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EDWARDS Jonathan • Les cieux sont un monde d'amour

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Les cieux

sont un monde d’amour

Préface de Sam Storms

Les cieux sont un monde d’amour

JONATHAN EDWARDS

Les cieux

sont un monde d’amour

Les éditeurs remercient chaleureusement tous les relecteurs et relectrices pour leur précieuse collaboration à cet ouvrage :

Nelly, Odile, Myriam, Terry, Claudine, Viviane.

Édition originale publiée en langue anglaise sous le titre :

Heaven is a world of love • Jonathan Edwards © 2020 • Crossway

1300 Crescent Street, Wheaton, Illinois 60187, États-Unis d’Amérique

Traduit et publié avec permission. Tous droits réservés.

Édition en langue française :

Les cieux sont un monde d’amour • Jonathan Edwards

© 2026 • BLF Éditions • www.blfeditions.com

Rue de Maubeuge •  59164 • Marpent, France

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés.

Traduction : Claire Romerowski

Couverture, illustration et mise en page : NouvelleCreation

Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de de La Nouvelle version Segond révisée dite à la Colombe. Texte copyright © 1978 Société biblique française. Avec permission. Les caractères italiques sont ajoutés par l’auteur de cet ouvrage. Les autres versions employées sont indiquées en lettres abrégées et concernent La Bible Ostervald (OST). Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.

ISBN 978-2-38657-140-4 broché

ISBN 978-2-38657-141-1 numérique

Imprimé en France par Sepec

Dépôt légal 2e trimestre 2026

La collection remet à l’honneur d’anciens textes – depuis les Pères de l’Église jusqu’au xixe siècle –qui, avec le temps, ont souvent été relégués dans des ouvrages spécialisés.

Tolkien, lui-même grand amateur de littérature classique, rappelle que nous construisons le présent et l’avenir en prenant appui sur les pierres que les bâtisseurs du passé ont pris le soin d’ériger. Ceux qui ont lu les récits de l’écrivain savent bien ce qui arrive quand « certaines choses qui n’auraient pas dû être oubliées [sont] perdues ».

Les éditeurs de la présente collection ont l’ambition de faire redécouvrir aux lecteurs modernes les classiques de la littérature chrétienne : sermons, discours, lettres ou écrits.

Ils espèrent que ces lectures édifieront leur foi, fortifieront leur amour pour l’Église locale et leur émerveillement pour la personne et l’œuvre de Dieu au travers des âges.

Préface

Efforcez-vous de voir comme ce monde est vain […] Efforcez-vous de bien connaître les cieux.

Jonathan edwards

À ma connaissance, personne n’a été aussi prolifique que Jonathan Edwards. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil à son œuvre, rassemblée par Yale University Press en vingt-six volumes conséquents. Et c’est sans compter les nombreux sermons qui n’ont jamais été publiés et qui, nous l’espérons, seront un jour accessibles au grand public.

J’en fait mention ici pour réfuter un cliché répandu : certains chrétiens sont si obnubilés par les cieux qu’ils ne portent aucun fruit sur la terre. L’œuvre d’Edwards découle sans doute de son grand intérêt – de son obsession, si j’ose dire – pour la gloire céleste dont il n’avait pas encore fait l’expérience. Il était consumé par la vision de cette félicité

éternelle qui attend le peuple de Dieu. Nombreux sont ceux qui ont écrit au sujet de l’éternité, mais selon moi, personne ne l’a fait avec autant de clarté et de conviction qu’Edwards. Je suis persuadé que cet ouvrage apportera la preuve de ce que j’affirme.

Pourtant, pour beaucoup, garder les yeux fixés sur le « pas encore » ne fait que diminuer notre énergie et notre consécration aux besoins nombreux et variés de la vie sur terre. La vie et le ministère d’Edwards témoignent du contraire. Comme moi, il était convaincu que la satisfaction de notre âme et le bonheur de notre cœur dépendent avant tout de notre capacité à porter notre regard sur ce qui est invisible. C’est en méditant la promesse d’une félicité éternelle que nous trouvons la force d’endurer les épreuves. Ceux qui ont étudié Paul se sont bien souvent émerveillés de l’incroyable résilience de l’apôtre dans les pires circonstances : la persécution, la calomnie, l’emprisonnement ou les maltraitances répétées. Paul nous en révèle la clé : « Nous ne perdons pas courage », écrit-il aux Corinthiens, qu’importe ce que nous devons souffrir. En effet, même si « notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour ». Comment ? Cela est possible seulement si « nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont momentanées, et les invisibles sont éternelles » (2 Corinthiens 4.16-18).

— Les cieux sont un monde d’amour

Paul s’empresse de nous rappeler que « notre cité est dans les cieux ; de là nous attendons comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ, qui transformera notre corps humilié, en le rendant semblable à son corps glorieux par le pouvoir efficace qu’il a de s’assujettir toutes choses » (Philippiens 3.20-21). Il n’est donc pas étonnant qu’il nous exhorte à « pense[r] à ce qui est en haut, et non à ce qui est sur la terre » (Colossiens 3.2). C’est la perspective de « paraître […] aussi avec lui dans la gloire » (v. 4) qui renforce la détermination de l’apôtre (et la nôtre) à rester vigilant et à racheter toute occasion en vue de la récompense qu’elle nous apportera dans le monde à venir. Nous devons nous efforcer de faire grandir dans nos cœurs le désir de la beauté et de la plénitude de la vie éternelle dans la présence de notre Sauveur. Nous ne pouvons pas faire autrement.

La plus grande joie qui nous attend est celle dont parle Apocalypse 22.4 : nous « verron[s] sa face ». C’est la perspective de cette vision béatifique, comme l’appellent les théologiens, qui nous fournit l’énergie spirituelle nécessaire à notre engagement dans cette vie et à notre résilience dans l’épreuve et dans les privations.

Pierre s’accordait avec Paul sur ce point. En effet, il nous rappelle que l’objectif ultime de notre nouvelle naissance, c’est que nous puissions saisir

« par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts […] une espérance vivante […] un héritage qui ne peut ni se corrompre, ni se souiller, ni se flétrir et qui [n]ous est réservé dans les cieux » (1 Pierre 1.3-4). Et il va plus loin encore en exhortant ses lecteurs à avoir « une parfaite espérance en la grâce qui [leur] sera apportée, lors de la révélation de Jésus-Christ » (v. 13).

Nous pouvons également penser à Abraham et aux autres patriarches, dont l’attente d’une « cité qui a de solides fondations » (Hébreux 11.10) les a soutenus au cours de leur séjour sur cette terre. Leur détermination sans faille dans les épreuves répétées trouvait sa source dans leur désir d’« une patrie meilleure, c’est-à-dire céleste » (v. 16).

Pourquoi cela ? Qu’est-ce qui, dans la promesse d’une vie éternelle dans de nouveaux cieux et sur une nouvelle terre, motive notre persévérance dans la vie chrétienne ? Pour paraphraser Edwards, je dirais que ce que nous voyons, ressentons et apprécions dans notre vie ici-bas n’est qu’un pâle reflet de l’essence même de Dieu, aussi satisfaisante et joyeuse soit notre existence. Edwards disait que les joies terrestres sont des fragments de lumière, alors que Dieu, lui, est le soleil. Vouloir étancher sa soif sur la terre, c’est au mieux boire quelques gorgées à une fontaine qui ne coule que par intermittence ; mais Dieu, lui, est l’océan !

— Les cieux sont un monde d’amour

La plupart de ceux qui endurent des souffrances inimaginables parviennent à rester fidèles parce que Dieu leur en donne la force en leur permettant de se rappeler qu’« il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir qui sera révélée pour nous » (Romains 8.18).

L’auteur anonyme de la lettre aux Hébreux nous rappelle que c’est l’attente d’une cité à venir, la nouvelle Jérusalem céleste (Hébreux 13.13-14), qui nous donne la capacité émotionnelle et spirituelle de supporter l’opprobre du Christ.

C’est en regardant à ce que vivent les saints dans les cieux qu’Edwards a vu se renforcer sa conviction que la véritable religion consiste avant tout en de saintes affections. Selon lui, pour découvrir la vraie nature d’une chose, il faut examiner attentivement le lieu où elle s’exprime dans sa forme la plus élevée et la plus pure. Pour découvrir la véritable religion, nous devons donc étudier la façon dont elle s’exprime dans les cieux :

Ce que les Écritures nous apprennent au sujet des cieux, c’est que l’amour et le bonheur dont jouissent les saints là-haut sont prodigieusement grands et intenses. Cet amour et ce bonheur impriment dans le cœur la plus forte et la plus vive sensation d’indicible douceur, l’animant, l’émouvant, le stimulant et le rendant pareil à une flamme. C’est pourquoi,

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Mais la plus grande idée qu’ait formulée Edwards au sujet des cieux est peut-être celle-ci : non seulement la joie y sera présente, mais elle ne cessera de s’accroître et de s’intensifier durant toute l’éternité.

À chaque heure passée dans la présence de notre Dieu trinitaire, nous verrons un peu plus de sa beauté et de sa majesté infinies, ce qui nous procurera une joie toujours plus grande et plus satisfaisante. Et cela durera à jamais, nous dit Edwards. Nous serons à chaque instant bénéficiaires des manifestations toujours plus vastes, plus éblouissantes, plus fascinantes et donc plus irrésistiblement délicieuses de la grâce et de la gloire de Dieu dans les temps à venir et pour l’éternité. Nous ne nous délecterons jamais assez de lui au point qu’il ne resterait rien dont nous puissions jouir. Si Dieu est infini, dit-il, alors la satisfaction et le plaisir que nous retirons de sa contemplation jour après jour le seront aussi (Psaumes 16.11). Edwards écrit au sujet des saints dans les cieux :

— Les cieux sont un monde d’amour si pareil amour et pareil bonheur ne peuvent être appelés affections, alors le mot « affections » n’est d’aucune utilité dans notre langue. Oserait-on dire que le cœur des saints dans les cieux n’est ni ému ni affecté lorsque ceux-ci contemplent la face de leur Père, la gloire de leur Rédempteur, ses œuvres extraordinaires et, surtout, le sacrifice de sa vie pour eux1 ?

Leur connaissance augmentera éternellement, et avec elle sans aucun doute leur sainteté. En effet, plus ils grandiront dans leur connaissance de Dieu et de ses œuvres, plus ils discerneront sa nature excellente ; et plus ils discerneront sa nature excellente […] plus ils l’aimeront ; et plus ils l’aimeront, plus ils se réjouiront et prendront plaisir […] en lui2 .

Il existe toutefois une autre raison de lire ce qu’écrit Edwards au sujet de la grandeur de notre espérance céleste : c’est la manière dont il décrit le rôle de la musique dans les temps à venir. L’une des plus grandes joies dans les cieux sera d’entendre les louanges exaltées que des âmes rendues parfaites chanteront à Dieu : « Le meilleur moyen, le plus beau et le plus parfait que nous avons d’exprimer la merveilleuse entente spirituelle qui nous unit, dit-il, c’est la musique. » Il est donc probable qu’au ciel « après avoir reçu leur nouveau corps, les saints glorifiés pourront exprimer cette entente par autre chose que de simples sons, par un moyen que nous sommes incapables de concevoir et qui sera infiniment plus équilibré, plus harmonieux et plus agréable que les sons que nous connaissons ; et cette nouvelle musique sera jouée dans des modulations infiniment plus belles, plus justes et plus plaisantes que nos mélodies élémentaires, et par des

Préface — 17

Si votre persévérance faiblit, si vous êtes sur le point de vous effondrer moralement, craignant que l’avenir n’apporte que déchéance et mort, plongez-vous dans la perspective exaltante et profondément biblique de Jonathan Edwards concernant l’espérance vivante (1 Pierre 1.3). Vous découvrirez peut-être que vous porterez plus de fruit sur terre en levant justement les yeux vers les cieux.

Sam STORMS

Pasteur principal à Bridgeway Church dans l’Oklahoma

18 — Les cieux sont un monde d’amour instruments bien plus adaptés 3 ». Dans les cieux, « aucune dissonance ne viendra perturber l’harmonie de la musique céleste4 ».

Biographie de l’auteur

Jonathan Edwards est considéré par beaucoup comme l’un des plus importants théologiens et, sans doute, comme le plus grand philosophe religieux de l’histoire des États-Unis. Il est né à East Windsor dans le Connecticut. Son père et son grand-père maternel étaient tous deux pasteurs. À treize ans, il intègre l’Université de Yale, et à vingt-et-un ans, il est diplômé d’un master et ordonné pasteur.

Au cours de son ministère dans l’Église de Northampton, où il succède comme pasteur à son grand-père, Edwards devient, par ses prédications, ses enseignements et ses écrits, l’une des figures clés du Grand réveil qui naît dans les colonies américaines au début du xviiie siècle. En 1758, il est nommé président de l’Université du New Jersey (aujourd’hui Université de Princeton), poste qu’il n’occupera que quelques semaines juste avant de mourir.

Dans ses nombreux sermons et essais, Edwards joint sagesse et précision philosophiques à une piété fervente et à une spiritualité concrète. Il insiste sur la souveraineté et la bonté de Dieu et sur le fait que les êtres humains ont été créés pour lui rendre gloire en trouvant leur plaisir en lui. Aujourd’hui, il est connu dans le monde entier pour ses capacités intellectuelles exceptionnelles, sa théologie systématique convaincante et ses enseignements pratiques et empreints de piété.

22 — Les cieux sont un monde d’amour

CONTEXTE HISTORIQUE

Début de l’établissement des Treize Colonies britanniques.

Le premier navire négrier atteint la côte est de l’Amérique.

1607

1619

1620 Le Mayflower accoste sur les rives du Massachussetts.

John Locke publie sa Lettre sur la tolérance.

1689

Charles et John Wesley fondent le méthodisme.

1729

David Hume publie le Traité de la nature humaine.

1739

Fondation de l’université du New Jersey (Princeton).

Montesquieu publie De l’esprit des lois.

1746

1748

Guerre des Sept Ans : premier conflit mondialisé portant sur des rivalités coloniales entre la France et la GrandeBretagne, notamment sur les colonies britanniques. 1756

Voltaire publie le Traité sur la tolérance.

Guerre d’indépendance et Déclaration d’indépendance des États-Unis.

1763

Repères chronologiques

1703 Naissance de Jonathan Edwards le 5 octobre.

1716 Entrée à l’université de Yale à 13 ans.

1727 Mariage avec Sarah Pierpont et début de son ministère pastoral à Northampton dans le Massachusetts.

1734 ˇ 1735

1740

1742

Premier réveil : conversion de nombreuses personnes à la suite de ses prédications.

Le grand réveil. Il travaille avec George Whitefield et prêche son célèbre sermon : Sinners in the hands of an angry God 1 .

1746 Publie A Treatise concerning religious affections 2 , une œuvre majeure.

1750 Révocation de son pastorat à Northampton : ses positions traditionnalistes sur l’accès à la cène lui sont reprochées.

1751 Devient missionnaire auprès de tribus amérindiennes et écrit The freedom of the will 3 .

1757 Nommé président de l’université de New Jersey (actuel Princeton University).

1758 Meurt le 22 mars à 54 ans des suites de sa vaccination contre la variole.

CANADA

MEXIQUE

MASSACHUSSETTS

Repères géographiques

13 COLONIES, CÔTE EST DES ÉTATS-UNIS D’AUJOURDHUI

Les cieux sont un monde d’amour

L’amour ne succombe jamais. Que ce soient les prophéties, elles seront abolies ; les langues, elles cesseront ; la connaissance, elle sera abolie. Car c’est partiellement que nous connaissons ; c’est partiellement que nous prophétisons ; mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli.

1 corinthiens 13.8-10

J’ai déjà déduit du premier de ces versets le principe suivant : le beau fruit par lequel l’Esprit saint est communiqué à l’Église de Christ, non pas seulement pour un temps, mais pour toujours, c’est la charité, ou l’amour divin. J’aimerais à présent me pencher sur le lien entre ce même verset et les deux suivants. Je ferai deux remarques :

D’abord, l’une des qualités supérieures de l’amour, c’est qu’il demeurera lorsque tous les autres fruits de l’Esprit auront disparu.

Ensuite, cela se produira quand l’Église parviendra à sa condition parfaite, c’est-à-dire quand ce qui est partiel sera aboli et quand ce qui est parfait se sera manifesté.

L’Église a connu et connaîtra à la fois un double état d’ imperfection et un double état de perfection. À ses débuts, avant d’être fermement établie dans le monde et d’être devenue ce qu’elle est dans le Nouveau Testament, avant même que celui-ci ne soit complètement rédigé, l’Église était imparfaite. Elle se trouvait, pour ainsi dire, au stade de l’enfance, si on la compare à ce qu’elle deviendrait plus tard, en atteignant l’âge adulte que nous pourrions qualifier de perfection terrestre relative. De même, tant qu’elle devra résister, c’est-à-dire jusqu’à la fin des temps, cette Église de Christ, quoique relativement parfaite demeurera dans une condition imparfaite. Elle restera pour ainsi dire au stade de l’enfance, si on la compare à la condition céleste, adulte et parfaite qui l’attend.

C’est pourquoi la disparition de ces dons miraculeux dont nous parlons est double, elle aussi. Ces dons de l’Esprit ont cessé une première fois à la fin du stade de l’enfance de l’Église, lorsque la rédaction du canon biblique a été achevée et que les dons sont devenus inutiles à l’Église, qui entrait dans un nouvel âge. Elle a alors dû abandonner les

— Les cieux sont un monde d’amour

choses de l’enfance afin de devenir adulte avant la fin du monde. Alors, l’Esprit de Dieu s’est manifesté et a été répandu dans toute sa gloire par cet amour, ou charité, qui est son fruit le plus excellent et le plus durable. Ces dons cesseront une seconde fois lorsque tous les fruits de l’Esprit seront abolis, à la mort du chrétien sur le plan individuel, et à la fin du monde sur le plan collectif. Mais la charité, elle, existera toujours au ciel, où l’Esprit de Dieu jaillira et se manifestera par un amour parfait dans tous les cœurs et pour l’éternité.

L’apôtre semble accorder de la valeur à ces deux états de l’Église, mais plus particulièrement au second. En effet, sur terre, la condition glorieuse de l’Église est parfaite, comparée à sa condition passée. Toutefois, dans les cieux, elle parviendra à la condition que semble décrire l’apôtre : « Quand ce qui est parfait sera venu » et « Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière confuse, mais alors, nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais partiellement, mais alors, je connaîtrai comme j’ai été connu » (1 Corinthiens 13.10, 12). Voici donc la conclusion que je tirerai de ce passage : les cieux sont un monde d’amour, ou de charité.

Dans ce texte, l’apôtre évoque la condition parfaite de l’Église dans les cieux, état dans lequel elle recevra le Saint-Esprit plus abondamment et plus

Les cieux sont un monde d’amour — 31

— Les cieux sont un monde d’amour parfaitement qu’elle ne le reçoit sur terre. Et c’est par ce beau fruit, qu’est le saint amour divin répandu dans le cœur des habitants des cieux, que le SaintEsprit lui sera accordé. La condition céleste de l’Église se distingue donc de sa condition terrestre en ce que Dieu l’a établie précisément pour nous y communiquer son Saint-Esprit à la perfection, tandis qu’à présent, nous ne l’avons reçu que partiellement. Dans cet état, ce saint amour, ou cette sainte charité, sera aussi pour ainsi dire l’unique don ou fruit de l’Esprit puisqu’il est le plus parfait et le plus glorieux d’entre tous. Amené à la perfection, il rendra caducs tous les autres dons que Dieu accorde à son Église sur cette terre. Et pour mieux comprendre en quoi les cieux sont un monde d’amour divin, nous examinerons premièrement l’origine et la source de l’amour céleste ; deuxièmement les objets de cet amour ; troisièmement ceux qui l’exercent ; quatrièmement son principe, c’est-àdire l’amour lui-même ; cinquièmement le contexte excellent dans lequel l’amour sera exercé, exprimé et reçu ; et sixièmement , les fruits et les heureuses conséquences de tout cela.

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EDWARDS Jonathan • Les cieux sont un monde d'amour by BLF Éditions - Issuu