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Bordeaux s'engage pour l'avenir

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Cultivons Demain

Bordeaux s’engage pour l’avenir


BORDEAUX SUR LE BON CHEMIN

LA BA NQ UE D’U NE VIT ICU LTU RE RE SP ON SA BL E INNOVATION, MODE DE PRODUCTION RAISONNÉ, RÉDUCTION DE L’EMPREINTE ÉCOLOGIQUE... LE CRÉDIT AGRICOLE AQUITAINE SOUTIENT VOS DÉFIS D’AVENIR.

AGIR CHAQUE JOUR DANS VOTRE INTÉRÊT ET CELUI DE LA SOCIÉTÉ

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• Les pratiques culturales • La diversification des activités • La décarbonation • Le volet économique • L’œnotourisme, l’hospitalité, l’inclusivité et l’ancrage territorial • La transmission et la création de vocations. 06/2026 – CAISSE RÉGIONALE DE CRÉDIT AGRICOLE MUTUEL D’AQUITAINE. Société coopérative à capital variable, agréée en tant qu’établissement de crédit. Société de courtage d’assurances immatriculée au registre des intermédiaires en Assurance sous le N° 07 022 491. Siège social : 106, Quai de Bacalan - 33300 BORDEAUX. RCS BORDEAUX 434 651 246 - N° TVA : FR 16 434 651 246 - IDU : FR234338_01DJRU - Crédit photo : Getty Images

LA RÉDACTION

CULTIVONS DEMAIN

S’ENGAGER À ÊTRE

e vignoble de Bordeaux vit une transformation profonde, aussi nécessaire qu’ambitieuse. Face aux défis climatiques, environnementaux et sociétaux qui bousculent notre époque, la filière ne se contente plus de réagir : elle prend les devants. C’est tout le sens de la démarche collective Cultivons Demain, impulsée par l’interprofession des vins de Bordeaux (CIVB). Structurée selon les principes exigeants de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et adossée au référentiel international ISO 26000, Cultivons Demain dépasse le cadre du simple label environnemental. C’est une vision globale et structurée qui réinvente le modèle viticole bordelais, depuis le travail de la terre jusqu’à la commercialisation. Sur le terrain, la démarche s’articule autour de quatre piliers essentiels : l’environnement et le climat, l’humain et le volet social, l’ancrage territorial, la gouvernance responsable. En fédérant grands crus, propriétés familiales, caves coopératives et maisons de négoce dans un même élan vertueux et certifié de manière indépendante, Bordeaux démontre que tradition séculaire et responsabilité sociétale peuvent s’unir pour construire la viticulture de demain. Avec Cultivons Demain, les vins de Bordeaux réaffirment une conviction fondamentale : l’excellence des grands vins ne peut s’épanouir qu’à travers le respect inconditionnel de la terre et des hommes qui la façonnent. Pour faire le point sur cette initiative qui réunit aujourd’hui une centaine d’entreprises labellisées, ce cahier spécial s’articule sur six grandes thématiques :

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Château Angludet La démarche globale

Le vignoble girondin poursuit son adaptation aux enjeux environnementaux. L’attestent en particulier cette dizaine de domaines, autant de propriétés qui s’affairent autour de la réduction des pesticides, du bilan carbone, de la gestion de l’eau, du choix du matériel végétal, de l’agroforesterie, des couverts végétaux, de la polyculture jusqu’à l’utilisation de l’IA PAR JEAN-CHARLES CHAPUZET, PHOTOGRAPHIES RAPHAËL REYNIER ET DR

Château Dassault De millésime en millésime, les vins du Château Dassault évoluent vers plus de précision, de fraîcheur, et derrière cette sensation olfactive et gustative se cachent de nombreuses décisions, du chai au vignoble. Pour répondre au réchauffement climatique – dans tous les cas à son dérèglement –, une pépinière a ainsi vu le jour à partir de vieilles parcelles de ce grand cru classé de Saint-Émilion. « Ce sont des variétés de merlot et de cabernet franc uniques, très qualitatives, dans l’idée de conserver et de démultiplier ce patrimoine végétal qui répond particulièrement bien aux millésimes de sécheresse », confie Jérôme Gauthier, le directeur technique. L’opération a commencé en 2021, dans la finalité d’être autonome sur l’approvisionnement en plants, et cette démarche s’est accompagnée d’une préservation des pollinisateurs et de l’intégration de différentes essences de plantes entre les allées de vignes. Rien n’est laissé au hasard pour tirer Château Dassault vers le haut.

Vignobles Duverger Le sport collectif C’est une affaire familiale qui s’écrit depuis neuf générations, du côté de Saint-Hippolyte, dans l’aire d’appellation de Saint-Émilion. « Et nous sommes des vignerons-coopérateurs, adhérents à l’Union de producteurs de Saint-Émilion, nous sommes fiers de le dire », sourit Thierry Duverger. Car le vin, sur ces coteaux argilo-calcaires, est un sport collectif avant tout et le vivre-ensemble se comprend en conscience. Cette philosophie s’applique dans trois propriétés, dont le Château Capet-Duverger, la propriété familiale. Au menu des pratiques viticoles vertueuses, une attention toute particulière est portée au bilan carbone avec la combinaison d’outils (enjambeur et rogneuse, par exemple) pour limiter les passages dans le vignoble. Et, finalité oblige, la vigne comme les vins ne s’en portent que mieux !

Château Beychevelle Le pari du robot

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Château Castera Flore et faune

Photo R. Reynier

La canicule du millésime 2022 a délivré un vin de Beychevelle d’un velouté et d’une fraîcheur inattendus, une contradiction qui s’explique par la qualité du terroir de ce grand cru classé 1855 de Saint-Julien et… le travail des équipes pour contenir la fraîcheur dans les sols. Parmi les actions engagées, le château a misé sur les robots enjambeurs électriques Vitibot. « C’est une autre façon de consommer, plus propre. Alors que nous devons passer plus souvent dans les vignes pour une conduite dans le respect de la nature, le Vitibot tasse les sols, mais c’est relativement bien réparti avec des pneus sous pression », explique David Lafosse, le chef de culture, avant d’ajouter : « Nous nous sommes armés de vigneronnes et de suppléantes vigneronnes, dans l’idée de rétablir la parité dans nos équipes, pour conduire ce travail, nous conjuguons l’autonomie de la machine à l’intelligence humaine. » Miser sur la robotique et la main-d’œuvre féminine constitue le nouveau décor du Château Beychevelle, en sus du célèbre drakkar qui marque l’étiquette indélébile de cette star de Saint-Julien.

« Notre démarche environnementale vise aujourd’hui à pérenniser et renforcer cet héritage naturel afin d’améliorer la résilience du vignoble face aux défis climatiques, à préserver durablement notre territoire et à créer davantage de valeur pour le domaine comme pour ses visiteurs », prévient la directrice technique, Marie Malepeyre. Les équipes de ce cru bourgeois exceptionnel entendent protéger l’environnement naturel de 120 hectares fait de bois, de prairies et de zones protégées. La dernière initiative en date est l’inventaire de chauves-souris avec la présence de 13 espèces sur les 30 répertoriées en France. Et ce sont des alliées de la vigne, car elles dévorent les papillons ravageurs…

CULTIVONS DEMAIN • PRATIQUES CULTURALES

Photo R. Reynier

Le choix du cépage

Dans ce coin de Margaux, Benjamin Sichel (photo) reconnaît volontiers être un propriétaire disciple de saint Thomas : « Je ne fais que douter, c’est ma manière d’avancer. » Benjamin Sichel a progressivement amené son vignoble margalais vers la biodynamie. « Je considère la biodynamie comme un outil, une démarche globale pour avoir le meilleur équilibre naturel dans mes vignes », ajoute le maître des lieux, dont le terrain de jeu compte 30 hectares. À l’affût de toutes les pratiques culturales, il joue la carte de la diversité de la vie végétale, animale, microbienne et bactériologique. Au menu, l’implantation d’arbres, de haies et l’utilisation de couverts végétaux.

Photo R. Reynier

CULTIVONS DEMAIN • PRATIQUES CULTURALES

La mutation bordelaise

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L’eau et la vie

Une forêt d’idées

Ce domaine de Saint-Estèphe aux deux « y » pèse une petite cinquantaine d’hectares en production, un vignoble converti en agriculture biologique depuis 2020, certifiés sur le millésime 2024. Meyney, niché sur une terre médocaine dont les équipes savent combien elle entretient un lien si particulier à l’eau… « C’est un site très ancien du XVIIe avec la proximité de l’estuaire, une source et une fontaine construite par les moines, des fossés, des mares, l’eau revêt une place centrale chez nous », souligne Anne Le Naour, la directrice exécutive de Crédit Agricole Grands Crus. Un élément liquide rare autant que précieux qu’il convient de choyer dans une gestion intelligente, en premier lieu dans les actions de nettoyage. « Être autonome en eau interdit de fait le gaspillage », ajoute Anne. Un forage et un château d’eau potable du début du XXe sont entretenus au cordeau et le Château s’est muni d’équipements économes en consommation. Elle est suivie au compte-gouttes et les points d’eau naturels des terres sont protégés par des corridors écologiques afin de favoriser la biodiversité. « C’est un ensemble qui permet de réguler en fonction des millésimes, des plus humides aux plus secs », résume Anne, dont la philosophie se retrouve dans la gourmandise des vins du Château Meyney.

Une idée se juxtapose à une autre au Château Paloumey, dont le propriétaire, Pierre Cazeneuve, a très vite choisi la voie du bio – dès 2016 – et, plus généralement, de la protection de l’environnement. Le terrain de jeu compte 25 hectares et un sujet anime tout particulièrement Pierre. « C’est dans la foulée de ma participation à l’association Les Vignerons du vivant, en collaboration avec la fondation des Apprentis d’Auteuil, que beaucoup d’idées ont fusé, en particulier celle de l’agroforesterie », explique le propriétaire du cru bourgeois exceptionnel en Haut-Médoc. Depuis, pas moins de 4 hectares d’arbres se sont dressés, des féviers d’Amérique aux mûriers blancs, avec l’ambition verte de créer un tampon climatique. Le reste de l’histoire est dans la bouteille, des vins signés par l’élégance et la buvabilité !

Château Roquefort L’arinarnoa en soutien

Château Haut Selve

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Photo R. Reynier

La quête de fraîcheur

Au Château Roquefort, lové dans l’Entre-deux-Mers, le changement climatique est une donnée essentielle pour garantir la constance de la qualité des vins produits. « In fine, nos recherches permanentes sur le champ de la viticulture trouvent un bel écho auprès de nos consommateurs. On ne se repose pas sur nos lauriers, on avance », prévient le directeur commercial, Camille Giai. Parmi les grandes initiatives prises sur un vignoble de près de 80 hectares conduit en agriculture biologique figure la plantation de cépages adaptés au réchauffement climatique, à savoir le castets et l’arinarnoa. « Ça fait quatre ans et les premiers résultats sont concluants, en particulier sur l’arinarnoa, qui est un croisement entre le tannat et le cabernet sauvignon, mais c’est surtout le retour positif du consommateur qui nous intéresse », ajoute Camille.

Cave coopérative des Vignerons de Tutiac La matière grise

Photo R. Reynier

Au Château Haut Selve, entre autres pratiques culturales visant à préserver l’environnement, les équipes de ce cru de Graves travaillent sur l’épandage du « biochar », des déchets végétaux carbonisés par pyrolise, dans les vignes. L’opération se fait sur des parcelles témoins et ce avec la collaboration du cabinet Vignerons Consultants (fondé par Stéphane Derenoncourt) depuis 2017. « L’idée est d’améliorer la structure du sol, la rétention d’eau et de nourrir la vie microbienne, les périodes de sécheresse liées au dérèglement climatique nous obligent à revoir nos copies, c’est stimulant », précise le propriétaire, Arnaud Lesgourgues. L’utilisation des couverts végétaux fait partie des avancées notables pour tenir le vignoble au frais, un domaine de 43 hectares auquel il faut ajouter l’exploitation du château voisin, Le Bonnat, d’une vingtaine d’hectares. « Ce sont deux terroirs très différents. Si nos pratiques culturales entendent préserver la biodiversité, elles sont aussi suspendues à respecter les styles de vins de chaque terroir », ajoute Arnaud. Jean-Sébastien Charles, le directeur d’exploitation, est le garant de cette qualité des sols et, en aval, des vins : « Toutes les expérimentations et les suivis d’analyse assez pointus, en particulier au moment des vendanges sur les baies, engagent un travail de précision pour gagner en fraîcheur. »

Photo R. Reynier

Château Paloumey

Du coté de Marcillac, petit village du Blayais, la cave coopérative de Tutiac, jamais à court d’idées, cultive son dynamisme. La qualité des vins relève du même acabit, et cela commence par un important travail à la vigne, et même avant, avec notamment la création d’un observatoire des cépages. « Notre pôle recherche & développement travaille aussi beaucoup sur le biocontrôle pour généraliser les méthodes naturelles de protection des végétaux », explique Damien Malejacq, le directeur de la communication de la cave coopérative. Une collaboration est ainsi signée avec l’entreprise bordelaise Immunrise, qui travaille sur les micro-organismes marins capables de stimuler les défenses naturelles des plantes ou encore d’agir directement sur les agents pathogènes de certaines maladies de la vigne.

CULTIVONS DEMAIN • PRATIQUES CULTURALES

Photo R. Reynier

CULTIVONS DEMAIN • PRATIQUES CULTURALES

Château Meyney

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CULTIVONS DEMAIN • DIVERSIFICATION

Ici mais ailleurs

Château de Malleret

L’idée (datant de la nuit des temps) de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier résonne d’autant plus en ces heures de tension économique. La diversification peut passer par la culture d’oliviers, de kiwis, de miel ou encore par le réceptif. Preuves à l’appui dans trois propriétés différentes

Des oliviers sous le soleil

PAR JEAN-CHARLES CHAPUZET, PHOTOGRAPHIES RAPHAËL REYNIER ET DR

Vignobles Audubert

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est sans doute une leçon de réalisme économique, plus sûrement une envie insatiable d’avancer, de créer, de vivre en résumé. Nous sommes dans la commune de Saint-Médard-de-Guizières, sur la rive droite, non loin des appellations satellites de Saint-Émilion. Dans la famille Audubert, je voudrais le fils, Vincent : « Nous agrandissons notre vignoble sur Lalande-de-Pomerol, notre Domaine Bois de Laborde, où il y a de beaux terroirs, et nous avons aussi une propriété en Lussac Saint-Émilion, Château de Cateau. Cela nous diversifie de notre château en Bordeaux supérieur, Laborde. » Les parents de Vincent se sont installés en 1996 et le fils les a rejoints en 2015. Aujourd’hui, la production s’opère sur 40 hectares, mais il faut s’adapter au temps qui court : « Mes parents ont commencé par des gîtes, ils ont anticipé quelque part, les hôtes repartent avec du vin. » Vincent

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poursuit l’activité, qu’il complète par le métier d’apiculteur avec quelques ruches pour une production de miel d’acacia que les touristes peuvent retrouver au petit déjeuner. Ils trouveront peut-être bientôt des kiwis, puisque Vincent y songe sérieusement : « J’ai arraché des vignes en Bordeaux et je me renseigne actuellement, ce peut être une source de revenu complémentaire. » La famille Audubert mise aussi sur les panneaux photovoltaïques en couvrant des bâtiments, en particulier le nouveau chai sorti de terre en 2022. Le surplus est revendu à Enedis et cet engagement impose une utilisation intelligente de l’électricité. « Il y a des pics de consommation en fonction du cycle de production, à nous d’être pertinents dans la maîtrise de nos outils », résume Vincent Audubert, qui s’adonne aussi à un crémant et même à un 100 % malbec à boire frais pour être dans l’air du temps.

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u Château de Malleret, la diversification n’a jamais été un gros mot. Au contraire, les équipes de ce château médocain sont très vite sorties de leur zone de confort en bousculant les codes sur le champ du vin, d’abord. De grandes cuvées dans le plus pur classicisme médocain, mais aussi un rosé et un rouge frais qui sont venus enrichir la gamme avec succès, visant la qualité des produits comme celui du commerce. « Mais il faut continuer d’avancer. L’idée des oliviers est venue en 2021. À l’occasion du concours pour rentrer à Air France, je comprends que Malleret se déguste merveilleusement bien à l’aveugle, mais la marque n’est pas aussi reconnaissable, je me dis qu’une autre activité peut également la porter », raconte Paul Bordes, directeur du château. Une idée, c’est bien, un terroir, c’est encore mieux, et celui de Malleret se prête aux oliveraies. En 2021, 110 arbres de 15 ans d’âge viennent épouser l’endroit, autant l’année suivante. L’histoire est née avec les variétés aglandau, clermontaise et

cayon. « On s’est équipés d’un pressoir, on s’est documentés, et les premières gouttes d’huile sont tombées. Nous étions, avec mon directeur technique, Kévin Gaillard, comme des gamins », poursuit Paul Bordes. Il s’ensuit une très belle couverture médiatique, et en interne une réflexion sur le millésime, les assemblages, etc., un peu, beaucoup, à la folie, comme le vin. « Et c’est devenu un produit d’appel ! On ouvre des marchés pour nos vins grâce à notre huile d’olive. Au restaurant étoilé bordelais comme Amicis, par exemple, ou encore au restaurant du golf Cabot, au Pian-Médoc », s’enthousiasme le directeur. Alors le paysage du Château de Malleret va continuer d’être agréablement bouleversé avec le projet de doubler la plantation, autant d’oliviers venant tutoyer la cinquantaine d’hectares de vignes. Ce cru bourgeois exceptionnel, dont le propriétaire, Aymar du Vivier, a aussi fait l’acquisition du Château Biston-Brillette, n’est pas du genre à manquer les trains qui passent.

CULTIVONS DEMAIN • DIVERSIFICATION

Photo R. Reynier

Photo R. Reynier

Des abeilles et des hommes

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CULTIVONS DEMAIN • DIVERSIFICATION

Château La France

Le parfum de l’hospitalité

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est un nom prédestiné à recevoir du monde, le charmer : la France, ce petit pays qui peut toujours s’enorgueillir d’être la première destination touristique au monde. Au Château La France, le hasard veut que ce soit une vocation importante, en sus de la partie vinique, qui repose sur près de 90 hectares de vignes. Nous sommes dans la commune de Beychac-et-Caillau, aux portes de Bordeaux. La première bâtisse fut détruite à la Révolution pour qu’une nouvelle soit construite à l’identique au XIXe siècle. Autre atout, le supplément d’âme de cette propriété tient à ce qu’elle est familiale. « C’est une acquisition qui date de 2007, on ne connaît pas exactement les raisons de ce nom original, mais nous avons fait faire une énorme statue d’un coq de 14 mètres de haut pour asseoir un peu plus l’identité du lieu », explique Stéphane Mottet, dont le fils, Victor, travaille également à la propriété, fort de son diplôme d’ingénieur agronome. La qualité des vins comme le coq argenté attirent les amateurs et les curieux, l’essai se transforme avec le dé-

veloppement d’une nouvelle activité, celle du réceptif. « Nous ne vivons pas dans le château, alors nous avons commencé par quelques gîtes puis cinq chambres d’hôtes avec un sauna et un jacuzzi », complète le propriétaire. Ainsi, on peut siroter la cuvée Coq comme la cuvée Full Moon dans un cadre idyllique. La nouvelle étape remonte à l’année 2025 avec la rénovation de la verrière et la création, dans une ancienne cuverie, d’une salle de réception pour consolider un peu plus le pôle événementiel. Ainsi, des séminaires d’entreprises comme des mariages peuvent se dérouler au Château La France. Les propriétaires de ce dernier, également à la tête du Château de Seguin, ont créé la société Burdigala Events, qui concentre toutes les activités liées à l’hospitalité au sein des deux propriétés. Team buildings, soirées cocktails, lancements de produits, l’offre se décline selon les envies, sinon les besoins. « Cette diversification a plusieurs vertus : c’est une source de revenus, ça permet d’entretenir les lieux et de faire connaître nos vins », conclut Stéphane Mottet.

Cultivons Demain, une démarche engageante

L’entreprise choisit un animateur accrédité par Cultivons Demain et intègre un groupe d’entreprises

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L'audit externe mené par un organisme certificateur tiers (Bureau Veritas) valide le niveau obtenu : l’entreprise peut communiquer sur sa labellisation

En 2026, 96 entreprises bordelaises labellisées soit 3 330 employés

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Elle réalise un diagnostic terrain pour analyser ses performances et identifier ses enjeux

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Elle construit son plan d’actions avec une vision à court, moyen et long terme

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Si elle le souhaite, elle se présente à la labellisation quand elle est prête (audit interne)

Elle fait évoluer progressivement ses pratiques et mesure ses progrès avec des indicateurs

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La diversification dans le Bordelais s’illustre par exemple aux Domaines Fabre (Haut-Médoc et Margaux). Retrouvez le témoignage de Mélanie Fabre.

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10 % du vignoble

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Elle progresse au sein du groupe avec un plan de formation portant sur plusieurs thématiques

plus de 30 % des volumes commercialisés


Domaines Quié

LA FILIÈRE SE MET AU VERT Photo R. Reynier

PAR HENRY CLEMENS, PHOTOGRAPHIES DR

Château Cantemerle Il y a des châteaux qui changent de millésime, Cantemerle a changé d’ère. Depuis 2021, ce cinquième grand cru classé du Médoc conduit une transformation radicale sous l’impulsion de Laure Canu, directrice, et Alice Baudoin, responsable RSE : moderniser sans trahir, faire de l’environnement un pilier aussi fondamental que la qualité du vin. Un projet global est validé autour de trois axes : qualité du produit, décarbonation, qualité de vie au travail. Les résultats sont spectaculaires. Fioul et gaz ont été supprimés, remplacés par 600 m² de panneaux photovoltaïques et une boucle de géothermie puisant ses calories dans l’étang du domaine. 90 % d’autonomie énergétique. Le nouveau chai, semi-enterré, a traversé l’hiver 2025-2026 sans chauffage. L’eau est suivie par sous-compteurs : malgré le passage de 40 à 114 cuves inox, la consommation reste maîtrisée. Dans les vignes, même dynamique : tracteurs électriques, robots Vitibot, pépinière d’essences locales pour reconstituer haies et bosquets. Pas de label bio revendiqué, mais des sols certifiés sains par l’Inra.

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Face aux multiples défis, Bordeaux innove et s’adapte. Démonstration avec Petit Bonnet, dernière création du Château Bonnet (Entre-deux-Mers).

Elle pèse 500 grammes et représente 40 % des émissions de CO₂, alors des propriétés ont décidé de la faire revenir. C’est le pari des maisons Quié engagées dans le réemploi depuis le millésime 2023. 100 % de leurs haut-médoc et seconds vins sont désormais conditionnés dans des bouteilles réemployables. Le principe est simple : plutôt que de refondre le verre, recyclage utile mais énergivore, on lave, on certifie, on réutilise. « Le terme réemployabilité ne parle pas encore aux gens », reconnaît Anne-Françoise Quié, qui lui préfère le mot consigne, ancré dans la mémoire collective. La transition n’a exigé ni investissement lourd ni bouleversement : une bordelaise classique standardisée, une colle d’étiquette soluble à l’eau et l’abandon de quelques ornements métallisés. Le maillon manquant reste la collecte : à partir de 2027, tout producteur devra intégrer 10 % de bouteilles réemployables dans sa gamme, la grande distribution devra s’organiser en conséquence. Des acteurs comme Citeo ou Ma bouteille s’appelle Reviens structurent progressivement la filière. Chez les Vignobles Quié, la bouteille consignée n’est qu’un maillon d’une chaîne plus large : effluents retraités, pratiques culturales repensées, tri rigoureux.

Vignobles André Lurton Chez les Vignobles André Lurton, la RSE c’est du concret. Six propriétés pour 5 à 6 millions de bouteilles maîtrisées de la vigne à la logistique. Le groupe familial, resté 100 % viticulteur, coche toutes les cases : SME (Système de management environnemental) du CIVB et label « Cultivons demain ». À l’export, ce dernier label, rebaptisé « Sustainable impact » sur les contre-étiquettes internationales, doit encore s’imposer face à des concurrents étrangers néo-zélandais ou italiens, pour ne citer qu’eux, parfois moins exigeants sur le fond et meilleurs communicants. Mais selon Mathilde de Caix-Lurton, directrice générale, la bataille vaut le coup d’être menée dans la mesure où les résultats, eux, sont bien au rendez-vous : 91 % des déchets valorisés, bouteilles allégées passées de 2 % à 60 % de la production en quatre ans, soit une réduction de 400 tonnes de CO₂ par an et des caisses bois en recul de 70 % au profit de cartons, étiquettes écoconçues intégrant jusqu’à 50 % de papier recyclé, encres de seconde vie, dorures récupérées. Le Château Bonnet rouge se décline désormais en PET (polyéthylène térephtalate) pour la Suède. Entre héritage familial et transformation continue, ces trois acteurs dessinent, chacun à leur manière, les contours d’un avenir désirable qui prend au sérieux l’urgence environnementale.

CULTIVONS DEMAIN • DÉCARBONATION

CULTIVONS DEMAIN • DÉCARBONATION

Géothermie, panneaux solaires, bouteilles consignées, emballages écoconçus : la décarbonation n’est plus un horizon lointain. Des acteurs de premier plan font de l’environnement un pilier aussi fondamental que la qualité du vin. Enquête sur une révolution discrète mais décisive

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CULTIVONS DEMAIN • ÉCONOMIE

Un label qui résonne sur les marchés Accompagnant la démarche collective de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) des vins de Bordeaux, le label Cultivons Demain guide, structure, amplifie et valorise les actions de chaque acteur engagé, auprès des acheteurs comme des consommateurs, en France comme à l’étranger. La preuve en trois témoignages probants, malgré un contexte complexe pour la filière PAR LAURA BERNAULTE, PHOTOGRAPHIES DR

GREGORY ROBERTS (ROYAUME-UNI) Formateur vin, accrédité vins de Bordeaux depuis 2023

THE WINE SOCIETY (ROYAUME-UNI) Dom de Ville, director of Sustainability and Social Impact « Retailer vin auprès de 200 000 membres, The Wine Society donne une place centrale à Cultivons Demain. Avec son approche globale de la durabilité, couvrant la performance environnementale, la réduction des émissions carbone, la biodiversité, le bien-être des employés, la gouvernance et l’engagement auprès des communautés locales, ce label soumis à une vérification indépendante par le Bureau Veritas s’aligne bien sur bon nombre de nos priorités, même si nous allons encore plus loin. En 2025, The Wine Society a ainsi organisé 21 sessions de formation, dans cinq langues, à destination de plus de 100 fournisseurs, sur des sujets tels que le recrutement éthique, les prestataires pour la main-d’œuvre, le logement des travailleurs, l’identification des risques pour les travailleurs saisonniers et temporaires… Nous avons également élaboré des guides pratiques en cinq langues pour aider les domaines viticoles et les vignobles à mettre en œuvre le devoir de vigilance en matière de droits humains. Pour notre équipe d’acheteurs, nous avons organisé des sessions spécifiques de formation et de montée en compétences sur les risques encourus par les travailleurs dans les chaînes d’approvisionnement viticoles, nos exigences éthiques et la manière d’intégrer ces sujets dans nos relations avec les fournisseurs. Plus largement, tous les employés de The Wine Society suivent une formation sur l’esclavagisme moderne et les droits humains, lors de leur intégration et tout au long de leur parcours au sein de l’entreprise. »

MÄHLER-BESSE (BORDEAUX)

« Sur les marchés anglo-saxons, la RSE est un sujet en forte progression, porté principalement par les jeunes générations, tandis que les consommateurs plus âgés restent davantage sensibles au prix. La durabilité constitue aujourd’hui un facteur de différenciation, à condition d’être concrète, visible et facilement compréhensible. Les attentes portent avant tout sur la réduction de l’empreinte carbone, la protection de la biodiversité, la limitation des pesticides, le développement de l’agriculture régénératrice, ainsi que les innovations en matière d’emballage. Les consommateurs sont également réceptifs aux récits mettant en valeur le travail des vignerons et leur adaptation au changement climatique, ces his-

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toires donnant du sens aux engagements environnementaux. Les labels reconnus, comme Fairtrade ou B Corp, renforcent la crédibilité des démarches, alors que des notions telles que le bio ou la biodynamie restent parfois mal comprises. Les consommateurs recherchent des repères simples – logo, label ou score environnemental – leur permettant d’identifier rapidement les vins engagés et de valoriser leur propre démarche responsable. Dans ce contexte, Bordeaux bénéficie de l’image d’une région particulièrement engagée en matière de durabilité, mais ces efforts restent encore largement méconnus du grand public. Moins que de renforcer les actions, tout l’enjeu est donc de mieux les rendre visibles et intelligibles, afin de transformer cet engagement en véritable avantage concurrentiel. »

Négociant et créateur de vins et spiritueux à Bordeaux depuis 1892, « Mähler-Besse a choisi de faire de la RSE un élément visible de son positionnement, en mettant en avant la démarche Cultivons Demain lors de Wine Paris et dans ses supports de communication. Le logo a ainsi été intégré à la scénographie du stand, et la refonte du site Internet a permis de valoriser plus largement les engagements de l’entreprise et de la filière bordelaise. Cette visibilité a alimenté les échanges avec les acheteurs. Les interlocuteurs, en particulier à l’export, s’intéressent principalement aux enjeux liés à la réduction de l’empreinte carbone, aux pratiques viticoles durables, à la préservation de la biodiversité et aux emballages plus durables, en écho aux attentes croissantes des consommateurs sur leurs marchés. Pour Mähler-Besse, la RSE devient un véritable facteur de différenciation lorsqu’elle est présentée de manière concrète, crédible et cohérente avec l’identité de Bordeaux et étayée par des preuves tangibles. Plus qu’un argument commercial, en complément des critères traditionnels de qualité et d’origine, elle renforce la crédibilité de l’entreprise, la confiance des acheteurs, et valorise l’image d’une filière engagée dans une amélioration continue, pour répondre aux défis environnementaux. »

CULTIVONS DEMAIN • ÉCONOMIE

Nicolai Hedegaard, directeur général

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Château d’Osmond

On ne compte plus à Bordeaux les châteaux comme les autres lieux de vie consacrés au vin qui aiment montrer ce qu’ils ont dans le ventre. Il y en a pour toutes les bourses, les couleurs et les goûts. De l’est de l’Entre-deux-Mers au Médoc, à l’ouest, en passant par les quais de Bordeaux, on en prend plein les yeux et le palais

Bordeaux Fête le Vin

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est Bordeaux qui est une fête, n’en déplaise à Hemingway, surtout au mois de juin, car la ville célèbre le produit qui a fait connaître son nom dans le monde entier. Pour l’édition 2025 – la prochaine se tiendra en 2027 –, près de 12 000 personnes ont participé à des ateliers ludiques ou techniques. Le vin, la fête… et pour tout le monde ! « La filière des vins de Bordeaux est aujourd’hui engagée dans le développement d’un œnotourisme toujours plus inclusif, afin de permettre aux personnes en situation de handicap d’être de la fête, explique Annick Martinez, la responsable accessibilité œnotourisme. Cet événement œnotouristique majeur, organisé sur quatre jours le long des quais de Bordeaux, a intégré lors de l’édition 2025 des adaptations, plaçant l’humain au cœur du dispositif. » L’École du Vin de Bordeaux a notamment proposé pour

la deuxième année consécutive des ateliers inclusifs avec des sessions adaptées aux personnes déficientes visuelles (y compris accompagnées de chiens guides) et auditives (avec traduction en langue des signes française). « La dégustation mobilisant des sens variés, l’École a enrichi ses dispositifs pédagogiques avec des outils tactiles (terre, feuilles de vigne, arômes). Ces ateliers ont été développés en collaboration avec des associations de personnes en situation de handicap », ajoute Annick Martinez. Plus largement, au sein des propriétés, des initiatives sont mises en place dépassant largement la stricte réglementation. Par exemple, les vignerons et négociants ont à disposition une carte du vignoble en braille, ou encore via des vidéos en langue des signes, des explications techniques autour de la dégustation…

est un lieu plein de vie, caché sur la commune de Cissac-en-Médoc, avec une petite dizaine d’hectares de haut-médoc tutoyant les appellations saint-estèphe et pauillac. Ici, le maître des lieux se nomme Frédéric Morlier et il aime recevoir, montrer ce qu’est un domaine viticole. « J’ai toujours été un fou de vin. Dans ma première vie, en tant que chef d’entreprise dans la communication, et puis en 1987 j’ai eu l’opportunité d’acquérir une première propriété, sans succès pour des raisons diverses, je n’ai pas lâché et en 2020 j’ai posé mes valises au Château d’Osmond », confie-t-il. Depuis, tout retrouve vie en ce lieu, de la conversion en bio au développement de l’œnotourisme. Frédéric, le vigneron-communicant, a traduit sa documentation en huit langues, autant de façons de montrer sa passion pour son Château d’Osmond. « Nous avons désormais une aire de jeux pour les enfants et un parcours ludique sur la connaissance des arbres pour les mineurs, nous avons une résidence pour les camping-cars, avec un barbecue à disposition et des départs

de balades à vélo sont possibles », s’enthousiasme le propriétaire. Toutes ces initiatives tournent autour du merlot, du cabernet sauvignon, du petit verdot et du cabernet franc, les cépages de son vignoble. Frédéric Morlier aime faire déguster aux amateurs des verticales et, comme la visite, le tout est gratuit. Le vigneron croit en ses produits et en la fidélisation de sa clientèle, également professionnelle : « Les restaurateurs comme les cavistes choisissent nos vins pour promouvoir le Médoc, nous les soutenons dans leur démarche de valorisation de cette région, contribuant à la renommée de notre appellation. » Au-delà de la cuvée médocaine dans le plus pur classicisme, Frédéric Morlier s’amuse à signer des flacons plus originaux, une bulle, un vin élevé en amphore, mais aussi un 100 % petit verdot : « C’est un cépage extraordinaire qui a beaucoup de tempérament et d’identité, nous devons le mettre en avant. Je crois qu’il n’existe dans le Médoc que quatre cuvées essentiellement constituées de ce cépage, je suis fier que le Château d’Osmond en produise une. »

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Que la fête (re) commence

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Ouvrir grand les portes

PAR JEAN-CHARLES CHAPUZET, PHOTOGRAPHIES DR

Photo G. Bonnaud

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Grand les bras

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La Winery d’Arsac

Des soirées première classe

Le lieu du vivant

est une carte postale polycole d’un vignoble bordelais aux portes du Périgord. Nous sommes à Landerrouat, un petit village non loin de la rivière Dordogne, où il fait bon vivre, bon d’y venir. La Verrière, comme souvent dans cette région excentrée de Bordeaux, c’est une famille. Dans celle-ci, demandez le pionnier, André. « C’est lui qui a transformé ce domaine avec une restructuration du vignoble afin de produire de meilleurs vins », confie Dolorès, la belle-fille d’André, l’épouse d’Alain. Cette deuxième génération a poussé les murs du domaine (qui compte 82 hectares dont 69 de vignes) et s’est associée avec Nicolas Trichard, un amoureux des vins de La Verrière. Les vins gagnent encore en qualité, en précision, et la nouvelle étape vise l’agriculture biologique. « La philosophie était déjà là, on utilisait notamment des engrais biologiques », précise Dolorès. Le sens de l’histoire a accouché en 2022 d’un engagement fort dans la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) et cette

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envie que le vin soit un plaisir. « Nous sommes à 70 kilomètres de Bordeaux, 25 de Saint-Émilion, 15 de Sainte-Foyla-Grande et 8 de Duras. La Verrière est idéalement placée pour une virée œnotouristique, nous sommes ouverts toute la semaine avec la possibilité de planches apéritives, et sur rendez-vous le week-end », ajoute Dolorès Bessette. En sus, ce domaine embrasse un maximum d’événements, du festival printanier Winestock à Monestier à la réception de la chorale basque, Kanta Barthes, à la fin du mois de mai. Au programme de l’été, le menu est chargé avec des soirées afterwork. La première soirée sera accompagnée d’un food-truck aux parfums de la cuisine réunionnaise avec un groupe anglo-saxon, la seconde prendra des accents de gastronomie locale autour d’un pique-nique et d’une balade dans le vignoble. « On se fait davantage connaître en faisant ces soirées, il y a du monde et c’est aussi une façon de savoir ce que les amateurs ont envie de boire », souligne la propriétaire.

Rien de mieux que des afterworks pour dynamiser un territoire et ses vignobles, à l’image des Châteaux Paloumey, Marquis de Terme et Lamothe-Bergeron (Médoc).

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ans ce lieu improbable, aux portes du Médoc, l’enthousiasme de l’équipe en place bat son plein : « La Winery connaît une véritable renaissance depuis son rachat par la famille Lurton en 2025. Le projet va au-delà du vin, il s’agit de recréer un lieu de vie, la terrasse et la bodega sont devenues des moteurs de cette nouvelle dynamique, la cave rassemble aujourd’hui plus de 1 500 références », explique Henri Mercier, responsable marketing et communication. Au-delà du vin, dit-on à la Winery, pour pallier les temps difficiles qui courent et laisser passer l’orage. L’endroit date de 2007, d’abord à l’initiative de Philippe Raoux dans l’idée d’offrir un lieu de convivialité dans une presqu’île médocaine qui en manquait. En quelques chiffres, la Winery enlace un parc de 30 hectares avec plusieurs lacs, se situe à 15 minutes en voiture de la rocade bordelaise, à 25 minutes de l’aéroport. L’immense terrasse qui regarde vers les lacs est un lieu privilégié pour les afterworks et le bâtiment compte cinq espaces

événementiels. Et c’est un lieu d’habitués ! « Les échanges vont souvent au-delà du simple conseil en vin : les prénoms, les habitudes, les préférences et les petites histoires de chacun participent à l’identité du lieu, ajoute Henri Mercier. L’objectif est de préserver cette atmosphère chaleureuse et à taille humaine malgré le développement du site. Il faut savoir que beaucoup de visiteurs découvrent l’existence du parc, des lacs et de la terrasse uniquement après avoir franchi le portail. C’est un environnement naturel rare à proximité immédiate de Bordeaux. » Au menu, des vins de Bordeaux bien sûr, beaucoup, à la folie, mais aussi des autres régions et des produits locaux comme le Médoc et plus largement la Gironde savent en délivrer. Concerts ou marchés, séminaires ou mariages, simple déjeuner ou assemblée générale, la Winery est le lieu de toutes les vies. « L’une des forces du lieu réside dans sa capacité à combiner infrastructures importantes et accueil personnalisé », ponctue Henri Mercier.

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Photo R. Reynier

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Château La Verrière

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LA VIGNE SE RÉINVENTE PAR HENRY CLEMENS, PHOTOGRAPHIES RAPHAËL REYNIER ET DR

Château d’Arche

Quand les femmes font le vin

Carole, 50 ans La logisticienne de l’ombre Arrivée en 2010 pour deux saisons en hôtellerie, Carole passe ses hivers dans les rangs et découvre que la vigne lui parle davantage que la relation client. En 2022, elle reprend le poste de responsable logistique. Aujourd’hui, elle orchestre seule tout ce qu’on ne voit pas : habillage des bouteilles, palettisation, expéditions, chargements de camions. « Les gens sont surpris qu’on fasse autant de choses à la main, et que je travaille seule », sourit-elle. Elle a installé des méthodes qui n’existaient pas avant elle, structuré les flux, inventé ses propres processus, son propre patron, en somme. Née à Fargues, à seulement 6 km, fille de viticulteurs, ancienne assistante vétérinaire reconvertie, Carole connaît le vin de A à Z. Dans cinq ans, elle se voit encore là, certaine de ne trouver nulle part ailleurs l’ambiance familiale du Château d’Arche.

Photo R. Reynier

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Dans le Sauternais comme en Nouvelle-Aquitaine, des femmes et des institutions tracent les voies d’une viticulture qui se raconte autrement

Manon, 27 ans Maître de chai par vocation Élevée dans une propriété familiale à Saint-Émilion, Manon a toujours su que sa place serait au chai : « Je voulais faire le vin, pas en parler. » Promue maître de chai à 24 ans, elle tient le cap avec une constance qui force l’admiration. La double pression du jeune âge et du genre, elle l’a ressentie pleinement mais s’est appuyée sur une certitude : « Je connaissais mon travail. » Son gabarit, 1,50 m, surprend ceux qui associent la gestion d’un chai à la carrure plutôt qu’à la précision ; elle leur prouve le contraire à chaque millésime. Elle observe une féminisation réelle du métier, sans minorer ses difficultés : « C’est un métier de passion. Sans elle, on ne tient pas. »

Laura, 24 ans

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La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) se joue aussi dans des relations négoce/vignerons saines. Confirmation avec Véronique Barthe (Château La Freynelle) et Nathalie Bassot-Dworkin (Clarence Dillon Wines).

Constance, 55 ans De la couture aux rangs de vigne Arrivée de Roumanie en 2014 avec un BTS de design vestimentaire et aucune notion de vendange, Constance dirige aujourd’hui des équipes allant jusqu’à 48 personnes. « La plus grande difficulté, ce n’est pas le froid en hiver ni la chaleur en été, c’est de gérer le caractère des gens. » Certains hommes acceptent mal de recevoir des ordres d’une femme ; sa méthode consiste à observer, puis à en référer à la direction si besoin, sans drame. « C’est ça qui attire les femmes ici : on sait qu’on sera respectées. » Elle compare la formation d’un Cep à l’éducation d’un enfant : « Les trois premières années sont déterminantes. Si on rate la formation, on le paie après. » De la couture au vignoble, le fil est finalement moins ténu qu’il n’y paraît : précision, patience, exigence.

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Vendangeuse dès 9 ans en Provence, Laura conduit aujourd’hui un enjambeur de plusieurs tonnes, encadre des équipes, vinifie pendant les vendanges. À Sauternes, elle garde en mémoire le défi de prendre seule en main un engin que personne d’autre ne savait conduire : « J’avais peur de rater les traitements. » Elle ne les a pas ratés, repris le volant sans hésiter après trois mois de vendange en Nouvelle-Zélande. Les regards étonnés subsistent, les remarques désobligeantes se raréfient. « Les mentalités évoluent. » Dans dix ans, elle veut son propre château, avec son nom sur les bouteilles, quitte à concrétiser ce projet à l’étranger si la conjoncture française ne s’y prête pas.

Photo R. Reynier

Photo R. Reynier

Tractoriste, vinificatrice et future châtelaine

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Navi

Demain s’écrit aujourd’hui

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errière chaque bouteille de bordeaux, de cognac ou d’armagnac, il y a des femmes et des hommes qui taillent, récoltent, vinifient, conditionnent. Des métiers exigeants, souvent méconnus, aujourd’hui menacés par une double crise : le manque d’attractivité et la rapidité des mutations imposées par le changement climatique. C’est pour répondre à ces défis que le projet Navi (Nouvelle-Aquitaine Viticulture Innovation) a vu le jour. Lauréat de l’appel à projets national « Compétences et métiers d’avenir » dans le cadre de France 2030, Navi dispose d’un budget de 10,6 millions d’euros et réunit 35 membres représentant toute la chaîne de valeur viticole, filière Cognac incluse. Copiloté par l’Agrocampus Bordeaux-Gironde et le Campus régional de la vigne et du vin, il est porté par une ambition : placer l’humain au cœur des organisations. Le projet s’articule autour de trois axes : valoriser les métiers, cartographier les besoins en compétences, développer des outils de formation innovants. Car la filière doit séduire des profils très différents : les jeunes qui ne connaissent pas ces métiers, les personnes en reconversion qui représentent 50 % des emplois dans le vin et des

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publics ruraux éloignés de l’emploi. Elle doit aussi lever des freins pour féminiser davantage des métiers de production. Sur ce point, Navi mise sur la robotique pour transformer des conditions de travail. L’une des innovations les plus spectaculaires reste les simulateurs de formation. Agrocampus Bordeaux-Gironde est précurseur dans ce domaine depuis 2018 : conduite de machine à vendanger, taille de vigne, maintenance, réglage de pulvérisateurs. Apprendre les gestes du métier en environnement virtuel, sans contrainte saisonnière, sans risque d’accident, avec le droit à l’erreur. Navi prévoit d’enrichir ces outils existants et d’en créer trois nouveaux, dédiés à la gestion des sols, à la vinification et à la logistique. Un championnat international de taille virtuelle est même envisagé lors du prochain Vinitech. Enfin, le projet ambitionne de créer des titres de Meilleur Ouvrier de France dédiés aux métiers de la vigne et du chai, une reconnaissance qui n’existait pas encore pour ces savoir-faire essentiels. La viticulture française a tout à gagner à miser sur ses talents humains autant que sur ses terroirs d’exception. Navi le rappelle avec conviction : les grands vins ne naissent pas ex nihilo.

décembre

Le festival des amoureux du vin, depuis 15 ans.

JE SCANNE >> JE RÉSERVE ! ou je réserve sur terredevins.com Photo R. Reynier

avec

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L’A B U S D ’A L C O O L E S T D A N G E R E U X P O U R L A S A N T É , À C O N S O M M E R A V E C M O D É R A T I O N


ANCRÉS DANS LE SOL, TOURNÉS VERS L’AVENIR

ENSEMBLE TOUS

S R E I L U G SIN

LA DÉMARCHE CULTIVONS DEMAIN BÉNÉFICIE DU SOUTIEN FINANCIER DE LA RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE ET DU PLAN D’INVESTISSEMENT D’AVENIR.


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Bordeaux s'engage pour l'avenir by Logan Labrouche - Issuu