

SENIORS CHERCHENT LOGEMENTS ADAPTÉS
Les aînés représenteront près d’un quart de la population en 2040. D’où la nécessité de repenser et innover leur habitat. Une brochure ouvre des pistes de réflexion pour les politiciens. 16-21






SOMMAIRE
4-9 Actualité
La Cité internationale du Grand Morillon inaugure un nouveau locatif
Une étude sur l’impact du Covid-19 sur l’hôtellerie
10-15 Immobilier
Interview exclusive de Jean-Bernard Buchs, le bâtisseur qui orchestre certains des plus grands projets d’urbanisation de Suisse romande
Les anti-cyclistes immobiliers vus par Lorenzo Pedrazzini
16-21 Dossier
Les logements doivent s’adapter aux seniors. Les alternatives répertoriées dans une brochure
22-25 Commerce
Bernard Letu, le passionné du livre d’art rare prend sa retraite
26-28 Emploi et formation
Quatre recettes efficaces pour fidéliser ses clients Les principales nominations
29-31 Culture
Fresque géante réalisée sur une façade de l’HEPIA
32-33 Gastro
Portrait de Fabien Mene, meilleur sommelier de Suisse
34-35 Chronique
Comment répartir les places de parc dans une PPE
Éditeur: IMMOBILIER.CH SA
Rédacteur en chef: Serge Guertchakoff
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Par Serge Guertchakoff Rédacteur en chef

LA TENUTA BY GUALTIERI VINS
C’est le dernier projet en date d’Emmanuel Gualtieri ainsi que l’aboutissement d’une carrière de bientôt trente ans dans le milieu du vin à Genève. Après avoir participé à plusieurs ouvertures de restaurant en tant qu’actionnaire minoritaire ou consultant, il était temps pour Emmanuel Gualtieri d’avoir un lieu qui lui correspond à 100%. C’est pourquoi il a vite accepté l’offre qu’on lui a faite de reprendre l’arcade du 12 rue de l’Arquebuse où le Montiro, restaurant et cigare lounge, fermait ses portes. C’est donc parti pour huit mois de travaux durant lesquels la quasi-totalité de l’établissement sera rasé pour y reconstruire ce que Emmanuel et son fils Vincent, manager et directeur des opérations, ont en tête. Seul le fumoir intérieur et la cuisine seront gardés tel quel. Amoureux de vins, amateur de cigare, friand d’animation et d’interaction sociale, La Tenuta sera à l’image d’Emmanuel. Plusieurs activités et offres s’y entremêleront: un magasin de vins, spiritueux, huiles d’olives et cigares; un restaurant avec une cuisine italienne proposée par le chef Sergio Manzella; un cigare lounge; et un bar à vins.
LA PLANCHA CHANGE AUSSI DE MAINS
Situé à la place des Eaux-Vives et doté d’une grande terrasse, le restaurant La Plancha était exploité par Ana Chessel depuis juillet 2011, d’après nos informations. Or, celle-ci a accepté de s’en défaire. Depuis le 1er novembre,
c’est l’exploitant du restaurant Le Grand Chêne, sis au 1 rue de Genève à Chêne-Bourg, qui l’a repris. Le concept devrait évoluer prochainement.
NOUVELLE ACQUISITION POUR EDMOND DE ROTHSCHILD REAL ESTATE SICAV
Dernière acquisition en date pour ERRES (Edmond de Rothschild Real Estate SICAV): l’immeuble résidentiel sis rue de Genève 92/avenue de Thônex 5, à Thônex. Il a été acquis le 1er novembre dernier pour 20,5 millions de francs. Cette SICAV avait justement procédé à une augmentation de capital entre le 30 août et le 10 septembre dernier, intégralement souscrite, de quoi lever près de 280 millions de francs. Cela doit notamment servir à financer la livraison des immeubles résidentiels en fin de construction au Quartier de l’Etang pour 92,8 millions de francs.
CLAUDE MUMENTHALER
TRIPLE LA TAILLE DE SA PROPRIÉTÉ
Le fils de feu Maria Mumenthaler (fondatrice de Manpower Suisse) vient d’acquérir pour 11,322 millions la parcelle voisine à la sienne, au bord du lac à Anières. De quoi lui permettre de disposer désormais d’environ 3200 m2. Rappelons que les héritiers de Maria Mumenthaler avaient finalement cédé le contrôle de Manpower Suisse (les 51% qu’ils détenaient) au groupe mondial du même nom voici près de trois ans.
LA CITÉ DU GRAND MORILLON

Le bâtiment longiligne est situé à l'angle des routes des Morillons et de Ferney.
Longtemps menacée par un exode des organisations onusiennes, la Genève internationale s’étend et se diversifie. Au nombre des multiples projets dans le secteur, la Cité internationale du Grand Morillon inaugure un nouveau locatif.
Genève revient de loin. Grâce à la stratégie fédérale et cantonale adoptée en 2013, le secteur international se renforce et s’agrandit. Rénovations, constructions de logements, bureaux et infrastructures scolaires et routières vont permettre de le désenclaver. Un grand moment charnière après le fort développement des années 1960-1970 auquel contribue notamment la Cité internationale du Grand Morillon. A l’angle des routes de Ferney et des Morillons, juste en face du Conseil œcuménique des Eglises dont la construction de six bâtiments de logements et bureaux autour de son édifice historique est prévue d’ici à 2026, un foyer d’animation est en train de surgir.


«L’immeuble de logements de la Fondation Terra & Casa va constituer un début de centralité dans le quartier des Nations»
Sur cette parcelle de 21'000 m2, le locatif de 88 logements à loyers contrôlés destinés aux internationaux, vient s’ajouter à la résidence pour 700 étudiants de l’Institut des hautes études internationales (IHEID), inaugurée en février dernier. Le terrain accueillera aussi bientôt le siège suisse de Médecins sans frontières (MSF) qui va quitter son charismatique bâtiment des années 1920, déjà racheté, rue de Lausanne.
«Avec son restaurant, sa boulangerie-tea-room, sa cafétéria, son traiteur et son épicerie, l’immeuble de logements de la Fondation Terra & Casa va constituer un début de centralité dans le quartier des Nations», indique Audrey Ropion, cheffe de chantier de Steiner SA.
Audrey Ropion, cheffe de chantier de Steiner SA >>


L’arrière du bâtiment d’où l’on accède au parking souterrain.
Photos de Frank Mentha


Notons que plusieurs commerces seront gérés par des associations à but social: le restaurant par Cuisine Lab qui agit en faveur des réfugiés, la boulangerie par la Fondation Aigues-Vertes et un atelier de vélos par Genèveroule, deux institutions bien connues à Genève. Entreprise totale pour ce bâtiment, Steiner SA est aussi développeur, sur les quatre hectares adjacents à la Cité, du grand projet immobilier du Jardin des Nations mené par la Steiner Investment Foundation, qui devrait démarrer en 2024.
Une barre élancée sur huit étages
Suite au plan directeur de quartier Jardin des Nations adopté en 2005, le sec-
teur de quelque 130 hectares compris entre lac et aéroport a été mis en zone de développement 3, en 2013. Cette modification a permis d’introduire des affectations différentes et a fourni le cadre légal pour dégager des potentiels constructibles, tout en préservant la qualité paysagère. Par exemple à la Cité internationale. Le terrain appartenant à l’Etat a été mis en droit de superficie, pour moitié en faveur de l’IHEID via le rachat du terrain par la Fondation Hans Wilsdorf, la jouissance de l’autre moitié profitant à MSF et à Terra & Casa. Inscrits dans un plan localisé de quartier, les trois ouvrages sont issus chacun de concours d’architecture internatio -
naux, les aménagements extérieurs, en revanche, ont fait l’objet d’un projet commun issu, lui aussi, d’un concours international. Prolongement de la promenade de la Paix, voie de mobilité douce du Grand-Saconnex jusqu’au lac, le tracé traverse la parcelle en donnant une logique urbanistique à l’ensemble. En phase avec les gabarits existants et à venir dans la zone, la barre longiligne de huit étages sur rez de Terra & Casa est signée par le bureau valaisan Bonnard Woeffray architectes. Ses fines proportions élancées accompagnent la fluidité du mail central et se prêtent au dialogue avec le siège de MSF qui lui fera face. La volumétrie du bâtiment est unitaire, sans pli ni redent, à l’exception de la tête qui se tourne légèrement pour encadrer la place et signaler l’entrée du site sur la route des Morillons.
Des vis protègent le marronnier Dans son expression épurée, l’immeuble comprend 11 appartements par niveau, du studio au 6 pièces, desservis par trois cages de distribution. Vastes et lumineux, les logements intègrent des typologies traversantes, certains sont dotés d’un balcon loggia intégré dans la volumétrie. Avec ses panneaux photovoltaïques en toiture végétalisée et une excellente isolation de l’enveloppe, l’ouvrage répond aux standards énergétiques élevés HPE. La production de chaleur est garantie par la conduite à distance Cadiom des Services industriels de Genève (SIG). Réalisée en éléments préfabriquées béton, la modénature des façades assure les faibles coûts d’entretien.
Le rez offre 680 m2 de surfaces d’activités. Le parking souterrain sur deux niveaux, accessible par l’arrière de l’immeuble, en limite de parcelle, profite d’une rampe commune conduisant aux aires de stationnement des autres bâtiments du site. Quant au grand marronnier existant sur la place, il a été non seulement sauvegardé, mais ses racines sont protégées par un système de vis de fondation Krinner installé sous la dalle. Les locataires inaugurent leur nouvelle demeure dès mi-novembre. Terra & Casa a pour vocation d’offrir des solutions de logement à coûts accessibles aux employés internationaux.
Viviane Scaramiglia
Cuisine ouverte vitrée et loggia dotée d’un panneau coulissant.
A la lisière du Jardin des Nations à droite, l’immeuble dialoguera avec le futur siège de Médecins sans frontières, à gauche.
Le quartier international fait sa mue
Après l’inauguration récente du Bâtiment H, extension du Palais des Nations soumis à rénovation, le tout devisé à 837 millions de francs, avec une participation de Berne et du Canton en prêts de 460 millions de francs, la Genève internationale va bon train. A la rénovation du bâtiment de l’Organisation internationale du travail (OIT) d’un coût total de 300 millions de francs, dont près d’un quart accordé par la Confédération, s’ajoute notamment le nouvel immeuble du siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) soutenu à hauteur de 140 millions par Berne, l’Etat et la Fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI), tandis que l’Union internationale des télécommunications (UIT) s’offrira un nouvel édifice en 2026 avec le soutien suisse et cantonal de 150 millions.
Au-delà des grands paquebots onusiens s’affichent la Cité du Grand Morillon, l’ambitieux développement immobilier du Conseil œcuménique des églises (six bâtiments de bureaux, logements et résidence hôtelière), l’important projet du Jardin des Nations, le développement urbain prévu à moyen terme le long de la route de Ferney. Quant à la future route des Nations partiellement enterrée, qui va connecter le quartier des organisations internationales à l’autoroute, elle délestera la route de Ferney ultérieurement desservie par la prolongation du tram 15 jusqu’au Grand-Saconnex. Genève, ville mondiale: le mythe n’est plus en péril et reste plus que jamais une réalité.
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L’IMPACT DU COVID-19 SUR L’HÔTELLERIE
La société Jones Lang LaSalle (JLL) vient de publier une étude relative à l’hôtellerie de Genève et de Zurich, notamment en matière d’évolution du taux d’occupation.

Alors que les possibilités de voyager sont encore limitées du fait de l’entrée en vigueur d’un pass sanitaire qui varie d’un pays à l’autre, de nombreux hôtels ont encore passablement souffert cet été de la pandémie. «Nous avons vécu une reprise positive de notre destination. Cela permet d’envisager l’avenir plus sereinement, mais la situation reste très fragile. Il nous manque encore la visibilité à long terme», nous a confié Gilles Rangon, président de la Société des hôteliers de Genève (SHG) et directeur général de l’hôtel Eden. Afin d’analyser l’impact du Covid-19 sur les hôtels de Genève et de Zurich, JLL a utilisé les indicateurs suivants: le taux d’occupation mensuel, le prix moyen par chambre (ADR, average daily rate) et le revenu par chambre disponible (RevPar). Ceux-ci ont été fourni via la société internationale STR, leader dans la comparaison de données à l’échelle internationale dans le secteur hôtelier. «Alors qu’à Genève, les taux d’occupation ont
«Nous avons

vécu une reprise positive de notre destination»
Gilles Rangon, président de la Société des hôteliers de Genève
à nouveau dépassé les 50% à partir du mois d’août, Zurich a même atteint des niveaux d’occupation d’environ 60% en août et septembre. Par rapport à 2019, les taux d’occupation se rapprochent lentement du niveau avant le coronavirus», indique Daniel Stocker, responsable de la recherche chez JLL Suisse.
«Au troisième trimestre, les tarifs des chambres ont à nouveau évolué positivement et ont enregistré une nouvelle
forte hausse à Genève et à Zurich par rapport au deuxième trimestre. En août et en septembre, l’ADR dans les deux villes a même dépassé le niveau de 2019. Ces évolutions réjouissantes se reflètent également dans les chiffres du RevPaR. Au troisième trimestre, elles sont encore en moyenne inférieures d’environ 30% par rapport au niveau de 2019», révèle l’étude JLL.
Deux congrès majeurs
Autre information réjouissante rappelée cette fois-ci par le président de la SHG: «En septembre, notre canton a enregistré environ 182'000 nuitées et en octobre, ce chiffre dépassera les 200'000 grâce à la tenue de deux gros congrès à Palexpo: INDEX du 19 au 22 octobre, le salon mondial leader sur les matériaux non-tissés; et Vitafoods Europe du 5 au 7 octobre, l'événement annuel où se réunit l’ensemble des acteurs de la chaîne d'approvisionnement nutraceutique.»
Autre bonne surprise: «La clientèle
Evolution du revenu par chambre disponible à Genève
prix moyen par chambre à Genève

moyen-orientale a répondu présent entre la mi-juillet et fin septembre. En août, ils étaient environ 19'000, ce qui représente environ 10% de la totalité des nuitées. Cela étant, il faut se rappeler qu’avant la pandémie, cette clientèle représentait environ le tiers des visiteurs à Genève. » En revanche, Gilles Rangon observe qu’en ce qui concerne la catégorie des

L i v r a i s o n r a pi d e
des nuitées en Suisse des hôtes étrangers

hôtels 3 étoiles, celle-ci a connu une baisse de 20 à 30% de son prix moyen par chambre par rapport aux années précédentes. «Maintenir de tels prix sera compliqué vu que le salaire minimal à Genève a augmenté à la fin de l’année 2020.» Il faut savoir que ce segment des 3 étoiles représente tout de même un quart des chambres disponibles à Ge -
nève. A ce propos, alors que Genève compte environ 10'000 chambres disponibles, à l’heure actuelle il n’y en a qu’environ 8'500 qui sont mises à disposition, notamment du fait de la pénurie de maind’œuvre. Certains établissements hôteliers ont décidé de fermer des étages, faute de personnel suffisant.
Serge Guertchakoff








Evolution des nuitées en Suisse des hôtes suisses
Evolution
Interview exclusive de Jean-Bernard Buchs
«ENVISAGER LA MIXITÉ SOUS TOUTES SES FORMES EST LA SEULE MANIÈRE DE CONCEVOIR UNE VILLE»
Homme discret, Jean-Bernard Buchs orchestre certains des plus grands projets d’urbanisation de Suisse romande. Administrateur et homme de confiance de l’investisseur Claude Berda, il dirige le projet EVOLUTION + / Quartier de l’Etang. Entretien avec un bâtisseur qui revient sur la genèse et les perspectives de cette nouvelle centralité urbaine.

Construite sur une ancienne zone industrielle de la commune de Vernier, EVOLUTION + / Quartier de l’Etang impressionne. Par son architecture d’abord. Le fameux architecte français Dominique Perrault en a réalisé le masterplan. Il a imaginé une ville en deux couches: un socle urbain de quatre niveaux et des émergences qui composent les étages supérieurs. Pas moins de trois entreprises totales et cinq bureaux d’architectes l’ont ensuite matérialisée, encadrés par le pilote du projet Urban Project SA. La réalisation du Quartier de l’Etang, cette nouvelle ville dans la ville, comme aiment à l’appeler les acteurs de ce chantier, est phénoménale. Sa rapidité d’exécution interpelle. Sorti de terre en trois ans à
peine, son dernier bâtiment ouvrira ses portes en 2023. Un record! Derrière l'Etang, deux hommes: Claude Berda et Jean-Bernard Buchs. Le premier, célèbre investisseur, est à la tête de nombreux projets de développement immobilier à travers toute la Suisse romande. L’homme d’affaires aguerri n’en est pas à son premier succès. A ses côtés depuis plus de vingt ans, Jean-Bernard Buchs, son homme de confiance, gère les affaires du groupe Berda. Les Jardins de la Pâla à Bulle, l’immeuble de verre aux Pâquis, l’îlot vert à La Chauxde-Fonds, Small City à Lancy et la liste est encore longue. Complémentaire, le duo innove en créant de nombreux projets. Avec EVOLUTION + / Quartier de l’Etang, ils ont une fois encore transformé
Jean-Bernard Buchs lors du bouquet de chantier du quartier de l'Etang en octobre dernier. Nicolas Dupraz
l’essai en favorisant l’émergence d’une nouvelle centralité urbaine genevoise.
Vous êtes de tous les projets immobiliers importants qui essaiment en Suisse romande. Pourtant très peu de gens vous connaissent. Qui est Jean Bernard Buchs?
Il n’y a pas grand-chose à dire sur moi. J’ai commencé à faire de l’immobilier depuis l’âge de 30 ans et suis dans les affaires depuis plus de quarante ans. J’aime profondément ce que je fais en participant, à ma façon, à la création de nouveaux environnements de vie conformes aux attentes et aux besoins de notre époque et des années à venir.
Pouvez-vous nous donner un exemple concret?
Je crois que le Quartier de l’Etang est un bon exemple. Son nom – EVOLUTION+ / Quartier de l’Etang – n’est pas anodin. Nous avions à cœur de réaliser
«Un quartier ne se résume pas à bâtir de beaux édifices.
C’est le social qui compte!»
une programmation pour et avec les habitants qui se nourrit des usages des uns et des autres. Nous voulions créer une communauté qui mêle différents profils, qui favorise les liens sociaux en réunissant habitations, commerces, services, emplois et loisirs. Construire, en somme, un véritable lieu de vie. Cette volonté de mixité a sous-tendu, dès ses débuts, la conception du projet.
Le Quartier de l’Etang étonne par sa vitesse de réalisation. Comment avez-vous fait dans ce contexte compliqué pour la construction que nous connaissons?
Il n’y a pas de miracle. Tout d’abord il faut maîtriser le foncier. Puis, pour qu’un projet soit compris et accepté, il faut une bonne gouvernance. Nous avons donc développé une «task force» mobilisant le canton, la commune, des acteurs privés et les riverains, qui a généré une vraie intelligence collective. Mais, c’est surtout la qualité de notre relation avec

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Pour le Quartier de l’Etang, «nous avions à cœur de réaliser une programmation pour et avec les habitants qui se nourrit des usages des uns et des autres». Diego Varane/Render & URBAN PROJECT SA
l’exécutif de Vernier et ses délégués qui s’est révélée primordiale. Cela nous a permis de travailler conjointement à l’avènement d’un espace réunissant tout un ensemble de services de proximité réellement utiles pour les habitants. Ce même modèle de «Task Force» est aussi en place pour la commercialisation avec les acteurs du groupe.
Le projet se définit comme un modèle de la ville de demain, que souhaitez-vous pour ce quartier? Construire un quartier ne se résume pas à bâtir de beaux édifices. C’est le social qui compte! Un quartier n’est rien sans sa population et le dynamisme qu’elle insuffle. Elle est l’âme qui anime la construction. Je souhaite que ce quartier vive, qu’il trouve sa place et son identité au sein du canton. Que les habitants et les visiteurs en soient fiers. A ce moment, je considèrerai notre travail achevé.
Un quartier se fait ou se défait avec ses usagers. Comment passer de la théorie à la pratique?
En concevant le Quartier de l’Etang,
«Nous, les promoteurs, avons pris le risque de construire un quartier pas comme les autres»

nous avons imaginé un espace de vie riche et diversifié, lié aux usages quotidiens. La mixité, aussi bien sociale que fonctionnelle, a donc été une évidence. Il ne fallait pas seulement que les gens habitent le quartier, mais qu’ils le vivent, qu’ils soient heureux d’y prendre part. Voilà pourquoi la programmation et les espaces publics ont été pensés avec autant de soin que les logements qui les entourent. Les premiers habitants, depuis cet été, bénéficient déjà d’espaces de rencontres et de services avec le Café des Possibles, l’Ecole des Tritons et la crèche, bientôt rejoints par de nombreux autres qui développeront encore cette vie de quartier. En intégrant une mixité d’activités au sein même des bâtiments, c’est tout un réseau de proximité qui se développe. Une proximité synonyme de gain de temps, de facilité et donc d’une meilleure qualité de vie.
Votre programme comprenant 100’000m2 de résidentiel et 150'000 m2 d’espaces commerciaux s’inscrit dans un canton où le nombre de bureaux vides est très important.

Comment se passe la commercialisation?
Le programme comprend plus de 890 logements (environ 2500 habitants), une école, une résidence d’étudiants, une résidence pour les seniors, trois hôtels (plus de 670 chambres), des commerces, des restaurants, des bureaux et un pôle de loisirs. Nous, les promoteurs, avons pris le risque de construire un quartier pas comme les autres. La programmation a été longuement étu-
diée via, là aussi, une «Task Force» axée sur la commercialisation. Nous avons créé un groupe d’experts avec des représentants des sociétés CBRE, Partner Real Estate Knight Frank ou encore StudioMEV, entourés par les sociétés du groupe tels que PCM Opérateur Urbain, Urban Project et Gerofinance-Régie du Rhône. L’idée n’est pas de remplir nos locaux avec n’importe quelle entreprise, mais de réfléchir à un assemblage sensé et diversifié répondant aux besoins actuels. Il faut savoir répartir les activités et s’adapter à la réalité économique. L’îlot «Le Belvédère» a été pensé comme un joyau haut de gamme. Il façonne l’identité du quartier avec une structure entièrement vitrée qui invitera les différentes sociétés de services à intégrer de grandes surfaces de bureaux lumineuses répondant à leurs nouvelles attentes. Je peux aussi citer «Les Fabriques». Ces deux bâtiments le long de la voie ferrée sont destinés aux entreprises de production et d’artisanat tels que des show-rooms, des start-up et la grande distribution grâce à leurs larges plateaux divisibles. Au pied de tous ces îlots des commerces, des restaurants et divers services de proximité trouvent place.
Je pense sincèrement que nous avons réussi à moduler une offre qui saura répondre à une large variété de besoins. Propos recueillis par Frédéric Vormus
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LES ANTI-CYCLISTES IMMOBILIERS
Peut-on interdire à un âne qui a soif de... boire? Compliquer, freiner ou règlementer l’achat immobilier, c’est presque impossible. Les anti-cyclistes peuvent toujours pédaler.

Lorenzo Pedrazzini, fondateur de Colliers Int. Suisse SA et administrateur d’AMI
Int. Suisse SA. Auteur de cinq ouvrages de référence portant sur l’investissement immobilier et chroniqueur régulier dans plusieurs médias suisses et étrangers.
Où vont les prix? L’immobilier suisse, au sens large (immobilier des particuliers et des investisseurs) a doublé de valeur en quinze ans, toutes régions, catégories et destinations confondues. C’est un fait, on nous le rabâche. Dans cette même durée, les taux d’intérêt hypothécaires ont été divisés par quatre. L’économie va, les flux démographiques entrants sont constants, le foncier n’est pas extensible, il est rare. Pas besoin de rédiger un doctorat pour s’imaginer qu’en 2022, à influences constantes, les prix augmenteront. Probablement de 3% ou 5% en moyenne (la moyenne est un curseur arithmétique facile, qui, en vérité, ne signifie pas grand-
chose; on s’en contentera). Le bavardage médiatique ou politique sur ce sujet est fatigant. C’est lassant.
• Un cycle, qu’est-ce que c’est?
En économie, on parle d’une «roue», une période de tendances répétées (ça monte, ça baisse...). En ce qui concerne la pierre, le cycle haussier a commencé en 2002. Vingt ans! Il s’est accéléré depuis 2014, certes, mais après une crise violente que les moins de... 20 ans n’ont jamais comprise. C’était le crash immobilier des années 1990. Officiellement 50 milliards de pertes chez les créanciers d’alors (source Banque nationale suisse), le triple, probablement chez tout le monde. La statistique, en Suisse, est au niveau du Burkina Faso!
• Un risque?
La BNS s’alarme depuis 2015 au moins du sort des 700 milliards de francs d’hypothèques qui grèvent la fortune des Suisses, celle des particuliers. Elle a bien raison en théorie, totalement tort dans les faits. Certes, si le prix moyen des hypothèques augmentait d’un pourcent, les propriétaires endettés payeraient 7 milliards en plus, chaque année, sans compter le risque de devoir amortir leurs emprunts, du fait que la valeur de leurs logements baisserait tout aussi automatiquement. Peu importe les durées de taux fixes. C’est «l’appel de marge», technique bancaire d’amortissement forcé, lisible en petit caractère dans n’importe quel contrat de crédit. L’effet
IMAGE
destructeur de cette clause, c’est un multiple du risque de payer plus cher son emprunt. Qui en parle?
• Le pyromane incendié! Il est peu probable que les taux, à périmètre économique constant, s’envolent avant 2025. Notre monnaie est trop forte, entre autres motifs. Cependant, lorsque l’on achète ou construit, pour soi, c’est pour longtemps et pas pour la durée d’un emprunt. Le carburant de la valorisation, sa drogue, (dans l’immobilier comme dans les valeurs mobilières, bourse, matières premières ou obligations...) c’est le prix de l’argent. Revenant à la BNS, comment comprendre que le gendarme qui impose des intérêts négatifs aux épargnants puisse s’étonner que ses victimes se dirigent vers ce qu’il pense être une épargne moins viciée?
• L’épargne de grand papa est une bêtise!
Auriez-vous XXX mille francs (je simplifie) pour vos vieux jours, placés à la caisse d’épargne du coin, seriez- vous content de lire en fin d’année qu’on vous a pris 0,75% d’intérêts négatifs, 0,25% de frais de tenue de compte et perdu en valeur celle, sans doute

IMAGE A TROUVER


réelle, de l’inflation? Disons encore 2% de moins. En tout, payer 3% pour avoir le droit d’épargner? Le vaccin devient poison.
• Les mesures anti-cycliques, qu’est-ce que c’est? Il s’agit simplement d’imaginer un frein, une sorte de thérapie (le masque sans vaccin) qui serait l’assurance d’éviter dans le porte-monnaie des
endettés, le prix ou la correction d’une bulle, que de petits épargnants, un peu dadais, n’auraient pas vu venir et qu’ils seraient incapables de supporter, si...
• La bulle est ronde.
Toutes les théories économiques convergent sur un point: nous sommes en situation de bulle depuis trois ans au moins quoi qu’en disent ceux dont l’industrie est de prêter plus.
Mais cette bulle peut durer dix ans, qui sait? Entre-temps, que faire? Ceux qui ont acheté depuis vingt ans n’ont-ils pas eu raison? Le levier d’une autorité des marchés ne porte que sur la proportion de fonds propres des particuliers. Hausse des prix et exigence d’apport de sa propre épargne, ce sont les faibles moyens pour freiner l’engouement. Dans les faits, c’est complètement inefficace. Tout le monde triche.
• Un risque, ça s’amortit!
Le bas blesse, ici, sur l’approche qu’ont les acteurs politiques ou économiques d’une vertu cardinale: l’amortissement. Les 20% de fonds propres exigés sont scandaleusement insuffisant pour absorber une correction du marché. Plusieurs études mesurent que ce besoin avoisine les 37%. Il s’agit donc, plutôt que de pénaliser, de favoriser une épargne parallèle, capable d’encaisser un accident. Une sorte d’assurance. Notamment en imaginant un cadre de défiscalisation motivant, limité à l’amortissement. Ce serait plus malin que de pérorer au sujet des valeurs locatives, les subventions ou des déductions de détail.
Entre temps, les anti-cyclistes pourront toujours pédaler, à moins d’imaginer des arrêtés fédéraux urgents, par lesquels l’Etat fixerait les prix. Ce n’est pas impossible. Lorenzo Pedrazzini

• Vidange hydraulique
• Nettoyage haute-pression
• Canalisation - collecteurs
• Colonnes de chute

• Pompage de fosses
• Caméra vidéo
• Maçonnerie
• Stations de pompage
Habitat pour les aînés
LES LOGEMENTS S’ADAPTENT AUX SENIORS
Entre le logement classique et l’EMS diabolisé, plusieurs alternatives émergent. Premier répertoire du genre, la brochure éditée par la Plateforme des associations d’aînés de Genève fourmille d’informations et ouvre des pistes de réflexion à nos politiciens.
«Le vieillissement de la population est un enjeu important qui soulève de sérieux défis, mais aussi des opportunités pour repenser et innover l’habitat, le logement, l’aménagement territorial», relève, en préface de la brochure, le conseiller d’Etat Antonio Hodgers, chargé du Département du territoire. L’enjeu est effectivement de taille avec l’évolution démographique galopante engendrée depuis une quinzaine d’années par l’arrivée à la retraite des baby-boomers, nés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. A la fin 2020, 83'800 aînés de 65 ans et plus (dont près d’un tiers de plus de 80 ans) étaient recensés dans le canton, soit quelque 16,5% de la population. Le taux devrait grimper à 24% en 2040. Il faut compter aussi avec la constante augmentation de l’espérance de vie qui marque ces dernières décennies. Les 5% de la population suisse ont 85 ans. Dans vingt-cinq ans, ce sera un octogénaire sur dix.

«Les EMS restent un des maillons indispensables de la politique pour la vieillesse»
Jacqueline Cramer, présidente de la Plateforme des associations d’aînés de Genève
«Pour l’heure, 4000 seniors vivent dans les 54 EMS genevois et 2000 en immeubles avec encadrement pour personnes âgées (IEPA)», indique Jacqueline Cramer, présidente de la Plateforme des associations d’aînés de Genève. Voilà qui laisse une marge très prioritaire à la politique du maintien à domicile. Mais comment rester chez soi, alors que l’autonomie de la personne peut se fragiliser avec le temps? Comment vivre à la maison sans courir le risque de l’isolement social? Un risque qui touche toutes les classes sociales, comme indique Irina Ionita, secrétaire générale de la Plateforme, en se référant notamment au diagnostic d’isolement à Champel, réalisé récemment par la Ville de Genève. Et comment faire pour que la famille ou les proches aidants ne finissent par s’épuiser?
L’intergénérationnel, force sociétale Au nombre des neuf typologies de logements pour aînés répertoriées par la brochure, l’importance de l’habitat in-
Dans le vaste ensemble des Minoteries, à Plainpalais


tergénérationnel n’est plus à démontrer. Véritable vecteur de cohésion sociale, la démarche de mixités intergénérationnelles est aujourd’hui au cœur des débats sociétaux. Il s’agit d’un facteur du mieux-vieillir pour les aînés, qui favorise les liens, la solidarité, la stimulation intellectuelle, mais favorise aussi le partage
des savoirs et des expériences. Parmi les exemples concrets: la cohabitation en appartement privé avec un(e) étudiant(e), comme proposé par «1h par m2 – Un étudiant sous mon toit». Coordonné par le Bureau de logement de l’Université, le principe repose sur une chambre offerte en échange de coups de main.
Autre piste, celle de la Fondation immobilière de Confignon, à Cressy, qui propose un logement communautaire pour seniors au sein d’un immeuble abritant des aînés et des jeunes. Pour sa part, La Casa del Cedro, inaugurée en 2019 à Châtelaine, compte huit appartements pour retraités et autant pour des étu-


L’EMS
diants ou jeunes en formation. C’est une initiative de la Fondation Alphonse Carfagni qui tend à pallier le manque de logements locatifs bon marché à Genève. Au sein des coopératives d’habitation, l’intergénérationnel reste, pour sa part, encore à explorer. Alors que le Groupement des coopératives d’habitation genevoises se met à réfléchir à la question, la société coopérative d’habitation Voisinage fait figure d’exemple. La soixantaine de logements pour aînés qu’elle a construits dans l’écoquartier des Vergers, à Meyrin, s’est donnée pour objectif de favoriser un environnement propice à la mixité sociale, culturelle et fonctionnelle.
Repenser l’habitat
Sachant que 85% des aînés vivent chez eux, c’est à l’évidence une voie privilégiée pour maintenir les liens avec les autres locataires ou copropriétaires, avec le quartier, les réseaux de proximité, l’environnement. Toutefois, certains aménagements doivent s’imposer afin d’adapter les conditions de vie aux limitations phy-
Fin 2020, 83'800 aînés de 65 ans et plus étaient recensés dans le canton, soit quelque 16,5% de la population. Le taux devrait grimper à 24% en 2040

siques ou cognitives éprouvées durant la vieillesse. Il s’agit d’aménagements souvent simples. Des modifications de l’espace pour améliorer l’éclairage, supprimer des obstacles entravant la mobilité, ou des interventions plus importantes, comme l’installation d’une main courante ou l’équipement adéquat d’une salle de bain qui nécessitent l’autorisation de la régie ou du propriétaire. Ces besoins peuvent être identifiés par des ergothérapeutes, voire par un architecte-conseil proposé par une association pour la vieillesse ou le handicap. Les coûts sont généralement pris en charge par les assurances sociales. A défaut, la création d’un fonds pour les petits aménagements est préconisée par la Plateforme, en partenariat et réflexion avec la Direction générale de la santé.
L’immeuble rénové «Il existe des normes légales en matière de construction et de rénovation, qui sont insuffisamment suivies par les concepteurs. Le «réflexe senior» a de la peine à
de Butini, à Onex. LDD
Cohabitation aîné-étudiante: une chambre offerte en échange de coups de main. Niels Ackermann


A Cressy, un immeuble communautaire abritant des aînés et des jeunes. LDD
s’ancrer dans les bureaux d’architectes, observe Irina Ionita. Nous avons encore un immense effort de sensibilisation à fournir auprès des propriétaires privés de l’immobilier et des concepteurs, sachant que certains problèmes, comme ceux liés à l’accessibilité à l’immeuble par exemple, peuvent conduire à l’isolement.»
Le «réflexe senior» a de la peine à s’ancrer dans les bureaux d’architectes

«La pratique des collectivités publiques en matière de rénovation et d’adaptation d’immeubles constitue un excellent exemple à suivre pour le secteur privé», lit-on dans la brochure. Le vaste ensemble des Minoteries, à Plainpalais, sustente le propos. Propriété de la Ville, sa rénovation (2016-2020) a mis en chantier des enjeux énergétiques, architecturaux







L’Adret, au Grand-Lancy, un immeuble intergénérationnel. Les aînés bénéficient de la continuité des soins. Michel Bonvin
et humains au profit de 329 logements pour personnes en situation de fragilité ou à mobilité réduite. Equipements des salles de bains, accès à la cuisine, aménagements pour améliorer la sécurité et la qualité des contacts entre locataires, rien n’a été laissé au hasard dans cette opération participative.
L’habitat évolutif de l’Adret
Au-delà des 27 immeubles avec encadrement pour personnes âgées (IEPA), modèle phare de la politique du maintien à domicile géré par l’IMAD, spécialiste de l’aide et des soins à domicile, l’habitat évolutif pour senior (HEPS) au cœur d’immeubles intergénérationnels, tel qu’il a été construit à l’Adret, au Grand-Lancy, propose une solution innovante. Celleci consiste à garantir la continuité des soins et l’adaptation constante à la perte progressive d’autonomie de la personne âgée. Changement de paradigme donc: ce sont les structures qui s’adaptent aux personnes et non l’inverse. Ce qui exige des professionnels de la santé d’entrer dans une vraie dynamique de réseau de soins pour développer des synergies interprofessionnelles.
Les deux immeubles HLM de l’Adret comprennent 113 logements et deux appartements communautaires pour seniors, une chambre d’hôtes pour les familles et les proches, ainsi que 28 studios pour étudiants. Les logements seniors sont équipés d’un système d’appel d’urgence,
«Vieillir ne me dérange pas, parce que c’est le seul truc qu’on ait trouvé pour ne pas mourir jeune», Woody Allen
relié directement à l’unité de soins située dans le bâtiment. Seul du genre à Genève, l’HEPS devrait faire écho à un projet similaire aux Palettes où la Ville de Lancy envisage l’acquisition d’une nouvelle parcelle.
L’EMS
Lieu de vie médicalisé, l’établissement médico-social est le plus souvent le dernier domicile des personnes qu’il accueille. «Il se défend cependant d’être un mouroir. Le respect et la dignité d’une personne vulnérable est la ligne dont les EMS ne s’écartent pas», déclare Jacqueline Cramer. Egalement présidente de la Fondation pour l’accueil et l’hébergement des personnes âgées (FAHPA), elle observe que les EMS tendent à devenir de plus en plus des lieux de vie et d’accompagnement. «Mais, bien qu’appartenant au réseau de soins du canton de Genève, ces structures ressentent un certain isolement, car leur travail auprès des seniors en perte d’autonomie ou dépendants n’est ni valorisée ni reconnue à leur juste valeur. Il s’agit de reconnaître les EMS comme un des maillons indispensables de la politique pour la vieillesse», affirme cette battante qui, depuis plus de vingt-cinq ans, se mobilise sur le front du grand âge. La vieillesse, une potentialité Jacquelin Cramer évoque aussi la force d’action bénévole des seniors. Infantilisés, stigmatisés, regroupés sans différenciation dans une seule catégorie
Plateforme des associations d’aînés de Genève
Organisme fondé en 2005, elle réunit 49 associations et 25 observateurs institutionnels et services sociaux communaux. Elle vise à promouvoir et à coordonner tout ce qui concerne les 83'000 retraités du canton de façon à améliorer leur quotidien et à défendre leurs intérêts. Elle constitue un organe de représentation et de consultation auprès des autorités et des institutions.
«Habitat(s) seniors»
La brochure informative «Habitat(s) seniors» s’adresse aux aînés, mais constitue surtout un inventaire de pistes d’actions à l’adresse du monde politique. Etant entendu que seule une coordination plus étroite avec les acteurs du terrain peut faire évoluer les dispositifs et promouvoir une vision globale sur la vieillesse.
Téléchargeable sur www.plateformeaines.ch
des personnes à risques au cœur de la crise pandémique, les retraités qui représentent, en Suisse, 1,6 million d’âmes sur une population totale de 8,6 millions, ont eu de quoi s’irriter. Car, avant l’hiver de la
vieillesse, les personnes âgées prouvent leur dynamisme et restent alertes à partager leur expérience de vie. «Il s’agit de rendre justice notamment aux aînés bénévoles qui s’impliquent dans la vie

• 36, rue de Peillonnex 1225 Chêne-Bourg
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sociale, tout en gardant leurs petits-enfants. Les comités d’associations sportives, culturelles ou sociales comptent en moyenne 50% de seniors.»
Viviane Scaramiglia










De nombreux domaines vous accueillent tous les samedis dans leur cave pour un moment unique de partage.




Famille Charrière Cave de Lully, Lully
Suisse. Naturellement.
Bernard Letu
L’AMANT DU LIVRE D’ART
Rue Jean Calvin, Bernard Letu
règne depuis trente-huit ans sur une librairie d’art unique où les nouvelles pépites se partagent la vedette avec des livres rares et des livres introuvables.
Si les livres venaient à manquer, Bernard Letu disparaîtrait aussi. C’est pour cela qu’il les dévore, les consomme et s’en nourrit. A l’odeur, on jurerait qu’il saurait nous dire si le livre a été imprimé en Italie, en France, Angleterre ou ailleurs. Absorption totale. Présence absolue. Ce jour-là, il vous reçoit dans son espace un peu en désordre, avec, sur le sol, des piles d’ouvrages pointus sur la bijouterie prêts pour le salon international GemGenève à Palexpo. Mais comme toujours, le rectangle de ciel arboré qui traverse sa devanture de la rue Calvin éclaire l’effervescence de titres qui tapissent les murs, exhumant ici et là l’émerveillement de textes et images rares ou d’ouvrages épuisés qui font le bonheur, via aussi le site de la librairie, de collectionneurs internationaux.
«Je ne pouvais concevoir le métier de libraire qu’en relation avec l’art, racontet-il. Tous mes choix sont le fruit d’une recherche esthétique, que ce soit dans le domaine des arts appliqués, bijoux,

Les territoires d’exploration de Bernard Letu: les arts appliqués, les arts décoratifs, la mode, la musique, la photographie et les arts orientaux.
A la Libération, il s’inscrit à l’Ecole des langues orientales où il apprend l’arabe classique, passe une licence de droit et s’imagine secrétaire d’ambassade
verre, tissus, céramique, dans l’univers de la photographie, de l’architecture ou de la décoration intérieure.» Son hédonisme, c’est aussi Byzance, la Perse, le Livre des Rois, le Cantique des Oiseaux ou Leily et Majnun, l’œuvre mythique de la culture orientale reprise par les Editions Diane de Selliers et traduite par Patrick Ringgenberg qui signera l’ouvrage dans la librairie de la Vieille-Ville, le 25 novembre prochain.
De la Seine au Nil
Parisien, Genevois d’adoption, Bernard Letu, hormis son rêve persistant de transmettre la beauté, a vécu tout sauf une trajectoire rectiligne. Il rappelle le Paris de son enfance sous l’Occupation, un père juriste à la SNCF, une mère au foyer. Rien que de très banal. Sauf qu’il est passionné de musique classique et brille au lycée où son inséparable ami de classe durant cinq ans l’abreuve de culture artistique. Serait-ce pour fuir le dégoût de l’époque, il s’inscrit à la Libération à l’Ecole des langues orientales où il apprend l’arabe
Photos de Elo Durand



1,55 % à 20 ans
1,27 % à 15 ans
0,67 % à 10 ans
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 12 au 16 juillet 2021
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 13 au 17 septembre
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 8 au 12 novembre 2021
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classique, il passe une licence de droit, s’imagine secrétaire d’ambassade. Une bourse d’études sera sa porte de l’Orient. Un saut en Syrie, un autre au Liban, avant d’être engagé au Caire comme apprenti diplomate, mais il ne passera jamais le concours. Sous les drapeaux de la marine française, il va être enrôlé au Vietnam comme traducteur. C’est la fin de la guerre, il ne sert pas à grand-chose, en profite pour passer en mode immersif dans la culture du pays, «Saigon et le quartier chinois Cholen, enfer du jeu et fourmi industrieuse, ne sont pas loin de la base.»
De retour au pays, il entre à la BNP, il y gravit les échelons notamment à Agadir et à Alger où il se marie en 1961. Aujourd’hui, avec sa compagne originaire de Turquie, il cultive son plaisir avec discernement, s’échappe de rythmes urbains trop stressés, en laissant ses pensées voguer vers les architectures de Sinan ou les soies ottomanes.
Genève, le grand tournant
La maladie sera décisive. Le sanatorium est proche de Genève. Il aime la ville, va s’y installer. D’abord comme gérant de fortune. Mais très vite, son rêve artis-

tique le rattrape. Bernard Letu change radicalement de vie. L’appui d’un banquier lui donne l’opportunité d’ouvrir une galerie. En 1973, il pose son enseigne rue Saint-Léger, en lisière de Vieille-Ville, qui célèbre le surréalisme et la gravure fantastique contemporaine. C’est lui qui introduit M.C. Escher à Genève, expose Dominique Appia, ce peintre établi dans la ville, et publie un livre à cette occasion. Il fera de même avec le graveur français, Philippe Mohlitz, et d’autres artistes. Il éditera une douzaine d’ouvrages avant de se mettre à vendre les livres des autres. Il faut dire qu’au mitan


Parisien d’origine, Genevois d’adoption, il témoigne dans tous ses domaines de prédilection d’une remarquable justesse
de goût

des années 1970, surréalisme et gravure n’ont plus la cote. En 1983, la librairie d’art s’ouvre rue Jean Calvin, pour devenir un véritable îlot du plaisir rare.
Deux femmes lui succèdent
L’impulsion aux changements de trajectoire serait-elle propre à ce lieu un peu magique? En fin d’année, Bernard Letu prendra sa retraite, emportant avec lui sa passion pour la gravure et les feuillets épars écrits sur ses voyages qu’il n’a encore jamais eu le temps de publier. La librairie sera reprise par deux jeunes femmes. Julia Cincinatis, une commer-
La librairie d’art située rue Jean Calvin ouvre en 1983, pour devenir un véritable îlot du plaisir rare.
ciale belge éprise d’art, entrée un jour dans le magasin par hasard et qui a, dès lors, décidé d’un nouveau destin, et Alix Ripoll qui a toujours baigné dans les livres et qui seconde Bernard Letu depuis deux ans. La maison de l’esthétisme a encore de beaux jours devant elle. Viviane Scaramiglia
Leily et Majnun, l’œuvre mythique de la culture orientale aux Editions Diane de Selliers, traduite par Patrick Ringgenberg qui signera l’ouvrage ici, le 25 novembre prochain, dès 18 heures.


Concurrence
LA FIDÉLISATION DE NOS CLIENTS CELA SE MÉRITE !
Gagner un nouveau client coûte cher. Comment procéder pour garder les nôtres?
Voici quatre recettes très efficaces.
1. Un projet d’entreprise
Le client est-il plus ou moins fidèle aujourd’hui qu’hier? Tous les avis circulent et en réalité peu importe. Une chose est certaine: celui-ci est plus sollicité que jamais par les sirènes de la concurrence qui tentent de l’attirer, non dans les profondeurs marines, mais plutôt vers leurs catalogues de biens et ou services, au détriment de nos propres prestations. Fidéliser notre clientèle demande donc une attention permanente. Mieux: il s’agit d’un projet d’entreprise. Cette fidélité se mérite chaque jour et n’est jamais acquise. Pour éviter les «réveils douloureux», décidons de mettre en place une stratégie en nous demandant ce que nous pouvons faire de plus, de mieux et de différent pour surprendre en bien celui qui nous fait vivre. Et allons plus loin que la rédaction d’un questionnaire de satisfaction qui constitue certes un début. Il faut veiller à sa satisfaction permanente en mettant en place des processus permettant de s’en assurer.
2. Les maillons de la chaîne
La solidité d’une chaîne dépend de la solidité du plus faible de ses maillons. Autrement-dit chaque collaborateur est essentiel. Il n’y a pas de «second couteau». Quelle que soit notre position dans l’organigramme, nous détenons de formidables atouts de fidélisation. Chaque contact avec notre entreprise doit véhiculer un message d’excellence et il suffit d’un grain de sable pour gripper cette merveilleuse mécanique. Ainsi, l’après-vente qui est bien d’avantage que la gestion optimale des réclamations est essentielle. Bien entendu, cela dépend de ce que nous commercialisons. Un appel à un client, tout simplement pour le remercier d’avoir choisi notre solution et exprimer notre gratitude, fait partie de ces attentions qui consolident une relation.
Il faut aussi veiller à ce que le petit client ne se sente jamais... petit. D’autant plus, que «petit peut devenir grand». LDD
3. Quel traitement pour quel client?
Nous lisons souvent que tous les clients sont égaux. Force est de constater que certains sont plus égaux que d’autres! Finalement ce qui est bien, c’est d’offrir à chacun un excellent service, quel que soit le chiffre d’affaires réalisé. En veillant à ce que le petit client ne se sente jamais... petit. Même s’il est logique d’accorder un traitement sur mesure à un gros client. Gardons cependant présent à l’esprit, que ce dernier peut nous quitter quand même, alors que les petits ne partiront pas, semble-t-il. Il faut donc s’occuper de tous. D’autant plus, que «petit peut devenir grand», même si certains affirment que ce sont les gros qui deviennent généralement encore plus gros!
Une remarque: attention aux excès dans nos efforts de segmentation de notre approche. On citera le cas de ce client clé régulièrement convié à des manifestations prestigieuses (polo, concerts, cocktails...). Le chiffre d’affaire chute une année et le voici tout à coup privé d’invitation et desti-
nataire au mois de décembre d’un agenda pour l’année suivante. Inutile de préciser que quelques mois plus tard, son investissement commençant à porter ses fruits, notre gros client est allé faire le bonheur d’un autre fournisseur qui s’en frotte aujourd’hui les mains.
4. «Bichonnons» nos clients
Cherchons en permanence à accumuler des «petits plus», par exemple en montrant à nos clients que nous nous intéressons réellement à eux et sommes sensibles à leur satisfaction. Le soussigné vient d’acquérir pour quelques francs sur un marché, un livre épuisé, sur le peintre
Dégustation de groupe jusqu’à 30 personnes avec repas. Commander par téléphone au: 022 757 10 20 ou sur notre site.
Fidéliser la clientèle demande une attention permanente.
Mieux:
il s’agit d’un projet d’entreprise
préféré de l’un de ses interlocuteurs et se réjouit déjà de le lui offrir. Il n’est heureusement pas question d’acheter une personne pour le prix d’un café, mais bien de lui apporter une attention personnalisée. De la même manière, on évitera les «petits moins», ces détails qui constituent autant de minuscules déceptions qui vont contribuer à progressivement l’écarter et à le rendre plus «perméable» au doux chant des sirènes précitées! En conclusion, notre client doit sentir en permanence qu’il est plus qu’un numéro. Il s’agit d’une personne sensible. La vie n’est pas toujours facile, des entreprises rencontrent des difficultés du fait de la conjoncture. Prenons garde de ne pas toujours tout imputer aux circonstances économiques. Ayons le courage de nettoyer devant notre propre porte. Faisons en sorte qu’il s’exprime avec enthousiasme de notre entreprise. Soyons déterminés à devenir plus qu’un simple fournisseur! Ne réagissons pas. Agissons en visionnaires. Michel Bloch
Modules de formation
JURIDIQUE – MODULE 7 CONTENTIEUX
Lundi 22 novembre 2021 de 8h30 à 11h30
Renseignements et inscription sur www.cgiconseils.ch / formations
Nominations
Voici une sélection des principales nominations dont la rédaction a eu connaissance.
ROMAIN DEQUESNE
e-Potek

e-Potek annonce la nomination de Romain Dequesne, ex-partenaire de McKinsey en tant que CEO, basé à Zurich. Par cette arrivée, les cofondateurs de la fintech romande de courtage et conseil en hypothèque souhaitent accélérer son expansion en Suisse et le déploiement de sa plateforme en ligne. Romain Dequesne rejoint e-Potek, fintech en pleine croissance, après dix années au sein du cabinet de conseil stratégique McKinsey où il était Partner (Directeur Associé). Basé à Zurich, il est spécialisé dans la mise en œuvre de transformations numériques et l'accompagnement dans la création d’entreprise. Il a notamment conseillé pendant de
nombreuses années des sociétés dans le domaine financier (banque, assurance, gestion d’actifs, wealth management) en Suisse, en Europe et en Asie. Entrepreneur passionné, Romain Dequesne s’implique dans plusieurs sociétés de l’arc lémanique en tant que fondateur, investisseur ou membre du Conseil d’administration. Originaire du Locle, il est diplômé de l’EPFL en physique.
DIDIER PROD’HOM
Geneva Management Group

Didier Prod'Hom, actuellement vice-président de la Commission d’urbanisme cantonale et conseiller municipal de la Ville de Carouge, a été engagé par Geneva Management
Group (GMG). Il va occuper le poste d’analyste senior spécialiste de l’immobilier. Cet engagement est la suite logique de l’obtention par GMG Asset Management d’une extension de sa licence FINMA qui va lui permettre d’offrir à sa clientèle des opportunités d’investissement dans l’immobilier international. Monsieur Prod’Hom bénéficie d’une expérience de plus de 30 ans dans l’architecture, la construction et l’immobilier. Cet ancien directeur du Groupe H, est encore vice-président de la Fondation Emma Kammacher et de la Fondation Immobilière de la Ville d’Onex. En 2019, GMG Institutional Asset Management a obtenu sa licence FINMA de gestionnaire de fortune collective, ce qui lui permet de fournir des services aux institutions et aux fonds de pension suisses. Dès 2021, sa licence a été étendue pour inclure les investissements internationaux en Private Equity. Par ses bureaux à Genève, Zurich, Luxembourg et Dubaï, GMG Asset Management accompagne les clients institutionnels à chaque étape de la gestion et de la croissance de leurs portefeuilles.
Vous pouvez nous envoyer celles qui concernent votre structure à l’adresse: serge.guertchakoff@immobilier.ch


Fresque
IMAGINER LA VILLE DE DEMAIN SUR UN MUR
Dans l’attente de son événement dédié à l’urbain du futur, la HES-SO Genève a orné la façade d’une de ses hautes écoles avec une fresque géante et symbolique.
Au détour de la rue de la Prairie et de celle de Lyon, sur le bâtiment de la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève, trônait autrefois une immense fresque de douze ans d’âge. Démontée il y a une année, cette dernière vient d’être remplacée par une œuvre d’art aux couleurs vives et au message lourd de sens. Résultat d’un long processus de mise au concours auprès d’Alumnis et de réflexion en commun, c’est finalement l’illustration d’une ancienne diplômée de la Haute école d’art et de design (HEAD), Bérénice Milon, qui a fait l’unanimité auprès du jury de la HES-SO Genève.
Une invitation à rêver l’urbain «Ma fresque fait référence à un jeu de construction. A travers elle, l’urbain se rêve, se module, se compose à plusieurs», détaille l’artiste. En représentant les six écoles HES (voir encadré), le des-

L’œuvre géante de Bérénice Milon: «Ma fresque fait référence à un jeu de construction.» Michel Giesbrecht le sujet, cette œuvre d’art servira également de décor à l’Evénement HES organisé en partenariat avec Explore, le festival de la ville de demain du Département du territoire, qui se tiendra à ses pieds du 5 au 7 mai 2022. Actuellement située sur une friche industrielle, la parcelle est en train d’être aménagée pour accueillir l’événement mais aussi un étang urbain temporaire, à des fins de recherche sur les questions de nature en ville.
sin évoque d’ailleurs la façon dont les nombreux métiers qui en débouchent interagissent avec les différentes strates de la ville et influencent son évolution. Une représentation aux contours non totalement définis qui invite tout un chacun à imaginer sa propre ville de demain. «Dans notre optique, elle sera humaine, inclusive, collaborative, durable et parsemée d’îlots de nature», souligne Aline Yazgi, porte-parole de la HES-SO Genève. Véritable déclencheur de discussions sur
Julie Müller
Les six Hautes écoles de la HES-SO Genève
HEPIA: Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture
HEG: Haute école de gestion
HEAD: Haute école d’art et de design
HEM: Haute école de musique
HEdS: Haute école de santé
HETS: Haute école de travail social
Audace LE GRAND-THÉÂTRE S’OUVRE AUX CLUBBERS LE TEMPS D’UNE NUIT
Il fallait oser. Le nouveau directeur Aviel Cahn aura tenu ses promesses. Avis aux amateurs de house et de performances sonores et colorées, le Foyer leur est ouvert le samedi 27 novembre de 22 heures à 2 heures du matin.
Genève évolue. Il l’avait annoncé lorsqu’il est entré en fonction au printemps 2019, Aviel Cahn propose de dépoussiérer l’institution qu’est le Grand Théâtre de Genève. Résolument contemporain, le Zurichois a choisi de «déranger, surprendre et être en accord avec son temps». La preuve en est encore avec la première Late Night du Grand Théâtre qui s’associe au festival Les Créatives et qui se déroulera le samedi 27 novembre de 22 heures à 2 heures du matin dans le Foyer du Grand Théâtre.
100% femmes
Trois fois par saison, cette institution entend ouvrir ses portes à des soirées nocturnes donnant l’occasion de s’ouvrir à d’autres genres musicaux et à des collaborations inédites. Pour cette première édition, la soirée sera 100% femmes. Concoctée par Clara Pons, les clubbers pourront commencer par découvrir les installations colorées de Maya Rochat «qui immergent le public
dans une expérimentation sensorielle». Maya Rochat travaille à l’intersection de la photographie, de la peinture, de la vidéo, de l’installation et de la performance. Son travail a été montré dans des institutions de renom telles que la TATE Modern, le Palais de Tokyo ou le Centre d’art contemporain à Genève. Devrait suivre la performance de Baby

Volcano, du nom du projet musical de l’artiste performeuse Lorena Stadelmann. A travers ses textes et sa voix, elle exprime ce qui habite son corps. Sa musique mêle hip hop, trap, musique électronique et chanson. Puis ce sera aux artistes sonores Julie Semoroz et Emma Souharce de présenter leur création inédite. Entre deux, il y aura des interventions aux platines du

Un Grand Théâtre métamorphosé.
Laura Eleini - 10, rue du Lac - 1207 Genève 079 755 55 11 - www.insidezen.ch


collectif DESIR, cinq jeunes femmes, qui multiplient les sets aux quatre coins de Genève depuis 2018 en usant de la trap, du reggaeton ou de la house.
Danse absolue
Enfin, place à la danse absolue de minuit à 2 heures du matin avec la DJette et chanteuse Mara, auteur, compositeur
et interprète d’origine suisse. «Mara assemble les motifs hip-hop aux sonorités dancehall qu’elle parsème de textes audacieux, espiègles et surtout d’une féminité et d’un féminisme affirmés.» Elle s’est fait connaître sur les scènes du monde entier puis sur MOUV’ (Radio France) où elle anime une heure de mix hebdomadaire dès 2018. «C’est au tra-

vers de ses vidéos et ses réseaux sociaux que Mara développe son champ lexical et visuel dans lequel cohabitent la Vierge Marie devenue la Vierge Mara, le bling bling, l’hyper-érotisme conquérant et ce désir de liberté insatiable.» Avis donc aux amateurs. S.G.
www.gtg.ch/billetterie


Fabien Mene
SOMMELIER DU GROUPE
Fabien Mene, responsable en sommellerie et formation chez M3 Restaurants, est devenu le meilleur sommelier de Suisse. Portrait d’un compétiteur discret au nez affuté.
Gagner un concours – quel qu’il soit – est toujours une étape de vie intense et riche en émotions. Est-ce pour la gloire, la célébrité, la notoriété, la reconnaissance ou tout simplement pour soi-même?
Qui sait... Fabien Mene l’a fait! Avec son physique de gendre idéal, ce jeune trentenaire cultive la discrétion bien avant la communication. Encore fraîchement auréolé de son titre de champion suisse des sommeliers, portrait d’un homme réservé qui cache cependant un tempérament de feu.
Carte blanche
C’est au restaurant Le Vallon que nous retrouvons le gagnant encore tout souriant après sa récente victoire. Récemment rénové, cet élégant bistrot de campagne est une véritable institution dans le cœur des Genevois. Géré aujourd’hui par le groupe M3, l’établissement a conservé son âme et les plats traditionnels gourmands figurent toujours sur la carte, dont les succulentes cuisses de grenouille et l’irremplaçable quenelle de brochet. Alors que ses responsabilités viticoles s’étendent sur l’ensemble du groupe dirigé par Abdallah Chatila, Fabien Mene a

carte blanche pour construire un univers de la vigne à part entière. Une responsabilité importante qui ne semble aucunement déstabiliser le natif de la Loire. Fils de parents divorcés, il comprend dès l’adolescence l’importance de travailler afin de subvenir aux besoins familiaux. «J’ai rapidement développé un sentiment de revanche sur la vie», déclare-t-il. Doté d’une mémoire hors du commun, il effectue l’ensemble de ses études hôtelières en alternance. Etudiant le jour, travailleur la nuit! «C’est un réel avantage de cumuler la connaissance théorique avec la pratique du terrain. Je le conseille à n’importe quel jeune qui débute dans le métier.» A coup de diplômes, il gravit les échelons et s’enthousiasme pour le vin lors de son apprentissage. Dans la foulée, le jeune sommelier en devenir décroche un poste d’assistant à Avignon. L’histoire viticole commence.
Une révélation
En 2004, il participe à une dégustation en présence d’Enrico Bernardo, Meilleur sommelier du monde cette même année. C’est la révélation! Sans hésitation, il prend son courage à deux mains et lui fait suivre son CV. Quelques mois plus tard, il

monte à Paris et participe à l’ouverture du restaurant Il Vino. Un concept qui va révolutionner le monde de la sommellerie et de la gastronomie puisque c’est le choix du vin qui précède le choix du plat et non l’inverse comme c’est l’usage traditionnellement. «Cette période a été humainement et professionnellement très enrichissante. Enrico sait rassembler, transmettre et a l’étoffe d’un meneur. Etre aux côtés d’un tel personnage a indéniablement accéléré ma carrière.»
Paris-New York
Au sein d’une équipe de salle entièrement composée de sommeliers, le jeune commis découvre la réelle notion de compétition. A 24 ans, il décide de se donner entièrement à son travail et scelle un pacte avec son patron, celui de rester quelques années supplémentaires à Paris avant de partir à New-York. «C’était mon rêve américain», avoue-t-il. Chez la star franco-américaine Daniel Boulud, Fabien Mene intègre un milieu de sommeliers hors norme. «Même si l’approche du vin est différence là-bas, le niveau américain est très élevé et quelques fois supérieur à celui de certaines sphères européennes.»
En 2021, le groupe M3 donne à Fabien Mene les clés de


A l’expiration de son visa, le sommelier se dirige vers la Cité de Calvin. Son arrivée en terre helvétique est difficile, une période de remise en question et de doute s’installe. Loin de s’apitoyer sur son sort, Fabien sort la tête du moût et retrouve un poste au Mandarin Oriental à Genève où il est en charge, entre autres, de revoir la carte du restaurant
gastronomique indien. «J’étais formaté jusqu’alors pour des accords classiques. Le blanc avec les poissons, le rouge avec les viandes. Dans un monde culinaire aussi aromatique et épicé, tout est remis en question.»
Après un détour par l’Ecole hôtelière de Glion, c’est le groupe M3 qui lui donne les clés de la cave en 2021. Le défi est
C’est le choix du vin qui précède le choix du plat et non l’inverse
aussi immense que les ambitions de son propriétaire. Salon de thé, bistrot, temaki bar, trattoria ou restaurant étoilé, Fabien Mene doit s’adapter à une palette de concepts variés. «Sans brusquer un client, il faut néanmoins tenter de le surprendre.» N’est-il pas temps de se laisser surprendre nous aussi?
Edouard Amoiel

CGI CONSEILS
par Anne Hiltpold, avocate
LOCATION DE PLACES DE PARC DANS UNE PPE
Je suis copropriétaire dans une propriété par étages dans laquelle il existe un parking, sans que les places ne soient attribuées. Nous aimerions les attribuer aux propriétaires pour que chacun ait sa place définie et régler la situation. Comment faire? Faut-il constituer des nouveaux lots? (Michel. R., Genève)
Dans une PPE, selon la loi, le bien-fonds, c’est-à-dire le terrain, est impérativement une partie commune et ne peut faire l'objet d'un droit exclusif, c’est-àdire être constitué en lot.
Le législateur a en effet prévu que certaines parties sont impérativement communes, telles que le terrain sur lequel l’immeuble est construit ou les parties élémentaires et les structures porteuses (les façades, le toit, les murs porteurs, etc.). Le terrain appartient donc à tous les copropriétaires qui peuvent l'utiliser tout en respectant le droit des autres propriétaires. Il n’est donc pas possible de vendre une partie du terrain avec un lot.
Il est toutefois possible de créer, par convention, des droits d'usage particuliers. Cela revient à accorder un droit à un (ou plusieurs) propriétaire d'étages sur une partie commune qui lui permettra d'exclure tout acte d'utilisation des
autres propriétaires d'étages ou de tiers. Cela en fait, autrement dit, un espace privatif.
Tel est le cas notamment lorsque des propriétaires d'étages ont la jouissance exclusive d'un jardin ou d'une place de parc.
Plusieurs solutions sont envisageables pour constituer des droits d'usage particulier. Les parties peuvent opter pour la constitution d’un droit réel limité, comme par exemple une servitude, qui grève l'immeuble de base. Il est également possible de prévoir la constitution d’un droit d’utilisation exclusif par une inscription expresse dans le règlement d'administration et d'utilisation de la propriété par étages. Enfin, les droits d’usage particuliers peuvent faire l'objet d'un contrat, comme par exemple un contrat de bail à loyer, entre le propriétaire d'étages bénéficiaire et la communauté des propriétaires d'étages.

Pour les places de parc, il est recommandé foncière et non personnelle. LDD
Une servitude foncière ou personnelle permet d'accorder un droit d'usage particulier à l'un des propriétaires d'étages. Si elle est foncière, la servitude est rattachée au fonds dominant, soit au lot de la propriété d'étage. Concrètement, c'est le propriétaire du lot, actuel ou futur, qui en bénéficiera. Si elle est personnelle, la servitude est accordée à une personne, qu'elle soit propriétaire ou non du lot. Le risque que peut représenter la servitude personnelle est qu'elle suit son titulaire et non la part d'étages. Il est donc vivement recommandé de constituer une servitude foncière et non personnelle. De plus, une servitude ne peut être radiée qu’avec le consentement de son bénéficiaire, de sorte qu’une fois inscrite, il sera très difficile de revenir en arrière. C’est la raison pour laquelle la loi prévoit que les propriétaires d'étages doivent adopter cette décision à l'unanimité. L’acte constitutif d’une servitude n’est va-

de constituer une servitude
lable que s’il a été passé en la forme authentique, soit dans un acte notarié. S'ils ne souhaitent pas constituer une servitude, les propriétaires d'étages peuvent accorder un droit d'usage particulier en l'insérant dans le règlement d'administration et d'utilisation. Le règlement peut accorder le droit d'usage particulier à un propriétaire d'étages individuellement désigné mais il est également possible de rattacher le droit d'usage particulier à une part d'étage déterminée. Dans les deux cas, ce droit doit être adopté à la majorité qualifiée des propriétaires d'étages et des quotes-parts (sauf dispositions contraires du règlement). Pour le supprimer, il faudra en sus obtenir l’accord du propriétaire concerné, de sorte qu’il sera également très difficile de revenir en arrière, une fois accordé. Enfin, un contrat de bail ou de prêt peut être conclu entre la communauté des propriétaires d'étages et l'un des proprié -
taires d'étages. Le contrat fixera l'étendue du droit accordé ainsi que sa durée. Selon l'étendue et la durée de ce droit, la majorité pour la prise de cette décision pourra varier. Si un contrat de bail à loyer est conclu pour une durée de dix ans, par exemple, la double majorité sera requise. Si en revanche, une partie commune est prêtée pendant trois semaines à un propriétaire d'étages, il s'agira d'un acte d'administration courante. C’est à l'administrateur, si la communauté des propriétaires d'étages en a nommé un, à qui reviendra la compétence de conclure un tel contrat.
Lorsque la communauté des propriétaires d'étages n'a pas désigné d'administrateur, un tel droit d'usage particulier devra, dans tous les cas, être pris par une décision de l'assemblée des copropriétaires à au moins la majorité simple des propriétaires d'étages.
Dans tous les cas, il est très important de formuler avec précision le contenu et les limites de ce droit. La question de
Brève
l’entretien et des réparations de la partie cédée en droit d’usage exclusif devra aussi avoir été clairement établie, afin d’éviter toute discussion ultérieure entre les copropriétaires.
Dans votre cas, il s’agira de voir si l'ensemble des copropriétaires de votre PPE est d'accord de régler la situation en constituant des servitudes. Bien que ce mode de faire peut paraître plus compliqué, cela serait néanmoins la façon la plus appropriée pour que les choses soient réglées une fois pour toute de manière durable. Avec des servitudes foncières, les places seraient ainsi attachées aux lots. A défaut, il faudra alors envisager une modification de votre règlement pour instaurer des droits d'usage particuliers, ce à la double majorité.
Pour tout complément d’information CGI Conseils est à votre disposition le matin de 8h30 à 11h30
Tél. 022 715 02 10 ou sur rendez-vous.
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CAS PRATIQUES
Notre prochain séminaire aura lieu le jeudi 25 novembre 2021, de 9h00 à 11h30 via Zoom. Le programme est le suivant :
• Transition énergétique: quelques perspectives d’évolutions réglementaires, par Me Christophe Aumeunier, Avocat, CGI Conseils
• Pompes à chaleur dans les immeubles collectifs: enjeux, défis et solutions possibles, par M. Fabrice Rognon, Ingénieur mécanicien diplômé EPFZ, Responsable énergie Suisse romande, CSD ingénieurs SA
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