Essais Dominique Angers
Comment étudier la théologie sans s'éloigner de Dieu
10 conseils pour remettre l'essentiel au cœur de la formation
Ce livre est particulièrement précieux ! Qu’il façonne les attitudes et les habitudes de nombreux étudiants en théologie ! Nous avons décidé de le mettre entre les mains de nos étudiants dès le début de leur formation. James HELY HUTCHINSON
Directeur, Institut Biblique de Bruxelles et auteur de Sacrés désaccords
L’étendue et la beauté de la réflexion théologique peuvent déstabiliser celui ou celle qui les découvre. Avec un véritable cœur de berger, Dominique Angers accompagne l’étudiant à travers cette complexité, dans la paix et l’humilité. Et au terme du chemin, c’est l’amour du Christ et de sa Parole qui s’en trouve fortifié. Florent VARAK
Missionnaire, enseignant à l’Institut biblique de Genève et à la Faculté de théologie Scriptura
Avec la pertinence et la solidité qu’on lui connaît, Dominique Angers répond parfaitement à la question de départ : comment étudier la théologie sans s’éloigner de Dieu. Il mêle heureusement réflexion théologique, sagesse pastorale et exemples partiques. Et tout cela dans un langage accessible ! À lire d’urgence par ceux qui étudient ou veulent étudier la théologie ! Étienne LHERMENAULT
Directeur des études, Institut biblique de Nogent
Étudier la théologie est un immense privilège… mais aussi une aventure qui peut être déstabilisante, voire dangereuse ! Avec ce petit livre, Dominique Angers offre un guide précieux : apprendre à traverser les écueils de la formation théologique sans rien perdre de l’émerveillement du cœur face à l’essentiel. Je recommanderai cet ouvrage à tout futur étudiant en théologie. David NIBLACK, Directeur, Institut biblique de Genève
Je pensais que le danger des études de théologie résidait particulièrement dans les arguments intellectuels qui pourraient me déstabiliser. La réalité était plus subtile : la critique, l’orgueil et la confusion entre les connaissances théologiques et une vraie maturité spirituelle nourrie dans la dépendance et la prière. Lire ce livre m’aurait fait énormément de bien quand j’étais moi-même en formation. Je compte l’offrir à nos stagiaires et à tous ceux et celles qui se lancent dans une formation théologique. Laura NELSON
Vice-présidente de l’association 2 Timothée 2.2 et de BLF Éditions
J’aurais tant aimé avoir sous la main ce bref ouvrage lorsque je débutais mes études en théologie, il y a trente-cinq ans. Tout en découvrant les complexités et les richesses des Écritures, j’ai été confronté à mes présupposés et à la tentation d’intellectualiser ma foi au détriment de ma piété. L’étude sérieuse de la théologie conduit souvent à une perte de naïveté ; Dominique Angers, pasteur et formateur averti, comprend les pièges du parcours. Il sait accompagner l’étudiant qui veut se rapprocher de Dieu, tout en découvrant les richesses infinies de sa Parole, vers une connaissance de Dieu au sens le plus riche. Yanick ETHIER Pasteur depuis 30 ans à l’Église de l’Espoir de Longueuil, Québec, membre fondateur de SOLA (TGC Québec) et directeur du développement de Mission Québec
Dominique Angers a été mon professeur à l’Institut biblique de Genève, puis à la Faculté de théologique évangélique à Montréal. Je peux attester que ce qu’il écrit dans ces pages est conforme à ce qu’il transmet au quotidien : il aide des dizaines d’étudiants chaque année à découvrir le « bonheur doctrinal » qu’il évoque. Je me réjouis de la parution de ce livre et je prie qu’il encourage beaucoup d’hommes et de femmes à étudier la théologie avec un amour vivant pour Jésus-Christ et son Église. Jonathan MEYER
Implanteur d’Eglise en Suisse et prochain directeur de l’Institut biblique de Genève en 2027
J’ai eu le privilège d’avoir Dominique Angers comme professeur. Je peux en témoigner avec de nombreux autres : il démontre par son ministère que la rigueur de l’étude, lorsqu’elle s’allie à un cœur humble, produit de merveilleux fruits. Avec clarté et profondeur, il montre la beauté, la nécessité et les buts de l’étude théologique. Bien comprise, elle nous conduit à mieux connaître Dieu, à aimer Christ plus profondément, à dépendre davantage de l’Esprit et à servir les autres avec plus d’humilité. Raphaël CHARRIER
Pasteur, auteur de Vivre pour Jésus et blogueur sur ToutPourSaGloire.com
On se demande rarement « comment » étudier la théologie... on s’y plonge, comme dans une piscine sans avoir appris à nager ! Dans ce petit livre Dominique Angers nous invite non seulement à explorer ensemble quelques pistes, mais à aimer la théologie parce qu’elle est un dialogue avec Dieu. Ce qui est remarquable dans l’approche de Dominique Angers, c’est que derrière « étudier la théologie », il y a toujours Dieu. C’est lui qui est là au coeur de l’étude. C’est un rappel merveilleux que l’auteur nous encourage à entendre ! Yannick IMBERT
Professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin et président des éditions Kerygma
Ce livre est pour celles et ceux qui réfléchissent à l’appel au ministère : Dominique Angers s’assoit à leurs côtés et les accompagne en tant que mentor et ami. Il les invite à franchir la prochaine étape de leur formation théologique en gardant les yeux fixés sur Jésus. Cet ouvrage, simple et profond, constituera une pierre angulaire pour les années passionnantes et enrichissantes qui les attendent. Angie VELASQUEZ THORNTON
Responsable du ministère féminin de SOLA (TGC Québec), et éditrice du livre Elles ont vu la fidélité de Dieu
Ce livre du pasteur et professeur Dominique Angers répond à un besoin qui ne paraît peut-être pas évident à première vue, mais qui s’avère bien réel. En effet, le souci de satisfaire aux exigences académiques peut conduire un étudiant en théologie à ressentir une certaine froideur spirituelle, susceptible d’altérer sa communion avec Dieu. Le professeur Angers démontre qu’il est possible d’être à la fois un étudiant passionné de la Bible et un chrétien dont la ferveur spirituelle demeure contagieuse. Je recommande la lecture de cet ouvrage aux étudiants en théologie afin qu’ils apprennent à étudier Dieu sans courir le risque de s’éloigner de Dieu. Joël LALOI
Pasteur et professeur de théologie au Séminaire de théologie évangélique de Port-au-Prince (STEP)
Dans ce livre simple, direct et percutant, Dominique Angers nous invite sereinement à en finir avec la prétendue dichotomie entre foi et théologie. Il souligne combien une saine approche de la théologie n’est pas un frein pour la croissance spirituelle, mais au contraire une source d’approfondissement qui nous conduit à mieux aimer le Seigneur et l’Évangile. Ce livre sera particulièrement profitable aux étudiants en théologie ou à quiconque envisage d’entreprendre une telle formation. Que le Seigneur l’utilise pour donner envie à beaucoup de frères et sœurs de creuser la Parole et la saine doctrine sans crainte de perdre leurs convictions, mais dans l’assurance, au contraire, de grandir en maturité et en piété pour son service ! Matthieu SANDERS
Pasteur à l’Église baptiste de Paris-Centre
Si vous étudiez la théologie, lisez ce livre. Il est court, mais il dit assez pour que vous soyez bien encouragé. Les derniers chapitres et les annexes sont particulièrement appréciables ! Lucas DEBAISIEUX
Étudiant en théologie à l’Institut biblique de Bruxelles.
Au fil de mon parcours pastoral et de mon engagement dans la formation biblique, j’ai rarement lu un ouvrage qui aborde avec autant de justesse la relation entre la théologie et la vie spirituelle. Avec clarté, sagesse et une profonde sensibilité pastorale, Dominique Angers montre que l’étude sérieuse de la théologie n’entrave pas la communion avec Dieu ; elle devient au contraire un chemin pour mieux l’aimer, le servir et le connaître. L’auteur rappelle avec pertinence que la véritable théologie nourrit tout à la fois l’intelligence, le cœur et la vie chrétienne. Voilà un ouvrage précieux pour les étudiants, les pasteurs et tous ceux qui souhaitent approfondir leur connaissance de la vérité sans jamais perdre leur passion pour Jésus-Christ. Keo KOGNON
Directeur d’Actes 29 pour les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et pasteur
Essais Dominique Angers
Comment étudier la théologie sans s'éloigner de Dieu
10 conseils pour remettre l'essentiel au cœur de la formation
Les éditeurs remercient chaleureusement toutes les relectrices pour leur précieuse collaboration à cet ouvrage : Myriam, Viviane et Odile.
Comment étudier la théologie sans s’éloigner de Dieu : 10 conseils pour remettre l’essentiel au cœur de la formation • Dominique Angers © 2026 • BLF Éditions Rue de Maubeuge, 59164 Marpent, France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Tous les ouvrages publiés par BLF Éditions sont écrits par un auteur humain et révisés par un éditeur humain. L’analyse automatisée de l’œuvre visant à extraire des informations, conformément au point III de l’article L.122-5-3 du code de la propriété intellectuelle, est interdite. Couverture : BLF Éditions, Sophie Rantoanina Mise en page : BLF Éditions, Laurianne Hirschler Sauf mention contraire, les citations bibliques sont tirées de La Bible du Semeur. Texte copyright © 2015 Biblica, Inc. Avec permission. Les caractères italiques ou gras sont ajoutés par l’auteur de cet ouvrage. L’autre version employée est indiquée en lettres abrégées et concerne la Nouvelle version Segond révisée dite à la Colombe (COL). Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés. Une coédition BLF Éditions et TPSG ISBN 978-2-38657-195-4 ISBN 978-2-38657-196-1
broché numérique
Imprimé en France par Sprint Dépôt légal 3e trimestre 2026
À mes étudiants de la Faculté de théologie évangélique à Montréal, qui ont entendu ces réflexions pratiques en février 2026 et m’ont encouragé à les diffuser plus largement
Table des matières Présentation de BLF Studia................................................................................................ 13 Introduction . . ............................................................................................................................. 15
1. Accueillons l’inconfort d’une « distanciation » déroutante .. ................................................................................................................... 21 2. Revenons régulièrement à l’essentiel – qui est clair ..................... 27 3. Développons nos convictions sur les sujets importants .. .......... 33 4. Refusons la séparation moderne entre la « tête » et le « cœur » ............................................................................................................... 39 5. Vivons la grande aventure de l’« intégration théologique » ! ......................................................................... 45 6. Utilisons abondamment les moyens de grâce .. ................................. 51 7. Apprenons des « leaders-serviteurs » dans l’Église ...................... 57 8. Développons des compétences nourries par la théologie ........ 63 9. Ne transformons pas notre futur diplôme en idole ...................... 69 10. Adoptons les vertus essentielles aux étudiants en théologie ................................................................................................................. 75 Conclusion .................................................................................................................................. 81 Annexe 1 : Les « formations pratiques » sont-elles toujours préférables ?.......................................................................................................... 85 Annexe 2 : Comment s’articule le rapport entre le centre de formation et l’Église locale ?.................................................................................... 91 Annexe 3 : Quatre livres à lire avant d’entreprendre des études de théologie..................................................................................................... 97 Notes .. ........................................................................................................................................... 103
BLF Studia
Prolongement plus académique du catalogue des éditions BLF, BLF Studia s’adresse à ceux dont la théologie est le métier ou la vocation : étudiants, pasteurs, enseignants, chercheurs. Bref, à tous ceux qui veulent aller plus loin que l’introduction, sans jamais perdre de vue que la pensée chrétienne se met au service de la foi. BLF Studia rassemble ses titres en trois collections : Les Essais proposent une réflexion personnelle et argumentée sur une question précise : une plume, une thèse, une contribution au débat. Les Ouvrages de référence offrent des instruments de travail solides et durables – manuels, dictionnaires, commentaires – pensés pour accompagner l’étudiant tout au long de son parcours et le pasteur tout au long de son ministère. Les Thèses remarquables donnent accès à des recherches de haut niveau, sélectionnées pour leur qualité et leur utilité, afin que le fruit du travail universitaire francophone ne reste pas confiné aux bibliothèques. Notre prière est que ces livres vous instruisent, vous stimulent et, au bout du compte, vous conduisent à mieux connaître notre grand Dieu et sauveur, qui est la source de toute sagesse. Les éditeurs
INTRODUCTION
La formation théologique me passionne. D’abord, parce que j’ai moi-même bénéficié de l’investissement significatif de mentors et de professeurs dans ma vie. Ensuite, parce que mon parcours dans le ministère m’a conduit, à mon tour, à participer à la formation d’hommes et de femmes de multiples manières. En tant que pasteur, j’ai eu la joie de former une nouvelle équipe d’anciens au sein de l’Église et d’y accueillir un couple de stagiaires à temps plein. Comme professeur et référent pastoral pour une partie de mes étudiants à l’Institut biblique de Genève, j’ai goûté à la richesse de la formation « en alternance » : les étudiants passaient une partie de l’année « en résidence » à l’institut et une autre en stage dans des Églises ou des œuvres chrétiennes. À la Faculté de théologie évangélique de Montréal, où je sers actuellement comme professeur et doyen, j’ai redécouvert les forces d’une formation théologique « classique » – mais régulièrement mise à jour en fonction de l’évolution des besoins des Églises, dans une société en constante mutation.
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Ce livre est, en quelque sorte, la synthèse de mes convictions sur la formation théologique, forgées au fil de la méditation des principes bibliques de formation et de mes expériences sur le terrain – autant comme jeune aspirant au ministère que comme formateur.
À qui s’adresse ce petit livre ? D’abord, à tous les étudiants en théologie, en particulier à ceux et celles qui commencent leur parcours d’apprentissage. Les réflexions qui suivent valent autant pour les chrétiens qui se forment : • dans une faculté de théologie ou un institut biblique de confession évangélique (certains préfèrent parler d’un « séminaire » ou d’une « école biblique », surtout en contexte québécois) ; • dans le cadre d’un programme de formation développé par leur Église locale ou leur famille d’Églises ; • à la TPSG Académie ou à travers d’autres ministères de ce type qui proposent des formations en ligne accessibles à tous. Peut-être ces chrétiens en formation perçoivent-ils déjà les tensions qui seront développées dans la suite de cette introduction et dans le premier chapitre. Dans le cas contraire, ils y seront rapidement confrontés. Mon objectif est d’encourager et d’aider les étudiants en théologie en leur proposant un vaste cadre stimulant, apte à donner sens à leurs études. Plus précisément, ce petit ouvrage situe tout cursus de formation théologique dans le contexte de la relation avec Dieu et du service rendu à Jésus-Christ et à son Église. Ensuite, cet ouvrage s’adresse également aux personnes qui envisagent d’entreprendre une formation théologique. Si vous êtes dans cette situation, vous vous posez peut-être plusieurs 16
Comment étudier la théologie sans s’éloigner de Dieu
questions. Je souhaite de tout cœur que ce livre puisse y répondre, vous rassurer et vous convaincre des nombreux bienfaits d’un temps mis à part pour l’étude de la Bible et de la théologie. Les principes présentés ici pourront aussi vous aider à choisir une formation qui vous corresponde, tout en gardant à l’esprit les priorités bibliques en matière de formation – et de transformation. L’annexe 3 s’adresse tout particulièrement à vous. Enfin, ce livre vise les sceptiques en matière de formation théologique. Plusieurs chrétiens peinent à adhérer à l’idée qu’il puisse être utile – et parfois nécessaire – de se former en théologie. Une telle démarche serait même susceptible, selon eux, d’éloigner de Dieu : au minimum, elle affaiblirait un attachement passionné à Christ ou une dépendance confiante à l’égard de l’Esprit. Elle exposerait ainsi aux nombreux pièges de « la connaissance ». Le texte de 1 Corinthiens 8.1 est parfois invoqué – souvent hors contexte – à l’appui de cette mise en garde : « Mais la connaissance rend orgueilleux. L’amour, lui, fait grandir dans la foi. » Cette association courante entre étude et orgueil amène certains, face à un étudiant en théologie, à dire : « Ce jeune homme se promène la tête tellement haute, absorbé dans les hauteurs théologiques, qu’il aurait sans doute préféré que Jésus ne dise pas : “Pais mes brebis”, mais plutôt : “Nourris mes girafes” ! »
De quoi parlons-nous ? Je ne sais pas quel écho le titre de ce petit livre rencontre en vous. Chose certaine, de nombreux étudiants en théologie vivent un tiraillement intérieur qui ressemble à ceci : Avant de débuter mes études de théologie, ma relation avec Dieu était plus simple. Peut-être même plus sincère. Je lisais ma Bible régulièrement, tout en ayant le sentiment que Dieu me parlait.
Introduction
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À cette époque, je ne me demandais pas quelle « méthode exégétique » utiliser ou quelle « approche herméneutique » privilégier, pas plus que si le passage que je méditais était « normatif » – directement applicable à nous – ou simplement « descriptif », décrivant une situation non transposable. Je priais alors en toute simplicité, ouvrant largement mon cœur à Dieu, sans imaginer que certaines de mes prières puissent être problématiques sur le plan théologique. Même ma vie d’Église était plus heureuse à certains égards. Aujourd’hui, quand j’écoute une prédication, je ne peux pas m’empêcher de détecter des erreurs d’interprétation évidentes ! Je n’ai aucune envie de juger les prédicateurs de mon Église, mais c’est plus facile à dire qu’à faire !
Pouvez-vous vous reconnaître dans les exemples qui précèdent ? Si vous n’avez pas encore entrepris de formation théologique, peut-être vous dites-vous : « Si l’étude de la théologie risque de compliquer à ce point ma relation avec Dieu, à quoi bon m’y engager ? » Quant à ceux qui doutent spontanément de la pertinence de la théologie, ils trouveront peut-être dans ces exemples une confirmation de leurs réserves. Notre relation avec Dieu est nécessairement façonnée par nos études en théologie. Il arrive toutefois que cette relation en souffre, ce qui peut paraître paradoxal : « Comment est-ce possible pour quelqu’un comme moi, inscrit en théologie ! » D’où la question centrale de cet ouvrage : comment étudier la théologie sans s’éloigner de Dieu ? Dans les pages qui suivent, je propose dix conseils pour y répondre – autant de jalons qui correspondent aux dix chapitres du livre. Cependant, cet ouvrage cherche à faire plus que répondre à cette seule question. Il propose une vision d’ensemble de la formation théologique, vécue à la fois dans les facultés de 18
Comment étudier la théologie sans s’éloigner de Dieu
théologie ou les instituts bibliques et au sein de l’Église locale. Or, il ne suffit pas d’en présenter tous les éléments : le véritable défi consiste à mettre en lumière les priorités essentielles qui donnent sens à l’ensemble.
Trois questions pour poursuivre la réflexion À la fin de chaque chapitre, vous trouverez une question de réflexion adaptée à votre situation, selon que : • vous êtes déjà en formation, • vous envisagez de vous former, • vous hésitez encore face à la formation théologique. Ces questions pourront également nourrir des échanges stimulants entre toutes les personnes qui s’intéressent à la formation théologique.
Introduction
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CHAPITRE UN
Accueillons l’inconfort d’une « distanciation » déroutante Quand une personne se lance dans l’étude de la théologie, il y a de fortes chances qu’elle fasse l’expérience des secousses associées à la « distanciation ». De quoi s’agit-il ? La distanciation se produit lorsque nous prenons du recul par rapport à nos anciennes certitudes. Nos découvertes peuvent alors nous donner l’impression de nous éloigner, de nous « distancer » de nos idées reçues. Ce phénomène peut même susciter le sentiment qu’une distance se crée entre nous et Dieu. Dans quels domaines cette distanciation peut-elle se produire ?
Dans notre rapport à la Bible On peut être troublé par ce type de constat : • « J’ai toujours cru que tel verset avait tel sens, et il me faisait d’ailleurs le plus grand bien. Or, maintenant, on m’informe que, si l’on prend en compte son genre littéraire, on parvient à une tout autre compréhension, qui ne m’avait jamais effleuré l’esprit. » Le pire, c’est lorsque cette désillusion touche votre verset préféré, celui-là même que vous aviez fait imprimer sur un T-shirt !
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• Lorsque vous mémorisez l’alphabet grec ou hébreu, il est fort possible que vous vous sentiez plus loin que jamais de la Parole de Dieu. Vous vous dites alors : « Si j’ai autant de mal à m’approprier l’alphabet, les conjugaisons ou le vocabulaire étranger, combien de temps faudra-t-il pour que le grec ou l’hébreu m’aide à me rapprocher de la signification originelle des textes bibliques ? Pour l’instant, j’ai plutôt l’impression que les langues bibliques m’éloignent d’une lecture édifiante de la Bible ! »
Dans notre rapport à nous-même Vos études en théologie risquent de mettre à mal certains de vos présupposés théologiques, ceux-là mêmes que vous chérissiez sans en être conscient. Supposons que vous ayez toujours cru à un futur enlèvement secret de l’Église. Puis, vous vous rendez compte que, selon la plupart des théologiens évangéliques d’aujourd’hui, notre « enlèvement » pour aller à la rencontre de Christ ne se fera nullement dans le secret, mais ouvertement, lors du retour du Seigneur en gloire – et non auparavant (1 Thessaloniciens 4.17). Comment réagiriez-vous ? Auriez-vous du mal à intégrer cette nouvelle donnée, ou du moins, à considérer cette possibilité à laquelle vous n’aviez jamais été exposé ? Avant de poursuivre, j’exhorte amicalement mes lecteurs à ne pas se laisser distraire par les exemples que je donne, lesquels susciteront assurément des désaccords chez certains. Mon objectif n’est évidemment pas de convaincre qui que ce soit de la justesse de telle interprétation ou position théologique.
Dans notre rapport à l’Église Votre Église locale a peut-être de fermes convictions quant au rôle du Saint-Esprit, à la manière de prêcher ou à la façon de choisir ses responsables. Or, votre formation vous expose 22
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à d’autres points de vue. Vous pouvez alors vous sentir déstabilisé en entendant des enseignants présenter avec force des perspectives dont vous ignoriez l’existence ou la pertinence.
Apprivoiser la distanciation La distanciation décrite dans ce chapitre ne doit pas se traduire par un éloignement de Dieu. L’inconfort qu’elle génère est temporaire. À terme, il portera même de bons fruits. Prenons le temps de digérer les « nouveautés », surtout lorsqu’elles pourraient conduire à un changement de paradigme de grande ampleur. L’objectif d’une bonne formation théologique est, bien sûr, de nous rapprocher de Dieu et de ses pensées, et non de nous en éloigner. Pour y parvenir, il importe de ne pas se perdre dans les détails, mais de rester concentré sur l’essentiel.
Accueillons l’inconfort d’une « distanciation » déroutante
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Et maintenant ? Vous êtes déjà en formation : J Une lecture ou une parole d’un professeur vous a-t-elle déjà amené à remettre en question une croyance que vous teniez jusque-là pour acquise ? Laquelle ?
Vous envisagez de vous former : J Préféreriez-vous être exposé à d’autres positions évangéliques que celles de votre Église ou plutôt approfondir et consolider vos convictions actuelles ? Expliquez.
Vous hésitez face à la formation théologique : J Quels pourraient être les bénéfices d’une formation qui vous amènerait à prendre du recul par rapport à des convictions que vous portez depuis des années ?
CHAPITRE DEUX
Revenons régulièrement à l’essentiel – qui est clair Ce n’est pas parce que certaines découvertes sont étonnantes, voire déroutantes, que tout l’édifice de nos croyances doit pour autant se mettre à chanceler. Lorsque nous sommes ébranlés par la possibilité d’avoir eu tort sur un point de doctrine ou d’avoir « raté » une vérité pourtant présente dans l’Écriture, revenons aux fondamentaux. Ils sont rassurants : pas faussement rassurants, mais véritablement réconfortants.
La nature de l’Écriture Souvenons-nous d’abord que l’Écriture est inspirée de Dieu et inerrante – sans la moindre erreur. Bien que des interprétations erronées soient possibles, la Parole écrite de Dieu ne fait jamais fausse route. Elle seule, en dernière analyse, exerce autorité sur notre vie. Méditons également la doctrine de la « clarté » de l’Écriture : tout ce qui est nécessaire au salut et à la vie chrétienne y est exprimé clairement. Ce rappel apporte un vent de fraîcheur face aux complexités d’une question théologique.
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Mais rappelons-nous que cette doctrine n’implique pas que tous les passages de la Bible soient immédiatement clairs. Cette précision nous évitera d’entretenir des attentes irréalistes lorsque nous abordons des textes difficiles et nous donnera la patience nécessaire pour poursuivre notre apprentissage.
Les attributs de Dieu Repassons en revue les attributs de Dieu : il est saint, aimant, juste, fidèle et ainsi de suite. Quand vous aurez achevé votre formation théologique, Dieu ne sera pas moins saint, aimant, juste et fidèle ! Et il ne changera jamais.
Au cœur des œuvres de Dieu : l’Évangile Étudier la théologie, c’est se pencher non seulement sur Dieu lui-même, mais aussi sur ses œuvres. Or, il n’est pas toujours aisé de saisir ce que Dieu a fait à travers l’histoire ou ce qu’il réalise aujourd’hui. Pourtant, le cœur même des œuvres divines porte un nom : « l’Évangile », accessible même à un enfant. Dit simplement, l’Évangile est la Bonne Nouvelle de ce que Dieu a fait pour nous en Jésus-Christ. Cette Grande Nouvelle se concentre sur deux événements historiques : la mort et la résurrection de Christ (1 Corinthiens 15.1-4). Dieu, dans son plan souverain, nous a grandement facilité les choses. En effet, l’Évangile est à la fois : • le point central des œuvres de Dieu ; • le point central de l’Écriture – Ancien et Nouveau Testament ; • le point central de la théologie biblique et systématique ; • le moteur de la vie chrétienne et de la vie de l’Église.
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Comment étudier la théologie sans s’éloigner de Dieu
Voilà donc un point d’ancrage sûr. Comprendre plus pleinement les faits et les implications de la croix et de la résurrection de Christ résume bien la démarche théologique. Quant à la vie chrétienne, elle consiste à « vivre » ces implications.
Dieu habite en nous Rappelons-nous régulièrement que nous avons un accès privilégié à la présence de Dieu. En effet, l’Esprit de Dieu habite en nous (Romains 8.9). Et il est disposé à nous aider à profiter pleinement de nos études théologiques, lui qui est le mieux placé pour le faire ! C’est vertigineux : celui qui a inspiré l’Écriture réside en nous et nous rend capables de la comprendre et de la mettre en pratique.
Notre rocher Certes, des découvertes et des surprises jalonneront notre formation. Néanmoins, les vérités cardinales ne se trouveront que renforcées et confirmées par l’étude de la théologie. Dans un contexte évangélique, elles ne seront jamais remises en cause. Au contraire, notre compréhension et notre appréciation de ces vérités croîtront au fil des cours et des lectures. Tout au long de notre formation, nous pouvons nous appuyer sur la sécurité et la stabilité qu’offre notre rocher : le Dieu trinitaire – Père, Fils et Saint-Esprit. C’est sur ce rocher que nos convictions sur les sujets théologiques les plus importants prendront forme, pierre après pierre.
Revenons régulièrement à l’essentiel – qui est clair
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Et maintenant ? Vous êtes déjà en formation : J Comment faites-vous concrètement pour revenir régulièrement aux vérités centrales de la foi chrétienne, alors même que vos études vous amènent à explorer des questions plus spécialisées ou secondaires ?
Vous envisagez de vous former : J Quelle vérité biblique a, jusqu’à maintenant, le plus profondément marqué votre marche avec Dieu ? Comment une formation théologique pourrait-elle vous aider à approfondir encore davantage cette vérité ?
Vous hésitez face à la formation théologique : J Pensez-vous qu’une formation théologique centrée sur les vérités essentielles de la foi puisse nourrir la vie chrétienne plutôt que la compliquer ? Pourquoi ?
CHAPITRE TROIS
Développons nos convictions sur les sujets importants Lorsqu’un enseignant vous présente trois positions sur un sujet, le danger est de conclure : « Si même les experts ne s’entendent pas, qui suis-je pour prétendre percer un sujet aussi complexe ? » N’acceptez jamais une telle conclusion. Au contraire, il est possible – et même utile pour l’Église – de vous forger des convictions fermes, toujours en toute humilité. Pour les sujets importants, examinons et évaluons les positions à la lumière de l’Écriture afin de développer nos convictions. Prenons exemple sur les Béréens, qui « examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu’on leur disait était juste » (Actes 17.11). Reste alors à se demander : qu’est-ce qui constitue un sujet important ?
Les sujets importants Un sujet est important lorsqu’il a de réelles répercussions. Prenons, par exemple, cette question théologique : « Les anges sont-ils répartis en plusieurs classes, selon une hiérarchie précise ? » J’espère sincèrement que ce type d’interrogation ne vous empêche pas de dormir. En effet, la réponse à cette question aura des effets très limités sur le terrain. 33
En revanche, certains sujets sont importants « en soi », tandis que d’autres le sont pour votre ministère. Certains sujets sont importants en soi parce qu’ils touchent à notre relation avec Dieu ou à la vie de l’Église. La question : « Quelles sont les clés de la sanctification ? » est d’une pertinence évidente ! « Comment concevoir l’adoration lors du culte communautaire ? » en est une autre. D’autres sujets sont importants pour votre ministère. Lesquels ? Cela dépend bien sûr de votre activité, présente ou future. Si vous visez l’évangélisation, votre position sur le rapport entre proclamation et action sociale orientera votre pratique. Quand je suivais les cours de Donald Carson1, j’ai été surpris de l’entendre déclarer ceci : « Si vous vous destinez au ministère pastoral, vous devrez avoir une position claire sur le divorce et le remariage dès le premier jour de votre ministère. Pourquoi ? Tout simplement parce que la question se posera sur le terrain, peut-être plus rapidement que vous ne le pensez. »
Deux écueils à éviter Le premier écueil est de ne pas avoir de convictions personnelles sur les points théologiques significatifs, voire de refuser de prendre position. Or, cette attitude soi-disant « neutre » peut déboucher sur une forme de relativisme : « Comme il existe trois “positions évangéliques” sur cette question, peu importe laquelle l’on choisit, on reste “dans les clous”. À la limite, peu importe laquelle est “vraie” d’un point de vue biblique. Chacune ne détient-elle pas une part de vérité ? » Malheureusement, pour certains, les études en théologie mènent à une forme de relativisme ou de cynisme. Ou encore de « tribalisme » : « Je préfère m’identifier aux partisans de la position X, généralement plus respectables, plutôt qu’à ceux de la position Y, dont certains responsables 34
Comment étudier la théologie sans s’éloigner de Dieu
me sont difficiles à supporter. » Dans ce cas, le positionnement relève davantage du sociologique que du théologique. Le second écueil consiste à adhérer trop rapidement à la position de votre enseignant préféré ou d’un auteur que vous affectionnez, sans avoir pris la peine d’examiner vous-même les textes bibliques concernés. En le citant une seconde fois dans ce chapitre, je ne peux cacher l’influence qu’a eue Donald Carson dans ma formation théologique. À la faculté interdénominationnelle où je me trouvais se côtoyaient diverses positions théologiques au sein du corps professoral, y compris sur la question du baptême. Se voulant volontairement provocateur, Carson déclara un jour en classe : « Allez voir le professeur Willem VanGemeren – un réformé – et demandez-lui de vous expliquer la position pédobaptiste. Puis, venez me voir et je vous expliquerai la position crédobaptiste2. Après, vous trancherez. » Carson voulait ainsi nous inculquer un principe fondamental : pour nous, protestants évangéliques sans pape et nous réclamant de la seule autorité de l’Écriture, c’est l’interprétation biblique la plus convaincante à nos yeux qui doit l’emporter sur chaque point. Les tenants des diverses positions doivent donc nous démontrer, à partir de l’Écriture, que leur position est la plus plausible. Cela n’empêche évidemment pas des théologiens de calibre comparable d’aboutir à des conclusions différentes. Ne vous sentez pas obligé d’adopter une position sur tout avant la fin de vos études. Dans certains cas, vous ne pourrez vous pencher sur une question qu’après votre cursus. Toutefois, gardons à l’esprit qu’il faudra tôt ou tard se positionner sur les sujets vraiment importants. Cet arbitrage n’est pas qu’un exercice intellectuel : il affecte profondément notre cœur, siège de l’ensemble de notre personnalité. Développons nos convictions sur les sujets importants
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Et maintenant ? Vous êtes déjà en formation : J Quelle conviction importante pour votre vie ou votre ministère a été développée ou renforcée au cours de votre formation théologique ?
Vous envisagez de vous former : J Dans quel domaine aimeriez-vous qu’une formation théologique vous aide à développer des convictions solides ?
Vous hésitez face à la formation théologique : J Avez-vous l’impression que les étudiants en théologie manquent de convictions – ou, au contraire, qu’ils sont parfois trop sûrs d’eux ? Selon vous, le problème vient-il de la formation elle-même ou d’autre chose ?
Comment étudier la théologie sans s’éloigner de Dieu ? De nombreux chrétiens considèrent l’étude de la théologie avec suspicion : « Étudier la théologie risque d’éloigner les gens d’une relation simple et vivante avec Dieu ! » Certains étudiants en théologie ont pu contribuer à créer cette impression : leur connaissance a certes grandi, mais leur intimité avec Dieu semble s’être effilochée. Peut-être avez-vous déjà observé ce phénomène chez d’autres, ou même dans votre propre parcours. Ce livre s’adresse aux étudiants en théologie, aux pasteurs, aux formateurs, ainsi qu’à tous les chrétiens désireux de mieux comprendre leur foi ou d’entreprendre une formation. Au lieu de renoncer à la rigueur intellectuelle, il propose de la mettre au service de ce pour quoi elle existe : connaître Dieu plus profondément, aimer son Église plus fidèlement et servir plus humblement. S’appuyant sur de nombreuses années consacrées à la formation de chrétiens et de responsables, l’auteur trace un chemin où l’étude des voies de Dieu et l’amour pour Dieu avancent ensemble. La théologie peut alors redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une joie.
Dominique ANGERS est docteur
en théologie. Il a contribué à la formation de responsables chrétiens dans divers contextes. Après avoir été pasteur en Alsace et professeur à l’Institut biblique de Genève, il est aujourd’hui doyen et professeur à la Faculté de théologie évangélique (Montréal). Il est également l’auteur des commentaires Parle-moi maintenant sur Éphésiens et Marc.
12,90€
ISBN 978-2-38657-195-4
9
782386
571954
Imprimé en France