L’auteur a lui-même été berger, il a consacré toute son énergie au bien-être de son troupeau. Son expérience lui permet d’amener le lecteur à mieux connaître Jésus comme le « Bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis ». En lisant ces pages, considérez-vous comme une brebis du troupeau. Suivez le Bon Berger, écoutez sa voix : vous verrez à quel point il prend soin de vous !
L’auteur, Phillip Keller (1920-2001), a toujours aimé la nature et la vie en plein air. Il a grandi et vécu dans l’Est africain où il a été berger, puis propriétaire et éleveur de moutons. C’est pourquoi sa description de la vie de berger et sa connaissance des brebis se révèlent si vivantes et pertinentes. Conférencier de renom et auteur de plusieurs best-sellers, il a touché par ses écrits des hommes et des femmes de toutes nationalités.
ISBN 978-2-910246-84-6
9 782910 246846
7,50 €
Phillip Keller Un berger contemple Le Bon Berger et ses brebis
Après le succès de son livre sur le psaume 23, Phillip Keller développe le thème du berger et de ses brebis en commentant les trois paraboles racontées par Jésus dans le chapitre 10 de l’Évangile selon Jean.
Un berger contemple Le Bon Berger et ses brebis
Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre : A Shepherd Looks at the Good Shepherd and his Sheep Zondervan Publishing House • Grand Rapids, MI • USA © 1978 W. Phillip Keller Tous droits réservés. Édition en langue française : Un berger contemple le Bon Berger est ses brebis • Phillip Keller © 1977 BLF Éditions • www.blfeditions.com Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Couverture, mise en page : BLF Éditions Impression n° XXXXX • IMEAF • 26160 La Bégude de Mazenc • France Les citations bibliques sont tirées de La version Louis Segond ISBN 978-2-910246-84-6
Dépôt légal 4e trimestre 2015 Index Dewey (CDD) : 226.5 Mots-clés : Évangile selon Jean. Jésus-Christ. Berger.
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À propos de l’auteur Né dans l’Est africain, Phillip Keller (1920-2001) a toujours aimé la nature et la vie en plein air. Ses études d’agronomie à l’Université de Toronto (Canada) l’ont amené à consacrer de nombreuses années à la recherche dans les domaines de l’agriculture, de l’aménagement du territoire et du développement des fermes d’élevage en Colombie britannique. Plus tard, il poursuivit des études d’écologie dans l’Est africain ; elles le conduisirent à de nouvelles carrières touchant à la conservation de la nature, à la photographie des animaux sauvages et au journalisme ; ces dernières occupations lui firent visiter plus de vingt pays. Phillip Keller a exprimé son amour pour Dieu et pour la nature dans de nombreux best-sellers. Sa pas-
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Le Bon Berger et ses brebis
sion pour le partage des vérités divines lui a permis d’atteindre des hommes et des femmes de toutes nationalités. Il est l’auteur des livres suivants : Splendeur des mers, Sous le ciel du désert, Gloire sauvage de l’Afrique, Comme croît un arbre… Il a relaté les leçons spirituelles de son expérience en tant que berger dans les trois livres suivants : Un berger médite le Psaume 23, Un berger contemple le Bon Berger et ses brebis, Un berger apprend les leçons d’un chien de berger.
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Préface C’est à la demande des éditeurs que j’ai entrepris d’écrire ce livre. Il est une suite de mon précédent ouvrage, Un berger médite le Psaume 23. Ce premier livre a été utilisé par Dieu pour enrichir et inspirer des milliers de cœurs et de foyers dans le monde entier. Je désire profondément qu’il en soit de même pour celui-ci. Comme pour Un Berger médite le Psaume 23, ce livre a d’abord été présenté en une longue série de conférences aux membres de mon Église. Les vérités contenues dans Jean 10 ont été proposées, semaine après semaine, à des âmes avides de vérité. Et dans ces réunions d’étude, il a plu au Seigneur de faire un très grand bien à son peuple. De même que la Parole de Dieu est devenue « vie » pour des hommes réunis en auditoire, de même – l’auteur en est persuadé – deviendra-t-elle
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Le Bon Berger et ses brebis
« vie » dans la page imprimée pour le lecteur isolé. C’est le grand Berger Lui-même qui a déclaré avec force : « Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie » (Jean 6 : 63b). Comme dans le livre sur le Psaume 23, les Écritures sont expliquées ici du point de vue de quelqu’un qui a été propriétaire et éleveur de troupeaux. Mais plus encore, elles sont examinées par quelqu’un qui a bénéficié, pendant de nombreuses années, des soins et de la présence du Bon Berger, le Christ notre Seigneur. L’ardente prière de l’auteur est que ces pages ouvrent au lecteur des perspectives nouvelles et des horizons plus larges dans la compréhension de ce que Dieu notre Père demande de ceux qui Le suivent, ceux qui font partie du troupeau dont Il prend soin par Christ et par son Esprit de grâce.
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Avant-propos Avant de commenter notre étude de ce passage de l’Écriture, il est essentiel de faire une présentation des trois paraboles de Jésus citées en Jean 10. C’est ainsi seulement que nous pourrons comprendre clairement les vérités qu’Il enseignait. Ses contemporains, ceux à qui Il a exposé ces idées, en ont été complètement déconcertés, à tel point que certains L’ont accusé d’être fou, ou dominé par un mauvais esprit. De tels propos, déclaraient-ils, méritaient la mort par lapidation. Par contre, ceux qui L’avaient vu rendre la vue au jeune aveugle de naissance étaient persuadés que ses paroles étaient la vérité. C’était évident, puisqu’Il pouvait accomplir de tels miracles ! Une tempête de controverses faisait donc rage autour du Christ. Les gens étaient divisés en deux
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groupes par ses paraboles. Les uns disaient qu’Il méritait la mort, les autres saluaient en Lui un Sauveur. Au cours des siècles écoulés depuis le grand jour où Jésus a déclaré être le Bon Berger, la polémique s’est poursuivie au sujet de ce qu’Il voulait vraiment dire. Les érudits, les professeurs, les théologiens et les prédicateurs se sont tous appliqués à l’étude de ce passage de l’Écriture. Commentaires et livres en tout genre ont traité de ces paraboles. La diversité des points de vue et des explications laisse les lecteurs aussi perplexes que le furent les contemporains de Jésus. Écrire un livre sur Jean 10 n’est donc pas chose aisée. J’ai pourtant entrepris cette tâche avec humilité, conscient des enseignements tout aussi légitimes des autres docteurs. Mais il faut dire d’emblée que l’approche que j’ai choisie est distincte et personnelle. Elle n’est pas fondée sur le concept d’Israël en tant que nation, appelée dans l’Ancien Testament le peuple de Dieu, le troupeau de son pâturage, ni sur l’accent mis par le Nouveau Testament sur l’Église comme petit troupeau de Christ, mais plutôt sur mon appartenance à Christ en tant que personne. Les raisons qui justifient cette approche ne sont ni théologiques ni doctrinales. Il s’agit des réalités pratiques du contexte et des événements au cours desquels Christ a fait ces déclarations. Si nous regardons avec un esprit et un cœur ouverts les événements précédant
Avant-propos
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immédiatement ce passage, nous verrons que l’approche personnelle est tout à fait valable. La vie publique de Jésus arrivait à son terme. Une hostilité croissante s’élevait contre Lui de la part de l’élite ecclésiastique de son temps. Les chefs religieux de cette époque se sentaient menacés par son extraordinaire popularité et l’attraction qu’Il exerçait sur les petites gens. Ceux-ci L’applaudissaient ouvertement. Ses paroles pleines de douceur exerçaient sur eux une véritable attraction magnétique. Cette division en deux groupes face au Christ créait un état permanent de polémiques houleuses. Les scribes, les sadducéens et les pharisiens usaient de n’importe quelle tactique pour L’attaquer chaque fois qu’Il apparaissait en public. Les masses, au contraire, L’aimaient d’une grande affection : ses guérisons et sa façon d’aider avaient rétabli et relevé tant de gens ! Il était entré à Jérusalem avec les siens pour célébrer la fête des Tabernacles, ou des Tentes. C’était une fête commémorant les bontés de Yahvé envers son peuple pendant sa longue traversée du désert après son Exode de l’Égypte. Le Maître fut immédiatement attaqué. En Jean 7, on l’accusa d’être un imposteur. Les Juifs L’auraient fait mourir, s’ils avaient pu, mais l’heure de son arrestation n’était pas encore venue. Alors, le dernier jour de la Fête, Il fut de nouveau attaqué. Si quelques-uns déclaraient qu’Il était vraiment le Christ et un homme de bien, d’autres prétendaient qu’il n’était pas possible que le Christ vînt
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de Galilée. Des gardes furent envoyés pour L’arrêter mais au lieu de le faire, ceux-ci ne purent que dire : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme ! » Il fut donc, une fois de plus, sauvé des griffes de ses détracteurs. Le lendemain, Il retourna dans la ville et les scribes et les pharisiens Le mirent en présence d’une femme surprise en flagrant délit d’adultère. Selon la loi de Moïse, elle devait être lapidée. Afin de prendre Jésus en défaut, on Lui amena cette femme. Il ne la condamna pas et lui dit de s’en aller et de ne plus pécher. Les accusateurs de la femme étaient furieux. Ils s’engagèrent dans une discussion acharnée avec Jésus, au cours de laquelle Celui-ci insista sur son unité avec le Père. C’est pourquoi ils résolurent à nouveau de Le lapider. Mais Jésus s’esquiva et leur échappa. Tout ceci est raconté en Jean 8. Plus tard, Il rencontra un homme aveugle de naissance. Il toucha ses yeux avec de la boue qu’Il avait faite avec sa salive et l’homme recouvra la vue en allant se baigner au réservoir de Siloé, comme il lui avait été dit. Mû par une profonde reconnaissance, l’homme guéri rendit gloire et louange à son bienfaiteur. Cela déclencha une nouvelle polémique hargneuse de la part des chefs religieux sceptiques. Parce qu’il croyait au Christ, le pauvre homme fut chassé de la synagogue. Jésus le rencontra de nouveau
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et se fit connaître. L’homme guéri fut plongé dans l’émerveillement et se prosterna devant Lui. Aux pharisiens, le Seigneur déclara carrément qu’ils étaient aveugles et enfoncés dans le péché et leur propre justice. Toute leur religiosité ne leur avait pas fait le moindre bien. C’est sur ce thème pathétique que le chapitre 9 de Jean se termine. Par un contraste frappant, le Christ était entré personnellement dans la vie de la femme adultère et de l’homme aveugle. Il les avait amenés à une nouvelle relation intime de vie abondante avec Lui. Dans le langage du Nouveau Testament, ces deux personnes avaient découvert ce que signifient les expressions « Christ en moi » et « moi en Christ ». Pour dépeindre cette relation remarquable avec Lui-même, Jésus se mit alors à raconter les trois paraboles du berger et de ses brebis dans le chapitre suivant. Nous devons noter ici que, dans le Psaume 23, David, l’auteur, se place du point de vue d’une brebis qui parle de son propriétaire. En Jean 10, c’est l’approche opposée. Notre Seigneur Jésus-Christ parle en tant que Bon Berger. Il décrit sa relation avec ses brebis, c’est-à-dire nous, des gens ordinaires, qui sommes devenus sa propriété et dont Il prend soin.
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Parabole 1 – Jean 10 : 1-15
Christ en moi
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Chapitre 1
La bergerie « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand » (Jean 10 : 1). Qu’est-ce qu’une bergerie ? C’est un enclos ouvert au vent. C’est un enclos permettant l’inspection du troupeau par le propriétaire. C’est un enclos non couvert, qui n’a pas de toit, qui n’est pas caché aux regards du berger. Ce n’est ni une grange ni un hangar ni une construction fermée. Ses murs, exposés au soleil et aux étoiles, battus par la pluie et le vent, peuvent être faits de pierres brutes superposées, de briques séchées au soleil, de bois, de boue et de treillis, ou même de buissons d’épines
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Le Bon Berger et ses brebis
étroitement tassés : ceux-ci forment un ensemble appelé corral en certains endroits, kraal en d’autres, et boma dans certaines parties de l’Afrique. L’utilité principale d’une bergerie est de fournir aux moutons une protection, surtout la nuit et en cas de tempête. Ses murs hauts et épais sont une barrière qui empêche les voleurs de pénétrer près du troupeau pour enlever les brebis sans défense. Les murs de clôture sont aussi, pour les moutons, une sauvegarde contre divers prédateurs. Ceux-ci diffèrent selon les pays. Dans certaines régions, ce sont des loups ou des chacals. Dans d’autres, surtout en Afrique, ce sont des lions, des léopards et même des hyènes. Malgré la barrière de buissons d’épines, il arrive que des prédateurs rôdent autour de la bergerie, cherchant furtivement le petit coin par lequel ils pourraient sauter par-dessus l’enclos pour capturer et tuer leurs proies. C’est alors la panique dans le troupeau. Le carnage est terrifiant et les pertes peuvent être énormes. Pour un propriétaire, les incursions des prédateurs contre ses moutons représentent de sérieux revers financiers, dont il lui faudra peut-être des années pour se remettre. J’avais un voisin dont le troupeau a subi, une nuit, l’incursion d’un puma. À l’aube, plus de trente de ses plus belles brebis gisaient à terre, mortes. Clôtures et murs avaient été franchis par le puissant animal, puisque ni porte ni barrière n’étaient ouvertes.
La bergerie
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La bergerie – ou parc à brebis – est non seulement un nom désignant l’enclos où les brebis sont gardées la nuit, mais aussi un terme désignant la façon de s’occuper des moutons. Dans les pays d’élevage ovin, nous employons couramment l’expression conduire les moutons. Nous désignons par là, de façon plus large, la manière dont un troupeau de moutons est traité par son propriétaire ou berger. Les moutons sont spécialement sous sa conduite et il les contrôle continuellement de façon directe. Il mène vraiment ses moutons comme il le juge bon pour qu’ils s’épanouissent et prospèrent par ses soins. Conduire les brebis, c’est une autre façon de dire qu’un berger utilise toutes ses capacités pour diriger son troupeau. C’est dire qu’il le traite d’une main experte, le déplaçant de champ en champ, de pâturage en pâturage, d’un secteur à l’autre, pour lui faire autant de bien qu’il le peut, ainsi que pour mettre son territoire en valeur. Conduire un troupeau, cela implique l’idée d’une relation spéciale entre la brebis et le berger auquel elle appartient et dont elle reçoit les soins. Notre Seigneur se désignait Lui-même comme le Bon Berger. Quand Il a prononcé ces paraboles, Il se représentait l’ensemble de cette relation unique qui L’unit à ceux qui Le suivent, à ceux qui ont remis entre ses mains la direction de leur vie.
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Il commence la première parabole en affirmant que quiconque s’ouvre un chemin par la force dans la bergerie, au lieu d’entrer par la porte, est un voleur ou un brigand. En d’autres termes, Il dit que ma vie est comme une bergerie dont Lui seul, le Bon Berger, est le légitime propriétaire. Dans l’enclos de ma vie, toutes sortes de gens entrent et sortent. Il y a les membres de mon cercle familial immédiat, ma femme, mes enfants, petits-enfants, cousins, ou des parents plus lointains. Il y a ensuite les amis, les voisins, les associés, les camarades d’école et les étrangers qui, de temps à autre, entrent dans le cercle de ma vie et en sortent. Dans la réalité, aucune de nos vies n’est complètement fermée, recouverte d’un toit, scellée et gardée au point d’interdire l’entrée aux autres. Chacun à sa manière est une bergerie. Nous sommes dans un enclos, un cercle, une vie qu’en réalité on ne peut « couvrir d’un toit ». Il est vrai que certains peuvent avoir élevé autour d’eux de hautes murailles d’autodéfense. On peut même aller jusqu’à vouloir s’enfermer complètement pour prévenir une invasion par d’autres, et on peut avoir l’impression d’y avoir réellement réussi. Cependant, c’est se duper soi-même que de croire pouvoir se retirer dans son petit domaine personnel séparé, à l’abri de l’intrusion des autres. Christ affirme qu’en fait, ceci est tout simplement impossible. Il est vrai que je vis dans un enclos, dans
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un cercle limité (partagé quand même par ceux qui y entrent). Mais il est vrai aussi que ma vie est entourée par les soins prévenants d’un Dieu qui pourvoit. Elle n’est pas coupée de son attention aimante et de son intérêt. En fait, elle est grande ouverte au vent, le vent de son Esprit de grâce. Il n’y a pas moyen de Le tenir au dehors, pas plus qu’on ne peut empêcher le vent qui souffle à travers la campagne d’entrer dans une bergerie découverte. Que personne ne puisse trouver un endroit où il échapperait à la venue de l’Esprit de Dieu, cela est parfaitement décrit, et dans le détail, dans le Psaume 139. L’homme n’a aucun moyen de se soustraire à la présence de l’Esprit de Dieu. Nous sommes entourés par Lui, atteints par Lui, touchés par Lui. Il a sur nous un effet direct. Nous sommes sous l’influence de sa main, de sa personne, de sa présence ! « Éternel ! tu me sondes et tu me connais, Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, Tu comprends de loin ma pensée ; Tu sais quand je marche et quand je me couche, Et tu pénètres toutes mes voies. Car la parole n’est pas sur ma langue, Que déjà, Éternel ! tu la connais entièrement. Tu m’entoures par-derrière et par-devant, Et tu mets ta main sur moi. Une telle science est trop merveilleuse pour moi, Trop élevée pour que je puisse la saisir. Où irais-je loin de ton Esprit
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Le Bon Berger et ses brebis Et où fuirais-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. Si je prends les ailes de l’aurore, Et que j’aille demeurer au-delà de la mer, Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira. Si je dis : au moins les ténèbres me submergeront, La nuit devient lumière autour de moi ; Même les ténèbres ne sont pas ténébreuses pour toi, La nuit s’illumine comme le jour, Et les ténèbres comme la lumière » (Psaume 139 : 1-12).
À la lumière de tout ceci, nous devons calmement conclure que, bien que nous puissions, jusqu’à un certain point, exclure les autres de notre vie, avec Christ, cela n’est pas possible. Il vient et revient encore, cherchant à entrer. Il n’entre pas par force. Il n’enfonce pas la porte de ma vie ni de la vôtre. Il choisit de s’introduire par la bonne entrée, ce dont Il a parfaitement le droit. Mais c’est avec toute sa grâce divine qu’Il nous demande notre collaboration. Et pourtant, par peur et appréhension, nous L’excluons souvent, tandis qu’en même temps, sans en avoir conscience, nous sommes envahis par des adversaires. Beaucoup de ceux qui entrent de force dans notre vie, qui s’infiltrent par la ruse, qui s’imposent par
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des manœuvres détournées et destructrices, tendent souvent à nous exploiter pour satisfaire leurs buts égoïstes. Nous vivons dans un monde et une société où pullulent ceux qui croient et propagent de faux enseignements, de fausses philosophies, de fausses idéologies, de fausses conceptions, de fausses valeurs, de fausses normes de conduite. De toutes parts nous sommes abordés par des gens qui voudraient pénétrer dans notre vie dans le but de nous exploiter. Ils voudraient nous priver des bienfaits qui pourraient être nôtres en tant que brebis du Bon Berger. Il est triste de devoir dire que, souvent, ils atteignent leur but. Des vies sans nombre ont été « volées » par des ennemis prétendant être les propriétaires légitimes. Et pourtant, dans ces mêmes vies, dans ces mêmes bergeries, la porte n’a jamais été ouverte au Bon Berger qui, Lui, a le droit d’entrer et de s’occuper d’elles ! C’est là une des énigmes déconcertantes du comportement humain. Nous permettons à toutes sortes d’idéologies et de philosophies étranges d’imprégner notre pensée. Nous permettons aux normes humanistes et aux conceptions matérialistes de nous enlever les valeurs qui, sans cela, nous enrichiraient. Nous permettons que des objectifs trompeurs et des ambitions fausses pénètrent notre pensée et dominent nos désirs, à peine conscients que, ce faisant, nous lais-
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sons se perdre les valeurs les plus riches que le Bon Berger avait en vue pour nous. De tous côtés, nous voyons des gens dépouillés, pas forcément de leurs biens matériels, mais d’avoirs bien plus durables, de valeur et de durée éternelles. La solution à ce dilemme est de découvrir qu’en vérité, le seul qui ait vraiment le droit de diriger l’enclos de notre vie, ce n’est pas nous, mais Dieu. La plupart d’entre nous avons l’illusion d’avoir tous les droits sur notre vie. Nous nous imaginons avoir le droit d’aller où nous voulons, de faire ce qui nous plaît, de vivre comme nous l’entendons et de choisir notre propre destin. C’est faux ! Nous appartenons à Dieu. Il nous a faits pour Lui. Il nous a choisis par amour, dès avant la fondation du monde, pour que nous soyons siens. Christ nous a rachetés par sa mort et aussi par sa merveilleuse résurrection. Toutes les facultés dont je dispose en mon corps, mon intelligence, mes émotions, ma volonté, mon caractère, mon esprit, m’ont été confiées comme un don accordé par la bonté de Dieu en Christ. Un Dieu généreux qui se donne et se communique. Un homme ou une femme ne peuvent se faire eux-mêmes. Affirmer le contraire relève d’un orgueil démesuré. C’est un affront au Dieu vivant, le seul qui ait sur moi des droits légitimes. Même tout l’environnement terrestre, la biosphère dont je suis un élément et qui pourvoit à mes besoins pendant mon bref séjour sur terre, est l’œuvre de
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Dieu. L’univers n’est maintenu en parfait équilibre que par le bon plaisir du Créateur. C’est Lui qui fournit les mécanismes de soutien précis qui assurent ma survie sur le globe : « Il (Christ) est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. Car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui » (Colossiens 1 : 15-17). Étant donné que toute vie procède de Christ, nous devrions pouvoir comprendre qu’il est rationnel d’accepter son droit de propriété sur nous. Nous devrions arriver à l’inéluctable conclusion qu’Il a le droit de nous entourer de ses soins et de son intérêt. Nous devrions reconnaître son droit plein et entier à nous diriger avec une habileté et une intelligence qui dépassent de loin les nôtres. Malgré tout cela, Il ne s’impose pas à nous avec insistance. Il ne passe pas par-dessus notre volonté. Il refuse de s’introduire dans notre vie, de se frayer un chemin en enfonçant la porte contre notre gré. Il nous a faits, à sa ressemblance, des êtres libres, capables de choisir entre être ou ne pas être ses brebis, objets de ses soins. Ce choix nous appartient. C’est pour chacun une décision individuelle, lourde de conséquences. Cette façon si généreuse dont Christ s’approche de nous apaise notre esprit et remplit notre âme de respect devant Lui.
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En même temps, Jésus insiste sur le fait que toute autre personne tentant d’envahir notre vie est un imposteur, une contrefaçon de berger, un voleur et un brigand, un pillard qui m’appauvrira et me rendra infirme.
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Chapitre 2
L’entrée du berger « Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre » (Jean 10 : 2-3a). La bergerie appartient au berger qui l’a construite. Il a donc le droit de s’en servir et d’y entrer comme il le désire. Les brebis qui l’occupent lui appartiennent. La bergerie concerne directement son travail de berger. Le troupeau entre et sort par la porte pour se mettre en sécurité la nuit ou pour brouter de nouveaux pâturages le jour. Quand le berger vient à l’enclos, c’est toujours pour le bien des brebis. À la différence des maraudeurs ou des prédateurs qui viennent pour voler les bêtes qui s’y trouvent, le berger vient toujours avec de bonnes intentions. Les brebis n’en ont pas peur. Elles ne s’enfuient pas dans la panique ; elles ne se préci-
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pitent pas de tous côtés dans la confusion et l’affolement, en se piétinant et s’estropiant les unes les autres dans une excitation aveugle. Quelques-uns des meilleurs souvenirs de ma longue vie de berger ont trait à ces moments émouvants où j’ai vu des propriétaires venir vers leur bétail. Certains arrivent en appelant doucement les moutons. D’autres sifflent gaiement en s’approchant de la porte, de façon à tranquilliser les brebis. Certains bergers africains aiment chanter des airs doux et plaintifs quand ils arrivent au parc à moutons. En arrivant à l’entrée, le berger a l’habitude de tapoter à la barrière, de secouer le loquet ou de frapper à la porte assez fort pour que les moutons qui sont dans l’enclos sachent qu’il est là, prêt à entrer. Toutes ces façons de s’approcher de l’enclos sont diamétralement opposées aux tactiques rusées et subtiles des prédateurs et des pillards qui essaient de fondre sur leur proie à l’improviste. Ils veulent prendre les moutons sans qu’ils soient sur leurs gardes, et les capturer dans la confusion. L’adresse et la ruse font partie de leur plan d’attaque. Quand nous en faisons l’application à notre vie, nous remarquons des parallèles frappants. Si souvent, dans le passé, nous avons été exploités par ceux qui n’avaient à cœur que leurs intérêts égoïstes ! Peu leur importait ce qui pouvait nous arriver, pourvu qu’ils aboutissent à leurs fins. Ils usaient et abusaient de
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leurs proies pour promouvoir leurs propres plans, sans se soucier de tout ce qu’ils détruisaient. Rien de tout cela en Christ, le Bon Berger. Son intérêt pour nous, son amour et son dévouement font qu’Il vient à nous uniquement dans des intentions pacifiques. À travers la longue et pénible histoire de l’espèce humaine, nous voyons Dieu venir paisiblement vers les hommes entêtés et capricieux. Quand Jésus se présente à nous, ses paroles d’introduction sont toujours : « La paix soit avec vous », « N’ayez pas peur, c’est moi », « Je vous laisse la paix ; je ne vous donne pas comme le monde donne ! » Il ne vient pas pour piller les hommes ou pour en faire ses proies. Dieu n’a jamais exploité personne. Il n’y a pas le moindre soupçon d’avidité cupide chez le Bon Berger qui ne pense qu’à notre intérêt en s’approchant de nous. Il ne se sert pas des gens en vue d’un quelconque plaisir personnel égoïste. Et parce qu’Il vient à nous avec bienveillance et générosité, Il vient avec douceur. Il est Jésus-Christ, « le parfait gentleman » ! Dans sa magnanimité, Il nous a créés à son image, dotés de libre arbitre, rendus capables d’agir de façon indépendante dans nos décisions personnelles. Il se tient à la porte de notre vie, nous priant avec douceur de Le laisser entrer. La générosité d’une telle approche nous confond quand nous songeons qu’en réalité le droit d’entrer Lui appartient entièrement.
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Cet appel du Christ à notre cœur est pathétique. Jean, l’apôtre bien-aimé, le décrit d’une manière vivante dans l’Apocalypse. L’Esprit de Dieu nous parle : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi » (Apocalypse 3 : 20). Celui qui nous prie ainsi de Le laisser entrer dans notre vie n’est autre que Dieu, le Dieu véritable, le Christ qui, dans la deuxième parabole de Jean 10, déclare avec force : « Moi, je suis venu, afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance. Moi, je suis le bon berger. » Il vient à nous et s’attend à entrer. Il a le droit d’entrer. Ce privilège Lui appartient parce qu’Il est notre propriétaire légitime. Ceci sera expliqué plus loin dans ce chapitre. Il y a chez beaucoup un sérieux malentendu à propos de ce que peuvent être les intentions de ce Dieu qui demande à entrer dans notre vie ; ils pensent qu’Il leur présentera des exigences qu’ils ne pourront satisfaire. Ils imaginent qu’ils seront privés de plaisirs ou d’habitudes qui leur sont chers, privation qui les appauvrira. Prisonniers de telles idées fausses, ils sont peu disposés à Le laisser entrer. Pourtant, c’est le contraire qui est vrai. Le Bon Berger cherche à entrer pour nous enrichir. Il désire mettre à notre disposition la totalité de ses merveilleuses richesses. Son intention est de partager avec nous
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sa vie même. De cette vie pure et belle qui nous est donnée en tant qu’individus, peuvent résulter toutes les qualités nobles qui n’appartiennent qu’à Lui, et qui sont rendues réelles en nous par sa présence. À travers nous, elles sont portées plus loin, pour toucher d’autres vies qui en seront bénies, et pour faire du bien à ceux qui nous entourent. Pourquoi répugnons-nous donc encore tant à Le laisser entrer ? Il y a différentes raisons. Deux d’entre elles dépassent toutes les autres. La première, c’est la peur. À un moment ou à un autre, nous avons presque tous ouvert notre porte à des gens qui nous ont lésés. Ils nous ont fait mal, ils nous ont blessés. Parfois, ils ont abusé de nous avec un cœur insensible et une grande cruauté. Au début, nous leur faisions confiance, et nous sommes sortis de cette rencontre déchirés et mutilés. Le résultat, c’est que nous nous mettons à bâtir autour de nous de hautes murailles pour nous défendre et nous préserver. Nous voulons nous protéger des attaques de l’extérieur. S’il nous est arrivé d’avoir été blessés à plusieurs reprises, nous devenons encore plus prudents et circonspects, réfractaires à toute ouverture de nous-mêmes à n’importe qui, chacun étant considéré comme un intrus. Nous avertissons carrément les gens : « Je ne vous veux pas dans ma vie ! N’insistez pas, je vous prie, je
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ne veux pas que vous vous mêliez de mes affaires ! Vivez votre vie et laissez-moi vivre la mienne ! » Même si nous n’employons pas ces expressions vis-à-vis du Christ, nous adoptons la même attitude à son égard quand Il vient frapper à la porte de notre cœur (c’est-à-dire de notre volonté). Nous Lui attribuons inconsciemment les mêmes motifs égoïstes et les mêmes intentions secrètes qui font agir la plupart des humains. Ceci est évidemment injuste envers Dieu, mais montre aussi que nous ne Le connaissons ni ne Le comprenons réellement. En effet, ses intentions à notre égard sont toujours bonnes : « Je connais, moi, les desseins que je forme à votre sujet – oracle de l’Éternel – desseins de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir fait d’espérance » (Jérémie 29 : 11). Le but ultime qu’Il a en vue pour moi, c’est que ma volonté s’aligne sur la sienne, que ma vie soit en harmonie avec la sienne, et que nous partagions ensemble les plans magnifiques qu’Il a pour son peuple. Vivre ainsi, c’est entrer dans une aventure puissante et positive qui consiste à se donner soi-même de façon désintéressée pour le bien de tous. C’est le grand dynamisme de l’amour de Dieu à l’œuvre à travers le cosmos tout entier. Pourtant, pour la plupart, nous ne voulons pas répondre à ses offres. Nous préférons reculer, nous fermer à Christ, nous retirer à l’intérieur du cercle étroitement fermé de notre petite vie égoïste. Nous
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nous y sentons plus en sécurité, plus assurés. C’est confortable. Nous aimons notre prison, même si nous sommes à l’étroit dans ces murs resserrés que nous avons élevés nous-mêmes. La seconde raison pour laquelle les gens ne veulent pas ouvrir leur vie au Bon Berger est beaucoup plus subtile et insidieuse. Nous estimons que nous avons un droit de priorité sur notre pensée, notre conduite et dans la planification de notre vie. Cette exigence provient de notre culture, et d’un conditionnement que nous avons subi durant toute notre existence. Depuis notre plus tendre enfance, nous voulons vivre à notre guise, satisfaire nos désirs personnels, faire nos affaires, suivre notre chemin au gré de nos aspirations. Nous devenons comme de véritables petits rois dans nos palais, ou, pis encore, comme de petits dieux dans les temples de nos vies. Nous en voulons à quiconque ose entrer dans notre propriété privée. À certains moments, nous supposons même naïvement que nous pouvons être le berger de notre propre bergerie. Nous pensons avoir le droit de prendre toutes nos décisions nous-mêmes, aussi désastreuses qu’en soient les conséquences. Nous sommes sûrs de pouvoir résoudre tous nos problèmes et de pouvoir conduire notre vie, même si nous la menons à la ruine totale. Nous sommes catégoriques : personne ne peut diriger nos affaires ou contrôler notre conduite mieux que nous-mêmes. Par orgueil et entêtement nous con-
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sidérons les autres, y compris Dieu, comme des intrus qui osent essayer d’usurper le pouvoir. Et nous leur refusons obstinément le droit d’entrée. Je dis parfois aux gens qui se sont enracinés dans cette position : « Vous n’avez pas seulement élevé de hautes murailles autour de votre vie, mais vous l’avez aussi entourée de douves profondes et vous avez levé le pont-levis de crainte que quelqu’un n’entre. » En dépit de notre indifférence, de notre peur, de notre orgueil, de notre refus déterminé de Le laisser entrer, le Christ a beaucoup de patience et de compassion pour nous. Il continue à venir. Il continue à parler. Il continue à se tenir à la porte. Il continue à frapper. Il continue à secouer le loquet. Parfois, la porte finit par s’ouvrir. Notre Seigneur a fait à ce sujet un commentaire insolite : en réalité, dit-Il, c’est le portier, le gardien qui ouvre la porte. On peut se poser la question : Qui est le portier ? Qui est celui qui, par amour des brebis, pour leur bienêtre, ouvre la bergerie au Bon Berger ? C’est l’Esprit de Dieu Lui-même, et nul autre. Sans que nous le sachions, et bien avant que nous soyons conscients de la présence du Christ, c’est Lui, l’Esprit de grâce, qui vient vers nous paisiblement pour commencer son œuvre intérieure. C’est Lui qui, progressivement, incline notre esprit à répondre. C’est Lui qui, même dans notre entêtement, est à l’œuvre en nous pour nous orienter vers Celui qui se tient en dehors de l’enclos de notre vie. C’est Lui qui, graduellement,
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obtient la victoire sur nos craintes, sur nos inhibitions profondes et inconscientes à l’égard du Christ. D’une façon merveilleuse qui Lui est propre, Il peut détruire notre orgueil et nous amener doucement à voir la folie de notre égocentrisme. Il suscite dans notre volonté la foi active nécessaire pour que nous nous soumettions et répondions à la voix du Bon Berger. C’est alors, et alors seulement, que la porte s’ouvre à Jésus-Christ. C’est alors que la barrière est abaissée. Alors, Celui qui se tient dehors peut entrer. Certains se soumettent avec appréhension. Mais cet acte demande un mouvement précis de la volonté. Pourtant, c’est Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir (voir Philippiens 2 : 13). Dans son autobiographie, C. S. Lewis raconte comment, pendant longtemps, il a résisté à l’appel du Christ qui voulait entrer dans sa vie. Un jour, en se rendant au zoo de Londres sur la plate-forme d’un bus à impériale, il sentit qu’il ne pouvait plus laisser le Seigneur en dehors de sa vie. Par un acte défini et précis de sa volonté, il ouvrit la forteresse dans laquelle il s’était si longtemps enfermé. Alors, d’une façon paisible et merveilleuse, la personne et la présence du Christ sont entrées dans son âme. Il fut instantanément « surpris par la joie ». Cette phrase est le titre de son livre. Quand le Christ entre dans un cœur ouvert, Il lui donne la joie et la paix. Il le rassure. Il lui apporte
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aussi les ressources divines qui sont exclusivement siennes : l’amour, la vie, la lumière, la plénitude, caractéristiques essentielles du nouveau style de vie qu’Il inaugure. Il prend le contrôle de toutes les activités de la personne qui se donne à Lui pour leur donner une direction et un but. On peut, bien sûr, se demander : En a-t-Il réellement le droit ? Est-Il mon propriétaire légitime ? Est-Il habilité à déterminer ce que je devrai faire de ma vie ? À chacune de ces questions, la réponse est un oui énergique ! Premièrement, il faut nous rappeler que c’est Lui qui nous a faits. La merveilleuse complexité de notre corps, le potentiel incroyable de notre esprit et de notre mémoire, les capacités énormes de nos émotions, l’influence incommensurable de notre volonté, les profondeurs insondables de notre intelligence… tout cela, ce sont des dons magnifiques que Dieu nous a faits dans sa générosité. Ils Lui appartiennent légitimement. Ils nous sont simplement confiés pour la courte durée de notre existence sur la terre, afin que nous nous en servions avec sagesse sous sa direction. Deuxièmement, bien que, dans notre entêtement égocentrique, nous ayons tous fait notre chemin comme nous le voulions, nous sommes tous invités à retourner à Lui et à accepter ses soins. Pour rendre ce retour possible, Christ nous a rachetés au prix de sa propre vie, donnée en sacrifice pour nous. Grâce à
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Lui, nous pouvons de nouveau être acceptés comme Lui appartenant. Troisièmement, Il continue à intercéder en notre faveur. Il souffre à notre place. Il nous supplie de devenir entièrement siens, dans un abandon joyeux. Sur un tel fondement, il est donc raisonnable et naturel, pour nous son peuple, le troupeau de son pâturage, de Lui ouvrir toute grande la porte de notre vie, en Le laissant entrer avec plaisir, Lui notre Seigneur et notre Berger.
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Chapitre 3
La voix du berger « […] et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent et les mène dehors » (Jean 10 : 3b). La relation qui se développe rapidement entre un berger et le troupeau dont il prend soin dépend principalement de la manière dont il lui parle. Les moutons s’habituent vite à la voix de leur propriétaire. Ils connaissent sa tonalité propre. Ils connaissent ses sons et ses inflexions. Ils peuvent la distinguer de celle de toute autre personne. Si un étranger venait au milieu d’eux, ils ne reconnaîtraient pas sa voix et n’y réagiraient pas de la même façon. Même si le visiteur employait les mêmes mots et les mêmes phrases que lui, ils n’y répondraient pas de la même manière, car ils ont été conditionnés aux
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nuances familières et à l’accent personnel de l’appel de leur propriétaire. Ceux qui visitaient mes ranchs étaient d’ordinaire surpris et intrigués de s’apercevoir de cette indifférence de mes moutons à leur voix. À l’occasion, je les invitais à les appeler en se servant des mots et phrases que j’employais habituellement. Mais cela ne servait à rien. Les brebis et les agneaux, et même les béliers, restaient immobiles et dévisageaient les nouveaux venus avec l’air de dire : « Mais qui êtes-vous ? » L’explication est simple : pendant un certain temps, les moutons ont pu associer le son de la voix du berger à des bienfaits particuliers. Quand il les appelle, c’est dans un but précis, en vue de leur intérêt. Ce n’est jamais pour son propre plaisir ou pour passer le temps. Il se sert de sa voix pour annoncer sa présence : il est là. Il s’en sert pour apaiser leurs craintes et leur timidité, ou pour les appeler à lui, afin de pouvoir les examiner et les compter avec soin. Il veut s’assurer qu’ils sont tous en bonne forme et en parfaite santé. Parfois, il se sert de sa voix pour annoncer l’arrivée de nourriture fraîche, de sel, de produits minéraux, ou d’eau. Il pourrait les appeler pour les conduire vers de nouveaux pâturages, ou pour les mener à l’abri d’un orage imminent. La voix du maître donne toujours aux brebis l’assurance qu’il s’occupe d’elles et agit pour leur bien.
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Quand mes enfants étaient jeunes, ils ont épargné les quelques dollars qu’ils avaient pour acquérir leurs brebis préférées. Et c’était un plaisir de voir ces brebis reconnaître la voix de leurs propriétaires et répondre à leur appel. Elles venaient en courant pour recevoir une petite poignée de graines ou d’herbe grasse. Les enfants les embrassaient, les caressaient et les serraient contre eux avec délices. Les brebis semblaient éprouver la même satisfaction. La réponse des brebis est bien plus qu’une simple reconnaissance du maître. Elles courent littéralement vers le berger. Elles viennent vers lui, parce qu’elles savent qu’il a quelque chose de bon pour elles. La vie chrétienne offre un parallélisme saisissant. À un moment ou à un autre, nous avons entendu la voix de Dieu. Et nous savions que le Bon Berger nous appelait. Mais on peut se poser les questions : Comment entend-on la voix de Dieu ? Lui est-il possible de communiquer avec moi ? La réponse est oui. Il peut me parler clairement à travers sa Parole, par laquelle Il a choisi de se dévoiler. Son Esprit de grâce gravera en mon esprit ses intentions et ses desseins pour moi. Il peut le faire en privé, dans la solitude paisible de ma maison, dans le calme de mon culte personnel. Il peut aussi le faire à travers un message adressé du haut de la chaire à tous les fidèles d’une Église, par
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une émission de radio ou un programme télévisé chrétien. Le Christ peut venir me parler par l’intermédiaire d’un ami pieux, d’un voisin, d’un membre de ma famille. Il peut me parler clairement par le moyen d’un magazine, d’un périodique, d’un livre. Il peut me venir une conviction et une conscience toujours plus profondes que je devrais faire ceci ou cela. Ces « je devrais » ou « je ne devrais pas » traduisent la contrainte grandissante de sa voix qui me parle par son Esprit. Le Seigneur a choisi de se dévoiler également à travers la beauté de l’univers qu’Il a créé. C’est ce que le psalmiste nous dépeint dans les termes d’une exquise poésie : « Les cieux racontent la gloire de Dieu Et l’étendue céleste annonce l’œuvre de ses mains. Le jour en donne instruction au jour La nuit en donne connaissance à la nuit. Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles, Leur voix n’est pas entendue. Leur trace apparaît sur toute la terre, Leurs accents vont aux extrémités du monde, Où il a placé une tente pour le soleil » (Psaume 19 : 1-5).
Le Seigneur communique aussi avec moi à travers le caractère, la conduite et les paroles admirables du Christ Lui-même, la Parole qui s’est incarnée et a
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habité parmi nous. Par sa vie sans défaut, son caractère irréprochable, ses paroles merveilleuses, je peux entendre la voix de Dieu. Il a déclaré sans ambages : « Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et vie » (Jean 6 : 63b). Il ressort clairement de ce qui précède que n’importe qui peut entendre la voix de Dieu. Mais en matière de communication, la grande question est : Entendons-nous ? Je veux signifier par là bien plus qu’une simple prise de contact. C’était, d’ailleurs, une cause perpétuelle de souffrance pour notre Maître quand Il vivait parmi les hommes. À plusieurs reprises, Il a dit : « Vous avez des oreilles pour ne pas entendre ! » Entendre, cela engage bien plus, et c’est bien plus compliqué qu’il n’y paraît superficiellement. Cela dépasse le simple fait que Dieu nous parle. Cela implique trois aspects précis d’action réciproque avec Lui. Si Christ, le Bon Berger, a réellement le droit d’entrer dans le petit enclos de ma vie, alors j’aurai déjà commencé à me familiariser avec sa voix. Ceci implique donc que je la reconnaisse bien. J’apprends à la distinguer des multiples autres voix qui m’appellent au sein d’une société troublée, dans un monde complexe. Je deviens sensible à l’appel du Christ et suis prêt à me mettre à son écoute. Je suis comme le petit Samuel, qui, ayant entendu la voix de Dieu, a répondu : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute. » Comme lui,
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je veux dire à Jésus : « Oui, Bon Berger, j’écoute. Je suis attentif, j’attends ta Parole pour moi. Je suis prêt à reconnaître ce que Tu as à me dire. » La deuxième étape dans l’écoute de la voix de Dieu est que je sois prêt à répondre. Il choisit de communiquer avec moi dans le but de me faire connaître ses intentions et ses désirs. Ses intentions envers moi sont bonnes et il m’incombe de le reconnaître afin de les prendre au sérieux et d’agir en conséquence. Au moment où les moutons entendent et reconnaissent la voix de leur berger, ils lèvent la tête, la tournent dans la direction d’où vient le son, et ils dressent l’oreille pour saisir chaque syllabe. Qu’ils se reposent, se nourrissent ou se battent, tout cela est oublié à l’instant où ils entendent la voix de leur berger. Elle exige leur attention pleine et entière. Quelque chose de nouveau et de différent va se passer. Il en va de même pour nous quand nous répondons à la voix de Dieu. Elle devrait retenir toute notre attention. Nous ne devrions jamais permettre aux autres intérêts et aux autres exigences de notre vie de brouiller le doux appel du Christ. Il ne souffle pas dans un puissant clairon pour attirer notre attention. Nous ne sommes pas des chiens appelés à la chasse, mais des brebis conduites dans les sentiers de la justice. Si nous ne sommes pas sensibles aux propositions de son Esprit et capables de répondre rapidement aux directives de sa Parole, nous n’irons nulle part avec Lui.
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Il est frustrant pour un berger, quand il appelle ses brebis, de s’apercevoir qu’elles ont pu reconnaître sa voix, mais qu’elles refusent de bouger ! Elles ne veulent pas accourir quand il les appelle. J’ai souvent observé un troupeau de moutons dans lequel il y avait quelques bêtes récalcitrantes. Elles restent là debout, stupides et entêtées ; elles secouent la tête, font bouger leurs oreilles et poussent de pitoyables « bêêh ». Pour le berger qui les appelle, c’est décevant. C’est trop souvent la même chose dans le peuple de Dieu. Nous reconnaissons la voix du Seigneur, nous y répondons dans une certaine mesure, mais nous ne bougerons pas. Nous n’agirons pas. Nous ne courrons pas vers Lui. Nous refusons obstinément de répondre à ses souhaits ou d’entrer dans ses plans pour nous. Notre attitude est aussi absurde que n’importe quel « bêêh » bêlé par un mouton stupide et entêté. Nous restons là, sans faire un seul pas vers Celui qui nous aime tant. Nous avons l’air d’être presque paralysés, incapables d’avancer dans le sens de la volonté de Dieu. Le lecteur pourra demander : « Comment une personne peut-elle avancer vers Christ ? Comment peutelle courir pour faire sa volonté ? » Il est évident que si nous devons retirer un avantage pour avoir entendu sa voix, nous devons nous mettre en marche pour faire ce qu’Il nous demande de faire.
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Ceci implique beaucoup plus que de donner un simple assentiment intellectuel à ce que nous pouvons avoir entendu. Ce n’est pas assez de se contenter d’être d’accord avec ce que l’Esprit de Dieu a pu nous dire, de dépasser les émotions provoquées par ce que nous avons entendu. Certaines personnes peuvent verser des larmes d’amertume ou de remords sans, pour autant, se tourner vers Dieu. Toute aussi inefficace est l’attitude de ceux qui tombent dans une espèce d’extase à propos de questions spirituelles car, quand l’émotion est passée, ils en sont encore exactement là où ils étaient avant d’avoir entendu l’appel du Christ. Quelle est donc la démarche nécessaire pour nous mettre en mouvement ? C’est une action de notre volonté. C’est de notre part le choix délibéré de faire ce qui nous a été demandé. Nous appelons cela la réponse de la foi en action. C’est le consentement donné par notre volonté à la volonté de Dieu par une obéissance loyale et une joyeuse collaboration. La vérité ne devient vérité pour moi et la vie spirituelle ne devient vie spirituelle pour moi que si je fais réellement ce que Christ me demande de faire ! Ce n’est que lorsque cela se produit réellement que nous avançons vers le Bon Berger ou que nous commençons à expérimenter les bienfaits de ses soins et de sa direction. Nous pouvons tout savoir sur Lui, de façon théorique et doctrinale, mais vivre, marcher et communier réellement avec Lui dans une rencontre personnelle sera pour nous quelque chose d’inconnu.
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Malheureusement, beaucoup de ceux qui se disent chrétiens, qui croient suivre le Christ, qui prétendent être les brebis de son troupeau, sont en réalité étrangers à sa voix. Ils ont encore à apprendre la joie qu’on éprouve à Le connaître réellement. C’est à cela que notre Seigneur faisait allusion dans une déclaration solennelle qu’Il a faite dans le Sermon sur la Montagne. Elle est pathétique et renferme un avertissement infiniment triste : « Quiconque me dit : Seigneur, Seigneur ! n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur […]. Alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus » (Matthieu 7 : 21-23). La relation entre le berger et ses brebis, entre le Christ et ceux qu’Il appelle, est une relation de connaissance personnelle profonde : Il me connaît intimement, Il me connaît par mon nom. Il faut bien connaître la vie pastorale d’un propriétaire de moutons au Moyen-Orient ou en Afrique pour saisir à quel point ces gens connaissent parfaitement leur bétail. Leur bétail, c’est leur vie même. Moutons, chèvres, chameaux, bœufs, ânes sont le centre de leur vie sociale. Si on va visiter un village, l’ordre dans les salutations voudra qu’on demande d’abord comment va le propriétaire lui-même. Ensuite, on s’enquerra de la santé de ses moutons et de ses bœufs. Après cela,
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on l’interrogera sur ses enfants, et enfin sur sa ou ses femmes. On ne s’en prend pas à l’honneur de sa famille en agissant ainsi, mais cela montre l’importance énorme attachée au bétail. Dans la vie d’un propriétaire, le bétail importe plus que tout le reste. Un second aspect remarquable de l’attention donnée aux animaux dans ces pays, c’est que chacun d’eux est connu par son nom. Ces noms ne sont pas des noms ordinaires comme ceux que nous pourrions choisir. Ils sont compliqués et uniques parce qu’ils se rapportent à l’histoire de l’animal pris individuellement. Par exemple, une brebis peut être appelée « celle qui est née dans le lit de la rivière à sec », ou « le bel agneau que j’ai échangé contre deux pots de miel ». Pendant les années que j’ai passées avec ma famille parmi les Massaï d’Afrique orientale, j’ai été profondément touché par le dévouement et l’affection que les propriétaires témoignaient envers leur bétail. Dans les pâturages ou près des points d’eau, ils appelaient leurs animaux bien-aimés par leur nom, et c’était vraiment une joie de voir comment ceux-ci répondaient à l’appel du berger pour être examinés, traités, caressés et cajolés. Quelques-uns de ces moutons avaient littéralement été élevés comme des membres de la famille. Dès leurs tout premiers jours, ils avaient été embrassés, caressés, nourris et aimés au même titre que les enfants de leur propriétaire.
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Ces choses sont remarquablement décrites en 2 Samuel 12 : 3, où Nathan, le prophète de Dieu, reprend le roi David au sujet de son adultère avec BathSchéba. Il y compare Urie à un humble berger qui n’a qu’une seule petite brebis : « Le pauvre n’avait rien du tout sinon une petite brebis, qu’il avait achetée ; il la nourrissait, et elle grandissait chez lui avec ses fils ; elle mangeait de son pain, buvait dans sa coupe, dormait sur son sein. Elle était pour lui comme une fille. » Est-il étonnant que des brebis et des agneaux comme ceux-là aient reçu des petits noms affectueux ? Cette connaissance intime de chaque détail de leur vie, de chaque trait singulier de leur caractère est une petite merveille. Nous sommes souvent incapables de mesurer à quel point Dieu nous connaît vraiment bien. Nous avons oublié cette vérité étonnante : chaque aspect de notre vie Lui est pleinement connu. Si nous examinons la Parole de Dieu, nous découvrirons que même lors de notre conception dans le sein de notre mère, tous les facteurs héréditaires qui se sont combinés pour faire de nous les individus uniques que nous sommes étaient déjà connus de Dieu. Une lecture attentive du Psaume 139 nous assure que nous sommes connus d’une façon qui dépasse de loin la connaissance humaine. Notre Seigneur et Maître connaît la multiplicité des particularités qui font de chacun de nous des individus distincts. Le Bon Berger
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peut être un étranger pour moi, mais je ne suis pas un étranger pour Lui ! Quand, au fil du temps, quelqu’un ouvre la bergerie de sa vie au Christ, il peut avoir l’impression d’inviter un étranger à entrer. Au contraire, Celui qui entre n’est pas un étranger du tout, mais Celui qui, en fait, l’a connu dès avant sa naissance. Cette découverte est à la fois rassurante et alarmante. Il est merveilleux de se rendre compte qu’il y a Quelqu’un qui me connaît et me comprend. Si j’ai été le genre de personne qui se joue des autres et leur cache la vérité, je vais découvrir que je ne peux pas agir de la sorte avec Dieu. Il faut en finir avec l’hypocrisie. Je dois commencer à être ouvert et loyal envers Celui qui me connaît parfaitement et qui m’appelle par mon nom. En appelant ses moutons, le berger veut les faire sortir de la bergerie. Les bergeries, surtout en Orient, ne sont pas de très jolis endroits. Leur nom peut avoir une résonance pittoresque et romantique, mais l’enclos où les moutons passent la nuit d’habitude est un lieu épouvantable. Entre les murs de pierres, de bois ou de briques qui le clôturent, il y a un entassement continuel de saleté, de débris et d’excréments. Aucun brin d’herbe ne survit au piétinement continuel d’un millier de pattes. La succession des saisons ne fait qu’aggraver la situation. Les odeurs peuvent être atroces après la pluie et abominables à la chaleur du soleil d’été.
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Le bon berger se lève dès l’aube pour ouvrir le portail et faire sortir ses moutons afin de les conduire vers de nouveaux pâturages, vers de l’herbe bien verte. Il ne laissera pas son troupeau croupir dans le corral une heure de plus. Les bêtes ne peuvent que s’y tenir debout dans le soleil brûlant ou se coucher pour essayer de se reposer dans le fumier qui se colle à leur toison et s’agglutine dans la laine. Le berger se tient au portail et invite gentiment ses brebis à sortir. Il appelle par son nom chaque animal qui défile devant lui, l’examine d’un regard connaisseur, et, si c’est nécessaire, tâte la toison d’une main experte pour voir si la peau est saine. C’est un intermède émouvant à l’aube de chaque nouvelle journée, un moment de contact étroit et intime entre le propriétaire et son troupeau. Le parallèle dans notre propre vie n’est pas difficile à découvrir. C’est dans le petit cercle de notre intimité que la plupart d’entre nous se sentent le plus en sécurité et le plus à l’aise. Mais le Bon Berger nous appelle à sortir du cercle restreint et mesquin de notre existence. Il veut nous conduire vers de nouveaux pâturages tout frais, dans des champs largement ouverts, peut-être dans des endroits où nous ne sommes encore jamais allés. Ce qui est surprenant, c’est que beaucoup d’entre nous ne se rendent pas compte à quel point leur vie est vraiment grisâtre, souillée, poussiéreuse, pleine de débris accumulés. Nous continuons à tourner la ma-
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nivelle dans notre petit cercle invariable. Nos intérêts égocentriques nous absorbent totalement. Nous tournons et nous nous retournons, en faisant parfois voler pas mal de poussière, mais jamais nous n’accomplissons quelque chose qui en vaille vraiment la peine. Notre vie est resserrée, égoïste et mesquine. Cette mesquinerie peut s’appliquer à tous les aspects de notre vie. Dans le domaine physique, nous pouvons nous renfermer sur nous-mêmes entre quatre murs ou dans les limites étroites d’une petite maison ou d’un appartement. Nous pouvons aussi être confinés dans un corps maladif ou négligé. Nous pouvons de même nous trouver emprisonnés moralement et mentalement. Nous ne voulons pas sortir vers de nouveaux domaines qui élargiraient nos horizons mentaux ou vers de nouvelles expériences qui secoueraient notre âme et lui donneraient un idéal. Nous avons peur de considérer de nouveaux points de vue et de faire des recherches inédites qui nous sortiraient du sol stérile de notre ancien genre de vie. De même, dans la vie spirituelle, Dieu nous appelle à sortir pour nous conduire en dehors de nos expériences limitées. Par son Esprit de grâce, Il nous invite à sortir et à aller vers les pâturages riches et nourrissants de sa Parole. Il veut que nous soyons au large dans de grandes étendues de relations nouvelles avec d’autres brebis de son troupeau. Il Lui tarde de nous conduire près des eaux tranquilles et dans les sentiers de la justice. Il désire nous mener vers les
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joies des hauteurs où nous serons en communion étroite avec Lui. Toutes ses intentions à notre égard sont bonnes. Ses désirs et ses aspirations pour nous recèlent un potentiel de bienfaits que nous n’imaginons même pas. Puisque ses pensées à notre intention sont des pensées de paix et de bénédiction, ne Lui résistons pas ! Le vrai sage se laissera conduire vers les vastes champs des bénédictions et des bienfaits du Dieu de grâce.
L’auteur a lui-même été berger, il a consacré toute son énergie au bien-être de son troupeau. Son expérience lui permet d’amener le lecteur à mieux connaître Jésus comme le « Bon Berger qui donne sa vie pour ses brebis ». En lisant ces pages, considérez-vous comme une brebis du troupeau. Suivez le Bon Berger, écoutez sa voix : vous verrez à quel point il prend soin de vous !
L’auteur, Phillip Keller (1920-2001), a toujours aimé la nature et la vie en plein air. Il a grandi et vécu dans l’Est africain où il a été berger, puis propriétaire et éleveur de moutons. C’est pourquoi sa description de la vie de berger et sa connaissance des brebis se révèlent si vivantes et pertinentes. Conférencier de renom et auteur de plusieurs best-sellers, il a touché par ses écrits des hommes et des femmes de toutes nationalités.
ISBN 978-2-910246-84-6
9 782910 246846
7,50 €
Phillip Keller Un berger contemple Le Bon Berger et ses brebis
Après le succès de son livre sur le psaume 23, Phillip Keller développe le thème du berger et de ses brebis en commentant les trois paraboles racontées par Jésus dans le chapitre 10 de l’Évangile selon Jean.