PRISE DE POSITION - Vers une politique climatique socialement responsable

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PRISE DE POSITION Vers une politique climatique socialement responsable Comment le gouvernement peut-il garantir une compensation aux citoyens socialement défavorisés ? Pour Caritas Luxembourg, il est clair que ce sont les personnes les plus pauvres et celles socialement les plus défavorisées qui souffrent le plus du changement climatique et de la pollution et qui continueront aussi à l’avenir à en souffrir le plus. La protection de l'environnement et du climat doit promouvoir la justice sociale non seulement à long terme, mais aussi à court terme. Ce n'est qu'alors qu'il y aura une large acceptance dans la société. Aujourd'hui au Luxembourg, les personnes à faibles revenus risquent d'être laissées pour compte lorsqu'il s'agit de prendre d’importantes mesures de protection du climat et de l'environnement, car, souvent, elles ne disposent pas des ressources financières nécessaires pour s'adapter au changement climatique et ce malgré les subventions de l'État. En outre, elles seront à l’avenir de plus en plus chassées des grandes agglomérations à cause des loyers et les prix élevés des logements. Or, ce sont justement ces grandes agglomérations qui offrent les meilleures connexions avec les transports publics et les meilleures conditions pour passer à la mobilité douce. Caritas Luxembourg appelle les décideurs politiques à intégrer pleinement la dimension sociale dans le domaine de la protection de l'environnement et du climat. Dans le cas contraire, les mesures de protection du climat et de l'environnement peuvent rapidement être considérées comme des privilèges, des contraintes ou un harcèlement d'une élite plutôt aisée. A cet égard, il est important de prévenir à la fois les réelles injustices et le renforcement du sentiment d'injustice et des conflits sociaux. L'intervention des pouvoirs publics pour réduire la consommation d'énergie doit être neutre sur le plan des coûts pour les personnes socialement défavorisées. Si les personnes à faibles revenus sont les plus affectées par ces mesures, elles sont loin d'être responsables des causes du problème. A quelques exceptions près, ce sont les personnes plus riches qui ont l'empreinte écologique la plus élevée, tant en Europe que dans le monde. Oxfam souligne que les 10 % les plus riches du monde sont responsables de la moitié des gaz à effet de serre, alors que les 50 % les plus pauvres ne sont responsables que de 13 %.1 Les plus pauvres - en Europe et dans le monde - sont les plus touchés par les conséquences du changement climatique et disposent de moins de ressources pour s'adapter. Des mesures de protection du climat conçues de manière juste doivent tenir compte de points de départ qui ne sont pas égaux pour tout le monde : une condition de base pour une politique climatique et sociale durablement efficace et équitable. Les inégalités sociales s'accentuent également au Luxembourg. En 2018, 10 % des ménages les plus riches avaient un revenu 10,1 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres2. Le taux de risque de pauvreté au Luxembourg est actuellement de 18,3 % - en 2010, il était encore de 14,5 %3. Le taux de risque de pauvreté chez les parents seuls peut atteindre 40,7%4. 1

1 Oxfam: Die reichsten 10 Prozent verursachen die Hälfte der weltweiten Treibhausgase; Pressemitteilung vom 2. Dezember 2015 https://www.oxfam.de/presse/pressemitteilungen/2015-12-02-oxfam-reichsten-10-prozent-verursachen-haelfte-weltweiten

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2 STATEC 2019

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STATEC 2019


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