Skip to main content

Au Havre

Page 1

Au Havre, sur la jetée Nord Parmi les défis à relever, l’instantanéité attise l’ingéniosité des photographes. Tirant parti des propriétés de produits chimiques, ils parviennent à réduire de plusieurs minutes à une seconde le temps de pose pour saisir un objet en mouvement. En dix ans d’itinérance de New York à Montréal, Louis Cyrus Macaire affine son procédé de daguerréotype instantané : rejoignant au Havre son frère Hippolyte, peintre sur la jetée Nord, il ne leur reste plus, été 1850, qu'à appliquer aux marines le procédé que Cyrus réservait aux portraits. Deux artistes (…) ont trouvé le secret de saisir sur la jetée tous les navires au passage et de les reproduire en une seconde avec une vérité, une animation maritime qui feraient le désespoir du crayon le plus habile (Joseph Morlent, Revue du Havre, 21 août 1851). La netteté de ces daguerréotypes instantanés, présentés octobre 1851 à l'Académie des sciences, est jugée supérieure aux calotypes d’Edmond Bacot. Mais les Macaire pâtissent de leur refus de divulguer leur secret. Hippolyte mort en 1852, Cyrus s’associe à son frère l’homme d’affaires et éditeur parisien Jean Victor Warnod. Le Musée central de la photographie (1853-1857) qu’ils créent à Paris fait le succès des vues du Havre : le Tout-Paris s'y entiche des “Marines-Mouvantes”, tandis que peintres et graveurs, tel Louis Le Breton, y trouvent des sources d'inspiration. Plus doué pour la chimie que pour les affaires, Macaire poursuit son activité au Havre jusqu'à l'incendie de son chalet en 1858. Warnod y incarne ensuite l'héritage familial au point que Nadar le classe parmi “les primitifs de la photographie“.

On the north jetty in

Le Havre Instantaneity was one of the challenges that spurred photographers to find ingenious solutions. Making use of the properties of different chemicals, they succeeded in shortening the exposure time needed to capture an object in motion from several minutes to just one second. In the course of ten years travelling between New York and Montreal, Louis Cyrus Macaire refined his instant daguerreotype process. When he joined his brother Hippolyte, a painter based on the north jetty in Le Havre, in the summer of 1850, all they had to do was to apply the process Cyrus had been using for portraits to seascapes. Two artists … have discovered how to capture all the passing ships from the jetty and reproduce them in a second with an accuracy and maritime movement that would make the most talented pencil despair. Joseph Morlent, Revue du Havre, 21 August 1851 These instant daguerreotypes were shown at the Académie des sciences in October 1851. They were deemed superior to Edmond Bacot’s calotypes in terms of sharpness, but the Macaires’ refusal to divulge their secret worked against them. After Hippolyte’s death in 1852, Cyrus went into partnership with his brother Jean Victor Warnod, a Parisian publisher and businessman. The two of them set up an entity called the Musée central de la photographie (1853‒1857) in Paris, which popularized views of Le Havre. The Parisian elite fell for the “Marines-Mouvantes” (moving seascapes) and painters and engravers like Louis Le Breton were inspired by them. Macaire was a better chemist than he was a businessman, but he continued to operate in Le Havre until his chalet was destroyed by a fire in 1858. After that, Warnod carried on the family tradition, embodying it so successfully that Nadar classed him as one of “the early photographers”.

Texte (Gris anthracite) : 1m x 2m20


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
Au Havre by Octopus - Issuu