Skip to main content

intro PEN

Page 1

Photographier en Normandie (1840-1890) Un dialogue pionnier entre les arts 25 m ai - 22 s eptembre 2024 C’est dans l’atelier du grand photographe parisien, Félix Nadar (1820-1910), que se déroule en 1874 l’exposition où le terme “Impressionnisme” fut forgé à partir du titre du tableau de Monet Impression, soleil levant, représentant le port du Havre peint depuis une fenêtre de l’hôtel de l’Amirauté en 1872. Photographie, Impressionnisme et Normandie se trouvent liés dans ce moment historique. Dans les années 1820 et 1830 des peintres comme William Turner, Théodore Gudin, Eugène Isabey donnent une vision puissamment romantique et romanesque de la Normandie. Les couleurs et les lumières sont déjà au centre de leurs compositions. Ce registre de représentation des rivages et des monuments imprègne fortement tout le XIXe siècle. Mais la Normandie subit plus que toute autre région française deux révolutions qui modifient à jamais la manière de voir et de représenter le monde : la photographie, à partir de 1839, et l’Impressionnisme, dès les années 1860. Le lien entre ces deux bouleversements successifs n’est pas logique ni intuitif. La photographie propose alors de petits formats, des images en noir et blanc, en bichromie, des contours précis tandis que la peinture impressionniste fait exploser les couleurs, écrase le détail sous la largeur de la touche, affectionne les grands formats. Leurs points communs sont nombreux pourtant : rompre avec les conventions académiques, sortir les artistes des ateliers, représenter le monde moderne et ses symboles, fuir une vision convenue et douceâtre de la beauté, inventer de nouveaux sujets. Enfin, peintres et photographes se retrouvent sur les mêmes sites : au bord des falaises, face à la mer, dans les ports et les gares...

The term “Impressionism”, inspired by Monet’s Impression: Sunrise, a picture of Le Havre harbour painted from a window of the Hôtel de l’Amirauté in 1872, was coined at an exhibition held in the studio of the great Parisian photographer Félix Nadar (1820‒1910) in 1874. It was a historic moment that linked Normandy with Impressionism and photography. In the 1820s and 1830s, painters like J. M. W. Turner (known as William Turner in his time), Théodore Gudin and Eugène Isabey offered a compellingly romantic, idealized view of Normandy. Colour and light were already central to their compositions. This register permeates all nineteenth-century depictions of coastlines and monuments, but Normandy, more than any other part of France, was affected by two innovations that permanently revolutionized the way people saw and depicted the world: photography, from 1839 onwards, and Impressionism, as of the 1860s. Connecting the two may seem illogical and counter-intuitive. At the time, photographs were small, dichromatic (usually black and white) images with sharp outlines, while Impressionist paintings were large and bursting with colour, and used broad strokes that obliterated details. Yet they had much in common: both broke with academic conventions, took artists out of the studio, depicted the modern world and objects that symbolized it, fled a conventional, sickly sweet conception of beauty and invented new subjects. Moreover, painters and photographers were often to be found in the same places: on clifftops, looking out to sea, in harbours and in railway stations. These complex connections and mutual influences gradually permeated and enriched artistic life and systems of representation, but the exponents were groping their way and their innovations were accompanied by discussions. This exhibition sets out to chart the first fifty years of a constant dialogue between photography and painting.

Ces liens complexes, ces influences réciproques qui irriguent et enrichissent peu à peu la vie des arts et les systèmes de représentations ne vont pas sans tâtonnements ni discussions. Ce sont ces cinquante premières années d’échanges jamais interrompus que se propose d’esquisser la présente exposition.

Texte (Blanc) : FR 1m40 x 80cm

Texte (Blanc) : GB 1m40 x 70cm


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
intro PEN by Octopus - Issuu