ARCHITECTURES BALNÉAIRES
LUBIES EXOTIQUES L’ailleurs, plus ou moins lointain, nourrit aussi l’inventivité des villégiateurs qui cherchent à se distinguer de leurs voisins. Les villas d’inspiration flamande, nordique, russe, anglaise, italienne ou encore orientale provoquent un dépaysement immédiat qui étonne touristes et habitants.
Château des Gadelles, 1886, Le Havre
Photographie, Le Havre Seine Métropole - Laurent Lachèvre
En vue de réaliser une vaste propriété balnéaire au Havre, l’architecte parisien Pierre-Edouard Dumond acquiert de nombreuses parcelles de 1874 à 1888. En raison de différentes contraintes, le seul ouvrage d’ampleur finalement construit par Henri Toutain est la conciergerie-bibliothèque dont l’architecture spectaculaire imite l’Arco de Santa-Maria de Burgos (Espagne), daté du 16e siècle.
Villa La Pagode, 1895, Sainte-Adresse
Carte postale et plans parus dans la revue Monographie des bâtiments modernes, fonds APSA
Située rue du Beau-Panorama, la villa a été construite, avant la création du Nice-Havrais, par l’architecte havrais Emmanuel Poupel. Caractérisé par ses toitures retroussées et les motifs orientalistes de ses balustrades en bois, l’édifice combine une libre interprétation de l’architecture chinoise à des éléments typiques des villas balnéaires comme la tourelle-belvédère, les balcons et les grandes terrasses.
Villa norvégienne, 1908, Nice-Havrais, Sainte-Adresse
Photographie 2017, © Région Normandie - Inventaire général, Denis Couchaux
Le négociant havrais Albert Dubosc achète en 1908 une parcelle du Nice-Havrais pour remonter un pavillon provenant de la région du Télémark en Norvège qui avait été présenté à l’exposition internationale du bois au Havre en 1907. Reposant sur un soubassement de brique et silex, la villa a été agrandie dans les années 1920 et restaurée après-guerre par l’architecte Robert Royon.
Villa Oudiné, 1861, Étretat
Photographie 2009, © Région Normandie - Inventaire général, Christophe Kollmann
Le sculpteur et médailliste Eugène-André Oudiné fait édifier sur les plans de son cousin et architecte François-Joseph Uchard une villa achevée en 1861 dont les galeries en bois ouvragé s’inspirent de l’architecture coloniale de la Nouvelle-Orléans.
Pavillon Masquelier, 1876, Sainte-Adresse
Photographie 2024, Le Havre Seine Métropole - PAH
En 1876, Emile Masquelier fait construire par l’architecte Jean Drevet des pavillons de style mauresque aux quatre angles du parc de sa villa de Sainte-Adresse. Outre la vogue orientalisante de l’époque, ce choix a sans doute été motivé par les affaires de Masquelier en Afrique du Nord.
Villa L’Isba, 1878-1883, Étretat
Photographie 2009, © Région Normandie - Inventaire général, Christophe Kollmann
L’architecte Émile Gustave Peulvey, demeurant à Chartres, construit pour lui-même une maison de villégiature qu’il baptise Villa Monplaisir en 1883. Son allure générale, la mémoire orale et le nom qu’elle porte depuis les années 1930 (L’Isba) pourraient laisser penser au remontage d’un pavillon russe d’une exposition universelle parisienne. En réalité, les volutes en bois sculpté décorant son pignon seraient des copies du Pavillon français de la céramique de l’exposition universelle de Paris de 1878.
Pavillon Conty, 1876, Saint-Jouin-Bruneval
Photographie 2024, Le Havre Seine Métropole - Philippe Bréard
Désireux de développer une station balnéaire dans la valleuse de Bruneval, l’éditeur de guides touristiques Henry de Conty commence par édifier sa résidence secondaire dans un style qui se revendique néo-mauresque mais qui mélange, en réalité, des références orientales et médiévales en utilisant la brique et le silex locaux.
VILLAS B ALNÉAIRES du Havre à Étretat
1840 > 1914