



Dossier & Table ronde
Les femmes dans la construction




EMBUILD LIÈGE CRÉE À HERSTAL UN ÉCOSYSTÈME POUR LA CONSTRUCTION


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EMBUILD LIÈGE CRÉE À HERSTAL UN ÉCOSYSTÈME POUR LA CONSTRUCTION




Chères lectrices, chers lecteurs,
La pénurie de main-d’œuvre demeure sans doute le principal défi auquel sont confrontées nos entreprises de la construction et de l’installation. Une enquête conjoncturelle que nous avons menée en octobre 2025 auprès des membres d’Embuild Verviers–Ostbelgien le montre clairement:
85,6 % des entreprises interrogées déclarent éprouver des difficultés à trouver du personnel qualifié. Pour près de la moitié d’entre elles, cette situation est devenue un problème permanent. La pénurie de maind’œuvre se confirme ainsi, une fois de plus, comme le défi central du secteur de la construction et de l’installation.
Un potentiel encore trop peu exploité apparaît pourtant clairement : les femmes. Leur présence dans le secteur de la construction reste, en particulier parmi les ouvriers, extrêmement faible. Malheureusement, nous ne parvenons toujours pas suffisamment à susciter l’intérêt des jeunes filles pour nos métiers artisanaux. Pourquoi en est-il ainsi ? Que devrions-nous faire différemment ? Et une participation accrue des femmes pourrait-elle réellement faire partie de la solution ?
Nous abordons ces questions dans le cadre d’une table ronde réunissant un panel de femmes de haut niveau. Vous trouverez un dossier approfondi consacré à cette thématique dans cette édition de « Perspective Construction ».
Par ailleurs, nous vous proposons un aperçu de trois chantiers intéressants de notre région. Nous vous présentons l’initiative Reno+, qui ambitionne de déclencher une vague de rénovations à Liège. Enfin, nous revenons sur plusieurs événements marquants de notre province.
Nous vous souhaitons une lecture stimulante.
Astrid Covents
Alain Kohn
Présidente d'Embuid Président d'Embuid Chambre Verviers-Ostbelgien de la Construction Liège
Dossier : les femmes dans la construction 4 Table ronde 12 PERLE : quand les femmes font briller le secteur de la construction
13 Pink Power sur chantier
14 Des « métiers d’homme » de plus en plus populaires auprès des filles ?
Chantiers phares
16 Traitement des eaux usées à Hermalle sous Argenteau
18 Le Nature Lake Village au lac de Bütgenbach
20 La Résidence « Weißdorn » à Eynatten
Vie associative
23 Reno+: le « train de la rénovation » arrive à Liège
24 Embuild Liège construit un nouveau foyer solide pour le secteur
27 Techlink - Liège - Verviers : une soirée d'échange et de convivialité
28 Banquet de la Sainte Barbe pour les Tailleurs de pierre à Liège
Edité par Embuild Chambre de la Construction de Liège & Embuild Verviers-Ostbelgien
Quadrimestriel tiré à 2000 exemplaires, publié trois fois par an.
Editeur responsable : Paul-Philippe Hick - Galerie de la Sauvenière, 5 - 4000 Liège
Rédaction : Dirk Vandriessche
Conception graphique et mise en page : Frédérique Simar
Photos : Fotowerk - Stephanie Radermacher ( p. 1, 4-11 ), Kraanverhuur B ( p. 13 ), Marcel Baguette ( p. 16, 17 ), IN Architecture ( p. 18, 19 ), Elsen ( p. 20, 21 ), Techlink ( p. 27), Association des Maîtres Tailleurs de Pierre et Marbriers de Wallonie ( p. 28).
Publicités : Fabrice Minicucci au 04/232.42.70 & Maxime Bebronne au 0495/19.73.78
Contact et abonnement : verviers@embuild.be
N'hésitez pas à nous faire part de vos réactions et de vos suggestions.
Distribués gratuitement auprès des membres des deux associations, ainsi qu'à une sélection de parties prenantes dans la province de Liège et Ostbelgien.
© 2025 Embuild Liège – Embuild Verviers-Ostbelgien
Pour des raisons de lisibilité, nous avons renoncé à l'utilisation simultanée des formes linguistiques masculine, féminine et diverse (m/f/x). Toutes les désignations de personnes s'appliquent indifféremment à tous les sexes.
«L’échelle de refroidissement»
contre le réchauffement des habitations
Le réchauffement climatique s'accélère et, selon les scientifiques de la KU Leuven présents au dernier salon Batibouw, 90% de nos habitations ne sont pas équipées pour y faire face.
Les pièces intérieures chauffent fortement en cas de chaleur extrême, car elles sont conçues pour des conditions climatiques passées et non pour des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses. La protection thermique estivale doit être intégrée dès le début dans la planification et la conception, et pas seulement l'efficacité énergétique pour l'hiver.
Les experts plaident en faveur d'un changement radical de mentalité des villes et communes, mais aussi chez les citoyens. « L’échelle de refroidissement » en quatre étapes peut servir de guide à cet égard.
Étape 1 Refroidir au maximum l'environnement (par des plantations, des plans d'eau, etc.)
Étape 2 Éviter au maximum la chaleur dans l'appartement (grâce à des volets roulants, des protections solaires sur les murs extérieurs de la maison, des textiles, des tuiles blanches, etc.)
Étape 3 Refroidir le bâtiment de manière passive (notamment grâce à une bonne ventilation nocturne)
Étape 4 Enfin, refroidir le bâtiment de manière active (grâce à la climatisation, au refroidissement par le sol, etc.)
1
Refroidir l'environnement
2
Garder la chaleur à l'extérieur
Refroidir de manière passive 3
Refroidir de manière active
Le marché belge des pompes à chaleur s'est stabilisé en 2025 et affiche une nette dynamique de croissance.
Selon les données récemment publiées par Climafed et Frixis, le marché a enregistré une évolution positive au cours des quatre trimestres, signe d'une confiance accrue des clients et des installateurs.
Chiffres clés 2025 :
de pompes à chaleur air-eau
+ 29 500 unités vendues de pompes à chaleur air-air
+ 121 000 unités vendues
de pompes à chaleur géothermiques
+ 5 400 unités vendues de chauffe-eau thermodynamiques
- 4 750 unités vendues
Source : Climafed / Frixis

L'économie belge progresse de 0,2% au quatrième trimestre de 2025
Pourcentage de variation en volume par rapport à la période précédente + 13% + 13% + 9% - 20%

Deux phrases. Vingt deux mots au total. Voilà l’espace que le nouveau gouvernement néerlandais, dirigé par le Premier ministre Jetten, consacre au télescope Einstein dans son accord de coalition. Et pourtant, ces quelques lignes suffisent : la nouvelle majorité réaffirme clairement son engagement à soutenir l’implantation de cet observatoire souterrain de détection des ondes gravitationnelles dans notre région.
Comme on le sait, les Pays-Bas, la Belgique et le Land allemand de Rhénanie-du-Nord–Westphalie sont candidats pour accueillir ce prestigieux projet scientifique. Le signal envoyé par La Haye est donc perçu comme un marqueur de confiance essentiel pour cette candidature transfrontalière.
Source : www.einsteintelescope-emr.eu

La densification croissante des villes transforme nos besoins en matière d’habitat. Selon « Das Zukunftsinstitut », un important think tank européen basé à Francfort, cette évolution oblige les villes à adopter des concepts d’aménagement plus intelligents et flexibles.
Au cœur de cette tendance se trouve le concept de la ville du quart d’heure : tout ce dont on a besoin au quotidien (courses, travail, école, santé, loisirs) devrait être accessible en quinze minutes à pied ou à vélo. Cela réduit les besoins en mobilité, fait gagner du temps et favorise des quartiers plus vivants.
Dans ce contexte naissent des formes d’habitat compactes et ingénieuses : appartements plus petits mais mieux conçus, bâtiments modulaires pouvant évoluer selon les besoins, etc. L’urbanisation oblige simplement les villes à penser plus proche, plus malin, plus adaptable, afin de préserver la qualité de vie malgré la croissance démographique.
Source : Das Zukunftsinstitut

Table ronde
Les

Encore faut-il leur en donner les moyens
A l’heure où le secteur de la construction est confronté à une pénurie structurelle de main-d’œuvre, nous avons besoin des talents féminins. C’est presque la moitié du marché de travail qui n’entre pas ou péniblement dans le secteur de la construction. Il s’agit d’un grand potentiel non utilisé. Pourquoi les femmes sont-elles encore si peu nombreuses dans la construction ? Quelles sont les évolutions ? Et qu’estce qui peut être amélioré ? Un sujet discuté lors d’une table ronde à laquelle participait un panel de femmes avec des profils très différents.
Q Laurence, tu travailles comme charpentière et couvreuse. Quand tu es arrivée sur chantier, comment ta présence féminine a-t-elle été accueillie par les hommes ?
Laurence Halleux Je fais partie de la famille des fondateurs, donc je ne sais pas s’ils ont été 100% surpris.
Mais une collègue est arrivée avant moi : au début c’était un peu surprenant, puis elle a rapidement trouvé sa place. Avant, ailleurs, on ne lui confiait que des tâches de base. Chez nous, elle a pu montrer ce qu’elle savait faire, et ça s’est bien passé.
Q Et les clients, comment réagissent-ils ?
Ce n’est quand même pas courant de voir une couvreuse.
LH Les clients, on ne les voit pas toujours parce que nous travaillons beaucoup dans les gros œuvres, dans les nouvelles constructions. Donc on n'en voit pas tant que ça. Mais on voit beaucoup de passants dans la rue. Eux, ils sont souvent très impressionnés. Quand j'arrive avec le camion, on m'a déjà demandé si j'avais bien le permis. Mais en général, ça se passe très bien avec les clients.
Cependant, quand je dois intervenir de concert avec un autre corps de métier, c'est parfois un peu compliqué. On n’est pas toujours prise au sérieux. Ils pensent que je suis une gestionnaire. Ils ne comprennent pas que je serai là quand je leur dis au téléphone, que ce sera moi qu'ils verront le lendemain. Une fois, on m'a quand même dit de retourner faire la vaisselle...


la correction et une touche d’humour font partie de ma manière de travailler, et cela est bien accepté.
Q Parlons maintenant plutôt de l’image du secteur, de l’orientation et de la formation. Claudia, qu’en est-il de la participation des filles à la formation aux métiers de la construction ?
Claudia Thissen Ça reste très rare, surtout dans la construction “pure et dure” ou la métallurgie. En menuiserie, on a plus souvent des filles, et on a même engagé notre première prof femme en menuiserie en septembre. Mais sinon, beaucoup de filles sont orientées coiffure, gastronomie… Elles n’ont souvent jamais eu de contact avec ces métiers-là.
C’est pourquoi nous organisons, ensemble avec l’école technique (RSI) qui se trouve sur le même campus, des ateliers pendant les vacances de Pâques et les grandes vacances. On invite des jeunes dès 6 ans afin qu’ils expérimentent différents métiers, pour qu’ils aient un premier contact, sans se dire “c’est pour les garçons”.
Q Laurence, chez Constructiv, vous constatez la même chose ?
Q Astrid, comment est-ce que ça s’est passé chez toi quand tu es entrée dans l’entreprise ?
Astrid Convents Au départ, il y avait sans doute une certaine réserve : j’étais une femme et, en plus, la fille du patron. Mais j’avais déjà effectué un stage sur chantier pendant mes études, ce dont certains ouvriers se souvenaient. Cela m’a donné une crédibilité dès le début.
Avec le travail, la présence sur le terrain et la compétence, le respect s’est installé naturellement.
Je n’ai jamais été confrontée à des remarques déplacées, ni de la part de nos ouvriers, ni de nos sous-traitants ou partenaires. Le respect mutuel, la franchise,
Laurence Wagnies Oui. Il y a une certaine réticence à aller vers les métiers techniques, et d’autant plus les métiers de la construction, parce qu’ils sont finalement peu connus. L’environnement proche est peu informé. Souvent, l’intérêt se transmet “de père en fils”, ou “de père en fille” quand il y a déjà un terreau propice. Sinon, c’est rare qu’une jeune fille fasse ce choix. Elle n’a pas été sensibilisée, outillée, informée. Et s’il n’y a pas de formatrice ou d’enseignante, qui fonctionne comme exemple significatif, ça n’aide pas à se projeter.
Ma rine Bergilez Tu disais au tout début, il y a une réticence, est-ce que c'est une réticence ou plutôt une méconnaissance ?
LW Une méconnaissance et une réticence : certains stéréotypes ont la dent dure. Même quand il y a curiosité pour nos métiers, les clichés reprennent le dessus. Et sur chantier, les soucis peuvent également venir de la coactivité. Les sous-trai-
Malgré une progression régulière, la proportion de femmes reste limitée à 1,18 %. (Source: Constructiv - T3 2025)

”Dans les soins de santé, il y a aussi des charges lourdes, et on ne remet pas en cause la légitimité des femmes
Claudia Thissen
Directrice ZAWM - Eupen & St. Vith

”Il faudrait que des organismes comme le Forem attirent l’attention des femmes pour ces métiers aussi
Christine Lhoste
Directrice Générale d'Embuild Belgique

”Il existe toutefois des freins très concrets : l’absence de sanitaires séparés, certaines blagues déplacées ou un environnement peu adapté
Laura Bucur
Administratrice de Chassis Coppens - Sprimont
tants, les entreprises externes n’ont pas toujours la même ouverture d’esprit.
Q Le “physique”, la pénibilité, ça joue ?
LW Il ne faut pas l'occulter, une certaine pénibilité est présente dans les métiers de la construction. Cela étant, de nouvelles technologies se développent et se répandent pour porter, transporter ou manipuler plus facilement des charges lourdes.
Et on oublie très souvent qu’il y a d’autres métiers pénibles, comme dans l’horeca, ou le soin aux personnes.
Q Donc il faut agir très tôt ?
CT Oui, dès le plus jeune âge. Nous voulons que les filles puissent faire connaissance avec tous les métiers, même les métiers qui sont souvent considéré à la base comme métiers d'hommes.
Ensuite, nous allons éviter les fausses images. Attirer avec des clichés “rose” ne correspond pas aux femmes que j’ai rencontrées. On peut ouvrir l’horizon sans vendre un décor.
Q Et quel rôle pour les écoles primaires par exemple à jouer là-dedans ?
CT Je pense qu’il y a un rôle pour toutes les écoles, dès la primaire. Dans les soins de santé, il y a aussi des charges lourdes, et on ne remet pas en cause la légitimité des femmes. Dans la construction, on est toujours encore confrontés à ces questions : “c’est pénible”, “c’est pour les hommes”… Si on change l’image tôt, ça aide
Christine Lhoste On a beaucoup parlé des ouvrières. Effectivement elles sont totalement sous-représentées puisqu'elles représentent moins d’1%, selon les derniers chiffres de Constructiv. Je rejoins tout ce qui a été dit par rapport aux clichés contre lesquels il faut lutter avec une bonne communication, des expériences et des femmes inspirantes.
Q Et au-delà des ouvrières ?
CL Les femmes entrepreneures sont aussi sous-représentées : à peine 7% d’indépendantes dans notre secteur alors
que notre pays compte globalement 36% d’indépendantes. Cela se traduit donc logiquement dans notre propre organisation Embuild : Au niveau national, notre conseil d’administration ne compte que deux femmes sur 20 administrateurs. Au niveau des présidences, on en dénombre deux pour tous les niveaux : les régions, les associations locales et les fédérations professionnelles. Juste deux femmes !
Au niveau des employées, le secteur de la construction et de l’installation emploie 37% de femmes, dans des fonctions administratives mais également en tant que cheffe de chantier, installatrices, ingénieures,… C’est mieux mais ça ne suffit pas, surtout pour un secteur dans lequel il y a tellement de métiers en pénurie.
Il faut absolument qu'il y ait davantage de sensibilisation à ces métiers dans les écoles primaires et secondaires. On doit tous jouer un rôle à cet égard, nous aussi chez Embuild et dans les médias. Je pense qu'on doit aussi pouvoir mettre en évidences davantage des femmes modèles inspirantes.
AC Oui, et même chez les employés, il faut distinguer “administratif” et “technicien”.
CL Absolument ! Il y a par exemple, les chefs de chantier, les calculateurs, etc. Ce sont aussi des métiers en pénurie. Il faudrait que des organismes comme le Forem attirent l’attention des femmes pour ces métiers aussi. Vu que les femmes représentent plus de 50% du marché, si on ne les attire pas, on se met en difficulté. Il n'y a pas le choix, il faut le faire.
Q Chez Reno.energy vous avez fait une belle expérience de développement interne de femmes vers des métiers plus techniques. Comment ça se passe ?
MB Oui, on encourage vraiment la mobilité, notamment grâce à la formation en interne. On essaie surtout d’identifier les signaux chez les collaborateurs : ceux qui se montrent curieux, motivés, qui posent des questions. Et ce qui est intéressant, c’est que ces derniers mois, près des trois quarts des personnes qui ont changé de poste en interne sont des femmes. Elles sont en-
trées dans l’entreprise dans des fonctions administratives et elles ont évolué vers des rôles plus techniques.
La mobilité interne fonctionne quand il y a une curiosité et une motivation personnelle, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi un manager qui motive et accompagne, et une culture d’entreprise qui donne confiance et encourage l’initiative.
CL La construction évolue et les exigences climatiques nous imposent notamment beaucoup de rénovation. N’est-ce pas justement un sujet qui est susceptible d'attirer les femmes et de donner sens aux métiers de la construction ?
MB Ah oui, clairement. Chez Reno. energy, la mission, c’est de participer à la transition énergétique en améliorant la performance énergétique des bâtiments. Les chantiers ont vraiment du sens. Et je pense que ce sens-là, c’est un vrai moteur d’attractivité.
CL C'est intéressant, vraiment, je crois beaucoup dans la formation interne des entreprises. Mais je pense aussi qu'il faut que toutes les formations qui se mettent en place au niveau plus académique soient adaptées aux évolutions sociétales et technologiques. Par exemple, à l'ECAM, qui forme les futurs ingénieurs industriels, on est en train d’adapter le cursus afin qu’il réponde davantage à ces évolutions et aux besoins des entreprises.
Laura Bucur J’observe aussi un autre profil de femmes : très à l’aise dans des fonctions intellectuelles, mais qui ressentent, à un moment donné, le besoin de toucher la matière, de travailler dans la poussière. Nous sommes parfois trop dans le mental, alors que le terrain permet de se reconnecter à la réalité du métier. Il existe toutefois des freins très concrets : l’absence de sanitaires séparés, certaines blagues déplacées ou un environnement peu adapté. Ces éléments peuvent suffire à éloigner une personne qui avait pourtant envie d’essayer. D’où l’importance de découvrir ces métiers tôt, d’ouvrir les perspectives et de redonner du sens. Lorsqu’un choix est fait avec conviction et détermination, il devient plus facile de dépasser ces freins.
Q Dans les interviews qu’a mené Constructiv avec des femmes dans la construction, on parle souvent des vestiaires, sanitaires, climat d’équipe. Est-ce encore un sujet ?
MB Chez Reno.energy, on a déjà mis en place des aménagements – que ce soit les locaux, les équipements, les outils – donc oui, c’est un sujet qu’on prend au sérieux. Mais c’est vrai que ça demande une prise de conscience, un investissement et un vrai soutien et suivi en interne. L’objectif, c’est d’offrir un cadre où chacun se sent à l’aise et en sécurité.
LH Sur nos chantiers d’un jour, il y a peu d’infrastructures. Je fais parfois appel à la sympathie des voisins. Sinon je me débrouille. Pour l’instant, c’est encore plutôt à l’ouvrière de s’adapter, les chantiers ne sont pas prévus pour ça.
Et il y a les détails qui s’additionnent. Une pince à découper le zinc un peu trop grande pour ma main, c’est compliqué. Les vêtements de travail pour femmes existent, mais il faut chercher. Et les chaussures de sécurité, ça commence souvent en 38, ma collègue fait du 36, elle galère. Ce « sont des détails », mais mis bout à bout, ça peut rendre le quotidien inutilement difficile.
CL Sur ces sujets je suis d’accord qu’il faut investir pour offrir un outillage et des installations adaptés aux femmes. Mais je tiens aussi à la mixité : pas femmes d’un côté, hommes de l’autre dans l’exercice des fonctions. C’est aussi aux hommes de s’adapter : les blagues sexistes et remarques inadaptées ne sont pas tolérables.
LW Je pense également qu’on ne rendra pas le secteur inclusif en séparant les femmes des hommes. Il existe des centres de formation qui organisent des séances d’info “entre dames”, mais à un moment, elles iront en formation, puis sur chantier, et l’environnement de travail sera mixte.
LH Je veux bien nuancer. Si c'est vraiment juste pour mettre un premier pas. Pourquoi pas ? Juste une séance d’info, tenir les outils une première fois, tester sans peur d’une réaction masculine “qui prend toute la place”. Un premier contact, ça peut quand même permettre d'oser, au moins s'y intéresser.
Les sous-métiers préférés des femmes dans la construction en province de Liège (en pourcentages)
Travaux de peinture Menuiserie Construction de bâtiments Restauration Travaux de voirie Commerce et location Assimilés construction Travaux de converture Revêtement de sol Installations Terrassement Dragage Plafonnage
Le sous-secteur de la peinture est le plus attirant pour les femmes dans la construction, suivi de la menuiserie et de la construction de bâtiments. Plus de la moitié des femmes dans le secteur de la construction en province de Liège (53,76%) travaille dans un de ces trois sous-secteurs. (Source: Constructiv - T3 2025)

”Je ne sais pas si c’est une question de genre, mais mon style est différent de celui de mes parents.
Astrid Convents
Gérante de l'entreprise Convents AG - Eupen Présidente d'Embuild Verviers-Ostbelgien

”On dit aux filles “fais attention”, aux garçons “sois courageux”. Je ne suis pas sûre que les différences soient naturelles.
Laurence Halleux
Charpentière & couvreuse
Charpentes Halleux - Thimister
Mais je ne dis pas qu'il faut faire des formations 100% féminines, parce qu’à un moment, elles iront sur chantier, et ce sera tout le monde ensemble.
CL Moi, j'ai fréquenté plusieurs réseaux de femmes. Je trouve qu'il y a une énergie dans ces réseaux, une grande sororité, un soutien qui est différent des réseaux masculins. Il y a le réseau Perle qui existe ici en Wallonie pour les femmes du secteur. Moi j'avais en tête d’en créer à terme un au niveau national aussi, parce qu'en plus ça permet de mettre en évidence des femmes modèles. Je trouve que cela peut apporter aux femmes le soutien nécessaire pour oser avancer et trouver des réponses à leurs questions ou doutes.
Q Les femmes dans la construction estiment que la combinaison de la famille et du travail est un véritable défi. On constate d’ailleurs aussi que les femmes restent moins longtemps dans le secteur que les hommes. Comment gérer cela ?
LH Sur chantier, on commence à 7h à l’atelier. La fin de journée, on ne la maîtrise pas à cause de la distance, des bouchons, etc. On ne va pas facilement changer cela. Mais j’ai quand même l’impression que le rôle parental est plus partagé qu’avant. Ça évolue. Cependant, je n'ai pas d'enfant. Mais une femme qui travaillerait sur chantier, comment ça se passe en cas de grossesse ?
CT A mon avis, elle sera vite poussée vers l’administration à ce moment-là. Nous, on voit de temps en temps des femmes venir vers des postes de prof parce qu’elles ont de petits bouts à la maison, et continuer sur chantier devient difficile.
LW En effet, elle doit informer son employeur et si la grossesse est incompatible avec le travail sur le chantier, elle est réorientée vers une tâche administrative si possible.
CL Cette question “vie privée/vie pro” est certes agaçante, c’est vrai, mais elle demeure cruciale vu la charge mentale qu’elle fait peser surtout chez les femmes. Et ce n’est pas propre à la construction, c’est général. Il faut que les entreprises puissent s’adapter, quand c’est possible évidemment, pour offrir de la flexibilité aux femmes.
Dans toutes les études sur l’entrepreneuriat féminin, la problématique de la charge mentale revient : durée du congé de maternité, accès aux crèches, et à une garde d’enfants adaptée… C’est peut-être cliché, mais c’est une réalité pour les femmes, donc il faut pouvoir apporter des réponses au niveau politique également.
AC Ce n’est pas toujours simple, ni pour moi ni pour mes collaborateurs. J’essaie d’être ouverte au dialogue et de chercher des solutions quand c’est possible. C’est un point sur lequel je suis plus flexible que la génération précédente.
Personnellement, j’ai la chance que mon mari soit aussi indépendant et puisse organiser son temps, mais je sais que ce n’est pas le cas de tout le monde.
LW A mesure que l'on progresse vers des fonctions à plus grande responsabilité au sein de l'entreprise, la réalité exige une présence accrue et une disponibilité élargie.
Q 90% des entreprises ou des entrepreneurs qui ont engagé des femmes disent qu'avoir une femme sur le chantier est un atout. Vous le ressentez comment ?
CT C’est simple. Je constate que les filles qui choisissent ces métiers terminent souvent avec de très bonnes notes. Elles ont l’impression de devoir être meilleures et que l’erreur est moins admise. Donc elles s’investissent encore plus. Au moment du diplôme, elles sont parmi l es meilleures. Et ça peut devenir un vrai atout pour l’entreprise.
Q On a parlé beaucoup des femmes sur chantiers. Mais dans les bureaux de la direction et du management, la situation n'est guère meilleure, comme Christine l'a déjà indiqué plus tôt. Pourquoi est-ce qu'on ne voit pas plus de femmes à ce niveau dans les entreprises ?
MB Chez Reno.energy, on reste aujourd’hui avec une grande majorité d’hommes dans la direction et dans le management. C’est pareil dans les métiers purement techniques. Par contre, les métiers de support ou de back office sont représentés par près de 40% de femmes.
Dossier : les femmes dans la construction

Il y a aussi des femmes dans les équipes de gestionnaires de chantier et d’ingénieurs au bureau d’études. Mais un point essentiel reste la collaboration entre collègues et la complémentarité des compétences au sein de l’équipe.
CL Au niveau des postes de direction, le syndrome de l’imposteur joue un rôle auprès des femmes. Beaucoup de femmes se sous-estiment, hésitent plus à accéder à des postes à responsabilités. Et quand on s’oppose aux quotas en disant “il faut des gens compétents”, je réponds qu’il y a autant de femmes compétentes que d’hommes compétents. Il faut juste donner l’opportunité à chacun d’accéder à ces postes...
LB J’ai moi-même vécu le syndrome de l’imposteur. Au début, j’avais “tous les défauts” : femme, jeune et en plus avec un accent. Alors je travaillais dix fois plus pour prouver que j’étais capable. Est-ce qu’on fait ça seulement pour prouver, ou parce qu’on a vraiment envie de le faire ?
Je pense aussi qu’il y a la manière dont on est construits, biologiquement et psychologiquement. Les femmes sont souvent plus tournées vers le relationnel, le soin et la sphère familiale, tandis que les hommes sont davantage tournés vers
l’extérieur, la compétition, la prise de risqué, acceptent plus facilement de travailler tard ou de se déplacer. Or ce sont encore ces critères de disponibilité et de mobilité qui mènent le plus souvent à des postes mieux rémunérés.
Sans tomber dans les clichés, ces différences de fonctionnement peuvent aider à comprendre certaines inégalités.
LH Je ne sais pas si on est construit différemment ou si on a été sociabilisé différemment. On dit aux filles “fais attention”, aux garçons “sois courageux”. Je ne suis pas sûre que les différences soient naturelles. Elles sont beaucoup construites.
CL Je suis totalement d'accord et c'est vrai qu'il y a peut-être une différence sociologique entre l'homme et la femme, ce qui ne veut pas dire qu'une femme ne peut pas faire le même métier qu'un homme, peutêtre différemment, mais tout aussi bien.
Q Astrid et Laura, vous dirigez vos propres entreprises en tant que femmes. Vous faites différemment de vos collègues hommes ?
LB J’ai l’impression que les hommes vont plus facilement foncer dans l’action immédiate, tandis que les femmes prennent
Ouvrières de la construction par taille d‘entreprise pour la province de Liège (en pourcentages)
Les petites entreprises de construction et d’installation attirent principalement les femmes. (Source: Constructiv - T3 2025)

”Informer et accompagner les jeunes dès l’enfance. Leur ouvrir les portes de tous les métiers, qu’ils soient intellectuels ou manuels.
Marine Bergilez
Manager Ressources Humaines Reno Energy - Liège

”Les métiers de la construction ne doivent pas être un second choix. On doit encourager les jeunes de suivre cette voie si c'est leur premier choix
Laurence Wagenies
Directrice Building on People - Constructiv
davantage le temps de réfléchir en tenant compte de l’ensemble de l’écosystème. En revanche, je crois beaucoup aux binômes mixtes. Quand chacun accueille l’autre tel qu’il ou elle est, cela devient une vraie force. Voir les choses différemment apporte une belle complémentarité.
AC Je ne sais pas si c’est une question de genre, mais mon style est différent de celui de mes parents. J’ai mis en place un comité de direction, nous échangeons, nous débattons. En l’absence de consensus, je tranche, car la responsabilité m’incombe, mais j’écoute davantage.
Je mets aussi beaucoup l’accent sur la valorisation des collaborateurs, la formation, l’autonomie et la reconnaissance.
Q Et dans vos entreprises, comment est la relation avec les équipes ?
AC Je veille à un esprit d’équipe basé sur la confiance et le respect. J’encourage la responsabilité individuelle, mais aussi la solidarité. Ma porte est toujours ouverte, pour des questions professionnelles comme personnelles. Pour moi, une équipe fonctionne uniquement dans un équilibre entre donner et recevoir.
LB La relation avec les équipes s’est construite au fil de deux transitions importantes. La première a été un changement de fonction, de collègue au service technico-commercial à manager, puis cheffe d’entreprise.
La seconde, plus intérieure, a été un changement de posture : passer d’un fonctionnement basé sur le partage permanent à une position où certaines décisions doivent être assumées seule.
Aujourd’hui, la relation repose sur la confiance, le respect, des rôles clairs et une présence régulière, tout en prenant la distance nécessaire pour exercer pleinement la responsabilité de cheffe d’entreprise.
Q Si on se projette maintenant dans 10, 15, 20 ans : qu'est-ce qui aura changé par rapport à la place de la femme dans la construction aujourd’hui ? Vous y croyez, à plus de femmes ?
CL Bien sûr ! Avec les métiers en pénuries, les besoins des entreprises qui évoluent, l’évolution des métiers et de la société, il faut un effort pour plus de femmes à tous les niveaux.
AC Le métier doit s’adapter pour accueillir plus de femmes. Il y a beaucoup de choses à faire.
Q Alors dernière question : Si vous deviez changer une seule chose pour améliorer la place des femmes dans la construction, ce serait quoi ?
CT Faire découvrir beaucoup plus tôt ce métier de la construction à des jeunes filles et ne pas attendre jusqu'à l'âge de 15 ans et puis s'étonner qu'il n'y ait pas de filles dans la construction.
CL La formation est essentielle, mais aussi l'image de la construction en général. Il faut expliquer mieux aux jeunes femmes les métiers de la construction, comment ça évolue, le sens qu'elles peuvent y trouver, et montrer des femmes qui réussissent.
AC Pour moi, la question n’est pas de savoir si la construction est un métier d’hommes ou de femmes. La vraie question est de savoir comment nous attirons des personnes compétentes, motivées et engagées dans un secteur en pénurie.
Les femmes ont toute leur place dans la construction, à condition qu’on leur en donne les moyens, qu’on fasse évoluer les mentalités et qu’on montre dès le plus jeune âge la richesse de ces métiers.
LW Premièrement, il faut changer le rapport à l’échec. Entreprendre, c’est accepter qu’on peut se tromper.
Ensuite, les métiers de la construction ne doivent pas être un second choix. On doit encourager les jeunes de suivre cette voie si c'est leur premier choix, si c'est ça qu'ils sentent au fond de leurs tripes, filles ou garçons.
LB La sensibilisation est nécessaire, mais sans enfermer les femmes dans un rôle de “besoin d’aide“ ni dans une forme d’infantilisation. Il est important de valoriser autant les métiers manuels que les métiers intellectuels.
L’idée selon laquelle l’intellectuel vaudrait mieux que le manuel doit évoluer, dès l’enfance, chez les parents comme chez les enfants.
MB Informer et accompagner les jeunes dès l’enfance. Leur ouvrir les portes de tous les métiers, qu’ils soient intellectuels ou manuels. Leur montrer le plus possible, leur faire vivre des expériences inspirantes, par exemple lors de journées découvertes –comme chez Claudia. Les éveiller, susciter leur intérêt.
Leur donner des outils et la confiance pour explorer. Leur faire passer le message que rien n’est figé dans le monde professionnel On peut tester, se réorienter et tout réinventer.
LH Moi, j’aimerais que les femmes se rendent compte qu’utiliser son corps pour faire des trucs, c’est cool : construire, grimper, conduire des gros véhicules… Le corps féminin ne doit pas juste être joli et prendre le minimum de place. Ça peut être un outil d’autonomie, d’émancipation. Et c’est un remède contre le syndrome de l’imposteur. Quand on sait faire, on se sent capable. On peut aussi être là !
Q Alors que diriez-vous à une jeune fille qui hésite encore à choisir un métier dans la construction ?
Toutes
N’hésite surtout pas !









« PERLE, c’est une anagramme : Professionnelles Et Responsable dans Leur Entreprise », explique Karine Geron avec un sourire. Présidente du réseau en Wallonie, elle nous raconte l’histoire de cette ASBL pas comme les autres.
Créée il y a bientôt 30 ans, PERLE est née d’un besoin simple : rompre l’isolement des femmes qui, souvent, géraient la partie administrative des entreprises de leurs conjoints. « À l’époque, on se retrouvait seule derrière son écran à se poser 150 000 questions », se souvient-elle.
Au départ, PERLE servait surtout à partager des expériences et à se battre pour des droits, comme le statut de « conjointe aidante », inexistant à l’époque.
Aujourd’hui, le profil des membres a bien changé. « On n’est plus seulement la femme qui aide son homme. On est face à de vraies cheffes d’entreprise », insiste Karine.
PERLE rassemble des épouses, des filles, des sœurs, mais aussi des dirigeantes et des administratrices. Toutes ont en commun la gestion d’une entreprise dans le secteur de la construction et l’envie de s’informer et de partager leurs expériences.
Un réseau qui vit
Le réseau compte quatre groupes en Wallonie et organise des réunions mensuelles. «Nos rencontres s’articulent en deux temps: une conférence sur un sujet concret, puis un moment convivial pour échanger nos astuces », décrit Karine. Car l’objectif reste le même depuis 30 ans : « S’informer de façon fiable et réseauter ». Et ça marche: «On se rend compte qu’à côté de chez soi, il y a une dame qui vit les mêmes défis ».
Le parcours de Karine
Karine connaît bien ces défis. « Moi, je ne viens pas du secteur. J’étais logopède indépendante avant de rejoindre l’entreprise familiale », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle est co-gérante de Ch. Geron, entreprise active dans le terrassement et l’aménagement extérieur située à Battice. Elle est aussi présidente PERLE chez Embuild Verviers-Ostbelgien depuis neuf ans et depuis 5 ans pour toute la Wallonie. « C’est une expérience riche humainement et personnellement », confiet-elle. Son engagement illustre la diversité des parcours : beaucoup de femmes arrivent dans la construction par choix familial, mais s’y épanouissent pleinement.
Un secteur qui a besoin des femmes À l’heure où le secteur cherche à attirer plus de femmes, PERLE joue un rôle clé. « On s’investit dans les campagnes pour promouvoir les métiers de la construction auprès des jeunes et des femmes », souligne Karine. Le réseau participe à des projets pour rendre le secteur plus attractif et casser les clichés. « Il y a de la place pour elles, et des opportunités passionnantes », affirme-t-elle.
Un anniversaire à fêter
2026 marquera les 30 ans de PERLE. « On prépare un événement convivial en avril, pour célébrer ce chemin parcouru », annonce Karine. Une belle occasion de mettre en lumière ces femmes qui font bouger les lignes.
Envie de rejoindre PERLE ?
Vous êtes une femme active dans une entreprise du secteur de la construction? N’hésitez pas à pousser la porte !
Contactez Karine Geron pour découvrir le réseau et participer à une rencontre. Contact : 0497/34.68.96
perle@embuild.be

La grutière de 27 ans, Charity van der Stam, originaire de Rotterdam, fait actuellement parler d’elle : elle manœuvre son nouveau télescopique de 72 tonnes… en rose vif. Lorsque son employeur « B Kraanverhuur », envisageait d’acheter une nouvelle grue, Charity n’avait qu’une seule demande : elle la voulait rose ! Avec un peu d’insistance, son souhait a été exaucé.
« Le rose est ma couleur préférée. Mais surtout, je voulais montrer que les femmes peuvent tout aussi bien exercer des métiers soi-disant masculins », explique-t-elle.
«Peu importe si tu es petite ou pas très sûre de toi : quand tu pilotes une grue pareille, la confiance vient automatiquement.» Quelle idée géniale !

PINK POWER Construction Award
L’histoire de Charity nous a tellement enthousiasmés et inspirés qu’Embuild Verviers–Ostbelgien et Liège lancent un concours dédié.
Nous recherchons l’entreprise qui saura montrer, de la manière la plus originale et créative, que les femmes sont pleinement les bienvenues dans le secteur de la construction, y compris dans les métiers traditionnellement perçus comme masculins.
Action, campagne, idée surprenante ou astuce ingénieuse du quotidien …
Montrez-nous comment vous rendez les femmes visibles et fortes dans la construction !
Tout entreprise de construction ou d’installation établie dans la province de Liège et membre d’Embuild peut participer, en envoyant une brève description de son initiative accompagnée de photos.
Début 2027, un jury composé (exclusivement de femmes – évidemment !) désignera le/la lauréat(e). La remise du prix aura lieu lors de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2027.
Bonne nouvelle au Robert Schuman Institut (RSI) d’Eupen : en 4e TQ Bois (Technique de Qualification), cinq élèves sur douze sont actuellement des filles, soit presque la moitié.
Une situation telle que des adaptations à l’infrastructure ont dû être apportées pour pouvoir donner un casier à chaque fille. Du jamais vu !
S’agit il d’un cas isolé ou des signes d’une évolution durable ?
Perspective Construction est allé à la rencontre des élèves ainsi que du chef d’atelier Sebastian Hamacher.

Si nous sensibilisons les enfants dès le plus jeune âge aux métiers manuels, cela se reflétera aussi dans les chiffres de formation
Sebastian Hamacher
Professeur en 4e TQ Bois
Sebastian Hamacher se montre toutefois prudent : « Ce chiffre constitue un pic à l’heure actuelle. Nous espérons évidemment qu’il s’agit du début d’une tendance, mais il faudra attendre les prochaines années pour le confirmer.»
Une nouvelle image de la femme
Du côté des élèves, les convictions sont bien ancrées. Pour elles, la présence de filles dans les métiers manuels n’a plus rien d’exceptionnel. « L’image de la femme a changé », explique Lea.
« Les filles ne sont pas trop sensibles pour les métiers manuels », ajoute Rojin. Selon elles, la main d’œuvre ne repose pas uniquement sur la force physique, mais aussi sur la précision, la persévérance et la réflexion. Amelie souligne par ailleurs que les filles apportent parfois une autre manière d’aborder le travail : « Nous sommes souvent plus créatives. » Le fait qu’elle le dise avec un sourire, presque sur le ton de l’excuse, montre à quel point le sujet reste encore sensible.
De nombreux chemins vers les métiers manuels
Pour Catalina, l’orientation vers un métier manuel s’est faite presque naturellement. Issue d’une famille de couvreurs et électriciens, elle a grandi au contact des outils et des chantiers. Son choix professionnel s’est donc imposé de lui même.
Le parcours d’Orlane est en revanche différent. Très tôt, elle savait qu’elle voulait devenir menuisière, bien qu’aucun membre de sa famille ne travaille dans ce domaine. Sa mère était d’abord très réticente : trop physique, trop masculin, peu de débouchés. Il aura fallu près d’un an pour la convaincre. L’élément déclencheur fut la journée portes ouvertes du RSI. Aujourd’hui, Orlane s’affirme avec assurance, presque de manière combative : « Oui, je serai menui-
sière. Et je montrerai que les femmes sont tout aussi compétentes que les hommes. »
Apprendre avec les mains
Rojin était initialement inscrite dans l’enseignement artistique, mais une amie l’a convaincue de participer à une journée d’immersion dans le département bois… et elle a changé d’orientation.
« Ici, on ne reste pas assis toute la journée. On travaille avec ses mains et sur de grosses machines. On voit concrètement ce qu’on a réalisé. » Son objectif professionnel est désormais clair.
Toutes les élèves ne se destinent toutefois pas directement à un métier manuel. Certaines voient cette formation comme une base solide pour la suite. Amelie, par exemple, prévoit de rejoindre après la quatrième année la section dessin en construction afin de devenir plus tard architecte d’intérieur. L’expérience pratique acquise aujourd’hui, ainsi que l’initiation à AutoCAD, lui seront précieuses pour la suite de son parcours. Elle en est fortement convaincue.
Commencer tôt pour un impact durable
Pour Sebastian Hamacher, ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il s’agit, selon lui, du résultat de nombreuses années de travail cohérent en matière d’orientation et de sensibilisation. Dès l’enseignement primaire, les enfants sont initiés aux activités manuelles. Chaque lundi, des élèves de cinquième et de sixième primaire participent à des ateliers découverte au RSI et au Centre de Formation des Classes Moyennes (ZAWM) voisin. Encadrés, ils y construisent avec leurs propres mains une petite centrale électrique et découvrent pour la première fois le monde professionnel de l’enseignement qualifiant. Du matériel pédagogique permet ensuite aux enseignants du primaire de poursuivre la réflexion en classe.





Par ailleurs, le RSI organise depuis plusieurs années, en collaboration avec le ZAWM, les stages de vacances « Knick Knack ». Durant une semaine, des enfants de huit à douze ans bricolent, fabriquent et s’initient à différentes activités artisanales. Une approche ludique, mais très efficace, de l’orientation professionnelle.
Un changement à long terme
Sebastian Hamacher envisage l’avenir avec optimisme : « Les chantiers évoluent déjà.
Aujourd’hui, il y a davantage de femmes dans les métiers traditionnellement masculins qu’auparavant. Si tous les partis prenants véhiculent cette image de ma-


nière cohérente et si nous sensibilisons les enfants dès le plus jeune âge aux métiers manuels, cela se reflétera aussi dans les chiffres de formation. Cela prend du temps, mais si ces jeunes filles deviennent à leur tour des ambassadrices par le bouche à oreille, nous sommes sur la bonne voie. »

Les eaux usées du village de Hermalle sous Argenteau se déversent aujourd’hui encore largement non filtrées dans la Meuse. C’est une situation ni moderne ni respectueuse de l’environnement. Cela va toutefois changer. A l’avenir, les eaux collectées seront acheminées vers la station d’épuration de l’AIDE à Oupeye, où elles seront traitées avant d’être rejetées dans la Meuse. L’entreprise de génie civil Marcel Baguette réalise actuellement une partie de ces travaux, particulièrement techniques. Un chantier qui ne manque pas d’ampleur.
Le projet consiste en la construction d’un système intégré comprenant deux collecteurs, une station de pompage et une conduite de refoulement d’environ trois kilomètres, destinés à transporter les eaux usées depuis la station « Le Hemlot » jusqu’à la station d’épuration de l’AIDE située plus au nord. « C’est un système hautement complexe. Mais c’est précisément ce qui rend ce chantier si passionnant », souligne le conducteur de travaux Maxime Ledent.
Profond, plus profond, encore plus profond
Ce chantier est spectaculaire à plusieurs égards. Déjà la profondeur des travaux impose des exigences particulières. Pour la construction de la station de pompage « Le Hemlot », il a fallu creuser une fosse de 9,50 mètres de profondeur. Une paroi de pieux sécants circulaire de 11 mètres de diamètre et de plus de 13 mètres de profondeur assure la stabilité de l’ouvrage.
Uniquement pour ce chantier, plus de 1.000 m³ de terre ont été excavés. Même la pelle mécanique au bras le plus long n’a pas suffi : les deux derniers mètres ont dû être réalisés avec une pelle plus petite, spécialement mobilisée pour cette étape.
Humide, plus humide, encore plus humide
L’eau constitue le deuxième grand défi de ces chantiers. Une grande partie des ouvrages se situe sous le niveau de la Meuse. « Pour assécher la fouille de la station de pompage, nous avons dû acquérir 2 pompes de 900 m³ d’eau par heure », se souvient le gestionnaire du chantier, Christian Royen. « Lorsque toutes les pompes sont en fonctionnement, y compris celles destinées à la construction du collecteur, nous atteignons même 3.500 m³ par heure », ajoute Fabrice Soussan, conducteur de chantier du génie civil. Avec un sourire, Christian Royen confirme: « Ici, rien n’est vraiment étanche ! »
Lourd, plus lourd, encore plus lourd
Ensuite, le raccordement du collecteur à la station d’épuration a demandé une prouesse technique : La paroi de pieux sécants existante devait être traversée, puis un bloc massif de béton de 3 x 2 mètres pour 55 centimètres d’épaisseur a été découpé au câble diamanté. Le bloc pesait huit tonnes ! Les forages réalisés au niveau du quai de la Meuse ont également nécessité un savoir faire particulier. Des plongeurs ont dû intervenir. À côté de cela, la construction du collecteur supplémentaire en éléments préfabriqués en béton a presque semblé simple.
Le calendrier
Les travaux ont débuté après la pause estivale. Au total, 220 jours ouvrables sont prévus. La fin du chantier est donc attendue fin 2026.

C’est un système hautement complexe. Mais c’est précisément ce qui rend ce chantier si passionnant
Maxime Ledent
Conducteur de travaux

Pour assécher la fouille de la station de pompage, nous avons dû acquérir 2 pompes de 900 m³ d’eau par heure
Christian Royen
Gestionnaire du chantier









Au bord du lac de Bütgenbach, un nouveau paradis de vacances a ouvert ses portes : Nature Lake Village. Quatorze villas comprenant de deux à quatre chambres – chacune avec sa salle de bains privative – ainsi qu’une villa accessible aux personnes à mobilité réduite sont désormais achevées, et les premiers propriétaires profitent déjà pleinement du confort offert.
Les villas allient une construction de haute qualité à une durabilité moderne. Des éléments préfabriqués en béton assurent la stabilité, tandis que des châssis en aluminium apportent une touche d’élégance. Les matériaux naturels, tels que le bois, le zinc prépatiné et les toitures végétalisées, permettent une intégration harmonieuse des habitations dans leur environnement. Des installations photovoltaïques, des pompes à chaleur et une station privée de traitement de l’eau garantissent une consommation d’énergie et d’eau réduite au minimum.
Intimité et convivialité intelligemment combinées
Chaque villa est implantée de manière généreuse et offre une vue dégagée sur les forêts et les prairies environnantes : une configuration idéale pour préserver l’intimité. Mais l’esprit de communauté n’est pas oublié pour autant. Dans la « Welcome Villa » centrale, les hôtes réceptionnent leur clé, se retrouvent dans le vaste salon ou sur la grande terrasse. Les enfants disposent d’aires de jeux extérieures, tandis que les adultes peuvent profiter d’un baby-foot et
de suffisamment d’espace pour organiser des réunions ou des fêtes familiales.
Une atmosphère résolument romantique attend les visiteurs sur la prairie naturelle située au-dessus du parc de vacances. Un transat en bois y côtoie un brasero, offrant une vue imprenable sur le lac de Bütgenbach. Se détendre, admirer le coucher du soleil avec une coupe de champagne à la main et laisser crépiter un petit feu ? Un vrai bonheur !
Les bouchons de champagne dans l’herbe en témoignent : d’autres ont déjà succombé au charme du lieu.
Durable, écologique, fonctionnel
La démarche durable ne s’arrête pas aux bâtiments. Des prés fleuris remplacent la majorité des pelouses, 45 places de stationnement ont été réalisées avec des dalles engazonnées, permettant l’infiltration des eaux de pluie et favorisant la biodiversité. « Nous voulions démontrer que confort élevé et respect de l’environnement peuvent parfaitement aller de pair », explique l’architecte verviétois David Schoonbroodt.
Nature Lake Village illustre avec brio la manière dont construction moderne, luxe, expérience de la nature et protection de l’environnement peuvent se conjuguer. Une simple promenade entre les villas et les prairies fleuries suffit pour comprendre: un lieu de vacances unique a vu le jour, alliant retraite, convivialité et durabilité.
À ce jour, toutes les villas ont été vendues. Les nouveaux propriétaires sont majoritairement originaires de la région. Ils utilisent leurs villas comme havre de paix proche de la nature ou le louent comme résidence de vacances. L’association des copropriétaires veille à une gestion harmonieuse de la location et de l’utilisation du site.
Plus d’informations : http://www.naturelakevillage.be
Entreprises et partenaires du projet
• Terrassements, égouts, voiries : Ch. Geron (Battice)
• Maçonneries : Vanaubel frères construction (Herve)
• Eléments de béton préfabriqué : LARCO (Welkenraedt)
• Couverture et bardages zinc : Lieutenant & fils (Blégny)
• Menuiseries extérieures : Go Project (Verviers)
• Electricité : René Lekeu (Thimister-Clermont)
• Sanitaires : Daniel Perrotti (Herstal)
• Chauffage-climatisation : Atmosph’air (Herve)
• Préchape isolante : Isolpur (Stavelot)
• Chapes & carrelages : Alexandre Frisée (Herve)
• Plafonnage : Olivier Vanaubel (Thimister-Clermont)
• Menuiseries et bardages bois : Menuiserie DAMS (Herve)
• Mobiliers cuisine - placards - salle de bain : Cuisitime (Herve)
• Peintures intérieures : Nickel H&S (Welkenraedt)
• Clôtures et barrières : CHD portails (Dison)
• Ferronneries : Allinox / Fred Closset (Thimister-Clermont)
• Architecte: IN Architecture (Verviers)









Là où l’agriculture donnait autrefois le rythme, un habitat contemporain a vu le jour au cœur d’Eynatten, un village dans la commune de Raeren. Avec la Résidence « Weißdorn » (Aubépine), l’entreprise Elsen a démoli une ancienne ferme pour réaliser, sur le même site, un ensemble résidentiel économe en énergie. Ce projet illustre parfaitement la manière dont patrimoine bâti, qualité d’exécution et usages actuels peuvent être harmonieusement combinés.
Le point de départ du projet était une ancienne exploitation agricole entourée de prairies, acquise par l’entreprise Elsen dès 2012. Mais avant que les premiers engins n’entrent en action, le temps a fait son œuvre. « L’achat du terrain s’est fait rapidement, mais les autorisations et la phase de planification ont exigé beaucoup de patience », se souvient le chef de projet René Niessen. Ce n’est qu’à l’automne 2023 que la démolition a pu débuter, suivie de la construction du nouveau complexe.
cheux massifs d’entre deux et trois mètres cubes. Ces pierres, ainsi que les matériaux issus de la démolition, ont été concassés sur place de manière durable et réutilisés dans la construction.
La gestion de l’eau s’est révélée encore plus complexe. En raison du relief naturel du terrain, les eaux de ruissellement convergeaient vers la parcelle située en contrebas, auxquelles s’ajoutait la présence de la nappe phréatique. À certains moments, la fosse de construction se retrouvait sous près d’un demi mètre d’eau, rendant un arrêt temporaire du chantier inévitable. Des solutions de drainage ciblées ont finalement permis de canaliser les flux et d’assainir durablement le terrain.
La pierre de taille comme signature architecturale L’élément architectural central de la résidence réside dans ses façades en moellons. Celles ci ont été entièrement reconstruites à partir des pierres récupérées de l’ancienne ferme : de la pierre de Raeren, remontée pierre par pierre. « Aujourd’hui, il est extrêmement rare de voir un complexe résidentiel réalisé quasi intégralement en moellons », explique René Niessen.
Aujourd’hui, il est extrêmement rare de voir un complexe résidentiel réalisé quasi intégralement en moellons
surprises dans le sous-sol
Dès le début du chantier, les responsables ont été confrontés à des défis inattendus. Lors des travaux de terrassement, les ouvriers ont mis au jour plusieurs blocs ro-
Ce choix confère toutefois au projet un caractère tout à fait particulier. La résidence s’intègre parfaitement dans son environnement historique et forme à nouveau un ensemble cohérent avec le domaine classé de Trouet, situé juste en face et entièrement rénové il y a quelques années. Déjà il y a près de 300 ans, les deux sites étaient étroitement liés. Une relation historique aujourd’hui remise en valeur, contribuant visiblement à la qualité du centre du village d’Eynatten.






Pour les propriétaires, ce mode de construction présente de multiples avantages. Les moellons sont en effet extrêmement durables et nécessitent très peu d’entretien. « Ici, personne n’aura jamais à se soucier de travaux d’entretien des façades », souligne René Niessen.
Concept résidentiel et mises en œuvre techniques
Fin 2024, le gros œuvre était terminé, les toitures et châssis posés. Peu avant Noël 2025, les premiers habitants ont pu emménager. Le projet comprend 16 logements, d’une superficie allant de 73 à 133 m², répartis dans deux bâtiments organisés autour d’une cour intérieure. L’ensemble est entièrement sous cavé. En plus des caves privatives, le sous sol accueille des emplacements de stationnement intérieurs ainsi que l’ensemble des installations techniques.
Le projet a suscité un fort engouement. « Presque tous les acquéreurs viennent de la région immédiate d’Eynatten », précise le chef de projet. Outre la qualité des finitions, la localisation centrale entre Eupen et Aix la Chapelle, ainsi que l’accès direct à l’autoroute, ont joué un rôle déterminant. À ce jour, seuls trois appartements sont encore disponibles.
Ce que René Niessen apprécie tout particulièrement dans son travail et dans ce projet ? « Pouvoir accompagner un projet de A à Z: depuis l’acquisition du terrain, en passant par la planification et la construction, jusqu’à la vente et la remise des clés. Sans oublier la nécessité de réagir de manière appropriée en permanence aux imprévus et de trouver des solutions. » C’est précisément là que résident l’attrait et le succès durable d’un projet tel que celui de la « Résidence Weißdorn », qui illustre de manière convaincante l’importance d’un accompagnement global du projet.
www.residenz-weissdorn.be

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150 rénovations par jour, pendant 30 ans : voilà le défi auquel la Wallonie doit faire face pour devenir climatiquement neutre d’ici 2050. Une tâche titanesque qui nécessite de nouvelles approches. Les “Trains de Rénovation” sont de beaux exemples. Après
Ottignies/Louvain la Neuve et Braine l’Alleud, le “train de la rénovation” est désormais arrivé à Liège.

Les «trains de la rénovation» allient objectifs écologiques et opportunités économiques, et constituent ainsi un modèle pour l’avenir
Marie Guisset
Coordinatrice du projet Reno+ auprès de Buildwise
Cette initiative a été lancée par Buildwise, Embuild Wallonie et GreenWin. L’objectif : mutualiser les rénovations et les rendre plus efficaces en accompagnant simultanément plusieurs ménages d’une même commune tout au long du processus.
Le concept
Concrètement, cela fonctionne comme suit : les citoyennes et citoyens d’une ville souhaitant rénover leur maison s’inscrivent auprès de Reno+ et se voient accompagner par un conseiller tout au long de leur projet. Celui ci prend en charge le suivi de l’ensemble du projet, de la conception à la demande de primes et de financements, en passant par une aide aux entrepreneurs pour l’exécution et la réception des travaux. La garantie que les travaux soient réalisés avec qualité et à un prix correct est un élément essentiel du fonctionnement des trains de rénovation. Un véritable service tout en un pour le maître d’ouvrage.
Et qu’en retire une entreprise de construction ? Des projets clairement définis, des dossiers complets, des relevés numériques et des chantiers géographiquement concentrés. Lors de la phase pilote, 85% des offres ont débouché sur des commandes effectives. « Les entreprises ne s’engagent que lorsque les chances de réussite sont élevées », souligne Nicolas Spies, Conseiller Senior chez Embuild Wallonie.
C’est parti
Après les résultats positifs enregistrés à Braine l’Alleud et à Ottignies Louvain la Neuve, le “train de la rénovation” est arrivé maintenant aussi à Liège, avec une offre encore élargie.
Le 20 janvier 2026, une séance d’information destinée aux entreprises potentiellement intéressées s’est tenue dans les locaux d’Embuild Liège. Toutes les entreprises présentes se sont montrées convaincues : elles se sont toutes inscrites pour poursuivre les discussions.
La Ville de Liège était également représentée. Selon Whitney Bader, responsable des projets climat et durabilité, elle soutient pleinement l’initiative : « Elle contribue à accélérer la vague de rénovation absolument nécessaire dans notre ville. » Une déclaration réaffirmée par les responsables politiques lors de la conférence de presse du 11 février.
Les inscriptions restent ouvertes Le chemin est donc ouvert pour la mise en œuvre. Les propriétaires liégeois peuvent désormais introduire des projets concernant l’isolation des toitures, façades et murs, le remplacement des fenêtres ou l’installation de systèmes de ventilation modernes. Les entreprises qui souhaitent encore rejoindre le projet peuvent toujours contacter nicolas.spies@embuild.be pour davantage d’informations.
« Les «trains de la rénovation» allient objectifs écologiques et opportunités économiques, et constituent ainsi un modèle pour l’avenir. Ceux qui montent à bord aujourd’hui seront en tête demain », résume Marie Guisset, coordinatrice du projet Reno+ auprès de Buildwise.
Plus d’infos : www.renoplus.org – info@renoplus.org

Là où s’est écrit l’histoire industrielle, émerge aujourd’hui un quartier tourné vers l’avenir.
En son cœur prend forme le nouveau siège d’Embuild Liège. Les travaux de rénovation de l’ancien bâtiment des Finances, TVA et Contributions à Herstal battent leur plein.
Ce projet est bien plus qu’un simple déménagement : il s’agit de créer un véritable écosystème dédié au secteur de la construction. « Nous voulons une maison ouverte pour tout le secteur », souligne le directeur Paul-Philippe Hick. « Un lieu où nos membres se retrouvent, entourés de partenaires solides réunis sous un même toit. Cet outil permettra surtout de renforcer nos services et la proximité avec nos membres. » En effet, l’édifice accueillera prochainement plusieurs acteurs clés : une agence d’intérim, la société de cautionnement « SCICC », le fonds sectoriel
Nous voyons ce site comme un engagement clair en faveur de la construction de demain, de la collaboration dans le secteur et de la force de notre région
« Constructiv », la compagnie d’assurances « Fédérale », ainsi que « Cohezio », le service de prévention et de sécurité au travail. Ainsi se construit progressivement un réseau rassemblant au même endroit conseil, accompagnement, assurances, formation et ressources humaines
Une véritable
« Maison de l’Entrepreneur »
Pour le président
Alain Kohn, ce projet envoie un signal fort : « Nous investissons délibérément dans l’avenir de notre secteur. Ce bâtiment doit devenir la «Maison de l’Entrepreneur », un lieu où nos membres se sentent bien et aiment se retrouver. »
Le site s’y prête parfaitement : situé directement le long de l’autoroute E40 et très bien desservi par les transports en commun, il offre de nombreux atouts. Parkings en suffisance, espace convivial moderne et accueillant, vastes salles de réunion et de formation, bornes de recharge électrique et 4 bornes de recharge super rapide… Le nouveau siège se transformera en un centre performant. Contrairement à l’actuel bâtiment vieillissant en ville, un centre de formation moderne, adapté aux besoins de la profession, verra ici le jour.
Durabilité au premier plan
Intégré au projet ambitieux de l’ACEC mené par la SPI, le nouveau siège s’inscrit pleinement dans une logique de durabilité et d’économie circulaire. La rénovation met l’accent sur l’efficacité énergétique : isolation de qualité, panneaux photovoltaïques en toiture et modernisation respectueuse des ressources.
Les marchés ont été divisés en plusieurs lots afin de donner leur chance à un maximum d’entreprises régionales. Tous les travaux sont exécutés par des entreprises membres d’Embuild. « C’était pour nous une évidence », explique Alain Kohn. « Nous voulions montrer l’exemple et démontrer ce dont nos entreprises sont capables. »
Un défi porteur de sens
Un tel projet exige beaucoup de l’équipe : planification, coordination, collaboration avec les partenaires…
Les défis sont nombreux. Mais l’effort en vaut la peine. Avec son installation dans le bâtiment historique de l’ACEC, Embuild Liège envoie un signal fort, tant pour son avenir que pour le dynamisme économique de la région. « Nous voyons ce site comme un engagement clair », conclut Alain Kohn. « En faveur de la construction de demain, de la collaboration dans le secteur et de la force de notre région. »




Impossible de passer à côté !

Au niveau national, Embuild soutient 16.000 PME et grandes entreprises actives dans toutes les activités et techniques du secteur de la construction. Partenaire de confiance, elle s’engage avec ses membres pour un entrepreneuriat responsable.
Construire ensemble, grandir ensemble.

Le 5 décembre, le Grand Casino de Chaudfontaine s’est transformé en véritable lieu de rencontre pour les professionnels du secteur.
À l’occasion de son banquet annuel, Techlink Liège-Verviers, l’association des spécialistes HVAC et des électriciens, a réuni pas moins de 198 participants, affichant complet pour cette édition 2025.


Dès l’apéritif gourmand, servi aux mange-debout, le ton était donné : favoriser les rencontres, les échanges et les discussions entre collègues. Une formule volontairement dynamique, permettant à chacun de circuler librement et de multiplier les contacts. Le plat principal a ensuite été servi à table, accompagné du spectacle de Pierre Theunis, de Betty LaFerrara et de leur fils, qui a su captiver et faire sourire l’assemblée. La soirée s’est poursuivie autour du
dessert, des mignardises et du café, à nouveau proposés aux mange-debout, avant de laisser place à la piste de danse animée par le DJ Monastère. La présence de Saint-Nicolas a, quant à elle, apporté une touche festive et chaleureuse supplémentaire.
Moment fort de la soirée, l’intervention de Bruno Claessens, nouveau président de Techlink Liège-Verviers et successeur de Mohamed Ikharazen. Il a rappelé l’essence même de l’association. « L’union fait la force», a-t-il souligné, insistant sur l’importance de la collaboration et du respect entre collègues pour relever ensemble les défis du secteur. Il a également attiré l’attention sur l’importance d’impliquer davantage les jeunes professionnels, les invitant à rejoindre la fédération afin de perpétuer ces valeurs de solidarité et de représentation collective.
Enfin, Bruno Claessens a rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, saluant la diplomatie et l’engagement de Mohamed Ikharazen, qui ont permis de renforcer la cohésion entre électriciens, sanitaristes et chauffagistes au sein de Techlink Liège-Verviers.

L’Association Royale des Maîtres Tailleurs de Pierre et Marbriers de Wallonie a célébré son traditionnel banquet de la Sainte-Barbe, patronne de la profession, le samedi 29 novembre 2025. L’événement s’est tenu dans le cadre prestigieux de la grande salle de bal de l’hôtel Van der Valk Sélys à Liège.


La soirée a débuté par la 36e séance solennelle de l’« Ordre de la Massette », présidée par Étienne Latour, maître de cérémonie. Cet ordre honorifique a pour vocation de distinguer les entrepreneurs et acteurs engagés dans les métiers de la pierre.
À cette occasion, la médaille du « Petit Mèss» a été attribuée à Julie Ferrara, tandis que celle du « Grand Mèss » a récompensé Mélanie Pesser pour son engagement et son parcours exemplaire.
Les participants ont ensuite partagé un moment convivial autour de l’apéritif, propice aux échanges et au réseautage, avant de prolonger la soirée par un dîner animé musicalement.
Réunissant plus de 80 convives, cette édition a rencontré un vif succès et a confirmé l’attachement de la profession à ses traditions. L’Association a également eu l’honneur d’accueillir Alain Kohn, président d’Embuild Liège.




