Pour supprimer la pénalisation fiscale due au mariage, instaurons le quotient familial
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01 mars 2017 N° 3127
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Pour supprimer la pénalisation le quotient familial se focalise dorénavant sur le système du splitting. C’est oublier qu’une autre voie, celle du quotient familial, serait à la fois souhaitable et praticable. Ce système respecte non seulement l’égalité entre couples mariés et concubins, mais aussi entre couples mariés avec ou sans enfants. Il se révèle neutre en matière de répartition des revenus en n’incitant pas à choisir un type donné de l’impôt qui aboutit à une pénalisation excessive du second revenu.
Suite au refus en votation populaire, il y a un peu moins d’une année, de l’initiative du PDC «pour le couple et la famille», les deux Chambres ont accepté, en juin puis en décembre 2016, une motion déposée par le conseiller aux Etats Pirmin Bischof qui demande que l’élimination de la discrimination des couples mariés par rapport aux couples de concubins dans l’impôt fédéral direct soit réalisée par le biais d’une imposition commune (modèle du splitting intégral ou partiel ou modèle de calcul alternatif de l’impôt par exemple). L’introduction de l’imposition individuelle, dont le principe avait été adopté par le Conseil national en mars 2016, semble dorénavant écartée. La voie de manière ouverte. Les principes à respecter Impressum Editeur C
Le Tribunal fédéral (TF) a dégagé un certain nombre de règles que le législateur, fédéral ou cantonal, est censé respecter. Fondées sur les principes de l’universalité, de l’égalité de traitement et de l’imposition selon la capacité économique, elles peuvent être résumées comme suit: un couple marié doit être moins imposé qu’une personne seule disposant du même revenu (car le revenu global du couple doit couvrir les besoins de deux personnes); un couple marié ne doit
pas être plus imposé que deux concubins qui réalisent ensemble le même revenu (car le statut matrimonial ainsi que la répartition des tâches au sein du couple doivent être des enfants jouit d’une capacité contributive réduite dont il doit être tenu compte et, lucrative doit être moins imposé qu’un couple marié qui n’exerce qu’une seule activité mais réalise le même revenu. Le splitting Le système du splitting repose sur l’idée que la famille forme à la fois une communauté de revenus et de consommation. Il consiste à taxer les époux sur l’intégralité des revenus familiaux, mais en déterminant le taux à de splitting intégral (le diviseur est alors de époux réalise la moitié des revenus et dispose de la moitié des ressources; huit cantons et demi-cantons connaissent ce système. D’autres cantons ont introduit un système de splitting partiel, au motif que les conjoints ne réalisent pas chacun la moitié du total des revenus, le diviseur variant alors, selon les cantons, entre 1,6 et 1,9. Ce système, qui comporte certains avantages,
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des couples et des familles sans péjorer outre mesure celle des célibataires, présente cependant un inconvénient majeur: il ne tient aucun compte du nombre de personnes qui composent le ménage – et donc qui doivent vivre avec le revenu familial. Le quotient familial
Depuis 1984, un nombre mariés savent que leurs amis ou leurs voisins, dans une situation matérielle ou patrimoniale analogue, ne paient pas les mêmes impôts qu’eux. Il est temps que cela cesse et le quotient familial présente les meilleurs atouts pour y parvenir.
Le système du quotient familial (voir encadré ci-contre) a notamment pour but de rendre l’impôt aussi neutre que possible par rapport aux capacités de consommation des familles. Le principe qui le sous-tend est que la capacité économique d’une famille ne dépend pas seulement de son revenu, mais aussi de sa taille. Ce système est appliqué dans le canton de Vaud depuis trente ans majeure, tout en se révélant simple à mettre en œuvre tant du point de vue du contribuable que de l’administration. Les avantages du quotient familial Parmi les avantages de ce système, on doit en premier lieu retenir que le quotient familial respecte le principe constitutionnel de l’imposition selon la capacité contributive. Il ménage, les ressources sont mises en comet combien chacun des membres du foyer participe à la réalisation des revenus. Ce faisant, il respecte dans sa structure la caractéristique de la communauté conjugale, sans chacun des membres de la famille serait une entité indépendante, comme dans l’imposition individuelle. Deuxième avantage, le quotient agit comme modérateur de la progressivité de l’impôt. On sait que l’impôt fédéral direct connaît une progressivité très forte. Sans toucher à l’assiette de l’impôt – donc en limitant les déductions et en tenant compte de la quasi-intégralité des revenus – le quotient taxe ces revenus à un taux nettement inférieur. Les couples mariés sont ainsi bien moins discriminés par rapport aux concubins et, si
l’égalité parfaite n’est réalisable dans aucun système de splitting, certains couples mariés peuvent même être imposés moins lourdement que les couples en union libre. Ainsi, le système du quotient respecte tant la jurisprudence du Tribunal fédéral en matière d’imposition des familles que la loi d’harmonisation qui, à son article 11, prévoit que l’impôt des personnes mariées vivant en ménage commun doit être réduit de manière appropriée par rapport à celui des personnes vivant seules. Du fait de l’attribution de parts à chacun des membres de la famille, le système permet d’alléger l’impôt sur le revenu en prenant en considération les charges du contribuable. Il tend ainsi à réaliser une égalité entre couples mariés avec ou sans enfants, de surcroît en prenant en considération le nombre d’enfants dans le calcul du taux d’imposition et non seulement par le biais de déductions. Ce faipar rapport à la composition de la cellule ment identique pour tous les couples mariés, sans que n’entre dans la balance l’origine des revenus au sein du couple. Que les moyens du couple reposent sur un seul revenu ou sur deux revenus, que ceux-ci soient égaux ou inégaux, la taxation portera toujours sur la totalité de ceux-ci. Ainsi, le système – ce n’est pas le moindre de ses avantages – se révèle neutre par rapport aux choix de vie des époux et à l’organisation interne de la famille. En outre, il résout le problème des entreprises individuelles où l’un des époux compte de l’autre, sans toutefois en être le salarié. Pour fonctionner de manière optimale et ne pas constituer un frein à l’exercice, par chacun des conjoints, d’une activité professionnelle, il convient d’éviter que le quotient familial soit plafonné à un certain niveau de revenu et qu’il coexiste avec la mise en œuvre de déductions qui réduisent l’assiette cacité tout en ne pénalisant pas excessivement les revenus dans la classe supérieure,