CHARLES H. SPURGEON

Espérer au cœur de la dépression
Les éditeurs remercient chaleureusement tous les relecteurs et relectrices pour leur précieuse collaboration à cet ouvrage : Viviane, Terry, Véronique, Odile, Ludvine, Myriam
Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre : Encouragement for the depressed • Charles H. Spurgeon © 2020 • Crossway
1300 Crescent Street, Wheaton, Illinois 60187, États-Unis d’Amérique
Traduit et publié avec permission. Tous droits réservés.
Édition en langue française :
Espérer au cœur de la dépression • Charles H. Spurgeon © 2026 • BLF Éditions • www.blfeditions.com
Rue de Maubeuge • 59164 • Marpent, France
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés.
Traduction : Claire Romerowski
Couverture, illustration et mise en page : NouvelleCreation
Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de La Nouvelle version Segond révisée dite à la Colombe. Texte copyright © 1978 Société biblique française. Avec permission. Les caractères italiques sont ajoutés par l’auteur de cet ouvrage. Les autres versions employées sont indiquées en lettres abrégées et concernent La Nouvelle Bible Segond (NBS), la Traduction œcuménique de la Bible (TOB)
Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
ISBN 978-2-38657-144-2 broché
ISBN 978-2-38657-145-9 numérique
Imprimé en France par Sepec
Dépôt légal 2e trimestre 2026
matières
Le chrétien au cœur de la dépression 25 Le pasteur au cœur de la dépression 51

Préface
Peu d’auteurs, hormis ceux de la Bible, me parlent autant que Charles Spurgeon. Ses idées et son interprétation de l’Écriture sont d’une profondeur remarquable. Ses sermons et ses essais, pleins de grâce, de vérité et d’éloquence, me poussent à m’approcher davantage de Jésus.
Au cours de sa vie, Spurgeon a prêché à environ dix millions de personnes. Il donnait parfois dix prédications par semaine. Ses 3 561 sermons ont été rassemblés en soixante-trois volumes. Et il a également écrit beaucoup de livres.
Aussi extraordinaires qu’aient été son œuvre et son service, les efforts fournis pour les accomplir ont sans aucun doute contribué à provoquer ses épisodes de dépression. En effet, il travaillait souvent jusqu’à dix-huit heures par jour !
Charles Spurgeon trouvait une grande consolation dans la Bible, en particulier dans les Psaumes, qu’il affectionnait tout particulièrement, comme en témoigne son commentaire extensif Le butin du roi1 .
Il savait que la Parole de Dieu est plus précieuse que toute autre chose. Le Seigneur promet qu’elle « ne retourne pas à [lui] sans effet, sans avoir exécuté [sa] volonté et accompli avec succès ce pour quoi [il l’a] envoyée » (Ésaïe 55.11). Il ne promet cela ni de votre parole, ni de la mienne, ni même de celle de Spurgeon, mais uniquement de sa Parole à lui. Objet de dures critiques, Spurgeon a fourni des efforts acharnés pour conformer ses prédications et ses écrits à l’Écriture. Soyons attentifs à ce qu’il nous dit parce qu’il annonce fidèlement la Parole de Dieu. Or, aujourd’hui, peu de voix comme la sienne se font encore entendre.
La vie et les écrits de Spurgeon nous rappellent aussi que même les personnes qui se confient pleinement en Dieu peuvent sombrer dans une dépression profonde. Cela peut paraître déprimant, si je puis dire, pour ceux qui n’ont jamais fait face à ce genre d’épreuve ; mais pour ceux d’entre nous qui en ont fait l’expérience, cette vérité est libératrice.
J’ai traversé plusieurs épisodes de dépression dans ma vie. Il y a sept ans, sans raison apparente, elle a été ma compagne quotidienne. Pendant cette période, j’ai été encouragé par le point de vue de Spurgeon, dont la dépression a été bien plus persistante et plus terrible que la mienne. J’ai partagé ce que je vivais sur mon blog et j’y ai cité quelques paroles de Spurgeon que vous retrouverez dans ce livre.
— e s Pérer au cœur de la dé Pression
Depuis, beaucoup m’ont écrit pour me dire comment Dieu a utilisé, dans leur vie, la perspective de Spurgeon sur la dépression. Après avoir publié un autre article au sujet de Spurgeon et de ses souffrances, j’ai reçu ce message : « J’étais déprimé de me sentir à nouveau si mal. C’est incroyable que même de grands leaders puissent souffrir autant. Ces paroles me donnent de l’espoir dans ces temps de souffrance presque constante. Merci. Ça m’a vraiment encouragé… J’en avais besoin ! »
Spurgeon aurait-il pu imaginer que, près de deux siècles plus tard, ses souffrances seraient encore source de réconfort pour le peuple de Dieu ? Ce Dieu a eu, et a toujours compassion de nos souffrances et de notre vision limitée de son plan. Je suis certain que Dieu utilisera ce livre pour encourager d’autres croyants qui luttent contre la dépression.
Spurgeon écrit : « J’ai souffert à de nombreuses reprises de graves maladies et de dépressions atroces qui ont failli me plonger dans le désespoir. Presque chaque année, j’ai été forcé d’interrompre mes activités pour un temps, car la chair et le sang, du moins une chair et un sang tels que les miens, ne peuvent en supporter la charge. Je crois [cependant] que la détresse m’était nécessaire et a servi un dessein salutaire2 . »
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L’homme qui a écrit ces mots a enduré de grandes souffrances physiques durant la majeure partie de sa vie. Son épouse bien-aimée, Susannah, est restée alitée pendant plusieurs dizaines d’années. Spurgeon, lui, a contracté la variole et souffrait de la goutte, de rhumatismes et de néphrite (une inflammation des reins). Son état de santé empirant, il a dû renoncer à prêcher pendant près d’un tiers de ses vingt dernières années de vie. Ces souffrances physiques ont beaucoup affecté son état émotionnel.
À vingt-deux ans, Spurgeon a été témoin d’une tragédie qui l’a hanté pendant des années. Il prêchait pour la première fois dans le Music Hall des jardins royaux de Surrey, parce que son église était trop petite. Le bâtiment était conçu pour accueillir un maximum de dix mille personnes et la foule qui se serrait à l’intérieur était bien trop nombreuse. Soudain, quelqu’un a crié : « Au feu ! » Il n’y avait pas d’incendie, mais la bousculade qui en a résulté a fait sept morts et de nombreux blessés. Des années plus tard, Spurgeon déclara que ce drame atroce avait manqué de l’emporter dans « la fournaise ardente de la folie3. »
Cependant, Spurgeon a découvert que ses terribles souffrances le rapprochaient de Dieu. Dans un discours adressé à des pasteurs et à des étudiants, il dit : « J’affirme que la plus grande des
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