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immobilier.ch News - La rue du Rhône fait peau neuve

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LA RUE DU RHÔNE

FAIT PEAU NEUVE

Le bloc formant le 3-5-7-9 a fait l’objet d’un concours d’architecture. Mené par Zurich Invest, le chantier à Genève est désormais achevé. De nouveaux locataires arrivent. 10-12

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NOUVEAU MAGASIN DE LITERIE

SOMMAIRE

4-19 Actualité

Les brèves immobilières

Quartier Horizons, le projet de tous les défis

Le nouveau visage de la rue du Rhône

Futurs logements dans un écrin de verdure

Les aides pour la rénovation énergétique

Une promenade publique inaugurée à Frontenex (GE)

Logements pour la classe moyenne à Givrins

20-25 Immobilier

Les solutions face à la pénurie des ressources dans le bâtiment

Les convictions du directeur de Swissbim

L’énergique Robin Crisinel à la tête de Duboux Immobilier

26-27 Commerce

Interview du directeur général du Beau-Rivage

28 Emploi et formation

Les dernières nominations

29 Culture

130e Revue: que le spectacle commence!

Éditeur: IMMOBILIER.CH SA

Rédacteur en chef: Serge Guertchakoff

Rédactrice en chef adjointe: Chantal de Senger

Journaliste: Julie Müller

Chef d’édition: Francis Haller

Directeur artistique: Pierre Broquet

Maquette: Agence EtienneEtienne

Publicité: info@immobilier.ch Tél +41 22 307 02 20

Impression: CH Media Print AG

Toutes les éditions sont disponibles sur immobilier.ch

LUKA RAJIC MET EN VENTE SON CHÂTEAU

Acquis en octobre 2007 pour 17,7 millions de francs, le château de Choully, à Satigny (GE), a été mis en vente via le courtier Luxury Places, affilié à Savills. Son actuel propriétaire, Luka Rajic, détient la chocolaterie Favarger depuis près de vingt ans. Ce self-made man croate a fait fortune lorsqu’il a revendu le groupe Duka en 2007 pour 280 millions d’euros, un groupe actif dans les produits laitiers essentiellement. Faut-il en déduire que Luka Rajic envisage de quitter Genève, voire la Suisse?

Le domaine mis en vente est implanté sur un terrain de 2,35 hectares et est doté d’une piscine extérieure chauffée, d’un court de tennis et d’un héliport. Quant au château lui-même, sa construction remonte à 1721. L’impératrice Joséphine y a passé une nuit en 1812 à l’occasion d’une fête donnée en son honneur.

INVESTIS CÈDE DES IMMEUBLES À HELVETIA

Helvetia Anlagestiftung vient d’investir un peu plus de 100 millions de francs sur la rive droite genevoise. Le 31 août dernier, elle a repris divers immeubles à Investis Properties à Meyrin (29-31 avenue de Vaudagne, et 17-19 rue du Livron, ainsi que des garages souterrains) pour 77,5

DE LA RÉDACTION

millions de francs. Le même jour, cette fondation a également acquis la parcelle 5913 (d’une surface au sol de 791 m2) à Meyrin pour 26 millions de francs. Enfin, l’immeuble sis rue Robert-Céard 10/rue Neuve-duMolard 10 (en plein centre-ville) a été acquis par la direction du fonds Immofonds pour la belle somme de 32,5 millions de francs.

M3 ET SON APPÉTIT

Alors que le chef Mitsu a été recruté par le Mandarin Oriental Genève pour ouvrir un espace Sachi dès octobre, le restaurant Izumi du Four Seasons Hotel des Bergues a aussi vu son directeur Antoine Guibouret partir. Ce dernier a été débauché par m3 Restauration pour diriger le projet Gaku au Lion d’Or de Cologny, puis le futur Gaku de la place de Neuve.

IMMEUBLE RUE DU RHÔNE EN VENTE

De bonne source, il paraîtrait que l’immeuble 31 rue du Rhône aurait été mis en vente par la Fondation de bienfaisance Pierre et Andrée Haas. Ce bâtiment abrite Vontobel et Decalia Asset Management pour les surfaces de bureaux aux étages et les boutiques Omega et Van Cleef & Arpels au rez. La fondation est présidée par le régisseur Charles Schmidhauser.

IMMO BRÈVES

VIBOO,

UN ALGORITHME POUR RÉGULER LE CHAUFFAGE

En vue d’une hausse des prix de l’énergie cet hiver, un spin-off de l’Empa (laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche) a trouvé une solution permettant d’exploiter plus efficacement les bâtiments en économisant l’énergie de chauffage. Appelé Viboo, cet algorithme de régulation se base sur des données météorologiques et sur celles de l’immeuble pour calculer plusieurs heures à l’avance la dépense énergétique idéale qui lui conviendrait. Cette approche permettrait d’économiser environ 25% d’énergie. En attendant la mise sur le marché de l’outil, Viboo mène des projets pilotes sur divers bâtiments fédéraux.

SOIRÉE EN FAVEUR DE LA FONDATION USPI VAUD

Depuis sa création en 2012, la Fondation USPI Vaud vient au secours des familles victimes des aléas de la vie et aura permis tout au long de cette décennie d’aider 102 foyers à maintenir dignité, stabilité et sécurité en leur apportant l’aide nécessaire à la préservation de leur logement. Une mission accomplie grâce au soutien de donateurs qui se sont d’ailleurs réunis début septembre, lors d’une soirée organisée au Théâtre de Beausobre, à Morges. Les invités ont pu profiter d’une tombola et d’un spectacle de Michel Boujenah (photo).

LA SUISSE POSSÈDE UN RÉEL POTENTIEL ÉOLIEN

D’après une étude récente réalisée par Meteotest, sur mandat de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), le potentiel de l’énergie éolienne helvétique serait bien plus important que prévu. Les derniers calculs datant de 2012, l’évolution serait flagrante. Le pays pourrait en réalité produire 29,5 TWh d’électricité par an grâce à l’énergie éolienne, dont 19 TWh en hiver. Une exploitation partielle du potentiel qui, à hauteur de 30% (1000 installations environ), pourrait apporter une contribution essentielle dans le cadre d’un approvisionnement en électricité sûr en Suisse et réduire la dépendance vis-à-vis de l’étranger.

DES BALCONS AJOUTÉS À DES IMMEUBLES

Au cœur des discussions depuis leur inauguration en 2019, les sept bâtiments des Auréas, situés dans le quartier de la Fontenette à Carouge, faisaient polémique concernant l’absence de balcons. Ces tours, venues remplacer les 120 logis des maisons Familia qui occupaient le terrain depuis les années 1950, accueillent depuis des logements HBM-LUP. Afin de faire taire les plaintes, les 335 appartements seront finalement équipés de balcons rajoutés prochainement. L’autorisation de construire a été délivrée le 30 août dernier.

CONCOURS LANCÉ POUR LA PATINOIRE DU TRÈFLE-BLANC

Après le crédit d’étude de 11,7 millions de francs voté par le Grand Conseil en début d’année, une étape cruciale vient d’être entamée pour le projet lancéen de la patinoire du TrèfleBlanc (GE). En vue de la réalisation de cette infrastructure qui accueillera dès 2028 le Genève-Servette Hockey Club (GSHC), un concours d’architecture a été lancé et les participants ont jusqu’à l’été prochain pour déposer leur dossier. Deux surfaces de glace sont attendues, dont l’une devrait avoir une capacité d’accueil de 8500 places, 24’000 m2 seront dédiés à des activités, et le tout devra répondre à une réflexion écologique poussée.

LES ESCALIERS DE CHAUDERON REMIS À NEUF

Maillon important du réseau piétonnier, dans le centreville lausannois, les escaliers de Chauderon vont enfin retrouver leur utilité d’antan. Construits au début des années 1920 et fermés au public en 2013, pour des raisons de sécurité, notamment dues à un état de dégradation avancée, la Ville a finalement décidé de les rénover entièrement. L’ouvrage réhabilité a vu sa maçonnerie supprimée pour faire réapparaître les pierres naturelles et sera réintégré au pont Chauderon, lui-même refait à neuf récemment. Les escaliers relieront à nouveau l’ouest de la place Chauderon à la rue de Genève et seront ornés dorénavant d’une fresque réalisée pour l’occasion par deux artistes locaux.

UN TOUT NOUVEAU

«QUARTIER DES HALLES» À MORGES

Sur le secteur des anciennes halles CFF de Morges, un nouvel ensemble urbain a vu le jour fin août, baptisé «quartier des Halles». Composé de 250 logements, de commerces, d’activités parapubliques, d’une école, d’une crèche (600 emplois en tout), ainsi que d’un P+R de 300 places, il offre désormais une zone piétonne généreuse. Pour obtenir ce résultat, les CFF ont dû débourser 200 millions de francs, tandis que la Ville de Morges poursuit encore ses investissements (20 millions à ce jour) pour les infrastructures, équipements publics et aménagements extérieurs.

IMMO BRÈVES

OUVERTURE D’UNE AGENCE NAEF PRESTIGE KNIGHT FRANK À CRANS-MONTANA

Naef Prestige Knight Frank continue sa dynamique de développement et renforce son segment dédié aux biens immobiliers dans les Alpes avec l’ouverture d’une deuxième agence spécialisée montagne. Située au cœur de Crans-Montana, elle a été inaugurée le 26 août. La station, qui séduit tant par son ensoleillement que par ses tables étoilées et ses pistes, attire une clientèle suisse et internationale qui s’y établit à l’année ou en résidence secondaire. Cette agence permet ainsi au groupe de proposer un service de proximité dans la station. Sa responsable Monica Lopes sera épaulée par Annabelle Common, qui dirige l'antenne de Verbier, de Selda Gungor, International Network Manager au sein du groupe, et d’Olivier Amy, fondateur de Solutions Parners.

NAEF: SERVICE SPÉCIALISÉ DE RÉNOVATIONS ÉNERGÉTIQUES

Le groupe Naef se dote d’un service spécialisé de rénovations énergétiques. Cette nouvelle prestation, disponible depuis cet été, s’adresse aux clients propriétaires et propose de les accompagner dans le projet de rénovation de leur parc immobilier. Dans un contexte de forte consommation d’énergie et d’émission de CO2 des bâtiments, une transition énergétique du parc bâti en Suisse devient une nécessité à laquelle Naef Immobilier s’efforce d’apporter des solutions concrètes. Ce nouveau service s’articule en cinq étapes: analyse de la situation, organisation des actions à mener, élaboration du projet d’ouvrage, pilotage des travaux et enfin contrôle et optimisation des installations. Une politique de formation à la transition énergétique a été instaurée au sein du groupe avec des collaborateurs désormais au bénéfice de différents diplômes et certifications.

ANALYSE: LE TAUX DE VACANCE NE CESSE DE BAISSER

Dans sa dernière analyse, l’économiste immobilier de Credit Suisse, Fabian Waltert, fait le point sur l’état du marché immobilier suisse. Ainsi, les premiers chiffres publiés par les cantons et les villes indiquent que la diminution du nombre de logements vacants, amorcée l’an passé, se poursuit au même rythme. Un recul qui est dû au ralentissement de l’activité de construction et à la forte hausse de la demande, liée à la croissance économique et à l’immigration. Autre observation notable: pour la première fois depuis 2013, le taux de logements vacants diminue aussi dans les grands centres, bien que ceux-ci affichent d’importantes disparités.

Chavannes-près-Renens

QUARTIER HORIZONS, LE PROJET DE TOUS LES DÉFIS

Conception et travaux préparatoires à présent terminés, le complexe de huit immeubles prévu dans l’ouest lausannois pour fin 2024 peut enfin aller de l’avant dans sa réalisation. Une étape qui promet son lot de difficultés.

Tels des champignons sauvages en pleine forêt, les chantiers de construction situés dans le Grand Lausanne se multiplient à toute vitesse. Parmi eux, celui de Quartier Horizons, jusque-là dans l’ombre du très médiatisé site des Plaines-du-Loup (immobilier.ch News du 29 août), fait lui aussi son bout de chemin et démarre actuellement son gros œuvre. Une vaste opération qui se voudra exigeante, tout comme les phases précédentes, puisque cet ensemble de huit immeubles regroupant pas moins de 900 logements, 10’000 m2 de bureaux et 40 arcades commerciales est attendu pour fin 2024.

Penser un tout cohérent

Et qui dit nouveau quartier, dit nouvelles arrivées. Estimées entre 2000 et 3000 résidents/travailleurs rien que pour le Quartier Horizons, elles devraient d’ailleurs contribuer à hisser le nombre d’habitants de Chavannes-près-Renens à 15’000 d’ici à dix ans (contre 9000 aujourd’hui).

Contribuer seulement, car le développement du Quartier Horizons s’inscrit en réalité dans une mutation bien plus profonde, englobant l’est de la commune dans sa totalité. Une transformation que la syndique, Loubna Laabar, s’attèle à préparer activement: «Nous allons devoir accompagner ces nombreux projets qui sortent de terre par des infrastructures de qualité, notamment en réaménageant le réseau routier, en créant un collège et en proposant des connexions entre ces quartiers.»

C’est donc à l’aide de passerelles et d’es-

caliers paysagers que le bureau d’architecture Pezzoli & Associés a pensé ces liens, entre le campus de l’Université par exemple et le Quartier Horizons. Malgré tout, situé entre l’autoroute et la route cantonale, ce dernier a donné du fil à retordre à ses concepteurs. «Nous avons fait face à trois problématiques avec ce projet: les nuisances sonores, la question énergétique et les espaces extérieurs», relève l’architecte Giovanni Pezzoli. Afin de limiter le bruit tout d’abord, des solutions ont été trouvées à base de triple vitrage, de géométrie des logements et de création de coursives ventilées. «Lors des premières esquisses, les services

cantonaux nous avaient garanti qu’il serait impossible de satisfaire les exigences concernant le bruit mais à chaque variante, chaque nouveau dessin, nous avons demandé à l’acousticien de calculer par simulation l’impact sonore sur chacune des fenêtres et à présent, l’objectif est rempli. Nous pouvons assurer que nous avons abouti au niveau technique maximum qu’il était possible d’atteindre», poursuit le spécialiste. Concernant l’efficience énergétique, «une obligation plus qu’un défi» pour Giovanni Pezzoli, là-aussi une attention particulière a été portée et Quartier Horizons se veut exemplaire en la matière. De construc-

Les maîtres d’ouvrage Dominique Demaurex et Conradin Stiffler posent la première pierre le 30 août. DR

tion durable, six de ses bâtiments seront labelisés Minergie-Eco et Greenproperty Gold, tandis que les deux derniers excluront les énergies fossiles de leur consommation. Pour cela, environ 190 sondes géothermiques et 9000 m2 de panneaux solaires vont être mis en place. Enfin, les aménagements extérieurs, autre point noir de l’équation, ont nécessité un suivi collaboratif étroit avec les services de l’urbanisme de la commune, ceci afin de penser intelligemment les espaces communs. Mobilité douce et parc arborisé de 10’000 m2 au centre vont dès lors agrémenter ce projet.

La prise de risque des mandataires

Des maquettes qui s’écartent quelque peu des plans prévus initialement pour ce

Trois entreprises totales ont été commanditées pour travailler main dans la main sur cet ouvrage de grande ampleur

terrain de 5,5 hectares acquis dans les années 1990 par Pierre Demaurex, alors dirigeant des grandes surfaces alimentaires Aligro. L’objectif de l’époque étant d’y implanter un de ses magasins puis, au fil des années, d’y installer une surface commerciale coiffée d’une tour. Finalement, courant 2018, la famille Demaurex fait marche arrière (pour investir davantage en Suisse alémanique) et devient promotrice immobilière aux côtés de Credit Suisse Fondation de placement à qui elle cède les trois-quarts de la parcelle du Quartier Horizons. Désormais maître d’ouvrage d’un lot de deux immeubles (200 logements en PPE), Demaurex & Cie dit n’avoir aucun regret et se réjouit de prendre part à cette toute autre aventure.

De son côté, le second maître d’ouvrage qui pilote les trois autres lots, Credit

L’ensemble de huit immeubles regroupera 900 logements, 10’000 m2 de bureaux et 40 arcades commerciales. DR

Suisse Fondation de placement, tente une grande première avec cet investissement de presque un demi-milliard de francs. «C’est quelque chose que nous ne faisons pas tous les jours, d’investir dans un quartier tout entier mais nous sommes convaincus qu’il y a un réel manque de ce type de logements dans la région», assure Conradin Stiffler, manager du portefeuille immobilier pour l’entité.

De la parole à l’acte, un pas de géant

Autre fait rare: trois entreprises totales ont été commanditées pour travailler main dans la main sur cet ouvrage de grande ampleur. Un modèle original qui demandera une grande coordination selon Valéry Viennot, directeur de Complex Bau. «Ce partage des travaux nous force nous,

entrepreneurs totaux, à être parfaitement coordonnés pour accueillir les 800 à 1000 ouvriers qui vont venir sur le chantier au plus fort de l’activité. Il faut aussi se mettre d’accord sur le choix des entreprises partenaires, favoriser l’économie locale et puis trouver des outils pour éviter le travail au noir», précise-t-il. Pour Carlos Garrido, du Groupe Porr, en charge de la phase préparatoire qui vient de s’achever après avoir débuté en octobre 2021, le défi sera plutôt d’ordre logistique puisque dix grues se dresseront aux côtés d’un ballet de camions ces prochains mois, et ce, avec une seule voie d’accès en tout et pour tout.

A son tour, César Vuadens, membre de la direction de HRS Real Estate, estime que travailler non pas en concurrence mais ensemble pour une fois est un exercice délicat et pour le coup peu banal. D’autant plus que le contexte actuel n’est en rien favorable au secteur de la construction. «Pour un projet de cette envergure, il faut des ressources et nous subissons justement de plein fouet le manque de

matériaux et de main-d’œuvre. C’est pourquoi nous allons devoir nous montrer tous innovants et pour le moins organisés afin de respecter les délais impartis», souligne l’expert.

Posée le 30 août dernier, la première pierre du chantier initie donc une nouvelle étape pour ce Quartier Horizons qui se voudra une performance de haut vol jusque dans sa réalisation. Julie Müller

Les chiffres clés

1990 Année d'achat du terrain de 5,5 hectares

2021 Début des travaux préparatoires

2022 Pose de la première pierre du chantier

2024 Livraison des premiers appartements

8 Immeubles

893 Logements

10’000 Surface de bureaux en m2

40 Arcades commerciales

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Genève

UN NOUVEAU VISAGE POUR LA RUE DU RHÔNE

Depuis le départ de la banque Lloyds TSB en 2010, le bloc formant le 3-5-7-9 rue du Rhône a fait l’objet d’un concours d’architecture. Mené par Zurich Invest, le chantier est désormais achevé. De nouveaux locataires arrivent.

L’heure est aux réjouissances. En face de l’ancien immeuble qui hébergeait le plus grand magasin Aeschbach, lui-même en réfection, le chantier du 3-5-7-9 rue du Rhône est enfin achevé. Il ne restera plus guère qu’à finaliser son rattachement au réseau GeniLac. Ce chantier aura pris plus de temps que prévu. La banque britannique Lloyds TSB avait libéré les lieux, progressivement entre 2005 et 2010. Présente à Genève depuis 1919, l’établissement avait commencé à y réduire ses effectifs (qui avaient atteint 450 personnes), avant que ses activités de banque privée soient finalement cédées début 2013 à l’Union bancaire privée.

Dans sa toute nouvelle configuration, ce sont principalement des sociétés actives dans la finance qui ont choisi de venir s’y établir. Logique, après tout, les loyers étant ceux de la rue du Rhône. Citons notamment Brevan Howard As-

Côté Rhône (à gauche) et côté rue du Rhône. DR

set Management qui n’est autre qu’un des fonds d'investissement alternatif les plus importants d'Europe. Cette structure quitte la rue d’Italie (près de Rive) pour prendre quatre étages dans le bloc 5-7-9 rue du Rhône. Le 5e étage de ce même bloc sera loué par FCO Private Office, une entité de la famille Reyl, dont la banque va justement s’établir dans le bâtiment en face.

Mini-concours

Revenons sur les grandes étapes du vaste chantier. C’est en juin 2002 que le groupe Zurich rachète à Lloyds TSB Bank les bâtiments en question, y compris le numéro 1 rue du Rhône qui donne sur la place Bel-Air. Un premier concours d’architecture sur invitation est lancé en 2015 entre quatre bureaux avec lesquels

En juin 2002, le groupe Zurich rachète à Lloyds TSB Bank les bâtiments en question, y compris le numéro 1

le groupe Zurich avait déjà œuvré. Il prévoyait alors la démolition/reconstruction du 1 rue du Rhône. Ce dernier est remporté par le bureau lausannois Richter Dahl Rocha (RDR) en mars 2016. Le dossier relatif au projet est alors déposé en décembre 2016. Mais le maître d’ouvrage se heurte à un refus du Canton en mai 2018. Après concertation avec la Commission des monuments, de la nature et des sites (CMNS), il est décidé, d’une part, de renoncer à démolir le 1 rue du Rhône, d’autre part de dissocier le 1 et le bloc 3-5-7-9. Un nouveau dossier est déposé pour ce dernier début 2019. Fin novembre 2019, l’autorisation de construire est obtenue. Le chantier peut alors s’ouvrir six mois plus tard, soit le 2 juin 2020. Un mini-concours entre trois bureaux genevois a été organisé mi-2020 afin de savoir qui s’occuperait de l’exécution du chantier, tandis que le bureau RDR assurait la direction architecturale, comme nous l'a résumé Jacques Dorée, à la tête de Zurich Invest Suisse romande.

Concrètement, on parle de la transformation et de la rénovation des immeubles 3-5-7-9 rue du Rhône. Un chantier mené par le bureau genevois Glauco Lombardi Architectes Associés. Le 3 se distingue par le fait que les quatre étages supérieurs seront affectés à des appartements (quatre, dont deux duplex, d’une surface allant de 75 à 107 m2). Le rez-de-chaussée reste bien évidemment consacré au commerce, tandis que les deux premiers étages vont accueillir environ 160 m2 de surfaces de bureau. En résumé, les surfaces sont les suivantes: environ 550 m2

Le chantier de transformation et de rénovation des immeubles 3-5-7-9 a été mené par le bureau genevois Glauco Lombardi Architectes Associés. DR

sur six niveaux (plus un attique et un petit sous-sol) pour le 3.

Concernant le bloc 5-7-9, comme indiqué précédemment, les quatre premiers étages ont été loués à Brevan Howard. Le 5e a été pris par FCO Private Office. «A l’heure actuelle, il ne reste donc que l’attique de disponible (un plateau d’environ 400 m2 en tout, avec des hauteurs variables). Au final, les surfaces ont été remises aux locataires dans les temps. Il reste désormais à relier l’ensemble à

Le 3 se distingue par le fait que les quatre étages supérieurs seront affectés à des appartements

GeniLac», ajoute Jacques Dorée. De quoi s’agit-il? Les SIG construisent GeniLac, le plus grand réseau thermique écologique jamais bâti à Genève. Cette infrastructure fonctionne avec l’eau du lac Léman et de l’électricité 100% renouvelable. D’ici à 2035, GeniLac devrait offrir la possibilité de réduire les émissions de CO2 de 70’000 tonnes par an dans le canton de Genève, soit l’équivalent des émissions annuelles de 7000 Genevois. Enfin, signalons qu’un passage public a été créé entre le 7 et le 9, ceci afin de renouer avec la trame parcellaire du début du XIXe siècle. Par Serge Guertchakoff

Versoix (GE)

HABITER DANS UN ÉCRIN DE VERDURE

Dans la continuité d’un processus de «co-construction», le projet de 70 logements porté par la coopérative Codha a été présenté début septembre aux futurs habitants et voisins.

Proposer de l’urbanisme qui fait envie, voilà l’ambition de ce projet d’un nouveau genre planifié à Versoix (GE). Niché au cœur d’un patrimoine arboré, ce quartier initié par la Coopérative de l’habitat associatif (Codha), se veut expérimental puisqu’il aura été co-conçu du début à la fin grâce à une participation continue de tous les acteurs (voisins, futurs habitants, architectes, Etat et commune).

Une démarche inédite pour la Codha qui a pris le risque pour la première fois d’acheter un terrain d’un hectare pour la somme de 11,5 millions

de francs. D’autant que pour coucher ce projet sur les tables à dessin, pas moins de quatre bureaux d’architectes ont été mandatés. «Après avoir passé tous nos mercredis matins ensemble pendant deux ans, je peux assurer que cette collaboration inhabituelle a été fructueuse. Cela nous a permis d’explorer une multitude de possibilités et de variantes qui ont porté leurs fruits», souligne Daniela Liengme, associée de Liengme Mechkat Architectes. La rapidité avec laquelle le développement se poursuit en est d’ailleurs la preuve. Après avoir présenté les plans au public début

septembre, la demande de permis de construire sera déposée dans la foulée, cet automne.

Vivre dans les arbres Parmi les éléments prévus sur ce site sauvage, plusieurs impératifs sont ressortis des discussions collectives. Le premier étant de conserver la qualité de la végétation sur cette parcelle très boisée où cinq immeubles doivent être érigés. Pour cela, une fois n’est pas coutume, les bâtiments seront construits en fonction et autour des arbres majeurs afin de les préserver. Ensuite, les requêtes se sont orientées vers une valorisation du bâti existant tout en évitant de gâcher la vue de celui adjacent. Les concepteurs se sont donc attelés à rénover plutôt que démolir et à ne pas dépasser certaines hauteurs pour les nouvelles réalisations (la cime des arbres pour la plus haute).

Enfin, la volonté d’espaces ouverts s’est fait également ressentir, ce qui s’est traduit dans les plans par une succession de places suivant un cheminement qui traverse de part et d’autre la zone, allant du lac à la voie verte en devenant de plus en plus intimiste. Les 70 logements sont reliés par des coursives, lieux de rencontre voulus par les futurs résidents, et les toits seront quant à eux propices à la culture de potagers. En fin de compte, l’idée de vivre dans les arbres est un objectif atteint sur le papier, ne reste plus qu’à franchir les étapes suivantes en se montrant patient puisque le début des travaux est agendé pour 2024 et la remise d’ouvrage entre 2026 et 2027.

Daniela Liengme, associée de Liengme Mechkat Architectes, présente le projet. Les premiers logements seront à disposition en 2026. DR

Bâtiments genevois

LES AIDES POUR LA RÉNOVATION ÉNERGÉTIQUE

Au cours d’une conférence organisée par le festival Alternatiba Léman, des spécialistes ont évoqué quelques pistes pour aller de l’avant dans le processus de rénovation.

Différentes aides sont offertes pour inciter les propriétaires à assainir énergétiquement leur bien immobilier. DR

Parmi les conseils prodigués par Habitat durable (l’association suisse des propriétaires respectueux de l’environnement), l’assainissement énergétique de son bien immobilier figure en pole position des bonnes pratiques. Si tout le monde semble avoir compris l’utilité de cette mesure, dans les faits, nombreux sont ceux qui n’osent pas encore sauter le

Les chiffres

Le faible taux de rénovation énergétique du parc immobilier du canton de Genève, de 0,7%, doit être multiplié par trois à l’horizon 2030, ceci afin d’atteindre les 2,5% décrétés par les objectifs du plan directeur de l’énergie.

pas. Pourtant, avec le nouveau règlement d’application de la loi sur l’énergie (REn), les propriétaires les plus récalcitrants risquent vite de se voir forcer la main. Afin de prévenir plutôt que de guérir, différentes aides ont été présentées lors d’une conférence organisée fin août dans le cadre du festival Alternatiba Léman. Voici les éléments qu’il faut retenir.

Accompagnement de projet

Dans le but de faciliter les démarches et d’améliorer la qualité des projets de rénovation énergétiques, les Services industriels de Genève (SIG) proposent trois types d’assistance à destination des bâtiments résidentiels, collectifs de préférence. La première n’est autre que le programme mutualisé CommuneRénove, initié par plusieurs communes genevoises mais à présent ouvert à tous, qui vise à accompagner les propriétaires et régies dans les toutes premières phases de leur projet. Que ce soit dans la définition de leurs objectifs ou dans l’identification de leurs besoins, workshops et tables rondes permettent d’échanger, d’orienter et de conseiller au mieux chaque porteur de projet. Le tout étant cofinancé par les communes partenaires, les SIG et l’Office cantonal de l’énergie.

Dans la même lignée, les prestations d’assistance à maîtrise d’ouvrage énergie (AMOen) sont un réseau d’experts énergéticiens sur lequel il est possible de s’appuyer, depuis l’avant-projet jusqu’à deux ou trois années après travaux. Leur rôle étant notamment de

maximiser la qualité des projets. Enfin, les prestations à maîtrise d’usage AMU se veulent une approche davantage ciblée usager, servant à lever le frein relationnel qui touche parfois les locataires et les propriétaires lors de travaux lourds de rénovation. «Nous proposons d’optimiser la communication pour faire en sorte que les travaux se déroulent au mieux, par le biais d’ateliers par exemple», décrit Caroline Cacheiro, responsable solution rénovation aux SIG. Ces deux prestations sont pour leur part subventionnées.

Aspects financiers

En ce qui concerne les solutions de financement en cas de rénovation, pléthores d’offres existent sur le marché. Ces dernières années, les banques ont lancé les unes après les autres leur propre hypothèque écologique, rendant le choix finalement plus difficile pour le propriétaire. Parmi elles, la Banque alternative suisse (BAS) a aussi sauté le pas récemment et offre depuis le 1er septembre une hypo -

thèque BAS Climat. A une nuance près que les rénovations de taille importante permettront avec cette offre d’avoir plus de financement que des travaux seulement partiels. «En clair, nous proposons des réductions de taux d’intérêt en fonction de l’ambition du projet», souligne Loïc Ecoffey, responsable financement immobilier à la BAS. De quoi en motiver certains.

Déléguer le pilotage

«Lorsque les normes Minergie se sont imposées dans les projets, au début, les architectes criaient au scandale, que ce n’était plus de l’architecture, et force est de constater que cela est devenu une normalité. Nous allons devoir faire de même avec la rénovation», témoigne Stéphane Fuchs du bureau d’architectes Atba. Selon l’expert, le métier d’architecte serait en train de virer de bord pour se transformer en une sorte de pilote de projets de rénovation. Le présent et surtout l’avenir de la profession selon lui. «Dorénavant, l’architecte va devoir réap -

Le facteur de la rentabilité à l’étude

Afin de mieux comprendre dans quelle aventure un propriétaire se lance avec son projet de rénovation, les Services industriels de Genève (SIG) travaillent à la mise en place des outils dès les phases d’études préliminaires, lorsque l’on évalue plusieurs variantes, pour venir avec une analyse financière concrète qui puisse ainsi compléter les autres arguments d’aide à la décision du mandataire. Les SIG espèrent pouvoir les rendre accessible dès l’an prochain.

prendre les bases de la construction, de l’isolation, du bioclimatique et des matériaux pour aider les clients à trouver les solutions les plus adéquates et les plus économiques en fonction de leurs objectifs énergétiques», conclut-il.

Julie Müller

Le bouleau a été choisi. C’est un arbre à racines très superficielles qui peut donc grandir dans très peu de terre. DR

PROMENADE PUBLIQUE INAUGURÉE À FRONTENEX

L’ensemble locatif Plateau de Frontenex 7 ainsi que ses espaces publics et ses sentiers pédestres ont été inaugurés le 7 septembre. L’occasion pour le célèbre paysagiste Michel Desvigne d’encenser le maître d’ouvrage représenté par la SPG.

Malgré une météo incertaine, il y avait foule pour venir admirer les espaces publics offerts par les propriétaires de l’ensemble locatif Plateau de Frontenex inauguré le mercredi 7 septembre. On parle de trois œuvres d’art (lire encadré) et d’une sorte de mini-forêt composée pour l’instant d’environ 140 bouleaux et de quelques charmes qui séparent les deux barres d’immeubles de sept étages. Comme l’a rappelé Thierry BarbierMueller, administrateur délégué de la Société Privée de Gérance (SPG), pilote de ce projet, «l’aventure a commencé dès 2008. Nous avons jeté aux orties le premier plan localisé de quartier pour

«Sur le chemin de l’espoir» de Barthélémy Toguo. DR

en élaborer un nouveau avec le bureau d’architectes Anderegg-Rinaldi. Ce nouveau PLQ a abouti en quatre ans, grâce au soutien des autorités. Ainsi, les deux immeubles livrés récemment ne sont pas des barres toutes droites et leur densité est conséquente afin d’éviter le mitage du territoire.» Ce sont environ 160 familles (156 très exactement) qui sont logées ici, dans des appartements de 3 et 5 pièces. Sachant qu’un 3 pièces est loué dans une tranche allant de 880 à 950 francs par mois. Rappelons que nous sommes en zone de développement. Ces constructions respectent la norme THPE (très haute performance énergétique). «Les promoteurs que je représente ont tenu à

réinvestir chaque économie dans le projet afin d’obtenir la meilleure qualité», a ajouté Thierry Barbier-Mueller. Cette qualité se reflète dans le soin apporté aux aménagements paysagers. «Il est absurde de se concentrer sur le volume construit et de se désintéresser de son environnement direct, de ses aménagements extérieurs, lesquels sont trop souvent bâclés.»

Une opposition aux arbres

En 2016, la SPG avait organisé un concours privé pour les aménagements extérieurs, lequel a été remporté par le bureau parisien Michel Desvigne. Ce dernier a ensuite collaboré avec les paysagistes romands Denogent, Landers et Pottu & Seitz pour faire aboutir ce qui avait été imaginé. Ce projet devait se poursuivre sur la parcelle adjacente qui appartient à la Ville de Genève. Or, pour l’instant, des voisins ont fait opposition à la plantation des quelque 80 arbres qui devaient s’y développer. Présent pour cette inauguration, Michel Desvigne a remercié à plusieurs reprises le maître d’ouvrage pour sa confiance et

«Œuvres artistiques

Les aménagements extérieurs accueillent les œuvres de trois artistes. Celle de Barthélémy Toguo, Sur le chemin de l’espoir, a été réalisée pour la SPG en étroite collaboration avec Adelina von Fürstenberg, présidente de l’ONG ART for the World et le Studio Nicolas Schneider (pour le moulage en bronze). La deuxième œuvre, celle de Pablo Reinoso, est un banc et une chaise au design végétal arborescent. Elle fait partie de sa série Garabatos (gribouillages), née de la nécessité éprouvée par l’artiste de trouver un nouveau matériau pour transposer à l’extérieur ses bancs et ses chaises au design végétal. Enfin, Vertigo III de Pol Quadens poursuit une série d’objets initiée en 2010. A partir d’un dessin assez simple, le designer belge improvise en fonction du matériau choisi. L’œuvre s’étoffe au fur et à mesure de sa fabrication, à la manière d’une plante.

la complicité qui s’est établie. «Peu de pays au monde existent où l’on peut y exprimer ce goût pour la qualité, s’est réjoui ce dernier. Nous avons ici une cour d’immeubles. Or, l’enjeu était d’imaginer comment un jardin pouvait s’inscrire dans des promenades plus larges. L’espace ici devient un espace public, parcouru par des allées forestières. En résumé, au Plateau de Frontenex 7, c’est l’anti-grand ensemble. Nous avons créé une miniature de forêt, constituée de trois promenades.»

L’exploit a été de planter de vrais arbres sur une dalle qui abrite deux niveaux de parking. «Le bouleau c’est toujours joli, c’est blanc et, en hiver, il laisse passer la lumière pour les habitants. C’est aussi un arbre à racines très superficielles qui peut donc grandir dans très peu de terre. Nous en avons choisi trois variétés différentes pour des questions de reprises et pour limiter les risques en cas de développement de maladies.» Ces arbres de 6 mètres de haut devraient parvenir à mesurer entre 15 et 20 mètres à terme.

Serge Guertchakoff

Ouvert mardi du samedi

Givrins (VD)

DES LOGEMENTS POUR LA CLASSE MOYENNE

Comment permettre aux aînés ou aux jeunes de rester dans leur village? La fondation Equitim a élaboré une solution pour y parvenir. Son dernier projet prévoit la livraison de 24 appartements d’ici au printemps 2024.

Idéalement située à quelques mètres de la gare de la ligne ferroviaire NyonSt-Cergue, bien connue des habitués du Paléo Festival, la parcelle 280 de la petite commune de Givrins (1030 habitants) avait suscité l’intérêt de la Fondation pour le logement d’utilité publique Equitim. Raison pour laquelle celle-ci s’est approchée à l’automne 2017 des autorités communales. La volonté était de pouvoir, dans le cadre de la Loi sur l’aménagement du territoire (LATC), développer 24 logements à loyer accessible ainsi qu’une unité d’accueil pour la petite enfance (UAPE) en droit de superficie. Une déduction du coût d’acquisition de l’UAPE sur la durée du DDP (droit distinct et permanent) permettant à la commune d’en devenir propriétaire à terme. Assez rapidement, soit le 21 mai 2019, le conseil communal de Givrins autorisait la municipalité à créer un DDP sur la parcelle 280. Le 26 août 2019, une promesse de DDP était signée. Le 2 juillet 2020, un dossier de mise à l’enquête était déposé auprès de la municipalité qui a délivré un permis de construire le 21 janvier 2021. Les travaux de construction

ont finalement pu débuter le mardi 10 mai 2022. Et le 8 septembre s’est déroulée la traditionnelle cérémonie de pose de la première pierre en présence de la syndique et députée PLR Regula Zellweger. Daniel Moser, administrateur délégué de la Fondation Equitim, n’a pas manqué de remercier la syndique, ainsi que l’ensemble des autorités. Et de rappeler que ce projet respecte les engagements de la fondation, que ce soit en matière de partenariat ou encore en ce qui concerne les valeurs qu’elle défend, notamment en pouvant y intégrer une UAPE. La syndique a pour sa part relevé qu’il n’avait pas été si simple que cela de faire admettre que ce serait une entité tiers qui allait développer cette parcelle communale. Au final, elle s’est réjouie que les Givrinois puissent bénéficier de ces infrastructures pour y vieillir et que les jeunes du village puissent y résider afin de rester à côté de leur famille.

Le projet

Le projet prévoit quatre bâtiments de six logements chacun, soit 24 appartements en tout. Les bâtiments A, B et C sont en

Pose de la première pierre en présence des enfants.

DR

R+2 et offrent 2 logements par étage, un 2,5 pièces et un 3,5 pièces. Ces trois bâtiments semblables sont orientés différemment afin de couper les vis-à-vis et de profiter de la grande qualité de la parcelle qui offre une vue panoramique sur les Alpes. Le bâtiment D est composé de six duplex 4,5 pièces. Disposés en lanières, ils sont tous orientés vers le sud. L’ensemble des besoins en panneaux photovoltaïques sont concentrés sur ce bâtiment qui est parfaitement exposé sur son pan de toiture sud. Au rez inférieur du bâtiment D se trouve également une UAPE de 350 m2 environ qui accueillera aussi une cantine scolaire. Un parking souterrain de 22 places vient compléter le projet; 21 places de parcs sont également disposées à l’extérieur.

Pour marquer de façon un peu plus créative cette cérémonie symbolique, Equitim a eu l’idée d’associer des enfants de Givrins. Ceux-ci ont pu mettre leur main sur un socle en béton afin d’y laisser leur empreinte, tout comme celle de Regula Zellweger et de Daniel Moser. La dalle en question sera visible au sein de l’UAPE. Serge Guertchakoff

Tournoi inter-régies

PARTICIPATION RECORD POUR LA 16e ÉDITION

Vingt-trois équipes de football et 24 triplettes de pétanque se sont affrontées dans la bonne humeur au Centre sportif des Evaux le 27 août dernier.

Après deux années d’annulation, à cause de la pandémie, l’incontournable tournoi inter-régies a pu se dérouler dans de parfaites conditions le samedi 27 août. Organisé par l’Association professionnelle des gérants et courtiers en immeubles de Genève (APGCI) et par l’USPI Genève, il a eu lieu au Centre sportif des Evaux à Onex (GE) en présence de plus de 500 participants et supporters (record de 2018 battu). A l’exception d’une gardienne de foot de la régie Zimmermann Immobilier qui s’est cassé un poignet, aucune blessure n’est à déplorer. A ce propos, le prix du fairplay a été décerné à l’équipe Bordier & Schmidhauser.

Meilleurs buteur et gardien

Le trophée de la meilleure équipe de foot (5 joueurs, un gardien) avait été remis en 2019 à Naef Holding. Cette année, la So ciété coopérative d’habitation de Genève (SCHG) l’a emporté en finale 2 à 0 face à la SPG. Cette dernière n’a pas démérité puisqu’elle comprend le meilleur buteur (Ferat Kilic) et le meilleur gardien (Fernan do Vieira da Silva). Mais, selon les arbitres,

A droite, la triplette de Bordier & Schmidhauser 2 celui de la pétanque. DR

compter les conjoints et les enfants des collaborateurs internes. Au final, chaque équipe a reçu de la part de Privalia Immobilier, mandaté par le comité d’organisation pour le suivi administratif, un panier de fruits livré le lundi 29 août dans ses

L’IMMOBILIER ET L’ENJEU DES RESSOURCES

Humaines, énergétiques ou matérielles, le secteur du bâtiment subit de plein fouet la pénurie des ressources. Plusieurs experts ont fait le point sur les freins et les solutions qui existent aujourd’hui.

Les spécialistes romands ont débattu lors du Real Estate Meeting (REM) Millennium, à Crissier, au début du mois. DR

La pénurie. Le problème est bien connu de tous, depuis longtemps, mais ses effets se font d’autant plus ressentir ces derniers mois dans le milieu de l’immobilier. Elle concerne la main-d’œuvre, la production d’énergie et les matériaux, un triplé gagnant faisant monter la pression chez les décideurs de la branche qui se sont réunis au début du mois, lors du Real Estate Meeting (REM) Millennium, à Crissier (VD), pour en discuter. L’occasion pour une poignée de spécialistes romands de débattre publiquement des opportunités et des limites liées à la gestion de ces ressources indispensables.

De multiples pistes d’action

La bonne nouvelle, a rappelé Claire Gabarrou, responsable de produit pour le

fournisseur Romande Energie, c’est que des solutions existent pour dépasser ces difficultés, seulement elles peinent à décoller. «Face à l’énergie qui vient à manquer et dont les prix explosent, réduisons les besoins de nos bâtiments en les isolant énergétiquement. Utilisons les technologies à disposition tout en décarbonant les principaux usages (chauffage et mobilité). Enfin, produisons localement cette énergie», précise-t-elle. Plus concrètement, pour Régis Cornaz, directeur commercial chez Steiner, tout l’enjeu pour le secteur se situerait dans le fait d’accroître le taux de rénovation du parc immobilier, encore anecdotique, plutôt que de s’efforcer de passer à tout prix au réemploi. Il serait également judicieux, selon lui, d’avoir une réflexion concernant la réaffectation des zones vides, notam-

ment celles des bureaux. Autrement, dans les pistes à développer, lorsque la construction à neuf est inévitable, celui-ci préconise le bois, afin de pallier le manque croissant de matières premières: «En tant que maître d’ouvrage, nous devons être force de propositions, trouver de nouvelles filières. Malheureusement, pendant des années la construction bois n’intéressait personne. On ne l’a pas mis plus tôt au même niveau que les autres matériaux. Or, j’espère qu’il n’est pas trop tard.»

Pourquoi un tel retard?

N’ayant rien de révolutionnaire, ces solutions font face à des freins qui les dépassent, d’où le peu de résultats observables aujourd’hui. Pour expliquer ce retard dans la mise en marche de solutions, Claire Gabarrou énonce avant tout une question de prise de conscience dans les milieux de l’immobilier: «Typiquement, isoler un immeuble a un coût. Jusqu’à présent l’énergie était abondante et peu chère, alors l’intérêt de l’isolation ne paraissait pas évident auparavant.»

L’équation complexe des propriétaires qui endossent les factures alors que ce sont les locataires qui bénéficient des économies est également problématique à ses yeux et «l’exploration de nouveaux modèles tels que le contracting thermique doit faire son bout de chemin dorénavant», assure l’experte.

Autre frein unanimement reconnu, celui administratif. La spécialiste de Romande Energie résume: «Lorsque l’on mène des projets de rénovation ou autre, le nombre de procédures et d’interlocuteurs est tel que l’on doit s’accrocher pour aller au

La future tour Malley Phare, à Prilly (VD), se veut exemplaire en matière d’optimisation des ressources. DR

Le cas de Malley Phare

Utilisation de bois pour la structure, façades actives en photovoltaïque et mixité des publics cibles: la future tour Malley Phare, à Prilly (VD), se veut exemplaire au vu des défis actuels. Pour arriver à ce résultat, les concepteurs ont proposé une démarche innovante: mener au départ du projet une étude socio-spatiale poussée. «Cela nous a permis d’affiner le programme de A à Z en répondant aux besoins du futur», décrit Hannes Ehrensperger, architecte associé chez CCHE Lausanne. Livrée au printemps 2024, cette construction atypique aura donc une longueur d’avance en ayant d’ores et déjà anticipé cette gestion responsable des ressources.

L’industrie de la construction a toujours fait preuve d’inertie en matière d’innovation

bout. Nous-mêmes, il nous aura fallu dix ans pour sortir de terre une petite centrale électrique, ce n’est plus possible.»

De son côté, Corentin Fiver, professeur en architecture et conception des structures à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), relève quant à lui que d’un point de vue historique, l’industrie de la construction a toujours fait preuve d’une inertie en matière d’innovation. «Il y a une peur du changement, de l’inconnu, du réemploi par exemple. Pourtant, étant donné que le contexte économique est plutôt serein, c’est le moment ou jamais de prendre ce type de risque. C’est un choix, soit on subit, soit on part vers l’inconnu», insiste-t-il.

Un manque cruel d’ouvriers

En réalité, le vrai fond du problème ne se situerait pas dans les mécanismes et outils à adopter mais bel et bien dans la mise en œuvre de ces diverses solutions, et ce, via l’humain. «Certes, pour déclencher ces changements, des métiers et des formations sont créés, mais nous manquons surtout de personnes sur les toits en finalité. Isoler, rénover, réemployer, demande certaines compétences et il faudrait rendre ces métiers plus attractifs aux yeux des jeunes», poursuit Claire Gabarrou. Plus qu’une relève, pour le professeur Corentin Fiver, il s’agirait davantage «de proposer des formations continues pour ne pas attendre la nouvelle génération d’étudiants mais agir dès maintenant, tout au long des carrières, afin que les décideurs soient eux aussi acteurs à part entière de cette nouvelle stratégie durable». Julie Müller

Interview

«LE BIM A DE L'AVENIR»

Alors que les maquettes numériques se démocratisent peu à peu dans la conception de projets, la société genevoise Swissbim tente de les appliquer à présent dans la gestion et la maintenance immobilière.

Révolution pour certains, brassage d’air pour d’autres: le BIM (Modélisation des informations du bâtiment) fait encore et toujours débat mais a su s’imposer au fil du temps dans de nombreux projets immobiliers. Plutôt utilisée jusqu’alors pour la partie conception, cette maquette numérique de bâtiment est en réalité tout aussi utile par la suite, lors de sa phase d’exploitation. C’est du moins ce que défend Dylan Martins, directeur de Swissbim, une société genevoise spécialisée dans les services de conseils et d’accompagnement BIM. Explications.

Qu’est-ce que l’exploitation BIM en quelques mots?

Le BIM possède autant de définitions que de cas d’applications. En ce qui nous concerne, il s’agit de figer un état existant en scannant le bien immobilier de A à Z. Par exemple, prenons un bâtiment construit depuis des dizaines

Le BIM s’impose dans de nombreux projets immobiliers.

STW Architects/Bouygues UK

d’années, où la base documentaire n’est pas forcément fiable. On numérise les informations techniques, administratives ou autre et par la suite, le family office, la régie ainsi que le propriétaire peuvent accéder directement et virtuellement dans la maquette 3D à tous ces éléments en quelques clics.

A quoi cette fameuse maquette leur sert-elle ensuite?

Cette maquette 3D permet à ses utilisateurs de centraliser toutes les informations d’un bâtiment au même endroit et de le gérer de manière continue, voire directe, depuis une simple tablette. Par le biais de cet outil numérique, on peut suivre l’évolution d’un immeuble et intégrer des capteurs afin d’être alerté en cas de panne. Il est possible tout simplement d’extraire des plans très précis ou de faire visualiser un appartement à un plombier qui doit intervenir. On peut également

rentrer les données des locataires en cliquant sur le lieu concerné et mettre à jour facilement les dossiers conservés dans la maquette, etc.

Concrètement, quelle est la plusvalue pour les exploitants et les propriétaires?

Cela représente un coût, mais le jeu en vaut la chandelle, notamment pour trois raisons. Lors de la vente du bien tout d’abord, puisque souvent les surfaces sont calculées avec approximation alors que cela peut avoir un impact non négligeable sur le prix de vente. Pour notre maquette, nous calculons les surfaces au centimètre carré près. Une véracité des surfaces qui peut aussi s’avérer utile dans l’entretien des bâtiments. Enfin, avant d’entamer un processus de restructuration (transformation de bureaux en logements) ou de rénovation, il est judicieux de pouvoir d’abord faire état de l’existant.

En termes d’économies d’énergie, sujet qui agite la toile actuellement, estce que votre solution est profitable?

Tout à fait, les possibilités sont multiples. Il suffit par exemple d’installer des thermostats dans les différentes pièces, de les relier à la maquette pour que l’exploitant ait une vision numérique des espaces et puisse, le cas échéant, intervenir sur une pièce surchauffée ou inoccupée. Un contrôle de ce genre est complexe à distance, nous répondons donc à un réel besoin.

Justement, la demande est-elle au rendez-vous pour ce type de services?

Aujourd’hui, les avantages du BIM dans la partie conception ne sont plus à prouver. De plus en plus de projets démarrent de cette manière et bien que

ça n’ait pas toujours été facile de l’imposer, le BIM est bien en place à présent, le marché a statué dessus. Pour preuve, les acteurs se multiplient, les ingénieurs, les architectes et même l’Etat de Genève s’y met. Mieux encore, désormais, avec une simple suite autodesk (un logiciel), tout le monde peut se former à l’utiliser et proposer de la conception BIM. Là où les lignes bougent et où l'on observe un nouveau développement, c’est dans la partie suivi d’exécution (sur le chantier) et finalement l’exploitation, où nous sommes encore très peu, et où la demande se fait plus rare aussi. Sur l’année écoulée, nous avons dirigé entre 15 et 20 gestions de projet, allant de l’ensemble de villas à l’institution, en passant par un data center à Gland. Etonnamment, alors qu’il y a une guerre des coûts, nous sommes encore très peu sollicités par des régies.

Comment expliquez-vous cette réticence de la part des régies immobilières?

Malheureusement, l’exploitation BIM est

«Etonnamment, alors qu’il y a une guerre des coûts, nous sommes encore très peu sollicités par des régies»
Dylan Martins, directeur de Swissbim

encore méconnue et puis il faut surtout convaincre le client final: le propriétaire, et les régies sont bien souvent ellesmêmes prises en étau. Il est vrai que le retour sur investissement est encore difficile à chiffrer bien que nous ayons matière à convaincre.

Ne craignez-vous pas que les choses restent bloquées ainsi?

Non et heureusement! J’ai bon espoir que cela se débloque rapidement car rien que sur les quelques projets que l’on a en exploitation, les retours sont excellents. Tout comme les banques auparavant (Lombard Odier, Pictet), ou les institutions que nous gérons comme le Centre médical universitaire (CMU), il suffit qu’un premier paquebot se risque en premier, brise la glace, et les autres suivront. Pour le moment, nous sommes majoritairement présents dans les cantons de Genève et Vaud mais nous voyons déjà plus loin. Pour la suite, il n’y a aucun doute que l’exploitation BIM a de l’avenir.

Propos recueillis par Julie Müller

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Jubilé

«L’ÉNERGIE QUE JE METTAIS

DANS LE SPORT, JE LA METS

DANS L’IMMOBILIER»

Après avoir exercé une carrière de footballeur, Robin Crisinel relève depuis vingt et un ans des défis à la tête de Duboux Immobilier. Notre récit alors que la régie vaudoise vient de célébrer son 70e anniversaire.

Robin Crisinel dit adorer les défis. DR

«Je ne connaissais rien à l’immobilier», avoue faussement candide le très sympathique Robin Crisinel. Il est vrai que cet ancien dessinateur en génie civil passait son temps sur les terrains de football de Suisse. Jusqu’en 2001, il défendait les buts, successivement, de Lausanne-Sports, Renens, Sion ou encore Yverdon. Une carrière qui aurait sans doute pu encore se prolonger autour du ballon rond s’il n’avait pas subi autant de blessures dans sa carrière: 15 fractures et deux prothèses de hanche. «L’énergie que je mettais dans le sport, je la mets dans l’immobilier», nous confie-t-il dans les vastes et modernes locaux de la rue du Petit-Chêne à Lausanne. Il entre chez Duboux Immobilier le 1er avril 2001, après avoir sympathisé avec Pierre Duboux, représentant la troisième génération à la tête de cette régie fondée en 1952 par Georges Duboux (lire encadré). «Quand je suis arrivé, Jacques Duboux entrait encore toutes les données à la main. Il n’était pas convaincu de l’utilité de l’ordinateur», se souvient, amusé, Robin Crisinel. C’est grâce à son fils, Pierre Duboux, que Robin entame une nouvelle formation et décroche le brevet de gérant, puis le diplôme d’administrateur de biens. Depuis 2007, il enseigne d’ailleurs pour l'obtention du brevet fédéral.

Feuille blanche

Assez rapidement, Robin Crisinel se retrouve avec les rênes de la PME familiale en mains. «J’ai pu prendre une feuille blanche et tout remettre à plat.» Dès 2003, Pierre Duboux va se consacrer à

Serge Guertchakoff ses autres activités. «Pour tourner la page symboliquement et disposer de davantage d’espace, nous avons déménagé à l’avenue Georgette sur 280 m2 et sommes passés de moins de dix personnes à 22, avant de devoir à nouveau déménager en 2019 à notre emplacement actuel, sur près de 500 m2.» Duboux Immobilier emploie actuellement un peu plus de 40 personnes en tout et son dirigeant annonce que «nous serons vite à 60».

Il faut dire que la gestion de PPE a grandi. A tel point que la société va créer dès le 1er octobre prochain un service dédié à la PPE, ce alors que de nombreux acteurs renoncent à cette activité chro -

nophage. Pas évident de trouver des collaboratrices et collaborateurs prêts à sacrifier leurs soirées pour aller gérer les assemblées générales de copropriétaires. Le secteur qui leur a permis de se développer le plus ces dernières années n’est autre que la gérance pour le compte de fonds immobiliers. Aujourd’hui, la gérance représente environ 97 millions de francs d’encaissements. Pour le courtage, Duboux Immobilier emploie désormais quatre employés. «J’adore les défis, cela étant, le jour où je déciderai d’arrêter, je tournerai complètement la page», annonce Robin Crisinel. Pour le moment, alors que la société célèbre son 70e anniversaire, l’heure est aux réjouissances: «Dans nos revenus, le poste consacré aux honoraires de gestion augmente d’environ 10% chaque année.» Pas étonnant qu’il ait le sourire.

Les premières années

«Quand je suis arrivé, Jacques Duboux entrait encore toutes les données à la main»
Robin Crisinel, CEO de Duboux Immobilier

Ancien banquier du Crédit foncier vaudois, Georges Duboux, accompagné de son fils Jacques, créent en 1952 la régie qui porte leur nom. Ces derniers ont profité de leur excellent réseau, notamment parmi les commerçants, pour développer diverses activités, dont la remise de commerce. Dans cette période des Trente Glorieuses de l’après-guerre, la croissance était au rendez-vous. Peu à peu, la régie a étendu ses activités. En 1962, la gérance devient prépondérante, tandis que le courtage et la promotion constituent encore des activités marginales. Pierre Duboux, 64 ans, l’actuel représentant de la famille au sein du conseil d’administration, arrive en 1982. Dès 2002, il reprend la présidence du comité de direction. Arrivé en 2001 comme simple gérant d’immeubles, Robin Crisinel va devenir dès 2003, directeur, puis associé en 2005. Aujourd’hui, c’est lui qui dirige Duboux Immobilier. C’est sous son égide qu’une extension géographique est intervenue dès 2005: tout d’abord avec un bureau à la Tour-de-Peilz, puis en 2012 à Nyon et à Genève.

La fête au siège de la régie à Lausanne. DR

Hôtellerie

«NOUS AVONS TOUJOURS ÉTÉ CONFRONTÉS À DES CRISES»

Robert P. Herr a repris les rênes de l’hôtel Beau-Rivage en septembre 2021. De nombreux travaux sont prévus afin de doter le plus ancien palace genevois d’un spa et de la plus grande terrasse hôtelière de Genève.

Voilà un peu plus d’une année que l’hôtel Beau-Rivage de Genève nommait son nouveau directeur général en la personne de Robert P. Herr, venu du Bürgenstock Resort de Lucerne. Ce changement marquait la volonté des nouveaux propriétaires d’origine espagnole, la famille Casacuberta*, de redonner la splendeur d’antan au mythique palace genevois. Interview.

Vous avez repris la direction du Beau-Rivage Genève il y a un peu plus d’une année. Quelle impulsion allez-vous lui donner?

Les propriétaires ont une vision à long terme. Ils veulent le transformer et le positionner pour le futur. J’ai l’opportunité de mettre beaucoup de nouvelles choses en place notamment les travaux de rénovation que nous allons entreprendre dès l’année prochaine.

A quel point la famille Casacuberta est-elle impliquée dans la gestion de l’hôtel?

Nous échangeons beaucoup sur la stratégie. Toutefois, ils sont impliqués dans le développement immobilier mais pas dans la gestion opérationnelle quotidienne.

En chiffres

Prix des chambres de 650 à 1300 francs Prix d’une suite de 2000 à 15’000 francs

Nombre de collaborateurs entre 120 et 130

Durée des travaux de fin 2023 à 2025

Le Beau-Rivage prévoit de nombreux travaux et transformations. Pouvez-vous nous donner quelques détails sur ce qui va concrètement changer?

Les 5e et 6e étages ont déjà été rénovés par la famille Mayer, les anciens propriétaires du Beau-Rivage, avant la pandémie. Dès l’année prochaine, nous rénoverons les autres étages et nous transformerons les terrasses du premier pour agrandir l’espace de restauration à la carte. Nous allons revenir à ce qu’était le Beau-Rivage d’antan, soit un palace avec la plus grande terrasse hotelière avec vue sur le lac à Genève. Au rez-dechaussée, nous ajouterons un spa.

L'établissement a une histoire et des clients de prestige. Quelle est sa particularité justement?

Son emplacement, son histoire aussi. Le traité de Tchécoslovaquie a été signé ici.

Une volonté de redonner la splendeur d’antan au mythique palace. DR

Celle – triste – de l’impératrice Sissi qui est décédée dans l’hôtel (le 10 septembre 1898). Le fait que le Beau-Rivage ait toujours été détenu par une famille en fait aussi sa particularité.

Quel genre de clientèle avez-vous aujourd’hui?

Les Suisses représentent environ 20% de notre clientèle. Pour le restaurant, nous dépendons principalement de la clientèle locale. Ensuite nous avons la clientèle du Moyen-Orient, des Etats-Unis, de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni. Les Russes représentaient aussi une certaine part de notre clientèle que nous avons perdue depuis la guerre mais que nous avons remplacée par d’autres nationalités.

Etes-vous retourné aux chiffres d’avant pandémie?

Le premier trimestre a été compliqué, il y avait encore le Covid et des salons qui ont été annulés. Mais depuis le deuxième trimestre, nous faisons des meilleurs chiffres qu’en 2019.

Qu’est ce qui manque à Genève pour en faire une destination touristique de choix?

Beaucoup d’acteurs – hôtels, office du tourisme, compagnies aériennes, sociétés événementielles, la ville – doivent se réunir pour faire de Genève une destination de loisirs et non pas seulement une destination d’affaires. On devrait créer plus d’événements culturels par exemple.

Est-ce qu’il n’y a pas trop d’hôtels cinq étoiles à Genève?

Dès le moment qu’un hôtel apporte quelque chose de différent à la destination Genève, ce n’est pas un problème selon moi.

Quelles sont les plus grandes difficultés pour un hôtelier aujourd’hui?

Cela fait trente ans que je travaille dans l’hôtellerie. J’ai toujours été confronté à de nombreux challenges et à des crises. Nous les enchaînons depuis le 11 septembre 2001 et avant cela il y avait encore la guerre en Irak. Depuis deux ans, nous avons dû gérer les conséquences du Covid, puis de la guerre en Ukraine, de la crise énergétique et de la pénurie de

«Nous avons prévu des rénovations avec des améliorations au niveau énergétique»
Robert

P. Herr, directeur général. Beau Rivage

main-d’œuvre dans notre secteur. Ces crises ne sont finalement pas pires que celles d’avant.

En parlant de la crise énergétique. Comment vous préparez-vous à cela?

Pour nos travaux à long terme, nous avons prévu des rénovations avec des améliorations au niveau énergétique. A court terme, nous travaillons dessus. Nous avons cependant toujours fait attention à l’électricité, même si au niveau du chauffage et de la climatisation c’est

difficile de les économiser. On pourrait peut-être réduire la température la nuit. Mais pour être très franc, on ne peut pas réduire notre consommation de 50% du jour au lendemain.

Le secteur hôtelier souffre d’une pénurie de main-d’œuvre. Comment y remédier?

C’est une histoire de leadership. Nous devons nous rendre compte que les employés du secteur hôtelier veulent mener une carrière de manière différente aujourd’hui. Les jeunes ont d’autres valeurs, ils ne sont plus focalisés uniquement sur le travail. Nous devons nous adapter à cela en offrant des solutions qui conviennent à tout le monde. Par exemple, il faut changer les horaires de travail de nos collaborateurs.

Quel est le plus grand challenge des hôteliers?

Gérer le court terme, avec les crises, mais ne jamais perdre la vision à long terme. Quand un hôtel est détenu par des investisseurs, leur vision est souvent à court terme, ceci peut compliquer la gestion.

Quel est le plus beau compliment que l’on vous ait fait en tant qu’hôtelier?

Difficile à dire. Les compliments, ce sont surtout les retours positifs des clients sur les services rendus de nos collaborateurs. Propos recueillis par Chantal de Senger

* La famille Casacuberta est également propriétaire de Fraser Suites à la rue de la Rôtisserie (GE) ainsi que de plusieurs hôtels à Madrid et Barcelone.

Nominations

Voici une sélection des principales nominations dont la rédaction a eu connaissance.

FRANK MARTI

Bory & Cie SA

Au 1er septembre 2022, Frank Marti a rejoint Bory & Cie SA en tant que directeur de l'innovation. A ce titre, il est membre du comité de direction. Il chapeaute également les évolutions informatiques de la maison. Après plusieurs années passées dans le monde de la recherche, où il obtiendra un doctorat en physique, Frank Marti a entamé une carrière de plus de vingt ans dans le développement informatique de solutions bancaires principalement comme responsable de services IT.

WOLFGANG STIEBELLEHNER

Livit

Andreas Ingold, CEO de Livit depuis 2008, quittera son poste fin septembre 2022 pour rejoindre le conseil d’administration. L’actuel directeur d’exploitation Wolfgang Stiebellehner, 57 ans, arrivé chez Livit en 2014, reprendra la direction de l’entreprise à compter du 1er octobre. Livit est une entreprise suisse active de longue date dans le Real Estate Management, devenue filiale à 100% du groupe Swiss Life en 1999.

TERESA ASTORINA

Immowise

Immowise se développe et étend ses services en Suisse alémanique. Pour soutenir son développement, la proptech dédiée à 100% à la gestion des assemblées générales de copropriétés en Suisse nomme Teresa Astorina en tant que directrice pour la Suisse, basée

QUALITÉ ET

LE CHOIX DES GRANDES MARQUES

dans la région de Zurich. Experte en immobilier, secteur dans lequel elle évolue depuis plus de vingt-cinq ans, elle prend la direction de la Proptech avec l’objectif affirmé de convertir au digital l’administration des PPE sur l’ensemble de la Suisse. En ouvrant un bureau à Zurich, Immowise entend apporter une solution aux régies, copropriétés auto-gérées ou encore administrateurs indépendants de la région, pour simplifier et alléger la charge de travail avec une plateforme qui a fait ses preuves en Suisse romande.

LADA UMSTÄTTER

Haute école d’art et de design

Lada Umstätter a été nommée directrice de la Haute école d’art et de design –Genève (HEAD), l’une des six écoles de la HES-SO Genève, qui dispensent toutes des formations de niveau universitaire. Actuellement conservatrice en chef des beaux-arts au sein du Musée d’art et d’histoire de Genève (MAH), cette personnalité au charisme mobilisateur, dynamique et dotée d’une solide expérience académique et muséale, endossera ses nouvelles fonctions le 1er janvier 2023. Agée de 51 ans, elle succèdera à Jean-Pierre Greff qui prendra sa retraite fin décembre 2022. Forte de quelque 800 étudiantes et étudiants, la HEAD dispense des formations de niveau Bachelor et Master dans les domaines des Arts visuels, du Cinéma, du Design d’espace, de la Communication visuelle et du Design mode, bijoux et accessoires.

FABIAN HOTZ

HRS

HRS Holding AG a élu l’entrepreneur zougois Fabian Hotz au Conseil d’administration afin de poursuivre l’exploitation des potentiels de la numérisation. Dès le 21 juin 2022, Fabian Hotz a remplacé Arthur Wettstein, qui a quitté ses fonctions après onze ans. Avec cette nouvelle nomination, le Conseil d’administration accroît ses compétences dans le domaine de la numérisation et du marketing. Fabian Hotz apporte sa grande expérience dans les domaines de la transformation numérique et du développement commercial axé sur le marketing. L’entreprise, dont le siège se trouve à Frauenfeld, est l’un des principaux prestataires de services immobiliers suisses et est représentée par 400 collaborateurs répartis sur 15 sites en Suisse.

Vous pouvez nous envoyer celles qui concernent votre structure à l'adresse: serge.guertchakoff@immobilier.ch

130 e Revue genevoise

QUE LE SHOW COMMENCE!

En attendant son lever de rideau le 13 octobre, le spectacle satirique de la rentrée genevoise a tenu à faire saliver son public en annonçant quelques nouveautés.

Rares sont les lieux où l’on peut encore rire de tout, avec tout le monde. Véritable spectacle comique alliant les codes de la comédie musicale, du théâtre mais aussi du cabaret, la Revue genevoise termine ce mois-ci les derniers arrangements avant sa grande première qui se tiendra le 13 octobre prochain au Casino-Théâtre de Genève. Un show unique et exigeant, ceci dès l’écriture des sketchs qui dé -

bute au mois de mars. Pour cette 130e édition, l’auteure metteuse en scène et comédienne Claude-Inga Barbey s’est attelée, aux côtés de Laurent Deshusses (au centre de la photo), à décortiquer une actualité pour le moins fournie. «C’est une sorte de jeu où l’on doit essayer d’être malin et deviner quels sujets vont pouvoir perdurer dans le temps. Il y a des événements sur lesquels on peut s’appuyer, tels que la Coupe du monde de football, et puis parfois il faut prendre des risques et écrire pour rien, lorsque quelque chose se produit mais se dégonfle aussitôt», témoigne l’artiste. Autre source de matière inépuisable et incontournable: la politique. Et pour une fois, «les politiciens genevois ont œuvré à alimenter notre

moulin», plaisante l’équipe qui réalise un tri final des textes courant juillet.

Bien que gardée soigneusement sous cloche, cette fameuse liste des thématiques promet néanmoins d’être plus axée «grand public», selon l’un des producteurs de la Revue, Anthony Disner. Le but étant d’élargir la cible et de moderniser cette institution plus que centenaire d’ici à 2025. Davantage «sociétaux», les thèmes abordés traiteront ainsi de mouvements tels que le wokisme. De même, pour présenter la Revue, l’accent sera mis à l’avenir sur une communication 2.0, moins concentrée sur le traditionnel affichage public mais plus sur les réseaux sociaux. Enfin, la Revue figure à un tournant de son histoire et cherche à présent à promouvoir la relève.

Sachant qu’un tel show couvre environ une quarantaine de métiers (pour certains en manque de main-d’œuvre), pour chaque poste, un senior travaillera dorénavant en partenariat avec un junior pour «un rajeunissement global des talents d’ici deux ou trois ans», souligne le producteur.

80 représentations agendées

Pleine d’ambition et assise sur un total de 21’000 spectateurs réunis en salle l’an dernier, cette 130e Revue genevoise espère donc à nouveau rencontrer le succès en promettant un renouveau certain. Pour en découvrir les contours sur scène, la billetterie est ouverte depuis le 1er septembre afin de réserver l’une des 80 représentations agendées. Julie Müller

MIELE – FORS LIEBHERR – SUB-ZERO – GAGGENAU SIEMENS – DE DIETRICH – BAUKNECHT – ZUG Rue Eugène-Marziano 23 A – 1227 Les Acacias/Genève Tél. +41 22 3OO 58 58 – info@philippemarechal.ch www.philippemarechal.ch

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Aujourd’hui, 70% des déchets produits en Suisse sont des déchets de chantier.

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