur elles-mêmes, la majorité du monde occidental est témoin de ce que le philosophe Martin Buber qualifie d’ « éclipse de Dieu ». Pas étonnant, dans ces conditions, que certaines personnes estiment que la moindre mention de Dieu sur la place publique correspond à l’établissement d’une religion et enfreint, dès lors, la fameuse « séparation de l’Église et de l’État ». C’est là, chose certaine, la thèse avancée par ceux qui voudraient voir supprimés les mots « under God » (sous l’autorité de Dieu) dans le Serment d’allégeance américain.

2 ♦ COLUMBIA ♦

JUIN 2014

Ces mots « under God » ont été officiellement ajoutés au Serment voilà 60 ans ce mois-ci, en grande partie grâce aux efforts déployés par les Chevaliers de Colomb (voir en page 8). Cela dit, ces deux mots puisent leurs origines encore plus loin dans le passé. Le président Abraham Lincoln les avait en effet utilisés dans son célèbre discours de Gettysburg, et ils reflètent une philosophie en vertu de laquelle le gouvernement n’est pas toutpuissant et Dieu a la primauté ; une philosophie qu’on retrouve même dans les écrits laissés par les Pères fondateurs — y compris la Déclaration d’indépendance. Heureusement, ces dernières années, de nombreux procès se sont soldés en faveur du maintien des mots « under God » dans le Serment — l’affaire la plus récente s’étant conclue le 9 mai dernier, dans le Massachusetts. Bien connaître notre histoire, et témoigner de celle-ci tant dans notre foi que dans la famille, est essentiel si l’on veut préserver notre identité culturelle. Pour les Chevaliers de Colomb, cela se vérifie non seulement eu égard à l’histoire derrière le Serment d’allégeance, mais aussi à travers d’innombrables histoires de foi et de charité. Le père ‘Rick LaBrecque l’a bien compris, lui qui est allé en pèlerinage missionnaire sur les pas de saint José María Robles, un Chevalier mexicain martyrisé en 1927 (voir en page 13). Pendant ce temps, de nombreux Conseils à travers l’Ordre ont poursuivi de longues et durables traditions de charité et de fraternité, par exemple en appuyant des initiatives au service de personnes aux prises avec un handicap intellectuel (voir en page 16) ou en organisant des repas communautaires très populaires chaque année (voir en page 24). En chaque occasion, chaque fois que nous envisageons l’avenir, il est essentiel que nous demeurions enracinés dans l’histoire, de manière à ce que nous sachions qui nous sommes et ce que Dieu attend de nous.♦ ALTON J. PELOWSKI RÉDACTEUR EN CHEF

COLUMBIA ÉDITEURS

Chevaliers de Colomb ________ ADMINISTRATEURS SUPRÊMES CHEVALIER SUPRÊME Carl A. Anderson AUMÔNIER SUPRÊME Mons. William E. Lori, S.T.D. DÉPUTÉ CHEVALIER SUPRÊME Logan T. Ludwig SECRÉTAIRE SUPRÊME Charles E. Maurer Jr. TRÉSORIER SUPRÊME Michael J. O’Connor AVOCAT SUPRÊME John A. Marrella ________ RÉDACTION RÉDACTEUR EN CHEF Alton J. Pelowski DIRECTEUR DE LA RÉDACTION Andrew J. Matt RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Patrick Scalisi

L’abbé Michael J. McGivney (1852-90), Apôtre de la jeunesse, protecteur de la vie familiale et fondateur des Chevaliers de Colomb, intercédez pour nous. ________ POUR COMMUNIQUER AVEC NOUS PAR LA POSTE: COLUMBIA

Knights of Columbus 1 Columbus Plaza New Haven, CT 06510-3326 TÉLÉPHONE: 203.752.4398 TÉLÉCOPIEUR: 203.752.4109 COURRIEL: columbia@kofc.org NOTRE SITE INTERNET: kofc.org SERVICE Å LA CLIENTÈLE: 1.800.380.9995 ________ SI VOUS DÉMÉNAGEZ Prévenez votre conseil. Envoyez votre nouvelle adresse et votre étiquette à: Dept. of Membership Records [service de dossiers de membres], PO Box 1670, New Haven, CT, 06507-0901, USA, ou par courriel à columbia@kofc.org ________ Copyright © 2014 Tous droits réservés ________ EN PAGE COUVERTURE Au-dessus d’une photo du Lincoln Memorial, la traduction d’une phrase tirée du fameux discours de Lincoln à Gettysburg, où figurent notamment les mots « under God ».

COVER: Lincoln Memorial image adapted from Thinkstock

É D I TO R I A L


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:08 PM Page 3

C O N S T RU I R E U N M O N D E M E I L L E U R

Famille et culture Pour saint Jean-Paul II, l’église domestique était la clé de la préservation de l’Évangile au sein de la société par le Chevalier Suprême, Carl A. Anderson Le 27 AVRIL, Dorian et moi avons eu le privilège de nous trouver Place SaintPierre comme représentants des familles de Chevaliers de Colomb durant la canonisation de saint Jean XXIII et saint Jean-Paul II. Comme nous le rappelait le pape François, ces saints ont refusé de se laisser intimider par les événements terribles du 20e siècle. Pour eux, la foi s’avérait plus forte. Ils ne craignaient pas « d’ouvrir tout grand les portes au Christ », en inaugurant le Concile Vatican II et en livrant son message dans le monde entier. Au cours des 20 ans du pontificat de saint Jean-Paul II, notre Ordre a eu des occasions sans précédent de collaborer avec lui dans cette tâche. L’une des initiatives pastorales les plus établies fut la fondation, en 1988, de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. C’est pour cette raison qu’il fut si encourageant d’entendre le pape François dire au cours de l’eucharistie de canonisation que « saint Jean-Paul II a été le pape de la famille ». Lui-même avait dit qu’il désirait qu’on se souvienne de lui comme le pape de la famille. Je suis d’autant plus heureux de souligner ce fait alors que nous sommes à cheminer avec les familles en vue du synode sur la famille. C’est certes un cheminement que, du ciel, il accompagne et soutient. en 1975, dans son exhortation apostolique sur l’évangélisation, Evangelii Nuntiandi, le pape Paul VI observa que « la scission entre l’Évangile et la culture se trouve, sans aucun doute, le drame de notre temps » (20). De nos jours, il n’y a aucun secteur où cette réalité est plus flagrante que dans la famille.

Le cardinal Avery Dulles a relevé deux points de vue concernant cette division dans un important discours qu’il prononça à l’Université Notre Dame, en 2004. Selon l’un de ces points de vue, l’Église est en déclin par suite du soi-disant « fondamentalisme inhérent aux positions de l’Église par rapport à la morale sexuelle et au rôle des femmes ». L’autre point de vue attribue la confusion au sein de l’Église à « la lourde perte d’identité, le désintérêt pour la doctrine catholique et le manque de respect des institutions ecclésiastiques ». Selon ce point de vue, « l’accommodement excessif accordé à la société américaine a privé l’Église de son caractère distinctif ». Récemment, ce débat est revenu à la surface alors que le pape François a annoncé la tenue d’un synode des évêques sur la famille. Dans son discours de 2004, le cardinal Dulles a remarqué par ailleurs que « les forces de l’incroyance, répandues dans de nombreux secteurs de la culture contemporaine, ne se situent pas uniquement en dehors de l’Église. Comme d’autres Américains, les chrétiens ont tendance à percevoir cette réalité à travers la lentille de la culture dominante. La lutte actuelle, par conséquent, ne se présente pas simplement entre l’Église et la société laïque, mais, jusqu’à un certain point, au sein de l’Église, alors qu’elle cherche à assimiler les éléments sains de la culture tout en se prévenant d’être contaminée par ce qui est erroné ». Mais comment discerner entre ce qui est sain et ce qui est erroné? Evangelii Nuntiandi nous offre un point de départ :

« Au Concile du Vatican II, elle a bien mérité, aux différents moments de l’histoire, le beau nom d’“Église domestique” sanctionné par le Concile Vatican II. Cela signifie que, dans chaque famille chrétienne, devraient se trouver les divers aspects de l’Église toute entière » (71). Cette façon de procéder est magnifiquement présentée par Jean-Paul II dans son exhortation apostolique sur la famille, Familiaris Consortio, surnommée la « grande charte » de l’Église domestique. Le jour de la canonisation de Jean-Paul II, le pape François a envoyé un message vidéo au peuple de Pologne, dans lequel il citait les paroles du pape Benoît XVI concernant son prédécesseur : « [Jean-Paul II] a ouvert au Christ la société, la culture et les systèmes économiques, intervenant avec la force d’un géant — force qui lui venait de Dieu — tendance qui pourrait sembler irréversible. Par son témoignage de foi, d’amour et de courage apostolique, doublé d’un grand dynamisme de géant, ce fils exemplaire de la nation polonaise aidait les chrétiens du monde entier à ne pas avoir peur de se dire chrétiens, d’appartenir à l’Église, de communiquer l’Évangile. Somme toute, il nous a aidés à ne pas avoir peur de la vérité, parce que la vérité est garantie de liberté. » À ceux et celles qui veulent savoir pourquoi les Chevaliers de Colomb se sentaient particulièrement proches de saint Jean-Paul II n’ont qu’à considérer ces paroles pour y trouver la réponse. Vivat Jesus!

JUIN 2014

♦ COLUMBIA ♦ 3


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:08 PM Page 4

APPRENDRE LA FOI, VIVRE LA FOI

Le don de paternité La véritable joie d’être père c’est de donner plutôt que de recevoir par Mgr. William E. Lori, Aumônier Suprême

À L’aPPROChE DE la Fête de Pères, ceux-ci pourraient se demander quel type de cadeau ils aimeraient recevoir. Les réponses varieront : un nouveau jeu de bâtons de golf; des billets d’admission à un match d’une équipe sportive favorite; ou une grille sur laquelle faire bruler des hamburgers. Ou encore, c’est peut-être le temps d’une nouvelle cravate. Mais pas du tout. Nombreux sont les cadeaux que papa pourrait désirer pour la Fête de Pères, mais s’interroger sur le choix du cadeau, c’est mal comprendre de quoi il s’agit. alors que le 15 juin approche, les pères ne devraient pas songer au type de cadeaux qu’ils veulent recevoir, mais plutôt aux cadeaux qu’ils devraient offrir. après tout, la Fête des Pères est un moment de faire le point sur sa paternité. UN CaDEaU VENaNT DU CŒUR Qu’est-ce au juste que les pères offrent à leurs familles? Jadis, le père était le seul gagne-pain de la famille. Dans certains foyers, c’est encore ainsi, mais dans de nombreuses autres, mari et femme travaillent à l’extérieur. Les pères devraient, en collaboration avec leurs femmes, se former un sens aigu de responsabilité afin d’assurer que leur famille jouit des éléments de base pour vivre. Bien sûr, ce n’est qu’un début. Il ne suffit pas de voir à ce que la famille profite d’un niveau de vie décent. Et encore, un mari partage avec sa femme la responsabilité de fournir à 4 ♦ COLUMBIA ♦

JUIN 2014

leurs enfants un foyer affectueux et sécuritaire. Il est important que les enfants sachent qu’ils sont aimés. Quand un père et une mère se respectent et s’aiment, même lors des moments inévitables de tension et de difficulté, les enfants ont tendance à se sentir davantage en sécurité. Quand papa et maman s’aiment entre eux, les enfants ont davantage tendance à croire que maman et papa les aiment également. Un aspect sur lequel un père doit s’interroger à l’occasion de la Fête de Pères c’est la qualité de son partenariat amoureux avec sa femme. Que pourrait-il faire pour renforcer sa relation amoureuse fondamentale avec sa femme? Y a-t-il un obstacle qui l’empêche d’aimer davantage sa femme et sa famille? Existe-t-il de sérieux problèmes auxquels on doit s’arrêter d’urgence? Ou encore s’agit-il de petits travers accumulés qui agacent particulièrement une famille? En s’occupant franchement de ces détails, un père offre à sa famille l’un des plus grands cadeaux qui soient. Quels cadeaux les pères peuvent-ils encore offrir à leurs familles à la Fête des Pères? Je propose une résolution raffermie de manifester un intérêt encore plus profond pour ce qui est important pour leurs femmes et leurs enfants. Cela veut dire fermer son journal, le téléviseur et le téléphone intelligent, l’ordinateur et autres appareils électroniques. C’est seulement ainsi qu’un mari et père peut partager vraiment avec sa famille et manifester aux membres de la famille qu’il est

profondément et personnellement intéressé par les hauts et les bas de la vie familiale — ce qui se passe à l’école de ses enfants; les défis et les occasions que vit sa femme au travail; les diverses questions qui peuvent préoccuper son ado. La liste des responsabilités paternelles n’a pas de fin. Et c’est précisément le hic de la question. La paternité n’a de place dans aucune description de tâche. C’est plutôt que la joie d’être père peut se résumer par un sourire affectueux pour son enfant. PÈRES DE FOI ET DE JOIE L’engagement d’un père dans la vie familiale est essentiel, mais il faut que ce soit un bon type d’engagement. Cela n’aide pas un garçon quand son père chicane toujours après l’entraîneur de l’équipe de baseball ou qu’il s’en prend à un professeur qui fait de son mieux. Un père doit s’intéresser à toutes les activités de sa famille, pour témoigner de ce qui provient vraiment de la bonté de Dieu. Un père doit toujours être disposé à aider ses enfants à trouver moyen d’en arriver à ce qui est authentiquement bon dans chaque situation, et les aider à trouver une façon vraiment bonne dans chaque situation et les aider à grandir en vertu au milieu des détails et des tensions de la vie quotidienne. Il devrait également prendre les devants pour les aider à dépasser leurs désirs personnels en se dévouant cha-


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:08 PM Page 5

POPE FRANCIS: CNS photo/Alessandro Bianchi, Reuters — CHARLES LWANGA: “Communion of Saints” (detail) / Used with Permission, Copyright 2003, John Nava/The Cathedral of Our Lady of the Angels

APPRENDRE LA FOI, VIVRE LA FOI

ritablement envers les gens dans le besoin. Mais on doit faire encore plus. Les pères jouent un rôle prépondérant à aider leurs enfants à devenir des hommes et des femmes de foi. Quand papa se rend à la messe le dimanche, qu’il anime la prière avant le repas et prend quelque temps chaque jour pour prier et lire les écritures, non seulement donne-t-il l’exemple, mais il se forme également à devenir meilleur époux et père. La prière a des conséquences et elles sont toutes bonnes. Le vénérable Michael McGivney a fondé les Chevaliers de Colomb pour

INTENTIONS DU

aider maris et pères à pourvoir à leurs familles et en cas de décès. Mais il voulait également aider les maris et pères à grandir dans leur relation avec le Christ et l’église, pour qu’ils puissent devenir de bons maris et de pères affectueux. Il reconnaissait le besoin d’un organisme qui encouragerait les hommes à prendre leur foi au sérieux et à vivre leur foi tous les jours. Aujourd’hui, les Chevaliers de Colomb poursuivent cette mission. Alors, qu’arrive-t-il quand maris et pères voient approcher la Fête des Pères et qu’il se pose la question : « Que devrai-je offrir à ma famille? » La prière de saint François nous si-

gnale que « c’est en donnant que l’on reçoit ». En se donnant dans l’amour, maris et pères découvrent quels cadeaux valent le plus. Certes, ce serait très apprécié de recevoir un cadeau extravagant, mais les cadeaux les plus précieux ne coutent pas cher. Je pense à la joie de se rendre à l’Eucharistie dominicale avec la famille, de s’asseoir à table quand tout le monde se parle vraiment, de recevoir une carte d’un jeune enfant ou d’un petit enfant dessinée au crayon de couleur, ou la promesse de prières de la part d’êtres chers. De telles expériences révèlent les joies véritables de la paternité!♦

L ’ H O M M E C AT H O L I QU E D U M O I S

S A I N T- P È R E

Offertes en solidarité avec le pape François GéNérALE : Pour que les chômeurs obtiennent le soutien et le travail dont ils ont besoin pour vivre avec dignité. MIssIONNAIrE : Pour que l'Europe retrouve ses racines chrétiennes à travers le témoignage de foi des croyants.

Saint Charles Lwanga (1860-1886) Né DANs LE sud de l’Ouganda en 1860, peu de détails sont connus de la jeunesse de Charles Lwanga, si ce n’est que c’était un joli garçon qui excellait à la lutte. À 20 ans, Charles entreprenait une formation pour devenir catholique. Quatre ans plus tard, il entrait au service royal et fut chargé des pages royaux, dont plusieurs étaient devenus catholiques. Quand Mwanga, le fils dépravé du roi, accéda au trône, on se fiait à Lwanga pour former les pages et les protéger du nouveau roi. Le 15 novembre 1885, le roi Mwanga fait décapiter le supérieur immédiat de Lwanga, un catholique qui a reproché au roi d’avoir massacré des missionnaires anglicans. Le soir même, Lwanga se rend avec quatre catéchumènes à la mission catholique pour qu’ils soient baptisés. Plus tard, Lwanga lui-même a baptisé cinq autres pages. Au mois de mai suivant, furieux d’apprendre que les garçons sont catéchisés, le roi Mwanga somme tous les pages en sa présence. sous peine de mort, il demande si les chrétiens ont l’intention d’être fidèles à leur foi. D’une seule voix, ils répondent : « Jusqu’à la mort! » Dé-

routé par leur solidarité et leur constance, le roi Mwanga ordonne qu’ils soient brûlés vifs. Pendant le trajet de 40 km jusqu’au lieu d’exécution, Lwanga anime la prière et les chants des condamnés. En la fête de l’Ascension, le 3 juin 1886, Lwanga est séparé des autres et enveloppé d’un tapis de roseaux pendant qu’on lui brûle tranquillement les pieds. Lui promettant d’être libéré s’il renonce à sa foi, Lwanga répond : « Vous me brûlez, moi, mais c’est comme si vous versiez de l’eau sur mon corps. » Avant de succomber aux flammes, il s’exclamera : « Katonda! » — « Mon Dieu! » Le pape Paul VI a canonisé saint Charles Lwanga avec 21 autres martyrs ougandais, en 1964. Leur fête est fixée au 3 juin.♦

JUIN 2014

♦ COLUMBIA ♦ 5


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:08 PM Page 6

N O U V E L L E S D E S C H E VA L I E R S

Les Chevaliers organisent des activités pour souligner les canonisations

LES CHEVALIERS DE COLOMB ont souligné les canonisations du 27 avril du pape Jean XXIII et du pape Jean-Paul II en organisant un certain nombre d’activités importantes. « Ces deux saints, chacun pour sa part, ont laissé d’importants héritages à l’Église, et d’importants exemples de sainteté pour nous tous », a remarqué le Chevalier suprême, Carl Anderson. « Le pape Jean XXIII a mené l’Église au Concile Vatican II et le pape Jean-Paul II en est devenu l’interprète clé, laissant à l’Église un héritage en profondeur qui continue de façonner le troisième millénaire chrétien ». Alors que, le dimanche de la Divine Miséricorde, l’attention du monde entier se tournait vers Rome, l’Ordre a ouvert ses deux terrains de sport de la Ville Éternelle pour accueillir près de mille pèlerins, en provenance surtout de Pologne. Les Chevaliers polonais servaient de bénévoles pour assister les pèlerins, parmi lesquels se trouvaient des groupes de scouts, des autocars parrainés par des paroisses et des douzaines de jeunes gens qui, de partout en Pologne s’étaient rendus en Italie en faisant de l’auto-stop. Les terrains de jeux des Chevaliers servaient de lieux sécuritaires où s’installer en camping, disposaient de services sanitaires et offraient des occasions de prières communes et de liturgies au cours des journées consacrées aux canonisations. Par ailleurs, l’Ordre a offert près de 100 000$ pour la diffusion mondiale de l’Eucharistie de la canonisation par la Télévision vaticane. À Washington, le Sanctuaire du bienheureux Jean-Paul II, qu’administrent les Chevaliers de Colomb, a reçu le nouveau nom de Sanctuaire national Saint-Jean-Paul II. Le nouveau nom du lieu a été dévoilé à la conclusion de deux jours d’activités, parmi lesquelles une procession en plein air, une adoration eucharistique, de la musique live, un rassemblement de jeunes, une 6 ♦ COLUMBIA ♦

JUIN 2014

célébration eucharistique à minuit à l’occasion du dimanche de la divine miséricorde, ainsi qu’une diffusion simultanée, au petit matin, de la cérémonie de canonisation depuis Rome. « En tant que site principal dédié à saint Jean-Paul II aux ÉtatsUnis, nous sommes chargés de la mission de promouvoir et de développer la dévotion populaire à son égard », a dit l’administrateur suprême Patrick E. Kelly, l’administrateur du sanctuaire. « Beaucoup de personnes se rendront ici à la suite d’une admiration soutenue de saint Jean-Paul II, pour d’autres, il leur sera présenté pour la première fois ». Entre-temps, à New Haven, ville où est située l’administration de l’Ordre, le Musée des Chevaliers de Colomb a exposé, pour la vénération des fidèles, une relique de saint Jean-Paul II et a organisé des activités tout au cours de la journée. Plusieurs heures seulement après l’Eucharistie de la canonisation, la rencontre de New Haven a commencé par le chapelet de la Divine Miséricorde à l’église Saint-Stanislas, paroisse traditionnellement polonaise, et il y a eu une procession de plus d’un kilomètre jusqu’au musée, procession accompagnée d’une garde d’honneur du Quatrième Degré. Enfin, sur la côte ouest, l’archidiocèse de Los Angeles, avec l’appui des Chevaliers de Colomb, a organisé une vigile extraordinaire, le 26 avril, pour commémorer la vie et le pontificat de saint Jean-Paul I. Celle-ci comprenait la récitation du rosaire et des témoignages présentés par des gens dont les vies ont été changées par Jean-Paul II, ainsi que des hommages de la part d’artistes catholiques de renom tels que Danielle Rose, Miriam Solis et Tony Melendez. « Le pape Jean-Paul II fut un don de Dieu pour notre temps, a dit Mgr José H. Gomez. Il fut un homme de l’Eucharistie et un véritable père spirituel pour notre monde ».♦

Photo by Roberto Fiorina

L’Aumônier suprême, Mgr William E. Lori, archevêque de Baltimore et le Chevalier suprême, Carl A. Anderson (assis au centre) se joignent aux pèlerins au terrain de jeux de l’Ordre, Pape Benoît XV, dans le quartier San Lorenzo de Rome. Mgr Lori a présidé l’Eucharistie, le samedi matin 26 avril, pour de nombreux pèlerins installés au parc.


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:08 PM Page 7

N O U V E L L E S D E S C H E VA L I E R S

L’Ordre inaugure un programme d’assurance pour jeunes adultes RECONNAISSANT LES BESOINS et les budgets particuliers des jeunes membres et des familles, les Chevaliers de Colomb offrent désormais un Programme d’assurance pour jeunes adultes. En tant qu’un des assureurs d’Amérique du Nord les mieux cotés, les Chevaliers inaugurent, grâce à ce programme, une assurance temporaire renouvelable favorisant leurs membres et leurs épouses âgés de 18 à 29 ans.* « Nous reconnaissons que, même si nos plus jeunes membres ont des besoins et des priorités différents, ils veulent pourtant eux aussi protéger leurs familles, » a dit le directeur de l’assurance, Thomas P. Smith, fils. « Ils veu-

lent se lancer dès maintenant et alimenter leur portefeuille tandis qu’ils sont encore jeunes et pendant qu’il est très abordable financièrement. Et nous sommes très fiers de leur rendre ce processus plus facile grâce à ce nouveau programme spécialisé. » Pour la première fois, les Chevaliers pourront obtenir une cotation personnalisée et demander des renseignements supplémentaires en ligne en se rendant sur le site kofc.org. L’assurance pour jeunes adultes figure parmi les portefeuilles de grande qualité des produits d’assurance offerts par les Chevaliers de Colomb. Récemment désignés parmi les Compagnies les plus éthiques de 2014 par l’Ethisphere Insti-

Les Chevaliers fournissent des prothèses améliorées aux personnes amputées lors de l’attentat à la bombe au Marathon de Boston UN AN APRÈS l’attentat à la bombe d’avril 2013, le programme « Stand With Boston » (Solidaires avec Boston) des Chevaliers de Colomb, l’Ordre se porte toujours à l’aide des personnes qui ont perdu des membres lors de cette tragédie. La plus récente d’une série d’initiatives pour assurer la mobilité des personnes des États-Unis et partout dans le monde, le programme de Boston est conçu pour financer les coûts de prothèses supplémentaires ou améliorées, afin de permettre aux personnes amputées de retrouver le plus possible de mobilité. À l’heure actuelle, l’Ordre accorde de l’aide financière à trois personnes qui ont perdu des membres lors de l’assaut. Pour deux d’entre elles, le financement a aidé à assurer les coûts non couverts par leur assurance-maladie. Quant à la troisième personne, les

Chevaliers aident à lui financer une jambe prosthétique de course pour suppléer à la prothèse que la personne utilise au jour le jour. Comme l’a remarqué le Chevalier suprême, Carl A. Anderson, « La couverture médicale a souvent ses limites, mais nous sommes très heureux de pouvoir combler de telles limites grâce à ce programme de charité conçu pour aider les personnes qui ont perdu un membre lors de l’assaut, à retrouver même une plus grande mobilité qu’auparavant ». Tout en concevant le programme et en révisant les demandes, l’Ordre continue de consulter les experts en prothèses et en réadaptation. « En répondant soigneusement aux personnes blessées, a ajouté le Chevalier suprême, nous pouvons manifester que le pouvoir de l’amour est plus fort que la haine ou le mal, et que le mal n’a pas le dernier mot ».♦

tute, les Chevaliers de Colomb se trouvent parmi les plus importants assureurs d’Amérique du Nord, certifiant plus de 93 milliards $ d’assurance en vigueur. L’admissibilité à l’assurance sera fondée sur l’âge, l’état de santé et autres facteurs. Membres et leurs femmes (âgés de 18 à 29 ans) peuvent également en faire la demande en s’adressant à leur agent de conseil. L’agent se trouve à l’adresse kofc.org. *À compter du 31 décembre 2013, notée A++, Supérieur, sur le plan de la solidité financière d’après A. M. Best. Les conjointes admissibles au programme ne peuvent pas obtenir de cote personnalisée en ligne. À venir dans les états suivants : CA, MA, MT et NY.♦

Documentaire sur l’abbé McGivney prêt à distribuer UN DOCUMENTAIRE SUR la vie du jeune prêtre du Connecticut fondateur des Chevaliers de Colomb est maintenant en vente sur Amazon.com. Father Michael McGivney, une production du Conseil suprême, raconte la vie du fondateur de l’organisme fraternel et familial catholique le plus important au monde. Au moyen de documents puisés dans les archives et d’épisodes dramatiques, le film captivant d’une heure raconte la jeunesse de l’abbé McGivney au sein d’une famille d’immigrants pauvres, ses efforts comme jeune prêtre au service de ses paroissiens et en vue de mettre sur pied les Chevaliers, ainsi que sa mort prématurée, à 38 ans, à la suite d’une pneumonie. Le documentaire célèbre les triomphes et les tribulations d’un homme qui, un jour, pourra devenir le premier prêtre né aux États-Unis à être canonisé.♦

JUIN 2014

♦ COLUMBIA ♦ 7


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:08 PM Page 8

« Sous l’autorité de Dieu » l’héritage américain Les Chevaliers de Colomb célèbrent le 60e anniversaire de le changement historique au Serment d’allégeance par Justin Bell

8 ♦ COLUMBIA ♦

JUIN 2014


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 9

OPPOSITE PAGE: Thinkstock — KENNEDY: Knights of Columbus Multimedia Archives

L

e 20 janvier 1961, par un matin glacial, John F. Kennedy liThomas J. Malone, qui écrivait à l’époque dans l’édition de vrait son discours d’investiture présidentielle, dans lequel il Septembre 1952 de Columbia, a pour sa part souligné que Lindisait à ses concitoyens cette fameuse phrase : « Ne demandez pas coln n’avait pas prévu d’évoquer l’importance de Dieu (« under ce que votre pays peut faire pour vous; demandez plutôt ce que God ») dans les diverses ébauches de son discours ; mais tandis vous pouvez faire pour votre pays. » qu’il s’exerçait à prononcer ce dernier, les mots lui sont venus naPlus tôt dans ce discours, le président Kennedy, un Chevalier turellement et il les a intégrés dans les versions subséquentes de du Quatrième Degré, avait attiré l’attention sur un thème depuis cette allocution qui aura été sa plus mémorable. toujours intimement lié à l’histoire américaine. Dans son Dans cette version de son discours de Gettysburg, la seule sideuxième paragraphe, le nouvel élu avait en effet rappelé à la na- gnée après coup par Lincoln et appelée la « Bliss Copy », ce dernier tion que « les droits de l’homme n’émanent pas de la générosité conclut son message ainsi : « C’est à nous de faire en sorte que de l’État, mais de la main de Dieu ». ces morts ne soient pas morts en vain ; à nous de vouloir qu’avec Autrement dit, Kennedy soul’aide de Dieu notre pays renaisse lignait ainsi l’idée d’une nation dans la liberté ; à nous de décider vivant « sous l’autorité de que le gouvernement du peuple, Dieu ». Tous ceux qui ont grandi par le peuple et pour le peuple, aux États-Unis ont entendu ces ne disparaîtra jamais de la surface paroles et les ont même prononde la Terre. » cées au début de chaque journée, Bien entendu, la Déclaration à l’école. d’indépendance avait été signée Nous célébrons en ce mois de 87 ans auparavant. En 1776, le juin 2014 le 60e anniversaire de document fondateur avait établi l’ajout des mots « under God » que les droits de la personne (sous l’autorité de Dieu) au Seravaient ultimement été consentis ment d’allégeance. Or les Chevapar Dieu, et non par les gouverliers de Colomb, qui ont joué un nements. rôle essentiel dans l’ajout de ces « Nous tenons pour évidentes en mots, continuent encore auelles-mêmes les vérités suivantes : jourd’hui à les défendre et à les tous les hommes sont créés égaux ; préserver des attaques visant à les ils sont doués par le Créateur de supprimer. certains droits inaliénables; parmi Moins de trois jours avant le ces droits se trouvent la vie, la liLe 11 octobre 1961, l’ex-Chevalier suprême Luke E. Hart a discours emblématique de John berté et la recherche du bonheur. remis une copie encadrée du Serment d’allégeance au président F. Kennedy, le prédécesseur de ce Les gouvernements sont établis John F. Kennedy, lui aussi Chevalier de Colomb. dernier, le président Dwight E. parmi les hommes pour garantir ces Eisenhower, avait lui aussi fait droits, et leur juste pouvoir émane ressortir la primauté de Dieu sur du consentement des gouvernés. » le gouvernement dans son discours d’adieu : « Vous et moi, mes Selon l’avocat Eric Rassbach, du Fonds Becket pour la liberté chers concitoyens, avons besoin d’être forts dans notre croyance religieuse et qui a aidé à défendre la constitutionnalité des mots que toutes les nations, grâce à Dieu, atteignent ce but de paix avec « under God », les origines de ces principes remontent en fait à justice. » voilà encore plus longtemps. Il souligne notamment qu’à la biEisenhower appréciait à ce point cette référence à Dieu que le bliothèque des professeurs de droit de Harvard, on peut lire une 14 juin 1954, jour du Drapeau, il a transformé en loi une réso- phrase latine mise bien en évidence : « NON SUB HOMINE lution passée par le Congrès et qui amendait le Serment d’allé- SED SUB DEO ET LEGE », qui signifie « Non sous l’emprise geance aux États-Unis. Plus tard la même année, il écrivit une de l’homme, mais sous celle de Dieu et de la loi. » lettre à l’Ordre pour remercier les Chevaliers de leur appui en ce La phrase en question a été gravée dans la pierre au-dessus de sens. l’entrée, et elle figurait déjà dans le plus vieux compendium de la loi anglaise, établi au 13e siècle. LES ORIGINES DES MOTS « UNDER GOD » Contrairement à ce qui concerne le discours d’investiture de Ken- UNE VICTOIRE EN 1954 nedy ou le discours d’adieu d’Eisenhower, on ne trouvera pas sur Le Serment d’allégeance original a été rédigé en août 1892 par le YouTube de vidéo du discours livré par le président Abraham ministre baptiste Francis Bellamy. Publié dès le mois suivant et Lincoln à Gettysburg, le 19 novembre 1863. Si cela avait été le récité dans les écoles le jour du Columbus Day, ce Serment ne cas, il aurait été intéressant d’entendre Lincoln prononcer ces contenait initialement aucune référence à Dieu. En 1942, le Congrès avalisa officiellement le Serment amérimots « sous l’autorité de Dieu », qu’il a ajoutés à son allocution de manière apparemment spontanée et qui auraient, selon plusieurs, cain, dont la formulation avait été revue à quelques reprises au fil des années, mais sans jamais faire référence à Dieu. Six ans inspiré l’éventuel changement au Serment d’allégeance. JUIN 2014

♦ COLUMBIA ♦ 9


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 10

Est reproduite ci-dessus la dernière phrase du discours de Gettysburg du président Lincoln, les mots « under God » ayant été ici spécialement mis en évidence. Cet extrait, rédigé de la main même du président Lincoln, a été tiré de la « Bliss Copy », une copie du discours exposée à la Maison Blanche et réputée être la version la plus officielle, comme elle a été signée par Lincoln. plus tard, en février 1948, Louis A. Bowman, un avocat de l’Illinois, a été le premier à ajouter les mots « under God » au Serment, dans le cadre d’une réunion du chapitre de l’Illinois de la Société des Fils de la Révolution américaine. Puis, en 1951 à New York, le conseil d’administration des Chevaliers de Colomb vota pour qu’on modifie la récitation du Serment lors de toutes les réunions des Assemblées du Quatrième Degré en ajoutant « under God » (sous l’autorité de Dieu) après les mots « one nation » (une nation). En août 1952, le Conseil suprême vota une résolution invitant le Congrès à procéder au même ajout. L’Ordre envoya dans ce but des copies de la résolution au président américain, à son viceprésident ainsi qu’au président de la Chambre des représentants. À l’époque, le Chevalier suprême Luke E. Hart était également président du Congrès fraternel national des États-Unis, qui adopta une résolution similaire le mois suivant. Un an plus tard, le Conseil suprême lança un deuxième appel ; mais cette fois, on envoya également des copies de la résolution à tous les membres du Sénat et de la Chambre des représentants. La réponse s’avérant de manière générale positive, le Républicain Louis C. Rabaut, du Michigan, présenta la première des éventuelles 17 résolutions du Congrès en faveur de l’ajout des mots « under God » au Serment d’allégeance. Le mouvement pour l’ajout de la référence à Dieu gagna du terrain le 7 février 1954 lorsque le révérend George M. Docherty, un ministre presbytérien, livra un sermon qu’il avait initialement prononcé en 1952. Cette fois, par contre, le président Eisenhower 10 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

était présent dans cette fameuse église de Washington, D.C., où le président Lincoln s’était jadis déjà rendu. « Omettre la référence explicite à Dieu dans le Serment d’allégeance, c’est passer sous silence le caractère intrinsèque du mode de vie américain », dit alors le révérend Docherty. Plusieurs années plus tard, dans une entrevue publiée en 2002 dans le Pittsburgh Post Gazette, l’ecclésiastique a raconté avoir pour la première fois entendu le Serment par la bouche de son fils alors en deuxième année du primaire, qui l’avait appris à l’école. Natif d’Écosse, George Docherty n’avait pas grandi en l’entendant. « Cela m’avait frappé de comprendre qu’on n’y faisait pas mention de Dieu », explique le principal intéressé. DEMEURER HUMBLE Le 14 juin 1954, le président Eisenhower signa la résolution du Congrès qui modifiait le Serment. Le même jour, le Chevalier suprême Hart écrivit un texte dans Columbia à propos de cet ajout au Serment en soulignant combien l’Ordre s’employait depuis longtemps à pallier cette carence. « Bien que [sa récitation] fût devenu partie intégrante du protocole lors de l’ouverture d’assemblées ou de réunions de toutes sortes, les Chevaliers tenaient à attirer l’attention sur le fait que ledit Serment ne contenait aucune référence à Dieu ou à notre dépendance envers Lui », écrivit le Chevalier suprême. Dans une lettre datée du 6 août de la même année, le président Eisenhower remercia formellement l’Ordre : « Et cette


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 11

Jules Schick/Knights of Columbus Multimedia Archives

L’ex-Chevalier suprême Hart mène les délégués et les visiteurs dans la récitation du Serment d’allégeance, lors du Congrès suprême à Philadelphie, en août 1955. année nous vous sommes particulièrement reconnaissants de votre contribution en faveur de l’ajout des mots « sous l’autorité de Dieu » à notre Serment d’allégeance. Ces mots rappelleront aux Américains qu’en dépit de notre puissance matérielle, nous devons demeurer humbles. Ils nous aideront également à garder constamment dans nos esprits et dans nos cœurs les principes moraux et spirituels qui seuls peuvent conférer sa dignité à l’être humain, et sur lesquels notre mode de vie est fondé. » Le 14 avril 1961, le pape Jean XXIII, aujourd’hui saint Jean, avait, lors d’une audience privée en compagnie du Chevalier suprême Hart et d’autres Chevaliers, exprimé sa reconnaissance pour les efforts déployés par l’Ordre afin de faire ajouter les mots « sous l’autorité de Dieu » au Serment. Luke Hart avait rappelé par la suite que le pape s’était réjoui d’apprendre que « environ 30 millions d’enfants, au début de chaque jour d’école, reconnaissaient ainsi l’existence de Dieu et notre dépendance envers la Divine Providence. » Si l’Ordre avait alors pu célébrer son rôle déterminant dans l’ajout de la référence à Dieu dans le Serment, sa mission consistant à préserver cette dernière ne faisait que commencer. Une décennie avant la victoire de 1954, la Cour suprême avait infirmé un jugement précédent qui exigeait des élèves fréquentant une école publique qu’ils récitent le Serment d’allégeance. Cette décision rendue en 1943 aura par la suite trouvé des échos dans divers procès liés à l’ajout de cette référence à Dieu. En 2000, le Dr Michael Newdow, athée influent, a poursuivi

la Commission scolaire Elk Grove, en Californie, où sa fille étudiait. En 2002, la Cour d’appel du 9e circuit a statué que tant « la loi de 1954 ajoutant les mots “under God” au Serment » que « la politique et la pratique de la récitation du Serment dirigée par un enseignant » contrevenaient au Premier Amendement. Le jugement n’entra toutefois pas en vigueur, dans l’attente de l’appel déposé à la Cour suprême. Les Chevaliers de Colomb, par le Fonds Becket pour la liberté religieuse, soumirent un mémoire amicus curiae (ami de la cour) devant les plus hautes instances juridiques, à propos de la constitutionnalité de la référence à Dieu dans le Serment. Dans une déclaration, le Chevalier suprême Carl A. Anderson a souligné l’engagement de l’Ordre envers Dieu et envers le pays, tant par le passé que dans l’avenir : « Si nécessaire, une fois encore les Chevaliers feront tout en leur pouvoir pour voir à ce que le Serment d’allégeance demeure tel qu’il est. » TOUJOURS VIGILANT En fin de compte, la Cour suprême a rejeté le recours en 2004, alléguant que le Dr Newdow n’avait pas la garde de sa fille et dès lors pas de statut juridique. Cependant, en 2005, Michael Newdow s’attaqua une fois de plus au Serment en Californie et il remporta une victoire auprès de la Cour de district fédérale. Mais en mars 2010, la Cour d’appel américaine du 9e Circuit renversa sa position et décréta que la référence à Dieu dans le Serment était bel et bien constitutionnelle. JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 11


« Cette décision est la victoire du bon sens », avait déclaré à l’époque le Chevalier suprême Anderson. « Aujourd’hui, la Cour a vu on ne peut plus juste : la récitation du Serment est un exercice patriotique, et non une prière religieuse. Par-dessus tout, la Cour a statué que les mots « under God » [sous l’autorité de Dieu] ajoutaient “la note d’importance que doit revêtir le Serment à notre pays, et que suscitent dans notre culture les références cérémonielles à Dieu”. » En 2007, le Dr Newdow revint à la charge en se liant avec la fondation « Freedom from Religion » (Se libérer de la religion), basée au Wisconsin. Cette fois, l’homme cherchait à mettre un terme à la récitation du Serment dans les écoles publiques d’Hanover, au New Hampshire. La fondation et lui perdirent leur cause devant la Cour d’appel du 1er circuit, puis devant la Cour suprême, en novembre 2011. L’Ordre, là aussi, a eu la permission d’agir en tant que « défenseur-intervenant » dans l’affaire et était représenté par le fonds Becket. Ces dernières années, l’Association humaniste américaine (AHA) a intenté des poursuites contre des commissions scolaires du Massachusetts et du New Jersey — faisant valoir que la référence à Dieu dans le Serment était aussi une affaire d’État, dans la mesure où sa récitation chaque jour dans les écoles publiques contrevenait à leurs constitutions en tant qu’États. Les Chevaliers et tous ceux qui sont en faveur du Serment actuel ont été heureux d’apprendre, le 9 mai dernier, que la Cour suprême du Massachusetts avait rejeté la dernière tentative de l’AHA de faire supprimer la mention « under God ». Le juge en chef Roderick Ireland, qui a rédigé la décision unanime, a déclaré : « Bien que les mots “under God” aient bel et bien une connotation religieuse [...] le serment [...] est fondamentalement un exercice patriotique, et non religieux. » Comme dans les affaires précédentes, 12 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

le fonds Becket représentait les familles intéressées ainsi que les Chevaliers de Colomb. Roy Speckhardt, directeur général de l’AHA, avait déclaré dans un communiqué de presse publié avant le jugement : « Le patriotisme n’a rien à voir avec la religion, et pourtant c’est précisément le message que le Massachusetts envoie en obligeant les écoles et leurs enseignants à mener, chaque jour, un exercice en vertu duquel on déclare que le pays est “sous l’autorité de Dieu”. » On peut à cela objecter que dès le début de la nation, les Pères fondateurs ont indiqué que la religion et le patriotisme étaient étroitement liés. En 1796, après deux mandats en tant que premier président du pays, George Washington déclara ce qui suit dans son discours d’adieu : « La religion et la morale sont les appuis nécessaires à la prospérité des États. En vain prétendrait-il au patriotisme, celui qui voudrait renverser ces deux colonnes de l’édifice social. Le politique, ainsi que l’homme pieux, doit les révérer et les chérir [...] L’influence qu’une éducation très soignée aura peut-être sur des esprits d’une trempe particulière, la raison et l’expérience nous défendent de l’attendre de la morale de toute une nation, sans le secours des principes religieux. » Dès lors, et bien que des défis juridiques continuent de se poser, les Chevaliers et les autres intéressés qui comprennent bien le sens que revêt la référence à Dieu dans le Serment continueront à défendre celle-ci de manière exemplaire — d’autant que cette protection qu’ils recherchent est fermement enracinée dans l’histoire américaine.♦ JUSTIN BELL, correspondant pour le National Catholic Register, travaille pour les écoles publiques de Boston ainsi que dans la paroisse St. Mary of the Annuncation, à Danvers, au Massachusetts. Il est également membre du Conseil 539 Denver.

Photo by Elyse Lewin/Getty Images

June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 12


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 13

Sur les traces d’un Chevalier martyr Le courageux témoignage de foi de saint José María Robles a inspiré ma mission en sol mexicain par le père ‘Rick LaBrecque

Knights of Columbus Multimedia Archives

M

ercredi, 26 juin 2013, un matin sombre et maussade à Tecolotlán, une localité vieille de cinq siècles située dans l’État de Jalisco, au Mexique. J’étais arrivé làbas une semaine plus tôt. Ce matin-là, je m’étais joint à un groupe de personnes du coin et nous étions tous à bord d’un minibus plus très jeune qui quittait la ville et serpentait dans la montagne, à travers la forêt. Alors que nous attaquions la pente escarpée du mont Quila, bien à l’abri dans notre véhicule, je me suis rappelé ce qui s’était passé ce même jour, 86 ans plus tôt. Au petit matin, ce 26 juin 1927, une tout autre expédition entreprenait la même ascension dans la pluie et le froid. À l’époque, personne ne voyageait cependant par autobus ou en voiture ; la plupart étaient montés sur des chevaux, et lourdement armés. Au milieu du groupe, le curé de Tecolotlán, le père José María Robles, âgé de 39 ans et qui se déplaçait pour sa part à pied. La veille, il avait été fait prisonnier par les agraristas, des paysans armés par le gouvernement révolutionnaire mexicain, farouchement anticlérical. Le crime du père Robles ? La trahison, pour avoir prétendument appuyé la rébellion des Cristeros. Dans le cadre de mon expérience missionnaire à Teco-

lotlán, du 21 juin au 9 juillet 2013, j’ai été invité à servir temporairement d’aumônier auprès des Sœurs du SacréCœur de Jésus — un ordre religieux fondé par le père Robles —, à la résidence pour personnes âgées qu’elles administrent. J’ai par ailleurs également assisté le père José Maria Hernandez Alvarado, l’actuel successeur du père Robles en tant que curé de Tecolotlán, dans son ministère auprès de l’église locale et des chapelles environnantes. Les résidants, dont les parents et grandsparents ont été des paroissiens du futur saint et martyr, avaient plusieurs histoires à raconter. LIBERTÉ RELIGIEUSE EN PÉRIL Les années 1920 et 1930 ont été difficiles pour le Mexique, alors que le gouvernement de l’époque s’employait à marginaliser l’Église et à restreindre la liberté religieuse et la liberté de culte. En vertu d’une nouvelle Constitution mise en œuvre en 1917, l’Église s’était vu interdire d’avoir des biens immobiliers et d’administrer des écoles, et ses prêtres étaient privés de leurs droits tant civils que politiques. Au nom du Christ, de Notre-Dame de Guadalupe et de la liberté religieuse, émergèrent alors un mouvement de résistance non violente ainsi qu’une rébellion armée appelée la Cristiada, un nom dérivé de son

JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 13


Dans le sens des aguilles d’une montre à partir du haut à gauche : Le chêne où a été pendu le père Robles le 26 juin 1926. • Le formulaire d’adhésion aux Chevaliers de Colomb du père Robles, membre du Conseil 1979 à Guadalajara. • Le père Robles en compagnie de jeunes paroissiens lors d’une célébration de la fête du Sacré Cœur de Jésus, le 15 juin 1917. cri de ralliement : « ¡Viva Cristo Rey ! » (« Vive le Christ Roi ! ») La résistance s’est concentrée dans la partie centre-ouest du pays ainsi que dans le Bajio, dont Guadalajara est le chef-lieu. José María Robles avait été ordonné prêtre là-bas en 1913, à l’âge de 25 ans, et il s’était joint peu après au Conseil 1979 des Chevaliers de Colomb. Au moment où éclata la rébellion des Cristeros, plus d’une décennie plus tard, le jeune prêtre était curé de la paroisse historique de Saint Augustin, à Tecolotlán. Son ministère, dynamique et à de multiples facettes, répondait bien aux différentes défis posés par sa responsabilité pastorale. Seulement deux ans après son ordination, le père Robles fonda une congrégation de religieux appelée « Institut des victimes du Cœur Eucharistique de Jésus », aujourd’hui 14 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

connue sous le nom de « Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus ». Auteur prolifique, il a aussi publié divers livres de dévotion et de catéchèse, ainsi que de la poésie religieuse. L’enthousiasme et la ferveur du père Robles étaient contagieux ; rapidement, des groupes laïcs d’éducation religieuse se formèrent dans sa paroisse. Lui-même continua à rédiger des brochures et des bulletins à caractère religieux, afin de diffuser l’Évangile et de répondre à des enjeux controversés au fur et à mesure qu’ils se présentaient. Il s’est également souvent rendu à dos de cheval dans des chapelles éloignées, afin de bien servir les communautés situées en périphérie. Parmi les lieux visités, la communauté rurale de Quila. À un embranchement près de ce village de montagne, le père Ro-

FORM: Knights of Columbus Supreme Council Archives  — OTHER: Photos courtesy of the Sisters of the Sacred Heart of Jesus

June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 14


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 15

bles a fait construire une chapelle dédiée à Notre-Dame de Guadalupe, qui profite tant aux voyageurs de passage qu’aux résidants du secteur. Le 11 janvier 1923, la hiérarchie et les fidèles mexicains ont proclamé Jésus-Christ en tant que « Rey de la Nación » — « Roi de la nation » — et consacré une gigantesque statue de Jésus au sommet du mont Cubilete, au centre géographique du pays. Le même jour, le père Robles rassembla les fidèles de sa paroisse et des villages avoisinants en ce lieu qui surplombe Tecolotlán. Là, massés au pied de la croix monumentale, tous ont juré fidélité au Sacré-Cœur de Jésus. Pendant ce temps, la situation de l’Église du Mexique continuait de se détériorer. Durant plusieurs années, le père Robles n’en fut cependant pas affecté, puisque les responsables civils en poste à Tecolotlán étaient ses amis et, par surcroît, des catholiques pratiquants. Par contre, le 18 mars 1926, le gouvernement de l’État du Jalisco publia un décret selon lequel tous les prêtres en poste dans des églises devaient s’enregistrer auprès des autorités civiles, afin d’être accrédités. L’archevêque Francisco Orozco y Jiménez invita les prêtres à rester dans leurs paroisses et à ne pas se plier à la demande du gouvernement. Le père Robles suivit cette injonction et prêcha ouvertement contre cette tentative de sécularisation. Trois mois plus tard, le président mexicain Plutarco Elías Calles décréta des restrictions et des amendes draconiennes à l’encontre de l’Église, mises en vigueur à compter du 31 juillet. Parmi ces dispositions anticléricales, « La Ley Calles » — la loi Calles — exigeait que toutes les églises et tous les prêtres s’enregistrent auprès de l’État, dans le but avoué de réduire drastiquement le nombre de prêtres accrédités pour servir le peuple mexicain. Les évêques réagirent en exerçant une résistance passive et en suspendant tout culte en public à compter du jour même. Le père Robles distribua la sainte communion à minuit, le 30 juillet, devant une large assemblée remplissant l’église au maximum de sa capacité ; il transporta ensuite le Saint Sacrement jusqu’à sa résidence personnelle. Sur ordre du gouvernement local, le père Robles dut quitter son presbytère dès le lendemain. Se réfugiant dans les maisons de ses paroissiens, il continua à veiller sur ses fidèles en menant des dévotions populaires ainsi que des réunions religieuses, administrant en privé les sacrements, et prenant soin des malades et des mourants. DÉCHAÎNEMENT DE PERSÉCUTIONS Le jour de la fête de Notre-Dame de Guadalupe, le 12 décembre 1926, le maire fit prévenir le père Robles qu’un mandat d’arrestation à son encontre avait été lancé, et qu’il devait donc se cacher. Ce que fit le prêtre un certain temps, bien qu’il se montrât brièvement peu après le Nouvel An, alors que la croix au-dessus de Tecolotlán était consacrée de nouveau à l’occasion du premier anniversaire. Plusieurs hommes alors présents à la cérémonie se joignirent par la suite à la rébellion des Cristeros. Le père Robles les a bénis, il leur a remis une bannière de Notre-Dame de Guadalupe, et les a encouragés à aller jusqu’à donner leur vie pour le Christ et la défense de leur foi. Six jours plus tard, un prêtre officiant à proximité fut capturé par des agraristas, emmené à la croix et pendu à un arbre. Le sang des martyrs commençait à couler. En apprenant la nouvelle, le père Robles s’est exclamé : « Je serai le prochain ! » À partir de ce mo-

ment, il alla de maison en maison afin d’y célébrer la messe en secret. Bien que beaucoup de personnes sussent où le trouver, les autorités n’arrivèrent pas à le localiser. Comprenant que le père Robles continuait à exercer son ministère et à inspirer les gens, le gouvernement décréta finalement des perquisitions systématiques, dans toutes les maisons. Le 25 juin, jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, le père Robles s’apprêtait à célébrer une messe en privé lorsqu’il entendit frapper à sa porte. Il répondit immédiatement, s’identifia et se livra. Emmené à pied à travers les rues jusqu’à la caserne des agraristas, il sourit et parle aux gens rencontrés sur son parcours. Arrivé à destination, on lui donne à manger et de quoi écrire, puis on le laisse seul. Il rédige une dernière prière de consécration au Sacré-Cœur ainsi qu’une lettre à sa mère, lui disant adieu avec amour et acceptant le sort voulu par Dieu. Aux environs de minuit, sept agraristas allèrent le chercher à la prison et commença alors la longue et pénible marche jusqu’au sommet de la montagne. Après quatre heures d’efforts, les hommes amenèrent le père au pied d’un chêne — « roble », en espagnol, et un terme également utilisé pour décrire quelqu’un qui a été d’un grand soutien. Un témoin oculaire de l’exécution rapporta par la suite que le père Robles tomba à genoux, il pria en silence quelques instants, prononça une bénédiction pour sa paroisse et pardonna à ses exécuteurs. Puis, il embrassa le sol et se releva. L’un des agraristas s’approcha de lui avec, en main, la corde qui était à l’autre bout attachée à l’arbre. Reconnaissant l’individu, le père Robles lui prit la corde en disant : « Compadre, ne te souille pas les mains », puis il se passa lui-même le nœud autour du cou. Alors on le pendit. Quand il fut mort, ils descendirent le corps du martyr et le laissèrent au pied de l’arbre. Les habitants du village en prirent possession plus tard, afin de procéder à l’inhumation. C’est ainsi que, 86 ans plus tard, notre vieux minibus s’arrêta tout près de ce même chêne où le père Robles avait donné sa vie pour sa foi, en 1927. Voilà quelques années, les Sœurs du SacréCœur de Jésus ont fait construire un magnifique sanctuaire sur le site, et des pèlerins y affluent sans arrêt afin d’honorer le saint et le martyr — canonisé par le pape Jean-Paul II le 21 mai 2000, en compagnie de 24 autres martyrs mexicains. En comptant saint José María Robles, il y avait six Chevaliers de Colomb parmi ces derniers. Le jour de notre visite, et peut-être cela était-il de circonstance, il continua de faire froid et humide ; mais notre ferveur ainsi que notre enthousiasme en tant que pèlerins avaient de quoi réchauffer les cœurs. Une merveilleuse messe, un pique-nique, de la musique et de la danse traditionnelles nous ont unis, alors que nous remerciions Dieu de nous avoir donné ce vaillant Chevalier, curé, martyr et saint.♦ LE PèRE ‘RICk LABRECQUE est un prêtre retraité du diocèse de Charleston, en Caroline du Sud, où il s’est employé à faire valoir l’Ordre auprès de ses paroissiens hispanophones. Natif de Waterbury, au Connecticut, là même où est né le Vénérable Michael McGivney, le père LaBrecque est membre du Conseil 14892 Father William G. kinney Jr, à Loris en Caroline du Sud, ainsi que de l’Assemblée 3166 St. James the Younger, à Conway. JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 15


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 16

« En toutes choses, l’amour » Le service et la compassion au cœur d’une sainte alliance formée par les Chevaliers et les missionnaires guanélliens du « St. Louis Center » (Centre St. Louis), au Michigan par Joseph O’Brien

S

aint Luigi Guanella (1842-1915) et le Vénérable Michael McGivney (1852-1890) sont nés à une décennie ainsi qu’un océan de distance, mais ces prêtres de Dieu ont tous deux établi des œuvres durables qui se consacrent à aider et à servir. En 1908, le père Guanella fonda les Serviteurs de la Charité, un ordre religieux italien qui vient en aide aux personnes ayant des besoins spécifiques, et particulièrement celles aux prises avec un handicap intellectuel. Ce même charisme a pris de l’importance au sein des Chevaliers de Colomb, qui avaient vu le jour en tant qu’organisation laïque 26 ans auparavant. Grâce à une alliance aujourd’hui bien connue à travers le Michigan, les Chevaliers et les Serviteurs ont relevé les défis apportés par le 21e siècle en matière de financement et de gestion d’un foyer catholique sans but lucratif, tout cela au profit de 50 adultes et enfants éprouvant des besoins spéciaux. Le « St. Louis Center » (Centre St. Louis), établi dans la localité rurale de Chelsea, au Michigan, a ouvert ses portes en 1960 en tant qu’école diocésaine administrée par les Serviteurs de la Charité au bénéfice de garçons aux prises avec une déficience intellectuelle. Au début des années 1970, l’école a été transformée en foyer de groupe, avec toujours les Serviteurs comme administrateurs et conseillers spirituels. Si les Chevaliers de Colomb du Michigan appuient le foyer depuis le commencement, l’Ordre s’est particulièrement engagé envers lui au début des années 1990, lorsqu’il commença à éprouver des problèmes financiers. À l’époque, les Chevaliers et les autres bienfaiteurs haussèrent leur contribution afin que l’établissement non seulement survive, mais aussi qu’il s’épanouisse dans les années à venir. En plus du Conseil d’État du Michigan et de l’ensemble des Conseils à travers l’État, le Conseil 3092 Saint Louis Guanella, à Chelsea, a été l’un des plus fidèles alliés du « St. Louis Center » (Centre St. Louis) ainsi qu’un pilier sur lequel celui-ci pouvait compter. UNE ŒUVRE SAINTE Nommé en l’honneur du père Luigi (Louis) Guanella, canonisé par le pape Benoît XVI en 2011 (voir l’encadré), le Centre St. Louis a été fondé en 1960 afin de prendre soin de personnes aux prises avec des handicaps intellectuels retardant leur développement — qu’on appelait à l’époque des « arriérés mentaux ». Le cardinal Edward Mooney, premier archevêque de Détroit, invita les Serviteurs à créer le Centre St. Louis, et c’est sous son successeur, le cardinal John Dearden, que le projet fut mené à terme. Doté d’une capacité maximum de 93 pensionnaires, ce foyer 16 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

accommode actuellement seulement la moitié de ce nombre, afin de mieux servir les personnes ayant besoin d’une chambre individuelle. Dans l’atmosphère familiale qui caractérise l’endroit, les personnes atteintes du syndrome de Down, d’autisme ou d’un autre handicap intellectuel reçoivent une formation éducative, spirituelle et professionnelle. « Le programme s’inscrit parfaitement dans la vision qu’avait saint Luigi Guanella d’aider ses prochains ayant des besoins spécifiques », souligne le père guanéllien Enzo Addari, administrateur du Centre St. Louis et membre du Conseil 3092. « Nous n’accomplissons rien de grandiose, ici, sauf que notre foi nous indique que Dieu aime être entouré d’une famille, explique le père Addari. Les personnes aux prises avec des handicaps sont des êtres humains faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, et le mystère de la Rédemption est tout aussi vrai pour elles. » Selon le père guanéllien Joseph Rinaldo, supérieur de la communauté et fidèle prieur de l’Assemblée 489 Cardinal O’Hara, à Ann Arbor, la Sainte Famille de Nazareth a inspiré l’œuvre de saint Luigi. Ce même esprit et ce même modèle, ajoute le père Rinaldo, donnent au Centre St. Louis son caractère véritablement catholique. « Jetez un œil autour de vous et vous verrez que les enfants considèrent le personnel comme leur famille, dit le père Rinaldo. Ils se sentent en sécurité. » Grâce à un programme complet d’événements et d’activités, les journées au Centre offrent aux résidants l’occasion d’établir des interactions sociales dans un environnement contrôlé. Au menu : les arts, l’artisanat, la cuisine, le ménage et diverses autres aptitudes de la vie quotidienne. Les 8-18 ans vont dans des écoles environnantes durant le jour, tandis que les résidants adultes, lorsque cela est possible, vont travailler à l’extérieur. Les résidants du Centre St. Louis participent également à des activités sportives et de mise en forme, alors que les travailleurs sociaux et le reste du personnel aidant s’occupent de guider et d’encadrer chaque personne individuellement. Sur le plan médical, deux infirmiers diplômés assurent la fourniture des soins de base. L’un de ceux-ci, le père guanéllien David Stawasz, affirme que son travail auprès des résidants lui permet de remplir sa double vocation, comme infirmier diplômé et comme prêtre. « La majorité des gens qui travaillent ici veulent effectivement s’engager auprès des résidants », indique le père Stawasz, membre du Conseil 3092. « Ce n’est pas un travail qui occupe de 9 h à 17 h, ce qui n’empêche pas que l’on en vienne à connaître personnellement chaque résidant. Nous avons une foule d’activités, per-


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 17

TOP: Photo by Melanie Reyes — BOTTOM: Photo by Joseph O’Brien

L’adjointe aux projets spéciaux Kelly Flaherty en compagnie de Lisa, résidante du Centre St. Louis, alors que cette dernière fait du tricot. • Les résidants Lee et Mike devant la statue de saint Luigi Guanella, installée dans le hall d’entrée du Centre St. Louis.

JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 17


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 18

sonne n’est vraiment isolé du reste de la société. » Au gymnase, par exemple, les résidants aiment bien mettre leur grain de sel quand vient le temps de jouer une partie de basketball. « Nous jouons habituellement avec des groupes de jeunes du secteur », indique le directeur des programmes Rick Visel, un membre du Conseil 6674 Saline, au Michigan. « Nous formons les équipes sur place, et se déroule ensuite une partie assez intense, je vous le dis. Il y a environ 15 joueurs de chaque côté [...] qui vont et viennent sur le terrain, effectuant des lancers à tour de rôle. » Mike, un adulte qui réside au foyer, est un grand amateur de sports en général, et spécialement de basketball. D’une carrure athlétique et avec le regard aiguisé digne d’un joueur hors pair, 18 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

Mike adore la vie et il manifeste un enthousiasme contagieux. Quand il ne travaille pas chez une entreprise de téléphonie locale à l’emballage des annuaires, il est bénévole à la popote roulante en plus de servir souvent la messe, célébrée quotidiennement dans la chapelle du foyer. « J’aime aider le père Joseph et le père Enzo, dit le principal intéressé. Et puis, à l’église, on a la chance de voir Dieu. » Lisa, une autre résidante adulte, est reconnaissante du fait que le foyer lui procure un endroit où habiter, et qu’on l’a aidée à se trouver un emploi de gardienne au palais de justice de Chelsea. « Travailler me fait du bien, dit-elle, ça me rend heureuse. » Puis, avec un mélange de fierté et de gratitude, elle confie à voix basse : « Vous savez, quelqu’un m’a aidée à décrocher ce poste... » Comme tous ceux qui ont un emploi régulier, Lisa a elle aussi hâte aux fins de semaine — ainsi qu’aux vacances. « C’est Pâques que je préfère, dit-elle en riant. Je profite de la pause pour retourner à la maison et revoir mes amis. » CHEVALIERS ET SERVITEURS Compte tenu de la mission de saint Luigi au profit des personnes

TOP: Photo by Melanie Reyes — BOTTOM: Photo by Joseph O’Brien

Ci-dessus : Le père Enzo Addari, administrateur du Centre St. Louis, en compagnie du résidant Ryan, dans le hall d’entrée du foyer. • À gauche : Joseph Yekulis, le directeur des relations publiques, est ici aux côtés du préposé à l’entretien Tom Turek (au centre) et du père guanéllien Joseph Rinaldo, supérieur de la communauté religieuse. Les trois sont membres du Conseil 3092 St. Louis Guanella, à Chelsea, Michigan.


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 19

ayant des besoins spéciaux, il semblait inévitable que la section américaine des Serviteurs de la Charité croise le chemin des Chevaliers de Colomb. « Les Chevaliers sont engagés à nos côtés dans le Centre St. Louis depuis le premier jour, dit le père Addari. Le soutien qu’ils nous ont donné est non seulement d’ordre financier, mais aussi émotionnel et personnel. Chaque fois qu’un besoin important se fait sentir, nous contactons les Chevaliers qui répondent aussitôt à l’appel. » L’ex-Grand Chevalier du Conseil 3092, Tom Turek, travaille à l’entretien au Centre St. Louis. Il est fier du fait que l’appui du Conseil va au-delà de la distribution de friandises et des signatures de chèques, aussi importantes puissent être ces activités. « J’ai compris à un moment donné que la plupart de nos membres n’avaient pas la moindre idée de ce qui se passait ici, au foyer. C’est ainsi qu’à l’époque où j’étais Grand Chevalier, j’ai fait valoir auprès du Conseil que nous devions nous y engager, d’une manière ou d’une autre. » Les Chevaliers eurent alors l’idée d’un pique-nique estival annuel ainsi que d’une partie de kickball avec les résidants — cette dernière activité ne cesse d’ailleurs de gagner en popularité, chaque année. De son côté, l’ex-Grand Chevalier Joseph Yekulis œuvre pour le foyer depuis 2001, alors qu’il en est devenu le directeur du conseil d’administration. Puis, en 2006, il devint directeur des relations publiques. Avec l’aide de Peggy Cole, directrice du développement du Centre St. Louis, Joseph Yekulis a également supervisé le lancement de la campagne de financement Héritage de 10 millions $. Grâce à des dons provenant des Chevaliers, d’organisations et de diverses personnes, la campagne a jusqu’ici permis de réunir environ le tiers de la somme nécessaire pour financer la rénovation du pavillon d’accueil du foyer et aménager un terrain de jeu mo-

derne sur le terrain du Centre St. Louis, qui fait 180 acres. La campagne permettra également d’agrandir et de moderniser l’un des pavillons d’habitation, le Guanella Hall. Lorsque l’argent sera réuni, indique Joseph Yekulis, le Centre St. Louis deviendra plus encore qu’un foyer, avec la création d’une communauté d’aide au maintien de l’autonomie — « Village à St. Louis » — qui accommodera les résidants ainsi que les membres âgés de leurs familles. Depuis qu’il travaille en partenariat avec les Serviteurs, Joseph Yekulis dit en être venu à mieux comprendre le véritable sens du service et de la charité, des concepts fondamentaux tant pour les Chevaliers que pour les Serviteurs. « Nos résidants sont des personnes incapables de pourvoir à tous leurs besoins, et la charité est, après tout, la première responsabilité que doivent assumer les Chevaliers ainsi que les Serviteurs », ajoute Joseph Yekulis. Lorsque saint Luigi a été canonisé, le 23 octobre 2011 à Rome, Joseph Yekulis souligne que les Chevaliers de Colomb étaient bien représentés, sur place. À l’invitation des Serviteurs et devant une foule de 30 000 fidèles, Joseph Yekulis a lui-même lu une prière durant la cérémonie de précanonisation, sur la place Saint-Pierre. Puis, il s’est rendu au nord de l’Italie et dans le village natal du saint, ce qui lui a permis de comprendre à nouveau combien les Chevaliers et les Serviteurs partageaient des liens forts avec les démunis — ainsi que mutuellement, entre eux. « Je comprends maintenant à quel point le Père Guanella venait d’un milieu humble, dit-il, et comment par ailleurs Dieu en arrive à faire d’une personne comme lui un saint qui a ensuite un impact à travers le monde. Cela en dit long sur l’esprit humain et sur ce que nous, comme individus, sommes capables d’accomplir si nous nous y mettons sérieusement. »♦ JOSEPH O’BRIEN est journaliste à The Catholic Times, dans le diocèse de La Crosse, au Wisconsin.

TOP: Photo by Melanie Reyes — ST. LUIGI GUANELLA: CNS photo/Cause of Blessed Louis Guanella

LA VIE ET LA MISSION DE SAINT LUIGI GUANELLA LUIGI GUANELLA EST né en 1842, le neuvième de 13 enfants, au sein d’une famille établie dans le village montagnard de Franciscio di Campodolcino, dans le nord de l’Italie. La société italienne de l’époque vivait de grands bouleversements politiques, si bien que les pauvres et les personnes avec des besoins spéciaux étaient délaissés. Afin de soulager le fardeau de ces compatriotes, saint Luigi fonda les Filles de Sainte Marie de la Providence (1890), les Serviteurs de la Charité (1908), puis une organisation réunissant des fidèles et appelée la Pieuse Union de saint Joseph (1914) — dont le pape Pie X a été le premier membre. Trois ans avant sa mort, saint Luigi est venu en Amérique où il a d’abord établi, à Chicago, en 1913, une maison pour les Filles. Aujourd’hui, les Serviteurs sont pour leur part présents en Europe,

en Afrique, en Asie ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud. Plus de 500 prêtres et frères poursuivent ainsi la vision de saint Luigi exprimée dans la devise de l’Ordre : « In Omnibus Caritas » (« En toutes choses, l’amour »). Saint Luigi a déjà écrit dans une lettre : « Les pauvres et les nécessiteux sont partout à travers le monde. Où que vous alliez, ils sont là à vous attendre. Le monde entier est votre patrie. » Lors de la messe pour sa canonisation, le 23 octobre 2011, le pape Benoît XVI a dit que saint Luigi est pour toute l’Église un don de grâce particulier. « L’amour de Dieu animait en lui le désir du bien pour les personnes qui lui étaient confiées, dans la vie quotidienne concrète. Il faisait preuve d’une attention pleine d’égard au chemin de chacun, respectant les temps de croissance [...] »♦

JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 19


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:09 PM Page 20

À la mémoire de « Mr. Blue » Myles Connolly, ancien directeur de Columbia, a eu un impact indéfectible sur la culture américaine par le cinéma au film, à la littérature et son témoignage personnel. par Alton J. Pelowski

ans mon bureau au siège social du Conseil suprême pend, raire de l’établissement. Après un an dans la marine, vers la fin encadré, un éditorial du 24 novembre 1924 — le premier de la Première Guerre mondiale, Connolly passe quatre ans éditorial de Myles Connolly qui fut pendant quatre ans rédac- comme journaliste au Boston Post. En tant que tel, il est l’un teur de Columbia. Quelque neuf décennies plus tard, ses écrits des rares journalistes à pouvoir obtenir une entrevue avec le préservent toujours d’inspiration à l’équipe éditoriale, alors qu’il sident Calvin Coolidge. demande à Notre Dame « de garder la revue sous sa sage et Toujours dans la vingtaine, Connolly déménage à New bienveillante protection » et atteste que le potentiel et l’attrait Haven, au Connecticut, pour travailler comme rédacteur de la de la revue proviennent de sa spécifirevue des Chevaliers. Plus tôt au cours cité catholique. « Elle possède toute la de la même année, Columbia avait pujoie, la beauté et la vérité nécessaires blié un extrait du dernier volume de pour diriger », écrit-il, en ajoutant que G.K. Chesterton, St. Francis of Assisi la revue se veut « large quant à sa pen[Saint François d’Assise] Dans un presée, et noble quant son idéal. » mier temps, la revue avait publié pluUne telle noblesse dans les prinsieurs articles de Chesterton, ainsi que cipes caractérisait la personnalité magplusieurs articles de son compatriote nanime de Myles Connolly, qui britannique, Hilaire Belloc. Alors que s’harmonisait bien avec sa carrure de Connolly est rédacteur, les deux auplus de deux mètres. Catholique pasteurs contribuent régulièrement à Cosionné et, de son propre aveu, grand lumbia, où paraissent cinq articles de romantique, il réussira, au long de son Chesterton et dix de Belloc, entre parcours comme grand auteur et ci1925 et 1926. néaste, à influencer la culture étatsÀ la même époque, l’Église du unienne en général ainsi que les vies Mexique commence à éprouver une d’innombrables personnes. violente persécution à la suite de lois Il y a quelques mois, Mary Kay anticatholiques, et Columbia devient Williams, dramaturge de Richmond, un important porte-parole de l’Ordre. en Virginie, m’a invité à assister à une La direction des Chevaliers s’exprilecture publique du roman classique mera fermement contre le gouvernede Connolly intitulé, « Mr. Blue », à ment mexicain et ira jusqu’à critiquer l’occasion du 50e anniversaire de la le silence des autorités américaines. Myles Connolly mort de l’auteur. L’occasion me fut L’édition de Columbia de novembre (1897-1964) alors donnée de rencontrer Mary 1926, publiera, en couverture, des Connolly Breiner, l’un des deux enfants toujours vivants de Chevaliers affichant la bannière de la « Liberté » et la légende : Connolly, et de découvrir encore davantage quel homme ex- « Le péril rouge du Mexique », ce qui fait l’objet de vives distraordinaire a été son père. Je vous présente une brève esquisse cussions au cours d’une réunion de la législature mexicaine, qui, de la vie et de l’œuvre de Connolly et de l’héritage qu’il nous peu après, bannira l’Ordre ainsi que la revue à travers le pays. a légué. Pourtant, de telles conséquences n’apaiseront ni l’audace ni le zèle de Connolly. C’est un homme de principe qui ne tolère DE GRANDES ATTENTES aucune médiocrité, et d’après ce qu’on en dit, ne fait rien sans Myles Connolly est né à Roxbury, Massachusetts, en banlieue enthousiasme. Dans une lettre de mars 1925 adressée à l’Avocat de Boston, en 1897 dans une famille d’Irlando-Américains. Il suprême Luke E. Hart, Connolly écrira : « Je deviens de plus fréquente la Boston Latin School, puis Boston College, où, du- en plus optimiste par rapport à l’avenir de la revue. (…) Encore rant sa dernière année, il est rédacteur de Stylus, la revue litté- quelques mois de parutions et elle devrait se trouver parmi les 20 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

Photo by Ernest A. Bachrach / Courtesy of Bachrach

D


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:10 PM Page 21

Photo by Silver Screen Collection/Moviepix/Getty Images

Parmi les films les plus notables auxquels Myles Connolly a contribué en tant que scénariste, on note Monsieur Smith au Sénat, mettant en vedette Jimmy Stewart et réalisé par Frank Capra. Connolly agit comme scénariste dans la réalisation d’un certain nombre de succès de Capra, mais beaucoup de fois on n’en fait aucune mention. grandes revues d’Amérique. » Plusieurs années plus tard, dans une entrevue de 1951 avec The Pilot, le journal de l’archidiocèse de Boston, Connolly rappellera qu’il rédigeait une bonne partie des articles en pleine nuit, ayant recours parfois à des pseudonymes pour certains d’entre eux. Néanmoins, au cours de son travail pour le Chevaliers de Colomb, Connolly trouve le temps d’écrire un court roman intitulé Mr Blue, qui demeure encore son œuvre la plus célèbre. Publié au début de 1928, le volume met en vedette un protagoniste excentrique nommé J. Blue — un jeune homme profondément religieux doué d’une passion quasi écrasante pour la vie. Blue décide et vivre au sommet d’un gratte-ciel de New York afin de s’approcher du ciel; il fait don d’une grande fortune par amour pour la pauvreté et a un effet profond sur la vie des gens de son entourage. Souvent comparé à un saint François de l’ère moderne, le personnage de Blue a sans doute été inspiré en partie par Chesterton dont la biographie du saint avait été publiée quelques années auparavant. Dans son introduction de 2007 de l’édition de Mr. Blue chez Loyola Classics, le jésuite John B. Breslin observe à son tour que l’œuvre classique de F. Scott Fitzgerald, Gatsby le magnifique, fut publiée en 1925. Et Jay Gatsby et J. Blue, dit-il, sont des personnages hors pair, mais que « Gatsby représente tout ce que Blue, trois années plus tard, rejettera : la poursuite de grandes richesses, la volonté d’avoir recours à tout ce qu’il faut pour vaincre, l’envie irrésistible de statut social et d’être accepté ». Après presque quatre ans au service des Chevaliers de Colomb, ce travaille ennuie Connolly. Au milieu de mésententes avec les officiers suprêmes, et le directeur général de Columbia, qui croyait-il, n’appréciait pas son travail, Connolly avait besoin d’un congé. « J’ai décidé qu’il est temps de partir », écrit-il dans sa lettre de démission d’avril 1928. « Un changement d’ambiance me fera du bien, ainsi qu’à d’autres ». SUCCÈS À HOLLYWOOD Joseph P. Kennedy, le patriarche de la famille Kennedy, se comptaient parmi ceux qui connaissaient les œuvres de Connolly. Il commençait à lancer un nouveau studio à Hollywood, RKO Pictures, et a offert un emploi à Connolly comme scénariste. D’après l’histoire, Connolly dit qu’il déménagerait seulement à condition qu’il puisse devenir producteur et que,

s’il ne réussissait pas à Hollywood, que Kennedy paierait son voyage de retour à la côte est et qu’il l’aiderait à trouver un emploi. Le « plan B » n’a pas été nécessaire, toutefois, car Connolly devait bientôt s’embarquer dans une belle et longue carrière dans l’industrie du cinéma — mais non pas avant d’avoir épousé une jeune femme nommée Agnes Bevington, à qui il dédia Mr. Blue. Élevée au sein d’une famille catholique de renom, de Nashville, Tennessee, Agnes Bevington était une pianiste accomplie de New York, jouant dans des salles telles que Carnegie Hall et à un certain moment, devant le Prince de Galles. Connolly appréciait bien la beauté et l’excellence, ainsi que la persévérance; il courtisa patiemment madame Bevington pendant quatre ans et ils se sont mariés le 29 mars, 1929. Les nouveaux mariés ont pris le train pour la Californie le soir même. Connolly n’avait nul besoin d’être convaincu de la puissance du film dans la transformation de la culture. Dans un de ses discours grandiloquents, Blue s’exprime ainsi : « Il peut créer JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 21


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:10 PM Page 22

un nouveau peuple, gracieux et élégant, sensible, généreux, religieux, un peuple qui découvre dans la beauté la révélation la plus heureuse de Dieu. Aucun art ne s’est jamais trouvé devant un avenir comme celui qui attend le cinéma. Si jamais il échoue, aucun art n’aura connu un échec aussi important et aussi lamentable ». C’est peu de temps après avoir déménagé à Hollywood que Connolly rencontre et se lie d’amitié avec Frank Capra, avec qui il collaborera durant toute sa carrière. Dans son autobiographie de 1971 intitulée « Le nom au-dessus du titre », Capra affirmera que Connolly est un être « sentimental, raffiné et impitoyable qui devait graver sa marque indélébile dans ma chair personnelle et professionnelle ». Dans son livre, Capra procède à dessiner une caricature de Connolly qu’il estimait être l’un de ses plus grands amis et l’un de ses critiques les plus virulents. Il est bien connu que, en plus de rédiger le scénario de films de Capra moins bien connus tel que L’enjeu (1948), mettant en vedette Spencer Tracy et Katherine Hepburn, Connolly aura plus qu’un rôle secondaire dans l’écriture et l’influence de plusieurs de ses grands succès — pour lequel n’aura jamais de reconnaissance formelle. Capra lui-même, dans son autobiographie, raconte comment le scénario de « New York-Miami » (1934) fut révisé pour y insérer des changements essentiels suggérés par Connolly. D’après Capra, Connolly avait dit : « Frank, il est facile de comprendre pourquoi les comédiens refusent tes scénarios », et avait procédé à des avis concrets sur la façon de créer des personnages plus 22 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

sympathiques et intéressants. « C’était Connolly à son meilleur — un rédacteur de scénario », écrit Capra. Enfin, New York-Miami finit par remporter cinq Oscars, y compris ceux du Meilleur film et du Meilleur scénario. Plus tard, Capra dira à Connolly : « Myles, tu sais que ce film est un accident. Je l’ai tourné parce que tout le monde disait qu’on ne devrait pas le faire. Tout le crédit te revient, car c’est toi qui as fait les modifications importantes du scénario ». Toutefois, le nom de Connolly n’apparaît nulle part dans le générique, probablement à cause des règlements reliés aux contrats avec les studios. La famille de Connolly était très au courant de ce manque de reconnaissance dans des films comme Monsieur Smith au Sénat (1939), entre autres, mais c’est un sujet que selon sa plus jeune fille, Mary, son père n’a jamais abordé. Durant ses vingt années à Hollywood, Connolly a mis la main à la pâte de douzaines de films. Son scénario pour Tendre symphonie (1944), une comédie émouvante tirée du temps de la guerre, mettant en vedette Margaret O’Brien et Jimmy Durante, lui méritera une nomination pour un Prix de l’Académie. En 1952, il fut scénariste du film Mon fils John en collaboration avec le metteur en scène Leo McCarey, un copain catholique renommé pour des films comme La route semée d’étoiles (1944) et Les Cloches de Sainte-Marie (1945). Mon fils John fut produit en plein cœur des tristement célèbres audiences McCarthy et la liste noire de Hollywood, qui cherchait à purger l’industrie du cinéma d’une influence com-

Photos courtesy of Mary Connolly Breiner

La famille Connolly photographiée à leur maison de Malibu, en 1948. De gauche à droite : Myles fils, Terry, Mary, Agnes, Ann, Kevin et Myles.


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:10 PM Page 23

muniste, réelle ou imaginaire et mettait fin pour de bon à la carrière cinématographique de Connolly. L’AVENTURE DU CATHOLICISME Après plus de vingt ans dans l’industrie du cinéma, Connolly, de nouveau, s’est tourné vers le roman. Son deuxième livre s’intitulait The Bump on Brannigan’s Head (1951) et, comme pour le premier, était dédié à sa femme bien-aimée. Il dédiait son troisième roman, Dan England and the Noonday Devil (1951) à ses trois fils : Terrence, Myles, fils, et Kevin. The Reason for Ann (1953), une collection de nouvelles, fut dédiée à sa fille, Ann; et, enfin, Three Who Ventured (1958) était dédiée à Marie. En 1951, dans une entrevue avec Pilot, Connolly a dit : « Mes personnages sont surtout des agencements de traits de gens que j’ai rencontrés. Dans un certain sens, ce sont tous des portraits ». De fait, d’après sa fille Mary, sa mère dirait que le personnage de Mr. Blue tendait vers l’autobiographie. « Il s’agissait de son esprit, de ses pensées à lui », signale Marie, en ajoutant que, comme Mr. Blue, son père avait « une dévotion profonde envers Notre Dame » et « un esprit si généreux — que ce soit sur le plan matériel ou spirituel, c’était pour tout le monde. Il désirait vraiment vivre sa foi de façon aussi profondément et sans réserve que possible ». Bien qu’épuisé et moins bien connu que Mr. Blue, le film Dan England and the Noonday Devil, d’après Mary, s’avéra être l’œuvre préférée de Connolly. Comme Mr. Blue, l’œuvre met en vedette un journaliste de Boston comme narrateur sceptique qui apprend l’existence du protagoniste impressionnant et se lie d’amitié avec lui. Personnage profondément religieux et reconnu pour son hospitalité, Dan England est décrit comme un « mélange de sagesse extraordinaire et d’innocence enfantine ». Et tout comme Blue, des décennies plus tôt, son âge et sa description physique coïncident à peu près à ceux de Connolly. On pourrait dire que J. Blue et Dan England, forts de leur idéalisme et de leur humilité, illustraient comment Connolly souhaitait vivre et percevoir le monde. La vie et l’œuvre de Connolly ont été définies par sa foi catholique. Bien que ses écrits et plusieurs de ses personnages fussent ouvertement religieux, il ne croyait pas en la piété en tant que telle. « Pour moi, une œuvre est catholique si elle raconte en termes concrets la relation avec son Dieu et son âme », a-til dit lors d’une entrevue, en 1951. « Pourquoi au moins certains de nos auteurs ne peuvent-ils pas parler davantage de l’aventure du catholicisme? » D’après le fils de Connolly, Kevin, membre du Conseil Stella Maris 3772, de San Clemente, Californie, son père a influencé la foi de beaucoup collègues dans le monde du cinéma, y compris Capra. Connolly était parrain des trois enfants de Capra, et de manière tant subtile que directe, l’incitait à redécouvrir sa foi. Enfin, après plusieurs décennies de santé précaire, Connolly s’est fait dire par ses médecins qu’il devait passer par la chirurgie à cœur ouvert. Mary, alors âgée de 20 ans, l’a appelé et reprit ce qu’elle lui avait écrit dans une lettre : « Je ne sais pas ce qu’a ton cœur. Ton cœur est parfait; c’est le plus beau des cœurs. À

Myles Connolly apparaît ici au côté de sa femme, Agnes, à la maison familiale de Malibu, en 1948.

cause de toi, je comprends l’amour qu’a Dieu le Père pour moi. Je t’aime ». Connolly est décédé le 15 juillet 1964, peu de temps après la chirurgie, à l’âge de 66 ans. Les décennies suivantes ont emporté avec elles trois des cinq enfants de Connolly — Terrence, Myles, fils, et Ann — et puis sa femme, qui lui a survécu de quelque 23 ans. Encore aujourd’hui, Kevin Connolly et Mary Connolly Breiner se souviennent de leur père comme d’un homme aimant, toujours à l’affût du mieux, tout en étant très conscient de ses propres imperfections. Dans le dernier qu’il écrivit pour Columbia, article qui n’a jamais été publié, Connolly avait écrit ce qui suit dans le style de Mr. Blue : « Tous, nous avons tendance à entrer en nousmêmes. Tous, nous sommes enclins à bâtir ces petits murs de protection autour de nous-mêmes. C’est notre méfiance naturelle de nous-mêmes, notre lâcheté cachée, notre égoïsme congénital qui, si vous voulez, nous entraîne à cette prudence, qui nous pousse à cette suffisance. C’est uniquement grâce à l’effort, à l’aspiration vaillante, au courage, que nous pouvons vaincre ces forces qui nous figent et nous contractent. Et comme nous devons nous y opposer»! Avec plus d’un tour dans son sac, le jeune Connolly poursuivrait sa route en vivant selon ces paroles. Il a conclu : « L’amour devrait commencer au foyer. C’est vrai. Mais il s’agit d’un amour chétif et qui vaut peu et se termine là. Ce n’est pas toujours l’imbécile qui porte son cœur en bandoulière. Ce peut être aussi le saint ».♦ ALTON J. PELOwSKI est rédacteur de Columbia. JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 23


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:10 PM Page 24

De l’ r du Yuko n Chevaliers canadiens font rimer charité et bonne chère en faisant cuire des milliers de crêpes par Roxanne Livingstone | photos de Ian M. Stewart

ic Sokalski, un trappeur maigre et nerveux, verse sur une plaque brûlante de la pâte à crêpes prélevée à même un vieux bol de couleur bleu-vert. L’homme de 73 ans a quitté l’environnement sauvage de son territoire de trappe au Yukon pour venir travailler dans une cuisine de sous-sol encombrée, pour la fin de semaine. Constituant eux-mêmes des signes avant-coureurs du printemps, Vic Sokalski et ses camarades Chevaliers s’employaient ainsi les 22 et 23 février derniers à préparer de la nourriture chaude et savoureuse en prévision du Déjeuner annuel aux crêpes tenu dans le cadre du « carnaval Sourdough », célébré chaque année à Whitehorse, au Yukon. Depuis 43 ans, le Conseil 6232 Bishop Coudert, de Whitehorse, distribue des crêpes à des centaines de personnes durant ce carnaval tenu en février et baptisé le «Yukon Sourdough Rendezvous ». Le Rendezvous, qui célèbre cette année son cinquantenaire, organise la fête autour de l’histoire et des costumes ayant marqué l’époque de la ruée vers l’or du Klondike. Si ces dernières années les événements et les compétitions mis sur pied pour l’occasion ont attiré des milliers de Yukonnais, beaucoup de gens considèrent toutefois que le déjeuner aux crêpes est le clou du spectacle. « Nous tenons ce déjeuner depuis 1971, explique Vic Sokalski. À l’époque, l’instigateur avait subtilisé le bol de cuisine bleu de sa femme pour que nous y mélangions la première pâte. Nous l’utilisons toujours aujourd’hui. Je dis aux gars : “C’est comme notre talisman, ce bol — nous devons le conserver.” » La recette de la pâte elle-même est un secret bien gardé ; et elle doit être commencée 10 jours avant la date prévue de la cuisson. Chaque jour, un Chevalier s’occupe de mélanger la pâte. Les savoureuses crêpes épaisses et dorées fabriquées à partir de cette recette font saliver les gens du coin, qui n’hésitent pas à parcourir beaucoup de kilomètres pour avoir la chance de les goûter. Le fameux Déjeuner aux crêpes, qui s’étend sur deux jours et qui se tient dans la grande salle au sous-sol de la cathédrale Sacred Heart, au centre-ville de Whitehorse, fait chaque année les délices de plus 24 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

de 1000 personnes. De plus, les après-midis sont consacrés au service de repas gratuits au profit des sans-abri et des démunis. UN REPAS COMMUNAUTAIRE HISTORIQUE Lors du dernier « week-end Rendezvous », il a fait, en tenant compte du facteur éolien, moins 36 Celsius. Malgré ce froid sibérien, les gens intéressés à entrer attendaient dans leurs véhicules avant même l’ouverture des portes, à 8 heures le matin. De plus, et alors que le soleil n’était même pas encore levé, une file s’était formée à l’extérieur, longue au point qu’elle se prolongeait jusque dans la rue. Les Yukonnais avaient revêtu leurs plus beaux vêtements d’hiver. Certains avaient des parkas avec col de fourrure, d’autres des gants en cuir d’orignal agrémentés de perles, d’autres encore des pantalons de neige, de gros manteaux, des foulards et des tuques. Quant aux enfants, ils enlevaient à l’intérieur leurs habits de neige et leurs mitaines, révélant ainsi leurs chandails de laine à motifs de flocons de neige. John Robbins a été le premier Chevalier à accueillir la foule. Depuis 16 ans maintenant, c’est lui qui vend les billets, à l’entrée. « J’aime beaucoup accueillir les gens, dès leur arrivée. Ils ont tous faim, sont de bonne humeur, et ont envie de parler », dit le principal intéressé. John porte le costume « Rendezvous » traditionnel : chapeau haut de forme et brassard autour du bras. Le prix d’entrée, souligne-t-il, est fixé à 7$ par personne, mais cela n’est pas coulé dans le béton. « Il m’arrive d’arrondir le prix pour une famille moins fortunée. Et si vraiment quelqu’un ne peut pas se l’offrir, même à rabais, alors c’est gratuit. » Damien Burns arrive avec sa famille. Tous bien emmitouflés dans leurs vêtements chauds, ils viennent déjeuner les deux jours, tant le samedi que le dimanche. « Il s’agit d’un repas communautaire historique », s’extasie Damien, qui participait à ce déjeuner aux crêpes quand il était enfant et qui, aujourd’hui, y emmène ses propres rejetons. « Je rencontre

PANCAKE: Thinkstock/iStock

V


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:10 PM Page 25

Une famille se régale dans le cadre du Déjeuner aux crêpes du carnaval « Rendezvous Sourdough » 2014, organisé par le Conseil 6232 Bishop Coudert, à Whitehorse, au Yukon. ici un tas de gens que je connais mais que je n’ai pas vus depuis longtemps, ajoute-t-il. Nous envoyons un message texte sur place à d’autres jeunes familles que nous connaissons pour savoir qui est présent. » Son épouse, Betty, partage son enthousiasme : « La tradition, pour nous, c’est d’aller à la messe avant de venir ici, dit-elle. Nous sentons la bonne odeur des crêpes durant l’office et ça nous fait littéralement saliver. C’est bien, parce que tout ça se déroule dans l’église, sur un terrain commun qui appartient à tout le monde. » Or effectivement, tout le monde était là ! Un nombre record de participants a été enregistré pour le déjeuner aux crêpes de cette année, et on peut présumer que la célébration du cinquantenaire du « Rendezvous » y est pour quelque chose. Le fait est bien connu : les Yukonnais, soumis au climat que l’on sait, commencent dès février à souffrir de l’isolement et de l’enfermement, et ils ont alors besoin de sortir et de se rencontrer les uns les autres. Ce rendez-vous hivernal annuel à Whitehorse a en réalité commencé à se produire dès le milieu des années 1940, quoique sous un nom différent : la « Yukon Carnival Week ». Les activités de l’événement ressemblaient alors à celles d’aujourd’hui, sauf que les activités avaient lieu à l’époque sur la rivière Yukon, qui était gelée. Il y avait le lancer de la hache, le lancer du billot et la compétition de traction par un chien, chacun devant transporter des sacs de farine. De nos jours, se sont ajoutées des activités comme la sculpture sur neige, les danseuses de cancan en raquettes et les concours de jambes poilues, de barbes et de moustaches, entre autres drôleries. La Semaine du Carnaval a disparu dans les années 1950, mais les festivités sont réapparues en 1964 sur la rue Principale, sous le nom de « Sourdough Rendezvous ». Au cours de la décennie qui vient de s’écouler, l’événement est devenu si populaire que le tout s’est dé-

placé jusqu’aux abords du chantier naval. L’an dernier, près de 6000 visiteurs étaient sur place ; cette année, ce nombre a doublé. Tout en rendant gaiement sa monnaie à un homme portant un chapeau de fourrure, John Robbins fournit quelques détails supplémentaires. « Dès le début de l’aventure Rendezvous, notre déjeuner aux crêpes s’est imposé et est vite devenu une tradition, dit-il. Si bien qu’aujourd’hui, beaucoup de gens entament leur participation au Rendezvous en participant au déjeuner aux crêpes, ou se servent de celui-ci comme d’un lieu de rencontre. Puis, le fait que les enfants soient bienvenus attire en soi bien du monde. » LA FRATERNITÉ ET LA CHARITÉ EN ACTION Des violonistes jouent des airs d’autrefois en arrière-plan, tandis que Rudy Couture circule dans la salle, servant les tables et saluant les gens. Chevalier depuis plus de 40 ans, celui-ci voit bien que le festival ne cesse de gagner en popularité. « Nous sommes les seuls présentement à cuisiner des crêpes, explique Rudy, si bien que tout le monde vient à nous. Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est de voir la fraternité en action, tous nos frères unis dans l’action. C’est dans notre nature, nous sommes faits pour agir. » Des sentiments auxquels fait écho le Grand Chevalier Caanaan Khoza, qui s’affaire à retirer des crêpes de la plaque chauffante et à les déposer dans des assiettes de carton. « C’est l’événement annuel qui nous réunit tous, en tant que Chevaliers », dit-il à travers le bruit qui règne alors dans la cuisine. « Et tous les profits, ajoute-t-il, sont ensuite reversés à la communauté. » « Nous organisons également une soupe populaire ici même un jour par semaine, en plus de contribuer à la banque alimentaire et d’aider les gens qui viennent à nous pour de l’assistance, précise JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 25


June 14 F 5_15 FINAL_Mar E 12 5/15/14 1:10 PM Page 26

En haut : Clayton Berriman retourne une des fameuses crêpes tandis que ses camarades Chevaliers Don Inverarity, Vic Sokalski et Joe Hanrath aident à préparer des choses dans la cuisine installée au sous-sol de la cathédrale Sacred Heart, à Whitehorse. • À gauche : Le député d’État de la Colombie-Britannique et du Yukon, Edward J. Shawchuck, manie le poêlon alors que le député de district, Edgardo R. Panes, du District # 23 Colombie-Britannique et Yukon, s’apprête à garnir l’assiette. À l’arrière-plan, le Grand Chevalier Cannaan Khoza et le membre Bob Ehman veillent au bon roulement des opérations.

Canaan Khoza. Pourvu que notre action soit en accord avec ce que prescrit notre foi catholique, nous aidons volontiers. » Le député d’État Edward J. Sawchuck, qui supervise les unités C de C du Yukon et de Colombie-Britannique, se charge pour sa part d’ajouter des saucisses sur le dessus d’assiettes remplies de crêpes. Il travaille lui aussi d’arrache-pied, aux côtés de ses frères Chevaliers et afin de commémorer le cinquantenaire du festival Rendezvous. « La beauté de la chose, c’est que nous, Chevaliers, adorons nourrir les gens, explique le député d’État. Dans le cas présent, nous distribuons de la nourriture pour la communauté, mais le Conseil local a aussi donné trois orignaux et un caribou aux gens de la soupe populaire. » Edward Sawchuck ajoute alors avec le sourire : « Nous essayons d’aider le plus d’œuvres caritatives possible, au sein de la communauté. » Le déjeuner s’est poursuivi jusqu’à 1 heure de l’après-midi. Profitant d’une pause bien méritée, les Chevaliers s’assoient et mangent 26 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

un morceau à leur tour. Dix petites minutes plus tard, ils se relèvent afin de se préparer à nourrir gratuitement, dans quelques heures, les plus démunis de la communauté. À la fin de la journée, ils auront donc travaillé 12 heures d’affilée. Voilà cinq ans, l’activité qui s’étend sur deux jours a permis de réunir 6000$. Cette année, les Chevaliers verseront près de 10 000$ à la communauté. Avec tout ça, les Chevaliers de Whitehorse n’auront à peu près rien vu du festival Rendezvous, cette fin de semaine là. Ils auront manqué également la lumière du soleil, pour laquelle les visiteurs se sont enthousiasmés. Ils n’auront même pas été témoins de la victoire finale du Canada et de la médaille remportée lors des Olympiques de Sotchi. Mais ils ne regrettent rien. Car ils ont eu leur propre occasion en or de mettre brillamment en œuvre la fraternité et la charité. Au moment où le soleil se couchait, peu après 18 heures le dimanche, le déjeuner aux crêpes avait rempli les estomacs de plus de 1500 personnes, certaines relativement riches et d’autres carrément démunies. Mais le plus important, c’est que l’activité a nourri des âmes avides de liens communautaires alors qu’elles doivent composer avec le long et sombre hiver du Yukon.♦ ROXANNE LIVINGSTONE, une journaliste indépendante, vit à Whitehorse, au Yukon.


KIA 06_2014 FR 5_13_Layout 1 5/15/14 1:16 PM Page 27

CHEVALIERS À L’ŒUVRE

CHEVALIERS

À

L’ŒUVRE DÉJEUNER ET VENTE DE GÂTEAUX

Dale Gavin, Allen Coyle et Ken Croat du conseil 10150 Pope John Paul I de St. Mary, dans l’Iowa, nivellent une vieille pierre tombale au cimetière St. Mary. Les Chevaliers ont organisé une journée de nettoyage du cimetière. Ils ont travaillé avec les membres de la communauté pour niveler les pierres tombales et réparer celles qui étaient tombées de leur socle.

CHASSEURS DE TRÉSORS

Comme chaque année, le conseil 7918 Father John F. Farrell d’Emmett, au Michigan, a organisé son marché d’antiquités et brocante à l’église Our Lady of Carmel. Les Chevaliers ont passé 1500 heures à remplir les 4800 pieds carrés de la salle

Les membres du conseil 12314 Father Charles Peterman de Bartow, en Floride, tiennent certaines des chaussures qu’ils ont collectées pour les élèves des écoles primaires voisines. Les Chevaliers ont organisé une campagne de collecte de chaussures neuves et en bon état pour les enfants dans le besoin de trois écoles locales.

paroissiale avec de la marchandise à vendre. L’événement a rapporté 26 000$ qui serviront à repaver le parc de stationnement de l’église. PEAU NEUVE AUX PANIERS

Le conseil 2931 Bishop Pinten d’Ontonagan, au Michigan, a remis en état deux paniers de basket dans le parc de stationnement de l’église Holy Family. Comme les Chevaliers ne voulaient pas que les gens arrêtent de jouer à cause du mauvais état du terrain, ils ont remplacé les panneaux, les paniers et les filets. CRÉATION D’UNE BOURSE

Le conseil 12613 St. Cecilia de Pawtucket, dans le Rhode Island, a organisé un souper aux palourdes en chaudrée et rôties qui a permis de réunir 1200$ pour la création d’une nouvelle bourse d’études pour l’école St. Cecilia qui vient de fêter ses 100 ans et qui offre une éducation catholique de qualité aux enfants de la localité.

Le conseil 11038 Blessed Sacrament / Msgr. Newman Flanagan de Sioux City, en Iowa, a versé les recettes du déjeuner bénéfice, de la vente de gâteaux et de la vente aux enchères par écrit à un membre du conseil, Pat Conway. La somme, qui a atteint plus de 21 000$, servira à payer une partie des frais médicaux liés aux traitements de Conway qui a un cancer du rein. MESSE AU BORD DE L’EAU

Les membres de l’assemblée General de Lafayette de Lafayette, dans l’Indiana, et leurs familles, se sont réunis pour la messe annuelle de l’assemblée sur les bords de la rivière Tippecanoe. La messe a été suivie d’un pique-nique et d’un barbecue pour toutes les personnes présentes.

ÇÀ ET LÀ DANS L’ORDRE

versitaire. Comme ils n’avaient aucun moyen de transport depuis leur hôtel, les musiciens ne pouvaient pas aller à l’église. Les Chevaliers se sont débrouillés pour emmener les étudiants à la messe de 10 heures et cela malgré le déjeuner de crêpes pour une œuvre de charité qu’ils organisaient au même moment. CONFÉRENCE SUR LA THÉOLOGIE

Le conseil 2546 Father Thomas F. Price de Raleigh, en Caroline du Nord, a organisé une conférence sur Saint Paul de la Croix et la congrégation des passionistes. Le Père Justin Kerber, recteur de la cathédrale Sacred Heart, s’est adressé aux Chevaliers, à leurs familles et aux paroissiens.

COLIS POUR LES SOLDATS

Le conseil 11637 Immaculate Conception de Dublin, en Géorgie, a rassemblé plus de 3000 articles de soins personnels et amusants pour les soldats du 2e régiment de cavalerie en Afghanistan. La demande de colis de ravitaillements est venue d’une famille locale qui compte six de ses membres dans les forces armées. SE RENDRE À L’ÉGLISE

Le conseil 12000 Father Ken W. Bayer Council de Norcross, en Géorgie, a aidé les musiciens catholiques de la fanfare de l’Université de l’état de Floride à se rendre à l’église, alors que la fanfare était en ville pour accompagner l’équipe de football uni-

Anthony Reale et Angelo Andriani du conseil 12769 Mary Immaculate de Secaucus, dans le New Jersey, participent à la Marche annuelle pour mettre fin à l’Alzheimer à Jersey City. Non seulement les Chevaliers ont participé à la marche et réuni 1 000 $ pour la marche, mais ils se sont portés bénévoles également en travaillant au kiosque d’accueil et en collectant de l’eau et des collations pour les marcheurs. Le conseil a aussi célébré Le dimanche du respect de la vie en organisant une chaîne humaine au sein de la communauté.

JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 27


KIA 06_2014 FR 5_13_Layout 1 5/15/14 1:16 PM Page 28

CHEVALIERS À L’ŒUVRE

dévotions dans son bulletin paroissial et dans The Catholic Week, journal de l’archidiocèse de Mobile, le conseil encourage les paroissiens et la communauté à se confesser, à recevoir la communion, à prier le chapelet et à méditer sur les mystères du rosaire. MEUBLE POUR OSTENSOIR

Les membres du conseil 15304 St. Joseph de Spirit Lake, dans l’Idaho, coupent du bois pour les personnes de la région dans le besoin. Les Chevaliers sont à l’initiative d’un projet de bois de chauffage qui fournit du combustible aux familles pauvres qui cuisinent au bois toute l’année ou qui utilisent le bois pour chauffer leurs maisons en hiver.

SÉMINAIRE SUR L’ESPRIT D’ENTREPRISE

Se rendant compte que la clé pour briser le cycle de la pauvreté implique entreprendre un travail productif, le conseil 7656 Diego Silang de Quezon City, Luçon, a parrainé un séminaire sur l’esprit d’entreprise à l’église Our Lady of Fatima. Vingt-neuf personnes ont assisté au séminaire qui

était parrainé par un cabinet d’experts-comptables agréés. Plusieurs conseils ont été donnés pour identifier les occasions d’affaires, démarrer sa propre entreprise et éviter les pièges. Pour donner suite à ce programme, le conseil a proposé une session de formation au tressage de tapis où les participants apprenaient à utiliser les nénuphars, la paille recyclée, les sacs de riz et autres matériaux locaux pour créer un produit commercialisable qui peut offrir une source supplémentaire de revenus. CAMÉRAS DE SÉCURITÉ

Marcus Lawrence du conseil 5390 Joseph C. Carroll de Marion, dans l’Iowa, remplace une croix métallique au cimetière Mount Calvary. Les Chevaliers ont entrepris d’enlever et de repeindre les 301 croix en acier moulé du cimetière, marquant chacune la tombe d’une Sœur de la Miséricorde. 28 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

Le conseil 10944 Bishop Roger Kaffer de Romeoville, dans l’Illinois, a organisé plusieurs collectes de fonds pour acheter et installer des caméras de sécurité à l’église et au presbytère.

Le conseil 12060 Msgr. Tjebbe Bekema de Thibodaux, en Louisiane, a construit un meuble pour ostensoir pour la chapelle de l’adoration de l’église St.Charles Borromeo. Un paroissien a fait don du matériel d’une valeur de 700$ qui a servi à la construction du meuble en cèdre espagnol. COUPONS POUR LAVE-AUTO

Le conseil 3717 Bishop Daniel J. Curley de Syracuse, dans l’état de New York, a vendu des coupons pour laveauto à l’église St. Rose Of Lima et a réuni 1500$. Les fonds ont été versés au fonds de bourse d’études de l’école St. Rose de Lima pour les étudiants dans le besoin. MISSION CALICES

L’assemblée Bishop William J. Hafey de Wilkes-Barre, en Pennsylvanie, a donné quatre calices et patènes aux Missionnaires Serviteurs de la Sainte Trinité. Donnés en mémoire de Chevaliers décédés, les calices partiront dans des missions paroissiales à Porto Rico, au Mexique, en Colombie et au Costa Rica.

DÉVOTIONS À FATIMA

AGRANDISSEMENT DE L’ENTREPÔT

Le conseil 15247 St. Ignatius de Mobile, dans l’Alabama, s’est associé aux « Sœurs servantes de la Parole éternelle » pour promouvoir des dévotions à Fatima le premier samedi du mois. En publiant les

Le conseil 13035 Fathers Rudy & Clem de Muskegon, au Michigan, a construit un espace de rangement de 30 pieds par 32 pieds dans le garage de l’église St. Thomas The Apostle. Après avoir li-

John Koscierzynski du conseil 13983 St. Kieran de Shelby Township, au Michigan, pose un nouveau parquet dans un centre géré par « Abigayle Ministries », une association qui aide les femmes enceintes et leurs enfants. En apprenant que la moquette de l’une des chambres du centre était irrécupérable, les Chevaliers ont arraché le vieux revêtement de sol et l’ont remplacé par du plancher stratifié. Le conseil a fait don également de près de 600$ à l’association pour l’aider dans son travail d’organisation.

béré une salle pour l’instruction religieuse, l’église avait besoin de plus de place pour le rangement. Les Chevaliers se sont portés volontaires pour guider les travaux. Les membres du conseil ont été les entrepreneurs du projet, ils ont fourni les outils et les matériaux. RESTAURATION DE STATIONS

Le conseil 4052 Regina Mundi de Trevose Heights, en Pennsylvanie, a fait don de 3000$ à l’église Assumption of the Blessed Virgin Mary afin de l’aider à restaurer le chemin de croix de l’église. Avec le temps, la peinture des stations avait fané et elles étaient difficiles à lire. Les fonds serviront à rémunérer l’artiste qui a restauré les stations veilles de 40 ans.


KIA 06_2014 FR 5_13_Layout 1 5/15/14 1:16 PM Page 29

CHEVALIERS À L’ŒUVRE

kiosque a rapporté 13 000$ pour l’apostolat hispanophone de la paroisse. Pendant le festival, en plus de tenir le kiosque, les membres du conseil ont garé environ 1700 voitures. DON DE FILMS

Les membres du conseil 4680 Dawson Creek (Colombie Britannique), du conseil 4866 Fort St. John et du conseil 10429 Tumbler Ridge de Chetwynd utilisent une fendeuse à bois pour couper les arbres tombés à Camp Émile, propriété du diocèse à Moberly Lake. Les Chevaliers des trois conseils ont passé la journée à déblayer les arbres morts et tombés sur le camp, le rendant plus sécuritaire pour les visiteurs.

TOURNOI DE EUCHRE

Le conseil 1874 Father James W. Cotter de Warren, dans le Michigan, a organisé un tournoi de Euchre au profit du séminariste Craig Marion. La soirée a rapporté 2300$ et aidera Marion à payer sa formation au Grand Séminaire Sacred Heart de Détroit. RECONNAISSANCE DE PAROISSES

Le conseil 4778 Lidgerwood (Dakota du Nord) a parrainé un souper reconnaissance de trois paroisses. Il a rassemblé 200 personnes dans le but de partager une soirée de foi, de fraternité et de nourriture. FESTIVAL LATINO

Le conseil 13145 Nuestra Señora de Guadalupe de Baton Rouge, en Louisiane, a parrainé un kiosque de bières d’importation lors du festival latino de sa paroisse. Le

Le conseil 14660 St. Martin de Tours de Los Angeles, a donné 95 exemplaires du film d’animation pro-vie Skiff and AJ’s Fantastic Voyage aux élèves de la maternelle jusqu’à la troisième de l’école primaire St. Martin of Tours. Il y a trois ans, le conseil avait offert son soutien financier au film pour sa réalisation. DES COUVERTURES ET DES MANTEAUX

Le conseil 1738 Cranston, au Rhode Island, a organisé une collecte de couvertures au profit de Crossroads Rhode Island, un centre d’hébergement pour sans-abris. Les Chevaliers ont collecté 150 couvertures et les ont données aux sans-logis du centre. Le conseil a également organisé une campagne de collecte de manteaux au profit de Rhode Island Coat Bank. Ils ont réussi à réunir 100 manteaux pour les démunis. PROMOTION DE LA CAUSE

Le conseil 5617 Our Lady of Grace de Grace Park, Luçon, fait la promotion de la cause pour la canonisation du fondateur de l’Ordre, le Vénérable Michael McGivney, en distribuant régulièrement aux paroissiens des affiches et des cartes de prière. AIDER LES ENFANTS

Le conseil 1324 Santa Rosa, en Californie, vient de tenir sa collecte annuelle de fonds au profit de The Children’s Village, un foyer d’accueil à Santa Rosa. Le déjeuner a réuni 500$ au profit de l’association, sans compter les 250$ de dons du conseil.

Les membres du conseil 15644 St. Jude of Marion Oaks d’Ocala, en Floride, ont planté des poteaux dans le sol dans le cadre d’un projet de construction à leur église. Les Chevaliers ont creusé les trous et nivelé les poteaux pour construire une barrière qui protège l’aire de jeux des voitures dans le parc de stationnement.

BÉNÉDICTION DES PREMIERS INTERVENANTS

Le conseil 192 Cohoes, de New York, et l’assemblée Cohoes, ont coparrainé une journée en l’honneur des premiers répondants locaux. Ils ont servi un dîner aux quelques 50 employés de la police, des pompiers et des ambulanciers de Cohoes et ils ont béni le nouveau personnel et leurs véhicules.

l’orgue de l’église St. Mary’s car la foudre était tombée sur l’église en 2012. Les fonds ont servi à remettre aux normes l’électricité de l’orgue. C’était la première fois depuis que l’instrument a été reconstruit en 1972 qu’il avait besoin de réparations importantes.

SOUTIEN AUX SÉMINARISTES

À l’occasion d’une soirée d’appréciation du clergé parrainée par le district n° 23 du Michigan, le conseil 7623 Our Lady of Mount Carmel de Whittemore-Hale a remis un chèque de 8000$ au diocèse de Gaylord pour soutenir les 16 séminaristes du diocèse. Les fonds ont été levés grâce au déjeuner mensuel de crêpes du conseil. RÉPARATION D’UN ORGUE

Le conseil 548 Coxsackie (New York) a fait don de 500$ pour la réparation de

Les membres du conseil 6756 St. Anne-Oratory et du conseil 15611 St. Martin de Porres, tous deux de Rock Hill, en Caroline du Sud, aidés d’un groupe de jeunes de l’église St. Anne, construisent une rampe pour fauteuil roulant à la maison du membre du conseil Jim Powers et de sa femme Judy. Les Chevaliers ont construit la rampe pour rendre l’accès à leur maison plus facile.

JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 29


KIA 06_2014 FR 5_13_Layout 1 5/15/14 1:16 PM Page 30

CHEVALIERS À L’ŒUVRE

Des bénévoles, y compris les membres du conseil 15154 St. Thomas d’Homosassa, en Floride, à côté d’un belvédère dans le jardin de méditation du Père Ron Marekci, que le conseil a aidé à dessiner et à construire. Les Chevaliers et les paroissiens ont créé le jardin en l’honneur du Père Marekci, le prêtre de l’église St. Thomas. On trouve dans le jardin des bancs, des chemins dévotionnels et des statues éclairées. Les paroissiens ont faut don de 30 000 $ pour la construction du jardin et les Chevaliers ont donné 1200 heures de leur temps pour le construire.

MARIE, CONSACRÉE

L’évêque Armando X. Ochoa de Fresno, en Californie, a reçu de la main du conseil d’État de la Californie une image du programme de prière mariale de Notre Dame de Guadalupe et a supervisé sa consécration à

l’église St. Philip the Apostle. Après la messe de consécration, les Chevaliers de Colomb de Kern-Inyo ont organisé leur Dîner de bienfaisance au profit de nos séminaristes. Au cours de la soirée, ils ont remis à l’évêque Ochoa un chèque de 18 000$ pour le fonds de dotation pour les séminaristes du diocèse. UN SCOOTEUR POUR L’INDE

John Cocco et Steve Wagner du conseil 15654 St. Benedict de Mohnton sont présents lors de la bénédiction par le père Philip Rogers, pasteur de l’église St. Benedict, de 75 bibles données par le conseil. Les bibles données par les Chevaliers serviront à apprendre le catéchisme aux élèves de septième et de huitième. 30 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

Le conseil 4323 St. Isidore de Blooming Prairie, au Minnesota, a collecté 1500$ pour acheter un scooteur pour un prêtre en Inde. Les prêtes en Inde doivent souvent s’occuper de plusieurs paroisses et doivent marcher de l’une à l’autre. Le nouveau scooteur aidera un prêtre du diocèse de Cuddapah à mieux s’occuper de ses fidèles. ROULER EN « GRAND VÉLO »

Le conseil 7999 Des Grands Lacs et le conseil 11608 Precious Blood, tous deux de Sault Ste. Marie, en Ontario,

PEINTURE D’UNE EXTENSION

Les membres du conseil 14714 St. Cyprian de Perry, dans l’Ohio, ont peint l’intérieur de la nouvelle annexe pour l’ascenseur de la paroisse. Cette annexe sur trois niveaux permettra à tous les paroissiens, et surtout à ceux atteints d’un handicap physique, d’accéder à l’église, au parc de stationnement et à la salle du niveau inférieur. En faisant ce travail eux-mêmes, les Chevaliers ont fait économiser à la paroisse une somme d’argent importante. NOUVEAU CONGÉLATEUR

En apprenant que la banque alimentaire locale était sans congélateur, le conseil 14632 St. Elizabeth of Hungary de Raeford, en Caroline du Nord, a décidé d’intervenir. Les Chevaliers ont immédiatement proposé à la banque alimentaire un congélateurcoffre en attendant de recueillir suffisamment d’argent grâce à deux déjeuners de crêpes, pour acheter un nouveau congélateur vertical. NOURRITURE POUR LES PHILIPPINES

Le conseil 8424 Father O’Dea de Sacramento, en Californie, a fait don de 1500$ à un groupe de missionnaires prêtres de Montréal qui a fourni de l’eau et de la nourriture à des étudiants aux Philippines. Les

Après avoir participé à la cérémonie de dépôt de gerbe, Nick Polito, Brett Ford, Sean Palmer et Lenard Morris du cercle 5444 St. Mary of the Assumption de Glenshaw, en Pennsylvanie, se joignent à un marine américain pour saluer la tombe des soldats inconnus. Les écuyers ont fait un voyage fraternel à Washington, D.C., pour visiter des musées, des monuments et la Basilique du Sanctuaire National de l’Immaculée Conception. La participation du cercle à la cérémonie sur la tombe des soldats inconnus a pris plus d’un an à organiser.

fonds serviront à former des philippins à la construction et à l’entretien d’écoles, à gérer les réserves d’eau et à cultiver. Le don du conseil 8424 permettra à une école de subvenir à ses besoins pour toute une année. DÉJEUNERS POUR ANCIENS COMBATTANTS

L’assemblée Msgr. Peter B. O’Connor de North Arlington, dans le New Jersey, a organisé son déjeuner annuel pour vétérans pour remercier ceux qui ont servi dans l’armée. Les vétérans n’avaient rien à débourser alors que les autres devaient payer 10$ pour un buffet à volonté. À cette occasion, le conseil a recueilli 2700$ pour venir en aide à des anciens combattants vivant dans des maisons de santé un peu partout dans l’état.

CAMERA: Getty images via Thinkstock

ont formé une équipe pour faire du « grand vélo » pour la Fondation canadienne des maladies du cœur et de l’AVC. Les groupes et les entreprises qui participent s’engagent à recueillir des dons pour la fondation et pédalent dans leur communauté sur un vélo pour 29 cyclistes. Les Chevaliers ont réuni 500$ et ont travaillé ensemble pour faire rouler ce méga-vélo.


KIA 06_2014 FR 5_15 FINAL_Layout 1 5/15/14 1:42 PM Page 31

CHEVALIERS À L’ŒUVRE

profit de deux hôpitaux locaux, Wes for youth online, un site de conseil et de soutien pour jeunes et une bourse d’études au nom de McGlynn.

Charles Lombardi du conseil 5 Pinta de Wallingford, au Connecticut, le député de district Joseph Perrelli du District n° 5 du Connecticut et Joseph Banack de l’assemblée Christopher Columbus montrent le panneau « Autoroute commémorative Christophe Colomb » pour lequel le conseil a fait du lobbying pour pouvoir l’installer sur la Route 68. À la demande des Chevaliers locaux, la représentante d’État Mary Fritz les a aidés à obtenir cette désignation dans le cadre d’un projet de loi important visant à nommer les routes, les ponts et les autoroutes. Une fois le projet de loi adopté, les Chevaliers ont organisé une cérémonie d’inauguration près de la route.

Columbia June 1939 cover painting by William Luberoff

ÉVÉNEMENT COMMÉMORATIF

Le conseil 7569 Father Paquette de Wingham, dans l’Ontario, a organisé un événement commémoratif en l’honneur d’un membre du conseil, Mike McGlynn, décédé dans un accident d’abattage d’arbres, cinq jours avant Noël en 2012. À l’occasion de cette journée, on pouvait participer à un concours de rondins géants grâce à des rondins donnés par une scierie de la région, à un concours de tartes, à un bassin-trempette et on pouvait voir une exposition sur la sylviculture et des sculptures sur bois. Les Chevaliers ont clos la soirée avec une vente aux enchères par écrit, un souper et de la danse Country. La journée a recueilli 20 000$ au

TIRÉS DES ARCHIVES

DES SOINS POUR LES SŒURS

Le conseil 504 Carroll de Wheeling, en Virginie Occidentale, a organisé un souper spaghetti au profit des sœurs retraitées de la congrégation de St. Joseph. Pour l’occasion, les Chevaliers ont cuisiné 250 livres de saucisses, 260 livres de spaghettis, 772 litres de sauce et 3000 boulettes de viande faites main. Les bénévoles ont servi près de 1300 soupers, y compris à emporter. La nourriture, en plus des dons, la tombola et la vente par les sœurs d’artisanat a réuni 35 000$ au profit des sœurs retraitées qui vivent à la maison mère de la congrégation. COMPTER LES POINTS

Le conseil 14269 St. Bernard de Brooklyn, dans l’état de New York, a fait don de 5000$ pour l’achat d’un nouveau tableau d’affichage pour l’auditorium de l’école St. Bernard. Non seulement les Chevaliers ont financé le nouveau tableau pour le programme des sports de l’école, mais ils l’ont aussi installé. LES HOMMES DU « MALTA HOUSE »

Le conseil 14360 St. Matthew de Norwalk, au Connecticut, s’est porté bénévole au « Malta House », un foyer d’accueil pour mères célibataires, pour peindre une pouponnière. Depuis 2009, les Chevaliers aident le centre en faisant des dons en argent et des réparations. Par le passé, les membres du conseil se sont occupés du jardin et ont posé du carrelage.

Juin 1939

ARTICLE DE FOND Dans « L’humanité seule est richesse », l’auteur Canstantine E. McGuire soutient que les jeunes catholiques doivent prendre position contre le contrôle illicite des naissances et l’avortement. DE LA PART DU CONSEIL SUPRÊME En première page du magazine, sur une page entière consacrée à un publireportage, le Conseil Suprême faisait le point sur le dernier effort de recrutement avant la fin de l’année fraternelle 1938-1939 : « Le nombre incroyable de demandes d’adhésions qui arrivent tous les jours au bureau du Conseil Suprême a dépassé les prévisions les plus optimistes du résultat final du programme Mobilisez-vous pour la justice chrétienne qui touchait rapidement à sa fin. » À la fin du mois, les adhésions comptaient 427 344 membres. QUE FONT LES CHEVALIERS Un précurseur de la section « Chevaliers à l’œuvre » rapportait que : « Le conseil n° 94 Lexington, au Massachusetts, a enregistré une bonne année… Ces derniers mois, le conseil a parrainé des jeux de cartes, des conférences, des films, des déjeuners communions et une messe commémorative. Le club d’étude est le plus apprécié des programmes du conseil. » PUBLICITÉ ÉTONNANTE Il était offert aux lecteurs du numéro de juin un regard sur la berline 4 portes Graham 1939, au prix de 965$ (environ 16 000$ aujourd’hui). La voiture faisait du 10,96 kilomètres au litre et on avait le choix entre un intérieur de couleur taupe ou bicolore. Malheureusement, Graham a cessé ses activités un an plus tard.

JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 31


KIA 06_2014 FR 5_13_Layout 1 5/15/14 1:16 PM Page 32

CHEVALIERS À L’ŒUVRE

QUATRIÈME DEGRÉ FOURNITURES C DE C AUX ÉTATS-UNIS THE ENGLISH COMPANY INC. Équipement officiel des conseils et du Quatrième Degré 1-800-444-5632 • www.kofcsupplies.com LYNCH AND KELLY INC. Équipement et robes d’officiers pour les conseils et le Quatrième Degré 1-888-548-3890 • www.lynchkelly.com AU CANADA ROGER SAUVÉ INC. Équipement et robes d’officiers des conseils et du Quatrième Degré 1-888-266-1211 • www.roger-sauve.com

03/14

JOIGNEZ LES AMIS DE L’ A B B É M C G I V N E Y Écrire en lettres d’imprimerie, S.V.P. :

NOM ADRESSE VILLE PROVINCE/PAYS CODE POSTAL Complétez le bulletinréponse et envoyez-le à : The Father McGivney Guild, 1 Columbus Plaza, New Haven, CT 065103326, USA Ou adhérer par Internet : www.fathermcgivney.org.

OFFICIAL JUNE 1, 2014: To owners of Knights of Columbus insurance policies and persons responsible for payment of premiums on such policies: Notice is hereby given that in accordance with the provisions of Section 84 of the Laws of the Order, payment of insurance premiums due on a monthly basis to the Knights of Columbus by check made payable to Knights of Columbus and mailed to same at PO Box 1492, NEW HAVEN, CT 06506-1492, before the expiration of the grace period set forth in the policy. In Canada: Knights of Columbus, Place d’Armes Station, P.O. Box 220, Montreal, QC H2Y 3G7 ALL MANUSCRIPTS, PHOTOS, ARTWORK, EDITORIAL MATTER, AND ADVERTISING INQUIRIES SHOULD BE MAILED TO: COLUMBIA, PO BOX 1670, NEW HAVEN, CT 06507-0901. REJECTED MATERIAL WILL BE RETURNED IF ACCOMPANIED BY A SELF-ADDRESSED ENVELOPE AND RETURN POSTAGE. PURCHASED MATERIAL WILL NOT BE RETURNED. OPINIONS BY WRITERS ARE THEIR OWN AND DO NOT NECESSARILY REPRESENT THE VIEWS OF THE KNIGHTS OF COLUMBUS. SUBSCRIPTION RATES — IN THE U.S.: 1 YEAR, $6; 2 YEARS, $11; 3 YEARS, $15. FOR OTHER COUNTRIES ADD $2 PER YEAR. EXCEPT FOR CANADIAN SUBSCRIPTIONS, PAYMENT IN U.S. CURRENCY ONLY. SEND ORDERS AND CHECKS TO: ACCOUNTING DEPARTMENT, PO BOX 1670, NEW HAVEN, CT 06507-0901.

COLUMBIA (ISSN 0010-1869/USPS #123-740) IS PUBLISHED MONTHLY BY THE KNIGHTS OF COLUMBUS, 1 COLUMBUS PLAZA, NEW HAVEN, CT 06510-3326. PHONE: 203-752-4000, www.kofc.org. PRODUCED IN USA. COPYRIGHT © 2014 BY KNIGHTS OF COLUMBUS. ALL RIGHTS RESERVED. REPRODUCTION IN WHOLE OR IN PART WITHOUT PERMISSION IS PROHIBITED. PERIODICALS POSTAGE PAID AT NEW HAVEN, CT AND ADDITIONAL MAILING OFFICES. POSTMASTER: SEND ADDRESS CHANGES TO COLUMBIA, MEMBERSHIP DEPARTMENT, PO BOX 1670, NEW HAVEN, CT 06507-0901. CANADIAN POSTMASTER — PUBLICATIONS MAIL AGREEMENT NO. 1473549. RETURN UNDELIVERABLE CANADIAN ADDRESSES TO: KNIGHTS OF COLUMBUS, 50 MACINTOSH BOULEVARD, CONCORD, ONTARIO L4K 4P3 PHILIPPINES — FOR PHILIPPINES SECOND-CLASS MAIL AT THE MANILA CENTRAL POST OFFICE. SEND RETURN COPIES TO KCFAPI, FRATERNAL SERVICES DEPARTMENT, PO BOX 1511, MANILA.

32 ♦ C O L U M B I A ♦

JUIN 2014

Un printemps de la charité Les Chevaliers de la Virginie-Occidentale livrent de l’eau potable à la suite du déversement de produits chimiques par Kaitlyn Landgraf LORSQUE 28 400 LITRES de produits chimiques ont contaminé l’eau potable à Charleston et aux alentours, en Virginie-Occidentale, le 9 janvier, les Chevaliers de Colomb locaux se sont vite mobilisés pour apporter de l’eau potable aux habitants dans le besoin. La catastrophe s’est produite quand un produit chimique utilisé pour le traitement du charbon a fui d’un réservoir de stockage et a coulé dans la rivière Elk, qui se déverse dans le centre local de traitement des eaux. Pendant plusieurs jours, on a interdit aux 300 000 habitants de boire l’eau polluée, de l’utiliser pour cuisiner ou même pour se laver. Les plus touchés étaient les personnes âgées et les pauvres, qui ne pouvaient pas se déplacer ou qui n’avaient pas les moyens d’aller chercher de l’eau potable. Avant que les agences fédérales de secours n’arrivent avec de grandes quantités d’eau en bouteilles, les Chevaliers de la Virginie-Occidentale avaient déjà acheté et livré près de 6 000 bouteilles aux conseils locaux et aux paroisses pour qu’ils les distribuent aux habitants les plus affectés. Le député d’État Michael J. McDougle a déclaré que les rayons des magasins avaient été vidés en quelques heures et il a ajouté que : « il y avait urgence » dans les jours précédents l’arrivée de FEMA. En réponse à la situation, McDougle et Dave Walters du conseil 594 Parkersburg ont attelé la remorque de McGougle à l’arrière de son camion et ils ont conduit 90 minutes au nord-est de Clarksburg, l’endroit le plus près où ils pouvaient trouver de l’eau en bouteilles à vendre en quantités suffisantes. Là, ils ont rencontré le trésorier d’État de la Virginie-Occidentale Gerald Somazee, qui a acheté l’eau au nom du conseil d’État. « Nous avons acheté trois palettes d’eau, ce qui était tout ce que l’on voulait nous vendre, a déclaré McGougle. Cela a même été très difficile de se les procurer. » Au retour, McDougle et Walters ont rencontré de violents orages et ils ont déchargé les palettes à St. Albans et à Charleston. Le député de district Joseph P. King du district n°3 de la Virginie-Occidentale, de concert avec les Grands Chevaliers des régions sinistrées, a mis en place des points de distribution. Les conseils locaux se sont ensuite occupés de livrer l’eau aux paroissiens et aux personnes les plus vulnérables de la communauté. « Nous nous sommes rendus compte que les vraies personnes qui avaient besoin [d’eau] étaient les personnes confinées à la maison, a déclaré King. Des ministres de l’Eucharistie remarquables, de l’église Blessed Sacrament de South Charleston, ont pris de l’eau avec eux quand ils faisaient la tournée des maisons pour donner la communion. » Les Chevaliers ont répondu à un besoin immédiat dans une situation d’urgence. D’après McDougle : « Le temps que FEMA arrive, nous avions distribué toutes les bouteilles. Nous avons tout fait pour que [les résidents] tiennent trois jours. » Les retombées du déversement devraient se ressentir pendant des années. L’interdiction d’utiliser l’eau du robinet a été levée le 18 janvier, mais il est encore conseillé aux femmes enceintes de boire de l’eau en bouteille. Cependant, pour les Chevaliers qui sont intervenus immédiatement, il était tout naturel de venir en aide aux gens. « Quand nos églises et les gens sont dans le besoin, nous sommes là pour aider, a déclaré McGougle. En temps de crise, nous devons aussi être là. Je pense que c’est ce que nous avons fait. » KAITLYN LANDGRAF est cadre en formation au Conseil Suprême et a contribué à Columbia à titre d’assistante à la rédaction.


June 14 Covers F 5_15 FINAL_Layout 1 5/15/14 1:13 PM Page 33

C H E VA LI ER S D E CO LO M B

Construire un monde meilleur un conseil à la fois. Chaque jour, les Chevaliers à travers le monde ont la possibilité de faire une différence, que ce soit à travers le service à la communauté, la collecte de fonds ou la prière. Nous célébrons chaque et tout Chevalier pour sa force, sa compassion, et son dévouement à vouloir construire un monde meilleur.

Des membres du conseil Mary, Cause of Our Joy 8447 à Soldiers Hill, Luçon, organisent des feuilles de tôle ondulée afin de les utiliser comme matériaux de toiture à la suite d’un incendie à Muntinlupa City. Des chevaliers ont aidé les victimes de l’incendie en aidant à construire des abris provisoires pour les 300 familles touchées par l’incendie. Le conseil a également donné des articles de secours, y compris des vêtements.

ENVOYEZ-NOUS LES PHOTOS DE VOTRE CONSEIL POUR LA RUBRIQUE «CHEVALIERS À L’ŒUVRE». LES PHOTOS PEUVENT ÊTRE COLUMBIA, 1 COLUMBUS PLAZA, NEW HAVEN, CT 06510-3326.

ENVOYÉES PAR COURRIEL À COLUMBIA@KOFC.ORG OU BIEN À

JUIN 2014

♦ C O L U M B I A ♦ 33


June 14 Covers F 5_15 FINAL_Layout 1 5/15/14 1:13 PM Page 34

G A R D E R L A F O I V I VA N T E

« LA VIERGE MARIE M’A AIDÉ À NE PAS CRAINDRE D’ACCEPTER MA VOCATION »

PÈRE JIM MCCORMACK Pères marianistes de l’Immaculée-Conception Washington, D.C.

Photo by Ed Pfueller

La vie était bonne. J’avais grandi dans une maison confortable entouré de parents aimants qui m’ont envoyé dans les meilleures écoles. J’avais un emploi chez Hewlett-Packard et j’étais fiancé à une fille catholique formidable. Tout était parfait. Sauf qu’il y avait un petit « problème » — l’appel. À l’université, ma foi s’est approfondie. Un jour, lors d’une causerie qui portait sur le célibat, je me souviens m’être dit : voilà un sujet intéressant pour toutes ces autres personnes également présentes, mais qu’en est-il pour moi ? À ce moment précis, j’ai entendu une petite voix au fond de ma tête : « Justement, qu’en est-il pour toi ? » C’est ainsi que s’amorcèrent mes délibérations avec Dieu, qui allaient durer six ans. J’essayais de mener ma vie comme je l’entendais, mais l’appel ne partait pas, je l’entendais toujours. À cause de cela et de diverses autres pressions, ma fiancée rompit notre engagement, et je décidai pour ma part de partir en pèlerinage en Italie. À la Sainte Maison de Lorette, la Vierge Marie m’a aidé à recevoir la grâce de ne pas craindre d’accepter ma vocation, et à pleinement accueillir le plan qu’avait prévu le Seigneur pour moi. Aujourd’hui, après quatre ans de sacerdoce, je peux dire plus que jamais à quel point la vie est bonne.

VEUILLEZ FAIRE VOTRE TOUT POSSIBLE POUR ENCOURAGER LES VOCATIONS À LA PRÊTRISE ET À LA VIE RELIGIEUSE. VOS PRIÈRES ET VOTRE SOUTIEN COMPTENT POUR BEAUCOUP.

PM40063106


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Columbia Juin 2014 by Columbia Magazine - Issuu