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Théo Guillerminet -JIPAD 2024

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Allier gestion des semences et protection des terres agricoles Une étude de cas dans les Hautes-Alpes THÉO GUILLERMINET MOTS-CLÉS : SEMENCES PAYSANNES, TERRES AGRICOLES, COMMUNS, ADAPTATION, HAUTES-ALPES

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a diversité cultivée — entendue comme l’ensemble des espèces et de leurs variétés cultivées dans un périmètre donné — et la terre sont essentielles aux systèmes alimentaires. Aujourd’hui en France, les modes d’organisation assurant l’accès à ces ressources sont régis par le marché, c’est-à-dire par la propriété privée et son transfert entre acteurs. Certains acteurs considèrent ces ressources comme des communs, à savoir qu’ils envisagent de les gérer selon des règles définies collectivement pour les préserver et les rendre plus accessibles. Dans une perspective systémique de conservation de ces communs, certains acteurs explorent des synergies entre pratiques de gestion de ces deux ressources. Nous verrons dans cette synthèse comment la gestion de la diversité cultivée est prise en compte dans un gestion coopérative des terres agricoles dans le GuillestroisQueyras et peut se traduire en actions concrètes. Nous verrons aussi comment la question des semences et celle des terres mobilisent les acteurs du territoire.

LES SEMENCES, LES OUBLIÉES DE NOS TERRITOIRES Les semences1 garantissent la migration des plantes sauvages ou cultivées par le biais d’agents vivants (par exemple mammifères, oiseaux) ou non-vivants (par exemple vent, eau). Si une 1. Entendues au sens large, les semences incluent ici toute partie végétale capable de produire une nouvelle plante et pouvant être échangée ou vendue.

semence se développe dans des conditions adéquates, elle peut donner une nouvelle plante et produire de nouvelles semences et ainsi de suite. Les semences de plantes cultivées circulent de main en main et permettent — par sélection naturelle et artificielle — une adaptation au sol, au climat et aux pratiques agricoles et alimentaires locales. Ce modèle simple suggère une diffusion libre des semences entre acteurs et une adaptation aux caractéristiques d’un territoire, mais elle ne tient pas compte des formes d’organisation ni des intérêts impliqués dans l’échange ou le transfert de semences. De fait, il existe deux systèmes d’acteurs relevant de deux modèles économiques différents. Dans un premier modèle, les semences produites sont issues de la récolte passée. Elles circulent entre agriculteurs et jardiniers sur un territoire par des échanges marchands ou non (Pautasso et al., 2013). On parle alors de réseau d’échanges de semences et celles-ci sont dites « paysannes », car ancrées dans un « pays », par opposition aux semences produites par des industriels extérieurs au territoire. En France, l’approvisionnement en semences assuré par ces réseaux est marginal (Bonneuil & Thomas, 2009). Dans un second modèle, ce sont des acteurs spécialisés, apparus avec l’industrialisation et la mécanisation de l’agriculture, qui réalisent la distribution de semences dites « conventionnelles » à des échelles nationale et internationale, uniquement par le biais du marché. Le lieu de sélection et de multiplication des semences est ici différent du lieu d’implantation agricole. Les semences sont sélectionnées pour optimiser la productivité, résister à certaines maladies connues et sont

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