Santé auditive au travail : dépister tôt et protéger son audition
ÉDITION SPÉCIALE
Première Ligne en Santé
Rassembler pour transformer les soins de proximité
MAI, MOIS DE LA PAROLE ET DE L’AUDITION
L’occasion de placer l’audition au cœur de la santé
ÉDITORIAL
Le printemps a toujours eu quelque chose de particulier pour moi. Il y a dans l’air une forme de renaissance. La lumière change, les projets reprennent, les rencontres se multiplient. On sort doucement de l’hiver, comme si la vie reprenait son élan.
Je trouve qu’il existe un parallèle naturel entre ce printemps qui s’installe et mai, le Mois de la parole et de l’audition. Prendre soin de sa santé auditive, c’est un peu cela : se reconnecter au monde, retrouver le plaisir des échanges, se sentir pleinement présent aux conversations, à la musique, aux rires, aux confidences. C’est une façon de continuer à vivre intensément ce qui nous entoure.
Dans cette nouvelle édition du Magazine Lobe, nous avons voulu placer la santé auditive là où elle doit être : en première ligne. Vous y découvrirez la vision portée par le congrès PLS — Première ligne en santé, un événement rassembleur qui décloisonne les expertises et affirme que l’audition fait partie intégrante de la santé globale. Vous lirez également des articles qui éclairent des enjeux concrets : les impacts d’une perte auditive non corrigée, les signes de perte auditive à reconnaître chez l’adulte et chez l’enfant de plus de cinq ans, le rôle clé des professionnels en santé, comme les physiothérapeutes et les pharmaciens, ainsi que les stratégies de communication qui facilitent les échanges. Nous aborderons aussi les services offerts aux organisations, l’innovation technologique et les initiatives philanthropiques qui soutiennent la communauté.
Le printemps nous invite à avancer, à oser faire les démarches nécessaires pour mieux nous sentir. Que vous soyez un patient, un proche ou un professionnel de la santé, je vous invite à considérer l’audition comme un pilier à part entière de votre santé, au même titre que le cœur, la vision ou la santé mentale. Parfois, un simple pas, comme une discussion, une consultation, ou une évaluation, peut transformer le quotidien. Parce que la santé auditive touche toutes les générations et tous les milieux. Écoutons ce que cette saison a à nous dire. Et surtout, continuons d’écouter ceux qui nous entourent.
Bonne lecture !
Marie-Josée Taillefer Ambassadrice des cliniques Lobe et de la santé auditive
SOMMAIRE
04 Mai, Mois de la parole et de l’audition
L’occasion de placer l’audition au cœur de la santé
05 Stratégies de communication au cœur de l’expérience patient
06 Apprendre à écouter autrement Chronique de Marie-Josée Taillefer
08 Première Ligne en Santé Rassembler pour transformer les soins de proximité
10 Aller au-delà des murs de la clinique
11 Et si la santé auditive devenait un réflexe systématique en première ligne ?
12 Troubles vestibulaires Quand l’équilibre et l’audition partagent la même oreille
13 Le pharmacien : un pivot au cœur des soins de proximité
14 Impacts de la perte auditive non corrigée : élargir le regard clinique
15 Reconnaître les signes de perte auditive chez les personnes de 5 ans à 25 ans
16 Comprendre l’audiogramme
18 Auracast : quand la diffusion audio permet l’accessibilité sonore
19 Appareils auditifs : bien plus qu’une aide à l’audition
20 Santé auditive au travail : dépister tôt et protéger son audition
21 Laboratoires d’innovation, d’apprentissage et d’exploration
22 Là où la musique rencontre l’audition
23 Un engagement qui donne voix à la réussite
24 Sécurité et autonomie : des repères sonores essentiels au quotidien
25 Mieux entendre pour mieux vivre, en toute confiance
26 Quand les appareils auditifs améliorent votre quotidien
27 Une référence accessible en santé auditive
28 Quoi de neuf ?
30 Adresses des cliniques Lobe
LE SAVIEZ-VOUS ?
Et si une carrière commençait par une simple question : audioquoi ?
Derrière ce nom intrigant se trouve une profession d’avenir qui allie technologie, relation humaine, innovation et impact concret : la carrière d’audioprothésiste. Choisir de devenir audioprothésiste, c’est vouloir améliorer concrètement la vie des gens en les aidant à mieux entendre et comprendre, et à se reconnecter avec les personnes qui comptent pour eux. Alors que la population vieillit et que les besoins en santé auditive grandissent, cette profession occupe une place plus importante que jamais. C’est dans cette perspective que Lobe a lancé l’initiative Audioquoi, afin d’encourager une relève passionnée à faire une différence, là où les besoins sont les plus grands. Pour en apprendre davantage, visitez le site Web : audioquoi.ca
Volume 21, numéro 2, 2026
Éditrice
Maria Fernanda Bially
Conceptrice graphique
Andrée-Anne Michel
Imprimeur
TC Imprimeries Transcontinental
Droits et responsabilités
Toute traduction, reproduction ou adaptation des textes, illustrations et photos du présent ouvrage, par quelque procédé que ce soit, en tout ou en partie, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditrice.
Les opinions émises dans les articles publiés par Publications Lobe n’engagent que la responsabilité de leur auteur.
Dépôt légal
ISSN 1911-5660
Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Montréal
Marques de commerce propriété de Lobe Santé auditive inc. /Document produit par Publications Lobe
L’utilisation du genre masculin a été adoptée afin de faciliter la lecture et n’a aucune intention discriminatoire.
MAI, MOIS DE LA PAROLE ET DE L’AUDITION
L’OCCASION DE PLACER
L’AUDITION
au cœur de la santé
Chaque année, le mois de mai est dédié à la santé auditive et nous rappelle que l’audition mérite plus qu’une attention ponctuelle. Le fait qu’un mois complet lui soit consacré n’est pas anodin : il reflète l’importance réelle de la santé auditive dans notre société et son rôle dans une approche globale et préventive de la santé. Dans notre quotidien, plusieurs réflexes liés à l’état de santé général sont bien établis, autant pour le public que pour les professionnels de la santé. On vérifie la vue, on assure le suivi dentaire, on s’attarde à la santé cardiovasculaire ou à la condition physique. L’audition, elle, demeure encore trop souvent en arrière-plan. Pourtant, elle est un pilier sous-estimé de la santé globale, puisqu’elle influence directement la communication, la sécurité, la cognition et la participation sociale.
La perte auditive présente une particularité importante : elle s’installe généralement de façon progressive. Il n’y a pas toujours de signe clair ni de moment précis où l’on réalise que quelque chose a changé. On s’adapte : on fait répéter, on augmente le volume de la télévision, on comprend moins bien dans le bruit, on se fatigue davantage lors des conversations. Ces ajustements deviennent la norme, autant pour la personne malentendante que pour son entourage, ce qui explique pourquoi la perte auditive peut passer inaperçue pendant longtemps.
Lorsque la perte auditive n’est pas corrigée, elle peut toutefois entraîner des effets négatifs bien concrets. Les échanges deviennent plus exigeants, certaines situations sociales sont évitées et l’effort d’écoute augmente. La littérature scientifique établit également des liens négatifs sur la santé cognitive, l’équilibre et le bien-être émotionnel. Ces effets dépassent largement la sphère auditive et rappellent que l’audition fait partie intégrante du fonctionnement global d’une personne.
Dans ce contexte, l’évaluation auditive prend tout son sens. Faire vérifier son audition ne signifie pas qu’un traitement est nécessaire ou qu’une décision doit être prise immédiatement. Il s’agit avant tout d’un bilan, comparable à un examen de la vue, qui permet d’établir un portrait de référence et de suivre l’évolution de notre santé auditive dans le temps. Cette démarche est particulièrement pertinente pour les personnes exposées au bruit, que ce soit dans un contexte professionnel ou lors de certaines activités de loisir.
Le Mois de la parole et de l’audition constitue donc une occasion concrète de normaliser la discussion autour de la santé auditive, autant auprès de la population que dans les milieux de soins. En parler avec ses proches, poser des questions, intégrer l’audition aux réflexes de première ligne : ce sont des gestes simples qui peuvent faire une réelle différence.
Notre santé auditive passe parfois au second plan, alors qu’elle joue un rôle clé dans notre qualité de vie. Mai, le Mois de la parole et de l’audition est là pour nous rappeler qu’y porter attention, c’est aussi prendre soin de sa santé globale.
Références :
Maria Fernanda Bially Conseillère en communication et éditrice Lobe
- Bigelow, R. T. et al. (2020). Association of Hearing Loss With Psychological Distress and Utilization of Mental Health Services Among Adults in the United States. JAMA Network Open.
- Livingston, G. et al. (2024). Dementia prevention, intervention, and care : 2024 report of the Lancet Standing Commission. The Lancet.
- Lin, F. R. & Ferrucci, L. (2012). Hearing loss and falls among older adults in the United States. Archives of Internal Medicine.
- Statistique Canada (2019). Perte auditive non perçue chez les Canadiens de 40 à 79 ans.
STRATÉGIES DE COMMUNICATION au cœur de l’expérience patient
La communication dans le quotidien clinique
Dans les rendez-vous de première ligne, un constat revient souvent : lorsque la communication est claire, le soin devient plus simple, plus rassurant et plus efficace. Que ce soit dans une salle d’attente, chez le médecin, chez le dentiste ou même à la pharmacie, la façon dont l’information est transmise influence directement l’expérience de la rencontre.
Pour les personnes avec une perte auditive, même légère, cette réalité est particulièrement tangible. La compréhension ne repose pas uniquement sur ce qui est entendu. Elle s’appuie aussi sur le visage, le rythme de la parole, l’environnement et le contexte. Lorsque ces repères sont présents, l’échange devient plus fluide, autant pour le professionnel que pour le patient.
Sur le terrain, on observe que ces ajustements sont souvent simples. Ils ne demandent pas de transformation majeure de la pratique, mais plutôt une attention portée à la manière de communiquer. Et cette attention fait toute la différence.
Comprendre ne dépend pas seulement du volume sonore
La compréhension ne se joue pas uniquement sur le niveau sonore. Le visage, le rythme de la parole, l’éclairage et l’environnement sont tout aussi déterminants. Pour une personne ayant une surdité, ces repères visuels et contextuels soutiennent le traitement de l’information, surtout lorsque le stress ou l’anxiété sont présents. Parler face à face, ralentir légèrement le débit ou reformuler une consigne autrement peut parfois suffire à lever un obstacle. Ces ajustements, simples et accessibles, font souvent une différence immédiate.
Des situations fréquentes, des occasions d’adaptation
Certaines situations peuvent revenir régulièrement :
Dans la salle d’attente, une annonce verbale peut passer inaperçue. En consultation médicale ou dentaire, un masque opaque, un écran ou des instruments en marche peuvent compliquer l’échange.
À la pharmacie, le bruit ambiant ou les parois de protection peuvent modifier la qualité sonore de la parole.
Ces réalités font partie du quotidien des soins. Ce sont des contextes dans lesquels de petits ajustements peuvent améliorer la compréhension et l’écoute, sans alourdir la pratique professionnelle.
Valider la compréhension, sans malaise
Vérifier que l’information a été comprise fait aussi partie du soin. Plutôt que de demander directement si tout est clair, inviter la personne à reformuler, à répéter une étape ou à confirmer une information permet de valider la compréhension de façon naturelle. Cette approche soutient l’autonomie du patient et sécurise l’échange.
Les patients, partenaires de la communication
Savoir que ces adaptations sont possibles et bien accueillies change la dynamique avec les patients. Mentionner une difficulté à entendre ou comprendre, demander que l’on parle face à soi ou que l’information soit notée fait partie d’une participation active aux soins. Lorsque ces échanges sont facilités, la relation devient plus collaborative.
Quand la communication fait pleinement partie du soin
Une communication adaptée améliore la qualité, la sécurité et l’humanité des soins. Elle permet aux professionnels et aux patients d’avancer ensemble, avec plus de clarté et de confiance. La communication ne précède plus le soin : elle en fait pleinement partie.
Patrick Giroux
Éducateur spécialisé exerçant à Lévis
Quelques conseils pour faciliter la communication
Se placer face à la personne avant de parler.
Parler à un rythme posé, sans hausser la voix.
Reformuler l’information si elle n’est pas comprise.
Réduire le bruit ambiant lorsque c’est possible.
Appuyer les informations importantes par écrit.
Valider la compréhension par une reformulation ou une question.
CHRONIQUE DE MARIE-JOSÉE TAILLEFER
APPRENDRE À ÉCOUTER AUTREMENT
L’écoute a toujours occupé une place centrale dans mon parcours, porté par la communication et la proximité avec le public. Pourtant, ce n’est qu’avec le temps que l’audition s’est imposée pour moi comme un enjeu concret, porteur de sens et de responsabilité. Cette prise de conscience ne s’est pas faite dans l’urgence, mais plutôt à travers une succession d’apprentissages, d’ajustements et de rencontres, souvent discrètes, mais profondément marquantes.
L’audition accompagne nos journées de façon si naturelle qu’on en oublie parfois à quel point elle est essentielle. Je la vois aujourd’hui comme l’un de ces sens que l’on utilise chaque jour sans toujours en mesurer l’importance, tant elle soutient nos échanges, nos émotions et notre présence aux autres. Elle est là, constante, fiable, jusqu’au moment où un changement, même subtil, vient rappeler sa fragilité.
Je le constate dans la vie professionnelle, comme dans la vie personnelle : l’audition soutient les conversations, nourrit les relations et rend possibles des moments de partage que l’on tient souvent pour acquis. C’est précisément parce qu’elle est omniprésente qu’elle passe parfois sous le radar.
On ne s’y attarde pas, jusqu’à ce qu’elle nous oblige à ralentir, à observer, à écouter autrement.
Ouvrir la conversation
Parler publiquement de santé auditive s’est inscrit pour moi dans une continuité naturelle.
Non pas pour livrer un message prescriptif, mais pour ouvrir un espace de dialogue, où chacun peut reconnaître sa propre réalité. Au fil des échanges, une évidence s’est imposée : dès que l’on parle de l’audition, les conversations s’élargissent, et les gens partagent ce qu’ils vivent, souvent sans l’avoir prévu.
Des parents, des proches, des travailleurs, des aînés me partagent leurs questions, leurs hésitations, parfois leurs craintes, mais aussi leurs découvertes et leurs soulagements. Ces conversations m’ont confirmé à quel point l’audition demeure un sens discret, souvent entouré de non-dits. Et c’est précisément cette discrétion qui rend la sensibilisation si nécessaire.
Mon rôle d’ambassadrice, je le vis avec humilité, dans le respect de l’expertise des professionnels de la santé. Il repose avant tout sur l’écoute, la transmission et la normalisation des conversations. Il ne s’agit pas de convaincre, mais de rendre légitime le fait d’en parler, de se poser des questions, de s’informer.
Un moment pour se reconnecter
Mai, le Mois de la parole et de l’audition, offre un contexte particulièrement parlant pour porter ce message. Cette période de l’année marque un retour vers l’extérieur, vers les projets, vers les autres. La lumière change, la nature s’éveille, et les sons reprennent leur place : les discussions sur les terrasses, les rires partagés, les bruits familiers qui annoncent la belle saison.
Chaque année, je ressens à quel point ce moment agit comme un rappel collectif. Tout concourt à nous faire réaliser combien l’audition participe à notre façon d’habiter le monde. Et à y rester pleinement. Dans ce mouvement de renouveau, la prévention trouve naturellement sa place, sans avoir besoin d’être imposée.
Prendre soin de son audition, c’est une façon de rester présent, de continuer à participer pleinement à la vie sociale, culturelle et familiale.
La prévention devient alors un geste de continuité, un choix tourné vers l’avenir, qui s’inscrit dans le rythme naturel de la vie.
La santé auditive, une responsabilité partagée
C’est dans cette perspective que l’engagement de Lobe et du congrès Première ligne en santé (PLS) prend tout son sens. La santé auditive ne peut être dissociée de la santé globale. Elle influence la communication, l’équilibre, la cognition, la sécurité et la qualité de vie, à tous les âges de la vie.
Je crois profondément que renforcer les réflexes en première ligne permet d’agir plus tôt et plus humainement. Une question posée au bon moment, une attention portée à certains signes, une orientation simple vers les bonnes ressources peuvent, bien souvent, amorcer des démarches déterminantes. Lorsque l’audition devient un réflexe partagé, elle s’intègre naturellement au parcours de soins et à la prévention globale.
Rester
en lien,
ensemble
Ce qui ressort de ces années d’engagement, c’est le caractère profondément collectif de la santé auditive. Rarement une démarche se fait seule. Elle commence souvent par une parole échangée, un commentaire bienveillant, une invitation à vérifier, à s’informer. L’écoute circule, se construit et se renforce dans les deux sens, entre les individus et leur environnement.
Cette dimension collective est pour moi une source de fierté et d’élan. Voir les conversations s’ouvrir, constater que la prévention peut se faire sans peur ni culpabilité, et sentir que la santé auditive gagne sa place dans le discours public témoignent d’un mouvement positif et rassembleur.
Marie-Josée Taillefer
Ambassadrice des cliniques Lobe et de la santé auditive
En ce mois de mai, Mois de la parole et de l’audition, une invitation s’impose avec simplicité :
Prendre soin de son audition, c’est choisir de rester en lien avec ce qui nous entoure, et avec ceux qui nous entourent. C’est préserver la capacité d’écouter, de comprendre et de partager, aujourd’hui comme demain. Ensemble.
PREMIÈRE LIGNE EN SANTÉ
Rassembler pour transformer les soins de proximité
C’est à partir de ce constat qu’est né Première Ligne en Santé (PLS), événement conçu pour répondre à un besoin très concret : celui de décloisonner les pratiques et de rassembler, dans un même espace, les acteurs qui façonnent la première ligne au quotidien. Les professionnels de la santé, de la réadaptation, du social et les décideurs partagent une réalité commune, mais évoluent encore trop fréquemment en silos.
PLS s’est ainsi imposé comme une plateforme rassembleuse, capable de refléter l’ampleur réelle de la première ligne et la diversité de ses expertises.
La première ligne en santé constitue la porte d’entrée du système de soins. C’est là que tout commence : au domicile, dans la communauté, en clinique, en pharmacie, dans les services de proximité et jusqu’à l’urgence. Elle désigne le premier niveau de contact entre la population et le système de santé. Pourtant, malgré ce rôle fondamental, la première ligne demeure trop souvent mal comprise, fragmentée et abordée sous un angle essentiellement médical.
Changer le regard sur les soins de proximité
Au fil des années, PLS est devenu un rendez-vous structurant pour celles et ceux qui souhaitent faire évoluer les soins de proximité. Dans un contexte où les soins de première ligne sont souvent associés à des enjeux négatifs, tels que la surcharge des urgences, les difficultés d’accès et la pression sur les ressources, l’événement propose un regard différent.
Il met en lumière un réseau agile, innovant et profondément engagé dans la transformation des pratiques médicales, porté par des professionnels qui cherchent avant tout des solutions concrètes, applicables sur le terrain.
La prévention au cœur de la première ligne
Cette vision globale de la porte d’entrée du système de santé accorde une place centrale à la prévention. Prévenir, c’est intervenir tôt, près du patient, avant que les problématiques ne s’aggravent. C’est aussi reconnaître l’importance des dimensions de la santé encore trop souvent absentes des réflexes de première ligne, comme la santé auditive.
L’audition, un pilier de la santé globale
L’audition joue un rôle clé dans la communication, la cognition, la santé mentale et la participation sociale. Les impacts d’une perte auditive non corrigée dépassent largement le cadre sensoriel. Ils influencent directement la qualité de vie, l’autonomie et le lien avec les autres. Intégrer pleinement la santé auditive aux soins de première ligne, c’est reconnaître qu’elle relève d’abord de la proximité et de la prévention. Agir rapidement, dans et pour la communauté, permet d’éviter des conséquences irréversibles et de soutenir l’autonomie à long terme.
Dans cette perspective, c’est une fierté pour PLS de pouvoir compter cette année sur Lobe comme partenaire de l’événement. Un partenariat qui s’inscrit naturellement dans cette volonté de reconnaître la santé auditive comme un pilier à part entière des soins de proximité, au même titre que les autres dimensions essentielles de la prévention.
PLS met de l’avant cette approche collaborative. En réunissant des expertises issues du terrain, de la gestion, de la recherche et de l’innovation, l’événement favorise le partage de solutions concrètes et l’adoption de nouvelles pratiques. L’objectif est clair : permettre aux participants d’arriver comme acteurs de changement et de repartir comme créateurs de projets, de trajectoires et de valeur pour le réseau.
Aux professionnels et organisations qui hésitent encore à s’engager, le message est simple : prendre le temps de s’arrêter, d’échanger et de regarder ce qui se fait ailleurs est essentiel pour mieux avancer. Les transformations durables naissent de la rencontre des expertises et de la volonté de travailler ensemble. Les soins de santé se construisent collectivement et c’est dans cet esprit que Première Ligne en Santé continue d’évoluer.
Isabelle Girard PDG de Première ligne en santé
ALLER AU-DELÀ
DES MURS DE LA
CLINIQUE
Quand la santé auditive rayonne pour sensibiliser toute la population
Pour les professionnels affiliés aux cliniques Lobe, la santé auditive ne se limite pas aux murs de la clinique. Cette vision guide depuis longtemps notre façon d’intervenir auprès des organisations, des milieux de travail et des partenaires. Les éducatrices et éducateurs spécialisés offrent aux gens de leur communauté des services de sensibilisation, de prévention et de dépistage auditif directement dans leur environnement.
Résidences, pharmacies ou organismes communautaires peuvent ainsi intégrer des activités adaptées à leur réalité, sans que les participants aient à se déplacer en clinique. Aller vers ces organisations, c’est reconnaître que la prévention et la sensibilisation gagnent en efficacité lorsqu’elles sont accessibles, concrètes et adaptées à la réalité de chacun. C’est aussi une manière de rendre la santé auditive moins intimidante, plus humaine et plus facile à aborder.
Des services pensés pour les réalités du terrain
Les activités offertes répondent à des besoins très variés. Certaines organisations souhaitent amorcer une démarche de sensibilisation de leur personnel ou de leur clientèle. D’autres cherchent à outiller leurs équipes, à soutenir leurs milieux de vie ou à intégrer la santé auditive dans une approche plus préventive, adaptée à leur réalité.
Concrètement, les éducatrices et éducateurs spécialisés peuvent proposer des conférences adaptées au public visé, des journées de santé auditive avec kiosque d’information et dépistage auditif, ainsi que des formations pour le personnel en résidence ou en milieu de soins. Des collaborations ponctuelles avec des partenaires peuvent aussi être mises en place, notamment lors d’événements.
Chaque intervention est modulée selon le milieu, le public et la configuration sur place. L’objectif n’est jamais d’imposer un format, mais de construire une activité pertinente pour l’organisation.
Un accompagnement clé en main
Les services offerts s’adressent à des milieux très différents, mais qui partagent un même objectif : placer la santé auditive au cœur de leurs priorités. Les résidences pour aînés, les organismes communautaires et les pharmacies figurent parmi les organisations qui peuvent bénéficier de ce type d’accompagnement.
Dans chacun de ces contextes, la démarche repose sur une collaboration étroite avec le milieu. Les éducatrices et éducateurs spécialisés travaillent avec les responsables sur place afin de proposer des activités réalistes, adaptées et cohérentes avec la réalité du terrain.
L’objectif demeure le même : offrir des interventions accessibles et pertinentes, qui s’intègrent naturellement aux activités existantes et qui facilitent l’accès à la prévention et à la sensibilisation en santé auditive.
Par où commencer la discussion ?
Lorsqu’une organisation communique avec une éducatrice ou un éducateur spécialisé exerçant à une clinique Lobe, il n’est pas nécessaire d’avoir toutes les réponses. La réflexion s’amorce à partir de quelques questions simples :
Quel public souhaite-t-on rejoindre ?
S’agit-il d’une activité de sensibilisation, de prévention ou pour offrir des dépistages auditifs ?
Dispose-t-on d’un espace et d’un moment précis ?
Souhaite-t-on une activité unique ou un accompagnement récurrent ?
Ces repères facilitent l’échange et permettent d’orienter le type d’activité.
Oser le premier appel
Chaque milieu est différent, et chaque demande commence par une conversation. Nous contacter, c’est ouvrir un dialogue, sans pression ni obligation. Osez nous appeler : on vous écoutera et on vous offrira une journée en santé auditive pensée selon la réalité de votre organisation.
Annick Rousseau
Éducatrice spécialisée exerçant à Boisbriand
ET SI LA SANTÉ AUDITIVE
UN RÉFLEXE SYSTÉMATIQUE EN PREMIÈRE LIGNE ?
Lorsqu’un patient mentionne à son médecin qu’il comprend moins bien dans le bruit ou que son entourage trouve la télévision trop forte, cette information mérite plus qu’une note au dossier.
L’audition permet la communication, la compréhension des consignes cliniques et la qualité des échanges. Lorsqu’elle n’est pas corrigée, certains comportements peuvent être interprétés à tort, ce qui peut complexifier inutilement la trajectoire clinique. L’intégrer d’emblée en première ligne permet donc de clarifier la situation plus rapidement et d’éviter que des étapes supplémentaires ne soient entreprises sans avoir d’abord confirmé la dimension auditive.
Au sein d’un réseau de cliniques multidisciplinaires consacré à la santé auditive, les audiologistes agissent comme une porte d’entrée accessible en santé auditive. Il n’est pas nécessaire d’avoir une référence médicale pour consulter un audiologiste. Une personne peut prendre rendez-vous directement et obtenir une évaluation complète de l’audition. Cette accessibilité permet de clarifier rapidement la situation, d’orienter vers les bons professionnels de la santé et d’éviter que le patient multiplie les consultations sans que la dimension auditive ait d’abord été validée.
Simplifier le parcours, dès le premier doute
Dans un contexte où les consultations sont souvent brèves et où plusieurs priorités cliniques doivent être abordées simultanément, il est possible pour les professionnels de première ligne d’intégrer quelques réflexes simples. Poser une question ciblée sur l’audition, être attentif aux demandes répétées de clarification ou valider un changement rapporté par l’entourage peut faire une réelle différence. Une orientation précoce vers une évaluation en audiologie permet souvent d’écarter une cause auditive et d’éviter des interprétations incomplètes de certains comportements.
En effet, une perte auditive non corrigée peut influencer l’évaluation d’autres sphères du bilan de santé, notamment lorsqu’un patient semble moins participer ou répondre de façon partielle. Confirmer d’abord la qualité de l’audition contribue à assurer des décisions cliniques plus justes. Dans certains cas plus rares, comme une perte soudaine de l’audition, une orientation rapide peut s’avérer déterminante. Évaluer l’audition promptement avec un audiologiste permet d’agir dans des délais plus favorables si une intervention médicale est requise.
Dans le cas d’une perte soudaine de l’audition, composez le 1 866 411-5623 et mentionnez que vous croyez vivre une perte d’audition soudaine pour avoir un rendez-vous en audiologie rapidement dans une clinique près de chez vous.
Prévenir, c’est simplifier
Faire de la santé auditive un réflexe systématique, c’est renforcer la prévention comme pilier de la santé globale. Une prise en charge plus précoce peut soutenir la participation sociale, préserver la qualité de vie et favoriser un maintien à domicile harmonieux.
Pour les patients, il est possible de prendre rendez-vous en clinique pour une évaluation de l’audition dès qu’un doute persiste, sans attendre qu’un professionnel en fasse la recommandation. Pour les professionnels de la santé, intégrer l’audition dans l’anamnèse (collecte d’informations cliniques) peut contribuer à fluidifier l’ensemble du parcours de soins.
Prévenir, c’est simplifier. Lorsque l’audition est considérée à toutes les étapes du parcours de soins de santé, les étapes deviennent plus cohérentes, plus rapides et plus humaines.
Martin Fortin Audiologiste exerçant à Québec
TROUBLES
VESTIBULAIRES
Quand l’équilibre et l’audition partagent la même oreille
L’oreille interne :
un carrefour sensoriel
On parle souvent d’audition et d’équilibre comme de deux réalités distinctes. Pourtant, elles cohabitent dans une même structure : l’oreille interne. D’un côté, la cochlée permet d’entendre. De l’autre, le système vestibulaire informe le cerveau sur la position et les mouvements de la tête.
Lorsque des étourdissements ou des vertiges apparaissent, peu de gens font spontanément le lien avec l’oreille. Pourtant, certains troubles vestibulaires, comme le vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB), surviennent lorsqu’un petit cristal se déplace dans les canaux de l’oreille interne, provoquant une sensation brève, mais intense de rotation. À l’inverse, d’autres conditions, comme la labyrinthite, peuvent s’accompagner d’une baisse d’audition ou de présence d’acouphènes, précisant ainsi le diagnostic différentiel.
Comprendre cette proximité anatomique aide à démystifier les symptômes : étourdissement, perte d’équilibre et d’audition ne sont pas des enjeux « à part », mais souvent des signaux de systèmes adjacents.
Trois systèmes pour tenir debout
Pour rester stable dans un monde en trois dimensions, le cerveau s’appuie sur trois sources d’information : le système vestibulaire, la vision et la proprioception, c’est-à-dire les signaux provenant notamment du cou qui permettent de savoir où sont le cou et la tête dans l’espace. Lorsque ces systèmes envoient des messages cohérents, l’équilibre est fluide et automatique.
Si l’un d’eux fonctionne moins bien, les deux autres tentent de compenser. Cette compensation demande un effort accru au cerveau, ce qui peut expliquer la fatigue, l’anxiété ou l’évitement des mouvements observés chez certaines personnes. Bouger devient alors inconfortable, mais l’immobilité prolonge souvent le problème.
La rééducation vestibulaire : réentraîner le cerveau
La physiothérapie vestibulaire vise à rétablir l’équilibre des signaux. Dans le cas d’un VPPB, des manœuvres de repositionnement peuvent corriger rapidement la situation. Pour d’autres formes d’étourdissement, un travail d’habituation graduelle permet au cerveau de recalibrer ses réponses en s’exposant progressivement aux mouvements qui provoquent les symptômes.
Ce processus peut prendre plusieurs semaines, parfois davantage, mais il repose sur un principe simple : avec du temps raisonnable, le corps s’adapte lorsqu’on lui en donne l’occasion.
Quand orienter vers une évaluation auditive ou vers le médecin ORL ?
Certains signes méritent une attention rapide. Une baisse soudaine de l’audition n’est jamais normale et devrait mener sans délai à une évaluation complète de l’audition réalisée par un audiologiste. De même, des symptômes fluctuants associés à une sensation d’oreille pleine peuvent évoquer d’autres diagnostics nécessitant une collaboration interdisciplinaire.
Dans un parcours de soins optimal, la physiothérapie agit souvent en première ligne pour le triage des étourdissements, tandis que les audiologistes et les médecins ORL interviennent lorsque des signes auditifs ou médicaux spécifiques l’exigent.
C’est dans cette complémentarité que l’on optimise la prise en charge, en reconnaissant que l’équilibre et l’audition sont deux facettes d’une même réalité : la santé de l’oreille interne.
En collaboration avec Samuel Trottier-Lapointe Président de l’Association québécoise de la physiothérapie
LE PHARMACIEN
Un pivot au cœur des soins de proximité
Dans le réseau de la santé, le pharmacien constitue souvent le premier point de contact. Par sa présence dans toutes les communautés du Québec, par ses heures d’ouverture étendues et par la proximité qu’il entretient avec la population, il représente une porte d’entrée concrète vers le système de santé.
Ce rôle s’exerce tout au long du parcours de soins. Lors d’un retour d’hospitalisation, d’un ajustement de médication ou du suivi d’une maladie chronique, la pharmacie demeure un repère stable. Cette continuité permet d’observer des changements subtils dans l’état de santé d’une personne et d’intervenir avant qu’une situation ne se complexifie.
Une vigilance structurée, au quotidien
En tant que professionnel de la santé souvent consulté en premier, il faut savoir reconnaître les signes qui nécessitent une orientation. La formation du pharmacien inclut l’identification des « drapeaux rouges », ces critères objectifs qui justifient une référence médicale rapide.
Cette vigilance contribue directement à la sécurité du parcours de soins. Par exemple, lors d’une transition entre deux établissements, le pharmacien peut détecter l’omission d’un médicament essentiel et prévenir ainsi des complications. Ce suivi soutenu renforce la cohérence et la fluidité du système.
L’audition : un exemple révélateur
Les situations liées à l’oreille illustrent bien ce rôle pivot. Une perte auditive subite exige une orientation urgente, car une intervention rapide peut faire une réelle différence. À l’inverse, une perte graduelle est souvent banalisée ou retardée, bien qu’elle puisse influencer la communication, l’équilibre ou la qualité de vie.
Dans ces contextes, une orientation vers une évaluation complète de l’audition réalisée par un audiologiste peut constituer une première démarche pertinente. Lorsque cette consultation n’est pas accessible dans un délai compatible avec la situation, un passage à l’urgence demeure indiqué afin d’assurer une prise en charge rapide. La recommandation d’un professionnel de la santé joue ici un rôle déterminant dans la prise en charge.
La complémentarité au service du patient
La force des soins de proximité repose sur la complémentarité. Aucun professionnel n’agit de façon isolée. Connaître les champs d’expertise des autres intervenants permet d’éviter des détours inutiles, de réduire les délais et de diriger chaque personne vers la bonne ressource, au bon moment.
Lorsque la collaboration est fluide, le système devient plus accessible et plus humain. Le pharmacien, au même titre que les autres professionnels de première ligne, contribue à cet écosystème coordonné où chacun soutient l’autre au bénéfice du patient.
C’est dans cette synergie que le modèle de soins révèle toute sa valeur.
Déclaration : L’auteur déclare ne recevoir aucune rémunération pour cette contribution et n’avoir aucun conflit d’intérêts à déclarer.
Stéphane Villeneuve Pharmacien-propriétaire, Pharm.D., MBA
IMPACTS DE LA PERTE AUDITIVE NON CORRIGÉE Élargir le regard clinique
Dans le réseau de la santé, la perte auditive non corrigée est fréquemment résumée à une difficulté d’entendre et de comprendre la parole. Cette lecture demeure incomplète. La diminution de l’audition ne se limite pas à un inconfort communicationnel ; elle peut influencer plusieurs sphères de la santé et modifier subtilement le fonctionnement global d’une personne malentendante.
Certains patients ne formulent pas de plainte auditive claire. Ils participent moins aux échanges, se retirent des discussions de groupe ou offrent des réponses brèves et peu nuancées à des questions ouvertes. Ces manifestations peuvent être perçues comme un manque d’intérêt, une forme d’« écoute sélective » ou un trait de personnalité. Pourtant, elles traduisent parfois une stratégie d’évitement visant à masquer une compréhension partielle du message.
Santé mentale et isolement : un cercle progressif
Les impacts psychologiques constituent souvent les premiers indices. Les difficultés répétitives en communication peuvent engendrer un sentiment d’incompétence ou de rejet, qui favorisent graduellement l’isolement. Ce retrait social peut fragiliser l’équilibre émotionnel et, chez certaines personnes, contribuer à l’apparition de symptômes anxieux ou dépressifs.
Cette dynamique s’installe parfois sur plusieurs années, sans que l’audition soit envisagée comme facteur contributif. Or, l’isolement et les symptômes anxieux ou dépressifs peuvent coexister avec une perte auditive non corrigée, créant un terrain propice à une détérioration globale de la qualité de vie.
Cognition, équilibre et sécurité : des liens à considérer
La perte auditive peut également être associée à des enjeux cognitifs. La privation sensorielle, soit la diminution de la stimulation auditive au cerveau, peut contribuer à fragiliser certaines fonctions cognitives avec le temps. Devant des signes de lenteur, de confusion ou de déclin apparent, l’audition mérite d’être intégrée à la réflexion clinique.
Sur le plan moteur, l’équilibre repose sur l’interaction entre la vision, le système vestibulaire de l’oreille interne et la proprioception (soit la capacité du corps à percevoir la position et les mouvements de ses membres dans l’espace). Une atteinte auditive ou vestibulaire peut perturber cet équilibre et augmenter le risque de chutes ou de vertiges. Dans ces contextes, une collaboration accrue entre professionnels de la santé, notamment en physiothérapie, en médecine et en santé psychosociale, pourrait favoriser une prise en charge plus cohérente.
Développer un réflexe élargi
Il ne s’agit pas de surinterpréter chaque difficulté comme une perte auditive, mais de reconnaître que ses impacts dépassent largement la simple capacité d’entendre. L’audition influence la communication, la cognition, l’équilibre et, ultimement, la qualité de vie. Elle agit en interaction constante avec les autres systèmes du corps.
Dans une perspective de prévention, prendre soin de sa santé auditive pourrait s’inscrire au même titre que les autres habitudes de santé déjà intégrées dans les pratiques courantes.
À 55 ou 60 ans, la majorité des personnes ont déjà consulté un optométriste à plusieurs reprises, effectué des bilans sanguins ou surveillé leur tension artérielle. Pourtant, plusieurs n’ont jamais réalisé d’évaluation auditive, même en présence de signes subtils d’une possible perte auditive.
Intégrer l’audition à la réflexion globale en santé ne signifie pas médicaliser chaque situation, mais plutôt reconnaître qu’un sens aussi fondamental que la vue mérite une attention comparable. Lorsque l’audition est considérée comme une composante essentielle de la santé globale, elle cesse d’être perçue comme accessoire et devient un élément central du maintien de l’autonomie, de la sécurité et du bien-être.
Laurie Cormier Audiologiste exerçant à Québec
RECONNAÎTRE
LES SIGNES DE
PERTE AUDITIVE chez les personnes de 5 ans à 25 ans
L’audition joue un rôle fondamental dans le développement, la communication et les apprentissages, bien au-delà des premières années de vie. Bien qu’une perte auditive puisse être présente dès la naissance, les signes deviennent souvent plus perceptibles au début de l’âge scolaire, vers cinq ans, lorsque les exigences liées au langage, à l’attention et aux apprentissages augmentent.
Chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes, une perte auditive peut ainsi être présente, même si elle est parfois moins soupçonnée. Elle peut alors s’installer discrètement et influencer le quotidien sans être immédiatement identifiée.
5 à 8 ans
Des indices dans le quotidien scolaire
À l’âge scolaire, les difficultés apparaissent souvent dans le bruit, notamment en classe ou lors d’activités de groupe. Un enfant qui fait répéter fréquemment, qui augmente le volume des appareils électroniques ou qui semble distrait, peut en réalité avoir de la difficulté à bien percevoir certains sons de la parole.
La compréhension partielle des consignes, les confusions entre des sons semblables ou un retard dans certaines acquisitions langagières peuvent aussi constituer des signaux à considérer. Dans certains cas, des réactions de frustration ou un repli social peuvent être observés, alors que l’enfant tente de composer avec une information auditive incomplète. L’audition devrait alors faire partie des éléments évalués, au même titre que la vue et d’autres facteurs scolaires ou comportementaux.
9 à 12 ans
Quand les exigences augmentent
En grandissant, plusieurs jeunes développent des stratégies de compensation efficaces, comme s’appuyer sur le contexte ou observer attentivement leur interlocuteur. Toutefois, à mesure que les apprentissages se complexifient, ces stratégies peuvent devenir plus exigeantes sur le plan cognitif et entraîner une fatigue accrue en fin de journée.
Des difficultés présentes dans plusieurs matières, une baisse d’engagement ou une estime de soi fragilisée peuvent parfois être liées à un effort d’écoute constant. Les jeunes de cet âge sont souvent plus en mesure d’exprimer qu’ils entendent moins bien dans certaines situations, surtout dans les environnements bruyants.
Adolescents et jeunes adultes
Autonomie et transitions
L’entrée au secondaire, puis aux études postsecondaires ou au travail s’accompagne d’environnements sonores variés et d’exigences communicationnelles accrues. Une perte auditive peut alors influencer la participation en classe, la compréhension des échanges rapides ou les interactions sociales, particulièrement si le jeune hésite à mentionner ses difficultés.
Une exposition régulière à des niveaux sonores élevés, notamment par l’utilisation d’écouteurs, peut aussi contribuer à fragiliser l’audition à long terme. Plusieurs jeunes consultent tardivement, souvent parce qu’ils ont appris à s’adapter ou qu’ils perçoivent leurs difficultés auditives comme normales.
Lorsque des signes persistent, même s’ils semblent subtils, une évaluation complète de l’audition réalisée par un audiologiste permet d’obtenir un portrait clair de la situation. Mieux comprendre l’audition d’un jeune, c’est lui offrir des repères concrets pour soutenir son développement, sa réussite et sa participation sociale.
Les audiologistes réalisent des évaluations complètes de l'audition dès l’âge de cinq ans, et certains disposent également de l’expertise nécessaire pour évaluer les enfants de moins de cinq ans.
Pénélope Lachaine Audiologiste exerçant à Gatineau
COMPRENDRE L’AUDIOGRAMME
Un outil pour mieux échanger avec son audiologiste et son audioprothésiste
Chaque oreille possède son propre audiogramme. Il représente un portrait clair de l’état de l’audition pour chaque oreille évaluée. Il sert à soutenir les échanges, à poser des questions éclairées, à distinguer les causes possibles de la perte auditive et à mieux comprendre les recommandations proposées à la suite d’une évaluation auditive complète.
L’audiogramme est un outil essentiel pour l’audioprothésiste afin de programmer les appareils auditifs, permettant ainsi à l’audition de s’ajuster à certaines fréquences qui étaient auparavant inaudibles.
Comprendre sa santé auditive
Concrètement, l’audiogramme est un graphique utilisé lors d’une évaluation complète de l’audition réalisée par un audiologiste, et permet de représenter la façon dont l’oreille perçoit les sons, ce qui aide à mieux comprendre l’état de l’audition.
Il ne s’agit pas d’un résultat en pourcentage, mais d’un portrait précis de l’audition, qui permet de voir quels sons sont entendus, à quelle intensité, et dans quelles zones fréquentielles une difficulté auditive est détectée. Bien compris, l’audiogramme aide à mieux interpréter l’ensemble des résultats obtenus lors de l’évaluation complète et à participer activement aux échanges avec l’audiologiste.
L’intensité : à partir de quel volume sonore un son est perçu
L’axe vertical indique le niveau sonore, mesuré en décibels. Plus nous sommes en haut du graphique, plus les sons sont faibles. Plus on descend, plus ils sont forts.
Lors de l’évaluation auditive complète, l’audiologiste cherche le son le plus faible que le patient est capable d’entendre, pour chaque fréquence. Ce seuil d’audition est noté par un point, puis l’ensemble des points est relié pour former une courbe.
Les fréquences : quelles
tonalités sont évaluées
Sur l’audiogramme, l’axe horizontal représente les fréquences (tonalités), exprimées en hertz. Elles correspondent aux différents types de sons, des plus graves en débutant à gauche du graphique aux plus aigus vers la droite.
Les sons graves incluent certains bruits sourds et plusieurs voyelles. Les sons aigus, quant à eux, regroupent de nombreuses consonnes importantes pour la compréhension de la parole, comme s, f ou ch.
Le spectre de la parole : faire le lien avec le quotidien
Le spectre de la parole, parfois appelé la « banane de la parole », montre où se situent les sons de la parole sur l’audiogramme.
Lorsque la ligne d’audition se trouve au-dessus de cette zone, la majorité des sons de la parole sont perceptibles. Lorsqu’elle la traverse ou passe en dessous, certains sons peuvent devenir plus difficiles, voire impossibles à percevoir, même si la voix semble encore audible.
Explications d’un audiogramme
Acuité normale (jusqu’à 15 dB
Perte auditive très légère à légère (16-40 dB HL)
Perte auditive modérée (40-55 dB HL)
Perte auditive modérément sévère (55-70 dB HL)
Perte auditive sévère (70-90 dB HL)
Perte auditive profonde (90 dB HL et plus)
Ce que montre réellement la courbe de l’audiogramme
La position de cette courbe permet de situer l’audition dans différentes zones de degré d’atteinte auditive reconnues cliniquement, allant de l’acuité normale (si la ligne est en haut du graphique) à des pertes auditives de degrés variables.
Il est important de préciser que ces résultats ne sont jamais exprimés en pourcentage. L’audiogramme ne mesure pas « combien » on entend, mais à partir de quelle intensité chaque son devient audible.
En cas de doute sur votre audition, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un audiologiste pour une évaluation complète de votre audition.
Lauriane Bertrand Audiologiste exerçant à Québec
AURACAST M D
Quand la diffusion audio permet
l’accessibilité sonore
Auracast est une technologie de diffusion audio basée sur le Bluetooth Basse Consommation. Contrairement au Bluetooth classique, conçu pour établir une connexion individuelle entre deux appareils, Auracast permet de diffuser un même flux sonore à plusieurs personnes simultanément. Au lieu de relier deux appareils entre eux, il permet de diffuser un son que plusieurs personnes peuvent capter simultanément.
Dans un lieu équipé d’un émetteur Auracast, une source audio, comme une télévision, un système de sonorisation ou un micro, peut diffuser le son en continu à travers l’émetteur vers les appareils compatibles. Les personnes à proximité peuvent alors accéder sans configuration complexe à cette diffusion directement dans leurs appareils auditifs compatibles ou via un téléphone intelligent. Cette approche redéfinit la manière dont le son est accessible dans les espaces publics.
Une expérience pensée pour les usages collectifs
Sur le plan pratique, l’expérience se veut simple et directe. Lorsqu’une diffusion est disponible, il devient possible de la sélectionner à partir d’un téléphone ou directement via des appareils auditifs compatibles. Dans un espace où plusieurs sources coexistent, comme des écrans ou des annonces distinctes, chacun peut choisir le flux qu’il souhaite entendre dans ses appareils auditifs. Cette logique permet d’éviter plusieurs limites bien connues des systèmes actuels. Il n’est plus nécessaire de procéder à des connexions individuelles pour chaque utilisateur ni d’ajouter des accessoires spécifiques. Le son est transmis de manière stable, avec peu de délais, ce qui améliore la compréhension dans des contextes où l’écoute est souvent exigeante.
Des bénéfices particulièrement marqués pour l’audition
Auracast a été conçu d’abord pour des lieux comme les aéroports, les salles de spectacle, les centres de congrès ou les lieux culturels. Dans ces environnements, le bruit ambiant, la distance ou l’acoustique peuvent compliquer l’accès à l’information sonore pour tout le monde.
Pour les personnes malentendantes, l’apport est toutefois déterminant. Les annonces, conférences ou contenus diffusés peuvent être transmis directement dans les appareils auditifs, ce qui facilite la compréhension et réduit l’effort d’écoute. Dans des contextes comme les aéroports ou les salles d’attente achalandées, où l’information sonore est souvent dense et rapide, cette approche peut faire une différence concrète dans l’autonomie et le confort.
Une
avancée prometteuse,
encore en déploiement
Si la technologie est déjà intégrée à plusieurs appareils électroniques, son implantation dans les lieux publics demeure limitée. À l’heure actuelle, peu d’espaces sont réellement équipés, et les initiatives se concentrent surtout sur des projets pilotes ou des installations ciblées. Cette réalité invite à une lecture nuancée : Auracast représente un potentiel important, mais son accessibilité dépend encore largement de l’infrastructure en place.
Pensée comme une évolution des systèmes d’écoute assistée existants, la technologie vise une diffusion plus universelle, adaptable à différents contextes et à une grande variété d’utilisateurs. À mesure que son déploiement progressera, Auracast pourrait transformer progressivement notre rapport au son dans les lieux publics ; une transformation discrète, mais significative, que l’on commencera possiblement à voir apparaître prochainement.
Charles Halluin
Audioprothésiste
exerçant en Outaouais
Une évaluation par un audioprothésiste est requise afin de déterminer si la prothèse auditive convient aux besoins du patient.
APPAREILS AUDITIFS : bien plus qu’une aide à l’audition
L’audition, au cœur des relations humaines
L’audition ne se limite pas à la perception des sons. Elle soutient la communication, permet de partager des émotions et participe, souvent sans qu’on s’en rende compte, à la qualité des relations avec les proches. Au quotidien, elle contribue à ce sentiment de proximité qui rend les échanges naturels et spontanés.
Lorsque l’audition diminue, cette présence aux autres peut devenir plus fragile. Les conversations demandent davantage d’attention, certains mots sont confondus ou mal compris, et les moments partagés peuvent perdre de leur fluidité, sans que cela soit tou jours clairement identifié.
Quand écouter devient plus exigeant
Comprendre la parole dans un environnement bruyant ou lors de discussions à plusieurs peut devenir plus exigeant. Il faut parfois se concentrer intensément, demander de répéter ou tenter de deviner ce qui a été moins bien perçu.
À long terme, cet effort constant peut entraîner une fatigue communicationnelle, qui influence peu à peu le plaisir d’échanger et rend certaines interactions plus lourdes, tant pour la personne concernée que pour son entourage.
Le risque d’un retrait progressif
Dans ce contexte, certaines personnes choisissent de ne pas participer à certaines réunions sociales. Les rassemblements familiaux, les sorties entre amis ou les conversations animées peuvent demander trop d’énergie.
Ce retrait n’est généralement pas un choix volontaire, mais plutôt une façon de préserver son confort. Il peut toutefois s’installer progressivement et affecter le sentiment de connexion aux autres, ainsi que le bien-être émotionnel.
Les appareils auditifs comme soutien à la communication
Les appareils auditifs peuvent alors jouer un rôle clé pour rétablir un équilibre dans les échanges. En amplifiant et en clarifiant les sons, ils facilitent la compréhension de la parole et réduisent l’effort nécessaire pour suivre une conversation. Les technologies actuelles permettent des ajustements personnalisés, favorisant une écoute plus naturelle dans différentes situations du quotidien.
Les appareils auditifs offrent aussi des fonctionnalités de connectivité qui soutiennent encore davantage la communication. Grâce au Bluetooth, ils peuvent se connecter à un téléphone intelligent, une tablette ou un téléviseur. Les appels téléphoniques sont transmis directement dans les appareils auditifs, permettant d’entendre la voix de son interlocuteur plus clairement. Il est aussi possible d’écouter de la musique, des vidéos ou des messages vocaux avec une meilleure qualité sonore. Certaines applications mobiles permettent même d’ajuster le volume ou les programmes d’écoute selon l’environnement, offrant plus d’autonomie et de confort.
Retisser les liens et retrouver la fluidité
Lorsque l’écoute redevient plus naturelle, les échanges gagnent en fluidité. Les conversations se font plus spontanées, les malentendus diminuent et les moments partagés retrouvent leur légèreté.
Au-delà de l’aspect technique, les appareils auditifs contribuent ainsi à renforcer les liens avec les proches et à soutenir la confiance dans les interactions sociales. Choisir l’appareillage auditif, c’est bien plus qu’améliorer son audition : c’est aussi préserver sa qualité de vie relationnelle et rester pleinement engagé dans sa vie sociale. Une consultation avec un audioprothésiste permet d’explorer des solutions adaptées à son style de vie.
Tanya Daigle
Audioprothésiste exerçant à Châteauguay
Une évaluation par un audioprothésiste est requise afin de déterminer si la prothèse auditive convient aux besoins du patient.
SANTÉ AUDITIVE
AU TRAVAIL
Dépister tôt et protéger son audition
Le bruit au travail : un risque souvent sous-estimé
Travailler dans un environnement bruyant peut avoir des répercussions réelles sur l’audition. Pourtant, la santé auditive en milieu de travail demeure trop souvent entourée d’idées préconçues, notamment en ce qui concerne les coûts et l’accès aux solutions. Dans les faits, plusieurs mesures existent pour soutenir les travailleurs et les employeurs.
Lorsqu’une personne est exposée à des niveaux sonores élevés de façon répétée, le risque de développer une perte auditive liée au bruit augmente avec le temps. Cette atteinte peut avoir des impacts concrets sur la communication, la sécurité et la qualité de vie, au travail comme à l’extérieur. Dans certains cas, la perte auditive peut être reconnue comme étant d’origine professionnelle. Dans ce contexte, la prévention prend tout son sens.
Des services pensés pour accompagner les entreprises
La prévention en santé auditive est possible pour les milieux de travail bruyants. Des évaluations sommaires de l’audition, réalisées par un audiologiste, peuvent être proposées aux employeurs et rendues accessibles à leurs travailleurs dans le bruit. Ces évaluations peuvent être réalisées pour un préemploi, en cours d’emploi ou en post-emploi, selon les besoins. Elles permettent d’obtenir un historique de l’évolution de la santé auditive dans un cadre professionnel, encadré et rassurant, sans alourdir les démarches pour les travailleurs et les employeurs. Pour les employeurs, cette approche facilite une prise en charge proactive de la santé auditive de ses employés. Pour les travailleurs, elle offre un accès simple à un intervenant en santé auditive, qui peut, au besoin, les orienter vers des démarches complémentaires adaptées à leur situation.
Quand la perte auditive est reconnue comme étant d’origine professionnelle
Pour les travailleurs ayant cotisé à la CNESST, cette reconnaissance peut mener à une prise en charge. Les évaluations complètes de l’audition réalisées par un audiologiste et les appareils auditifs peuvent alors être entièrement défrayés, avec un renouvellement prévu tous les cinq ans. Les services nécessaires à l’entretien et au suivi de l’appareillage auditif sont également couverts. Même après la retraite ou si l’employeur n’existe plus, il demeure possible d’entreprendre des démarches. Cette réalité est encore peu connue, alors qu’elle peut représenter un soutien financier significatif.
Des programmes publics pour soutenir l’accès aux appareils auditifs
La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) offre également une couverture à certaines personnes présentant une perte auditive répondant à des critères précis. Pour les adultes sur le marché du travail, l’appareillage auditif binaural (aux deux oreilles) peut être accordé afin de favoriser le maintien à l’emploi. À noter que la RAMQ ne défraie pas d’appareil auditif aux travailleurs qui ont cotisé à la CNESST et travaillé dans le bruit ou qui travaillent présentement dans le bruit.
Une prise en charge financière plus importante qu’on
ne l’imagine
Selon des règles d’admissibilité aux organismes payeurs applicables, les appareils auditifs peuvent être entièrement payés par la RAMQ, la CNESST ou d’autres organismes payeurs. De façon plus générale, on estime qu’environ 80 % des appareils auditifs ajustés au Québec sont entièrement défrayés par un organisme payeur. Cette réalité contribue souvent à changer la perception de l’accessibilité aux appareils auditifs.
Si vous avez un doute quant à la qualité de votre audition, prenez rendezvous pour une évaluation complète de l’audition réalisée par un audiologiste.
Roxanne Fex-Charron Audiologiste exerçant à Gatineau
LABORATOIRES
D’INNOVATION, D’APPRENTISSAGE ET D’EXPLORATION
Faire évoluer la santé auditive, aujourd’hui et pour demain
Les laboratoires d’innovation, d’apprentissage et d’exploration Lobe ont été pensés comme des espaces où la pédagogie, la pratique clinique et la technologie se rencontrent pour faire évoluer durablement la santé auditive. Plus qu’un lieu, ils incarnent une posture : celle de réfléchir autrement à l’expérience patient, au développement des compétences et à l’avenir des professions en santé auditive.
Repenser les approches pédagogiques en santé auditive
Le premier axe repose sur l’innovation pédagogique. Les laboratoires offrent un terrain d’apprentissage en milieu de travail où la théorie peut être transposée dans la pratique, sous l’accompagnement de mentors expérimentés et auprès de patients informés de la démarche.
Les espaces sont conçus pour favoriser cette dynamique. L’ergonomie des salles, l’intégration d’outils technologiques modernes et l’aménagement des plages horaires de consultation permettent un encadrement structuré et favorable à l’acquisition graduelle des compétences. Le patient participe ainsi, volontairement, à un environnement où l’apprentissage devient un moteur d’amélioration continue.
Cet axe pédagogique s’inscrit dans une continuité naturelle avec les soins. Les apprentissages réalisés au laboratoire alimentent progressivement l’évolution des pratiques cliniques.
Innover au cœur des cliniques
Le second axe concerne l’innovation appliquée à l’expérience en santé auditive. Les laboratoires constituent une plateforme de recherche et de développement en santé auditive, une première au Québec dans ce domaine. Ils ouvrent la porte à l’analyse des pratiques et du parcours patient, l’exploration de nouvelles approches cliniques et l’adaptation des interventions aux réalités locales.
Une initiative structurante pour l’avenir
En investissant dans ces laboratoires, Lobe choisit d’anticiper les besoins futurs afin de demeurer aligné sur ceux d’une population en constante évolution. Soutenir le développement de la relève étudiante en santé auditive, créer des milieux d’apprentissage exigeants et favoriser la recherche appliquée contribuent à structurer l’évolution de la santé auditive au Québec.
Ce projet crée des espaces dédiés à l’exploration et favorise l’amélioration continue des soins de santé auditive.
Le premier laboratoire d’innovation, d’apprentissage et d’exploration ouvrira ses portes prochainement dans la région de Québec, dans le Complexe Santé Sainte-Foy, sur l’avenue Jules-Verne, dans le quartier de Sainte-Foy.
Maëly Riondy
Responsable
LÀ OÙ LA MUSIQUE RENCONTRE L’AUDITION
Avant la première note
On pense souvent que la musique débute quand la première note s’élève. En réalité, elle commence dans l’oreille de celui ou de celle qui écoute, dans cette faculté précieuse qu’est l’audition. Sans elle, même le plus beau solo reste silencieux.
L’écoute comme expérience
Au Palais Montcalm, la qualité acoustique est une priorité et fait partie intégrante de l’expérience partagée entre les artistes sur scène et le public. Dans ce contexte d’écoute, l’audition apparaît comme un élément essentiel de l’expérience musicale.
Une
alliance qui s’impose naturellement
C’est dans cet esprit qu’est né le nouveau partenariat d’envergure entre Lobe et le Palais Montcalm, une alliance qui s’est imposée naturellement, portée par des valeurs communes. Dans ce cadre, Lobe appuiera, entre autres, la présentation des concerts de la Maison de la musique dans la salle Raoul-Jobin et contribuera au développement d’une toute nouvelle série dans la salle D’Youville. Une implication qui donne à cette collaboration une portée bien concrète.
Deux
missions, une même
attention
Lobe se distingue par une approche profondément humaine de la prévention et de la sensibilisation en santé auditive. Un engagement qui rejoint celui du Palais Montcalm, dont la mission est de faire rayonner les artistes, tout en offrant au public des conditions d’écoute à la hauteur de la musique présentée. Deux univers différents, une même attention portée à ce qui permet à la musique d’exister pleinement.
Quand la musique se prolonge
Cette nouvelle collaboration rappelle que l’audition joue un rôle central dans l’expérience musicale et qu’en prendre conscience, c’est préserver la possibilité de continuer à vivre pleinement la musique au fil du temps. Ensemble, le Palais Montcalm et Lobe incarnent cette complémentarité : l’un fait vibrer la musique sur scène, l’autre veille à ce que l’oreille laisse passer tous les frissons.
Au fond, tout se joue là. La musique n’est jamais seulement ce qui se passe sur scène. Elle existe dans ce qu’on entend, dans ce qu’on ressent, dans ce qu’on emporte avec soi en quittant la salle. Si le Palais Montcalm offre l’espace pour qu’elle résonne pleinement, Lobe veille à ce que nos oreilles puissent continuer de l’accueillir, afin que la musique continue de nous accompagner, même après le dernier rappel.
La musique ne devient exceptionnelle qu’à partir du moment où elle peut être entendue. Chaque collaboration raconte une histoire, et celle-ci s’annonce des plus inspirantes, parce que chaque note mérite d’être entendue.
Sylvie Roberge
Directrice générale du Palais Montcalm — Maison de la musique
UN ENGAGEMENT
QUI DONNE VOIX À LA RÉUSSITE
Grandir, apprendre et s’affirmer
Pour un enfant sourd ou malentendant, ou qui présente des difficultés langagières, la réussite scolaire ne repose pas uniquement sur l’acquisition de connaissances. Elle est profondément liée à sa capacité de communiquer, d’interagir avec les autres et de s’affirmer avec confiance.
Depuis plus de 15 ans, Lobe soutient fidèlement la Fondation Sourdine, dont les fonds amassés bénéficient directement à l’École oraliste de Québec et à ses élèves. Cet engagement philanthropique s’inscrit dans une volonté claire : contribuer concrètement au développement et à l’épanouissement d’enfants pour qui la communication représente un enjeu central. Ce partenariat contribue de façon tangible à transformer leur parcours scolaire, social et personnel.
Une mission éducative centrée sur la communication
À l’École oraliste de Québec, chaque élève bénéficie d’un accompagnement hautement spécialisé. L’approche éducative repose sur le développement du langage oral, la consolidation des apprentissages académiques et le renforcement de l’autonomie.
Grâce à une pédagogie axée sur le développement de l’élève, à l’expertise d’une équipe interdisciplinaire engagée et à de petits groupes en classe, les élèves progressent à leur rythme dans un environnement structuré et bienveillant. Cette approche favorise les progrès scolaires tout en soutenant l’estime de soi, la confiance et la qualité des interactions quotidiennes.
Au-delà des apprentissages, l’École poursuit une mission claire : permettre à chaque enfant de développer pleinement ses capacités de communication afin de prendre sa place dans la société.
Des progrès qui prennent vie au quotidien
Les retombées de cet encadrement individualisé se manifestent concrètement au quotidien. Pensons à une élève de cinq ans, arrivée en août à l’école avec d’importantes difficultés à se faire comprendre. Rendue au mois d’avril, elle participe activement aux discussions de groupe, partage ses idées avec enthousiasme et crée des liens significatifs avec ses camarades. Pour elle, chaque mot prononcé représente une victoire, chaque échange réussi devient une source de fierté. Et des parcours inspirants comme le sien, il y en a beaucoup.
Un partenariat porteur de sens
Pour l’École, l’appui d’un partenaire comme Lobe dépasse largement la contribution financière. Il s’agit d’un engagement durable, cohérent avec une vision commune axée sur l’inclusion, l’accessibilité et le potentiel de chaque enfant.
En soutenant des projets qui ont un effet direct sur le quotidien des élèves et de leur famille, Lobe affirme sa volonté de participer activement à la construction d’une société plus équitable, où la surdité ou les difficultés langagières ne constituent pas des barrières, mais des réalités accompagnées avec compétence et humanité.
Cette collaboration entre Lobe, la Fondation Sourdine et l’École oraliste de Québec illustre la force des partenariats centrés sur l’humain. Ensemble, ils ouvrent des horizons, transforment des défis en occasions de réussite et rappellent qu’avec le soutien approprié, chaque enfant peut s’exprimer, se faire entendre et tracer sa propre voie.
Parce qu’au-delà des sons, ce sont des voix, des rêves et des avenirs qui prennent forme !
Isabelle Savage
Directrice générale de l’École oraliste de Québec
SÉCURITÉ ET AUTONOMIE
Des repères sonores essentiels au quotidien
Chaque jour, les sons jouent un rôle essentiel dans notre quotidien. Une sonnette, une alarme ou un signal provenant d’une autre pièce nous rassurent et confirment que tout est en ordre. Lorsque ces sons deviennent plus difficiles à percevoir, surtout à la maison, les routines peuvent sembler plus incertaines.
Pour les personnes malentendantes, il ne s’agit pas uniquement d’entendre plus fort, c’est aussi de se sentir en confiance dans son environnement. Entendre un signal ou un appel déclenché lors d’un événement rassure grandement : cela permet de rester autonome tout en se sentant en sécurité chez soi.
Les alarmes de fumée et de monoxyde de carbone représentent des risques importants, notamment pendant le sommeil ou lorsque les appareils auditifs sont retirés. Dans ces situations, des détecteurs munis d’alertes visuelles et vibratoires aident à rendre les signaux plus faciles à percevoir. Des boutons d’appel permettent également de signaler rapidement un besoin d’assistance à l’entourage ou à un proche aidant, renforçant ainsi le sentiment de sécurité à domicile.
Une approche adaptable au milieu de vie
Au-delà des situations d’urgence, ces solutions favorisent la connexion au quotidien. Les notifications de sonnette et d’appels téléphoniques réduisent le risque de manquer un visiteur ou un appel important. Les alertes de surveillance des pleurs d’un bébé ou de sons ambiants facilitent la détection de signaux provenant d’une autre pièce, tandis que les tapis de contact permettent de savoir lorsqu’une personne se déplace dans la maison. Ces outils soutiennent les habitudes familiales, tout en respectant l’autonomie et l’intimité de chacun. Des solutions pour soutenir la vigilance à domicile
Il existe aujourd’hui des solutions d’alerte et d’écoute conçues pour soutenir la vigilance et la confiance à domicile. Elles convertissent les signaux importants de la maison en notifications claires sous forme de lumières clignotantes, de sons amplifiés, de vibrations ou d’alertes sur le téléphone mobile. Ces adaptations facilitent la perception des avertissements, de jour comme de nuit, même lorsque la personne malentendante a retiré ses appareils auditifs.
Plusieurs systèmes adoptent une approche modulaire afin de répondre à la variété des milieux de vie et des besoins auditifs. Des émetteurs sans fil détectent les événements du quotidien et transmettent des signaux à des récepteurs qui alertent la personne malentendante par la lumière, le son ou la vibration. Les systèmes peuvent être personnalisés à l’aide de dispositifs à porter le jour, de récepteurs installés dans différentes pièces ou de solutions conçues pour réveiller la personne malentendante pendant la nuit.
Il existe également des amplificateurs personnels et des réveille-matins combinant son, lumière et vibration pour accompagner les routines quotidiennes. Chaque solution peut être utilisée seule ou intégrée à un système complet, selon les besoins et les habitudes de vie. Dans tous les cas, les professionnels de la santé auditive peuvent aider à identifier des options pertinentes et à choisir une configuration cohérente avec la réalité de la personne.
La sécurité et l’autonomie reposent souvent sur des repères sonores simples. Ces ajustements technologiques peuvent contribuer à rendre le quotidien plus sécuritaire et plus serein.
Pour en savoir davantage sur ces nouvelles technologies, consultez votre audioprothésiste.
Micheal Warburton
Directeur canadien des ventes et des opérations
MIEUX ENTENDRE POUR MIEUX VIVRE, EN TOUTE CONFIANCE
Des
alliés du quotidien
On parle souvent des appareils auditifs comme d’un outil pour « mieux entendre et comprendre ». Aujourd’hui, ils font bien plus que cela. Grâce aux avancées technologiques, ils deviennent des alliés du quotidien, pour la sécurité, la santé et le plaisir de rester pleinement actif.
Quand l’audition influence plus qu’on le pense
Moins d’effort, plus de présence
Concrètement, quels sont les bénéfices ? Dans un restaurant animé du quartier, lors d’un souper de famille ou pendant une marche en ville, les appareils auditifs peuvent ajuster le son pour mettre en valeur les conversations importantes. L’effort d’écoute diminue, et la fatigue aussi. On participe davantage, on rit plus facilement, on se sent plus présent.
La perte auditive fait partie des réalités de santé les plus fréquentes chez les adultes, particulièrement avec l’âge. Elle peut avoir un impact qui dépasse la perception des sons. Plusieurs études observent qu’une perte auditive non corrigée est associée à un risque plus élevé de déclin cognitif, parmi d’autres facteurs qui influencent la santé du cerveau.
Au Canada, environ 772 000 personnes vivent avec un trouble cognitif, comme la démence, soit près de 2 % de la population (environ 1 personne sur 50). Chaque jour, plus de 414 personnes recevraient un nouveau diagnostic¹. Dans ce contexte, prendre soin de son audition peut représenter un geste concret pour soutenir sa santé, sa sécurité et sa qualité de vie, tout en demeurant actif et engagé dans les moments qui comptent.
Une technologie qui s’adapte aux situations
La technologie a aussi beaucoup évolué. Les appareils auditifs peuvent aujourd’hui s’appuyer sur l’intelligence artificielle pour analyser l’environnement sonore en temps réel. Ils tiennent compte des voix, du bruit ambiant, des sons soudains et de leur provenance afin d’ajuster l’écoute selon la situation. Cela peut aider à améliorer la qualité sonore, à mieux se repérer dans l’espace et à mieux comprendre la parole, même dans le bruit.
Sécurité et tranquillité d’esprit
Cette perception sonore plus complète peut aussi jouer un rôle en matière de sécurité. Entendre un vélo qui approche, un klaxon ou une voix qui appelle son nom aide à se déplacer avec plus d’assurance. À la maison, la clarté et la détection des sons soutiennent l’autonomie et la tranquillité d’esprit, autant pour la personne que pour ses proches.
Pour
préserver les liens, au fil des jours
La technologie auditive moderne ne sert pas seulement à amplifier les sons. Elle permet d’améliorer la qualité d’écoute, de soutenir le quotidien et de maintenir une vie active. Avec un accompagnement et des ajustements adaptés, mieux entendre et comprendre, c’est aussi continuer à profiter des petits et grands moments qui donnent tout leur sens au quotidien, en toute sécurité.
Consultez votre audioprothésiste pour en savoir davantage sur les technologies des appareils auditifs.
Laura Abdulnour Audiologiste et représentante des ventes internes
Une évaluation par un audioprothésiste est requise afin de déterminer si la prothèse auditive convient aux besoins du patient.
QUAND LES
Sur le téléphone
Associées à des appareils auditifs, certaines applications mobiles donnent accès à des réglages simples, comme le volume, les programmes d’écoute et la directionnalité. La directionnalité correspond à la capacité de privilégier les sons provenant d’une direction, par exemple la voix devant soi. Ces applications permettent aussi de surveiller le niveau de batterie et l’état de connexion. Certaines approches de personnalisation proposent des comparaisons guidées pour affiner progressivement les réglages selon différents environnements, comme un restaurant ou une réunion.
LA VIE DE TOUS LES JOURS
En déplacement
Les appareils auditifs d’aujourd’hui ne se limitent plus à « augmenter le volume ». Selon certaines données de laboratoire et de cliniques, des traitements du son plus fins peuvent rendre la parole plus nette, même quand l’environnement est bruyant. Pour plusieurs personnes, cela peut faciliter les conversations, diminuer l’effort d’écoute et soutenir l’assurance au quotidien.
À la maison
Certains accessoires permettent de diffuser le son de la télévision directement dans les appareils auditifs, avec une faible latence. Le volume peut alors être ajusté indépendamment, sans devoir monter le son pour tous. Dans plusieurs cas, le résultat se traduit par une meilleure compréhension des dialogues et une écoute plus confortable.
Le téléphone peut devenir un centre de contrôle pour le son quotidien. La navigation GPS, les vidéos, certaines annonces provenant d’applications de transport, ainsi que la traduction en temps réel peuvent être transmises vers les appareils auditifs grâce à une connexion sans fil à faible consommation, comme le Bluetooth Basse Consommation. Il est aussi possible d’ajuster l’équilibre entre le flux audio et les sons ambiants, afin de rester attentif à ce qui se passe autour. La lecture vocale des notifications peut parfois aider à mieux comprendre des informations brèves, comme un rappel de porte d’embarquement.
Éviter le stress en cas d’oubli
Plusieurs applications intègrent une fonction de localisation du type « retrouver mes appareils auditifs ». Une carte, une dernière position connue et un indicateur de proximité peuvent aider à retrouver des appareils auditifs égarés.
Pourquoi est-ce important ?
Quand l’écoute demande moins d’effort, il devient plus facile de rester présent aux échanges et aux activités. Ces fonctions ne conviennent pas à toutes les situations, mais elles peuvent offrir un soutien concret, une conversation à la fois.
Pour en savoir davantage sur les fonctionnalités des appareils auditifs, consultez votre audioprothésiste.
Michèle Dostaler
Audiologiste responsable des formations cliniques
Une évaluation par un audioprothésiste est requise afin de déterminer si la prothèse auditive convient aux besoins du patient.
Références :
- Henningsen, L. (2020, October 30). Widex incorporates AI into SoundSense Learn. The Hearing Review. https ://hearingreview.com/hearing-products/hearingaids/ite/widex-incorporates-ai-into-soundsense-learn
- Jensen, N. S., Samra, B., Taghvaei, N. & Taylor, B. (2024, March 4). Realworld assessment of Signia Integrated Xperience with RealTime Conversation Enhancement. Signia Pro. https ://www.signia-pro.com/en/signialibrary/2024-03-real-world-assessment-of-signia-ix/
- Jensen, N. S., Wilson, C., Kamkar Parsi, H., et al. (2024, October 14). Signia IX delivers more than twice the speech enhancement benefit. Signia Pro. https ://www. signia-pro.com/en/signia-library/2024-10-signia-ixdelivers-twice-the-speech-enhancement-benefit/ Lundin, A. (2024, September 5). Improving the Real-World conversation experience | The Hearing Review. https :// hearingreview.com/hearing-products/hearing-aids/ speech-in-noise/improving-the-real-world-conversationexperience-with-a-multi-stream-architecture
- Signia IX platform enhances conversations in noisy environments (2024, October 16). The Hearing Review. https ://hearingreview.com/hearing-products/ hearing-aids/speech-in-noise/signia-ix-platformenhances-group-conversations-in-noisy-environmentsnew-study-confirms
- What do owners of hearing aids that stream think of the sound quality ? (2023). Canadian Audiologist, 10(2). https ://canadianaudiologist.ca/what-do-owners-ofhearing-aids-that-stream-think-of-the-sound-quality/
- Widex. (n.d.). Widex hearing aids & accessories | Official Widex Global website. https ://www.widex.com/
- Widex Pro. (n.d.). Widex Pro - Official website for hearing care professionals. https ://www.widexpro.com/
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