Tout l'immobilier - EDIFEA : Jérôme Félicité explique sa vision
EDIFEA: JÉRÔME FÉLICITÉ EXPLIQUE SA VISION
Pour le nouveau directeur de l’entreprise générale, l’heure est désormais au changement de discours, de management et, surtout, de méthodes. Notre interview exclusive. 12-15
Notre cahier
Actualité Les photos de la Soirée de l’immobilier 16-17
Etre membre de l’AGCV-suissetec constitue un gage de qualité et de sérieux: l’Association a en effet pour buts principaux de promouvoir l’éthique professionnelle, la qualité des prestations, la formation professionnelle, des conditions de travail modernes et l’application des nouvelles normes énergétiques.
Dans ce cadre, l’attestation pour soumission délivrée aux entreprises liées par la convention collective de travail certifie que l’entreprise est à jour avec le paiement de ses obligations légales et conventionnelles.
Nous encourageons les maîtres d’ouvrage publics et privés à privilégier les entreprises AGCV-suissetec qui s’engagent éthiquement et professionnellement et respectent leurs obligations légales et conventionnelles.
Liste des entreprises AGCV-suissetec pouvant obtenir une attestation pour soumission au 24 novembre 2021
3S ENERGIES SARL
AB CHAUFFAGES SERVICES SA
AEROTECHNOLOGIES SA
ALVAZZI GROUPE SA
ANDRE DESPLATS SA
BOSSON ET PILLET SA
BOUYGUES E&S INTEC SUISSE SA
CC-CLIMATHERM SARL
CGC ENERGIE SA
CHAUFFAGE-ASSISTANCE SA
CONTI & ASSOCIES INGENIEURS SA
CT. CLIMATECHNIC SA
DEVINAZ SA
DP ISOLATIONS SA
DURLEMANN SA
EAUMEGA TECHNIQUE SARL
ENGIE TECHNIQUES SA
G.C.T.M. SA
GILMA SARL
HÄLG & CO AG
IMERI CHAUFFAGE ET SANITAIRE
SARL
JDR ENERGIES SA
JEAN-FRANCOIS MINO-MATOT
J&M TUYAUTERIES SARL
JTECH SA
MAFFIOLO SA
MG CONCEPT ENERGIES SARL
MINO SA
MULLER ENERGIES SA
MULTI & THERME SA
NL ENERGIE NEGRO LUCA
OTTO CHAUFFAGE - TIT. SAXOD DIDIER
SCM SOCIETE DE CHAUFFAGE ET DE MAINTENANCE SA
SERVICES GENEVOIS DE CHAUFFAGE SARL
SERVICES PLUS ENERGIES SA
STUCKER SA
THERMEX SA
THIEBAUD & PERRITAZ SA
THORENS ENERGIES SARL TOLISOL SA
TRAITAIR SA
TSC SA
VENTILATION MONTAGE EMERY CHRISTIAN
VENTIL-ENERGIES SARL
VULIN SA
W. BENOIT SA
WERNER ISOLATIONS SA
SOMMAIRE
4-11 Actualité
La lumière dans la conception des bâtiments pour le bien-être et la santé des occupants
Soirée de l’immobilier à l’hôtel Président Wilson. Nos photos
12-19 Immobilier
Pourquoi Jérôme Félicité reprend la direction d’Edifea. Interview
L’immobilier logistique et des locaux d’activités en pleine mutation
Une start-up spécialisée dans la gestion de logements meublés
20-23 Commerce
Teo Jakob, pionnier du design et de l’aménagement intérieur contemporain. Rencontre avec la directrice Michèle Rossier
24-25 Emploi et formation
Les dangers de l’autocritique au travail et comment y remédier
26-27 Gastro
Le restaurateur Pierre-Alain Brodard, pur produit carougeois
28-30
Culture
One man show d’un jeune homme atteint du syndrome Asperger
• Neuchâtel-Jura: envoi ePaper 6’000 ex. Toutes les éditions sont disponibles sur immobilier.ch
L’ÉDITO
Par Serge Guertchakoff Rédacteur en chef
JOYEUSES FÊTES!
La rédaction d’Immobilier.ch se joint à moi pour vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année. Nous espérons toutes et tous que la 5e vague de contamination liée au coronavirus sera moins forte que ce que les épidémiologistes craignent. Malheureusement, nous constatons d’ores et déjà que certaines entreprises, prudentes, préfèrent renoncer à leur traditionnelle fête du personnel. Dommage.
Souvenons-nous qu’il y a un an quasiment, à cause de la surcharge des services de santé en Suisse, le Conseil fédéral décidait de mesures très strictes qui ont abouti, le 18 décembre, à la fermeture de la quasi-totalité des établissements (commerce, culture, sport, etc.). Puis, il a fallu attendre le 1er mars pour que les commerces puissent, à certaines conditions, rouvrir. Les restaurants avaient même dû prendre leur mal en patience jusqu’au 31 mai! Et encore, avec la possibilité d’être uniquement quatre par table au maximum. Idem en ce qui concerne l’obligation de travailler à domicile dans le tertiaire. Une obligation qui était effective du 18 janvier au 31 mai 2021.
En résumé, il faut souhaiter qu’avec l’apparition en début d’année de divers vaccins, puis la vaccination des deux tiers de la population, le nombre de personnes hospitalisées sera bien inférieur. De quoi permettre de ne pas avoir à adopter des mesures aussi sévères en cette fin d’année. Il en va de la santé de la population, cela va de soi, mais aussi de notre santé mentale et de la pérennité de nos commerces, restaurants, associations, troupes culturelles, clubs sportifs, etc. Autant de raison qui doivent nous encourager à faire globalement confiance en nos autorités et à continuer d’être prudents (distanciation, port du masque dans la mesure du possible, désinfection des mains).
Personne ne souhaite devoir en revenir à un confinement strict, source de dépression sévère pour de nombreuses personnes, à commencer par les étudiants. Si l’on veut pouvoir aider les plus faibles, il va falloir se battre pour permettre aux différents corps de métier de continuer à exercer. Difficile dans ces conditions de sauvegarder notre totale et entière liberté. C’est très regrettable, mais c’est ainsi. Reste à tout faire pour se donner la chance que cette situation exceptionnelle reste temporaire. Et d’après les spécialistes, cela ne sera possible que si une majorité de la population accepte de se faire vacciner. A vous de voir. Sur ce, nous vous souhaitons de passer de belles fêtes, avec vos proches, dans de bonnes conditions. En ce qui nous concerne, «Tout l’immobilier» fera une courte pause entre le lundi 20 décembre et le lundi 10 janvier, avant de vous retrouver en pleine forme!
Rectificatif
Dans le dernier Confidentiel sur Marina Kaye, qui chantera au Victoria Hall avec l’Orchestre de chambre de la Genève (édition du 22-28 novembre), l’OSR s’est glissé à la fin de la brève. Il s’agissait bien sûr de l’OCG.
Architecture DE LA LUMIÈRE POUR LE BIEN-ÊTRE ET LA SANTÉ DES HABITANTS
La chercheuse internationale Marilyne Andersen se bat depuis quinze ans pour intégrer les effets psychophysiologiques de l’éclairage naturel dans la conception des bâtiments.
Bien plus qu’un simple moyen d’éclairer, la lumière est souvent le fruit d’une longue réflexion dans la création d’un bâtiment.
Si jusqu’ici, celle-ci était réfléchi sous les aspects de confort visuel (éblouissement), de durabilité (thermique) ou encore d’esthétisme (façades), un angle reste encore fréquemment délaissé par les professionnels de la construction: celui de la santé.
Consciente de cette problématique de niche, la physicienne de formation, anciennement enseignante au Massachusetts Institute of Technology (MIT) mais désormais professeure en technologies durables de la construction à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), Marilyne Andersen, s’est penchée sur la question ces quinze dernières années. Et pour cause, contrainte de passer 90% de son temps à l’intérieur, la population urbaine se retrouve souvent privée de lumière naturelle. De quoi provoquer dans certains cas de la somnolence, une diminution de la concentration voire affaiblir le système immunitaire.
«Jusque-là, la recherche sur la façon d’intégrer la lumière dans le bâti a mis du temps à s’y intéresser. Dans les années 1930, on observait un grand engouement pour les environnements fortement contrôlés, où l’on s’affranchissait de l’extérieur grâce à l’éclairage électrique et à l’air conditionné. Puis, nous nous sommes rendus compte des bienfaits du soleil et de l’importance de la lumière dans le courant des années 1970», décrit l’experte. Une période qui s’est suivie, quelques décennies après, d’une crise énergétique où l’économie d’énergie s’est imposée face aux autres critères de prise de décision.
Photorécepteur dans l’œil
«Même au moment de la découverte, il y a vingt ans, d’un photorécepteur inattendu dans l’œil responsable de gérer notre horloge biologique, une nouvelle dynamique de recherche sur les aspects physiologiques de la lumière a mis du temps à émerger», poursuit Marilyne Andersen. Si bien que les concepteurs de projets immobiliers ne témoignent de l’inté -
rêt pour cet élément que depuis peu, comme l’indique la spécialiste: «Les architectes sont davantage conscients de l’impact des conditions lumineuses sur la santé. Ils en parlent de plus en plus mais ils n’ont pas encore les outils pour l’intégrer dans le processus de décision.» En effet, encore relativement unique dans ce domaine, seule la start-up Oculight Dynamics, créée par l’EPFL en 2018, tente d’inverser la tendance en proposant aux professionnels de la branche des services de conseils spécialisés. «Notre manière de quantifier la lumière naturelle nécessaire en fonction des besoins et du comportement des futurs occupants d’un édifice est assez unique», soutient Marilyne Andersen, également cofondatrice de l’entreprise. Ayant déjà collaboré sur pas moins d’une quinzaine
Marilyne Andersen: tout pour la lumière.
ENSEMBLE, OSONS LE RENOUVEAU
«Les architectes sont davantage conscients de l’impact des conditions lumineuses sur la santé»
de projets depuis ses débuts, Oculight Dynamics a notamment œuvré à aiguiller Audemars Piguet dans la conception de sa nouvelle manufacture monumentale de 30'000 mètres carrés, inaugurée début novembre au Locle (NE).
Bientôt des normes et des spécialistes
A l’image des grandes marques horlogères, au niveau national les choses bougent aussi pour une meilleure inté -
gration de la lumière naturelle dans les constructions. «Longtemps en retard par rapport à d’autres pays, la Suisse va rattraper le train en marche», assure Marilyne Andersen. Et ce, par le biais de nouveaux standards tels que la dernière norme européenne, la SN 17037, qui formule pour la première fois des recommandations applicables dans toute l’Europe sur l’apport ainsi que sur la qualité de la lumière naturelle dans les bâtiments. «Même au niveau des experts du domaine, jusque-là peu nombreux, je pense qu’on ne va pas tarder à en voir affluer car prendre en compte les critères psychophysiologiques de la lumière deviendra la norme», conclut la professeure de l’EPFL.
Une journée en sept minutes
D’ici là, le grand public pourra se sensibiliser à cette problématique grâce à «Circa Diem» (autour d’un jour en latin), une installation, élaborée entre autres par l’EPFL et imaginée par ses chercheurs. Une structure cylindrique qui permet aux visiteurs de vivre en sept minutes les quatre phases d’une journée par le biais de changements de luminosité et ainsi de comprendre les effets que cela a sur l’organisme. Après un bref passage cet automne à Séoul, l’œuvre est à découvrir prochainement sur le site de l’EPFL.
Julie Müller
Nous sommes l’un des leaders du développement de projets et l’une des principales entreprises totales et générales de Suisse. Nous exploitons toutes les possibilités pour relier les compétences, réduire les interfaces et favoriser la collaboration. Nous garantissons ainsi que chaque projet de rénovation et de construction neuve offre des avantages durables, pour tous les partenaires.
steiner.ch
lumière.
Thomas Delley
Événement
L’IMMOBILIER DANS LA LUMIÈRE LE TEMPS D’UNE SOIRÉE
A l’occasion de la Soirée de l’immobilier, organisée par nos soins, quelque 200 convives étaient présents le 25 novembre pour assister à la conférence de Marilyne Andersen, spécialiste de l’éclairage naturel.
L’équipe d’Immobilier.ch au lancement de la soirée ce jeudi 25 novembre. Photos de taniaemery.ch
Prévue initialement en mai, la 4e édition de la désormais célèbre
Soirée de l’immobilier (organisée par «Tout l’immobilier») aura finalement pu se dérouler le 24 novembre à l’hôtel Président Wilson, à Genève. Les quelque 200 convives ayant fait le déplacement ont pu se retrouver entre personnalités du secteur: régies, constructeurs, architectes, sociétés de services ou en-
core disrupteurs de la branche. Tous ont pu, l’espace de quelques heures, laisser de côté le contexte agité pour se concentrer sur l’immobilier, mis à l’honneur avec la venue de l’experte mondialement reconnue, Marilyne Andersen.
La professeure en technologies durables de la construction à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a abordé la thématique de « l’intérieur ra-
dieux: la lumière naturelle au service de l’architecture et ses occupants», fruit de quinze années de recherche (lire pages 4 et 5). Une soirée riche en présentations puisque les nouvelles formules et l’équipe des médias d’immobilier.ch (le magazine éponyme, le lifestyle «Prestige» et «Tout l’immobilier») ont également pu être mis en avant. Résumé en images de cette soirée où nos invités ont brillé. J. M.
Claude-Alain Paschoud, CEO d’immobilier.ch, éditeur de «Tout l’immobilier».
Plus de 200 convives se sont rendus à la Soirée de l’immobilier.
L’événement s’est tenu à l’hôtel Président
aux questions des invités après la conférence.
Wilson, à Genève. taniaemery.ch
Marilyne Andersen a répondu
Caiyun Tea.pdf 1 20.08.21 00:32
José Aubareda de la Société coopérative d’habitation Genève (SCHG).
La conférencière, Marilyne Andersen, professeure en technologies durables de la construction à l’EPFL.
Serge Guertchakoff, directeur des rédactions.
Benedetta Cevey de Naef Investissement & Commercial, Claude-Alain Paschoud d’Immobilier.ch et Sophie Carliez de JLL.
Caroline Chanton et Irina Freymond, de Home-Selection.
Loïc Daly, Claudine Decombe, Lucie Lavorel, Emilie Marchand, Ludovic Caramella et Thomas Soumille, de Leman Property.
Nicolas Ducret, Sophie Onkelinx et Marius Apaolaza, de SwissCaution.
Gilbert Henchoz (à gauche) et Marc Voisin (à droite), de Green Art. taniaemery.ch
Chantal de Senger de «Prestige» et Sandrine Bussat, de la BCGE.
Franck-J Bodenmann de Gilbert Henchoz SA, Michael Ortiz et Christophe Ortiz, de Privalia Immobilier.
Aurélie Huissoud, Amel Locatelli et Julien Grange, de Grange & Cie.
Mariem Bouzaiene, Cetty Seydoux et Bruce Dingeon, de FM Management.
Corinne Gaillard de Key4U Property, Frédéric Furrer et Stéphanie Domange, de Sorg.
Bénédicte Atallah et Loïc Fuhrer, de Lemania Immo.
Sylvain Roch, Amna Bouali et Eduardo Carrara, de V.Guimet fils.
Interview
POURQUOI JÉRÔME FÉLICITÉ REPREND
LA DIRECTION D’EDIFEA
Jérôme Félicité: «Ma priorité est la qualité des prestations.»
A la suite de problèmes de gouvernance, Jérôme Félicité a repris la direction ad intérim de l’entreprise générale. L’heure est désormais au changement de discours, de management et, surtout, de méthodes.
Notre interview exclusive.
Pourquoi avez-vous repris la direction générale d’Edifea?
Que s’est-il passé?
Cela correspond à une volonté des actionnaires de redonner une impulsion nouvelle à Edifea, fondée il y plus de onze ans comme alternative aux grands groupes. Une entreprise générale proche de ses clients, de ses partenaires dans une relation de confiance et de respect. L’ancienne direction s’était, selon nous, trop éloignée de cet ADN et la gouvernance ne correspondait plus à nos attentes. Il nous est alors apparu essentiel de réorienter le cap.
Pour permettre au navire de mieux voguer à nouveau?
Nous l’espérons, d’autant que j’ai la chance de m’appuyer sur un équipage de qualité, habitué à naviguer par tous les temps. Nous avons désormais un conseil de direction qui compte dix personnes et qui représente tous les secteurs de l’entreprise générale: économie de la construction, risk management, ressources humaines, affaires juridiques, marketing et opérationnel. Tout le monde travaille ensemble.
Pourquoi ne pas avoir engagé de nouveau directeur plutôt que de devoir assumer cette fonction?
Les actionnaires ont décidé que j’étais, pour l’heure, l’homme de la situation. De plus, je peux m’appuyer sur des personnes clés. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de reprendre aujourd’hui la direction en plus de la présidence du conseil d’administration. Nous souhaitons renforcer les synergies avec le reste du groupe, en lançant une centrale d’achat qui sera opérationnelle dès le mois de décembre. Nous souhaitons aussi passer une certification ISO et ajouter plusieurs pôles de contrôle. Autant d’éléments qui manquaient à une entreprise de notre taille. Nous ne voulons pas ajouter une couche de management supplémentaire. Les actionnaires doivent conserver une certaine latitude pour pouvoir mettre en œuvre leur vision.
Et quelle est leur vision?
Un repositionnement de l’entreprise sur ses valeurs cardinales qui sont la transparence, l’efficacité, l’agilité et la performance. Avec ce changement de direction et la relation de confiance que nous réinstaurons, nous avons retrouvé des maîtres d’ouvrage et des fournisseurs. Nous sommes aussi adjudicataires de grands chantiers, un pôle qui se porte très bien chez Edifea. Les entreprises que nous avons rencontrées sont ravies du changement. Nous recherchons la qualité, pas le volume, tout en poursuivant la construction de nos grands projets.
Vous voulez réaliser de grands projets, mais vous semblez déjà avoir des difficultés avec les petits. Il y a deux ans, des propriétaires mécontents s’en étaient ouverts dans la presse. Il est vrai que nous avons connu, il y a deux ans, des difficultés de suivi de certains chantiers qui mettaient dans un état de stress les nouveaux acquéreurs. Ce que je comprends parfaitement. Aujourd’hui, Edifea fait son mea culpa. Nous avons mis en place de nombreux éléments pour améliorer le suivi de chantier et la remise du bien. Les services garantie et après-vente ont aussi été remodelés en renforçant l’équipe dédiée qui fait le lien avec l’opérationnel. Nous de -
«Il est vrai que nous avons connu, il y a deux ans, des difficultés de suivi de certains chantiers qui mettaient dans un état de stress les nouveaux acquéreurs»
Yvan Alvarez
vons insister sur la communication avec les clients, car une petite chose peut prendre une grande ampleur. Il suffit parfois d’un rendez-vous et de travaux de retouches pour aplanir des situations épineuses. Et je le redis, je comprends les angoisses de ces propriétaires. Nous devons mieux les encadrer grâce, notamment, aux outils digitaux. Pour garantir cet objectif, nous mettons d’ailleurs en place un nouveau projet.
De quoi s’agit-il?
Nous profitons de la restructuration pour lancer un nouveau pôle, baptisé Edifea Home, uniquement dédié à la construction de villas et de petits immeubles. Il sera désormais possible de choisir son bien dans un catalogue et l’adapter à ses besoins et ses envies. Cela permet au client de se projeter plus facilement dans son futur chez-soi. Nous allons également lancer un pôle Hospitality avec pour référence l’ensemble hôtelier Six-Senses.
Pour l’avoir vécu, le chantier dure souvent un an ou plus, laps de temps durant lequel les chefs de chantier se succèdent. En tant que client, ce turnover pose problème car un lien s’établit avec la personne en charge. Exactement, il s’agit d’un des problèmes qui peut se régler en renforçant la gouvernance de l’entreprise et en donnant aux équipes des raisons de rester. Nous devons mieux les impliquer et les imprégner de la philosophie de notre entreprise. Aux yeux des collaborateurs et collaboratrices, toutes les sociétés sont interchangeables et seuls les aspects salariaux comptent. Chez Edifea, et c’est la raison même de son existence, nous souhaitons représenter une alternative aux grands groupes. Car souvent, les entrepreneurs généraux ont une position trop dure avec les clients. C’est là que notre approche se distingue de celle des autres entreprises. Nous voulons faire de la qualité, ce qui implique forcément de lâcher un peu. Il ne s’agit pas de compter chaque centime. Ce message, nous le passons à l’interne.
Plus encore que le turnover, le principal problème des entreprises générales reste le recours aux mandataires qui, eux-mêmes, soustraitent à d’autres structures. La question de la sous-traitance est capitale dans le secteur de la construction aujourd’hui. C’est un virage à 180 degrés qui est pris par Edifea dans le choix des fournisseurs. En tant qu’acteur responsable, nous devons choisir des entreprises locales qui remplissent leurs obligations car c’est un gage de qualité. Nous avons une charte éthique que nous faisons signer à tous nos manda-
taires. Si des abus sont constatés, nous suspendons notre relation contractuelle de manière immédiate et définitive. Je veux combattre cette problématique qui représente le virus des chantiers et que toute la branche doit éradiquer. Nous sommes intransigeants quant au choix de prestataires de qualité.
Il a été reproché à Edifea d’avoir grandi trop vite. Est-ce que cet aspect représente un risque pour sa survie?
La croissance n’est jamais un problème, c’est sa gestion qui peut l’être. Nous comptons aujourd’hui 160 personnes, et cela, depuis maintenant plusieurs années. Quant à la santé financière d’Edifea, je souhaite à toute entreprise d’être aussi bien capitalisée. Nous avons plus de 5 millions de francs de capital-actions et 10 millions de bénéfice rapporté. De plus, Edifea appartient désormais entièrement au groupe que je préside
«L’entreprise se repositionne sur ses valeurs cardinales qui sont la transparence, l’efficacité, l’agilité et la performance»
qui représente le plus grand acteur immobilier de Suisse romande avec les marques Gerofinance | Régie du Rhône et Barnes Suisse. Edifea est une entreprise pour laquelle nous avons de grandes ambitions!
Quelles sont vos ambitions alors? Nous venons d’être adjudicataires de 150 logements à Genève, 80 à Bulle (FR) et 22 à Chardonne (VD). Nous avons également le chantier de Small City avec 240'000 m2 de surface commerciale sur la route du Pont-Buttin. Nous voulons poursuivre avec les grands chantiers tout en continuant à offrir des villas individuelles ou jumelles et des petits immeubles de qualité. Nous avons connu des moments difficiles, mais nous travaillons pour retrouver l’ADN d’Edifea, basé sur la qualité des prestations et des relations avec les clients.
À la vente et à la location dans les cantons de Genève et Vaud
DEUX ÉDITIONS PAR AN
IMMORAMA
Route de Chêne 36 – CP 6255 – 1211 Genève 6
T +41 22 849 65 95 redaction@immorama.ch www.immorama.ch
Etude
LE MARCHÉ DE L’IMMOBILIER LOGISTIQUE EST EN MUTATION
CBRE vient de publier une nouvelle étude sur le marché suisse de l’immobilier logistique et, pour la première fois, des locaux d’activités. En voici une synthèse.
Les deux secteurs analysés représentent ensemble près de 60 millions de mètres carrés en Suisse et constituent une «très bonne base pour les activités d’investissement», comme l’indique Julien Scarpa de CBRE. Cette société cotée aux EtatsUnis offre des services relatifs au conseil stratégique, la location et la vente de biens immobiliers, la gestion de projets, etc. «De plus en plus d’investisseurs se positionnent activement sur cette classe d’actifs notamment depuis la crise pandémique. Les meilleurs immeubles de logistique (emplacement et qualité de construction «prime», baux à long terme) affichent désormais des rendements nets de 3,65%. Pour les locaux d’activités, ils se situent légèrement au-dessus de 3,9%, cet écart reflétant une plus grande complexité au niveau technique et dans la gestion de l’actif par rapport à la logistique.»
Le boom du e-commerce
Comme l’explique le rapport, chaque augmentation d’un milliard de francs du chiffre d’affaires total du e-commerce en Suisse entraîne une demande d’es-
Une hausse d’un milliard du chiffre d’affaires total du e-commerce entraîne une demande d’espace logistique supplémentaire de 80'000 m2
pace logistique supplémentaire estimée à 80'000 m2. «Dans cette optique, nous prévoyons que les nouveaux besoins en espace logistique induits par la croissance du e-commerce s’élèveront à environ 400'000 m2 pour la période de 2021 à 2025 (cinq ans), ce qui correspond à 1,6% du stock actuel de logistique et d’entrepôts en Suisse.»
Compte tenu des horizons de temps nécessaires à la planification, une part substantielle de la demande croissante
Offre de surfaces de logistique par canton 2021
d’espace logistique a déjà été anticipée. «Par exemple, le projet de centre de distribution planifié conjointement par Digitec Galaxus et La Poste Suisse à Utzenstorf (BE) représente à lui seul plus des deux tiers de la demande logistique supplémentaire sur une année en Suisse.» La Suisse romande a bien tiré son épingle du jeu, comme en témoignent quelques grands projets de La Poste (Vétroz, VS), Planzer (Penthalaz, VD), Camion Transport (Aclens-Vufflens-la-Ville, VD) ou Richemont (Villars-sur-Glâne, FR), pour ne citer que quelques exemples. «Le processus de régionalisation sur le marché suisse de la logistique se poursuit. En raison du manque général de terrains disponibles et vues les réglementations très restrictives en matière de construction et de zonage, les entreprises de logistique ont tendance à faire des compromis sur la localisation de leurs activités.» Enfin, CBRE rappelle la tendance à construire désormais des bâtiments à plusieurs étages, principalement sur Genève.
Une première analyse
L’étude de CBRE propose aussi de s’intéresser aux surfaces destinées à l’industrie
«Genève a été l’une des régions les plus dynamiques en matière d’activité de construction neuve de locaux d’activités pour l’industrie légère»
valent plein temps), soit un stock estimé à environ 38,8 millions de m2.»
«Le canton de Genève a été l’une des régions les plus dynamiques de Suisse en matière d’activité de construction neuve de locaux d’activités pour l’industrie légère, tout en affichant l’un des taux de propriétaires-occupants les plus bas du pays. De grands bâtiments à usage mixte ont été livrés dans les principales zones industrielles du canton ces dernières années, que ce soit pour un utilisateur unique ou dans un cadre multi-locataires. Compte tenu de l’ampleur du pipeline de projets, le taux d’offre dans ce canton devrait encore rester supérieur à la moyenne suisse de 1,6% ces prochaines années.»
Dernière information: les taux de propriétaires occupants (en m2) sont estimés à environ 70% pour la logistique et à environ 80% pour les locaux d’activités. Reste donc à savoir si ces deux segments sortiront de leur statut de «marché de niche» aux yeux des institutionnels suisses.
Serge Guertchakoff 2021 (en m2 et en % du stock). CBRE
légère. Ce type de locaux peuvent être situés près de zones densément peuplées, avec aussi un mix d’utilisations. «Les utilisations mixtes typiques comprennent l’industrie de la construction et de la menuiserie, les garages automobiles, ainsi que l’ensemble de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux. Les activités en question représentent environ 700'000 ETP (équi-
Interview
NAEF IMMOBILIER ENTRE AU CAPITAL DE HOMENHANCEMENT
Cette start-up romande s’est spécialisée dans la gestion de logements meublés à Genève et Lausanne. Interview avec le cofondateur Gaël Constantin.
Naef Immobilier a annoncé le 18 novembre une prise de participation dans la start-up romande Homenhancement, spécialisée dans la gestion de logements meublés à Genève et Lausanne. Son parc locatif se compose de 450 appartements répartis entre les deux villes. Les typologies varient du studio au 4 pièces et les logements sont loués complètement équipés et meublés par des décorateurs. Homenhancement reste une entité indépendante, dirigée et animée par son cofondateur Gaël Constantin, tandis qu’Etienne Nagy, directeur général du groupe Naef Immobilier, entre au conseil
d’administration de la start-up. Notre interview avec Gaël Constantin, 30 ans, qui après un bachelor en droit et des études en urbanisme a cofondé cette start-up avec Loïc Emery, 30 ans également, mais plus impliqué aujourd’hui dans la jeune société.
Dans quelle circonstance avez-vous fondé Homenhancement en 2015?
Dès l’âge de 15 ans, je travaillais tous les mercredis pour aider le concierge de plusieurs immeubles pour gagner de l’argent de poche. C’est le point de départ de ma passion pour l’immobilier. Puis j’ai enchaîné, à côté de mes études, en étant
veilleur de nuit dans un foyer pour jeunes en rupture sociale appartenant à l’Hospice Général, ceci jusqu’à la mi-2016. Mais la première idée était venue de Loïc qui a testé ce type de services à Hongkong et m’a proposé qu’on lance ça ici.
Comment s’est déroulé le démarrage?
Nous avons eu la chance de pouvoir convaincre rapidement la propriétaire d’un parc d’une dizaine d’appartements meublés. Cela étant, je n’ai été en mesure de verser mon premier salaire, de 3000 francs par mois, qu’après une année de fonctionnement. Je devais continuer de travail en parallèle.
Quels sont vos projets de développement?
Nous venons d’ouvrir dans le quartier de La Sallaz à Lausanne avec 54 appartements. Nous fonctionnons comme une régie qui propose des logements meublés pour une période temporaire d’un mois minimum. Cependant, ce qui nous différencie d’une régie traditionnelle, c’est justement la grande flexibilité que nous avons sur la durée des baux. Notre clientèle a besoin de solution temporaire. La durée moyenne des locations est de six mois.
D’autant que vous répondez à des besoins très différents, exact? En effet, nous avons relogé la totalité des habitants d’un immeubles des Avanchets
Gaël Constantin: une passion pour l’immobilier depuis l’âge de 15 ans. LDD
Près de la moitié de la clientèle sont des expatriés. LDD
(GE), le temps qu’un chantier conséquent s’achève. Avec le confinement lié au Covid, certaines personnes se sont retrouvées coincées entre un bail résilié et une maison pas encore habitable, ce qui les a poussées à chercher une solution. Enfin, près de la moitié de notre clientèle sont des expatriés.
Pouvez-vous offrir des services de type hôteliers?
Non, comme nous travaillons avec des bâtiments qui sont au bénéfice d’une affectation résidentielle et non hôtelière, ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas proposer de femmes de ménage, une réception ou la livraison de repas.
Le Covid a-t-il freiné ou boosté vos activités?
«Ce qui nous différencie d’une régie traditionnelle, c’est justement la grande flexibilité que nous avons sur la durée des baux»
Il y a certes eu moins d’arrivées de plusieurs pays, notamment des Etats-Unis. Cependant, l’ONU a continué à fonctionner, les ONG aussi. Et cette période a nécessité de dénicher des solutions lorsqu’un bail se terminait, que des couples divorçaient ou des gens qui ne pouvaient momentanément pas retourner dans leur pays.
Et pourquoi ce rapprochement avec Naef Immobilier?
Nous allons y gagner en expertise et nous pourrons effectuer certaines synergies, par exemple avec le marketing. Car, en ce qui nous concerne, nous sommes très petits (ndlr: Homenhancement compte neuf salariés).
Propos recueillis par Serge Guertchakoff
Créatrice de souvenirs...
Photos de grossesse, de nouveaux-nés, d’enfants et de familles. Venez me rendre visite et apprécier mon travail sur mon site internet: www.nadias-photography.com
Teo Jakob
UNE IMPULSION FORMIDABLE À LA CULTURE DU DESIGN
Michèle Rossier, directrice à Genève, porte en avant la philosophie du fondateur, pionnier du design et de l’art de vivre contemporain qui a conçu son rôle plus comme celui d’un acteur culturel que celui d’un marchand de meubles.
Il y a le «Prix Teo» qui récompense annuellement, depuis qu’elle l’a créé en 2009, le meilleur projet de diplôme en design d’intérieur à l’Ecole d’art et de design de Genève (HEAD). Il y a l’indéfectible partenariat d’ameublement de la foire international ArtGenève, le solide soutien aux Design Days coorganisés par Espaces contemporains, sans oublier la participation au «Parcours céramique carougeois». Et toujours des conférences, dialogues, échanges entre experts et jeunes designers, venant régulièrement animer ce magasin à Carouge de 1500m2, qui étire ses longues vitrines sur la place de l’Octroi.
Michèle Rossier fut aussi nominatrice du Design Preis Suisse: l’expression d’une passion sans failles pour la promotion du design, et celle du design suisse en particulier. Grande connaisseuse, fascinée par l’esthétique et la qualité, son rapport ouvert à la vie et aux gens l’engage à faire de l’espace Teo Jakob un lieu de culture, tout à la fois espace d’accueil, de ser-
Le rêve de Michèle Rossier: écrire un livre sur le design suisse contemporain, reconnu, mais bien trop méconnu
vices, d’expériences inspirantes et d’événements festifs pour une clientèle avertie qui aime se laisser surprendre. Elle se souvient notamment avec bonheur des acteurs du Théâtre de Carouge venus, il y a quelques années, faire l’accueil au magasin.
L’empreinte d’un fondateur percutant Entrée en 2001 dans le giron de la holding Teo Jakob, directrice de la filiale genevoise et membre de la direction du groupe depuis 2009, Michèle Rossier n’a pas connu le personnage flamboyant, ne serait-ce que par sa barbe rousse, que fut le fondateur, mais elle porte en avant son empreinte qui continue de marquer la maison. Homme d’une rare ouverture d’esprit, esthète à l’intelligence fine et percutante, à la fois découvreur de talents, mécène de nombreux artistes et fou de modernité, Theodor Jakob dessinera une trajectoire entre générosité culturelle et esprit d’entreprise.
C’est en 1950 qu’il reprend le magasin
Michèle Rossier a fait de Teo Jakob un lieu de culture, tout à la fois un espace d’accueil, de services, d’expériences inspirantes et d’événements festifs pour une clientèle avertie. Photos d'Elodie Durand
de son père, tapissier dans la vieille ville de Berne. Il le transforme au profit d’un mobilier moderne, des icônes du Bauhaus aux pièces d’avant-garde italiennes et scandinaves. Ainsi naît l’un des grands précurseurs de l’aménagement d’intérieur contemporain en Suisse. Ses deux sites, à Berne puis à Genève dès 1957,
font vite référence dans le domaine. D’autres espaces s’ouvrent plus tard, à Zurich, Baar-Silhbrugg, Soleure, Winterthour. Point fort, l’art y est omniprésent. Tirées de l’importante collection de celui qui est simplement devenu Teo Jakob, choisies selon les desiderata de chaque direction, les œuvres, interchangeables
à gré, font de chaque showroom un lieu singulier où les tableaux sont en osmose avec leur environnement. Le pionnier multiplie les collaborations avec des écoles d’arts appliqués, de jeunes designers suisses tels Robert Hausmann ou Kurt Thut et des entreprises innovantes comme B&B, Cassina >>
Le conseil et la réalisation d’aménagements personnalisés sont le point fort de l’entreprise.
ou Vitra, devenues aujourd’hui des classiques qui gardent intacte leur créativité. «Elles ont mené des révolutions formelles; aujourd’hui, elles sont progressistes tant dans l’adaptation proactive aux mutations de nos modes de vie que dans leur manière de travailler, plus écologique et responsable», observe Michèle Rossier. Après quarante-deux ans d’activité professionnelle et plusieurs récompenses, Teo Jakob remettra son entreprise à ses cadres qui créent alors la holding éponyme.
La flexibilité, thème d’actualité
La maison a évolué et élargi son champ d’expertise, mais l’esprit n’a pas changé. Jubilation, plaisir du partage, il y a tout cela chez Michèle Rossier quand elle caresse le bois d’un meuble de Thut qui mixe innovation, technologie et artisanat de haut vol, quand elle s’extasie devant un paravent d’Atelier Oï ou une géniale lampe multifonctionnelle de la firme suisse Baltensweiler. «Chaque filiale présente les objets de son choix. Cette liberté permet de tenir compte des différences
Le fondateur
Theodor Jakob, découvreur de talents, mécène de nombreux artistes et fou de modernité, dessinera une trajectoire entre générosité culturelle et esprit d’entreprise
de goût régionales. Ici, nous privilégions des collections de meubles plus chaleureuses et des luminaires plus décoratifs qu’en Suisse alémanique.»
On passe devant les canapés raffinés de Minotti, la sculpturale lampe-cheval de Moooi, pour découvrir les diversifications de USM Haller. «Parce que le virtuel abaisse nos besoins de rangements, l’inimitable système de meubles modulaires se renouvelle, répond aux nouveaux besoins du bureau flexible en proposant des éléments qui servent d’assises, de garderobes ou de séparateurs d’espaces en tôle trouée pour recevoir des pots de plantes vertes.» «Vitra fut déjà un précurseur du concept de flexibilité, il y a une quinzaine d’années, note-t-elle, mais l’intérêt, poussé par le télétravail durant la pandémie, se manifeste maintenant.»
L’équipe de la place de l’Octroi s’est ellemême exercée à la flexibilité et à une évolution organisationnelle, «les bureaux ne sont plus attribués, l’entrée du magasin a changé de place pour mieux s’ouvrir sur l’espace réaménagé et nous avons modifié nos horaires d’ouverture. Le showroom
Elodie Durand
est fermé le matin, sauf sur rendez-vous, ce qui permet de nous concentrer sur l’étude des projets et d’être totalement disponibles, l’après-midi, pour recevoir notre clientèle.» Des fans de mobilier contemporain qui viennent chercher ce qu’ils ne trouvent pas sur le site de vente on-line: le conseil d’aménagement personnalisé. «Les clients sont autant des
particuliers que des entreprises, des professionnels de l’habitat et des collectivités publiques. Avec un réseau de partenaires, l’équipe agence des espaces privés, des bureaux, des restaurants, des hôtels et des locaux commerciaux les plus divers, de la conception à la réalisation.» Le rêve de Michèle Rossier: écrire un livre sur le design suisse contemporain, reconnu,
mais bien trop méconnu. Elle espère aussi plus d’appui pour les jeunes créateurs, à l’instar de la Fondation bernoise de design créée par le Canton de Berne qui assure un soutien aux designers et leur médiation culturelle. «Il serait bon, ditelle, qu’un système de bourse soit mis en place en Suisse romande.»
Viviane Scaramiglia
Peur de l’échec
LES DANGERS DE L’AUTOCRITIQUE ET COMMENT Y REMÉDIER
Signe avant-coureur de la dépression, l’autocritique sévère fausse notre perception de la réalité et diminue nos chances de réussite, assurent les experts. Explications.
«Je ne travaille pas assez», «j’abandonne trop facilement», «je ne suis pas à la hauteur». Qui ne s’est pas déjà parlé de cette manière? Persuadés que l’autocritique nous pousse à nous dépasser et nous met à l’abri des «bulles d’excès de confiance», nous sommes très souvent nos critiques les plus féroces. Beaucoup se félicitent même de cette auto-flagellation et arborent leur sévérité envers eux-mêmes comme une Légion d’honneur. «Après tout, si on ne se surveille pas, qui va le faire?» interroge Emma Seppälä, auteure de «La piste du bonheur» (éd. deboeck).
Perdre ses moyens
C’est oublier qu’être trop dur avec soimême nuit au bien-être psychologique et compromet la réussite. «L’autocritique prive l’individu de son sens de l’initiative, détruit le pouvoir de son imagination, freine son individualité et lui vole son autonomie», assure Napoléon Hill, auteur du best-seller «Réfléchissez et devenez
riche». De son côté, Kristin Neff, professeure associée de développement humain à l’université du Texas, fait observer que l’autocritique est souvent un signe avant-coureur de la dépression. «Au lieu de motiver, elle empêche d’essayer, de peur d’échouer.» Elle ajoute que, dans notre cerveau, deux systèmes sont en compétition: l’un cherche la récompense, l’autre craint l’échec. Or, la peur de l’échec, quand elle est excessive, se met directement en travers de la réussite. Des recherches effectuées sur des athlètes ont ainsi démontré que la peur d’échouer peut faire perdre ses moyens au pire moment et inciter à abandonner face à un obstacle. «C’est l’exemple du coureur qui trébuche (et ne se relève pas) dans une course à laquelle il s’est préparé depuis des mois.»
Au travail, elle peut être si anxiogène que l’on finit par tricher plutôt que d’apprendre. Ainsi, une étude conduite sur des entrepreneurs intitulée «Take the Money or Run? Investor’s Ethical Reputation and Entrepreneurs’ Willingness
Dans notre cerveau, deux systèmes sont en l’autre craint l’échec. LDD
to Parner» montre que ceux qui ont excessivement peur d’échouer sont plus susceptibles d’accepter un partenariat douteux avec un investisseur peu respectueux de l’éthique.
Le fameux «lâcher-prise»
A l’inverse, rien n’est plus utile à qui entreprend une action difficile que de mettre en veilleuse ses exigences. Pour poursuivre avec la métaphore sportive, citons le cas de Yannick Noah qui, en décembre 1982, la veille d’une finale de tennis contre le Tchèque Tomas Smid, était sur la piste de dance d’une boîte de nuit toulousaine dans un état d’ébriété avancé. Contre toute attente, et surtout contre la sienne, le lendemain il gagne 6-3, 6-2, dans un état second. Quelle morale tirer de cette histoire? «Au lieu de gamberger seul dans sa chambre en pensant au match du lendemain et d’enchaîner sur une insomnie, faire la fête toute la nuit a permis à Yannick Noah d’oublier l’enjeu, analyse le philosophe Ollivier Pourriol, auteur de «Facile, l’art de réussir sans
«Le
compétition: l’un cherche la récompense,
forcer» (éd. Michel Lafon). Le cerveau libéré de toute inquiétude, l’athlète, plus reposé qu’il ne le croit, va pouvoir jouer dans un relâchement total, puisqu’il n’a aucune attente. Sa relative indifférence au but lui permet de faire entièrement confiance à son corps, et d’expérimenter le fameux «lâcher-prise», une forme d’oubli de soi, de non-pensée, d’état zen spontané où on réussit tout parce qu’on ne vise plus rien.»
Un a priori négatif
Autre inconvénient de l’autocritique, être dur avec soi-même incite à se polariser sur ses lacunes, ce qui est pénalisant sur le plan psychologique. «Des recherches ont montré que notre cerveau possède un a priori négatif, poursuit Emma Seppälä. Dans notre esprit, le mauvais est plus fort que le bon.» Elle cite des recherches menées par Roy Baumeister qui suggèrent que cette tendance a peut-être contribué à la survie de notre espèce, en permettant une focalisation sur les dangers qui la menaçaient. «Mais
cerveau, libéré de toute inquiétude, l’athlète, plus reposé qu’il ne le croit, va pouvoir jouer dans un relâchement total»
Ollivier Pourriol, philosophe
positives que négatives, nous nous polarisons sur les mauvaises. Si nous étions capables de voir les choses telles qu’elles sont, nous «souffririons» d’un a priori positif, puisque 75% de notre vie se passe plutôt bien! Mais, aveuglés par ce qui ne va pas, nous ne nous rendons pas compte de ce qui va. Sans parler d’en profiter... «Vis-à-vis de soi-même, la tendance est là même, note Emma Seppälä. Avant un entretien d’évaluation annuelle, on se souvient d’un projet bâclé ou d’une altercation avec son chef. Et lorsque votre manager vous complimente sur vos succès et vous fait part d’un ou deux points que vous auriez pu gérer différemment, vous allez sans doute ne retenir que ceux-là.»
aujourd’hui, cet a priori négatif, sur notre environnement comme sur nous-même, nous porte préjudice. On a tellement tendance à privilégier le négatif que notre vision de la réalité est biaisée.»
Jugez plutôt: une analyse de Shelly Gable et Jonathan Haidt suggère qu’alors que nous vivons trois fois plus d’expériences
Last but not least, cet a priori négatif nous pousse à considérer nos succès comme allant de soi. «Les grands chercheurs, écrivains ou chefs ont travaillé dur des années. Pourtant, une fois le succès atteint, la satisfaction n’est souvent pas au rendez-vous. Pourquoi? Parce que l’on s’habitue à ce qui va bien.» Ces lignes évoqueront peut-être au lecteur une promotion ou une distinction publique ayant suscité une grande joie qui, au fil du temps et de l’habitude, s’est peu à peu estompée. En définitive, s’il ne s’agit pas d’ignorer ses faiblesses pour s’épargner une critique constructive, il y a une différence entre conscience de soi (être capable d’identifier ses faiblesses) et l’autoflagellation, qui ne fait qu’ajouter à la pression et empêche de donner le meilleur de soi-même.
Amanda Castillo
info@abeillesdor.ch
Pierre-Alain Brodard
RESTAURATEUR SENTIMENTAL
Propriétaire du Café du Marché et de l’Olivier de Provence à Carouge, le restaurateur Pierre-Alain Brodard parle de son métier sans détour.
Dans le milieu feutré de la gastronomie genevoise, le nom de Pierre-Alain Brodard ne vous dit peut-être rien. C’est seulement lorsqu’on arrive dans son fief de Carouge et que l’on évoque son parcours autour du ballon rond que les choses s’éclaircissent. «Je suis né à Carouge et j’ai vécu toute ma vie ici. Je suis un pur produit carougeois», annonce fièrement l’ancien secrétaire général et président du club de foot de la Cité sarde. Et pourtant, ce personnage haut en couleur, vêtu ce jour-là de noir de la tête aux pieds, est une personne pudique et sensible. Ayant baigné tout au long de sa carrière de près ou de loin dans l’univers de la restauration, il retrace, non sans émotion et avec une belle dose de sincérité, son parcours, ses bonheurs et ses galères.
Foot toujours
Comme souvent en cuisine, tout commence dès l’enfance. Rares sont les personnes qui pratiquent ce métier sans avoir un pied dans la restauration dès le plus jeune âge. La mère de Pierre-Alain Brodard était serveuse au Café du Marché. Même si le lien s’est fait bien des années plus tard, l’affect pour cet établissement est indéniable. «Je me souviens encore être assis sur mon tabouret de bar et attendre qu’elle termine son service. Difficile d’oublier les odeurs de la poule-au-pot servie tous les dimanches. J’étais fasciné par cet environnement et la restauration a très vite fait partie de mon ADN.»
Son désir de devenir cuisinier est contrecarré par son père qui l’en empêche avec détermination et l’oriente fortement vers une trajectoire footballistique. Impulsif, le jeune talent aurait pu faire carrière en tant que joueur professionnel mais son franc-parler l’éloigne des crampons. Des regrets? «Aucun», réplique-t-il avec conviction avant de reprendre. «Tout ce que j’ai fait dans la vie je ne le regrette pas. J’ai construit mes projets et choisi une orientation professionnelle qui m’a toujours comblé.» Pendant vingt ans, il jongle entre le gazon des terrains du club de l’Etoile Carouge et les bilans comptables de sa fiduciaire.
Nappes blanches
En 2000, la mère de Pierre-Alain Brodard reprend le Café des Négociants à Carouge et trois ans plus tard elle demande à son fils de la rejoindre dans l’aventure. Une aubaine pour celui qui souhaite un peu de changement dans sa vie. Même si l’affaire sera revendue en 2008 à Philippe Chevrier, la magie opère et le patron prend plaisir à retrouver un métier qui privilégie le contact humain. Après un retour par la case comptable, il reprend le Café du Marché en 2015. «Je ressens le besoin d’être proche de la clientèle. En fait, je fais souvent le parallèle avec le football et l’esprit d’équipe. Si l’on est seul, cela ne peut pas marcher au quotidien. Même si personne n’est irremplaçable dans une entreprise, il faut savoir mettre en avant ses collaborateurs et faire de la place aux autres.»
Avec Mathieu Van Coppenolle côté salle et Nicolas Bouiller côté fourneaux à l’Olivier de Provence, il sait s’entourer de talents qui sont les dignes ambassadeurs d’une gastronomie où le produit est roi et les saisons sont reines. La reprise de cette deuxième institution carougeoise est tout aussi symbolique que la première. Issu d’un milieu ouvrier, le père de Pierre-Alain emmenait sa famille une fois par an au restaurant... à l’Olivier de Provence. «Enfant, c’est la seule fois où nous dînions sur des nappes blanches», se remémore-t-il avec émotion.
Soutien
Comme l’ensemble de ses confrères, les établissements de Pierre-Alain Brodard sont touchés de plein fouet par la crise
Né à Carouge, Pierre-Alain Brodard e
st «un pur produit carougeois». E. Amoiel / LDD
sanitaire. Un coup dur pour l’entrepreneur qui traverse une période difficile. «Autant psychologiquement que physiquement, la Covid-19 m’a laissé des traces que j’essaie toujours de réparer. Nous ne sommes malheureusement pas encore tirés d’affaires.» Il continue de puiser dans ses réserves intellectuelles et financières afin que le moral ne faiblisse pas. Aujourd’hui, il se reconstruit et se remotive de plus belle. Ce sont la sensibilité et les émotions qui ont toujours poussé Pierre-Alain à aller de l’avant, sans oublier son épouse Marylin qui, depuis quarante ans, lui apporte un indéfectible soutien. Son message est très clair: il finira ses jours dans un bistrot. Le plus tard sera le mieux...
Edouard Amoiel
«Je fais souvent le parallèle avec le football et l’esprit d’équipe. Si l’on est seul, cela ne peut pas marcher»
1,55 % à 20 ans
1,60 % à 25 ans
0,67 % à 10 ans
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 12 au 16 juillet 2021
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 13 au 17 septembre
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 22 au 26 novembre 2021
0844 10 10 10
www.d-l.ch
Spectacle
«L’ASPERGER ASPERGÉ», DRÔLEMENT TOUCHANT
Atteint d’une maladie du spectre autistique, le jeune Baptiste Antille monte sur scène au Théâtre de la Madeleine pour la tournée romande de son one man show autant poignant que divertissant.
Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant, du haut de ses 25 ans, Baptiste Antille n’en n’est pas à sa première représentation sur scène. Ce Valaisan au parcours de vie tumultueux, diagnostiqué Asperger, vit avec un trouble du développement qui affecte sa capacité à interagir et à communiquer avec autrui, un handicap dont il a fait une force. Passionné depuis tout petit par le monde théâtral, il n’a cependant pas osé sauter le pas de suite. «Déjà à 7 ans, je me rappelle, il s’était essayé à un cours et tout le monde l’avait trouvé naturellement drôle. Il m’avait alors dit qu’il avait découvert sa voie», témoigne sa mère, Véronique Antille. Il tentera néanmoins d’abord une scolarité classique, avant de bifurquer sur un apprentissage de maçonnerie, et finalement revenir à son premier amour: l’estrade.
Coucher l’épreuve de la vie sur le papier
Après plusieurs pièces de théâtre jouées sous l’égide de divers metteurs en scène, Baptiste Antille s’est décidé dernièrement à écrire son premier «vrai» spectacle, centré sur sa propre histoire. Grâce à une bourse de la Société suisse des auteurs (SSA), remportée en début d’année, le jeune homme a pu s’appuyer sur l’expérience du producteur et metteur en scène genevois Philippe Cohen afin de co-écrire son one man show. «Il avait envie que les anecdotes viennent de lui,
Baptiste délivre un cri du cœur en dénonçant le non droit à l’erreur et à l’imperfection dans notre société
de son quotidien de combattant, et que les gens comprennent mieux les difficultés qu’impliquent ce syndrome», décrit sa maman. Ainsi est né «L’Asperger Aspergé», un divertissement entre rires et larmes qui aborde une thématique bien éloignée du monde de l’humour au premier abord.
Une place toute trouvée Ce que confirme Véronique Antille: «C’est justement ce qui fait de ce spectacle un bijou! Il raconte les multiples embûches qu’il rencontre depuis toujours mais sa personnalité et la fraîcheur de sa jeu-
Passionné par le monde théâtral dès l’âge de nesse rendent cela terriblement drôle.» Parmi les thèmes abordés par le comédien, l’aspect de compétition permanente prend une place importante. Le fait d’être différent ne faisant justement pas de différence aux yeux des autres, Baptiste délivre un cri du cœur en dénonçant le non droit à l’erreur et à l’imperfection dans notre société. Une compétition qui débute très jeune d’ailleurs puisqu’il raconte, toujours avec dérision, à quel point les enfants peuvent se montrer durs entre eux. Tout du long de son one man show, Baptiste nous fait naviguer entre écoles, offices d’orientation, cabinets de
Le CV d’acteur de Baptiste Antille
«Solange et Clarence», série radio de la RTS, Genève.
Informations pratiques «L’Asperger Aspergé»
Le 4 décembre 2021 à 19h. Salle de la Madeleine à Genève.
Tarifs de 15 à 25 francs
Billets sur: www.theatre-confiture.ch/billets
médecins et classes d’art dramatique, véritable exutoire pour lui. «C’est incroyable comme ce n’est pas le même sur scène et dans la vie. On voit bien que c’est sur les planches qu’il a trouvé sa place», conclut sa mère, pleine de fierté. En tournée romande depuis plusieurs
dates, «L’Asperger Aspergé» sera joué le 4 décembre prochain au Théâtre de la Madeleine à Genève, à 19 heures. Avec, en première partie, les élèves de la Martin’s Dance Compagny, des virtuoses des claquettes.
Julie Müller
«Jésus, le secret de ma réussite», mise en scène de Claude-Inga Barbey, Sierre.
«Se lancer», première version de l’Asperger Aspergé, Venthône.
«Un conte de Noël», de Charles Dickens, Théâtre de Carouge.
«L’Asperger Aspergé», en collaboration avec Philippe Cohen, tournée romande.
de
Samuel Devantery
Ouvrage
UN CONTE SCIENTIFIQUE POUR SAISIR LES SUBTILITÉS DE LA FORÊT
A travers une épopée fantastique, l’ingénieur forestier reconnu mondialement Ernst Zürcher nous transmet son savoir.
Dans son dernier livre paru début novembre, «A l’écoute de la forêt», les pages du récit d’Ernst Zürcher se suivent mais ne se ressemblent pas. Cet ingénieur forestier, entre autres chargé de cours à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et de Zurich, est aussi auteur à succès dans divers pays avec notamment le best-seller «Les arbres, entre visible et invisible».
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Ayant consacré sa vie aux mystères des arbres et de la forêt, ce passionné continue dans ce nouveau livre de nous apprendre le fonctionnement de ces écosystèmes. Cette fois-ci, c’est avec les aventures de trois amis, Sylvie, Sofia et Ioan, qu’il nous amène à la rencontre de la vraie nature, celle que l’on ne soupçonne pas. Lors d’une soirée dans les bois, les trois compères désillusionnés par l’école
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retrouvent la capacité de s’émerveiller devant l’entraide qui règne entre les animaux et la forêt qui les héberge. Pour accompagner ce conte initiatique, chaque page est assortie d’un dessin de l’artiste peintre Marion Alexandre Cantaloube, le tout clôt par une annexe éducative sur les essences d’arbres et les effets du chant des oiseaux sur les plantations. Julie Müller
la visite d’un expert. Une offre est établie sur cette base. Si elle est acceptée, la signature de la transaction est finalisée chez le notaire. La vente d’un bien immobilier peut ainsi avoir lieu sous 15 jours avec le versement de la totalité du prix de vente.
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DL MONEYPARK
par Stéphane Stillavato, responsable de succursale chez DL MoneyPark
Renouveler son prêt hypothécaire
UNE ÉTAPE PLUS IMPORTANTE QUE L’ON PENSE !
Le renouvellement de prêt hypothécaire est l’occasion d’optimiser l’ensemble de sa situation financière. LDD
L’acquisition d’une résidence principale est un processus complexe ayant des répercussions majeures sur votre situation financière et personnelle. Une fois l’achat réalisé, vous êtes libérés de tout souci relatif au financement, du moins jusqu’au moment où il faudra songer au renouvellement de votre prêt, soit plusieurs mois avant son échéance contractuelle ou idéalement un voire deux ans avant. Il convient alors de se pencher sur les opportunités que le renouvellement peut offrir. La première question est de savoir s’il est possible d’augmenter le montant de son prêt pour dégager des liquidités, la seconde est de réfléchir à la manière d’utiliser ces fonds.
La valeur de gage de votre bien a certainement augmenté et des établissements financiers seraient disposés à
consentir une augmentation de votre prêt, dès lors que vos revenus le permettent. D’autre part, vous avez peutêtre injecté plus de fonds propres que nécessaire dans votre financement initial, ou vous disposez de garanties aujourd’hui qui vous permettraient d’obtenir un financement supérieur à votre hypothèque initiale.
Comment utiliser votre nouvelle capacité de financement?
Optimiser votre fiscalité
Une augmentation de votre prêt dégage des fonds qui, bien employés, vous permettront d’accroître vos déductions fiscales: en augmentant vos cotisations au 3 ème pilier ou en procédant à des rachats d’années de cotisations de votre 2 ème pilier (dans certains cantons, ces
cotisations sont déductibles). Ces deux solutions améliorent également votre prévoyance, un aspect important selon votre situation personnelle et familiale.
Augmenter votre revenu et votre fortune
Vous pouvez aussi utiliser ces fonds pour faire l’acquisition d’un bien de rendement. Le revenu locatif peut couvrir les frais hypothécaires de cette acquisition et, dans certains cas, viendra alléger la charge de votre résidence principale.
Vous pouvez aussi utiliser ces fonds afin d’améliorer les installations de votre logement actuel, ou faire l’acquisition d’une résidence secondaire. Un investissement en actions, obligations ou tout autre produit financier peut également être envisagé, même si une certaine prudence est nécessaire.
Aider vos enfants à devenir propriétaire
Une augmentation de votre hypothèque permettra de procéder à une donation à vos enfants, afin de leur apporter les fonds propres nécessaires à l’acquisition d’un bien immobilier.
Le renouvellement d’un prêt hypothécaire n’est pas simplement une affaire de taux d’intérêt. Souvent minimisée, cette opération est toutefois aussi importante que le financement initial car elle est l’occasion d’optimiser l’ensemble de votre situation financière et d’améliorer votre prévoyance.
CGI CONSEILS
par Géraldine Schmidt, avocate
LOYER FIXÉ EN FONCTION DU CHIFFRE D’AFFAIRE:
EST-CE POSSIBLE ?
Je vais prochainement louer les locaux commerciaux dont je suis propriétaire. J’aimerais prévoir que le loyer évoluera en fonction du chiffre d’affaire de la boutique qui s’y installera. En ai-je le droit ?
(Christelle H., Genève)
Le montant du loyer et son mode de fixation doivent être prévus d’entente entre le locataire et le bailleur. En effet, il s’agit d’un élément essentiel du contrat de bail.
Toutefois, vous n’avez aucune obligation de prévoir un montant chiffré, celui-ci peut être simplement déterminable. Tel est le cas d’un loyer fixé en fonction d’un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé par le locataire. Ainsi, il est parfaitement licite de prévoir un loyer se déterminant en fonction d’un pourcentage du chiffre d’affaire
du locataire. Cette solution n’est d’ailleurs pas rare dans le cadre de contrats portant sur des locaux commerciaux. En effet, le locataire est rassuré par le fait que le loyer suivra la marche de ses affaires et sera donc plus bas si celles-ci ne sont pas favorables, tandis que le bailleur bénéficie de la prospérité économique de son locataire lorsque ses affaires vont bien. Le loyer proportionnel au chiffre d’affaire, peut être fixé avec ou sans loyer de base minimum. Vous pouvez ainsi décider qu’un loyer de base minimum soit fixé (par exemple, CHF
50’000.- par an) et qu’à celui-ci s’ajoute un loyer supplémentaire qui dépendra des résultats d’exploitation de la boutique (par exemple, 5% du chiffre d’affaires). Le Tribunal fédéral a jugé qu’un tel loyer ne peut être remis en cause par le locataire que dans les 30 jours suivant la conclusion du bail ou à son échéance. Il ne pourra pas l’attaquer en cours de bail. Ainsi, une hausse de loyer fondée sur l’application de la clause d’adaptation au chiffre d’affaires, qui ne modifie ni l’éventuel montant fixe, ni le pourcentage pré-
Le bailleur bénéficie de la prospérité économique
économique de son locataire lorsque ses affaires vont bien. LDD
vu, n’a pas à être notifiée sur formule officielle et ne peut pas être contestée selon les règles portant sur les majorations de loyer du Code des obligations. Pour que les rapports contractuels se déroulent sereinement, nous vous conseillons de prévoir dans le contrat que le locataire devra remettre ses comptes au bailleur périodiquement (par semestre ou par année) et à ses frais. Mieux vaut exiger la remise des comptes révisés pour éviter tout problème d’interprétation de ceux-ci. Il est aussi préférable de prévoir que, si le bailleur est in-
satisfait des relevés remis, il en informera le locataire par écrit et que ce dernier devra alors lui remettre, dans un délai de 30 jours, tous les justificatifs nécessaires au contrôle du chiffre d’affaires. Il est également fortement conseillé de définir dans le contrat ce qu’inclura le chiffre d’affaires, par exemple en indiquant qu’il correspond à toutes les ventes de marchandises et de services effectués par le locataire dans le bien loué, quel que soit le mode d’achat, le mode de livraison ou encore le mode de paiement choisi.
Les rendez-vous de la fiscalité immobilière 2021
Notre prochain séminaire CGI Conseils aura lieu le jeudi 2 décembre 2021, de 9h00 à 12h à l’auditorium UBS Acacias, Genève. Le programme est le suivant:
• Fiscalité des fonds de placements immobiliers: questions choisies, par Gregory Von Gunten, Avocat, Expert fiscal diplômé, Associé fondateur de l’Etude Lenoir Delgado & Associés SA et Aurélien Barakat, Avocat Expert fiscal diplômé, Docteur en droit & chargé d’enseignement à l’Université de Neuchâtel, Etude Lenoir Delgado & Associés SA
• Valeurs locatives en zone de développement: conséquences de l’arrêt du Tribunal fédéral n°2C_22/2021, par Gregory Boria, Licence HEC et diplôme de l’Institut d’études immobilières (IEI), Economise-fiscaliste, Chambre genevoise immobilière (CGI)
• Actualité législative en matière de fiscalité immobilière, par Alexandre Faltin, Avocat, D.E.S en droit fiscal, chargé d’enseignement à la faculté d’économie et de management de l’Université de Genève, Associé en l’étude Oberson Abels SA
• Actualité jurisprudentielle en matière de fiscalité immobilière, par Jean-Frédéric Maraia, Avocat, docteur en droit, chargé de cours à l’Université de Genève, Associé en l’étude Schellenberg Wittmer SA
Inscriptions et renseignements sur www.cgiconseils.ch
DE NOUVEAUX AXES POUR LA DURABILITÉ DANS L’IMMOBILIER
La durabilité est aujourd’hui de bon ton, la retranscrire dans des actions concrètes quotidiennes s’avère en revanche plus compliqué. Le développement durable repose sur trois axes définis dans la Constitution helvétique: l’écologie, l’économie et la société. Dans ses développements immobiliers, Steiner fait preuve d’innovation tout en conciliant ces trois axes. Des concepts tels que l’économie circulaire et la co-création marquent l’identité des nouveaux projets développés par Steiner en Suisse.
Jean-Yves Coste: «Si les attentes de la population en termes de développement durable sont élevées, les ambitions de Steiner le sont tout autant.» LDD
Lorsqu’on aborde la question du développement durable avec Jean-Yves Coste, responsable du développement immobilier romand chez Steiner, la réponse est sans détour: «Nous devons encore amplifier nos démarches, nos engagements et nos actes concrets.» Ce constat tranchant
montre les ambitions d’un groupe qui a déjà plusieurs cordes à son arc en matière de développement durable. Le marché immobilier évolue constamment. Les besoins en bureaux, surfaces commerciales et logements connaissent des évolutions au gré des besoins économiques et démographiques. Pour permettre de répondre à ces besoins tout en réduisant l’impact carbone, les critères d’économie circulaire sont pris en compte dans les nouveaux projets immobiliers. Ils s’ajoutent à une conception qui favorise des espaces agiles et modulables, prolongeant la durée de vie des bâtiments.
Intégrer l’économie circulaire lors de la planification En intégrant des matériaux pouvant facilement être réutilisés ou transformés, les développements de Steiner répondront aux défis de demain. Des matériaux pouvant être facilement réutilisés permettent en effet de réduire la consommation d’énergie grise dans les
nouveaux bâtiments. Concrètement, le projet de Hofmatt Sud à Soleure tient spécifiquement compte de cet aspect au niveau de l’intégration de ces matériaux. C’est une exigence que l’entreprise fixe d’ailleurs à tous les acteurs du projet dès le lancement du développement immobilier.
Le site web du complexe résidentiel permet en outre aux acquéreurs intéressés de signaler leurs préférences en termes de développement durable. Pour Yves Oppliger, chef de projet, «cet outil nous permet de reconnaitre les besoins du marché et de les prendre en compte de manière anticipée. Les retours reçus montrent d’ailleurs que l’envie d’investir dans un projet durable est bien confirmée.»
Mécanismes internes orientés vers la durabilité
Etant un des acteurs majeurs du développement immobilier en Suisse avec un portefeuille de 4,2 milliards de francs, Steiner s’est fixée des mécanismes internes favorisant la prise en compte de
Les aménagements transitoires du Jardin des Nations offrent un nouvel espace de co-création et de durabilité.
Le développement durable et les circuits courts s’incarnent chaque jour au Jardin des Nations avec l’association Genève Cultive qui entretient un grand potager urbain.
bition de Steiner est de concilier développement durable et aménagement urbain. Une exigence qui s’incarne dans l’espace d’urbanisme transitoire du Jardin des Nations à Genève. Durant trois ans, cet espace de 40’000m2 au cœur de la Genève internationale sera pensé et imaginé dans un esprit de co-création avec toutes les parties prenantes, notamment le grand public invité à débattre lors d’ateliers participatifs.
Le Jardin des Nations: un projet pionnier à Genève
Le développement durable et les circuits courts s’incarnent chaque jour au Jardin des Nations avec l’association Genève Cultive qui entretient un grand potager urbain, ou La Barje qui privilégie la consommation locale. Tous les matériaux utilisés vivent une seconde vie grâce à un système de récupération et de recyclage. La citerne géante, Syllepse, qui sert à l’accueil du spectacle immersif est totalement démontable et réutilisable. «Même ses fondations ont été conçues en bois afin de répondre à ces exigences» souligne Magali Vionnet, cheffe de projet événementiel chez Steiner.
Demain, Steiner y bâtira un projet qui répondra à une certaine intensité urbaine, économe en artificialisation des sols, avec des espaces naturels végétalisés généreux de pleine terre, un traitement paysager des toitures et des terrasses de style « canopée urbaine ». L’intention de Steiner est d’utiliser des matériaux de construction produits localement, recyclés ou biosourcés, en privilégiant notamment le bois.
labels au sein de ses développements de projets résidentiels.
Le promoteur ne planifie par exemple que des systèmes de chauffage utilisant des énergies renouvelables et renonce au mazout ou au gaz. De plus, chaque projet prévoit une part d’autoproduction d’électricité photovoltaïque. L’entreprise s’est également donnée comme but de
respecter les critères d’exclusion de Minergie-Eco lors de la sélection des matériaux de construction. Même si des labels plus ambitieux sont pris en compte lorsque la viabilité du projet le permet.
Au Jardin des Nations à Genève, Steiner a récemment lancé une démarche qui accorde une importance majeure aux aspects humains et écologiques. L’am-
Steiner veut toutefois aller au-delà d’une simple approche technique pour s’impliquer dans une dimension plus humaine. Steiner s’appuie sur une approche innovante pour développer un quartier où les critères de santé, comme par exemple la qualité de l’air, de l’eau mais aussi des relations sociales et du bien-être physique, mental et environnemental sont primordiales et font partie intégrante de sa conception.
«Si les attentes de la population en termes de développement durable sont élevées, les ambitions de Steiner le sont tout autant», conclut Jean-Yves Coste. Steiner SA
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