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Face à la mer

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Face à la mer De longue date pratiquées en Normandie par les peintres, tel Louis Gamain, les marines demeurent pour les photographes un tour de force : comment saisir mer en mouvement, subtilités du ciel et luminosité du soleil ? L’exercice exige une technique éprouvée et une sensibilité artistique affirmée. Le Havre est en Normandie le point focal qui attire les photographes les plus aguerris désireux de réaliser des marines. La lumière de l’estuaire, le ballet des voiles et les effets de fumée des navires qui croisent au large, sont des motifs que tout photographe ambitieux souhaite parvenir à saisir. Dans le sillage des frères Macaire et Warnod, ils viennent immortaliser les ciels changeants et les “Marines-Mouvantes” qui font fureur à Paris comme à Londres : en 1856 et 1857, Gustave Le Gray produit au Havre ses plus belles marines, tel le Brick au clair de lune, avec lequel le Sea and sky de Cyrus Macaire tente de rivaliser dans les expositions internationales. Le Gray utilise la technique du ciel rapporté, alliant deux négatifs, l’un pour le ciel, l’autre pour la mer. Les études de ciel et de mer d’Eugène Boudin puisent aux mêmes sources, tout comme les Bateaux en mer, soleil couchant, d’Édouard Manet. Près d’une jetée, les motifs de la vague, du vapeur qui évolue au loin sont déclinés par de talentueux amateurs : Émile Colliau, élève de Le Gray, se fait remarquer en 1859 à l’exposition de la Société française de photographie pour ses marines havraises, suivi en 1861 par Raoul Autin, venu de Caen s’installer au Havre.

Looking at the sea Painters like Louis Gamain had been producing seascapes of Normandy for a long time, but for photographers they remained a trial of strength. It took sound technical skills and an acute artistic sensibility to capture the movement of the sea, the subtleties of the sky and sunlight. Within Normandy, Le Havre was a focal point. In the wake of the Macaire and Warnod brothers, the most practised photographers flocked there to immortalize the shifting skies and produce the “Marines-Mouvantes” that were all the rage in London and Paris. Every ambitious photographer aspired to capture subjects like the light of the estuary, the ballet of sails to-ing and fro-ing and the smoke effects of ships cruising off shore. Gustave Le Gray created his finest seascapes in Le Havre in 1856 and 1857, including Brig in the Moonlight, which Cyrus Macaire attempted to rival in international exhibitions with his Sea and Sky. Le Gray used a technique he called ciel rapporté (added-on sky), in which he combined two negatives, one of the sky and the other of the sea. Eugène Boudin’s sea and sky studies drew on the same sources, as did Édouard Manet’s Boats at Sea, Sunset. Talented amateur photographers produced variations on the subject of waves near a jetty and swirling plumes of steam in the distance: Émile Colliau, a pupil of Le Gray, attracted attention with his seascapes of Le Havre at the Société française de photographie’s 1859 exhibition, as did Raoul Autin, who had moved from Caen to Le Havre, in the 1861 edition.

Texte (Gris anthracite) : 1m x 1m77


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