BFL CANADA Mise à jour du marché de l'assurance Avril 2026
En date d’avril 2026
Introduction
Conformément aux prévisions formulées en décembre 2025, les négociations sur le renouvellement des traités de réassurance mondiaux au 1er janvier 2026 ont abouti à des conditions favorables, avec une baisse des coûts de réassurance pour les assureurs en première ligne, ce qui a finalement profité aux assurés. Certains points clés ont été abordés, tels que les risques climatiques et météorologiques extrêmes, y compris les feux de forêt imprévisibles, l’instabilité géopolitique et commerciale causant des perturbations des chaînes d’approvisionnement, ainsi que la hausse des coûts d’approvisionnement en pièces essentielles pour les entreprises manufacturières. Toutefois, ces questions n’ont pas eu d’incidence significative sur le résultat des négociations, car la capacité de réassurance disponible à la fin de l’année 2025 était estimée à plus de 760 milliards de dollars américains. Les pertes assurées déclarées résultant des catastrophes naturelles mondiales (tels que les tremblements de terre, les inondations, les tempêtes et les ouragans) en 2025 ont été inférieures de 10 % à la moyenne sur dix ans.
Outre la capacité stable de réassurance prévue par les traités, les marchés de l’assurance ont également subi les effets d’un nouveau flux de capital provenant du secteur du crédit privé, ce qui renforce encore la saine concurrence sur les marchés du transfert des risques. Malgré l’impact de la fluctuation des taux d’intérêt sur le rendement des investissements, les rapports sinistres/primes restent bons. L’incertitude liée à la volatilité des menaces tarifaires américaines crée une préoccupation constante pour les entreprises canadiennes qui font des affaires aux États-Unis ou le reste du monde.
Les assureurs resteront disciplinés dans leur approche de souscription de classes plus strictes avec des franchises plus élevées, des conditions restrictives et des limitations géographiques pour les biens situés dans des zones à haut risque.
Par ailleurs, plusieurs acquisitions ont eu lieu au premier trimestre de 2026 au Canada, notamment le rachat de Travelers Canada par Definity et, plus récemment, l'annonce de l'acquisition d'Everest Canada par Wawanesa. Ces acquéreurs visent principalement à assurer une croissance globale, à gagner des parts de marché et à étendre stratégiquement leur offre dans des produits d'assurance qui ne figuraient peut-être pas encore dans leur portefeuille.
Tout au long de l’année 2026, les assureurs canadiens poursuivront leurs stratégies de croissance respectives, s’inscrivant dans la continuité de la tendance observée en 2025. Cette année encore, un changement notable sera observé : les assureurs vont rechercher des occasions qu’ils auraient écartées auparavant. Par ailleurs, de nombreuses entreprises investissent davantage dans l’intelligence artificielle et la transformation numérique afin de réduire les coûts d’exploitation et les redondances pour favoriser l’efficacité opérationnelle dans la collecte de données liée aux processus de souscription et de réclamation.
Assurance de biens
Comptes affichant un bon historique : Non exposés aux catastrophes : variation entre -5 % et -15 %; Exposés aux catastrophes : maintien des taux de prime ou hausse pouvant aller jusqu’à 10 %
En 2025, le Canada a subi d’importantes pertes matérielles dues à des catastrophes naturelles, notamment :
Ontario et Québec
Manitoba et Saskatchewan
Terre-Neuve-et-Labrador
Les tempêtes de verglas ont causé 342 millions de dollars de pertes assurées
Les feux de forêt ont causé 300 millions de dollars de pertes assurées
Les feux de forêt ont causé 70 millions de dollars de pertes assurées
Bien que 2025 s’est classée au deuxième rang des pires saisons de feux de forêt, avec plus de 7,25 millions d’hectares de terres touchées, le secteur canadien de l’assurance de biens a culminé l’année 2025 sur une note positive, principalement grâce à l’afflux de capacités disponibles sur les marchés nationaux et internationaux.
Aux deux premiers trimestres de 2026, la capacité de l’assurance de biens reste saine et stable au Canada, ce qui se traduit par des réductions de taux pour les assurés, mais à un rythme décroissant. Les assurés qui ont bénéficié, au cours des deux dernières années, de baisses de taux significatives à deux chiffres (parfois supérieures aux tendances du secteur) sur leurs marchés actuels pourraient ne pas bénéficier d'une baisse de taux aussi importante lors du renouvellement, car les souscripteurs privilégient désormais la durabilité dans leur tarification. Toutefois, de nombreux assureurs sont motivés à utiliser leur capacité pour couvrir des risques performants, ce qui peut entraîner une concurrence tarifaire acharnée. Les souscripteurs se concentreront sur les données de souscription pertinentes suivantes :
• Augmentation des coûts de remplacement;
• Rapports sur les interruptions d’activité et adéquations;
• Données de localisation précises;
• Plan de continuité des activités;
• Modélisation des catastrophes naturelles;
• Données d’ingénierie de la qualité.
Considérations clés en 2026 :
• La discipline en matière de souscription est maintenue, avec des modalités, des garanties et des franchises plus restrictives, ainsi que des pratiques d’agrégation.
• Les inspections de contrôle des sinistres et la mise en œuvre des recommandations resteront des critères importants.
• Veiller à ce que les taux soient viables pour les réclamations inconnues à long terme.
• Des engagements continus et réguliers avec les clients sont la clé d’un partenariat fructueux à long terme.
Assurance responsabilité civile générale des entreprises
Comptes affichant un bon historique : Variation comprise entre -5 % et -15 %
La concurrence sur le marché canadien de l’assurance de dommages reste dynamique aux cours des deux premiers trimestres de 2026. Les assureurs recherchent activement de nouvelles occasions de croissance et diversification. Les assurés continueront à bénéficier de baisses de taux, à un rythme modéré, alors qu'ils avaient pu constater, au cours des deux dernières années, des baisses significatives à deux chiffres (parfois supérieures aux tendances du secteur) sur leurs marchés actuels. Cette année, les compagnies d'assurance continueront d'évaluer chaque risque au cas par cas, afin de garantir la durabilité de leurs taux. Toutefois, la concurrence continuera de contribuer à une baisse des taux inférieure aux tendances du secteur en 2026.
Les souscripteurs resteront prudents face aux risques émergents tels que l’utilisation de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (SPFA). De nombreux assureurs imposent automatiquement ces exclusions obligatoires, s’appuyant sur la clause de charge inversée stipulant que l’assuré doit prouver le contraire, à savoir que le sinistre déclaré n’a pas été causé par des SPFA, comme on le voit dans les polices d’assurance de construction des marchés londoniens.
Les verdicts nucléaires, l’inflation sociale, les changements climatiques, l’ESG, les répercussions des tarifs douaniers américains, ainsi que la hausse des coûts de défense et de règlement des sinistres constituent des facteurs clés dans la souscription des risques canadiens, tout particulièrement pour les clients qui exercent des activités aux États-Unis.
En 2026, les souscripteurs continueront de se concentrer sur les considérations clés suivantes :
• Des mesures et procédures de contrôle des risques des assurés doivent être prises, telles que les mesures de contrôle de la qualité et les plans de santé et de sécurité au travail
• La réception de données de souscription de qualité, y compris la ventilation des revenus estimés par région.
• Veiller à ce que les taux soient viables pour les réclamations inconnues à long terme.
• Des engagements continus et réguliers avec les clients sont la clé d’un partenariat fructueux à long terme.
Assurance responsabilité automobile canadienne
Comptes affichant un bon historique : Maintien ou augmentation pouvant aller jusqu’à 5 %
Au premier trimestre de 2026, le marché de l’assurance des parcs automobiles a continué d’enregistrer des variations de taux de primes allant de zéro au taux nominal (moins de 5 %) pour les risques performants. La capacité demeure abondante pour les souscriptions d’assurance responsabilité automobile primaires, complémentaires et excédentaires, y compris les parcs fortement exposés aux États-Unis. Certains souscripteurs restent prêts à examiner et à offrir des options garanties de renouvellement pluriannuel et des programmes de partage des bénéfices. Les produits télématiques seront testés et déployés avec des économies immédiates sur les primes lorsque les parcs automobiles choisiront de partager leurs données relatives au comportement routier. Tous les signes laissent présager des perspectives positives constantes pour le reste du deuxième trimestre et pendant le troisième trimestre de 2026.
La réforme de l’assurance automobile de l’Ontario, qui entrera en vigueur le 1er juillet 2026, permettra aux titulaires de police de renoncer à certaines indemnités essentielles d’accident. Les indemnités pour frais médicaux, de réadaptation et de soins auxiliaires resteront automatiquement partie intégrante de ces polices, tandis que les autres garanties d’indemnités d’accident, notamment le remplacement du
revenu, la personne soignante, l’entretien ménager/l’entretien de la maison, la garde des personnes à charge et les décès et les funérailles, seront facultatives, ce qui offrira aux assurés plus de flexibilité et des économies potentielles.
À mesure que ces pressions réglementaires s’intensifient, les défis liés à la capacité des chauffeurs refont surface dans toutes les provinces canadiennes. Les associations provinciales de camionnage cherchent à :
• Éliminer la fraude dans le secteur des permis de conduire pour camions commerciaux;
• Renforcer les contrôles de conformité en matière de travail, car toutes les sociétés d’État et tous les projets gouvernementaux qui lancent des appels d’offres pour des services de transport routier doivent s’assurer que les chauffeurs ne sont pas classés dans une catégorie erronée et qu’ils respectent leurs obligations fiscales et professionnelles;
• Examiner la Facility Association des installations pour le transport routier commercial et apporterles corrections nécessaires pour assainirles flottes, afin qu’elles puissent quitterla Facility Association pourrejoindre un programme d’assurance traditionnel après un ou deux ans.
Assurance responsabilité civile complémentaire
Comptes affichant un bon historique : Variation entre -5 % et +5 %
En raison de l’augmentation du nombre de verdicts nucléaires, y compris les recours collectifs, et de la hausse du montant de ces verdicts, ainsi que de l’infiltration de certains sinistres automobiles importants dans les tranches d’assurance complémentaire, surtout aux États-Unis, de nombreux assureurs resteront prudents dans leur tarification. Toutefois, compte tenu de la capacité additionnelle disponible en matière d’assurance responsabilité civile excédentaire, les marchés de l’assurance responsabilité civile complémentaire chercheront des modifications de taux et des exigences de primes raisonnables et durables, tout en gardant à l’esprit la concurrence vigoureuse en matière de souscription.
Les assureurs de la responsabilité civile complémentaire insistent sur un niveau de prise d’effet minimum de cinq millions de dollars pour l’assurance automobile aux États-Unis et d’un à deux millions de dollars pour l’assurance automobile au Canada.
Assurance responsabilité civile excédentaire
Comptes affichant un bon historique : Maintien des taux de prime
La capacité en matière d’assurance responsabilité civile excédentaire reste très solide au Canada, grâce à l’augmentation des limites et de l’appétit pour le risque des assureurs nationaux, ainsi qu’à l’intérêt soutenu des marchés internationaux, tels que Londres et les Bermudes, qui continuent d’être attirés par les risques canadiens. Les souscripteurs déploient leur capacité, car les primes pour ces tranches ont été corrigées au cours des dernières années, ce qui a donné lieu à des taux de primes plus durables à ce jour pour les risques jugés favorables et de plus haut niveau.
Assurance des risques exécutifs
Les conditions du marché sont généralement favorables à l’heure actuelle.
• Stabilité des primes malgré les turbulences économiques et géopolitiques Les assureurs canadiens de risques exécutifs restent suffisamment rentables pour supporter de nouvelles baisses de leurs marges bénéficiaires, bien que de manière plus sélective que ces dernières années, malgré des indicateurs économiques clés défavorables. On s’attend néanmoins à ce que l’accent soit progressivement déplacé de la croissance pure du volume des primes vers l’équilibre et la diversification du portefeuille (mix d’activités, primaire vs excédentaire, secteurs, couverture multibranche).
• Capacité abondante et concurrence stable Les prix moyens restent à des niveaux qui permettent une capacité abondante et un marché concurrentiel.
• Resserrement notable de la souscription dans les secteurs/activités fortement exposés aux droits de douane, aux taux de change, au commerce international et aux pressions économiques — Les mécanismes/conséquences typiques de gestion de risques comprennent la gestion des limites, l’augmentation de la rétention et des primes, un processus plus rigoureux pour faire accepter les dépôts d’une procédure sous le régime de la LACC comme des avis de réclamation potentielle, l’augmentation des coûts de liquidation, les extensions de police parrapport aux renouvellements, un processus de renouvellement plus long, etc.
Perspectives et tendances par ligne de produits
• Capacité abondante
Vols et détournements
Tendance : + Amélioration
Responsabilité fiduciaire
Tendance : = Stable
Assurance responsabilité civile liée aux pratiques d’emploi (EPLI)
Tendance : - Détérioration
Assurance de la responsabilité civile des administrateurs et des dirigeants (A&D)
Tendance : = Stable
Cyberassurance
• Fréquence des réclamations généralement faible
• Malgré l’augmentation de la capacité de fraude par piratage psychologique, les assureurs restent prudents :
• Gestion des limites
• Souscription prudente en matière de contrôles
• Conditions préalables de plus en plus courantes
• Hausse des frais excessifs de litige
• Surveillance du financement des prestations déterminées/de la solvabilité
• Surveillance étroite des modifications au régime et des coûts (prestations de soins de santé)
• Préoccupation accrue à l’égard du cycle baissier et des réductions de la main-d’œuvre
• Augmentation de la fréquence des réclamations :
• Renvoi injustifié
• Préavis insuffisant
• Restructuration par fusions et acquisitions/clause d’indexation sur les bénéfices futurs
• Capacité abondante
• Examen accru des souscriptions :
• Effet de levier dans un contexte de taux d’intérêt élevés
• Prévisions de baisse des dépenses de consommation dans les secteurs de la vente au détail, des voyages et du divertissement
• Accès au financement
• Répercussion des tarifs douaniers
Le marché de la cyberassurance reste favorable aux acheteurs au Canada et à Londres. Le rythme des baisses de taux s’est toutefois ralenti, et les discussions sur les renouvellements de 2026 seront plus techniques. La capacité reste abondante, en particulier pour les tranches excédentaires, la couverture reste largement négociable pour les risques bien maîtrisés et les assureurs continuent de se disputer les contrats de qualité. Cela dit, les rançongiciels, les défaillances des fournisseurs/systèmes, le non-respect de la vie privée, la fraude assistée par l’IA et la concentration systémique dans le cloud maintiennent la discipline de souscription intacte. Le message pratique pour les courtiers en 2026 est le suivant : les conditions favorables persisteront, mais le marché ne sera plus aussi favorable et souple.
2026est l’année de maturation du marché souple.
Sujet 3e et 4e trimestresde 2025 Mise àjour2026
Tarification
Forte baisse des taux et élargissement de la couverture
Menaces Les rançongiciels dominent; l’IA se développe
Le marché reste souple, mais les baisses ralentissent; les renouvellements devraient se poursuivre tels quels (certaines régions/certains programmes stagnent) et les négociations s’annoncent plus difficiles pour les comptes peu performants ou touchés par des pertes.
Les rançongiciels restent prédominants, mais l’hameçonnage et les compromissions des boîtes courriel professionnelles basés sur l’IA, la dépendance vis-à-vis des fournisseurs, les risques liés à la vie privée et les pannes de système occupent désormais une place plus centrale dans les discussions sur la souscription et la couverture.
Réglementation
Tendance générale en matière de cyberrésilience
En 2026, le Canada, l’UE et Londres exerceront une pression plus concrète par le biais de la déclaration des incidents, de la résilience et de la gouvernance des libellés, ce qui aura une incidence croissante sur les questionnaires de souscription et la formulation des polices.
Conditions du marché et tendances en matière de tarification
En 2025, le Canada est demeuré concurrentiel, avec une baisse globale des taux de cyberassurance de 10 à 15 %, attribuable à une couverture plus étendue, à des franchises négociables et à une forte concurrence en matière d’excédents; conditions favorables au Canada pour les risques de qualité.
Pour 2026, le consensus n’est pas qu’il s’agira d’un marché difficile, mais plutôt d’un marché souple en maturation avec une stabilisation ou un resserrement sélectif plutôt qu’une baisse continue et importante partout.
Conséquencespratiques: les assurés solides peuvent toujours demander des limites plus élevées, des franchises moins élevées, des libellés plus étendus, un meilleur traitement des cybercrimes et de meilleurs résultats en cas de défaillance du système, mais les assureurs sont moins disposés à faire des concessions importantes lorsque les contrôles, le profil du secteur ou l’historique des pertes sont faibles.
Évolution du marché canadien prévue pour 2026
Une nouvelle source d’incertitude positive sur le marché en 2026 est liée à l’accélération de la stratégie cyber de Zurich à la suite de deux transactions majeures :
• L’acquisition de BOXX Insurance, une plateforme de cyberassurance et de cyberprotection axée sur les PME;
• L’acquisition annoncée de Beazley, l’un des plus grands assureurs cyber au monde et l’un des principaux souscripteurs spécialisés de Lloyd’s.
Alors que Zurich a perdu 20 % de sa part de marché de la cyberassurance au Canada en 2025, ces acquisitions suggèrent que Zurich est en train de construire l’une des plateformes de cyberassurance les plus intégrées verticalement au monde, qui combine :
• capacité de cyberassurance;
• services et prévention en matière de cyberrisques;
• distribution axée sur la technologie;
• produits numériques de cyberassurance pour les PME.
La combinaison entre Zurich, Beazley et BOXX pourrait accroître la pression concurrentielle sur les assureurs cyber qui s’appuient uniquement sur des modèles de souscription traditionnels. Elle pourrait accélérer l’évolution de la cyberassurance vers des plateformes intégrées de gestion de cyberrisques combinant des services d’assurance, de technologie et de prévention.
Une autre évolution qui devrait influencer le marché canadien de la cyberassurance en 2026 est l’expansion de Resilience Cyber Insurance Solutions au Québec, soutenue par un partenariat stratégique avec Intact.
Resilience exploite une plateforme de gestion de cyberrisques qui combine la souscription d’assurance avec une surveillance et une analyse continues de la cybersécurité. Au Canada, la société devrait collaborer avec Intact, qui lui apporte une présence sur le marché local, un réseau de distribution et une infrastructure réglementaire.
À l’instar de Zurich, le partenariat entre Intact et Resilience illustre une évolution plus générale du secteur de la cyberassurance vers la mise en place de systèmes intégrés de cyberprotection, grâce auxquels les assureurs combinent leur capacité d’assurance avec des services de cybersécurité, des analyses de risques basées sur les données et des plateformes en ligne automatisées. Ces tendances font écho à la stratégie de BFL CANADA, qui prévoit la numérisation de ses produits cyber pour 2026 par le biais du développement stratégique de produits et l’innovation (SPD&I) et de BFL Digital.
Assurance responsabilité environnementale
Primes stables ou en légère hausse L’assurance responsabilité environnementale subit les mêmes pressions que les autres secteurs d’activité en raison de l’augmentation des coûts des sinistres et de l’inflation sociale. Cependant, en raison de l’abondance des capacités sur le marché, la volatilité reste faible pour les comptes performants dans toutes les lignes de produits. Les hausses de taux, lorsqu’elles sont appliquées, se manifestent principalement dans le segment de l’assurance responsabilité liée à la pollution des lieux et demeurent modérées. Même les comptes accusant des sinistres plus importants suscitent l’intérêt du marché. Les baisses de taux pour les comptes performants sont fréquentes, et le marché est particulièrement souple en ce qui concerne l’assurance responsabilité en matière de pollution des entrepreneurs. Il subsiste une certaine rigueur du marché pour les entreprises présentant des risques élevés dans les secteurs du pétrole, du gaz et de l’exploitation minière, ainsi que pour la couverture des risques liés à l’aménagement de terrains contaminés. Les assureurs ayant des souscripteurs à Londres ou aux États-Unis tentent activement d’étendre leur présence au Canada.
Gestion du portefeuille d’affaires D’autres modifications mineures à l’appétit ont été apportées. L’application d’une exclusion des SPFA sur les comptes de pollution des lieux se fait généralement au cas par cas, mais a été plus fréquente dans les cas d’exposition industrielle. Il est parfois possible d’éviter ces exclusions en fournissant des renseignements concernant la souscription liés aux SPFA. Les expositions à la moisissure résidentielle sont également au centre de l’attention, notamment en ce qui concerne la pollution des lieux résidentiels. Cependant, du côté des contractants, les assureurs sont désormais plus disposés à offrir une garantie contre les moisissures sur la base des événements pour les risques résidentiels, y compris les constructions à ossature de bois.
Budgets ambitieux de production dans un contexte de ralentissement économique — En date d’octobre 2025, les budgets des souscripteurs restent orientés à la hausse malgré une économie confrontée à une concurrence accrue et à des turbulences. Les souscripteurs recherchent activement des affaires nouvelles et défendent leurs renouvellements. La lassitude est persistante chez les souscripteurs, qui sont sous pression pour les renouvellements et voient un flux constant de nouvelles d’affaires suscitées par les efforts de marketing dans un marché souple
Perspectives et tendances par ligne de produit
• Augmentation nulle ou modeste des taux pour les risques standard; des baisses sont possibles lorsque d’autres marchés exercent une pression.
• Capacité abondante pour la plupart des catégories de risques, à l’exception des secteurs minier, pétrolier et gazier, ainsi que des grands projets immobiliers comportant d’importants besoins en ingénierie.
• Les restrictions sur les SPFA sont courantes, mais l’approche est généralement moins stricte.
Pollution des lieux
Tendance : = Stable
Assurance pollution pour entrepreneurs
Tendance : = Stable
• Les marchés demeurent sélectifs quant aux types de moisissures résidentielles pouvant être assurés.
• Les souscripteurs établis à Londres et aux États-Unis tentent d’étendre leur présence au Canada.
• Les périodes d’assurance de cinq ans refont surface dans le cas de certains risques opérationnels, parfois proposées volontairement par les assureurs afin de conclure des affaires.
• Tendance des taux stable à la baisse dans l’ensemble.
• Capacité abondante et concurrence solide pour la plupart des catégories de risque.
• L’appétit du marché pour la garantie contre la moisissure résidentielle sur la base des événements est en croissance.
• Les souscripteurs établis à Londres et aux États-Unis tentent d’étendre leur présence au Canada grâce à l’assurance responsabilité en matière de pollution des entrepreneurs, bien que le marché national conserve une position solide.
• Les options pluriannuelles pour l’assurance responsabilité en matière de pollution des entrepreneurs restent un moyen de réduire les primes.
• Hausses des taux généralement modestes, notamment des hausses plus importantes pour l’assurance complémentaire avec une exposition dans le secteur automobile américain
Formules étendues (du fait des lieux/ responsabilité civile générale)
Tendance : = Stable
Formules étendues (services)
Tendance : = Stable
• Capacité stable, avec de nouveaux acteurs qui cherchent à étendre leur présence au Canada, mais le produit reste sous-utilisé.
• Les exclusions des SPFA restent standard.
• Prévisions d’augmentations de taux modestes, causées par les expositions liées à la responsabilité civile générale et à la responsabilité professionnelle.
• Capacité stable. De nouveaux acteurs ont fait leur apparition et explorent des formules étendues d’assurance responsabilité en matière de pollution des entrepreneurs et de l’assurance responsabilité civile professionnelle (erreurs et omissions), avec un appétit unique qui va au-delà des services environnementaux.
Récapitulatif
Les premières indications pour 2026 laissent présager que la capacité de réassurance disponible restera abondante et que les capitaux privés resteront solides. Le marché canadien de l’assurance commerciale continuera ainsi d’offrir des conditions de renouvellement favorables aux assurés présentant un historique des pertes attractif à l’aube du deuxième trimestre, même si le rythme des baisses de taux devrait ralentir.
Les assureurs maintiendront une discipline de souscription rigoureuse, notamment en procédant à un examen minutieux de l’ensemble des données pertinentes requises. La concurrence sera féroce sur les marchés établis, où les assureurs défendront leur portefeuille existant face à des concurrents dont les objectifs de croissance restent une priorité.
Pour les compagnies d’assurance, le principal enjeu est la durabilité afin de garantir leur rentabilité. Après avoir proposé, ces dernières années, des baisses de taux significatives pour préserver leur portefeuille existant, et face à l’arrivée de nouveaux assureurs qui élargissent leur appétit et suscitent une concurrence tarifaire acharnée, de nombreux souscripteurs recherchent d’autres moyens de « remporter » des contrats.
L’établissement de relations solides avec les clients est essentiel à la mise en place d’engagements stratégiques à long terme pour toute compagnie d’assurance au Canada. Au-delà d’une tarification compétitive, parmi les principaux facteurs de réussite permettant d’assurer des partenariats stratégiques avec les clients, on peut citer : des réunions d’examen de la gérance organisées régulièrement et en face à face pendant la durée des contrats; une collaboration fluide avec les assurés confrontés à des problèmes climatiques, géopolitiques et commerciaux persistants; l’offre de services supplémentaires de contrôle des risques et d’expertise sectorielle; un engagement fort en matière d’accompagnement en cas de sinistres; la proposition d’accords de garantie tarifaire pluriannuels ou d’accords de participation aux bénéfices conditionnels; et l’examen de la possibilité de modifier les restrictions des polices en faveur des assurés.
À l’heure actuelle, les perspectives concernant les conditions du marché canadien de l’assurance en 2026 restent favorables, car d'autres acquisitions de compagnies d'assurance pourraient avoir lieu. Les experts du secteur resteront toutefois vigilants, car la situation peut évoluer du jour au lendemain avec le début de la saison des feux de forêt. Parmi les autres facteurs à prendre en compte figurent l’imprévisibilité des ouragans, d’autres catastrophes naturelles imprévues à l’échelle mondiale et l’instabilité liée aux crises géopolitiques, notamment au Moyen-Orient.