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Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexuelle ? • Sam Allberry

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Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexu e lle ? S A M

A L L B E R R Y


Lumineux ! Sam Allberry nous amène dans une réflexion profonde, biblique et prophétique sur la sexualité. Un manifeste urgent pour notre temps. Vous y apprendrez entre autres que la vraie révolution sexuelle ne s’est pas faite en 1960, mais en 60… Renversant ! Je connais personnellement Sam depuis quelques années. J’ai retrouvé dans ces pages son cœur pastoral pour tous ceux qui luttent avec leur propre sexualité. Loin des raccourcis lapidaires, Sam saura vous rejoindre dans vos questionnements les plus intimes. Vous n’êtes plus seuls.

Raphaël Anzenberger Directeur de Publication Imago Dei

Sam Allberry aborde la question de la sexualité avec humour, compassion et efficacité. Son approche est claire et équilibrée. Oui, la sexualité est un cadeau de Dieu qui nous donne accès à une réalité plus grande. À la lecture de ce livre, vous découvrirez les clés dont vous avez besoin pour répondre aux questions essentielles sur Dieu et votre sexualité.

Rachel Miquel Dufour Pasteure, thérapeute, auteur de “Hourra pour le Va-Jay-Jay”

Sam Allberry aborde avec compassion et dans un style accessible l’une des questions les plus pressantes de notre temps. Sa sincérité et son sens de l’humour portent un coup fatal aux stéréotypes et aux banalités que l’on entend souvent à propos des relations sexuelles. Allant à contre-courant de la pensée actuelle, ce livre nous pousse à porter un regard nouveau sur la foi chrétienne et à considérer la possibilité d’une relation avec Dieu dans notre culture en constante évolution.

Amy Orr-Ewing Directrice du Centre d’apologétique chrétienne d’Oxford


Dans notre société consumériste et matérialiste, nous sommes influencés dans notre représentation de tout ce qui nous entoure, de tout ce qui nous constitue. Nous en établissons des évaluations, des coûts, un prix ou une valeur que nous pouvons échanger ou troquer. La problématique majeure est notre propre subjectivité. Nous attribuons ces critères avec une vision influencée par notre culture, notre éducation, la société ou encore la technologie. Sam Allberry nous rappelle avec justesse et clarté la valeur de la sexualité : elle est beaucoup, mais vraiment beaucoup plus que ce que la société et parfois nous-mêmes lui attribuons. Nous ne parlons pas assez de sexe dans nos Églises, clairement pas assez. Cela ne devrait donc pas nous étonner de voir tant de similarités dans les problématiques liées à la sexualité entre l’Église et le monde. Ce livre est une pierre supplémentaire à un édifice plus grand qui contribue à une nécessité de prise de conscience et de changement. C’est un outil de qualité très utile pour nous chrétiens d’aujourd’hui.

Samuel Laurent Psychologue, blogueur sur TPSG Sam Allberry nous invite à suivre un parcours de découverte d’une vision théologique de la sexualité. L’enjeu est de taille et l’auteur arrive à sortir des tabous pour s’exprimer dans un langage clair et accessible à tous. Il ne laisse pas de côté les questions controversées et a le mérite de nous offrir une position équilibrée, basée sur de solides fondements bibliques et sur des perspectives pratiques. Dieu a quelque chose à dire sur la sexualité. Sam Allberry nous invite non seulement à le comprendre, mais aussi à entrer en relation avec le Dieu qui se révèle.

Paul Millemann Psychologue, médiateur de conflit, formateur en travail social, chargé de cours en institut biblique et faculté de théologie


Avec humour, sensibilité et pertinence, l’auteur retire le vernis de termes sensibles comme le sexe, l’amour et les relations. Puisant dans la riche diversité des textes de la Bible, illustrant son propos par des références au quotidien, à l’actualité, aux films, à la littérature, il nous donne de la perspective, nous aidant à retrouver du sens dans un sujet pourtant omniprésent, mais souvent mal compris.

Paul Harrison Pasteur-évangéliste à Paris Dans ce livre complet et provocateur, Sam Allberry montre que les désirs de notre cœur, les instincts de notre corps et les aspirations complexes de notre esprit nous orientent vers une chose plus désirable encore que le sexe. Un ouvrage qui se dévore en quelques heures, mais qui pourrait bien chambouler votre vie entière.

Rebecca McLaughlin Auteure de Confronting Christianity [Le christianisme remis en cause]


Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexu lle? SAM ALLBERRY


Édition originale publiée en anglais sous le titre : Why does God care who I sleep with ? • Sam Allberry © 2020 • The Good Book Company B1 Blenheim House • 1 Blenheim Road Epsom • Surrey • KT19 9AP • England Traduit et publié avec permission. Tous droits réservés. Édition en langue française : Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexuelle • Sam Allberry © 2021 • BLF Éditions • www.blfeditions.com Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Traduction : Claire Romerowski Couverture : Laurianne Hirschler Design original : André Parker Mise en page : NouvelleCreation Impression n° XXXXX • IMEAF • 26160 La Bégude de Mazenc Impression n° XXXXX • Sepec • Rue de Prony • 01960 Péronnas • France Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de la Bible version Segond 21. © 2007 Société biblique de Genève. Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés. Les caractères italiques sont ajoutés par l'auteur du présent ouvrage. ISBN 978-2-36249-594-6 ISBN 978-2-36249-595-3

broché numérique

Dépôt légal 2e trimestre 2021 Index Dewey (CDD) : 261.835 Mots-clés : 1. Relations sexuelles. Christianisme. 2. Éthique.


Table des matières

Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

01 • Pourquoi

accorder tant d’importance à notre vie sexuelle ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

02 • Que 03 • À

vaut une fille ?.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29

quoi sert l’acte sexuel ?.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41

04 • Le

sexe est-il vraiment réservé au mariage ?. . . . . . . . . . . . . 57

05 • En

quoi était-ce révolutionnaire pour l’époque ?.. . . . . . 69

06 • En

quoi est-ce révolutionnaire aujourd’hui ?. . . . . . . . . . . . . 81

07 • Et

si j’ai vraiment tout raté ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89

08 • Notre

identité dépend-elle de l’épanouissement de notre sexualité ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105

09 • Est-ce

qu’il ne suffit pas d’aimer ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125

10 • Pourquoi

Dieu tient-il tellement à s’en mêler ? La grande histoire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145

11 •

Pourquoi Dieu tient-il tellement à s’en mêler ? Le grand amour. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153

Remerciements. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167


À Logan Gates et Ben Dyson. Merci pour votre amitié fidèle.


IN T RODUCT ION

Une préoccupation universelle

Il s’agit probablement de l’épisode le plus étrange de ma vie. À l’époque, j’enseignais l’anglais dans le centre de la Thaïlande. J’ai été invité à participer à une journée de formation régionale pour des professeurs d’anglais de lycée. L’anglais étant ma langue maternelle, j’allais pouvoir les aider en matière de prononciation et de conversation. Du moins, c’est ce que je croyais. Ils ont commencé par m’inviter sur scène. C’est là que j’ai soupçonné que tout n’allait peut-être pas se dérouler comme je m’y attendais. Après m’avoir présenté aux participants, les organisateurs ont annoncé que pour démarrer cette journée, nous chanterions la chanson thématique de la formation. Ou, pour être plus exact, que leur cher invité anglais allait s’en charger. La mauvaise nouvelle, c’est que je suis absolument incapable de chanter, surtout devant un public. La bonne nouvelle, c’est que la chanson était en anglais. Seulement, leur logiciel de karaoké me réservait une surprise désagréable. Nous étions samedi matin, je me trouvais dans un pays que je connaissais 13


Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexu lle ?

à peine, j’avais accepté à la dernière minute de me prêter à ce petit jeu pour faire plaisir à mes hôtes, et voilà que je m’apprêtais à chanter seul sur scène devant plusieurs centaines d’enseignants thaïlandais. La chanson en question était I just called to say I love you de Stevie Wonder. Une très belle chanson, certes, mais pas le genre de texte qui vous vient à l’esprit lorsqu’il s’agit d’enseigner la langue de Shakespeare. À ce stade, j’avais largement franchi les limites de ma zone de confort, mais le pire était à venir. L’écran de karaoké diffusait en arrièreplan des vidéos obscènes dans lesquelles se contorsionnait tout un défilé de corps plus ou moins dénudés. Il me fallait donc – par je ne sais quel moyen – tenter de suivre les paroles tout en détournant mon regard des images indécentes qui les accompagnaient. Le tout en me retenant de devenir rouge pivoine. Tout cela pour dire à quel point il est impossible d’éviter le sujet de la sexualité. S’il peut s’inviter dans un contexte aussi banal que cette journée de formation en Thaïlande, alors je doute que nous puissions y échapper dans n’importe quel autre domaine de la vie. Pour être honnête, je crois que je ne ferai rien de plus insolite que l’activité qui m’occupe en ce moment même, à savoir écrire un livre sur le sexe. À moins, bien sûr, que je ne sois amené à réitérer ma petite séance de karaoké. Comme je l’ai dit, le sexe est un sujet incontournable et ce, parce qu’il revêt une grande importance pour chacun d’entre nous. Je travaille depuis plusieurs années pour un organisme dont la principale mission est de répondre aux questions profondes que les gens se posent sur la foi chrétienne. Les autres ouvrages de cette collection vous donneront une idée 14


Introduction

des différents thèmes que nous abordons. Mais la plupart des personnes que je rencontre se préoccupent surtout, et presque toujours, de savoir ce que les chrétiens pensent de la sexualité et de ce qu’en dit le christianisme. Ce n’est pas étonnant. Nous accordons beaucoup d’importance à notre sexualité, au sexe et aux relations que nous pouvons construire. Ce domaine de notre existence est loin d’être anodin. Le sujet suscite toujours, et chez tout le monde, toute une gamme d’émotions fortes – j’en suis tout à fait conscient. Nos souvenirs (bons ou mauvais) façonnent notre manière de penser et d’agir. Certains d’entre nous sommes encore hantés par des expériences et des souvenirs douloureux. D’autres ne connaissent pas la quiétude et cherchent sans cesse une satisfaction toujours plus grande. D’autres encore ne savent plus que penser après tout ce qu’ils ont vécu. Et puis, il y a ceux qui sont parfaitement satisfaits de leur vie sexuelle et se demandent peut-être pourquoi on en fait tout un plat. Bref, la lecture de cet ouvrage risque d’être difficile. Chrétien ou non, préparez-vous à être dégoûté par cette lecture ou à vouloir jeter le livre par la fenêtre. Pourquoi ? Parce que ce que j’ai à vous dire risque de se révéler profondément contraire à vos propres opinions et à votre vécu. Mais attendez ! Plutôt que de céder à votre première impulsion et de vous débarrasser de ce livre, réfléchissez attentivement à ce que vous lirez. Faites-le de la manière la plus objective possible. Je crois que le sexe est vraiment important pour nous tous. À l’heure où j’écris ces lignes, je suis célibataire et ne m’attends pas à ce que cela change. Comme je suis aussi chrétien, cela signifie que je m’engage à rester célibataire, c’est-à-dire à ne pas avoir de relations sexuelles, 15


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tant que je ne suis pas marié. Ce sujet a de l’importance pour moi. Tout comme il en a pour nous tous. Attention, danger ! Les débats sur la sexualité représentent un défi de taille pour les chrétiens. Notre société occidentale considère de plus en plus la liberté sexuelle comme l’un de ses acquis les plus précieux. La situation a beaucoup évolué en une décennie. Il y a à peine quinze ans, on taxait de ringards les chrétiens comme moi, qui s’efforçaient de suivre l’enseignement de la Bible. Pour la culture de l’époque, l’attitude qui consistait à réserver les relations sexuelles pour le mariage était complètement dépassée. Aujourd’hui, notre vision chrétienne de la sexualité est tellement divergente que la société nous perçoit de plus en plus comme un danger. Pour elle, chacun est seul maître en ce qui concerne sa vie sexuelle. Notre culture a élevé cette vision au rang de droit fondamental, et la moindre restriction à cette liberté constitue une sorte de menace existentielle. Autrefois simple excentricité, la volonté chrétienne de réserver la sexualité à un cadre défini est désormais considérée comme un affront. Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexuelle ? Voilà une phrase qui, malgré ses allures de question, résonne plus comme une déclaration d’émancipation n’attendant, au fond, pas de réponse. En tant que chrétiens, nous savons cependant qu’il existe une réponse. Ce que nous croyons à propos de la sexualité n’a pas changé et ne changera pas. Peu importe que la société tourne nos convictions en ridicule. Il existe des arguments solides en faveur de ces convictions et je souhaite de tout cœur 16


Introduction

que vous cherchiez à les comprendre et à les évaluer avant de vous forger votre propre opinion. Dieu se mêle de notre vie sexuelle parce qu’il nous accorde énormément d’importance. Il s’en préoccupe parce que c’est lui qui a inventé le sexe, pas nous. Et parce que vivre sa sexualité de la mauvaise façon peut causer beaucoup de dégâts et de profondes blessures. Cela compte pour Dieu parce que nous avons de la valeur à ses yeux. Il nous le prouve non seulement en nous révélant comment vivre notre sexualité de la meilleure manière, mais aussi en nous offrant le pardon et la guérison lorsque nous pensons avoir tout gâché. C’est ce que nous allons voir dans ce livre.

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CHAPIT RE UN

Pourquoi accorder tant d’importance à notre vie sexuelle ?

Ce n’est pas tous les jours qu’un tweet déclenche une véritable révolution. Fin 2017, plusieurs accusations portées contre le célèbre producteur américain Harvey Weinstein embrasent le tout Hollywood. L’une après l’autre, des femmes dénoncent son comportement de prédateur sexuel et l’affaire attire l’attention du monde entier. Le 15 octobre, l’actrice Alyssa Milano publie le tweet suivant : « Si vous avez été harcelée ou agressée sexuellement, écrivez “me too” [moi aussi] dans votre réponse à ce tweet ». Le hashtag #MeToo devient viral et fait le tour de la planète en quelques heures. Alyssa Milano poste son tweet aux alentours de midi et, à la fin de la journée, #MeToo est déjà cité plus de 200 000 fois sur Twitter. Un an plus tard, on compte dix-neuf millions de mentions, soit plus de 55 000 chaque jour1. 1

Dalvin Brown, « 19 million tweets later : A look at #MeToo a year after the hashtag went viral » [19 millions de tweets plus tard : un regard sur #MeToo un 19


Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexu lle ?

D’autres célébrités racontent alors leur histoire et le hashtag ne cesse de gagner en popularité. Hollywood croule sous les révélations. Des scandales se font jour dans le monde du spectacle et des accusations de harcèlement et d’abus sexuels sont lancées dans les domaines de la politique, des médias, de l’éducation et de la religion. Des victimes d’abus sexuels dans le cadre de l’Église révèlent ce qu’elles ont vécu et un nouvel hashtag apparaît : #ChurchToo [l’Église aussi]. Bien que le tweet de l’actrice semble être ce qui a mis le feu aux poudres, celle-ci reconnaît ne pas être la première à utiliser l’expression #MeToo dans le contexte des violences sexuelles. En réalité, le hashtag est né dix ans plus tôt. Dans une interview pour le Huffington Post, la militante Tarana Burke explique avoir « cherché une manière simple d’exprimer de l’empathie ». Elle poursuit : « Les mots “moi aussi” ont une incroyable puissance. Le jour où je les ai entendus, mon processus de guérison a pris une autre tournure ». Peu après que le tweet d’Alyssa Milano est devenu viral, Tarana Burke a écrit : « Notre travail dans le cadre du “mouvement Me Too”, ces dix dernières années, a pour but de faire savoir aux femmes, et plus particulièrement aux jeunes femmes de couleur, qu’elles ne sont pas seules2 ». L’incroyable popularité de #MeToo a permis cela. Bien que Tarana Burke ait manifesté un souci particulier pour les jeunes femmes de couleur, le hashtag a donné à beaucoup

an après que le hashtag est devenu viral], USA Today, 13 octobre 2018. URL : www.bit.ly/occasleep (consulté le 22/03/2021). Alanna Vagianos, « The “Me Too” campaign was created by a Black woman 10 years ago” [La campagne #MeToo a été créée par une Afro-Américaine il y a 10 ans], The Huffington Post, 17 octobre 2017. URL : www.bit.ly/occasleep2 (consulté le 22/03/2021).

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Pourquoi accorder tant d’importance à notre vie sexuelle ?

d’autres femmes (ainsi qu’à des hommes), de tous âges et de toutes origines, la possibilité de raconter leur histoire. L’une d’elles mérite d’ailleurs qu’on s’y arrête. Caitlin Flanagan, rédactrice pour le magazine The Atlantic, raconte comment un jeune homme de son lycée a tenté de la violer dans sa voiture, sur un parking désert près de la plage. Après quelques instants de lutte, il finit par abandonner et la reconduit chez elle. Elle n’en a jamais parlé et en donne la raison dans la suite de son article : Je ne l’ai raconté à personne. Pour moi, ce n’était pas l’exemple d’une tentative de viol par un homme sur une femme. C’était la preuve que je n’étais pas désirable. Cela confirmait que je n’étais pas le genre de fille que l’on veut emmener en soirée ou que l’on désire apprendre à connaître. J’étais le genre de fille qu’on emmène sur les parkings déserts pour coucher avec elles. En parler n’aurait pas mis en lumière les actes de ce garçon. En parler aurait dévoilé que je méritais ce qu’il m’avait fait subir3 .

Le mouvement #MeToo a levé le voile sur la fréquence des violences sexuelles. En 2015, avant même cette libération de la parole, une étude montrait déjà qu’en France une femme sur sept (14,5 %) avait vécu au moins une forme d’agression sexuelle au cours de sa vie. Il est difficile d’obtenir des chiffres précis : les victimes de telles violences ont beaucoup de peine à partager ce qu’elles ont vécu, et ce pour une multitude de raisons, comme le montre le témoignage de Caitlin Flanagan. Beaucoup d’entre elles sont cependant parvenues à s’exprimer pour la toute première fois et notre société prend de mieux en mieux conscience de l’ampleur de ces violences. Des hommes Caitlin Flanagan, « I believe her » [Je la crois], The Atlantic, 17 septembre 2018. URL : www.bit.ly/occasleep3 (consulté le 22/03/2021).

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commencent aussi à raconter le harcèlement ou les agressions sexuelles qu’ils ont subis. D’autres reconnaissent la gravité de leurs actes passés. À l’échelle des individus comme des institutions, il semblerait que la société occidentale dans son ensemble soit en train de réévaluer ses valeurs sexuelles. Si nous devons retenir une chose du mouvement #MeToo, c’est que notre sexualité compte énormément. Ne pas la respecter entraîne de lourds dégâts émotionnels et psychologiques, sans compter les cicatrices physiques qui en résultent. L’histoire de Caitlin Flanagan en est la preuve flagrante. Le comportement de ce jeune homme lui a fait croire qu'elle avait peu de valeur, et le temps n’a fait que renforcer ce mensonge. Jésus et les abus Quel rapport tout cela a-t-il à voir avec la foi chrétienne ? Lorsqu’il s’agit d’abus sexuels, le christianisme semble être une source de problèmes autant que n’importe quelle autre institution, si ce n’est plus. De plus en plus d’accusations portées contre l’Église – récentes ou non – sont prouvées, et il est aujourd’hui tout à fait certain que de nombreuses œuvres chrétiennes ont été le théâtre de terribles maltraitances. Les faits en eux-mêmes sont monstrueux. Qu’ils aient été perpétrés dans un cadre chrétien les rend encore plus condamnables. Nous savons tous qu’une agression sexuelle est un crime. Cette conviction, aucun groupe social, aucune religion n’en détient le monopole. Mais les chrétiens ont sûrement plus de raisons d’en être conscients que les autres. Jésus de Nazareth, le fondateur du christianisme, était connu pour prendre soin des personnes vulnérables, des marginaux et de ceux que l’on négligeait. Les gens disaient de lui : 22


Pourquoi accorder tant d’importance à notre vie sexuelle ?

« Il ne cassera pas le roseau abîmé » (Matthieu 12 : 20). Il était naturellement plein de douceur envers ceux qui souffraient et ceux qui étaient blessés. Voilà pourquoi nous sommes particulièrement révoltés lorsqu’une personne qui prétend suivre Jésus agit à l’encontre de son enseignement et de son exemple dans ce domaine. Jésus lui-même a été victime de violences inimaginables. Nul besoin d’être chrétien et de croire en la Bible pour savoir comment s’est terminée la vie de cet homme. Des documents historiques rapportent que Jésus a été exécuté publiquement par les autorités romaines sur ordre de Ponce Pilate. Il est mort crucifié, après avoir été longuement humilié et torturé. Les récits du Nouveau Testament ne fournissent que peu de détails sanglants, ce qui est plutôt étonnant. Par contre, ils indiquent que Jésus a été privé de ses vêtements, fouetté, battu et tourné en ridicule. On a exposé sa nudité, on l’a battu et on s’est moqué de lui à plusieurs reprises. L’un de ses plus proches compagnons l’a trahi et les autres l’ont renié ou abandonné. Il nous serait bien difficile d’imaginer les souffrances émotionnelles, psychologiques et physiques que Jésus a subies, sans parler de la crucifixion qu’il a endurée ensuite. Voilà l’homme que les chrétiens adorent et suivent. Par conséquent, ils devraient avoir une compassion spontanée pour les victimes. Jésus a expérimenté l’une des formes les plus violentes d’exclusion et de persécution, c’est pourquoi la foi chrétienne se caractérise par une profonde sensibilité à la maltraitance et à la souffrance d’autrui. Il est donc impensable que les chrétiens restent indifférents face aux abus et encore moins qu'ils les couvrent ou les perpétuent eux-mêmes. Ce que Jésus enseigne à propos de la sexualité devrait aussi les encourager à se mobiliser. 23


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Jésus et le sexe Le Sermon sur la montagne est l’un des discours de Jésus les plus réputés. De nombreux passages sont profondément ancrés dans notre culture occidentale. Vous connaissez sûrement ce discours mieux que vous ne le croyez. Au début, Jésus aborde la question de l’éthique sexuelle : Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Mais moi je vous dis : Tout homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. MATTHIEU 5 : 27-28

Jésus sait que son auditoire connaît les Dix commandements de l’Ancien Testament, y compris celui qu’il cite – le septième – qui condamne l’adultère. Le mot « adultère » désigne une relation sexuelle entre une personne mariée et quelqu’un qui n’est pas son conjoint. Jésus reprend ce commandement en le complétant avec sa propre interprétation. Sans le contredire, il jette un nouvel éclairage sur la façon de le mettre en pratique. Ne vous y trompez pas ! Les propos de Jésus sont tout aussi révolutionnaires pour ses contemporains que pour nous aujourd’hui. Comment son auditoire de l’époque a-t-il compris ces paroles ? Jésus était un Juif du premier siècle et il s’adressait à ses compatriotes. Les Dix commandements constituaient le fondement de leur pensée éthique. Ils résumaient la totalité de la loi divine contenue dans l’Ancien Testament. Encore aujourd’hui, ils exercent une influence considérable sur notre culture puisqu’ils sont à l’origine de notre système moral. 24


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Jésus cite le septième commandement qui condamne l’adultère. Il s’agissait de la base de l’éthique sexuelle collective de l’époque. Que penserait un Juif en l’écoutant ? Peut-être a-t-il toujours été fidèle à sa femme et est-il plutôt fier de sa conduite. Peut-être est-il le premier à désapprouver le comportement adultère de certains membres de sa communauté. Il ne prendrait sans doute jamais le risque de se retrouver dans une situation qui favoriserait l’intimité physique avec une autre femme que la sienne. Il n’a d’ailleurs jamais touché une autre femme. C’était sûrement le cas de la plupart des Juifs à qui Jésus s’adressait. Ils se soumettaient à ce commandement et étaient sincèrement persuadés d’y obéir. Alors, quand Jésus a déclaré : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère », j’imagine qu’un murmure d’approbation est monté du milieu de la foule. Oui, c’est ce que nous avons toujours entendu. C’est ce que nous avons toujours suivi. Ces hommes ont pu trouver d’autres exhortations de Jésus très exigeantes ou un peu trop indiscrètes. Il est difficile de lire le Sermon sur la montagne sans ressentir cela. Mais sur ce point-là, au moins, ils pouvaient se rassurer en pensant qu’ils étaient en règle. Cependant, Jésus ne s’arrête pas là : Mais moi je vous dis : Tout homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. MATTHIEU 5 : 28

Réfléchissez bien. Jésus ne remet pas en question leur interprétation du septième commandement. Il en élargit le sens et le champ d’application. Jusque-là, les Juifs croyaient que ce commandement ne concernait que l’adultère en actes. Or, 25


Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexu lle ?

les relations physiques ne sont pas l’unique forme d’adultère. D’après Jésus, l’homme peut commettre un adultère dans son cœur sans l’avoir commis dans son corps. Un simple regard le rend coupable tout autant que ses actes. « Tout homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » Il ne s’agit pas seulement de ce que nous faisons avec nos parties intimes, mais aussi de ce que nous faisons avec nos yeux et nos pensées. Cela concerne la manière dont je regarde l’autre et dont je pense à lui. Pour Jésus, l’intention compte. Il n’est pas question ici du fait de remarquer une autre personne, mais de la regarder « pour la convoiter ». Il y a une différence entre trouver une personne séduisante et désirer la posséder. C’est cela, nous dit Jésus, que le septième commandement interdit. Nous y reviendrons plus loin. La victime Bien que Jésus s’intéresse en premier lieu à l’auteur du regard, il vaut la peine de s’interroger sur ce que cela implique pour celui ou celle qui fait l’objet de sa convoitise. Jésus donne l’exemple d’un homme qui porte sur une femme un regard de désir. Bien sûr, cet enseignement s’adresse à nous tous, mais peut-être que la gent masculine a particulièrement besoin de l’entendre. En effet, la grande majorité des violences sexuelles est commise par des hommes sur des femmes et non l’inverse. Jésus nous dit donc que l’homme qui regarde une femme avec désir a enfreint le septième commandement, exactement comme s’il avait couché avec elle. Interrogeons-nous un instant sur ce que ces paroles impliquent pour la femme en question. Personne n’a le droit 26


Pourquoi accorder tant d’importance à notre vie sexuelle ?

de la regarder pour la convoiter. Ce que Jésus veut dire par-là, c’est que la sexualité de cette femme a de la valeur : son intégrité sexuelle est importante et doit être respectée de tous. En fait, celle-ci est si précieuse que personne n’a le droit de lui porter atteinte, y compris dans l’intimité de ses propres pensées. Même si cette femme ne venait jamais à le découvrir, ce serait l’offenser gravement que de la convoiter. Nous avons tendance à nous dire que les pensées des autres ne regardent qu’eux et que ce qui se passe dans leur tête ne nous concerne pas. Nous serions donc tentés de désavouer Jésus pour avoir osé se mêler de ce qui se passe dans notre tête. Avant de faire cela, cherchons à comprendre pourquoi Jésus ordonne une telle chose. Comme quelqu’un l’a dit un jour, on ne démolit pas un barrage sans savoir pourquoi il a été construit4 . Ce que Jésus veut nous montrer, c’est que notre sexualité a bien plus de valeur que nous ne l’imaginons et que ses commandements visent, pour ainsi dire, à la protéger. La Bible et les abus L’enseignement de Jésus sur la sexualité est en phase avec l’ensemble de la Bible : la façon dont nous concevons les relations sexuelles compte beaucoup aux yeux de Dieu. Le roi David est l’un des plus grands héros de l’Ancien Testament. Il a unifié le royaume d’Israël et a vaincu de nombreux ennemis (dont le célèbre géant Goliath). C’était aussi un musicien et un poète talentueux. Toutefois, la Bible n’enjolive jamais la vie de ses héros. Elle les dépeint sans cacher leurs défauts ni leurs erreurs. Et les faiblesses de David G. K. Chesterton, The Thing [la chose], in The Collected works of G.K. Chesterton, vol. 3, San Francisco : Ignatius Press, 1986, p. 157 [éd. fr. : La Chose : Pourquoi je suis catholique, Paris : Flammarion, 2015].

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l’ont entraîné dans une aventure tristement célèbre avec une femme nommée Bath-Shéba. Cet épisode montre parfaitement à quel point les choses peuvent mal tourner. Mais il montre aussi comment nous pouvons trouver le pardon et la guérison en Dieu, même après avoir commis de terribles erreurs. C’est pourquoi nous y reviendrons à plusieurs reprises au cours de ce livre. Un jour, le roi David envoie des messagers chercher BathShéba, une femme mariée, pour coucher avec elle. Elle tombe enceinte et David s’arrange pour faire revenir son mari Urie du champ de bataille, afin qu’il passe du temps avec sa femme. De cette façon, tout le monde lui attribuerait la paternité de l’enfant. Seulement, son plan échoue et David se débrouille pour qu’Urie soit tué à la guerre. Ensuite, il épouse rapidement Bath-Shéba. Un peu plus tard, un homme courageux du nom de Nathan va voir David pour le confronter au mal qu’il a commis. David revient à la raison et prend conscience de l’atrocité de son acte. Il est profondément pris de remords et à juste titre. Or, il est toujours roi. Ses regrets ne sont donc pas ceux de quelqu’un qui a tout perdu après que ses actes ont été révélés au grand jour. David est toujours sur le trône. Il pourrait faire exécuter Nathan. C’est sa propre conscience vis-à-vis de Dieu, et non l’opinion de son peuple ou la menace de perdre sa position, qui l’amène à se repentir. David fait monter à Dieu un poème bouleversant dans lequel il admet la gravité de ses actes. En voici un extrait : J’ai péché contre toi, contre toi seul, j’ai fait ce qui est mal à tes yeux. PSAUMES 51 : 6

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Pourquoi accorder tant d’importance à notre vie sexuelle ?

Au premier abord, sa confession paraît bien insuffisante. David semble faire l’impasse sur les conséquences de ses actes. Il réduit l’incident à un « problème spirituel » entre Dieu et lui. Il reste vague, comme s’il ne prenait pas la pleine mesure de ce qu’il a fait. En réalité, c’est tout l’inverse. David se rend compte qu’en faisant du mal à Bath-Shéba, il a péché contre Dieu parce c’est Dieu qui a fait don à Bath-Shéba de son intégrité sexuelle. Le viol de Bath-Shéba n’est rien moins qu’une trahison contre Dieu. David est bien loin de sous-estimer la gravité de son péché envers elle et envers Urie. Au contraire, cette prière est une manière de reconnaître sa faute. En d’autres termes, toute agression sexuelle est la violation d’un lieu sacré. Maltraiter un être humain, c’est maltraiter une créature de Dieu. L’autre n’est pas un tiers sans importance, c’est une personne que Dieu a voulue, qu’il a créée et qui compte énormément pour lui. Faire du mal à un autre être humain, c’est insulter son Créateur. C’est cette conviction qui permet d’affirmer que la violence sexuelle est un mal objectif et universel, car cette approche en appelle au lien qui unit la victime à Dieu. Dieu l’a créée. Son intégrité personnelle et sexuelle compte pour lui. En m’en prenant à l’autre, c’est à Dieu que je m’attaque. C’est ce contre quoi Jésus nous met en garde dans son enseignement contre l’adultère. Le choix de la personne avec qui nous avons des relations sexuelles n’est pas un choix anodin. Que ce soit en acte ou même en pensée. Nous avons de la valeur aux yeux de Dieu et c’est pourquoi il veut se mêler de notre sexualité. Elle est précieuse. La profaner est grave, comme nous allons le voir maintenant. 29


CHAPIT RE DEUX

Que vaut une fille ? Rachael Denhollander s’est fait connaître lors du procès de Larry Nassar. Ce dernier était devenu le médecin de l’équipe nationale américaine de gymnastique féminine, après avoir exercé comme ostéopathe à l’Université d’État du Michigan. Il a été jugé pour agression sexuelle sur des dizaines de jeunes femmes et de petites filles. Lors du procès, Rachael Denhollander a prononcé une déclaration poignante qui a ensuite fait le tour d’internet. Dans son discours, elle adresse au juge une question essentielle : Que vaut une fille ? Je vous demande de prononcer une peine qui prouve que ce que nous avons subi est grave, que nous sommes entendues, que notre valeur compte plus que tout, que nous méritons toute la protection que la loi est en mesure d’offrir et que justice soit rendue à son maximum. À tous ceux qui nous regardent, je pose cette même question : que vaut une fille ?

Elle termine ainsi : Juge Aquilina, alors que vous allez délibérer sur la peine à infliger à Larry, je vous en prie, faites passer le message que 31


Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexu lle ?

ces victimes valent plus que tout. Afin de satisfaire les deux objectifs de cette Cour, je vous en prie, condamnez-le à la peine maximale autorisée, car ces survivantes valent plus que tout au monde 5 .

Que vaut une fille ? Jésus répond à cette question sans aucune ambiguïté. Les petites filles sont précieuses. Plus que cela, les petites filles n’ont pas de prix. C’est la raison pour laquelle Dieu accorde une immense valeur à leur intégrité sexuelle. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus ne rabaisse pas la sexualité, mais il la tient, au contraire, en très haute estime. Beaucoup ont jugé que le christianisme n’était pas pertinent à cause de son prétendu excès de pudeur en matière de sexualité. Et si c’était le contraire ? Si notre intégrité sexuelle était en fait bien plus précieuse que nous ne l’imaginons ? Un écrivain a comparé la vision que nous avons de la sexualité à la façon dont nous traitons notre voiture : plus notre voiture a de la valeur, plus nous en prenons soin6 . Cette analogie me parle beaucoup. Il y a environ un an, j’ai été invité à enseigner pendant un semestre dans une université américaine et j’avais besoin d’un véhicule pour me déplacer pendant mon séjour. L’un de mes amis a alors eu la gentillesse de me proposer d’emprunter son vieux pick-up chaque fois que nécessaire. C’était une offre généreuse, bien qu’un   L’intégralité de la touchante déclaration de Rachael Denhollander est disponible en anglais sur CNN. URL : www.bit.ly/occasleep4 (consulté le 23/03/2021). Elle raconte, dans un livre, l’abus qu’elle a subi, son processus de guérison, ainsi que la longue bataille qu’elle a dû mener pour faire condamner Larry Nassar. Voir Rachael Denhollander, Que vaut une fille ?, Romanelsur-Lausanne : Ourania, 2020.

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John Dickson, A Doubter’s guide to the Ten commandments [Le guide du sceptique : Les Dix commandements], Grand Rapids : Zondervan Academic, 2016, p. 135.

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peu inconsciente. Je suis anglais et n’avais jamais conduit aux États-Unis : je pouvais à tout moment me retrouver par mégarde du mauvais côté de la route. En fait, mon ami ne prenait pas un si grand risque. Non pas que mes talents de conducteur se soient avérés meilleurs que je ne l’aurais imaginé, mais plutôt à cause du pick-up en question. C’était une très, très vieille voiture qui aurait déjà dû finir à la casse depuis longtemps. L’état dans lequel je la ramènerais n’avait donc pas tellement d’importance. Elle ne valait pas grand-chose. J’aurais pu la conduire n’importe comment que cela n’aurait pas dérangé mon ami. Au point où elle en était, une éraflure, un morceau arraché ou un choc supplémentaire, cela n’aurait fait aucune différence. Néanmoins, cela n’en rendait pas moins généreuse la proposition de mon ami et je lui en étais très reconnaissant. J’aurais d’ailleurs accepté avec joie s'il n'y avait eu une raison bien précise : un autre membre du personnel universitaire avait lui aussi proposé de me prêter sa voiture qui, elle, était une magnifique décapotable. J’ai eu de la peine à le croire. Autant dire qu’avec une voiture pareille, je ne pouvais vraiment pas me permettre de conduire n’importe comment. Elle avait bien plus de valeur que le pick-up. Elle était en parfait état et il aurait fallu que je la lui rende intacte. Cette voiture-là, je devrais en prendre grand soin. Tout cela pour dire que nous traitons souvent les choses en fonction de la valeur que nous leur accordons. En tant que chrétien, je suis exigeant dans ma façon de traiter mon corps. Peut-être, pensez-vous, que c’est parce que je ne tiens pas l’intimité physique en très haute estime ou parce que je trouve cela dégoûtant ou honteux. Mais la vérité, c’est que je considère notre corps (le mien, le vôtre et celui de chacun) comme une décapotable, et non comme un pick-up en fin de vie. 33


Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexu lle ?

Si je suis intraitable lorsqu’il s’agit d’intimité physique, ce n’est pas parce que je méprise la sexualité, mais, au contraire, c’est parce que je la chéris. L’erreur de l’Église Nous, chrétiens, n’avons pas toujours adopté une juste vision de la sexualité. Il est même arrivé que nous en répandions une mauvaise compréhension. Le cliché du croyant coincé qui désapprouve le sexe n’est pas sans fondement : certains chrétiens l’ont alimenté au fil du temps. Au Moyen Âge, par exemple, l’Église avait interdit les relations sexuelles le jeudi (le jour de l’arrestation de Jésus), le vendredi (le jour de la mort de Jésus), le samedi (en l’honneur de la Vierge Marie) et le dimanche (en l’honneur des saints7). Difficile de ne pas en conclure que les autorités chrétiennes devaient avoir le sexe en horreur. Je les imagine bien se creuser la tête à la recherche d’une « bonne » raison d’interdire aussi les rapports sexuels le lundi, le mardi et le mercredi. Peu de gens s’imposeraient de telles restrictions de nos jours. Pourtant, de nombreuses personnes, dans nos assemblées, croient encore que l’acte sexuel est quelque chose de mauvais, ce qui est tout simplement faux. Il y a quelques temps, j’ai prêché sur un texte biblique qui parlait de sexualité. Après le culte, un membre de l’assemblée un peu préoccupé est venu me dire que, selon lui, le sexe n’était pas un sujet approprié pour une prédication du dimanche matin. Je lui ai alors fait remarquer que la Bible ellemême parle très souvent de sexualité. J’ai essayé de lui faire   Philip Yancey, Designer Sex [Le créateur du sexe], Downer Groves : InterVarsity Press, 2003, p. 7.

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comprendre que le passage sur lequel je venais d’enseigner (ainsi que toute la lettre d’où il était tiré) avait été lu à haute voix dans l’assemblée du premier siècle à laquelle son auteur le destinait. La Bible fait souvent preuve de moins de pudeur que ses lecteurs les plus fervents. Malgré l’attitude de certains chrétiens aujourd’hui encore, la Bible ne condamne absolument pas les relations sexuelles… bien au contraire. L’enseignement de l’apôtre Paul, qui a écrit une grande partie du Nouveau Testament, reflète bien la vision équilibrée de la Bible au sujet de la sexualité. Dans l’une de ses lettres adressées aux chrétiens de la ville de Thessalonique (située en Grèce actuelle), Paul insiste sur les conséquences de notre foi dans la vie quotidienne. Il commence par évoquer le sexe : Ce que Dieu veut, c’est votre progression dans la sainteté : c’est que vous vous absteniez de l’immoralité sexuelle. 1 THESSALONICIENS 4 : 3

Ce verset résume à la perfection l’enseignement de la Bible sur la sexualité. Paul n’ordonne pas de nous abstenir de toute relation sexuelle comme si le sexe était un problème en soi et que les chrétiens devaient l’éviter. C’est important ! Cela signifie que les chrétiens jugent effectivement certains comportements sexuels mauvais (en fait, nous le faisons tous, ce que nous verrons bientôt). Mais il existe aussi une bonne sexualité que la Bible approuve pleinement. Mieux, les Écritures vont jusqu’à mettre à l’honneur ces formes d’intimité sexuelle. La Bible est loin d’être aussi prude que la représentation qu’on peut souvent s’en faire. Dans certains contextes, elle encourage même à en profiter 35


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Pourquoi Dieu se mêlerait-il de ma vie sexuelle ? • Sam Allberry by BLF Éditions - Issuu