



« Y a-t-il une différence entre le bonheur et la paix intérieure ? Oui.
Le bonheur dépend de la perception positive des circonstances ; la paix intérieure, non. »

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« Y a-t-il une différence entre le bonheur et la paix intérieure ? Oui.
Le bonheur dépend de la perception positive des circonstances ; la paix intérieure, non. »


L'esprit et l'âme, leur pouvoir et leurs sphères d'influence L'esprit et l'âme, leur pouvoir
e nombreux élèves m'interrogent sur l'importance de l'esprit et sur son pouvoir réel dans un parcours personnel et spirituel. Tout ou rien ! Ces grandes questions n'ont pas de réponses simples et doivent, avant d'être abordées, être replacées dans un contexte plus large.
L'esprit est une découverte de la conscience d'être et un outil doté d'une base et d'un support biologiques (et pas le cerveau !). Si nous observons le processus évolutif, nous comprendrons le sens de son apparition et les phases de la polarisation. La Terre, mère de tout ce qui s’y trouve, co-créatrice avec le Ciel de toutes choses, a traversé trois grandes phases évolutives.
À savoir : la lithogenèse (création de la structure solide et du support de base), la biogenèse (apparition de la vie) , la noogenèse (apparition de la conscience) . Ce processus indique une tendance d’abord vers le mouvement, la transformation vers la complexité, l’individuation (polarisation, multiplicité des formes), et enfin la conscience d’un être différencié. Nous, les humains, sommes en quelque sorte « les fruits » de l’évolution de la planète et sa graine.
La conscience végétale, qui existe, est très limitée à l’automatisme ; ensuite, la conscience animale acquiert un niveau supérieur, mais avec de solides bases préprogrammées (inst ) et enfin, l’homme apparaît dans le programme évolutif en héritant des précédents, mais en tant que support d’une conscience d’un être clairement différencié. La noogenèse implique donc un saut substantiel dans l’évolution de la matière, celle-ci acquérant pour la première fois la capacité d’être consciente d’ellemême et d’une séparation apparente. C’est à travers les humains que l’Univers se contemple pour la première fois.
L'apparition de la conscience est donc la cause et la mère de l'esprit, son meilleur outil pour interpréter la réalité. C'est une découverte magnifique, mais elle est limitée par nature en raison de son système de création en couches. Les humains possèdent un cerveau primitif, sur lequel se créent de nouvelles couches, jusqu'à sa dernière couche, le cerveau préfrontal qui permet la capacité logique et analytique. Toutes ces couches sont interconnectées et traitent l'information de manière complexe, de sorte que nous sommes à la fois des animaux et des humains, des végétaux et des humains, et que nous possédons dans notre corps les minéraux qui ont formé la Terre elle-même.
L'être humain est un condensé complexe de toute la séquence évolutive, le son produit final, le sommet de la chaîne alimentaire, et c'est dans notre cerveau que réside sa plus grande distinction, et que se produit la plus grande consommation d'énergie de tout le corps.
L'esprit est un ensemble fonctionnel fondé sur une structure biologique déterminante, mais il possède un aspect plus subtil ; celui-ci est lié à sa partie invisible ou spirituelle et renvoie à sa vibration au niveau quantique. Une voiture est une voiture, mais même s'il s'agit du même modèle, elle se comportera différemment au volant, simplement en raison de la couleur de sa carrosserie. Les assureurs le savent bien et ne considèrent pas de la même manière une voiture rouge et une voiture blanche. Nous avons donc dans l’esprit des déterminants structurels et fonctionnels, des déterminants héréditaires et acquis, ainsi que ceux résultant de son propre état vibratoire et changeant, fréquence, positivité ou négativité, excès ou défaut, expansion ou contraction, etc. Vouloir produire des changements substantiels chez une personne en ignorant tout cela, c’est comme vouloir attaquer un lion à coups de pets.
L’esprit à lui seul, l’uubo, ou chakra mental, contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, génère une faible tension. Il est trop changeant et malléable par nécessité évolutive pour maintenir une tension continue. C’est pourquoi on dit que « les paroles s’envolent avec le vent » ou que « l’enfer est pavé de bonnes intentions » .
L’esprit articule, analyse et décide aussi, et principalement, en fonction de toutes ces limitations, et enfin en fonction de l’état fréquentiel et vibratoire dans lequel se trouve l’être.



L'esprit et l'âme, leur pouvoir et leurs sphères d'influence
L'esprit et l'âme, leur pouvoir et leurs sphères d'influence
En analysant l’histoire de la planète, nous pouvons conclure que les directions de l’évolution sont : vers l’avant, vers le haut, vers l’intérieur et vers le tout. Vers l’avant, même les premiers êtres à la recherche de leur nourriture ont créé à l’avant leurs mécanismes perceptifs, leurs yeux, etc. …). Vers le haut, l’histoire de l’évolution est celle du soulèvement du sol, d’abord pour pouvoir se déplacer (plantes contre animaux), puis, après avoir nagé, ils ont commencé à ramper sur la terre (amphibiens), pour ensuite marcher à quatre pattes et enfin se tenir debout sur deux, stabilisant ainsi leur axe cielterre (colonne vertébrale-antenne). Vers l’intérieur, l’être prend conscience de lui-même (il y a là aussi des niveaux), conscience de ses différences et de ses particularités, ainsi que de sa place dans le monde. Enfin, vers le tout : chaque être en particulier fait l’expérience de sa finitude et, par conséquent, de son retour à l’origine, laissant sa partie physique sur terre et libérant son esprit vers une nouvelle renaissance en tant qu’énergie plus ou moins consciente. Au-delà de cela , une fois évolué, l’être humain, en entrant dans la phase quatre, commence à tourner sa conscience vers son origine essentielle, comprenant qu’il est une goutte dans l’océan, s’identifiant chaque jour davantage à sa partie immortelle, séparant le corps de l’esprit, commençant à percevoir chaque jour davantage le phénomène vital, du spirituel vers le matériel. Ces orientations sont gravées à jamais dans notre décor (la nature) et dans notre ADN. L’état et les conditions dans lesquels elles s’exécutent sont des éléments changeants et cycliques, liés à des questions d’une plus grande ampleur et importance dans la vie de chaque individu : l’esprit, le but, l’évolution, etc.
Lorsque l’on agit sur l’essence, tout change : « Celui qui peut avec beaucoup, peut avec peu », comme le dit le proverbe ; d’où les changements significatifs que nous observons après les rites de passage, ou lors des retraites spirituelles, « ashikoro », que nous organisons à l’ebunto, car dans ces derniers, les changements agissent au niveau quantique, modifiant la vibration de la structure essentielle de l’être. L’esprit du sujet changera en conséquence, et non pas en tant que facteur de transformation de base, créant l’occasion de voir les choses différemment en modifiant la couleur et l’état vibratoire de son être, c’est-à-dire les piliers de son identité à la fois structurelle et fonctionnelle.
Le pouvoir de l’esprit, aussi grand soit-il, se circonscrit et se limite à son état opérationnel, ainsi qu’à ses outils acquis, et tend à agir davantage dans son domaine naturel d’action (les pensées) .
Si l'état du corps énergétique et tensionnel est positif, l'esprit aura tendance à interpréter correctement les informations et à prendre les décisions les plus justes. Dans le cas contraire, il est normal de mal interpréter les choses et de prendre des décisions inappropriées. Si l'on ajoute à cela le fait que nous attirons ce que nous émettons (le semblable s'associe au semblable sur un même plan), en agissant sur l'état vibratoire essentiel du corps spirituel et ionnel, nous créons toutes les conditions pour que la vie s’écoule dans son cours naturel et positif, encadrée bien sûr par le cadre du scénario et les besoins personnels de cet esprit en particulier, qui vit une vie matérielle faite de réajustements, d’objectifs à atteindre et de destin.
L’esprit est un outil qui nous permet d’analyser le milieu et de prendre des décisions ; son pouvoir réside dans ce domaine, car il nous donne la capacité de choisir et de nous positionner face aux de notre vie, en générant des conséquences, en attirant et en repoussant des choses, des situations et des expériences. Compte tenu de sa composition et de son sens, ses possibilités d’influencer et de transformer nos vies sont limitées. Bien que ses capacités soient essentielles, l’esprit ne peut être abordé de manière définitive uniquement en lui-même, sans tenir compte de sa nature d’outil au service de quelque chose de supérieur auquel il appartient et auquel il répond : l’esprit.
« Si l'état du corps énergétique et tensionnel est positif, l'esprit aura tendance à interpréter correctement les informations et à prendre les décisions les plus justes.
« Si l'état du corps énergétique et tensionnel est positif, l'esprit aura tendance à interpréter correctement les informations et à prendre les décisions les plus justes.
Dans le cas contraire, il est normal de mal interpréter les choses et de prendre des décisions inappropriées. »
Dans le cas contraire, il est normal de mal interpréter les choses et de prendre des décisions inappropriées. »



NORRIS,
Lorsque Bruce Lee a rencontré John Benn, le parrain mafieux de « La Fureur du Dragon », il lui a dit : « John, je ne te rendrai pas riche avec ce film, mais je te rendrai célèbre… » Effectivement, personne n’est devenu riche grâce à lui, mais grâce à la renommée et à la reconnaissance acquises à ses côtés, ils ont vécu de leurs « revenus » pendant des années, du moins la grande majorité de ceux qui ont eu la « chance » de croiser son chemin ; Chuck Norris n’a sans doute pas fait exception… Indéniablement « Opération Dragon » est le classique par excellence du cinéma d’arts martiaux, mais le meilleur combat de ce genre dans l’histoire du septième art est celui qui oppose Bruce Lee à Chuck Norris au Colisée de Rome dans « La Fureur du Dragon ». Ce n’est pas pour rien qu’il a été qualifié à l’époque de combat du siècle, et en effet, il l’était et l’est toujours, car jusqu’à ce jour, il n’a été surpassé dans aucun autre film, alors qu’il a été tourné il y a plus de 40 ans…
Après la mort de Bruce Lee, le trône du « roi des arts martiaux » est resté vacant ; il semblait qu’aucun Asiatique n’avait suffisamment de talent pour l’occuper. Hollywood a donc cherché une alternative, logiquement, le seul Occidental ayant la renommée et les compétences martiales pour l’occuper à cette époque était Chuck Norris. Le premier acteur occidental du cinéma dit « d’arts martiaux » qui a ouvert la voie à Hollywood, que d’autres acteurs suivraient des années plus tard, tels que Steven Seagal, Jean-Claude Van Damme, Jeff Speakman, Wesley Snipes, etc. Chuck Norris, anticipant le déclin du cinéma d'arts martiaux, a d'abord triomphé en Amérique du Nord, puis dans le reste du monde avec Walker, Texas Ranger, une série télévisée composée de trois épisodes pilotes de 90 minutes et de 200 épisodes de 45 minutes, dans laquelle figuraient de grandes stars et des experts en arts martiaux.

« Deux grands qui nous ont quittés ! Que cet article serve d’hommage à ces deux individus extraordinaires qui ont marqué
l’histoire des arts martiaux modernes »

« Bruce Lee a sans aucun doute été le pionnier du Full Contact, il a été le premier à utiliser des gants et des protections, à une époque où l’Amérique ne connaissait que le karaté »

C'est sans aucun doute Bruce Lee qui a offert à Chuck Norris l'opportunité de faire son entrée au septième art, une occasion qu'il n'a pas manquée. Grâce à ses choix judicieux et à la chance, il est peut-être l'acteur le plus respecté du cinéma , du moins en Amérique du Nord où il est une véritable institution, mais comment est née l’amitié entre Bruce Lee et Chuck Norris ?
« J’ai rencontré Bruce Lee en 1968, à New York, lors du All American Grand Championship qui se déroulait au Madison Square Garden. Je participais à la compétition et lui était une célébrité. Quand j’ai gagné, le promoteur m’a présenté à Bruce Lee. Même si je savais qui il était et qu’il m’avait vu lors de tournois, nous n’avions pas eu l’occasion de nous rencontrer en personne. Je l’avais vu lors de sa grande démonstration au championnat international de Long Beach en 1964 et je connaissais son travail d’acteur dans la série télévisée Green Hornet. Bruce m’a félicité, reconnaissant à quel point il avait été difficile de battre Joe Lewis en finale du championnat. Nous avons discuté amicalement et découvert que nous logions dans le même hôtel. Je combattais depuis 10 h et il était 23 h, j’étais très fatigué mais cela faisait longtemps que je voulais le rencontrer. Nous avons donc commencé à discuter et à échanger nos philosophies et nos techniques, puis nous avons pris un taxi ensemble, nous étions vraiment pris par la conversation. Nous sommes arrivés à l’ascenseur et nous nous sommes arrêtés à son étage, il était au 7e et moi au 9e, et nous continuions à parler, alors je suis sorti de l’ascenseur et je me suis arrêté dans le couloir. Il était presque minuit et, l’instant d’après, j’avais enlevé ma veste et on a commencé à s’entraîner. Je te jure que la fois suivante où j’ai regardé ma montre, il était 7 h du matin. Bruce était tellement dynamique que j’ai eu l’impression que ça n’avait duré que vingt minutes. C’était incroyable que personne n’ait appelé la sécurité de l’hôtel pour se plaindre de deux fous faisant des mouvements bizarres dans le couloir. Je n’en croyais pas mes yeux : j’avais un vol de retour pour Los Angeles dans deux heures. « Peu importe », a dit Bruce « quand on sera de retour, on s’entraînera ensemble ». Peu de temps après, il m’a invité à m’entraîner dans son jardin à Culver City, en Californie. Bruce avait tout un équipement dans son jardin, y compris un mannequin en bois qu’il avait fabriqué lui-même, un poteau recouvert de paille pour s’entraîner aux coups, des gilets de protection et des gants de boxe. Nous nous entraînions deux fois par semaine, trois à quatre heures par séance, et cela pendant deux ans. Bruce m’a enseigné certaines de ses techniques de kung-fu et je lui ai montré quelques coups de pied hauts du taekwondo. Une anecdote significative est que lorsque Bruce et moi avons commencé à nous entraîner ensemble, il ne donnait pas de coups de pied hauts ; ses concepts reposaient sur des coups sous la hanche, c'est pourquoi je lui ai appris à donner une certaine hauteur à ses coups. C'est moi qui lui ai appris à donner des coups de pied hauts. Il estimait qu'un coup de pied à la tête équivalait à un coup de poing aux jambes, ce qui n'est pas illogique, et c'est sur ce principe qu'il basait son travail de jambes en Jeet Kune Do ; mais je lui ai dit qu'il fallait avoir la maîtrise suffisante pour frapper n'importe où, et ainsi, je lui ai enseigné les coups de pied hauts, en rotation, etc., et bien sûr, il a appris très vite ! Il avait un don particulier pour apprendre et assimiler. En moins de six mois, il savait exécuter ces coups de pied aussi bien que moi et les a ajoutés à son répertoire avec une efficacité redoutable. Je pense que la grande polyvalence des appareils d’entraînement dont il disposait y contribuait énormément. Dans ce domaine, il avait des années d’avance sur nous tous, sans compter que Bruce était extrêmement compétent et sage en arts martiaux, et, à poids égal, l’un des hommes les plus forts que j’aie jamais connus. »
Chuck Norris garde de bons souvenirs de ces années d’entraînement, faisant parfois des déclarations surprenantes à leur sujet… «Bruce Lee a bien sûr été le pionnier du Full Contact, il a été le premier à utiliser des gants et des protections, alors qu’en Amérique, on ne connaissait que le karaté, mais… (Chuck Norris sourit et ajoute) il ne s’est jamais battu. Je me suis entraîné avec lui pendant deux ans, et il ne s’est jamais battu avec moi. Je lui disais : « Bruce, on va faire un petit combat », et il me répondait : « Non, travaillons la technique, la technique ». Je n’ai donc jamais eu l’occasion de me mesurer à lui. Il faisait toujours des techniques, swash !, et c’était tout (Norris exécute deux techniques rapides de poing et revient en position). »
Plus d’un lecteur se demandera : pourquoi ne se sont-ils jamais battus ? Que faisaient-ils lors de ces entraînements ? À cette époque, à part le makiwara, peu d’autres appareils étaient utilisés en arts martiaux. Bruce Lee a été un pionnier et un innovateur en adaptant du matériel provenant d’autres sports ; il a même inventé et conçu certains appareils pour optimiser ses entraînements. Chuck Norris, tout comme d’autres experts en arts martiaux, était d’accord pour dire que cela permettait d’obtenir d’excellents résultats en peu de temps.


« J’ai rencontré Bruce Lee en 1968, à New York, lors du All American Grand Championship qui se tenait au Madison Square Garden. Je participais à la compétition et lui était une célébrité ; quand j’ai gagné, le promoteur m’a présenté à Bruce Lee. Même si je savais qui il était et qu’il m’avait vu lors de tournois, nous n’avions pas eu l’occasion de nous rencontrer personnellement. »
«Bruce Lee avait un équipement formidable pour s’entraîner et c’est ce que nous faisions , rien que s’entraîner : sac de frappe, coups de pied et tout ce genre de choses. Nous ne nous sommes jamais battus ensemble ; j’étais un combattant professionnel et lui non, mais il était bon, très bon. Dans un vrai combat, je l’aurais sûrement battu, mais Bruce Lee ne voulait pas en arriver là et… moi non plus. »
Curieusement, et contrairement à ce que certains pensent, la première fois que Bruce Lee a appelé Chuck Norris pour participer à un film, ce n’était pas pour « La Fureur du dragon » ; ses débuts au cinéma, bien qu’ils soient dus à Bruce Lee, remontent au long métrage « La Maison des sept plaisirs », un film mettant en vedette Dean Martin, Elke Sommer et Sharon Tate, dans lequel le Dragon était le chorégraphe des scènes d’action et dont le tournage a eu lieu en juillet 1968. Les débuts de Chuck Norris au cinéma n’ont pas été très encourageants… «Peu avant le championnat international, j’ai reçu un appel de Bruce Lee qui m’a dit qu’il avait décroché un contrat en tant que coordinateur des cascadeurs pour le film The Wrecking Crew, avec Dean Martin et Elke Sommer. Il y a un petit rôle et je pense que tu t’en sortirais très bien, m’a dit Bruce. Tu seras le garde du corps d’Elke, tu te battras contre Dean Martin et tu diras une réplique. Ça t’intéresse ? Bien sûr que oui, lui ai-je répondu. Même si je ne connaissais rien au métier d’acteur, je me suis dit que ce serait bien d’essayer. Il m’a donné la date à laquelle je devais me présenter au studio de tournage ; c’était le lendemain du championnat international. »

Chuck Norris ne voulait pas qu’on lui touche le visage pour ne pas se présenter au tournage avec le visage couvert de bleus ; c’est pourquoi, lors de la finale, dans les vestiaires, il a dit à Skipper Mullins, le karatéka classé numéro trois au niveau national : « Demain, j’aurai mon premier rôle dans un film. Frappe mon corps, mais ne touche pas à mon visage». Celuici lui a répondu : «Très bien, mais tu me seras redevable». Évidemment, Skipper n’a pas tenu parole : après lui avoir marqué une série de points, il a asséné un coup violent à l’œil de Chuck Norris. Ce dernier a remporté le tournoi, mais il a gardé un souvenir désagréable du tournage… «Le lendemain, je suis arrivé sur le tournage avec un bleu qu’il a fallu une heure au maquilleur pour camoufler . J’étais fasciné quand je suis entré dans le studio de tournage pour me préparer à mes débuts. Je n’avais jamais mis les pieds sur un plateau auparavant et je ne savais pas à quoi m’attendre. Le studio était un immense hangar et l’endroit où nous travaillions était un cube géant avec de très hauts plafonds, des lumières énormes et brillantes, et des câbles partout. Des dizaines de personnes allaient et venaient comme des fourmis et je me demandais comment on pouvait tourner un film dans un tel chaos. Rapidement, le réalisateur a pris les choses en main et nous nous sommes mis au travail. Comme beaucoup à l’époque, je ne connaissais rien au tournage, je pensais que les réalisateurs de films se contentaient d’allumer une caméra et que les acteurs jouaient leur rôle, comme on le fait au lycée. J’avais bien tort. Chaque scène prenait deux heures à tourner. Il fallait réajuster les lumières, vérifier les angles de caméra et choisir les acteurs pour les
placer à leur place. Mes débuts au cinéma se résumaient à une phrase. Dans le film, Dean Martin entrait dans une boîte de nuit, je devais me placer face à lui et lui dire : « Me permettez-vous, monsieur Helm ? » La séquence devait se terminer par une bagarre entre Dean et moi. Au cours des semaines précédant le tournage, j’ai répété cette phrase encore et encore en me regardant dans le miroir de la salle de bains, essayant de trouver le ton idéal pour la prononcer. Lorsque les caméras ont commencé à tourner, Dean Martin est entré pile au bon moment. En le voyant s’approcher, j’ai senti ma gorge et mon corps se raidir. La phrase m’est sortie comme un soupir. « Me permettez-vous, monsieur Helm ? Dean Martin a semblé ne pas remarquer ma voix rauque et m’a docilement tendu le pistolet. Je me suis dit : « Ma carrière artistique s’arrête là ! Je n’ai même pas réussi à prononcer une phrase correctement ! » Après tant d’heures passées à s’entraîner ensemble, il était inévitable qu’une grande estime naisse entre eux, où le respect et l’empathie étaient toujours présents. Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient partagé leurs confidences et leurs rêves :
« Sa plus grande qualité, et peut-être aussi sa pire erreur, était la même : Bruce Lee vivait et respirait les arts martiaux. Il transformait les choses les plus banales et ordinaires de la vie en quelque chose lié à l’entraînement aux arts martiaux : je ne suis pas sûr qu’il sût ce qu’était la détente. Nous étions de bons amis, suffisamment pour qu’il me confie son rêve. Chuck, je veux devenir une star de cinéma, m’a-t-il dit : « Tout

ce que je fais, c’est dans ce but. » Bruce entraînait plusieurs célébrités telles que Kareem Abdul-Jabbar, James Coburn, Lee Marvin et Steve McQueen. Ses élèves le recommandaient souvent pour de petits rôles au cinéma et Bruce avait travaillé comme cascadeur dans plusieurs films. Mais il ne se contentait pas d’être la doublure des stars. Il voulait que son nom apparaisse en néon sur les marquises des cinémas et, avec la motivation dont Bruce faisait preuve, il ne faisait aucun doute qu’il y parviendrait. »
Se faire une place à Hollywood n’était pas facile, surtout pour un Asiatique ; à cette époque, aucun acteur asiatique ne tenait le rôle principal dans une production américaine. Suivant les conseils de ses amis, Bruce Lee accepta un contrat avec Golden Harvest pour jouer dans deux films qui seraient tournés en Asie du Sud-Est
« Bruce partit à Hong Kong pour poursuivre sa carrière d’acteur et je n’eus plus de ses nouvelles, pendant environ deux ans. Un matin, il m’a appelé de Hong Kong et m’a dit : « Chuck, j’ai tourné deux films à Hong Kong et ils ont été un énorme succès au box-office. Je viens de terminer le scénario d’un film que je vais tourner à Rome, au Colisée », m’a-til dit avec émotion : Deux gladiateurs qui se battent à mort ! Et le mieux, c’est que nous allons préparer nous-mêmes la chorégraphie. Je te promets que le combat sera le moment fort du film, je veux faire une scène de combat dont tout le monde se souviendra. Génial ! lui ai-je dit. Qui gagne ? ai-je demandé. Bruce a répondu en riant : « Moi, c’est moi la star ! » Ah, tu vas battre l’actuel champion du monde de karaté ? « Non, répondit Bruce. Je vais tuer l’actuel champion du monde de karaté. J’ai ri et j’ai accepté de faire le film, j’ai accepté d’y participer parce que je savais que si Bruce était impliqué, ce ne serait pas une bêtise. J’ai toujours respecté sa façon de faire et j’admirais particulièrement son exigence de perfection et de réalisme dans les arts martiaux. « Trois semaines plus tard, Bruce Lee a de nouveau appelé Chuck Norris pour l’informer que le tournage du film commençait et lui a demandé s’il était prêt à se rendre à Rome. Chuck Norris a alors appris que son rôle était celui d’un combattant mercenaire, un artiste martial, engagé pour tabasser Bruce Lee. « Je n’avais jamais voyagé en Europe auparavant, j’ai donc demandé à Bob Wall, mon bon ami et associé dans les académies de karaté, de m’accompagner. Lorsque nous sommes arrivés à l’aéroport Leonardo da Vinci à Rome, Bruce nous attendait avec une équipe de tournage pour nous filmer à notre descente de l’avion. Bruce voulait utiliser la scène de l’arrivée dans le film. Comme Bob m’accompagnait, Bruce a décidé qu’il participerait aussi à cette scène. Cela faisait deux ans que je n’avais pas vu Bruce, mais il était toujours aussi chaleureux. Il n’était pas gêné par les marques d’affection entre hommes et nous a serrés dans ses bras avant de nous conduire à la voiture. Pour la scène au Colisée, il voulait qu’on voie un adversaire redoutable. Je pesais 73 kilos contre ses 65 kilos, il voulait que je prenne 9 ou 10 kilos de plus. Heureusement, mon métabolisme était très lent et je pouvais prendre 3 ou 4 kilos en moins d’une semaine, bien sûr, si je réduisais mes exercices et négligeais mon alimentation. Je lui ai dit : « Super ! Je peux manger à satiété aux frais de la société. » Bob et moi avons passé deux semaines à flâner comme des touristes typiques, nous avons visité des


« J’ai toujours respecté sa façon de faire et j’admirais particulièrement son souci de la perfection et du réalisme dans les arts martiaux. »
églises comme la basilique Saint-Pierre, le Vatican, des monuments comme la fontaine de Trevi et les magnifiques jardins de la Villa Borghese. J’ai trouvé un restaurant où je pouvais manger des pâtes et des glaces à volonté, les meilleures que j’aie jamais goûtées. Presque tous les soirs, nous dînions à la Taberna Flavia à Trastevere. J’ai commencé à prendre du poids immédiatement, atteignant l’objectif dans les délais fixés. »
Le tournage de « La Fureur du dragon » a commencé le 10 mai 1972, avec un budget initial de 350 000 dollars ; l’équipe commençait à travailler à 6 h du matin et finissait à 18 h ou 20 h, selon la journée. Les premiers jours, Bruce Lee s’est consacré au tournage des scènes en extérieur requises pour le film, tournant dans certaines des rues et places les plus emblématiques de Rome, comme la via Vittorio Veneto, les jardins de la fontaine de Tivoli, la Piazza Navona, etc. Une fois cela terminé, il a retrouvé Chuck Norris pour tourner le combat au Colisée. Comme ils n’avaient pas l’autorisation de tourner dans l’amphithéâtre, ils ont glissé une caméra et le matériel nécessaire au tournage dans des sacs de voyage. Après avoir donné un pourboire aux gardes pour qu’ils fassent semblant de ne rien voir, ils se sont mis au travail… « Bruce et moi sommes allés au Colisée pour régler les détails de la grande scène de combat. C’était un sentiment étrange, d’être à ses côtés dans l’un de ces tunnels menant à l’arène. Je me suis souvenu de films comme Spartacus, où Kirk Douglas combattait dans l’arène, et j’ai éprouvé un

sentiment de respect en pensant aux véritables combats à mort qui se déroulaient régulièrement au Colisée pour divertir la population romaine. Le Colisée était plus grand et plus impressionnant que je ne l’avais imaginé. Nous nous sommes assis sur l’un des sièges en pierre de l’arène et avons discuté de la scène. Bruce a pris des notes sur les angles de caméra. Il a planifié la scène de manière à donner l’impression que nous étions deux gladiateurs s’affrontant l’un contre l’autre. Comme nous étions nous-mêmes chargés de la chorégraphie, il m’a demandé : « Que veuxtu faire ? » Je lui ai répondu : « Eh bien, je vais faire ceci et cela », en lui montrant quelques techniques qui me semblaient intéressantes. Il a dit « OK », et c’est ainsi qu’il a préparé ses défenses. Nous sommes donc sortis dans l’arène et avons fait un combat libre . Comme nous nous connaissions si bien, pour avoir longuement entraîné ensemble, la scène s’est déroulée à la perfection : Bruce ne faisait que m’attaquer, c’était tout. Attaquer, attaquer, m’attaquer. Il essayait de m’épuiser et tout se passait au ralenti. Je me souviens de lui se déplaçant avec ces magnifiques mouvements fluides pour tenter de m’épuiser, et quand j’essayais d’attaquer, il s’accroupissait et esquivait tout le temps. Finalement, quand j’ai raté tous mes coups, j’ai commencé à me sentir fatigué, il a avancé, frappant tous mes points faibles, me mettant K.O. Là, j’étais déjà complètement épuisé. Puis il m’a plaqué contre un mur et on en est arrivés au moment où j’ai poussé un cri et où Bruce m’a poussé contre le mur. C’est là qu’il m’a cassé le poignet, le
coude et le genou droit. Je suis tombé par terre et j’essayais de me relever. C’est ainsi qu’on en est arrivés à cette scène dramatique où j’essaie de me relever et de continuer à me battre avec beaucoup d’efforts, puis Bruce me regarde comme pour dire : « On va s’arrêter, j’ai gagné. » Ils avaient placé la caméra en panoramique entre son visage et le mien, d’un côté à l’autre. Ce qu’ils essayaient de montrer, c’est que je souriais en quelque sorte, un sourire de remerciement, mais non, plutôt du genre : « Je suis un professionnel, c’est tout ou rien, et je préférais mourir plutôt que d’abandonner ou de perdre », ce genre de sourire. À ce moment-là, j’ai poussé un cri et je me suis jeté sur Bruce, presque en volant, et il m’a retenu en m’attrapant par le cou. La seule chose que je pouvais faire, c’était lui asséner une série de coups dans les reins, et finalement, il m’a cassé le cou. Puis il m’a couché doucement sur le sol et s’est éloigné comme s’il regrettait de m’avoir tué. Heureusement, Bruce ne m’a pas forcé à être aussi cruel, c’était un combat entre deux professionnels. À la fin du combat, quand il me tue, il me recouvre de ma veste d’uniforme et place ma ceinture par-dessus de manière très solennelle et respectueuse. »
Le duel a pris trois jours à tourner, le combat devait être le point culminant du film. Selon Linda Lee, le grand combat avec Chuck Norris a nécessité 20 pages de mise en scène écrite et a été planifié avec autant de soin que l’exécution d’un ballet professionnel. Bruce Lee a conçu la chorégraphie chez lui, en testant souvent les mouvements avec

elle. Selon sa veuve : « Soudain, l’inspiration lui venait et il me disait : « Allez, essayons ça ! ». Tout ce travail et le génie de Bruce Lee ont été immortalisés à l’écran, Chuck Norris donne son avis à son sujet…
« C’était difficile et exigeant, mais j’ai pris du plaisir à le faire. Même si Bruce était un réalisateur débutant, il savait ce qu’il voulait et comment la caméra devait le filmer. Comme Bruce l’avait prédit, notre scène de combat est devenue un classique. Aujourd’hui, vous pouvez demander à n’importe quel élève d’arts martiaux quel est son combat préféré dans un film et presque tous vous répondront qu’ils se souviennent de de la scène de combat entre Bruce Lee et moi dans La Fureur du dragon. C’est incroyable à quel point ça a bien marché, vu qu’on n’avait qu’une seule caméra. »
Mais qu’est-ce qui la rend différente ? Pourquoi un prestigieux magazine américain l’a-t-il classée parmi les 10 meilleures scènes d’action de l’histoire du cinéma ?
« De nos jours, il y a beaucoup de très bons combats. Le combat entre Bruce et moi était davantage d’ordre émotionnel : nous nous regardions, nous nous observions, et entre chaque plan, nous nous battions. C’est ce qui a rendu le combat de « La Fureur du dragon » si passionnant. Bruce était très intelligent, il a toujours voulu transmettre une émotion à la caméra, car les techniques utilisées sont les mêmes que celles que j’utilise dans mes films, mais cette émotion que Bruce créait dans l’atmosphère, avec la caméra… c’était quelque chose de spécial. En général, les com-


bats sont des luttes, quelques coups, des mouvements, etc. Mais Bruce était vraiment très malin, il savait comment utiliser la caméra pour créer de l’émotion et de la tension dans le combat, générant un apogée sans par. Dans ce domaine, il faut reconnaître qu’il était un génie. »
Il y a eu des problèmes de logistique, de temps, d’autorisations et d’innombrables autres difficultés à surmonter à Rome, si bien que la scène de combat n’a pas été terminée… « Bruce, Bob Wall et moi avons pris l’avion pour

Hong Kong afin de tourner le reste de nos scènes. Le jour de notre arrivée, Bruce avait pris des dispositions pour que nous soyons invités dans l’émission de télévision la plus célèbre de la ville. Profitez de la soirée, la version hongkongaise de l’émission américaine The Tonight Show avec Johnny Carson. »
Invités par HK-TVB, Bruce, Norris et Bob Wall s’y sont rendus pour faire une démonstration d’arts martiaux et accorder une interview, car l’intention de Bruce Lee était de

présenter Norris et Bob Wall au public de Hong Kong, et cela n’a pas changé. Lorsqu’ils sont passés à l’antenne, le présentateur Josiah Lau, qui connaissait Bruce Lee, lui a dit : « Bruce, notre public s’intéresse beaucoup à toi, pourrais-tu nous dire ce que tu as fait récemment ?
Bruce répondit :« Raymond Chow et moi-même étions récemment à Rome pour tourner les scènes en extérieur de notre nouveau film. Un autre artiste martial est venu à Hong Kong avec nous ; c’est le champion du championnat américain de karaté, M. Norris, qui est venu directement des États-Unis à Rome pour travailler avec nous. Outre lui, il y a un autre Américain expert en karaté, il s’agit de M. Bob Wall. Tous deux ont participé à notre film La Fureur du dragon. »Lau demanda : « J’ai lu dans le journal que Norris et Bob Wall sont tes élèves. On sait aussi que lorsqu’ils ont commencé à te suivre, ils étaient déjà des personnalités célèbres, qu'ils sont champions de karaté depuis de nombreuses années. Je pense que ton JKD doit être très puissant ! » Bruce, secouant la tête et agitant les mains, répondit : « Non, ne joue pas à ce jeu avec moi, je n’ai jamais dit qu’ils étaient mes élèves, nous sommes amis, quand nous avons le temps, nous nous réunissons et discutons d’arts martiaux. »Après cela, Bruce Lee expliqua ce qu’était le Jeet Kune Do et donna son avis sur les arts martiales en général et du kung-fu chinois en particulier. Le public voulait voir le Dragon en action, mais Bruce refusa l’invitation et dit :« Le public de Hong Kong me connaît déjà. Aujourd’hui, nous allons vous présenter ces deux hommes, des artistes martiaux dans La Fureur du dragon et dans la vie réelle, Norris et Bob Wall. Ce sont eux les protagonistes aujourd’hui. Je devrais les laisser s’exprimer aujourd’hui. » Les personnes présentes dans le studio ont applaudi cette suggestion. Norris et Bob se sont levés en souriant et ont demandé « Que voulez-vous voir ? » Comme les personnes présentes ne connaissaient pas grand-chose aux arts martiaux, elles ne savaient pas quoi répondre, alors Bruce a dit :« Puis-je suggérer une idée ? En substance, les artistes martiaux s’entraînent à quatre choses : la précision, l’agressivité, la rapidité et la force. Je pense qu’on pourrait jouer à un jeu pour montrer la précision de leurs coups de pied. Bob Wall tiendra une cigarette dans la bouche et Norris la lui enlèvera d’un coup de pied. »
Tout le monde a été enchanté par l’idée. Bruce a ajouté :« Comme nous le savons tous, nos jambes sont faites pour
marcher ; si nous voulons les utiliser pour atteindre un objet en hauteur, il sera assez compliqué de contrôler notre jambe. Cela s’explique par le fait que lorsque vous levez une jambe, l’autre doit supporter le poids de votre corps. Donner un coup de pied précis n’est pas facile, surtout si vous devez frapper rapidement un petit objet. Bob doit tenir la cigarette avec sa bouche, donc si Norris n’est pas précis, il est évident que Bob risque d’être blessé à la bouche ou au nez. »On a rapidement tendu une cigarette à Bob Wall, Norris a observé Bob pendant quelques secondes et fuhh, en une seconde, il a tourné son corps, levé sa jambe droite et frappé la cigarette, le petit cigare s’envola dans les airs. Les spectateurs éclatèrent en applaudissements, mais ils n’étaient pas satisfaits, ils en voulaient plus. À ce sujet, Chuck Norris commente : «On m’a demandé de faire quelques démonstrations d’arts martiaux et j’ai commencé par donner un coup de pied dans la cigarette que Bob avait dans la bouche, j’ai cassé quelques planches, puis Bob et moi avons fait une démonstration de combat libre. J’ai frappé Bob avec un coup de pied tournant par derrière qui l’a touché à la poitrine et l’a envoyé de l’autre côté du studio. Tout le monde était impressionné, mais Bob s’est relevé comme si de rien. À la fin de la démonstration, l’animateur de l’émission a voulu voir la protection que Bob portait sur la poitrine. « Quelle protection ? », lui a répondu Bob, tout en ouvrant le haut de son gi. L’empreinte de mon pied était sur sa poitrine. «
À la fin de la démonstration, Lau leur a demandé : « Beaucoup de gens disent que vous êtes tous les deux des élèves de Bruce, mais Bruce le nie, il dit que vous êtes amis. Quelle est la vérité ?
Chuck Norris, comme toujours si respectueux et prudent, répondit : « Peutêtre pense-t-il que nos techniques de karaté ne sont pas assez bonnes et que nous ne sommes pas qualifiés pour être ses élèves, mais nous admirons son kung-fu. Ainsi, même s’il ne nous traite pas comme ses élèves, nous le considérons comme notre maître. »Ces déclarations à l’antenne causèrent des problèmes au colosse américain ; de nombreux pratiquants d’arts martiaux aspiraient à la gloire, et certains experts comme Lau Tai-chuen, après avoir défié Bruce Lee par la presse, atteignirent leur but. Dans le cas de Lau, bien qu’il ne se soit pas battu avec Bruce Lee, il réussit grâce à la publicité qu’il en a tirée, on lui a donné un rôle dans un film, bien que sa carrière cinématographique ait été éphémère : il n’a tourné que dans quatre longs métra-

« Comme Bruce l’avait prédit, notre scène de combat est devenue un classique. Aujourd’hui, si vous demandez à n’importe quel pratiquant d’arts martiaux quel est son combat préféré dans un film, presque tous vous répondront qu’ils se souviennent de la scène de combat entre Bruce Lee et moi dans La Fureur du dragon. C’est incroyable à quel point cela a bien fonctionné, sachant que nous n’avions qu’une seule caméra. »

ges. Quelqu’un, suivant son exemple, a tenté de faire de même avec Chuck Norris : « Le lendemain, dans un journal local, quelqu’un m’a défié en duel. Bruce était stupéfait par l’article et me l’a lu. « Que penses-tu que je devrais faire ? » lui ai-je demandé. « Ne fais pas attention à lui », m’a-t-il répondu. « On me défie tout le temps. Tout ce qu’ils veulent, c’est de la publicité. » Cependant, Bob était contrarié. « Je ne suis pas le protagoniste du film », a-t-il dit à Bruce. « Et si j’acceptais ? » « Vas-y, si c’est ce que tu veux », lui a répondu Bruce. Bob est apparu le lendemain soir dans l’émission de télévision et a déclaré au public : « Un téléspectateur a défié mon instructeur, Chuck Norris. Chuck est meilleur combattant que moi. C’est pourquoi je veux l’affronter : qui que tu sois, bats-toi d’abord contre moi et prouve que tu es un adversaire digne de l’affronter. Notre combat aura lieu dans cette émission de télévision pour que tout le monde à Hong Kong puisse voir comment je vais te mettre en pièces. Le challenger, quel qu’il soit, ne s’est jamais présenté et personne d’autre ne m’a plus jamais défié à Hong Kong. »
Le tournage du film s’acheva et Bob Wall ainsi que Chuck Norris retournèrent en Amérique du Nord, reprenant leur travail d’instructeurs d’arts martiaux. Tous deux ont oublié le film, pensant qu’il ne serait projeté qu’en Asie. Bruce Lee allait poursuivre sa carrière d’acteur ; après avoir constaté la renommée qu’il avait acquise en Orient, ils pensaient tous deux qu’il se consacrerait entièrement à sa carrière et qu’il leur faudrait longtemps avant de se revoir, mais ils se trompaient… « À la mi-juillet 1973, Bruce Lee est venu à Los Angeles pour passer un examen médical. Il m’a appelé pour aller déjeuner, j’ai prévenu Bob Wall et nous nous sommes retrouvés dans un restaurant de Chinatown. Je dois admettre que j’ai trouvé Bruce en très bonne forme. Mince et musclé. Bruce s’est montré très optimiste. Il nous

a raconté qu’à Hong Kong, les médecins n’avaient pas trouvé la cause des évanouissements qu’il avait eus récemment ; c’était la véritable raison de sa visite en ville. Il était venu passer des examens dans l’un des meilleurs hôpitaux de Los Angeles. Il était très content car les médecins n’avaient rien trouvé, ils lui avaient dit qu’il avait le corps d’un jeune de 18 ans. À trente-deux ans, il semblait en parfaite condition physique, mais j’étais perplexe. « Bon, mais si tu es en si bonne forme, que pensent les médecins de la cause de tes évanouissements ? » Bruce m’a répondu pendant le repas : « Le stress, je suppose, le surmenage, le manque de repos, toujours la même chose. Il a commencé à nous parler du travail épuisant de sa dernière production, « Enter the Dragon », il était très optimiste quant à ses résultats. En vérité, tant physiquement que mentalement, il était au sommet de sa forme. J’en ai parlé avec Bob en rentrant à la maison. — Après un bref silence, il a ajouté : « C’est la dernière fois que je l’ai vu vivant... » .”
Peu après ce repas, « Le petit dragon » est retourné à Hong Kong ; rien ne laissait présager les terribles événements qui allaient se produire… Bruce Lee est décédé le 20 juillet 1973 ; cinq jours plus tard, une cérémonie funéraire a été organisée à Hong Kong dans un lieu central et luxueux, bien que petit, du Kowloon Funeral Home. Selon les médias, la cérémonie a rassemblé environ 25 000 personnes. Amis, famille, collègues et une multitude d’inconnus se sont réunis pour faire leurs adieux à Bruce Lee. Le lendemain, « Opération Dragon » sortait à Hong Kong ; peut-être que les producteurs ont voulu profiter de ce moment tragique pour projeter son dernier film...
Le 31 juillet, Bruce Lee a été inhumé à Seattle ; les funérailles ont été plus calmes et intimes. Environ cent quatrevingts personnes y ont assisté, parmi lesquelles des amis et des proches. Le cercueil était recouvert de fleurs blanches,
jaunes et rouges, disposées de manière à former le symbole du yin-yang. Le cercueil fut porté par Steve McQueen, James Coburn, Dan Inosanto, Taky Kimura, Peter Chin et Robert, le frère de Bruce Lee ; parmi les amis et les proches, on comptait Chuck Norris... « Quatre jours après avoir déjeuné avec lui, j’ai appris la terrible nouvelle de sa mort. Je ne voulais pas y croire, je venais de le voir si radieux et plein de vie, l'image même de la bonne santé, de l'enthousiasme et du bonheur. Comment était-ce possible ? Les rumeurs concernant sa mort mystérieuse ont traversé le Pacifique plus vite que le jet qui a transporté son cercueil. Certaines rumeurs laissaient entendre que Bruce était mort après avoir consommé de la marijuana, suscitant des questions sur sa consommation de drogues. D’autres suggéraient que son utilisation bien connue de stéroïdes lui avait été fatale. D’autres encore affirmaient que Bruce avait été assassiné d’un coup mortel par un tueur à gages, expert en techniques orientales d’assassinat. Certaines des explications proposées concernant son décès semblaient plausibles, mais la plupart étaient ridicules. Peut-être que ces rumeurs n’étaient qu’une façon le monde avait de donner une explication à la réalité : qu’aucun d’entre nous n’a la garantie de vivre les cinq prochaines secondes. La vie est un don de Dieu. À cette époque, la version officielle de la mort présentée par les médecins légistes de Hong Kong était un œdème cérébral causé par une réaction d'hypersensibilité à un ingrédient d'un comprimé contre les maux de tête, très similaire à la réaction rare que certains individus ont lorsqu'ils se font piquer par une abeille. Les médecins américains ont déclaré qu'il s'agissait d'un anévrisme cérébral. Bruce a été enterré à Seattle et, en raison de sa forte affinité avec la communauté chinoise, un autre service funéraire avait eu lieu auparavant à Hong Kong, en présence de plus de vingt mille admi-

rateurs. J’ai assisté aux funérailles de Seattle en compagnie de Bob Wall, Steve McQueen et James Coburn ; ce dernier était l’un des élèves privés de Bruce et a prononcé un discours très émouvant sur son maître.
Une fois les funérailles terminées, Bob, James, Steve et moi avons pris le même avion pour rentrer, mais le vol fut extrêmement silencieux. Chacun de nous semblait plongé dans ses pensées, analysant le message que la mort de Bruce nous adressait. Il était là, au sommet de sa forme, au sommet de sa carrière, et soudain, tout était fini. bien sûr, il avait atteint son objectif de devenir une grande star, mais alors quoi ? À quoi cela servait-il à sa merveilleuse épouse et aux deux enfants qu’il laissait derrière lui ?
Après sa mort, j’y ai beaucoup réfléchi et j’en suis arrivé à la conclusion que la vie ne se mesure pas en années mais en accomplissements. Bruce avait deux objectifs dans la vie : le premier était d’être reconnu en tant qu’artiste martial, ce qu’il a bien sûr réussi, et le second, être reconnu comme acteur, ce qu’il a également réussi. Bruce a donc atteint les deux objectifs qu’il s’était fixés dans la vie, en l’espace de 32 ans seulement. Beaucoup d’entre nous vivront 80 ans sans atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. »
Le pilote de la série Kung Fu a été diffusé aux États-Unis le 14 octobre 1972, et s’intitulait à l’origine « The Warrior » ; la série était basée sur l’idée originale de « Le Petit Dragon » et a connu un grand succès, grâce auquel en Occident, les arts martiaux ont commencé à se populariser. Ironiquement, le 17 août 1973, près d’un mois après son décès, « Opération Dragon » sortait à New York ; deux jours plus tard, il était projeté dans d’autres villes américaines, le mythe commençait à naître… le public réclamait davantage de films de Bruce Lee. Le 7 août 1974, près d’un an après la sortie de « Enter the Dragon », « La Fureur du dragon » sortit en salles…
« J’avais presque oublié le film, jusqu’à ce qu’on commence à l’annoncer dans les cinémas. Lorsqu’il est sorti en Californie du Sud, beaucoup de mes élèves se sont précipités pour le voir. Le lendemain matin, je me suis rendu dans l’une de mes écoles et tout le monde m’a regardé comme s’ils n’arrivaient pas à croire que Bruce ne m’avait pas vraiment tué. J’ai trouvé ça très drôle, on sentait bien qu’ils avaient été impressionnés par ce qu’ils avaient vu la veille. Je pense qu’on peut dire que les scènes de combat de « La fureur du dragon » étaient le summum du réalisme et de la perfection parmi tous les films d’arts martiaux qu’un fan ait pu voir. Il est certain que Bruce Lee avait trouvé la formule gagnante pour ses films. Les salles de cinéma étaient pleines pour voir ses films. Le budget de « La Fureur du dragon » s’élevait à 240 000 dollars et le film avait finalement rapporté plus de quatre-vingts millions de dollars dans le monde entier. «
L’image de Chuck Norris combattant Bruce Lee est apparue dans de nombreuses publications. En Occident, d’innombrables films d’arts martiaux ont commencé à sortir, et le colosse américain fut à nouveau engagé en 1974 par Golden Harvest pour reprendre le rôle du méchant dans « Le Tigre de San Francisco » (Slaughter in San Francisco & Karate Cop). En Asie du Sud-Est, les studios cherchaient un successeur au « Petit Dragon », mais celui-ci ne se présentait pas ; lorsque le genre a commencé à décliner, ils ont sorti des films mettant en scène des clones de Bruce Lee. Chuck Norris n’a jamais

envisagé de devenir une star hollywoodienne ; en effet, peu après avoir terminé « The Turn of the Dragon », il avait travaillé sur une production américaine très modeste intitulée « The Student Teachers » (1973) et s’était replongé dans ses cours et ses salles de sport. En 1977, il a tenu pour la première fois le rôle principal dans un long métrage, intitulé « La force de la force » (Breaker, Breaker) ; un an plus tard, « Les courageux s’habillent en noir » » sortait ; pour la première fois, dans la promotion et les publications, on le présentait comme le successeur de Bruce Lee. En Occident, le public en avait assez de tant de productions chinoises et avait besoin d’un nouveau héros, le reste appartient à l’histoire… Au début de sa carrière, il était inévitable qu’on le compare à Bruce Lee et qu’on l’interroge sur son style de combat…
« Le Jeet Kune Do est un système génial, mais il faut reconnaître qu’il était fait uniquement pour Bruce Lee. Pour le développer, il a intégré dans un même système de combat toutes les techniques qu’il avait apprises auprès d’autres maîtres et experts, et il puisait également beaucoup de connaissances dans sa grande bibliothèque, mais je le répète, le Jeet Kune Do ne convenait qu’à lui ; ce n’est pas un système que quelqu’un d’autre pouvait mettre en pratique, car pour cela, il fallait son génie et son talent, et personne d’autre ne les possède. Pour ces raisons, je peux affirmer que Bruce Lee était le JKD et que le JKD était Bruce Lee. Il n’a pas laissé de système de combat
que ses élèves puissent suivre, pas même Dan Inosanto n’y est parvenu, car il variait tellement et était si complexe que je ne saurai jamais s’il existe un système avec des règles et des bases pouvant être suivies pour atteindre sa perfection. »
Chaque art martial possède ses particularités et ses spécificités qui le rendent différent des autres ; dans le cas du Jeet Kune Do, quelle est sa particularité ? Selon Chuck Norris…
« L’essence du Jeet Kune Do réside dans la vitesse et l’explosivité, mais il y a un seul problème : tout le monde ne possède pas ces qualités. Bruce était vraiment rapide… c’était un fanatique, le pratiquant d’arts martiaux le plus fanatique que j’aie jamais connu ; il le vivait, il le respirait, du matin au soir, son esprit n’était occupé que par les arts martiaux. Ce qui l’a rendu si grand, c’est qu’il ne s’est pas cantonné à la tradition. Il cherchait toujours des moyens de se perfectionner. Il aimait la vie, il en profitait à chaque instant, c’était un individu très optimiste, il ne devenait jamais pessimiste face à quoi que ce soit, il avait beaucoup d’énergie, une énergie formidable qu’il vous transmettait. » Le combat du siècle est resté gravé dans la mémoire de milliers de spectateurs, et bien sûr, on a demandé à

Chuck Norris à plusieurs reprises quel était le niveau en arts martiaux de son ami et partenaire d’entraînement, surtout au début de sa carrière où la même question revenait sans cesse : « Que se serait-il passé lors d’un vrai combat entre vous deux ? » Sa réponse, dans les grandes lignes, était toujours la même… « Je sais seulement que c’est grâce à Bruce Lee que les arts martiaux se sont fait connaître dans le monde entier et qu’il était un génie dans ce domaine. Maintenant, il est mort et peu importe s’il aurait pu me battre ou battre un poids lourd. »
C’est certain que si aujourd’hui les arts martiaux sont connus dans le monde entier, c’est grâce à Bruce Lee ; sans lui, ils n’auraient jamais atteint la diffusion qu’ils ont aujourd’hui, c’est pourquoi il en est l’icône incontestable, une place qu’il occupe depuis plus de 40 ans. Tout le reste n’était et n’est que futilités qui ne mènent à rien. Ce qui est incontestable, c’est que ses films n’ont toujours pas été surpassés et qu’aucun autre acteur, malgré l’évolution des arts du combat, n’a été capable de le détrôner. Et vu l’état actuel de ce genre cinématographique, il n’y a pas de successeur à court terme. Longue vie donc au « King » : personne n’a jamais tant fait pour les arts martiaux.



Don et Christine Rodrigues ont organisé la 44e édition des Ocean State Grand Nationals, une épreuve du NASKA World Tour, qui s’est déroulée à l’hôtel Crowne Plaza de Warwick (Rhode Island) du 10 au 12 avril 2026. Les Ocean State Grand Nationals ont réuni certains des meilleurs talents des arts martiaux lors de cet événement de de premier plan, au cours duquel des athlètes d’élite se sont affrontés pour remporter les titres très convoités de champion du monde.

Se déroulant dans une ambiance électrisante, la soirée a été marquée par une compétition intense dans diverses catégories, notamment les formes, les armes et le combat par points, ainsi que la compétition par équipes. L'événement de cette année avait sans aucun doute une dimension internationale, avec des participants venus de tous les États-Unis, du Canada, du Guatemala, de la République dominicaine, de Porto Rico, du Mexique, de Hongrie, d'Allemagne, du Venezuela et de la Grèce !

Le spectacle du samedi soir s’est ouvert sur une démonstration passionnante donnée par les champions de l’équipe de démonstration Competitive Edge. Ensuite, les deux meilleures écoles partenaires ont été récompensées par un téléviseur Smart TV couleur de 86 pouces et un autre de 75 pouces. Les gagnants étaient Next Level Martial Arts, du Bronx (New York), et The Lab, de Rhinebeck (N ). Les prix ont été sponsorisés par Ocean State Collision Center et remis par la famille Zangari et le maire de Warwick, Frank Picozzi. La ville de Warwick a de nouveau parrainé l’Ocean State, tout comme Century Martial Arts, FFM2, la Fondation Tori Lynn Andreozzi, Paul Mitchell Haircare, Ocean State Collision et Asian World of Martial Arts.
L’invité spécial de cette année et lauréat du Prix Légende était le champion du monde Pedro « The Axe Man » Xavier ! Une longue file de fans s'est formée devant le stand d'Ocean State Collision pour obtenir un t-shirt dédicacé gratuitement par Pedro tout au long de la journée de samedi. L'instructeur de Pedro, le maître Joe Pina, est monté sur scène pour remettre à Pedro le Prix Légende aux côtés des promoteurs Don et Christine Rodrigues.



Parmi les lauréats de ce spectacle nocturne passionnant figuraient : Julia Damascena a remporté le Grand Championnat de formes féminines des moins de 13 ans, tandis que Kodi Molina a décroché le Grand Championnat général de formes féminines des 14-17 ans. Caleb Baschnagel a remporté le Grand Championnat de formes masculines des moins de 13 ans, tandis que Judah Sagawa a remporté à la fois le Grand Championnat général de formes masculines des 14-17 ans et celui des armes. Madalynn Wiersma a remporté le Grand Championnat des armes féminines des moins de 13 ans et Leopold Aramovich celui des armes masculines des moins de 13 ans. Amanda Duarte a remporté le Grand Championnat des armes féminines de 14 à 17 ans. Jake Presley a décroché le Grand Championnat général des armes traditionnelles masculines. Avery Presley a remporté son premier Grand Championnat général dans la catégorie des armes CMX féminines. Phillip Brumme a remporté le Grand Championnat général des armes CMX masculines chez les plus de 18 ans. Mitchell Street a


remporté le Grand Championnat général des formes traditionnelles masculines chez les plus de 18 ans. Esteban Tremblay a remporté le Grand Championnat général des formes CMX masculines avec un sans-faute ! Haley Glass Mancillas a décroché le Grand Championnat général des formes CMX féminines avec une victoire écrasante. L'épreuve passionnante des formes synchronisées a été remportée par l'équipe Revolution et celle des armes synchronisées par l'équipe Paul Mitchell. L'épreuve des formes traditionnelles masculines a été remportée par Mitchell Street et, chez les femmes, Maddy Kennaway a encore gagné ! Les lauréats du Hall of Fame de l'Ocean State 2026 étaient Alexander Brooks-Major II, Renee Potter, Anjey Bannon, Ricardo Rodríguez, Elizabeth Dunton (Warwick Tourism), Peggy Oliver (directrice générale de l'hôtel Crowne Plaza), Jeff Doss et le Dr El-Java Abdul-Qadir. Le Prix du Vétéran a été décerné à M. John D’Angelo III, qui a pris sa retraite de l’US Air Force en 2006 avec le grade de sergent-chef. Il est actuellement ceinture noire 3e dan en Oki-Ryu Kenpo. Combat et Super Fights : Victoria Homsani a été sacrée Grande Championne de Combat dans la catégorie féminine des 16-17 ans après la blessure de son adversaire, Sandrine Audy. Le champion de combat masculin des 16-17 ans est Luis « Picky » Rivera, qui s’est imposé face à Jahmir Caton. Katana Everett, de l’équipe Paul Mitchell, a remporté le Grand Championnat général de combat en battant sa coéquipière, Katarina Herman, sur un score de 5-2. Le Grand Championnat des poids légers masculins a été remporté par Enrique Letona, après avoir battu son frère Jason, tandis que le Grand Championnat des poids lourds masculins a été décroché par Dimitrios Economo, de Grèce. L'équipe Top 10 Team USA a remporté le Championnat de combat par équipes masculines après avoir remonté le score face à l'équipe Paul Mitchell.
La grande finale des éliminatoires a été marquée par les Championnats des poids , parrainés par Female Fighter Matter
Too et Mme Maggie Messina. Les vainqueurs des divisions masculine et féminine ont remporté 3 000 dollars, le deuxième classé a gagné 1 000 dollars, les deux troisièmes classés ont gagné 500 dollars chacun et les finalistes classés de la cinquième à la huitième place ont gagné 250 dollars chacun. L'Allemande Stefanie Megerie a remporté le titre féminin lors d'une finale controversée contre la Canadienne Katarina Herman. L'Américain Bailey Murphy a remporté le championnat masculin de supercombats en poids ouvert lors de l'épreuve principale en battant

le Guatémaltèque Enrique Letona.
L'Ocean State Grand Nationals 2026 s'est avéré être un événement passionnant, qui a mis en évidence le dévouement et le talent des pratiquants d'arts martiaux de diverses disciplines. Avec des performances impressionnantes et des moments mémorables, la compétition a non seulement mis en avant les exploits individuels, mais a également souligné l'esprit de communauté qui règne dans le monde des arts martiaux. Alors que les athlètes attendent avec impatience les prochaines compétitions, l'héritage des Grand Nationals de cette année servira d'inspiration à beaucoup. Les Ocean State Grand Nationals










OSS ou OSU : Ma révérence et mon plus profond respect
Il existe un mot japonais que de nombreuses personnes pratiquant les arts martiaux (en particulier le karaté) utilisent fréquemment aujourd'hui . C'est un mot désormais connu dans le monde entier. Ce mot est OSS ou OSU. Cependant, si l'on demande à divers instructeurs d'arts martiaux quelle est la signification exacte de ce mot, ainsi que son origine, c'est-àdire d'où il vient exactement, seuls quelquesuns d'entre eux seront en mesure de donner une réponse précise à cette question. De nombreux experts en arts martiaux, ainsi que divers professeurs, historiens et même scientifiques du monde entier, débattent depuis longtemps de ce mot et cherchent une réponse claire à cette question.
Le mot OSS ou OSU est utilisé dans divers arts martiaux à travers le monde : dans presque tous les styles de karaté, dans le Kenpo américain, dans le Kajukenbo, dans le judo, dans le jiu -jitsu, le ninjutsu, l’aïkido, la lutte de sumo, le sambo, le jiu-jitsu brésilien, le karaté à contact partiel et total, le kickboxing, le taekwondo, le muay thaï, le kung-fu sanda, au kendo, à l’art du kobudō, ainsi que dans bien d’autres. Ce mot est également connu de nombreux membres de la police et de l’armée, et il est familier aux combattants, boxeurs, escrimeurs, ainsi qu’aux pratiquants de MMA. Nous pouvons affirmer avec certitude que le mot OSS (ou OSU) s’est ancré dans de nombreux arts martiaux. Certains instructeurs vous diront que le mot OSS (ou OSU) est une expression universelle qui n’a pas une seule signification, mais plusieurs. Ainsi, selon la situation, ce mot peut signifier : « Oui », « Je comprends », « S’il te plaît », « Merci », « Je le ferai », « Voilà », et il peut également être utilisé comme salutation, à l’instar de « Bonjour » ou « Au revoir ». Mais, est-ce vraiment le cas ? Pour répondre à cette question, nous devons examiner plusieurs théories différentes sur l’origine de ce mot, ainsi que sa véritable signification dans les arts martiaux. Certains experts en arts martiaux vous diront qu’il n’existe en substance que trois théories différentes sur l’origine de ce mot et sa signification. Je ne serais pas d’accord avec cela, car je pense qu’il existe en réalité plusieurs théories sur la signification de ce mot. Cependant, commençons notre exploration de ce mot étape par étape. Le mot OSS ou OSU se prononce et s’écrit de manière légèrement différente selon les pays. La plupart des gens écrivent ce mot OSS ou OSU ; la différence réside principalement dans l’orthographe, bien que les deux formes soient correctes et acceptables. La prononciation réelle du mot se rapproche davantage de l’expression « OHSS ».
Certains instructeurs d'arts martiaux vous diront que l'origine du mot OSS (ou OSU), ainsi que son usage, provient à l'origine du Japon, mais pas d'Okinawa, le berceau du karaté. Une telle affirmation n'est que partiellement correcte. Pour y voir plus clair, commençons par examiner les
La signification du salut classique La signification du salut

différentes théories sur l'origine et la signification de ce mot japonais. L'une des théories les plus connues émane de l'expert en langue japonaise, le Dr Mizutani Osame, professeur à l'université de Nagoya, qui a publié un ouvrage intitulé « Le japonais : la langue parlée dans la vie quotidienne ». Dans son ouvrage, le professeur Dr M. Osame a accordé une attention particulière, entre autres sujets, à l'étude de plusieurs formules de salutation très connues utilisées au Japon. Le Dr M. Osame a conclu dans ses recherches que le mot japonais OSS (ou OSU) pourrait être une abréviation de l’expression japonaise officielle et formelle « Ohayo gozaimasu ». Les Japonais utilisent rarement cette expression lorsqu’ils souhaitent dire poliment « Bonjour » à quelqu’un. Le Dr M. Osame estime également que le mot OSS (OSU) peut représenter une expression plus familière, utilisée principalement par les hommes lorsqu’ils s’adressent entre eux, et que, dans ces cas-là, le mot a une signification similaire à l’expression anglaise « HEY YA’ » . Cependant, nous pourrions également avoir des raisons de remettre en question ce travail académique publié par le Dr Osame, car nous ne connaissons ni le nombre exact de participants ayant pris part à la recherche, ni leur âge. Pour cette raison, la véritable crédibilité de l’étude, c’est-à-dire l’étendue réelle de l’usage de ce mot dans les différentes régions du Japon, reste incertaine. De plus, une question légitime se pose : quel rapport cela aurait-il avec l’utilisation de ce mot dans les arts martiaux (karaté, judo, sumo, jiujitsu, kendo, aïkido) ?
La deuxième théorie s’appuie sur certaines recherches historiques suggérant que le mot OSS aurait pu être inventé par un samouraï du clan Saga, Yamamoto Tsunetomo (1659-1719), sur l’île de Kyushu. Le sam urai Tsunetomo est l'auteur du célèbre ouvrage « Hagakure », dans lequel il explique certains aspects de la vie martiale et spirituelle des guerriers samouraïs japonais. Dans son livre, Tsunetomo mentionne notamment que les jeunes guerriers du clan Saga, aux XVIIe et XVIIIe siècles, se saluaient chaque matin en se rendant à l’école par le mot OSS. Cependant, cette théorie présente également des lacunes, car, bien qu’elle tente de nous orienter vers la possibilité historique que le mot OSS ait été utilisé par les samouraïs, elle ne nous dit en réalité rien sur la signification du mot en soi.
Il existe également une troisième théorie qui suggère que le mot OSS (ou OSU) pourrait être l’abréviation de l’expression « Onegaishimasu » (prononcée oh–na–guy–she–mus), qui, dans une traduction approximative, signifierait « S'il te plaît, prends soin de moi » ou « Je me remets entre tes mains ». Mais quel rapport direct cela aurait-il avec les arts martiaux ? Cela n'aurait de sens que dans le cas où un jeune élève arrive dans un dojo, même si cette théorie doit être considérée avec un certain scepticisme. Certains instructeurs affirment que le mot OSS (OSU) est une façon polie de dire « s'il te plaît » et qu'il s'agit d'une forme informelle de l'expression « onegaishimasu ». Mais est-ce vraiment le cas ? Nous ne pouvons affirmer avec certitude que le mot OSS (ou OSU), dans le contexte des arts martiaux modernes, ait réellement cette signification. Il existe également une quatrième théorie, davantage défendue dans le karaté Kyokushinkai (bien que cette même théorie soit également assez connue dans d’autres disciplines), connue sous le nom d’« Osu no Seishin » . Selon cette théorie, le mot OSU (ou OSS) est considéré comme l’abréviation de deux mots : le verbe « osu », qui signifie pousser ou faire un effort avec force, et le mot « shinobu », qui signifie endurer. Cependant, existe-t-il vraiment un lien direct avec l’ex-

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La signification du salut classique


pression « Osu no Seishin » alors qu’en réalité, le mot « oshi » signifie « faire un effort avec force », tandis que « shinobu » signifie « endurer » ? C’est pourquoi on peut dire qu’il est pour le moins étrange d’affirmer que le mot OSU (ou OSS) est une abréviation. Et si c’est le cas, de quels mots japonais aurait-il été abrégé exactement, c'est-à-dire de quelle expression concrète : « Osu no Seishin » ou « Oshi Shinobu » ?
De plus, quant à certains instructeurs qui affirment que le mot OSU (ou OSS) représente l’esprit guerrier et reflète l’importance de la patience, de la détermination et de la persévérance dans les arts martiaux, nous ne pouvons que dire que cette interprétation ne nous convainc pas tout à fait. Certains instructeurs de karaté Kyokushinkai vont même jusqu’à affirmer que le mot OSU (ou OSS) est apparu pour la première fois au sein même du karaté Kyokushinkai. Or, ce n’est pas le cas. Masutatsu Oyama a publié ses premiers livres au Japon en 1958, et ce n’est qu’aux alentours de 1966 qu’il l’a fait en Amérique et en Europe. À cette époque, le mot OSS (ou OSU) était déjà utilisé en Europe parmi les pratiquants d’arts martiaux. Comme on peut le constater, cette théorie présente également certaines lacunes et ne répond pas aux questions fondamentales : le mot provient-il réellement de là, et quelle est sa signification réelle ?
Il existe également une théorie selon laquelle certains ouvrages historiques indiquent que le mot remonte au début du XXe siècle, lorsqu’il est apparu pour la première fois à l’Académie des officiers de la Marine impériale japonaise. Cependant, cette théorie est réfutée par une autre qui nous dit que dans son livre — « Le livre des cinq anneaux » ou « Go Rin No Sho », écrit par Miyamoto Musashi, un célèbre guerrier au katana —, il a écrit que les samouraïs utilisaient OSS/OSU ou d’autres phrases similaires pour rassembler leur force intérieure, ainsi que pour rendre hommage à leur adversaire à trois reprises : avant le combat, au milieu du combat et après le combat (qui se terminait souvent de manière fatale). Cette théorie est parfois utilisée en BJJ, et certains instructeurs affirment que le mot OSS/OSU sert de compliment, ainsi que d’encouragement pour soi-même, et même d’admiration pour la bonne exécution d’une technique. Cependant, ce n'est pas l'explication correcte, pas plus que l'usage du mot.
Certains instructeurs affirment que le mot OSS (ou OSU) est apparu dans certains films et suggèrent que c'est une « preuve » de quelque chose, mais ils n'expliquent pas exactement ce que cela est censé démontrer. Ils mentionnent également certains chefs cuisiniers qui utilisent le mot OSS (OSU), ainsi que certains présentateurs de télévision et d’autres personnalités, mais ne parviennent pas à expliquer quel est le rapport avec les arts martiaux. Certains instructeurs d’aïkido affirment que le mot OSS (ou OSU) est l’abréviation de l’expression « Ohayo gozaimasu », qui se traduit par « bonjour » (d'après les recherches du Dr Osame). Cependant, cette affirmation doit être considérée avec un grand scepticisme, car elle n'explique en réalité rien de significatif. Certains maîtres d'arts martiaux de renommée mondiale ne soutiennent absolument pas l'utilisation du mot OSS (ou OSU), car ils la jugent inappropriée, artificielle et dénuée de sens. Parmi certains instructeurs, on peut notamment citer les propos du célèbre maître Fumio Demura (1938–2015), qui a déclaré : « OSS n’est pas un bon mot. Les gens répètent sans cesse OSS, OSS, OSS. Mais comprennent-ils seulement ce mot ? Moi-même, je ne le comprends pas tout à fait. Au Japon, seuls les gangsters utilisent ce mot tout le temps ».
Et oui, c'est vrai. Nous en arrivons maintenant aux gangsters japonais. Vous vous demandez peut-être : quel est le rapport entre les gangsters japonais et le mot OSS (ou OSU), et s’ils ont un rapport, quel est le lien avec les arts martiaux ? Eh bien oui, il y en a un. La Yakuza est le groupe criminel organisé japonais le plus connu, célèbre pour sa hiérarchie stricte, ses rituels et ses tatouages qui recouvrent tout le corps. Les clans les plus importants sont les Yamaguchi -gumi, Sumiyoshi-kai et Inagawa-kai. Ils se livrent à l'extorsion, au chantage, au jeu et à d'autres activités illégales.


Ce qui nous intéresse le plus, c'est le fait que les membres de ces clans se saluent généralement entre eux avec le mot OSS. Pour eux, ce mot signifie humilité et sert d'expression de respect mutuel. Au Japon, les membres de la Yakuza avaient de l'influence sur de nombreuses professions : commerçants, restaurateurs, bouchers, artisans, ainsi que la police, les politiciens et de nombreuses autres professions, y compris les instructeurs d’arts martiaux. Ils collaboraient avec certains instructeurs, tandis qu’ils en extorquaient d’autres ou les utilisaient comme entraîneurs pour leurs membres. L’un des plus grands clans de la Yakuza avait son siège à Naha, à Okinawa. C’est pourquoi les instructeurs d’Okinawa évitent généralement d’utiliser le mot OSS, afin d’éviter toute association avec des gangsters ou avec le clan de la Yakuza . Curieusement, certains styles d'arts martiaux d'Okinawa utilisent des emblèmes qui sont des versions identiques ou légèrement modifiées des symboles du clan Yakuza, plus précisément du clan Kyokuryu-kai. Ces styles comprennent l'Uechi-ryu, le Shorin-ryu, le Kyokushinkairyu, le Ryu Kyu Kempo, le Goshin -ryu Kempo, le Ryu Koku Seindokan, ainsi que certains styles de jiu-jitsu.
La Yakuza utilise le mot OSS en référence au code Bushido des samouraïs, plus précisément à ses sept vertus clés : Meiyo (honneur), Yu (courage), Gi (intégrité), Rei (respect), Jin (compassion), Makoto (honnêteté et humilité) et Chugi (devoir et loyauté). En d'autres termes, ils associent l'utilisation d'OSS au code du Bushido, qui est lui-même étroitement lié aux arts martiaux japonais. La Yakuza n'est pas la seule organisation mafieuse à saluer par « OSS » ; certaines branches des triades chinoises utilisent même un salut similaire, combinant une révérence avec le mot OSS, en particulier parmi les membres de Hong Kong, Singapour, la Malaisie, Taïwan et les États-Unis. En résumé, les Japonais évitent généralement d’utiliser le mot OSS car il évoque directement des associations avec le monde de la pègre. C’est pourquoi ils s’abstiennent pour la plupart de l’utiliser en public, même au sein de leurs dojos et centres d’entraînement d’arts martiaux.
Bien qu’il soit vrai que dans certains lycées et universités japonais, certains groupes sportifs utilisent ce mot, et que certains athlètes l'utilisent également, et qu’il apparaît dans certains arts martiaux, dans la plupart des cas, les Japonais utilisent rarement ce mot en dehors des centres d’arts martiaux, c’est-à-dire en dehors du dojo, et ne sont pas favorables à son utilisation. Malgré cela, le mot OSS (ou OSU) s’est fermement imposé dans les arts martiaux du monde entier. Certains l’utilisent fréquemment, d’autres même à l’excès, tandis que d’autres l’emploient avec plus de modération. Mais savez-vous vraiment quand ce mot doit être utilisé dans les arts martiaux ? Selon les règles tacites, il devrait en réalité être utilisé beaucoup moins souvent qu’on ne le croit généralement.
Ce mot s’utilise toujours au moment où vous entrez dans un centre sportif ou un dojo, dès que vous y mettez le pied. Même s’il n’y a personne dans le dojo à votre arrivée, vous dites « OSS » (ou « OSU ») en entrant, en guise de révérence et de salut, c’est-à-dire comme un acte de respect envers l’art martial que vous pratiquez et envers le dojo lui-même. S’il y a déjà un instructeur et quelques élèves dans le dojo, on les salue par un simple « OSS » (ou « OSU »). Si l'instructeur n'était pas dans le dojo à votre arrivée et qu'il entre plus tard, on le salue séparément par « OSS » (ou « OSU »). En sortant du dojo, il n’est généralement pas nécessaire de prononcer ce mot. Lors des compétitions, ce mot n’est utilisé qu’une seule fois, soit pour saluer votre adversaire et son entraîneur, soit pour saluer les juges. Si vous remportez la victoire et montez sur le podium pour recevoir une médaille ou un trophée, vous dites OSS (ou OSU) en signe de gratitude envers les organisateurs du tournoi. Une fois que vous quittez la compétition, vous n’êtes plus tenu d’utiliser ce mot.
Si vous êtes dans un dojo et qu’un instructeur vous parle ou vous explique quelque chose, vous n’êtes pas tenu de répondre par le mot OSS (ou OSU). De même, si vous êtes en compétition et que votre instructeur vous guide, vous explique des
tactiques, des techniques ou d’autres consignes, vous n’êtes pas obligé de répondre par « OSS » (ou « OSU »). Dans les arts martiaux, ce mot n’est tout simplement pas utilisé dans ces situations. Beaucoup de gens se demandent alors : que signifie réellement le mot OSS (ou OSU) dans le contexte des arts martiaux ? La réponse est, en réalité, assez simple. Si vous demandez à plusieurs instructeurs de différents arts martiaux à travers le monde d’expliquer, en termes simples, ce que signifie essentiellement pour eux le mot OSS (ou OSU), environ 95 % d’entre eux donneront la même réponse : « Ma révérence et mon profond respect ». Certains instructeurs utilisent même le mot OSS (ou OSU) à la fin de leur correspondance écrite comme formule de politesse, exprimant ainsi un profond respect envers la personne à qui la lettre est adressée.
Et enfin, voici une autre théorie sur l’utilisation du mot OSS (ou OSU) dans les arts martiaux modernes, étudiée par le professeur David « Sensei » Stainko, de Croatie, qui, à première vue, peut sembler tout à fait étrange, voire absurde. Lorsque le karaté, le judo, le

jiu-jitsu, l'aïkido, le kendo et d'autres arts martiaux japonais ont commencé à être pratiqués en Europe, le mot OSS (ou OSU) est arrivé un peu plus tard. Les instructeurs européens ont compris que ce mot s'accompagnait d'une révérence envers la personne à qui il s'adressait, en signe de respect. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, c'était tout ce qu'ils savaient de ce mot à l'époque. Une révérence, puis le mot OSS (ou OSU), et pour eux, cela avait du sens. Pourquoi ? Parce qu’ils savaient qu’au Japon, dans le cadre de la culture de l’étiquette, faire une révérence est très courant. Cependant, les Européens (en tant qu’Occidentaux) ont rapidement associé cette coutume japonaise à l’une de leurs propres traditions antérieures, ce qui a facilité sa compréhension et son acceptation. À partir de là, ils ont commencé à l’utiliser fréquemment dans les arts martiaux, l'intégrant naturellement à leur pratique.
Ainsi, en Allemagne dès le XVIIe siècle, les commerçants utilisaient une salutation bien connue, « Mein Bogen », et en Autriche, cette même salutation se disait « Mein Bucken ». Cette salutation
s'effectuait en inclinant la tête ou le haut du corps vers la personne à qui l'on s'adressait, et elle était connue sous le nom de « ma révérence ». Ce salut n’était pas seulement connu en Allemagne et en Autriche, mais il était également courant en Suisse, en Hongrie, en Croatie, en Slovénie et dans certaines régions d’Italie, de Belgique, des Pays-Bas, de la République tchèque, de Pologne, de Serbie et même de Russie. En d’autres termes, le salut « ma révérence » était une coutume largement reconnue dans toute l’Europe. Les pratiquants d’arts martiaux européens ont simplement associé cette coutume familière de s’incliner à un nouveau mot, OSS (ou OSU), lorsqu’ils ont adopté les arts martiaux japonais. Ils ont appliqué quelque chose qui leur était déjà familier pour résoudre un problème qui, autrement, leur était étranger et inconnu. Et, plus important encore, ils n’ont commis aucune erreur. Ainsi, les Européens n’ont pas seulement adopté cette coutume japonaise, mais, d’une certaine manière, ils ont contribué à la diffuser parmi les passionnés d’arts martiaux du monde entier.
Ainsi, la révérence symbolise l’humilité, et les mots OSS (ou OSU) expriment le profond respect de quelqu’un envers la personne à qui il s’adresse, ce qui est universellement accepté dans les arts martiaux. Quand quelqu’un s’adresse à vous en s’inclinant et dit « OSS » (ou « OSU »), ce simple mot traduit son profond respect à votre égard, et c’est la plus grande reconnaissance que vous puissiez recevoir d’une autre personne dans les arts martiaux. Ce mot court de trois lettres, lorsqu’on le prononce, représente bien plus que la récitation de titres, plus que l’utilisation de mots pour désigner les grades, et même plus que l’offre de cadeaux ou d’autres gestes. Dans les arts martiaux, tout commence par le respect. Ma révérence et le mot prononcé « OSS » ou « OSU », en signe de mon profond respect à votre égard, en disent long sur moi. J’espère que cette explication clarifie ce que beaucoup de pratiquants d’arts martiaux disent et font fréquemment, même si bon nombre d’entre eux ne comprennent que partiellement, voire pas du tout, pourquoi ils le font.

La signification du salut classique La signification du salut classique


Québec Open 2026 : n événement de premier plan dans le domaine des arts martiaux en Amérique du Nord
Le Championnat international d’arts martiaux Québec Open a de nouveau réuni la communauté des arts martiaux lors d’un grand événement, qui s’est tenu du 23 au 25 avril dans les installations du PEPS de l’Université Laval.

Pour sa 43e édition, le Québec Open a accueilli près de 1 000 participants provenant de plus d’une douzaine de pays, confirmant ainsi son statut de l’un des principaux tournois internationaux en Amérique du Nord. Il s’agit d’un événement unique et en constante évolution qui joue un rôle clé dans la promotion d’un mode de vie sain, la valorisation du sport de haut niveau et la mise en valeur de la ville de Québec sur la scène mondiale.
Cette année, toutes les catégories ont été régies par les règles de la NASKA, ce qui a fait de l’Open de Québec une étape officielle du circuit World Tour, reconnu pour ses normes élevées et son organisation professionnelle. De plus, les catégories de combat continu (contact léger) et une variété de formats de compétition ont enrichi l’expérience globale.
L’Open de Québec se distingue également par sa composante éducative, avec des séminaires de haut niveau ouverts à tous les pratiquants. Ces sessions offrent de précieuses occasions de développement technique et d’échanges enrichissants au sein de la communauté des arts martiaux.
Sans aucun doute, le point culminant du week-end reste le spectacle des finales du samedi soir. Présenté devant un public impressionnant à l’Amphithéâtre Desjardins, ce « spectacle nocturne » est désormais largement considéré comme le meilleur du circuit NASKA, une réputation confirmée tant par les spectateurs, les compétiteurs, les parents, les promoteurs que les entraîneurs. Son atmosphère unique, sa production de haut niveau et son énergie indéniable en font un événement à ne pas manquer. Pour beaucoup, monter sur la scène de l’Open du Québec est devenu un objectif en soi.
La prestation d’ouverture, assurée par l’équipe d’élite des Studios Unis, a donné le ton avec un puissant mélange d’intensité, de précision et d’émotion, mettant en valeur la profondeur et l’art des arts martiaux.
L’événement bénéficie également du dévouement de près de 125 bénévoles, dont un grand nombre d’arbitres, dont le professionnalisme joue un rôle crucial pour garantir une compétition de grande qualité.



Le Québec Open bénéficie du soutien essentiel de partenaires importants, parmi lesquels Destination Québec Cité, la ville de Québec, le Bureau des grands événements, le gouvernement du Québec, le Secrétariat à la Capitale-Nationale et le ministère du Tourisme, qui contribuent tous à la croissance continue et à la portée internationale de l’événement.
L’événement est dirigé par une équipe engagée de promoteurs — David Bossinotte, Claire Cocozza, Samuel Gagnon et Keila Mejía— dont la vision et l’expérience continuent de faire de l’Open de Québec une référence dans le monde des arts martiaux.
Reconnu pour sa constance, son excellence organisationnelle et son expérience unique, l’Open de Québec continue de s’imposer comme un événement phare du circuit international.
L’organisation se tourne déjà vers la prochaine édition, qui aura lieu fin avril 2027, avec la ferme intention de repousser les limites et d’offrir une expérience encore plus marquante.



La vie, l’héritage et l’esprit inébranlable du lieutenant-colonel Chaim Peer 10e dan | Krav Maga | Kapap | BJJ | IDF Lotar | Iron Man
Il y a des hommes que les épreuves façonnent, et il y a des hommes qui se forgent eux-mêmes malgré elles. Chaim Peer appartient sans aucun doute à la seconde catégorie. Au cours d’une vie qui a traversé les guerres, les championnats, les salles de cours et les zones de combat, il est devenu l’une des figures les plus respectées et discrètement influentes des arts martiaux israéliens, de l’entraînement militaire et de la résilience humaine. Pour ceux qui le connaissent — et j’ai la chance de faire partie de ceux-là —, ce n’est pas simplement une légende. C’est un ami.
J’ai rencontré Chaim au sein de l’équipe nationale israélienne de rugby, où j’occupais le poste de préparateur physique et où il était sélectionneur national. Dès notre première séance d’entraînement ensemble, il est apparu clairement qu’il s’agissait d’un homme différent de tous ceux que j’avais rencontrés dans le sport. Sa connaissance du corps humain — ses limites, son potentiel, ses dimensions psychologiques — allait bien au-delà de ce que la plupart des entraîneurs envisagent jamais. Mais c’est son caractère qui le distinguait : calme sous la pression, exigeant dans ses standards, généreux de sa sagesse et doté d’une chaleur qui donnait envie à tous les athlètes autour de lui de s’améliorer.
Pendant cinq ans, nous avons parcouru le monde ensemble avec l’équipe nationale, disputant des matchs internationaux sur tous les continents. Ces voyages ont forgé quelque chose de plus profond qu’une relation professionnelle. Ils ont forgé une amitié, fondée sur le sacrifice partagé, sur des conversations nocturnes dans des chambres d’hôtel à l’étranger, sur cette fraternité particulière qui naît du fait de représenter son pays sur la scène mondiale. Chaim Peer était, à tous les égards, un coéquipier.
Les fondements : un guerrier érudit
L'histoire de Chaim Peer ne commence ni dans un dojo ni sur un terrain de rugby. Elle commence, comme tant d'histoires de sa génération, sur le front du conflit le plus dévastateur qu'ait connu Israël : la guerre du Yom Kippour d’octobre 1973. Il était jeune lorsque les forces égyptiennes et syriennes lancèrent leur attaque surprise le jour le plus sacré du calendrier juif, prenant Israël au dépourvu d’une manière qui ébranla la nation au plus profond d’elle-même. Les pertes furent catastrophiques. L'impact psychologique fut incommensurable. C'est pourtant précisément dans ce creuset que Chaim Peer s'est forgé.
Il est sorti de la guerre non pas brisé, mais trempé — tout comme on trempe l'acier : plus dur, plus affûté et plus résistant qu'auparavant. Ceux qui le connaissent disent qu’il ne parle jamais beaucoup de cette époque, mais les leçons de la guerre sont inscrites dans tout ce qu’il fait. L’engagement envers la préparation. Le refus d’accepter la défaite mentale. La compréhension que la résistance n’est pas seulement physique, mais une décision prise au plus profond de la volonté.
Sa carrière militaire l’a conduit au grade de lieutenant-colonel dans les Forces de défense israéliennes, où il est devenu l’une des figures les plus éminentes de l’enseignement du Krav Maga et de la doctrine du combat au corps à corps. Son rôle au sein de l'unité d'élite Lotar (antiterroriste) des FDI l'a mis en contact avec certains des meilleurs agents au monde, et sa réputation de combiner brutalité physique et intelligence psychologique a fait de lui un entraîneur très sollicité dans tout le domaine de la défense israélienne.

Après nos années de tournée avec l’équipe nationale de rugby, Chaim a rejoint mon dojo à l’université de Tel Aviv, et c’est là qu’un nouveau chapitre de notre collaboration a commencé. Ce qu’il a apporté à l’entraînement était extraordinaire : une synthèse de la discipline des arts martiaux tradition-

nels, du Krav Maga éprouvé au combat, du Kapap (un ancien système israélien de combat au corps à corps) et d’un intérêt naissant pour les principes du combat au sol qui allait bientôt transformer les sports de combat à travers le monde. Le dojo est devenu une sorte de laboratoire vivant. Les élèves venaient de tout Tel Aviv — sportifs, soldats, civils — et ont trouvé en Chaim un instructeur qui exigeait tout mais enseignait
avec patience et précision. Son approche n’a jamais été fondée sur l’ego ni sur la performance. Il s’est toujours concentré sur la fonctionnalité : qu’est-ce qui fonctionne ? Qu’est-ce que lors du contact avec un adversaire réel ? Qu'est-ce qui tient le coup sous la pression ?
Lorsque le moment est venu pour moi de partir — pour rejoindre le YAMAM, l'unité antiterroriste d'élite nationale

d'Israël —, j'ai confié à Chaim la poursuite de ce que nous avions construit. Il ne s'est pas contenté de le maintenir. Il l'a élevé. Le club de jiu-jitsu et de BJJ de l'université de Tel Aviv, sous sa direction, est devenu l’une des principales institutions d’arts martiaux du pays, et son influence s’est étendue bien au-delà des murs de l’université.


La véritable valeur d’un instructeur d’arts martiaux ne se mesure pas à ses ceintures ou à ses trophées. Elle se mesure à la qualité des élèves qu’il forme. Selon ce critère, Chaim Peer se situe au plus haut niveau.
Parmi les noms les plus éminents qui se sont formés sous sa tutelle figurent Eran Bert, Ido et Roye Pariente, des combattants et instructeurs qui sont à leur tour devenus des piliers de la communauté israélienne de MMA et de BJJ. La lignée qu’il a fondée s’étend à travers les salles de sport, les académies et les unités militaires de tout le pays. Bon nombre des principaux instructeurs de MMA en Israël aujourd’hui font remonter leur formation de base, directement ou indirectement, à Chaim Peer. Dans un pays où la culture des arts martiaux a connu un essor au cours des deux dernières décennies, il a été l’un des premiers à en poser les fondements.
Son 10e dan en arts martiaux israéliens est une reconnaissance non seulement de sa maîtrise technique, mais aussi d’une vie entière consacrée à cette forme d’art et à ceux qui la pratiquent. Il a contribué à façonner la doctrine du Krav Maga telle qu’elle existe aujourd’hui au sein des FDI, en collaborant avec les institutions et les unités qui définissent la manière dont les soldats israéliens se préparent au combat au corps à corps. Le mot « Lotar » — antiterrorisme en hébreu — revêt une importance considérable dans les milieux militaires, et l’empreinte de Chaim Peer est présente dans une grande partie de la philosophie d’entraînement qui a valu aux capacités antiterroristes d’Israël d’être respectées à l’échelle mondiale. Il est également pratiquant et professeur de Kapap — acronyme de Krav Panim el Panim, combat face à face —, l’un des plus anciens systèmes de combat formalisés développés au sein de la tradition militaire israélienne. Là où de nombreux instructeurs se spécialisent, Chaim synthétise. Son approche multidisciplinaire, qu’il appelle Multi Fight, reflète la compréhension que le combat réel ne respecte pas les limites des catégories.
Ce qui rend Chaim Peer vraiment extraordinaire — et ce qui le distingue d'innombrables instructeurs d'arts martiaux qui parlent de discipline mais pratiquent le confort — , c'est qu'il n'a jamais cessé de se mettre à l'épreuve physiquement. À un âge où la plupart des hommes ayant atteint son niveau de réussite se contenteraient d'enseigner depuis une tribune, Chaim continue de participer à des marathons et des triathlons Ironman. Il joue au water-polo. Il s'entraîne. Il transpire. Il souffre volontairement. Ce n’est pas de la vanité. C’est une philosophie mise en pratique. Chaim comprend depuis longtemps que le corps et l’esprit ne sont pas des instruments séparés : ils forment un seul et même système, et ce système doit être soumis à des contraintes pour rester fiable sous pression. Ses séminaires sur la résistance mentale et physique, qu’il dispense à des unités des forces spéciales et à des équipes sportives d’élite du monde entier, ne reposent pas sur la théorie, mais sur une expérience vécue et continue. Lorsqu’il parle de surmonter la douleur, de trouver la clarté au-delà de l’épuisement, il parle comme un homme qui a fait exactement cela hier et qui le refera demain. Cet engagement envers l’excellence physique face au vieillissement est en soi une forme d’enseignement. Ses élèves — qu’il s’agisse de soldats se préparant à un déploiement ou d’athlètes poursuivant un record personnel — voient en leur maître la preuve que les limites du corps sont en grande partie négociables, et non figées. C’est une leçon puissante, dispensée sans un seul mot.
J’ai revu Chaim lors de ma dernière visite en Israël, une visite qui s’est déroulée dans l’ombre de la pire atrocité de l’histoire de la nation depuis sa fondation. Le 7 octobre 2023, plus de trois mille terroristes de Gaza ont franchi la frontière et perpétré un massacre d’une brutalité atroce : ils ont assassiné, violé, brûlé vifs et enlevé des familles. Les communautés de la périphérie de Gaza — kibboutzim et

petites localités qui avaient vécu avec une sorte d’optimisme résolu au bord du danger — ont été rasées en une seule matinée . La nation a été secouée à parts égales par la douleur et la rage.
Chaim, comme il savait qu’il le ferait, ne s’était pas détourné de l’horreur. Il s’en était approché. Dans les semaines qui ont suivi l’attaque, il a été l’un de ceux qui ont organisé et dirigé des équipes pour venir en aide aux survivants — ces civils qui avaient enduré l’insupportable, qui

s’étaient cachés dans des abris pendant que leurs voisins étaient massacrés, qui étaient sortis dans un monde transformé au point d’être méconnaissable. Son travail n’était pas militaire à ce moment-là. Il était humain. Il s’asseyait avec les gens. Il écoutait. Il les aidait à trouver, de toutes les manières possibles, un chemin de retour vers quelque chose de solide.
Quand je l’ai vu, j’ai pu constater que le poids de tout cela l’avait affecté. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il avait été témoin de choses que personne ne devrait avoir à voir, il avait
entendu des témoignages qui se situent aux limites de ce que le langage peut contenir. Il y avait quelque chose de différent dans ses yeux : une lourdeur, une gravité supplémentaire. Et pourtant, il tenait bon. Il continuait d’avancer. Il organisait la suite, planifiait la prochaine session, préparait le prochain séminaire. Parce que Chaim Peer est comme ça.
En l’observant, j’ai pensé au jeune soldat qui avait survécu à la guerre du Yom Kippour cinquante ans plus tôt. L’histoire lui avait imposé une nouvelle et terrible épreuve, et il l’affrontait de la même manière qu’il avait affronté toutes les épreuves précédentes : avec présence, détermination et la férocité sereine d’un homme qui avait décidé, il y a plusieurs décennies, de ne pas se laisser briser.
Un homme d’honneur
Il existe une expression en hébreu — Ish Emet — qui signifie, en gros, « un homme de vérité ». Elle renvoie à quelque chose qui va au-delà de l’honnêteté au sens strict : une sorte d’intégrité qui imprègne chaque facette de la vie d’une personne, qui ne fait pas de distinction entre ce qui est représenté et ce qui est réel. C’est une expression que j’ai entendue utiliser pour désigner Chaim Peer par des personnes qui l’ont connu dans des contextes très différents — en tant que soldat, entraîneur, instructeur, ami — et qui lui va comme un gant.
Il ne parle pas d’honneur. Il le met en pratique. Sa loyauté envers ses élèves est absolue. Son engagement envers les institutions et les unités qu’il a servies est inébranlable. Sa disposition à affronter les difficultés — physiques, émotionnelles, morales — sans ciller n’est pas une posture, mais une caractéristique structurelle profonde de sa personnalité. Dans un monde qui célèbre la performance et l’image, Chaim Peer est d’une authenticité presque agressive.
Les soldats qui se sont entraînés sous ses ordres le savent. Les athlètes qui ont concouru à ses côtés le savent. Les survivants avec lesquels il s’est assis après le 7 octobre le savent. Et ceux d’entre nous qui avons eu la chance de le compter parmi nos amis le savons mieux que quiconque.
J’ai passé de nombreuses années dans des environnements où la dureté est la norme : unités militaires, programmes sportifs d’élite, compétitions de haut niveau. J’ai rencontré beaucoup de gens forts. Mais Chaim Peer incarne un type particulier de force qui est plus rare que la force physique ou l’habileté technique. C’est la force d’une personne qui a intégré ses valeurs si profondément que l’adversité ne trouve aucune faille à exploiter.
Le dojo qu’il dirige à l’université de Tel Aviv n’est pas simple-


ment un lieu où l’on apprend à se battre . C'est un lieu où l'on apprend à résister — à construire ce type d'architecture intérieure qui reste debout quand tout s'écroule autour de soi. Tel est le véritable programme d'études, et il émane directement de la vie de l'homme qui l'enseigne.
Chaim Peer, lieutenant-colonel, 10e dan, athlète Ironman, entraîneur de champions et serviteur de sa nation dans ses heures les plus sombres : il est, au sens le plus authentique du terme, forgé dans le fer. Et il continue de forger les autres.
C’est l’un des véritables privilèges de ma vie de pouvoir le compter parmi mes amis. — Écrit en l’honneur du lieutenant-colonel Chaim Peer Guerrier. Maître. Ami.
Réponse personnelle de Chaim Peer
« Avi, le téléphone m’a presque échappé des mains tant j’étais surpris. J’ai été submergé par les superlatifs que tu m’as accordés et que tu as écrits à mon sujet. En tant que vétéran de quatre guerres — Yom Kippour, les deux guerres du Liban et les Épées de fer —, avec d’innombrables opérations derrière moi, même tout cela ne m’a pas suffisamment endurci pour assimiler et digérer tout ce que tu as écrit à mon sujet. Ce n’est pas pour rien que j’ai toujours pris soin d’intérioriser et d’intégrer dans mon caractère la véritable camaraderie et l’amitié qui existent entre une personne et ses semblables ; et pourtant, cela me touche au point que j’ai du mal à assimiler l’énorme quantité de bonté et l’amitié sincère qui se dégagent des mots que tu as écrits.
J’apprécie et je te remercie profondément pour ce que tu as écrit. Je ne savais même pas que c’était ainsi que tu me percevais, ou que c’était ainsi que tu pensais de moi. Une fois encore, mes remerciements les plus sincères et ma reconnaissance la plus chaleureuse pour chaque mot que tu m’as dédié dans ce troisième chapitre de ma vie bien remplie.
En tant que fils unique de parents survivants de l’Holocauste — qui ont survécu à une famille nombreuse originaire de Hongrie, disparue dans les crématoires d’Auschwitz-Birkenau —, mon objectif personnel, en apparence discret, a toujours été de démontrer avec détermination que mon peuple est fort, qu’il survit et qu’il est impossible de le détruire. Et lorsque la véritable amitié s’élève au-dessus d’elle-même, elle devient une « ressource » importante et essentielle, au même titre que l’aide apportée aux plus faibles ou à ceux qui restent à la traîne et se battent.
Quand je regarde en arrière, je suis très fier de ce que j’ai traversé et de ce que j’ai vécu. Même si, ces dernières années, nous sommes passé du statut de peuple à celui de « vestige ».
Avi, encore une fois : merci et toute ma gratitude pour ce que tu as écrit et pour ce que nous avons vécu ensemble durant ces années tumultueuses et pas toujours faciles, pour le meilleur et pour le pire.
— Chaim Peer


L’âme se révèle à travers des schémas.
Pas dans des incidents isolés.
Pas dans un seul échec.
Pas dans une mauvaise passe. Mais dans des façons répétées d’entrer en relation avec la vérité, le pouvoir et les autres.
C'est important, car de nombreuses âmes sont imparfaites sans être vides. Beaucoup de gens mentent par peur et le regrettent ensuite. Beaucoup blessent les autres par confusion et le regrettent ensuite. Beaucoup échouent en amour parce qu'ils sont immatures, pas parce qu'ils sont prédateurs. Beaucoup traversent des périodes d'égoïsme sans s'être complètement abandonnés au culte d'eux-mêmes.
Par conséquent, nous devons faire preuve de perspicacité.
Pas d’hystérie.
Pas simplistes.
Sans soif de condamnation.
Cependant, le discernement exige aussi du courage. Nous ne devons pas excuser des comportements qui révèlent un profond désordre moral simplement parce que l’apparence est soignée. Les traits extérieurs de la sociopathie peuvent être subtils, voire socialement récompensés. Mais sous ceux-ci se cache une profonde violation de la relation sacrée.
Examinons certains de ces traits, non pas comme une liste de clinique, mais comme des signes moraux et spirituels de vide.
L'un des traits les plus trompeurs est le charme.
Beaucoup de gens pensent que la sincérité et le charme sont la même chose. Ce n’est pas le cas. La sincérité découle d’une cohérence intérieure. Le charme peut être généré sans vérité. Il peut s’apprendre, s’affiner, s’adapter, se déployer. Il peut être d’une intelligence exquise et complètement vide.

« Beaucoup de gens pensent que la sincérité et le charme sont la même chose. Ce n’est pas le cas. La sincérité découle de la cohérence intérieure. Le charme peut être généré sans vérité. »


La personnalité sociopathique étudie souvent les gens de la même manière qu’un prédateur étudie ses proies. Elle détecte l’insécurité, le désir, la vanité, les besoins insatisfaits, les blessures, les ambitions , les peurs. Elle écoute, certes, mais pas nécessairement pour savoir. Souvent, pour tracer une carte. Pour comprendre où se trouvent les points d’entrée. Pour apprendre quel reflet d’elle-même débloquera l’accès.
C’est pourquoi ces personnes peuvent paraître enivrantes au début. Elles semblent vous voir. Elles semblent attentives. Elles semblent exceptionnellement présentes. Mais ce qui ressemble à de la présence n’est peut-être que de la précision. Ce qui ressemble à de l’intimité n’est peut-être qu’une évaluation.
L’amour authentique révèle le moi et honore l’autre.
Le charme stratégique ne révèle que ce qui est utile et cherche à tirer avantage.
C’est pourquoi beaucoup se sentent désorientés après avoir rencontré une telle personne. « Mais ils semblaient si affectueux ». Oui, peut-être. Une mise en scène peut s’avérer convaincante, surtout lorsque l’autre personne souhaite désespérément qu’elle soit réelle.
Les gens ordinaires peuvent mentir sous la pression. C’est déjà grave. Mais le sociopathe va plus loin. Le mensonge devient quelque chose d’atmosphérique. Ce n’est pas une exception désespérée. C’est un environnement adaptatif. La personne ment non seulement pour échapper aux conséquences, mais aussi pour façonner la perception, garder le contrôle, semer la confusion, préserver sa supériorité ou se divertir avec le pouvoir.
Les mensonges les plus dangereux ne sont pas toujours les plus gros. Souvent, ce sont les petites distorsions stratégiques qui s’accumulent jusqu’à ce que la réalité elle-même devienne instable autour de la personne. Une histoire par-ci, une omission par-là, une subtile contradiction, une révision, une accusation, un récit inventé… jusqu’à ce que ceux qui l’entourent commencent à douter de leurs propres perceptions.
La vérité devient de l’argile entre ses mains.

C’est spirituellement monstrueux, car la vérité n’est pas simplement de l’information. La vérité est le fondement de la relation. Une fois que la vérité est violée de manière habituelle, il ne peut plus y avoir de véritable communion. Il peut y avoir de l’attachement. Il peut y avoir de l’intensité. Il peut y avoir de la dépendance. Il peut y avoir du désir. Mais il n’y a pas de communion , car la communion exige la réalité.
Le Christ a dit :
« Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Jean 8:32
L'esprit sociopathe déteste cela, car la vérité lui enlève le contrôle. La liberté chez les autres est dangereuse pour le manipulateur. Il a besoin de la distorsion pour conserver son avantage.
C’est peut-être l’un des signes les plus évidents : la capacité à utiliser l’émotion sans vraiment entrer dans sa signification morale.
Une telle personne peut pleurer quand cela lui convient, s’excuser quand elle se sent acculée, flatter quand cela lui est profitable, se mettre en colère quand on la défie, se replier sur elle-même quand cela provoque la panique, ou avouer juste ce qu’il faut pour regagner la confiance. La question n’est pas de savoir si l’émotion est présente ou absente en apparence. La question est de savoir si l’émotion est liée à la vérité et au repentir, ou si elle sert simplement d’instrument.
Il y a une énorme différence entre ressentir de la peine parce qu’on a été découvert et ressentir de la peine parce qu’on a fait quelque chose de mal. L’une relève de l’apitoiement sur soi-même. L’autre, de la contrition.
La personne sociopathe peut éprouver la première de manière très vive. La seconde, rarement.
4. La réification des autres
Nous touchons ici au cœur du problème.
L’âme sociopathe réifie. Les personnes ne sont pas considérées comme des êtres égaux et sacrés, mais comme des catégories : utiles ou inutiles, fortes ou faibles, admiratives ou menaçantes, disponibles ou obstructives, rentables ou jetables.
Cette objectivation peut se manifester dans les domaines sexuel, professionnel, émotionnel, social ou spirituel. La forme varie ; la logique reste la même.
La personne se demande inconsciemment :
Que peut faire cette personne pour moi ?
Comment cette personne peut-elle me valoriser ?
Comment peut-on utiliser cette personne ?
Quel danger cette personne représente-t-elle pour mon image ou mes désirs ?
Elle se demande rarement :
Comment honorer cette âme ?
Quelle est ma responsabilité devant Dieu vis-à-vis de cette personne ?
Comment puis-je aimer sans consommer ?
Une fois que la réification domine, l’exploitation devient presque inévitable. La seule question est celle du style.
5. L’absence de remords — ou son imitation convaincante
Le remords est sacré.
Ce n’est pas agréable.
Ce n’est pas confortable.
Mais c’est sacré.
C’est la douleur qui protège l’âme de la corruption totale. C’est le témoin intérieur qui dit : « Tu as violé quelque chose de réel. » C’est la porte par laquelle entre le repentir. Sans remords, le péché se calcifie.
La personne sociopathe peut regretter les résultats.
Elle peut regretter d’avoir été prise sur le fait.
Elle peut regretter de perdre son accès, son confort, son admiration ou son contrôle.
Mais la douleur sincère face au mal infligé aux autres est souvent alarmantement absente — ou bien elle est superficielle, éphémère et rapidement remplacée par l’autojustification.
Lorsqu’on la confronte, elle peut même refléter le remords attendu. Elle a appris le script :
« Je sais que je t’ai fait du mal. »
« Je me déteste pour ça. »
« Ce n’était pas mon intention. »
« Je suis anéanti. »
« J’essaie. »
Des mots. Parfois très beaux. Mais observe ce qui suit.
Le comportement change-t-il ?
La vérité s’approfondit-elle ?
La responsabilité s’accroît-elle ?

L’humilité apparaît-elle ?
Se soumet-il aux limites, aux conséquences et à la mise à nu ?
Ou le cycle recommence-t-il simplement ?
Le véritable repentir porte ses fruits.
Le comportement cherche à se réinsérer.
6. Colère face à la mise à nu
L’un des signes les plus sûrs n’est pas simplement la mauvaise action, mais le type de réponse qui surgit lorsque la mauvaise action est signalée.
L’âme saine mais imparfaite peut se défendre au départ, certes. Beaucoup le font. Mais s’il y a de la vie dans la conscience, la vérité finit par pénétrer. La honte apparaît. La réflexion commence. L’humilité est possible.
Mais le sociopathe répond généralement à la mise au jour par la fureur, le mépris, la moquerie, le renversement des rôles ou des représailles calculées. Pourquoi ? Parce que la mise au jour menace la fausse souveraineté. Être vu tel qu’on est est intolérable. C’est pourquoi la personne s’en prend au miroir.
Elle te traitera peut-être de fou.
D’instable.
D’injustifié.
D’abusif.
De faible.
D’obsessionnel.
D’implacable.
Il doit discréditer le témoin, car la vérité elle-même est l’ennemi.
C’est pourquoi ceux qui font face à ce genre de personnes repartent souvent désorientés, coupables ou honteux, même lorsqu’ils ont eux-mêmes subi la violation. Le manipulateur projette avec une telle force que la réalité morale devient floue.
Il s’agit d’une guerre spirituelle au niveau des relations.
Le signe le plus sombre est peut-être celui-ci : la personne ne se contente pas de profiter de la faiblesse, elle est attirée par celle-ci car elle lui offre du pouvoir. Elle peut rechercher des personnes confiantes, empathiques, idéalistes, blessées ou dévouées, car ces âmes sont plus faciles à lier, à lire, à déstabiliser et à dominer.
Elle ne le dira peut-être pas ouvertement. Elle ne l'admettra peutêtre même pas consciemment. Mais elle se sent plus vivante là où il y a de l'asymétrie. La réciprocité ne l'intéresse pas autant que l'avantage.
L'idéal Hwarang s'oppose totalement à cela. Le vrai guerrier pro-

tège la faiblesse ; il ne s'en nourrit pas. Il possède la force pour que les autres puissent se tenir debout, non pas pour qu'il puisse s'élever au-dessus de ceux qui tremblent.
C’est pourquoi la sociopathie est, par essence, anti-guerrière. Elle peut imiter la discipline, la détermination, le sang-froid et l’audace, mais elle est spirituellement lâche. Elle profite au lieu de protéger. Elle utilise au lieu de servir. Elle recherche la supériorité, pas la responsabilité.
Nous arrivons ici au signe le plus profond de tous.
L’âme sociopathe ne peut pas s’incliner véritablement. Pas au fond d’elle-même.
Elle peut imiter la soumission si cela lui est profitable. Elle peut flatter l’autorité. Elle peut faire preuve de révérence. Elle peut citer les Écritures, la philosophie, la morale, la psychologie, voire l’humilité elle-même. Mais au fond d’elle-même, le moi reste sur son trône.
S’incliner, c’est accepter que l’on n’est pas souverain.
S’incliner, c’est reconnaître la vérité au-dessus de l’appétit.
S'incliner, c'est soumettre le moi à Dieu, à la conscience, à l'ordre moral, à la responsabilité.
La personnalité sociopathe s'y oppose de fond en comble. Elle peut être fascinée par le pouvoir, la religion, le rituel, la hiérarchie ou le symbolisme, mais seulement s'ils peuvent être récupérés. La reddition authentique est intolérable car elle exige la destitution.
Et c’est précisément ce qui doit se produire pour la rédemption. Le faux roi doit descendre de son trône.
Jusque-là, tous les traits restent des branches du même arbre empoisonné : le moi intronisé, le cœur enfoui, le refus de s’incliner.
C’est cela la sociopathie dans sa forme morale et spirituelle.

Ce n’est pas simplement une mauvaise conduite.
Ce n’est pas simplement une question de personnalité.
Mais une vie organisée autour de la préservation et de l’expansion du moi aux dépens de l’amour, de la vérité et de la révérence. Et maintenant, nous devons nous poser la question derrière la question : comment l’Écriture éclaire-t-elle cette obscurité ?
La Bible n’utilise pas le mot moderne « sociopathie ».
Elle fait quelque chose de plus profond.
Elle révèle l’anatomie du cœur déchu.
L’Écriture ne se contente pas de répertorier des symptômes. Elle expose l’essence même. Elle va au-delà du comportement pour atteindre la seigneurie : la question de savoir ce qui gouverne l’être humain. Est-ce la vérité ou l’appétit ? Dieu ou le moi ? L’amour ou l’orgueil ? La révérence ou la rébellion ?
En ce sens, l’Écriture parle avec une précision troublante de la condition sociopathique.
Le cœur endurci
À maintes reprises, la Bible met en garde contre la dureté de cœur.
Un cœur dur n’est pas simplement un cœur fort. Ce n’est pas de la résilience. Ce n’est pas de la discipline. C’est un cœur qui a résisté à la vérité si souvent que sa capacité de réponse s’amenuise. La conviction ne pénètre plus. La miséricorde n’adoucit plus. La souffrance n’enseigne plus. La vie d’autrui n’a plus de poids sacré.
Le pharaon est l’un des grands portraits bibliques de cet état. Il voit la souffrance. Il cause de la souffrance. On l’avertit. On lui tient tête. Il en subit les conséquences. Pourtant, il continue. Pourquoi ? Parce que son cœur est endurci. Le pouvoir importe plus que la vérité. Le contrôle importe plus que la justice. Sa propre volonté importe plus que les cris des opprimés.
C'est le principe sociopathe en langage spirituel.
Un cœur peut en venir à être tellement attaché à sa propre souveraineté que même la réalité, le fléau, les avertissements et la dévastation ne parviennent à l'humilier.
Une conscience cautérisée
Paul parle de ceux dont la conscience est « cautérisée comme par un fer rouge » (1 Timothée 4:2). Quelle image. Une conscience brûlée. Marquée. Insensible là où il devrait y avoir de la sensibilité.
C'est ce qu'entraîne le péché répété sans repentance. Au début, la conscience picote. Puis elle met en garde. Puis elle proteste. Mais si on l’ignore assez longtemps, sa voix s’affaiblit. Non
pas parce que la morale a changé, mais parce que la capacité de réaction a été endommagée.
L’âme sociopathe n’est pas simplement ignorante du bien et du mal. Elle a souvent refoulé le bien et le mal tant de fois que le témoignage intérieur est presque inaccessible. C’est pourquoi, souvent, le simple argument échoue. Il ne s’agit pas simplement d’un raisonnement erroné, mais d’une sensibilité morale émoussée.
Des loups déguisés en agneaux
Le Christ a averti :
« Méfiez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous déguisés en agneaux, mais à l’intérieur, ce sont des loups féroces ».
Matthieu 7:15
C’est l’une des descriptions spirituelles les plus claires du déguisement du prédateur. Le danger n’est pas seulement que le mal existe, mais qu’il puisse se revêtir d’innocence, de gentillesse, de spiritualité, voire de service.
Le loup ne s’annonce pas. Il s’introduit par la confiance.
C’est pourquoi le discernement n’est pas facultatif pour le guerrier ni pour le croyant. Il faut apprendre à regarder non seulement les paroles, l’image, l’intensité, le charme, la connaissance ou le sentiment, mais aussi le fruit.
Le Christ poursuit :
« C'est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »
Matthieu 7:16
Pas à leur vocabulaire.
Pas à leurs larmes.
Pas à leurs promesses.
Pas à leur confiance.
À leurs fruits.
Les personnes autour d'eux deviennent-elles plus libres ou plus désorientées ?
Plus fortes ou plus affaiblies ?
Plus sincères ou plus instables ?
Plus intègres ou plus exploitées ?
Les fruits révèlent l’essence.
La description de Paul dans 2 Timothée 3 est effrayante de pertinence :
« Les gens seront égoïstes, avides d’argent, vantards, orgueilleux, violents… ingrats, impies, sans amour… calomniateurs, sans maîtrise de soi, brutaux, n’aimant pas le bien… »
Remarquez comment l’amour-propre, lorsqu’il est désordonné, devient la source de la corruption. La question n’est pas celle d’une dignité adéquate. C’est le moi comme obsession, le moi comme idole, le moi comme centre qui consume tout. Une fois que le moi devient dieu, toutes les relations sont déformées.
L’âme sociopathe est l’expression ultime de ce principe.

Paul écrit :
«L’amour ne fait pas de mal au prochain ». Romains 13:10Simple. Absolu.
Gênant.Ce n’est pas que l’amour ne confronte jamais, ne discipline jamais, ne heurte jamais le confort faussement idéalisé. Mais l’amour n’utilise pas le mal comme moyen d’autoglorification. Il ne se complaît pas à déstabiliser les autres. Il ne les consume pas. Il ne manipule pas leur dignité pour le plaisir ou le profit.
Là où l’on inflige des blessures répétées sans repentir, l’amour est absent, quel que soit le mot prononcé.Et si l’amour est absent, Dieu est absent du centre, car « Dieu est amour » (1 Jean 4:8). Pas de sentimentalisme. Pas d’indulgence. Pas de théâtre romantique. Mais un amour saint, sacrificiel et véridique. C’est pourquoi l’âme sociopathe n’est pas simplement perturbée psychologiquement. Elle est spirituellement aliénée. Elle s’est isolée de la vie même de l’amour qui rend la personnalité complète.
La logique démoniaque de l’accusation et de l’inversion
L'Écriture appelle Satan « le père du mensonge » (Jean 8:44) et « l’accusateur ». Ce ne sont pas là des descriptions fortuites. Les mensonges et l’accusation sont deux des principaux outils par lesquels la réalité est inversée. Le coupable devient victime. Le sincère devient instable. L’innocent devient suspect. L’opprimé devient agresseur.Cela vous semble-t-il familier ?
Une grande partie de la manipulation sociopathique suit cette logique. Non pas parce que chacune de ces personnes est « démoniaque » au sens sensationnaliste du terme, mais parce que la structure spirituelle de la distorsion s’aligne sur le mensonge, l’accusation, l’inversion et la domination. La réalité n’est pas acceptée ; elle est déformée. La vérité n’est pas honorée ; elle devient une arme. Le guerrier comme le croyant doivent voir cela clairement.

Le remède : la mort du faux moi
Si les Écritures diagnostiquent le problème en profondeur, elles révèlent aussi le seul véritable remède. Ce n’est pas un simple dépassement de soi.Ce n’est pas réparer son image.Ce n’est pas contrôler son comportement. Ce n’est pas un repentir stratégique.Le remède, c’est la mort et la renaissance.Le Christ dit :« Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix et qu’il me suive. »
Luc 9:23
Cela est intolérable pour la structure sociopathique, car cela exige précisément ce que le moi vide craint le plus : la destitution.Se renier soi-même ne signifie pas se haïr soimême. Cela signifie renoncer à la fausse souveraineté de l’ego. Cesser de faire de l’appétit un roi. Cesser d’adorer le contrôle. Cesser de préserver le moi à tout prix. Mourir au faux moi afin que le vrai moi — ancré en Dieu — puisse vivre.
Il n’y a pas d’autre remède. Pas en dernier ressort.La thérapie peut aider.Les conséquences peuvent freiner.L’introspection peut éclairer.Mais à moins d’abandonner le faux trône, la racine demeure.
C’est pourquoi le Christ est la réponse définitive à la sociopathie : non pas parce qu’il offre un déguisement religieux, mais parce que Lui seul révèle et guérit la rébellion la plus profonde : l’intronisation du moi au-dessus de Dieu et l’utilisation des autres au service de ce trône.Sur la croix, tout faux pouvoir est mis à nu.Toute manipulation est jugée.
Toute fierté est humiliée.
Toutes les excuses sont consumées.
Et l’invitation reste ouverte : Incline-toi.
Confesse.
Meurs au faux moi. Sois renouvelé.
Mais peu le veulent, car cela coûte cher. Ce n’est pas un ajustement cosmétique. C’est la crucifixion de l’ego.
Pourtant, il n’y a pas de chemin plus facile vers la vie.

« Une grande partie de la manipulation sociopathique suit cette logique. Non pas parce que chacune de ces personnes est « démoniaque » au sens sensationnaliste du terme, mais parce que la structure spirituelle de la distorsion s’aligne sur le mensonge, l’accusation, l’inversion et la domination. La réalité n’est pas acceptée ; elle est déformée. La vérité n’est pas honorée ; elle devient une arme ».



PYTHAGORE ET L'ESCRIME IONIENNE
LA PHILOSOPHIE PYTHAGORICIENNE APPLIQUÉE
AUX ARTS MARTIAUX DE LA RÉGION IONIENNE
Les mathématiques sont le moyen le plus proche dont nous disposons pour décrire le monde, organiser la connaissance, comprendre ce qui nous entoure et élaborer des hypothèses et des prédictions. Galilée disait que la nature est un livre de mathématiques. Beaucoup d’entre nous pensent que les mathématiques ne servent qu’à faire des calculs, mais en réalité, elles constituent une manière efficace de penser, de créer des liens fonctionnels pour la compréhension des phénomènes, de synthétiser une grande quantité d’informations et de reconnaître des schémas récurrents qui nous permettent de faire des prédictions. Les grands maîtres d’escrime italiens ont toujours dit que les mathématiques et la géométrie sont les fondements de l’art de l’épée. Pour Pythagore, tout est nombre, non pas au sens abstrait, mais au sens pratique, car tout était exprimable en nombres : le son, la nature, le cosmos tout entier. En suivant les indications du maître du passé, nous appliquerons à l'escrime de la région ionienne son modèle de pensée, en synthétisant le programme, les actions essentielles, les tactiques et les stratégies sur une échelle numérique. Sur cette échelle, chaque nombre exprime une ou plusieurs actions qui constituent le tissu fondamental de l'art martial. On obtiendra ainsi une vision globale de l'art de l'escrime de près ionienne, mais cela permettra également à notre cerveau d'établir des relations fonctionnelles entre une action et une autre. Voyons concrètement de quoi nous parlons en exposant les concepts, les stratégies et les actions techniques liés au nombre. Rappelons que le nombre n'est pas ce que nous entendons dans la vie quotidienne, mais la synthèse d'un concept de pensée qui permet d'organiser l'expérience.


• Le n° 1. Pour Pythagore, c'était la Monade, l'origine et même Dieu lui-même . Dans notre escrime ionienne, il représente le point, c'est-à-dire le coup de pointe, également appelé la pointe. À ce nombre est également associé le mouvement circulaire qui, comme nous le verrons plus loin, se développera et s'exprimera mieux à la fin de l'échelle, c'est-à-dire au numéro 10. • Le n° 2 pour Pythagore est le féminin, il représente la dualité. Dans l'escrime ionienne, c'est l'union de deux points, créant ainsi une ligne, c'est-à-dire le coup de coupe. Celui-ci peut avoir trois directions : verticale, horizontale et diagonale, et pour chacune d'elles deux sens : ascendant ou descendant, ou de droite à gauche et vice versa. Le chiffre deux représente également les deux prises fondamentales : la prise droite et la prise inversée. Ces modalités ne concernent pas seulement le couteau, mais aussi d’autres armes telles que les machettes de différentes tailles et même les armes de percussion, comme les bâtons ou les barres de fer. Le chiffre deux représente également la division en deux parties ; à ce concept binaire s’associe la division fondamentale du corps humain en deux moitiés. Nous faisons référence à ce qu’on appelle la ligne centrale, c’est-à-dire une ligne imaginaire qui divise longitudinalement tant mon corps que celui de l’ adversaire. Cette conception permet une défense efficace, en classant immédiatement les attaques qui atteignent la cible depuis la droite ou depuis la gauche.
• Avec le chiffre 3, nous avons, pour Pythagore, le masculin, mais aussi l’harmonie. En escrime ionienne, nous commençons à subdiviser l’espace de combat en trois distances : la longue, la moyenne et la courte. Il peut parfois être utile de subdiviser l’espace en trois cercles concentriques, comme le faisaient les maîtres de la Renaissance italienne et espagnole.
• Le chiffre 4 nous donne la possibilité de subdiviser la cible en 4 quadrants. Il s'agit d'imaginer le corps de l'adversaire coupé par une ligne verticale — la ligne centrale (déjà mentionnée) — et par une ligne horizontale qui la croise, formant ainsi une croix. La croix génère 4 quadrants à l'intérieur desquels peuvent arriver les attaques de l'adversaire. Cette classification permet une organisation efficace des parades ou des esquives. Il convient de souligner que cette division est restée intacte dans les écoles d'Arnis de Mano aux Philippines.
• Le chiffre 5 nous indique, en premier lieu, les cinq déplacements fondamentaux du corps, ce que l'on appelle aujourd'hui partout dans le monde le « footwork » : le pas en avant (step et slide), qui s'effectue en tendant le pied avant et en faisant glisser le pied arrière pour rétablir la distance initiale entre les pieds. Le deuxième pas est le pas en arrière ; dans ce cas, le pied arrière est tendu vers l'arrière et, en ramener le pied avant, on retrouve la même distance de départ. Le troisième pas est le pas latéral vers l’arrière ; si, par exemple, nous avons le pied droit en avant, nous le déplaçons vers notre droite, puis le pied gauche se déplace également vers la droite pour atteindre une position analogue à celle du départ, mais avec tout le corps déplacé vers la droite. Le quatrième pas est le pas de poitrine : si, par exemple, nous avons le pied droit en avant, nous déplacerons d’abord le pied arrière (le gauche), puis nous réalignons le pied droit vers notre gauche ; ainsi, tout le corps se déplace vers notre gauche. Enfin, le cinquième pas peut être appelé « pas de torero » (tel qu'il est nommé dans les anciens livres de boxe), ou « pas pivotant », et même, en japonais, TAI SABAKI. Il s'agit de pivoter sur le pied avancé et, avec le pied arrière, d'exécuter un quart de cercle en changeant l'orientation de tout le corps. Le pas de pivot peut également être effectué sur le pied arrière ; dans ce cas, l'arc de cercle sera exécuté par le pied avancé.
À ce numéro, nous associons également les 5 parades fondamentales : basse interne, basse externe, haute externe et haute interne au-dessus de la tête.
• Le numéro six est associé à la première combinaison, que l’on pourrait résumer par 3+3. La cible est divisée par deux lignes horizontales, créant ainsi trois espaces : un bas, un moyen et un haut. On s'entraîne à atteindre chacun de ces trois secteurs en partant de chacune des trois distances : la longue, la moyenne et la courte.
• Le chiffre sept est associé à la combinaison des 5 pointes avec la coupe représentée par le n° 2, ce qui donne 5+2. Rappelons également que les coupes suivent trois directions : horizontale, verticale et diagonale.
• Nous arrivons au chiffre 8, qui représente le juste milieu entre le carré et le cercle, c'est-à-dire l'octogone. Une figure très appréciée tant par les Chinois que par notre tradition templière. Sans entrer dans l’ésotérisme, le chiffre 8 a été largement utilisé pour indiquer les huit coupes de l’épée ; en Occident également, l’astérisque guidait les élèves dans l’exécution des coupes. Dans le film « L’Art de la mort », le maître d'armes enseigne à son élève à manier la lame en la déplaçant sur l'astérisque dessiné dans le miroir. Le judo utilise ce symbole pour faire comprendre les 8 directions du déséquilibre Happo No Kusushi. Le jeu de jambes dans les 8 directions permet des déplacements non seulement vers l'avant et vers l'arrière, vers la droite et vers la gauche, mais aussi des pas en diagonale, qui sont une fusion des deux mouvements précédents.
• Le 9 est le dernier chiffre avant la dizaine, c’est pourquoi il est défini comme le plus ésotérique. Sur le plan pratique, qui est ce qui nous intéresse le plus ici, le neuf peut être subdivisé de plusieurs façons ; voyons-en quelques-unes : 2+1+3+3 ; en traduisant, nous avons avec le 2 les coups de coupe, avec le 1 la pointe, avec le premier 3 les trois distances et avec le second 3, les trois hauteurs. Une autre subdivision intéressante est 5+4 ; elle indique la capacité à utiliser les 5 pointes dans les 4 quadrants qui subdivisent la cible. Permettez-moi d’illustrer une autre possibilité parmi les innombrables que propose le chiffre 9 : le 8+1. Voyons ce que cela signifie. Le chiffre 8 fait référence aux 8 directions, tandis que le 1 fait référence à la pointe. Il s’agit d’apprendre à frapper avec la pointe tout en utilisant les 8 déplacements, un coup par direction, en avançant, reculant et en changeant de main pour frapper avec la gauche lorsque cela est nécessaire.
• Le dernier chiffre que nous examinons est le dix, la tétraktys pythagoricienne formée par 1+2+3+4. Elle est représentée par un triangle équilatéral formé à la base par 4 points surmontés de 3 points, puis de 2 et enfin d’un. Ce triangle peut s’inscrire dans un cercle en le divisant en trois parties égales de 120°. En escrime ionienne, le 10 représente la maîtrise du savoir exprimée par les savoir synthétisé dans les nombres précédents. À cela, nous associons les mouvements circulaires tels que les cavations ou les contre-cavations, mais aussi les déplacements de la main armée et de la main libre.
Prendre en compte ces relations entre les nombres et les mouvements nous permet de comprendre ce que nous faisons et comment relier fonctionnellement une action à une autre qui n’est pas toujours expliquée ou mise en évidence. Cette opération mentale facilite non seulement l’apprentissage, mais aussi la mémorisation d’un vaste programme tel que celui de l’escrime ionienne, qui plonge ses racines dans l’ancienne Grande-Grèce.




Tradition, anthropologie et « science de l’invisible »
Au cours de l’histoire, de nombreuses cultures ont développé des systèmes de connaissance destinés à comprendre ce qui échappe à la perception ordinaire de l’être humain : les émotions, la conscience, l’intuition, les états intérieurs et la relation entre l’individu et les forces qui façonnent sa réalité.
En Orient, des concepts tels que le Qi chinois, le Prana hindou ou certains courants ésotériques japonais ont tenté de donner forme à ce que certains chercheurs contemporains associent aujourd’hui à la perception, à la psychologie des profondeurs et aux états de conscience élargis.
C’est dans ce contexte qu’apparaît l’Ebunto, une tradition spirituelle et énergétique liée au peuple Hagumo — également appelé Shizen au Japon, « les naturels » — et définie par nombre de ses pratiquants comme une véritable « science de l’invisible ».
Loin de se présenter comme une religion, l’Ebunto se décrit comme un système complexe d’observation, d’étude et de pratique visant à comprendre les énergies, les tensions internes de l’être humain et les schémas qui influencent le comportement, les émotions et l’évolution personnelle.
Pour mieux connaître cette tradition, nous avons discuté avec Shidoshi Kakushin Sergio Verdeguer (Ushashi Kawazuki) et Kakushin Felipe Kawazuki, deux des figures les plus représentatives de l’École centrale d’Ebunto en Espagne.

« L’Ebunto est un art ancien et extrêmement complexe »
—D’un point de vue anthropologique, comment définiriez-vous l’Ebunto ?
—L’anthropologie étudie, par essence, « le parcours de l’homme sur Terre ». L’Ebunto fait partie de ces systèmes anciens par lesquels différentes cultures ont tenté de comprendre la nature humaine, la conscience et les forces invisibles qui influencent sur l’existence.
On pourrait diviser historiquement l’Ebunto en trois grandes étapes.
La première correspond à la période antérieure au métissage entre le peuple Hagumo et les Japonais. Le peuple Hagumo provenait à l’origine de régions liées à l’île d’Hokkaido et était formé d’influences mongoles, chinoises et de tribus locales. Les premiers habitants de Hokkaido étaient les Aïnous, terme qui signifie « humain » dans leur langue .
C'était un peuple d'agriculteurs, de pêcheurs et de chasseurs, doté de faibles capacités militaires, ce qui a entraîné

son déplacement progressif et son absorption par l'expansion japonaise. Dans ce contexte, l'Ebunto est également apparu comme un système de protection culturelle, spirituelle et humaine.
La deuxième étape survient avec l'intégration progressive des deux cultures. Le Japon apporte une sophistication philosophique, de la discipline et une structure, tandis que le peuple Hagumo conserve un lien profond avec la nature et les traditions ancestrales.La troisième

étape correspond à l’arrivée de l’Ebunto au Brésil, sous l’impulsion d’Ogawa Sensei et de Shinyuki Sensei. C’est là qu’a commencé une profonde réorganisation du savoir, visant à séparer la composante purement mythique d’une approche plus analytique et empirique.« La spiritualité doit être étudiée à partir du doute »—Vous parlez constamment d’une dimension scientifique au sein de l’Ebunto. Que voulez-vous dire exactement ?—La science consiste à observer, analyser et décomposer chaque phénomène pour le
comprendre. C’est pourquoi l’Ebunto est divisé en de multiples domaines d’étude et matières spécifiques.Or, aucun chemin spirituel ne peut s’expliquer entièrement à l’aide de paramètres scientifiques conventionnels. Il convient d’aborder la spiritualité à partir du doute, de la remise en question et de l’observation impartiale.Douter ne signifie pas attaquer. Remettre en question n’implique pas discréditer. Cela signifie observer sous différents angles.Dans nos écoles, nous insistons beaucoup pour éviter trois grandes

erreurs qui, historiquement, ont déformé de nombreux chemins spirituels : la mystification, le romantisme et la fantaisie.L'une des matières fondamentales de l'Ebunto est le Nemboga, traduit par « lucidité », car on ne peut étudier la spiritualité sans un esprit clair, équilibré et rationnel.
« L'Ebunto n'est pas élitiste »—On a parfois dit que l'Ebunto était une tradition réservée aux élites. Est-ce vrai ?

—Non. Tout le monde peut étudier l'Ebunto.Il est vrai que pendant des siècles, ce savoir était discret, voire réservé, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agisse d’élitisme. Historiquement, de nombreuses personnes influentes, aristocrates ou figures de pouvoir ont recherché ce type d’enseignements, mais le chemin spirituel est toujours profondément individuel.
Un maître peut vous accompagner, vous guider ou vous aider, mais les décisions finales appartiennent toujours à l’individu.
Beaucoup de personnes arrivent dans nos écoles après avoir traversé des situations difficiles, des crises personnelles ou de profondes recherches intérieures. D’une certaine manière, on dit souvent qu’il existe deux chemins vers la spiritualité : la douleur ou l’amour.
« L’Ebunto étudie les énergies, les tensions et les schémas de réalité »


—Pour quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de l’Ebunto, comment pourrait-on expliquer simplement ce qu’il étudie exactement ?
—L'Ebunto étudie les relations entre l'énergie, la conscience et le comportement humain. Nous travaillons sur les tensions émotionnelles, les états d'esprit, les fréquences vibratoires, les éléments naturels, les schémas comportementaux et les processus de transformation personnelle. Nous étudions également comment certains événements semblent se répéter selon des structures ou des schémas concrets au sein de la vie humaine.Vu de l’extérieur, on pourrait trouver certains parallèles avec la philosophie orientale, le symbolisme, le chamanisme ou certaines études modernes sur la perception et le comportement. Mais l’Ebunto ne peut se réduire entièrement à aucune de ces catégories. Il possède sa propre identité.
« Les neuf forces de l’Ebunto »
—Au sein de cette tradition, on parle de forces appelées Rangu ou Tengu, qui représentent les différentes fractales de la nature. Que représentent-elles ?
—Au sein de l’Eb , il existe neuf forces principales appelées Rangu (Tengu). Elles ne sont pas considérées comme des dieux ou des entités, mais comme des archétypes énergétiques liés à différents aspects de l’existence humaine.Elles représentent des concepts tels que la transformation, la sagesse, les émotions, l’équilibre, le conflit, l’abondance, le destin ou la spiritualité.Selon cette vision, ces forces se manifestent constamment dans la vie quotidienne et peuvent être observées, comprises et harmonisées par la discipline, l’étude et l’expérience.

« La connaissance doit rester intacte »
—Si une personne souhaitait étudier l’Ebunto, que devrait-elle faire ?
—La première chose est de trouver une école authentique, capable de préserver la tradition originale et de transmettre le savoir sans altération.
Le peuple Hagumo possède même son propre dialecte qui est encore utilisé lors de certaines cérémonies, prières et transmissions internes.
Le système complet de l’Ebunto se compose de 41 matières spirituelles. Certaines traitent d’aspects philosophiques ; d’autres développent la perception, la discipline mentale ou l’interprétation énergétique.
L’objectif n’est pas de « croire » aveuglément en quelque chose, mais d’apprendre à percevoir comment agissent certaines énergies et comment les harmoniser correctement.
« Pragmatisme, sérieux et savoir »
—Quels seraient alors les fondements de cette voie ?
—Trois piliers : pragmatisme, sérieux et savoir.
Toute voie spirituelle qui perdrait ces trois éléments risquerait de sombrer dans la superstition ou la manipulation émotionnelle.
C’est pourquoi nous insistons tant sur l’observation, l’étude et l’expérience directe.

« Les expériences doivent être vécues »
— Comment travaillez-vous actuellement au sein des écoles ?
—Nous proposons des cours, des formations audiovisuelles et différents domaines d’étude.
Il existe également des systèmes traditionnels d’interprétation et d’analyse —36 types d’oracles— visant à comprendre les causes, les conséquences et les schémas présents dans la vie des personnes. Ainsi qu’un réseau complexe de calculs numériques qui nous permettent d’accéder à certaines informations de différents domaines et à des fins diverses.


« Tout le monde peut étudier l’Ebunto. Il est vrai que pendant des siècles, ce savoir était discret, voire réservé, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il s’agisse d’un élitisme.
Historiquement, de nombreuses personnalités influentes, aristocrates ou figures de pouvoir ont recherché ce type d’enseignements, mais le chemin spirituel est toujours profondément individuel. »

Dans de nombreux cas, nous recevons des personnes désireuses de savoir ce qu’il y a au-delà de ce qui est simplement à portée de main. À la recherche de cette essence qui ne se révèle pas au premier regard, loin des choses du quotidien. C'est peut-être là l'un des grands attraits de l'approche du monde de l'invisible. Des choses pragmatiques qui échappent parfois à notre raison, des situations que l'on voit, que l'on ressent et, surtout, qui se manifestent à la première personne. Il s'agit d'une expérience unique et intransférable. Des techniques ancestrales visant à équilibrer les tensions entre le corps, l'esprit et une dimension spirituelle souvent méconnue, où émergent de nouveaux schémas de compréhension audelà du tangible.
Mais l’important est de comprendre qu’aucune expérience ne peut s’expliquer entièrement par des mots. Elle doit être vécue.

« Le monde a commencé sans l’homme et finira sans lui »
—Tout au long de l’entretien, vous insistez beaucoup sur la nécessité de garder une vision rationnelle de la spiritualité.
—Exactement. Nous citons même souvent l’anthropologue Ralph Linton lorsqu’il affirmait : « Le monde a commencé sans l’homme et finira sans lui. »
Cette phrase nous rappelle l’importance de comprendre l’être humain dans une perspective humble et observatrice, loin des dogmatismes et des absolutismes.
Conclusion
Au-delà des interprétations que l’on peut faire de sa dimension spirituelle ou énergétique, l’Ebunto apparaît comme un système complexe de tradition, de symbolisme, de discipline et d’observation humaine qui a réussi à survivre au fil des générations en s’adaptant à différents contextes culturels.
Actuellement, l’École centrale d’Ebunto en Espagne continue de développer des activités de formation et des rencontres internationales visant à préserver cet héritage ancestral.
Nos remerciements à Shidoshi Kokeisha Sergio Verdeguer et Kokeisha Felipe pour avoir partagé une partie d’une tradition encore peu connue en Occident.
TAOWS UNIVERSITY VALENCIA
WingTsun et Escrima Concepts






Le passé : comment tout a commencé !
On affirme souvent que notre jiu-jitsu (ju-jutsu) remonte à l’époque des samouraïs. Cependant, cela est inexact, car à l’époque des samouraïs, ces guerriers pratiquaient des formes de combat totalement différentes. Imaginez un samouraï engagé dans un combat au corps à corps tout en portant un équipement de combat lourd et complexe. En réalité, le Jiu-Jitsu est apparu vers les années 1900-1910, lorsque les premiers maîtres japonais sont arrivés en Europe, puis se sont installés en Amérique du Sud pour y mener une vie meilleure et plus sûre.
C'est même le mot « Jiu-Jitsu » (ou « JuJutsu ») a vu le jour ici, en Occident, pour désigner cet art martial « souple » ou « adap- table ». À cette époque, les Chinois étaient déjà présents en Europe avec leur Kung Fu (ou Gung Fu), et très peu de gens pouvaient reconnaître ou comprendre la différence. Les premières écoles de Savate (ou Chausson) Kickboxing ont vu le jour à Marseille à partir des arts martiaux chinois, où de nombreux nobles s’entraînaient pour se défendre contre les agressions de rue.

Lorsque les Japonais sont arrivés, les gens ont voulu adopter cet art martial, qui fut plus tard connu sous le nom d’« art doux » (Braz. Arte Suave). Curieusement, cet art martial attirait beaucoup plus les femmes que d’autres comme la boxe, le savate ou la lutte libre, qui étaient également largement pratiqués en Occident.
Après que les épées eurent été déposées au Japon et que de nombreux arts martiaux (Bujutsu) eurent été interdits, la plupart de ces écoles (Ryu) disparurent et ne trouvèrent d’autre issue que de se réinventer en Occident. C'est ainsi que l'art martial du jiu-jitsu renaquit.
De nombreux jeunes maîtres arrivèrent en Europe dans l'espoir de transmettre leur précieux savoir. Souvent, ce sont même les fils des anciens grands maîtres qui vinrent en Europe. L'intérêt pour eux en tant qu'experts du combat grandit considérablement, un fait qui fut rapidement reconnu dans toute l'Asie. Ainsi, les jeunes maîtres — qui avaient souvent peu de compétences ou d’expérience en matière d’enseignement — trouvèrent de bons emplois en tant qu’instructeurs dans la poli-

ce ou en tant qu’une sorte de « majordome 007 moderne » pour ceux qui pouvaient se le permettre.
Une fois le jiu-jitsu bien établi en Europe, certains d’entre eux s’installèrent en Amérique du Sud, où existait une culture florissante de cirques et de spectacles de combat et où ils étaient bien rémunérés en tant qu’experts en combat. Au Brésil, de nombreux cirques étaient en tournée, dont beaucoup étaient dirigés par des Européens — en particulier des Italiens, des Espagnols et des Portugais — qui s’étaient installés là-bas. Souvent, ils ne restaient pas seulement au Brésil, mais voyageaient à travers toute l’Amérique du Sud ; l’Argentine et le Mexique étaient également des destinations populaires.
L'Espagne avait accueilli plusieurs maîtres japonais de jiujitsu, parmi lesquels le célèbre Mitsuyo Maeda, qui s'était vu attribuer le surnom de « Comte Koma » à Séville alors qu'il voyageait, entre autres, en tant que lutteur pour gagner sa vie. Maeda n'était pas le premier Japonais à se rendre au Brésil, mais il fut sans aucun doute l’un des premiers à enseigner le jiu-jitsu aux habitants de la région, et pas seulement à ses compatriotes.

On raconte que Maeda est arrivé à Belém do Pará vers 1914. Avec ses amis, qui étaient eux aussi de jeunes experts en jiujitsu de son pays natal, il a voyagé à travers l'Amérique du Sud avant de s'y installer définitivement.Avec son ami le plus proche, Satake, connu sous le surnom de « Black Belly », il aurait également fondé les premières écoles de jiu-jitsu. On disait que Satake, plus âgé, était un excellent maître de « l’Art Doux ». Contrairement à Maeda, Satake était un meilleur combattant. Il s’est forgé une excellente réputation en présentant le jiu-jitsu dans divers théâtres à travers le Brésil et était toujours prêt à démontrer ses connaissances et ses compétences. Il a affronté de nombreux artistes martiaux, parmi lesquels des lutteurs , des experts en capoeira, des boxeurs et d’autres personnes cherchant à remporter des prix en argent.Lorsque Satake retourna au Japon pour soutenir sa patrie pendant la Première Guerre mondiale, comme l’ont fait beaucoup d’autres, Maeda a décidé de rester au Brésil et de prendre la direction de l’école de Satake en tant que maître. Parmi ses élèves se trouvaient plusieurs Brésiliens très enthousiastes et assidus qui avaient atteint un haut niveau de compétence sous la tutelle de Satake et qui aidaient désormais Maeda en tant qu’instructeurs dans les cours de jiu-jitsu.L’un d’entre eux était Pires dos Reis, un jeune homme ambitieux qui occupait un poste important au sein de la police nationale. Il introduisit le jiu-jitsu au sein de la police et mit en place l’un des premiers programmes d’entraînement pour les agents de police, qui devint plus tard une formation obligatoire dans tout le pays.Pires fonda également la première académie à Rio de Janeiro. En 1925, il fut nommé entraîneur en chef de la police de cette ville. Il ne fut pas non plus le premier Brésilien à fonder une école de jiu -jitsu à Rio. Pour l'aider, il recruta les jeunes Gracie — Carlos, George et Hélio —, qui avaient tous trois commencé leur entraînement avec lui, et non avec Maeda. George ne resta pas longtemps à Rio, car il souhaitait se séparer de la famille, en particulier de Carlos et Hélio, pour suivre sa propre voie. Il partit donc pour São Paulo, où il trouva un nouveau mentor en la personne de Geo Omori, un expert japonais
en jiu-jitsu et en lutte, entre autres disciplines.Hélio et Carlos, quant à eux, restèrent avec Pires. En 1936, ils reprirent l'école de Pires après que celui-ci eut accepté un nouveau poste de professeur à Fortaleza. Hélio et Carlos rebaptisèrent leur école « Academia Gracie de Jiu-Jitsu ». Au milieu des années 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale, Carlos eut des démêlés avec la justice et dut même quitter Rio de Janeiro pendant un certain temps. Des rumeurs circulaient, entre autres, selon lesquelles il se serait enfui en Argentine, où il aurait rencontré un nutritionniste, et qu’à son retour, il aurait mis au point le « régime Gracie » . Cependant, aucun document écrit ne vient corroborer ces faits.Hélio Gracie a dû soudainement prendre en charge non seulement l’école, mais aussi subvenir aux besoins de cette famille nombreuse, comme le rappelle mon maître Pedro Hemetério. Carlos avait pour habitude de toujours vouloir une nouvelle épouse plus jeune, et c’est ainsi qu’il a fini par avoir 21 enfants. Bien sûr, il n’était pas toujours le père biologique de ces enfants ; ceux-ci rejoignaient plutôt souvent la famille par le biais de ses nouveaux mariages.Comme l’école fonctionnait plutôt bien sous la direction d’Hélio, Carlos voyageait désormais à travers tout le Brésil. À Belém do Pará, il a publié une annonce dans le journal local, se présentant comme un expert en jiujitsu et proposant aux participants qui suivraient le cours complet avec lui un poste de coach dans son école de jiu-jitsu de Rio de Janeiro. « Beaucoup sont venus de différentes régions pour saisir cette opportunité », se souvient mon maître Hemetério, qui a lui aussi participé à cette formation très intensive à l’époque. « Cela a duré un an et, à la fin, nous n’étions plus que deux ! », a poursuivi Pedro. Finalement, Pedro a non seulement reçu sa ceinture noire des mains de Carlos Gracie, mais aussi le poste promis à l’école de Rio, où il a travaillé aux côtés d’Hélio Gracie.Au fil des années passées à travailler ensemble, Hélio et Pedro sont devenus de très bons amis, et la famille l’a accueilli comme « oncle Pedro ». Carlos est resté loin de Rio de Janeiro , si bien que le nouveau patriarche, Hélio, a commencé à tracer sa propre voie dans l’enseignement pour
attirer davantage de membres. À cette époque, ils ont élaboré ensemble le programme des cours, car ils ne dispensaient pratiquement que des cours particuliers en petits groupes.L’approche était axée sur l’autodéfense, car les compétitions sportives de jiu -jitsu telles que nous les connaissons aujourd’hui. Cela ne changea qu’avec la refondation de la Fédération de Jiu-Jitsu à Rio de Janeiro dans les années 1960 par Hélio Gracie, Hélio Vigio et Pedro Hemetério. Les cours et les techniques étaient structurés de manière à ce que les élèves puissent apprendre les principes de base et adapter les techniques à leurs capacités physiques, plutôt que de mémoriser d’innombrables techniques.Afin de continuer à promouvoir le jiu-jitsu dans tout le pays, Hélio, Pedro et la nouvelle génération de Gracie — dont Rolls et Carlson — ainsi que des personnes extérieures à la famille Gracie comme Iván Gomes, qui a fondé l’école avec Carlson à Copacabana, sont restés actifs. Alors qu’Hélio continuait à concourir très intensément sur le ring de Vale Tudo au nom de sa famille et du jiu-jitsu, Pedro occupait le poste d’entraîneur en chef. C’est ainsi que la majeure partie de la nouvelle génération a été formée par lui.À mesure que George Gracie gagnait de nouveaux élèves à São Paulo, son frère cadet, Hélio, insista pour qu’il revienne à Rio de Janeiro afin de l’aider. Mais George avait travaillé dur pour en arriver là, il décida donc de rester à São Paulo aux côtés de Geo Omori. Hélio finit par décider que son propre frère George affronterait son meilleur élève, Pedro Hemetério, lors d’un combat de jiu-jitsu. « Je ne pouvais pas m’opposer à la décision d’Hélio car c’était mon maître », m’a raconté Pedro, « Mais je n’aimais pas du tout toute cette situation, car il était aussi le

frère aîné d’Hélio ».
Ils finirent donc par s’affronter. Pedro s’était bien préparé, tandis que George se croyait le meilleur combattant. Mais Pedro remporta rapidement le combat. Le soir même, un groupe de personnes intéressées s’approcha de Pedro et lui demanda s’il resterait à São Paulo pour y enseigner son jiujitsu. Ce groupe l’aida non seulement à trouver un endroit où enseigner, mais lui fournit également un appartement, si bien qu’il déménagea à São Paulo pratiquement tout de suite et s’y installa définitivement.
Peu de temps après, l’école de George Gracie ferma ses portes — son propre maître, Omori, étant également décédé — et il retourna ainsi à Rio, où, cependant, il ne remit jamais le kimono. L'école du professeur Pedro, quant à elle, devint la représentante officielle du jiu-jitsu d'Hélio Gracie à São Paulo. Le lien avec Rio de Janeiro s'affaiblit toutefois de plus en plus, car la génération suivante avait là-bas de nouveaux projets pour l'avenir du jiu-jitsu (brésilien) moderne.
De nouvelles écoles virent le jour dans tout le Brésil, certaines fondées par les Gracie, d’autres par leurs élèves les plus brillants, et d’autres encore par d’autres lignées issues des première et deuxième vagues d’immigration japonaise. Le (nouveau) judo du Kodokan de Tokyo créa une « concurrence » accrue. Mais à cette époque, le kung-fu et le karaté avaient également fait leur apparition au Brésil, si bien que l’on voyait de plus en plus de combats de Vale-Tudo (MMA) avec des combattants vêtus de kimonos blancs. Les Japonais avaient l’habitude de désigner le jiu-jitsu sous le nom de « judo brésilien » pour souligner son prestige accru dans la société. Entre-
temps, cependant, le jiu-jitsu brésilien s’était déjà tellement imposé et répandu que même au Japon, les meilleurs athlètes de lutte et de grappling le pratiquaient.
L'avenir : ici et maintenant !
Comme je l'aidéjà décrit, la première association de jiujitsu a été fondée au milieu des années 1960 à Rio de Janeiro (Guanabara). Les membres fondateurs ont établi les grades de ceinture, les catégories de poids pour les compétitions, un système de notation simple, la durée des combats et tout le reste. C'est ainsi que se sont déroulés les premiers tournois officiels, auxquels ont également participé par la suite de nombreux judokas, mais avec peu de succès.
C'est ainsi que le BJJ est devenu un art martial indépendant et bien organisé. Avec le changement de génération,

lorsque Carlos Gracie Jr. a réorganisé la fédération à Rio et a ensuite fondé la Fédération internationale de BJJ (IBJJF), le BJJ de compétition a connu un nouvel essor en 1996, en grande partie grâce au succès de Royce Gracie, le fils d'Hélio Gracie, à l'UFC.
Dans les années 1980, l’un des fils aînés d’Hélio, Rorion Gracie, émigra aux États-Unis. Après un bref séjour à New York, il décida de se rendre en Californie pour promouvoir le jiu-jitsu de son père sous le soleil radieux. Mais en Californie, il se heurta à une forte résistance, car l’Association professionnelle de karaté (PKA) y était bien implantée, avec ses écoles bien établies et sa propre émission de télévision. Grâce au surf, Rorion fit la connaissance de plusieurs Brésiliens. Par l’intermédiaire d’un ami qui avait lui aussi pratiqué le jiu-jitsu à Rio, il réussit à obtenir un double garage où il put installer quelques tapis et ainsi donner ses premiers cours.C’est ainsi que naquit le célèbre

et premier Gracie Garage, et avec lui, la diffusion du Gracie Jiu-Jitsu à travers le monde. Il ne fallut pas longtemps pour que Rorion ait une longue liste d’attente de personnes impatientes d’apprendre son jiu-jitsu brésilien, moi ycompris. Il ne fallut pas longtemps non plus pour que Rorion fonde la première Académie Gracie Jiu-Jitsu officielle à Torrance (Los Angeles). Pour nous tous, cet endroit devint la principale source de véritable BJJ dans les années des années 90.Comme je m’entraînais à l’Académie de Torrance à intervalles réguliers depuis la Suisse (à partir de 1991), j’en ai également profité pour m’entraîner avec Rorion et, en même temps, avec Royce. De temps en temps, j’étais aussi sur le tatami avec d’autres, même si Royce est devenu mon instructeur principal, que ce soit lors de cours particuliers ou des cours ouverts qui avaient lieu le matin et l’ après-midi.
Ce n’était pas une tâche facile que j’avais entreprise, mais j’ai pris très au sérieux l’apprentissage du Gracie Jiu-Jitsu dès le début. J’ai également connu une période, notamment entre 1996 et 2004, durant laquelle nous avons participé à des compétitions sportives de BJJ. J’ai donc aussi entraîné aux côtés des cousins Gracie, les frères Machado — en particulier avec Rigan, John et Roger . Cependant, cela n’a été qu’une phase, car pour moi, les aspects d’autodéfense et de condition physique à travers le jiu-jitsu étaient bien plus importants.Lorsque Royce Gracie est entré dans l’octogone de l’UFC, le Vale Tudo (MMA) m’importait peu, car j’ai tout de suite compris que les Américains ne s’intéressaient pas au jiu-jitsu, mais cherchaient plutôt le prochain « Superman des arts martiaux ». Rorion a rapidement revendu l’UFC, pour un million de dollars, selon ce qu’on a dit. Mais nous n’étions pas là pour l’UFC ; nous étions là pour Royce Gracie et le jiu-jitsu brésilien.Mon Gracie Jiu-Jitsu n’a pas beaucoup changé ces dernières années, car je continue de me considérer comme un élève de Royce Gracie. Pendant la période où je me suis entraîné avec Pedro Hemetério, j’ai eu l’impression de repartir de zéro, même si j’étais déjà un ceinture noire reconnu qui dirigeait ma propre école de jiu-jitsu à Zurich à l’époque. Je dirais que ma carrière au GJJ a vraiment commencé lorsque j’ai obtenu ma ceinture bleue.J'ai fini par rejoindre le professeur Pedro à São Paulo grâce à Hélio Gracie, alors que je m'entraînais à Rio de Janeiro au Gracie Humaita sous la tutelle du Grand Maître lui-même et que je lui avais demandé où, selon lui, je devrais aller m'entraîner pour devenir un bon instructeur. Il m'a alors suggéré de venir ici avec mon fils Royler, en Californie avec Rorion, ou chez Pedro Hemetério à São Paulo, où mon parcours m'a finalement conduit.
Je tiens à remercier SOHA Retreats et le maître Royce Gracie pour l’exceptionnel stage de jiu-jitsu de cette année. Ce fut une nouvelle expérience incroyable ! C’était la troisième fois que je participais au RG Training Camp organisé par SOHA Retreats. La première fois, c’était au Portugal et cela a dépassé mes attentes. Puis vint Chypre — deux fois — et cet endroit est vraiment un petit bijou. L’hôtel et le personnel sont de première classe, et l’emplacement est fantastique, avec une multitude d’activités pour toute la famille. S’entraîner avec le maître Royce a été une expérience inspirante et professionnelle, comme toujours, tel que je le connais depuis plus de 32 ans. Manuel Benages est un hôte hors pair, et SOHA Retreats est une organisation de premier ordre. La seule chose que je puisse dire pour l’instant, c’est : si vous souhaitez vous joindre à nous la prochaine fois, vous devriez commencer à planifier votre voyage sans tarder !Je vous remercie toujours pour vos commentaires.www.graciejiujitsu.eu




La stratégie d'intrusion du Muay Boran.
L'une des stratégies de combat les plus dévastatrices du Muay Boran peut être décrite par la définition suivante : Paksa Waeg Rang, ปักษาแหวกรัง. Cette expression signifie « l'oiseau pénètre ou fait irruption dans le nid ». Le mot clé est Waeg, qui signifie entrer, pénétrer ou séparer. Lorsque vous pénétrez dans la défense ou la garde de l'adversaire, vous ouvrez la voie à de nombreuses options offensives dévastatrices. En effet, le « nid » de l’adversaire est une métaphore désignant les points faibles de son anatomie situés le long d’une ligne imaginaire allant du sommet de la tête jusqu’au périnée : cette zone cruciale du corps est communément appelée la ligne centrale. Plusieurs arts martiaux orientaux fondent leurs stratégies offensives et défensives sur la théorie de la ligne centrale. La plupart des combattants apprennent dès le début de leur carrière qu'il existe de nombreux points faibles au niveau ou à proximité de la partie centrale de leur corps : apprendre à attaquer la zone centrale de l'adversaire est un chemin sûr vers la victoire. De même, protéger ses points sensibles est essentiel pour garantir sa sécurité lors d'un combat. Centrer sa défense sur la couverture de la ligne centrale est une attitude rationnelle qui assure la sécurité même pendant les phases offensives.

Tout pratiquant de Muay Boran doit commencer son entraînement en suivant ces trois étapes :
Étape 1. Apprenez à repérer les points vitaux situés le long de la ligne médiane. Cette ligne divise le corps verticalement en deux moitiés, le côté gauche et le côté droit. De nombreux points sensibles se trouvent sur ou très près de cette ligne verticale imaginaire. Voici quelques-uns des points les plus importants pour le combat : (1) le sommet du crâne, (2) les yeux, (3) la racine du nez, (4) la lèvre supérieure, (5) la gorge, (6) les côtés du cou, (7) le sternum, (8) le cœur, (9) le plexus solaire, (10) la vessie, (11) l'aine.
Les attaques visant chacun de ces points sont potentiellement destructrices. Les cibles situées à la tête sont mieux atteintes par des coups de poing et de coude. Les cibles situées sur le corps peuvent être attaquées avec les mains, les coudes et les genoux. Les coups de pied et les coups de genou constituent la meilleure option pour attaquer les cibles situées plus bas.
Étape 2. Développer des stratégies offensives efficaces conçues pour attaquer la ligne médiane des adversaires. Frapper le long de la ligne centrale peut causer de graves blessures et, dans le cas d'attaques très précises, même la mort. Pour pénétrer la garde de l'adversaire et atteindre son centre, un combattant de Muay Boran utilise généralement des attaques en ligne droite : coups de pied directs, coups de poing directs et coups de coude poussés. Une position de garde standard est conçue pour protéger certains des points les plus sensibles, mais sans un pas de côté ou un blocage, il est impossible de couvrir toutes les cibles simultanément avec une seule garde. C'est pourquoi il est indispensable d'apprendre à attaquer tous les points faibles le long de la ligne centrale avec différentes armes corporelles pour développer des tactiques offensives imparables.
Étape 2. En partant d'une bonne position de garde, développez une série de stratégies défensives conçues pour repousser les attaques potentielles visant votre ligne centrale et pour contre-attaquer. Protéger sa ligne centrale est crucial dans le combat sans règles, car une attaque puissante au « cœur » peut mettre fin rapidement au combat à tout moment. Si notre centre est exposé, un adversaire intelligent atteindra facilement nos points vitaux ; à l'inverse, avec une garde solide et une bonne stratégie défensive, nous forcerons notre adversaire à attaquer d'abord les zones les moins sensibles, afin de nous amener à ouvrir notre ligne centrale pour une attaque finale. Cela créera des ouvertures le long de sa ligne interne et nous donnera suffisamment de temps pour réagir en passant à l'offensive, en dirigeant nos attaques vers son centre, qui sera probablement découvert.
La stratégie de combat Paksa Weag Rang est conçue pour apprendre à attaquer la ligne centrale des adversaires de la manière la plus efficace. Cette Mai Muay (technique de combat) éprouvée sur le champ de bataille repose sur le développement de réflexes instinctifs qui permettent à un combattant de briser les défenses de l'adversaire au moment même où il mène son attaque ou immédiatement après. Lors de la mise en œuvre de la contre-attaque, un expert de la stratégie Paksa Waeg Rang s'efforcera toujours d'exécuter simultanément la défense et les techniques de contre-attaque : si, par exemple, un bras dévie l'attaque de l'adversaire, l'autre doit effectuer une contre-attaque, au même moment. Cette forme de contre-attaque rend pratiquement inutile tout type de défense que l'adversaire pourrait utiliser ; tandis qu'un bras dévie ou bloque, l'autre bras (ou une jambe) atteint les cibles découvertes avec suffisamment de puissance pour provoquer un KO instantané. C'est là l'art intrinsèque de ce Mai Muay Boran.

«
Lorsque vous pénétrez dans la défense ou la garde de votre adversaire, vous ouvrez la voie à de nombreuses options offensives dévastatrices. »

Voyons quelques exemples d'applications possibles de cette ancienne stratégie de combat contre certaines des attaques les plus courantes.
1.Paksa Waeg Rang contre les coups de poing circulaires (Mahd Wiang). Faites un pas en avant et, simultanément, déviez le coup de poing et frappez. Alors que l'adversaire s'avance vers vous et commence à lancer un coup de poing circulaire en retard, ne perdez pas de temps et avancez vers l'attaque. Votre esprit doit être concentré sur la cible de votre contre-attaque, en l'occurrence un coup de genou bas visant l'aine ou la vessie. Tout en avançant et en frappant avec votre genou, utilisez votre avant-bras pour bloquer l'élan du coup circulaire. L'os externe de votre avant-bras devrait heurter l'avant-bras interne de votre adversaire, une technique de blocage douloureuse qui contribuera à le désorienter et rendra pratiquement impossible le blocage de votre contre-attaque.

2.Paksa Waeg Rang contre les coups de pied circulaires (Tae Wiang). Faites un pas en avant et, simultanément, arrêtez le coup de pied (et si possible, attrapez la jambe), puis frappez. Le coup de pied circulaire est une attaque très puissante que tous les combattants doivent apprendre à neutraliser et à contrer correctement. Si vous essayez d'éviter un coup de pied circulaire en vous déplaçant sur le côté, vous constaterez que la jambe attaquante vous suivra et vous touchera de toute façon. La meilleure option défensive consiste à appliquer la stratégie Paksa Waeg Rang et à faire un pas en avant : les coudes doivent frapper le tibia (partie centrale) et la cuisse de l'adversaire, bloquant ainsi le coup de pied et blessant probablement la jambe attaquante. Une prise rapide de la jambe et une contre-attaque immédiate doivent suivre sans délai. Les contre-attaques possibles sont : un coup de pied latéral bas au genou de la jambe d'appui ou un coup de pied circulaire vertical à l'aine.
3.Paksa Waeg Rang contre les coups de poing directs (Mahd Trong). Déviez le poing tout en avançant et en frappant simultanément. Percer la garde de l'adversaire alors qu'il lance un coup direct n'est pas une tâche facile. La stratégie d'intrusion Paksa Waeg Rang est la meilleure option lorsque vous affrontez un bon frappeur en ligne droite. Lorsque l'attaquant avance et commence à lancer son poing, penchez-vous légèrement vers l'avant et avancez. Tout en avançant, étendez votre bras vers l'avant pour créer une « piste » qui éloigne le coup de votre corps. Dans le même temps, la ligne centrale de l'adversaire se retrouvera complètement sans protection et exposée à plusieurs contre-attaques possibles (coups de coude, coups de genou, coups de tête, coups de pied circulaires verticaux).

4.Paksa Waeg Rang contre les coups de pied directs (Tiip Trong). Déviez le coup de pied, avancez d'un pas et frappez. Pour atteindre le « centre » de l'adversaire lorsqu'il attaque avec un coup de pied frontal, le défenseur doit d'abord rediriger la jambe attaquante par une déviation basse. Dans le même temps, il doit avancer et accrocher la jambe de son adversaire : de cette manière, le défenseur peut facilement atteindre la ligne médiane de l'attaquant, prêt à réagir par des coups ou des projections. Les contre-attaques peuvent aller de coups de coude au visage, au cou ou à la gorge, jusqu'à des coups de genou à l'aine. Différentes techniques de projection peuvent également être réalisées à partir de la prise de jambe : en se déplaçant vers l'avant, en diagonale ou latéralement, l'adversaire déjà déséquilibré peut être renversé avec une relative facilité.

5.Paksa Waeg Rang contre les prises de cou simples ou doubles (Chap Ko). Faites un pas en avant, contrôlez les bras de votre adversaire et frappez. L'intrusion dans la garde de l'attaquant peut également être effectuée contre une tentative de prise au cou à un ou deux bras. Alors que l'attaquant avance pour tenter de passer une ou deux mains autour de votre cou, dirigez-vous vers lui et interceptez ses bras en plaçant vos avant-bras ou vos poignets dans le creux de ses coudes. En tirant sur ses bras, frappez-le avec votre front : enchaînez immédiatement avec un coup de genou à l'aine. Les cibles du coup de tête se trouvent le long de sa ligne médiane, tout comme l'aine : le nez, les orbites, le menton sont des points faibles qui, s'ils sont frappés avec suffisamment de puissance, peuvent provoquer un KO spectaculaire.

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•Secrétariat général : Marika Vallone (IMBA Italie) imbageneralsecretary@gmail.com




Pensez-vous que votre art martial vous permettrait de l'emporter lors d'une confrontation réelle ?
Cela nous est presque tous arrivé. Vous êtes en réunion, vous mentionnez que vous vous entraînez et, avant même de vous en rendre compte, quelqu'un pose l'inévitable question à un million : « Et si on vous attaquait dans la rue, est-ce que ça vous servirait vraiment pour vous défendre ? ».
Pendant des décennies, le cinéma nous a vendu le fantasme du maître invincible capable de neutraliser plusieurs agresseurs sans sourciller. Mais quand on dépouille les arts martiaux des projecteurs, des scénarios et des chorégraphies, il ne reste qu’une réalité bien plus crue. La question n’est pas seulement légitime, c’est un test d’honnêteté brutale que tout pratiquant devrait se poser au moins une fois dans sa vie.
La première grande erreur est de confondre l'environnement contrôlé avec la réalité. Au dojo, à la salle de sport ou sur le ring, il y a des règles, un sol lisse, un arbitre et, surtout, un partenaire qui partage un code de conduite. Tu sais à quoi t'attendre, tu évolues dans un cadre réglementaire et, dans le pire des cas, tu peux taper dans le sol pour te rendre et mettre fin à l'action. La rue n’a pas de règles, ni de catégories de poids, ni de fair-play. Une confrontation réelle est chaotique, sale, imprévisible et asymétrique. Il n’y a pas d’échauffement préalable. L’agresseur ne prévient pas, il cherche à surprendre, à prendre l’avantage et, souvent, il peut être armé ou accompagné. C’est pourquoi croire que l'habileté acquise dans un environnement sportif vous rend invulnérable dans une ruelle sombre est le chemin le plus direct vers une grave erreur.
L'art ou la méthode ?
De nombreux débats se perdent dans la théorie de savoir quel style est supérieur : si ce sont les frappes du Muay Thai, la distance du karaté, le contrôle du judo ou la soumission du jiu-jitsu. Cependant, l'efficacité réelle ne réside pas dans l'acronyme de l'art , mais dans la manière dont on s'entraîne.
Un système axé exclusivement sur l'esthétique, sur la compétition sportive réglementée ou sur des formes rigides sans travail d'opposition réel, survivra difficilement à l'impact de l'adrénaline pure. Pour qu'une réponse fonctionne sous pression, l'entraînement doit avoir intégré le facteur de stress, la gestion de la peur, la distance réelle et l'acceptation du contact physique. Si l'on ne s'entraîne pas sous pression psychologique, le corps se fige tout simplement lorsque la menace est réelle.
Paradoxalement, la plus grande vertu d’un système de combat efficace se révèle lorsqu’il n’y a pas de confrontation physique. Un entraînement sérieux ne confère pas de super-pouvoirs, mais apporte trois outils cruciaux : Conscience situationnelle : la capacité à lire l’environnement, à sentir le danger avant qu’il ne se matérialise et à l’éviter.
Maîtrise de soi : la maturité nécessaire pour faire demi-tour et s'éloigner face à une provocation, en sachant qu'il n'y a rien à prouver à qui que ce soit.
Désescalade : le recours à la modération et à la communication verbale pour éteindre le feu avant que les étincelles ne jaillissent.
KickToro
Mettre ces recommandations en pratique nécessite plus que de bonnes intentions ; cela nécessite une méthode d'entraînement spécialement conçue pour le pire des scénarios.
En ce sens, le système d'entraînement KickToro a été créé précisément pour dépasser les limites du tatami conventionnel. Il ne repose ni sur des suppositions ni sur des enchaînements chorégraphiés, mais sur la dure réalité. La méthode KickToro a été rigoureusement testée et a démontré son efficacité totale dans des situations réelles à haut risque, où il n’y a pas de seconde chance. En appliquant strictement les principes de gestion du stress, d’anticipation et de fermeté lorsque la désescalade n’est plus possible, ce système dote le pratiquant des outils concrets pour s’en sortir.
Si demain vous vous retrouvez dans une situation extrême, aucune ceinture ne vous garantira la victoire simplement parce que vous la portez ce que tu portes. Ce qui te sauvera, c'est ta capacité d'adaptation, ta préparation mentale au chaos et un système d'entraînement qui a déjà été là avant toi.
La prochaine fois qu'on te demandera si tu gagnerais dans une confrontation réelle, la réponse la plus honnête et la plus martiale possible est : « Je m'entraîne pour ne jamais avoir à le découvrir, mais si cela arrive, mon entraînement a déjà prouvé qu'il était prêt ».




J'ai toujours dit que la principale valeur sous-jacente à la diffusion du karaté réside dans son nom même, ce sur quoi de nombreux experts s'accordent avec moi. Curieusement, le terme « karaté » (main vide) est apparu comme un nom adapté aux circonstances qui ont entouré son émergence dans le contexte de l'époque (à la fin de la Seconde Guerre mondiale).
Le « To Te » ou « To De » s’est structuré comme un système d’autodéfense sur l’île d’Okinawa, qui a commencé à faire partie de l’empire japonais bien après que les principales îles aient été réunies en une seule nation, sous l’autorité d’un empereur et surtout sous le contrôle de ses « favoris », connus sous le nom de Shogun.
Okinawa possédait sa propre langue et sa propre culture, fortement influencées par la culture chinoise, et vivait sous le contrôle d’un roi, jusqu’à ce que le Japon l’assimile. Dans ce contexte, une acculturation importante s’est produite, les conquérants cherchant à imposer les mœurs et la culture japonaises à ses habitants.
Funakoshi, qui savait parfaitement parler et écrire le japonais, puisqu’il était instituteur, a appris auprès de deux lignées distinctes, deux maîtres extraordinaires, qui lui ont apporté les fondements de son style.
Lorsque l’occasion de son expansion au Japon s’est présentée, le nom devait être japonisé, d’où la recherche d’un kanji qui corresponde au concept original. Un art martial d’Okinawa n’aurait jamais eu la moindre chance d’être accepté au Japon, certainement pas avant la guerre, dans un climat de fanatisme nationaliste tel qu’il existait alors, ni même après, car, bien qu’ayant perdu la guerre, le fier peuple japonais n’aurait accepté que quelque chose qui lui était propre (comme le judo).
Funakoshi a joué ici le rôle de pont entre deux mondes, deux cultures et deux époques ; pour cela, il a su tirer parti des initiatives antérieures de Jigoro Kano en structurant le Ju-jutsu dans un nouveau contexte, le Ju-do, un contexte dépourvu de la rudesse et de la tradition qui auraient pu tant déranger les occupants américains. Les Jutsu devinrent des « do », se détachant d’un passé conflictuel pour s’adapter au nouveau contexte, allant même, dans le cas du judo, plus loin encore en en faisant un sport, le premier sport japonais admis aux Jeux olympiques.
Le même processus s’est produit des années plus tard avec l’Aiki Ju-jutsu, une forme de défense des classes supérieures, bien plus sophistiquée que le judo, que Morihei Ueshiba a transformée en aïkido, avec le grand succès que nous connaissons aujourd’hui.
Funakoshi a su agir avec intelligence, même s’il n’est pas allé aussi loin que Kano. Il n’a jamais admis la pratique du Kumite et encore moins sa qualification en tant que sport ; c’est surtout son élève, Nakayama, qui a su franchir ce pas, confronté à la nécessité pressante de répondre à cette réalité et à l’énorme intérêt que cette possibilité suscitait parmi ses pratiquants.
La Fédération mondiale a mené à bien ce processus qui, avec le succès que nous connaissons aujourd’hui et la figure d’un Espagnol, M. Antonio Espinos, restera à jamais lié à son histoire.
Auparavant, dans les années 50 et 60, un grand élan de croissance a vu le jour sur la côte ouest des États-Unis. Hollywood avait déjà expérimenté les possibilités d’un type de films à faible coût mais très appréciés. Bruce Lee fut sans aucun doute le premier à y parvenir et, grâce à lui, un nom s’est démarqué de tous les autres : Chuck Norris.
À cette époque, tout ce qui avait trait aux coups de pied était connu sous le nom de karaté. Le taekwondo lui-même a d’abord dû utiliser le nom de « karaté coréen » aux États-Unis !
À travers le grand écran et la télévision, avec Texas Ranger, Norris a magnifié les valeurs du karaté auprès du grand public, en lui conférant une image positive. L’histoire écrite par les héros et les mythes est celle qui pénètre profondément dans l’inconscient collectif et établit les valeurs et la reconnaissance que l’humanité tout entière attribue à chaque chose.
Chuck Norris nous a quittés le mois dernier ; que ces quelques lignes servent également d’hommage humble à un homme qui a inscrit le nom « karaté » en lettres capitales sur les affiches de cinéma, en portant la passion pour notre sport et notre art martial à travers le monde.
Un homme exemplaire. Jamais personne parmi ceux qui l’ont connu ne m’a dit un seul mot négatif à son sujet ! Bien au contraire ! Il a prouvé qu’on pouvait réussir sans perdre son humilité et a continué à étudier auprès de toutes sortes de maîtres, comme un élève parmi d’autres. Il a su aider la jeunesse américaine à s’éloigner de la drogue grâce à la pratique du karaté, avec sa fondation « Kick drugs out of kids », et jusqu’à neuf jours avant sa mort, il continuait à donner des coups de pied dans un sac.
D'autres lui ont succédé, mais il a été le premier et son héritage est immense, tout comme doivent l'être notre reconnaissance et notre gratitude en honorant sa mémoire.
Adieu Sensei Norris !




