La commune a été élue parmi les plus beaux bourgs de Suisse. Elle rejoint le réseau national de l’excellence villageoise composé de 44 villages, dont 17 en Suisse romande. 10-11
Notre cahier Emploi
Ces vins mousseux aux fines bulles persistantes font pétiller vos événements au fil des saisons ! Issus de raisins 100% genevois, cette gamme incontournable ne cesse de séduire les papilles des amoureux de vins effervescents.
SOMMAIRE
4-15 Actualité
Inauguration de l’écoquartier de Pont-Rouge
L’ancien hôtel Atrium devient Mercure sous la direction de tristar
Schenk choisit l’entreprise Halter pour sa Cité du vin à Rolle
Dardagny classé parmi les plus beaux villages de Suisse
Les futurs cadors de l’immobilier reçoivent leur sésame
Publiaz Immobilier célèbre ses 60 ans en déménageant
16-24 Immobilier
Interview de Xavier Jeanneret, maître d’ouvrage en chef du Quartier de l’Etang
Le parc de logements d’utilité publique atteint des records
Quand la ville a besoin d’arbres et de verdure
Les prix immobiliers sont un leurre. Chronique
Naef décroche le label de durabilité
25 Commerce
Inauguration de la nouvelle boutique Omega
26-27 Emploi formation
Le trompe-l’œil ou l’art de créer l’illusion
28-29 Gastronomie
Jonas Bolle, cuisinier tout naturellement
30-35
Culture
Immersion dans la photographie ornementale en architecture
Thriller sur la lutte contre le réchauffement climatique
La star mondiale de tennis était l’invitée de la Banque Gonet, sponsor officiel du Geneva Gonet Open, le jeudi 2 décembre dans le cadre d’un roadshow de sa société Square Panda qui cherche à lever des fonds pour son développement. Square Panda propose une technologie d’apprentissage de l’anglais interactif et sensoriel. L’entreprise vise à résoudre le problème d’alphabétisation de millions de personnes aux quatre coins du monde. Après Genève, l’ancien meilleur joueur du monde de tennis est parti sur Marbella et Londres pour la suite de sa levée de fonds.
DEUX PROFESSIONNELS
DE L’IMMOBILIER SOUS LES VERROUS
La rédaction de «Tout l’immobilier» a appris que deux professionnels de l’immobilier sont incarcérés depuis plusieurs jours dans la prison de Champ-Dollon. Il s’agirait d’un directeur et administrateur d’une petite agence de la place ainsi que le fondateur d’une entreprise générale basée sur la rive gauche de Genève. Notre rédaction n’a pas eu plus d’informations quant à l’infraction présumée reprochée aux deux professionnels de l’immobilier.
Certains craignent une nouvelle affaire du type «Bucher et Moret», mais en format plus réduit.
PARTNERS REAL ESTATE
– KNIGHT FRANK SIGNE AVEC BANK OF CHINA
Le retour de Bank of China à Genève était connu depuis environ six mois déjà. C’est la société Partners Real Estate – Knight Frank qui a été à l’œuvre. La banque souhaitait avoir la vue sur l’eau, mais aussi pouvoir voir les bureaux de ses concurrents. Elle s’est installée à la Tour-de-l’Ile 1, sur deux niveaux où elle loue environ 800 m2. Elle n’a pas besoin de guichet puisqu’elle sera active uniquement dans le financement d’entreprise et le financement du négoce de matières premières.
LES MURS D’UN HÔTEL CHANGENT DE MAIN
Bernard d’Allèves a cédé son hôtel 3 étoiles Excelsior (54 chambres sur 6 étages) pour 7 millions et l’immeuble résidentiel voisin pour 12 millions, soit respectivement aux 34 et 36 rue Rousseau. L’heureux acquéreur est une société genevoise baptisée 4H INVESTMENT SA, administrée par Nikita Romanov, un courtier actif au sein de NASH. D’après nos informations, derrière cette société 4H INVESTMENT se trouverait la famille Harari.
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Urbanisme
LA PLACE DE PONT-ROUGE, HYBRIDE MAIS FÉDÉRATRICE
Dans le quartier totalement remodelé à Lancy, l’élément central de ce nouveau secteur encore en développement a été inauguré jeudi dernier.
Autrefois habité par une zone industrielle, le nouveau centre urbain de Pont-Rouge, entièrement situé sur la commune de Lancy, dévoile désormais un tout autre visage. A la série de gratte-ciels, dont la hauteur a pu choquer certains Genevois, s’ajoute à présent un écoquartier, une future école et une gare en pleine expansion. «La planification de ce quartier particulier et entièrement neuf a pris du temps. Pour nous, comme pour le canton, ce projet a été un réel changement urbanistique», témoigne Damien Bonfanti, conseiller administratif lancéen en charge de l’aménagement du territoire.
Une place importante...
Pensée en tant que véritable trait d’union, la place de Pont-Rouge inaugurée jeudi 2 décembre joue ainsi le rôle primordial d’interface entre ces différentes infrastructures. Tel un point de jonction, elle fait se rejoindre d’un côté les résidences intergénérationnelles qui ne comptent pas moins de 650 logements, de l’autre, les immeubles d’affaires qui accueillent déjà une centaine d’entreprises et commerces, mais également le chantier de la future école qui ouvrira seize classes d’ici fin 2023. Non loin de là, la gare de PontRouge, troisième du canton, poursuit sa progression avec des flux de personnes estimés à terme à 30'000 journaliers. «Tout un écosystème qui tourne autour de cette place qui doit, de ce fait, répondre à de multiples besoins. Il fallait à la fois être un lieu intermodal pour les voyageurs, un espace de vie pour les habitants mais aussi un périmètre facile d’accès, non saturé, pour les travailleurs et les commerçants»,
décrit Damien Bonfanti. Pour cela, cette place d’une dimension de 4600 m2 a été entièrement piétonnisée, une première pour la commune. Seuls le Service d'incendie et de secours (SIS) et les ayants droit, c’est-à-dire les sociétés de livraison des différents magasins ou la voirie, y ont accès. Le trafic et le stationnement ont été quant à eux déplacés sous terre, sous la place plus exactement. «Nous avons un parking souterrain qui permet de limiter la circulation en surface et de sécuriser l’emplacement dédié aux piétons. Il y a également la plus grande station à vélos de Suisse romande qui offre plus de 1100 places couvertes», complète le politicien. De quoi ravir la population genevoise qui a augmenté considéra-
blement l’usage du deux-roues en ville ces derniers mois.
...et dans l’air du temps
D’autant plus que la conception de cette place date de dix ans en arrière. «A l’époque, les enjeux étaient différents de ceux d’aujourd’hui, nous n’avions pas poussé très loin la réflexion de durabilité. Certains nous reprochent d’ailleurs le fait que notre place soit trop minérale, avec peu de végétaux, mais nous y travaillons pour la rendre plus bucolique», assure le responsable de l’aménagement du territoire lancéen. Outre les six bancs ronds, la fontaine (voir encadré) et les 25 arbres à croissance rapide plantés récemment, l’image actuelle de la place devrait ainsi encore évoluer selon Damien Bonfanti.
La place d’une dimension de 4600 m2 est entièrement piétonnisée. LDD
Mis à part ces quelques améliorations à venir, la place de Pont-Rouge vise avant tout à devenir un lieu de vie et d’échanges, dans l’air du temps. Piétonnisée, elle verra s’y organiser de nombreuses manifestations communales tout au long de l’année telles que le marché de Noël (photo) qui s’est tenu la semaine dernière, un marché hebdomadaire de produits locaux ou encore des soirées cinéma en été. Tout a été pensé pour réunir hommes d’affaires, commerçants, résidents... petits et grands.
Julie Müller
Une fontaine monumentale
Au milieu de la place de Pont-Rouge, trône une imposante fontaine de 9,50 mètres de diamètre en pierre du Tessin. Une œuvre architecturale qui ne laisse aucun passant indifférent. «Dès le début nous voulions que ce soit un monument en soi, une pièce forte et caractéristique de cette place. Seuls les 300'000 francs de budget nous ont fait douter sur l’objet mais finalement nous serions passés à côté de quelque chose», indique Damien Bonfanti, chargé de l’aménagement du territoire lancéen. Cette fontaine qui apportera un ilot de fraîcheur chaque été, sera accompagnée d’une autre œuvre d’art, murale cette fois-ci, puisque les trois célèbres horloges CFF seront installées sous peu au bout de la place.
Pourquoi Pont-Rouge?
Datant du XVIIIe siècle, le nom de «Pont-Rouge» est historique. Des planches servant à traverser la rivière communale, l’Aire, et donc à relier les deux parties de Lancy, furent remplacées à l’époque par un pont en bois peint en rouge. Démoli depuis, seul son nom a quant à lui perduré.
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Nicolas Dupraz
Hôtellerie
L'EX-HÔTEL ATRIUM DEVIENT MERCURE SOUS LA DIRECTION DE TRISTAR
Au cœur du parc horloger genevois, le bâtiment flambant neuf se remarque de loin. Dès mi-mars 2022, juste avant le lancement des Geneva Watches & Wonders, c'est sous l'enseigne Mercure que l'hôtel réouvrira ses portes. Derrière cette mue? L'opérateur tristar, un groupe allemand peu connu en Suisse.
Si le nom d'Accor est connu de tous, celui de tristar en revanche suscite la curiosité. Qui est ce groupe, qui opère sous l'une des plus importantes chaînes d'hôtel au monde pour l'un de ses prochains bastions genevois, le futur hôtel Mercure en lieu et place de l'actuel Atrium? «Nous sommes un groupe hôtelier allemand, avec 31 hôtels en activité en Allemagne et en Autriche. Dix-neuf autres hôtels sont déjà sous contrat en Allemagne, en Autriche et en Suisse, nous explique Jochen Weishaupt, son directeur général et directeur du développement, lors du point presse du futur Hôtel Mercure Geneva Airport. La Suisse est pour nous un marché stratégique pour la poursuite de la croissance de notre entreprise. Nous sommes un opérateur hôtelier indépendant et travaillons en partenariat avec les plus grands groupes hôteliers internationaux – IHG, Hilton, Accor et Marriott. Nous garantissons un haut niveau de sécurité aux propriétaires im-
Ce n’est pas «seulement» un hôtel, mais un véritable hub dynamique et multiforme
mobiliers en signant des contrats de location à long terme.»
Preuve en est avec l'ouverture prochaine de l'hôtel Mercure par CP de la Bergère-Hôtel SA en tant que propriétaire et le groupe Accor. C'est ce dernier qui a d'abord confirmé son intérêt pour l'hôtel, via Partner Real Estate – Knight Frank. «Nous sommes intervenus auprès du groupe Accor que nous connaissons bien pour leur proposer cette opportunité, qu'ils ont acceptée, voyant l'occasion d'ouvrir le premier hôtel Mercure de Genève, au cœur d'une zone très intéressante en termes de clientèle. Dès lors, tristar est intervenu en direct avec nous pour toute la gestion opérationnelle et stratégique», nous explique Robert Curzon-Price, CEO de Partner Real Estate – Knight Frank.
Hub dynamique et multiforme Interrogée sur le positionnement de l'hôtel, la directrice de tristar Suisse, Kerstin Harms, a expliqué qu'elle sou-
La signature du contrat entre tristar), Peter Schulze (un des
tristar et le groupe Accor: (de gauche à droite) Kerstin Harms (directrice, propriétaires de tristar) et Jochen Weishaupt (directeur général de tristar). LDD
haitait attirer les futurs clients juste devant leur porte. Pour l'exploitant, l'emplacement de l'hôtel au cœur du parc
horloger, dans une zone d'activités très dynamique qui se développe de plus en plus, est une réelle opportunité. Cepen-
dant, il est important d'adapter l'offre en conséquence, en se positionnant non pas «seulement» comme un hôtel, mais comme un véritable hub dynamique et multiforme. L'hôtel, avec son style individuel, sera un lieu de rencontre avec un roof top ouvert à tous, une option de restauration, un lieu professionnel avec de grandes salles de réunion, ou encore un lieu de loisirs avec les forfaits proposés avec le centre de fitness Harmony situé juste à côté. En plus d'une clientèle quotidienne qui profitera des services de l'hôtel, la clientèle cible se répartira entre les voyageurs d'affaires, le segment MICE (Meetings, Incentives, Congrès et Events) et de loisirs. L'ouverture est prévue à la mi-mars 2022, quelques jours avant le lancement de l'exposition Watches and Wonders Geneva, qui devrait se tenir du 30 mars au 4 avril à Palexpo.
Nouvelles opportunités
Après la signature réussie de deux hôtels à Bâle et à St. Margrethen (canton de Saint-Gall), il s'agira de la première ouverture d'hôtel du groupe en Suisse romande. «Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles opportunités. Grâce à notre passion pour l'hospitalité et à notre large portefeuille de marques internationales, nous apportons une valeur ajoutée à chaque projet», conclut le CDO, Jochen Weishaupt. S.G.
SCHENK CHOISIT
L’ENTREPRISE HALTER POUR SA CITÉ DU VIN
Le projet du groupe viticole vaudois se veut une référence architecturale en Suisse. Elle a choisi un partenaire qui soutient comme elle la transition écologique.
Schenk a pris l’engagement de n’utiliser aucune énergie fossile pour l’ensemble bâti de la Cité du vin. Domimage
C’est probablement l’un des projets immobiliers les plus ambitieux du paysage viticole suisse. La future Cité du vin à Rolle, initiée par le groupe Schenk, comprend son futur site de production mais également un projet immobilier avec 300 appartements, des surfaces commerciales et artisanales, des bureaux privés et d’utilité publique. Le groupe familial annonce ainsi avoir trouvé son partenaire immobilier qui n’est autre que Halter, l’une des principales entreprises de construction et de prestations immobilières de Suisse. Active sur le marché immobilier depuis
«Le projet architectural du futur site se veut durable, humain et dynamique»
1918, la société zurichoise a de nombreux immeubles à son actif parmi ceux-ci, Pont-Rouge Esplanade 3 à Lancy, ou encore les hôtels CitizenM à Genève et Zurich. Halter a surtout développé entre 1995 et 2001 le complexe d’habitations et de surfaces commerciales Limmatwest sur le site de l’ancienne fabrique de textile Schoeller und Co, dans le quartier industriel de Zurich, devenu aujourd’hui une véritable référence urbanistique.
Un projet durable
«Le projet architectural du futur site de production à Rolle se veut durable, hu-
main et dynamique», explique le CEO de la maison Schenk, Bernard Lukey. Avec le groupe Halter, nous avons trouvé un acteur qui soutient la transition écologique et qui place la vie de quartier au cœur de ses priorités en envisageant la Cité du vin comme un tout, cohérent, ajoute-t-il. Notre nouvelle cave sera une référence à l’échelle de la viticulture européenne, alliant des technologies de pointe, la vision d’un processus décarbonné et le savoir-faire reconnu de nos maîtres œnologues.»
2500 panneaux voltaïques
Ainsi, afin de répondre aux exigences de la Confédération en termes de neutralité carbone d’ici à 2050, Schenk a pris l’engagement de n’utiliser aucune énergie fossile pour l’ensemble bâti de la Cité du vin et ceci grâce aux futurs 2500 panneaux voltaïques et à l’utilisation de l’eau du Léman. Par ailleurs, toutes les chaleurs produites par l’outil de production (fermentations, machines, matériel informatique, etc.) seront récupérées et réintroduites au sein du système énergétique du quartier.
Chantal de Senger
0,80 % à 10 ans
0,67 % à 10 ans
1,55 % à 20 ans
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 29 novembre au 03 décembre 2021
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 12 au 16 juillet 2021
Le taux le plus bas, négocié la semaine du 13 au 17 septembre
0844 10 10 10 www.d-l.ch
Classement
DARDAGNY, UN JOYAU VITICOLE ET ARCHITECTURAL
Jusque-là plutôt reconnu pour ses nombreux vignerons, le bourg campagnard genevois est à présent le seul du canton à avoir été primé parmi les plus beaux villages de Suisse.
Nombreux sont les palmarès et récompenses en tout genre mais rares sont ceux qui traversent les frontières. Depuis fin novembre, la commune de Dardagny peut désormais se targuer d’avoir été élue parmi les plus beaux villages de Suisse, label existant dans une dizaine de pays. Unique représentante du canton de Genève, elle rejoint ainsi le réseau national de l’excellence villageoise composé de 44 villages, dont 17 en Suisse romande (voir encadré).
Vitrine et engagement
«Sur sol genevois, nous avions deux noms en tête. Dardagny et un autre qui est encore en pourparlers car celui-ci craint un afflux touristique de masse, à l’image de ce qu’il se passe à Yvoire qui figure dans la liste des plus beaux villages français. En Suisse, nous sommes d’ordinaire épargnés par ce type de phénomène mais nous devons attendre que ce village se décide à sauter le pas», commente Alain Saint-Sulpice, responsable romand de l’association Les plus beaux Villages de Suisse.
Il faut dire que cette reconnaissance n’est pas à prendre à la légère. Si elle offre une véritable vitrine et une attention particulière du public, elle demande également
«L’objectif est de faire prendre conscience aux Genevois que nous ne sommes pas uniquement un canton-ville»
Anne Zoller, maire de Dardagny
un certain engagement de la part des bourgs sélectionnés, comme l’indique Alain Saint-Sulpice: «Cette distinction repose sur une charte de qualité aux critères très précis, ce qui restreint le nombre de villages. En échange, ces derniers doivent continuer à valoriser leur patrimoine et le rendre accessible aux visiteurs.»
Un riche passé à faire valoir Ce qu’a bien compris la maire de Dardagny, Anne Zoller, qui accueille ce prix avec fierté: «Nos 860 hectares de territoire ne sont pour l’instant connus que grâce à notre domaine viticole et ses quinze viticulteurs mais nous allons dorénavant faire découvrir notre magnifique château et notre patrimoine immobilier référencé.» En effet, cette commune de 1970 habitants qui regroupe 60% de terres agricoviticoles, pour 31% de forêts, champs, rivières et seulement 9% de bâti, possède un riche passé seigneurial dont les maisons, fontaines et autres pierres de l’histoire ont été façonnées par une succession de notables et d’artistes. Parmi eux: Wolfgang Mozart, Charles Bovy-Lysberg ou encore Armand Leleux.
«Ce qui nous a séduit dans cet endroit, c’est sa position recluse qui le préserve de toute extension résidentielle et de quartiers d’immeubles. Le noyau villageois à l’archi-
Un patrimoine référencé. LDD
tecture d’époque et au bâti typiquement vigneron est mis en valeur par l’imposant château et son vignoble séculaire», décrit le responsable romand de l’association Les plus beaux Villages de Suisse. Une richesse rurale que la commune de Dardagny compte bien entretenir et développer. Pour cela, l’organisation de la visite du château, la rénovation de l’auberge du centre et la création de trois nouveaux sentiers pédestres sont en train de se mettre en place. «L’objectif est de faire prendre conscience aux Genevois que nous ne sommes pas uniquement un canton-ville, qu’il existe des coins de terre méconnus à visiter. Et ce, dans le respect de la nature qui s’accompagne», conclut la maire. Ces nouveautés seront à disposition en mai 2022.
Julie Müller
Les plus beaux villages romands
Vaud
Avenches, Grandson, Moudon, Romainmôtier, Rougemont, Saint-Saphorin et Yvorne
Valais Evolène, Grimentz et Saillon
Neuchâtel Le Landeron et Valangin
Fribourg Grandvillard et Gruyères
Jura Porrentruy et Saint-Ursanne
Genève Dardagny
D'anciennes fontaines. LDD
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Institut d’études Immobilières
LES FUTURS CADORS DE L’IMMOBILIER REÇOIVENT LEUR SÉSAME
But ultime de ces deux ans de formation spécialisée, les 17 nouveaux professionnels de la branche se sont vu décerner leur diplôme jeudi dernier à l’hôtel Métropole.
Ils l’ont fait! Malgré un contexte pandémique rendant difficile les interactions et les cours en présentiel, les deux ans de formation à l’Institut d’études immobilières (IEI) s’achèvent aujourd’hui pour la volée 2020-2021 qui a pu se dire au revoir le temps d’une cérémonie de remise des diplômes, à l’hôtel Métropole, jeudi 2 décembre. L’occasion pour ces 17 nouveaux experts du domaine de se remémorer des souvenirs cocasses, poser devant l’appareil mais aussi de recevoir les prix La Foncière, Acanthe et Promotion Implenia (lire encadré), le tout en toges d’universitaires.
Diversité des profils
Sur le départ, après un rapide lancé de chapeau, les diplômés ont laissé leur place à la volée suivante, composée de 18 apprenants déjà assortis de solides bagages techniques puisque tout étudiant de l’IEI doit avoir au minimum un
premier titre académique pour suivre ce master poussé. «D’ailleurs, les personnes ayant suivi une formation en droit sont de plus en plus attirées par l’immobilier, on se demande pourquoi», ironise François Bellanger, président du Conseil de la fondation qui dirige l’institut genevois. Avant d’ajouter: «Tout dépend des époques, ce fut les banquiers lors de la grande crise des années 1990, ensuite les architectes, et maintenant nous avons la cote auprès des juridiques.»
Une diversité des profils qui va de pair avec un cursus volontairement multidisciplinaire qui «offre la possibilité d’acquérir des connaissances permettant de travailler dans tous les secteurs du domaine immobilier», complète le président. Et ce, notamment grâce à des cours allant de celui de l’aménagement à celui de l’architecture, en passant par la fiscalité. Pour les accompagner dans l’apprentissage de ces savoirs,
La joie à la fin de la cérémonie de remise des diplômes, à l’hôtel Métropole, jeudi 2 décembre. Frank Mentha
deux nouveaux professeurs viennent de renforcer le corps enseignant de l’IEI: Thierry Vergnas, qui occupe depuis plus de dix ans la direction financière d’un fonds d’investissement immobilier institutionnel, et Mélanie Uldry, spécialiste de la promotion immobilière.
Le graal de la formation
Des pontes de leur branche qui couvrent, à eux tous, le vaste champ de l’immobilier. Il faut dire que jusqu’en 1985, date de création de l’IEI, aucune formation universitaire n’était spécifique à ce secteur.
Depuis, toujours leader lémanique de ce type de diplôme, l’Institut d’études immobilières trie sur le volet ses étudiants, offrant à chaque volée une quinzaine de places pour effectuer des cycles sur une ou deux années, en cours d’emploi ou à plein temps. Un nombre d’élèves restreint qui assure une qualité d’enseignement mais surtout des débouchés. Ces derniers pouvant également s’appuyer sur le solide réseau d’alumnis, l’ADIEI, qui regroupe les 281 personnes formées depuis que le master existe mais aussi sur l’accréditation internationale de la Royal Institution of Chartered Surveyors (RICS) qui est redélivrée tous les deux ans à l’IEI.
Formation unique et pluridisciplinaire, professeurs de renom et réseaux étendus: ces désormais anciens étudiants pourront ainsi faire face sans accros aux nouveaux défis de la profession tels que celui de la pénurie de projets annoncée pour la prochaine décennie. «Ils devront se heurter à une raréfaction des projets du fait des options prises par le Département du territoire ces dernières années qui ont pour conséquence un fort ralentissement de nouveaux plans d’affectations», précise le président François Bellanger. Des difficultés qui s’accompagneront toutefois d’opportunités, notamment avec l’intégration du développement durable et la limitation des émissions carbone dans leurs activités. Julie Müller
Les lauréats 2021
• Avec une moyenne de 5,49/6, la lauréate Mélisande Nussbaum s’est vu remettre le prix La Foncière 2021, doté de 3500 francs, qui couronne la meilleure moyenne générale.
• Le prix Acanthe 2021, doté de 3000 francs, qui couronne la meilleure note d’examen du cours Estimation et valeurs du professeur Frédéric Herreras, a été remis à Steven Damal qui a obtenu la note de 5.75/6
• Le prix Implenia 2021, doté de 3000 francs qui couronne la meilleure moyenne aux examens des cours Promotion, Logement social et Techniques de construction, a été remis à Florence Hentsch qui a obtenu la moyenne de 5.75/6
Les diplômés 2021
Damien Bobillier, Florence Hentsch, Charlotte Sechaud, Isabelle Bovay, Loic Bovet, Vincent Cerutti, Steven Damal, Delphine Di Nolfi, Mathis Ferrier, Philippe Gouzer, Ysaline Losdyck, Roxane Montagner, Stefania Morano, Mélisande Nussbaum, Maxime Pause, Valentine Pillet, Lauren Ung
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Anniversaire
PUBLIAZ IMMOBILIER CÉLÈBRE SES 6 0 ANS EN DÉMÉNAGEANT
Active de Nyon à Aigle, en passant par Yverdon, cette régie vaudoise vient de s’installer dans de vastes locaux neufs du quartier La Croisée à Renens.
Christophe Lagger dirige la société depuis 2007. LDD
Le district de l’Ouest lausannois est une région très dynamique, à l’image de son chef-lieu, Renens. Invité à s’exprimer lors de l’inauguration officielle du nouveau siège social de Publiaz Immobilier, le 3 décembre, son syndic, Jean-François Clément, en a profité pour rappeler que sa ville revient de loin. En effet, alors que de nombreuses industries fermaient leurs portes (citons IRIL et Kodak, notamment), aucune banque suisse n’a souhaité prêter de l’argent à Renens. La municipalité a fini par emprunter 41 millions de francs à des instituts bancaires autrichiens et bavarois... Heureusement, la situation s’est améliorée depuis. Outre l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL), cette ville accueille depuis peu l’Ecole 42, entre autres. A no-
ter également la présence du conseiller national Olivier Feller, également directeur de la Chambre vaudoise immobilière, lequel est revenu sur l’actualité des sujets touchant le monde immobilier aux Chambres fédérales: lex Koller, assurance contre les tremblements de terre, révision de la loi sur l’aménagement du territoire (LAT), suppression de la valeur locative, etc. Le menu était copieux.
Modernité et convivialité
Avant la partie officielle, les nombreux invités ont pu visiter les locaux du nouveau siège de cette régie vaudoise, fondée voici soixante ans par Roland Demierre. Aujourd’hui, la société dirigée par Christophe Lagger depuis 2007 et dont le conseil d’administration est présidé par son papa René, a investi le bâtiment phare de la Croisée à Renens. Un bâtiment qui se distingue par sa forme de goutte d’eau.
Publiaz Immobilier occupe le rez et le 1er étage de cet immeuble labellisé Minergie. Une quarantaine de places de travail y sont réparties. Chacun dispose d’un bureau réglable en hauteur idéal pour l’ergonomie du poste de travail. Les salles de conférences disposent d’écran tactile et des dernières technologies de présentation et de visioconférence. Une belle et grande cafétéria et un coin lounge avec des canapés et des prises pour pouvoir recharger les smartphones ont été installés à l’arrière, au rez-de-chaussée, de même que l’indispensable baby-foot.
Publiaz Immobilier occupe le rez et le 1er étage de cet immeuble labellisé Minergie. PEZZOLI & ASSOCIES,
En chiffres
• Création de la société en 1961
• 45 collaborateurs, dont cinq apprentis
• 10'000 objets en gestion
• 75'500 m2 de surfaces commerciales
• 1 siège à Renens et 2 succursales à Rolle et Montreux
Passé sur les bancs de l’Institut d’études immobilières (IEI), Christophe Lagger, diplômé d’HEC Lausanne, a décidé le 11 juin de déménager dans ces nouveaux locaux, avec la volonté d’y parvenir encore en 2021. Pari tenu! Malgré la situation sanitaire. «Ce lieu favorise la culture d’entreprise et le rez est visible depuis un axe à grand trafic (ndlr, la rue de Lausanne)», a-t-il relevé durant son discours.
Une PME dynamique
Ne souhaitant pas quitter le territoire vaudois, Publiaz Immobilier a néanmoins réussi à recruter un collaborateur de plus chaque année lors de la dernière décennie. Un rythme de croissance qui devrait se poursuivre, essentiellement grâce au développement d’un pôle courtage. «Cependant, ma volonté est d’avoir un développement maîtrisé.»
En cette année de jubilé, Publiaz Immobilier investit aussi de nouveaux locaux à Rolle, à la Grand Rue, histoire de gagner encore en visibilité.
Dernière précision: quand bien même cette PME familiale a gardé une dimension humaine, elle ne néglige pas pour autant la mise en place de nouveaux processus de travail. Cela passe par l’accès en continu aux propriétaires d’immeubles en gérance aux données de leur portefeuille. Une possibilité qui sera également proposée aux quelques 90 immeubles en PPE dans le courant de 2022. Mais aussi par la création d’un outil numérique sur mesure pour la gestion de quelque 600 clés qui auparavant étaient dans des dizaines de tiroirs. «Nous pourrons savoir avec précision qui a telle clé et depuis quand», se félicite Christophe Lagger. Longue vie à Publiaz! Un nom qui vient d’un lieu-dit à Renens.
Serge Guertchakoff
Pilotage
«NOUS AGISSONS COMME UN CHEF QUI ÉCRIT LA PARTITION»
C’est en 2016 que commence la construction du Quartier de l’Etang. Représentant le maître d’ouvrage, la société Urban Project coordonne toutes les étapes de l’impressionnant chantier qui vise à revaloriser un ancien site industriel de 11 hectares. Plongée au cœur d'un projet hors-norme.
La reconversion de l'ancien arsenal militaire de la Pâla à Bulle, c’est eux. Small City, hôtel industriel à Lancy, encore eux. L’îlot Vert au centre de la Chaux-de-Fonds, récemment primé, toujours eux. La liste est longue pour la société spécialisée dans le développement immobilier et le pilotage de projets complexes. Avec le Quartier de l’Etang, l’un des plus grands chantiers de Suisse romande, les équipes d’Urban Project renouvellent l’exploit.
EVOLUTION+/Quartier de l’Etang, c’est une ville dans la ville de 890 logements qui, à terme, accueillera 2500 habitants et autant d’emplois. A l'heure où nous
chantier du futur Quartier de l’Etang: une ville dans la
et autant d’emplois. David Mayefish/EVOLUTION+/Quartier
écrivons ces lignes, le chantier n'est pas encore terminé. Trois entreprises totales se partagent la construction simultanée de ce quartier d’envergure, toutes soumises à des directives strictes en termes de durabilité. Casse-tête pour certains, véritable défi pour d’autres!
A la tête de cette organisation méticuleuse, Xavier Jeanneret, directeur général d’Urban Project, conduit d’une main de maître la réalisation de ce nouveau morceau de ville. Nous sommes partis à sa rencontre pour en parler.
Depuis plus de six ans, votre entreprise dirige l’un des
plus grands projets de Suisse romande. Comment gère-t-on une construction de cette ampleur? Piloter des projets de la taille du Quartier de l'Etang, ce n’est pas uniquement suivre un planning, il faut avant tout savoir respecter et donner vie à la vision du maître d’ouvrage (MO). Nous agissons comme un chef d’orchestre qui écrit la partition, planifie le concert et dirige les musiciens; un processus qui se base sur une organisation à la fois agile et structurée. Nos équipes, composées d’architectes, d’urbanistes, d’économistes et de développeurs immobiliers, sont habituées à l’exercice et planifient de grands projets
Le
ville
de l'Etang
Photographe David Mayefish
CHEF D’ORCHESTRE
«Nous ne construisons pas seulement des bâtiments, nous créons un nouvel espace de vie. C’est aussi ce qui rend ce projet si intéressant et passionnant» de 890 logements qui, à terme, accueillera 2500 habitants
d’urbanisme pour plusieurs maîtres d’ouvrage, dans différents cantons en Suisse romande. Nous avons donc une grande expérience dans la gestion de ce type de chantier d'envergure.
Plus que sa construction, il faut faire vivre ce quartier. C’est aussi une responsabilité qui vous incombe d’une certaine façon. Absolument, c’est évidemment le but ultime. Nous ne construisons pas seulement des bâtiments, nous créons un nouvel espace de vie, «une ville dans la ville» pour reprendre le slogan du quartier. C’est aussi ce qui rend ce projet si
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Rue François-Perréard 4 1225 Chêne-Bourg T: 022 349 12 49
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Case postale 1288, Place de Cornavin 3 - 1201 Genève T: 022 809 09 09
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Route de Ferney 211 1218 Le Grand-Saconnex T: 022 718 32 32
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duire l’impact environnemental du quartier, ils avaient une vision. Et cette vision s’est concrétisée. Tous les bâtiments répondent aux exigences les plus sévères en termes d’énergie et détiennent le label THPE (très haute performance énergétique). Le projet vise une haute qualité énergétique et environnementale et est régulièrement évalué afin de satisfaire les objectifs de la société à 2000 watts. Il recourt à des énergies renouvelables comme le raccordement au réseau GeniLac (ndlr: réseau hydrothermique souterrain alimenté par l’eau du Léman) ou encore les toitures végétalisées et les 60% de pleine terre qui permettent une rétention des eaux pluviales.
Urban Project a été et est en charge encore aujourd’hui de nombreux projets de développement. Certains sont-ils plus compliqués que d’autres?
intéressant et passionnant. D’une zone industrielle, nous sommes passés à un nouveau modèle urbain. C’est en ce sens que nous avons mis autant de soin dans la conceptualisation de l’Etang. Infrastructures, durabilité, aménagements extérieurs, tout a été pensé pour offrir la meilleure qualité de vie possible et garantir aux habitants et visiteurs qui emprunteront les avenues et venelles du quartier un lieu de vie attractif. Je ne doute pas que dans quelques années, le Quartier de l’Etang sera une référence à Genève.
Qu’est-ce qui rendra ce quartier si attractif selon vous?
Sa mixité et ses aménagements extérieurs surtout. Habitations, services, commerces, loisirs, toutes ces activités se côtoieront au sein d’un même quartier. Fini les trajets interminables pour relier l’école du petit dernier au cours de karaté de l’aîné. Tout sera sur place. Bâtiment emblématique, «Les Atmosphères» sera aussi l’un des points forts du quartier, redéfinissant le concept de centre commercial. Exit le temple de la consommation, l’espace sera avant tout dévolu au loisir et à l’expérience. Ce sera l’un des pôles dynamiques du quartier. Un lieu de rencontre où se réuniront les étudiants et les séniors des résidences situées au-dessus du Mall, mais aussi les
«Le projet vise une haute qualité énergétique et environnementale»
habitants et les employés des bureaux et commerces avoisinants.
C’est ce qui caractérise le Quartier de L’Etang, une mixité aussi bien fonctionnelle que sociale. Sans oublier la place laissée aux espaces verts! Jardins suspendus, potagers urbains, cœur d’îlots arborés, en tout, ce sont plus de 6 hectares que nous avons réservés au végétal. Cela va à l’encontre directe des critiques sur les nouvelles constructions considérées comme trop minérales.
Et pour la durabilité?
A l’époque de la création du projet, la durabilité n’était pas un indispensable dans ce type de construction. Pourtant, lorsque le plan localisé de quartier (PLQ) a été imaginé (ndlr: en 2015), ce changement de paradigme avait déjà été anticipé pour le Quartier de l’Etang. Le maître d’ouvrage et les autorités voulaient ré-
Chacun a sa part de complexité, mais nous sommes justement là pour simplifier les procédures. Small City (à Lancy) en est un bel exemple. Basé sur un concept précurseur, il s’agissait de créer un hôtel industriel réunissant ateliers de conception et espaces de vente. Un projet ambitieux que nous avons pourtant réussi à développer et qui répond aujourd’hui à une demande grandissante. Pour preuve, la première partie de la commercialisation des espaces a été louée en un temps record! Je pourrais aussi citer Les Jardins de la Pâla à Bulle. Cette reconversion urbaine, semblable au Quartier de l’Etang, répond à un besoin urgent de logements, entrainé par le développement de cette région. Une fois encore, il a fallu composer avec les concepts de mixité, mobilité et durabilité, qui ont été au cœur de la conception de ce quartier. Mais ce sont des impératifs qu’on ne peut plus reléguer au second plan. Alors oui, la complexité est présente dans chaque projet, mais nos équipes sont parfaitement armées pour lui faire face et la surmonter. Notre but est avant tout de rassurer les différents maîtres d’ouvrage et de mener à bien leurs projets, des projets qui font sens, et qui deviendront – je l'espère pour nombre d'entre eux – des exemples à suivre!
Propos recueillis par Serge Guertchakoff
Trois entreprises construisent ce quartier d’envergure.
David Mayefish/EVOLUTION+/Quartier de l'Etang
Construction TOUJOURS PLUS DE LOGEMENTS D’UTILITÉ PUBLIQUE
Avec pas moins de 712 nouvelles constructions de ce type en 2020, le parc atteint des records année après année dans le canton.
Signe d’une véritable reprise de la construction à Genève, le nombre de logements neufs s’est élevé à 2211 unités en 2020. Un chiffre important au regard de la moyenne annuelle de la dernière décennie: 1810, selon le récent rapport du Département du territoire. Autre élément à relever dans le canton pour 2020, plus d’un tiers de ces nouvelles habitations sont des logements d’utilité publique (LUP). En effet, ce type de construction jusque-là plutôt boudé par les Romands ne cesse de s’étendre à Genève. Avec 712 LUP construits, en hausse par rap -
«C’est un très bon moyen pour étendre l’accès au logement à toutes les catégories de la population»
port à 2019 de 560 unités, le parc genevois a atteint un record pour un total de 18'730 LUP, représentant 11,27% des logements locatifs.
Un outil méconnu mais controversé
Cette croissance est à imputer principalement aux communes et à leurs fondations immobilières (413 logements, soit 58% des LUP en 2020) et notamment celles de Lancy (quartier de l’Adret), Meyrin (les Vergers), Plan-les-Ouates (Pré-de-la-Raisse) ou encore Thônex (avenue de Thônex). Celles-ci ayant construit, pour la majorité, des LUP dans le cadre de grands projets d’aménagement regroupant plusieurs bâtiments d’habitat collectif.
Ces communes, tout comme les autres acteurs de ce changement (la Fondation pour la promotion du logement et de l’habitat coopératif et les fondations immobilières de droit public), ont pu s’appuyer sur le montant de 35 millions de francs attribué chaque année au Fonds LUP afin d’atteindre l’objectif genevois de constitution d’un parc de LUP de 20% du parc locatif cantonal. Les dépenses de ce budget se sont ainsi montées à 22,2 millions de francs lors de cet exercice.
Des sommes permettant entre autres d’acquérir des parcelles de terrain à Genève, sachant que depuis 2008 et la mise en place de ce Fonds LUP, 130 surfaces équivalentes à un total de 149'207 m2 ont été achetées. Un outil qui est sujet à débat depuis son instauration puisqu’il favoriserait une forme de thésaurisation des terrains par des entités publiques. Ce que rejette Raphaelle Vavassori, directrice de la planification et des opérations foncière (DPOF) à l’Office cantonal en charge de ces logements: «La catégorie LUP est méconnue et souvent associée uniquement aux habitations à loyer modéré (HLM) ou habitations bon marché (HBM) donc la population en a parfois une mauvaise appréciation. C’est pourtant un très bon moyen pour étendre l’accès au logement à toutes les catégories de la population et atteindre un équilibre sur le territoire genevois.» La progression du parc des LUP n’est d’ailleurs pas près de s’arrêter puisqu’en 2021, environ 600 à 700 LUP supplémentaires sont attendus. Julie Müller
Le parc genevois a atteint un record de 18'730 LUP. LDD
LA VILLE ASSOIFFÉE DE NATURE
Avec le bouleversement climatique et les espaces libres de plus en plus confinés, toute une terre est à réinventer. Un défi majeur où spécialistes de la nature et du paysage, urbanistes et bâtisseurs ont intérêt à collaborer.
Espaces libres urbains de plus en plus confinés, terres polluées: ce n’est rien de nouveau, mais le sujet n’en reste pas moins brûlant. Avec le changement climatique qui occupe aujourd’hui le devant de la scène, une avalanche de nouvelles interrogations met au défi les capacités d’anticipation des professionnels de la ville et du paysage.
Organisée par la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève (HEPIA), la table ronde animée par Natacha Guillaumont a débattu, mardi 30 novembre, des enjeux urbains majeurs. Et cela à l’heure où la population, stimulée par la pandémie, a plus que jamais soif de jardins privés et d’espaces naturels. «Il y a une volonté marquée de planter des arbres», remarque Patrice Curtil, directeur de Boccard Parc et Jardins. «La clientèle n’a pas envie d’attendre, elle veut des arbres adultes qui donnent du volume immédiatement», observe Marina Denogent, directrice de l’entreprise familiale éponyme.
Si l’arbre apparaît comme le point fort d’une composition paysagère, qu’il constitue l’élément primordial notam-
«La clientèle n’a pas envie d’attendre, elle veut des arbres adultes qui donnent du volume immédiatement»
Marina Denogent, directrice de l’entreprise familiale éponyme
ment pour atténuer les vagues de chaleur, encore faut-il étudier et choisir désormais les végétaux capables de résister aux affres climatiques. «Il est nécessaire d’associer nos recherches sur les essences pour anticiper l’avenir», souligne Aude Jacquet-Patry, directrice de Jacquet SA. Il faudrait aussi pouvoir s’appuyer sur
Parc de Budé, un paysage vertical fait d’arbres
Walter Brugger, 1958-1964
des bases légales plus adéquates. «Alors que les emprises au sol des constructions sont énormes par rapport au végétal, les distances de plantation fixées par le Canton par rapport aux fonds voisins sont problématiques, notamment en cas de replantage d’arbres abattus», relève Patrice Curtil. Le pays a une carte à jouer dans une densification de qualité. Le
HEPIA
Stephane Dondicol/Hepia
vironnement, tout comme elle se doit, en contexte urbain, de bannir la séparation entre naturel et artefact. Encore faut-il briser les hiérarchies usuelles qui laissent généralement aux spécialistes de la nature et du paysage le rôle du vient-ensuite. D’une seule voix avec Sylvain Lacroix, directeur des Ateliers Lacroix, les conférenciers déplorent «le manque de concertation avec les bâtisseurs au niveau du projet, voire du concours». Quant aux futurs experts issus de l’HEPIA, ils auront, eux aussi, un bagage solide pour discuter sur un pied d’égalité avec les architectes, les urbanistes, les responsables de l’aménagement du territoire ou les spécialistes de l’environnement.
Le sol, parent pauvre de l’espace urbain «Terrassiers, ingénieurs civils, géomètres, architectes font du sol destiné aux aménagements des espaces libres le parent pauvre.» Non par volonté délibérée, mais par méconnaissance. Tel est l’autre constat commun des intervenants. Et l’autre combat à mener. En matière de sols, l’expertise des architectes-paysagistes représente un élément essentiel pour assurer le développement des végétaux sur le long terme. Les terres naturelles urbaines se font rares, elles sont souvent polluées et subissent des tassements importants. De nombreuses études et expérimentations sur les technosols construits à partir de divers résiduels s’avèrent prometteuses. Recyclés, les importants volumes de déblais issus de la construction pourraient, par exemple, éviter avantageuse -
Développer des nouveaux modes de pensée qui privilégient un dialogue nécessaire entre tous les acteurs des enjeux urbanistiques de l’avenir
ment la mise à la décharge pour créer des substrats fertiles. Au vu des nombreuses pistes abordées, l’HEPIA et les architectes du paysage défendent bien plus qu’un retour rousseauiste à la nature. Ils portent avec détermination une vision d’avenir qui répond aux attentes du vivant.
Outre une série de tables rondes, le jubilé de l’HEPIA a donné lieu à une exposition photographique retraçant le travail de Walter Brugger (1924-2002).
Architecte paysagiste visionnaire, il a marqué les espaces publics et privés de l’après-guerre, dont une grande partie se situent à Genève.
Viviane Scaramiglia d’arbres et de façades.
Canton de Zurich envisage, par exemple, de limiter la surface à bâtir d’une parcelle pour favoriser la plantation d’arbres à grandes couronnes.
Le mauvais rôle du vient-ensuite
Au nom du bien-être et de la biodiversité, l’époque sonne le glas d’une vision binaire de l’humain séparé de son en-
Le Marché de la Plaine du Loup
Fruits et légumes de la région
Légumes bio Suisse.
Produits laitiers - Viande
Produits du terroir
Ouvert du mardi au samedi.
Dimanche et lundi: fermé
Chronique
LES PRIX
IMMOBILIERS SONT UN LEURRE
Les prix ont doublé depuis vingt ans. C’est exact. Aussi vrai que la Bourse suisse, qui produit en plus des dividendes. Sauf qu’en matière d’immeubles, il y a une nuance qui n’est pas neutre: le prix de l’emprunt, de l’hypothèque, son risque. Pour la pierre, Il ne faut jamais mesurer le prix, mais le coût.
C’est le propos ici.
Lorenzo Pedrazzini, fondateur de Colliers Int. Suisse SA et administrateur d’AMI Int. Suisse SA. Auteur de cinq ouvrages de référence portant sur l’investissement immobilier et chroniqueur régulier dans plusieurs médias suisses et étrangers.
Prix ou coût, ce n’est pas la même chose. Le prix, c’est la mesure d’un échange, à un moment donné. Le coût, c’est l’ensemble des frais liés au financement, au moment de la transaction et jusqu’à son amortissement, si on recourt à la dette. Quand Monsieur Lambda achète sa maison, il recourt spontanément à la dette. Hypothécaire ou autre. Il s’engage donc à payer un loyer à son créancier, sur une durée longue, voire pour l’éternité (on amortit très peu en Suisse).
Approximations
Ici, la démonstration sera très sommaire, pour une raison de commodité. Nous sommes bien conscients des approxi-
mations (retenues pour plus de clarté) que sont le refinancement de la totalité du prix (plutôt que 80%), la durée arbitraire du calcul (vingt ans), la liberté de revoir les conditions du prêt dans cette durée, l’effet fiscal, les coûts d’entretien et d’assurances, l’effet des taux composés, l’inflation, le coût d’opportunité d’investir dans d’autres actifs... Admettons, pardonnons ces raccourcis. Lambda, en achetant en 2001 – disons pour un prix de 100.-, avec un taux d’intérêt de 4,25% (c’était le taux hypothécaire de référence de l’époque) –, acceptait de facto dans son calcul initial de supporter un coût de 4,25 francs par an. Alpha, sa voisine acquit le même objet en 2021, mais pour un prix de 200.. 100%
plus cher que son voisin. Mais avec un coût de refinancement de 1%. Son calcul initial se fonde donc sur l’opportunité de payer 2.-/an d’intérêts par an. Au moment de la «décision» d’acheter, rappelons que le premier endossait un coût financier de 4,25 francs par an, la seconde de 2.-. L’un et l’autre n’étant pas devins, le premier assumait un risque de taux hauts (il s’est trompé), la seconde, celui d’une remontée de taux, au pire, et ce n’est pas certain (on suppose, on verra).
Lorsque l’on achète pour soi, en, Suisse, c’est pour longtemps. Nous ne vivons pas dans une logique anglo-saxonne où chaque ménage n’hésite pas à vendre et racheter. Notre marché est
plutôt figé. Cela posé, sans calcul savant ou abscons, imaginons le coût d’investissement si on retenait, dans ces deux exemples, trois composantes de l’investissement: le prix d’achat, la somme des intérêts, sur une durée longue (vingt ans, ce qui n’est pas excessif), et le risque de soubresaut des taux hypothécaires.
Comparaison
Lambda aura acheté à 100 et assumé un risque de payer 20 x 4,25 francs (85.en vingt ans), soit 185 au total. Alpha a acheté 200.- en assumant de payer 20 x 2.-, soit 240 au total. Différence, hors effets fiscaux: 55.-, ou 29,7% en faveur du premier. Et pas 100%, si on ne re -
Comparer les «prix d’avant», c’est aussi stupide que de se rappeler qu’on avait «presque» attrapé un train qui est parti sans nous
tient que les prix d’achat. Certes, entretemps, Lambda aura renégocié son crédit, mais aussi, sa voisine, épargné sur les marchés liquides, la Bourse ou ses assurances. Ces positions se compensent, ou presque.
Tout cela, la démonstration est critiquable, mais elle est aussi critique, ce n’est rien d’autre que les calculs de baignoires qui se remplissent, ou se vident. Comparer les «prix d’avant», c’est aussi stupide que de se rappeler qu’on avait «presque» attrapé un train qui est parti sans nous. Restait l’auto-stop. Personne n’y pensait.
En conclusion, les prix mentent. Pas les coûts.
Lorenzo Pedrazzini
NAEF DÉCROCHE LE LABEL DE DURABILITÉ
Le groupe fait œuvre de pionnier. Il devient la première régie du pays à obtenir l’exigeant label dans son domaine d’activité.
«Nous sommes très heureux de rejoindre le mouvement B Corp et de contribuer à l’émergence d’entreprises qui agissent pour laisser une empreinte positive sur la société. L’obtention de cette certification est un fabuleux témoignage de l’engagement de tous nos collaborateurs et s’inscrit pleinement dans la trajectoire responsable du groupe», a déclaré Etienne Nagy, directeur général de Naef Immobilier. Cette initiative intervient alors que le groupe vient de fêter ses 140 ans d’existence.
«Les enjeux sociétaux et environnementaux ont toujours été au cœur des préoccupations de Naef Immobilier, poursuit le directeur général. Le groupe a connu une croissance particulièrement importante et pour le conseil d’administration et la direction, il est primordial que celle-ci s’inscrive de manière durable pour garantir les valeurs fondamentales de l’entreprise: l’éthique, la tradition liée à un groupe familial et la valorisation de son capital humain. Cet engagement est incarné par le slogan «foncièrement durable» de notre groupe.»
Bon élève
Pour décrocher le label, le conseil d’administration du groupe a voté à l’unanimité la modification du but dans ses statuts. Une phrase a été ajoutée: «La société doit avoir un impact positif important sur la société et l’environnement, dans le cadre de ses activités commerciales et opérationnelles.»
Naef a obtenu un score de 92.8 points, dépassant ainsi les 80 points requis pour accéder à la certification. Ce résultat a été atteint à l’issue d’une évaluation ri-
De gauche à droite, Sébastien Chahidi, Certification Lead - B Lab Switzerland, Hélène Pasquet, chef de projet Naef Immobilier, Jonathan Normand, fondateur et CEO de B Lab Switzerland, Virginie Galland, membre de la direction générale Naef Immobilier.
goureuse et approfondie menée par des organismes externes indépendants, sur les performances environnementales et sociales, ainsi que sur la gouvernance de la société. «Il consacre les efforts entrepris par tous les collaborateurs qui agissent au quotidien pour que le groupe se développe de façon vertueuse.»
«La reconnaissance conférée par cette certification constitue l’aboutissement d’un travail de longue haleine ayant impliqué toutes les dimensions de l’entreprise. Elle n’est cependant pas une fin en soi mais plutôt le point de départ d’un nouveau réseau de collaboration et d’échanges de bonnes pratiques», souligne Hélène Pasquet, responsable développement durable de Naef Immobilier. Du côté de B Lab Switzerland, on est très heureux: «Nous sommes très fiers
d’accueillir un acteur important de l’immobilier, tel que Naef Immobilier, au sein de notre communauté B Corp en Suisse. Cette certification vient concrétiser sa préoccupation réelle et son implication de longue date dans la durabilité. Naef Immobilier se positionne en engageant sa chaîne de valeur et a su envoyer des signaux forts qui doivent être étendus à l’ensemble du secteur de l’immobilier. Bravo pour cette étape importante et nous nous réjouissons d'amplifier l'impact positif avec eux pour une économie plus résiliente et durable», insiste Jonathan Normand, fondateur et CEO de B Lab Switzerland, en charge du suivi de la certification dans le pays. La banque Bonhôte vient également de décrocher le précieux sésame. Une soixante d’entreprises le possèdent en Suisse. S. G.
OMEGA ROUVRE SES PORTES
Nouvelle transformation au numéro 31 de la rue du Rhône, la marque phare du groupe Swatch a rouvert le 1er décembre.
Mené tambour battant par la société genevoise EMI Conseil, active dans la direction de travaux et le facility management, le temple genevois dédié à Omega a rouvert ses portes au grand public mercredi 1er décembre. Fidèle à ses valeurs, la «Maison biennoise n’a de cesse de se réinventer pour proposer
une expérience client unique», comme l’indique la marque horlogère. Répartie sur deux niveaux, la boutique de la rue du Rhône dévoile le nouveau concept architectural de la marque qui marie tradition et modernité sur près de 300 m2. Au rez-de-chaussée, ce sont précisément 245 m2 qui sont dédiés aux instruments du temps. Au sol, des tapis
rouges chatoyants rappellent le logo Omega et rehaussent le contraste avec l’autre duo chromatique prédominant, le doré et le translucide. A relever un imposant plafonnier dessiné et conçu sur mesure et le nouvel escalier en colimaçon, avec ses marches vitrées et éclairées, qui permet d’accéder au VIP lounge. S. G.
Emmanuelle Zem Rohner
LE TROMPE-L’ŒIL À PORTÉE DE PINCEAU
Rencontre avec la peintre décoratrice genevoise Emmanuelle Zem Rohner qui manie à merveille l’art de créer l’illusion de réalité sur tout support.
La vie est souvent faite de belles rencontres. L’interview d’Emmanuelle Zem Rohner a constitué un moment intense et une expérience passionnante. Cette artiste d’une grande modestie avoue être surtout à l’aise dans l’exercice des deux facettes de son art; à savoir tout d’abord la découverte des attentes de ses clients, puis leur mise en scène, sous forme de décor peint.
Un rêve étrange
Elle nous explique comment elle a un jour décidé de se tourner vers les arts décoratifs et le trompe-l’œil. A la fin des années 1980, alors qu’elle vient de passer son certificat de maturité en option scientifique et qu’elle est droitière, elle fait un rêve étrange: sa main gauche est gonflée, elle la regarde, la frotte, et voit soudain en sortir des fleurs et des tissus colorés. Quelques jours plus tard, sa mère lui fixe un rendez-vous dans un hôtel où une artiste peint une plinthe en faux marbre. La conjonction de ces deux circonstances constitue un déclic et une véritable révélation pour la jeune femme qui se dit: «Voilà ma voie, je vais opter pour des études me permettant de devenir peintre décoratrice et, surtout, apprendre à utiliser ma main gauche.»
Quelques mois plus tard, Emmanuelle Zem Rohner quitte la Suisse et part à Bruxelles pour se former à la technique du trompe-l’œil dans la célèbre école
«Le trompe-l’oeil crée la vie et ses possibilités sont quasiment illimitées»
Le trompe-l’œil peut prendre ses quartiers
de peinture décorative Van der Kelen. Petit à petit, sa réputation se bâtit et se consolide, les clients (particuliers, régies, services chargés de l’entretien des bâtiments publics) partagent leur satisfaction du travail bien fait avec leurs relations et la spirale positive du bouche-àoreille se met en place. Le succès est au rendez-vous et depuis, il ne la quitte pas. La qualité du travail réalisé est reconnue. Depuis l’Antiquité, certains artistes sont devenus maîtres dans l’art de créer cette illusion de réalité. Le trompe-l’œil, qui se
Emmanuelle Zem Rohner
joue à merveille de la confusion créée dans la perception de la spectatrice ou du spectateur, est aujourd’hui une technique plus que jamais appréciée et les rares personnes capables d’en maîtriser les ficelles sont très recherchées.
L’art ne trompe pas En permanence en quête d’excellence, Emmanuelle Zem Rohner décide de compléter sa formation en se tournant, en 2004, vers l’Ecole de peinture et de décor du patrimoine d’Avignon, d’où elle
«L’art me permet d’embellir un lieu et à faire en sorte que les gens s’y sentent encore mieux»
ressort major de sa promotion. Avec une réputation solidement établie, elle surfe tout en discrétion sur le succès et, en 2019, remporte le 3e Prix des métiers d’art et du patrimoine suisse. Son sens de l’empathie lui permet de transformer les rêves de ses interlocuteurs en une réalité reconstituée. Léonard de Vinci affirmait déjà que savoir écouter, c’est posséder outre le sien, le cerveau des autres!
Créativité et sensibilité «Je n’impose rien. Je respecte les désirs de mes clients et les conseille tout en mettant ma créativité et ma sensibilité à leur service.» Emmanuelle Zem Rohner crée l’illusion, transformant en peinture une vision de la réalité. Et elle explique qu’elle est en fait une créatrice d’ambiance. «L’art me permet d’embellir un lieu et à faire en sorte que les gens s’y sentent encore mieux. Représenter un ciel bleu fait augmenter l’impression de luminosité.» Les possibilités sont presque infinies, explique notre interlocutrice. Peindre sur un mur une fenêtre ouvrant sur un paysage imaginé, crée une réalité positive intégrant ainsi la nature dans un environnement dont elle est à priori éloignée. Réaliser un panneau simulant une porte en chêne ouvragée, présente le double avantage de créer une ambiance chaleureuse, tout en dissimulant une porte ouvrant par exemple sur une penderie.
Pour tromper l’œil
Tous les bâtiments ou encore mieux, tous les emplacements peuvent et méritent d’accueillir un trompe-l’œil. Hôtels, maisons, appartements, locaux administratifs. Une fresque dans un siège de société, des frises dans le lobby d’un hôtel... : le trompe-l’œil peut prendre ses quartiers partout. En plus, comme le dit très bien Emmanuelle Zem Rohner, «il crée la vie et ses possibilités sont quasiment illimitées».
Enfin, il constitue également pour les entreprises un moyen tout à fait original, au service du marketing et de la communication, pour se démarquer de leurs confrères. L’art du trompe-l’œil sublime en effet la réalité.
Michel Bloch www.zemrohner.ch
Jonas Bolle
CUISINIER, TOUT NATURELLEMENT!
Jonas Bolle, le jeune cuisinier du restaurant Naturlich, continue de mener son incroyable parcours. Confidences d’un talent à suivre.
Non, Jonas Bolle n’a pas de tatouage maori sur les bras. Non, Jonas Bolle n’a pas de piercing dans le nez. Non, Jonas Bolle n’a pas d’aversion pour la viande. Et non, Jonas Bolle n’est ni végétarien, ni vegan et ni intolérant au lactose. Jonas Bolle est libre, tout naturellement et tout simplement! Libre de cuisiner, de mijoter, d’accorder, de saupoudrer et d’assaisonner en fonction de son goût. Et quel goût, quel palais et quelle (ré)création de saveurs! Le chef de 25 ans à peine étonne par autant de maturité culinaire. Parcours d’un prodige des fourneaux qui, par sa spontanéité naturelle, son talent insolent et son flegme, ravive la flamme du restaurant Natürlich, à la rue de la Coulouvrenière.
Parmentier de Proust
Jonas Bolle arbore un look décontracté typique de sa génération. Aucun superflu vestimentaire: tee-shirt blanc, basket, jeans et chaussettes rouges... seul signe excentrique sans qu’il en ait l’air. Il pourrait même donner l’impression d’être le gendre idéal quelque peu ennuyeux. Et pourtant, l’univers des fourneaux bouillonnait en lui dès son plus jeune âge. Tous les mercredis, cet ancien mauvais élève (qui ne se donnait pas la peine de travailler) partait chez sa grand-mère pour faire des dictées et la cuisine. Les recettes survivront plus que les devoirs.
«Une seule condition à cet accord familial: si je réussissais la dictée, je pouvais cuisinier. Ce sont les premiers principes de la carotte devant l’âne.»
Il se remémore encore le bonheur intense qu’il a ressenti lors de la dégustation d’un hachis parmentier confectionné par ses soins. «Ce plat est ma madeleine de Proust. Ces journées passées aux côtés de ma grand-mère sont les prémices de mon orientation professionnelle.»
Au même titre que le jeune garçon de 10 ans est admirateur du chanteur connu ou du sportif de haut niveau, Jonas, quant à lui, rêve d’arborer la tenue de cuisinier. Pour son anniversaire, il réclame d’aller chez la cheffe étoilée Anne Majourel. «Que ce soit le nœud des serviettes, les séquences millimétrées du bal de l’équipe de salle ou la décoration des plats, je découvre l’univers de la haute gastronomie pour la première fois.» Afin de connaître toutes les facettes du métier, ses parents le poussent à faire des stages dans le monde impitoyable de la restauration. En septembre 2011, direction l’Ecole hôtelière de Genève au restaurant Vieux-Bois.
Rigueur militaire à Crissier
Le jeune Jonas apprend tout ce qui concerne les quantités liées à la cuisine de production, les facettes du restaurant semi-professionnel et les balbutiements de la cuisine moléculaire. «Inconsciem-
ment, je m’imprègne de ces trois variétés gastronomiques pour en faire ma sauce à moi.» Lors de sa troisième année d’apprentissage, il passe et remporte le concours des Jeunes talents Escoffier suisses à l’âge de 17 ans. Le gagnant décroche le privilège de faire une semaine de stage au restaurant de l’Hôtel de Ville de Crissier afin de préparer le concours international. «Avant cette expérience, difficile d’imaginer le niveau d’exigence d’une telle maison. Il faut l’avoir vécue une fois pour en comprendre la rigueur quasi militaire. Autant j’étais admiratif d’un tel environnement, autant j’ai su que je ne voulais pas évoluer dans ce milieu.» En présence des
Le chef de 25 ans étonne par
de maturité culinaire. E. Amoiel / LDD
chefs Thierry Marx et Régis Marcon, Jonas gagne la finale internationale.
L’Inde et les Etats-Unis
Malgré une soudaine notoriété, il choisit d’intégrer la petite cuisine du chef David Tracol au restaurant La Fontaine. A deux derrière les fourneaux, ils perfectionnent leur apprentissage du métier et la maîtrise du produit. Puis désireux de découvrir le monde, il part en Inde chez une éco-féministe gérante d’une ferme de permaculture. «Je découvre qu’il n’y a pas que l’Occident sur cette planète. C’est tellement enrichissant de découvrir d’autres cultures.» Après un détour par
«Petit chez ma grand-mère, si je réussissais la dictée, je pouvais cuisinier»
les Etats-Unis, il est temps de revenir en terre helvétique. Après avoir refusé un poste chez Guy Savoy, c’est aux côtés du cuisinier Muhamed Muratovic au restaurant Le Bleu Nuit qu’il pose ses couteaux. «J’ai énormément appris à ses côtés. Avec lui la monotonie n’existe pas.»
Aujourd’hui, libre de pleinement exprimer son potentiel gastronomique, c’est avec un enthousiasme non dissimulé qu’il officie derrière sa cuisine ouverte, nichée au fond d’une salle dont la fresque du plafond aux couleurs pastel rappelle les ciels de Claude Monnet. L’avenir semble radieux pour le jeune cuisinier qui vient de décrocher la note de 14 dans la dernière édition du GaultMillau.
Edouard Amoiel
autant
Livre LA PHOTOGRAPHIE, SIGNE ARCHITECTURAL
Les façades photographiques de l’Institut national audiovisuel des Pays-bas, Neutelings Riedjik architectes, 2006 Neutelings Riedjik
Une immersion captivante et inédite dans la généalogie des pratiques de la photographie ornementale en architecture. Un phénomène artistique sans cesse réinventé du XIXe siècle à nos jours. A découvrir sous la plume de Branda Lynn Edgar.
Détail de la façade de l’usine Ricola Europe, à Mulhouse-Brunstaat, 1993. Architectes Herzog & de Meuron. LDD
Au fil des 346 pages s’esquissent les ascensions successives de l’usage de l’image en architecture, une pratique rémanente depuis plus de cent cinquante ans, maintes fois oubliée et à chaque fois réapprivoisée avec un esprit novateur. Emergeant à la fin du XIXe siècle, au moment de l’essor des arts industriels, le phénomène fera le mur dès les années 1980 pour s’afficher sur l’enveloppe des bâtiments. Les stars bâloises Jacques Herzog et Pierre de Meuron y exercent leur influence dans le sillage de Jean Nouvel qui signe l’emblématique Institut du monde arabe inauguré à Paris en 1987 et la monumentale façade imagée du Triangle des Gares, à Lille, en 1994. Le mouvement est lancé parmi les grands bâtisseurs d’avant-garde avant de se répandre dans un marché de l’architecture de plus en plus mondialisé. Les bâtiments ont un impératif d’exister qui rime avec la production de signes distinctifs. Les constructions ne peuvent plus se contenter d’être de simples édifices dans la ville, mais des objets uniques ancrés dans la mémoire visuelle. Dans cette tendance à la façade médiatisée, interface entre le public et l’œuvre, le duo bâlois
Une rare contribution à la reconnaissance de la photo ornementale comme genre à part entière, un sujet ignoré par les historiographies de l’art, de la photo et de l’architecture.
ne tardera pas à faire une démonstration magistrale du motif photographique en façade.
Exemple célèbre, la peau de la Bibliothèque d’Eberswald (1996), en Allemagne, saturée d’images figuratives monochromes, dont la superposition renvoie au programme du bâtiment conçu pour aligner et empiler des livres. Autre œuvre marquante construite trois ans avant, l’usine de Ricola Europe, à Mulhouse-Brunstaat, arbore sur ses façades en polycarbonate translucide la répétition d’un motif végétal basé sur des photographies de Karl Blossfeldt. Ici comme pour la bibliothèque, l’aspect artistique qualifie la nature de l’objet, sachant que Ricola produit des spécialités aux plantes.
Cette migration de la photo vers l’extérieur, déjà exprimée dans l’Art pop (la façade du Moderna Museet à Stockholm d’Andy Warhol), se généralisera en Europe dans les réalisations d’architectes moins médiatiques. Jointure sensible entre art, fonction et environnement, la photo semble ainsi effacer la dimension structurelle et tectonique du bâtiment pour privilégier son épiderme. «Une nouvelle matérialité, des mutations dans
Photomural de Le Corbusier dans la bibliothèque
l’enveloppe du bâti et l’affranchissement des derniers tabous d’une formation professionnelle encore sous influence du modernisme auront contribué à cette recrudescence de l’ornement», explique l’auteure de l’ouvrage, historienne de l’art et chercheuse à l’Université de Genève*.
L’ornement n’est pas un crime Pourtant, même l’époque moderne, hygiéniste et dépouillée, saura faire mentir l’anathème d’Adolf Loos, «l’ornement est un crime». Après tout, l’utilisation de la polychromie et la fascination pour les matériaux naturels comme l’acier poli ou la brique rugueuse fonctionnent déjà, dans cette période minimaliste, comme des équivalents à la décoration. Dans ce contexte, l’entre-deux-guerres marqué par le foisonnement de mouvements précurseurs en art et en architecture verra apparaître la forme photographique du décor mural. Une période faste dans l’histoire de la photo ornementale, à laquelle l’ouvrage consacre une large part. En résonnance avec la luminosité et les grandes surfaces planes, vides et lisses, le «photomural», porté par les premiers papiers photosensibles de grand format, mime tour à tour l’écran de cinéma et la
La photo semble ainsi effacer la dimension structurelle et tectonique du bâtiment pour privilégier son épiderme
fenêtre aux cadrages mûrement réfléchis. Celle-ci compte parmi les fondamentaux de l’architecture corbuséenne.
Le motif éphémère
Avec le paysage pour motif privilégié, ces fresques murales investissent l’intérieur domestique, institutionnel et commercial, arbitrant les relations complexes entre intérieur et extérieur. Terrain d’expérimentation et d’abstraction d’éléments naturels, elles seront évidemment présentes dans l’œuvre de Le Corbusier, lui-même photographe et collectionneur d’images compulsif. Son assemblage de multiples images en micro, macro et gros plans réalisé au Pavillon Suisse (1932), à Paris, constitue le point focal de ce dortoir pour étudiants de la Cité universitaire. Toujours en quête de l’«espace indicible» pensé comme le sommet de l’émotion esthétique, l’architecte neuchâtelois poursuivra sa réflexion jusqu’à réaliser, trente ans plus tard, dans le cadre de l’Exposition universelle à Bruxelles, son «poème électronique». Une œuvre d’art totale en complicité avec le compositeur Edgar Varèse, alliant musique expérimentale et photographies projetées sur une paroi de béton. L’ouvrage constitue une exploration iné-
bibliothèque du Pavillon Suisse, Paris, 1933. MariusGravot, FLC, Adagp,2020
Photo-fresque des architectes d’intérieurs anglais Mollo & Egan sur la porte d’entrée d’un appartement, 1938 Morley von Sternberg, RIBA coll.
dite des mouvements décoratifs en Europe et aux Etats-Unis. Malgré la permanence de l’ornement depuis l’essor de la photographie, le sujet est resté le grand absent des historiographies de l’art, de l’architecture et de la photo. Centré sur les moments forts du phénomène, relevant ses réinventions constantes, ce cor-
pus très fouillé instaure pour la première fois le dialogue entre ces diverses disciplines. Ephémères, souvent fragiles, hormis en façades où elles prennent nécessairement une forme plus pérenne, les œuvres à nous être parvenues intactes sont rares et n’ont survécu, paradoxalement, que par la documentation photo-
«Je ne saurais pas vous dire ce qu’est l’Art pop, c’est trop compliqué.
Ça consiste à prendre ce qui est dehors et à le mettre dedans, ou à prendre le dedans et à le mettre dehors»
Andy Warhol
graphique. Une richesse dont le livre ne se prive pas.
Viviane Scaramiglia
* «Le motif éphémère. Ornement photographique et architecture au XXe siècle» Brenda Lynn Edgar, Presse universitaires de Rennes, 2020, 346 pages.
A QUAND UN «MINISTÈRE MONDIAL DU CLIMAT»?
LL’avocat genevois Jean-Cédric Michel vient de publier son second roman. Il s’agit d’un thriller qui suit un groupe d’activistes prêt à tout pour parvenir à lutter contre le réchauffement climatique. Passionnant.
’action débute en septembre 2019 pour s’achever quatre mois plus tard. L’auteur tente de présenter un scénario des plus réalistes qui voit des éco-terroristes se mobiliser pour sauver la planète d’un inexorable réchauffement climatique. Une dizaine d’individus répartis sur tous les continents commencent par sommer 672 entreprises émettant le plus de CO2 de réduire leurs émissions de deux tiers d’ici à 2030. Elles ont jusqu’au 24 décembre pour montrer un gage de diminution de leur empreinte carbone. «Les Etats ne tiennent pas leurs promesses, les lobbies ralentissent toujours tout, il faut agir. Agir à leur place. Les réductions des émissions, nous al-
lons les obtenir, les provoquer…», déclare ainsi l’un d’eux.
Il va de soi que ni les gouvernements, ni les entreprises concernées n’entendent se laisser intimider et guider une marche à suivre. Première action: l’arrêt de la centrale nucléaire de Three Mile Island en Pennsylvanie, suivie de près par l’arrêt de la deuxième plus grosse centrale à lignite d’Allemagne provoquant une panne d’électricité pour 140'000 foyers, puis un incendie d’une raffinerie au Havre et enfin, la panne de près de 4 millions de véhicules électriques en Allemagne, immobilisés par leur informatique de bord. Sans trahir l’épilogue, relevons que le récit est nerveux, bien documenté et crédible.
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LE TAUX D'INTÉRÊT EST LOIN D'ÊTRE LE PLUS IMPORTANT POUR VOTRE PRÊT HYPOTHÉCAIRE
Lorsqu’on parle de prêt hypothécaire, on pense (à tort) immédiatement au taux d’intérêt. Mais qu’est-ce qui définit un bon taux et est-ce réellement l’élément le plus important? Le choix de la bonne stratégie hypothécaire dans son ensemble (type de fonds propres, structure de prêt, montant de l’emprunt, type d’amortissement, fiscalité...) permet souvent d’économiser plus d’argent que l’obtention du meilleur taux.
Obtenir le meilleur taux ne signifie pas obligatoirement obtenir la meilleure hypothèque
C’est indéniable, le taux d’intérêt est un élément central d’un prêt hypothécaire.
C’est lui qui détermine combien va coûter une partie de l’emprunt et c’est généralement sur cet aspect que les acteurs du marché axent leur communication, se livrant à une véritable guerre des taux.
C’est à qui offrira le plus bas, mais obtenir le meilleur taux ne signifie pas obligatoirement obtenir la meilleure hypothèque.
D’autres conditions sont à prendre en considération.
Une bonne stratégie de financement prend en compte les spécificités individuelles
Un achat immobilier représente souvent
le projet d’une vie et il s’agit de quelque chose de très personnel, avec beaucoup d’éléments qui peuvent varier en fonction de la situation et des besoins de chacun. Une bonne stratégie de financement est une stratégie qui prend en compte ces différentes dimensions, non seulement au moment du prêt, mais aussi avec une vision à (très) long terme.
L’âge, la situation familiale, les projets de l’emprunteur ou encore les incidences fiscales sont autant de facteurs à considérer lors du montage financier. Au-delà du taux, il faut également être attentif à la structure du prêt, au montant de l’emprunt et à l’optimisation fiscale.
Structure de prêt
Rien que le choix entre un taux fixe et un taux Saron, ou une combinaison des
deux, doit être déterminé par la situation personnelle pour s’adapter au profil de l’emprunteur et à ses projets de vie. Fautil opter pour une ou plusieurs tranches de prêt ? Sur quelle durée ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise option, cela dépend des besoins.
Par exemple, opter pour des taux fixes sur une longue période en les étalant sur différentes échéances, permet de réduire les charges mensuelles et de lisser le risque sur le temps. Par contre, cette option offre moins de flexibilité pour un éventuel changement de prêteur lors d’un renouvellement de taux. Il faudra attendre l’échéance de toutes les tranches, afin de ne pas avoir à payer de pénalités, au cas où vous souhaiteriez à l’avenir changer vos projets.
Un autre aspect qui doit être pris en
compte concerne l’éventuelle revente du bien immobilier avant l'échéance de votre taux. Que se passera-t-il avec le prêt hypothécaire ? Devrez-vous payer des pénalités ? De quel montant ? Ces considérations sont essentielles, afin de vous engager en connaissant l’ensemble des paramètres.
Montant de l’emprunt
La règle veut que l’emprunteur possède au minimum 20% de fonds propres pour pouvoir obtenir un prêt hypothécaire de 80%. 10% des fonds propres doivent provenir de l’épargne et une partie peut provenir d’un retrait de la LPP, mais il est également possible de nantir ce montant de LPP, c'est-à-dire de le mettre en gage pour obtenir un prêt hypothécaire à hauteur de 90%. Il existe aussi des alternatives qui permettent de compléter les fonds propres, comme par exemple la solution proposée par evahomes.ch qui met en relation de futurs acquéreurs avec des investisseurs privés qualifiés, afin de pouvoir devenir propriétaire avec seulement 10% de fonds propres. A première vue, ces stratégies semblent coûter plus cher, car il va falloir payer plus d’intérêts, mais sur le long terme et en prenant en compte les incidences fiscales, cela peut s’avérer plus avantageux. En effet, si l’on considère le taux marginal d’imposition, c’est-à-dire le taux auquel est imposée la dernière tranche de revenu, on peut calculer l’économie engendrée par une diminution du revenu imposable grâce à la déduction des intérêts. Par exemple, avec un taux marginal de 35%, une diminution du revenu imposable de CHF 10’000, permet d’économiser CHF 3’500 d’impôts.
Stratégie d’amortissement
La stratégie d’amortissement doit être réfléchie dès le départ dans sa globalité, notamment pour limiter les coûts de l’hypothèque à la retraite. En effet, il ne faut pas oublier que les charges immobilières ne devront toujours pas dépasser le tiers du revenu, alors que les revenus à la retraite peuvent baisser de 30% à 40%. Que se passera-t-il en cas de hausse des taux ? Seriez-vous capable d’assumer
des charges 2x ou 3x plus élevées ? Des choix comme l’intégration du 3e pilier dans l'amortissement peuvent permettre d’optimiser votre fiscalité avec des déductions d’impôts chaque année, tout en prévoyant une réduction des charges à l’âge de la retraite.
Enfin, il faut aussi aborder les questions qui fâchent. Que se passera-t-il en cas de divorce ? En cas de décès ou d’invalidité?
Sera-t-il possible de garder la maison ? Qu’en est-il dans le cas du concubinage ? Imaginer le pire scénario permet de mettre en place des solutions en amont et d’adapter la stratégie de financement pour répondre au mieux aux éventuels problèmes. Être accompagné par un spécialiste en financement hypothécaire permet de penser à toutes ces éventualités.
Fiscalité
Le taux d’intérêt détermine une partie de vos charges. Ce premier calcul est très important et vous permet de déterminer si vous pouvez supporter le coût du prêt hypothécaire. Il est donc naturel de vouloir obtenir le meilleur taux pour payer le moins de charges possible, mais le calcul ne s’arrête pas là. Il faut aller plus loin et calculer également les incidences fiscales, car selon la structure de votre financement, l’option avec des charges plus élevées pourrait finalement se révéler meilleure sur le long terme en vous faisant économiser sur vos impôts. Le moindre détail a son importance et chaque choix a une incidence qu’il faut pouvoir comprendre. C’est pourquoi les différentes offres des prêteurs doivent être minutieusement examinées avant de prendre une décision.
Les avantages de faire appel à un spécialiste en financement hypothécaire
En Suisse, le recours à un spécialiste en financement hypothécaire est encore peu répandu: 85% des personnes s’adressent directement à leur banque et passent à côté de meilleures opportunités. Au Royaume-Uni, plus d’une personne sur deux passe par un intermédiaire. Pourquoi ?
Un spécialiste en financement hypothécaire permet de gagner du temps et de l'argent. Il s'occupe de proposer le meilleur montage financier pour un projet, identifie en temps réel les prêteurs qui correspondent le mieux à la situation et son poids auprès d'eux lui permet de négocier des conditions avantageuses. Surtout, il est un interlocuteur privilégié à qui toutes les questions peuvent être posées et qui accompagne le client tout au long du projet. Il peut également apporter un éclairage complémentaire sur les aspects fiscaux et la prévoyance.
e-Potek est en relation avec de nombreux prêteurs du marché, dont plusieurs qui offrent des taux incroyablement bas, mais qui ne sont pas forcément les plus connus de tous. De plus, nous avons des relations privilégiées avec tous les prêteurs, car nous leur présentons une grande quantité de clients, ce qui nous donne accès à des conditions plus avantageuses que les clients qui passent en direct. Toute notre activité est régulée par la FINMA et notre position d’intermédiaire neutre nous permet d’éviter tout conflit d’intérêt.
L’expérience de nos conseillers est ensuite ce qui fait la différence. Ils sont à l’écoute des besoins du client pour pouvoir lui conseiller la meilleure stratégie en adéquation avec ses projets. Ils savent décrypter le détail des différentes offres et informent des conséquences de chaque choix. Ils donnent toutes les clés pour pouvoir prendre une décision éclairée qui ne se base pas que sur le taux d’intérêt et permettent d’optimiser le financement et son impact fiscal sur le long terme. En effet, obtenir un bon taux c’est bien, mais il ne faut pas négliger toute la stratégie de financement à mettre en place. Il est difficile de penser à tout, c’est pourquoi le recours à des experts peut s’avérer très utile.
Patrick Didi, Conseiller en Financement
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