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Foules

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Foules Comme les vagues et les navires, les foules sont une forme d’agitation que les photographes cherchent à restituer : sans le grouillement des activités humaines, les vues urbaines resteraient de secs relevés. Ils partagent en cela l’intérêt des peintres et graveurs qui prisent fêtes, marchés et travaux des champs en vue d’études sur le motif et d’illustrations. La Fête à Coutances d’Adolphe Hervier, élève d’Isabey et ami de Corot, préfigure par sa liberté de traitement les compositions animées de Manet ou Degas. Chez les daguerréotypistes existent déjà de tels choix comme en témoignent la plaque anonyme du marché du Neubourg ou celle de Brébisson qui saisit par des vues stéréoscopiques instantanées le marché de Falaise, le pèlerinage à l’église des Tourailles. En 1868, le caennais Ludovic Laumonier restitue l’agitation de la cavalcade place Saint-Sauveur avec plus d’aisance grâce à la sensibilité accrue de son négatif. Il ne s’agit plus, dès lors, d’expérimenter mais d’appliquer. Photographier la ville avec ou sans son activité devient plus banal. Le progrès technique transforme la société du Second Empire qui célèbre par des images modernes les foires et expositions imitant les ambitions des expositions universelles : le concours régional agricole d’Évreux par Jules Camus en 1864 ou l’exposition régionale de Rouen en 1859 par Alphonse Maze. Les alignements de machines agricoles ou les pimpantes toiles rayées des pavillons disent l’enthousiasme pour un monde en progrès dont les peintres retiendront aussi les possibilités esthétiques nouvelles.

Crowds Photographers strove to render the movements of crowds as well as waves and ships. Without teeming human activity, urban views would be mere lifeless records. In this respect, photographers shared painters’ and engravers’ predilection for festivals, markets and work in the fields as subjects for studies from life and illustrations. In Festival in Coutances, by Adolphe Hervier, a pupil of Isabey and a friend of Corot, the artist’s free treatment anticipates Degas’ and Manet’s animated compositions. The daguerreotypists were already making similar choices, as shown by the plate of the market in Neubourg by an unknown photographer or Brébisson’s instant stereoscopic views of the market in Falaise and the pilgrimage to Les Tourailles. By 1868, improvements in the light sensitivity of negatives had made it easier for the Caen photographer Ludovic Laumonier to convey the hectic ambience of the procession in the Place Saint-Sauveur. Photographers were no longer experimenting but applying existing techniques. Photographs of towns, with or without human activity, became more common. During the Second Empire, society was transformed by technological progress. Fairs and exhibitions held in imitation of the ambitious universal expositions were celebrated with modern images such as Jules Camus’ pictures of the regional agricultural show held in Évreux in 1864 and Alphonse Maze’s photographs of the regional exhibition in Rouen in 1859. Rows of agricultural machines and the elegant striped canvas roofs of the pavilions express enthusiasm for a world of progress, and painters also picked up on its new aesthetic possibilities.

Texte (Gris anthracite) : 1m x 1m85


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Foules by Octopus - Issuu