Les plats préparés proposés par les grandes surfaces répondent-ils aux critères d’une alimentation saine et durable ? PAMELA EBNER MOTS-CLÉS : ALIMENTATION DURABLE, QUALITÉ NUTRITIONNELLE, ALIMENTS ULTRATRANSFORMÉS, ACCESSIBILITÉ
L
’augmentation des prix des produits alimentaires en France, conjuguée à la prévalence de maladies chroniques liées à la consommation d’aliments de mauvaise qualité nutritionnelle avec un coût environnemental important, soulève des questions sur la compatibilité entre accessibilité économique, alimentation saine et durabilité environnementale. Alors que de plus en plus de consommateurs se tournent vers des produits « premier prix » dans les grandes surfaces pour faire face à l’inflation, il semble pertinent d’évaluer ces choix. Ainsi, cette étude vise à explorer la relation entre le prix et les variables nutritionnelles et environnementales de 352 plats préparés, proposés par trois distributeurs français (Intermarché, Carrefour et Leclerc). Le but est de fournir des informations pour nourrir la réflexion sur les politiques publiques qui visent la conciliation entre accessibilité économique et alimentation saine et durable.
LA PLACE D’UNE ALIMENTATION SAINE ET DURABLE DANS UN CONTEXTE D’INFLATION Une alimentation de bonne qualité nutritionnelle permet la prévention de nombreuses maladies chroniques, telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’obésité, certains cancers, etc. Ces maladies sont aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, car très répandues
et entraînant un coût important pour la société (Vernay et al., 2015). D’où l’importance de l’accès à une alimentation saine. Mais qu’est-ce qu’une alimentation saine ? Le potentiel santé d’un aliment, défini comme la capacité à nous maintenir en bonne santé, ne se limite pas à la composition en nutriments, la structure de celui-ci compte aussi. En d’autres termes, au-delà des nutriments, il faut s’intéresser aussi à l’effet matrice des aliments/ingrédients à travers leur degré de transformation. Plus un aliment est dégradé et transformé, plus il perd en structure, en nutriments, et en interactions entre ses différents constituants (glucides, lipides, protéines, minéraux et vitamines), réduisant de ce fait son potentiel santé (Fardet, 2017). Par exemple, une pomme n’a pas le même effet sur l’organisme si elle est consommée entière, en purée ou en jus. D’où l’intérêt d’observer l’effet matrice, à travers le niveau de transformation des aliments. L’approvisionnement de 62 % des Français provient des grandes surfaces1. Or, l’offre alimentaire proposée dans les rayons de grande distribution est composée à 70 % d’aliments ultratransformés (AUT) (Davidou et al., 2021). Ces aliments, composés d’ingrédients et/ou additifs isolés et purifiés, sont souvent riches en calories, en sucres, en sel et en graisses saturées, avec une forte incidence sur la santé humaine,
1. https://www.insee.fr/fr/statistiques/2015133
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