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Soyez dévoués (vol. 1) • Warren W. Wiersbe

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« Tout cela arrivera pour réaliser la prédiction faite par le prophète : Dites à Jérusalem, à la fille de Sion : Regarde, ton Roi vient à toi ; il est humble, plein de douceur » (Matthieu 21 : 4-5 – Parole vivante).

« Nous devenons enfants de Dieu par la foi en Christ ; nous sommes disciples si nous le suivons fidèlement et marchons avec lui » – W. Wiersbe. En tant qu’ambassadeurs du Roi, soyez dévoués à votre Seigneur ! À la lumière de cet Évangile, apprenez à mieux l’aimer et à le servir loyalement, même dans les épreuves !

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En supplément : des questions à la fin du livre permettent d’approfondir votre réflexion.

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L’Évangile selon Matthieu présente Jésus-Christ comme le Roi qui accomplit les prophéties de l’Ancien Testament. Ce commentaire en aborde les 14 premiers chapitres : la naissance du Messie, sa personne, son pouvoir, ses instructions et la rébellion dont il est l’objet. L’auteur développe pour nous les principes du royaume révélés dans le sermon sur la montagne et les paraboles.

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Matthieu 1 à 14 • Soyez dévoués • Vol.1

Matthieu 1 à 14 • Soyez dévoués • Volume 1

Warren W. Wiersbe

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COLLECTION « SOYEZ » : COMMENTAIRES BIBLIQUES À LA PORTÉE DE TOUS POUR COMPRENDRE ET METTRE EN PRATIQUE LA PAROLE DE DIEU. À UTILISER SEUL OU EN GROUPE.

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Warren W. Wiersbe • Pasteur, professeur et conférencier de renommée internationale. Auteur de nombreux livres dont Quand la vie chancelle et les commentaires du Nouveau Testament de la collection « Soyez ».

Texte de Parole vivante inclus

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BLF Europe Rue de Maubeuge 59164 Marpent France Tél. 0327671915 Fax 0327671104 info@blfeurope.com

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ISBN 2-910-246-27-2

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L’Évangile selon Matthieu présente Jésus-Christ comme le Roi qui accomplit les prophéties de l’Ancien Testament. Ce commentaire en aborde les 14 premiers chapitres : la naissance du Messie, sa personne, son pouvoir, ses instructions et la rébellion dont il est l’objet. L’auteur développe pour nous les principes du royaume révélés dans le sermon sur la montagne et les paraboles.

En tant qu’ambassadeurs du Roi, soyez dévoués à votre Seigneur ! À la lumière de cet Évangile, apprenez à mieux l’aimer et à le servir loyalement, même dans les épreuves ! En supplément : des questions à la fin du livre permettent d’approfondir votre réflexion.

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Soyez dévoués • Volume 1 • Matthieu 1 à 14


Matthieu

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Volume 1

Matthieu 1 à 14 Texte de Parole vivante inclus


ELB est un département de BLF Europe Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France www.blfeurope.com

Soyez dévoués • Volume 1 • Warren W. Wiersbe Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre : Be Loyal © 1980 SP Publications, Inc. © 2004 Cook Communications Ministries Cook Communications Ministries • 4050 Lee Vance View Colorado Springs • Colorado 80918 • USA Traduit et publié avec permission. Tous droits réservés. Édition en langue française : © 2006 BLF Europe • Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Traduction : Antoine Doriath Couverture et mise en page : BLF Europe Imprimé dans l’Union européenne Les citations sont tirées de La Nouvelle Version Segond Révisée (Bible à la Colombe) © 1978 Société Biblique Française. ISBN 2-9102-4627-2 Dépôt légal 4e trimestre 2006 Index Dewey (CDD) : 226.2 Mots-clés : Bible – N. T. – Matthieu – Commentaire


Ce livre est dédié à quelques amis qui m’ont beaucoup enrichi au travers de leur ministère : David Brackley Merrill Dunlop Bill Fasig John Innes


Préface De nombreux spécialistes de la Bible considèrent l’Évangile selon Matthieu comme le document complet le plus important de la foi chrétienne. Les historiens déclarent que c’était le livre le plus lu et le plus cité dans l’Église primitive. Si tous les Évangiles revêtent de l’importance pour nous, ce n’est pas sans raison que celui de Matthieu vient en premier. Le présent livre est un survol commenté de Matthieu, qui présente Jésus-Christ comme Roi. Ceci n’est pas un commentaire détaillé, bien que j’aie essayé d’aborder tous les passages importants et les textes qui seraient susceptibles de poser problème. Le manque de place m’a empêché de présenter les différents arguments pour ou contre certaines interprétations. Je me suis efforcé de présenter ce qu’à mon avis Matthieu a voulu nous faire connaître au sujet de Jésus-Christ et de son ministère. Si vous ne partagez pas mon point de vue, j’espère au moins que je ne vous offenserai pas par ma façon de le dire ! Que l’étude de ce livre important puisse nous conduire tous à mieux aimer et à servir plus loyalement Jésus-Christ, le Roi des rois. Warren W. Wiersbe

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Voici la Bonne Nouvelle ! Vingt ou trente ans après que Jésus est remonté au ciel, l’Esprit de Dieu a poussé un disciple juif du nom de Matthieu à écrire un livre. L’œuvre achevée est ce que nous appelons « L’Évangile selon Matthieu ». Aucun des quatre Évangiles ne contient la moindre parole que Matthieu aurait prononcée. Dans son Évangile, celui-ci rapporte les paroles et les œuvres de Jésus-Christ, « fils de David, fils d’Abraham » (Matt. 1 : 1). Matthieu n’a pas écrit pour parler de luimême. Faisons cependant connaissance avec lui et avec son livre. Nous apprendrons ainsi tout ce qu’il voulait que nous sachions concernant Jésus-Christ. Le Saint-Esprit s’est servi de Matthieu pour accomplir trois tâches importantes par le biais de son écrit.

Première tâche : construire une passerelle Matthieu a introduit un nouveau livre, le Nouveau Testament. Un lecteur qui passerait de Malachie à Marc, Actes ou Romains serait désorienté. L’Évangile selon Matthieu constitue la passerelle qui nous fait quitter l’Ancien Testament pour nous faire entrer dans le Nouveau. Genèse 5 : 1 indique le thème de l’Ancien Testament : « Voici le livre de la postérité d’Adam ». L’Ancien Testament rapporte l’histoire de « la famille d’Adam », et c’est vraiment une triste histoire. Dieu a créé l’hom


Soyez dévoués • Volume 1 me à son image, mais celui-ci a péché, souillant et déformant cette image. Puis l’homme engendra des enfants « à sa ressemblance, selon son image » (Gen. 5 : 3). Ces enfants se sont révélés pécheurs comme leurs parents. Où qu’on lise dans l’Ancien Testament, il est toujours question de péché et de pécheurs. Le Nouveau Testament, lui, présente la « généalogie de Jésus-Christ » (Matt. 1 : 1). Jésus est « le dernier Adam » (1 Cor. 15 : 45) ; il est venu sur la terre pour sauver les descendants d’Adam, notamment vous et moi. Sans que nous l’ayons décidé d’aucune manière, nous appartenons à la descendance d’Adam, ce qui fait de nous des pécheurs. Mais par une décision de foi, nous pouvons figurer dans la généalogie de Jésus et devenir ainsi des enfants de Dieu ! Lorsqu’on parcourt la généalogie de Genèse 5, on est frappé par une expression fréquemment répétée qui résonne à nos oreilles comme un glas : « puis il mourut ». L’Ancien Testament illustre la vérité suivante : « Le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6 : 23). En arrivant au Nouveau Testament, la première généalogie insiste sur le verbe engendrer, c’est-à-dire donner la vie. Le message néotestamentaire est clair : « Le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Christ-Jésus notre Seigneur » (Rom. 6 : 23). L’Ancien Testament est un livre plein de promesses, le Nouveau est celui des accomplissements. (Il y a certes de nombreuses promesses précieuses dans le Nouveau Testament, mais j’indique en gros sur quoi porte l’accent dans chacune des deux grandes parties de la Bible.) En commençant par Genèse 3 : 15, Dieu promet un rédempteur ; Jésus-Christ a accompli cette promesse. Le verbe accomplir, un des mots-clés de l’Évangile selon Matthieu, revient une quinzaine de fois. L’un des buts de cet Évangile est de montrer que Jésus-Christ accomplit les promesses de l’Ancien Testament relatives au Messie. Sa naissance à 10


Voici la Bonne Nouvelle ! Bethléhem accomplit Ésaïe 7 : 14 (Matt. 1 : 22-23). Jésus a dû se réfugier en Égypte pour avoir la vie sauve, en accomplissement d’Osée 11 : 1 (Matt. 2 : 14-15). Quand Joseph et sa famille sont rentrés d’Égypte et ont décidé de s’établir à Nazareth, ils ont accompli plusieurs prophéties de l’Ancien Testament (Matt. 2 : 22-23). Dans son Évangile, Matthieu s’appuie sur au moins 129 citations ou allusions vétérotestamentaires. Il a destiné son livre principalement à un public juif pour lui montrer que Jésus-Christ était vraiment le Messie promis.

Deuxième tâche : faire œuvre de biographe Matthieu présente un nouveau Roi. Aucun des quatre Évangiles n’est une biographie au sens moderne du mot. D’ailleurs, l’apôtre Jean doutait même qu’il fût possible d’écrire une biographie complète de Jésus (Jean 21 : 25). De nombreux détails relatifs à la vie terrestre de Jésus ne figurent dans aucun des Évangiles. Chacun d’entre eux se focalise sur un aspect particulier. Le livre de Matthieu est l’Évangile du Roi. Il a principalement été écrit pour des lecteurs juifs. Le livre de Marc, l’Évangile du Serviteur, visait à instruire des lecteurs romains. Luc a écrit avant tout pour un public grec auquel il présente le Christ comme le parfait Fils de l’homme. Le récit de Jean a une portée plus universelle ; son message est : Celui-ci est le Fils de Dieu. Aucun Évangile n’est en mesure de relater toute l’histoire que Dieu veut nous faire connaître. En plaçant ces récits côte à côte, nous obtenons un portrait détaillé de la personne et de l’œuvre de notre Seigneur. Homme habitué à conserver des comptes systématiques, Matthieu est l’auteur choisi pour nous présenter le déroulement ordonné de la vie et du ministère du Seigneur. Le livre se divise en dix sections avec une alternance régulière entre « faire » et « enseigner ». 11


Soyez dévoués • Volume 1 Chaque partie didactique se termine par une phrase du genre : « Quand Jésus eut achevé ses discours ». Nous proposons la division suivante :

Narration

Enseignement

Transition

1à4 8 : 1 à 9 : 34 11 : 2 à 12 : 50 13 : 53 à 17 : 27 19 : 1 à 23 : 39 26 : 1 à 28 : 20 (le récit de la Passion)

5à7 9 : 35 à 10 : 42 13 : 1 à 52 18 : 1 à 35 24 : 1 à 25 : 46

7 : 28 11 : 1 13 : 53 19 : 1 26 : 1

Matthieu décrit Jésus comme celui qui agit et celui qui enseigne. Il rapporte au moins 20 miracles précis et 6 messages majeurs : le sermon sur la montagne (ch. 5-7), le mandat des apôtres (ch. 10), les paraboles du royaume (ch. 13), la leçon sur le pardon (ch. 18), la censure des pharisiens (ch. 23), et le discours prophétique du mont des Oliviers (ch. 24-25). Au moins les 60 % du livre sont consacrés aux enseignements de Jésus. Rappelons que Matthieu insiste sur l’idée du royaume. Sous l’Ancien Testament, la nation juive était le royaume de Dieu sur terre : « Vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte » (Exode 19 : 6). Du temps de Jésus, beaucoup de Juifs attendaient le libérateur envoyé par Dieu, qui les délivrerait du joug romain et restaurerait le glorieux royaume d’Israël. Jean-Baptiste a été le premier à prêcher le message du royaume des cieux (Matt. 3 : 1-2). Le Seigneur Jésus proclama également ce message dès le début de son ministère (Matt. 4 : 23). Plus tard, il envoya les douze apôtres répandre ce même message (Matt. 10 : 1-7). 12


Voici la Bonne Nouvelle ! Mais la bonne nouvelle du royaume exigeait un engagement moral et spirituel du peuple, et non simplement l’acceptation d’un chef. Jean-Baptiste appelait à la repentance. De même, Jésus a clairement fait comprendre qu’il n’était pas venu pour renverser Rome, mais pour transformer le cœur et la vie de ceux qui lui faisaient confiance. Avant de pouvoir entrer dans la gloire du royaume, Jésus a enduré les souffrances de la croix.

Suggestion de plan de l’Évangile selon Matthieu Ce plan nous aidera à saisir la biographie de JésusChrist, le Roi, tel qu’il est présenté dans cet Évangile. Note de l’éditeur : Les chapitres 1 à 14 sont commentés dans le premier volume, les chapitres 15 à 28 dans le second.

I. La révélation du Roi – Matthieu 1 à 10 1. Sa personne (1 à 4) 2. Ses principes (5 à 7) 3. Son pouvoir (8 à 10) II. La rébellion contre le Roi – Matthieu 11 à 13 1. Rejet de son messager (11 : 1-19) 2. Négation de ses œuvres (11 : 20-30) 3. Refus de ses principes (12 : 1-21) 4. Attaque contre sa personne (12 : 22-50) 5. Résultat : les « mystères du royaume » (13)

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Soyez dévoués • Volume 1

III. Le Roi se tient à l’écart – Matthieu 14 à 20 1. Avant la confession de Pierre (14 : 1 à 16 : 12) 2. La confession de Pierre (16 : 13 à 28) Première mention de la croix (16 : 21) 3. Après la confession de Pierre (17 : 1 à 20 : 34) Deuxième mention de la croix (17 : 22) Troisième mention de la croix (20 : 17-19) IV. Le rejet du Roi – Matthieu 21 à 27 1. Sa présentation publique en tant que Roi (21 : 1-16) 2. Ses controverses avec les chefs (21 : 17-23 : 39) 3. Son message prophétique (24 à 25) 4. Ses souffrances et sa mort (26 à 27) IV. La résurrection du Roi – Matthieu 28

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Voici la Bonne Nouvelle ! Disons encore un mot au sujet de cet Évangile. Matthieu présente les faits par sujet, plutôt que dans un ordre chronologique. Il regroupe dix miracles dans les chapitres 8 et 9 au lieu de les situer dans leur séquence historique. L’auteur omet complètement d’autres événements. Si on consulte une harmonie des Évangiles, force est de constater que, sans contredire les trois autres récits, Matthieu suit son propre schéma. Matthieu n’est pas seulement un constructeur de passerelle qui introduit un nouveau livre, le Nouveau Testament, ni un biographe qui présente un nouveau Roi, Jésus-Christ. Il accomplit aussi une troisième tâche en écrivant son livre.

Troisième tâche : introduire un nouveau peuple Matthieu le croyant fait connaître un nouveau peuple qui est évidemment l’Église. Il est le seul auteur d’Évangile à utiliser le mot église (16 : 18 ; 18 : 17). Le mot grec traduit par « église » signifie « l’assemblée de ceux qui sont appelés hors de ». Dans le Nouveau Testament, le mot sert généralement à désigner l’assemblée locale des croyants. Dans l’Ancien Testament, Israël formait le peuple que Dieu avait appelé et qui commençait avec Abraham (Gen. 12 : 1ss ; Deut. 7 : 68). D’ailleurs, Étienne appelle la nation d’Israël « l’assemblée du désert » (Actes 7 : 38), car il était bien le peuple appelé par Dieu hors d’Égypte. Mais l’Église du Nouveau Testament constitue un peuple différent, car il comprend des Juifs et des nonJuifs. Dans cette Église, point de distinctions raciales (Gal. 3 : 28). Même si Matthieu écrit avant tout à des Juifs, son livre a une dimension universelle qui inclut les païens ou non-Juifs. Il rapporte, par exemple, que des hauts personnages païens vinrent adorer l’enfant Jésus (Matt. 2 : 1-12). Jésus opéra des miracles au profit 15


Soyez dévoués • Volume 1 de païens et fit même l’éloge de certains pour leur foi (8 : 5-13 ; 15 : 21-28). L’Évangile selon Matthieu loue la reine païenne de Saba qui fut disposée à entreprendre un long voyage pour entendre la sagesse de Dieu (12 : 42). À un moment critique de son ministère, Jésus s’est appuyé sur une prophétie concernant les païens (12 : 14-21). Même dans les paraboles, Jésus fait comprendre que les païens obtiendront en partage les bénédictions qu’Israël refusait (22 : 8-10 ; 21 : 40-46). Dans le discours du mont des Oliviers, le Seigneur déclare que le message serait prêché « à toutes les nations » (24 : 14) ; par ailleurs, l’ordre missionnaire vise toutes les nations (28 : 19-20). Au début, l’Église ne comprenait que des Juifs croyants et des prosélytes juifs croyants (Actes 2-7). Quand l’Évangile parvint en Samarie (Actes 8), des gens qui étaient partiellement juifs et partiellement païens entrèrent dans l’Église. Quand Pierre se rendit chez Corneille (Actes 10), les païens furent pleinement acceptés dans la communauté chrétienne. La conférence de Jérusalem (Actes 15) décréta qu’un païen n’avait pas besoin de devenir d’abord juif avant de devenir chrétien. En fait, Matthieu anticipe tout cela. Lu par les membres de l’Église tant juifs que païens, son Évangile leur permit de résoudre le problème des différences et de créer l’unité. Matthieu montre clairement que ce nouveau peuple, l’Église, ne doit absolument pas pratiquer l’exclusion raciale ou sociale. La foi en Jésus-Christ unit tous les croyants dans le corps du Christ, l’Église. Matthieu 9 : 9-17 relate la rencontre décisive de l’auteur avec le Seigneur. Ce récit est un bel exemple de la grâce de Dieu. Matthieu s’appelait autrefois Lévi, fils d’Alphée (Marc 2 : 14). « Matthieu », son nouveau nom, signifie « le don de Dieu ». Ce nom lui fut apparemment attribué pour commémorer sa conversion et son appel à devenir disciple. 16


Voici la Bonne Nouvelle ! Rappelons que les collecteurs d’impôts figuraient parmi les gens les plus détestés dans la société juive. Tout d’abord, ils étaient considérés comme traîtres à leur nation, car ils « s’étaient vendus » aux Romains en travaillant pour leur gouvernement. Chaque collecteur achetait de Rome le droit de collecter les impôts ; plus il en encaissait, plus il pouvait en garder pour lui. Ils passaient autant pour des voleurs que pour des traîtres. Leurs contacts fréquents avec les païens les rendaient louches sur le plan religieux, et même impurs. Jésus reflète l’opinion populaire à propos des collecteurs d’impôts (ou publicains) en les mettant sur le même plan que les prostituées et les pécheurs (Matt. 5 : 46-47 ; 18 : 17). Mais il était, quant à lui, visiblement « l’ami des péagers et des pécheurs » (11 : 19 ; 21 : 31-32). Matthieu ouvrit son cœur à Jésus-Christ et devint un être nouveau. Ce ne fut pas une décision facile à prendre pour lui. Il était natif de Capernaüm, et cette ville avait rejeté le Seigneur (11 : 23). Matthieu était un homme d’affaires bien connu dans cette ville, et ses anciens amis l’ont certainement persécuté. En prenant la décision de suivre Christ, Matthieu perdit sans doute une grande partie de ses revenus. Il n’ouvrit pas seulement son cœur, mais également sa maison. Il savait que la plupart de ses anciens amis, sinon tous, le laisseraient tomber à partir du moment où il suivrait Jésus-Christ ; il saisit donc l’occasion favorable pour les inviter à rencontrer Jésus. Il donna un grand festin à tous les collecteurs d’impôts (dont certains étaient peut-être païens) et aux autres Juifs qui n’observaient pas la Loi (les « pécheurs »). Il va de soi que les pharisiens critiquèrent Jésus pour avoir osé s’asseoir à table avec un groupe de gens aussi impurs. Ils tentèrent même de gagner les disciples de Jean-Baptiste à leur cause en les opposant à Jésus (Luc 5 : 33). Le Seigneur expliqua pourquoi il fréquentait « les péagers et les pécheurs » : ils étaient spirituellement malades et avaient besoin d’un méde17


Soyez dévoués • Volume 1 cin. Il n’était pas venu pour appeler les justes, car il n’y a pas un seul juste. Il était venu appeler les pécheurs, dont les pharisiens. Certes, ses adversaires ne se considéraient pas comme « spirituellement malades », mais ils l’étaient tout de même. En plus de son cœur et de sa maison, Matthieu ouvrit ses mains et travailla pour le Seigneur. Le prédicateur écossais Alexandre Whyte déclara un jour que lorsque Matthieu quitta son emploi pour suivre Christ, il emporta son crayon ! Cet ancien publicain ne se rendit certainement pas compte que le Saint-Esprit se servirait de lui pour écrire le premier des quatre Évangiles du Nouveau Testament. D’après la tradition, Matthieu exerça un ministère en Palestine de nombreuses années après l’ascension du Seigneur, puis il entreprit des tournées missionnaires parmi les Juifs dispersés dans les pays païens. Il se serait ainsi rendu en Perse, en Éthiopie et en Syrie ; selon certaines traditions, il aurait également parcouru la Grèce. Le Nouveau Testament est silencieux sur sa vie, mais une chose est sûre : partout où les Écritures sillonnent le monde, l’Évangile écrit par Matthieu continue de toucher des cœurs.

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2 Matthieu 1 et 2

La naissance du Roi Si un homme apparaît soudain et prétend être roi, le public demande immédiatement des preuves. Quel est son arrière-plan ? Qui lui rend hommage ? Quelle est son accréditation ? Matthieu anticipe ces questions et répond en ouvrant son Évangile par un récit minutieux de la naissance de Jésus et des événements qui l’ont accompagnée. Il présente quatre faits concernant le Roi.

L’ascendance du Roi (1 : 1-25) Puisque la royauté est liée à l’hérédité, il était important, dans le cas de Jésus, de justifier ses droits au trône de David. Matthieu indique son ascendance humaine (v. 1-17) ainsi que son ascendance divine (v. 18-25). Son ascendance humaine (1 : 1-17). Les Juifs attachaient une très grande importance aux généalogies, car sans elles, il leur était impossible de prouver leur appartenance tribale ou leurs droits d’héritiers. Quiconque se prétendait « le Fils de David » devait être en mesure de le prouver. On admet généralement que Matthieu présente l’arbre généalogique du Seigneur qui remonte par Joseph, son père d’adoption, tandis que Luc indique la lignée de Marie (Luc 3 : 23ss). De nombreux lecteurs de la Bible sautent cette liste de noms anciens (et parfois imprononçables). Mais cette énumération de noms est une partie vitale du récit de l’Évangile. Elle montre que Jésus s’inscrit dans une 19


Soyez dévoués • Volume 1 histoire, que toute l’histoire juive préparait en fait sa venue. Dans sa providence, Dieu a souverainement accompli son dessein en faisant venir son Fils dans le monde. Cette généalogie illustre la grâce merveilleuse de Dieu. Il était en effet très inhabituel de trouver des noms de femmes dans les généalogies juives, car les noms et les héritages se transmettaient par la lignée paternelle. Or, dans cette liste figurent des références à quatre femmes de l’Ancien Testament : Tamar (1 : 3), Rahab et Ruth (1 : 5) et Bath-Chéba, « la femme d’Urie » (1 : 6). Matthieu omet délibérément certains noms. Il le fit probablement pour résumer l’histoire d’Israël en trois périodes comportant chacune quatorze générations. La valeur numérique du nom « David » en hébreu est de 14. L’auteur a donc certainement volontairement choisi cette approche pour aider ses lecteurs à se rappeler cette liste difficile. Il y avait cependant beaucoup d’hommes juifs qui étaient capables de remonter leur lignée jusqu’au roi David. Il fallait donc autre chose pour faire de JésusChrist le « Fils de David » et le prétendant au trône. D’où l’importance de l’ascendance divine. Son ascendance divine (1 : 18-25). Les versets 16 et 18 du chapitre 1 montrent clairement que la naissance de Jésus-Christ était différente de celle de n’importe quel garçon juif figurant dans cette généalogie. Matthieu précise bien que Joseph n’a pas « engendré » Jésus-Christ. Il prend bien soin de dire que Joseph était « l’époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ ». Jésus est né d’une mère humaine sans l’intervention d’un père humain. C’est ce qu’on appelle la doctrine de la naissance virginale. Chaque enfant qui vient au monde est une toute nouvelle créature. Mais Jésus-Christ, étant Dieu éternel (Jean 1 : 1, 14), existait avant Marie, Joseph et n’importe lequel de ses ancêtres terrestres. Si Jésus-Christ avait été conçu et était né comme tous les autres enfants, il 20


Matthieu 1 et 2 n’aurait pas pu être Dieu. Il fallait donc qu’il entre dans le monde par l’intermédiaire d’une mère humaine, mais sans devoir être engendré par un père humain. Par le miracle du Saint-Esprit, Jésus fut conçu dans le sein de Marie, qui était vierge (Luc 1 : 26-38). Certains ont laissé entendre que Marie n’était peutêtre pas vierge. Ils déclarent que le terme « vierge » dans Matthieu 1 : 23 pourrait se traduire par « jeune femme ». Mais le mot grec correspondant signifie bien toujours « vierge » et ne peut être traduit par « jeune femme ». Marie et Joseph appartenaient tous deux à la famille de David. Les prophéties de l’Ancien Testament indiquaient que le Messie naîtrait d’une femme (Gen. 3 : 15), de la descendance d’Abraham (22 : 18), de la tribu de Juda (49 : 10) et de la famille de David (2 Sam. 7 : 1213). Matthieu fait remonter la généalogie par Salomon, et Luc par Nathan, un autre fils de David. Il vaut la peine de noter que Jésus-Christ est le seul Juif vivant à pouvoir justifier ses droits au trône de David ! Toutes les archives juives furent détruites lorsque les Romains prirent Jérusalem en 70 de notre ère. Les Juifs de l’époque considéraient les fiançailles presque comme un mariage, à la seule différence que l’homme et la femme ne vivaient pas encore ensemble. Ils portaient déjà le titre de « mari » et « femme » ; ils consommaient cependant le mariage à la fin de leurs fiançailles. La femme qui tombait enceinte pendant les fiançailles était considérée comme adultère (voir Deut. 22 : 13-21). Mais Joseph ne punit pas Marie et ne la répudia pas quand il s’aperçut qu’elle attendait un enfant, parce que le Seigneur lui avait révélé la vérité. Tout cela était l’accomplissement d’Ésaïe 7 : 14. Avant de quitter cette section importante, examinons les trois noms donnés au Fils de Dieu. Le nom Jésus signifie « Sauveur » et a la même origine que le nom hébreu Josué qui veut dire « l’Éternel est salut ». Beaucoup de garçons juifs s’appelaient Josué (Jésus en 21


Soyez dévoués • Volume 1 grec), mais le fils de Marie fut appelé Jésus le Christ. Le mot Christ signifie « oint » ; c’est l’équivalent grec de l’hébreu Messie. L’enfant est donc Jésus le Messie. Jésus correspond à son nom humain, Christ à son titre officiel. Le nom Emmanuel (voir Ésaïe 7 : 14 et 8 : 8) décrit son identité : « Dieu avec nous ». Jésus-Christ est Dieu ! Le Roi était donc un garçon juif, et il était également le Fils de Dieu. Mais quelqu’un reconnut-il sa royauté ? Oui, des mages d’Orient vinrent l’adorer.

L’hommage rendu au Roi (2 : 1-12) Reconnaissons que nous savons peu de chose de ces personnages. Le mot traduit par « mages » désigne des hommes qui se livraient à l’observation des astres. Leur titre évoque la magie, mais ils étaient sans doute davantage des astrologues. Le fait qu’ils soient mentionnés dans le récit biblique n’est cependant pas une approbation divine de l’astrologie. Dieu leur avait donné un signe spécial, une étoile miraculeuse qui avait annoncé la naissance du Roi. Cette étoile les avait conduits à Jérusalem où ils apprirent par la Parole de Dieu que le Roi devait naître à Bethléhem. Ils s’y rendirent donc et adorèrent l’enfant Christ. Nous ignorons combien étaient ces mages. À partir du nombre de cadeaux énumérés dans Matthieu 2 : 11, certains ont supposé qu’ils étaient trois rois venus d’Orient, mais rien n’est moins sûr. Lorsque leur caravane arriva à Jérusalem, elle suscita beaucoup d’émoi. Rappelez-vous que ces hommes étaient des païens. Dès le commencement, Jésus est donc présenté comme « le Sauveur du monde » (Jean 4 : 42). Ces hommes étaient riches ; c’étaient des savants, des érudits dans leur domaine scientifique. Aucune personne savante qui suit la lumière que Dieu lui a donnée ne peut manquer de tomber aux pieds de Jésus pour l’adorer. En JésusChrist « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de 22


Matthieu 1 et 2 la connaissance » (Col. 2 : 3). En lui « habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col. 2 : 9). Si les mages ont cherché le Roi, Hérode, lui, a eu peur de lui et a voulu le tuer. C’était Hérode le Grand, nommé roi par le sénat romain grâce à l’influence de Marc-Antoine. Hérode était un homme cruel et rusé qui ne permit à personne, pas même aux membres de sa propre famille, de s’opposer à son règne ou de contrecarrer la satisfaction de ses mauvais désirs. Meurtrier impitoyable, il fit assassiner sa propre femme et ses deux frères qu’il soupçonnait de trahison. Il se maria au moins neuf fois pour satisfaire sa convoitise et consolider ses alliances politiques. Il n’est donc pas étonnant qu’Hérode ait cherché à supprimer Jésus, car il voulait être seul à porter le titre de « roi des Juifs ». Il y avait toutefois une autre raison : il était iduméen (ou édomite), un descendant d’Ésaü. Sa haine de Jésus illustre la lutte millénaire entre Ésaü et Jacob, qui avait commencé avant la naissance de ces garçons (Gen. 25 : 19-34). C’est la guerre du spirituel contre le charnel, de la piété contre la mondanité. Les mages ont cherché le Roi ; Hérode s’opposait à lui ; quant aux sacrificateurs, ils ont tout simplement ignoré le Roi. Ils connaissaient les Écritures et ont indiqué aux autres le chemin pour arriver au Seigneur, mais eux-mêmes refusèrent d’aller l’adorer ! Ils ont cité Michée 5 : 2, mais n’ont pas obéi. Ils étaient à moins de dix kilomètres du Fils de Dieu en personne, mais ils ne les ont pas parcourus pour le voir ! Les païens l’ont cherché et trouvé, mais pas les Juifs. Le verset 9 du chapitre 2 donne à penser que l’étoile n’était pas toujours visible pour les mages. En se mettant en route pour Bethléhem, ils la virent de nouveau, et elle les conduisit jusqu’à la maison où se trouvait Jésus. Entre-temps, Joseph, Marie et le bébé avaient trouvé un autre domicile que là où le Seigneur était venu au monde (Luc 2 : 7). Les scènes traditionnelles qui montrent ensemble les bergers et les mages ne cor23


Soyez dévoués • Volume 1 respondent pas au récit biblique, car les mages arrivèrent bien plus tard. Matthieu cite l’accomplissement d’une deuxième prophétie pour prouver que Jésus est bien le Roi (Matt. 2 : 5-6). La nature et le lieu de sa naissance sont conformes aux prophéties. Bethléhem signifie « maison du pain » ; c’est là que le « Pain de vie » vint au monde (Jean 6 : 48ss). Dans l’Ancien Testament, Bethléhem était associée à l’histoire de David, un type de JésusChrist souffrant et glorifié.

Hostilité contre le Roi (2 : 13-18) On reconnaît une personne non seulement à ses amis, mais également à ses ennemis. Hérode fit croire qu’il voulait adorer le Roi nouveau-né (v. 8), alors qu’en réalité il voulait le faire mourir. Dieu avertit Joseph de prendre Marie et l’enfant et de fuir en Égypte, un pays proche. Beaucoup de Juifs s’y étaient établis ; les trésors reçus des mages suffirent largement aux frais de voyage et de séjour là-bas. Cette fuite en Égypte accomplissait une autre prophétie, celle d’Osée 11 : 1 : « J’ai appelé mon fils hors d’Égypte ». La colère d’Hérode révèle l’étendue de son orgueil. Il ne supportait pas d’être dupé par qui que ce soit, surtout pas des savants païens ! Furieux d’avoir été trompé, il fit tuer tous les petits garçons de moins de deux ans qui vivaient encore à Bethléhem. N’imaginons pas le massacre de centaines d’enfants, car un village de l’importance de Bethléhem ne devait pas compter beaucoup de garçons à l’époque. Aujourd’hui, la ville compte à peine 20 000 habitants. Il est probable qu’une vingtaine d’enfants furent tués. Mais même s’il n’y en avait eu qu’un, c’était un de trop ! Matthieu introduit ainsi le thème de l’hostilité sur laquelle il insistera tout au long de son Évangile. Satan est un menteur et un meurtrier (Jean 8 : 44), comme l’était Hérode. Celui-ci mentit aux mages et fit mas24


Matthieu 1 et 2 sacrer des bébés. Jérémie (31 : 15) avait d’ailleurs prophétisé ce crime horrible. Pour comprendre l’accomplissement de cette prédiction, nous devons un peu remonter le cours de l’histoire juive. La première mention de Bethléhem dans l’Écriture est en rapport avec la mort de Rachel, l’épouse préférée de Jacob (Gen. 35 : 16-20). Elle mourut en mettant au monde un fils qu’elle nomma Ben-Oni, « fils de ma douleur », mais Jacob l’appela Benjamin, « fils de la droite ». Ces deux noms s’appliquent à Jésus-Christ, car il fut « l’homme de douleur et habitué à la souffrance » (Ésaïe 53 : 3), et il est désormais le Fils à la droite de Dieu (Héb. 1 : 3 ; Actes 5 : 31). Jacob éleva une stèle pour marquer l’emplacement du tombeau de Rachel, près de Bethléhem. Jérémie prophétisa environ 600 ans avant la naissance de Christ. La prophétie a un rapport avec la captivité de Jérusalem. Certains des captifs furent déportés à Rama, dans le territoire de Benjamin, près de Jérusalem. C’est ce qui rappela au prophète le chagrin de Jacob lorsque Rachel mourut. Mais maintenant, c’est Rachel qui pleure ; elle représente toutes les mères d’Israël versant des larmes en voyant leurs fils partir en captivité. C’est comme si Rachel disait : « J’ai donné ma vie pour mettre un fils au monde ; et maintenant, ses descendants ne sont plus ! » Pour Jacob, Bethléhem était un lieu de mort, mais la naissance de Jésus en fit un lieu de vie ! Grâce à sa venue, Israël connaîtra une délivrance spirituelle et, à l’avenir, l’établissement du trône et du royaume de David. Israël, « le fils de ma douleur » deviendra un jour « le fils de ma droite ». Jérémie laissa à la nation la promesse qu’elle serait un jour rétablie dans son pays (Jér. 31 : 16-17) ; cette promesse s’est réalisée. Mais il lui avait également laissé une promesse plus importante, à savoir que le peuple serait de nouveau réuni et le royaume restauré (Jér. 31 : 27ss). Cette promesse aussi s’accomplira. 25


Soyez dévoués • Volume 1 Très peu de gens considèrent aujourd’hui Bethléhem comme un lieu de sépulture ; pour eux, cette ville est le lieu de naissance de Jésus-Christ. Parce qu’il est mort pour nous et qu’il est ressuscité, nous avons un bel avenir devant nous. Nous vivrons éternellement avec lui dans cette ville glorieuse où il n’y a plus de mort et où les larmes ne couleront plus jamais.

L’humilité du Roi (2 : 19-23) Hérode est mort en 4 av. J.-C. Jésus est donc né entre 6 et 5 avant notre ère. Il est impossible de ne pas remarquer le parallèle entre Matthieu 2 : 20 et Exode 4 : 19, la vocation de Moïse. Fils de Dieu, Jésus se trouvait en Égypte et fut appelé à retourner en Israël. Moïse était à l’extérieur de l’Égypte, et Dieu l’appela à retourner dans ce pays. Mais dans les deux cas, l’appel était lié au plan rédempteur de Dieu. Il avait fallu du courage à Joseph et à sa famille pour quitter l’Égypte, et il en avait fallu à Moïse pour retourner en Égypte. Archélaüs était l’un des fils d’Hérode, qui lui avait légué le titre de roi. Mais les Juifs constatèrent qu’Archélaüs était, malgré ses belles promesses, aussi mauvais que son père. Ils envoyèrent donc une délégation à Rome pour protester contre son couronnement. César Auguste approuva la démarche des Juifs et conféra à Archélaüs le titre d’ethnarque sur la moitié du royaume de son père seulement. (Jésus avait peut-être cette tranche d’histoire juive à l’esprit quand il raconta la parabole des talents dans Luc 19 : 11-27.) Tout cet épisode constitue un bel exemple de la manière dont Dieu conduit ses enfants. Joseph savait que lui et les siens ne seraient pas davantage en sécurité sous le règne d’Archélaüs qu’ils ne l’étaient sous celui d’Hérode le Grand. Ils se dirigeaient probablement vers Bethléhem quand ils apprirent qu’Archélaüs était sur le trône. On peut imaginer que Joseph et Marie prièrent, attendirent et recherchèrent la volonté de Dieu. Le bon 26


Matthieu 1 et 2 sens leur dictait la prudence, et la foi leur disait d’attendre. Le moment venu, Dieu parla à Joseph dans un songe. Joseph prit alors sa femme et Jésus et ils s’installèrent à Nazareth, la ville où ils habitaient autrefois (Matt. 2 : 19-20). Cette décision aussi était l’accomplissement d’une prophétie ! Matthieu souligne ainsi que chaque détail de la vie de Jésus était annoncé dans les Écritures. Il importe de noter que Matthieu ne se réfère pas à un seul prophète en 2 : 23, car il déclare : « afin que s’accomplisse ce qui avait été annoncé par les prophètes » (au pluriel). Nous ne connaissons aucune prophétie précise qui qualifie Jésus de « Nazaréen ». C’était sans doute un terme de dérision : « Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? » (Jean 1 : 46). Plusieurs prophéties de l’Ancien Testament présentent la vie humble et le rejet du Messie ; c’est peut-être ce à quoi pensait Matthieu. (Ps. 22 ; Ésaïe 53 : 2-3, 8). Le terme « Nazaréen » fut appliqué à Jésus et à ses disciples (Matt. 21 : 11 ; Marc 14 : 67 ; Jean 18 : 5, 7). Il se peut toutefois aussi que Matthieu, conduit par l’Esprit, ait décelé un lien spirituel entre le nom « Nazaréen » et le mot hébreu netzer, qui signifie « rameau » ou « rejeton ». Plusieurs prophètes appliquent ce terme à Jésus (Ésaïe 4 : 2 ; 11 : 1 ; Jér. 23 : 5 ; 33 : 15 ; Zach. 3 : 8 ; 6 : 12-13). Le Seigneur grandit à Nazareth et fut identifié à cette ville. Ses adversaires pensaient même qu’il y était né, car ils prétendaient qu’il venait de la Galilée (Jean 7 : 50-52). S’ils avaient fait des recherches dans les archives du temple, ils auraient découvert qu’il était né à Bethléhem. Qui a jamais entendu parler d’un roi né dans un obscur village et élevé dans une ville méprisée ? L’humilité du Roi mérite certainement d’être admirée et imitée (Phil. 2 : 1-13). 27


3 Matthieu 3 et 4

L’accréditation du Roi Une trentaine d’années se sont écoulées entre les chapitres 2 et 3 de l’Évangile selon Matthieu. Jésus les a passées à Nazareth et a travaillé comme charpentier (Matt. 13 : 55 ; Marc 6 : 3). Mais le moment arriva où il débuta son ministère public qui allait culminer à la croix. Était-il toujours qualifié pour être Roi ? S’était-il produit quelque chose qui l’aurait disqualifié ? Dans les chapitres 2 et 3, Matthieu rassemble les témoignages rendus par cinq personnes qui confirment que Jésus est bien le Fils de Dieu et le Roi.

Jean-Baptiste (3 : 1-15) Pendant plus de quatre siècles, la nation n’avait plus entendu de voix prophétique. C’est alors que parut Jean et qu’un grand réveil spirituel se produisit. Examinons quatre faits à propos de Jean. Son message (3 : 1-2, 7-10). La prédication de Jean se centrait sur la repentance et le royaume des cieux. Le verbe « se repentir » signifie « changer de façon de voir et agir en conséquence ». Jean ne se satisfaisait pas de simples regrets ou de remords ; il voulait voir « du fruit digne de la repentance » (v. 8). Il lui fallait des preuves du changement de pensée et de vie. Toutes sortes de gens venaient écouter Jean prêcher et assister aux grandes réunions de baptême qu’il orga29


Soyez dévoués • Volume 1 nisait. Beaucoup de péagers et de pécheurs venaient dans une humilité sincère (Matt. 21 : 31-32), mais les chefs religieux refusaient de se soumettre. Ils s’estimaient assez bons pour plaire à Dieu, mais Jean les qualifiait de « races de vipères ». Jésus se servit de la même expression pour désigner la foule des propres justes (Matt. 12 : 34 ; 23 : 33 ; Jean 8 : 44). Les pharisiens étaient les traditionalistes de l’époque, alors que les sadducéens étaient plus libéraux (voir Actes 23 : 6-9). Riches, les sadducéens avaient la mainmise sur le « commerce du temple » auquel Jésus s’opposa fermement. Ces deux groupes se disputaient le contrôle de la nation, mais quand il s’agit de contrer Jésus, les pharisiens et les sadducéens unirent leurs forces. Jean proclamait un message de jugement. Israël avait péché et devait se repentir ; dans cette démarche, les chefs religieux auraient dû montrer la voie. La cognée était déjà mise à la racine de l’arbre ; si celuici (Israël) ne portait pas de bon fruit, il serait coupé (Luc 13 : 6-10). Si la nation se repentait, la voie serait libre pour la venue du Messie. Son autorité (3 : 3-4). Jean accomplit la prophétie faite en Ésaïe 40 : 3. Dans un sens spirituel, il était « l’Élie qui devait venir », car il vint avec « l’esprit et la puissance d’Élie » (Luc 1 : 16-17). Il était vêtu comme Élie et annonçait le même message de jugement (2 Rois 1 : 8). Jean était le dernier des prophètes de l’Ancien Testament (Luc 16 : 16) et le plus grand d’entre eux (Matt. 11 : 7-15 ; voir 17 : 9-13). Son baptême (3 : 5-6, 11-12). Les Juifs baptisaient les païens qui se convertissaient au judaïsme, mais Jean baptisait des Juifs ! Son baptême avait l’aval du ciel (Matt. 21 : 23-27) ; ce n’était pas un rite qu’il inventa ou emprunta. C’était un baptême de repentance, dans l’attente du Messie annoncé (Actes 19 : 1-7). Son baptême visait deux buts : préparer la nation pour Christ, et présenter Christ à la nation (Jean 1 : 31). 30


Matthieu 3 et 4 Mais Jean mentionna deux autres baptêmes : un baptême d’Esprit Saint et un baptême de feu (Matt. 3 : 11). Le baptême d’Esprit eut lieu à Pentecôte (Actes 1 : 5 ; notez que Jésus ne dit rien d’un baptême de feu). Aujourd’hui, chaque fois qu’un pécheur place sa foi en Christ, il naît de nouveau et est immédiatement baptisé par l’Esprit dans le corps de Christ, l’Église (1 Cor. 12 : 12-13). Le baptême de feu, lui, désigne le jugement à venir, comme l’explique Matthieu (3 : 12). Son obéissance (3 : 13-15). Si Jésus fut baptisé, ce ne fut certainement pas parce qu’il était un pécheur repentant ! Même Jean tenta d’empêcher Jésus de se faire baptiser, mais le Seigneur savait que c’était la volonté de son Père. Pourquoi Jésus se fit-il baptiser ? D’abord, parce qu’en se soumettant au baptême de Jean, il approuvait le ministère de celui-ci. Ensuite, il s’identifia aux péagers et aux pécheurs, ceux-là qu’il était justement venu sauver. Mais son baptême préfigure surtout son futur baptême sur la croix (Matt. 20 : 22 ; Luc 12 : 50), lorsque toutes « les vagues » et tous « les flots » du jugement de Dieu déferlèrent sur lui (Ps. 42 : 8 ; Jonas 2 : 4). Jean-Baptiste rendit donc témoignage à Jésus-Christ comme Fils de Dieu et aussi comme Agneau de Dieu (Jean 1 : 29). Grâce au témoignage de Jean, beaucoup de pécheurs firent confiance à Jésus-Christ.

Le Saint-Esprit (3 : 16) La venue du Saint-Esprit sous la forme d’une colombe permit à Jean-Baptiste de reconnaître Jésus (Jean 1 : 31-34) et donna à Jésus l’assurance, au début de son ministère, qu’il pourrait toujours compter sur l’assistance du Saint-Esprit (Jean 3 : 34). La colombe est un remarquable symbole de l’Esprit de Dieu dans sa pureté et son ministère de paix. La première fois qu’une colombe est mentionnée dans l’Écriture, c’est dans Genèse 8 : 6-11. Noé avait lâché deux oiseaux, un 31


Soyez dévoués • Volume 1 corbeau et une colombe ; seule la colombe était revenue. Le corbeau représente la chair. Le corbeau avait largement de quoi se nourrir à l’extérieur de l’arche ! Mais la colombe ne se souillait pas en se nourrissant de cadavres ; c’est pourquoi elle était revenue dans l’arche. Lors de son deuxième lâcher, la colombe était revenue avec un rameau d’olivier, un symbole de paix. La troisième fois, elle n’était pas réapparue. On peut encore voir une autre illustration ici. Le nom « Jonas » signifie « colombe » ; lui aussi avait connu un baptême ! D’ailleurs, Jésus considéra Jonas comme un type de lui-même dans sa mort, son ensevelissement et sa résurrection (Matt. 12 : 38-40). Jonas avait été envoyé vers les païens ; Jésus aussi allait exercer son ministère auprès d’eux.

Le Père (3 : 17) À trois occasions, le Père a fait entendre sa voix du ciel : lors du baptême de Christ, lors de sa transfiguration (Matt. 17 : 3) et peu avant que Christ soit crucifié (Jean 12 : 27-30). Autrefois, Dieu a parlé à son Fils ; aujourd’hui, il parle par lui (Héb. 1 : 1-2). La déclaration du Père semble être un écho au verset 7 du psaume 2 : « Il m’a dit : Tu es mon fils ! C’est moi qui t’ai engendré aujourd’hui ». Actes 13 : 22 rattache cet engendrement à sa résurrection d’entre les morts, et non à sa naissance à Bethléhem. Cette déclaration cadre parfaitement avec l’expérience baptismale du Seigneur, symbole à la fois de mort, d’ensevelissement et de résurrection. Mais les paroles du Père rappellent aussi que Jésus-Christ est le « serviteur souffrant » prophétisé dans Ésaïe 40 à 53. Dans Matthieu 12 : 18, l’auteur cite Ésaïe 42 : 1-3 où le Messie-Serviteur est appelé « mon élu en qui mon âme se complaît ». Le serviteur que décrit Ésaïe est humble, rejeté, destiné à souffrir et à mourir ; il est aussi entrevu comme revenant vic32


Matthieu 3 et 4 torieux. Si certains chants du Serviteur peuvent à la rigueur s’appliquer à la nation d’Israël, ils révèlent surtout clairement le Messie, Jésus-Christ. Et nous voilà de nouveau en présence de Christ dans sa mort, son ensevelissement et sa résurrection. Finalement, la déclaration du Père constitue une approbation de tout ce que Jésus a accompli jusqu’alors. Il a fait le plaisir de son Père pendant ses « années cachées » à Nazareth. Cet éloge du Père a certainement été un grand encouragement pour le Fils au moment où il allait débuter son ministère public.

Satan (4 : 1-11) Du Jourdain où il avait connu une expérience bénie, exaltante et sainte, Jésus fut conduit dans le désert pour y être tenté. La mise à l’épreuve n’avait pas pour but de révéler au Père quelque nouvel aspect de son Fils, car il lui avait déjà accordé une approbation pleine et entière. Jésus fut tenté pour que toutes les créatures dans le ciel, sur la terre et sous la terre sachent qu’il est le Vainqueur. Il a mis en lumière Satan et ses manœuvres, et il l’a vaincu. Grâce à sa victoire, nous pouvons, nous aussi, triompher du tentateur. De même que le premier Adam rencontra Satan, le dernier Adam fit face à l’ennemi (1 Cor. 15 : 45). Adam avait rencontré Satan dans un jardin merveilleux, mais Jésus le rencontra dans un désert affreux. Adam avait tout ce dont il avait besoin, mais Jésus eut faim après 40 jours de jeûne. Adam perdit la bataille et plongea l’humanité dans le péché et la mort. Jésus, lui, remporta la victoire et allait encore en remporter d’autres, dont la plus éclatante fut celle conquise sur le diable à la croix (Jean 12 : 31 ; Col. 2 : 15). L’expérience de la tentation prépara le Seigneur à devenir notre souverain sacrificateur compatissant (Héb. 2 : 16-18 ; 4 : 15-16). Il importe de savoir que Jésus fit face à l’ennemi en tant qu’homme et non en tant que 33


Soyez dévoués • Volume 1 Fils de Dieu. Ses premiers mots furent : « L’homme ne vivra pas de pain seulement… ». N’imaginons pas que Jésus se servit de son pouvoir divin pour vaincre l’ennemi, parce que c’est justement ce que le diable voulait ! Jésus a puisé dans les ressources spirituelles qui nous sont accessibles aujourd’hui encore : la puissance du Saint-Esprit de Dieu (Matt. 4 : 1) et celle de la Parole de Dieu (« Il est écrit… »). Jésus n’offrait aucune prise à Satan (Jean 14 : 30), mais les tentations auxquelles il fut soumis n’en étaient pas moins réelles. Elles mettent en jeu la volonté, et Jésus était venu faire celle de son Père (Héb. 10 : 1-9). Première tentation (4 : 1-4). Elle concerne l’amour et la volonté de Dieu : « Si tu es le Fils bien-aimé de Dieu, pourquoi ton Père ne te nourrit-il pas ? Pourquoi t’a-t-il envoyé dans ce désert inhospitalier ? » Cette tentation n’est pas sans rappeler les paroles de Satan à Ève dans Genèse 3. L’ennemi suggère insidieusement que le Père ne nous aime pas. Il fait aussi une autre suggestion : « Sers-toi de ton pouvoir divin pour répondre à tes besoins ». Quand nous faisons passer nos besoins physiques avant nos besoins spirituels, nous péchons. Quand nous permettons aux circonstances de dicter nos actions au lieu de nous soumettre à la volonté de Dieu, nous péchons. Jésus aurait pu changer les pierres en pain, mais il aurait alors utilisé son pouvoir indépendamment du Père ; or, il était venu pour obéir au Père (Jean 5 : 30 ; 6 : 38). Pour contrer Satan, le Seigneur s’appuya sur Deutéronome 8 : 3. Se nourrir de la Parole de Dieu et lui obéir importe plus que consommer un aliment matériel. L’obéissance à la volonté du Père est en fait notre nourriture (Jean 4 : 32-34). Deuxième tentation (4 : 5-7). Elle est encore plus subtile. Cette fois, Satan utilise la Parole de Dieu : « Tu as donc l’intention de vivre selon les Écritures. Permets-moi alors de te citer un passage, et je verrai si tu es prêt à lui obéir ! » Satan entraîna Jésus sur le pina34


Matthieu 3 et 4 cle du temple, qui s’élevait à environ 150 m au-dessus de la vallée du Cédron. Là, il lui cita Ps. 91 : 11-12, où Dieu promet de prendre soin des siens : « Si tu crois vraiment ce que dit l’Écriture, alors saute ! On va bien voir si le Père vole à ton secours ! » Prêtons attention à la réponse du Seigneur : « D’AUTRE PART, il est écrit… » (Matt. 4 : 7, majuscules ajoutées). Ne séparons jamais une partie de l’Écriture d’une autre, mais comparons « ce qui est spirituel à ce qui est spirituel » (1 Cor. 2 : 13, note). On peut pratiquement prouver tout et n’importe quoi si on isole les textes de leur contexte pour en faire des prétextes ! Satan avait délibérément omis les mots : « dans toutes tes voies » dans sa citation du psaume 91. Lorsque l’enfant de Dieu est dans la volonté de Dieu, le Père le protège. Il veille sur ceux qui marchent dans ses voies. Jésus répondit par Deutéronome 6 : 16 : « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu ». Nous tentons Dieu chaque fois que nous nous mettons dans une situation qui l’oblige à opérer un miracle en notre faveur. Le diabétique qui refuse de prendre de l’insuline et dit : « Jésus prendra bien soin de moi », tente peut-être le Seigneur. Nous tentons Dieu quand nous voulons l’obliger à contredire sa propre Parole. Il importe qu’en tant que croyants, nous lisions toute l’Écriture, que nous étudiions tout ce que Dieu a à nous dire, car tout est utile pour la vie de tous les jours (2 Tim. 3 : 16-17). Troisième tentation (4 : 8-11). Satan propose à Jésus un raccourci pour inaugurer son règne. Jésus savait qu’il devait souffrir et mourir avant d’entrer dans la gloire (Luc 24 : 26 ; 1 Pi. 1 : 11 ; 5 : 1). En se prosternant devant Satan et en l’adorant juste une fois (car tel est le sens du verbe grec), Jésus pouvait jouir de toute la gloire sans endurer les souffrances. Satan a toujours désiré être adoré, car il a toujours envié la place de Dieu (Ésaïe 14 : 12-14). L’adoration de la créature au lieu du Créateur est le leurre qui gouverne notre monde (Rom. 1 : 24-25). 35


Soyez dévoués • Volume 1 La volonté de Dieu n’admet aucun raccourci. Si nous voulons connaître la gloire, nous devons aussi accepter la souffrance (1 Pi. 5 : 10). Prince de ce monde, Satan pouvait offrir ces royaumes à Christ (Jean 12 : 31 ; 14 : 30). Mais Jésus n’avait pas besoin de l’offre de Satan, car le Père lui avait déjà promis le Royaume ! « Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage » (Ps. 2 : 8). On retrouve la même promesse dans Ps. 22 : 23-32, le psaume de la croix. Le Seigneur répliqua par Deutéronome 6 : 13 : « Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et à lui seul, tu rendras un culte ». Satan n’avait pas parlé de service, mais Jésus savait qu’on finit toujours par servir ce qu’on adore. Adoration et service doivent aller de pair. Satan s’éclipsa comme un ennemi vaincu, mais il ne cessa pas pour autant de tenter Jésus. On pourrait traduire Luc 4 : 13 ainsi : « Quand le diable eut fini de tenter Jésus de toutes les manières possibles, il s’éloigna de lui jusqu’à une occasion favorable ». Par l’entremise de Pierre, Satan tenta une fois encore de détourner Jésus du chemin de la croix (Matt. 16 : 21-23) ; et par la foule que Jésus venait de nourrir miraculeusement, l’ennemi chercha à lui donner un royaume facile (Jean 6 : 15). Une victoire ne met jamais à l’abri d’autres tentations. Après chacune de nos victoires, Satan redouble d’efforts. Notons que Luc inverse l’ordre des deuxième et troisième tentations rapportées dans Matthieu. Le mot « alors » (Matt. 4 : 5 – Semeur) semble indiquer la séquence chronologique. Luc n’utilise que la conjonction de coordination « et », et ne dit pas respecter un ordre chronologique. L’ordre « Retire-toi Satan », à la fin de la troisième tentation, prouve que Matthieu a respecté l’ordre historique. Il n’y a aucune contradiction entre les deux récits puisque Luc ne prétend pas respecter l’ordre des événements. Après avoir vaincu Satan, Jésus fut prêt à entamer son ministère public. Aucun homme ne peut exiger 36


Matthieu 3 et 4 l’obéissance des autres, s’il n’a pas obéi lui-même. Le Seigneur a prouvé qu’il était bien le Roi parfait dont la souveraineté mérite notre respect et notre obéissance. Mais fidèle à son projet, Matthieu appelle encore un témoin à la barre pour prouver la royauté de JésusChrist.

Le puissant ministère de Christ (4 : 12-15) Matthieu a déjà montré que chaque détail de la vie du Seigneur était soumis à la Parole de Dieu. Sachons que le ministère tel que Jean nous le rapporte dans son Évangile, de 1 : 19 à 3 : 36 se situe entre la fin de la tentation et l’affirmation de Matthieu 4 : 12. N’imaginons pas que Jean-Baptiste fut emprisonné immédiatement après la tentation du Seigneur. Matthieu a écrit son livre par thèmes et non de façon chronologique. Pour étudier la séquence des événements de la vie de Jésus, il faut se reporter à une bonne harmonie des Évangiles. Au verset 16, Matthieu cite Ésaïe (voir Ésaïe 8 : 239 : 1). Le prophète parle d’un peuple qui « marche » dans les ténèbres, mais au moment où Matthieu cite ce passage, la situation est devenue tellement décourageante pour le peuple qu’il est assis dans les ténèbres ! Jésus lui a apporté la lumière. Il a établi son quartier général à Capernaüm, dans « la Galilée des païens » ; c’est un autre indice de la propagation universelle du message de l’Évangile. La population de la Galilée était mélangée et quelque peu méprisée par les citoyens « purs » de la Judée. Comment Jésus a-t-il apporté la lumière à la Galilée ? Le verset 23 l’explique : par son enseignement, sa prédication et ses guérisons. On retrouve souvent cette même insistance dans l’Évangile selon Matthieu (voir 9 : 35 ; 11 : 4-5 ; 12 : 15 ; 14 : 34-36 ; 15 : 30 ; 19 : 2). L’auteur affirme catégoriquement que 37


Soyez dévoués • Volume 1 Jésus « guérissait toute maladie et toute infirmité » (Matt. 4 : 23). Aucun cas n’était trop difficile pour lui ! À la suite de ces grands miracles, la renommée de Jésus s’étendit et des foules venant de partout le suivaient. La « Syrie » désigne une région au nord de la Galilée. Le mot « Décapole » signifie « dix villes » ; c’était un district formé de dix villes construites à l’origine par les successeurs d’Alexandre le Grand. La Décapole se situait au nord-est de la Galilée. L’expression « au-delà du Jourdain » s’applique à la Pérée, un district à l’est du fleuve. Les nouvelles circulaient vite, et ceux qui avaient des amis ou des parents malades les amenaient à Jésus pour qu’il les guérisse. Matthieu énumère certaines de ces maladies. Les mots « maladies et douleurs diverses » englobent pratiquement tout. Le Seigneur délivra aussi bon nombre de gens des démons. Le terme « lunatiques » ne fait pas référence à des malades mentaux. Il correspond plutôt à l’épilepsie (voir Matt. 17 : 15). Les guérisons miraculeuses n’étaient qu’un aspect du ministère de Christ en Galilée, car il prêchait aussi et enseignait la Parole. La « lumière » annoncée par Ésaïe était à la fois celle de la Parole de Dieu et celle de sa vie parfaite et de son ministère compatissant. Dans les versets 17 et 23, le verbe « prêcher » signifie « proclamer à la manière d’un héraut ». Jésus annonçait avec autorité la bonne nouvelle de la proximité du royaume des cieux. L’expression royaume des cieux figure 32 fois dans l’Évangile selon Matthieu, alors que les mots « royaume de Dieu » ne reviennent que 5 fois (Matt. 6 : 33 ; 12 : 28 ; 19 : 24 ; 21 : 31, 43). Par respect pour le saint nom du Seigneur, les Juifs évitaient de prononcer le nom « Dieu » et lui substituaient le mot « cieux ». Le fils prodigue confessa avoir péché contre « le ciel » pour dire qu’il avait évidemment péché contre Dieu. En de nombreux endroits où Matthieu parle du royaume des 38


Matthieu 3 et 4 cieux, Marc et Luc parlent du royaume de Dieu dans les passages parallèles. Le Nouveau Testament confère au mot « royaume » le sens de « gouvernement, règne, autorité » et l’associe rarement à un lieu ou un domaine particulier. L’expression « royaume des cieux » désigne le règne de Dieu. Les chefs juifs attendaient un leader politique qui les délivrerait du joug romain, mais Jésus vint établir un règne spirituel dans le cœur des hommes. Cela n’ôte rien au fait qu’il y aura bel et bien un royaume futur, comme nous l’avons déjà signalé. Jésus ne se contenta pas seulement de proclamer la Bonne Nouvelle et d’enseigner la vérité de Dieu au peuple, il appela aussi auprès de lui quelques disciples qu’il forma pour accomplir l’œuvre du royaume. Matthieu 4 : 17-22 raconte l’appel adressé à Pierre, André, Jacques et Jean, des hommes qui avaient déjà rencontré Jésus et avaient cru en lui (Jean 1 : 29-42). Ils étaient retournés à leur activité de pêcheurs. Jésus était revenu vers eux et les avait appelés à tout quitter pour le suivre. On trouve les détails de cet appel dans Marc 1 : 16-20 et Luc 5 : 1-11. L’expression « pêcheurs d’hommes » n’était pas nouvelle. Pendant des siècles, des philosophes grecs et romains l’avaient utilisée pour décrire l’activité de celui qui s’efforce de « prendre » d’autres gens par l’enseignement et la persuasion. Elle n’est qu’une des nombreuses illustrations de l’évangélisation qu’utilise la Bible ; ne nous limitons pas seulement à celle-ci. Jésus a également parlé du berger qui cherche la brebis perdue (Luc 15 : 1-7) et des ouvriers envoyés dans la moisson (Jean 4 : 34-38). Comme ces quatre hommes travaillaient dans une petite entreprise de pêche, il était normal que Jésus leur applique cette expression. Au sein de cette équipe de disciples, quatre, et peutêtre sept hommes étaient des pêcheurs (voir Jean 21 : 13). Pourquoi Jésus s’entoura-t-il d’autant de pêcheurs ? Parce que les pêcheurs étaient des hommes travailleurs ; 39


Soyez dévoués • Volume 1 on les voyait rarement assis à ne rien faire. Ils triaient les poissons pris, se préparaient à lancer leurs filets et réparaient leur équipement. Le Seigneur a besoin de gens actifs qui n’ont pas peur du travail. Les pêcheurs étaient aussi des gens courageux et patients. Et il en faut de la patience et du courage pour gagner quelqu’un à Christ ! Les pêcheurs doivent encore être habiles ; ils doivent apprendre des pêcheurs plus expérimentés où se trouve le poisson et comment l’attraper. Il faut également de l’adresse et du tact pour gagner une âme. Les pêcheurs travaillaient en équipe, et l’œuvre du Seigneur fait appel à la coopération. Mais par-dessus tout, les pêcheurs ont besoin de foi : ils ne voient pas les poissons et ne sont pas sûrs de les prendre dans leurs filets. Pour gagner des âmes, il faut aussi de la foi et de la vigilance, sinon, c’est l’échec assuré. Matthieu nous a ainsi présenté la personne du Roi. Chacun des témoins appelés à la barre a déclaré : « C’est le Fils de Dieu, c’est le Roi ! »

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« Tout cela arrivera pour réaliser la prédiction faite par le prophète : Dites à Jérusalem, à la fille de Sion : Regarde, ton Roi vient à toi ; il est humble, plein de douceur » (Matthieu 21 : 4-5 – Parole vivante).

« Nous devenons enfants de Dieu par la foi en Christ ; nous sommes disciples si nous le suivons fidèlement et marchons avec lui » – W. Wiersbe. En tant qu’ambassadeurs du Roi, soyez dévoués à votre Seigneur ! À la lumière de cet Évangile, apprenez à mieux l’aimer et à le servir loyalement, même dans les épreuves !

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En supplément : des questions à la fin du livre permettent d’approfondir votre réflexion.

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L’Évangile selon Matthieu présente Jésus-Christ comme le Roi qui accomplit les prophéties de l’Ancien Testament. Ce commentaire en aborde les 14 premiers chapitres : la naissance du Messie, sa personne, son pouvoir, ses instructions et la rébellion dont il est l’objet. L’auteur développe pour nous les principes du royaume révélés dans le sermon sur la montagne et les paraboles.

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Matthieu 1 à 14 • Soyez dévoués • Vol.1

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Warren W. Wiersbe

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COLLECTION « SOYEZ » : COMMENTAIRES BIBLIQUES À LA PORTÉE DE TOUS POUR COMPRENDRE ET METTRE EN PRATIQUE LA PAROLE DE DIEU. À UTILISER SEUL OU EN GROUPE.

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Warren W. Wiersbe • Pasteur, professeur et conférencier de renommée internationale. Auteur de nombreux livres dont Quand la vie chancelle et les commentaires du Nouveau Testament de la collection « Soyez ».

Texte de Parole vivante inclus

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