F LO R E N T VA R A K
Ce que chaque chrétien devrait savoir sur le
catholicisme
Adapté du podcast “Un pasteur vous répond” aux 7 millions d’écoutes
Une information sérieuse. Un dialogue exigeant et respectueux. Une pensée claire et pédagogique. Un grand merci à l’auteur.
Alain NISUS
Professeur associé de dogmatique à la FLTE, titulaire d’une thèse de doctorat sur le cardinal Congar (éditions du Cerf)
Depuis la Réforme, les protestants ont publié de nombreux ouvrages sur le catholicisme. Florent Varak nous offre une perspective pastorale sur dix-huit questions fondamentales qui distinguent la foi évangélique du catholicisme romain. Florent réussit à marier un ton respectueux et bienveillant à une articulation claire et rigoureusement biblique de l’orthodoxie évangélique. Chaque chapitre est bien documenté tout en restant accessible et synthétique. J’espère de tout cœur que ce petit ouvrage sera lu largement.
Pascal DENAULT
Pasteur de l’Église réformée baptiste de Saint-Jérôme, Québec
Dans une France de plus en plus sécularisée, le catholicisme attire pourtant de nombreuses personnes en quête d’enracinement et de sens, y compris certains évangéliques. Avec clarté, rigueur et respect, Florent Varak apporte un éclairage évangélique aux questions essentielles que les chrétiens se posent sur le catholicisme. Un livre à lire absolument !
Raphaël CHARRIER
Pasteur, auteur de Vivre pour Jésus et blogueur sur ToutPourSaGloire.com
Il est essentiel que les évangéliques comprennent ce que croient nos amis catholiques. Depuis 10 ans sur son podcast, Florent Varak réussit le tour de force d’être respectueux tout en étant sans compromis sur les vérités de la Bible. Voici donc un livre important, courageux et facile à lire. Ne passez pas à côté !
Stéphane KAPITANIUK Directeur de BLF Éditions
Ce que chaque chrétien devrait savoir sur le
catholicisme
Les éditeurs remercient chaleureusement tous les relecteurs et relectrices pour leur précieuse collaboration à cet ouvrage : Laurence, Ludvine et Nelly.
Ce que chaque chrétien devrait savoir sur le catholicisme : les 18 meilleures questions • Florent Varak © 2026 • BLF Éditions • www.blfeditions.com Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Couverture & mise en page : Sophie Rantoanina Photo auteur : Cole Harris Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de La Nouvelle version Segond révisée dite à la Colombe. Texte copyright © 1978 Société biblique française. Avec permission. Les caractères italiques sont ajoutés par l’auteur de cet ouvrage. Les autres versions employées sont indiquées en lettres abrégées et concernent La Bible Segond 21 (S21), La Bible du Semeur (BDS), la Traduction œcuménique de la Bible (TOB) et La Bible de Jérusalem (BJ). Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés. Tous les ouvrages publiés par BLF Éditions sont écrits par un auteur humain et révisés par un éditeur humain. L’analyse automatisée de l’œuvre visant à extraire des informations est interdite, conformément au point III de l’article L.122-5-3 du code de la propriété intellectuelle. ISBN 978-2-38657-118-3 ISBN 978-2-38657-119-0
broché numérique
Impression en France par Sprint Dépôt légal 3e trimestre 2026
TABLE DES MATIÈRES
Présentation de la collection................................................................................................................... 9 Introduction................................................................................................................................................................... 11 1. Les catholiques sont-ils sauvés ?................................................................................................... 13 2. Sur quelle autorité s’appuie le christianisme ?...............................................................21 3. Que penser de l’autorité du pape ?............................................................................................. 33 4. Peut-on appeler « Père » un responsable d’Église ?............................................. 43 5. Pourquoi les prêtres doivent-ils être célibataires ?...................................................51 6. Marie n’a-t-elle vraiment jamais péché ?............................................................................. 63 7. Marie doit-elle être vénérée ?...............................................................................................................73 8. Marie est-elle la reine du ciel ?........................................................................................................... 83 9. Jésus avait-il des frères et sœurs ?........................................................................................... 93 10. Peut-on prier les morts ou les saints ?................................................................................... 99 11. Est-il possible de payer sa dette au purgatoire ?.................................................... 107 12. Que penser de la confession à un tiers ?............................................................................ 117 13. Le culte des reliques est-il justifié selon Actes 19.12 ?.........................................127 14. Pourquoi les évangéliques ne font-ils pas le signe de croix ?.................137 15. Quelles sont les différences entre cène et eucharistie ?.............................. 143 16. Dois-je me faire rebaptiser ?...............................................................................................................157 17. La Réforme est-elle encore d’actualité ?............................................................................169 18. L’œcuménisme peut-il unir les chrétiens ?........................................................................181 Notes..................................................................................................................................................................................197
À Lori, mon épouse, qui a vécu une belle jeunesse dans le catholicisme. Avec reconnaissance pour son soutien actif à ce projet, qui reflète son propre cheminement vers Christ. À Marion Robin, dont le chemin de foi reflète aussi les réflexions de ce livre. Son expertise en tant que collaboratrice a multiplié mes capacités plus que je ne saurais le reconnaître. Avec gratitude.
Présentation de la collection
En 2015, Stéphane Kapitaniuk, aujourd’hui directeur de BLF, était pasteur stagiaire dans notre Église à Villeurbanne (Cusset). Il tenait un blog et avait du mal à trouver le temps de répondre aux questions qui lui parvenaient. Il s’est tourné vers moi pour me demander de les traiter sous la forme d’un podcast hebdomadaire d’une vingtaine de minutes. Sceptique quant à l’intérêt que pourraient susciter mes réponses, je lui propose un test de quelques mois. Le premier épisode sort le 29 septembre 2015, « Un chrétien peut-il se suicider ? ». Dix ans plus tard, nous sommes à plus de 500 épisodes et 7 millions d’écoutes. Je tiens à vous remercier, vous qui avez écouté ce podcast, pour la confiance que vous m’avez accordée pendant toutes ces années. Vos questions m’ont gardé attentif aux fondamentaux de l’Écriture, m’ont poussé à lire davantage et ont parfois changé mes opinions. J’ai la conviction d’avoir beaucoup reçu par nos échanges. Merci. Je suis aussi conscient que le rythme de parution des épisodes, associé à d’autres tâches bien exigeantes, n’a pas permis qu’ils soient égaux en qualité. Pardon. Je regrette leurs nombreuses imperfections dont je suis seul responsable. Vous avez en main les retranscriptions de ce podcast, adaptées au format écrit. Ne soyez pas surpris, pour
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rester dans l’esprit du podcast, j’utiliserai le tutoiement pour répondre aux différentes questions. Enfin, je m’émerveille chaque semaine de la pertinence de la Bible pour aborder toutes ces questions. Nous aimons et connaissons un Dieu dont la sagesse est remarquable, cohérente. Je suis profondément reconnaissant au Seigneur d’avoir tracé le chemin du salut en Christ, et de l’avoir rendu compréhensible et accessible par l’Esprit ! C’est lui qui nous donne cette « onction » qui nous enseigne toutes choses (1 Jean 2.27). Qu’il accorde à son Église un appétit croissant pour la Parole de Dieu (1 Pierre 2.2). Bonne lecture. Soli Deo Gloria
Introduction
J’ai des amis catholiques exceptionnels. Je les aime et les respecte énormément. Leur présence à différents moments de notre vie a été une bénédiction pour moi, pour ma famille, et parfois même pour notre Église locale. Nous sommes unis en amitiés de vie bien au-delà de nos différences théologiques et spirituelles. Ceci dit, les catholiques ne sont pas des protestants, et inversement. Plusieurs doctrines fondamentales demeurent irréconciliables. Le but de ce livre est de donner des pistes de compréhension et de discussion pour les protestants évangéliques qui discutent avec leurs amis catholiques. L’Église de Rome est une vaste « maison » où se côtoient différentes opinions doctrinales, morales et liturgiques. La hiérarchie des vérités catholiques rend l’analyse compliquée. Je note que l’Écriture sainte, les textes conciliaires et les textes du Magistère constituent l’autorité la plus communément reconnue. Le Catéchisme de l’Église catholique se veut la synthèse de cet ensemble massif. Bien que certains le trouvent trop conservateur, voire rétrograde, Jean-Paul II le défend comme « serv[ant] de texte de référence sûr et authentique pour l’enseignement de la doctrine catholique1 ». Je citerai abondamment cet ouvrage dans l’ensemble du livre. Ce livre n’est en rien une critique d’individus. Bien des catholiques surpassent en éthique et en dévouement les
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LE CATHOLICISME
évangéliques que nous sommes. Avec ce modeste ouvrage, je veux surtout réfléchir à la pensée de l’Église catholique et à ses pratiques, à la lumière de l’Écriture. Les questions qui m’ont été adressées via le site ToutPourSaGloire.com sont à la base de ce travail, et permettront aux chrétiens évangéliques de comprendre ces différences. Notre Seigneur Jésus-Christ conclut le sermon sur la montagne avec gravité. Son propos vise tous ceux qui se disent chrétiens à tort, qu’ils soient catholiques ou évangéliques : Quiconque me dit : Seigneur, Seigneur ! n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur ! N’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons chassé des démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? Alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. Matthieu 7.21-23
Je ne peux imaginer pire situation. Passer une vie au service de Dieu, ou dans la pensée de lui être proche, et être expulsé à jamais de sa présence dans un enfer éternel, loin du Sauveur2. Jésus dit : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17.3). La vie éternelle consiste à connaître Dieu tel qu’il est. Et non tel que nous le voulons. J’espère que le parcours de ces différences te permettra de mieux comprendre les perspectives de la Bible et ce qui nous distingue de l’« Église de Rome », dans le but de mieux connaître le fondateur de l’Église, Jésus-Christ, le Fils éternel de Dieu.
1 Les catholiques sont-ils sauvés ?
Cette question est probablement l’une des plus posées sur le site de TPSG. Elle concerne des millions d’individus dans le monde. Si tu es catholique et que tu as eu le courage (ou la curiosité) d’ouvrir ce livre, cette première question te paraît peut-être déplacée ! Les évangéliques ont d’ailleurs la même surprise lorsqu’ils entendent parfois qu’il n’y a pas de salut en dehors de l’Église catholique. Mais ce livre – tout comme le podcast – vise à apporter des éléments de réponses aux questions que les chrétiens se posent réellement, et c’est ainsi que celle-ci m’a été présentée. Avant d’y répondre, il est important de bien comprendre ce que sont le salut et la rédemption.
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LE CATHOLICISME
DE QUOI AVONS-NOUS BESOIN D’ÊTRE SAUVÉS ? Si nous sommes sauvés d’incivilité ou de petits égoïsmes, alors oui, le catholicisme, comme beaucoup de religions et de spiritualités, est capable de nous améliorer. Grâce aux disciplines spirituelles et au cadre social que peut donner une religion, nous pouvons apprendre à développer nos qualités humaines et à apaiser nos craintes. Mais est-ce vraiment là notre problème ? Lorsque nous parlons de salut, nous ne parlons pas d’un problème général de mal-être ou d’égoïsme… La question est beaucoup plus grave et beaucoup plus profonde. Si je me fais une petite coupure à la main, une infirmière et un pansement devraient faire l’affaire. Mais si je me suis coupé un membre à la tronçonneuse, je dois me rendre à l’hôpital de toute urgence pour être opéré ! Il est important de diagnostiquer le problème pour s’adresser au bon service ! La religion, et notamment la religion chrétienne, peut faire de belles choses dans notre vie. Elle peut « mettre un pansement » sur mes mauvaises habitudes. Mais la religion est incapable de me sauver si je saigne à mort. De quoi avons-nous vraiment besoin d’être sauvés ? Voilà comment la Bible présente le problème des êtres humains. Pour vous, vous étiez morts par vos fautes et par vos péchés dans lesquels vous marchiez autrefois selon le cours de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, cet esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre et nous nous conduisions autrefois selon nos convoitises charnelles, nous exécutions les volontés de notre chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère comme les autres. Éphésiens 2.1-3
Les catholiques sont-ils sauvés ?
Je l’admets, ce n’est pas très joyeux : nous sommes tous morts spirituellement. Que nous le voulions ou non, nous sommes influencés par le monde autour de nous et nous voulons nous comporter comme bon nous semble. C’est là l’essence du péché. Adam et Ève ont choisi de manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Depuis, l’homme définit par lui-même ce qui est bien ou mal. Malheureusement, nos définitions morales ne sont jamais vraiment justes, car nous sommes tous pécheurs, par nature. Selon les mots de l’apôtre Paul, nous avons « la pensée obscurcie, nous sommes étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en nous et de l’endurcissement de [notre] cœur » (Éphésiens 4.18). Le prophète Jérémie décrit notre cœur comme « tortueux par-dessus tout » et « incurable » (Jérémie 17.9). Ce dont nous avons besoin est bien plus profond qu’une amélioration. Le péché n’est pas seulement ce que nous faisons de mal extérieurement. Nos actes sont le reflet de ce que nous sommes, comme l’affirme Jésus : « Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, meurtres, adultères, prostitutions, vols, faux témoignages, blasphèmes » (Matthieu 15.19). Le péché est ancré en nous, au point de teinter même le bien que nous faisons, que ce soit par l’égoïsme, l’orgueil, et d’autres attitudes qui ne sont pas alignées avec la sainteté de Dieu. Dans tous les domaines de ma vie, je peux voir ce péché et une volonté d’indépendance envers Dieu : dans ma manière de communiquer, ma vie de couple, mon travail et même ma manière de rencontrer Dieu. Nous sommes incurables. Qu’est-ce qui peut nous sauver ? Il est temps de répondre à la question de ce chapitre. Mais je vais l’élargir. Les catholiques sont-ils sauvés ? Les protestants sont-ils sauvés ? Les évangéliques sont-ils sauvés ? En un mot : non. Personne n’est sauvé par une Église ou une
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religion. Quand les disciples, surpris de l’intransigeance de Jésus à ce sujet lui demandent « mais alors, qui peut être sauvé ? », Jésus répond catégoriquement : « Cela est impossible aux hommes, mais non à Dieu, car tout est possible à Dieu » (Marc 10.26-27). Il faut donc modifier un peu la question… COMMENT POUVONS-NOUS ÊTRE SAUVÉS ? Quiconque me dit : Seigneur, Seigneur ! n’entrera pas forcément dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur ! N’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons chassé des démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? Alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. Matthieu 7.21-23
Jésus est très clair. Peu importe si nous sommes engagés dans l’Église catholique, si nous sommes reconnus comme faisant des miracles dans l’Église évangélique ou si nous enseignons la Parole de Dieu dans l’Église réformée, si Jésus ne nous connaît pas, nous ne serons pas sauvés. Personne n’est sauvé par une appartenance ecclésiale, ni même par un ministère ou un titre ecclésial. Je connais des pasteurs et des prêtres qui se sont convertis après être devenus pasteurs ou prêtres.
Les catholiques sont-ils sauvés ?
Ce que dit la Bible Pour mieux comprendre le salut, nous allons lire une parole de Jésus, de Paul, puis de Jean. Mes brebis entendent ma voix. Moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; elles ne périront jamais, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les arracher de la main du Père. Moi et le Père, nous sommes un. Jean 10.27-30
Le salut est avant tout un cadeau que Dieu fait aux hommes. Mais c’est aussi un cadeau que le Père fait au Fils, qui est mort pour recevoir le fruit de son travail : le Père donne à son Fils des hommes et des femmes qui croient en lui, qui entendent sa voix, qui le connaissent et le suivent. Le salut est donc une œuvre de Dieu, c’est lui qui la réalise. Prenons maintenant un texte de l’apôtre Paul : Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus. C’est lui que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient la foi en son sang, afin de montrer sa justice. Romains 3.23-25
Tous ont péché : catholiques, protestants, musulmans, juifs, quels qu’ils soient, tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Tous sont aveugles et éloignés de sa glorieuse présence, de sa puissance et de sa bienveillance. Mais nous sommes gratuitement justifiés, c’est-à-dire déclarés justes. Nous n’avons rien à payer, car c’est Jésus qui a payé par sa rédemption.
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Qu’est-ce que cela veut dire ? Lorsque Jésus meurt à la croix, il devient mon sosie. À la croix, Dieu voit Florent et déverse sur Jésus la colère qu’il avait contre Florent, car Florent est pécheur, gravement pécheur. Et cela peut être ton cas aussi. Dieu punit le sosie de Florent, de Jacques, de Marie… Dieu le Père fait porter à Jésus le jugement que nous méritons. Ainsi, la punition du péché est réglée une fois pour toutes, car Jésus l’a subie à ma place. Dieu peut maintenant me justifier, c’est-à-dire me déclarer juste, par le moyen de cette rédemption, parce que Christ a tout payé. « C’est lui, Jésus, que Dieu a destiné comme moyen d’expiation pour ceux qui auraient foi en son sang » (v. 25). As-tu conscience de ton péché ? As-tu foi que Jésus est mort pour toi et qu’il est ta seule espérance ? Paul dit un peu plus que loin que « le salaire du péché, c’est la mort » (Romains 6.23). Je meurs à cause de mon péché, comme tous les êtres humains meurent à cause de leur péché. La mort comporte une dimension d’éternité, car elle est une séparation éternelle d’avec Dieu. « Mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ » (Romains 6.23). Voilà le don que Dieu accorde à ceux et celles qui lui font confiance ! Dernier texte, lisons ce que dit l’apôtre Jean : Dieu nous a donné la vie éternelle, et cette vie est en son Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Cela, je vous l’ai écrit, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. 1 Jean 5.11-13
La vie éternelle que Dieu donne se trouve dans son Fils, dans une relation avec lui. Elle ne se trouve pas dans le fait d’être religieux ou d’être attaché à une religion, mais dans cette union au Fils de Dieu, dans la vie avec lui.
Les catholiques sont-ils sauvés ?
Ce que dit l’Église catholique L’Église catholique affirme qu’elle est médiatrice du salut. Je sais que les théologiens catholiques débattent de la question, mais l’idée demeure que l’Église est nécessaire au salut. Voilà ce que l’on peut lire au paragraphe 816 du Catéchisme de l’Église catholique : « C’est, en effet, par la seule Église catholique du Christ, laquelle est “moyen général de salut”, que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut1. » Dans le système catholique qui se veut universel pour le salut des humains, il est nécessaire de passer par des moyens de salut que propose l’Église. Combien de fois ai-je entendu : « Je suis sauvé, parce que j’ai été baptisé, confirmé, parce que j’ai reçu le sacrement du pardon, parce que j’ai fait mes prières, etc. » ? Rien de cela n’est vrai. L’Église ne peut être médiatrice du salut. Pour nous, évangéliques, le rôle de l’Église est de proclamer, d’annoncer et de célébrer le salut que le Seigneur accorde à ceux qui « l’entendent » et le reçoivent (cf. Jean 1.12). Aucune religion, aucun rite, aucune église, aucun prêtre ni pasteur n’a le pouvoir de donner la vie à un mort. Souviens-toi. Notre problème, c’est que nous sommes morts. Des gouttes d’eau sur le front d’un être humain mort spirituellement ne sauraient lui donner vie. Seul Christ peut donner la vie. La Bible présente un seul moyen qui rend possible l’œuvre de Dieu : la foi, c’est-à-dire une confiance exclusive en Christ et en son œuvre. En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. Jean 5.24
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Il est tragique de voir des hommes et des femmes placer leur confiance dans leur Église ou leurs pratiques, en pensant que cela les sauvera. Non. Le péché qui condamne, c’est celui de ne pas se confier en l’œuvre de Christ (cf. Jean 3.16-21). CONCLUSION Donc non, les catholiques ne sont pas sauvés. Les évangéliques non plus. Ceux qui sont sauvés, ce sont ceux qui se sont repentis de leurs fautes et qui ont placé leur foi en Jésus seul et qui marchent avec lui en toute confiance. Le Saint-Esprit les a fait naître à une vie nouvelle. Ils se fient à Jésus, selon ce que dit l’Écriture. Ils se laissent conduire par le Saint-Esprit, tel qu’il s’est révélé dans l’Écriture, pour marcher selon sa volonté. J’espère que c’est ton cas !
2 Sur quelle autorité s’appuie le christianisme ? Ce chapitre traite d’une question fondamentale. D’ailleurs, c’est la question qui nous permet d’aborder tous les sujets traités dans ce livre. Cette question est loin d’être purement théorique. Non seulement elle explique l’essentiel des différences entre les divers mouvements religieux issus de la Bible, mais elle influence aussi profondément la manière dont nous comprenons le salut et notre relation avec Dieu. Plusieurs commentaires postés sous certains des épisodes du podcast expriment cette idée : « Je rejette la notion de Sola Scriptura (la Bible seule), car Dieu continue de conduire son peuple en lui donnant des traditions aussi valables et importantes que les Saintes Écritures. » C’est une remarque légitime : quelle est la véritable source d’autorité pour la foi chrétienne ? Bien sûr, tous ceux qui se reconnaissent chrétiens répondront : « Dieu » ! Mais comment nous communique-t-il sa volonté ? Est-ce par la Bible, l’Église, la Tradition ou encore une expérience personnelle, une vision ou une apparition ? La tradition religieuse peut-elle compléter voire supplanter la révélation écrite ?
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Dans ce chapitre, nous allons donc réfléchir à quelle autorité faire réellement confiance. Nous verrons comment certaines traditions religieuses – catholiques, mais aussi juives et oui, parfois même évangéliques – peuvent élever des systèmes humains au rang de norme divine, avec de graves conséquences. Je mettrai en parallèle ce que Dieu lui-même dit dans la Bible au sujet de l’autorité ultime qui doit conduire son peuple. D’APRÈS LE CATHOLICISME Dans l’Église catholique, l’autorité repose sur un triptyque indissociable : l’Écriture (la Bible), la Tradition de l’Église (les conciles et les enseignements dispensés au cours des âges) et le Magistère (l’enseignement dispensé par l’ensemble des évêques, unis au pape). Tous trois sont équivalents en importance et « contribuent efficacement au salut des âmes1 » : La charge d’interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus-Christ, c’est-àdire aux évêques en communion avec le successeur de Pierre, l’évêque de Rome2 .
S’il y a des contradictions entre la Bible et la Tradition, c’est le Magistère qui sera considéré comme seul capable de la bonne interprétation. L’Église catholique possède donc un système qui me semble verrouillé : l’Écriture comme fondement, des siècles de réflexion codifiés dans les conciles et la seule interprétation des évêques pour gérer les cas d’opposition. C’est ce que confirme le Catéchisme de l’Église catholique : Car tout ce qui concerne la manière d’interpréter l’Écriture est finalement soumis au jugement de l’Église, qui exerce le ministère et le mandat divinement reçus de garder la parole de Dieu et de l’interpréter3.
Sur quelle autorité s’appuie le christianisme ?
D’où vient cette conception ? Regardons à deux des principaux arguments de nos amis catholiques. La reconnaissance de l’Écriture par l’Église Le premier argument provient du catholicisme primitif. Puisque les Églises des premiers siècles ont accueilli et reconnu les livres de la Bible, c’est donc que l’Église précéderait l’Écriture et serait donc seule garante de son interprétation. Pour nous évangéliques, cela revient à placer l’Église au-dessus de l’Écriture. Il est vrai que l’Église a bien reconnu et distingué certains livres comme Parole de Dieu, et pas d’autres. Mais cette reconnaissance ne provient aucunement d’une décision, comme le souligne Calvin : « Quel est le concile qui a décidé que l’autorité de l’Écriture était fondée sur l’approbation de l’Église ? Je pense qu’il n’y en a aucun4. » Voici comment l’explique Jacques-Noël Pérès, professeur à la faculté de théologie protestante de Paris : Si, à la fin du premier siècle, Clément Romain, le plus ancien écrivain chrétien hors les auteurs du Nouveau Testament, n’appelle « graffée » (Écriture) que des textes hérités du judaïsme, un peu moins d’un siècle plus tard, on voit Irénée de Lyon donner ce nom aux quatre évangiles qui deviendront canoniques, ainsi qu’à d’autres écrits apostoliques ou réputés tels. Ce n’est en effet que peu à peu, et non sans hésitation, que se constitue la collection singulière de ces vingt-sept livres qui forment le Nouveau Testament. L’acceptation par les Églises chrétiennes de cette collection comme norme de leur foi ne résulte pas d’une décision conciliaire ni magistérielle ; l’élaboration du consensus reste mystérieuse, le croyant y reconnaît l’action du Saint-Esprit5.
Ce consensus est un véritable miracle dans le sens où les Églises (qui ne sont jamais unanimes !) ont tout naturellement reconnu d’un commun accord les écrits fiables des autres. Assez
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rapidement, de faux évangiles avaient commencé à circuler, mais ils n’ont jamais été considérés comme Parole de Dieu. Il est aussi probable que les apôtres aient donné des indications à ce sujet6. Ils avaient été témoins de la vie de Jésus et pouvaient dire : « Cette lettre-là est évidemment légitime ; cet évangile, évidemment, est légitime. » Reconnaître que des livres portent la signature de Dieu ne confère en rien l’autorité de les dépasser ou de les contredire. La succession apostolique Deuxièmement, l’Église catholique considère qu’elle possède l’autorité finale, car Jésus l’aurait fondée sur l’apôtre Pierre, le « premier pape » : Mais vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus reprit la parole et lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : Ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. Matthieu 16.15-19
Nous sommes tellement habitués à entendre que Jésus bâtira l’Église sur Pierre ! De mon point de vue, il s’agit d’une compréhension improbable de ce texte. La déclaration de Jésus aux versets 18-19 suit une affirmation grandiose : Jésus est le Christ, c’est-à-dire le Messie, le Fils du Dieu vivant (v. 16). Quelle confession extraordinaire ! La pierre sur laquelle Jésus fonde son Église, ce n’est pas Pierre lui-même, mais sa confession de qui est Jésus. Le texte original grec contient un jeu de
Sur quelle autorité s’appuie le christianisme ?
mots éloquent dont les traductions en français ne rendent pas compte. Il marque cependant un vrai contraste. Nous reviendrons dessus dans le chapitre 3 sur la papauté. Jésus construit son Église sur la compréhension de qui il est. En d’autres mots, son Église est constituée de ceux qui le reconnaissent comme le Messie, le Seigneur. C’est donc sur la confession de qui est Jésus que Jésus bâtira son Église. Pierre reçoit les clés du royaume, dont il se servira pour ouvrir les cœurs à l’Évangile. Reçoit-il l’autorité de formuler la doctrine ? Dans le livre des Actes, nous voyons le rôle tout particulier qui est en effet accordé à Pierre lorsque l’Église naît. En Actes 2, Pierre ouvre le cœur des Juifs à la Pentecôte, les Juifs se convertissent à cette prédication ; en Actes 8, c’est Pierre qui se déplace pour confirmer que la rédemption touche aussi les Samaritains ; et en Actes 10, c’est Pierre à nouveau qui ouvre la porte aux païens lors de son voyage auprès de Corneille, texte magnifique et emblématique où l’Évangile passe des Juifs à toutes les nations. Après cela, Pierre n’apparaît presque plus dans les progrès missionnaires. C’est l’apôtre Paul qui prend la relève. L’Église va continuer de grandir au fur et à mesure des progrès de l’Évangile. Lorsque Jean rédige le livre de l’Apocalypse, à la fin du Ier siècle, c’est Jésus qui tient les clés (Apocalypse 1.18). Il n’est question d’aucun successeur de Pierre. Jésus s’adresse alors à sept Églises d’Asie Mineure directement (Apocalypse 2 et 3). Il ne demande pas à l’évêque de Rome de faire passer son message ! Un troisième argument, moins important, est parfois avancé : Jésus demande de dire à l’Église l’excommunication du pécheur qui refuse de se repentir (cf. Matthieu 18.15-17). « Dire à l’Église » signifierait que ce serait elle l’arbitre, et non la Bible. Mais le péché ne peut être déterminé (v. 15) qu’en fonction d’une norme. C’est précisément la Parole de Dieu qui rend l’évaluation morale possible, validée par des témoins. L’Église intervient
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pour appliquer une sanction exigée par l’Écriture. Ce processus ne place pas l’Église au-dessus de l’Écriture. D’ailleurs, nous ne pouvons en parler ici que parce que l’Écriture l’indique ! QUE DIT LA BIBLE ? Après avoir vu les arguments de la position catholique, regardons ce que la Bible considère comme source d’autorité : • « Le principe de ta parole est la vérité, et toute ordonnance de ta justice est éternelle » (Psaumes 119.160) ; • Jésus prie son Père : « Sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité » (Jean 17.17) ; • Jésus dit : « En vérité je vous le dis, jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, pas un seul iota, par un seul trait de lettre de la loi ne passera, jusqu’à ce que tout soit arrivé » (Matthieu 5.18) ; • « La parole du Seigneur demeure éternellement. Cette parole est celle qui vous a été annoncée par l’Évangile » (1 Pierre 1.25) ; • « Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne » (2 Timothée 3.16-17). L’Écriture est la Parole de Dieu, elle est vraie, éternelle et puissante : elle est l’autorité ! L’apôtre Paul parle de l’Église comme « la colonne et l’appui de la vérité » (1 Timothée 3.15) : elle la soutient, mais ne la définit pas. Cette réalité s’accompagne d’une mise en garde. Paul avertit les Églises de la Galatie : « Si nous-mêmes, ou si un ange du ciel
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vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème » (Galates 1.8). De même, l’Apocalypse termine la révélation avec ces propos sévères et implacables : Je l’atteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu’un y ajoute, Dieu ajoutera à son sort les plaies décrites dans ce livre. Et si quelqu’un retranche des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de vie et de la vie sainte, décrits dans ce livre. Apocalypse 22.18-19
La mise en garde est sans équivoque, rien ne peut être ajouté ni retranché à la révélation de Dieu : il n’y a plus de nouvelles révélations à attendre. La Bible est la Parole de Dieu inspirée, elle a le statut de vérité que lui confère « le Dieu qui ne ment pas » (Tite 1.2 ; Psaumes 31.6). Dieu, ultime autorité, a transmis aux hommes ce qui est la « Parole de Dieu » (Hébreux 4.12 ; 2 Corinthiens 4.2). C’est à ce titre qu’elle est la source de l’autorité. La dénonciation de la tradition Jésus condamne vigoureusement les religieux de son temps, car leur tradition va à l’encontre de l’Écriture. En Marc 7.6-8, il les qualifie d’« hypocrites » et leur adresse un reproche sévère : « C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; en enseignant des doctrines qui ne sont que préceptes humains. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous tenez à la tradition des hommes. » Dans sa lettre aux Colossiens, Paul avertit les chrétiens dans le même sens : « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie selon
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la tradition des hommes, selon les principes élémentaires du monde, et non selon Christ » (Colossiens 2.8). Voilà le problème : il y a, d’un côté, une parole qui fait autorité et d’un autre, une tradition qui affirme détenir une autorité supérieure pour proposer des interprétations particulières. Or Pierre rejette cette possibilité : « Avant tout, sachez qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être l’objet d’interprétation particulière » (2 Pierre 1.20). Il en donne la raison au verset suivant : « c’est poussés par le Saint Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » Est-ce grave ? Certaines traditions de l’Église catholique ne concernent pas l’essence du message biblique. C’est le cas des différends entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique au sujet du calendrier chrétien. On peut éventuellement comprendre le célibat des prêtres, même si cette prescription surprend au regard de ce que les Écritures enseignent, comme nous le verrons plus précisément au chapitre 5. Les bougies et les vitraux constituent une expression culturelle légitime, s’ils ne sont pas perçus comme des intermédiaires de la grâce. Une partie de la liturgie catholique reflète la transcendance de Dieu, ce qui manque parfois cruellement à nos Églises évangéliques. Il faut reconnaître ces éléments positifs. Parfois, la tradition pose question. J’ai connu une personne qui a abandonné le catholicisme parce que, pendant toute sa vie, on lui avait dit que manger autre chose que du poisson le vendredi était un péché, puis Vatican II a décrété que ce n’était plus un péché. Cette personne s’est dit que si l’Église est capable de dire ce qui est un péché ou non, puis de changer d’avis, c’est qu’elle n’a pas d’autorité réelle. C’est ce qui l’a
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conduite à lire l’Écriture et à comprendre que certains enseignements catholiques étaient problématiques. Mais d’autres fois, c’est très grave parce que la Tradition touche à l’essence même de l’Évangile. L’Église catholique enseigne par exemple que le baptême qu’elle dispense est nécessaire au salut7. Par extension, elle considère également qu’elle est ellemême nécessaire au salut parce que c’est elle qui dispense ce baptême (§ 846). Ce système salvateur est en opposition frontale avec l’Écriture. Seule une nouvelle naissance sauve : c’est l’œuvre que le Saint-Esprit réalise en nous lorsque nous prenons conscience de notre péché en nous appuyant avec confiance sur la rédemption qui est en Christ. La rédemption ne vient pas d’une institution, ni de rites. Malheureusement, les dérives de la tradition ne concernent pas que les catholiques. Elles existent aussi dans le judaïsme8 et chez nous, les évangéliques. UN PROBLÈME PLUS LARGE Même si les évangéliques s’appuient sur la seule autorité de la Bible9, ils ne sont pas à l’abri de dérives. La tendance de notre cœur à être indépendants vis-à-vis de Dieu (ce qui est l’essence du péché) conduit à des glissements vers des référentiels spirituels annexes. Voici quelques catégories et tendances de dérapage qui peuvent, parfois, affaiblir l’autorité de l’Écriture dans nos milieux évangéliques. • La primauté de l’expérience. Dans certaines Églises évangéliques, l’expérience spirituelle subjective a pris le pas sur l’autorité biblique. Pourtant, l’apôtre Pierre, témoin direct de la plus merveilleuse et la plus authentique des expériences spirituelles (la transfiguration), affirme
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que la parole prophétique de l’Écriture est « d’autant plus certaine » que sa propre vision (2 Pierre 1.16-21). Malheureusement, il arrive que certaines manifestations spectaculaires ou émotionnelles soient reçues sans discernement biblique (par exemple, la « bénédiction de Toronto »). Si l’expérience peut être précieuse, elle doit toujours être subordonnée à l’Écriture, inspirée de Dieu. Sans ce cadre, nous risquons d’élever nos ressentis au rang de vérité, au détriment de la Parole. • La prophétie débridée. La prophétie biblique est toujours soumise à l’autorité de l’Écriture. Ce que le Saint-Esprit a inspiré dans la Bible ne contredira jamais ce qu’il dirait aujourd’hui ! Si tu considères que Dieu parle encore aujourd’hui de manière directe, tu cours le risque d’être manipulé par des paroles humaines. Or, le Nouveau Testament encourage les chrétiens à soumettre les prophéties qu’ils entendent à l’examen des Écritures (Romains 12.6 ; 1 Corinthiens 14.29-30 ; 1 Pierre 4.10-11). Si un chrétien (ou une Église) commence à accorder plus d’importance à des révélations privées, il fait de la Parole une autorité secondaire. • L’autoritarisme pastoral. Dans certaines Églises, le pasteur devient une figure centrale, parfois intouchable, considérée comme « l’oint de l’Éternel ». Pourtant, cette expression empruntée à l’Ancien Testament pour parler des rois n’est jamais utilisée dans le Nouveau pour décrire un serviteur de Dieu. D’autres s’autoproclament apôtres, s’octroyant ainsi une autorité équivalente à celle des premiers témoins du Christ. Une telle confusion entre ministère et autorité peut engendrer des abus spirituels et détourner les croyants de la seule autorité : le Christ, révélé dans l’Écriture. Même Paul n’a pas hésité
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à reprendre Pierre ! Aucun pasteur ou apôtre ne peut manifester une autorité indépendante d’une vie de piété. • La rigidité doctrinale. La Parole de Dieu n’est pas une proposition doctrinale. La doctrine, la vérité, est là pour nourrir deux réalités : notre amour de Dieu et notre amour du prochain. Certains ont réduit l’Écriture à une information. Ils mènent une vie rigidement attachée à cette information et à la morale qu’elle défend, mais sans que leur vie soit transformée, parce qu’ils ne voient pas que l’Écriture est vivante pour orienter leur cœur, leurs pensées et leurs émotions dans une communion avec son auteur. Soudainement, ce n’est plus la personne de Dieu et son œuvre qui est centrale, mais un ensemble de doctrines bien ficelées, un système, une culture. Mais un système ne peut être une autorité souveraine. CONCLUSION Pourquoi tout cela est-il important ? Le christianisme consiste à expérimenter la rédemption, le pardon, que Christ nous accorde. Comment en bénéficier ? Comment être pardonné de ses péchés ? Comment le savoir ? Nous ne savons ces choses que par l’Écriture… Voici ce que dit Jean à la fin de son évangile : Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceci est écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. Jean 20.30-31
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C’est par l’Écriture que je sais qui est Jésus, comment croire en lui et quelles seront les conséquences de cette foi. « Le juste vivra par la foi. » Cette toute petite phrase du prophète antique Habaquq est citée trois fois dans le Nouveau Testament. Elle va à l’encontre de toute intuition. Toutes les religions du monde affirment que l’on doit vivre de commandements et que l’on peut acheter son chemin au ciel d’une façon ou d’une autre. Mais Dieu n’est pas un comptable qui note nos fautes d’un côté et nos bonnes actions de l’autre. Il est un Dieu juste et saint qui voit que nous sommes incapables de parvenir à lui et qui dit : « Je vais te sauver, non pas à cause de toi, mais à cause de moi, et tu pourras vivre en ma présence, non pas à cause de tes lois, mais à cause de la foi. » C’est l’Écriture qui nous le dit. Les traditions humaines vont toutes exalter l’effort des hommes ou la médiation de certains d’entre eux. Alors, lis la Bible. Si tu es novice, commence par le Nouveau Testament. Lis un livre entier à la fois. Si tu es responsable dans une Église locale, encourage la lecture de la Bible. Et enseigne la Bible. Toute la Bible. Enseigne des livres entiers de l’Écriture. En toute transparence, pour que tout ce que Dieu nous a communiqué devienne la nourriture de notre salut, de notre cœur et de notre vie10. La mesure de notre succès n’est pas dans les foules qui s’amassent dans nos Églises. Mais dans la transmission du bon dépôt de la foi jusqu’à la quatrième génération : Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. 2 Timothée 2.2
Les catholiques sont-ils sauvés ? Que penser de l’autorité du pape ? Pourquoi Marie est-elle si importante pour les catholiques ?
Derrières ces questions directes se cache une difficulté bien réelle : quelles sont les véritables différences entre protestants et catholiques, et comment dialoguer sans minimiser l’essentiel ? Dans cet ouvrage clair et accessible, Florent Varak reprend les 18 questions les plus percutantes de son podcast Un pasteur vous répond pour offrir un éclairage biblique sur les fondamentaux du catholicisme. Ce livre sera un outil précieux pour vous aider à mieux comprendre ce que croient vos amis catholiques et à répondre aux questions que l’on vous pose. Loin des batailles de clocher, l’auteur propose des réponses claires, respectueuses et profondément ancrées dans la Parole de Dieu.
« Une information sérieuse. Un dialogue exigeant et respectueux. Une pensée claire et pédagogique. » Alain Nisus
FLORENT VARAK a été pasteur pendant 25 ans. Auteur de plusieurs ouvrages, il anime le podcast Un pasteur vous répond sur TPSG depuis plus de 10 ans et travaille à la coordination des équipes pastorales au sein de la mission Encompass. Avec son épouse Lori, ils vivent en région lyonnaise. 18,90€
ISBN 978-2-38657-118-3
Imprimé en France
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